Plan d'élimination du choléra en Haïti 2013-2022
Résumé — Plan national de novembre 2012 pour éliminer le choléra durant 2013-2022 par l'eau et l'assainissement, la surveillance épidémiologique, la promotion de la santé et la prise en charge dans les institutions sanitaires.
Constats Clés
- Réunit les mesures sanitaires et hydrauliques dans un même cadre d'élimination.
- Organise les interventions à court, moyen et long terme.
- Comprend les coûts, indicateurs et modalités de suivi.
Description Complète
Analyse l'épidémie de choléra, la vulnérabilité géographique et les capacités de réponse des secteurs de l'eau, de l'assainissement, des déchets solides et de la santé publique. Fixe des interventions à court, moyen et long terme en matière d'eau et d'assainissement, surveillance, promotion de la santé et prise en charge. Comprend les coûts d'exécution, les modalités de suivi et les responsabilités institutionnelles pour 2013-2022.
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Texte extrait du document original pour l'indexation.
République d’Haïti
Ministère de la Santé Publique et de la Population
Direction Nationale de L’Eau Potable et de
L’Assainissement
PLAN D’ELIMINATION DU CHOLERA EN HAITI
2013-2022
Port-au-Prince, Haïti
Novembre 2012
TABLE DES MATIERES
1 Appel à l’action : Une Ile Hispaniola libre du choléra 3
2 Résumé de la vision stratégique du Gouvernement dans le cadre de l’exécution du Plan
d’Action sur l’Elimination du Cholera en Haïti 6
3 Contexte 8
4 Epidémiologie de l’épidémie du choléra en Haïti 10
4.1 Historique de l’épidémie 10
4.2 Analyse géographique des zones les plus vulnérables 12
4.3 Evolution récente de l’épidémie. 15
5 Analyse de la capacité de réponse des secteurs eau et assainissement, gestion des
déchets solides et sante publique 18
5.1. Secteur eau et assainissement 18
5.1.1. Eau potable et disposition des eaux usées 18
5.1.2. Gestion des déchets solides 26
5.2. Secteur santé publique. Politique et Plan National de la Santé Publique 30
5.2.1. Organisation du Système de Santé Publique 31
5.2.2. Rôle de Recteur et de Coordonnateur du Ministère de la Santé et de la Population 33
6 Réponse nationale face à l’épidémie du cholera 34
6.1 Par le Gouvernement d'Haïti 34
6.2 Par la Communauté Internationale 37
6.3 Ressources Financières Mobilisées 38
7 Indicateurs et objectifs du Plan 41
7.1 Indicateurs de résultats du Plan 41
7.2 But et objectifs du Plan 44
7.3 Interventions à court terme 45
7.3.1 Interventions du MSPP 46
7.3.2 Intervention de la DINEPA 49
7.3.3 Rôles des autres acteurs 52
7.4. Principales actions de la proposition a moyen et long terme 53
7.4.1. Eau et assainissement 53
7.4.2. Secteur santé publique 58
8 Activités et cout d’exécution du Plan 65
9 Suivi et évaluation 66
10 Annexe 1 – Analyse de la situation de la prise en charge du choléra en Haïti 100
10.1. Niveau Communautaire 100
10.2. Niveau transport / référence des malades 101
10.3. Niveau de prise en charge 102
11 Annexe 2 – Structure organisationnelle du MSPP 108
12 Annexe 3 – Présence des ONG enregistrées a la DINEPA réalisant des activités de
développement 109
13 Acronymes 110
14 Références bibliographiques 113
2
Préface
En Octobre 2010, l’épidémie de choléra, à l’instar du séisme du 12 janvier a frappé notre pays
de manière fort inattendue, alors que le peuple dans son ensemble se remettait à peine et
pansait encore les blessures découlant du tremblement de terre. Cette épidémie mettait à nu
toutes les faiblesses du système sanitaire haïtien.
Privé d’expertise en la matière et de moyens de lutte contre certaines endémies majeures,
cette nouvelle épidémie de choléra donna lieu à une panique généralisée. Rapidement, les
responsables toutes catégories confondues (politiques et techniques) ont compris qu’il fallait
retrousser les manches et prendre la situation a deux bras pour empêcher l’accroissement
effréné du nombre de décès et permettre à la population de recouvrer sa santé.
Une fois de plus les amis d’Haïti n’ont pas marchande leurs concours a cette lutte. Ils sont
arrivés de partout et ont aidés à combler les écarts tout en transmettant aux techniciens
haïtiens leur savoir-faire.
Aujourd’hui avec l’engagement de l’état haïtien et le support de tous les partenaires, le pays
prend un second souffle et voit l’avenir sous un autre angle, car le cholera malgré sa virulence
et sa létalité est sous contrôle et peut être éliminé.
Dans ce contexte, les Présidents Michel Joseph MARTELLY de la République d’Haïti et Lionel
FERNANDEZ de la République Dominicaine, se sont engagés le 11 Janvier 2012 à entreprendre
des actions pouvant conduire à cette élimination d’ici 2022 ; lequel engagement fut renouvelé
le 9 Octobre 2012 a Santo-Domingo, par les Ministres de la sante des deux pays.
Ce présent document élaboré par le Ministère de la Santé Publique et de la Population, en
collaboration avec les partenaires, est conçu pour apporter une réponse durable en adressant
le problème de l’élimination du choléra en trois temps : court, moyen, long terme et en quatre
3
axes : Eau et Assainissement, Surveillance épidémiologique, Promotion de la Sante pour le
changement de comportement et prise en charge des personnes infectées dans les institutions
sanitaires. Son application stricte, par nous tous, devra définitivement nous aider à atteindre
l’objectif d’élimination du choléra d’ici 2022.
4
1 Appel à l’action : Une Ile Hispaniola libre du choléra
11 janvier 2012
Au deuxième anniversaire du tremblement de terre en Haïti, la communauté internationale a jugé qu’il était
temps de mettre un terme à ce fléau du choléra par des actions à court et à long termes pour aider le peuple
d'Haïti et la République dominicaine à lutter contre cette pandémie. À la lumière de cette préoccupation, les
présidents d'Haïti et de la République dominicaine se sont joints le 11 Janvier, 2012 à l’Organisation
Panaméricaine de la Santé /Organisation Mondiale de Santé (OPS/OMS),l’Organisation des Nations Unies
pour l'Enfance (UNICEF) et le Centre des États-Unis pour la Prévention et le Contrôle des Maladies (CDC)
pour lancer un appel à la mobilisation d'importants investissements internationaux dans le domaine de
l'eau et l'assainissement afin d'éliminer le choléra sur l'île d'Hispaniola.
L'Appel à l'Action pour une Hispaniola libre de Choléra est parrainé par l'OPS/OMS, l'UNICEF et le CDC en
collaboration avec les gouvernements d'Haïti et de la République Dominicaine. Le but immédiat est de
prévenir que le choléra devienne endémique dans l'île Hispaniola. L’élimination du choléra sur l’ile
Hispaniola se traduit par l’interruption de la transmission. Cependant la bactérie étant dans l’environnement,
des cas sporadiques seront toujours diagnostiqués.
En guise de suivi à l'appel à l'action, les représentants de l'OPS/OMS et l'UNICEF ont demandé aux Pays et
organismes donateurs de financer les investissements en satisfaisant les promesses faites à Haïti après le
tremblement de terre de janvier 2010 par le biais de nouveaux fonds plus particulièrement pour la
construction des infrastructures en eau et assainissement. Ces investissements sont nécessaires afin d’élever
Haïti au niveau des Pays voisins en termes d'accès à l'eau potable et assainissement.
Suite à la déclaration d’Appel à l’Action des Chefs d’Etats, les Ministres de la Santé d'Haïti et la République
Dominicaine ont réaffirmé, le 12 mars 2012 l'engagement de leurs Gouvernements à procéder à des efforts
conjoints en vue d'éliminer le choléra sur l'île d'Hispaniola au cours des 10 prochaines années.
Dans le cadre de cet engagement, ils ont créé un groupe de travail formé par les principaux responsables des
gouvernements d'Haïti et la République Dominicaine du domaine de la santé et de l'eau et de
l’assainissement, et assisté par des experts internationaux des secteurs concernés. Le groupe est chargé
d'élaborer un calendrier d’exécution et un plan détaillé pour la réalisation et le financement des
infrastructures nécessaires qui favoriseraient le changement espéré en santé publique.
5
2 Résumé de la vision stratégique du Gouvernement dans le cadre de
l’exécution du Plan d’Action sur l’Elimination du Cholera en Haïti
L’élimination du choléra sur l’ile Hispaniola se traduit par l’interruption de la transmission.
Cependant la bactérie étant dans l’environnement, des cas sporadiques seront toujours
diagnostiqués.
Le plan d’action est d’envergure nationale et sera mis en œuvre sur tout le territoire en ciblant
en priorité les villes et communautés rurales où il y a une carence d’installations sanitaires
nécessaires pour la protection et le bien-être de la population. Il intègre à court terme les
composantes du plan d'urgence pour le choléra, tout en incorporant des éléments qui sont
fondamentaux pour le développement à long terme des secteurs Santé, Eau et Assainissement.
Le plan d’action sera exécuté sous la supervision d’un comité national de pilotage de haut
niveau impliquant tous les ministères à caractère social et le ministère des finances afin
d’assurer la durabilité des systèmes et ouvrages qui seront développés ou construits dans le
cadre du financement du plan. Ce comité fournira un contrôle de la fonction d'évaluation et de
suivi du Gouvernement et assurera le plaidoyer pour le renforcement des cadres
réglementaires et législatifs, aussi bien que des procédures de gestion et d’administration.
Cette initiative requiert une meilleure synchronisation entre les interventions de DINEPA et
celles du Ministère de la Santé. Pour cela une résolution présidentielle sera prise sur les
modalités de la coopération entre la DINEPA et les divers ministères d’exécution du plan
d’action.
Le plan répond à la politique du gouvernement en termes de décentralisation du système de la
santé publique et son extension aux couches de population les plus reculées. L’objectif du
gouvernement est que toute la population ait accès à un poste de santé à une distance
raisonnable. Ainsi, Le plan d’action propose la mise en place des structures sanitaires visant une
réduction sensible de l’incidence du choléra, l’amélioration de la couverture en eau potable et
assainissement du milieu, l’amélioration de la couverture sanitaire, la sensibilisation de la
6
population pour une meilleure prise en charge de services sanitaires (soins de santé primaires,
gestion des déchets solides, installations d’eau et d’assainissement etc.)
La contribution des ONGs dans la prestation de services de santé en Haïti est très importante.
Cependant le gouvernement prendra les mesures pour assurer qu’elles soient bien intégrées
dans le système de santé publique afin de pouvoir apporter les bénéfices de long terme
espérés. Le gouvernement d’Haïti à travers ce plan d’action abordera cette question et
développera des mécanismes juridiques et normatifs (y inclus accréditation administrative et
technique, compétence, évaluation, formation, modalité contractuelle etc.) afin de pouvoir
insérer cette assistance dans les structures de santé publique.
L’exécution de ce plan d’action sera aussi axée sur la promotion de la santé et la prévention
d’autres événements de santé comme le choléra et de nombreux problèmes sociaux lesquels
nécessitent l’engagement et la participation de tous les acteurs impliqués dans le secteur
(Agences des Nations Unies, ONG, professionnels indépendants, municipalités etc.), et d’autres
secteurs d’activité afin d’agir sur les déterminants de la santé et du bien-être. Le secteur privé
et la société civile sont appelés à jouer un rôle primordial dans les actions identifiées dans le
plan tant au niveau du ministère qu’au niveau de la DINEPA. Cette action intersectorielle
provoquera la synergie nécessaire pour améliorer l’état de santé de la population et assurer,
dans le respect des normes environnementales et sociales, la pérennité des systèmes sanitaires
et de services d’eau et d’assainissement qui seront développés ou construits dans le cadre du
plan d’action.
Ce plan inclut la mise en place d’un système d’information permettant aux autorités nationales
de disposer d’informations fiables pour les décisions opportunes en vue de l’amélioration des
soins de santé et d’interventions dans les services en eau potable, assainissement et gestion
des déchets. Ceci consistera à moderniser le système d’information sanitaire en renforçant la
surveillance épidémiologique et microbiologique, les recherches de laboratoire etc.
Enfin, l’opinion de la société civile et particulièrement les besoins spécifiques des enfants, des
femmes et des handicapés seront pris en compte tout au cours de l’exécution du Plan d’Action.
7
Des opportunités seront fournies pour l’information et l’implication du public dans les
processus décisionnel concernant les services d’eau et assainissement à différents niveaux:
planification et budgétisation, gestion et exploitation, réglementation et conformité, suivi et
évaluation.
3 Contexte
Dix mois après le tremblement de terre dévastateur du 12 Janvier 2010, Haïti a connu l’une des
plus grandes épidémies de choléra dans l'histoire moderne. Les premiers cas de choléra ont été
découverts en Haïti en octobre 2010 dans le Département du Centre. Un mois après, le choléra
s'est propagé dans toute Haïti et en République Dominicaine. Le 14 novembre 2012, on a
dénombré 615,459 de personnes atteintes de choléra en Haïti dont et 7,585 décès, pour un
taux de létalité de 1,2%; ce qui représente l’épidémie la plus vaste du monde, enregistrée dans
un seul Pays. En République Dominicaine le premier cas de choléra a été enregistré en
novembre 2010. Le 15 novembre, 2012, on comptait déjà, dans la République voisine, 28 738
cas suspects et 427 décès. Le choléra est à risque de devenir endémique dans l’île d’ Hispaniola.
Cette propagation différente de l'épidémie dans les deux pays est expliquée en partie par les
conditions sanitaires préexistantes sur l'île. En Haïti, au début de l'épidémie, on estimait que
50% des résidents urbains et 30% des résidents des régions rurales n'avaient pas accès à l'eau
potable, et 83% de la population n'avaient pas accès à des installations améliorées
d'élimination des excréments (ref. WHO/UNICEF JMP 2012). Le manque de bonnes habitudes
d'hygiène pour la plupart de la population, en particulier pour les groupes qui n’ont pas accès
aux services de santé de base entre parmi les facteurs qui ont favorisé la propagation rapide de
la maladie. En outre, même avant le tremblement de terre en janvier 2010 et l'épidémie de
choléra en octobre de la même année, 46% de la population haïtienne n'avaient pas accès aux
soins de santé. Ceci s’explique en partie par la distance à parcourir pour arriver au centre de
santé le plus proche et d’autre part par le fait qu’une grande partie ne pouvait pas se payer le
cout des services.
8
La dégradation de l'environnement est très prononcée en Haïti et a un impact significatif sur la
disponibilité et l'accès à l'eau potable qui constitue un facteur important à la santé et à la
propagation du choléra. Dans tout le Pays, les mauvaises pratiques de gestion des déchets et le
manque de réseaux d'égouts et d'assainissement moderne constituent autant de facteurs
environnementaux qui affectent la santé de la population.
Malgré l’épidémie de choléra qui frappa l'Amérique Latine et les Caraïbes dans les années 90s
et qui a tué environ 12.000 personnes dans 21 Pays, les deux Pays de l’Ile d’Hispaniola
n’avaient pas enregistré d’épidémie de choléra avant la flambée d’octobre 2010. L’épidémie
des années 90 a été finalement mise sous contrôle après huit ans d’efforts de santé publique
internationale et des investissements massifs en infrastructures, en eau potable et
assainissement dans la région.
9
4 Epidémiologie de l’épidémie du choléra en Haïti
4.1 Historique de l’épidémie
L'épidémie de choléra en Haïti a commencé en Octobre 2010 et a été attribuée au Vibrio
cholerae, sérogroupe 01, sérotype Ogawa, biotype El Tor. Le premier cas a été détecté dans le
Département du Centre, puis l'infection s'est propagée au Département voisin (l'Artibonite)
avant d’atteindre graduellement tous les autres départements du Pays. Le 14 novembre 2012,
on a dénombré 615,459 de personnes atteintes de choléra en Haïti dont et 7,585 décès, pour
un taux de létalité de 1,2% ce qui représente l’épidémie la plus vaste du monde, enregistrée
dans un seul Pays. Même si l'infection s’est propagée rapidement à travers le pays, il est
intéressant de noter que deux zones géographiques ont toujours rapporté plus de cas que
d'autres: La zone métropolitaine de Port-au-Prince et ses communes environnantes dans le
Département de l'Ouest et le Département de l'Artibonite, qui à la fin de la 33ème semaine
épidémiologique de 2012 représentaient respectivement 33.8% et 24.0% de tous les cas. Le
taux de létalité global est estimé à 1.28% par rapport à 1.51% dans les cas hospitalisés. Le
graphe 1 ci-dessous montre la courbe épidémique pour la période 20 octobre 2010 – 18 Août
2012.
10
Graphe 1
Le graphe ci-dessus montre quatre pics d'intensité qui diminuent progressivement. Le premier
pendant les mois de novembre et décembre 2010, où le nombre de cas hebdomadaires avait
atteint jusqu’à 25 000. Le second pendant les mois de mai et juin 2011. Le troisième au mois
d’octobre 2011. Le quatrième en Mai 2012 avec environ 3,166 cas en moyenne par semaine, et
le dernier en novembre 2012 avec 2,811 cas, qui ne sont pas représenté sur le graphique. Une
caractéristique importante à remarquer pour tous les sommets de la courbe, c'est qu'ils
coïncident avec les périodes pluvieuses intenses.
Il peut également être vu sur la courbe que le taux de létalité a toujours suivi les tendances de
morbidité sauf à la fin de l'année 2011, où plus de décès ont été signalés dans les départements
du Sud et du Sud-Est du Pays. On croit que les difficultés pour accéder aux Centres de
Traitement du Choléra ont contribué à ce renversement de tendance après le départ des ONGs
qui ont joué un rôle de premier plan dans la fourniture de soins de santé pour les cas de choléra
aux moments de pic de l'épidémie.
11
Les barres du diagramme ci-dessous montrent le taux d'incidence du choléra pour l'ensemble
des 10 départements et de la Région Métropolitaine de Port-au-Prince. On peut remarquer, au
début de la seconde moitié de août 2012, que 4 des 10 départements avaient un taux
d'incidence supérieur à la moyenne nationale de 5.94%. Alors que les conditions s’améliorent
dans le pays pour une élimination du choléra dans la prochaine décennie, une attention
particulière est requise pour les départements accusant un taux d’incidence supérieur à la
moyenne.
Taux d'attaque par Département, 20 Oct. 2010 - 18 Août 2012
2012. 2012
Graphe 2
4.2 Analyse géographique des zones les plus vulnérables
Les résultats du rapport Carte de Pauvreté d’Haïti réalisé par le Ministère de la Planification et
de la Coopération Externe souligne que l’Artibonite et le Centre ont la plus grande déficience en
accès à l’eau potable, avec Grande Anse. Le Nord-Est est en revanche mieux pourvu :
12
Graphe 3
D’autre part, une analyse de l’évolution de l’épidémie réalisée en 2011 par le MSPP et l’OMS
identifie encore l’Artibonite et le Centre comme de probables départements réservoir du
choléra à partir desquels les flambées majeures apparaitraient dans les départements
limitrophes. Cette analyse identifiait également d’autres poches de vulnérabilité comme l’ouest
de Grande Anse, la plaine des Cayes, les villes de Jérémie du Cap Haïtien et de Port-de-Paix.
13
Carte 1 : Analyse spatio-temporelle de l’épidémie de choléra (MSPP/OMS, 2011)
Des efforts tout particulier doivent donc être fait pour améliorer la situation en eau potable et
assainissement des départements de l’Artibonite, du Centre et de l’Ouest, sans oublier
certaines poches des autres départements (ouest de Grande Anse, Aquin, zones d’échanges
frontalières,…) pour avoir un impact rapide et le plus efficace sur l’épidémie de choléra. Cette
analyse doit cependant être nuancée par le fait que la DINEPA a déjà acquis des financements
pour des interventions en zone rurale en Artibonite et dans le Centre nettement plus élevés
que dans les autres départements.
