Repiblik Ayiti
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Sizyèm rapò nasyonal sou divèsite biyolojik Ayiti

Sizyèm rapò nasyonal sou divèsite biyolojik Ayiti

Ministère de l'Environnement (MDE) 2019-04 229 paj
Rezime — Sizyèm rapò nasyonal Ayiti bay Konvansyon sou Divèsite Biyolojik, Direksyon Divèsite Biyolojik Ministè Anviwònman an prepare ak sipò PNUD, ki date avril 2019. Li fè pwen sou divèsite biyolojik Ayiti ak menas ki sou li, li swiv jan zòn pwoteje yo grandi ant 2009 ak 2018, li pwopoze uit objektif nasyonal pou yon estrateji 2019-2030 epi li prezante kèk etid ka.
Dekouve Enpotan
Deskripsyon Konple

Rapò a kòmanse ak istwa Ayiti anba Konvansyon an: li siyen l an 1992 epi ratifye l an 1996; premye ak senkyèm rapò nasyonal yo te soumèt an 1998 ak 2016, dezyèm rive katriyèm pa t soumèt, epi pa t gen okenn estrateji nasyonal 2011-2020 ki te fini, sa ki fè yo pa t ka mezire pwogrè sou objektif nasyonal yo ak objektif Aichi yo. Se konsiltan ki prepare l ansanm ak Direksyon Divèsite Biyolojik Ministè a ak PNUD, avèk rankont ak moun ki konsène yo, atelye rejyonal nan Sid, Sidès, Nò ak Nòdès, revizyon dokiman ak etid ka. Li fè lis plant ak bèt yo (ant 5 000 ak 5 600 espès plant vaskilè, 36% ladan yo se sèlman Ayiti yo ye; 245 a 260 fòm zwazo; 58 espès anfibyen) epi li bay menas yo, tankou twòp eksplwatasyon forè ak pwason, koupe mangwòv, polisyon ak chanjman klima.

Prensipal rezilta yo konsène zòn pwoteje yo. Ayiti te gen twa anvan 2010; an 2018 li te gen 25 ki delimite epi deklare (11 nan lanmè ak 14 sou tè), sou 1 872 km2 atè (apeprè 6,75% tè peyi a) ak 1 857 km2 nan lanmè (4,72%). Pou rive nan 17% ak 10% objektif 11 Aichi a anvan 2021, fòk yo ajoute 2 845,5 km2 atè ak 2 074,6 km2 nan lanmè, epi rapò a pwopoze 30 sit. Se sèlman 4 nan 25 zòn yo ki gen yon plan jesyon. Li pwopoze uit objektif nasyonal ak endikatè pou yon estrateji 2019-2030 epi li rekòmande yon kanpay sansibilizasyon nasyonal, rechèch inivèsite sistematik, yon envantè nasyonal espès ki an danje ak yon fon ayisyen pou divèsite biyolojik pou jwenn aksè nan Fon Karayib pou Divèsite Biyolojik.

