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Le Bulletin du LNSP
Numéro 9
Laboratoire National de Santé Publique - Haïti
Janvier -Mars 2019
LES MOTS DU DIRECTEUR
Dr Jacques Boncy - Directeur du LNSP
L’introduction de nouveaux marqueurs biologiques permet de mieux comprendre la
transmission des maladies infectieuses et d’adapter la stratégie de luttes et de contrôle.
Le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) avec ses partenaires a monté avec
succès une surveillance virologique pour les patients infectés par le VIH qui reçoivent un
traitement aux antirétroviraux. Cette surveillance est effectuée à partir d’échantillons de sang
collectés sur papier buvard, transportés et analysés aux laboratoires centraux de virologie du
Laboratoire National de Santé Publique (LNSP) et des centres GHESKIO. Des données virologiques sur plus de 90,000
patients testés sont ainsi collectées et analysées régulièrement. De plus, un nouveau test d’identification des infections
très récentes est en cours d’évaluation au LNSP avant son introduction dans l’algorithme de dépistage. Enfin, le LNSP
travaille avec le Programme National de Lutte contre les IST/VIH/SIDA (PNLS) sur un plan de surveillance des
résistances aux antirétroviraux (ARV) chez les patients qui présentent un échec virologique. Le génotypage a déjà
permis d’identifier les mutations les plus fréquemment rencontrées. L’amplification et le séquençage d’un fragment du
génome viral, suivis d’une analyse phylogénétique donnera des informations sur les réseaux de transmission du virus.
Le LNSP est aussi impliqué dans l’enquête sur l’impact du VIH dans la population haïtienne nommée HAPHIA. Des
informations sur cette enquête sont fournies dans le présent bulletin.
Une analyse combinée des données sociodémographiques et épidémiologiques, des données sérologiques du dépistage
ainsi que des données virologiques obtenues à partir du système national de mesure de la charge virale chez les
Personnes Vivant avec le VIH (PVVIH) permet de disposer d’éléments objectifs servant à adapter les stratégies visant au
contrôle de l’épidémie. Parmi les actions possibles, il y a l’identification des foyers de transmission et la prévention de
l’émergence de la résistance.
On voit bien ici le rôle stratégique joué par le laboratoire dans l’appui à la surveillance et au contrôle des endémies. La
valeur des données biologiques est garantie par un système de qualité à tous les niveaux.
Démarrage d’une enquête nationale pour évaluer l’impact du VIH sur la
population en Haïti
Le Ministère de la Santé Publique et de la Population
(MSPP) dirige actuellement une enquête nationale
nommée HAPHIA (Haïti Population-based HIV Impact
Assessment). L’objectif principal de cette enquête est
d’évaluer l’impact du VIH sur la population en Haïti. Plus
de 12 mille ménages sélectionnés au hasard seront visités à
travers le pays. Les hommes, les femmes et les enfants de
0 à 4 ans et de 10 à 64 ans seront ciblés.
Ces ménages seront interviewés par les enquêteurs après avoir
donné leur consentement éclairé. Environ 25 128 adultes
seront concernés, les enquêteurs recueilleront des échantillons
de sang par ponction veineuse ou par piqûre sur les talons
pour les bébés. Tous les participants recevront des
informations sur la prévention du VIH au moment de recevoir
le test.
Plusieurs partenaires collaborent avec le MSPP afin de
réaliser cette enquête. Il s’agit notamment de l’Institut Haïtien
de l’Enfance (IHE), des Centres GHESKIO/ IMIS, des
Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC),
ICAP et Westat.
Chaque partenaire joue un rôle spécifique dans l’enquête.
L’Institut Haïtien de l’Enfance (IHE) est l’organisation qui
mettra en œuvre l'enquête. Westat fournit une expertise
technique en matière de statistiques, en appuyant tous les
aspects de collecte de données électroniques et de gestion des
données. Les Centres GHESKIO/ IMIS servira de laboratoire
central au dépistage du VIH, de la charge virale, et les tests de
diagnostic infantile précoce. CDC et ICAP offrent leur appui
technique.
Quant au Ministère de la Santé Publique, il facilite la
planification, la coordination et la diffusion des résultats de
l’enquête et crée un environnement propice à la mise en
œuvre de l’enquête. Il met aussi son laboratoire de référence,
le Laboratoire National de Santé Publique (LNSP), a
disposition de l’enquête. Le LNSP assurera le contrôle qualité,
du Lag avidity et servira de bio-banque à long terme pour les
échantillons.