Les « mornes » en zone rurale devraient faire l’objet d’une attention toute particulière étant
donné le très faible accès à l’eau potable et à l’assainissement des villages reculés. Selon les
dernières analyses, les mornes seraient en effet des zones de maintien du choléra pendant les
saisons sèches.
14
Les villes exerceraient en revanche un rôle de diffusion de l’épidémie au début des saisons des
pluies. Des interventions en eau potable, hygiène et assainissement en milieu urbain doivent
donc également être considérées comme prioritaires.
4.3 Evolution récente de l’épidémie.
Au début de l'année 2012, on avait remarqué que la charge de morbidité du choléra manifestait
une tendance à la baisse, et c'est seulement vers mi-février qu’on a reçu la première alerte
d’une recrudescence de cas de choléra. Depuis lors, une augmentation de cas a été observée au
cours des mois de mars, avril, et de nouveau en octobre et novembre. Les graphes ci-dessous
montrent le nombre de cas de choléra et de décès notifiés au Ministère de la Santé du 1er
janvier 2012 au 18 Août 2012.
Graphe 3
Certes, la menace du choléra est toujours réelle, mais il est juste de dire que l'intensité de sa
transmission a considérablement diminué par rapport à l'année dernière. En fait, nous avons vu
une réduction de plus de 80% dans le nombre de cas signalés dans les 33 premières semaines
de 2012. Cette réduction a continué même si des poussées sporadiques continuent d'être
15
signalées entre octobre et novembre de 2012. Entre les semaines 33 et 45 un total de 2811
nouveaux cas a été notifié.
Graphe 4
Les graphes ci-dessous comparent les données de 2011 de choléra jusqu’à la 45 semaine de
2012 pour la période correspondante.
16
Graphe 5
Graphe 6
17
Cette évolution conforte l’objectif d’éliminer le choléra est réaliste car cela laisse espérer que
l’environnement d’Haïti n’est pas favorable à l’implantation définitive du vibrion. La baisse du
nombre de cas va faciliter l’identification plus précise des zones les plus vulnérables ou le
choléra est le plus « implanté ». Zones qui devront être priorisées pour des projets durables en
eau potable et assainissement.
5 Analyse de la capacité de réponse des secteurs eau et assainissement,
gestion des déchets solides et sante publique
5.1. Secteur eau et assainissement
5.1.1. Eau potable et disposition des eaux usées
5.1.1.1 Couverture en eau potable et disposition des excréta
Même avant le tremblement de terre et l’arrivée de l'épidémie de choléra, le secteur
Eau et Assainissement en Haïti était est retard en comparaison à la couverture
moyenne en eau et assainissement des pays latino-américains et Caraïbes. Le niveau
de services en eau potable a été caractérisé par :
- une très faible couverture (environ 50% en zones urbaines et 30% en zones
rurales),
- des taux élevés de fuites dans les réseaux d’adduction d’eau potable allant
jusqu'à 90% dans certains d’entre eux,
- un approvisionnement incertain et une qualité douteuse de l’eau distribuée 1
(Source: IADB, Haïti Sector Note, April 2011).
L’enquête de l’eau et d'assainissement menée dans le cadre du recensement de la
population de 2003 donne une assez bonne idée de la situation: (i) seulement 8,5%
des maisons sont raccordées à un système de distribution d'eau; (ii) 32% de la
1
: IADB, Haiti Sector Note, April 2011
18
population s’approvisionne à partir des rivières et (iii) 32% puise l’eau à la source la
plus proche. Les services d'assainissement y sont présentés comme étant
pratiquement inexistants avec un accès de 29% des ménages à une installation
améliorée de disposition des excréments dans les zones urbaines et 12% dans les
zones rurales. La plupart des ménages sont équipés de latrine rudimentaire ou un
simple trou creusé sur la propriété.
Selon l'enquête démographique et de Santé 2006 dix (10%) de la population vivant
en zones urbaines et cinquante (50%) de ceux vivant en zones rurales défèquent
encore à l’air libre2.
Les systèmes de collecte d’eaux usées sont pratiquement inexistants pour le milieu
urbain haïtien. Les eaux usées domestiques sont généralement rejetées dans le
système de drainage des eaux de pluie. Pour le traitement des eaux usées, seule la
technologie de fosse septique est couramment en pratique (Source: IADB, Haïti
Sector Note, April 2011). Les boues de latrines et de citernes des fosses septiques
représentent une préoccupation majeure et sont généralement disposées dans des
fosses non contrôlées ou déchargées dans la nature.
Ce n’est que tout récemment que des efforts ont été entrepris pour alléger cette
situation par la construction et la mise en fonctionnement en 2011 de deux Stations
de Traitement des excréta à Morne à Cabri et Titanyen non loin de la capitale pour la
décharge et traitement des boues de fosses septiques et de latrines. Ces Stations
sont conçues pour recevoir chacune un volume de 500m3 d’excréta issus des fosses
septiques et des latrines.
2
Enquête démographique et de Santé 2006
19
5.1.1.2 Organisation du Secteur Eau et Assainissement
Depuis de nombreuses années et jusqu'à récemment, le secteur de l'eau et de
l’assainissement a été fragmenté, non réglementé et dépourvu d’autorité de
coordination. Les besoins du secteur ont été principalement couverts par trois
institutions:
i. La Centrale Autonome Métropolitaine d'Eau Potable (CAMEP), responsable de
l’approvisionnement en eau (uniquement) de la zone métropolitaine de la
capitale, Port-au-Prince;
ii. Le Service National d'Eau Potable (SNEP) en charge de l'approvisionnement en
eau pour le reste du Pays; mais en raison de son manque de capacité, le SNEP
avait concentré ses activités sur la réponse de services en eau de boisson pour
les villes secondaires;
iii. Le Ministère de la Santé et de la Population (MSPP) par le biais de sa Division de
l'Hygiène Publique, ses districts sanitaires et des projets spéciaux comme le
POCHEP (Postes Communautaires d’Hygiène et d’Eau Potable) a répondu a
certains besoins sanitaires en la zone rurale par des constructions de petits
systèmes d’approvisionnement en eau, d'hygiène et d’assainissement
(installation de latrines);
D’autres besoins sanitaires ont été couverts par des ONGs et de grands projets
d’investissement du Gouvernement comme : le projet d'Assainissement de Port-au-
Prince (projet de construction du réseau d’eaux pluviales) et le projet de la gestion
métropolitaine des déchets (SMCRS) qui, dépendamment des circonstances, étaient
gérés par le Ministère des Travaux Publics, ou par différentes municipalités.
De cette dispersion institutionnelle, il s’ensuivit:
- Que les trois entités principales (CAMEP, SNEP et MSPP) rencontraient des
difficultés à augmenter la couverture au rythme souhaité afin de pourvoir aux
20
besoins sanitaires de la population et assurer un niveau adéquat de la qualité du
service en eau et assainissement ;
- Une limitation de financement disponible pour le secteur ;
- Une perte énorme de personnel formé et qualifié pour la gestion des projets et
programmes en eau et assainissement, souvent au bénéfice des bailleurs de
fonds, et des ONGs. Ces bailleurs assurent une grande variété de fonctions, et de
ce fait arrivent souvent à attirer les professionnels les plus qualifiés;
- Une absence de registres nationaux ou régionaux des comités de gestion des
systèmes d'eau,
- Une absence de registres d'associations de comités d'eau au niveau municipal,
départemental ou national.
Ainsi, pour augmenter la performance de ce secteur jugé crucial pour le
développement du Pays, le gouvernement haïtien a lancé en 2008 une réforme
institutionnelle majeure de ses institutions de prestation des services d’eau et
d'assainissement en mettant en place une agence nationale coordinatrice et
régulatrice du secteur à travers une loi-cadre adoptée par l’assemblée législative en
Août 2009 : Loi Cadre Portant sur l’Organisation du Secteur de l’Eau Potable et de
l’Assainissement (CL )01.
La loi vise à renforcer la politique du gouvernement et ses fonctions d’articulation et
de contrôle des fournisseurs des services eau et assainissement. En conséquence, ont
été créés au sein du Ministère des Travaux publics, la Direction Nationale d'Eau
Potable et d'Assainissement (DINEPA) et dix bureaux régionaux de services en eau et
assainissement. La DINEPA est en charge de la mise en œuvre de la politique du
secteur, de coordonner l'assistance des bailleurs de fonds et de réglementer les
fournisseurs de services.
De manière spécifique, la DINEPA exerce sa mission autour de trois grands axes, à
savoir :
21
i. Le développement du secteur
ii. La régulation du secteur
iii. Le contrôle des acteurs
Les bureaux de services régionaux sous l'autorité de la DINEPA sont désormais ʺ
Offices Régionaux de l'Eau Potable et Assainissementʺ (OREPA) et ont pour mandat
de fournir l'approvisionnement en eau et assainissement dans les zones urbaines.
Selon la loi-cadre, les municipalités qui pour le moment ont une capacité réduite,
devront à long terme assumer les fonctions des OREPA. Les opérateurs privés
pourront également assumer la gestion et fonctionnement des systèmes d'eau. La
loi-cadre prévoit aussi la constitution de centaines de Comités d'Approvisionnement
en Eau Potable et d'Assainissement appelés CAEPA qui seront en charge des petits
systèmes sanitaires des petites villes et des zones rurales du Pays.
La structure de la DINEPA doit être assez grande pour être capable de conduire les
différentes tâches qui incombent à cette entité dans les prochaines années, dont
essentiellement la réforme du secteur et l’amélioration de la couverture en eau
potable et en assainissement. Elle compte déjà une Direction Technique pour établir
les normes et procédures pour suivre l’ensemble des projets et une Direction
d’Opérations Régionales capable d’assurer l’opérationnalité des OREPA, transférant
ainsi les capacités nécessaires pour leur autonomie future.
Le Plan d’Elimination du Choléra s’inscrit dans un Plan d’Action plus globale de la
DINEPA qui a pour objectif d’améliorer les performances du secteur par une réforme
institutionnelle majeure et une série de projets ambitieux.
5.1.1.3 Analyse des ressources financières disponibles pour le secteur
eau et assainissement
Même avant le tremblement de terre en janvier 2010 et l’épidémie de choléra qui a
débuté en octobre 2010, le secteur Eau et Assainissement était sous-financé alors
22
que les niveaux de couverture d'Haïti dans les zones urbaines et rurales restent les
plus bas de l'hémisphère. Le graphique ci-dessous montre que le financement du
secteur n’a jamais été proportionnel à l'augmentation de la population au fil des ans.
Dans les années 1990, l'aide extérieure à Haïti avait diminué de manière significative,
ce qui affecta la performance du secteur et priva une part importante de la
population d’une amélioration des services sanitaires.
L'aide extérieure a repris en 2004, toutefois, l’aide internationale pour le secteur Eau
et Assainissement n’est devenue significative que seulement après la loi de réforme
adoptée par le Parlement en 2009 donnant naissance à la Direction Nationale
d'Approvisionnement en Eau et d'Assainissement (DINEPA).
Pour le présent moment, les principaux bailleurs de fonds en Haïti pour le secteur
sont la Banque Interaméricaine de Développement (BID) et l'Agence Espagnole de
Coopération International pour le Développement (AECID). Cependant, divers
bailleurs de fonds ont contribué au financement des actions prioritaires en eau et des
besoins d'assainissement du pays sur la base d'un plan d'investissement prioritaire
(PIP) élaboré par le gouvernement et présenté au tableau en annexe 1.
23
Graphe 7
Grâce à cette disponibilité, les besoins financiers de développement et de
renforcement institutionnel de la DINEPA sont en partie couverts pour les quatre
prochaines années pour un montant estimé à $134.5 millions de dollars (y compris $5
million dédiés exclusivement au cholera). La BID a actuellement prêt pour 2013 un
projet en eau et assainissement à Port-au-Prince de $35.5 millions de dollars. En
outre, des fonds de différents bailleurs suivant le tableau en annexe, sont déjà
décaissés pour Haïti et sont en train d'être dépensés pour les travaux de
réhabilitation d'urgence des systèmes prioritaires d'approvisionnement en eau
(principalement à Port-au-Prince, la capitale et d'autres grandes villes); de la même
manière, il y a de fonds disponibles pour la construction et réhabilitation des
systèmes d'eau potable et d'assainissement dans les écoles, centres de santé et les
lieux publics. Cependant, ces fonds acquis sont programmés dans le cadre de la
Réforme et des fonds supplémentaires sont donc nécessaires pour cibler
spécifiquement l’élimination du choléra selon des priorités épidémiologiques. Ainsi,
24
certaines villes identifiées comme très vulnérables au choléra n’ont pas été retenues
dans le cadre de la Réforme où les interventions prioritaires sont choisies selon des
critères essentiellement de type économique. En outre, la DINEPA manque de
financement pour mettre en œuvre un programme ambitieux en zone rurale et en
particulier en assainissement, assurer une présence continue de TEPACs (Techniciens
Eau Potable et Assainissement Communaux) dans toutes les communes du pays, et
maintenir une réponse aux urgences par le DRU (Département de Réponse aux
Urgences).
L'AECID et la BID ont contribué à un montant de US$ 5 millions de dollars déjà
décaissés et en cours d’utilisation par le gouvernement à travers la DINEPA
spécifiquement pour les interventions d'urgence en eau et assainissement liés à
l'épidémie de choléra.
De plus, la DINEPA reçoit d’autres aides financières externes importantes, mais non
quantifiées dans les chiffres présentés ci-dessus et incluant les appuis financiers de
l'UNICEF, CDC /USAID et l'aide de la coopération technique de l'OPS ainsi que
certaines ONGs. Aussi, bien que le montant ne soit pas chiffré dans le tableau fourni
par la DINEPA, l’apport financier de l'UNICEF durant la période après le séisme a été
important et est crucial dans la lutte contre l’actuelle épidémie de choléra. Cette aide
inclut le transport de l'eau par camion dans les camps de personnes déplacées, la
vidange des fosses septiques et des latrines des camps des déplacés de Port-au-
Prince et de Léogane, la réhabilitation de systèmes d’eau distribuée à travers de
fontaines publiques dans les localités où le choléra est une menace, la distribution de
latrines publiques et familiales dans les endroits nécessiteux.
En outre, d'autres fonds disponibles ou en utilisation pour les ouvrages d’eau et
d’assainissement dans des zones rurales et périurbaines ne sont pas comptabilisées
par le système gouvernemental. Ces fonds sont des ressources provenant des
25
bailleurs de fonds bilatéraux ou multilatéraux qui sont décaissés au bénéfice d’ONGs
internationales pour la construction des ouvrages hydrauliques et sanitaires en Haïti.
Comme ces Organisations ne sont pas tenues de déclarer le montant des fonds reçus
pour Haïti, il est alors difficile de les comptabiliser parmi les sommes investies à la
suite de l’épidémie de choléra ou durant la période postérieure au tremblement de
terre.
La contribution financière de la contrepartie nationale disponible pour le secteur est
presque insignifiante et limitée à certains coûts opérationnels qui ne sont pas
toujours visibles. Ce manque d'investissement provenant directement du portefeuille
fiscal du pays représente une menace pour la stabilité du secteur qui est en train de
subir un développement institutionnel massif afin de répondre aux besoins du
secteur eau et assainissement. Un effort a été enregistré pour l’exercice fiscal
2012/2013 avec une allocation de $ 155 millions de gourdes pour la DINEPA
(fonctionnement et investissement).
5.1.2. Gestion des déchets solides
5.1.2.1. Situation de la gestion des déchets solides
La gestion des déchets solides, depuis la collecte jusqu’à la disposition au traitement
dans des décharges appropriées, est une problématique à laquelle plusieurs
municipalités haïtiennes se trouvent confrontées. Le problème est particulièrement
cuisant en zone urbaine où il est associé au phénomène de surpopulation et de
distribution anarchique de l’habitat.
La mauvaise gestion des déchets solides est apparente dans les grandes villes du Pays
et particulièrement à Port-au-Prince où l’insalubrité est visible.
26
La collecte : En effet, on estime que seulement 50%3 des ordures ménagères de l’aire
métropolitaine de Port-au-Prince sont collectées. Plus de la moitié des déchets se
retrouvent dans les réseaux de drainage des eaux de pluie et d’évacuation des eaux
grises, la mer, les terrains vacants. Dans certains quartiers, les fosses des latrines sont
utilisées par défaut pour l’évacuation des déchets solides. Ceci qui a un impact
sérieux sur la vidange des latrines et l’exploitation des stations de traitement et de ce
fait augmentent les risques de propagation du choléra
La disposition finale : Les décharges des grandes villes constituées sont régulièrement
occupées par la population voisine qui pratique dans des conditions infra humaines le
tri et la revente de produits recyclables. Ces décharges se retrouvent dans les villes
moyennes, le long des rivières ou en amont de sources d’eau utilisées régulièrement
par la population pour les besoins ménagers.
L’éducation et la règlementation: Outre le manque de service adéquat il est
important de noter une grande faiblesse au niveau de l’éducation, de la promotion
de l’hygiène et des textes règlementaires ainsi qu’un un laisser aller au niveau de
l’application des textes de lois existantes.
Cette situation est due au manque de structuration, de régulation et de
financement de ce secteur en Haïti
5.1.2.2. Cadre Administratif et légal de Gestion des Déchets Solides
Il n’existe pas une loi-cadre spécifique sur la Gestion des Déchets Solides(GDS) en
Haïti. Cependant, le secteur est régi par des textes de loi éparpillés dans les codes
d’hygiène et d’urbanisme.
Le cadre institutionnel du secteur est encore flou surtout au niveau des grandes
villes. En effet, selon la loi, la compétence de la propreté urbaine est réservée aux
3
Données du Plan National de Gestion des Déchets Solides (PNGDS).
27
municipalités qui ont la responsabilité du nettoyage des rues, de la collecte des
déchets et du traitement des résidus urbains. Toutefois, pour répondre aux
exigences de la collecte des déchets dans les métropoles qui sont en généraldes des
conurbations, un organisme autonome, le Service Métropolitain de Collecte des
Résidus Solides (SMCRS) a été créé par décret publié le 3 mars 1981 sous la tutelle du
Ministère des Travaux Publics, Transports et Communication. Le budget du SMCRS étant
géré par le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriale (MICT), cet organe
se retrouve doté d’une double tutelle. Ceci complique considérablement son
fonctionnement et le suivi de sa performance.
Outre ces entités publiques officiellement responsables du secteur, à savoir les
municipalités et le SMCRS sous tutelle du MICT et du MTPTC, d’autres ministères se
trouvent impliqués dans des aspects particuliers ou des sous-secteurs de la GDS.
C’est le cas de :
1. Ministère de la Planification et de la Coopération Externe, responsable de la
gestion du territoire et impliqué dans le choix des localisations des
aménagements et des installations de GDS
2. Ministère de l’Environnement, organe régulateur de l’environnement depuis
2000, qui a la charge gestionnaire des déchets dangereux de la régulation
environnementale de l’enlèvement, du traitement et du conditionnement des
déchets.
3. Ministère de la Santé Publique et de la population, responsable de la Gestion
des déchets bio médicaux. Le Ministre de la Santé est très conscient du
danger que représentent les déchets hospitaliers pour l’environnement. A
part les deux incinérateurs existant à Port-au-Prince, il n’y a pas pour l’instant
de budget pour la construction d’autres installations d’incinérateurs pour
cette catégorie de déchets. Dans certains établissements de santé, les
déchets biomedicaux sont brûlés dans une fosse ou recouverts de chaux vive.
28
Par ailleurs, d’autres acteurs interviennent dans le secteur .
1. Les ONG notamment Viva Rio, GRET, CEFREPADE, Solidarités Internationales,
ACF, FOKAL et Oxfam Grande Bretagne, financées par les bailleurs de fonds ;
2. Le secteur privé, à travers les compagnies de collecte et celles intéressées à
l’achat et la revente de produits ou matériaux issus de la récupération tels le
plastique, les métaux, les batteries etc.
5.1.2.3. Financement actuel de la Gestion des Déchets Solides
D’après l’article 66 de la Constitution, les communes sont autonomes du point de vue
financier et administratif. Mais en réalité elles fonctionnent sous la tutelle du
Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales, et ne possèdent jamais
suffisamment de fonds pour mener à bien les activités de collecte et traitement des
déchets urbains.