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RÉPUBLIQUE D‟HAÏTI MINISTÈRE DE L‟ENVIRONNEMENT Direction de la Biodiversité SIXIÈME RAPPORT NATIONAL SUR LA BIODIVERSITÉ D‟HAÏTI © SAH © REWF © ONU-Environnement "Only after the last tree has been cut down. Only after the last river has been poisoned. Only after the last fish has been caught. Only then will you find that money cannot be eaten". (Native Cree Prophecy) Dr. Daniel Schoen, Prof. at McGill University Avril 2019 ii Préface du Ministre de l‟Environnement Lors de la Conférence des Nations Unies sur l‟Environnement et le Développent (plus connue sous le nom de Sommet de la Terre) à Rio de Janeiro en 1992, un traité international dénommé Convention sur la Diversité Biologique a vu le jour dans l‟objectif de réduire le rythme alarmant de perte des ressources biologiques à l‟échelle mondiale face aux différentes menaces qui pèsent sur les espèces et les écosystèmes. L‟adoption de cette convention par de nombreux pays, marquait un tournant décisif au niveau international en termes d‟engament par rapport à la protection de biodiversité. Le 13 Juin 1992, Haïti figurait parmi les pays signataires de la Convention sur la Diversité Biologique. Cet acte traduisait déjà la volonté d‟Haïti de s‟aligner sur la dynamique internationale en termes de protection de la biodiversité. Cette volonté s‟est renforcée avec la ratification par Haïti quatre (4) ans plus tard, soit en 1996, de la Convention sur la Diversité Biologique. Dès lors, un ensemble de mesures a été pris par les différents gouvernements qui se sont succédés pour mettre en œuvre la convention, avec des ressources limitées. En tant que Partie, et conformément à l‟article 26 de la convention sur la diversité biologique, Haïti s‟est engagée à élaborer des rapports nationaux pour apprécier ou évaluer les progrès accomplis dans le cadre de l‟application de cette convention. Le sixième (6e) rapport national qui vient d‟être élaboré, est le fruit d‟une large consultation tant au niveau national que local, avec tous les acteurs impliqués dans la conservation de la biodiversité notamment, les institutions étatiques, les organisations non gouvernementales, la société civile, les organisations communautaires et autres. Il fait ressortir l‟état des tendances de la diversité biologique, des dangers qui la menacent avec des conséquences pour le bien être de la population Haïtienne et des propositions claires pour une meilleure gestion de nos ressources biologiques. Les conclusions de ce rapport serviront à redéfinir de nouvelles stratégies pour asseoir des actions plus cohérentes et efficaces pour freiner le phénomène d‟appauvrissement de la biodiversité du pays et contribuer à l‟atteinte des trois objectifs de la convention qui sont la conservation de la biodiversité ; l'utilisation durable de ses éléments et le partage juste et équitable des avantages découlant de l'exploitation des ressources génétiques. Le Ministère de l‟Environnement s‟engage et réaffirme sa ferme volonté pour faire de la protection de la biodiversité son cheval de bataille pour renforcer la résilience des écosystèmes et améliorer le bien-être de la population Haïtienne au bénéfice de toutes les formes de vie existante sur l‟ensemble du territoire national. iii Équipe de réalisation et partenaires Équipe de consultants Edna BLANC CIVIL, Agro-environnementaliste, Consultante coordonnatrice à l‟élaboration du 6RN. Montréal, Québec, Canada : ednablancivil@gmail.com Jean-Philippe IRA, Consultant en appui à l‟élaboration du 6RN : ijeanphilippe@yahoo.fr Ministère de l‟Environnement/Direction Biodiversité: Michelet LOUIS, Directeur de la Direction Biodiversité du MdE : micheletagr@yahoo.fr Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) : Dorine JEAN-PAUL, Spécialiste de programme : dorine.jn.paul@undp.org Sendy Augustin SALOMON, Coordonnateur de projet 6RN : augustin.salomon@undp.org Marion MARIGO, Responsable régionale de l‟élaboration des 6RN : marion.marigo@undp.org iv Remerciements Les auteurs du 6RN veulent vivement remercier toutes les institutions, les personnes-ressources dont les noms apparaissent ci-dessous qui ont contribué pleinement à son élaboration et qui ont apporté leur support à titre de collaborateurs direct ou indirect, pour leur soutien, pour leur participation généreuse aux discussions lors des différentes rencontres, pour le précieux temps qu‟ils nous ont accordé. Ministères de l‟Environnement Yolette Nicole Altidor Michelet Louis Christelle