Bilten siveyans epidemyolojik VIH/SIDA nimewo 1
Rezime — Done nasyonal sou siveyans VIH/SIDA ak analiz tematik nan bilten epidemyolojik nimewo 1.
Dekouve Enpotan
- Bilten nimewo 1 konbine endikatè siveyans ak analiz tematik.
- Tablo ak grafik yo prezante done pwogram nasyonal VIH la.
- Seri a montre chanjman nan notifikasyon, prevansyon ak swen atravè tan.
Deskripsyon Konple
Li reyini rezilta siveyans regilye VIH ak analiz espesyal pou bilten nimewo 1. Tablo ak grafik yo kouvri notifikasyon ka, prevansyon, tretman oswa gwoup popilasyon pwogram nasyonal la suiv.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 1
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
Comité de rédaction du Bulletin
1. Dr Edieu LOUISSAINT, MSPP/PNLS
2. Mme Nirva DUVAL, MSPP/PNLS
3. M. Emmanuel PIERRE, MSPP/PNLS
4. Dr Gracia DESFORGES, MSPP/PNLS
5. Dr Barbara ROUSSEL, NASTAD
6. Dr Edna PIERRE, NASTAD
7. Dr Nadjy JOSEPH, NASTAD
8. Dr Marc-Aurèle TELFORT, UGP/MSPP/PEPFAR
Personnes ayant appuyé le comité de rédaction
1. Dr Jean Ronald CADET, Conseiller Technique MSPP
Conception et mise en forme
Mme Rose Dyna Georgie A. BOULAY, MSPP/PNLS
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 2
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
LE MOT DU DIRECTEUR GENERAL DU MSPP
Au début des années 80, l’apparition de la pandémie du sida avait créé
beaucoup de frayeur au niveau des populations, du fait que l’humanité n’avait
pas encore une réponse appropriée et que l’on s’acheminait inexorablement
vers la mort une fois dépisté VIH positif. Le chemin parcouru a été long et
très difficile. Les États, les organisations internationales, les organisations de la
société civile, les populations, les PVVIH, les universités et les chercheurs se
sont mobilisés pour constituer un grand faisceau mondial pour faire face à
cette pandémie.
Aujourd’hui, les résultats sont probants. Les besoins sont énormes; notre pays
a beaucoup d’effort à faire pour fournir l’accès universel à des services de
diagnostics, de soins, de traitement et de prévention de qualité a toutes ses
filles et tous ses fils. Mais, il y a quand même lieu d’espérer.
Les décideurs politiques sont conscients du lien étroit entre le VIH/sida et le
développement. Au niveau du Ministère de la santé, tout est mis en œuvre
pour que le Programme National de Lutte contre le sida et les IST ait les
ressources nécessaires pour maintenir les acquis et faire face aux nouveaux
défis dans un contexte mondial de crise économique et de rareté de
ressources.
L’espoir fait vivre mais il y a plus que cela. La communauté scientifique
mondiale a prouvé que l’espérance de vie actuelle d’un patient séropositif bien
suivi est superposable à celle de la population générale pour la tranche d’âge
considérée. Les résultats de l’étude HPTN 052 nous encouragent à redoubler
d’effort, à resserrer les rangs, à intensifier les activités de prévention et à
étendre la stratégie PCIMAA à tous les départements.
Nous ne serons pas à ce niveau, s’il n’y avait pas un suivi continu des
tendances de son évolution, l’analyse régulière des performances de nos
projets et surtout de la détermination à donner des résultats. Nous attendons
avec impatience EMMUS V qui nous permettra de mieux nous situer et de
prendre des décisions judicieuses et opportunes au bénéfice des PVVIH et de
la population toute entière.
Avec la publication de la Politique Nationale de Santé, la Direction générale
du Ministère de la santé a passé des instructions pour que tous les plans
stratégiques des programmes soient révisés et soient en adéquation avec cette
dernière. De même, il est urgent que des plans de suivi et évaluation soient
élaborés pour tous les programmes afin que les responsables puissent assurer
leur suivi et permettre au Ministère de prendre les décisions nécessaires au
bon moment.