Le SMCRS reçoit mensuellement une allocation qui lui permet de réaliser la moitié de
la collecte des déchets.
Organisation du secteur.
Face à cette situation, le MTPTC a lancé en 2009 une étude financée par l’’AFD en
vue de l’élaboration de la POLITIQUE NATIONALE DE GESTION DES DECHETS SOLIDES.
Cette Politique Stratégique propose :
un cadre institutionnel pour la Gestion des Déchets, sous une tutelle unique,
une Direction Nationale (DNGDS) et suivi à travers un conseil d’administration.
Il est entendu que la propreté urbaine et la Gestion des résidus solides
demeureront des compétences communales. Cependant les équipements et
installations intercommunaux seront régulés par une structure régionale sous le
contrôle de la communauté de mairies qui désignera le mode de gestion
(incluant les partenariats) le plus approprié pour la région.
29
un mécanisme de financement à travers un fonds GDS (FREH-GDS) alimenté
par les taxes et prélèvement sur différents produits, dans un premier temps
ajoute au paiement du service à plus long terme
un cadre légal, à travers une loi-cadre regroupant l’ensemble des lois liées au
secteur et enrichi par de nouveaux textes tenant compte des avancées
technologiques et du contexte socioéconomique et culturel du pays.
Cette étude présentée à tous les secteurs de la vie nationale et à travers les
différentes régions du pays a été approuvée par le Ministère des Travaux Publics,
Transports et Communications. Elle devra être présentée au Parlement pour
ratification.
5.2. Secteur santé publique. Politique et Plan National de la Santé Publique
Toutes les installations du système de santé sont supervisées et coordonnées par le
Ministère de la Santé Publique et de la Population dans le cadre de son rôle régulateur.
Toutefois, le Ministère n'a pas été en mesure d'assumer pleinement ce rôle. Il lui reste
encore à mettre en place un système efficace de gestion et de financement en santé,
une politique de ressources humaines compatible avec les besoins du Ministère, à
réaliser le renforcement de la participation communautaire, la coordination intra et
intersectorielle, et à obtenir une modification de la législation qui sera compatible avec
les intérêts du plus grand nombre de personnes.
En 2005, le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) a publié un Plan
National Stratégique de Réforme Sectorielle. Le plan identifie la santé comme un droit
humain fondamental de tous les Haïtiens, sans discrimination, et souligne le lien direct
entre la santé et le développement humain, et le respect nécessaire des principes de
solidarité, d'équité et de justice sociale. Le mandat principal de la politique de santé en
Haïti appelle à renforcer le rôle recteur du ministère en matière de planification,
d'exécution et d'évaluation des programmes de santé.
30
Le développement des stratégies et l'exécution des activités qui garantissent la
fourniture des soins de santé de base sont souvent handicapés par l'inadéquation des
institutions et un code juridique déficient et obsolète. L'absence de lois de base et le
manque de cohérence dans les services existants ont conduit à une situation dans
laquelle le gouvernement devient incapable de régler, diriger, ou de surveiller la qualité
des services, équipements et matériels disponibles.
5.2.1. Organisation du Système de Santé Publique
Le système de santé en Haïti est constitué du secteur public, du secteur privé à but
lucratif, du secteur mixte à but non lucratif, et du secteur traditionnel. Le secteur public
comprend le Ministère de la Santé Publique et de la Population et le Ministère des
Affaires Sociales, chargé de la santé des travailleurs dans le secteur privé formel. Le
secteur privé à but lucratif comprend tous les professionnels de la santé en pratique
privée qui travaillent sur leur propre compte ou dans les cliniques privées. Le secteur à
but non lucratif mixte se compose des institutions de soins de santé du Ministère de la
Santé Publique et les établissements gérés par le secteur privé, ou par des organisations
non gouvernementales, ou par des organisations caritatives.
Les soins de santé sont dispensés dans les Centres de Santé de Premier Niveau, les
Hôpitaux Communaux de second niveau,les hopitaux departementaux et les Hôpitaux
Spécialisés de référence du Ministère. Le secteur public représente aux environs 35.7%
de l'infrastructure sanitaire, le secteur mixte privé, 31.8% et le secteur privé, 32.5%. On
estime que 47% de la population n'a pas accès aux services de santé et qu’environ 80%
de la population ont accès à la médecine traditionnelle4 (Source, PAHO, Health in the
Americas, 2007). Des groupes qui fréquentent les médecins traditionnels, la plupart
vivent dans les zones rurales où 13% de la population vit à plus de 15 kms du centre de
santé le plus proche. Il est important que les lois soient appliquées et respectées.
4
Source, PAHO, Heath in the Americas, 2007
31
En conformité à la loi organique de 20055, le Ministère de la Santé Publique et de la
Population comprend au niveau central deux bureaux administ dix directions techniques
et trois unités de coordination pour la gestion des programmes spéciaux comme les
maladies infectieuses et transmissibles,), la nutrition et la sécurité des hôpitaux. Toutes
ces directions sont, sous le leadership du titulaire du Ministère, coordonnées par une
direction générale secondée par trois unités d’appui (Unité d’Appui à la Décentralisation
Sanitaire, Unité de Planification et d’Evaluation et une Unité juridique). Voir
Organigramme en Annexe 2.
Il y a aussi dix directions départementales de santé, une pour chacun des dix
départements géographiques du Pays, et leurs services sont décentralisés au niveau de
Unités Communales de Santé (UCS). Leur nombre et emplacement sont dictés par la
taille de la population couverte, de leur compétence et situation géographique.
Les Unités Communales de Santé (UCS) sont des entités administratives décentralisées
chargées de mener, dans leur zone géographique, des activités de santé de qualité
assurée, en partenariat avec les organismes de santé publics et privés et avec la
participation de la communauté. La médecine traditionnelle, qui est largement acceptée
sans distinction de classe sociale ou d'appartenance religieuse, est pratiquée par les
guérisseurs divers.
Le secteur privé à but lucratif du secteur est concentré dans la région métropolitaine où
la plupart des professionnels travaillent. Les établissements privés, y compris les
cliniques, les laboratoires et les pharmacies opèrent sans restriction, mais ne participent
ni dans les programmes nationaux de santé ni dans la surveillance épidémiologique des
maladies à notification obligatoire.
5
loi organique de 2005
32
5.2.2. Rôle de Recteur et de Coordinateur du Ministère de la Santé et de la
Population
La faible capacité de coordination du Ministère était devenue évident pendant la crise
du choléra. Il y a eu très peu d'investissement dans le renforcement du Ministère au
cours de la phase d'urgence. Ce volet doit être pris en considération dans toute
assistance au secteur de la santé publique. Le Ministère doit mettre en place une
structure pour répondre en urgence à tous évènements.
Le renforcement des capacités est donc essentiel pour une mise en œuvre réussie et
durable du plan national pour l’élimination du choléra. Le Ministère va poursuivre le
développement d’une stratégie pour l’adoption des partenariats novateurs pour le
renforcement des capacités, qui soient complémentaires aux efforts courants et aux
efforts déjà produits.
Tandis que les services cliniques ou curatifs de santé étaient clairement nécessaires
dans les situations d'urgence majeure, il est tout aussi important d'investir au niveau du
gouvernement afin de s'assurer que le Ministère de la Sante Publique ait la capacité de
gérer efficacement le système de santé à l'échelle nationale, aussi bien la capacité locale
de pouvoir superviser les services des hôpitaux et dispensaires de santé qui sont sous
contrôle des ONGs.
Une des principales leçons apprises du tremblement de terre en Haïti et la réponse à
l’épidémie de choléra est la nécessité de renforcer le Ministère de la Santé non
seulement pour coordonner le grand nombre des organisations non gouvernementales
(ONGs) qui œuvrent dans le domaine de la santé, mais aussi d'établir une stratégie de
réorientation de cette aide dans le système de santé publique.
En bref, il y a lieu de repenser l'assistance humanitaire de telle manière qu’elle s’intègre
et renforce les systèmes de santé des Pays en crise, plutôt que de les remplacer. L’un
des éléments essentiels des leçons apprises des événements d’Haïti, c'est que l'aide
humanitaire doit supporter, plutôt que saper les autorités locales, et qu’avec l'aide de la
communauté humanitaire, les ministères de santé des Pays recevant l’aide, puissent
33
assurer leur rôle de coordination et absorber les services fournis durant la phase aiguë
de l’urgence.
D’autre leçon importante à tirer du tremblement de terre et de l'urgence relative au
choléra est que la gestion de l'information et la diffusion des informations sont
également faibles. Bien que le Ministère ait tenté de cartographier son intervention, sa
capacité dans cet aspect reste limitée, et de ce fait, les données générées sont
incomplètes, et la validité des données recueillies sont peu fiables.
6 Réponse nationale face à l’épidémie du cholera
Dès la confirmation des premiers cas de choléra, le Gouvernement de la République d'Haïti
s’est rapidement mobilisé rapidement pour répondre à l'épidémie. Le Chef de l'Etat fit une
adresse à la nation pour annoncer l'introduction du choléra dans le territoire national et
informa de l'engagement du gouvernement de n'épargner aucun effort pour lutter contre
l'épidémie. Plusieurs mesures ont été prises par le Gouvernement.
6.1 Par le Gouvernement d'Haïti
Les mesures politiques et stratégiques
Création d’une cellule de crise interministérielle, avec la mission spécifique de
garantir l’engagement politique de tous les secteurs de la vie nationale et la
mobilisation de ressources en faveur de la lutte contre le choléra.
Mise en place d’un Comité de pilotage chargé de coordonner les activités de lutte
contre le choléra à l’échelle nationale.
Mesure gouvernementale décrétant le Choléra «Problème de sécurité nationale».
Démarches auprès des partenaires internationaux d’Haïti afin de mobiliser les
ressources nécessaires à la lutte contre le choléra.
34
Élaboration du Plan national de réponse.
Sur le plan opérationnel, le Ministère de la Santé
Lance une campagne massive d’information et de sensibilisation de la population
grâce à la coopération de la presse locale;
Renforce le système de surveillance épidémiologique avec la mise en place d’un
système de notification obligatoire du choléra;
Renforce les mesures de protection sanitaire et renforcement des activités de
distribution d’eau potable dans les camps d’hébergement et les zones marginales;
Élabore des protocoles de prise en charge clinique des cas avec l’assistance
technique de l’OPS/OMS;
Procède à l’ouverture de 35 centres de traitement du choléra sur l’ensemble du
territoire national grâce à l’appui de plusieurs des ONGs nationales et
internationales;
Forme un personnel de soins dans les communes affectées;
Lance une campagne de vaccination contre le choléra;
Les mesures politiques et stratégiques prises par la DINEPA comprennent :
La création en Juin 2011 du Département des Urgences (DRU) dont l’une des
responsabilités et d’assurer la réponse en urgence aux flambées de choléra en
coordination avec le MSPP
Le leadership par le DRU du cluster WASH qui rassemble l’ensemble des
Organisations travaillant en urgence en eau potable, hygiène et assainissement
35
L’élaboration du Stratégie Nationale de Lutte contre le Choléra, finalisée dès
Novembre 2010
Au niveau opérationnel, la Direction Nationale de l'Eau et l'Assainissement (DINEPA)
effectue
Le diagnostic et la réhabilitation des systèmes d’eau de 81 centres de santé;
La chloration de 700 systèmes d'eau et 11 puits de pompage privés;
La livraison d’eau par caminos dans les sites d’hébergement temporaires des
personnes déplacées;
La distribution massive de Produits de Traitement de l’Eau a Domicile pour plus de
700,000 familles
L’installation de 33 stations de potabilisation en Artibonite
La réhabilitation en urgence de plus de 20 Systèmes d’Approvisionnement en Eau
Potable en zone rurale
L’installation de 9 laboratoires de qualité de l'eau dans la zone à risque;
La chloration et le contrôle du chlore résiduel (SISKLOR) dans les petits réseaux
d'eau autour de la capitale et les 1300 sites d’hébergement temporaires des
déplacés;
La coordination du nettoyage de fosses des latrines dans les abris des personnes
déplacées;
La Construction de deux étangs de stabilisation, près de la capitale, pour le
traitement des eaux usées, mais surtout pour l'évacuation des boues de fosses
septiques et des latrines;
36
L’intensification de la promotion de l'hygiène dans la zone à risque et l'ensemble du
pays
La dotation d’infrastructures sanitaires pour plus de 30 écoles et 80 centres de santé
Les cadres de différents Ministères concernés et la société civile et les partenaires
internationaux ont consentis des sacrifices énormes qui ont contribué à la gestion de
l’épidémie. Cependant ces réalisations sont néanmoins insuffisantes face à l'extrême
vulnérabilité d'Haïti à de telles épidémies à cause de l’insalubrité de l’eau, du
manque d’hygiène et de la précarité en infrastructures sanitaires.
6.2 Par la Communauté Internationale
Au cours de l'année écoulée, la communauté internationale a soutenu les efforts des
gouvernements d'Haïti et de la République Dominicaine pour mettre en œuvre la
stratégie de prévention et de contrôle du choléra, y compris l'amélioration de l'accès à
l'eau potable et l'assainissement, la promotion de bonnes pratiques d'hygiène et de
sécurité alimentaire, et la fourniture des matériels de prévention, de soins cliniques et
de traitement.
Les Organisations du secteur ont en particulier (voir tableau en annexe) :
Appuyé la DINEPA pour maintenir des conditions sanitaires minimum dans les camps
de sinistrés du tremblement de terre (maintenance et vidange des latrines,
installation de systèmes d’approvisionnement en eau potable,…)
Distribué des produits de traitement de l’eau a domicile pour plus de 1,2 millions de
familles
Avec l’appui technique et la régulation de la DINEPA, aménagé plus de 11,000 points
d’eau, réalisées plus de 400 forages et réhabilités près de 100 Systèmes
d’Approvisionnement en Eau Potable
Doté 430 écoles et 160 Centres de Santé d’infrastructures sanitaires
37
Sous la coordination de la DINEPA et du MSPP, transmis des messages de
sensibilisation à 13 millions de personnes (ce chiffre est plus grand que la population
haïtienne car certaines familles ont reçu plusieurs fois des messages de campagnes
différentes)
Ces interventions salutaires ont joué un rôle important en limitant une plus grande
tragédie dans l’Ile, mais une coordination encore plus étroite avec la DINEPA doit être
instaurée. Dans le cadre de la réforme, la DINEPA est l’organe de contrôle et de
régulation du secteur et doit donc être en mesure de coordonner les actions du secteur,
y compris les décisions de financements bilatéraux.
Ces actions du MSPP, de la DINEPA et des Organisations œuvrant dans la Santé, l’Eau
Potable, l’Hygiène et l’Assainissement doivent être soutenues au cours des années à
venir afin de renforcer le système global de santé dans les deux Pays. Pour éliminer le
choléra sur l'île d'Hispaniola et parvenir en Haïti à un standard6 comparable aux pays de
l’Amérique latine et les Caraïbes (LAC), cet effort en cours doit être intensifié pour
accroître l'accès à l'eau potable et à des installations améliorées d'assainissement.
6.3 Ressources Financières Mobilisées
Le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) a
lancé un appel consolidé à la communauté internationale au début de la crise du
choléra afin de financer la réponse des différents secteurs impliqués dans cette crise.
Les dons qui ont été souscrits ou reçus depuis l’appel jusqu’ a date et qui ont été portés
à la connaissance du Cluster Santé sont donnés dans le tableau7 ci-dessous :
6
CDC global Health 2012 - http://www.cdc.gov/globalhealth/features/cholera.htm
7
Source : MSPP, Décembre 2010; "Gestion de l’épidémie du choléra
38
INSTITUTION
BAILLEUR/ SECTEUR Montant (US $) DESTINATION ET REMARQUES
BENEFICIAIRE
Banque Mondiale MSPP, FAES, DINEPA, 3 15,000,000 Réponse à l’urgence liée à l’épidémie de choléra
ONG
BID UNICEF/DINEPA/MSPP 15,000,000 UNICEF(14M)/ MSPP(1M)
DINEPA 7,500,000 DINEPA
CIDA, EU Delegation, PAHO 25,230,696.00
DFID, CERF, ERRF, Finland,
Andalucia, Italie, USAID,
ARC, Rusia, Sudafrica,
Espagne
OCHA (CERF) Action Contre la Faim 560,000 Réponse à l’urgence liée à l’épidémie de choléra
MERLIN Réponse à l’épidémie du choléra à Port-au-Prince"
Germany World Vision 170,000
Sweden Action Contre la Faim 1,489,647
IOM 2,979,294
Save the Children 84,433
France UNICEF 111,111
CRF 138,889
Espagne Gouvernement Haïtien 3,591,837 Estimation de ressources reçues
USAID/OFDA/CDC 37, 202,618
403,684
2,015,000
50,000,000
Clinton Foundation Gouvernement Haïtien 1,000,000
Total US Dollars 125,274,591
Tableau des fonds reçus ou promis pour le contrôle du choléra au décembre 2012 (US dollars)
39
INSTITUTION
BAILLEUR/ SECTEUR Montant (EURO) DESTINATION ET REMARQUES
BENEFICIAIRE
10 ECHO Goal Choléra 863,565
Care Choléra 1,500,523
AMI 582,277
MDM-BE 838,000
MERLIN 1,087,570
COOPI 424,704
Terre des Hommes 318,336
OXFAM-UK 1,700,000
ACF-FRA 758,000
ACTED 778,397
MDM-FRA 1,300,000
PAHO 1,450,000
CRF 1,439,056
CRA 703,803.2
Concern Worldwide 668,750
UNHAS 1,000,000
Total Euros 15,412,981.2
Tableau des fonds reçus ou promis pour le contrôle du choléra au décembre 2012 (EUROS)
Source : Rapport "Gestion de l’épidémie du choléra" – Ministère de la Sante Publique, Décembre 2010
40
7 Indicateurs et objectives du Plan
7.1 Indicateurs de résultats du Plan
Le plan d’action pour l’élimination du choléra en Haïti comprendra trois phases de
planification:
- Deux ans pour les objectifs à court terme (2013-2014)
- cinq ans pour les objectifs à moyen terme (2015-2017)
- dix ans pour les objectifs à long terme (2018-2022).
Les indicateurs de résultats des trois phases sont décrits ci-dessous :
AU BOUT DE 2014
Un Indicateur Taux d'incidence annuel du choléra en Haïti réduit de 3% à ≤ 0,5
Biologique
Un résultat des La population vivant dans les zones du pays où est active la transmission secondaire se
déterminants lave la main après défécation et avant de manger
de la Santé
Commentaire Même lorsque le financement nécessaire est assuré, la construction de grands ouvrages
d’infrastructure d'eau et d'assainissement prend un temps considérable pour leur
achèvement. D’où la nécessité de continuer, dans les deux prochaines années, les actions
d'urgence de manière systématisée en intégrant le renforcement et l'extension du
système de soins de santé primaires, l'intégration de la composante d’hygiène
alimentaire, en accélérant les activités d’assainissement et d'hygiène (construction
d'installations d'évacuation des excrétas et le nettoyage des latrines à fosse existantes
dans les refuges), et en intensifiant les activités de promotion de la santé, y compris la
mise à disposition par des techniques simples d'eau saine pour les communautés
identifies comme foyers actifs de transmission de choléra ou vivant dans des zones à
risque.
41
AU BOUT DE 2017
Un Indicateur Taux d'incidence du choléra réduit à ≤ 0,1% en 2017;
Biologique
Un résultat des Tous les systèmes d’approvisionnements en eau publics sont régulièrement chlorés et
déterminants contrôlés.
de la Santé
Tous les laboratoires du réseau national sont fonctionnels et génèrent des données de
surveillance.
