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Ministère de la Santé publique et de la population/Centres pour le contrôle et la
prévention des maladies
Manuel de formation
pour la lutte contre le
choléra en Haïti : un
cours abrégé pour les
fournisseurs de soins
de santé
Table des matières
Épidémiologie du choléra ............................................................................................................................. 4
Étiologie .................................................................................................................................................... 4
Mode de transmission .............................................................................................................................. 5
Morbidité mondiale associée au choléra.................................................................................................. 6
Présentation clinique et prise en charge du choléra .................................................................................... 9
Caractéristiques cliniques ....................................................................................................................... 10
Prise en charge des cas ........................................................................................................................... 10
Diagnostic de laboratoire........................................................................................................................ 17
Surveillance ................................................................................................................................................. 18
Définition d’un cas .................................................................................................................................. 19
Collecte des données et rapportage (ces instructions reposent sur les directives actuelles du MSPP) 19
Flux de données ...................................................................................................................................... 20
Prévention du choléra dans les foyers ........................................................................................................ 20
Vaccins ........................................................................................................................................................ 21
Centre de Traitement du choléra (CTC) ...................................................................................................... 21
Quand ouvrir un CTC ............................................................................................................................... 21
Position géographique ............................................................................................................................ 22
Organisation............................................................................................................................................ 23
Approvisionnements et ressources ........................................................................................................ 25
Contrôle de l’infection ............................................................................................................................ 30
Eau, hygiène et assainissement .............................................................................................................. 31
Manipulation des corps des patients décédés des suites du choléra .................................................... 38
Annexe I : Triage des patients aux points de réhydratation orale .............................................................. 40
Annexe II : Plan schématique alternatif pour un Centre de traitement du choléra ................................... 41
Annexe III : Kit contre les maladies diarrhéiques MODIFIÉ ........................................................................ 42
Annexe IV : .................................................................................................................................................. 45
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Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Remerciements
L’objectif de ce manuel de formation est de servir de source de référence rapide pour le traitement et la prise
en charge des maladies diarrhéiques aiguës en réponse à la récente flambée de choléra en Haïti. Ce manuel
n’est pas destiné à être exhaustif. Il repose principalement sur des informations contenues dans les documents
préexistants, en particulier sur les Guidelines for Operating Makeshift Treatment Centers in Cholera
Epidemics (ICDDRB), les Guidelines for Setting Up Diarrhea Treatment Centers (DTCs) in the Flood Affected
Areas of Pakistan (WHO/MOH), les Cholera Guidelines, 2éme Edition 2004 (MSF), le Cholera Outbreak
Training and Shigellosis program (COTS),David Sack (Université Johns Hopkins), Joachim Pelikan (Institut
tropical suisse), Robert deLeeuw (Hollande), Danielle Nelson, Eric Nelson (Université de Stanford), Lars
Henning (Inselspital, Hôpital universitaire de Berne),Mark Petrioni et Alejandro Cravioto ( ICDDR,B ). Le
manuel a été mis à jour le 24 janvier 2010.
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Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Introduction
Depuis que l’épidémie a été confirmée en Haïti le 21 octobre 2010 et au cours des trois derniers
mois, plus de 3 800 personnes ont succombé au choléra et le bilan des victimes s’alourdit chaque
semaine. En outre, plus de 190 000 individus ont été infectés dans les 10 départements du pays,
et des cas ont été confirmés en République dominicaine. La mort et la contagion fulgurantes
associées au choléra rendent la formation sanitaire et le respect des recommandations médicales
essentiels pour traiter et endiguer la propagation de la maladie en Haïti. Dans ce contexte, la
connaissance de certains éléments clés peut faire toute la différence en matière de
compréhension et de contrôle de cette maladie :
• Le choléra n’est pas une simple diarrhée et peut avoir des conséquences
extrêmement graves.
• La mort peut être fulgurante.
• L’administration de soins médicaux précoces peut sauver des vies.
• La réhydratation par voie orale est cruciale dans le traitement du choléra.
• L’ajout de chlore à l’eau potable et à l’eau de cuisson permet de lutter
efficacement contre le choléra.
Le choléra témoigne d’une hygiène sanitaire médiocre. L’Organisation panaméricaine de la santé
(OPS) s’inquiète que le choléra puisse durer plusieurs années compte tenu des mauvaises
conditions sanitaires dans plusieurs départements. La formation et les missions sur le terrain
visant à identifier les moyens les plus efficaces de traiter la maladie et d’empêcher sa
propagation deviennent ainsi des priorités parmi tous les efforts réalisés pour endiguer le choléra.
Épidémiologie du choléra
Étiologie
Le choléra est une infection intestinale causée par le Vibrio cholerae O1 et des souches apparentées.
Il existe de nombreuses souches différentes de
l’espèce Vibrio cholerae, représentées dans ce
diagramme par le large cercle. Beaucoup de cellesci sont infectieuses mais seul un sous-ensemble a
été la cause du choléra épidémique. Certaines
souches possèdent l’antigène O1 et certaines
souches produisent la toxine du choléra. Ce sont les
souches qui à la fois possèdent l’antigène O1 et qui
produisent la toxine qui sont responsables des
épidémies de choléra. Récemment, une souche
apparentée au sous-groupe O139 a causé des
épidémies de choléra en Asie.
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Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Souches épidémiques
Toxigène
Espèces de Vibrio
L’espèce V. cholerae est divisée en plus de 70
sérogroupes définis par l’antigène O. Les
souches qui agglutinent dans l’antisérum O1
Autres Vibrio
sont d’un grand intérêt, alors que les autres
souches sont classées collectivement comme
les souches de V. cholerae « non O1 ». Les
souches des sérogroupes O1 et O139 sont
caractérisées de manière plus détaillée par
Biotype
Sérotype
Toxine
biotype, sérotype et selon qu’elles produisent
El Tor
Inaba
Toxigène
Classique
Ogawa
Non-toxigène
ou non la toxine du choléra. Il existe deux
biotypes, El Tor, qui a été dominante
depuis 1961 et le biotype classique qui dominait jusqu’en 1961. Il existe également deux sérotypes,
Inaba et Ogawa. La plupart des souches O1 sont toxigènes. Quelques souches O1 non toxigènes ont
été identifiées, mais n’engendrent pas le choléra. À noter, toutes les 8 combinaisons de biotype,
sérotype et d’état toxigène existent. La souche V. cholerae dans la flambée actuelle en Haïti est le
Vibrio cholerae O1, appartenant au sérotype Ogawa, du biotype El Tor.
Mode de transmission
Vibrio cholerae se transmet par le biais de l’eau et de la nourriture contaminées. Lors des épidémies, la
contamination provient généralement des matières fécales des patients souffrant du choléra. Du fait du
réservoir environnemental de V. cholerae O1, en particulier dans les eaux saumâtres côtières chaudes,
l’eau ou la nourriture provenant de ces réservoirs peut être également contaminée. La transmission de
personne à personne par contact direct, soit par une poignée de main ou par un contact ou des soins
fournis à un patient n’a pas été prouvée.
Le véhicule spécifique de transmission dans une flambée de choléra est déterminé à l’aide d’enquêtes
épidémiologiques, environnementales et de laboratoire. Voici ci-dessous des exemples de véhicules de
transmission dans les flambées de choléra.
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Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Quelques véhicules de transmission du choléra identifiés dans les flambées dans le monde entier
Eaux
Fruits de mer
Autres
Municipales
Moules crues
Bouillie de millet
Puits superficiels
Huîtres crues
Reste de riz
Eaux fluviales
Conque crue
Riz à la sauce aux cacahuètes
Eau en bouteille
Palourdes crues
Reste de pois
Glace
Poisson cru
Poisson partiellement séché
Lait de noix de coco congelé
Crabe pas assez cuit
Légumes crus
Calmar vendu dans la rue
Reste de gruau de maïs
Morbidité mondiale associée au choléra
Le choléra s’est répandu dans le monde entier en sept vagues massives, appelées pandémies, depuis 1800.
La plus récente vague d’épidémie de choléra à toucher l’hémisphère ouest date de 1991, lorsqu’elle s’est
répandue largement à travers l’Amérique latine.
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Propagation mondiale du choléra de 1961 à 1991
Cette figure montre la propagation de la 7e pandémie actuelle de choléra autour du globe. Elle commença
en 1961, avec l’apparition d’une épidémie causée par le biotype El Tor du V. cholerae O1 dans les îles
Célèbes, en Indonésie. Elle se propagea rapidement aux Philippines et dans l’Asie du Sud-Est et traversa
l’Asie. Des épidémies dispersées apparurent en Europe mais le choléra ne persista pas dans les pays
européens. En 1971, le choléra fut introduit en Afrique de l’Est et en Afrique de l’Ouest et, en l’espace de
18 mois, affecta 29 pays africains. Dans certaines zones reculées, le taux de mortalité dépassa 30 % et
dans de nombreuses régions d’Afrique, le choléra a depuis persisté en tant que problème récurrent et
endémique. En dépit des inquiétudes concernant la propagation potentielle du choléra à l’Amérique latine
dans les années 70, ceci ne s’est pas produit avant 1991.
Deux foyers de choléra endémique non apparentés à la 7e pandémie ont été découverts : un sur la Côte du
Golf aux États-Unis et un dans le nord-est de l’Australie. En 1973, le choléra fut diagnostiqué chez un
pêcheur de crevettes de Port LaVaca, au Texas. En 1991, 65 cas de choléra acquis aux États-Unis avaient
été identifiés en relation avec ce foyer. La plupart des cas concernaient des personnes mangeant des
crabes, des crevettes et des huîtres non suffisamment cuits provenant des côtes du Golf au large de la
Louisiane et du Texas. En 1977, le choléra fut identifié chez une personne qui buvait de l’eau d’une
rivière du nord-est de l’Australie. Depuis, quelques cas ont été déclarés et V. cholerae O1 a été isolé dans
plus d’une douzaine de fleuves légèrement saumâtres de cette région. Les souches de ces deux foyers sont
le V. cholerae O1 toxigène du biotype El Tor, comme celui de la 7ème pandémie. Mais elles peuvent être
distinguées l’une de l’autre et des souches majeures des épidémies par des méthodes de typage
moléculaire.
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Nombre de pays
Afrique
Asie
Amérique Latine
Année
Figure 2 : Nombre de pays ayant déclaré des cas de choléra à l’OMS, par région (Afrique, Asie, Amérique Latine) et par année, de 1968 à 2005.* Le graphique comprend
les pays qui ont déclaré des cas indigènes ainsi que des cas importés de choléra. Il ne montre pas les pays d’Europe ou d’Océanie ayant déclaré des cas de choléra.
Ce graphe montre le nombre de pays ayant déclaré des cas de choléra à l’Organisation Mondiale de la
Santé (OMS) par année depuis 1951. L’augmentation causée par la 7e pandémie peut être observée entre
1961 et 1965. Le nombre de pays encore affectés était actuellement en baisse dans la dernière partie de
cette décennie. Les pays en Afrique sont représentés par la ligne noire. Après son introduction en Afrique
en 1971, le choléra est devenu très vite un problème principalement africain. Le choléra a persisté dans de
nombreux pays africains depuis 1971. En mai 1991, 5 pays sud-américains ont déclaré des cas de choléra.
À la fin de 1991, le nombre de pays affectés se chiffrait à13. Ce phénomène suivra-t-il la tendance
observée en Europe, avec une disparition rapide, ou la tendance africaine, avec une persistance pendant
des décennies ? En 1991, les cas de choléra déclarés durant les 10 premiers mois de l’épidémie en
Amérique latine étaient plus nombreux que ceux déclarés dans le monde entier au cours des 5 années
précédentes.
