Communication Strategy for HIV Prevention
Summary — February 2013 national communication strategy for HIV prevention, covering governance, partnerships, capacity, service access, priority populations and community action.
Key Findings
- Defines governance, partnership, capacity and service-access priorities.
- Targets populations and locations with elevated HIV exposure.
- Links communication actions to monitoring, community engagement and decision-making.
Full Description
Defines expected results, intervention areas and strategic directions for HIV-prevention communication. Priorities include governance and leadership, partnerships, organizational capacity, access to prevention services, monitoring and evaluation, populations most exposed to HIV, geographic targeting, risk management, community engagement and action by decision-makers.
Full Document Text
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MINISTERE DE LA SANTE
PUBLIQUE ET DE LA
POPULATION
PROGRAMME NATIONAL DE LUTTE
CONTRE LES IST/VIH/SIDA
STRATEGIE DE COMMUNICATION POUR LA
PREVENTION DU VIH
PNLS
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STRATÉGIE DE COMMUNICATION POUR LA
PRÉVENTION DU VIH
Table des matières
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Liste des Abréviations
AES Accident d’Exposition au Sang
ARV Anti RétroViraux
CBIS Community-Based Information System (Système d'Information à Base
Communautaire)
CCC/MC Communication pour le Changement de Comportement/Mobilisation
Communautaire
CNLS Commission Nationale de Lutte contre le Sida
DPSPE Direction de Promotion de la Santé et de Protection de l'Environnement
EMMUS Enquête sur la Morbidité, la Mortalité et l'Utilisation des Services
HARSAH Hommes ayant des Rapports Sexuels avec d’Autres Hommes
IHE Institut Haïtien de l'Enfance
IST Infections Sexuellement Transmissibles
MARP Most At Risk People (Personnes les plus à risque)
MAST Ministère des Affaires Sociales et du Travail
MCFDFE Ministère à la Condition Féminine et aux Droits de la Femme
MENFP Ministère de l'Education Nationale et de la Formation Professionnelle
MESI Monitoring, Evaluation and Surveillance Interface
MJSAC Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l'Action Civique
MJSP Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique
MSPP Ministère de la Santé Publique et de la Population
NASTAD National Alliance of State and Territorial AIDS Directors
NTIC Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication
OEV Orphelins et Enfants Vulnérables
OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement
ONUSIDA Programme Commun des Nations Unies sur le VIH et le Sida
PEPFAR President’s Emergency Plan for AIDS Relief
PNLS Programme National de Lutte contre le Sida
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
PSI Programme de Santé et d'Information
PSNM Plan Stratégique National Multisectoriel (de Lutte contre le VIH/Sida)
PTME Prévention de la Transmission (du VIH) de la Mère à l'Enfant
PVVIH Personnes Vivant avec le VIH
Sida Syndrome de l'Immunodéficience Acquise
TS Travailleurs/euses de Sexe
UNGASS United Nations General Assembly (Assemblée Générale des Nations Unies sur le
Sida)
UNICEF Fonds des Nations Unies pour l'Enfance
VIH Virus de l’'Immunodéficience Humaine
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PRÉFACE
Des progrès considérables ont été accomplis dans la lutte contre le VIH/Sida en Haïti depuis ces trente
dernières années. Le nombre de sites offrant les services de dépistage a augmenté, de nombreux
patients reçoivent leur thérapie anti rétrovirale et plus de 60% des femmes enceintes séropositives
enrôlées au niveau des sites de prise en charge sont placées sous ARV. Pourtant, le comportement de
certains groupes, en particulier les jeunes, reste très préoccupant sur tout le territoire haïtien, ce qui
nécessite un questionnement des interventions de prévention en vue de leur renforcement. Quoique
les patients infectés au VIH accèdent plus facilement au traitement anti rétroviral qui a été reconnu
comme une nouvelle stratégie de prévention, les défis restent de taille ; d'autant que les ressources
financières et matérielles allouées au programme de lutte contre l'épidémie du VIH s’amenuisent. La
pérennisation des interventions devient alors un souci réel pour nos autres, les responsables nationaux.
Cette situation montre qu'il faut accentuer les efforts pour faire reculer l'épidémie et permettre à tous
ceux qui en ont besoin de bénéficier du traitement et des soins nécessaires. Certes, les activités de
Communication ont apporté un grand soutien dans la riposte nationale du VIH/sida mais il faut
renforcer les actions afin de contribuer à l'atteinte des objectifs du Millénaire pour le Développement et
la vision des trois (3) Zéro de l'ONU/Sida à l'horizon de 2015.
Il est important de noter que la prévention du VIH se trouve au centre de la Politique Nationale du
gouvernement et répond aux stratégies sectorielles Santé et Développement. Il s’agit d'empêcher que
d’autres personnes soient infectées et de réduire le coût humain et financier de l'épidémie qui affecte en
grande majorité les jeunes, la force productive nécessaire à la relance économique et au développement
du pays. Le Plan Stratégique National Multisectoriel réaménagé 2008-2012 avec extension en 2015 dans
l'analyse de l’axe stratégique # 1 fait référence à la réduction des risques contre le VIH par: i) le
renforcement et l'extension des services de CCC/MC, ii) la disponibilité et l'accès aux préservatifs, iii)
la promotion et le renforcement du dépistage volontaire, iv) l'extension et l'intégration des services de
PTME, v) la sécurité transfusionnelle et la prévention de l'exposition accidentelle au sang qui sont
autant d'interventions clés reflétant clairement la vision globale des différentes directions concernées.
Partant du mandat spécifique du MSPP visant à garantir à tous les citoyens sans distinction le droit à la
vie, à la santé et à leur assurer, dans toutes les collectivités territoriales, les moyens appropriés pour la
protection, le maintien et le rétablissement de leur santé ; il a été indispensable de réactualiser, vu les
exigences du moment le guide national de prévention relatif aux IST/VIH/sida pour une période de
trois ans 2012-2015.
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Les diverses consultations réalisées dans le passé ont montré qu'une nouvelle orientation s’imposait
pour la conception et la mise en œuvre des programmes de communication sur les IST, VIH/sida. Ce
nouveau document stratégique va réorienter les interventions pour le changement de comportement
notamment dans les domaines de la prévention ainsi que de la réduction de la stigmatisation et de la
discrimination liées au VIH/sida. Cet outil contribuera à donner une réponse aux préoccupations du
MSPP qui accorde une importance accrue à la prévention du VIH au sein de l’action sanitaire globale.
L'élaboration de ce document résulte d’une collaboration efficace entre la Coordination Technique du
Programme National de Lutte contre le VIH/Sida, le Programme des Nations Unies pour le
Développement (PNUD) et les différents intervenants dans la lutte contre le VIH/Sida.
Nous profitons de l'opportunité pour remercier tous les partenaires nationaux et internationaux du
MSPP qui ont contribué à rendre disponible ce document national de Stratégie de Communication sur
la prévention des IST/VIH/Sida. Nous restons persuadés qu'il sera utilisé à bon escient afin d'arriver à
une génération haïtienne exempt des nouvelles infections.
Dr Florence Düpérval GUILLAUME
Ministre de la Santé Publique et de la Population
EEE
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Mots de remerciements
Cette «Stratégie de communication» est le fruit d’un travail laborieux réalisé en
collaboration avec de nombreux partenaires Tous ceux qui ont participé à son élaboration
avaient la conviction qu’il fallait d'un guide pour la prévention afin de fournir des services de
qualité à la population. Nous les remercions pour leur soutien et leur contribution à la
réalisation de cet ouvrage.
Un merci spécial à Mme Elsie Lauredent qui a produit ce document et qui n’a jamais
marchandé son concours. Cet outil stratégique n'aurait pas pu voir le jour sans la contribution
du Fonds Mondial et nous profitons de cette opportunité pour remercier le PNUD qui nous a
soutenu dans cette démarche. Un très grand merci aux membres du Cluster de CCC/MC qui
ont une fois de plus montré leur engagement et leur solidarité.
Nous remercions particulièrement les nombreuses personnes de différents secteurs qui ont
participé aux entretiens, en particulier les cadres des Ministères sectoriels sur qui le PNLS
compte pour rendre effective la multisectorialité. Il est temps pour nous d'aborder la
prévention en tenant compte de nos communautés et en engageant avec elles un véritable
dialogue afin de mieux comprendre les problèmes et d'apporter une réponse appropriée.
Nous remercions chaleureusement tous les professionnels de la Coordination Technique du
PNLS, en particulier Mme Bernadette Christian, chef du service CCC/MC qui est toujours à la
recherche d’un produit de qualité.
Enfin, nous voulons adresser un remerciement spécial au Dr Gracia Desforges, consultant de
l'UGP/MSPP/PEPFAR attaché à la Coordination Technique du PNLS pour sa précieuse
contribution à l'élaboration de ce document.
Nous terminerons en formulant le souhait que la prévention retrouve sa place dans la
réponse au VIH.
D og 7 (am ;
DR JY@ELLE DEAS V. KER
COORDON DU PNLS
nn
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RÉSUMÉ EXÉCUTIF
Le Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS) assume l’importante responsabilité du pilotage
stratégique de l’ensemble des interventions visant le contrôle de l'épidémie dans le pays. Bien que des
progrès significatifs aient été accomplis, Haïti fait encore face à une épidémie généralisée où les jeunes
et les femmes font partie des groupes de population les plus touchés. A la fin de l’année 2011, il a été
décidé de conduire une évaluation à mi-parcours du Plan Stratégique National Multisectoriel (PSNM)
2008 -2012.
Les recommandations de l'équipe qui a mené l'évaluation à mi-parcours ont été mises à profit par les
dirigeants du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) pour le réalignement du
PSNM et son extension jusqu’à 2015. Ce processus a également pris en compte les nouvelles
orientations définies par l'UNGASS (Juin 2011) pour renforcer la riposte à l'épidémie du Sida au
niveau mondial qui ont été synthétisées dans la nouvelle stratégie prônée par l'ONUSIDA : « Zéro
Nouvelle Infection - Zéro stigmatisation - Zéro Décès» d'ici 2015 en support à l'atteinte des Objectifs du
Millénaire pour le Développement (OMD). La mise en œuvre du PSNM 2008-2015 devra également
s'inscrire dans le cadre stratégique défini par la nouvelle Politique Nationale de Santé publiée en Juillet
2012.
Dans ce contexte et face aux nouveaux défis à relever, il s’est avéré indispensable pour le PNLS
d'assurer l’actualisation des directives stratégiques en matière de Communication pour la Prévention
du VIH. Ceci a été d'autant plus important que le document de Stratégie disponible ne portait que sur
la Prévention de la transmission sexuelle du VIH et couvrait la période 2008 -2012.
La démarche d'actualisation de la stratégie a été basée sure une analyse méthodique de la situation. Le
document de Politique Nationale de Santé et le Plan Stratégique National Multisectoriel de Lutte contre
le VIH/Sida 2008 -2015 décrivent avec précision et de manière détaillée les différents facteurs sociaux
et économiques qui peuvent être associés à la situation épidémiologique du Sida dans le pays. Les
informations tirées de ces documents ont permis de bien comprendre les déterminants de tous ordres
qui influencent aussi bien les niveaux de risque et de vulnérabilité des différents segments de la
population que l'accès et l’utilisation des services de prévention et de prise en charge. La revue du
volet Communication du PNLS a amené au constat que sa performance était affectée par de sérieux
problèmes de gouvernance et de gestion découlant pour la plupart des défis confrontés en général par
le système de santé.
Les conclusions de l'analyse de la situation et du programme ont servi à la détermination des résultats
escomptés sur le plan programmatique et en matière de communication pour que la stratégie
développée contribue à l'atteinte de l'objectif stipulé dans le PSNM et dans son Plan de suivi : « Une
réduction globale du niveau de transmission du VIH, toutes sources confondues, d'ici 2015 ».
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Puis, les axes d'interventions et les orientations stratégiques pour arriver aux objectifs fixés dans le
PSNM, tant sur le plan comportemental et social que sur le plan sanitaire ont été sélectionnés et
présentés de façon schématique dans un cadre conceptuel. Il ne doit pas être vu ni interprété comme un
modèle théorique à proprement parler, n’ayant été conçu que pour fournir une vue d'ensemble de la
stratégie.
La Stratégie retenue pour la Prévention du VIH en Haïti pourrait être intitulée : «5 X 5 pour moins de
nouvelles infections d'ici 2015 ».
Les actions relevant des cinq (5) axes d'intervention retenus doivent contribuer à établir un cadre
propice à la mise en œuvre d'interventions focalisées, cohérentes, articulées et soutenables. Ces axes
portent sur la définition d’une vision partagée qui guidera le leadership du programme national de
Communication dans ses efforts de mobilisation des ressources de toute sorte, de coordination de
l’action et d'augmentation de l'efficience. Il devrait en résulter une optimisation des résultats et des
produits à partir des opportunités qui permettront de contourner les obstacles majeurs à l'exécution
des plans d'action et de relever les importants défis liés à la disponibilité des ressources et des services.