La capacité institutionnelle de gestion et de supervision du secteur Eau et Assainissement
est renforcée de telle manière que la DINEPA est en mesure de bien gérer et mobiliser les
ressources nécessaires pour le développement du secteur afin d’atteindre un niveau de
couverture comparable aux pays de l'Amérique latine et les Caraïbes;
Le système de santé publique y compris gestion de l'information et promotion de la santé
est renforcé afin d’augmenter l'accès aux soins de santé primaires et en intégrant les
ressources de la DINEPA et les municipalités dans la surveillance épidémiologique et la
surveillance environnementale ;
Commentaire La restructuration du secteur de l'eau et l'assainissement en 2009 était une étape
nécessaire pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ainsi
que les objectifs de développement à long terme du gouvernement. Toutefois, la DINEPA,
responsable du secteur, est une nouvelle agence et est en cours d'organisation
structurelle, et dès lors dispose d'une capacité opérationnelle limitée. En fait, la DINEPA
est en mesure de dépenser actuellement 30 à 40 millions de dollars par an; En outre, le
pays souffre d'une grave pénurie de professionnels dans le domaine de l'environnement,
génie sanitaire et de l'eau;
La propagation rapide du choléra dans le pays a démontré la nécessité de renforcer le
système de santé en particulier les soins de santé primaires et la structure promotion de
la santé ainsi que la gestion de l'information.
42
AU BOUT DE 2022
Un Indicateur Taux d'incidence du choléra réduit à ≤ 0,01%
Biologique
Un résultat des L'accès à l'eau potable et l'assainissement augmenté en Haïti au moins au niveau de la
déterminants couverture moyenne dans les pays latino-américain et des caraïbes;
de la Santé
Risque de contamination réduite en raison de l’élimination correcte des excréta
Commentaire
Éliminer le choléra dans l'île d'Hispaniola signifierait étendre la couverture de l'eau et
l'assainissement dans l'île à un niveau comparable à celui des pays d'Amérique Latine.
Ceci signifierait pour Haïti une accélération des investissements actuels pour la
construction d’infrastructures en eau et assainissement à tel point qu’en 2022, l'accès à
l'eau potable passera de 69% effective aujourd’hui à 85%, et l'accès à un assainissement
adéquat de 17% effective aujourd’hui à 80%8.
Le "vibrio choléra" est une bactérie qui s’accommode dans l’eau. Dès lors, avant son
entrée en Haïti, elle est déjà présente dans l'environnement naturel de l'île d'Hispaniola,
et compte tenu de l'incertitude du temps pour atteindre en Haïti la couverture requise en
eau saine et assainissement, il est difficile d’imaginer une élimination complète du
choléra sur l’ile dans un horizon proche. Il est plutôt préférable de cibler dans les
prochaines années un arrêt de transmission secondaire active de choléra en Haïti;
8
Couverture moyenne des pays de l'Amérique latine et les Caraïbes comme indiqué dans l'Appel d'action
43
7.2 But et objectifs du Plan
But du Plan - Le but ultime de ce plan d'action est d'éliminer le choléra dans l'île
d'Hispaniola à travers un soutien technique et financier de la communauté
internationale et une coordination binationale.
Objectifs Spécifiques - Afin de prévenir les décès et diminuer les souffrances causées
par l’épidémie du choléra, la stratégie principale du gouvernement haïtien est de mettre
en œuvre une approche intégrée pour prévenir et arrêter la transmission secondaire de
choléra en Haïti:
Dans cette perspective, le gouvernement haïtien a fixé les objectifs spécifiques suivants
à atteindre dans les prochains dix ans, c'est-à-dire d'ici l’an 2022:
1. Accroître l'accès à l'eau potable à au moins 85% de la population;
2. Accroitre l’accès à l'amélioration des installations sanitaires et d'hygiène à au moins
90% de la population;
3. Augmenter à 90% la collecte des déchets ménagers générés dans la zone
métropolitaine de Port-au-Prince et 80% ceux générés dans les villes secondaires;
4. Renforcer le système santé publique pour faciliter l'accès aux services de soins de
santé à 80% de la population;
5. Renforcez la surveillance épidémiologique pour la détection précoce de tous les cas
de choléra et d'autres maladies sous la surveillance. Ceci sera réalisé grâce à un
système de surveillance intégré, avec de meilleures informations, un feed-back, une
administration d'information et le règlement de communication.
6. Garantir l’investigation des flambés et la réponse liée aux activités de surveillance
44
7. Garantir la forte composante de surveillance du laboratoire pour suivre les sérotypes
et génotypes possible, ainsi que des changements éventuels de résistance du vibrio
cholerae en Haïti
8. Intensifier l'éducation de la population en matière d'hygiène domestique et la
connaissance de l'hygiène alimentaire, de telle façon qu’en 2022, 75% de la
population générale en Haïti ont connaissance des mesures de prévention pour le
choléra et d'autres maladies diarrhéiques
9. Mettre en place un outil d’évaluation mesurant l’impact des activités sur le choléra,
les maladies hydriques et plus largement sur des indicateurs socio-économiques tels
que l’absentéisme en milieu scolaire et professionnel.
7.3 Interventions à court terme9
Pendant qu’on se mobilise et commence l’exécution des actions à long terme, le plan
d'élimination du choléra prévoit l’accélération, dans les deux premières années, des
mesures d’urgence exécutées de manière systématisée au niveau des quatre volets
stratégiques du plan: Eau et assainissement, prise en charge, épidémiologie et
promotion de la santé. Ainsi, il a été convenu que les actions à court terme se
concentrent dans la prévention de la transmission du choléra d'une personne à une
autre grâce à l'utilisation de l'eau désinfectée avec du chlore pour la boisson, le lavage
des mains, la promotion de bonnes pratiques d’assainissement et l’hygiène des
aliments.
Cet objectif principal à court terme s’exécutera en parallèle à des actions de
développement déjà en cours par la DINEPA ou les autres Organisations du secteur (voir
tableau de répartition des ONGs de développement en annexe). Dans le cadre de la
Réforme, la DINEPA entreprend notamment la réhabilitation des systèmes d’eau
9
Couramment appelé phase II des interventions d’urgences afin de contrôler l’épidémie. Prévu de 1013 à 2015
(deux ans)
45
potable de 21 villes du pays et la Région Métropolitaine de Port-Au-Prince, des actions
en zone rurale en particulier en Artibonite, et la construction de stations de traitement
des excrétas dans chaque département
7.3.1 Interventions du MSPP
1. Continuer avec les mesures d'urgence dans la fourniture des soins de santé et de
traitement au sérum de réhydratation orale;
2. Basé sur l’analyse des données épidémiologiques, mettre en œuvre une campagne
de vaccination contre le choléra dans certaines agglomérations densément peuplées
des zones urbaines et certaines communautés rurales dispersées et difficiles d’accès,
comme mesure complémentaire pour contrôler et prévenir l'épidémie. (Voir dans le
cadre de texte qui suit la recommandation d'un groupe d'experts à la suite du projet
pilote en Haïti sur la vaccination contre cette maladie);
3. Renforcer le réseau d'agents de santé communautaire polyvalent (ASCP) à raison
d'un agent pour 500 à 1000 habitants dans les zones à risque10 de choléra. Dans le
cadre de la lutte contre l'épidémie, leur fonction consistera à:
Réaliser des visites domiciliaires ciblant les ménages où il y a des cas suspects
de choléra;
Rapporter opportunément au Ministère de la Santé les cas de choléra
dépistés et la mortalité;
Faciliter la prise en charge les personnes infectées par le choléra en suivant le
protocole du Ministère consistant en: réhydratation à l’aide de sérum oral,
accompagnement des patients dans leur comportement d’hygiène et
sanitaire en vue de protéger les autres membres de la famille, et quand c’est
10
Les communautés à risque de choléra sont celles qui ont connu précédentes flambées de choléra, ou ceux qui n'ont pas
accès au service d'eau potable et d’évacuation d’excréta.
46
nécessaire les référer au niveau supérieur des soins de santé du système
(centre de traitement du choléra, centres de santé ou hôpital communal);
Promouvoir et encourager la population à respecter les mesures d'hygiène
alimentaire selon les directives de MSPP et DINEPA;
Dispenser une éducation à la santé et promouvoir l'hygiène et le changement
de comportement comme le lavage des mains.
Effectuer des tests de chlore résiduel11 des eaux de consommation des
ménages et des réseaux communautaires d’adduction d’eau;
Administrer du chlore (ou/et éduquer les chefs de famille à administrer le
chlore) dans les citernes domestiques d’eau de boisson;
Ces agents de santé communautaire doivent être recrutés suivant le profil d’agent de
santé communautaire polyvalent tel que défini par le Ministère de la Santé Publique. Ils
resteront intégrés au système des soins de santé primaires.
4. Homogénéiser et superviser les messages d'hygiène et d'éducation sanitaire qui sont
diffusés par les divers organismes impliqués dans la lutte contre le choléra. Veiller à
ce que les agents de santé communautaire et le personnel des ONGs soient
suffisamment formés pour délivrer les messages du Ministère et de la DINEPA pour
sensibiliser la population sur les risques et moyen de protection contre le choléra;
5. S'assurer que tous les professionnels de la santé sont formés aux principes de santé
publique et promouvoir l’intégration dans leurs pratiques quotidiennes des
messages qui exhortent l'accès à l'eau potable, l'assainissement et l'hygiène dans les
centres de santé, les cliniques et les communautés locales de sensibilisation;
11
Cette tâche peut être réalisée par les ASCP quand il y a une flambée de choléra et il n'y a pas d'inspecteur sanitaire ou un
technicien sanitaire municipal disponible dans la région de l'urgence.
47
6. L'établissement d'un réseau de clubs de santé communautaire pour accroître
l'efficacité et de diminuer la charge de travail des agents de santé communautaires;
7. Établir des clubs locaux de santé communautaire dans tout le pays (dirigés par les
travailleurs de la santé) afin de promouvoir l’hygiène et d'autres questions d’intérêt
de santé publique;
48
7.3.2 Interventions par la DINEPA
1. Coordonner les interventions d’urgence avec les acteurs du secteur et le MSPP et
contrôler la qualité des actions entreprises;
Identification et coordination des acteurs d’urgence non étatique intervenant
dans le domaine de l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement.
contrôler la qualité de l’eau fournie par la DINEPA en développant le système
SYSKLOR dans les départements. Le SYSKLOR est une technologie simple basé
sur l’envoi de SMS qui permet d’informer l’Observatoire sur le taux de chlore
résiduel. Le SYSKLOR est opérationnel a Port-Au-Prince et dans les villes
principales du pays. Il est prévu de l’étendre a l’ensemble des réseaux gérés
par la DINEPA
Coordonner les interventions avec celles du Ministère de la Santé en
particulier dans les zones sous le contrôle des agents de santé
communautaire. Les activités d’urgence doivent être adaptées à chaque
contexte et peuvent comprendre des actions immédiates de réparation ou
chloration de points d’eau, ou la mise à disposition de produits de traitement
de l’eau à domicile.
2. Renforcer la décentralisation du secteur par l’opérationnalisation de Techniciens
d’Eau Potable et d’Assainissement Communaux dont les principales fonctions liées à
la réponse au choléra sont :
Accompagner, le cas échéant, les agents municipaux, les CASECS/ASECS, les
agents sanitaires lors de leur visite de suivi/d’inspection des installations
sanitaires sur la base des protocoles mises en place par la DINEPA
Organiser avec les représentants sociaux des URD et en collaboration avec le
spécialiste en Promotion d’Hygiène de la DINEPA, des formations de
49
sensibilisation à l’eau, l’assainissement et l’hygiène en collaboration avec le
Ministère de la Santé
Participer à la mise en œuvre du plan de communication pour un
changement de comportement adapté dans la commune
Effectuer le contrôle de la chloration fait par les opérateurs SAEP ruraux
Effectuer des échantillonnages d’eau et des mesures quantitatives et
qualitatives relatives aux ressources de la commune.
Accompagner les agents du MSPP, le cas échéant, dans la mise en œuvre du
plan de santé du MSPP dans la commune.
Participer à la coordination et au contrôle des acteurs EPA de la commune.
Participer à la mise en œuvre des réponses EPA dans le cadre de flambées de
choléra dans la commune en collaboration avec les agents de la protection
civile et le Bureau Communale Sanitaire. En cas d’urgence, assurer la
distribution des produits chlorés, tels aquatabs, à la population
Participer, en collaboration des URD et CTE, à la mise en œuvre de la
stratégie d’assainissement et eau de la DINEPA au niveau de la commune.
Participer à la sensibilisation des populations et des autorités locales
relativement au stockage et le traitement de l’eau à domicile, aux bonnes
pratiques en matière d’hygiène, d’assainissement et de protection de
l’environnement.
Participer aux activités EPA au milieu scolaire
3. S’assurer en collaboration avec le Ministère de la Santé que les résidents des
communautés identifiées à risque de choléra et qui n’ont pas accès à l'eau de
50
boisson saine puissent consommer de l'eau traitée grâce à l'utilisation appropriée du
chlore liquide ou des comprimés de chlore;
4. Continuer avec les mesures d'urgence pour l’approvisionnement en eau saine et
l’assainissement dans les lieux publics (écoles, marchés, centres de santé…), ainsi
que la fourniture de moyens d'évacuation des excréments dans les hôpitaux et les
centres de santé.
5. Poursuivre les actions en cours d’amélioration de la desserte en eau potable dans la
ville de Port-Au-Prince et dans plus de vingt villes secondaires du pays.
6. Renforcer les actions en zone rurale par des techniques simples d’accès à l’eau
potable, la promotion de l’assainissement et des bonnes pratiques d’hygiène en
collaboration avec le Ministère de la Santé.
7. Construire une station de traitement des excrétas pour les dix principales villes du
pays.
8. Finaliser le projet de systèmes semi collectifs de collecte des eaux usées lancé à
Ouanaminthe et en tirer les leçons pour une éventuelle mise à l’échelle
9. Collaborer avec le Ministère de la Santé dans la formation des agents de santé
communautaires et des techniciens sanitaires municipaux. Les formations pourront
c comprendre entre autre des thèmes liés à la conservation de l'eau, la promotion
de l'hygiène, l’analyse d'eau et la connaissance des équipements de production de
chlore;
51
A court terme, les besoins financiers les moins bien couverts sont pour les actions en
zones rurales (projets techniquement simples pour fournir de l’eau potable, promouvoir
l’hygiène et l’assainissement et construire des infrastructures sanitaires dans les lieux
publics). Certaines villes qui n’ont pas été retenues dans le cadre de la Réforme
demande également des interventions prioritaires. La mise en œuvre de ces
interventions nécessite la présence de TEPAC dont le financement n’est pas assuré dans
l’ensemble des communes du pays.
7.3.3 Rôles des autres acteurs
L’apport des ONGs dans le financement et la prestation des services sanitaires en Haïti
est très important et bien apprécié aussi bien par les officiels du Ministère de la santé, la
DINEPA que par la population en générale. Concernant les ONG œuvrant dans le
secteur de la santé, la vision du Ministère est d’intégrer cet apport dans le système
santé du pays pour lequel il développera des mécanismes d’accréditations afin
d’assumer cette intégration. Entretemps, les ONGs continueront à fournir leur service
dans le respect des lois haïtiennes et en harmonie avec les directives de MSPP. Toutes
52
les ONG identifiées dans le domaine de l’eau potable et de l’assainissement ont signé un
accord-cadre avec la DINEPA qui les engage à respecter les directives de la DINEPA et les
lois du pays. La remise en fonction des Tables Sectorielles (nationale et
départementales) en 2011 offre une plate-forme de coordination déconcentrée des
actions des Organisations œuvrant dans le secteur. La DINEPA a répertorié les ONG
ayant signé l’accord cadre et leur domaine géographique d’interventions de
développement (tableau disponible en annexe)..
Dans le cadre de la Réforme, l’Etat central doit se dégager progressivement des
fonctions opérationnelles, notamment de réalisation et d’exploitation des ouvrages. La
participation du secteur privé et de la société civile est encouragée. A long terme, les
communes reprendront leurs prérogatives organiques de maitrise d’ouvrage des
systèmes d’Alimentation en Eau Potable et en Assainissement.
Le secteur privé sera fortement encouragé à intervenir dans la mise en œuvre du Plan
d’Elimination du choléra afin de diversifier les acteurs et d’insuffler au secteur un savoir-
faire et une capacité d’investissement.
7.4. Principales actions de la proposition a moyen et long terme
L'orientation stratégique pour les objectifs à long terme est énoncée dans le plan d'action
de chacun des quatre domaines stratégiques.
7.4.1. Eau et assainissement
7.4.1.1 Adduction en Eau Potable et Disposition des Eaux Usées
Objectif: Augmenter la couverture de l'accès à l'eau potable à 85% de la population
haïtienne et l’accès aux installations améliorées de disposition des excréments à 90%.
Orientation stratégique : Renforcer la capacité de recteur de la DINEPA ainsi que la
capacité institutionnelle d’exécution et de contrôle de tous les organes du secteur
53
eau et assainissement (OREPAS, CTE etc) créés par la loi organique d’août 2009 afin
de :
a) Accélérer la construction et réhabilitation des réseaux d'adduction d’eau potable
et de systèmes de collecte et traitement des eaux usées pour la Capitale et toutes
les villes du Pays en mettant l'accent sur la nécessité des quartiers périurbains;
b) faciliter la construction de systèmes d’adduction d’eau pour les petites
collectivités rurales et de promouvoir la construction de fosses septiques et
latrines dans ces zones.
c) Réaliser son autosuffisance économique, particulièrement en ce qui concerne ses
coûts opérationnels de fonctionnement à tous les niveaux. DINEPA mettra
également en œuvre au cours de cette période les mécanismes de recouvrement
de coûts pour les services fournis afin de garantir la durabilité des infrastructures
de l'eau et l'assainissement.
d) Etablir un fonds de microcrédit comme stratégie principale pour l’augmentation
de couverture sanitaire en facilitant la construction d’installations sanitaires
d’évacuation des excrétas pour la population nécessiteuse. Le microcrédit sera
particulièrement utilisé pour = promouvoir la substitution des latrines en milieu
urbain par des systèmes de fosses septiques et faciliter l’accès à latrines aux
familles pauvres du milieu rural;
e) La DINEPA continuera dans l’exécution du plan sa politique actuelle à savoir:
i. Renforcement de sa collaboration avec les collectivités locales (ASEC, CASEC)
dans la mise en œuvre de ses activités sur le terrain, y compris le financement
des postes de techniciens sanitaires municipaux;
ii. Formation des opérateurs locaux à travers le pays pour assurer l'accès à l'eau
potable chlorée;
54
iii. L'intégration des organisations internationales et des ONGs12 dans la stratégie
sectorielle nationale.
Résultats attendus :
1. Le risque de transmission du vibrio cholérae dû à l’utilisation d’eau en quantité et
qualité inadéquate est éliminé à travers la réhabilitation de réseaux existants et la
construction de nouveaux systèmes d’adduction d’eau potable dans toutes les villes
moyennes ou grandes du pays ainsi que dans des agglomérations rurales jugées
prioritaires;
2. Le risque de transmission du vibrio cholérae dû à une mauvaise disposition et
gestion des excréta est éliminé sur tout le territoire du pays à travers la promotion
de systèmes sanitaires, d’évacuation d’excréments dans les milieux urbains et ruraux
ainsi que la construction d’égouts sanitaires accompagnés de systèmes de
traitement d’eaux usées dans certaines grandes villes et de systèmes de traitement
de boues de vidange des autres villes moyennes.
3. Capacité institutionnelle de DINEPA est renforcée au niveau central et de ses
structures déconcentrées ;
12
Signature de l’Accord Cadre de la DINEPA avec les ONG
55
7.4.1.2 Gestion des Déchets Solides
Objectif: Augmenter la capacité nationale de gestion intégrale des déchets solides de
telle façon qu’en 2022, 90% des ordures ménagères générées dans les centres
urbains son collectées et disposées suivant les normes sanitaires établies.
Orientation stratégique : Assurer une Gestion Intégrée des Déchets Solides (GIDS)
dans un cadre légal et régulateur à l’aide d’instruments légaux et de normes
techniques adaptées à la réalité locale tout en parvenant à une durabilité financière
grâce à un système de taxation qui soit socialement acceptable et qui tient compte
de la capacité de payer de la population.