Jéhanne Théodore Prénord Coudo Directrice générale Directeur, Direction Biodiversité Cadre technique. Direction Biodiversité Directeur technique de l‟ANAP Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) Fernando Hiraldo Représentant résident adjoint Adeline Carrier Chef d‟unité résilience Dorine Jean-Paul Spécialiste de programme Sendy Augustin Salomon Chef de projet 6RN Marion Marigo Responsable régionale Nos remerciements vont tout particulièrement à l‟endroit des personnes et des institutions qui ont délibérément fourni les informations pour la présentation des études de cas en l‟occurrence : Réserve Écologique Wynne Farm Jane Wynne Responsable Melissa Day Responsable Michard Beaujour Cadre technique, chercheur René Durocher Chercheur ONU-Environnement Maximilien Pardo Paul Judex Edouarzin Gabriel Gelin Chef de Bureau Spécialiste de programme Analyste de suivi Société Audubon d‟Haïti : Arnaud Dupuy Jean-Mary Laurent Directeur exécutif Specialiste en gestion et conservation des écosystèmes aquatiques HELVETAS Suisse Seth Pierre Chargé de programme v Table des matières Préface du Ministre de l‟Environnement ........................................................................................iii Équipe de réalisation et partenaires ............................................................................................... iv Remerciements ................................................................................................................................v Liste des sigles et abréviations .........................................................................................................x Liste des tableaux .......................................................................................................................... xiii Liste des figures ............................................................................................................................. xiv Résumé exécutif ............................................................................................................................. xv Contexte ..................................................................................................................................... xv Méthodologie ............................................................................................................................ xix Limites à l‟élaboration du 6RN .................................................................................................. xix Résultats ..................................................................................................................................... xx Conclusion et recommandations........................................................................................... xxviii SECTION A : INTRODUCTION ........................................................................................................... 1 1. Mise en contexte .................................................................................................................... 2 1.1. Situation géographique d‟Haïti............................................................................................. 3 1.2. Conservation et richesse de la biodiversité d‟Haïti .............................................................. 4 1.3. Présentation de la biodiversité au regard des groupes taxonomiques................................ 5 1.3.1. Flore .............................................................................................................................. 6 1.1.1. Faune ....................................................................................................................... 7 1.1.2. Mammifères ............................................................................................................ 8 1.1.3. Oiseaux .................................................................................................................... 9 1.1.4. Reptiles et Amphibiens.......................................................................................... 10 1.1.5. Poisson................................................................................................................... 12 1.1.6. Coraux et éponges ................................................................................................. 13 1.1.7. Autres invertébrés ................................................................................................. 