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Pays ayant déclaré des cas de choléra en 2009
Cas de choléra importés
Les frontières et noms montrés et les désignations utilisées sur cette carte n’impliquent aucune expression d’une opinion
quelle qu’elle soit de la part de l’Organisation mondiale de la santé concernant le statut légal d’un pays, d’un territoire, d’une
ville ou d’une région ou de son autorité ou concernant la délimitation de ses frontières. Les lignes pointillées sur les cartes
représentent des lignes de frontières approximatives pour lesquelles il peut n’exister encore aucun accord complet. © OMS
2010. Tous droits réservés.
Présentation clinique et prise en charge du choléra
Les signes et symptômes du choléra sont produits par la toxine du choléra, qui cause une perte grave de
fluide et d’électrolytes. La période d’incubation du choléra est typiquement de 1 à 3 jours. Après leur
ingestion et leur survie au passage à travers l’acide gastrique, les vibrions atteignent l’intestin. Là, ils
produisent la toxine du choléra, qui s’attache à la paroi épithéliale de l’intestin. La portion active de la
toxine (la sous unité A) pénètre dans les cellules muqueuses et active l’AMP cyclique. Ceci provoque une
sécrétion active de chlorure et bloque la fonction normale d’absorption des cellules. L’eau, le potassium et
le bicarbonate suivent le chlorure dans la lumière de l’intestin et moins de sodium est absorbé, produisant
une diarrhée sécrétoire.
La perte de sodium, de chlorure et d’eau entraîne une déshydratation et un collapsus vasculaire. Une
nécrose tubulaire aiguë avec une insuffisance rénale transitoire peut survenir à la suite d’un choc profond.
La perte de potassium engendre des crampes musculaires douloureuses et occasionnellement des
arythmies cardiaques et une nécrose myocardique rudimentaire. Le résultat de la perte de bicarbonate est
une acidose avec hyperventilation, des vomissements et un état mental altéré.
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Caractéristiques cliniques
Le choléra est une maladie diarrhéique déshydratante. Les symptômes et les signes sont le résultat d’une
perte de fluide et d’électrolytes rapide et profonde dans la diarrhée et les vomissures. L’infection causée
par le V. cholerae O1 est associée à un éventail de symptômes cliniques. Soixante-cinq pour cent des
personnes infectées ne présentent aucun symptôme et presque 25 % de ceux présentant des symptômes ne
souffrent que d’une maladie légère. Approximativement 2 % des personnes infectées souffriront d’un
choléra grave (parfois appelé « choléra gravis ») et 5 % souffriront d’une maladie modérée qui nécessitera
des soins médicaux mais n’exigera pas d’hospitalisation. Après la purge initiale de l’intestin, la diarrhée
devient très aqueuse avec des particules de mucus et a l’apparence de selles en « eau de riz ». Le cas
modéré à grave grave présente une diarrhée aqueuse abondante engendrant une déshydratation et la perte
d’électrolytes, des vomissements du fait de l’acidose et des crampes dans les jambes du fait de
l’hypokaliémie. La diarrhée grave peut être presque continue et peut excéder 1 litre par heure. Les
personnes les plus susceptibles de souffrir d’une infection sévère sont celles qui ont ingéré une forte dose
d’organismes, ceux dont la production d’acide gastrique a été réduite par une gastrectomie ou une
thérapie anti-acide et celles qui ont un groupe sanguin de type O. La raison pour laquelle le groupe
sanguin O est un facteur de risque n’est pas connue.
Prise en charge des cas
La prise en charge des cas de choléra exige :
1. une évaluation de l’état d’hydratation ;
2. une thérapie de réhydratation ;
3. une thérapie anti-microbienne.
Évaluation de l’état d’hydratation (sévérité)
Patient souffrant de cholera gravis : une sévère
déshydratation, les yeux enfoncés dans les orbites, la bouche
et les lèvres sèches, un pauvre turgor de la peau, la peau des
doigts ridée, une pression artérielle réduite, un pouls filant
ou absent.
Hydratation adéquate
• Aucune soif
• La peau se rétracte
normalement lorsqu’on la
pince
• Miction normale
• Pouls solide
Déshydratation modérée
• Agitation et irritabilité
• Yeux enfoncés dans les orbites
• Bouche et langue sèches
• Soif accrue
• La peau se rétracte lentement
lorsqu’on la pince
• Miction réduite
• Nourrissons : larmes réduites,
fontanelles déprimées
Déshydratation grave
• Léthargie et perte de conscience
• Bouche et langue très sèches
• La peau se rétracte très lentement
lorsqu’on la pince (formant une
sorte de soulèvement)
• Pouls filant ou absent
• Pression artérielle basse
• Miction minimale ou absente
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Enfant souffrant de déshydratation
grave : yeux enfoncés dans les
orbites, abdomen scaphoïde, pauvre
turgor de la peau formant une sorte
de soulèvement.
Thérapie de réhydratation
Un traitement réussi du choléra dépend du remplacement rapide des pertes de fluides et d’électrolytes.
Des sels de réhydratation orale (SRO) sont recommandés. Avant la découverte de la thérapie de
réhydratation, 30 à 50 % des patients souffrant du choléra grave typique succombaient ; à présent, avec un
traitement approprié, la mortalité est de 1 % ou moins. Approximativement 80 à 90 % des patients
peuvent être traités avec des SRO et les patients qui nécessitaient initialement une thérapie intraveineuse
peuvent éventuellement passer aux sels de réhydratation orale.
Thérapie de réhydratation orale pour les patients ne présentant pas de déshydratation
Les patients qui souffrent de diarrhée sans signe de déshydratation devraient recevoir un traitement de
réhydratation orale après chaque selle diarrhéique afin de maintenir leur hydratation jusqu’à l’arrêt de la
diarrhée, comme indiqué ci-dessous. Parce que leur état clinique peut se détériorer rapidement, ces
patients peuvent initialement avoir besoin d’être maintenus en observation, en particulier s’ils vivent loin
d’un établissement de santé ou d’un centre de soin ou si un traitement correct à domicile ne peut être
garanti.
Quantités de SRO nécessaires pour éviter la déshydratation (Recommandation de l’OMS)
Age
SRO nécessaire
Moins de 24 mois
De 2 à 10 ans
1 000 ml par jour
Quantité de SRO après chaque selle liquide
de 50 à 100 ml
Quantité de
Assez pour 500 ml par jour
(1 sachet)*
de 100 à 200 ml
Assez pour
(1 sachet)*
Plus de 10 ans
2 000 ml par jour
autant que désiré
Assez pour
(2 sachets)*
(*) Les sachets de SRO sont habituellement conçus pour fabriquer 1 litre de solution. Dans certains
pays, les sachets de SRO sont conditionnés pour des volumes finaux inférieurs à 1 litre.
Si le traitement est administré au domicile du patient, donnez suffisamment de sachets de SRO pour 2
jours de traitements et expliquez au patient (ou à l’aidant) comment préparer la solution de SRO avec de
l’eau potable. (L’eau potable est de l’eau en bouteille avec un emballage non ouvert, de l’eau qui a été
bouillie ou qui a été traitée au chlore). Avisez les patients ou les aidants à revenir immédiatement si l’état
du patient se détériore (par exemple, des vomissements répétés, un nombre accru de selles, une prise de
boisson ou d’aliments médiocre).
Thérapie de réhydratation orale pour les patients présentant une déshydratation modérée
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Les patients déshydratés qui peuvent s’asseoir et boire devraient recevoir une solution de SRO
immédiatement et être encouragés à boire. Il est important d’offrir une solution de SRO
fréquemment, de mesurer le volume bu et de mesurer les fluides perdus en diarrhée et
vomissures. Les patients qui vomissent devraient recevoir des petites gorgées fréquentes de
solution de SRO ou une solution de SRO par sonde naso-gastrique. La solution de SRO devrait
être préparée avec de l’eau potable. L’eau potable se rapporte à de l’eau qui a été bouillie ou
traitée avec un produit chloré ou une eau de javel domestique.
Directives pour le traitement des patients présentant une déshydratation
Volume approximatif de solution de SRO à donner au cours des 4 premières heures aux patients
présentant une déshydratation. Utilisez l’âge du patient uniquement lorsque vous ne connaissez
pas son poids :
Age
< 4 mois
Poids (kg) <5
ml
de 200 à 400
De 4 à 11 mois
5-7
De 12 à 23 mois De 2 à 4 ans
8-10
11 -15 16-29
De 5 à 14 ans
>30
> 15 ans
de 400 à 600
de 600 à 800
de 1 200 à 2 200
de 2 200 à 4 000
de 800 à 1 200
Le volume approximatif de SRO (en millilitres) peut également être calculé en multipliant le
poids du patient en kg par 75.
Une estimation rudimentaire du débit de réhydratation orale est de 100 ml de SRO toutes les cinq
minutes, jusqu’à ce que le patient se stabilise.
Si le patient demande plus que la solution de SRO prescrite, donnez-en plus. Les enfants plus
âgés et les adultes devraient se voir offrir de l’eau potable en plus de la solution de sels de
réhydratation orale. L’eau potable se rapporte à de l’eau qui a été bouillie ou traitée avec un
produit chloré ou une eau de javel domestique.
Pour les nourrissons :
» Encouragez la mère à continuer d’allaiter.
» Donnez aux nourrissons de moins de 6 mois qui ne sont pas nourris au sein un volume
supplémentaire de 100 à 200 ml d’eau bouillie ou d’eau potable durant cette période. L’eau
potable se rapporte à de l’eau qui a été bouillie ou traitée avec un produit chloré ou une eau de
javel domestique.
Remarques :
1. Les volumes et durées indiqués sont des directives basées sur les besoins habituels. Si
nécessaire, le volume et la fréquence peuvent être augmentés ou la solution de sels de
réhydratation orale peut être administrée au même débit pendant une période plus longue
afin d’achever une réhydratation adéquate. De même, le volume de fluide peut être réduit si
l’hydratation est achevée plus tôt que prévu.
2. Au cours des étapes initiales de la thérapie, lorsqu’ils sont encore déshydratés, les adultes
peuvent consommer jusqu’à 1 000 ml de solution de sels de réhydratation orale par heure si
nécessaire et les enfants jusqu’à 20 ml/kg de leur masse corporelle par heure.
3. Réévaluez le patient après 1 heure de thérapie, puis chaque 1 à 2 heures jusqu’à ce que la
réhydratation soit complète. Assurez-vous de la consommation adéquate des sels de
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réhydratation orale et comptez le nombre de tasses bues. Enregistrez le nombre et la nature
des selles et des vomissures.
4. Recommencez à alimenter le patient normalement lorsque les vomissements se sont arrêtés.
REHYDRATATION INTRAVEINEUSE
Les patients souffrant de déshydratation grave, de stupeur, coma, vomissements incontrôlables
ou de fatigue extrême les empêchant de boire devraient être réhydratés par voir intraveineuse.
Solutions intraveineuses
Meilleure
Liquide de Ringer (Lactate Ringer)
Acceptable*
Solution saline normale*
Non acceptable
Solution de glucose simple (dextrose)
*Acceptable dans l’urgence, mais ne corrige pas l’acidose et peut faire aggraver le déséquilibre
électrolytique.
Directives pour le traitement des patients présentant une déshydratation grave
Commencez les fluides par voie intraveineuse (IV) immédiatement. Accrochez les sacs de
perfusion très en hauteur et utilisez deux lignes d’IV si nécessaire. Si le patient est conscient et
peut boire, donnez la solution de sels de réhydratation oralement pendant que la perfusion IV est
installée. Donnez 100 ml/kg de liquide de Ringer, réparti de la manière suivante :
Age
Donnez tout d’abord 30 ml/kg par IV en :
Puis donnez 70 ml/kg par IV en :
Nourrissons (< 12 mois)
1 heure*
5 heures
Enfants plus âgés (> 1 an)
30 minutes*
2 ½ heures
*Répétez à nouveau si le pouls radial est encore très faible ou n’est pas détectable.
•
Réexaminez le patient toutes les heures ou toutes les deux heures et continuez à l’hydrater.
Si l’hydratation ne s’améliore pas, accélérez l’administration du goutte-à-goutte IV. Il peut
être nécessaire d’administrer 200 ml/kg, voire plus, pendant les 24 premières heures de
traitement. Vérifiez si le rythme respiratoire est rapide, car cela peut révéler une
hyperhydratation.
• Donnez également une solution de sels de réhydratation orale (environ 5 ml/kg par heure) dès
que le patient peut boire.
• Enregistrez les litres de fluide par IV et les tasses de sels de réhydratation orale administrés.
Marquez le volume par heure sur chaque sac de fluide IV. Enregistrez le volume et la nature
des selles et les mictions.