En prélude à l’enquête, une série de formations ont eu lieu au
LNSP à l’intention du personnel impliqué sur les tests rapides,
l’utilisation du Pima CD4, le prélèvement de sang, les
procédures de confidentialité, etc.
L’enquête HAPHIA, financée par PEPFAR, permettra au
MSPP d’examiner la répartition et l’évolution du VIH en
Haïti, évaluer la couverture et l’impact des services de soins et
traitements disponibles pour la population, mesurer les
comportements à risque liés au VIH en utilisant un échantillon
représentatif d'adultes et d'enfants au niveau national. Le
Ministère pourra surtout améliorer les futurs programmes et
politiques de santé en apportant de nouvelles informations.
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Bulletin du LNSP 52, Angle Rue Charbonnière et Delmas 33, Port-au-Prince
Numéro 9
Le Recency test au LNSP
Mme Jocelyne Alboth André – Chef de Service Immunologie/Virologie
Nombreux pays y compris Haïti travaillent fortement pour arriver à l'objectif de mettre fin au VIH d’ici à 2030. Pour
cela, ils ont intégré les objectifs 90-90-90 de l’ONUSIDA dans leurs plans stratégiques et adopté l’initiative «Test and Treat
». Depuis 2018, le Laboratoire National de Santé Publique (LNSP) à travers son service d'Immunologie/Virologie travaille
en collaboration avec CDC et USAID pour introduire le test rapide : Asante HIV-1 Rapid Recency Assay au programme de
surveillance des cas de VIH.
Les mesures de l’incidence du VIH sont des indicateurs de
santé publique importants décrivant l’intensité de l’épidémie
et servant également à évaluer l’impact des interventions de
prévention. Ce test peut être utilisé pour estimer le taux
d’incidence du VIH-1 dans la population. C’est un test de
diagnostic précoce qui peut être réalisé en 20 minutes.
Ce test immuno-chromatographique comme le Determine
HIV permet de détecter les anticorps du VIH - 1 dans le sang
total, le sérum ou le plasma dans moins de 180 jours après la
contamination (infection récente) et également la présence du
virus chez le patient depuis une plus longue durée soit plus de
180 jours (infection ancienne).
Le Recency test est utilisé sur les spécimens ayant déjà un
diagnostic de VIH Positif. Il permet de déterminer le nombre
de cas d'infections récentes au VIH parmi les PVVIH
nouvellement diagnostiquées et aussi de faire des
interventions de prévention telles que le dépistage des
partenaires.
Un projet pilote est programmé par CDC, USAID, LNSP,
PNLS, NASTAD sur 15 sites ayant un grand nombre de
patients séropositifs identifiés au cours de l’année
précédente. Cette phase durera un an. Les leçons tirées de
cette phase serviront de guide pour l’extension du dépistage
par Asante HIV-1 à l’ensemble du réseau de centres de
dépistage du VIH en Haïti.
Toutefois jusqu’à date, ce test est plutôt conseillé pour la
recherche et non pour le diagnostic. On espère que d’ici 2030
le Asante HIV-1 Rapid Recency Assay test sera classé parmi
les autres tests de diagnostic pour le VIH.
LES FORMATIONS
SPHaïtiLab : Formation des cadres de l’HUP sur l’utilisation du LabBook
En janvier 2019, soit trois mois après le démarrage de
l’utilisation de LabBook à l’Hôpital Universitaire de la
Paix (HUP), la Fondation Mérieux, en vue d’aider les
usagers à bien maitriser le logiciel de laboratoire, a
organisé une formation en Haïti, assurée par le
développeur du logiciel Epiconcept.
L’objectif de cette mission était d’accompagner et de former
le nouvel agent SIGL du LNSP, M Makenley Moïse, et les
informaticiens du LNSP à l’administration du logiciel de
laboratoire LabBook.
En outre, une formation a eu lieu pour les utilisateurs de
l’HUP sur tout le circuit de l’information : de la saisie du
dossier du patient à l’analyse en laboratoire, pour finir avec le
rendu du résultat. C’était une opportunité pour le formateur
de répondre aux difficultés déjà identifiées par les utilisateurs
de l’HUP.
journée de formation. La formation a permis aux utilisateurs
du logiciel LabBook de comprendre l’utilisation des données
saisies et l’importance de la qualité de ces données.
A la suite de cette mission, des recommandations ont été
faites en vue de favoriser une meilleure utilisation du logiciel
au laboratoire de l’HUP et répondant à une série de questions
posées par les utilisateurs.
