(FY2014) Prime Minister's Budget Framework Letter
Summary — The Prime Minister's framework letter setting the guidelines and ceilings for preparing the year's budget.
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The Prime Minister's framework letter setting the guidelines and ceilings for preparing the year's budget.
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RËI'UBUQUE D HAl li
PM/LSL/ mo-cbs/ 496
MEMORANDUM
A TOUS LES ORDONNATEURS DES INSTITUTIONS DE L'ADMINISTRATION D'ETAT
Lettre de cadrage pour l'élaboration du Projet de Loi de Finances 2013-2014
Mesdames, Messieurs,
Les exercices de cadrage budgétaire engagés ces dernières années ont été marqués par un excès
d'optimisme post séisme suite aux engagements massifs de la communauté internationale en faveur
d'Haïti. L'aide extérieure aura d'abord été humanitaire et, sans minorer son effet positif pour la survie des
populations, aura surtout profité aux firmes et opérateurs étrangers, sans bénéfice immédiat pour la
valeur ajoutée nationale.
En effet, anticipé au delà des 10% à la suite du séisme, le rebond du PIB n'aura été que de 5.6%
en 2010-2011. De même, les deux années suivantes, des prévisions fort élevées ont été avancées, sur la
foi d'un impact rapide attendu de l'aide extérieure et d'une forte mobilisation en faveur de
l'investissement sur financement local, et les faits les ont démenties avec seulement 2.8% en 2011-2012.
Cette année encore, sur la base des premiers résultats, une croissance de l'ordre de 3.4% est attendue,
soit la moitié de la prévision initiale. Plusieurs explications peuvent être évoquées:
• Des capacités d'absorption toujours limitées, entravant l'exécution, l'effi~té et
l'efficience de la dépense publique tandis que nos performances en matière de collecte
des impôts et taxes plafonnent;
• Des chocs récurrents qui, associés à une grande vulnérabilité sociale et
environnementale, sapent régulièrement nos efforts;
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• Des structures économiques fragiles impliquant une performance réduite de nos
politiques
de croissance en favorisant
le recours aux importations;
• Des retards dans la formulation et la mise en œuvre de plusieurs réformes et politiques
majeures.
Cependant le Gouvernement a fait siennes deux ambitions majeures et fortement corrélées qui
doivent guider son action. C'est d'abord l'idée d'une Haïti dynamique qui vise à être une économie
émergente
à l'horizon
2030, et qui implique que sans tarder le pays soit« open to business». C'est aussi
la refondation multidimensionnelle du pays qui se traduit par la poursuite des réformes de l'Etat, devant
permettre la consolidation de l'état de droit, la modernisation de la Fonction Publique, de notre
économie comme
de
la gestion de nos finances publiques.
Mettre le pays sur la trajectoire de croissance souhaitée requiert la réalisation d'un important
programme pluriannuel d'investissements publics ainsi que la mise en place de politiques et de réformes
appropriées aux fins
de dynamiser l es secteurs porteurs à forte valeur ajoutée comme l'agriculture et
l'agro-industrie, les bâtiments et les travaux
publics, l'industrie manufacturière, le tourisme et l'énergie.
Les données provisoires observées depuis le début d'exercice dénotent une amélioration du
niveau de l'activité économique.
En effet, les transferts sans contrepartie qui financent principalement
la
consommation des ménages sont en augmentation de 8% en glissement annuel sur le premier trimestre.
Le crédit au secteur privé est à la hausse, le stock au mois de décembre 2012 accusant une variation de
31,2% en glissement annuel. Sur les cinq premiers mois les dépenses d'investissements publics ont
doublé par rapport à la même période de l'exercice antérieur. Le démarrage de la production dans le
nouveau parc industriel de Caraco! a provoqué la relance des exportations vers les USA qui ont augmenté
de 18%.
De plus, un regain d'activités est constaté dans les principaux secteurs.