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• Après 6 heures (pour les nourrissons) ou 3 heures (pour les patients plus âgés), effectuez une
réévaluation complète. Passez à la solution de sels de réhydratation orale si l’état
d’hydratation s’est amélioré et si le patient peut boire.
Thérapie antimicrobienne
La thérapie antimicrobienne est très pratique, mais n’est pas indispensable pour traiter le choléra.
En effet, l’hydratation est la pierre angulaire du traitement. Les antimicrobiens réduisent le
volume total de fluides perdus, raccourcissent la durée de la diarrhée et limitent la durée de
transport du choléra dans les selles. Tous ces avantages optimisent l’utilisation des ressources
dans un contexte épidémique.
Antibiotiques
L’administration d’un antibiotique par voie orale permet de réduire le volume et la durée de la
diarrhée. Le traitement aux antibiotiques est recommandé pour : 1) les patients modérément et
gravement malades ; 2) les patients qui continuent de subir des volumes importants de selles
pendant le traitement de réhydratation ; 3) tous les patients hospitalisés. N’administrez pas
d’antibiotiques aux patients asymptomatiques. Le recours aux antibiotiques en tant que
prophylaxie pour le choléra augmente le risque de résistance aux antibiotiques et n’empêche pas
la transmission de la maladie. Une administration de zinc par voie orale, bien qu’il ne s’agisse
pas d’un antibiotique, peut raccourcir la durée des diarrhées les plus infectieuses chez les enfants.
N’administrez aucun médicament à l’exception des antibiotiques et du zinc pour lutter contre la
diarrhée ou pour réduire la durée des symptômes et le transport du vibrio.
Classification des patients
Premier choix
Second choix
Adultes (sauf femmes
enceintes)
Doxycycline: 300 mg oralement
en une dose
Azithromycine : 1 g en une seule dose
Tétracycline : 500 mg 4 fois par jour
pendant 3 jours
Érythromycine : 500 mg 4 fois par
jour pendant 3 jours
Femmes enceintes
Azithromycine : 1 g en une
seule dose
Érythromycine : 500 mg 4 fois par
jour pendant trois jours
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Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Enfants >12 mois et
capables d’avaler des pilules
et/ou des comprimés
Azithromycine : 20 g/kg en une
seule dose
Tétracycline : 12,5 mg/kg 4 fois par
jour pendant 3 jours
Érythromycine : 12,5 mg/kg 4
fois par jour pendant 3 jours
Doxycycline : de 2 à 4 g/kg en
une seule dose**
Enfants < 12 mois et autres
patients incapables d’avaler
des pilules et/ou des
comprimés
Suspension orale
d’azythromycine : 20 g/kg en
une seule dose
Suspension orale de tétracycline : 12,5
mg/kg 4 fois par jour pendant 3 jours
Suspension orale
d’érythromycine : 12,5 mg/kg 4
fois par jour pendant 3 jours
Suspension orale de
doxycycline : de 2 à 4 g/kg en
une seule dose**
** Doxycycline est sans danger pour le traitement du choléra chez les enfants à la dose recommandée.
L’Organisation panaméricaine de la Santé recommande la doxycycline comme choix de seconde ligne du
fait de sa disponibilité limitée dans la région et pour éviter une utilisation excessive chez les enfants dans
le futur.
•
•
•
Ces recommandations reposent d’une part sur le profil de résistance aux antibiotiques des
isolats de V. cholerae dans l’épidémie de choléra en Haïti, déclaré le 28 octobre 2010, et
d’autre part sur la disponibilité des médicaments sur le terrain.
Des options de premier et de second choix sont disponibles. Le choix des antibiotiques
doit se faire au cas par cas et en fonction de leur disponibilité.
Bien que la ciprofloxacine se soit montrée efficace dans d’autres épidémies de choléra,
les isolats de V. cholerae identifiés en Haïti présentent une résistance susceptible
d’entraîner rapidement une résistance à la ciprofloxacine, si celle-ci est utilisée à grande
échelle pour lutter contre le choléra en Haïti.
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Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Supplémentation en zinc
La supplémentation en zinc réduit de manière significative la sévérité et la durée du choléra chez les
enfants ainsi que des autres maladies diarrhéiques de l’enfance.
• La supplémentation en zinc (de 10 à 20 mg de zinc par voie orale par jour) devrait être initiée
immédiatement si disponible et continuée aussi longtemps que la diarrhée dure.
Identifier et traiter les complications
Les complications de la thérapie de réhydratation pour le traitement du choléra sont inhabituelles mais
elles ne sont pas rares. Les cliniciens devraient être conscients de ces complications et de l’approche de
leur prise en charge. La possibilité de ces complications ne devrait pas empêcher une thérapie de
réhydratation agressive chez les patients souffrant du choléra.
Hypoglycémie
Après la déshydratation, l’hypoglycémie est la complication létale la plus commune du choléra chez les
enfants. L’hypoglycémie est le résultat d’une prise de nourriture diminuée durant une maladie aiguë.
Une prise précoce de SRO et la réinitialisation de l’alimentation peuvent prévenir l’hypoglycémie. Pour
les patients sous réhydratation par IV qui peuvent boire sans difficulté, donnez des SRO oralement
aussitôt que possible.
En cas d’hypoglycémie suspectée (léthargie, convulsions, yeux retournés dans l’orbite, etc.), administrez
1ml/kg de glucose à 50 % par injection IV lente.
Œdème pulmonaire aigu
L’œdème pulmonaire aigu est associé à une hydratation excessive causée par une réhydratation IV
excessive. Elle représente un risque chez les personnes âgées, les jeunes enfants et les patients sévèrement
anémiques. L’utilisation de chlorure de sodium à 0,9 % au lieu du liquide de Ringer peut également être
un facteur contributeur.
La réhydratation par voie orale ne cause pas d’œdème pulmonaire.
Les signes de surcharge en fluide par IV comprennent : une toux sèche, une dyspnée, des paupières
gonflées chez les enfants, une fontanelle gonflée chez les nourrissons, un œdème dans les membres
inférieurs et des crépitations à l’auscultation.
Prise en charge :
•
•
•
•
Mettez le patient en position semi-assise, les jambes pendantes hors du lit.
Réduisez le débit de la perfusion autant que possible.
Administrez du furosémide (si disponible) par injection IV lente :
o Enfants : 1 mg/kg/injection
o Adultes : 40 mg/kg/injection
Si nécessaire, répétez la même dose après 15 minutes, en fonction de l’état du patient (dose
maximale chez l’adulte : 250 mg).
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Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Insuffisance rénale (anurie)
Cette rare complication se produit lorsque le choc n’est pas corrigé rapidement. La miction recommence
normalement dans les 6 à 8 heures après le début de la réhydratation. Les patients devraient être surveillés
pour s’assurer d’une miction avant leur décharge du Centre de Traitement du Choléra (CTC). Si la
miction n’a pas recommencé, vérifiez que le patient est correctement réhydraté et essayez 1 mg/kg de
furosémide (si disponible) par IV sous surveillance médicale étroite.
Hypokaliémie
Une hypokaliémie devrait être suspectée en cas d’épisodes répétés de crampes douloureuses. Ceci peut se
produire après les 24 premières heures de réhydratation par IV si le patient ne mange pas ni ne boit de
SRO (les SRO fournissent suffisamment de potassium).
En cas de crampes, essayez de corriger avec des SRO.
Diagnostic de laboratoire
Le diagnostic en laboratoire du choléra est effectué afin d’établir la cause de cas individuels sporadiques.
Au début d’une large flambée épidémique, le diagnostic de laboratoire est important pour vérifier la
présence du choléra dans une région et pour déterminer la résistance aux antibiotiques de la souche en
circulation. Mais une fois la présence du choléra établie, il n’est pas nécessaire d’effectuer des cultures
pour chaque cas. À la fin de la flambée épidémique, les tests en laboratoire peuvent être utiles pour établir
que les maladies diarrhéiques encore présentes ne sont pas le choléra. Un test diagnostic rapide de terrain
peut aider à identifier les patients à échantillonner pour un diagnostic définitif. Un diagnostic définitif du
choléra dépend de l’isolation de l’organisme dans le laboratoire de microbiologie ou de la mesure
d’anticorps spécifiques à l’organisme. Une fois la présence du choléra établie dans une région, il n’est
plus nécessaire de continuer le test pour tous les patients. Suite à la confirmation du choléra dans une
région, les agents de la santé publique peuvent diriger les cliniciens vers certaines installations afin
d’obtenir une culture périodique d’un petit nombre de cas, qui peuvent montrer s’il existe des
modifications dans le profil de résistance aux antibiotiques.
Collection des spécimens pour le diagnostic bactériologique
Un spécimen de selles ou un prélèvement rectal devrait être mis en culture. Le spécimen devrait être
obtenu avant l’administration d’antibiotiques au patient. Si un spécimen de selles est collecté, il devrait
être prélevé sur des selles fraîches, non obtenues d’un seau ou d’un bassin de lit dans lequel il peut être
mélangé à un désinfectant. Une quantité équivalente à au moins 25 g est suffisante, prélevée dans une
coupe stérile avec un couvercle vissé. Si le laboratoire est à plus de 30 minutes, trempez un écouvillon de
coton stérile dans les selles et placez le fermement dans le milieu de transport Cary-Blair pour le transport
vers le laboratoire. Brisez le haut du bâtonnet de l’écouvillon, vissez le bouchon du tube contenant le
milieu Cary-Blair et étiquetez le tube avec le nom du patient, la date du prélèvement et le nom du centre
de santé. Pour les échantillons d’écouvillonnage rectal, insérez l’écouvillon de coton stérile dans l’anus, le
faire pivoter, assurez-vous qu’il y a de la matière fécale et insérez-le dans le Cary-Blair avant de
l’étiqueter comme ci-dessus. Transportez l’échantillon à température ambiante ou inférieure. L’utilisation
d’une glacière pour le transport évitera à l’échantillon de devenir trop chaud.
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Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Le personnel de laboratoire doit être informé que le choléra est suspecté afin de pouvoir utiliser un milieu
agar sélectif approprié, tel que le TCBS, qui améliore grandement les chances de cultiver l’organisme.
TCBS signifie Thiosulfate, Citrate, sels de Bile et Saccharose.
Cette photo montre les colonies translucides de V.
cholerae O1 se développant sur le milieu agar TCBS. Les
colonies caractéristiques peuvent être sélectionnées,
cultivées à nouveau sur un milieu agar standard et
agglutinées dans un anti-sérum polyvalent O1 aux fins
d’identification présomptive rapide due V. cholerae O1.
Des tests de diagnostic rapide sont disponibles pour le choléra. Ils détectent l’antigène du Vibrio cholerae
à partir des spécimens de selles. Des selles liquides fraîches collectées dans des contenants propres avec
des couvercles étanches bien fermés peuvent être transférés dans un tube à essai dans lequel la bandelette
réactive du test est insérée. Les résultats du test sont disponibles en 15 à 20 minutes. Les tests de
diagnostic rapide pour le choléra peuvent être utilisés dans les stages précoces d’une flambée de choléra
pour en confirmer l’étiologie.
Le diagnostic peut également être effectué grâce à la sérologie en mesurant les anticorps vibriocides dans
des laboratoires spécialisés, bien que ceci ne soit habituellement pas employé dans une situation de
flambée dans laquelle le diagnostic a déjà été confirmé par culture. Un spécimen prélevé dans les 5
premiers jours de la maladie peut être comparé à un autre spécimen prélevé au quatorzième jour, jour
auquel les anticorps vibriocides seront présents en plus grand nombre, ou un spécimen au pic de la
maladie peut être comparé à un spécimen prélevé deux mois après le début de la maladie, lorsque le
niveau des anticorps sera retombé à des niveaux faibles. Les cliniciens n’ont pas besoin de prélever du
sang pour un test sérologique car il est peu probable que cela soit nécessaire dans la plupart des situations
de flambées épidémiques.
Surveillance
La surveillance consiste en la collection, l’analyse et l’interprétation systématiques des informations. Un
système de surveillance adéquat rend possible la détection précoce des flambées de choléra de manière à
les contrôler rapidement et à sauver des vies. La surveillance permet au personnel de la santé :
• de détecter les flambées tôt ;
• d’estimer combien de personnes tombent malades et meurent ;
• de savoir quand et où la maladie sévit ;
• de voir si la maladie se propage et où ;
• d’estimer les besoins en termes d’approvisionnement et de personnel ;
• d’évaluer si les mesures de contrôle sont efficaces.