Le modèle de GIDS visera à la réduction des déchets à la source, l’optimisation de la
réutilisation et du recyclage des matériaux qui s’y prêtent, l’intégration du
compostage et la disposition finale adéquate dans un Centre d’ Enfouissement
56
Technique (CET) avec récupération énergétique du biogaz. De plus, ce plan adoptera
les mesures nécessaires pour éliminer les décharges sauvages et faciliter la
récupération des secteurs urbains dégradés.
Le modèle de gestion mis en œuvre intégrera et soutiendra l’organisation des trieurs
et recycleurs en tant que professionnels autonomes en mettant en place des modes
de participation pour promouvoir la gestion partagée et le contrôle social de la
gestion des déchets solides.
Résultats attendus:
La structure de gestion des déchets solides est établie et opérationnelle dans toutes
les villes grandes ou moyennes, ce qui se traduit par une réduction visible de
l’insalubrité dans le pays.
1. La majorité des déchets domestiques générés dans les grandes villes et petits
centres urbains du Pays sont collectés et traités selon les normes internationalement
établis.
57
7.4.2. Secteur santé publique
7.4.2.1 Soins de Santé
Objectif: Accroître de 46% à 80% de la population l'accès aux soins de santé
primaires.
Orientation stratégique – Cet objectif ambitieux est basé sur le principe que les
interventions retenues seront durables et capables de résister à de futures
incidences catastrophiques de santé publique tout en contribuant au développement
de la politique -santé à l'échelle nationale. À cette fin, tout en appliquant les
mesures à court et à long terme, l’objectif devra être le renforcement de la capacité
de réponse et de coordination du Ministère de la Santé afin de faire face à l'épidémie
actuelle et tout autre événement similaire en priorisant l'expansion des installations
de soins de santé primaires sur tout le territoire et à une distance raisonnable de la
population. Pour cela, il faut revitaliser le corps de l'inspection sanitaire et accélérer
la formation et le placement opportun des agents de santé communautaire
polyvalent (ASCP).
L'initiative d’élimination du choléra est conceptualisée sur la notion d’un
développement distant de la dépendance et sur le principe de la résilience où les
communautés seront au centre de l'attention à travers des approches nouvelles. On
reconnait que l’amélioration de l’eau et de l’assainissement de base, en combinaison
avec le paquet de services essentiels réduiraient considérablement la prévalence de
nombreuses maladies d’origine hydrique et alimentaire et auraient un impact sur la
mortalité infantile et maternelle.
Au cours de la prochaine phase de l'intervention, appelée couramment phase II, les
communautés à risque de choléra et les régions pauvres du pays seront priorisées,
particulièrement en qui concerne l’extension de soins de santé primaires.
58
En général, le plan prévoit l'intégration des soins des patients de cholera dans le
système de soins essentiels de santé de telle sorte que:
1. La prise en charge des patients atteints de choléra ne se fera plus de manière
verticale. Le choléra sera traité comme toute autre maladie, mais seulement avec
un degré plus élevé de contrôle des infections.
2. Le choléra sera traité dans tous les établissements de soins de santé. Les centres
de traitement de cholera (CTCs) ne seront pas séparés des centres de santé sauf
en cas d’épidémie;
3. Le personnel médical travaillant dans les établissements de soins de santé sera
formé afin de pouvoir fournir des soins aux malades de choléra, comme toute
autre maladie diarrhéique;
4. Il y aura une forte composante de santé communautaire. Chacune des 565
sections communales d’Haïti sera octroyée d’un point de réhydratation orale
(PRO) et sera couvert par un agent de santé communautaire ou un agent
brigadier13. Au cours de la Phase II des interventions, le nombre de PRO sera
augmenté de telle sorte que les cas bénins de choléra seront traités au niveau
communautaire. L’accent sera mis sur: la formation des agents de santé
communautaires et la sensibilisation de la population ;
5. La collaboration avec la Direction de la Pharmacie sera établie afin d’assurer
l'approvisionnement des intrants nécessaires et faciliter un meilleur pré-
positionnement des fournitures pour les 3-5 prochaines années;
6. Au cours des interventions de la phase II, tous les brigadiers seront formés pour
devenir des agents polyvalents de santé communautaire et intégrés au niveau
supérieur du système de santé.
13
Agent communautaire actuellement déployé pour le choléra dans les zones d’urgence.
59
7. Enfin, le Vaccin anticholerique Oral (VCO) sera utilisé en Haïti en tirant parti de sa
distribution pour renforcer la prestation d’autres mesures de prévention du
choléra (à savoir la mobilisation sociale et la recherche active de cas) et les
services nationaux de vaccination. Pour atteindre cet objectif, des progrès
supplémentaires sont requis dans l’intégration de l’usage du VCO dans les plans
de développement de l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH) en assurant la
disponibilité suffisante du VCO et la durabilité financière de son achat et de sa
livraison, et en développant des capacités opérationnelles et de suivi de la
vaccination. Ces progrès doivent renforcer la capacité nationale et locale des
programmes de vaccination et le système de santé dans son ensemble. Les
campagnes seront fondées sur des analyses géospatiales réalisées a partir des
données obtenues dans le cadre de la surveillance épidémiologique. Ces analyses
pourront permettre définir les critères et les stratégies pour la vaccination contre
le choléra. Par conséquent, une introduction échelonnée et fondée sur la
demande globale sera utilisée en Haïti. La distribution du VCO pourrait être
définie selon les options suivantes :
a. Dans la zone métropolitaine, des activités de vaccination supplémentaires
ciblant les personnes déplacées résidant dans des camps (à savoir, un groupe
à immunité faible qui est probablement en transition vers un risque plus
élevé) et/ou des groupes plus larges résidant dans des bidonvilles (un groupe
à immunité modérée à élevée, mais subissant un risque plus élevé) et
b. Dans les zones rurales, au moyen d’activités de vaccination supplémentaires
ciblant la population qui a des difficultés d’accès aux soins de santé. La
vaccination dans les zones rurales nécessitera très probablement des activités
prioritaires supplémentaires fondées sur des analyses géospatiales d’une
série établie de critères définis a priori.
60
c. l’introduction du VCO au titre du programme national de vaccination
systématique pour les enfants âgés d’un an, liée à la fourniture du vaccin RR.
Indépendamment du temps et de la portée éventuelle d’un programme de
vaccination contre le choléra, des ressources et des fonds supplémentaires seront
requis pour la réussite du programme, et sans des efforts constants pour
renforcer l’eau, l’assainissement et l’hygiène, l’usage du VCO n’empêchera pas le
risque à long terme de flambées et de résurgence de la maladie.
Résultats attendus:
1. La prise en charge des maladies diarrhéiques est pleinement améliorée et
complètement adéquate pour les malades souffrant de choléra ou de diarrhée en
s’assurant de plus que :
Les règles d’hygiènes et mesures de prévention sont connues et appliquées dans
les institutions;
Chaque structure de santé à une unité dédiée au traitement des patients avec
diarrhée aigüe;
Un protocole standard et unique pour le traitement des malades et la
désinfection est définie et mis en place dans l’ensemble du système sanitaire;
Une passation appropriée est mise en place au départ des ONGs;
Les communautés ont accès facilement et de manière permanente aux produits
chlorés (aquatabs, chlorox);
2. Les moyens logistiques sont améliorés pour rendre disponibles et accessibles tous
les Intrants et médicaments essentiels aux soins de santé pour la prise en charge
opportune des cas de choléra;
61
3. La lutte contre les carences en micronutriments est renforcée dans les zones
vulnérables au choléra
7.4.2.2 Surveillance Epidémiologique
Objectif – Faciliter à la fin 2012, le renforcement de la surveillance épidémiologique
par une détection opportune de tous les cas de choléra et d’autres maladies sous
surveillance avec une meilleure gestion de l'information et une amélioration sensible
des capacités de laboratoire central et régional;
Orientation stratégique - Poursuivre la surveillance du choléra niveau national à
travers la Direction nationale des laboratoires d'épidémiologie et de recherche
incluant l’investigation des flambées et la collecte régulière et l’analyse des
échantillons de selles pour caractérisation microbiologique des pathogènes
intestinaux. Cette surveillance sera accompagnée de la participation de groupes
d'alerte précoce et de réponse, de la diffusion de l'information et l'application du
nouveau Règlement Sanitaire International. Cela inclura l’intégration des groupes
d’alerte et du réseau des agents de santé communautaire polyvalents en tous les
tiers du système du laboratoire. En résumé, il s’agit de i) notifier quotidiennement
les cas de diarrhée ii) transmettre régulièrement les données iii) confirmer
biologiquement tous les cas notifies.
Résultats attendus:
1. Le renforcement de la surveillance épidémiologique à partir de la confirmation
biologique pour une information fiable, une détection précoce des cas et des alertes
opportunes au niveau départemental et national en vue d’une action concertée et
rapide;
2. La surveillance épidémiologique est rendue effective avec un renforcement de la
surveillance microbiologique et environnementale, l’établissement d’un réseau de
laboratoires pour la décentralisation de la capacité biologique et l’intégration de
62
l’investigation, enquête, collecte et analyse d'échantillons pour mieux caractériser
à temps l'évolution des maladies.
3. Les équipes de réponse et prise en charge rapides sont formées et placées au niveau
départemental pour être déployées dans une situation d’alerte. Une réponse de
laboratoire est disponible pour les situations d'alerte.
7.4.2.3 Promotion de La Santé et Hygiène Alimentaire
Objectif - Parvenir à un changement de comportement de la population, de telle
manière que, d'ici à 2022, 75% de la population en général d'Haïti a connaissance de
l’importance se laver la main après défécation et avant de manger.
Orientation stratégique - Utiliser cette menace de choléra afin d’influencer un
changement de comportement de la part des groupes à risque et des groupes
défavorisés en ce qui concerne l’hygiène personnelle, domestique et alimentaire à
travers des actions de communication sociale et d’interaction interpersonnelle. Le
programme de promotion de la santé visera à:
a) Adopter une approche de changement de conduite complète soutenue par la
recherche de déterminants comportementaux les plus importants à adresser.
b) Réaliser une recherche opérationnelle et/ou enquête qualitative pour identifier
les obstacles liés aux bonnes pratiques d’hygiène.
c) Construire, maintenir et élargir les réseaux communautaires grâce à des accords
avec les organisations religieuses, des ONGs et des groupes de jeunes;
d) Mettre en place et soutenir l'initiative des écoles saines par la promotion de la
distribution de nourriture nutritive et de savons, ainsi que l'utilisation des
installations sanitaires adéquates accompagnée d'effort éducatif pour aider à
leur bonne utilisation et leur disponibilité continue;
63
e) Collaborer avec le secteur privé pour maintenir une bonne hygiène et
d'assainissement dans les communes à risque du choléra;
f) Établir des ententes avec les institutions de la société civile pour promouvoir
l'accès et l'éducation sur la sécurité alimentaire, l'hygiène et l'assainissement;
g) Renforcer et mettre en place des accords avec les médias, en particulier les
réseaux de radios communautaires;
h) Revoir et adapter les messages en collaboration avec Communication nationale
et des groupes de mobilisation sociale pour mettre à jour les matériaux et les
méthodes pour modifier les comportements clés;
Résultats attendus:
1. Les pratiques d’hygiène favorable à la santé sont adoptées par la population.
2. La vigilance de la population face à la menace du choléra dans le Pays est renforcée.
3. Les pratiques d’hygiène alimentaire sont améliorées au niveau des familles, et des
secteurs formels et informels de la restauration.
4. Les normes nationales d’hygiène et de protection de l’environnement sont
appliquées dans les institutions sanitaires.
5. La gestion des cadavres est conforme aux normes recommandées par le MSPP.
64
8 Activités et cout d’exécution du Plan
Les activités des différents plans d'action sont données dans les tableaux ci-dessous suivant les
quatre domaines définis pour le projet: Eau et assainissement, services de santé et gestion des
soins de santé, épidémiologie, et la promotion de la santé, de l'hygiène et de la nutrition. Dans
les tableaux, les activités sont groupées en lignes d’action à entreprendre pour atteindre les
objectifs définis. Les tâches détaillées et le calcul d'estimation de coûts sont détenus au
niveau des départements ou institutions qui ont présidé les groupes de travail. Les noms des
organismes chefs de file sont donnés dans le tableau ci-après. Les modalités de calcul pour
l’estimation des coûts sont disponibles sur demande.
Le coût total pour l’exécution du plan d’action est estimé à deux milliards deux cent vingt
millions vingt-deux mille cinq cent dollars américains (US $ 2,220,022,500) dont:
pour le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) : deux cent soixante-
neuf millions six cent soixante mille dollars (US $ 269,660,000);
pour la Direction Nationale d'Eau Potable et d'Assainissement (DINEPA) : un milliard
cinq cent soixante-dix-sept million trois cent soixante-deux mille cinq cents dollars (US
$1,577,362,500); et
pour les Ministères de Travaux Publiques, Transport & Communication (MTPTC) et de
l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT): trois cent soixante-treize million de
dollars américains (US $ 373,000,000).
65
9 Suivi et évaluation
Le suivi de l’exécution de ce plan d’action sera assumé par un comité de pilotage constitué par
des représentants des ministères intéressés du cabinet et des délégués des partenaires
techniques et financiers à être désignés. Le rôle de ce comité est de faciliter la coordination
politique et stratégique de l’exécution du plan. Il est souhaitable l’intégrer dans ce corps la
participation des ministères des travaux publiques, de la Santé, de l’Education, de la
communication, de l’Environnement, de l’intérieure et des Collectivités Territoriales. Ce
comité se réunira deux fois par an, et toute autre fois qu’un titulaire des agences d’exécution
(DINEP A, MSPP, MTPC, MICT) fait appel à son concours. Ce comité aura aussi pour rôle de faire
un plaidoyer pour le renforcement des procédures de gestion et d’administration, ainsi que des
cadres réglementaires et législatifs. Il sera le mécanisme de d'évaluation et de suivi de
l’implémentation du plan national, incluant les activités et les ressources
La mise en œuvre opérationnelle du plan d’action sera supervisée par un Comité technique
formé d’officiels de haut niveau de la Direction Nationale d’Eau Potable, du Ministère de la
Santé Publique, du Ministère des Travaux Publiques, et du Ministère de l’Intérieur, et des
représentants des organismes internationaux coopérant dans l’un des domaines du plan
d’action. Ce comité sera présidé par le Directeur Général du Ministère de la Santé Publique ou
de son représentant.
Le comité technique se réunira trimestriellement afin de revoir les avances faites dans
l’exécution du plan d’action, proposera les mesures correctives jugées opportunes, et fera des
rapports au comité de pilotage. Les membres de ce comité effectueront de visites de terrain
afin d’évaluer les résultats du projet.
Une évaluation de la mise en œuvre du plan d'action sera menée en 2014, 2017 et 2022. De
même, un audit sera effectué à mi-parcours et à la fin de la période d’exécution du plan
d’action. Le programme sera évalué en tenant compte des résultats pour pouvoir comprendre
les mécanismes de développement engendré et leurs effets. L’analyse du degré d’acceptation
des travaux par les bénéficiaires ainsi que l’amélioration de leur niveau de vie sera un élément
66
clé. L’analyse indiquera les perspectives de durabilité des projets et mettra en exergue les
recommandations visant à faciliter la reproductivité des leçons tirées et des méthodologies
expérimentées.
Pour la concordance des actions dans l’exécution du plan Hispaniola d’Elimination du Choléra, il
a été suggéré du côté Haïti la tenue d’une réunion binationale chaque six mois.
DOMAINE D’INTERVENTION AGENCE Leadeur
Adduction en Eau et Evacuation d’eaux Usées DINEPA
Gestion des Déchet Solides DINEPA/Ministère des Travaux Publiques
Soins de Santé Direction des Services de Soins/MSPP
Médicaments Essentiels Direction de Pharmacie – DPMMT/MSPP
Surveillance Epidémiologique Direction d’Epidémiologie - DERLR/MSPP
Promotion de la santé et Hygiène Publique Direction de Promotion de la Santé DHSPE/MSPP
Hygiène alimentaire et Carence micronutriments Direction Générale - MSPP
67
I. LE FINANCEMENT REQUIS POUR L’EXECUTION DU PLAN D’ACTION
AGENCES D’EXECUTION ET LES DOMAINES COURT TERME* MOYEN TERME LONG TERME
TOTAL
D’INTERVENTION 2013-2014 2015-2017 2018-2022
◊ DINEPA (b + c + d) a 214,600,000 902,400,000 460,362,500 1,577,362,500
DOMAINE
- Adduction en Eau potable b 81,000,000 575,000,000 168,612,500 824,612,500
- Traitement des Eaux Usées et Excréta c 59,600,000 181,400,000 226,750,000 467,750,000
- Renforcement Institutionnel DINEPA d 74,000,000 146,000,000 65,000,000 285,000,000
EAU ET ASSAINISSEMENT
◊ Ministère TPTC/Ministère ICT (f+g) e 141,000,000 231,500,000 500,000 373,000,000
- Renforcement Institutionnel de GDS f 1,000,000 1,500,000 500,000 3,000,000
- Collecte et Traitement des Déchets g 140,000,000 230,000,000 0 370,000,000
◊ Ministère de la Santé (i + j +n + q) h 130,344,000 73,456,000 65,860,000 269,660,000
□ Suivi et Evaluation i 80,000 120,000 300,000 500,000
□ Prise en Charge (K+l+m) j 108,030,000 49,665,000 40,275,000 197,970,000
- Services de Soins de santé k 35,030,000 18,480,000 29,600,000 83,110,000
DOMAINE
- Intrants/Médicaments Essentiels l 63,660,000 24,435,000 6,425,000 94,520,000
- Carence de micronutriments m 9,340,000 6,750,000 4,250,000 20,340,000
□ Epidémiologie (o+p) n 5,400,000 7,920,000 3,000,000 16,320,000
- Qualité de l’Information o 2,100,000 2,200,000 1,000,000 5,300,000
DE LA SANTE PUBLIQUE
- Capacité en Investigation p 3,300,000 5,720,000 2,000,000 11,020,000
□ Promotion de la Santé (r+s+t+u) q 16,984,000 15,001,000 22,335,000 54,320,000
- Pratique d’hygiène r 3,580,000 1,420,000 1,900,000 6,900,000
- Renforcement Institutionnel s 8,010,000 10,450,000 17,250,000 35,710,000
- Hygiène alimentaire t 1,240,000 860,000 800,000 2,900,000
- Hygiène hospitalière u 4,160,000 2,280,000 2,390,000 8,830,000
◊ TOTAL PAYS (a + e + h) 485,944,000, 1,207,356,000 526,722,500 2,220,022,500
* Les fonds destiné aux interventions à court terme ne sont pas inclus dans les fonds prévus pour les activités à long terme.