Le secteur agricole se remet lentement des effets des cyclones Sandy et
Isaac et d'une sécher esse
prolongée. Cette reprise est facilitée notamment par les premiers investissements d'urgence post-Sandy
financés par le Trésor Public à hauteur de deux milliards de gourdes au cours du deuxième trimestre de
l'exercice 2012-2013.
Toutefois, il y a beaucoup d'incertitude quant à l'atteinte des résultats projetés pour l'exercice. Au mois
de février 2013, la conjoncture économiq ue est particulièrement caractérisée par une baisse substantielle
de l'inflation en dépit d'une dépréciation marquée de la gourde et une faiblesse des recettes fiscales
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accusant une moyenne mensuelle de 3,5 milliards de gourdes contre une prévision budgétaire de 4,3
milliards. Par conséquent, les dépenses de fonctionnement ont été contenues à 15,8 milliards de gourdes,
soit une moyenne mensuelle de 3,2 milliards de gourdes afin de prioriser les dépenses d'investissement.
Malgré
les investissements dans le secteur agricole, l es prévisions du taux de croissance ont dû
être révisées
à la baisse. Dans un tel contexte, pour maintenir le cap sur les grands objectifs définis dans
la politique générale du Gouvernement, je vous exhorte à conjuguer vos efforts pour un accroissement
de
la performance des administrations et l'accélération des réformes devant améliorer l'efficacité et
l'efficience de l'administration
publique.
Mesdames, Messi eurs les Ordonn ateurs,
Je vous rappelle que 2013-2016 constitue une période charnière au cours de laquelle doivent être
posées sinon renforcées
les bases institutionnell es devant garantir la relance de l'économie et la
refondation de notre société conformément à la vision d'une Haïti émergente préconisée dans le
Plan
Stratégique de Développement d'Haïti {PSDH).
Le budget 2013-2014 sera élaboré dans une perspective pluriannuelle de 3 ans pour mieux
articul
er
les actions de court et moyen terme avec la vision de long terme axée sur la logique des quatre
refondations: Institutionnelle, Economique, Sociale et Territoriale.
les objectifs macroéconomiques retenus sont les suivants:
• Un taux de croissance économique autour de 4,5% et qui sera progressivement porté au delà,
sous l'effet combiné
des investissements publics mais aussi et surtout privés; • Un taux d'inflation en glissement annuel ne dépassant pas 5.6%, bénéficiant de la modération de
l'inflation importée;
• Un taux de pression fiscale qui devra atteindre sinon dépasser 13% pour viser les 15% d'ici trois
ans;
• Un taux de change relativement stable, compte tenu des pressio ns sur nos réserves de change
qui devront conserver
un niveau prudent et confortable; • Le non recours au financement monétaire.
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l'efficacité du système fiscal et douanier devra être sérieusement amplifiée avec la poursuite d'un
programme cohérent
de réformes et de modernisation d'ores et déjà engagé mais qui devra être
rapidement complété.
Un accent particulier sera mis également sur la lutte contre la fraude et l'évasion
fiscales.
A travers
ce budget, le Gouverneme nt vise à consolider les acquis et poursuivre les avancées sur ses
objectifs prioritaires à savoir:
1.
Promouvoir la croissance économique et la création d'emplois;
2. Poursuivre et renforcer la politique d'accès à l'éduc.ation gratuite pour tous comme à la
santé de base ;
3. Combattre l'extrême pauvreté et réduire la vulnérabilité économique et
environnementale affectant particulièrement les plus pauvres;
4. Travailler à l'établissement et à la consolidation de l'état de droit;
S. Poursuivre les objectifs de modernisation de la gouvernance économique et de la gestion
des Finances Publiques en particulier;
6. Promouvoir la protection de l'environnement et œuvrer au renforcement de notre
résilience face aux catastrophes naturelles;
7.
Contribuer à la diversification économique par le développement d'une économie
régionale et locale dynamique
en investissant dans des pôles de développement
géographiques
et sectoriels et en mettant en place
les infrastructures de base.
Compte tenu des contraintes de ressources, l'atteinte des objectifs à moyen et long terme implique
l'urgente nécessité de rationaliser les dépenses publiques et d'en améliorer l'efficacité et l'efficience.