14 1.2. Regard sur l‟indice d‟intégrité de la biodiversité en Haïti ............................................. 14 1.3. Menaces sur la biodiversité d‟Haïti ............................................................................... 15 1.4. Diversité de végétation sur le territoire national .......................................................... 18 2. Méthodologie ....................................................................................................................... 19 2.1. Implication des Parties prenantes (PP) .............................................................................. 19 2.2. Rencontre avec les parties prenantes ................................................................................ 22 vi 2.3. Réalisation des ateliers régionaux...................................................................................... 22 2.4. Revue documentaire .......................................................................................................... 23 2.5. Les études de cas ou success-story .................................................................................... 23 3. Limites à l‟élaboration du 6RN selon les orientations de la CBD.......................................... 23 4. Structure et contenu du 6RN ................................................................................................ 24 5. Situation d‟Haïti par rapport aux exigences de la CBD ......................................................... 25 6. Processus d‟identification des objectifs nationaux pour la conservation de la biodiversité 25 6.1. Identification et détermination des objectifs nationaux : Processus................................. 25 6.2. Les menaces identifiées lors des différents ateliers régionaux.......................................... 26 6.3. Priorités nationales pour l‟élaboration de la SPANB 2019-2030........................................ 28 6.4. Les axes prioritaires retenus dans la stratégie intérimaire du 5RN ................................... 29 6.5. Les objectifs nationaux pour l‟élaboration du SPANB 2019-2030...................................... 29 SECTION B : BIODIVERSITÉ EN HAÏTI : ÉTAT ET ÉVOLUTION.......................................................... 42 7. Progrès réalisés par Haïti au niveau de la conservation de la biodiversité .......................... 43 7.1. Au niveau de gouvernance : Initiative du gouvernement central...................................... 43 7.1.1. Cadre légal, institutionnel, règlementaire et stratégique .......................................... 43 7.2. Au niveau institutionnel ..................................................................................................... 45 8. Évolution des aires protégées............................................................................................... 46 8.1. Situation des AP avant 2015............................................................................................... 46 8.2. Situation des AP déclarées après 2015 .............................................................................. 47 8.3. Répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées terrestres............................. 50 8.4. Répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées marines et côtières ............. 52 8.5. Progression des aires protégées au regard des objectifs d‟Aichi ....................................... 54 8.6. Emphase sur les AP marines potentielles........................................................................... 56 8.7. Les aires protégées du SNAP face à certains enjeux .......................................................... 57 8.8. Système de gouvernance actuel des AP............................................................................. 59 8.9. Le rôle des femmes dans la conservation de la biodiversité.............................................. 60 8.10. Particularités sur les écosystèmes de mangroves ............................................................ 61 SECTION C : INITIATIVES ENTREPRISES PAR LES ACTEURS DANS LA CONSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ DE 2009 A 2018 AU REGARD DES OAB ET DES ODD.............................................................................................................................................. 63 9. Initiatives et intervention des acteurs dans la conservation de la biodiversité ................... 64 vii 9.1. Interventions des acteurs étatiques................................................................................... 