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RÉPUBLIQUE D'HAÏTI
ns BP kemier Ministre
MÉMORANDUM
À TOUS LES ORDONNATEURS DES INSTITUTIONS DE
L'ADMINISTRATION PUBLIQUE
Mesdames, Messieurs les Ministres et autres Ordonnateurs,
Le budget de l'exercice 2024-2025 a pour objectif de soutenir la mise en œuvre des actions
et politiques sectorielles issues des feuilles de route approuvées par le Chef du
Gouvernement, dans le but de relever les défis actuels et de mieux gérer le processus de
transition politique, tout en garantissant la tenue des élections prévues pour le 7 février
2026. Ce budget ambitionne d'identifier et de mobiliser les financements nécessaires pour
répondre efficacement à la dégradation continue de la situation économique, financière,
sociale, sécuritaire et humanitaire du pays, qui a été largement sous-estimée jusqu’à
présent.
La préparation du budget 2024-2025 s'effectue dans un contexte économique et social
particulièrement difficile. À l’arrivée du Gouvernement en juin 2024, le pays faisait face à
une crise sécuritaire aiguë, affectant l’ensemble des secteurs économiques et sociaux, et
impactant durement la population, notamment dans les départements de l'Ouest et de
l’Artibonite. Les résultats préliminaires de l’analyse rapide de l'impact de la crise en Haïti
(RCIA), menée dès juillet en collaboration avec les partenaires techniques et financiers
(PTF), révèlent l'ampleur dévastatrice de la crise sécuritaire sur les secteurs économique,
financier, social, humanitaire et sécuritaire.
Face à la détérioration du contexte global, accentuée par les événements violents de mars
2024, un budget rectificatif a été publié le 13 août 2024. Cependant, cet instrument n’a pas
permis de répondre à l’ensemble des défis générés par la nouvelle conjoncture. Compte
tenu des contraintes financières et de l’urgence à agir pour résoudre ces problématiques, le
budget 2024-2025 vise à répondre aux besoins prioritaires identifiés dans l’analyse rapide
de l'impact de la crise en Haïti (RCIA) et à travers le plan d'investissement qui en découle,
structuré autour des cinq grands chantiers définis dans l’accord du 3 avril re
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La préparation du budget 2024-2025 se déroule dans un contexte marqué par une baisse
anticipée des recettes fiscales de 2 % d'ici la fin de l'exercice fiscal 2023-2024, des promesses
limitées d'appui budgétaire et une nécessité urgente d'accroître les dépenses
d'investissements susceptibles d'enclencher la croissance et d'alléger les souffrances de la
population. Cette lettre de cadrage s'inscrit, donc, dans ce contexte socio-économique et
politique difficile qui exige une priorisation judicieuse des programmes, projets et actions.
1- Contexte d’Élaboration
La crise en Haïti est une combinaison de facteurs économiques, sociaux, politiques, sécuritaires
et humanitaires. Ces défis sont interconnectés et se renforcent mutuellement, créant un cycle
de pauvreté, d'exclusion et de violence. Pour sortir de cette crise, des réformes sont
nécessaires, ainsi qu'une mobilisation nationale et internationale, accompagnée de solutions
durables et centrées sur les besoins des Haïtiens.
2- Le contexte économique
e L'économie haïtienne est en contraction, avec un taux de croissance négatif ces dernières
années. Le PIB par habitant est en baisse et l'inflation a atteint des niveaux extrêmement
élevés. De plus, en juin 2024, l'inflation annuelle a atteint 28,9 %, principalement en
raison de l'augmentation des prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées,
ainsi que des services de communication.
e Au terme de l'exercice fiscal 2023-2024, Haïti est sur le point de connaître une sixième
année de contraction du PIB réel croissance négative (estimée à - 4%) et, donc, de déclin
de la production nationale, du niveau de vie de la population et d’accroissement de la
pauvreté.
e L’insécurité et l'instabilité politique du début d'exercice n’ont pas été favorables au
renversement de tendance tant espéré. Qui pis est, la mise en œuvre du budget
rectificatif ne pourra qu'initier la reprise de l’activité économique et le soulagement des
populations les plus vulnérables. En dépit de la tendance à la hausse (4%) des transferts
privés sans contrepartie durant l’exercice fiscal en cours, les ménages haïtiens ont connu
une dégradation de leurs conditions de vie.