Ce sont :
1. Renforcement de la Gouvernance et du Leadership
2. Etablissement de Partenariats Stratégiques
3. Renforcement des capacités et de la performance
4. Amélioration de l'accès et de la qualité des services de prévention
5. Monitoring et Evaluation - axe transversal devant assurer la disponibilité, de manière
opportune, d'informations fiables pour la prise de décision éclairée pour la bonne
marche du programme.
Les cinq (5) orientations stratégiques définissent les grandes lignes tactiques devant guider l’action des
intervenants directs dans le but de modifier effectivement les comportements, les normes sociales et
autres facteurs environnementaux susceptibles d’influencer les niveaux de risque et de vulnérabilité à
l'infection au VIH. Elles s’inspirent, en grande partie, des directives d'ONUSIDA pour la période 2012
- 2015 et fournissent un cadre de référence pour la planification, le suivi et l'évaluation des activités
sur le terrain:
1. Focus sur les personnes les plus exposées
2. Ciblage des « foyers » de l'épidémie
3. Habilitation pour la gestion du risque
4. Engagement des organisations sociales et communautaires
5. Stimulation de l’action des décideurs à tous les niveaux
Cinq (5) groupes de population ont été priorisés:
> Jeunes de 16 à 24 ans des 2 sexes
> Femmes
> Personnes les plus à risque - (Most At Risk People- MARP)
> Hommes
> Personnes vivant avec le VIH (PVVIH)
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De plus, la stratégie de Communication pour la Prévention du VIH accordera une attention particulière
et soutenue à une catégorie de personnes jusqu'ici négligée: les enfants de 4 à 15 ans et une catégorie
virtuelle, «la population en général».
Les interventions en cours actuellement touchent les cinq groupes prioritaires. Cette stratégie se
propose de les améliorer et d'en ajouter d’autres plus adéquates en regard des besoins actuels des
membres de chaque groupe. Les modifications et innovations seront basées sur une meilleure
connaissance des caractéristiques et des besoins des différents segments de population.
L'approche globale privilégiée dans cette stratégie sera la déviance positive. Cette option se justifie par
le fait que l'écart observé entre le niveau de connaissance sur le VIH et les comportements actuels peut
être causé par des déficits psychomoteurs et d’autres facteurs socio culturels ou économiques qui
rendent difficile la prise des décisions appropriées pour une gestion efficace du risque personnel.
A la lumière de cette approche, des interventions spécifiques seront conçues et menées à travers les
approches tactiques et les canaux retenus pour chaque groupe de population primaire et secondaire
pour promouvoir les comportements souhaités. Les approches tactiques habituelles : éducation par les
pairs, éducation par le divertissement, activités d’information et de sensibilisation, counseling seront
appuyées par une utilisation plus méthodique des médias de masse et des médias traditionnels. Les
interventions de mobilisation sociale et communautaire de même que le plaidoyer seront menées de
manière plus systématique. La principale innovation tactique de cette stratégie devra être une
exploitation rationnelle et efficiente des Nouvelles Technologies de l'Information et de la
Communication. Sur le plan programmatique, son originalité réside dans l'importance considérable
accordée à la recherche pour une plus grande adéquation des actions et une meilleure documentation
des processus et des résultats qui permettra de démontrer la contribution de la Communication à la
réduction des nouvelles infections au VIH dans le pays.
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INTRODUCTION
Le Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS) assume l’importante responsabilité du pilotage
stratégique de l’ensemble des interventions visant le contrôle de l'épidémie dans le pays. Bien que des
progrès significatifs aient été accomplis, Haïti fait encore face à une épidémie généralisée où les jeunes
et les femmes font partie des groupes de population les plus touchés. A la fin de l’année 2011, il a été
décidé de conduire une évaluation à mi-parcours du Plan Stratégique National Multisectoriel (PSNM)
2008 -2012 en vue de :
+ Mesurer les progrès réalisés dans la mise en œuvre du PSNM
e _ Apprécier la qualité de la gouvernance du PNLS
+ Evaluer le niveau de disponibilité et d'accessibilité des services essentiels de lutte contre
le Sida dans le pays.
Les conclusions de cette évaluation devaient fournir aux responsables des informations actualisées
nécessaires à la prise de décisions politiques et stratégiques pertinentes pour l'atteinte des objectifs
nationaux et le respect des engagements pris par le pays au niveau international. Les recommandations
de l’équipe qui a mené l'évaluation à mi-parcours ont été mises à profit par les dirigeants du Ministère
de la Santé Publique et de la Population (MSPP) pour le réalignement du PSNM et son extension
jusqu’à 2015. Ce réaménagement a également pris en compte les résolutions de l'UNGASS tenue en
Juin 2011 :
e Eliminer les nouvelles infections par le VIH
e _Eradiquer la maladie et les décès liés au VIH et au Sida
+ Respecter les droits de l’homme pour réduire la stigmatisation, la discrimination et la
violence liées au VIH
+ Renforcer les systèmes de soins à travers des actions transversales et l'intégration de la
lutte contre le VIH et le Sida à la lutte plus générale en faveur de la Santé et du
Développement.
Ces nouvelles orientations pour renforcer la riposte à l'épidémie du Sida au niveau mondial ont été
synthétisées dans la nouvelle stratégie prônée par l'ONUSIDA : « Zéro Nouvelle Infection - Zéro
stigmatisation - Zéro Décès» d'ici 2015 en support à l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le
Développement (OMD).
L'élaboration du PSNM 2008 - 2015 constitue une initiative louable des autorités sanitaires nationales
dans le but de renforcer la riposte nationale pour atteindre les ambitieux objectifs fixés et, par ainsi,
réduire la mortalité et la morbidité liées au VIH et au Sida; ce qui contribuerait au développement
socio économique du pays. Il faut cependant, regretter que ces efforts soient entrepris dans un contexte
de crise économique à l'échelle mondiale et que les priorités géo politiques actuelles risquent de
provoquer une réduction de l’Aide au Développement. Tenant compte aussi du fait que les ressources
financières nationales sont encore très limitées, la mise en œuvre des interventions du PSNM devra
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être faite dans un contexte de rationalisation stricte des efforts et de l’utilisation des ressources
particulièrement en renforçant leur coordination, en augmentant leur efficacité et leur efficience.
La mise en œuvre du PSNM 2008-2015 devra également s'inscrire dans le cadre stratégique défini dans
le document de Politique Nationale de Santé publié en Juillet 2012. Les options stratégiques retenues
par l'Etat haïtien incluent : « une action cohérente à travers les divers secteurs concernés sur l’ensemble
des déterminants de la santé », «une convergence vers les corrections des problèmes structurels du
secteur » et une nouvelle perspective de la santé, « placée au cœur du développement national en tant
que réponse sociale et comme investissement ». Dans leur conception, leur planification et leur
développement, les différentes composantes du PSNM 2008-2015 devront respecter les principes
directeurs qui constituent les fondements de la Politique Nationale de Santé : Universalité, Globalité,
Equité et Qualité; elles devront aussi s'inspirer des valeurs qui la sous-tendent: droit à la vie et à la
santé, solidarité, participation citoyenne et efficience.
Dans ce contexte et face aux nouveaux défis à relever, il s’est avéré indispensable pour le PNLS
d'assurer l’actualisation des directives stratégiques en matière de Communication pour la Prévention
du VIH. Ceci a été d'autant plus important que le document de Stratégie disponible ne portait que sur
la Prévention de la transmission sexuelle du VIH et couvrait la période 2008 -2012. De plus, il faut se
rappeler que, même si les orientations qui y sont définies servaient de référence pour les intervenants
tant du secteur public que du secteur privé, le document n’a jamais été officiellement publié.
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ANALYSE DE LA SITUATION
L'épidémie du Sida constitue une illustration claire de l'impact de nombreux facteurs sur l’état de santé
d'une population donnée. En effet, pour prévenir effectivement l'infection au VIH, il importe de bien
comprendre les déterminants de tous ordres qui influencent aussi bien les niveaux de risque et de
vulnérabilité des différents segments de la population que l'accès et l’utilisation des services de
prévention et de prise en charge. Le document de Politique Nationale de Santé et le Plan Stratégique
National Multisectoriel 2008 -2015 décrivent avec précision et de manière détaillée les différents
facteurs sociaux et économiques qui peuvent être associés à la situation épidémiologique du Sida dans
le pays. On peut en extraire certains éléments clés :
Sur le plan Politique - Depuis bientôt deux (2) ans, Haïti dispose d’un gouvernement qui a clairement
défini ses priorités. La mise en œuvre effective et la réussite des programmes qui en découlent
devraient contribuer à une amélioration des conditions de vie de la population. Cependant, une
Politique Nationale de Développement n’est pas encore élaborée; cet état de fait rend difficile une
action articulée et synergique dans la mise en œuvre des différents plans d'action sectoriels existants. Il
faut aussi souligner que les interventions de l'Etat sont assez souvent limitées ou gênées par la vétusté
du cadre juridico-légal disponible.
Du point de vue démographique - La population haïtienne est supérieure à dix millions (10,000,000)
d'habitants; elle est aussi très jeune, 61% des haïtiens sont âgés de moins de 25 ans et plus de la moitié
de la population (environ 52%) est de sexe féminin. Actuellement, le pourcentage de la population
vivant en milieu rural est estimé à 60%; des 40% vivant en milieu urbain, plus de la moitié habite dans
des zones dites marginales avec une densité très élevée (environ 1000 à 1300 personnes à l’hectare). A
noter également la croissance rapide de la population résultant de la fécondité encore élevée (4 enfants
par femme) associée à une réduction des niveaux de mortalité infantile, juvénile et généralet.
La situation économique - Une assertion datée de 2007, «la République d'Haïti est en proie à une
pauvreté massive entretenue par des inégalités importantes ?», est malheureusement, encore valide.
Elle pourrait même avoir été aggravée, au cours des cinq dernières années, par les tensions
sociopolitiques, les désastres et catastrophes naturels, l'insécurité ; ce qui aurait contribué à une baisse
de la production nationale dans tous les secteurs, une réduction des investissements donc à un
accroissement du taux de chômage et à une situation de misère dans le pays.
Le pourcentage du Budget national 2012 -2013 alloué à la Santé est encore inférieur à 10%. Une bonne
partie du financement des services de santé provient donc, du paiement direct par les patients et leur
famille; ceci diminue souvent et retarde parfois le recours aux soins de santé.
Sur le plan social et culturel - La quête de meilleures conditions de vie a poussé de nombreux haïtiens
à migrer vers les centres urbains ou même à quitter le pays vers des rives plus clémentes. Cette
démarche bien que légitime a profondément secoué les structures sociales et contribué à l’effritement
des valeurs ainsi qu’au rejet des normes sociales. Les familles sont trop souvent éparpillées ou
déstabilisées par les efforts excessifs nécessaires pour assurer la survie de leurs membres ; elles sont
souvent contraintes, en raison de la pauvreté, de vivre dans des conditions de promiscuité
inacceptables. De plus, l'éloignement de la famille élargie et des réseaux traditionnels de support social
2 Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté. 2007- cité par MSPP, PSNM 2008-2012 réaménagé. 2012 (page 17)
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laisse les enfants et les jeunes livrés à toute sorte d’influences malsaines qui les conduisent à adopter
des comportements non conformes aux normes sociales et non favorables à la santé.
L'accès aux services sociaux de base (santé, éducation, eau potable, assainissement, informations) est
encore nettement insuffisant pour la grande majorité de la population haïtienne. Cette situation
contribue à entretenir des croyances nocives et des comportements inappropriés. Par exemple, le
recours tardif aux services de santé en raison de la croyance que la maladie est d’origine surnaturelle.
D'autres attitudes et croyances ancrées dans le background culturel portent la population à une sorte
d'inertie qui peut même être perçue comme de l'indifférence. En général, le locus de contrôle est situé
à l'extérieur de la personne : « Bondye bon », « Bondye ki konnen », « se pa mwen », «se pa fôt mwen » …
sont quelques unes des expressions trop fréquentes dans le milieu et qui traduisent clairement que la
plupart des Haïtiens ne se croient ni capables, ni responsables de changer leur réalité.
Sur le plan épidémiologique - Haïti présente le tableau d’une épidémie généralisée avec une
prévalence estimée à 2.2%, chez les adultes de 15 à 49 ans, en 2012 (EMMUS V), le même niveau qu’en
2005-2006 (EMMUS IV) ; ce qui montre une tendance à la stabilisation de l'épidémie. Il faut retenir que
la prévalence du VIH est nettement plus élevée chez les femmes (2.7%) que chez les hommes (17%).