65 9.2. Interventions des ONG nationales et internationales........................................................ 74 9.3. Interventions des partenaires de la coopération internationale ....................................... 83 9.4. Interventions au niveau des Universités et centres de recherche ..................................... 96 9.5. Synthèse des interventions des acteurs de 2009-2018...................................................... 98 SECTION D : ÉTUDES DE CAS............................................................................................... 102 10. Étude de cas-1 : La Réserve Écologique Wynne Farm..................................................... 103 11. Étude de cas-2 : Appui à la gestion des Aires marines protégées du Département du SudONU Environnement ................................................................................................................... 119 12. Étude de cas 3 : Expérience de HELVETAS et de ses partenaires au Massif de la Selle .. 129 13. Étude de cas-4 : Société Audubon Haïti : Cas de Grand Bois au massif de la Hotte ....... 139 SECTION E : 14. PROFIL NATIONAL DE LA BIODIVERSITÉ .............................................................. 147 Profil du pays en matière de Biodiversité ....................................................................... 148 14.1. Principales pressions et facteurs de changement de la biodiversité ............................. 149 14.2. Mesures visant à améliorer la mise en œuvre de la Convention ................................... 149 14.2.1. Mise en œuvre du SPANB ....................................................................................... 149 14.3. Mesures prises pour atteindre les objectifs d'Aichi pour la biodiversité et des ODD.... 150 14.4. Mécanismes de soutien à la mise en œuvre nationale .................................................. 150 14.5. Mecanisme de suivi et d‟examen de la mise en œuvre ................................................. 150 14.6. Équité genre et conservation de la biodiversité............................................................. 151 SECTION F : CONCLUSION ET PERSPECTIVES ................................................................. 152 15. Conclusion ....................................................................................................................... 153 16. Perspectives : Comment aborder et concevoir l‟après 2020 pour Haïti avec les résultats du 6RN155 Références bibliographiques ....................................................................................................... 158 ANNEXES .................................................................................................................................. 161 Annexe A. Liste interventions touchant les aires protégées : 2009-2020............................... 162 Annexe B : Liste complète des menaces et des priorités identifiées par les parties prenantes ................................................................................................................................................. 170 Annexe C : fiche de collecte de données................................................................................. 172 Annexe D : Espèces rares et endémiques menacées .............................................................. 176 Annexe D-1 : Espèces rares et endémiques menacées associées au Parc Macaya............ 176 viii Annexe D-2 : : Espèces rares et endémiques menacées associées au Parc La Visite ........ 177 Annexe E : Liste des espèces botaniques inscrites sur la Liste rouge de l‟UICN pour Haïti .... 179 Annexe F : Les espèces menacées d‟Haïti contenues dans les zones clés de la Biodiversité.. 180 Annexe G : Liste de la végétation en voie de disparition ayant besoin de protection............ 184 Annexe H : Diversité des espèces utilisées.............................................................................. 186 Annexe H-1: Diversité des plantes cultivées....................................................................... 186 Annexe H-2: Profil des champignons en fonction des milieux de développement............ 188 Annexe H-3: Les produits forestiers non ligneux................................................................ 189 Annexe I. Diversité des espèces de la Réserve Écologique Wynn Farm.................................. 190 Annexe I-1. Diversité de la flore ......................................................................................... 