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 3
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
La coïncidence de la parution du premier numéro du bulletin de surveillance
épidémiologique avec la commémoration de la journée mondiale du sida n’est
pas le fruit du hasard. Elle est un des résultats de l’engagement du Ministère
de la Santé à assurer une bonne gouvernance du Programme en fournissant
des informations pertinentes, fiables et valides de façon périodique sur
l’évolution de l’épidémie et sur la mise en œuvre des interventions clés du
programme.
La Direction générale encourage toutes les parties prenantes de la Riposte
Nationale à soutenir cette initiative, à informer le comité de rédaction de
certains évènements et à participer à l’élaboration de ce bulletin. La direction
générale souhaite une longue vie à cette initiative.
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 4
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
Chers amis lecteurs,
Combien d’entre nous ont déjà investi tant d’énergies et de ressources
intellectuelles à l’aboutissement de ce rêve qui se transforme aujourd’hui
en réalité : la parution d’un bulletin épidémiologique du VIH/SIDA de
façon régulière. Ils sont nombreux et leur histoire remonte, déjà à peu de
temps, après l’apparition de cette épidémie. Ils seront assurément
contents que d’autres aient repris le flambeau et certainement
assureront sa pérennisation afin que nous soyons avisés de façon
régulière sur l’évolution de l’épidémie et le chemin déjà parcouru.
En lisant les résolutions adoptées lors du XIVe sommet de la francophonie
à Kinshasa les 13 et 14 octobre 2012, je me suis dit que le bulletin
épidémiologique VIH/SIDA en Haïti tombe au bon moment. Car, comment
pourrons-nous « stopper les nouvelles infections au VIH et garantir les
traitements pour tous » sans un produit d’information de qualité qui
éclaire nos chemins à très court terme. Tel que le recommande le plan
national suivi et évaluation 2012 – 2015, ce bulletin est un produit
d’information, conçu par un comité de rédaction similaire à un comité de
revue par les paires qui fournira des informations sur les nouvelles
infections et les patients sous traitement. Une attention spéciale sera
accordée à l’élimination de la transmission mère enfant (ETME). Son
édition sera faite chaque 2 mois au cours des 12 prochains mois et par la
suite elle sera mensuelle.
Ce XIVe sommet de la francophonie, à travers les interventions de Abdou
Diouf et de Michel Sidibé, respectivement Secrétaire général de la
francophonie et Directeur exécutif de l’ONUSIDA, interpelle plus d’un sur
l’efficacité de nos actions et la sincérité de nos engagements. «
Responsabilité partagée et solidarité mondiale » est encore plus excitant
et plus émouvant que d’autres slogans ou leitmotiv. J’ai ressenti quelque
chose d’infiniment agréable qui m’indique que le « zéro nouvelle
infection à VIH, zéro discrimination, zéro décès lié au SIDA » est à la
portée de l’humanité et que de plus en plus le « penser globalement et
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 5
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
agir localement » est la stratégie la plus opérationnelle pour atteindre les
objectifs du millénaire car elle tient compte de nos environnements et de
nos cultures.
Ce bulletin est le fruit d’une collaboration sérieuse entre différentes
parties prenantes de la Riposte nationale au SIDA. Il bénéficiera, en
particulier, de l’expertise de la NASTAD qui gère la base de données de
surveillance du VIH/SIDA en Haïti avec l’appui technique de Solutions.
Que tous ceux qui ont contribué à la sortie de ce premier bulletin en
soient remerciés. Il est ouvert à tous ceux qui voudront devenir des
rédacteurs bénévoles. Il nous fournira des informations sur un ensemble
d’indicateurs qui peuvent être désagrégés par sexe, âge et département.