Les résultats de l'EMMUS V mettent aussi en relief une différence marquée entre les sexes, dans la
progression de l'infection avec l’âge. La prévalence du VIH augmente plus rapidement avec l’âge chez
les femmes que chez les hommes comme l'indique le tableau 1 qui montre aussi qu'avant 40 ans, le
pourcentage de séropositifs est toujours plus élevé chez les femmes.
Tableau 1 - Prévalence de l'infection au VIH par sexe et par âge
Groupes d'âge
Sexe
15-19 20 - 24 25- 29 30 - 34 35- 39 40 -44 45- 49 50 - 59
Source : Rapport préliminaire sur la prévalence du VIH (EMMUS V)
Même si tous les groupes d'âge sont touchés, on doit noter que les niveaux de prévalence les plus
élevés sont enregistrés entre 25 et 45 ans, en plein dans la période de reproduction et de productivité de
la population.
Les données présentées confirment la féminisation de l'infection au VIH dans le pays : i) prévalence
plus élevée que chez les hommes à tous les groupes d'âge jusqu’à 40 ans, ii) croissance très rapide du
taux de prévalence chez les jeunes filles, iii) prévalence nettement plus élevée (5.7%) - plus que le
double de la moyenne nationale, parmi les femmes vivant dans les camps de déplacés. De plus, la
comparaison des données des EMMUS IV et V montre que la prévalence du VIH chez les femmes est
passée de 24% à 2.7% tandis qu’elle a régressé de 2% à 1.7% chez les hommes. Il faut toutefois noter
une légère baisse de la prévalence du VIH chez les femmes enceintes ; les résultats préliminaires de
l'enquête de séroprévalence par méthode sentinelle chez les femmes enceintes réalisée en 2012 par IHE
et NASTAD rapportent une prévalence de 2.4% alors qu’en 2009, elle était de 2.7%.
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Le lieu de résidence constitue une autre variable importante dans la distribution de l'infection au
VIH. La prévalence du VIH est plus faible en milieu rural (2.0%) qu’en milieu urbain (24%). Elle est
supérieure à ou très proche de la moyenne nationale dans certains départements ayant des activités
commerciales plus intenses (présence de ports, zones frontalières...) : Nord-Est, Nord-Ouest, Aire
Métropolitaine de Port-au-Prince, Artibonite, Sud-Est et Nippes, comme illustré dans le tableau 2.
EMMUS V rapporte aussi une prévalence particulièrement haute parmi les résidents des camps
d'hébergement (3.9%) surtout chez les femmes (5.7%).
Tableau 2 - Prévalence de l'infection au VIH par sexe et par département
Départements Sanitaires
Axe Reste Sud Est Nord Nord Artibonite | Centre Sud Grande god Nippes
Métropolitaine | Ouest
Source : Rapport préliminaire sur la prévalence du VIH (EMMUS V)
Selon les résultats de deux (2) études menées par PSI-Haïti en 2012, les niveaux de prévalence du VIH
seraient particulièrement élevés parmi les travailleuses de sexe (8.4%) et les hommes ayant des rapports
sexuels avec les hommes (18.1%). Les chiffres rapportés de ces études varient considérablement d’un
département à un autre : pour les travailleuses de sexe, de 5.6% dans l'Ouest, la prévalence atteint 18%
dans le Centre; et de 3.3% dans la Grande Anse à 28.6% dans le Nord Est.
Au niveau éducationnel et comportemental - La disponibilité de données dans ce domaine est très
limitée. Si quelques chiffres existent sur certains comportements qui augmentent le risque d'infection
au VIH, rares sont les données qualitatives actualisées qui permettraient de mieux comprendre les
facteurs éducationnels (connaissances, habiletés et attitudes) qui sous-tendent les comportements
observés.
Certaines pratiques sexuelles non sécuritaires sont très répandues dans le pays :
- initiation sexuelle précoce,
- faible utilisation du préservatif particulièrement au début de l’activité sexuelle et dans
les rapports sexuels transgénérationnels ou transactionnels,
-__ multipartenariat concomitant avec une faible utilisation du condom
Des données récentes sur ce dernier point sont présentées dans le rapport préliminaire de l'EMMUS V :
-__ Parmi les personnes sexuellement actives, le nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée
de vie est de 2,4 chez les femmes et 12,6 chez les hommes.
-__2.3% des femmes et 248% des hommes interrogés ont déclaré avoir eu 2 partenaires sexuels ou
plus au cours des 12 derniers mois. EMMUS IV avait rapporté respectivement 1.9% et 29.8%.
-__ Parmi les personnes ayant eu 2 partenaires ou plus au cours des 12 derniers mois, moins de la
moitié 43% des femmes et 44% des hommes ont déclaré avoir utilisé un condom au cours des
derniers rapports sexuels. En comparaison avec les résultats de l'EMMUS IV, une nette
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 14
[page 15]
amélioration chez les femmes (25.7%) et une légère augmentation chez les hommes (41.9%) ont
été notées.
Les rapports des études réalisées par PSI-Haïti au cours de l’année 2012 fournissent des données
spécifiques sur les comportements des travailleuses de sexe et des hommes ayant des rapports avec
d’autres hommes.
Les niveaux de connaissances relatives au VIH et au Sida sont relativement élevés dans la population
en général. Selon les résultats de l'EMMUS V, plus de 99% des personnes interrogées ont entendu
parler du Sida, quelque soit l’âge, le milieu de résidence et le niveau d'instruction sauf pour les
hommes sans instruction (98.7%). Cependant, un pourcentage bien moindre (autour de 50%) des
hommes et femmes en âge de procréer connaissent les moyens de réduire le risque d'infection au VIH.
La connaissance sur le VIH est incomplète et plutôt superficielle dans certains groupes (âge, lieu de
résidence, niveau d'instruction) ; de plus, certaines opinions erronées sur les modes de transmission et
les moyens de prévention persistent encore particulièrement en milieu rural.
Faible perception du risque, croyances que le Sida est une maladie surnaturelle et que « Bondye Bon »,
préoccupation par la lutte pour la survie, machisme, stigmatisation des personnes infectées et affectées
sont les principales attitudes qui ont cours dans la société haïtienne. En association avec les normes
sociales, dans le contexte socio économique très précaire, ces attitudes entretiennent les pratiques
sexuelles non sécuritaires mentionnées précédemment malgré l'augmentation progressive du niveau
de connaissances de la population sur le VIH et le Sida.
Les taux de dépistage du VIH sont encore faibles sauf chez les femmes enceintes. L'utilisation des
autres services de prévention du VIH (PTME, Prise en charge des AFS, Prise en charge des IST, ..) est
encore loin d'atteindre les niveaux escomptés. Cette sous utilisation des services de dépistage et de
prévention serait liée à de multiples facteurs dont la stigmatisation encore très répandue, la
disponibilité restreinte des services, la faible couverture des activités de promotion des services et dans
une certaine mesure de leur qualité non satisfaisante.
La riposte nationale bien que reconnue efficace pourrait être plus efficiente et avoir un impact bien
plus important si le contexte social et économique était plus propice et si son opérationnalisation était
mieux coordonnée. Le PNLS bénéficie du support des plus hautes autorités sanitaires nationales.
Toutefois, la volonté exprimée ne s’est pas encore matérialisée dans les mesures indispensables pour
doter le pays des politiques spécifiques, du cadre légal approprié et des institutions viables et fortes
pour assurer le suivi de leur application. De plus, la gouvernance du programme est limitée en raison
de l'absence d’une entité ou d’une structure dotée du mandat et de l'autorité nécessaire pour
coordonner effectivement les interventions de tous les secteurs dans le but de freiner pour de bon
l'épidémie.
L'axe Prévention tel que décrit dans le PSNM comprend 9 composantes : promotion « Abstinence et
Fidélité », promotion du condom, promotion du dépistage, promotion de la PTME, prise en charge des
IST, prévention positive, prise en charge des AËES, circoncision masculine et sécurité transfusionnelle.
Des orientations assez claires ont été définies pour chacune des composantes ; mais les différents
programmes de prévention ne sont pas articulés. De plus, leur couverture reste encore très limitée
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 15
[page 16]
d'autant que le volet prévention semble être le moins financé, et celui dont le budget est le premier
revu à la baisse.
La disponibilité des services de prise en charge et de traitement a considérablement augmenté mais le
niveau de couverture, tributaire du système de santé, reste encore très restreint ; de ce fait, l'impact des
interventions de promotion des services n’est pas toujours évident.
L'équipe qui a conduit l'évaluation à mi-parcours a accordé une attention particulière à l'analyse du
volet Prévention du PSNM et certaines des conclusions et recommandations du rapport fournissent de
précieuses indications sur la situation actuelle et même sur ses principaux déterminants.
- Les résultats observés, même s'ils semblent dénoter un certain progrès au niveau des
connaissances, des attitudes et des comportements, ne peuvent pas être attribués aux efforts
consentis dans le cadre du PSNM 2008-2012; vu que les changements dans ces domaines sont
les fruits cumulés du travail réalisé au cours des deux (2) dernières décennies.
-__ Le programme souffre d’un déficit de Gouvernance et de Leadership. Le PSNM prévoit la mise
en place d’une Commission Nationale de Lutte contre le Sida pour garantir une coordination
effective de l’action multisectorielle; cette structure n’a pas encore été établie. Ce qui laisse une
situation de vide vu qu'aucun mécanisme n’a été retenu pour la période de transition. Au
niveau du MSPP, deux (2) structures différentes ont la responsabilité des interventions de
Communication pour la Prévention du VIH sans qu'aucune modalité formelle n'ait été définie
pour leur articulation.
- Les priorités définies par le Cluster CCC/MC n'ont pas été mises à profit pour le renforcement
du volet communication du PNLS qui a pourtant un grand besoin d'être mieux géré et mieux
coordonné pour contribuer pleinement au succès du PNLS.
- Environ 76% des institutions de santé offraient des séances d’éducation sur le VIH. Mais, il
faudrait questionner la régularité et la qualité de ces séances.
- La cartographie des interventions d'éducation faite en 2008 et actualisée en 2010 ne renseigne
pas en détails sur le niveau de couverture par type d'intervention et par cible. Il n’est pas utilisé
systématiquement pour la prise de décision en vue d'augmenter la couverture des
interventions.
- Plusieurs autres Ministères mènent des interventions visant la Prévention du VIH. Le MENFP
qui détient le mandat de coordonner les interventions d'éducation sexuelle des jeunes a élaboré
un Plan Stratégique (2002-2006) avec le support de l'UNICEF et développé un curriculum de
formation. Cependant, un ralentissement marqué des activités dans les milieux scolaires a été
observé en raison de la disponibilité limitée de ressources financières. De nombreuses
organisations de femmes réalisent des activités d'éducation sur le Sida, mais le MCFDF ne
dispose d'aucune structure, d'aucun mécanisme pour assurer la coordination et le suivi des
interventions.
En matière de Communication
L'importance de la Communication en support aux différents volets du programme de lutte contre le
Sida est reconnue par tous les décideurs et tous les intervenants. Toutefois, les résultats obtenus sont
encore trop limités pour produire les effets escomptés. Il faut reconnaître que, trop souvent, les
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 16
[page 17]
interventions ne sont pas menées dans le respect d’orientations stratégiques basées sur des évidences
scientifiques.
Bien que des directives stratégiques et techniques soient définies par le PNLS de concert avec ses
partenaires, les actions sur le terrain ne s'inscrivent pas vraiment dans le cadre d’un programme
structuré et continu ; de nombreuses interventions de Communication sont menées sur le terrain de
manière plus ou moins régulière selon la disponibilité de ressources fournies en grande partie par la
Coopération Internationale.
Les stratégies retenues ne sont pas toujours définies avec précision en raison de la disponibilité limitée
de données de qualité sur les comportements et leurs déterminants. Elles ne sont pas, en général, mises
en œuvre de manière conforme, ni sur une période suffisamment étendue pour permettre d’en évaluer
objectivement l'adéquation et l'efficacité. Les difficultés rencontrées au cours de leur mise en œuvre et
les leçons apprises ne sont pas documentées de façon méthodique, ce qui aurait permis de les adapter
au fur et à mesure.
La grande majorité des interventions menées actuellement portent sur l'information et la sensibilisation
de la population en général ou sur des groupes de population non segmentés. Les « activités
d'éducation » sont encore fortement concentrées au niveau des centres urbains. Dans l’ensemble, les
interventions s'adressent de façon privilégiée aux jeunes surtout les scolarisés, aux femmes
particulièrement aux femmes enceintes, aux leaders communautaires. Il n’y a aucune évidence que les
réunions avec les leaders communautaires rapportées par quelques intervenants soient réalisées selon
une approche structurée de mobilisation communautaire. La grande efficacité de la communication
interpersonnelle est unanimement reconnue, cependant, elle est limitée par la faible disponibilité et le
manque de compétences des prestataires de santé.