190 Annexe I-2. Diversité de la faune........................................................................................ 199 ix Liste des sigles et abréviations 5RN : 5e Rapport National sur la Biodiversité 6RN : 6e Rapport National sur la Biodiversité ANAP : Agence Nationale des Aires protégées AP : Aires protégées APM : Aires Marines protégées AP3C-EU : Appui à la Prise en compte du Changement climatique dans les Politiques nationales ANARSE : Autorité nationale de régulation du secteur énergétique AVSI: Association Volontaire pour le service international BCA: Boucle Centre-Artibonite BID: Banque Interaméricaine de Développement BM: Banque Mondiale BNÉE: Bureau National de l‟Évaluation Environnementale BV : Bassins Versants CBD : Convention sur la Biodiversité CBF : Fonds Caribéen pour la Biodiversité/Caribean Biodiversity Fund CC : Changement Climatique CCNUCC : Convention Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques CDN : Autorité nationale Désignée CIAT : Comité Interministériel d‟Aménagement du territoire CNIGS : Centre National de l‟Information Géo-Spatiale CNCC : Comité National sur le changement climatique COP : Conférence des Parties DCC : Direction Changement Climatique DINEPA : Direction nationale d‟Eau Potable et Assainissement DPC : Direction de la Protection Civile DSNCRP : Document stratégique National pour la croissance et la réduction de la pauvreté EBA : Adaptation basée sur les Écosystèmes/Ecosystem based Adaptation FAO : Programme Mondial pour l‟Agriculture FEM/GEF : Fonds Mondial pour l‟Environnement FFNC/NCTF Fonds Fiduciaire National pour la Conservation/National Conservation Trust Fund FHB/HBF : Fonds Haïtien pour la Biodiversité/Haitian Biodiversity Fund FOKAL : Fondasyon Konesans ak Libète FVC/GCF : Fonds Vert pour le Climat/Green Climate Fund x GBO5 : Global Biodiversity Outlook GES : Gaz à Effet de Serre GIEC : Groupe d‟Experts Intergouvernemental pour le Climat GIZ : Agence Allemande de coopération internationale GTT : Groupe Technique de Travail sur le changement climatique GVT : Gouvernement IFAD/FIDA : Fonds International pour le Développement Agricole IHSI: Institut haïtien de Statistique et d‟Informatique IIB : Indice d‟Intégrité de la Biodiversité LDCF : Least Development Country Fund MARNDR : Ministère de l‟Agriculture des Ressources naturelles et du Développement Rural MdE : Ministère de l‟Environnement MDP : Mécanisme de Développement Propre MdP : Ministère du Tourisme MEA : Ministère des Affaires Étrangères MPCE : Ministère de la Planification et de la Coopération Externe MTPTC : Ministère des Travaux Publics, des Transports et des Communications OAB : Objectifs D‟Aichi pour la Biodiversité ODD : Objectifs du développement durable OMD : Objectifs du Millénaire pour le développement ONG : Organisation non gouvernementale ONU : Organisation des Nations-Unies PAE : Plan d‟action pour l‟environnement PANA : Plan d‟Action National d‟Adaptation PDNA : Évaluation des besoins poste-désastres/Post Disaster Needs Assessment PIB : Produits Intérieurs Bruts PNA : Plan National d‟Adaptation PN3B : Parc National des 3 Baies PNCC : Politique nationale sur le Changement climatique PNGRD : Plan national de Gestion des Risques et Désastres PNUD : Programme des Nations-Unies pour le développement PNUE : Programme des Nations-Unies pour l‟Environnement PP : Parties prenantes PPCR : Programme pilote pour la résilience climatique PSE : Paiement pour services écosystémiques xi PSC-CC : Plateforme de la société civile sur les changements climatiques PSDH : Plan stratégique de Développement d‟Haïti PTF : Partenaires techniques et Financiers PNC : Première Communication nationale REWF : Réserve Écologique Wynn Farm RN : Ressources naturelles SAH : Société Audubon Haïti SIE : Système d‟informations environnementales SNAP : Système National des Aires protégées SNC : Deuxième communication nationale SNGRD : Système national de gestion des risques et désastres SPANB : Stratégie et Plan d‟action National pour la Biodiversité TCN : Troisième communication nationale TNC : The Nature Concervancy UE : Union Européenne UICN : Union Internationale pour la Conservation de la Nature UniQ : Université Quisqueya USAID : United States Agency for International Development ZCB: Zones clés de la Biodiversité xii Liste des tableaux Tableau 1: Diversité des espèces et niveau de menaces des grands groupes taxonomiques en Haïti 17 Tableau 2 : Liste des Parties prenantes dans la conservation de la biodiversité et leurs zones 20 Tableau 3: État du suivi des exigences de la CBD 25 Tableau 4: Objectifs, cibles et indicateurs retenus pour l‟élaboration du SPANB 2019-2030 31 Tableau 5: Aires protégées terrestres, marines et côtières d‟Haïti en 2015 46 Tableau 6: Ensemble des aires protégées terrestres, marines et côtières délimitées de 2010 a 2018 48 Tableau 7: Répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées terrestres en 2018. 