GDS – Gestion des Déchets Solides
68
PLAN D'ACTION POUR L'ÉLIMINATION DU CHOLÉRA EN HAITI
(2013-2022)
Aire d’Intervention: Eau et Assainissement Composante: Adduction en Eau Potable
Problème à Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation Échéancier
résoudre programme de coûts
No. 1: Résultat Espéré: Risque de transmission du Indicateur de Performance: Aux environs de
US $ 2013-14 2015-17 2018-22
vibrio cholérae du à une utilisation d’eau en 2022, 85% de la population desservie en
Eau non
quantité et qualité inadéquates éliminé. eau en quantité et de qualité adéquates.
disponible en
quantité et Accès à l’eau en Construction, réhabilitation, extension et maintenance des
en qualité quantité et en qualité systèmes d’approvisionnement en eau potable :
adéquates 654,612,000 63,000,000 423,000,000 168,612,500
est une condition dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince;
dans les essentielle pour : des villes de taille moyenne et les petits centres urbains;
foyers dans les zones rurales;
- La garantie
d’une Elaboration et mise en œuvre d’un programme de qualité de
consommation l’eau moyennant :
d’eau potable. Elaboration de directives techniques de Qualité de l´Eau
- l'application des Etablissement de plans de salubrité de l'eau des systèmes AEP 120,000,000 8,000,000 112,000,000 0
principes importants
d'hygiène. Formation des agents locaux et des unités du programme de
contrôle et de traitement de l’eau à domicile (SISKLOR)
Ce sont 2 conditions Provision d’équipement de production de chlore
sine qua non pour Facilitation de distribution et vente des produits chlorés au
éliminer la niveau national
transmission du
choléra. Elaboration et Mise en œuvre d’un plan de Réponse en Situation
d'Urgence. 50,000 000 10,000,000 40,000,000 0
TOTAL 824,612,500 81,000,000 575, 000,000 168,612,500
69
Aire d’Intervention: Eau et Assainissement Composante: Traitement des Eaux Usées et de Excréta
Problème à Pertinence Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation Échéancier
résoudre pour le de coûts
programme
No. 2 : Résultat Espéré: Risque de Indicateur de Performance: A la fin de 2022,
US $ 2013-14 2015-17 2018-22
Disposition de transmission du vibrio - 90 % de la population a accès et utilise une
excréta cholérae du a une mauvaise installation sanitaire fonctionnelle
- 100% des excréta vidangés sont traités avant
disposition et gestion des
déversement dans le milieu naturel.
excréta éliminé.
a. Les mauvaises Construction de réseaux d’égout semi collectif et de stations
Déversement pratiques de de traitement des eaux usées dans les principales villes
159,000,000 25,000,000 74,000,000 60,000,000
des excréta déversement principales du pays (25) : étude, construction, contrôle et suivi;
contribuent à la normes environnementales et sociales ;
dans le
diffusion du
milieu
vibrio choléra
naturel sans
dans les eaux de Opérations de vidange incluant opérationnalisation, 13,000,000 2,600,000 3,900,000 6,500,000
traitement surface et les formation, régulation, contrôle et suivi
préalable eaux
souterraines
b -Mauvaises Les Mauvaises Elaboration Plan National de Communication et Sensibilisation 500,000 300,000 200,000 0
pratiques de pratiques de sur l´Eau Potable et l´Assainissement : et diffusion de la
défécation défécation et stratégie nationale EPA
d’hygiène sont
Elaboration de matériels éducatifs, diffusion et de 3,000,000 1,000,000 1,000,000 1,000,000
des vecteurs
sensibilisation sociale
majeurs de
propagation du Mise en œuvre du Plan de Communication, Sensibilisation et 0
vibrio cholérae Education sur l'Assainissement et l'Hygiène :
- campagne de sensibilisation à travers les medias et lors 13,500,000 8,700,000 1,800,000 3,000,000
des grandes manifestations
- campagne de sensibilisation dans les lieux de 8,750,000 7,500,000 1,250,000
rassemblement: Messages constants dans les marchés,
Primes de propreté Concours Assainissement entre
70
Problème à Pertinence Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation Échéancier
résoudre pour le de coûts
programme
communautés ;
Construction, Réhabilitation, Gestion et Entretien des 0
sanitaires publiques (protocoles, rapports, mesures
coercitives) ;
- dans les écoles 50,000,000 10,000,000 15,000,000 25,000,000
- dans les autres espaces publics 42,000,000 8,400,000 12,600,000 21,000,000
Programmes Assainissement du littoral et protection des
zones de baignade, plages : construction/rehabilitation de 40,000,000 0
20,000,000 20,000,000
sanitaires, développement des normes, Plaidoyer;
Suivi des activités en Assainissement et Appui aux Mairies : 18,000,000 3,600,000 5,400,000 9,000,000
Support cout d’emploi et de formation continue de 300
techniciens sanitaires municipaux ;
Fonds de microcrédit pour promotion et installations 120,000,000 0 40,000,000 80,000,000
sanitaires familiales
TOTAL 467,750,000 59,600,000 181,400,000 226,750,000
71
Aire d’Intervention: Eau et Assainissement (EA) Composante : Renforcement Institutionnel DINEPA
Problème à Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation Échéancier
résoudre Programme de coûts
No. 3 - Gestion Résultat Espéré: Capacité institutionnelle Indicateur de Performance: Aux environs de 2022,
US $ 2013-14 2015-17 2018-22
et financement de DINEPA renforcée au niveau central et la DINEPA et ses structures déconcentrées ont
non-adéquat du de ses structures déconcentrées atteint un niveau d’autonomie financière d’au
secteur Eau et moins 90% de son budget de fonctionnement et
Assainissement 50% du budget d’investissement sur la base des
recettes et du budget national.
DINEPA étant Organisation de la Gouvernance Sectorielle
a. Secteur nouvellement établie o Capacité de mise en application des décrets, cadastre etc.
complèteme est en processus de o Renforcement des OREPA et transfert définitif de services
nt structuration. administratifs d’OREPA aux bureaux des OREPAs
dépendant
de l’aide o Mise en place de normes techniques, directives et indicatrices
Le Secteur est
de performance
extérieure. caractérisé par un
o Mise en place d'un système de suivi-évaluation des actions du
manque secteur Eau et Assainissement
d'investissement pour
b. capacité Appui aux opérateurs du secteur
le renouvellement de
pour
l'infrastructure.
supporter la Mise en place d’un mécanisme de financement national
restauration Pas encore
(Budget du Trésor et recettes). Etablissement des tarifs 125,000,000 40,000,000 80,000,000 5,000,000
de l’autorité intégrés Eau et Assainissement
d'autonomie
de l’état satisfaisante des
Suivi de l’évolution du secteur Eau et Assainissement et
structures
ajustement périodique
déconcentrées, afin
c. Corps de
de garantir la
métier pour Recrutement du personnel qualifié
72
Problème à Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation Échéancier
résoudre Programme de coûts
l’eau et durabilité du service. Formation et appui à l'innovation :
l’assainisse formation continue personnel DINEPA, OREPA, URD, CTE,
ment Sans la confiance du techniciens municipaux pour l'assainissement,
inexistant client et le paiement école des métiers de l'eau et de l'assainissement,
120,000,000 24,000,000 36,000,000 60,000,000
continue de l'eau a Financement bourses d'études de formation et de
travers des services perfectionnement,
déconcentrés Formation et accompagnement des CAEPA et opérateurs
professionnels (milieu rural)
autonomes,
Formations des agents liés à l’eau et l’assainissement : agents de
impossibilité de
santé communautaire, inspecteurs scolaires, officiers sanitaires etc.
garantir la durabilité
du service
d. Incohérence L'incohérence et le Elaboration, à partir de la réalité nationale, d’outils de prise de
et manque manque de décision :
40,000,000 10,000,000 30,000,000 0
de coordination des o Schémas Directeurs Régionaux (actualisés et complétés pour les
coordinatio actions constituent un systèmes EPA) et Schémas directeurs de villes les plus
n entre tous frein à l'éradication du importantes
les acteurs. choléra o Autres études spécifiques
Systématisation de l’accord cadre en tant que mécanisme de
coopération avec les ONGs désirant travailler dans le secteur
TOTAL 285,000,000 74,000,000 146,000,000 65,000,000
73
RESUME DE COUTS TOTAL 2013-14 2015-17 2018-22
Composante: Adduction en Eau 824,612,500 81,000,000 575,000,000 168,612,500
Composante: Traitement des Eaux Usées et de Excréta 467,750,000 59,600,000 181,400,000 226,750,000
Composante: Renforcement Institutionnel DINEPA 285,000,000 74,000,000 146,000,000 65,000,000
TOTAL 1,577,362,500 214,600,000 902,400,000 460,362,500
74
PLAN D'ACTION POUR L'ÉLIMINATION DE CHOLÉRA EN HAITI
(2013-2022)
Aire d’Intervention: Gestion des Déchets Solides Composante : Renforcement Institutionnel
Problème à Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation Échéancier
résoudre programme de coûts
Résultat Espéré: Structure de Indicateur de Performance:.Aux environs de 2022, le 2013-14 2015-17 2018-22
US $
No. 1 . gestion des déchets solides établie et Secteur Dechets Solides a atteint un niveau d’autonomie
opérationnelle dans toutes les villes financière d’au moins 90% de son budget de
Le secteur
grandes ou moyennes du Pays. fonctionnement.
Déchets
Solides ne Sans une politique Poursuite des activités d’approbation et de validation de la Politique
bénéficie nationale de gestion Nationale de Gestion des Déchets Solides
d’aucune de déchets mise en
structure œuvre par une
Mise en place des structures institutionnelles et financières prévues
institutionnell structure
par la Politique Stratégique, à savoir la Direction Nationale de
e, d’aucun administrative Gestion des Déchets Solides (DNGDS), les Services Régionaux de
cadre légal nationale, avec la gestion des Déchets Solides (SRGDS) et un fonds de propreté
formel, garantie d’un urbaine. Cette activité inclut la:
d’aucun financement stable, il 1. Mise en place d’un système de formation* de cadres et de
mécanisme est difficile de techniciens exerçant ou intéressés au Secteur ;
durable de résoudre le problème 2. Mise en place d’outils et de mécanismes de gestion des déchets à 3,000,000 1,000,000 1,500,000 500,000
financement. de collecte et niveau national, incluant la mise en œuvre du Plan national intégré
traitement des de gestion des déchets, des plans régionaux de GDS, des études
La gestion déchets solides du d’options adaptées à Haïti pour la collecte, la manutention, la
intégrée et Pays. conservation, le transport, le traitement et l’élimination des
durable des déchets; des outils de supervision et de contrôle des actions en
déchets n’est Ces déchets solides, GDS
assurée dans mal ou non gérés, sont 3. Mise en place du Mécanisme de financement prévu par la
aucune ville susceptibles d’être Politique Stratégique de Gestion des Déchets ;
ou bourg du contaminés par et de
Mise en place de structures d’intercommunalité pour la Gestion des
Pays transmettre le vibrio
Déchets basées sur la libre volonté des communes d’une part et sur
choléra.
un ensemble de critères de base préétablis d‘autre part.
Total 3,000,000 1,000,000 1,500,000 500,000
75
Aire d’Intervention: Gestion des Déchets Solides Composante: Collecte et Traitement des Déchets
Problème Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation Échéancier
résoudre programme de coûts
No. 2 : Résultat Espéré: 2. La majorité des Indicateur de Performance: Aux environs
US $ 2013-14 2015-17 2018-22
déchets domestiques générés dans les de 2022, 90 % des déchets solides générés
Système de
grandes villes et petits centres urbains du dans les centres urbains sont collectés et
collecte et de
Pays sont collectés et traités selon les traités selon les normes sanitaires
traitement
internationalement établies.
inexistant normes internationalement établis.
dans la
Les déchets solides Mise en place d’une structure de sensibilisation et de formation de
plupart des
contaminés par le la population à la gestion personnelle des déchets, incluant la
grandes disposition et réduction, ré-use, recycle (3Rs).
vibrio cholérae
villes, et très
(quand ils viennent
pauvre dans Mise en place, par structure intercommunale établie, d’un système
en contact avec des
les villes où il de de collecte et de traitement des déchets, à travers les principales
déchets médicaux, actions suivantes :
existe.
ou les déchets de
La population WC, les couches et 1. Acquisition et mise à disposition de matériels de nettoiement 120,000,000 40,000,000 80,000,000 ------
incluant les autres), constituent des espaces publics;
acteurs les vecteurs de
locaux ne contamination des 2. Acquisition** et mise en opération d’une flotte d’équipement
sont pas points et des cours de collecte dans chaque regroupement de communes;
sensibilisés à d’eau, qui a leur tour
la gestion infecte la population 3. Construction et Equipement de Centres de Traitement et de
personnelle Transfert (CTT) et/ou de Centres d’Enfouissement Technique
(CET), par regroupement ;
des déchets
Mise en opération des systèmes de nettoiement, collecte et de
traitement à travers les SRGDS sous la direction des structures 250,000,000 100,000,000 150,000,000 ------
intercommunales;
Total 370,000,000 140,000,000 230,000,000 -----
76
RESUME DE COUTS US $ 2013-14 2015-17 2018-22
Renforcement Institutionnel de Gestion Déchets Solides 3,000,000 1,000,000 1,500,000 500,000
Collecte et Traitement des Déchets 370,000,000 140,000,000 230,000,000 -----
Total 373,000,000 141,000,000 231,500,000 500,000
*Etudes, Formation, recherche et développement
**Investissements de base et Sensibilisation
***Fonds de Propreté urbaine
Source : 2011, MTPTC, DAA, LGL et BURGEAP, Politique Stratégique de Gestion des Déchets Solides et
2011, MTPTC, MPCE, plan stratégique de développement à long terme d’Haïti :les grands chantiers pour le relèvement et le développement d’Haïti
77
PLAN D'ACTION POUR L'ÉLIMINATION DU CHOLÉRA EN HAITI
(2013-2022)
Aire d’Intervention: Soins de Santé Composante : Prise en Charge
Problème à Pertinence pour le Estimation
Principales Mesures ou Activités recommandées Échéancier
résoudre programme de coûts
No. 1 Résultat Espéré: La prise en charge des maladies diarrhéiques Indicateur de Performance:
US $ 2013-14 2015-17 2018-22
pleinement améliorée et complètement adéquate en s’assurant de En 2022, il n’y a plus de
Faiblesse plus spécifiquement que : décès de cas de choléra dans
dans la Les règles d’hygiènes et mesures de prévention sont connues et les installations sanitaires
Prise en appliqués dans les institutions; publiques e prives, a
charge des Chaque structure de santé à une unité dédiée au traitement des l’exception de maladies
patients avec diarrhée aigüe; associées.
cas de
Un protocole standard et unique pour le traitement des malades
choléra et la désinfection est définie et mis en place dans l’ensemble du
système sanitaire;
Une passation appropriée est mise en place au départ des ONGs;
Les communautés a accès facilement et de manière permanente
aux produits chlorés (aquatabs, cholore);
Faible application des règles Participation aux rencontres communautaires pour le transfert des
d'hygiène et mesures de connaissances aux leaders communautaires sur la prise en charge ;
prévention (lavage des
Organisation visites domiciliaires avec les agents de santé;
mains pas systématique,
`
traitement de l’eau
inadéquat, les repas pas Formation de base sur la préparation de SRO, du sérum maison ;
réchauffés et la vaisselle Formation pour la préparation solutions de désinfection ; 2,000,000 1,000,000 500,000 500,000
pas bien lavée, pas de
décontamination des habits Formation des agents de terrain sur la prévention et prise en charge
d’un malade avec diarrhée, des maladies diarrhéiques ;
faible connaissance de la
Elaboration du plan de contingence par commune (cartographie,
préparation du Sérum Oral mise à disponibilité d’un fond d’urgence au niveau départemental,
maison) Comite de santé..etc);
Inventaire et mobilisation des ressources existantes;
78
Problème à Pertinence pour le Estimation
Principales Mesures ou Activités recommandées Échéancier
résoudre programme de coûts
Dépendance du malade à Support à la formation et organisation de la communauté pour la
des produits non Surveillance de la disponibilité permanente des intrants au niveau
accessibles dans sa localité local ;
(aquatabs, chlore) 500,000 200,000 100,000 200,000
Identification et surveillance du positionnement des intrants dans
des lieux de stockage appropriés au niveau départemental et
communal
Certains centres n’ont pas Mise en place des PRO (PRO+) dans des zones sans structures 3,360,000 3,360,000 0 0
d’espace nécessaire pour sanitaires et difficile d’accès ;
isoler un malade avec
Construction /Aménagement des espaces pour la prise en charge
choléra -Au départ des
des patients avec diarrhée dans les institutions sanitaires ;
ONGs des centres de prise Renforcement de la maintenance et entretien des espaces
en charge est mal assumée 5,000,000 5,000,000 0 0
aménagés et du matériel, tout en incluant une formation
par le MSPP technique ;
Définition d’un chronogramme de passation standard ;
Etablissement d’un fonds d’urgence au niveau départemental
6.650,000 6,650,000 0 0
79
Problème à Pertinence pour le Estimation
Principales Mesures ou Activités recommandées Échéancier
résoudre programme de coûts
- Existences de différents Développement des normes pour la construction des Centres de
protocoles pour le traitement de Choléra dans les centres de Santé et Hôpitaux ;
traitement des malades
Révision, standardisation, intégration et diffusion les normes de la
et la désinfection -
prise en charge des maladies diarrhéiques (choléra);
Manque de respect de
critères de sortie Développement/standardisation et diffusion des normes et
procédures pour la prévention de l’infection dans les institutions
- Non-existence d’un sanitaires;
protocole de nettoyage
en général des Développement, standardisation et diffusion des normes pour le
institutions sanitaires. traitement des cadavres ; 5,000,000 5,000,000 0 0
- Les normes de prise en Intégration du module de prise en charge de la diarrhée aigüe dans
charge non encore le curriculum de base des écoles de formation en santé et
introduction de l’alerte d’une flambée choléra dans le plan des
intégré dans le Paquet
urgences des institutions sanitaires ;
Minimum de service;
Elaboration des normes pour la construction PROs et PRO+*
- -Souvent pas de dossier
de malade; Mélange de Assistance Technique pour l'élaboration de politiques, la
malades en différents réglementation, les normes en matière de soins de santé pour les
stades patients atteints de choléra (Les manuels de prise en charge
prennent en compte les pathologies associés et les co-morbidités)
Organisation d’un atelier de travail pour la standardisation du
protocole unique validé par le MSPP
Il y a du personnel Renforcement du service de contrôle des qualifications (diplôme)
expatrié et national du personnel au niveau des Institutions Sanitaires ;
dans certains centre
dont on ignore la Engagement d’un staff additionnel nécessaire dans les institutions
50,000,000 10,000,000 15,000,000 25,000,000
qualification Staff technique (266 infirmières, 400 auxiliaires, 133 médecins,
Non application des 20 techniciens de laboratoires)
protocoles dans
plusieurs centres de
traitement
80
Problème à Pertinence pour le Estimation
Principales Mesures ou Activités recommandées Échéancier
résoudre programme de coûts
Insuffisance des RH cadres Formation du staff technique et d’appui, (agents de sante etc) et
pour organiser la prise en formation des équipes en montage rapide des tentes suivant des
normes d’un CTC 2,000,000 1,000,000 400,000 600,000
charge suivant les normes ;
Manque de réponse Supervision de l’application des normes de prise en charge et de la
adéquate aux alertes, décontamination:
o Supervision et Intervention Rapide 6,600,000 1,320,000 1,980,000 3,300,000
manque d’implication des
o Supervision pour l’administration d’équipement de
acteurs locaux
traitement et de diffusion de protocoles.
o Règlement pour les sites que ne marchent pas
correctement : Révision du code sanitaire
Pendant la saison des
pluies, c’est un défi pour
Support institutionnel (Personnel d’appui, transport etc.) ;
prévenir flambée de
choléra dans les zones
périurbaines densément Elaboration et exécution de campagne de communication ;
peuplées qui n'ont pas
2,000,000 1,500,000 500,000 0
accès à l'eau et à
Développement du protocole de gestion de la campagne de
l'assainissement ainsi que
vaccination ;
dans les communautés
rurales qui sont dispersées
et difficiles d'accès sans Assistance technique pour la conduite de la campagne de
service d'eau et vaccination ;
d'assainissement.
Total 83,110,000 35,030,000 18,480,000 29,600,000
* points de réhydratation orale (PRO) et autres point ayant la capacité d’installer une intraveineuse (PRO+),
81
Aire d’Intervention: Soins de Santé Publique Composante : Médicaments/Intrants
Problème Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation de Échéancier
à résoudre programme coûts
No. 1 : Résultat Espéré: Moyens logistiques améliorés pour Indicateur de Performance:
US $ 2013-14 2015-17 2018-22
Accès aux rendre disponibles et accessibles les intrants et D’ci 2022, tous les intrants
Médica- médicaments essentiels aux soins de santé pour la prise en sont disponibles en qualité et
ments charge opportune des cas de choléra quantité suffisante
inadéquats
- Faiblesse dans la capacité Standardisation des outils de gestion des intrants
du ministère à assumer choléra
son rôle de régulateur
Actualisation, divulgation et application des normes
(signature d’un protocole d’accord, d’une convention) 1,520,000 360,000 435,000 725,000
-Manque de coordination
entre les intervenants Mise à jour de la base de données informatisée/
uniformisation des outils de gestion/ implémentation
-Manque d’espace de du logiciel Channel
stockage des intrants.