L'utilisation des mass médias particulièrement de la radio est, en raison de la disponibilité limitée de
fonds, réduite à la diffusion de spots et d'émissions particulièrement à l’occasion d'évènements tels :
les fêtes patronales et la célébration du 1er Décembre. Il en est de même de l’organisation des « activités
de sensibilisation » - marches, kiosques, caravanes.
Des faiblesses importantes peuvent être relevées au niveau de la planification, de la documentation et
du suivi des interventions. Une évaluation objective de l’efficacité des interventions requiert une
analyse approfondie des données dont la disponibilité est limitée et la fiabilité non garantie, une
documentation soignée des approches utilisées et une revue de leur coût-efficacité. Le PNLS a conçu et
mis en place un système de suivi des activités au niveau communautaire (Community-Based
Information System - CBIS) qui devrait fournir des informations fiables sur les activités d'éducation
tant pour la prévention et la prise en charge du VIH que pour l'assistance aux Orphelins et Enfants
Vulnérables (OEV). Mais, l’utilisation de ce système est surtout limitée aux institutions supportées par
le PEPFAR; encore que le postage des données sur MESI n’est pas encore systématique dans tous les
sites.
La perception d'efficacité des interventions semble associée au volume d’activités donc probablement à
la disponibilité de financement. Selon l'opinion exprimée par les participants à la réunion
extraordinaire du Cluster CCC/MC du 16 Novembre 2012, voir le tableau 3, les interventions visant la
prévention du VIH jugées comme les plus efficaces sont : la promotion de l’utilisation du condom, la
promotion du dépistage, la promotion des services de prise en charge des AES et la sécurité
transfusionnelle. Celles portant sur la promotion de l’abstinence et de la fidélité ainsi que sur la
promotion de la PTME sont perçues comme n'ayant pas atteint les objectifs fixés. Les interventions de
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 17
[page 18]
promotion de la circoncision masculine n’ont été notées que par 3 des 6 groupes; cela vient
probablement du fait qu’elles n’ont pas été initiées de manière formelle dans le pays.
Tableau 3
Estimation du niveau d’atteinte des objectifs des interventions visant la prévention de l'infection à
NVIH*
Interventions pour la prévention du VIH
Abstinence Condom | Dépistage | PTME Traitement | Préventio | Prise en | Circoncision | Sécurité
Fidélité des IST npositive | charge AES transfusion
A A RE A
RE PE PE RE SE PE SP RE ES
CE A A
EE
16.67 63.33 56.67 4333 4333 1333 36.67
Classement 1 2 4 4 3 9 7
(sur pourcentage)
Moyenne
(des scores 125 38 34 2 2.6 2.6 3 133 3.67
exprimés)
Classement 9 1 3 7 5 5 4 2
(sur moyenne)
“Résultats des discussions en groupe menées au cours de la réunion du Cluster CCC/MC - 16 Novembre 2012
En résumé, la performance du volet communication du Programme National de Lutte contre les
IST/VIH/SIDA est affectée par de sérieux problèmes au niveau de la Gouvernance et de la gestion
découlant pour la plupart des défis confrontés par le système national de santé:
- La planification opérationnelle n’est pas basée sur les orientations nationales, elle est plutôt
guidée par le financement disponible. Les modalités de collaboration avec les différentes
agences d'appui rendent difficiles une planification conjointe, intégrée, faite à temps et adaptée
aux réalités particulières de l’aire de desserte.
- L’exécution des plans d'action élaborés dans les délais prévus relève d’une véritable
gymnastique pour jongler avec les intérêts et priorités concurrents des autres intervenants et
des autres programmes, les réalités du terrain, les impondérables, l'insuffisance et/ou la non-
disponibilité des ressources.
-__ L'inadéquation, la non efficacité des structures et mécanismes de coordination causées surtout
par un « vacuum sur le plan structurel »
- La non-disponibilité de mécanismes adéquats pour assurer le suivi effectif des activités de
communication, ce qui rendrait disponible l'information nécessaire pour faire les ajustements en
cours de mise en œuvre des interventions.
- La problématique complexe des ressources humaines à tous les niveaux du système de santé -
en quantité nettement insuffisante, avec une faible motivation, ne disposant pas des habiletés
essentielles en communication, avec un système de valeurs qui affectent leurs interactions avec
leurs coéquipiers et leurs clients.
oo
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 18
[page 19]
-__ Des problèmes d'ordre structurel et organisationnel - gestion des ressources humaines, lenteurs
administratives, manque de coordination entre les différentes entités du MSPP et entre
programmes connexes, manque d'intégration dans la conception et la mise en œuvre des
interventions de communication pour la promotion de la santé.
- Le déficit de coordination avec d’autres entités de l'Etat gêne sérieusement la prise en compte
de certains groupes de population jusqu'ici ignorés ou négligés par les interventions de
communication et d'éducation, tels : les moins de 15 ans, les travailleurs de sexe, les hommes
ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, les prisonniers, les consommateurs de
drogues.
- La disponibilité limitée des services réduit grandement les résultats des interventions de
promotion des services de prévention du VIH. De plus, la faible qualité de services disponibles
cause un niveau élevé d'insatisfaction de la clientèle, ce qui entraîne souvent une perte de
crédibilité des messages de communication aux yeux de la population.
- La non-utilisation d’une stratégie standard pour la distribution gratuite de condoms dans tout
le pays.
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RÉSULTATS ATTENDUS
Cette stratégie vise à contribuer à l'atteinte du résultat attendu stipulé dans le PSNM et dans son Plan
de suivi : « Une réduction globale du niveau de transmission du VIH, toutes sources confondues - d'ici
2015 ». Il convient de noter qu’à date aucune enquête n’a encore été menée pour déterminer l'incidence
de l'infection au VIH dans le pays; il faut donc espérer qu’en plus des estimations publiées par le
PNLS, des indicateurs « proxy » seront sélectionnés pour permettre une évaluation objective des efforts
de prévention du VIH.
Sur le plan programmatique
1. Le programme de communication pour la prévention du VIH est inscrit dans le cadre du
plan national de Communication pour la Promotion de la Santé en partenariat avec tous les
secteurs concernés.
2. Des structures et des mécanismes appropriés et fonctionnels permettent d'assurer
effectivement la gouvernance et le leadership technique du programme de communication
au niveau national (central et départemental).
3. Une amélioration de la qualité et de l'intégration des services offerts dans le cadre de la
prévention du VIH, de la prise en charge et du traitement du VIH/Sida.
En matière de Communication
1. Une utilisation accrue des services de prévention du VIH, de prise en charge et de traitement
du VIH/Sida.
2. L'augmentation du nombre de personnes adoptant des comportements à moindre risque
pour se protéger de l'infection à VIH.
3. Des approches appropriées et efficaces sont mises en œuvre dans tout le pays; elles sont
développées en tenant compte du profil et des besoins des segments de population
prioritaires, déterminés à partir de données qualitatives de type socio anthropologique.
Sur le plan comportemental
Les objectifs de comportement seront formulés pour chaque segment de populations à la lumière des
résultats d’une analyse approfondie qui permettra de déterminer ou de mieux comprendre les
comportements actuels et souhaités de même que les facteurs environnementaux associés à l'incidence
élevée du VIH dans le pays.
Note :
Les résultats attendus ne constituent nullement des objectifs programmatiques spécifiques ; ceux-ci ne
seront déterminés et formulés qu'au cours de l'élaboration des plans d'action et des plans
opérationnels. Ce processus de planification se fera à la lumière des objectifs et indicateurs pour le
volet Prévention indiqués dans le cadre de performance du PSNM 2008-2015.
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Ce cadre présente, de façon schématisée, les axes d'interventions proposés et les orientations
stratégiques retenues pour arriver aux objectifs fixés dans le PSNM 2008 - 2015, tant sur le plan
comportemental et social que sur le plan sanitaire. Il ne doit pas être vu ni interprété comme un modèle
théorique à proprement parler.
UT [ae | mr JU |
-Gestion adéquate du
Focus sur les risque personnel par
I l'adoption de
PErSONTESSS comportements à
Renforcement plus exposées moindre risque 7 Réduction de la
de la Gouvernance a fa
et du Leadership -Utilisation accrue des = TETENEEN
services et produits : 2 verticale
Ciblage des dépistage, PTME, E
« foyers » de condoms, lubrifiants, eo
l'épidémie circoncision, prise en
Etabli P charge des IST, des AES, a
ablissement de du VIH/Sida S
L Partenariats =
£ stratégiques Habilitati -Consommation
S abilitation régulière d'aliments
g pour la riches en fer pour
# gestion du prévention de l’anémie Réduction de la Nombre de
È Renforcement risque -Don volontaire de sang transmission ——+ | nouvelles
° 6 . a
È des capacités et ; ” sexuelle infections
S de la performance -Promotion des droits VIH rédui
Engagement humains, équité de
d genre, respect des D 50%
CE droits des PVVIH, des [Le
organisations TS, des HARSAH [=
EE Protection des 3
Amélioration communautaires ; rt 3
de l’accès et de la mineurs, support aux 2
qualité des OEV 3
services de Stimulation de “Lutte contre la Æ Réduction de la
prévention violence liée au genre = fi
l’action des 3 transmission
S
décideurs à tous -Accroissement de la Fi sanguine
les niveaux scolarisation des GS,
enfants +
®@
-Action pour
l'amélioration des
conditions socio-
économiques
-Réseaux de support
social et familial
renforcés.
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 21
[page 22]
AXES D'INTERVENTION
A partir de l'analyse du programme de Communication pour la Prévention du VIH qui a permis
d'identifier les causes sous-jacentes des problèmes observés, les quatre (4) axes d'intervention suivants
ont été retenus dans le but d'orienter les actions sur les priorités et de produire les résultats escomptés
avec le plus d’efficience possible.
1. Renforcement de la Gouvernance et du Leadership
2. Etablissement de Partenariats Stratégiques
3. Renforcement des capacités et de la performance
4. Amélioration de l'accès et de la qualité des services de prévention
Ces axes d'intervention seront soutenus par un axe transversal : le Monitoring et l’Evaluation qui
permettra aux entités chargées de la gouvernance et de la gestion du programme de disposer, de
manière opportune, d'informations fiables pour la prise de décision éclairée pour assurer la bonne
marche du programme.
Corrélation des axes d'intervention avec les résultats attendus
Le tableau ci-dessous montre clairement que les axes d'interventions retenus en matière de
Communication pour contribuer à la réduction du nombre de nouvelles infections au VIH sont
pertinents et devraient permettre d'obtenir les résultats escomptés. De plus, il faut se rappeler que les
axes sont interdépendants et que leurs interrelations doivent être gérées et coordonnées pour assurer
une meilleure synergie des interventions.
Tableau 4- Corrélation des axes d'intervention avec les résultats attendus
Résultats attendus Gouvernance Partenariats Capacités Qualité des
Leadership Stratégiques Performance services
Le programme de communication pour la prévention du VIH est
inscrit dans le cadre du plan national de Communication pour la
Promotion de la Santé en partenariat avec tous les secteurs
concernés.
Des structures et des mécanismes appropriés et fonctionnels
permettent d'assurer effectivement la gouvernance et le
leadership technique du programme de communication au
niveau national.
Une amélioration sensible de la qualité et de l'intégration des
services offerts dans le cadre de la prévention du VIH, de la prise
en charge et du traitement du VIH/Sida.
Une utilisation accrue des services de prévention du VIH, de prise
en charge et de traitement du VIH/Sida.
L'augmentation du nombre de personnes adoptant des
comportements à moindre risque pour se protéger de l'infection à
VIH.
Des approches novatrices et efficaces développées à partir d’une
connaissance raffinée des segments de population prioritaires
sont mises en œuvre dans tout le pays.
oo
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Propositions d'actions par axe d'intervention
I - Renforcement de la Gouvernance et du Leadership
Le volet Prévention du PSNM 2008-2015 doit être implémenté en articulation avec les autres volets du
Plan et de façon intégrée tant avec les autres programmes de Santé qu'avec les programmes de
Développement Social. Ceci ne sera possible que si une vision précise et des stratégies clairement
définies sont partagées par les différents partenaires. De plus, il est nécessaire que des structures
adéquates et dotées de l'autorité nécessaire soient mises en place pour assurer le pilotage, la gestion et
la coordination de l’opérationnalisation des stratégies à tous les niveaux.