A rappeler que le déploiement du logiciel LabBook à l’HUP
est un projet pilote financé par SPHaïtiLab. Ce logiciel open
source (gratuit), est très simple à utiliser. Il a été créé en 2011
par la Fondation Mérieux dans le cadre du projet de
renforcement des laboratoires en Afrique de l’Ouest,
RESAOLAB. Ce système d’information permet aux
laboratoires qui ne travaillaient qu’avec des listings papier
d’avoir un système de suivi/traçabilité de leurs échantillons et
de leur travail, plus fiables et plus perfectionnés.
Du 14 au 16 janvier 2019, plus d’une vingtaine de
professionnels, répartis en trois groupes, ont bénéficié d’une
Autres formations en bref
Du 11 au 16 mars 2019, des techniciens de laboratoire issus des cinq sites sentinelles de surveillance de la résistance
antimicrobienne (RAM) ont bénéficié d’une deuxième séance de formation en culture bactériologique et
antibiogramme. Ces sites sentinelles sont : l’Hôpital Universitaire Justinien, l’Hôpital Saint Nicolas, l’Hôpital Albert
Schweitzer, l’Hôpital Universitaire la Paix et l’Hôpital Immaculée Conception des Cayes. Cet encadrement est une
initiative du Ministère de la Santé publique et de la Population à travers son Laboratoire National de Santé Publique,
de concert avec Centers for Disease Control and Prevention (CDC) Haïti/Atlanta et l'Organisation Panaméricaine de
la Santé et l’Organisation Mondiale de la Santé (OPS/OMS).
L’Unité de Coordination et de Logistique (UCL) avec le CDC a organisé une session de formation les 21 et 22 mars
2019 à l'intention des transporteurs et des techniciens impliqués dans le système de transfert d’échantillons. Durant
cette session, les notions en rapport à la plateforme électronique du Réseau National Transport des Echantillons
(RNTE), à la biosécurité, l'emballage et le transport des échantillons et des résultats ont été revues.
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Numéro 9
LES ACTIVITÉS EN CHIFFRE
Coup d’œil sur les tests de Charge Virale et EID réalisés par le LNSP
Dr Josiane Buteau – Coordonnateur des Programmes et Services Techniques au LNSP
8,000
7,000
6,000
5,000
4,000
3,000
2,000
1,000
-
# Spec. Tested
<= 1000 copies
Le test de Charge Virale est un test moléculaire qui
vérifie le nombre de copies du virus recherché
(ADN ou ARN) présent dans le spécimen soumis.
La technique utilisée s'appelle PCR (Polymerase
Chain Reaction). Le LNSP a la compétence
technique et les ressources en équipements pour
réaliser ce test en particulier à la recherche du virus
VIH. Les premiers tests ont commencé aux
environs de 2013 avec une technologie PCR en
temps réel de base. Lors de la première année, le
nombre de tests n'avait pas atteint 2,500. Depuis
près de 3 ans (2016/2017) le LNSP ainsi que le
laboratoire de GHESKIO/IMIS sont dotés de
systèmes automatisés très performants capables de
réaliser plus de 300 tests par jour. D'octobre 2017 à
Septembre 2018, le LNSP à lui seul a réalisé plus
de 50,000 tests de Charge Virale VIH.
Source : LIS/LNSP
EID est un acronyme pour Early Infant Diagnosis. Il s'agit d'un programme de diagnostic précoce du nouveau-né à l'infection au
VIH. La technique de diagnostic utilisée est également la PCR. L'objectif du test dans ce cas est de rechercher la présence du virus
dans le spécimen soumis, généralement du sang. Les premiers tests pour EID ont commencé dès 2008. Le sang prélevé est étalé sur
du papier buvard (en anglais Dried Blood Spot ou DBS). Le DBS est également utilisé dans le prélèvement pour Charge Virale. Il
est plus facile à transporter et plus stable à température ambiante que le tube de sang. En 2008 le nombre de tests pour EID s'élevait
à environ 500. D'octobre 2017 à Sept 2018, le LNSP a testé plus de 3500 échantillons pour EID, avec le même équipement ultra
performant utilisé pour réaliser la charge virale.
Des cas de Diphtérie repérés dans l’Ouest, le Nord et le Sud-est
Ce graphique présente le nombre de spécimens testés et résultats positifs par département pour la période allant de la
première à la dix-septième semaine de 2019. L’épidémie de Diphtérie qui a débuté en Haïti au dernier trimestre de l’année
2014 persiste encore. Pour l’année 2019, trois départements ont répertorié des cas positifs. Toutefois, le département des
Nippes reste indemne de toute suspicion.