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Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Définition d’un cas
La définition d’un cas est une description standard d’une maladie. Lorsque tout le personnel de santé
utilise la même description d’une maladie, il est plus facile de compter le nombre de cas d’une maladie et
de détecter les flambées. Le choléra devrait être considéré lorsqu’un patient âgé de 5 ans ou plus
développe une maladie diarrhéique aiguë, avec ou sans vomissement. Un cas de choléra est confirmé
lorsque Vibrio cholerae O1 est isolé chez un patient souffrant de diarrhée. Les définitions de cas aux fins
de surveillance en Haïti sont les suivantes :
Cas suspect : maladie diarrhéique aiguë chez une personne dans un département non affecté
Cas : maladie diarrhéique aiguë chez une personne dans un département affecté
Département affecté par le choléra : un département dans lequel un cas ou plus de choléra ont été
confirmés par des tests en laboratoire.
Département non- affecté par le choléra : un département dans lequel aucun cas de choléra n’a été
confirmé par des tests en laboratoire. La désignation des départements affectés et non affectés en Haïti
est ultimement du ressort du Ministère de la Santé publique et Population (MSPP).
Directives pour déterminer si un département est affecté par le choléra :
•
Dans un département non affecté, si un patient se présente avec une diarrhée aqueuse aiguë et une
déshydratation grave ou en cas de décès résultant d’une maladie diarrhéique aiguë, le personnel de
santé devrait en informer le MSPP/DELR et prélever les selles d’un nombre de patients inférieur ou
égal à 10 répondant à ces critères.
•
Pour les hôpitaux équipés du test de diagnostic rapide, effectuez le test de diagnostic rapide sur 10
spécimens.
•
Si 30 % ou plus des tests de diagnostic rapide sont positifs pour le choléra, envoyez les échantillons
de selles liquides et si possible, des prélèvements de tous les échantillons de selles sur un milieu de
transport Cary Blair au LNSP, accompagnés des informations et identifications complètes pour
chaque échantillon et prélèvement. Pour les hôpitaux non équipés de tests de diagnostic rapide, les
échantillons de selles peuvent être envoyés au LNSP pour un test de culture.
•
En attendant les résultats du LNSP, prenez en charge tous les patients comme s’ils souffraient du
choléra.
•
Si Vibrio cholerae O1 est isolé des selles de 1 ou de plusieurs patients, la zone sera considérée
comme une zone dans laquelle le choléra a été confirmé.
Collecte des données et rapportage (ces instructions reposent sur les directives
actuelles du MSPP)
Tous les centres de santé devraient maintenir des enregistrements quotidiens du nombre de nouveaux
cas et de décès dans leurs locaux..
Il est fortement recommandé que le nombre quotidien de cas et de décès dus à un choléra suspecté soit
enregistré dans chaque centre de santé. Veuillez utiliser le formulaire de signalement de l’institution
émanant du MSPP (Voir Annexe 1). Ce formulaire comporte trois catégories : les cas d’hôpital, les décès
à l’hôpital et les décès dans la communauté. Les nombres dans ces catégories de cas sont divisés en 2
groupes d’âge, à savoir les personnes âgées de moins de 5 ans et les personnes âgées de 5 ans ou plus.
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Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Utilisez le registre
•
•
•
Utilisez votre registre hospitalier pour la collecte de données. Il sera nécessaire si des
enquêtes plus approfondies sont menées sur le site.
Pour chaque cas présentant une diarrhée liquide et aiguë, les registres doivent
comprendre le nom, l’âge, le sexe, le domicile, les symptômes, la date d’admission, le
traitement administré, la sévérité de la maladie et le résultat.
Enregistrer les lieux où se trouvent les cas de choléra soupçonnés permettra d’identifier
les nouvelles zones à risque.
Flux de données
Les centres de santé devraient rapporter les données de surveillance du formulaire de rapport de
l’institution pour les patients présentant des symptômes de maladie diarrhéique aiguë à votre Unité
communale de santé ou à l’épidémiologiste du département. L’Unité communale de santé ou
l’épidémiologiste du département compilera le nombre quotidien de cas et de décès suspects que vous
avez enregistré à votre CTC et rapportera les nombres cumulatifs de cas et de décès au MSPP.
Le rôle du personnel sanitaire au niveau de la clinique dans le cadre de la surveillance est de :
• collecter les informations ;
• remplir et d’envoyer les formulaires dans les plus brefs délais.
Les informations de surveillance que vous fournissez seront utilisées par les autorités de la santé afin
d’identifier les nouvelles zones affectées par le choléra et de contrôler rapidement les flambées dans les
zones déjà affectées. Rappel : La surveillance signifie collecter mais aussi utiliser les données.
Prévention du choléra dans les foyers
Les recommandations suivantes décrivent la prévention de la transmission du choléra au sein d’un foyer
une fois qu’un membre de la famille a été diagnostiqué pour la maladie. (Voir également les annexes XX, pages xx Promotion de la santé)
Éducation des membres de la famille. Apprenez-leur à :
• boire et à utiliser de l’eau potable ;
•
•
•
•
•
se laver les mains au savon et à l’eau ;
utiliser les latrines ou à enfouir les selles ; à ne pas déféquer dans un point d’eau ou une eau de
surface ;
cuire la nourriture complètement (en particulier les fruits de mer et les poissons), à la maintenir
recouverte, à la manger chaude et à peler les fruits et les légumes* ;
nettoyeravec précaution , la cuisine et les endroits où la famille se lave et lave les vêtements ;
boire des SRO et à se rendre à la clinique rapidement en cas d’apparition de diarrhées.
Prophylaxie chimique des membres de la famille :
• non recommandée.
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Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Vaccins
Deux vaccins anticholériques oraux sont actuellement disponibles sur le marché. Tous deux sont
des vaccins à germes entiers tués et administrés en deux doses. Le vaccin Dukoral est fabriqué en
Suède et présélectionné par l’OMS. Le vaccin Shanchol est fabriqué en Inde et n’est pas
présélectionné par l’OMS. (La présélection par l’OMS est nécessaire pour l’achat de vaccins à
l’aide des fonds des Nations Unies, du gouvernement américain et éventuellement d’autres
donneurs.) Les vaccins anticholériques sont surtout prescrits aux voyageurs se rendant dans des
pays touchés par le choléra. Leur recours est limité dans un contexte épidémiologique. L’OMS a
mis à jour ses recommandations sur le recours aux vaccins contre le choléra en mars 2010. Elle
conseille d’avoir recours à un outil décisionnel pour l’utilisation des vaccins en cas de crise. Les
précédentes campagnes de vaccination massive contre le choléra au Soudan et en Indonésie ont
mis en évidence les importants défis logistiques et opérationnels liés au recours à de tels vaccins
en période de crise (voir la liste ci-dessous). Lors de la phase initiale de l’épidémie en Haïti,
l’OMS et l’Organisation panaméricaine de la santé (OSP) ont recommandé de ne pas recourir au
vaccin. Cependant, cette option pourrait être envisagée à l’avenir en Haïti.
Préoccupations concernant le vaccin
•
•
•
•
•
•
•
•
Chaîne du froid obligatoire (réfrigération)
Administration de deux doses avec un intervalle de 7 à 14 jours (3 doses de Dukoral sont
requises pour les enfants entre 2 et 5 ans)
Efficacité de protection de 67 à 85 %, l’immunité est acquise une semaine après la
seconde dose
Durée de protection limitée (environ 2 ans)
Ne réduit PAS la sévérité de la maladie chez les personnes qui développent le choléra
Peut donner une fausse sensation de protection aux personnes vaccinées, qui peuvent
ainsi ignorer les mesures préventives plus importantes et plus efficaces
La vaccination des membres de la famille exposés au choléra n’empêche PAS la
transmission infectieuse, car la protection immunitaire prend 2 à 3 semaines
Le rôle des vaccins dans la lutte contre la propagation épidémiologique du choléra n’a
pas été prouvé
Centre de Traitement du choléra (CTC)
Quand ouvrir un CTC
Lors d’une flambée de choléra, la plupart des patients peuvent être traités dans les centres de santé
existants. Toutefois, au cours de certaines flambées, en particulier de choléra, les autorités sanitaires
peuvent décider d’installer un Centre de traitement du choléra (CTC) temporaire, au sein même d’un
21
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
centre existant ou dans une zone séparée. L’objectif d’un CTC est de fournir un traitement rapide et
efficace pour de nombreux patients. Un CTC n’est pas utilisé pour placer les patients en quarantaine.
Aucune règle stricte n’existe lorsqu’il s’agit de décider quand installer un CTC et le lieu idéal pour ce
centre. Toutefois, l’expérience suggère qu’un centre de traitement temporaire est habituellement
nécessaire lorsque :
a) un grand nombre de patients présentant une maladie diarrhéique aiguë accompagnée de décès est
signalé dans une région où l’accès aux centres de santé les plus proches est difficile ;
b) une épidémie de maladie diarrhéique aiguë couvre une large zone et se propage ;
c) des catastrophes naturelles et une flambée de diarrhée se produisent simultanément dans de
nombreuses régions, comme dans le cas d’épidémies après un ouragan.
Établir un CTC nécessite l’identification de sites adaptés, l’organisation du circuit des patients, un
approvisionnement préalable, des stocks de médicaments et autre matériel et un contrôle de l’infection.
Position géographique
Comment choisir un site pour un CTC
L’objectif spécifique de l’opération d’un CTC est d’amener les services de soins d’urgence aux portes des
patients qui auraient autrement un risque de mortalité au cours des épidémies de choléra. Étant donné les
ressources limitées disponibles, fournir des services de soins de porte-à-porte dans ces situations
d’urgence sera difficile.
Un CTC devrait être en place dans un lieu où les patients peuvent être traités de manière adéquate et qui
peut est facilement accessible. Plus le CTC est proche des patients, plus le taux de mortalité tend à être
bas. Le CTC pourrait être un centre de santé existant ou un bâtiment existant, comme une école ou une
salle de réunion. Si aucun bâtiment adapté n’existe, le CTC pourrait être installé dans une tente dans un
champ. Les autorités sanitaires et les communautés devraient être impliquées dans le choix des sites
et leur préparation. Le CTC ne devrait pas se situer à proximité d’un point d’eau ou d’une autre
structure à fonction publique (par ex. école, dispensaire, marché).
Lors de la planification, considérez les caractéristiques suivantes (ou si elles peuvent être arrangées
rapidement) :
• bonne évacuation des eaux loin du site (ne pas sélectionner des terrains inondables ou des
dépressions) ;
o bon accès pour les patients et les fournisseurs (considérez la distance et l’accès au
transport) ;
o distance minimale de 100 m par rapport au marché ;
o distance minimale de 40 m en sols sableux ou de 15 m en sols argileux par rapport à un
point d’eau ;
o distance minimale de 100 m par rapport aux autres bâtiments et habitations ;
• facile à nettoyer ;
• ventilation ;
• éclairage (idéalement l’électricité) en particulier dans les services hospitaliers ;
• dispositif en place pour l’élimination des excréments, des vomissures, des déchets médicaux et
autres ;
• installations sanitaires et de lavages des mains pratiques ;
• sol en béton ou, dans le cas d’une structure temporaire, sol recouvert d’un film plastique ;
22
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
•
espace adéquat
o capacité des services = 2,5 m2 par patient + 1 aidant
o une tente de 29 m2 peut contenir 10 patients + leurs aidants
o une tente de 82 m2 peut contenir 30 patients + leurs aidants.
Les CTC peuvent être ouverts et fermés très rapidement, en fonction des résultats épidémiologiques:
N’hésitez pas à déplacer un CTC d’un lieu à un autre si nécessaire. La flexibilité doit être maintenue tout
au long de l’épidémie.