En fait, cet axe dépasse le cadre de ce document de Stratégie de Communication pour la Prévention du
VIH; toutefois, il constitue un pré requis, quasiment une condition critique pour faire face au défi de
réduire le nombre de nouvelles infections au VIH dans le pays. Il convient aussi de rappeler ici que la
mise en œuvre de cette Stratégie de Communication doit impliquer tous les concernés, vu que la
Prévention du VIH est une priorité nationale.
Les grandes lignes d'action qui pourraient être inscrites dans cet axe sont :
1:1- Plaidoyer pour la mise en place du CNLS comme prévu dans le PSNM 2008 - 2015
1.2- Plaidoyer pour la constitution d’un Comité interministériel de Pilotage de la Prévention
du VIH
Autant que possible, il serait souhaitable que ce comité soit une entité du CNLS. Son
mandat principal serait d'assurer le leadership et la synergie de l’action des différents
Ministères.
1.3- Elaboration et mise en œuvre d'un Plan Stratégique de la DPSPE
La DPSPE n’a toujours pas pu jouer pleinement et effectivement son rôle comme entité
centrale du MSPP responsable de la normalisation et de la standardisation des
interventions de Communication pour la Promotion de la Santé. Une analyse soignée de
son environnement interne et de son environnement externe permettrait de déterminer
les mesures susceptibles de la rendre plus apte à remplir son mandat et de renforcer ses
capacités d'action, à court terme.
1.4- Mise en place d’un comité technique de Communication pour la Santé et le
Développement
En attendant la mise en œuvre du Plan Stratégique de la DPSPE et compte tenu de
l'urgence d'agir pour atteindre les objectifs fixés, le comité technique proposé faciliterait
la coordination des interventions de Communication pour une augmentation de leur
synergie et de leur efficacité ainsi qu'une utilisation plus efficiente des ressources
disponibles. Le mandat et la constitution de ce comité seront définis de concert avec les
organisations concernées.
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 23
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IT- Etablissement de Partenariats Stratégiques
La Prévention de l'infection au VIH passe par la réduction aussi bien du risque que de la vulnérabilité
des personnes exposées. Les nombreux facteurs sur lesquels il faut agir pour y arriver ainsi que leurs
interactions créent une situation d’une complexité telle que le Gouvernement a reconnu : « qu'aucun
secteur, aucun Ministère, aucune organisation n’est à lui seul suffisant pour contrôler l'épidémie du
Sida en Haïti». De plus, le contexte de crise économique qui affecte aussi bien le pays que ses
principaux supporteurs internationaux exige une mise en commun et une utilisation plus efficiente des
ressources. De nos jours, tous les intervenants sont dans l'obligation de faire plus et mieux avec moins.
Il faut aussi souligner ici que la synergie des actions permet d'obtenir des résultats nettement
supérieurs, qualitativement et quantitativement, à la somme des interventions menées de façon isolée
et verticale.
Le partenariat stratégique ne signifie pas que tous doivent faire les mêmes choses de la même façon,
mais plutôt que chaque partenaire doit contribuer à la concrétisation de la vision partagée par la
mise en œuvre des stratégies définies conjointement tout en gardant son identité propre et en
respectant ses valeurs. Ce type de partenariat exige aussi une recherche de complémentarité des
expertises, des expériences, des atouts pour mieux saisir les opportunités et faire face aux menaces et
contraintes.
Pour établir un cadre propice pour un partenariat effectif pour la prévention du VIH, il faudrait :
2.1 Développement d’un consensus avec tous les secteurs de la vie nationale pour l’action
en faveur de la Prévention du VIH dans la perspective des OMD et du développement
économique.
Utilisation des résultats de l'EMMUS V et d’autres recherches récentes pour lancer un
débat national sur la prévention du VIH et mobiliser tous les secteurs autour du PSNM
2008 - 2015.
2.2 Elaboration d’un cadre de partenariat interministériel ou intersectoriel pour la réduction
de moitié des nouvelles infections au VIH.
Ce document devra indiquer avec précision les résultats escomptés globalement ainsi
que la contribution attendue de chaque Ministère ou secteur. Il devrait aussi décrire
clairement les mécanismes de coordination, de suivi et d'évaluation des interventions.
Un autre point important à définir dans ce cadre est le processus de reddition de
comptes pour que chaque entité s'engage avec une pleine conscience des responsabilités
qui lui incombent.
2.3 Développement du plan opérationnel intersectoriel et de plans d’action sectoriels pour
la Prévention du VIH.
Le plan intersectoriel devra être complètement aligné sur les orientations stratégiques
définies dans le PSNM 2008-2015 et celles retenues dans la Stratégie de Communication
pour la Prévention du VIH. Les plans d'action sectoriels découleront directement du
3 MSPP. PSNM 2008-2012 réaménagé avec extension à 2015. 2012 (chapitre 5 - page 31)
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 24
[page 25]
plan intersectoriel et chacun devra indiquer les articulations nécessaires avec les autres
secteurs ainsi que les mécanismes de coordination à mettre en place.
2.4 Mobilisation et allocation des ressources pour la mise en œuvre du plan opérationnel
intersectoriel et des plans d’action sectoriels
Cette action requiert une coordination effective entre les bailleurs de fonds sous le
leadership du Gouvernement. L'implication de tous les secteurs exigera probablement
une certaine réallocation des ressources disponibles en tenant compte du mandat de
chaque secteur et des responsabilités qui lui sont confiées.
2.5 Etablissement de mécanismes de coordination et de suivi par le Comité interministériel
de Pilotage de la Prévention du VIH
L'organisation de rencontres thématiques périodiques, la publication d’un bulletin
d'échanges constituent des exemples de mécanismes de coordination.
III- Renforcement des capacités et de la performance
L'analyse de la situation du programme de Communication a permis de mettre en relief les besoins de
renforcement de compétences des intervenants tant au niveau du secteur santé que dans les autres
secteurs. Les représentants ont recommandé vivement l’organisation de sessions de formation en
Communication pour la Santé et le Développement pour les chargés de Communication des différents
Ministères. Les prestataires de santé ont également besoin de renforcer leurs habiletés et modifier leurs
attitudes pour pouvoir interagir plus positivement avec leurs clients et leur fournir des services de
meilleure qualité. Pour permettre à tous les intervenants d’avoir une performance optimale, ils devront
être dotés de références techniques, d'outils et de matériels appropriés. Ils devront aussi bénéficier d’un
encadrement technique continu dans l’accomplissement de leurs tâches.
3.1 Elaboration et/ou dissémination des normes et protocoles standards pour la
planification, l’organisation et le suivi des interventions de communication.
3.2 Développement et distribution d'outils et de matériels éducatifs adéquats pour répondre
aux besoins spécifiques des différents segments de population.
3.3 Elaboration et mise en œuvre d’un plan de formation et d'appui technique de proximité
des gestionnaires de programmes de communication, des intervenants et des
prestataires dans tous les secteurs.
3.4 Intégration du volet Communication et Education dans les plans, protocoles et outils de
supervision pour assurer la formation et l'encadrement technique des intervenants à
tous les niveaux.
3.5 Participation au plaidoyer et aux efforts visant le renforcement de la gestion des
ressources humaines et l'amélioration de leurs conditions de travail.
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 25
[page 26]
3.6 Mise en place de mesures visant la prévention et la prise en charge du «burn out»
particulièrement des prestataires impliquées dans le counseling et la prise en charge.
IV- Amélioration de l’accès et de la qualité des services de prévention
Le programme de Communication vise entre autres, à promouvoir l’utilisation des services de santé et
particulièrement de ceux qui visent la prévention du VIH. Il est évident que l'accès aux services et leur
qualité déterminent leur niveau d'utilisation. Il importe donc que les intervenants en Communication
soient pleinement engagés dans les efforts ayant pour objectifs l'augmentation de l’accès aux services
même dans les zones les plus reculées et l'amélioration de leur qualité. De plus, ce programme devra
assumer la responsabilité de stimuler la demande pour les services en faisant leur promotion, en
informant la population de leur disponibilité et de leur localisation. Une approche qui peut s'avérer
très efficace dans la promotion des services consiste aussi à promouvoir les prestataires en faisant
auprès de la population le marketing de leurs compétences, de leurs nouvelles attitudes et de leur
disponibilité ; ceci exige que les interventions de renforcement des capacités et d'amélioration des
conditions de travail du personnel aient été mises en œuvre.
41 Renforcement de la coordination entre les programmes de prévention, de prise en
charge et de traitement du VIH au niveau de toutes les entités du MSPP
4.2 Collaboration aux efforts visant l'amélioration de la qualité des services particulièrement
de l'amélioration des interactions entre les clients et les prestataires.
43 Participation au monitorage de l'accès et de la qualité des services avec la participation
des organisations communautaires de base.
44 Promotion des prestataires et des services de qualité
Mise en place d’une intervention de marketing de la nouvelle image des prestataires et
des services de qualité optimale qu'ils offrent.
Monitoring et Evaluation
Cet axe bien que transversal revêt une importance capitale. En effet, il doit garantir la disponibilité, à
temps, des données indispensables pour un pilotage éclairé du programme vers les objectifs poursuivis
par chacun des axes d'intervention retenus. Un plan de suivi du programme de Communication sera
élaboré en tenant compte du cadre de performance du PNLS défini par le Service de Suivi et
d’Evaluation. Les indicateurs retenus dans ce cadre guideront la planification et la programmation des
activités.
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 26
[page 27]
Les compétences du Service de Suivi et d'Evaluation du PNLS seront sollicitées pour la détermination
des objectifs de processus et de résultats spécifiques à chaque axe d'intervention. La collaboration entre
les services de Communication et de Suivi/Evaluation permettra aussi d'arriver à la mise à jour et
l'implémentation du CBIS pour assurer la disponibilité et la fiabilité de données produites par la
réalisation des activités au niveau communautaire par tous les intervenants. L'analyse de ces données
et l’utilisation de l'information qui en découle pour la prise de décision à tous les niveaux du système
de santé constituera une des priorités de l’action pour cet axe.
La disponibilité très limitée de données qualitatives sur les comportements de la population entrave
fort souvent l’évolution du programme de Communication et rend difficile une évaluation objective de
ses résultats et de son impact. Une proposition d'action immédiate serait l'inventaire des rapports de
recherche récente disponibles et la détermination des besoins les plus pressants d’information
qualitative et quantitative sur le profil et les besoins des groupes cibles prioritaires. Des activités de
recherche sur les comportements, les normes sociales et autres facteurs environnementaux pourraient
alors être planifiées et menées selon des méthodologies simples mais scientifiquement prouvées. Ces
activités de recherche seront, autant que possible, intégrées dans les interventions planifiées sous
forme de « recherche-action ». Cette approche permettra une transition progressive pendant laquelle
les interventions actuelles pourront être enrichies, complétées, modifiées et d’autres novatrices
introduites progressivement à la lumière des informations actualisées issues des interactions avec les
groupes de population visés et les intervenants à tous les niveaux, dans tous les secteurs.
ORIENTATIONS STRATÉGIQUES
Les actions relevant des cinq (5) axes d'intervention retenus dans ce document de stratégie, doivent
contribuer à établir un cadre propice à la mise en œuvre d'interventions focalisées, cohérentes,
articulées et soutenables. Ces axes portent sur la définition d’une vision partagée qui guidera le
leadership du programme national de Communication dans ses efforts de mobilisation des ressources
de toute sorte, de coordination de l’action et d'augmentation de l'efficience. Il devrait en résulter une
optimisation des résultats et des produits à partir des opportunités qui permettront de contourner les
obstacles majeurs à l'exécution des plans d'action et de relever les importants défis liés à la
disponibilité des ressources et des services.
Les orientations stratégiques définissent les grandes lignes tactiques devant guider l’action des
intervenants directs dans le but de modifier effectivement les comportements, les normes sociales et
autres facteurs environnementaux susceptibles d'augmenter les niveaux de risque et de vulnérabilité à
l'infection au VIH. Elles s’inspirent, en grande partie, des directives d'ONUSIDA pour la période 2012
- 2015 et fournissent un cadre de référence pour la planification, le suivi et l'évaluation des activités
sur le terrain.
A- Focus sur les personnes les plus exposées
Les interventions visant la Prévention du VIH doivent porter en priorité sur les personnes les plus
exposées à l'infection en raison de: i) leur faible perception de leur niveau de risque, ii) leur niveau
élevé de vulnérabilité (émotionnelle, sociale, économique, ..), iii) leurs comportements à haut
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 27
[page 28]
risque. Cependant, elles devront aussi être orientées vers les personnes vivant avec le VIH dont le
comportement peut influencer la transmission. Ces considérations associées aux résultats de
l'analyse épidémiologique ont permis d'identifier cinq (5) groupes de population prioritaires:
1. Jeunes de 16 à 24 ans des 2 sexes
2. Femmes
3. Personnes les plus à risque - (Most At Risk People- MARP)
4. Hommes
5. Personnes vivant avec le VIH (PVVIH)
De plus, la stratégie de Communication pour la Prévention du VIH accordera une attention
particulière et soutenue à une catégorie de personnes jusqu'ici négligée: les enfants de 4 à 15 ans et
une catégorie virtuelle, «la population en général». Cette dernière catégorie peu précise servira à
prendre en compte les besoins des groupes encore mal définis ou d'accès difficile et de certains
groupes de population non retenus parmi les prioritaires.