3- Le contexte financier :
L'impact de la crise sécuritaire sur le secteur financier haïtien est tout aussi grave, perturbant
les institutions financières et les services bancaires.
e De nombreuses banques ont réduit leurs horaires d'ouverture où fermé des
succursales dans les zones à haut risque. L'accès aux services bancaires,
notamment pour les PME et les particuliers, a été gravement limité ;
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e L'instabilité sécuritaire et économique a contribué à une dépréciation de la
gourde (monnaie nationale). La demande pour les devises étrangères comme le
dollar américain a augmenté, aggravant l'inflation et réduisant le pouvoir d'achat
des citoyens ;
e Les incertitudes liées à la sécurité poussent les investisseurs nationaux et
internationaux à retirer leurs fonds ou à ne plus investir en Haïti. La fuite des
capitaux affaiblit encore le système financier, réduisant la disponibilité du crédit
pour les entreprises locales ;
e Les institutions internationales, telles que la Banque mondiale ou le FMI, sont
réticentes à supporter les investissements sans garanties sécuritaires. Cela limite
les possibilités de financement pour des projets d'infrastructure et de
développement à long terme.
4- Le contexte social
Q Le niveau de pauvreté a augmenté. Aujourd’hui plus 60% de la population
haïîtienne vit sous le seuil de pauvreté et près de 25% dans l'extrême pauvreté.
Cela se manifeste par une précarité alimentaire et une dégradation générale des
conditions de vie ;
e L'accès aux services de base tels que l'éducation, la santé, l'eau potable et
l'électricité est extrêmement limité. Beaucoup de services publics sont
dysfonctionnels ou inexistants dans certaines régions ;
e En raison de l'insécurité et des conditions de vie difficiles, de nombreux Haïtiens
tentent de fuir le pays, ce qui alimente les crises migratoires vers les États-Unis, le
Canada et les pays voisins comme la République dominicaine ;
e L'accès aux soins de santé est insuffisant, avec des hôpitaux souvent mal équipés
ou fermés et un manque de personnel. Les crises sanitaires, comme le choléra,
reviennent régulièrement. -
5- Le contexte politique :
e Haïti traverse une crise politique persistante avec des institutions affaiblies. Le
pays a connu une instabilité politique chronique, marquée par des manifestations,
des blocages institutionnels, et des gouvernements souvent en incapacité de
gouverner efficacement ;
e Depuis l'assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, le pays qui accusait déjà
un retard depuis des années dans les élections parlementaires et locales à tous les
nivaux, il n’y a pas eu d'élections législatives ni locales. Et aujourd’hui, il n'existe
plus de Parlement fonctionnel. Le vide politique est flagrant ;
. La corruption est omniprésente au sein des institutions publiques, rendant
difficile toute tentative de réforme et minant la confiance des citoyens envers les
autorités.
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6. Le contexte sécuritaire :
e Les gangs contrôlent une grande partie du territoire, notamment dans la zone
Métropolitaine de Port-au-Prince. Ils sont impliqués dans des enlèvements, des
extorsions et des assassinats. L’insécurité est devenue un facteur quotidien pour
la population ;
e La Police Nationale d'Haïti (PNH), sous-équipée et mal formée, est incapable de
maintenir l'ordre face à la montée en puissance des gangs et à l'absence de
gouvernance sécuritaire cohérente ;
e L'État haïtien a perdu le contrôle de plusieurs parties du territoire et les gangs
comblent ce vide en imposant leur propre loi dans certains quartiers.
7. L'impact humanitaire :
e Environ 4,9 millions de personnes, soit près de la moitié de la population,
souffrent d'insécurité alimentaire. Les prix des denrées de base ont fortement
augmenté, aggravant la précarité des familles ;
. La violence et l'insécurité ont forcé des milliers de personnes à fuir leurs maisons.
Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays continue de croître en
raison des violences et des catastrophes naturelles ;
e Haïti est extrêmement vulnérable aux catastrophes naturelles, telles que les
ouragans, les tremblements de terre et les inondations, exacerbant la situation
humanitaire déjà précaire ;
e Bien que l'aide internationale soit présente, les défis logistiques, la corruption et
l'insécurité entravent la distribution efficace de cette aide. Les besoins
humanitaires sont largement sous-financés.
e À la fin du mois de juin 2024, malgré la détérioration de la situation
socioéconomique, aucune dépense n'avait été engagée sur les 17,1 milliards de
gourdes allouées au Programme d'Urgence Multisectoriel (PUMARSGV), alors que
ces dépenses auraient pu contribuer à atténuer les effets des crises sur les
populations les plus vulnérables.
l- Directives pour l’élaboration du budget national
Face aux exigences urgentes et aux défis imposés par la crise actuelle, il est crucial de mettre
en place un cadre budgétaire qui favorise une gestion rigoureuse, transparente et axée sur les
résultats. Ces directives budgétaires visent à orienter l’utilisation des ressources nationales de
manière à maximiser leur impact sur la relance économique et sociale du pays.