Unités de traitement du choléra (UTC)
Si les zones touchées par le choléra sont trop éloignées d’un centre de traitement du choléra
(CTC), l’accès aux soins risque d’être problématique. Dans ces conditions, une unité de
traitement du choléra (UTC) peut être ouverte. L’UTC est une solution intermédiaire qui permet
aux personnes gravement atteintes de recevoir une hydratation IV. En règle générale, les UTC
possèdent entre 20 et 30 lits. La plupart d’entre elles comptent peu de médecins, voire aucun, 2 à
3 infirmières, 2 à 3 aides-soignants et un personnel d’assistance auxiliaire. Le plus souvent, les
UTC sont équipées pour traiter le choléra par voie orale ou par hydratation IV chez des patients
légèrement à modérément malades. Néanmoins, les cas sévères et compliqués doivent faire
l’objet d’un transfert (après stabilisation) vers un CTC.
Les UTC reproduisent la même structure organisationnelle que les CTC et suivent les mêmes
règles pour les flux de patients et les mêmes pratiques d’hygiène. Les UTC peuvent être ouvertes
et fermées rapidement et peuvent être déplacées en fonction des découvertes épidémiologiques.
Dans les grandes zones rurales, plusieurs UTC peuvent être requises, en particulier en cas de
longues distances ou de terrains accidentés entre les CTC.
Points de réhydratation orale (PRO)
Les PRO sont des stations satellites destinées à traiter la forme la plus simple du choléra. Beaucoup de
centres médicaux, en particulier dans les régions rurales, n’ont pas la capacité de prendre en charge un
grand nombre de patients. Les PRO ont deux objectifs : réduire la pression sur les CTC surchargés et trier
les patients gravement déshydratés pour diriger certains patients vers le CTC. Ils peuvent être
décentralisés au niveau de la communauté et être le premier point de contact dans les régions où les CTC
ou les centres de santé tertiaires n’existent pas. Ils sont habituellement opérés par les agents sanitaires des
collectivités qui devraient recevoir une formation et de l’approvisionnement régulier pour pouvoir
atteindre les objectifs donnés (voir Annexe I).
Il est préférable d’avoir un seul CTC et plusieurs PRO plutôt que de multiplier les CTC. Un CTC opère 24
heures sur 24, les PRO peuvent opérer de 12 à 24 heures par jour.
Organisation
Vous ne pouvez probablement pas modifier l’arrangement d’un bâtiment, mais planifiez afin de tirer le
meilleur parti de l’espace disponible (voir figure 1). Le CTC est organisé en zones séparées, selon deux
principes clés :
• isolation de l’installation complète des autres structures publiques (dispensaire, école, marché) ;
• séparation des patients (zone contaminée) de la « zone neutre » (non contaminée).
23
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Le circuit des patients et du personnel devrait accommoder ce qui suit :
• Soins des patients
o un service d’entrée/observation ;
o un dispositif pour administrer les SRO ;
o un service pour les patients qui sont très malades et requièrent des soins intensifs ;
o un service pour les convalescents.
• Salle(s) de stockage ; salle du personnel
• Prévention et hygiène
o zones de lavage et de nettoyage, zone de lingerie ;
o stations pratiques pour le lavage des mains ;
o traitement de l’eau, préparation de la solution chlorée ;
o cuisine (si possible).
• Environnement et déchets
o toilettes (latrines) ;
o élimination des déchets de manière appropriée (incinérateur, poubelles) ;
o morgue.
• Sécurité
o gardien pour le contrôle du flux des informations et des patients ;
o barrières ;
o
protection des stocks (nourriture, médicaments, approvisionnements).
Figure 1 : Plan schématique d’un CTC (directives pour installer un CDC)
24
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Voir l’Annexe II pour les plans schématiques supplémentaires de CTC.
Fonctions remplies dans le CTC
La conception peut être adaptée à la situation, mais 4 zones doivent être bien délimitées afin de respecter
le flux d’air propre ainsi que pour limiter la propagation de l’infection :
• zone d’admission et de triage dans laquelle les nouveaux arrivants doivent passer pour le triage
et l’enregistrement ;
• zone d’observation où les patients avec une déshydratation modérée reçoivent une thérapie de
réhydratation orale ;
• zone d’hospitalisation où les patients présentant une déshydratation grave et/ou des
vomissements sont traités par hydratation IV ou orale ;
• zone neutre pour la cuisine, les stocks, les vestiaires et la salle de repos pour le personnel ;
• zone de convalescence où les patients hospitalisés sont dirigés après la zone d’hospitalisation
pour une réhydratation orale continue après un changement de catégorie d’une déshydratation
grave à une déshydratation légère ou modérée.
Un lit idéal pour les centres de traitement des diarrhées
CORDE
BOIS
POUR LES SELLES
POUR LE VOMI
Lit pour les patients atteints du choléra : un lit
avec un trou pour le passage des selles. Couvrez
le lit avec un film en plastique ou des matelas
en plastique renforcé. Il est possible d’utiliser
des matelas fabriqués à partir de matières
naturelles, cependant il serait difficile de
nettoyer après chaque patient. Un seau devrait
être placé sous le lit pour récupérer les selles et
un autre seau est placé à côté du patient pour
récupérer le vomi. (Lorsqu’il est impossible
d’obtenir ou de fabriquer des lits, des matelas
renforcés peuvent être placés directement au
sol, au dessus d’un trou (de 20 x 30 cm).
Creusez un trou pour les selles et un autre pour
le vomi.
Approvisionnements et ressources
Le principe clé est d’éviter d’être à court de stock. Faites une liste détaillée des provisions par charge de
patient afin d’obtenir des estimations pour votre centre. Le nombre de cas anticipé et les délais dans
l’accès aux provisions devraient être pris en considération dans cette estimation. Les provisions
comprennent le matériel médical pour la réhydratation et les autres traitements, les installations d’eau, le
chlore pour la désinfection et tout le matériel logistique requis pour équiper un CTC. En outre, les
fournitures de bureau, les registres, etc. sont nécessaires ainsi que les sacs mortuaires et les draps pour les
corps des patients décédés.
25
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Approvisionnement initial
Un kit de maladie diarrhéique permet de traiter : 100 cas graves de choléra (fluides IV et
antibiotiques au début du traitement et SRO au cours de la phase de convalescence) ; 400 cas
légers ou modérés de choléra dans un(e) CTC/UTC ou dans un point de réhydratation orale
(PRO) ; et 100 adultes et 100 enfants affectés par d’autres agents infectieux entraînant des
diarrhées (Annexe V).
Un kit de maladie diarrhéique fournit un traitement pour :
•
•
•
100 cas graves de choléra (fluides IV et antibiotiques au début du traitement et SRO au cours de
la phase de convalescence) ;
400 cas légers ou modérés de choléra dans un CTC ou un point de réhydratation orale (PRO)
100 adultes et 100 enfants affectés par d’autres agents infectieux entraînant des diarrhées.
Le kit contient quatre modules séparés. Pour être prêt, il est conseillé de commander un kit complet bien
que chaque module puisse être commandé séparément, en fonction de la disponibilité locale des
différentes composantes.
Module de base :
•
•
•
•
Médicaments
o SRO, ainsi que le liquide de Ringer pour 10 cas graves uniquement (avec une moyenne
de huit litres par patient)
o choléra : doxycycline (65 adultes), érythromycine (60 enfants), ciprofloxacine ;
comprimés de zinc (250 enfants)
o désinfectant
Intrants, y compris les écouvillons de culture
Équipements
Documents sur la prise en charge des maladies diarrhéiques dans les situations d’urgence
Module SRO :
•
SRO pour 400 patients atteints du choléra ne présentant aucune déshydratation ou une
déshydratation modérée. Ce matériel couvre les besoins de deux PRO.
Module de perfusion :
•
•
liquide de Ringer avec le dispositif de perfusion pour 90 cas graves de choléra (avec une
moyenne de huit litres par patient)
Dans le cas d’un achat local, le liquide de perfusion ET le dispositif de perfusion doivent être
commandés.
Module de support :
•
articles non médicaux nécessaires au fonctionnement d’un CTC
26
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Maintenir l’approvisionnement au-delà du kit initial
Pour éviter toute pénurie, quelques principes clés s’imposent :
1.
2.
Évaluer les capacités de stockage : L’espace physique disponible pour le stockage
détermine les capacités de stockage des CTC/UTC. Lors de la construction et de la
conception d’un(e) CTC/UTC, il faut veiller à prévoir un espace suffisant pour
stocker les approvisionnements (y compris le stock initial, les
réapprovisionnements, et un stock régulateur pour 3 à 14 jours). Il est impératif de
protéger les zones de stockage contre le crime et les intempéries.
Réaliser l’inventaire des stocks (décompter périodiquement les approvisionnements) : Le
personnel doit effectuer régulièrement un inventaire des approvisionnements,
notamment des approvisionnements critiques, le cas échéant. L’utilisation de
feuilles de suivi pour les approvisionnements critiques en stock et l’inscription des
dates auxquelles les approvisionnements ont été utilisés permettront de conserver
un niveau adéquat d’approvisionnements dans les CTC/UTC.
3.
Vitesse de consommation : Vous devez définir régulièrement la vitesse de consommation
(par exemple, le nombre d’approvisionnements clés utilisés par jour). Voici une
liste de données essentielles à surveiller :
1.
Nombre de patients hospitalisés consultés par jour
2.
Nombre de patients externes consultés par jour
3.
Nombre de sachets de SRO utilisés par jour
4.
Nombre de sachets de lactate de Ringer utilisés par jour
5.
Nombre de doses d’antibiotiques utilisées par jour
4.
Délai nécessaire pour le réapprovisionnement : Représente le délai nécessaire à la
réception d’un bon de réapprovisionnement par les CTC/UTC après une commande.
Ce délai varie selon les fournisseurs et/ou le type d’approvisionnement requis. Il
varie également en fonction de l’instabilité politique d’un pays, des intempéries ou
des ruptures de stock au niveau national. La personne chargée de la logistique ou
des approvisionnements doit connaître le fonctionnement des commandes et les
protocoles de communication en vigueur avec les fournisseurs.
5.
Capacité en cas de surcharge : Les CTC/UTC doivent anticiper les hausses soudaines
(surcharges) du nombre de patients nécessitant des soins. La surveillance continue
des tendances concernant le nombre de patients consultés chaque jour et la vitesse
de consommation des approvisionnements critiques permet aux CTC/UTC
d’identifier les surcharges de patients. Si ces tendances montrent que les CTC/UTC
traitent un nombre croissant de patients, les commandes d’approvisionnement
doivent être ajustées en conséquence.
6.
Approvisionnements critiques : Vous devez surveiller minutieusement les
approvisionnements critiques dont l’absence entraînerait une dégradation
significative des soins médicaux apportés aux patients. Idéalement, les CTC/UTC
ne doivent jamais manquer d’articles d’approvisionnements critiques. Tous les
27
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
approvisionnements critiques peuvent être stockés à température ambiante pendant
deux ans. Les approvisionnements critiques comprennent les articles suivants :
1.
Lactate de Ringer
2.
Perfuseuse IV
3.
Canules IV
4.
Solution de réhydratation orale
5.
Doxycycline
6.
Azithromycine
7.
Zinc
8.
Aquatabs
9.
HTH
10. Désinfectant (par exemple, de l’iode)
11. Savon
12. Gants en latex/nitrile
13. Sondes nasogastriques
14. Bandes
15. Sacs mortuaires
16. Tampons de coton hydrophile
7.
Stock régulateur : Le stock régulateur est un excédent des approvisionnements essentiels
ou d’urgence entreposés dans les CTC/UTC. Il permet aux CTC/UTC de fournir des
soins adaptés aux patients en cas de surcharges soudaines ou de problème de
livraison ou d’acquisition d’approvisionnements critiques. Le volume du stock
régulateur requis peut varier ; l’approvisionnement peut suffire pour 3 à 14 jours, en
fonction de la fréquence de réapprovisionnement, du délai de réapprovisionnement
et des capacités de stockage.
8.
Unités dépendantes (par exemple, les PRO) : Les CTC/UTC doivent comptabiliser les
besoins d’approvisionnement des PRO ou des autres établissements à proximité qui
dépendent des approvisionnements des CTC/UTC. Les personnes chargées de la
logistique et des stocks doivent recevoir régulièrement des informations sur
l’inventaire et la vitesse de consommation de la part des PRO. Les CTC/UTC
doivent gérer le stock régulateur et le stock prévu en cas de surcharge de patients
pour ces établissements.