Les interventions en cours actuellement touchent les cinq groupes prioritaires. Cette stratégie se
propose de les améliorer et d'en ajouter d'autres plus adéquates en regard des besoins actuels des
membres de chaque groupe. Les modifications et innovations seront basées sur une meilleure
connaissance des caractéristiques et des besoins des différents segments de population. De ce fait,
les principales actions à entreprendre seront:
YŸ L'analyse secondaire approfondie des résultats de recherche comportementale (surtout
qualitative) disponibles pour: raffiner la segmentation, polir les profils et identifier les
besoins d’études complémentaires.
YŸ L'adaptation des messages et approches de communication à l'information plus pointue
disponible à partir de l’analyse mentionnée au point précédent.
YŸ La planification et la réalisation d’études comportementales et d’activités de recherche-
action pour satisfaire les besoins d’information complémentaire.
YŸ La conception et l’élaboration de nouveaux messages et matériels, développement de
nouvelles approches spécifiques par segment qui tiendront compte de l'information
actualisée et des nouvelles orientations stratégiques définies.
Groupes de population et segments priorisés
Les données épidémiologiques disponibles indiquent que la prévalence du VIH est particulièrement
élevée chez les HARSAH, les travailleuses de sexe, les femmes surtout les jeunes filles et les hommes
particulièrement à partir de quarante ans. Les résultats de deux (2) études comportementales menées,
en 2012, par PSI dans le cadre du Projet PrévSida portent à croire que: la fréquence élevée des rapports
sexuels transactionnels, transgénérationnels, tant hétérosexuels qu’homosexuels, l’utilisation non
constante et incorrecte des condoms, la pratique élevée du multi partenariat concomitant, l'initiation
sexuelle précoce seraient à la base de la prévalence encore trop haute du VIH dans le pays.
Le tableau suivant présente les groupes de population retenus comme prioritaires et pour lesquels des
approches spécifiques ont été adaptées à partir des documents de stratégie ou des plans d'action
existants.
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 28
[page 29]
Tableau 5 - Segments de groupes de population priorisés
Groupes de population Segments prioritaires
Jeunes filles de 16 à 18 ans
1. Jeunes de 164 à 24 ans Jeunes garçons de 16 à 18 ans
des 2 sexes Jeunes filles de 19 à 24 ans
Jeunes garçons de 19 à 24 ans
2. Femmes de 25 anset | Femmes enceintes séropositives
plus5 Femmes ayant des partenaires multiples
Femmes en union stable
Hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres
hommes (HARSAH)
Travailleuses de sexe (bordels, trottoirs)
3. Personnes les plus à Hommes et femmes ayant des rapports sexuels
risque transactionnels avec des partenaires multiples
cer
MARP)
Migrant(e)s surtout les transporteurs, les routiers,
les commerçant(e)s.
Hommes ayant des partenaires multiples
Hommes en union stable
Hommes de 40 ans et plus ayant des rapports
4. Hommes de plus de | sexuels transgénérationnels
25 ans Migrants - routiers, hommes en uniforme,
artistes, commerçants, déplacés vivant dans les
camps
Ouvriers, travailleurs de construction
Adultes des 2 sexes
5. Personnes vivant Adolescents et jeunes
avec le VIH (PVVIH) | Membres des couples discordants
Les interventions de Communication devront aussi prendre en compte les besoins de deux (2)
groupes de population :
" Les enfants de 4 à 15 ansf avec 4 segments : 4-9 ans, 10-15 ans, OEV (enfants infectés
et affectés par le VIH, enfants de rue, enfants en domesticité), parents
4 Les participants à l’atelier de validation ont recommandé de laisser les jeunes de 15 ans avec ceux de 10-14, car il n’est pas souhaitable de les mettre
avec ceux de 18.
Ce groupe inclut aussi les jeunes filles émancipées par une union stable, une grossesse.
EE EEE EEE
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 29
[page 30]
" La population en général incluant les personnes affectées par le VIH et la
tuberculose, les personnes handicapées, entre autres.
B- Ciblage des « foyers » de l'épidémie
La prévalence du VIH est élevée dans tous les départements du pays. Elle varie de 1.5% à 3.9%
selon les résultats de l'EMMUS V; le niveau de prévalence du VIH dans un département semblerait
associé à certains facteurs tels: l'intensité des activités économiques en raison de l'existence de port
maritime ou frontalier, les conditions de promiscuité de logement dans les camps d'hébergement,
les bidonvilles. Compte tenu de la prévalence très élevée du VIH chez les travailleurs et
travailleuses de sexe, il est fort probable que les « poches de prostitution » constituent aussi des
foyers pour la propagation de l'épidémie.
Le rapport préliminaire de l'EMMUS V indique également que le niveau de l'infection est
légèrement plus faible en milieu rural (2.0%) que dans les centres urbains (2.4%). A l'intérieur des
villes, il semblerait que certains quartiers et centres de loisirs particulièrement dans les zones
chaudes représentent des lieux propices à la transmission de l'infection, selon un « mapping »
réalisé par PSI-Haïti.7
De tout ce qui précède, on peut conclure que les interventions de communication pour la
prévention du VIH devraient être menées sur tout le territoire national, des efforts importants
doivent être consentis pour augmenter leur couverture. Il convient toutefois de reconnaître qu’une
attention particulière et soutenue devra être accordée : aux centres urbains et suburbains, aux
zones marginalisées, aux sites d'activité économique intense, en coordination avec les points de
prestation de services.
Dans cette optique, il faudra réaliser une cartographie de l'épidémie aux différents niveaux
d'intervention pour disposer d’information précise sur les potentiels foyers de propagation de
l'épidémie:
Au niveau national, une classification des départements à partir de la prévalence du VIH -
données déjà disponibles dans le rapport de l'EMMUS.
YŸ_ Chaque département devrait identifier les communes les plus touchées en se basant sur
toutes les données disponibles : EMMUS V, MESI, rapports de centres de surveillance
sentinelle.
Y” Au niveau des communes « à haute prévalence », faire un «mapping » des localités et des
zones rouges (foyers) en utilisant une version adaptée de la méthodologie de PSI-Haïti.
Les informations rendues ainsi disponibles seront mises à profit dans la conception, la planification
et la réalisation d’une campagne multi média dans le pays. Il faudra toutefois, planifier une
intensification des activités au niveau des foyers et une utilisation de canaux et approches adaptés,
par exemple : implication des organisations sociales et communautaires en milieu rural, utilisation
des radios communautaires dans les petites villes des média traditionnels pour certains groupes et
des réseaux sociaux pour d’autres. Ces interventions spécifiques seront soutenues par des
: Voir la note de pied de page # 4 à la page 27
7 Dans le cadre du Projet PrévSida, pour planifier la mise en place de points de vente de condoms.
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 30
[page 31]
approches transversales, plus globales du genre «éducation par le divertissement», utilisation de
matériels imprimés, entre autres.
C- Habilitation pour la gestion du risque
La prévention de l'infection au VIH dépend fondamentalement de la capacité des individus à gérer
leurs facteurs de risque personnel avec le support de leur entourage familial, communautaire et
social. Les interventions à entreprendre dans la mise en œuvre de cette stratégie de Communication
devront porter les individus et les communautés à développer les compétences nécessaires pour:
" Adopter et maintenir des comportements à moindre risque adaptés à leur situation de
vie
"Utiliser de façon opportune les services de prévention disponibles
"Contribuer la modification des normes sociales en faveur de la prévention du VIH
" Promouvoir les comportements à moindre risque et les normes sociales positives dans
leur entourage.
Cette habilitation doit résulter de la mise en œuvre des approches adaptées au profil des groupes et
segments de population prioritaires, particulièrement dans les zones à haute prévalence, par des
intervenants des différents secteurs en tenant compte de leur mission et leur mandat.
L'écart existant entre le niveau de connaissance sur le VIH et les comportements actuels peut être
causé par des déficits psychomoteurs et d’autres facteurs socio culturels ou économiques qui
rendent difficile la prise des décisions appropriées pour une gestion efficace du risque personnel. Il
s’avèrera donc nécessaire de recourir à une utilisation équilibrée de la Déviance Positives.
Quelques pistes pour orienter l’action peuvent déjà être définies :
Les éléments retenus dans l'approche de déviance positive serviront de base pour: i) la
conception et le développement du volet mass média du programme de communication, ii)
la conception et le développement des interventions d'éducation par le divertissement, iii)
l'adaptation du contenu des interactions entre les clients et les animateurs ou prestataires.
Les thèmes couverts à travers les mass médias et l'éducation par le divertissement seront
repris et approfondis au cours de discussions structurées, des débats communautaires et
dans des programmes radiophoniques interactifs. Ces réflexions porteront surtout sur les
facteurs de vulnérabilité et leur gestion au niveau familial, communautaire et national.
Ÿ L'existence de mécanismes de coordination appropriés et fonctionnels constitue une
condition essentielle pour la complémentarité et la synergie des actions des intervenants des
différents secteurs.
Y_ Les participants ayant eux-mêmes réussi à changer de comportement, au fur et à mesure de
l’évolution du programme représenteront de puissants avocats, des témoins efficaces qui
pourront être mis à profit dans une approche méthodique d'éducation par les pairs.
Ÿ L'utilisation de ligne téléphonique du genre «Téléphone Bleu», du téléphone cellulaire pour
l'envoi de message texte (SMS) peut s'avérer une tactique pour accompagner et soutenir les
$ La Déviance Positive est une approche qui permet de montrer, comme modèle, un individu qui, bien que faisant face à la même réalité,
réussit à relever les défis et vaincre les obstacles pour adopter et maintenir les comportements souhaïités.
oo
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 31
[page 32]
personnes engagées dans une démarche de changement de comportement pour se protéger
de l'infection au VIH.
D- Engagement et l'implication des organisations sociales et communautaires
Le document de Politique Nationale de Santé publié en Juillet 2012, dans son chapitre traitant de la
mise en œuvre, du suivi et de l'évaluation reconnaît le rôle privilégié des communautés, «raison
d’être du système, à la fois acteur, utilisateur et constituant; elles y contribuent effectivement par la
participation à la promotion de la santé, l’utilisation rationnelle des services et des soins … ».
L'implication des organisations sociales et communautaires est aussi importante que l'engagement
des autres secteurs dans le programme de prévention du VIH. D'autant que les organisations
communautaires menant des actions structurées peuvent faciliter la coordination des interventions
de différents secteurs sur le terrain. De plus, la participation effective des organisations sociales et
communautaires à la planification, la mise en œuvre, le suivi et l'évaluation des interventions pour
la prévention du VIH constitue une garantie de leur adéquation et de leur acceptabilité. Elle peut
aussi contribuer à augmenter leur couverture particulièrement en milieu rural, à assurer leur
continuité au-delà du temps défini par un projet et à améliorer leur coût-efficacité.
Dans ce domaine aussi, il faudra éviter de tenter de réinventer la roue ; le MSPP dispose d’un cadre
référentiel pour la Participation Communautaire? et de nombreuses expériences ont été réalisées en
Haïti, tant dans le secteur santé que dans les autres secteurs. Il s'agira donc de construire sur ces
acquis par :
Ÿ_ L'analyse des documents de référence existants
* L'inventaire des approches déjà utilisées dans le pays et l’analyse des leçons apprises
Y L'élaboration, de façon participative, d’un modèle par l'intégration des expériences
réalisées dans le pays
Y La dissémination du modèle et le partage d'expériences à travers la fertilisation croisée
* La mobilisation des ressources techniques et financières pour fournir aux organisations
communautaires l'encadrement et le support nécessaires à la matérialisation de leur
implication. Ces ressources doivent être déterminées et prévues dans les plans d’action
sectoriels.
Une attention particulière devra être accordée à la documentation de la démarche, des résultats et
des leçons apprises de même qu’au partage des résultats avec tous les intervenants surtout les
organisations communautaires.