Les plus important seront : le nombre de cas notifiés VIH+ en particulier
les femmes enceintes, le nombre de nouveaux cas VIH+ mis sous
traitement antirétroviral (TAR), le nombre de nouvelles femmes enceintes
VIH+ sous TAR, le nombre de perdus de vue sous TAR et le nombre de
nouveaux enfants séropositifs diagnostiqués par PCR. En ce qui concerne
le format, il sera modifié à l’occasion de certains évènements tels que la
journée mondiale du SIDA.
Je souhaite longue vie au bulletin épidémiologique VIH/SIDA en Haïti.
Bonne lecture et bonne utilisation des données
contenues dans ce premier numéro,
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 6
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
Introduction
Le contexte socioéconomique et environnemental particulier fait d’Haïti un
terrain propice au maintien de l’épidémie du VIH. L’implication des plus
hautes instances du pays dans le concert des actions de la réponse
holistique nécessaire à ce fléau justifie la mise en place de mécanismes
efficaces d’harmonisation et de coordination en vue d’une performance
optimale dans le pilotage et la réalisation des actions. Cela suppose une
parfaite maîtrise des contours et de l’évolution de l’épidémie à travers tout
le pays.
La surveillance épidémiologique reste une aire essentielle de la santé
publique qui permet d’identifier à tout moment les facteurs de risque, de
suivre leur évolution et d’évaluer les effets des mesures prises sur leur
contrôle.
Pilier important de veille sanitaire, un bulletin épidémiologique représente
à la fois un outil de partage d’informations entre l’ensemble des acteurs
impliqués dans la Riposte et un dispositif de gouvernance sanitaire. Il s’agit
de réaliser de manière continue la symétrie d’information entre les groupes
d’acteurs/partenaires locaux, nationaux, régionaux et internationaux.
L’auditoire ciblé s’étend aux partenaires de l’ensemble des secteurs
connexes concernés par la réponse nationale multisectorielle, les
responsables sectoriels au niveau stratégique, tactique, opérationnel, les
partenaires (agences) intervenant dans l’assistance technique et financière
à la Riposte, les opérateurs (ONG) supportant ou intervenant directement
dans la prestation de services, les associations de PVVIH impliquées dans la
lutte et la communauté à travers les organisations de base.
Rappel de certains indicateurs sociodémographiques
Dans le souci de procéder à une analyse approfondie des différents
indicateurs retenus dans le bulletin, il s’avère important de considérer les
principales caractéristiques sociodémographiques de la population
haïtienne en vue d’avoir les éléments nécessaires nous permettant de
mieux appréhender la problématique du VIH. En effet, selon une publication
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 7
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
de l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique, on estime la
population totale à 10.413.000 dont 48% vit en milieu urbain en 2012. De
cette population, les adultes de 15-49 représentent un peu plus de la
1
moitié, soit 52% .
Selon l’EMMUS IV, la prévalence du VIH est de 2,2% ; mais bientôt les
résultats de l’EMMUS V fourniront des informations sur la prévalence
actuelle de l’infection au VIH. Dans les prochains numéros, nous espérons
vous communiquer les résultats définitifs de cette enquête.
1
Projections Populations, IHSI-CELADE, Haïti, 2007
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 8
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
Evolution du système de surveillance du VIH/sida en Haïti
Le VIH/sida en Haïti a été reconnu comme une priorité de Santé Publique
par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) dès
l’apparition des premiers cas. La Riposte nationale avec le support des
partenaires internationaux visait :
La prévention de nouvelles infections ;
L’accès aux soins et au traitement des personnes atteintes de VIH ;
La diminution de la morbidité et de la mortalité liées au VIH/sida
L’une des stratégies utilisées est l’utilisation de la surveillance
épidémiologique du VIH. Cette dernière constitue un outil essentiel au suivi
des tendances de l’épidémie, à la planification et à la mise en œuvre des
programmes de prévention, de soins et de traitement.