Besoins en ressources humaines
Le personnel d’un CTC doit être composé de travailleurs sanitaires (médecins, infirmières et
aides-soignants) formés pour traiter les cas de diarrhée. Outre son personnel clinique, le CTC a
besoin de personnel non clinique, notamment des travailleurs administratifs, des nettoyeurs, des
gardes, des personnes chargées de la pulvérisation, des éducateurs sanitaires et des magasiniers.
Il est crucial de planifier les ressources humaines de façon à disposer de plusieurs équipes par
jour (par exemple, avec trois périodes de travail de huit heures par jour) et de prévoir des congés
occasionnels.
28
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Les UTC doivent aussi compter des travailleurs sanitaires et du personnel non clinique. De
nombreuses UTC n’ont pas de médecins : les soins cliniques sont pris en charge par des
infirmières, des aides-soignants et des travailleurs de santé communautaires.
Au sujet des travailleurs de santé communautaires (TSC) basés dans les CTC, les UTC ou les
PRO : Bien que de nombreux TSC pensent que leur rôle consiste principalement à « soigner » les
patients atteints du choléra, ils ont également des responsabilités en matière de prévention et de
contrôle des opérations. Les TSC, le personnel chargé de l’hygiène du milieu, le personnel des
laboratoires et les éducateurs sanitaires constituent une équipe qui doit se préparer aux épidémies
et savoir y répondre. Si un établissement de santé est préparé convenablement, son personnel
peut continuer à fournir les services habituels en cas d’épidémie. En cas d’épidémie, certains
membres du personnel peuvent être réaffectés au traitement des patients dans l’établissement de
santé ou envoyés dans un CTC, un UTC ou un PRO.
Instructions pour le personnel :
CTC Modèle 1
(Patient
hospitalisé
uniquement)
Conçu pour soigner
50 patients
% de patients hospitalisés
Coordonnateur/Superviseur de
CTC
100 %
CTC Modèle 2
(Patient hospitalisé
et patient externe)
50 lits + SRO pour
50 patients en
observation
50 %
1
UTC Modèle
(Patient externe)
20 patients*
10 %
1
3
†
4
‡
*
15
††
20
‡‡
Infirmier
Aide-soignant (assistant
médical)
3
‡‡
15
††
20
‡‡
3
‡‡
Nettoyeur
3
†††
4
‡
3
†††
Éducateur sanitaire
Personne chargée de la
logistique
Personne chargée de la
pulvérisation/Garde
1
2
‡
1
1
Préposé à la buanderie
Personne chargée de
l’eau/assainissement
2
Magasinier
1
1
Commis
2
3
Médecin
3
3
†††
4
1
‡
3
†††
2
†††
4
‡
1
29
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
comptable/Travailleur
administratif
Chauffeur
Personnel d’assistance divers
(Facultatif)*
1
1
4
8
2
Total
55
75
16
50 à 55
65 à 75
14 à 16
Plage de personnel requise
*Certaines UTC peuvent hospitaliser les patients et doivent modifier la répartition du personnel,
le cas échéant.
**Peut inclure du personnel clinique supplémentaire, des cuisiniers, des transporteurs d’eau ou
de civières ou des travailleurs administratifs.
†1 jour, 1 nuit, 1 de repos
††1 infirmière pour 10 patients par période de 8 heures
†††1 par période de 8 heures
‡ 1 membre du personnel supplémentaire pendant la journée
‡‡ 1 infirmière pour 20 patients externes par période de 8 heures
Contrôle de l’infection
Au point d’entrée ou de sortie
Le point stratégique pour vaporiser les pieds est à l’entrée et à la sortie du centre afin d’éviter la
contamination d’entrer ou de sortir du centre. Ceci contribue également à la sensibilisation du personnel
et des visiteurs à la contamination qu’ils transportent potentiellement dans les différentes zones.
Les bains de pieds sont inefficaces comme désinfectants car ils deviennent sales très vite. Par conséquent,
la vaporisation est préférable. Si des bains de pieds sont installés, des plateaux avec une serviette ou une
éponge imprégnée de solution chlorée à 0,5 % devraient être disponibles et ils devraient être changés
deux fois par jour ou lorsque la serviette est sale. La vaporisation et les bains de pied constituent
également des barrières importantes entre le monde extérieur et le centre.
Il est important de noter qu’après la préparation de la solution chlorée, les dépôts de calcium au fond du
conteneur ne devraient pas être utilisés, en particulier dans les vaporisateurs car ils engendreraient des
blocages. Des vaporisateurs adaptés pour résister à de fortes concentrations de chlore devraient être
utilisés.
À l’admission
• Les patients et les aidants doivent entrer par l’entrée réservée aux patients où leurs pieds ou leurs
chaussures seront désinfectés avec une solution à 0,5 %, dans un bain de pied ou, de préférence, par
vaporisation.
• On leur demandera alors de se laver les mains à l’entrée dans le conteneur fourni.
• Désinfectez le moyen de transport du patient avec une solution chlorée à 0,05 % (brancard, lit) ou à
0,5 % (véhicule)
• Trempez les vêtements du patient dans une solution chlorée à 0,05 % pendant 30 minutes, avant de
les rincer à l’eau propre et de les sécher au soleil.
30
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
• Restreignez et contrôlez les mouvements vers et au sein des services autant que possible.
• Établissez des stations de lavage des mains avec de l’eau traitée au chlore et du savon.
• Restreignez l’admission et/ou les soins à un aidant par patient.
Durant l’hospitalisation
• Lavez-vous les mains avec du savon et la solution chlorée (0,05 %) avant et après l’examen de
chaque patient.
• Des gants devraient également être mis à la disposition de ceux qui manipulent le sang, le chlore et
les solutions chlorées.
• Désinfectez les abris, les lits et les sols au moins deux fois par jour avec la solution chlorée à 0,5 %.
• Désinfectez les douches, les latrines et la zone de lavage avec une solution chlorée à 0,5 %.
• Éliminez les selles des patients dans des latrines spécifiques régulièrement désinfectées (2 %).
• Lavez et désinfectez (0,05 %) les vêtements et les linges de lit des patients souffrant du choléra
fréquemment et séparément.
• Les personnes s’occupant des patients ne devraient pas être autorisées à préparer ou à servir la
nourriture.
Au moment de la décharge
• Vaporisez ou lavez la personne, ses mains et ses vêtements avec la solution à 0,05 %.
• En cas de décès, lavez le corps avec une solution à 2 % dans une zone réservée, fermez les orifices du
corps avec du coton imprégné d’une solution chlorée (2 %) et enveloppez le corps dans un drap ou
placez-le dans un sac mortuaire s’ils sont accessibles.
• L’enterrement doit s’effectuer immédiatement.
Visiteurs
Si un membre de la famille reste avec le patient pour fournir des soins généraux et nourrir le patient, vous
pouvez avoir besoin de moins de personnel. Le personnel clinique devrait se concentrer sur le traitement
des patients et chercher des personnes qui peuvent s’occuper temporairement du travail de routine ou
administratif. Toutefois, le personnel professionnel et les agents sanitaires des collectivités devraient
former et superviser étroitement les aidants non professionnels.
Eau, hygiène et assainissement
Eau
Besoins en approvisionnement d’eau
•
•
•
Patients : 40 à 60 litres d’eau traitée sont nécessaires par patient et par jour pour la
consommation, le nettoyage, la toilette et la lessive.
Fournisseurs de soins : Au moins 15 litres d’eau traitée sont nécessaires par fournisseur
de soins et par jour.
Estimation des besoins quotidiens en eau par CTC :
Nombre de
patients
Besoins
quotidiens
Stock de 3 jours
Type de réservoir
10
600 l
1 800 l
Réservoir de 2 m3
31
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
50
3 000
9 000
Réservoir de 15 m3
100
6 000
18 000
Réservoir de 15 m3 + réservoir de
5 m3
200
12 000
36 000
Deux réservoirs de
15 m3 + réservoir de 5 m3
•
Les CTC/UTC doivent posséder à tout moment un stock d’eau suffisant pour 3 jours
Qualité de l’eau
• Toute l’eau de boisson doit être traitée (les niveaux de chlore sont testés régulièrement, voir
Annexe 4 pour les solutions chlorées).
• L’eau destinée à la consommation dans un CTC devrait être traitée au chlore pour achever une
concentration résiduelle de :
o 0,2 à 0,5 mg/l pour un pH < 8 ou
o 0,4 à 1 mg/l pour un pH ≥ 8.
• L’eau ne peut être traitée au chlore de manière efficace que si la turbidité (opacité du fluide) est <
5 unités néphélométriques de turbidité (NTU) et jusqu’à 20 NTU pour des périodes minimales
dans les situations d’urgence (les NTU sont mesurés par un néphélomètre calibré).
• Quantité de chlore par patient par jour pour tous les besoins (y compris le stockage et une réserve
en cas de besoin) : environ 100 g d’hypochlorite de calcium/patient/jour.
•
Stockage de l’eau potable L’eau potable est stockée séparément de l’eau réservée aux autres
usages.
• Si l’eau potable est stockée dans des contenants. Seuls des contenants d’eau potable devraient être
utilisés. Les caractéristiques suivantes d’un conteneur de stockage d’eau fourniront des barrières
physiques à la re-contamination et rendront le conteneur sûr pour le stockage de l’eau :
o Une petite ouverture avec un couvercle qui décourage les utilisateurs de placer des objets
potentiellement contaminés, comme les mains, des tasses ou des louches dans l’eau
stockée ;
o un robinet ou une petite ouverture pour permettre un accès facile et sûr à l’eau sans que
l’insertion des mains ou d’autres objets dans le conteneur ne soit nécessaire ; et
o une méthode de traitement de l’eau à une échelle appropriée, avec des instructions
affichées de manière permanente pour l’utilisation de la méthode de traitement et pour
nettoyer le conteneur.
o Si les contenants avec ces caractéristiques ne sont pas disponibles, des efforts devront
être entrepris pour former le personnel de santé pour accéder à l’eau en le versant des
contenants plutôt qu’en y plongeant un objet potentiellement contaminé.
Stockage de la solution chlorée
•
Il est conseillé qu’une seule personne soit responsable de la préparation des différentes solutions
chlorées pour chaque quart de travail.
32
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
•
•
•
Souvent, des contenants de 125 litres avec des robinets sont utilisés dans les centres. Ceux-ci
devraient être clairement marqués avec le titrage de la solution pour lesquels ils sont utilisés afin
d’éviter les accidents.
Des contenants de différentes couleurs peuvent également être utilisés pour signaler les
différentes concentrations.
Des quantités supplémentaires de toutes les solutions sont stockées dans une zone neutre.
Estimations des besoins journaliers en eau d’un CTC. (En principe, la quantité d’eau stockée dans un
CTC devrait être suffisante pour une période de 3 jours)
Nbre de patients Besoins journaliers (l) Stockage pour 3 jours (l)
Type de réservoir
10
600
1 800
Réservoir de 2 m3
50
3 000
9 000
Réservoir de 15 m3
100
6 000
18 000
Réservoir de 15 m3 + réservoir de 5 m3
200
12 000
36 000
2 réservoir de 15 m3 + réservoir de 5 m3
Hygiène
L’hygiène devrait être encouragée parmi le personnel pour le sensibiliser aux règles de l’hygiène et aux
dangers de ne pas les respecter. La promotion de l’hygiène devrait de concentrer sur :
• comment laver le lit d’un patient qui a été contaminé avec des excréments ou des vomissures ;
• le lavage des mains après s’être occupé de chaque patient ou après avoir manipulé des objets
contaminés ;
• le lavage des mains après avoir été à la selle ;
• le lavage des mains avant la manipulation ou la consommation de nourriture ;
• le port des vêtements de protection à l’entrée de la zone. À la sortie, les vêtements de protection
devraient être retirés dans le CTC pour lavage sur le site et non ramenés au domicile.
• Seul le personnel de cuisine est autorisé dans la zone des cuisines.
Vêtements de protection
Des vêtements de protection devraient être mis à la disposition de tout le personnel du centre, y compris
des bottes et des vêtements de protection qui peuvent facilement être enlevés avant de quitter le centre.
Des gants devraient également être mis à la disposition de ceux qui manipulent le sang, le chlore et les
solutions chlorées.