E- Stimulation de l’action des décideurs à tous les niveaux
La lutte contre le VIH et le Sida et, plus particulièrement, les interventions visant la prévention de
l'infection sont entravées par des contraintes d'ordre structurel. Les leviers pour les contourner
étant situés au niveau macro, une action concertée et méthodique des décideurs est requise pour
faciliter la mise en œuvre harmonieuse des activités planifiées. Cette composante de la stratégie,
bien que placée à la fin de la liste, n’est pas pour autant la moins importante. En fait, de son
° MSPP. Orientations Nationales sur la Participation Communautaire. Document développé par Genesis pour la DPSPE. 2007
oo
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 32
[page 33]
efficacité dépend, en grande partie, la capacité du pays à relever le défi posé par la réduction
significative du nombre de nouvelles infections d'ici 2015.
De nombreuses actions attendent l'intervention des décideurs nationaux; certaines démarches ont
déjà été initiées, d’autres sont bien avancées alors que pour certains aspects, tout reste à faire. Il
s'agira donc de faire le point sur la situation et de prioriser soigneusement les batailles à
entreprendre tenant compte des nombreuses autres préoccupations concurrentes des responsables
de l'Etat.
Les priorités une fois définies, les efforts devront tendre vers :
" La sensibilisation de toutes les composantes de la société à partir de la mise en œuvre d’un
plan de plaidoyer:
o dissémination des données disponibles sur la prévalence du VIH, les comportements
actuels, les normes sociales, les facteurs socio économiques;
o analyse de l'impact du VIH sur la qualité de vie et le développement du pays;
o partage d’information sur les engagements pris par le pays à l'UNGASS
" L'implication des élus locaux, associations socio -professionnelles, des associations de
PVVIH, des organisations de femmes et de jeunes, des syndicats dans le plaidoyer pour la
prévention du VIH.
Les principaux résultats attendus de ces interventions de plaidoyer convergent vers le renforcement
de la gouvernance du programme:
" La mise en place des structures de coordination prévue dans le PSNM pour favoriser
l'engagement effectif de tous les secteurs de la vie nationale
" L’actualisation et l'adaptation de la législation
" _L’accroissement du financement de la lutte contre le VIH à partir des fonds propres du pays
“" La mobilisation de ressources complémentaires
Pour maintenir une harmonisation de l’action dans le programme visant la Prévention du VIH au
niveau national, il conviendra d'assurer une bonne articulation des interventions de plaidoyer avec
l'axe 2 - « Etablissement de partenariats stratégiques» et avec la ligne stratégique D - «Engagement
et Implication des organisations sociales et communautaires».
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 33
[page 34]
Approches par groupe de population
Groupe de Population: Jeunes de 16 à 24 ans
Segments prioritaires: Jeunes filles de 16 à 18 ans, Jeunes garçons de 16 à 18 ans,
Jeunes filles de 19 à 24 ans, Jeunes garçons de 19 à 24 ans
Comportements souhaités | Cibles secondaires Approches et canaux
Education par les Pairs - à travers les
Retarder l'initiation de associations, clubs et organisations de jeunes
D -_ Parents/ tuteurs — — TRUE
l’activité sexuelle / Déviance Positive - recherche et utilisation de
Réduire le nombre de -__ Professeurs l'expérience de jeunes ayant adopté les
partenaires sexuels = Leaders religieux comportements souhaités pour les
promouvoir auprès des autres jeunes.
Utiliser systématiquement - Moniteurs de - _ -
et correctement le condom Education par le Divertissement - chansons,
à chaque rapport sexuel sport musiques, jeux interactifs, théâtre
Faire le test de dépistage -__ Animateurs de Utilisation de la radio et de la télévision -
du VIH groupes de jeunes | concours de chanson, de musique, de
| saynète ; campagne multimédia
Encourager ses pairs à -__ Animateurs radio Mobilisation Sociale et C —
adopter et maintenir des et télé (incluant obi isation ociale et ommunautaire :
comportements à moindre D) Education en groupe -contenu et méthodes
risque. standardisés, dans les écoles, les églises, les
. associations, clubs et organisations de jeunes
-__ Prestataires de
services sociaux et | Utilisation des Nouvelles Technologies de
de santé. l'Information et de la Communication (NTIC)
- téléphone cellulaire, Internet et réseaux
sociaux.
Secteurs responsables et/ou impliqués
MENFP MJSAC MCFDFE MAST
Ministères de la Culture et de la Communication
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 34
[page 35]
Groupe de Population: Femmes de 25 ans et plus
Segments prioritaires: Femmes enceintes, Femmes enceintes séropositives,
Femmes ayant des partenaires multiples, Femmes en union stable
Comportements souhaités Cibles secondaires Approches et canaux
Réduire le nombre de partenaires - _ Partenaires/conjoints | Education par les Pairs - à travers les
sexuels associations, clubs et organisations de
- Membres et proches | Le
DR a . ; femmes ; à travers les organisations
Utiliser systématiquement et de la famille .
correctement le condom à chaque communautaires.
rapport sexuel - Leaders Education par le Divertissement -
Faire le test de dépistage du VIH communautaires chansons’ erante Jeux mirneuts,
éâtre … prenant en compte les
Utiliser une méthode moderne de - Leaders religieux éléments issus de la « Déviance
Planification Familiale Leaders d'opinion positive ».
Réduire le nombre de rapports - Membres Mobilisation Communautaire :
sexuels occasionnels d'organisations sensibilisation et habilitation des
. tai organisations féminines et
Aller en consultation dès la COMMUNAUTES communautaires pour leur pleine
suspicion de la grossesse Memb implication dans la prévention du
Respecter les rendez-vous à la re VIH chez les femmes de leur
P d'organisations a
clinique prénatale féminines communauté.
Planifier et préparer son Utilisation des « mass média » -
accouchement feuilleton, capsules audio et vidéo,
LL - Prestataires de émissions interactives conçus selon
Accoucher dans une institution de services sociaux et de | l'approche « Déviance positive »
santé R
} santé Utilisation of the NTIC - téléphone
Accepter d'être enrôlée en PTME , cellulaire, «Hotline »pour atteindre
. - Travailleurs : :
Informer son partenaire et ses . certains segments parmi les femmes.
roches, autant que possible de son communautaires
P A 7 AUEP Plaidoyer - des interventions visant
statut sérologique Re N :
les décideurs à tous les niveaux pour
Envoyer le nouveau né à promouvoir un plus grand accès à
l'institution de santé avant 3 jours l'information et aux services.
si l'accouchement a lieu à domicile. -
Secteurs responsables et/ou impliqués
MCFDF MAST MENFP MJSAC MSPP
Ministères de la Culture et de la Communication
[page 36]
Groupe de Population: Personnes les plus à risque - (Most At Risk People
- MARP)
Segments prioritaires: Hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes (HARSAH),
Travailleuses de sexe (bordels, trottoirs), Hommes et femmes ayant des
rapports sexuels transactionnels avec des partenaires multiples, Hommes
et femmes en uniforme, Migrant(e)s surtout les transporteurs, les
routiers, les commerçant(e)s, Prisonniers, Toxicomanes
Comportements souhaités | Cibles secondaires Approches et canaux
Réduire le nombre de Counseling
partenaires sexuels
ue À : - Pairs
Utiliser systématiquement | Education par les Pairs
et correctement le condom - Partenaires
à ch t 1
à chaque rapport sexue _ Proxénètes
Faire le test de dépistage Lo Education par le Divertissement -
du VIH : Propriétaires de programmes sportifs, musiques pendant
maison de passe t ;
à 4: ransit.
Réduire le nombre de
rapports sexuels - Prestataires de
occasionnels Services sociaux et | Utilisation des NTIC - téléphone cellulaire,
Encourager ses pairs à de santé hotline, réseaux sociaux
adopter et maintenir des
comportements à moindre
risque Activités d’information et de sensibilisation -
ue fêtes champêtres, péristyles, garages, gares
Utiliser, de façon : P péristyles, garages, 8
. routières,
opportune, les services de
diagnostic et de traitement Plaidoyer pour la promotion du respect des
des Infections droits humains
Sexuellement
Transmissibles
Utiliser du lubrifiant à base
d’eau avec le condom à
chaque rapport sexuel
anal.
Secteurs responsables et/ou impliqués
MAST MCFDE MJSP MJSAC MSPP
Ministères de la Culture et de la Communication
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 36
[page 37]
Groupe de Population: Hommes de plus de 25 ans
Segments prioritaires: Hommes ayant des partenaires multiples, Hommes en union stable,
Hommes de 40 ans et plus ayant des rapports sexuels
transgénérationnels, Migrants: routiers, hommes en uniforme, artistes,
commerçants, déplacés vivant dans les camps, Ouvriers, Travailleurs de
construction
Comportements . q
Por Cibles secondaires Approches et canaux
souhaités
Réduire le nombre de Education par les Pairs
partenaires sexuels _ Pairs
Utiliser . Le : = =
Re - Partenaires/conjointes Education par le Divertissement
systématiquement et
correctement le condom à -__ Leaders communautaires
chaque rapport sexuel : -__ Leaders religieux Mobilisation Communautaire
même avec un partenaire
régulier -__ Animateurs de radio -
Faire le test de dépistage émissions de sports Activités de sensibilisation et
du VIH . | d'éducation sur les lieux de travail, de
. -__ Prestataires de services loisir, de transit
Réduire le nombre de sociaux et de santé
rapports sexuels
occasionnels Utilisation des « mass média » -
Encourager ses pairs et programmes radio et télé sur le sport,
ses partenaires à adopter l'économie, l'actualité politique
et maintenir des
comportements à
moindre risque
. Counseling
Utiliser, de façon
opportune, les services de
diagnostic et de
traitement des Infections
Sexuellement
Transmissibles
Secteurs responsables et/ou impliqués
MAST MJSAC MJSP MSPP DPC/MICT
Ministères de la Culture et de la Communication
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 37
[page 38]
Groupe de Population: Personnes vivant avec le VIH (PVVIH)
Segments prioritaires: Adultes des 2 sexes, Adolescents et Jeunes, Membres des couples
discordants, Tuberculeux
Comportements :. :
Por Cibles secondaires Approches et canaux
souhaités
partenaires sexuels . = =
- Pairs Education par les Pairs
Utiliser systématiquement k .
et correctement le condom à -_ Partenaires/ conjoints
chaque rapport sexuel - Prestataires de services | Groupes de support
Utiliser, de façon sociaux et de santé
opportune, les services de _
diagnostic et de Hotline
traitement des Infections Téléphone cellulaire
Sexuellement
Transmissibles
Informer son partenaire et Utilisation des « mass média » -
ses proches, autant que capsules audio et vidéo, émissions
possible de son statut interactives
sérologique
Encourager ses pairs à
adopter et maintenir des
comportements à Plaidoyer pour le respect des droits
moindre risque humains, l'élimination de la
Utiliser, de façon stigmatisation et de la discrimination.
opportune et continue les
services de Support
Psycho Social et de Soins
Palliatifs
Secteurs responsables et/ou impliqués
MSPP MCFDF MAST MENFP MJSAC
Ministères de la Culture et de la Communication
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 38
[page 39]
Groupe de Population: Enfants de 4 à 15 ans
Segments prioritaires: Enfants de 4-9 ans, enfants de 10-15 ans, Orphelins et Enfants Vulnérables
(enfants infectés et affectés par le VIH, enfants de rue, enfants en
domesticité), parents
Comportements souhaités | Cibles secondaires Approches et canaux
Retarder l'initiation de Mobilisation sociale et communautaire -
l’activité sexuelle activités d’information et de sensibilisation sur
- Parents nu Lies
à 1: la vulnérabilité des enfants au VIH
Réduire le nombre de Lois
. - _ Jardinières ETAUE PET
partenaires sexuels ; Utilisation des « mass média » - capsules
d'enfants dio et vidé
Utiliser systématiquement audio et vigeo
et correctement le condom - _ Instituteurs Activités d'éducation sur l'estime de soi et les
à chaque rapport sexuel . habiletés essentielles dans les églises, les
- Moniteurs écoles, les iardins d'enfants, I t
Encourager ses pairs à Encad à éco es, les jardins d'enfants, les centres
adopter et maintenir des - NCa reurs es d'accueil et autres structures communautaires
s : centres d'accueil = = -
comportements à moindre Education par le divertissement - danse,
risque Prestataires des musique, chansons, théâtre de rue
services sociaux et | Activité d'éducation sur la sexualité, le
de santé dialogue parent/enfant dans les églises, les
associations et réunions de parents, les
- Leaders religieux organisations communautaires, les
organisations féminines.