La notification de cas, un aspect essentiel de la surveillance, a été pris en
compte par le MSPP dès le début de l’épidémie. Mais avec l’évolution des
capacités de diagnostic de l’infection au VIH et l’expansion des services de
soins et de traitement, il s’est avéré nécessaire d’adapter et de renforcer le
2
système existant. Ainsi, en 2003 la NASTAD , identifiée comme un
partenaire clé, a bénéficié des ressources de CDC afin d’assister le MSPP
dans l’évaluation du système préexistant, la conception et l’implantation
d’un système national de notification des cas de VIH/sida.
Après une phase pilote de 5 ans, en Décembre 2008, le système de
surveillance a été lancé au niveau national ; et à date 152 sur 270 sites
offrant les services de dépistage volontaire (soit 52%) rapportent
régulièrement au système national de surveillance de VIH/sida via la
notification de cas. La figure suivante fournit la répartition des institutions
sur le territoire.
2
Alliance National des Directeurs de SIDA des Etats et Territoires Américains
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 9
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
Figure 1: Sites rapportant au système national de surveillance
du VIH (HASS) pour l’année de 2012
Les divers éléments qui ont été mis en place pour aboutir à cette réalisation
sont :
la formation de plus de 800 personnels de la santé dans plus de 300
institutions du pays ;
l’étroite collaboration entre partenaires appuyant le Ministère de la
Santé dans ses différentes démarches ;
l’expertise et l’appui technique de firmes locales spécialisées et
d’institutions internationales.
Le but ultime du système est de collecter les données de toutes les
institutions du pays offrant des services de dépistage, de soins et de
traitement du VIH/sida.
Description du système national de surveillance VIH/sida
Le système national de surveillance du VIH/sida est une forme active de
surveillance basée sur la notification de cas. Chaque cas VIH est compté de
façon unique dans le système suivant un processus central de duplication.
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 10
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
Ces informations sont ensuite conservées dans la base nationale de
surveillance et offrent la possibilité aux différents intervenants:
d’avoir une meilleure compréhension de la tendance de
l’épidémie ;
d’identifier les groupes les plus exposés ;
d’orienter des programmes de prévention pour les groupes les
plus exposés ;
de développer des politiques adaptées aux besoins identifiés.
Déduplication
Figure 2. Modélisation actuelle du système de surveillance épidémiologique en
Haïti
Le système est alimenté électroniquement par des sites offrant les services
de dépistage à travers la saisie des fiches de notification sur l’interface
3 4
MESI et par les bases de données EMR : celui du MSPP (I-santé), de
GHESKHIO et de Zanmi Lasante.
3
Monitoring and Evaluation and Surveillance Interface
4
Electronic Medical Records
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 11
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
De 2004 à date, environ 208.700 cas de VIH ont été rapportés au système
central de données et 160.913 cas uniques ont été extraits avec possibilité
de réaliser des analyses détaillées telles que présentées dans les tableaux et
graphes contenus dans ce bulletin.
Outre les cas incidents de VIH, ce système permet de documenter la date de
début des soins, le premier test de CD4, la première prescription d’ARV, le
diagnostic de sida en fonction des stades de l’OMS (3,4) et du taux de CD4
(<350), les décès à travers les données rapportées par les EMR.
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 12
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
Evolution de la notification de cas de VIH à travers la base nationale
de surveillance du VIH/sida
Depuis la relance de la notification de cas au cours de l’année de 2004, le
nombre d’institutions de santé rapportant à la base nationale de
surveillance du VIH/sida n’a cessé d’augmenter, permettant la capture de la
majorité des cas VIH diagnostiqués au niveau national. Les données
collectées permettent de traiter et d’analyser les données relatives à la
tendance de l’épidémie et aux populations les plus touchées en tenant
5
compte des facteurs de risque . Les graphes et tableaux présentés dans ce
numéro fournissent des informations sur certains indicateurs clés comme :
les cas incidents au niveau de la population, le nombre de patients enrôlés
en soins, le nombre de patients placés sous TAR, femmes enceintes VIH
positif et enrôlées dans un programme de traitement, et le nombre
d’enfants VIH positif.