Hygiène alimentaire
Pour les CTC et les centres de santé avec des cuisines, des règles strictes devraient être mises en place
pour la préparation et le service de la nourriture, notamment :
• À l’entrée de la cuisine (à chaque fois), les mains doivent être lavées ;
• la nourriture doit être stockée de manière à n’être manipulée que par le personnel de cuisine ;
• seul le personnel de cuisine est autorisé dans la zone des cuisines ;
• seul le personnel de cuisine sert la nourriture ;
• désinfection des assiettes et des couverts en les trempant pendant 5 minutes dans un évier rempli
de solution chlorée à 0,2 % ; et
• la nourriture fournie par des parents doit être manipulée selon les mêmes critères d’hygiène.
Lingerie
La zone de lingerie devrait se situer près de la zone produisant le plus de déchets contaminés ; les
matériaux contaminés du CTC au complet, y compris les draps, les blouses et les vêtements de protection
33
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
devraient être lavés. Lorsque des machines à laver ou des éviers réservés à la lingerie ne sont pas
disponibles, de larges cuvettes en plastiques devront être mises à disposition.
•
•
Le linge de lit et les vêtements contaminés devraient être emmenés à la lingerie et lavés dans une
solution chlorée à 0,05 % (Source : OMS, WHO Cholera Outbreak Response, 2004).
o Si le chlore n’est pas disponible, le linge de lit et les vêtements du patient peuvent être
désinfectés en les remuant pendant 5 minutes dans de l’eau bouillante et en les séchant au
soleil.
o Le linge de lit, y compris les matelas, peuvent également être désinfectés en les lavant au
savon et en les faisant complètement sécher au soleil.
Afin de minimiser la contamination de la zone de lavage, les vêtements du patient et autres objets
peuvent être désinfectés en les séchant au soleil avant le lavage.
Nettoyage des locaux
Les sols du centre devraient être en béton ou recouverts d’un film de plastique pour faciliter le nettoyage.
Une serpillière ou un dispositif similaire devrait être utilisé avec une solution chlorée à 0,5 % pour
désinfecter les sols des services jusqu’à 4 fois par jour, selon le mouvement au sein des services.
Si nécessaire, les murs autour des patients, lorsqu’ils ne sont pas solides, peuvent être nettoyés à l’aide
d’une solution chlorée à 0,5 % contenue dans un vaporisateur, en prenant soin de nettoyer de préférence
lorsque les patients ne sont pas présents. Les lits dans lesquels les patients souffrant du choléra ont
séjourné devraient être vaporisés avec une solution chlorée à 0,5 % comme indiqué et entre chaque
occupant.
Les latrines devraient être nettoyées plusieurs fois par jour avec une solution chlorée à 0,5 % à l’aide de
serpillières et/ou vaporisées. Ceci comprend les dalles et les murs jusqu’à une hauteur de 1 m (ou jusqu’à
la hauteur des éclaboussures). Il est inutile de verser en plus du chlore dans les latrines.
Nettoyage des ambulances/véhicules
Les véhicules de transport devraient être nettoyés par le personnel du centre avec une solution chlorée à
0,5 %. Sachez que si le revêtement à l’intérieur du véhicule n’est pas en plastique ou matériel similaire, il
peut être affecté par les résidus de chlore.
Assainissement
L’objectif d’un programme d’assainissement est de développer des barrières physiques contre la
transmission de la maladie, afin de protéger la santé de la population touchée par la situation d’urgence.
Ces barrières comprennent des mesures techniques ainsi que des mesures d’hygiène personnelle. La mise
à disposition de latrines et le développement de méthodes pour éliminer les déchets sont des éléments
essentiels du programme.
Douches
• 1 pour 25 personnes (h/f) ;
34
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
•
•
•
2 salles de douche au minimum (h/f) pour le personnel dans une zone neutre.
Les zones de lavage devraient être connectées à un séparateur de graisse et à un puits filtrant
contenu au sein du CTC. Les puits filtrants (pour la plupart des sols) doivent se situer à une
distance d’au moins 30 mètres de toute source souterraine et le fond des latrines est à au moins
1,5 m au-dessus du niveau de la nappe phréatique.
Les zones des douches des patients doivent être assez larges pour contenir un minimum de 2
personnes (l’aidant et le patient). Un vaporisateur peut être utile pour laver les patients et tremper
les vêtements initialement à leur arrivée. Attention à préserver la dignité des patients durant ce
processus.
Zone de lavage des mains
• Les zones de lavage des mains se situent dans toutes les latrines, toutes les tentes (hébergeant les
patients ainsi que les tentes hébergeant l’administration), la cuisine, la morgue, la zone des
déchets.
• Concentration : solution chlorée à 0,05 %
• Les puits filtrants (pour la plupart des sols) doivent se situer à une distance d’au moins 30 mètres
de toute source souterraine et le fond des latrines est à au moins 1,5 m au-dessus du niveau de la
nappe phréatique.
• Tous les membres du personnel, les patients, les aidants et les visiteurs ont accès à des
installations pratiques et visibles pour se laver les mains avec du savon ou avec une solution
chlorée spéciale.
• Tous les patients, les aidants et les visiteurs sont instruits et encouragés à se laver les mains.
• Tout le personnel doit se laver les mains avant et après l’examen des patients.
• Le personnel et les patients doivent se laver les mains lorsqu’ils sortent des latrines et des zones
de traitement.
Latrines
• 1 pour 20 personnes + 1 ou 2 dans la zone neutre pour le personnel.
• Tous les déchets humains liquides sont enterrés ou éliminés dans des toilettes, des fosses avec
chasse d’eau ou des latrines.
• Les puits filtrants (pour la plupart des sols) doivent se situer à une distance d’au moins 30 mètres
de toute source souterraine et le fond des latrines est à au moins 1,5 m au dessus du niveau de la
nappe phréatique.
• Les déchets semi-solides sont incinérés si possible.
• Des dalles en plastic sont utiles dans les situations d’urgence car elles sont rapides à installer et à
nettoyer.
• Les toilettes devraient être indépendantes et non connectées au réseau d’égout principal (ceci
pour aider à contenir le Vibrio cholerae).
Seaux pour les lits occupés par des personnes atteintes du choléra
Parce que la plupart des patients hospitalisés ne pourront pas utiliser les latrines, des seaux (de 10 à 15
litres) devraient être placés sous le trou pratiqué dans le lit occupé par les personnes atteintes du choléra et
35
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
à leur chevet pour le vomi. Le seau peut être surélevé sur un bloc pour éviter d’éclabousser les zones
alentours. Un certain nombre de seaux devraient également être mis à disposition dans la zone
d’observation. Environ 1 cm d’une solution chlorée à 2 % devrait être versée dans le seau avant de le
placer sous le lit. Le seau peut être vidé dans les toilettes ou les latrines, tant que le transport pour
l’élimination des excréments ne passe pas à travers une zone « sure » et pose un risque d’infection pour
les autres zones du site.
Gestion des déchets
Ségrégation et stockage
Différents types de déchets seront produits dans le CTC et ils devront être éliminé de manière appropriée
afin de réduire la transmission de Vibrio cholerae et d’autres maladies associées aux déchets médicaux.
Les déchets peuvent être divisés en 3 catégories aux fins de ségrégation et d’élimination :
• déchets mous : cotons, gazes, plastiques, seringues, papier (déchets, contaminés ou non qui
peuvent être brûlés) ;
• déchets organiques : résidus de nourriture, tissus humains (déchets qui ne peuvent être brûlés) ; et
• déchets PCT (piquant, coupant, tranchant) : aiguilles, lancettes, ampoules, verre (déchets qui
peuvent occasionner des blessures et transmettre la maladie s’ils ne sont pas éliminés de manière
appropriée).
Par conséquent, trois types de contenants différents devraient être assignés et marqués pour les différents
déchets :
• Les déchets mous et organiques peuvent être éliminés dans une poubelle avec un couvercle facile
à nettoyer
• Les déchets PCT devraient être éliminés dans un conteneur en plastique résistant aux ponctions.
o Le couvercle, avec une ouverture en forme de V est collé (par ex. un flacon en plastique
de comprimé vide). Le conteneur, une fois plein, est éliminé directement dans la fosse et
remplacé par un nouveau contenant.
o Des boîtes de sécurité peuvent également être utilisées pour collecter les déchets PCT et
les seringues avec les aiguilles (pas besoin de les séparer). La boîte de sécurité, une fois
pleine, devrait être incinérée sur une grille, placée sur une fosse des déchets PCT afin de
permettre aux métaux et aux cendres restants de tomber dans la fosse à travers la grille.
Les boîtes de sécurité ne devraient pas être incinérées dans un incinérateur.
36
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Zone des déchets
Une zone des déchets est planifiée au sein du CTC et comprend :
• un incinérateur. (avec une zone sèche pour stocker les poubelles) pour brûler les déchets mous ;
• une fosse organique (avec un couvercle pour éviter les mouches et les moustiques) pour les
déchets organiques et les cendres produites par l’incinérateur. Assurez-vous que l’accès à la fosse
est restreint.
o Les puits filtrants (pour la plupart des sols) doivent se situer à une distance d’au moins
30 mètres de toute source souterraine et le fond des latrines est à au moins 1,5 m audessus du niveau de la nappe phréatique.
o L’évacuation des eaux autour de la fosse doit être adéquate pour assurer que les eaux de
surface soient contaminées.
• une fosse pour les déchets PCT pour recevoir les boites de collection des aiguilles, des lancettes,
des ampoules, etc.
o La fosse devrait idéalement être équipée d’un revêtement afin d’être complètement étanche.
Si des boîtes de sécurité sont utilisées, une grille devrait être placée au dessus de la fosse.
À la fermeture du CTC, la fosse organique devrait être comblée et les déchets PCT recouverts de béton ou
d’un matériel similaire afin d’encapsuler les déchets PCT et de protéger les utilisateurs futurs du terrain.
Eaux usées
La plupart des eaux usées contaminées proviendront de la morgue, des douches, de la lingerie et de la
zone de lavage de la cuisine. Il est par conséquent important de s’assurer que les eaux usées de cette zone
soient éliminées dans des puisards après un passage à travers des extracteurs de graisse (de manière à ne
pas obstruer le puisard). Les puits filtrants (pour la plupart des sols) doivent se situer à une distance d’au
moins 30 mètres de toute source souterraine et le fond des latrines est à au moins 1,5 m au-dessus du
niveau de la nappe phréatique.
Évacuation des eaux du site Si possible, le CTC devrait être situé sur une pente légère de manière à ce
que les eaux de pluie puissent facilement s’écouler de la zone. Les conduites d’évacuation devraient être
construites autour de l’extérieur de chacune des structures du centre afin de canaliser la pluie et d’évacuer
les eaux de pluie hors du CTC. Bien que le ruissellement des eaux de pluie puisse contenir certaines
contaminations, ceci est considéré comme un risque mineur.
Il n’est généralement pas faisable d’éliminer toutes les eaux de pluie et, par conséquent, des arrangements
doivent être pris pour la collecte des eaux de pluie provenant du CTC et pour leur évacuation, si possible,
vers un réseau d’égout existant.
37
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Manipulation des corps des patients décédés des suites du choléra
Il est important d’assurer la désinfection des corps des patients décédés des suites du choléra avec une
solution chlorée à 2 %. Les personnes qui lavent et préparent le corps d’un patient décédé doivent :
• porter des gants, un tablier et un masque ;
• nettoyer le corps avec une solution chlorée à l’intérieur de la morgue avec une solution chlorée à
2%;
• remplir la bouche et l’anus du corps avec du coton imprégné d’une solution chlorée à 2 % aussitôt
que possible ;
• bander la tête pour maintenir la bouche fermée ;
• ne pas vider les intestins.
• Lorsque beaucoup de corps doivent être stockés, de la chaux (oxyde de calcium, CaO) peut être
utilisée pour sécher et neutraliser les liquides ainsi que pour réduire les odeurs produites.
Pour le transport des corps,
• les personnes transportant les corps devraient porter des gants ;
• les corps devraient être enveloppés soigneusement ;
• le corps devrait être envoyé à la morgue aussitôt que possible car les fluides commenceront à
évacuer le corps ;
• si des sacs mortuaires sont disponibles, ils devraient être utilisés pour transporter le corps pour
l’enterrement. S’ils ne sont pas disponibles, le corps peut être enveloppé dans un drap trempé
dans une solution chlorée à 2 %.