50 Tableau 8: Répartition de l‟ensemble des parcs et des AP marines et côtières selon leur superficie 52 Tableau 9: Valeur totale des services écosystémiques par site (mangroves et récifs coralliens) 53 Tableau 10 Synthèse de la progression des aires protégées en Haïti entre 2015 et 2018 54 Tableau 11 Proposition d‟Aires protégées à créer, délimiter et borner d'ici à 2021 55 Tableau 12: Système de gouvernance actuel des AP 60 Tableau 13: Initiatives entreprises par les acteurs dans la conservation de la biodiversité : 2009 à 2018 64 Tableau 14: Synthèse des interventions avec des données chiffrées de 2009 à 2018 98 xiii Liste des figures Figure 1: Carte de localisation d‟Haïti 3 Figure 2: Prédictions par rapport aux phénomènes extrêmes liés au changement climatique 2050-2090 4 Figure 3: Situation géographique des ZCB d‟Haïti (polygones rouges) 5 Figure 4: Hypoplectrus liberte 12 Figure 5: Carte d'indice d'intégrité de la biodiversité. 2016 15 Figure 6: Principaux problèmes environnementaux du 21è siècle 16 Figure 7: Carte occupation de sol (source cnigs. 1998) 18 Figure 8: Liste des menaces récurrentes sur la biodiversité 26 Figure 9: Carte couvert forestier d'Haïti en 2000 27 Figure 10: Carte de perte du couvert forestier d'Haïti entre 2000 et 2017 27 Figure 11: Carte des AP du SNAP d‟Haïti en 2018 47 Figure 12 Cartes des aires protégées terrestres en 2018 51 Figure 13: Carte aires protégées marines et côtières en 2018 53 Figure 14: Les AP potentielles proposées par les acteurs dans le cadre du 6RN toute catégorie confondue 55 Figure 15: Carte des sites des AP existantes et potentielles toute catégorie confondue (en pourpre : sites existants, en vert : sites potentiels, en rouge : sites non encore catégorisés 56 Figure 16: Carte des sites des AP marines existantes et potentielles 57 Figure 17: Carte des AP existantes et potentielles au regard de l‟indice d‟intégrité de la biodiversité 58 Figure 18: Carte des AP existantes et des AP potentielles au regard de l‟empreinte 59 Figure 19: Carte sur les zones de mangrove en Haïti et zoom sur le Salé Flood way dans l‟Artibonite. 62 xiv Résumé exécutif Contexte En août 1996, Haïti a ratifié la convention sur la biodiversité. Cette convention adoptée le 22 mai 1992, à la Conférence de Nairobi, la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) a été inspirée par l‟engagement de la communauté internationale au développement durable (CBD 1992). En tant que signataire de cette convention, Haïti a pour obligation de rendre compte au niveau international de ses contributions aux efforts mondiaux pour la sauvegarde de la biodiversité et, au niveau national, de mieux raisonner et gérer l‟ensemble de ses ressources et espaces naturels qui constituent l‟ensemble des écosystèmes et zones de vie pour la flore et la faune. Sous l‟égide de la Convention sur la Biodiversité (CBD), les Partis ont adopté une Stratégie et un Plan d‟action pour la biodiversité (SPANB 2011-2020), lors de la dixième conférence des Parties (COP10) à Nagoya au Japon en 2010. Cette stratégie est articulée autour de 20 objectifs dits Objectifs d‟Aichi pour la Biodiversité (OAB), à atteindre d‟ici 2020 au niveau mondial, desquels seraient établis des objectifs régionaux ou nationaux supplémentaires qui contribuent à la réalisation de ces objectifs mondiaux, mais qui reflètent plus précisément les besoins et les priorités du pays concerné. (CBD et Al. 2018). Dans le but d‟évaluer les progrès réalisés par le pays le secrétariat de la CBD met en place plusieurs outils de suivi en l‟occurrence les Stratégies et plans d'action nationaux pour la diversité biologique (SPANB). Si ces dernières représentent l‟outil clé pour évaluer l‟atteinte des objectifs aux niveaux national et mondial pour dans la mise en œuvre d‟actions capables de parvenir aux objectifs nationaux ainsi que leurs impacts, les rapports nationaux sont par ailleurs, un cadre de suivi de mise en œuvre et de conformité aux obligations des pays face au secrétariat de la Convention. Ils doivent être soumis périodiquement au secrétariat de la CBD (CBD, article 26). Dans