1. Cas VIH rapportés à la base nationale de surveillance de 2004 au premier
trimestre de 2012
Figure 3: Répartition de cas rapportés à la base nationale de surveillance en
Haïti de 2004 au premier trimestre de 2012, NASTAD
De 2004 à 2008, on observe une augmentation linéaire du nombre de cas
rapportés par année. Le pic observé pour l’année de 2009 fait suite au
5
Les données collectées sont en processus de validation et peuvent changées en
fonction des nouvelles trouvailles
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 13
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
lancement national du système. Ce pic est suivi par une baisse en 2010 qui
peut être expliqué par la survenue du tremblement de terre le 12 Janvier
2010. La reprise de cette tendance a été observée à nouveau en 2011.
Evènements sentinelles de la vie du patient rapportés de 2004 au premier
trimestre de 2012
Figure 4: Distribution du nombre de cas VIH rapportés en Haïti en fonction des
évènements sentinelles dans l’histoire et l’évolution de l’infection au VIH
Ce graphe met en évidence le nombre de cas VIH. Des 200.000 cas cumulés
au niveau des rapports disponibles sur MESI, 77% ont été notifiés et 64%
ont été enrôlés en soins. 44% des patients enrôlés ont pu bénéficier d’un
test CD4. Un patient enrôlé sur 4 (25%) a atteint le stade sida, alors qu’à
date seulement 16% ont été initiés aux antirétroviraux.
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 14
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
2. Population rapportée de PVVIH de 2004 à 2011
Tableau1. Distribution du nombre de PVVIH notifiés selon le département jusqu’en
2011
fréquence fréquence
Proportion Proportion
Département Population cumulée PVVIH cumulée
en % en %
en % en %
Ouest 3664620 36,9 36,9 77431 54,50 54,50
Artibonite 1571020 15,8 52,7 12718 8,95 63,45
Nord 970495 9,8 62,5 14900 10,48 73,93
Sud 704760 7,1 69,6 9126 6,42 80,35
Centre 678626 6,8 76,4 8,785 6,18 86,53
Nord-ouest 662777 6,7 83,1 6310 4,44 90,97
Sud est 575293 5,8 88,9 3079 2,16 93,13
Grande Anse 425878 4,3 93,2 5195 3,65 96,78
Nord est 358277 3,6 96,8 3106 2,18 98,96
Nippes 311497 3,1 100,0 1413 0,99 100,00
Total 9923243 100,0 142063 100,00
Ce tableau montre que plus de 75% de la population haïtienne et de celle
des PVVIH résident dans 4 départements : l’Ouest, l’Artibonite, le Nord et le
Sud. Donc, ces départements renferment 3 sur 4 habitants de la population
totale d’Haïti. Il en est de même des PVVIH. Le cas du département de
l’Artibonite indiquant une inadéquation entre la population et le nombre de
PVVIH serait du à une sous notification de cas que le comité de rédaction
compte investiguer ultérieurement.
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 15
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
Caractéristiques sociodémographiques des personnes diagnostiquées VIH
en Haïti
1. Notification de cas VIH positif de 2004 au premier trimestre de 2012
par groupe d’âge et par sexe.
Figure 5: Répartition des cas rapportés sur HASS par groupe d’âge et par sexe de
2004 au premier trimestre de 2012
Ce graphe montre le nombre de cas VIH positif rapportés de 2004 au
premier trimestre de 2012 par groupe d’âge et par sexe. On constate que
pour les groupes d’âge <13, 40-49 et 50+, il y a plus de femmes à être
testées VIH positif que d’homme. Les femmes de 20-39 représentent plus
de 2/3 des personnes testées VIH positif.