- Leaders k Education par les Pairs dans les organisations
communautaires .
de jeunes (pour les 10-15 ans)
- Pairs
Secteurs responsables et/ou impliqués
MENFP MAST MCFDE MSPP MJSAC
Ministères de la Culture et de la Communication
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 39
[page 40]
Groupe de Population: La Population en général
Segments prioritaires: Personnes affectées par le VIH, personnes handicapées, …
Comportements souhaités | Cibles secondaires Approches et canaux
Retarder l'initiation de
l'activité sexuelle Utilisation des mass média - capsules audio et
Réduire le nombre de vidéo, distribution de séries de feuillets
partenaires sexuels informatifs
Utiliser systématiquement
et correctement le condom Education par le divertissement: chansons,
à chaque rapport sexuel R LA
saynètes, théâtre
Faire le test de dépistage
du VIH
Los Organisation de débats communautaires à
Encourager ses pairs à ne ' .
. . travers les organisations structurées de jeunes,
adopter et maintenir des
L . de femmes, …
comportements à moindre
risque Retransmission des débats à travers les radios
: tai
Respecter les droits de tous Non Applicable SOMMUNAUTAIES
- PVVIH, femmes, enfants,
jeunes, Travailleurs de Activités d’information et de sensibilisation
sexe, hommes ayant des : : : Le
; sur les lieux de travail, de transit, de loisir.
rapports avec d’autres
hommes, LGBT
Supporter les personnes Causeries et discussions au niveau des églises,
infectées et affectées par le des organisations sociales et communautaires
VIH
Secteurs responsables et/ou impliqués
MCFDF MAST MENFP MJSAC MSPP
DPC/MICT Ministères de la Culture et de la Communication
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 40
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Grandes lignes d'activités
Sur le plan technique, les interventions seront articulées autour de l'approche « Déviance Positive ».
Elles seront initiées par l'élaboration du profil des «déviants positifs» à partir des résultats de recherche
disponibles et avec la participation des segments de population priorisés. Puis, elles porteront sur une
description précise des situations difficiles et des défis vécus par les «déviants positifs». Le profil et le
contexte de vie des déviants positifs fourniront les éléments fondamentaux pour : i) la conception de
messages et de matériels audio visuels. ïi) la préparation du contenu, des questions et points clés à
traiter avec les participants. ïi) l’actualisation ou adaptation des curricula et guides de discussion iv)
le développement des chansons, jingles, matériels imprimés, matériels audio et vidéo avec la pleine
participation des participants. Le plan d’implémentation de la stratégie devra être développé après
obtention de consensus avec les intervenants des différents secteurs et une bonne estimation des
ressources disponibles. A titre illustratif, les principales activités techniques pourront être :
" Revue documentaire des résultats de recherche disponibles
" Recherche comportementale
" Recherche-Action
“ Elaboration du profil des « déviants positifs »
"Mise à jour des documents de référence sur les approches retenues
"Conception de messages et développement de matériels en tenant compte du profil des
« déviants positifs».
"Planification et coordination de la campagne multimédia.
"Formation des intervenants en Mobilisation Communautaire
"Développement de curriculum et de matériel de support standard
"Formation des jardinières d’enfants, des instituteurs, des moniteurs de groupes d’enfants.
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 41
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Liste des documents consultés
1. MSPP. Document de Politique Nationale de Santé . Juillet 2012
2. MSPP/PNLS. Plan Stratégique National Multisectoriel 2008-2012 - Réaménagé avec extension à 2015.
Septembre 2012
3. Futurist Group et al. (Juillet 2011). Rapport préliminaire de l’Evaluation à mi-parcours de la mise en
œuvre du Plan Stratégique national multisectoriel 2008-2012.
4. MSPP/PNLS. Rapport de Situation Nationale, Haïti (UNGASS). Mars 2012
5. Rapport préliminaire sur la prévalence du VIH. EMMUS V - Haïti 2012. Non publié- Décembre 2012
6. PSI - Haïti (2012) Rapport préliminaire TRAC - Prévalence VIH et utilisation du condom parmi les
travailleuses de sexe Haïtiennes
7. PSI - Haïti (2012) Rapport préliminaire TRAC - Prévalence VIH et utilisation du condom parmi les
hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HARSAH) en Haïti
8. MSPP/PNLS. Plan de Suivi et Evaluation du Programme National de Lutte conte le Sida 2012-2015.
2012
9. MSPP/LMS. Stratégie Nationale de Communication pour la prévention de la transmission sexuelle
du VIH 2007 - 2012. Non publié -Juillet 2007
10. MSPP/HCP. Stratégie de communication préconisant l’Abstinence et de la Fidélité pour la prévention
des IST/VIH/SIDA chez les Jeunes. Septembre 2005
11. MSPP/SDSH. Stratégie de communication pour la promotion de la PTME. Non publié- Janvier 2009
12. I-TECH. Prévention Positive des PVVIH - Manuel du Participant
13. PSI - Stratégie PrévSida - Plan marketing pour les MARPs
14. MTPTC/MSPP/Konesans Fanmi. Document de Projet (2012)
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 42
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ANNEXE
Plan d'action 2013 - 2015
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 43
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MINISTÈRE DE LA SANTÉ PUBLIQUE ET DE LA POPULATION
Programme National de Lutte contre le Sida
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH
Plan d’action Avril 2013 - Septembre 2015
La mise en œuvre de la Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH s’étendra sur une période de trente (30) mois allant d'Avril 20138 à
Septembre 2015. Cette période sera subdivisée en trois (3) phases:
1- Avril à Septembre 2013 Initiation et mise en place pour l'implémentation de la Stratégie
Renforcement des interventions en cours
2- Octobre 2013 à Septembre 2014 Implémentation de la Stratégie - Suivi et documentation du processus
3-_ Octobre 2014 à Septembre 2015 Consolidation de l’action et documentation des résultats
No. Grandes Lignes d’action et Interventions Intervenants
1 3 | 4
Dissémination du document de Stratégie de Communication | PNLS
pour la Prévention du VIH - Organisation de réunions avec des | DPSPE
intervenants des différents secteurs (au niveau décisionnel et | DG/MSPP ,
1. ne X X
opérationnel) - Axes I et IT
PNUD
ONUSIDA
Etablissement de consensus avec les différents secteurs de la | PNLS
société sur l’importance de la Prévention du VIH pour le | DPSPE
2. | développement socioéconomique du pays et l'atteinte des OMD | DG/MSPP X X
- Axe II
ONUSIDA
Plaidoyer pour la mise en place du Comité National de Pilotage | PNLS
3. de la Prévention du VIH - Axe I DG/MSPP x x
ONUSIDA
PNLS
4 Plaidoyer pour la mise en place du CNLS - Axe I DG/MSPP x x
ONUSIDA
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Ÿ .….. …—
1 3 | 4
Elaboration d’un cadre de partenariat national pour la Prévention | PNLS
5. du VIH - Axe I DG/MSPP x x
ONUSIDA
6. | Mise en place du Comité Technique de Communication pour la | DPSPE
Santé et le Développement - Axe I X
UNICEF
7. | Elaboration du Plan Stratégique de la DPSPE - Axe I
X X
8. | Elaboration de Plans d’action sectoriels de Prévention du VIH - | DPSPE
Axe II PNLS X
DG/MSPP
9. | Elaboration du Plan Opérationnel intersectoriel de Prévention du
VIH - Axe IT PNUD X
10. | Etablissement de mécanismes adéquats de coordination et de
suivi du Plan Opérationnel et des plans d’action sectoriels de X
Prévention du VIH - Axe I et II
11.) Mobilisation et allocation des ressources nécessaires pour la mise | PNLS
en œuvre du Plan Opérationnel et des plans d’action sectoriels de | DPSPE
Prévention du VIH - Axe I et II DG/MSPP X X
ONUSIDA
12. | Renforcement de la coordination entre les programmes de | PNLS
prévention, de prise en charge et de traitement du VIH/Sida au | DPSPE
niveau de toutes les entités du MSPP et avec les autres secteurs DG/MSPP X X X X X X
13.] Elaboration d’un plan de renforcement des activités de | DPSPE X
communication pour la prévention du VIH pour la période Avril | PNLS
- Septembre 2013 Départements
sanitaires
Mise en œuvre des interventions selon les priorités retenues X IX
a) Actualisation de la cartographie des services et des | PNUD
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 45
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No. Grandes Lignes d’action et Interventions Intervenants
1 3 | 4
activités de communication USAID
b) Renforcement des capacités du personnel en CIP et sur
le respect des droits de la personne et des clients
(recyclage, orientation)
c) Renforcement de la promotion des services et des
produits
d) Dialogue communautaire sur la stigmatisation
e) Renforcement de la coordination des interventions avec
tous les secteurs
14. | Renforcement de l’encadrement et du support technique aux | DPSPE
équipes départementales dans la mise en œuvre du plan d’action | PNLS
Avril-Septembre 2013 x X
PNUD
UNICEF
USAID
15. | Actualisation et dissémination des normes et protocoles standards
pour la planification, l’organisation et le suivi des interventions et x
activités de Communication DPSPE
"7 BECBEBEREE
support X X
UNICEF
17. | Elaboration de plans de formation et d’appui technique à tous les | USAID
niveaux PNUD X X
UNFPA
18.| Actualisation et standardisation des curricula et des matériels
D RC ORRIREE
19. Départements
Planification et organisation de la formation des prestataires et
des intervenants du secteur santé en Communication | DPSPE
Interpersonnelle pour améliorer là qualité de l’Interaction entre | PNLS x X X x x IX
les Clients et les Prestataires
UNICEF
USAID
PNUD
a
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 46
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No. Grandes Lignes d’action et Interventions Intervenants
1 3 | 4
20. | Elaboration du Plan de Monitoring du programme de | DPSPE
Communication PNLS
ONUSIDA x X
USAID
PNUD
21.| Appui pour l'extension de Putilisation du CBIS au niveau | PNLS
national ,
USAID X X
PNUD
22. | Coordination et suivi de la mise en œuvre des activités planifiées | DPSPE
pour la période Avril - Septembre 2013 PNLS X X
23.| Inventaire des rapports de recherche comportementale | DPSPE
disponible et détermination des besoins d’information | PNLS
complémentaire sur les comportements, leurs déterminants, les x x
normes sociales et autres facteurs environnementaux en rapport | UNICEF
avec l'infection au VIH USAID
24.| Planification des activités de recherche pour l’obtention des | DPSPE
informations nécessaires PNLS
X X
UNICEF
USAID
25.| Intégration d’activités de « recherche-action » dans les activités | Départements
planifiées et en cours sur le terrain en vue de les enrichir, de les
compléter, de les modifier. DPSPE X X X X
PNLS
26.| Intégration des aspects relatifs à la Communication et à | Départements
l'éducation dans les protocoles et outils de supervision
DPSPE X X
PNLS
DG/MSPP
27: | Renan des ads comparer plates de frs | xx x | | |
Stratégie de Communication pour la Prévention du VIH - 28 Février 2013 Page 47
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No. Grandes Lignes d’action et Interventions Intervenants
1 3 | 4
| PNES AE RE A PE A A AE AE RE
28. | Développement de l'approche « Déviance Positive »
— planification de l'identification et de l'analyse des déviants | UNICEF
positifs USAID
— utilisation des résultats de l’analyse pour la conception de PNUD X X X X
messages, de matériels, d’interventions média et ONUSIDA
communautaires
29. | Réalisation de la cartographie : Départements
— de l'épidémie au VIH au niveau de chaque | DPSPE
département selon la méthodologie définie pour | PNLS
identifier les « foyers géographiques» de l'épidémie
— des services de prévention et de prise en charge UNICEF X X
disponibles USAID
— des interventions de communication sur le VIH et le
Sida en cours
30. | Conception et planification d’une campagne multimédia et en | DPSPE
plusieurs phases, avec un focus sur les « foyers » identifiés PNLS
UNICEF z
USAID X x
PNUD
ONUSIDA
UNFPA
81.| Lancement et mise en œuvre de la campagne multimédia DG/MSPP
DPSPE
PNLS
UNICEF X XX IX X]|XxX
USAID
PNUD
ONUSIDA
UNFPA
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……. rene
1 3 | 4
32. | Elaboration du modèle d'intervention en Participation | DPSPE
Communautaire à partir des Orientations nationales et des | PNLS
expériences réalisées dans le pays z 7
UNICEF X X x
USAID
83.| Coordination du volet Mobilisation Communautaire : | DPSPE
encadrement des organisations communautaires dans le cadre des | PNLS
plans d’action sectoriels ,
UNICEF X XX IX )/X])X
USAID
PNUD
84. | Elaboration d’un plan de plaidoyer en support à la prévention du | DPSPE
VIH et à la lutte contre le Sida PNLS X
ONUSIDA
35. | Réalisation des interventions de plaidoyer planifiées DPSPE
PNLS X X XX X XX
ONUSIDA
86.| Documentation des interventions, des résultats et des leçons | DG/MSPP
apprises DPSPE
PNLS
UNICEF X X X X XX X X|X|X
USAID
PNUD
ONUSIDA
UNFPA
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