Notre mission consiste à transformer cette période de crise en une opportunité de
redressement, en nous appuyant sur une gestion budgétaire fondée sur cinq principes
directeurs :
1. L'impact mesurable et tangible de chaque gourde dépensée doit être prouvé et aligné
sur les priorités nationales définies ;
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2. La transparence dans la collecte et l’utilisation des ressources, ainsi que la reddition de
comptes doivent être au cœur de la gestion des finances publiques ;
3. L'équité et l'inclusion (femmes, jeunes) doivent se refléter dans les crédits budgétaires
en lien avec les feuilles de route;
4. Toutes les communes du pays doivent être impactées de façon à mitiger l'impact de la
crise sécuritaire qui affecte directement ou indirectement l’ensemble du pays ;
5. La résilience nationale doit être soutenue pour faire face aux crises futures, tout en
établissant les bases d'un développement durable :
L'objectif principal est de garantir que chaque allocation budgétaire soit optimale, orientée
vers les priorités stratégiques du Gouvernement, et que ces ressources soient utilisées de
manière efficiente pour soutenir la stabilité et le développement du pays, même en période de
crise.
Il- Priorités pour l’élaboration du budget
1- Mobilisation et optimisation des ressources internes :
e Modernisation des administrations fiscales : || est impératif d'élargir la base
fiscale en modernisant les mécanismes de perception des impôts et taxes. Les
procédures fiscales doivent être automatisées pour faciliter la collecte et réduire
l'évasion fiscale. Des investissements technologiques doivent être réalisés pour
digitaliser les opérations fiscales et augmenter l'efficacité des contrôles ;
e Lutte renforcée contre la contrebande et les flux illicites : Un partenariat
stratégique entre les douanes, la Police Nationale d'Haïti (PNH), les Forces Armées
d'Haïti (FAD’H) et les autorités fiscales est nécessaire. Des actions coordonnées
doivent être prises pour renforcer la surveillance aux points d’entrée (ports,
aéroports, frontières terrestres), notamment par l'acquisition de technologies de
surveillance et l'amélioration de la coopération interinstitutionnelle ;
. Transparence et fiscalisation des ressources : Il est essentiel de recenser et de
fiscaliser correctement toutes les ressources perçues par l'État. Toutes les
dispositions règlementaires, administratives et matérielles doivent être prises
pour donner suite à la décision d'interdire les paiements comptants (espèces)
dans l'administration publique. Des audits réguliers des recettes publiques seront
mis en place pour garantir que chaque centime collecté soit comptabilisé et utilisé
de manière appropriée, minimisant ainsi tout manque à gagner pour l’État.
2. Renforcement de la gouvernance économique :
e. Suivi et transparence des dépenses publiques : Un tableau de bord des dépenses
publiques sera publié périodiquement, permettant une transparence totale sur
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l’utilisation des fonds publics. Ce tableau de bord sera accessible au grand public
ainsi qu'aux institutions de contrôle, garantissant une reddition de comptes
régulière et claire ;
e Lutte stricte contre la corruption : Des mesures sévères doivent être appliquées
pour éradiquer la corruption. Cela inclut une application stricte des lois existantes,
le renforcement des capacités des organes de contrôle (IGF, ULCC, CSCCA, BAF,
UCREF), ainsi que des programmes de prévention. La coopération internationale
dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et la transparence financière doit
également être intensifiée ;
e Audit systématique des dépenses publiques : Chaque dépense publique devra
être justifiée par son impact socio-économique. Un audit exhaustif sera mené
pour identifier les inefficacités, rationaliser les coûts et s'assurer que chaque
projet contribue concrètement aux priorités nationales.
3. Accroissement des ressources externes et appuis budgétaires :
e Alignement des appuis budgétaires sur les conventions de financement : Les
appuis budgétaires prévus doivent correspondre aux montants effectivement
mobilisables selon les accords de financement signés avec les partenaires. Une
coordination étroite avec les bailleurs de fonds doit être maintenue pour s'assurer
que les fonds sont décaissés à temps et utilisés de manière optimale ;
e Coordination avec les Partenaires Techniques et Financiers (PTFs) : Afin d'éviter
les chevauchements et maximiser l'efficacité de l’aide internationale, une
concertation régulière entre les PTFs, les ONG, et les agences de coopération est
cruciale. Une meilleure synchronisation permettra de diriger l’aide là où elle est le
plus nécessaire.