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 16
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2. Proportion de cas de VIH rapportés de 2004 au premier trimestre de
2012 par sexe incluant la sous-population de femmes enceintes
Figure 6: Répartition du nombre de femmes VIV diagnostique en fonction du statut
de grossesse
Les femmes représentent la plus forte proportion de cas de VIH rapportés,
soit 57% pour la catégorie non enceinte et 4% pour les femmes enceintes au
moment du diagnostic, soit un total de 61% ; alors que la population
d’hommes représente 39% des personnes notifiées de 1984 au premier
trimestre de 2012.
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 17
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
3. Cas de VIH positif rapportés en fonction du statut matrimonial
Figure 7. Répartition des cas notifiés selon le statut matrimonial. NASTAD, 2012
D’après le graphique précédent, la catégorie « placé » représente la plus
forte proportion de cas de VIH suivi des célibataires. Pour ce graphe il est
important de noter les inconnus qui représentent 15% de cas rapportés.
Cette forte proportion d’inconnu pour la variable statut matrimonial peut
être dû au fait que ces données ne sont pas collectées systématiquement.
Traitement Anti Rétroviral
Il est indéniable que nous ne pouvons pas contester à l’heure actuelle la
portée du traitement antirétroviral (TAR) comme outil de prévention au
rang d’élément essentiel à la réduction de la propagation du VIH. Le rapport
ONUSIDA 2012 indique au cours des années 2009 à 2011 que la prophylaxie
antirétrovirale a empêché 409.000 enfants de contracter l’infection à VIH
dans les pays à faible et moyen revenu alors même que seulement 30% des
femmes enceintes éligibles recevaient un traitement antirétroviral.
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 18
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
Il est juste de rappeler le combat mené par cet éminent médecin suisse, Dr
Bernard Hischel dont les travaux sur le TAR comme moyen de prévention
e
ont été salué lors de la 18 conférence internationale à Vienne en Autriche
en juin 2010 et nous ont permis de nous lancer sur la voie de l’accès
universel. D’ailleurs, l’avis suisse késako émis en 2008 par la commission
fédérale suisse sur le sida, sur la diminution du risque de transmission du
VIH par le TAR, est associé à son nom pour sa contribution à sa
6
popularisation (Vernazza et al, 2008). Les résultats de l’étude phare HIV
Prévention Trials Networks 052 (HPTN052) ont démontré qu’une thérapie
antirétrovirale administrée de manière précoce aux partenaires séropositifs
parmi des couples sérodiscordants entrainait une diminution de 96% de la
7
transmission sexuelle du VIH (Cohen et al. 2011).
Le comité de rédaction du bulletin épidémiologique a jugé bon de suivre
l’évolution du nombre de patients sous TAR en Haïti, étant donné
l’importance que revêt la mise de patients séropositifs sous TAR par rapport
8
à la prévention et à la baisse des décès liés au sida (ONUSIDA, 2012). Notre
source principale des données est MESI et nous fournirons périodiquement
des données du nombre de nouveaux et du cumul de patients sous TAR en
comparaison des besoins de TAR des PVVIH qui sont éligibles selon les
normes de prise en charge du MSPP.
En décembre 2011, le cumul de patients sous TAR était de 34.927 (Haïti,
rapport UNGASS, 2012) et il représentait une couverture de 58,5%
nettement inférieure à ce qu’elle était en 2008 car les critères d’éligibilité
ont été entre temps modifiés, particulièrement avec un taux de CD4 passant
de moins de 200 à 350 (Manuel de normes de prise en charge des adultes et
adolescents vivant avec le VIH, décembre 2010). De janvier à septembre
2012, le nombre total de nouveaux patients incluant les enfants et les
femmes enceintes est de 10.028. Le cumul de patients actifs sous TAR à la
fin de septembre 2012 est de 41.200. En 9 mois, le PNLS a augmenté le
6
Vernazza P, Hirschel B, Bernasconi E, Flepp M. les personnes séropositives ne souffrant
d’aucune autre MST et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH
par voie sexuelle. Bulletin des médecins suisses. Editores Medicorum Helveticorum. 2008;89 :5
7
Cohen M et al. Antiretroviral treatment to prevent the sexual transmission of HIV-1: results
from the HPTN 052 multinational randomized controlled ART. 6th International AIDS Society
Conference on HIV Pathogenesis, Treatment and Prevention, Rome, abstract MOAX0102, 2011.