Supervision et spot de sensibilisation
Insuffisance
d’infrastructure Achat de médicaments et intrants pour appui aux
70,000,000 50,000,000 20,000,000 0
institutions sanitaires dans les réponses d'urgence
CDAI ne sont pas liées au choléra ;
approvisionnés à temps
8,800,000 8,800,000 0 0
Faiblesse dans la Provision de vaccins, chaines froides, équipement et
supervision des intrants autres fournitures
82
Problème Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation de Échéancier
à résoudre programme coûts
Besoins en ressources humaines – Personnel recrute
Renforcer La capacité de supervisions du Ministère
aux CDAI (véhicules, camions de transport etc.)
Développement des instruments réels et d’un réseau 4,200,000 1,500,000 1,000,000 1,700,000
pour lier tous les magasins.
Formation des cadres à l’usage des outils de gestion
de stock
Création et mise en œuvre d'une unité de
pharmacovigilance
Réseautage téléphonique des points focaux, centraux,
départementaux
Rencontres de coordination avec partenaires
Mise en place de dépôt de médicaments au niveau des
communes en facilitant la Réhabilitation des CDAIs
10,000,000 3,000,000 3,000,000 4,000,000
existants ou la construction de nouveaux CDAIs ;
TOTAL 94,520,000 63,660,000 24,435,000 6,425,000
CDAI – Centre de Distribution et d’Approvisionnement en Intrants
83
Aire d’Intervention: Soins de Santé Publique Composante: Carence en Micronutriments
Problème à Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation Échéancier
résoudre programme de coûts
No.3. Résultat Espéré: Lutte contre les carences Indicateur de Performance: D`ici l’an 2022, US $ 2013-14 2015-17 2018-22
Prévalence en micronutriments est renforcée dans les 95% des enfants souffrants de diarrhée
élevée de zones vulnérables au choléra recevront du Zinc en plus du SRO
carence en
micronutrim Les enfants mal Révision du protocole de prise en charge du choléra en y
ents en Haïti nourris ayant le introduction le zinc en plus du SRO;
choléra sont plus Intégration dans les guides de campagnes de
susceptibles de sensibilisation du choléra, l`adjonction du zinc en plus du 1,670,000 1,100,000 700.000 500,000
mourir que ceux en SRO ;
bonne santé. De plus, Formation du personnel du ministère au niveau
le choléra a la capacité départemental et communal ainsi que les ONG impliques
d’augmenter la dans la Prise en charge du choléra
situation alarmante Provision de ration alimentaire aux enfants malnouris
d’enfants souffrant de atteints de choléra 12,740,000 6,640,000 5,100,000 1,000,000
carence des Approvisionnement en zinc dans les intrants du Ministère
micronutriments : à envoyer dans les points de réhydratation orale et à
distribuer aux agents de santé communautaire
notamment le zinc
Renforcement du personnel de l’unité nutrition au niveau
central et départemental 6,000,000 1,600,000 1,650,000 2,750,000
Support logistique pour les supervisions des activités de
nutrition du programme de choléra
Total 20,340,000 9,340,000 6,750,000 4,250,000
84
RESUME DES COUTS 2013-14 2015-17 2018-22
US $
Composante : Prise en Charge
83,110,000 35,030,000 18,480,000 29,600,000
Composante : Médicaments/Intrants
94,520,000 63,660,000 24,435,000 6,425,000
Composante: Carence en Micronutriments 20,340,000 9,340,000 6,750,000 4,250,000
TOTAL 197,970,000 108,030,000 49,665,000 40,275,000
85
PLAN D'ACTION POUR L'ÉLIMINATION DU CHOLÉRA EN HAITI
(2013-2022)
Aire d’Intervention: Surveillance Epidémiologique Composante: Qualité de l’Information
Problème à Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Coût Total Échéancier
résoudre programme
No. 1 - Résultat Espéré: Renforcement de la surveillance Indicateur de Performance :
US $ 2013-14 2015-17 2018-22
Faiblesse de la épidémiologique intégrée (incluant surveillance surveillance épidémiologique incluse
microbiologique et environnemental en collaboration avec
gestion de surveillance microbiologique et
DINEPA) grâce à en une information adéquate, une
l’information environnementale est réalisée a
détection précoce des cas et alertes opportunes au niveau
pour orienter la départemental et national en vue d’une action concertée et l'échelle nationale et dans 100% des
prise de décision rapide; zones ciblées d'ici 2014.
Information de -Non disponibilité de Plaidoyer afin de mieux faire comprendre l’importance de la
qualité pas l’information fiable surveillance épidémiologique auprès des instances politiques
disponible pour prise de décision pour une meilleure collaboration intersectorielle ;
opportune. Gestion des rumeurs ou d`autres sources non formelles (EB).
Etablissement d´un réseau de communication, de transmission
Pas de complétude rapide et d’analyse des alertes en temps réel, accessible pour la
des rapports et prise de décision à tous les niveaux.
promptitude de la Développement d’une liste de maladies sous surveillance
1,000,000 500,000 300,000 200,000
transmission Vérification journalière et analyse hebdomadaire des alertes et
validation au niveau de la salle de situation départementale
- Sous notification au
Elaboration des outils pour la surveillance communautaire
niveau
Analyser les données afin d’identifier les zones à risques ou le
communautaire
cholera est plus susceptible de frapper.
Manuel de formation des agents de santé révisée disponible
Révision des outils de surveillance du choléra.
Extension du système de surveillance au niveau du Ministère de
l’Education Nationale
Assistance Technique pour l’étude et actualisation du nouveau
système de surveillance
86
Problème à Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Coût Total Échéancier
résoudre programme
Dotation en ressources financières, humaines et logistiques
o Equipment informatique et matériels 2,100,000 850,000 1,100,000 150,000
o Appui système de gestion de communication
(téléphone, internet)
o Appui logistique (véhicule, Entretien et réparation)
o Personnel d’appui pour renforcer l’équipe
Les documents Le manque de Promouvoir et préparer le développement d’un cadre légal pour
normatifs documents normatifs la notification obligatoire des maladies et des évènements
existants non et règlements de d´importance en santé publique ;
adaptés au
control des Formation des épidémiologistes en système d´information
contexte de
opérateurs privés et géographique « épidémiologie spatiale» ;
l’élimination du 1,000,000 300,000 500,000 200,000
cholera NGOs ne permet pas Actualisation normes et procédures
d’avoir une Reproduction et Diffusion des documents suscités
surveillance Mise à jour des protocoles de diagnostic de laboratoire
épidémiologique Assistance technique pour le développement du cadre légal, de
performante et de l’actualisation des normes et protocoles et facilitation des
caractère national. ateliers de formation
Analyse de Le manque de Formation des agents de santé communautaire dans les outils
l’information et formation du pour la surveillance communautaire
formation du personnel impliqué Formation des prestataires (médecins, infirmières, auxiliaires et
personnel est
dans la lutte contre le officiers sanitaires)
limitée à tous
les nouveaux choléra cause un Formation des techniciens de laboratoire (départementaux et 700,000 300,000 200,000 200,000
manque d’analyse de régionaux)
l’information et des Formation/recyclage des épidémiologistes départementaux et
alertes. centraux
Formation continue d'analyse et d’élaboration de rapports
Formation d'équipe d'investigation et de riposte
départementale
87
Problème à Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Coût Total Échéancier
résoudre programme
Manque de Le manque de suivi, Mise à jour et diffusion des indicateurs de performance retenus
Suivi et retro- d’évaluation et de Mise à jour des outils de supervision
alimentation retro-alimentation
évaluation contrôle et de supervision des laboratoires départementaux et
affecte la 250,000 150,000 100,000 250,000
régionaux réalisées régulièrement.
performance du Salle de situation fonctionnelle a niveau central et
système de départementale
surveillance Diffusion régulière d’un bulletin épidémiologique sur la situation
du choléra
Sub-Total 5,300,000 2,100,000 2,200,000 1,000,000
88
Aire d’Intervention: Surveillance Epidémiologique Composante: Capacité en Investigation
Problème à Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation Échéancier
résoudre programme de coûts
No. 2 -Surveillance Résultat Espéré: Surveillance épidémiologique, Indicateur de
US $ 2013-14 2015-17 2018-22
épidémiologique rendue effective avec un renforcement de la Performance : 100% des
déficiente par faute surveillance microbiologique et environnementale, alertes vérifiées et
d’investigation et de
l’établissement d’un réseau de laboratoires pour la investiguées et disponibilité
laboratoires au
décentralisation de la capacité biologique et des rapports d’investigation
niveau
l’intégration de l’investigation, enquête, collecte et
départemental
analyse d'échantillons pour mieux caractériser à
temps l'évolution des maladies.
a. Investigation de Réalisation restreinte Riposte locale organisée dans les zones ciblées à
cas de maladie d’investigation tous les niveaux ;
n’est pas
effective épidémiologique laquell Acquisition d’intrants et de réactifs ;
e facilite la Acquisition et mettre disponible des tests rapides et
dissémination rapide autres ;
des phénomènes. Ce qui Etablissement de chaine de commande (à établir
ne permet pas de suivant la norme établie) ; 1,000,000 500,000 250,000 250,000
prendre en charge a Formation des ressources humaines ;
temps les cas modérés Constitution des équipes d’alerte et réponse
et graves multidisciplinaires ;
Gestion de la disponibilité et la communication des
rapports ;
Publications des investigations ;
Augmentation de la Capacité de pre-
positionnement de stock ;
89
Problème à Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation Échéancier
résoudre programme de coûts
b. Capacité Détection et notification Construction des laboratoires au niveau régional
diagnostic des évènements est
biologique Renforcement des laboratoires des hôpitaux 4,100,000 ------ 4,100,000 -----
centralisée faible due souvent par la Dotation en équipements, accessoires et réactifs
non-disponibilité de
Support institutionnel (Service de transport
capacité de laboratoire spécialisé).
1,500,000 1,500,000 ---- ----
a niveau départemental Disponibilité permanente d´un service de réception
et/ou le manque de des spécimens au laboratoire fonctionnant 7j/7 et
réactifs ou d’intrants 24h/24
dans les centres de 1,820,000 780,000 390,000 650,000
Intégration du diagnostic du choléra dans les
laboratoires laboratoires des hôpitaux
décentralises. Aménagement d’espace dans les laboratoires à être
équipé pour la surveillance de la qualité de l’eau. 1,600,000 320,000 480,000 800,000
c. Recherche et Unité de recherche en Elaboration d’un programme de recherche appliqué
publication - santé publique non en milieu hospitalier
Unité
structurelle non fonctionnelle limitant la Suivi de la résistance du vibrio-cholérae aux
fonctionnelle performance de la antibiotiques
surveillance Implémentation de la recherche de Vibrio cholerae
dans l´environnement (surveillance 1,000,000 200,000 500,000 300,000
épidémiologique à tous
les niveaux environnementale).
Elaboration d’un agenda national de recherche
microbiologique, immunologique,
environnementale, socio-anthropologique
proposition de protocoles appropriés
Assistance Technique requise
Total
11,020,000 3,300,000 5,720,000 2,000,000
90
RESUME DE COUTS Total coûts 2013-14 2015-17 2018-22
Composante : Qualité de l’Information 5,300,000 2,100,000 2,200,000 1,000,000
Composante: Capacité en Investigation 11,020,000 3,300,000 5,720,000 2,000,000
GRAND TOTAL 16,320,000 5,400,000 7,920,000 3,000,000
91
PLAN D'ACTION POUR L'ÉLIMINATION DU CHOLÉRA EN HAITI
(2013-2022)
Aire d’Intervention: Promotion de la Santé Composante : Pratiques Hygiène
Problème Pertinence pour le programme Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation Échéancier
à résoudre de coûts
No. 1 – Résultat Espéré: La population adopte des Indicateur de Performance: D’ici l’an 2022,
US $ 2013-14 2015-17 2018-22
Pratiques pratiques d’hygiène favorable à la santé. 70% de la population ont connaissance des
d’hygiène mesures de prévention pour le choléra et
insuffisante
d’autres maladies diarrhéiques.
Le choléra est transmis par les eaux Intensification de communication interpersonnelle à
douteuses et les aliments (qui ont travers:
2,400,000 480,000 720,000 1,200,000
été contaminés de vibrio cholérae - Visites domiciliaire
et ont été consommés par la - Réunion communautaire
population. - séance d’éducation, causerie éducative
Campagne de communication de masse
l’eau saine et moyens sanitaires de Production et diffusion de spots audio et vidéo
2,500,000 1,500,000 500,000 500,000
défécation ne sont pas toujours Support aux interventions dans les médias et des
disponibles dans les ménages émissions dans les medias communautaires
Evaluation de campagne
Le manque d’habitude d’hygiène et
surtout de se laver les mains
Elaboration/production matériels edu-divertissement
favorise la contamination par la
Bande dessinée (Tijoel), Sketch/mimes
1,000,000 600,000 200,000 200,000
- Elaboration, distribution: dépliants et affiches
bactérie et l’expansion rapide de
Chansons, Théâtre populaire/participatif
l’épidémie
Jingle (lavage des mains)
Equipment de communication 1,000,000 1,000,000 0 0
Mettre en place un outil d’évaluation mesurant
l’impact des activités sur le cholera: les maladies
hydriques et des indicateurs socio-économiques
TOTAL 6,900,000 3,580,000 1,420,000 1,900,000
92
Aire d’Intervention: Promotion de la Santé Composante: Renforcement Institutionnel
Problème à Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation de Échéancier
résoudre programme coûts
No. 2: pas de Résultat Espéré: La vigilance de la Indicateur de Performance: D’ici l’an
US $ 2013-14 2015-17 2018-22
structure population face à la menace du choléra 2022, toutes les sections communales
d’encadrement dans le Pays est renforcée pourvues d’agents de santé
de la
communautaires polyvalents
population
pour faciliter un Les institutions de soins Rendre fonctionnel un réseau d’agents de santé
changement de primaires ne sont pas communautaire dans les communes à risque de
comportement structurées pour faciliter la choléra :
promotion - Salaire des agents de santé communautaire
Manque de recrutés pour les communes à risque de choléra
interpersonnelle de
moyen pour la - Elaboration et facilitation de sessions de 24,280,000 5,080,000 7,200,000 12,000,000
communication de santé
surveillance de formation pour les agents de santé
de la population et de la
la qualité de communautaire
prise en charge des cas de
l’eau. - Elaboration guide de travail des agents
choléra.
communautaires
La surveillance de la - Equipment de travail des agents de santé
qualité de l’eau de boisson communautaire
est capitale pour s’assurer - Supervision et suivi du réseau des agents
que l’eau courante Renforcement du réseau des agents
contamination n’est pas d’assainissement et inspecteurs sanitaires
source de contamination - Formation de1200 inspecteurs sanitaires
par le vibrio cholérae. ($6000/bourse d’études) 7,250,000 1,490,000 2,160,000 3,600,000
- Adaptation curriculum de formation
- Adapter/formuler le guide de travail des
inspecteurs en fonctions du nouveau contexte
haïtien
93
Problème à Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation de Échéancier
résoudre programme coûts
Formation de cadres techniques de DPSPE, et autres
institutions gouvernementales concernées
Réunion de coordination centrale et départementale 1,900,000 620,000 530,000 750,000
Rencontres de collaboration intersectorielle
Personnel et support logistique
Véhicules, coûts d’entretien et autres
Personnel de projet recruté niveau central,
départemental, communal ;
Provision d’équipement de terrain pour faire le 2,280,000 820,000 560,000 900,000
contrôle de la qualité de l’eau de boisson des
réseaux d’adductions et des points d’eau ;
Assistance Technique
TOTAL 35,710,000 8,010,000 10,450,000 17,250,000
94
Aire d’Intervention: Promotion de la Santé Composante : Hygiène Alimentaire
Problème à Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation Échéancier
résoudre programme de coûts
No. 3: Résultat Espéré : Pratiques d’hygiène Indicateur de Performance: D`ici l’an 2022, 2013-14 2015-17 2018-22
US $
alimentaire améliorées au niveau des 70% des ménages, des restaurateurs des
Insuffisance familles, et des secteurs formels et secteurs formels et informels adoptent des
en hygiène informels de la restauration pratiques d’hygiène alimentaire adéquates
alimentaire
Le manque Elaboration/diffusion d’un plan de communication pour
d’hygiène l`hygiène alimentaire et son intégration avec le programme
alimentaire est de DPSPE;
Elaboration du guide de sensibilisation pour hygiène
l`une des causes de
alimentair) ;
l`agressivité de Elaboration des outils de sensibilisation (brochure 1,500,000 800,000 500,000 200,000
l`épidémie en Haïti affiche,….) ;
Intégration des activités de sensibilisation sur l`hygiène
alimentaire dans les activités de promotion de la sante ;
Formation et recyclage des inspecteurs sanitaires affectés
au contrôle des aliments;
1,200,000 240,000 360,000 600,000
Formation des vendeurs de rues, personnel des hôtels et
restaurants ;
200,000 200,000
Assistance technique pour 1 an
Total 2,900,000 1,240,000 860,000 800,000
95
Aire d’Intervention: Promotion de La Santé Composante : Hygiène hospitalier
Problème à Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation Échéancier
résoudre programme de coûts
No. 4 Résultat Espéré: a) Les institutions sanitaires Indicateur de Performance: a) D’ici 2022,
US $ 2013-14 2015-17 2018-22
Insalubrité appliquent les normes nationales d’hygiène 80% des institutions de santé
des et de protection de l’environnement. b) appliquent les normes d’hygiène ; b)
institutions
Gestion des cadavres conforme aux normes 80% des institutions hospitalières et
de santé
recommandées par MSPP. 70% des salons funéraires assurent la
gestion des cadavres selon les normes
nationales.
a) Infections Prévention et le Actualisation des normes et procédures d’hygiène
nosoco- contrôle des infections hospitalière
miales Définition d’un plan de surveillance et de prévention
nosocomiales s’inscrit
des infections nosocomiales
dans le prolongement
Conception d’outils pour la gestion d’hygiène
des actions pour hospitalière pour lutter les maladies nosocomiales 1,000,000 200,000 300,000 500,000
prévenir une infection Etablissement d’un plan de supervision de
accidentelle de choléra comportement d’hygiène dans les installations
dans les institutions sanitaires
sanitaires Session de formation sur l’hygiène hospitalière pour
les responsables communaux et départementaux
(docteurs, infirmières, officiers sanitaires)
b) Eaux Les eaux usées provenant Recensement des institutions et d’espace disponible
usées des institutions de santé pour la construction de stations d’épuration des eaux
non- son évacuées directement usées
traitées Construction de 15 stations de traitement des eaux
dans la nature sans
sont
traitement préalable usées
déversées
dans la
Recyclage de la formation du personnel technique 3,860,000 2,260,000 900,000 900,000
nature affecté aux hôpitaux
Support logistique (deux véhicules, motocyclettes, de
moto pompes et accessoires, produits chimiques et
matériels de protection)
96
Problème à Pertinence pour le Principales Mesures ou Activités recommandées Estimation Échéancier
résoudre programme de coûts
c) Eau de Certaines institutions Réévaluation des structures de stockage d’eau au
boisson sanitaires disposent d‘eau niveau des institutions
de qualité courante mais pas de Formation du personnel charge de la désinfection de
douteuse. l’eau et de contrôle de chlore résiduel
qualité adéquate pour les 490,000 230,000 130,000 130,000
services d’une institution Fourniture de matériel de contrôle de qualité (achat
de santé. de kits de contrôle, désinfectants)
d) Mauvaise Déchets médicaux sont Formation et recyclage des prestataires de soins et le
gestion disposés de manière personnel de support ;
des anarchique au niveau des Equipement de traitement de déchets hospitaliers
déchets (50 incinérateurs) et installation
institutions sanitaires et 3,050,000 1,420,000 880,000 750,000
médicaux
constituent un risque pour Fournitures (poubelles, sachets, blouses, bottes,
les prestataires de soins et outils aratoires etc) et consommables
les usagers en termes
d’infection par la bactérie
du vibrio cholérae.