Aussi, au moment de préparer vos prévisions budgétaires pour l'exercice 2013-2014, je vous demande de
respecter strictement les directives suivantes:
1.
les dépenses de fonctionnement devront globalement être maintenues dans les limites des
prévisions de la
loi de finances de 2012-2013;
2. Les mesures prises durant l'exercice en cours visant à rationaliser les dépenses publiques seront
maintenues;
3.
Les propositions de dépenses devront être préparées et soumises au MEF en distinguant:
a)
Pour les dépenses de fonctionnement :
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• La prévision des crédits liés au maintien des activités régulières et aux dépenses
incompressibles (salaires, loyer, électricité, abonnement en
eau ... ) • La prévision des crédits liés aux activités nouvelles (qui peuvent êt re liées à des
décisions déjà prises, telles que modification de la loi organique, coûts récurrents
des projets en voie d'achèvement)
b) Pour les dépenses d'investissement:
• L'identification des projets en cours d'e xécution et montant des nouveaux crédits
de paiement sollicités
• La proposition de nouveaux projets accompagnés des documents définitifs de
projet
4. Les dépenses liées à des événements prévisibles relevant de votre secteur doivent être dûment
prévus
et inscrits dans votre proposition de budget car le recours aux crédits d'interventions
publiques
ne pourra être qu'exceptionnellement sollicité;
S. Les dépenses relatives à l'achatde fournitures seront exécutées moyennant un plan de marchés
qui sera exigé en début d'exercice et seront rationali sées pour permettre des économies
d'échelle;
6. L'octroi des crédits pour les immobilisations fera l'objet d'analyses d'opportunité et sera assujetti
à la soumission de l'inventaire des stocks existants;
7.
Le recrutement de personnel devra être planifié pour répondre à un besoin réel et quantifié par
missions.
Des plafonds d'emplois de fonctionnaires seront fi xés par ministère et institution de
rang assimilé (entité administrative
de premier rang). Les dépenses liées aux personnels
contractuels seront plafonnées.
Ce recrutement devra prioriser:
la titularisation des contractuels ayant pl us d'une année dans l'institut ion;
la régularisation des cas d'embauc he irrégulier;
la prise en compte des coûts récurrents des projets en cours d'exécution.
8. Aucune promotion ou ajustement
ne sera autorisé avant la mise en œuvre de la nouvelle grille
salariale en
cours d'élaboration;
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9. Les dépenses de loyer des institutions devront être prises en charge à travers les crédits
budgétaires
de chaque institution;
10. Le cumul d'arriérés est strictement interdit dans la gestion budgétaire. Les ordonnateurs ont pour
obligation légale d'engager leurs dépenses dans la limite des crédits budgétaires autorisés pour
l'exercice;
11.
Un état prévisionnel par source, nature et montant des revenus non fiscaux collectés devra
accompagner
les propositions de crédits de votre institution;
12.
Les institutions disposant d'organismes sous tutelle, devront procéder à un arbitrage interne en
conseil d'orientation stratégique
(C.O.S) et soumettre au MEF les crédits consolidés au niveau
ministériel. L'unité de spécialisation budgétaire devra être modifiée
au regard de l'amendement
de
la constitution de 1987 et le nouveau cadre réglementaire y relatif. Le niveau de vote proposé
sera fixé par ministère, ou institution assimilée,
et par titre de dépenses.
Les propositions de crédits que vous aurez à acheminer au Ministère de l'Économie et des
Finances pour l'exercice
2013-2014 devront tenir compte des contraintes de ressources domestiques.
Mesdames, Messieurs les Ordonnateurs,
Je vous demande de transmettre les propositions de crédits consolidés de votre institution au
Ministère de l'Economie et des Finances et au Ministère de la
Planification et de la Coopération Externe
au plus tard le 15 avril 2013 afin de garantir le dépôt du Projet de Loi de Finances 2013-2014 par devant le
Parlement dans les délais légau x.
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