8
ONUSIDA. Résultats du Programme Commun des Nations Unies sur le VIH/sida. Rapport
2012.
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 19
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
nombre de patients sous TAR de près d’un quart de ce qu’il avait pu faire en
10 ans (2001 – 2011).
Tableau 2. Répartition des nouveaux enrôlés sous ARV de janvier à septembre
selon la catégorie et le sexe.
Femmes
Mois Hommes Femmes Enfants Total
enceintes
Janvier 324 465 45 48 882
Février 315 489 52 50 906
Mars 479 626 59 55 1219
Avril 352 566 59 46 1023
Mai 417 546 95 66 1124
Juin 389 522 113 57 1081
Juillet 420 614 149 40 1223
Aout 375 553 208 55 1191
Septembre 344 723 249 63 1379
Total 3415 5104 1029 480 10028
Source : MSPP/PNLS, www.mesi.ht, novembre 2012
Le programme haïtien de lutte contre le VIH/sida a enrôlé une moyenne de
1.114 patients sous TAR de janvier à septembre 2012 ce qui représente une
croissance mensuelle de mise sous TAR de 0,03 par rapport au cumul de
patients sous TAR en décembre 2012. Les mois de mars, de juillet et de
septembre ont été les mois où il y a eu beaucoup plus de patients à mettre
sous traitement.
Toutes choses étant égales par ailleurs, si le programme haïtien maintien ce
rythme, il est fort probable que la cible visée pour le TAR en 2015 dans le
Plan de Suivi et Evaluation 2012 – 2015 du PNLS sera largement atteint dès
l’année 2014.
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 20
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
Figure 8. Distribution du nombre de nouveaux enrôlés sous TAR de janvier à
septembre. Haïti 2012. Représentation par un histogramme et un polygone de
fréquence.
Les nouvelles enrôlées femmes sous TAR représentent 61% des nouveaux
cas d’enrôlement au cours de la période et le ratio homme / femme est de
0,56. Ce ratio ne tient pas compte des enfants.
Elimination de la Transmission Mère Enfant
e
L’Etat haïtien a signé la déclaration politique sur le VIH/sida de la 65
session de l’assemblée générale des Nations Unies de juin 2011. Cette
déclaration construite sur l’intensification de nos efforts pour éliminer le
VIH/sida se donne comme objectifs, entre autres, d’élargir la couverture, de
diversifier les approches et d’intensifier les efforts pour mettre fin aux
nouvelles infections par le VIH.
L’ONUSIDA indique dans son rapport de 2012 que le nombre de nouvelles
infections à VIH a été réduit de plus de 50% dans 25 pays à revenu faible ou
intermédiaire. Le rapport signale que les plus fortes baisses ont été
enregistrées depuis 2001 dans les caraïbes (42%) et en Afrique
subsaharienne (25%).
Les notes de l’ONUSIDA sont encourageantes pour Haïti. Ainsi, il est d’une
importance majeure pour le comité de rédaction de suivre de près la mise
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 21
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
sous traitement de femmes enceintes, le diagnostic par PCR des enfants nés
de mères séropositives et les enfants VIH.
Dans le tableau suivant, les femmes enceintes VIH traitées (FE VIH traitées)
représentent les femmes enceintes qui étaient déjà dans le programme qui
sont tombées enceintes et les nouvelles femmes enceintes mises sous TAR.