Si possible, tout contact physique entre la famille et le corps devrait être empêché. Si cela n’est pas
possible, la famille devrait être informée du besoin :
• de se laver les mains avec du savon après avoir touché le corps ;
• d’éviter de porter les mains à la bouche après avoir touché le corps ;
• de désinfecter les vêtements et le linge de lit du patient décédé en les trempant et en les remuant
dans de l’eau bouillante pendant 5 minutes ou en les séchant complètement au soleil avant et
après un lavage normal ;
• d’éviter de faire une veillée funèbre ;
• de recommander un enterrement immédiat ;
• de ne pas préparer de nourriture pendant 24 heures (pour les membres de la famille qui
manipulent le corps).
Morgue
La morgue devrait se situer à côté de la zone des déchets. Une tente fermée faite de plastique ou d’un
autre matériel devrait être affectée aux corps des personnes décédées pour éviter un accès aux corps. La
structure de la morgue devrait permettre un nettoyage efficace à l’intérieur, avec des canaux d’évacuation
allant vers un puisard (Il est probable que les fluides corporels seront hautement contaminés). La morgue
devrait comporter une entrée de l’intérieur du CTC et une sortie pour permettre la collecte du corps. Si un
CTC ne peut construire une morgue, un enterrement rapide est recommandé. Le corps devrait être préparé
suivant les mêmes critères que ceux énoncés ci-dessus.
38
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Le tableau suivant récapitule les besoins en termes d’eau, d’hygiène et d’assainissement pour toute
installation de contrôle du choléra et donne l’exemple d’un CTC de 100 lits (160 patients).
9.7. Tableau des besoins en eau, hygiène et assainissement dans un CTC de 100 lits (160 patients)
30 patients en observation, 100 patients dans la zone d’hospitalisation, 30 patients dans la zone de convalescence,
1 aidant par patient (160)
Équipements
Eau
Contenants pour
l’eau potable
(typiquement,
des contenants
de 125 l)
Contenants de
SRO
(typiquement,
des contenants
de 125 l)
Robinets
(fournissant l’eau
potable)
Capacité de
stockage
Lavage
Douches (min. 2,
1 pour les
hommes, 1 pour
les femmes)
Hygiène
Contenants pour
le lavage des
mains avec une
solution chlorée
à 0,05 %
(typiquement,
des contenants
de 125 l
Contenants pour
la solution
chlorée à 0,2 %
(typiquement,
des contenants
de 125 l)
Zone de soin 1
Triage
Observation
Zone de soin 2
Hospitalisation
Isolation
Zone de soin 3
Convalescence
Zone neutre
2
(1 par tente)
5
(1 par tente)
2
(1 par tente)
1
(1 par tente
pour le
personnel)
2
(1 par tente)
5
(1 par tente)
2
(1 par tente)
1
(aux douches)
2
(à la lingerie,
aux douches)
1
(aux douches)
Morgue
Zone des
déchets
Total
10
9
1
(à la cuisine)
5
3
28,8 m
3
(2 x 15 m )
2
4
2
2
(pour le
personnel)
4
(entrée, zone
des latrines + 1
par tente)
7
(entrée, zone
des latrines +
1 par tente)
4
(entrée, zone
des latrines + 1
par tente)
4
(latrines,
rinçage de la
vaisselle, 2 dans
la zone de
préparation de
la solution
chlorée)
2
(zone de
préparation de
la solution
chlorée)
2
(zone de
préparation
de la solution
chlorée)
10
1
(en
dehors
de la
tente)
1
(pour le
rinçage
des
poubelles)
21
4
39
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Annexe I : Triage des patients aux points de réhydratation orale
Patient suspect
= triage + SRO
Aucune diarrhée
aujourd’hui
Pas de choléra
Renvoyez le patient
chez lui
Diarrhée dans l’heure
passée
Patient inconscient ou
semi conscient,
vomissements
Choléra léger
Choléra grave
Observation
Dirigez le patient vers
un centre de santé ou
un CTC
immédiatement
40
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Annexe II : Plan schématique alternatif pour un Centre de traitement du choléra
Sortie des patients
Entrée des
patients
1. Zone d’observation
Salle de
triage
Service
d’observation
-SRO
Morgue
4. Zone de
convalescence
Incinérateur
Service de
convalescence
(82 m2 pour 30
patients)
(82 m2 pour 30
patients)
Zone de
stockage
de l’eau
Service
IV et SRO
(82 m2
pour 30
patients)
Pharmacie
Personnel
et visiteurs
Réserve
Bureau du
personnel
2. Zone neutre
Salle
logistique
Service
IV et SRO
(82 m2
pour 30
patients)
Service
IV et SRO
(82 m2
pour 30
patients)
Service
IV et SRO
(82 m2
pour 30
patients)
Cuisine
3. Zone des patients avec déshydratation grave et modérée
Latrines
Latrines
Annexe III : Kit contre les maladies diarrhéiques MODIFIÉ
(Chaque kit consiste en 4 modules : de base, SRO, de perfusion, de support.)
Pour 100 cas de choléra grave (unité de traitement du choléra), plus de 400 cas de choléra modéré (unité de réhydratation orale) et 100 adultes plus 100 enfants affectés
par d’autres infections diarrhéiques graves.**Recommandations en ce qui concerne les médicaments antimicrobiens altérées pour la réponse en Haïti :suspension orale de
doxycycline ajoutée***
Module de base :
Code
Article
1. Médicaments
Sels de réhydratation orale (pour 1 litre chacun)
Liquide de Ringer, sac ou poche de 1 litre, avec le dispositif pour la perfusion*
Doxycycline, comprimés de 100 mg, boîte de 1 000
Suspension orale de doxycyline, 10 mg/ml en bouteille de 473 ml
Érythromycine, comprimés de 250 mg, boîte de 1 000
Ciprofloxacine, comprimés de 500 mg
Zinc, comprimés de 20 mg en tablettes de 10
NaDDC, comprimés polyvalents** de 1,67g, boîte de 200
Cétrimide 15 % + Chlorhexidine 1,5 %, bouteille de 1 litre
2. Fournitures consommables
Canule IV, courte, 16G, stérile, jetable
Canule IV, courte, 18G, stérile, jetable
Canule IV, courte, 22G, stérile, jetable
Canule IV, courte, 24G, stérile, jetable
Aiguille, épicrânienne, 21G, stérile, jetable
Aiguille, épicrânienne, 25G, stérile, jetable
Boîte de sécurité pour les seringues et les aiguilles usagées de 5 litres, carton de 25
Bande de gaze, 8 cm x 4 m, rouleau
Coton, 500 g non stérile, rouleau
Pansement, à l’oxyde de zinc, 2,5 cm x 5 m, rouleau
Compresse de gaze, 10 x 10 cm, non stérile, paquet de 100
Gants d’examen, latex, grande taille, jetables, boîte de 100
Gants d’examen, latex, taille moyenne, jetables, boîte de 100
Gants d’examen, latex, petite taille, jetables, boîte de 100
Gants chirurgicaux, taille 7,5, stériles, jetables, 1 paire
Quantité
700
80
1
5
1
1 000
350
6
5
50
100
50
50
25
25
1
24
5
20
3
200
200
200
100
Gants chirurgicaux, taille 8,5, stériles, jetables, 1 paire
Tablier de protection, plastique, jetable
Sonde d’alimentation, CH08, 40 cm de long, embout Luer, stérile, jetable
Sonde d’alimentation, CH05, 40 cm de long, embout Luer, stérile, jetable
Sonde d’alimentation, CH10, 125 cm de long, embout conique, stérile, jetable
Sonde d’alimentation, CH12, 125 cm de long, embout conique, stérile, jetable
Sonde d’alimentation, CH16, 125 cm de long, embout conique, stérile, jetable
Seringue d’alimentation, 50 ml, embout Luer, stérile
Seringue d’alimentation, 50 ml, embout conique, stérile
Écouvillon de culture, Cary Blair, embout en pure viscose, sachet détachable
Code
3. Équipements
{Ciseaux, Deaver, 140 mm, droits, SB
Pince, artérielle, Kocher, 140 mm, droite
Cuvette en forme de haricot, acier inoxydable, 825 ml
Plateau pour les pansements, acier inoxydable, 300 x 200 x 30 mm
Tourniquet, bande en caoutchouc, 1,8 cm x 1 m
Stéthoscope, biauriculaire, complet
Sphygmomanomètre, (adulte), anéroïde
Thermomètre, clinique, numérique, allant de 32 à 43 °C
Brosse à main pour le lavage, plastique
Savon de toilette, barre, environ 100 g, emballé
Sac mortuaire, plastique, 220 cm, à fermeture éclair
Couverture de survie, 220 x 140 cm
4. Documents
Fiche d’information (1 en français et 1 en anglais)
Premières étapes pour la prise en charge d’une flambée de maladies diarrhéiques aiguë
(10 en français et 10 en anglais)
Étapes critiques dans la prise de décision pour la préparation et la réponse (5 en
français et 5 en anglais)
Évaluation d’une flambée de choléra (1 en français et 1 en anglais)
Module SRO
Article
100
100
10
10
10
10
10
10
10
10
5
5
5
5
10
2
2
10
5
2
5
10
2
20
10
2
Quantité
43
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Fiche d’information (1 en français et 1 en anglais)
Sels de réhydratation orale, sachet pour 1 litre
Bidon, plastique, 20 litres, avec robinet
Louche, 250 ml
Tasse, 250 ml, plastique, graduée
Savon, barre de 100 g
Premières étapes pour la prise en charge d’une flambée de maladies diarrhéiques aiguë
(2 en français et 2 en anglais)
Code
Code
2
1 600
4
4
100
2
4
Module de perfusion
Article
Fiche d’information (1 en français et 1 en anglais)
Liquide de Ringer, sac ou poche de 1 litre, avec le dispositif pour la perfusion*
Quantité
2
720
Module de support
Article
Fiche d’information (1 en français et 1 en anglais)
Seau, plastique, 15 litres, gradué
Bidon, plastique, avec robinet, 20 litres
Louche, 250 ml
Conteneur, plastique, 125 l
Tasse, 250 ml, plastique, graduée
Kit de test de chlore, gamme de 0,1 à 2.0 mg/l pour 100 tests
Gants de nettoyage, réutilisables, grande taille
Quantité
2
40
5
4
10
40
4
100
44
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011
Annexe IV : Préparation de la solution chlorée
Produit chloré
Préparation de la solution chlorée
Mains, peau, linge de lit et
Sols, surfaces, équipements
Concentration finale : 0,5 %
lingerie
Concentration finale : 0,05 % de chlore actif
de chlore actif
Corps et fluides corporels**
(diarrhée, vomi dans les larges
contenants)
Concentration finale : 2 % de chlore
actif. Attendre au moins 2 heures
avant de les jeter
Eau de javel domestique
(5 % de chlore actif)
0,1 litre d’eau de javel pour
9,9 litres d’eau (0,05 %)
1 litre d’eau de javel pour 10 4 litres d’eau de javel pour 6 litres
litres d’eau (: 0,5 %)
d’eau (2 %)
Eau de javel domestique
(30 % de chlore actif)
Ajouter 16 g ou 1 cuillère à
soupe à 10 l d’eau (0,05 %)
16 g ou 1 cuillère à soupe à
1 l d’eau (0,5 %)
64 g ou 4 cuillères à soupe à 1 l d’eau
(2 %)
7 g ou 1/2 cuillère à soupe à
Poudre d’hypochlorite de
calcium ou granules de
10 l d’eau (0,05 %)
chlore (70 % de chlore actif)
7 g ou 1/2 cuillère à soupe à
1 l d’eau (0,5 %)
28 g ou 2 cuillères à soupe à 1 l d’eau
(2 %)
*TOUJOURS étiqueter les solutions à l’aide d’un marqueur indélébile
** Veuillez remarquer que si le chlore est en quantité limitée, les fluides corporels peuvent être traités avec une concentration
finale de 0,5 % de chlore, mais les fluides doivent être maintenus dans la solution et remués de manière occasionnelle pendant au
moins 6 HEURES avant de les jeter.
45
Version 1.1: Mise à jour 6 Jan 2011