e) Gestion Manque d’information et Révision et publication des normes et des procédures
des de formation dans la concernant la manipulation des cadavres de patients
cadavres gestion de cadavres de atteints de choléra;
choléra Formation du personnel des maisons funéraires et
morgues des hôpitaux dans la manipulation des
Les bonnes pratiques de cadavres de patients atteints de choléra; 230,000 50,000 70,000 110,000
gestion de cadavres ne Supervision des maisons funéraires ;
sont pas respectées au Appui à la surveillance périodique des maisons
niveau des salons funéraire et des morgues des établissements de
funéraires a l’échelle santé
nationale- les eaux uses en
provenance des salles de
travail sont évacuées dans
la nature
Total 8,830,000 4,160,000 2,280,000 2,390,000
97
RESUME DES COUTS TOTAL (US $) 2013-14 2015-17 2018-22
Composante : Pratiques Hygiène 6,900,000 3,580,000 1,420,000 1,900,000
Composante: Renforcement Institutionnel 35,710,000 8,010,000 10,450,000 17,250,000
Composante : Hygiène Alimentaire 2,900,000 1,240,000 860,000 800,000
Composante : Hygiène hospitalier 8,830,000 4,160,000 2,280,000 2,390,000
TOTAL 54,340,000 16,990,000 15,010,000 22,340,000
98
Tableau 1 – Plan d´Investissements en Infrastructure (Travaux) – Phase 1
Disponibles (MUSD) A négocier TOTAL
OREPA / Villes Total Dispo PLAN
Eau Potable Assainiss. Eau & Assainiss. Montant Bailleur MUSD
RMPP - Trav. Urgence 21.00 BID-2351 21.00 30.00 BID 51.00
Systeme Petion-Ville 0.00 50.00 BEI 50.00
St. Titanyen 2.40 F. Bilat. 2.40 2.40
Systeme Condomin. Carrefour 0.00 4.00 BID 4.00
Léogane 10.00 JICA 10.00 10.00 20.00
Gressier 1.00 F. Bilat. 1.00 3.00 4.00
Petit Goave 2.00 F. Bilat. 2.00 3.50 5.50
Grand Goave 2.00 F. Bilat. 2.00 3.50 5.50
Anse a Galets (AIR) 1.50 F. Bilat. 1.50 1.50
Cabaret (AIR) 0.00 1.50 1.50
Archaie 0.00 2.00 2.00
Kenscoff (AIR) 0.70 F. Bilat. 0.70 2.00 2.70
Reparations d´urgence OUEST 0.50 F. Bilat. 0.50 0.50
EPA centres de sante Ouest 0.25 BID-12619 0.25 0.25 0.50
EPA ecoles et marchés Ouest 0.25 F. Bilat. 0.25 0.25
Milieu rural Ile de la Gonave 0.00 1.50 BID/BM 1.50
TOTAL OREPA OUEST 38.70 2.4 0.5 41.60 111.25 152.85
Jacmel 14.20 BID-2190 0.43 BID-2190 14.63 14.63
Cayes 7.60 BID-2381 0.43 BID-2190 8.03 8.03
Miragoane (AIR + RER) 0.50 F. Bilat. 0.40 F. Bilat. 3.50 4.40 4.40
Jeremie (AIR + RER) 0.50 F. Bilat. 0.40 F. Bilat. 3.50 4.40 4.40
Aquin (AIR) 1.50 F. Bilat. 0.00 1.50 1.50
Port Salut 0.00 1.00 1.00
Rural - Dept. Grand-Anse 2.50 EPAR I 2.50 2.50
Rural - Dept. Sud 2.50 EPAR I 2.50 2.50
Rural - Dept. Nippes 3.00 EPAR I 3.00 3.00
Réparations d´urgence SUD 1.10 F. Bilat. 1.10 1.10
EPA centres de sante Sud 0.25 BID-12619 0.25 0.25 0.50
EPA ecoles et marchés Sud 0.30 F. Bilat. 0.30
Milieu rural Sud-Est 0.30 AECID 0.30 0.30
Milieu rural Sud 0.25 F. Bilat. 0.25 0.25
TOTAL OREPA SUD 25.40 1.66 16.1 43.16 1.25 44.11
Saint Marc 3.00 BID-2190 0.43 BID-2190 3.43 3.43
Hinche (AIR + RER) 0.50 F. Bilat. 2.50 F. Bilat. 3.00 3.00
Saint Michel de l´Attalaye (AIR) 1.50 F. Bilat. 1.50 1.50
Desdunes (AIR) 0.75 F. Bilat. 0.75 0.25 1.00
Mirebalais (AIR) 0.50 F. Bilat. 0.50 0.50 1.00
Reparations d´urgence CENTRE 1.15 F. Bilat. 1.15 1.15
EPA centres de sante Centre 0.25 BID-12619 0.25 0.25 0.50
EPA écoles et marchés Centre 0.40 F. Bilat. 0.40 0.40
Milieu rural Dept. Artibonite 6.60 BID-Artib. 6.60 6.60
Milieu rural Dept. Centre 5.02 F. Bilat. 5.02 5.02
TOTAL OREPA CENTRE 7.40 0.43 14.77 22.60 1 23.60
Cap Haitien 10.00 F. Bilat. 10.00 35.00 45.00
Ouanaminthe 5.00 BID-2381 4.00 F. Bilat. 9.00 9.00
Ouanaminthe - Décharge 0.43 BID-2190 0.43 0.43
Port de Paix 0.15 BID-2190 0.43 BID-2190 0.58 0.50 1.08
Fort-Liberté (AIM + RER) 0.50 F. Bilat. 2.50 F. Bilat. 3.00 3.00
Jean Rabel (AIR) 0.50 F. Bilat. 0.20 F. Bilat. 0.70 0.20 0.90
Reparations d´urgence NORD 1.25 F. Bilat. 1.25 1.25
EPA centres de sante Nord 0.25 BID-12619 0.25 0.25 0.50
EPA écoles et marchés Nord 0.35 F. Bilat. 0.35 0.35
Milieu rural NORD 2.64 F. Bilat. 2.64 2.64
TOTAL OREPA NORD 17.40 5.06 5.74 28.20 35.95 64.15
TOTAL MUSD 88.90 9.55 37.11 135.56 149.45 285.01
Souha i té a exécuter/a n 95.00
99
10 Annexe 1 – Analyse de la situation de la prise en charge du choléra en Haïti
Cette analyse représente le portrait le plus proche de la réalité du terrain en ce qui concerne la
gestion des soins de santé du choléra. Elle a été préparée par un groupe de travail ad hoc
composé de professionnels de toutes les catégories du Ministère de la Santé.
10.1. Niveau Communautaire
Reconnaissance de la Maladie
Points forts :
Connaissance de la maladie et de ses symptômes par une grande partie de la
population
Activités de sensibilisation se font par :
o Les agents communautaires de différents programmes et ONGs
o Le personnel de santé communautaire
o Les leaders communautaires, les ASEC14, CASEC etc.
Alerte quand il y a des cas …
Disponibilité de matériel de formation pour les brigadiers, par ex. posters (Groupe
Promotion)
Points Faibles :
Faible application des règles d’hygiène et mesures de prévention
o Lavage des mains pas systématique
o Traitement de l’eau inadéquat
o Les repas pas réchauffés et la vaisselle pas bien lavée
o Pas de décontamination des habits d’un malade avec diarrhée
14
ASEC – Administration Section Communale; CASEC – Conseil Administratif de Section Communale.
100
o Faible connaissance de la préparation du Sérum Oral maison
Manque de moyens pour la prévention (Toilettes, latrines, Eau potable, savon,
chlore)
Matériel de formation de qualité douteuse
Fausses alertes possiblement par manque de connaissances ou par intérêt
Premiers gestes au niveau communautaire
Points forts :
Les malades reçoivent du SRO depuis le niveau communautaire par des brigadiers ou
volontaires
Moins de malades sont abandonnés par la communauté
Formation des brigadiers et agents communautaires pour la prise en charge.
Points Faibles :
Les gestes ne sont pas toujours appliqués
Méconnaissance de l’importance de l’utilisation du SRO
Non application des mesures d’hygiène dans le contact avec un malade
Insuffisance d’information dans l’application des mesures d’hygiène dans le
traitement d’un cadavre
Matériel de formation inadapté pour le niveau communautaire
Manque d’agents de santé et d’officiers sanitaires
10.2. Niveau transport / référence des malades
Points forts :
Les transporteurs acceptent maintenant de transporter des malades de choléra
Certaines communes ont leurs propres ambulances
101
Volonté politique pour la mise en place d’un système de transport des malades
gratuit
Points faibles :
Faible présence d’un système ambulancier, manque de gazoline et de fonds pour
l’entretien des ambulances;
La désinfection ne se fait pas dans les moyens de transport de fortune
Pas de suivi de l’hydratation pendant le transport
Inaccessibilité des institutions sanitaires et en certain cas absence de route;
Insuffisance de poste avancé pour la prise en charge immédiate
Transport privé onéreux
10.3. Niveau de prise en charge
Points forts :
Existence de CTC/ CTU et des Centres de santé pour la prise en charge
Volonté d’intégrer la prise en charge du choléra dans le PMS et de mettre des unités
de traitement dans toutes les institutions
Volonté de la plupart des centres publics et privés de prendre en charge le choléra
Existence de manuels de formation et des normes de traitement du choléra
Formation des cadres sur la prise en charge du choléra;
Ponts faibles :
Au départ des ONGs, la prise en charge dans les institutions publiques est mal
assumée par le MSPP;
Fonctionnement onéreux des centres (watertrucking, vidange journalier des
latrines, groupe électrogène);
102
Verticalité dans la prise en charge du choléra dans les centres;
Non-intégration de la prise en charge dans l’offre de services;
Plusieurs institutions sanitaires refusent de prendre en charge de cas de choléra sans
un paiement extra;
Des centres de traitement patronnés par des acteurs non reconnus se sont installés
sans suivi des normes;
Il y a du personnel expatrié et national dans certains centre dont on ignore la
qualification;
Non application des protocoles dans plusieurs centres de traitement ;
Dissémination insuffisante des protocoles de choléra;
Certains centres n’ont pas l’espace nécessaire pour isoler un malade avec choléra;
Plusieurs centres n’ont pas accès à l’eau potable et à des latrines convenables;
Insuffisance de cadres des ressources humaines pour organiser la prise en charge
suivant les normes et insuffisance de mesures de contrôle;
Les normes de prise en charge non encore intégré dans le PMS;
Refus de certaines communautés d’installer des centres de traitement du choléra;
Aire de Triage
Points forts :
Plusieurs institutions ont un système d’isolement des malades avec diarrhée
Plusieurs centres ont leur espace organisé suivant la gravité du malade
Existence et application d’algorithmes de classification et traitement de malade dans
certains centres
Points faibles :
Beaucoup de centres ne font pas le triage;
103
Souvent pas de dossier de malade;
Mélange de malades en différents stades;
Mise sur perfusion de tous les malades même ceux qui ne le méritent pas;
Souvent pas d’affichage des protocoles ;
Souvent pas de registres
Souvent pas de morgues disponibles
Aire d’Hospitalisation
Points forts :
Disponibilité des intrants gratuits (groupe Intrants)
Diminution de la létalité hospitalière
Existence des centres de référence et formation pour la prise en charge
Réponse immédiate du niveau central en personnel infirmier lors des flambées
(Opération Coup de Poing)
Existence d’algorithmes et protocoles pour la prise en charge des malades
Existence des protocoles pour la décontamination du matériel, des excréta et des
cadavres
Points faibles :
Protocoles de prise en charge non respectés dans certains centres
Existence de différents protocoles pour le traitement des malades et la désinfection:
o (par exemple : Antibiotiques pour la famille du malade, infusion de glucose
5% pour « nourrir le malade », Antibiotiques intraveineuses, maintien d’une
perfusion d’un malade qui est capable de manger);
Mauvaise tenue du dossier du malade;
La réhydratation orale des malades est négligée ce qui mène à une rechute ;
104
Négligence dans les mesures d’hygiène du staff et négligence dans la
décontamination des lieux ;
Négligence dans les mesures d’hygiène de la famille et des amis du malade :
o Garde-malades mangent dans la salle de prise en charge ;
o Plusieurs personnes autour d’un malade ;
o Famille amène beaucoup de matériel dans la salle de traitement ;
« va-et-vient » du personnel attaché à plusieurs services en même temps avec un
risque accru de contamination et de non-respect du protocole;
Non-existence d’un protocole de nettoyage en général des institutions sanitaires ;
Aire de Sortie/Récupération
Points forts :
Plusieurs centres appliquent l’IECCC (=Information, Education et Communication
pour le Changement du Comportement) pour le malade et sa famille
Certains centres donnent des kits d’hygiène au malade et à la famille
Certains centres assurent le suivi à domicile
Certaines institutions (Centres, ONG, Bureaux communaux… ) font la recherche des
facteurs de risque et identifient et traitent la source de contamination.
Points faibles :
Rechute de cas en certains centres par manque d’éducation à la sortie
Manque de respect de critères de sortie
Non-accompagnement du malade à domicile
Pas de contre-référence pour des malades référés
Mauvaise tenue des cahiers d’hospitalisation
Non-communication des données au niveau du MSPP
105
Dépendance du malade à des produits non accessibles dans sa localité (aquatabs,
chlorox)
Niveau de coordination
Points forts :
Existence des fora de coordination au niveau national, départemental et dans
certaines communes et UCS (clusters)
Ces fora sont très souvent intersectoriels et impliquent des partenaires privés,
humanitaires et publics du secteur santé, WASH et politique
Amélioration du suivi des alertes.
Points faibles :
Faiblesse de notification des cas par habitation, quartier, localité section communale
et commune.
Manque de réponse adéquate aux alertes, manque d’implication des acteurs locaux
Certains ONGs ne participent pas à des réunions et interviennent de manière
indépendante et sans reconnaissance légale
Délai d’intervention souvent trop long dans le suivi des alertes
Menaces actuelles pour la prise en charge
Saisons de pluie avec des flambées importantes sans capacité réelle de prise en
charge ;
Pas assez d’accès à l’eau de boisson saine et de latrines;
Financement pour la prise en charge
Facteurs culturels pour la compréhension de la maladie par la population.
106
Il y a encore des ONGs, organisations communautaires locales et des groupes
confessionnels qui ne sont pas conscients des efforts coordonnés actuellement en
cours.
107
11 Annexe 2 – Structure organisationnelle du MSPP
108
12 Annexe 3 – Présence des ONG enregistrée a la DINEPA réalisant des activités
de développement
Nord-est Nord-Ouest Artibonite Sud-est Grand-Anse
Organisation Nord Centre Ouest Sud Nippes
ACF
ACTED
AVSI
CARE
CARITAS
CONCERN
CPH
CX Rouge FR
CRS
FICR
GRET
Haiti Outreach
Helvetas
IMC
Inter Aide
JEN
OXFAM
Plan Int'al
PROTOS
Save the Children
Solidarites
Terre des Hommes
World Vision
zone urbaine
zone rurale
zone urbaine et rurale
109
13 Acronymes
ACTED – Agence d’Aide à la Coopération et au Développement
AECID - l'Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement
AMI – Aide Médicale Internationale
ASCP – Agent de Santé Communautaire Polyvalent
ASEC – Administration de Section Communale
BID - Banque Interaméricaine de Développement
BM - Banque Mondiale
CAEPA - Comité d’Approvisionnement en Eau Potable et Assainissement
CAMEP - Centrale Autonome Métropolitaine d’Eau Potable
CASEC – Conseil Administratif de Section Communale
CDAI - Centre de Distribution et d’Approvisionnement en Intrants
CDC – Centers for Diseases Control and Prevention
CET - Centre d’Enfouissement Technique
CIT - Centres de Traitement et de Transfert
COOPI - Cooperazione Internazionale (Coopération Internationale)
CPE - Comité de Point d’Eau
CRF – Croix Rouge Française
CTC – Centre de Traitement de Choléra
DELR – Direction d’Epidémiologie, de Laboratoires et Recherches
DINEPA - Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement
110
DNGDS – Direction Nationale de Gestion des Déchets Solides
DPSPE - Direction de la Promotion de la Santé et de Protection de l’Environnement
EPA – Eau Potable et Assainissement
GDS - Gestion des Déchets Solides
GIDS - Gestion Intégrée des Déchets Solides
IOM - International Organization for Migration (Organisation internationale pour les
migrations)
LAC – Latin American and the Caribbean
MDM – BE – Médecin du Monde Belgique
MDM-FRA - Médecin du Monde France
MERLIN – Medical Emergency Relief International (Urgence Médicale Internationale de
Secours)
MICT - Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales
MSPP – Ministère de la Santé Publique et de la Population
MTPTC - Ministère des Travaux Publiques, Transports et Communications
OCHA – UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (Bureau des Nations
Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires)
OMS – Organisation Mondiale de la Santé
ONG – Organisation Non Gouvernementale
OPS – Organisation Panaméricaine de la Santé
OREPA - Office Régionaux d’Eau Potable et d’Assainissement
PEV - Programme élargi de vaccination
111
PIP - Plan d'Investissement Prioritaire
PMS – Parquet Minimum de Service
POCHEP – Postes Communautaires d’Hygiène et d’Eau Potable
PRO – Pont de Réhydratation Orale
SAGDS – Services Régionaux de Gestion des Déchets Solides
SMCRS – Service Métropolitain de Collecte des Résidus Solides
SNEP - Service National d’Eau Potable
SRO – Sérum de Réhydratation Orale
TEPAC – Technicien en Eau Potable et Assainissement Communautaire
UADS - Unité d’Appui à la Décentralisation Sanitaire
UCS - Unités Communales de Santé
UNICEF - United Nations Children's Fund (Fonds des Nations Unies pour l’Enfance)
UPE - Unité de Planification et d’Évaluation
URD – Unité Départementale Rurale
USAID – US Agency for International Development (Agence Américaine pour le
Développement International
UTC – Unité de Traitement de Choléra
UTE -Unité Technique d’Exploitation
WASH - Water, Sanitation and Hygiene (Eau Potable, Assainissement et Hygiène)
WHO – World Health Organization
112
14 Références bibliographiques
1) Pan American Health Organization/World Health Organization, 2007; "Health in the
Americas"
2) Ministère de la Sante Publique et de la Population, Mars 2012; "Réponse Nationale Face
à l’Epidémie de Choléra".
3) Ministère de la Sante Publique et de la Population, Novembre 2010;"Lutte contre le
choléra, Normes et procédures"
4) Ministère de la Sante Publique et de la Population, Décembre 2010; "Gestion de
l’épidémie du choléra"
5) Le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe d’Haïti et le Système des
Nations Unies en Haïti, Février 2010; "Cadre stratégique intégré des Nations Unies pour
Haïti".
6) Inter-American Bank of Development, April 2011; "Haiti Sector Note Water and
Sanitation"
7) Jason Nickerson from International Medical Organization January 2012; "Haiti’s Health
System, two Years after the Earthquake".
8) DINEPA, 2009; "Réforme Institutionnelle de l’Eau Potable et de l’Assainissement en
Haïti"
9) DINEPA, Février 2010; "Cadre Stratégique du Secteur EPA Suite au Tremblement de
Terre du 12 Janvier 2010".
10) Ministère de la Sante Publique et de la Population, Janvier 2010;"Politique Nationale de
Nutrition".
11) SMCRS, Mai 2012; "Colloque Nationale Sur les Résidus Solides"
113
12) Ministère des Travaux Publiques, Transport et Communication, Décembre 2010;
"Elaboration d’une Politique Stratégique de Gestion des Déchets Solides pour la Région
Métropolitaine de Port-au-Prince".
13) Ministère des Travaux Publiques, Transport et Communication (Olga Samper, Eric
Chapal, Alexandre Braïlowsky), Décembre 2006; "Analyse de la Problématique des
Gestion des Déchets dans la Zone Métropolitaine de Port-au-Prince".
14) Inter-American Bank of Development, April 2011, January 2011, "Grant Proposal,
Emergency Response For The Containment of Choléra”.
15) DINEPA, Novembre 2010 ; « Stratégie Nationale de Lutte Contre le Choléra. »
114