Les Femmes sous traitement devenues enceintes sont comprises dans le
groupe des femmes enceintes VIH traitées.
Tableau 3. Distribution des femmes VIH traitées, des enfants diagnostiqués par
PCR et des enfants VIH+ da janvier à septembre. Haïti 2012.
Femmes
Total Enf Pourcentage
VIH sous Rx Enf
Mois FE VIH DX de TME (en
devenues VIH+
traitées PCR %)
enceintes
Janvier 140 398 393 29 7.4
Février 147 409 336 37 11.0
Mars 179 457 364 39 10.7
Avril 142 425 487 34 7.0
Mai 175 448 309 22 7.1
Juin 166 480 276 27 9.8
Juillet 134 433 306 30 9.8
Aout 158 399 260 25 9.6
Septembre 121 396 278 36 12.9
Total 1362 3845 3009 279 9.3
Source : MSPP/PNLS, www.mesi.ht, novembre 2012
D’après le tableau 2, une sur trois femmes enceintes traitées était déjà
enrôlée dans le programme, soit 35% de l’ensemble. En moyenne, le
système de soins enregistre mensuellement 150 cas de grossesse parmi les
femmes recevant les soins et traitement aux ARV au cours des neuf
premiers mois de l’année 2012.
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 22
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
Source : MSPP/PNLS, www.mesi.ht, novembre 2012
Figure 9. Répartition de femmes enceintes VIH traitées de janvier à septembre par
un histogramme et un polygone de fréquence. Haïti 2012.
Selon le graphique ci-dessus, le nombre de femmes VIH traitées semble
diminuer, mais il faut attendre les prochains mois pour mieux analyser la
tendance.
Le nombre total d’enfants nés de mères séropositives ayant bénéficié d’un
PCR entre janvier et septembre 2012 est de 3.009 et celui des enfants
diagnostiqués positif par PCR est de 279, soit un pourcentage de TME de
9,3%.
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 23
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
Source : MSPP/PNLS, www.mesi.ht, novembre 2012
Figure 10. Répartition du nombre d’enfants diagnostiqués positif par PCR de
janvier à septembre. Haïti 2012.
La proportion de TME est restée stable à moins de 10% de juin à août et a
tendance à augmenter ; celui de septembre est supérieur à 10%.
Toutes les parties prenantes de la Riposte Nationale doivent redoubler
d’ardeur et investir plus de ressources dans la PTME afin de permettre à
Haïti d’atteindre le « zéro transmission mère enfant » d’ici 2015. Dans les
prochains bulletins, nous fournirons des données, au besoin, par
département ; nous le ferons pour certains points de prestation de services
dans le but d’attirer l’attention des planificateurs et des décideurs à tous les
niveaux de la pyramide de soins et de gestion. Ce n’est que de cette façon
que nous pourrons appliquer ce que nous a rappelé la coordonatrice du
PNLS dans son éditorial : « penser globalement et agir localement ».
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 24
[Bulletin Epidémiologique] Décembre 2012
Nouvelles en Bref
La Coordination du programme vous informe que le Plan Stratégique 2008-
2012 a été révisé et s’intitule désormais : Plan Stratégique Réaménagé avec
extension à 2015. Le document vous sera soumis très bientôt.
La Coordination du programme a doté le programme d’un Plan national de
Suivi/Evaluation 2012-2015. Le document vous sera soumis très bientôt.
Le prochain Cluster Suivi/Evaluation se tiendra en date du jeudi 13
décembre 2012. Le lieu vous sera communiqué ultérieurement.
Une rencontre sur la présentation des résultats définitifs de l’enquête bio
comportementale relative aux groupes spécifiques clés aura lieu le vendredi
14 décembre 2012 par PSI. Le lieu vous sera communiqué ultérieurement.
Le prochain numéro du Bulletin Epidémiologique apparaitra la première
semaine de Février 2013.
Programme National de lutte contre les IST/VIH/ SIDA 25