4. Soutien à l'investissement et résilience économique :
e. Sélection rigoureuse des projets d'investissement : Seuls les projets ayant un
impact direct et mesurable sur la croissance économique et l'amélioration des
conditions de vie de la population seront retenus. Une attention particulière sera
portée aux initiatives créant des emplois pour les jeunes, promouvant le
développement des femmes et améliorant l’accès à l'éducation :
e Promotion de l'inclusion des jeunes et des femmes : Conformément aux feuilles
de route des ministres, les crédits renforçant le développement des capacités, de
l'inclusion et la participation des jeunes et des femmes doivent être visibles ;
e Promotion des financements verts : L'intégration des financements verts dans le
budget national est indispensable pour financer des projets résilients face aux
catastrophes climatiques. Il est essentiel de mobiliser des fonds internationaux
pour des infrastructures durables, réduisant les risques liés aux chocs
environnementaux.
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5. Soutien à l'initiative privée et recapitalisation des entreprises :
e Soutien à la recapitalisation des entreprises : Des discussions doivent être
initiées avec le secteur financier pour mettre en place des mécanismes de soutien
financier pour les entreprises affectées par les crises récentes. Des prêts à taux
réduit et des garanties de crédit doivent être mis à disposition pour permettre aux
entreprises de se redresser et de relancer leurs activités ;
e Accroissement des crédits agricoles : Le Gouvernement s'engage à augmenter les
opportunités de financement agricole, notamment à travers les projets soutenus
par les PTFs. Un meilleur accès au crédit agricole est crucial pour stimuler la
production nationale et contribuer à l’autosuffisance alimentaire du pays.
6. Suivi et évaluation des programmes budgétaires :
e Mécanismes rigoureux de suivi et d'évaluation : Un système de suivi et
d'évaluation sera mis en place pour contrôler l'exécution des programmes
budgétaires. Chaque ministère et chaque entité publique devra rendre compte
régulièrement des progrès réalisés et de l’utilisation des fonds alloués ;
e Rapports trimestriels sur l'exécution budgétaire : Des rapports détaillés sur
l'exécution budgétaire seront publiés trimestriellement, garantissant la
transparence et permettant au gouvernement de corriger les écarts, si nécessaire.
Ces rapports seront également mis à la disposition des institutions de contrôle,
renforçant ainsi la crédibilité et la transparence de la gestion des finances
publiques.
Ces directives renforcées visent à garantir une gestion responsable et optimisée des ressources
publiques dans un contexte de crise. En maximisant l'impact des dépenses publiques et en
assurant une transparence totale, nous poserons les fondations d’un redressement national
durable. La lutte contre la corruption, l'efficacité budgétaire et la mobilisation des ressources
internes et externes sont les piliers de cette stratégie.
L'ensemble du Gouvernement doit se mobiliser pour la crédibilité et la sincérité du processus
budgétaire. Le MEF et le MPCE chacun dans le cadre de ses missions, devront se renforcer pour
s'assurer de la mobilisation des partenaires internationaux en soutien aux ressources
domestiques. Le MAEC sera renforcé pour appuyer le MEF et le MPCE à cette fin, à travers les
ambassades et autres bureaux à l'extérieur. Un agenda de travail et des termes de référence
seront construits à cet effet.
Mesdames et Messieurs les Ordonnateurs,
Vous êtes investis d’une responsabilité cruciale : celle de gérer les ressources de l’État avec
transparence, rigueur et efficacité. Chaque décision budgétaire doit être alignée sur les
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objectifs stratégiques du Gouvernement, tels que définis dans les feuilles de route, afin de
garantir la stabilité politique, économique et la prospérité de notre nation.
La situation actuelle de notre pays exige des mesures concertées et audacieuses pour répondre
aux défis urgents auxquels nous faisons face. Les chantiers définis dans l'Accord du 3 avril 2024
doivent guider notre action et notre gestion budgétaire pour garantir une stabilisation et une
relance nationale durable. Voici les directives budgétaires, pour l'exercice 2024-2025, qui
doivent être strictement alignées sur ces chantiers stratégiques.
Mesdames et Messieurs les Ordonnateurs,
Je vous exhorte à aligner vos propositions de crédit sur ces orientations stratégiques, et le
document annexé à la lettre de cadrage : Les grands Chantiers, tout en tenant compte des
contraintes budgétaires. L'efficacité de notre action repose sur une planification rigoureuse et
une gestion responsable des ressources. Ensemble, nous devons œuvrer à redresser notre
économie, restaurer nos infrastructures et garantir un avenir meilleur pour le peuple haïtien.
Je vous remercie de votre engagement et de votre contribution à la reconstruction de notre
nation.
Port-au-Prince, le 9 septembre 2024
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ET
Garry CONILLE
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