Source : Surveillance Epidémiologique LNSP/ Mme Marie Josée Laraque
A rappeler qu’en 2018, l’Ouest et l’Artibonite ont été les deux départements les plus affectés par la Diphtérie. Pour cela, le
Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) a prévue de mener une campagne de vaccination dans ces deux
départements précités durant la semaine de vaccination dans les Amériques. Le MSPP, à travers son Unité de Coordination
National du Programme de Vaccination (UCNPV), prévoit de faire vacciner 1 600 000 enfants de 1 à 14 ans. 22 communes
seront ciblées dont 13 dans l’Ouest et 9 dans l’Artibonite.
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LE RÉSEAU NATIONAL DES LABORATOIRES
Un manuel sur la gestion rationnelle des spécimens bientôt disponible
Un manuel intitulé « Normes et procédures de gestion rationnelle des spécimens » est en cours de rédaction par le
Laboratoire National de Santé Publique (LNSP). C’est un outil d’information sur les politiques, les dispositions générales
adoptées et mises en place en vue d’une meilleure gestion des spécimens. Il est conçu en vue de fournir un document de
référence complet sur l’utilisation des services du LNSP par toute personne intervenant dans le Système de Surveillance
Epidémiologique.
Cet outil important décrit aussi l’autorité et les responsabilités de la Direction d’Epidémiologie, de Laboratoire et de Recherche
(DELR) et du LNSP, au regard de la gestion des spécimens. Ce sont les deux instances régulatrices du Ministère de la Santé
Publique et de la Population (MSPP) pour la surveillance épidémiologique (syndromique et étiologique) sur toute l’étendue du
territoire.
En outre, on présente les différents tests réalisés au LNSP, les normes et les procédures de cheminement du spécimen vers le
laboratoire national, le travail du Réseau National de Transport des Echantillons, les logigrammes de réception et le transport des
échantillons au LNSP.
Le LNSP, en mettant ce manuel à la disposition des acteurs santé, veut garantir la qualité des spécimens reçus et de la prestation de
ses services conformément aux exigences du MSPP. Car, seule une bonne gestion de la qualité des spécimens permettra au pays de
fournir des résultats d’analyses fiables sur lesquels les autorités sanitaires seront en mesure de prendre des décisions opportunes et
à la communauté internationale de s’appuyer en cas d’urgence. Ce document sera bientôt disponible sur le site du MSPP.
ESPACE COLLABORATION
Des étudiants de George Mason University en visite au LNSP et à la DELR
Le mardi 15 janvier 2019, une délégation de quinze étudiants du Schar School of Policy and Government de George Mason
University a visité le Laboratoire National de Santé Publique (LNSP) et la Direction d’Épidémiologie du Laboratoire et de
Recherche (DELR). Ces étudiants ont voyagé en Haïti dans le cadre d’une étude de terrain portant sur les politiques de
maintien de la paix, l’aide et le développement.
Au cours de cette visite, les docteurs Patrick Dely et Jacques Boncy,
respectivement Directeur de la DELR et du LNSP, ont expliqué chacun la
mission de leur institution. Ensuite, une visite guidée dans les différents
services du LNSP et de la DELR a suivi. Ces étudiants ont pu également
donner leur impression générale sur ces deux institutions.
Il faut préciser que le Schar School of Policy and Government de George
Mason University est une faculté qui prépare des étudiants de premier cycle
et des cycles supérieurs à devenir des dirigeants et des gestionnaires dans
les secteurs privé, public et les institutions à but non lucratif.
LES ÉVÈNEMENTS CLÉS
Du 21 au 27 avril 2019
Semaine internationale des technologistes médicaux
Du 22 au 24 avril 2019
Formation en Biosécurité au LNSP pour des technologistes médicaux de l’Ouest et du Centre
et des personnels de surface de l’Ouest dans le cadre du projet SPHaïtiLab.
QUOI DE NEUF AU LNSP
Les employés du trimestre/ Distinction :
Service Parasitologie- Jacquelin Présumé a reçu une
médaille pour sa performance au semi-marathon de Fitbit
Miami le 27 janvier 2019. Il a couru 21,1 km en 1h 50 mm
alors qu’il avait 3h pour le faire. Le LNSP lui présente ses
félicitations !
Nouveaux venus : M. Makenley Moise a rejoint l’équipe
SPHaïtiLab comme nouvel agent de SIGL. Nous lui
souhaitons la bienvenue !
Départ : M. Odson Exanté, et M Patrick Edouard ont
laissé le LNSP. Ils avaient travaillé respectivement comme
Coordonateur de chaine d’approvisionnement et Agent SIGL.
Nous leur souhaitons du succès dans leur nouvelle aventure
professionnelle.
REMERCIEMENTS
Chargée de publication : Marie Ludie Monfort Paul
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