cette perspective, ce sixième rapport national (6RN) sur la diversité biologique devait comprendre 1)un examen final de l‟état d‟avancement de la mise en œuvre du Plan stratégique pour la diversité biologique 2011 2020, 2) présenter les progrès accomplis de la réalisation des OAB, y compris les objectifs nationaux pertinents, fondés sur des informations relatives à la mise en œuvre des stratégies et plans d‟action nationaux pour la biodiversité et autres mesures prises pour appliquer la Convention et 3) guider à la fois la cinquième édition des Perspectives mondiales sur la Biodiversité (GBO5) et la stratégie mondiale pour la diversité biologique de 2021-2030. Cependant, compte tenu de plusieurs facteurs contraignants, la plupart des éléments mentionnés cidessus n‟ont pu être pris en compte dans le cadre de ce rapport. Ce dernier présente, les progrès accomplis dans la conservation de la biodiversité ainsi que les perspectives pour une meilleure valorisation dans le temps et dans l‟espace de la biodiversité nationale. xv Richesse exceptionnelle d‟Haïti e n matière de biodiversité Haïti est considérée comme l‟une des zones de la Caraïbe insulaire riche en Biodiversité. Sur le territoire national, de la montagne à la mer, échelonne une panoplie d‟écosystèmes aussi diversifiés et variés. La grande diversité spécifique d‟Haïti s‟explique par la diversité de ses écosystèmes. Le pays compte six écorégions qui renseignent sur la diversité des zones de vie. Ce sont : la forêt humide, la forêt sèche, la forêt de pins, les mangroves, les zones humides et l‟écorégion marine (GÉO-Haiti, 2010). Chacune de ces écorégions héberge un ensemble d‟espèces animales et végétales caractéristiques. Certains écosystèmes sont considérés comme des zones Clés de la Biodiversité (ZCB). Ces derniers constituent des zones importantes sur le plan international qui jouent un rôle essentiel dans la conservation de la biodiversité. Entre 5,000 et 5,600 espèces de plantes vasculaires dont 36% endémiques 300 espèces d‟orchidées, de rubiacées 330 espèces de composés 600 espèces de fougères 3 espèces de conifères, dont le Pinus occidentalis Ile de la Gonâve (684 km 2): 938 plantes dont 17 endémiques Ile de la Navase (7km2) : Plus de 800 espèces, dont plus de 250 nouvelles endémiques Ile de la Tortue (193 km2): 889 espèces dont 24 endémiques 14,243 ha de mangroves. En plus des formations les plus importantes d‟Estère (8,940 ha) et de Caracol (3,990 ha), il existe une réserve vierge dans l‟Artibonite : Exutoire du Salé Flood Way. Ces écosystèmes sont le garant du bien-être de l a population qui puise, dans de tels milieux, l‟essentiel des éléments nécessaires pour un développement humain équilibré dans un contexte d‟aggravation économique et de conditions environnementales contraignantes (MdE, 2016). Type de végétation du territoire haïtien en % 44,1 Agroforesterie 31,8 Forêts Les zones agricoles occupent avec 44,1% du territoire et les forêts en occupent seulement 2,6%. Zones humides 18,3 Mangroves Sous- bois 2,6 1,4 0,7 1,1 Pâturages xvi Source : GÉO Haïti 2010 Cultures intensives La flore d‟Haïti est répartie en divers types de végétation présentée dans le graphique ci-contre. Diversité et richesse de la faune d‟Haïti La Faune d‟Haïti Plus de 2,000 espèces animales dont 75 % endémiques Oiseaux: Entre 245 et 260 formes d‟oiseaux connues dont 31 espèces endémiques. 84 espèces d‟oiseaux à la Gonave et 47 à l‟île de la Tortue Poissons : Des 932 espèces reportées la plupart sont marines dont 1 endémique, la Coralbrotula Ogilbichthys haitiensis. Etang de Miragoane: 8 espèces de poissons endémiques. Ichtyofaune dans les écosystèmes d‟eau intérieure: 41 espèces de poissons d‟eau douce incluant la native anguille américaine, Anguilla rostrata. 11 parmi ces 41 espèces sont endémiques et appartiennent toutes à la famille Poecillidae et à l‟ordre des Cyprinodontiformes. Mammifères : 3 espèces- Plagiodontia aedium (Zagouti), Solenodon paradoxus wordii (Musaraigne au Nez long) et le Lamantin des Antilles, mammifère marin que l‟on retrouve dans la plupart des Antilles dont Haïti; 18 espèces de chauve-souris. Reptiles: 120 dont 3 espèces de couleuvres de boas: Epicrates fordi, Epicrates gracilis et Epicrates striatus, 5 tortues marines, 2 tortues d‟eau douce, 2 espèces d‟iguane terrestre, quelques 500 crocodiles américains; 3 espèces de boas Amphibiens: 58 espèces dont 49 sont en extinction : 58 espèces Grenouilles terrestres, d‟Eleutherodactylus sur l‟île d‟Hispaniola. De ces 58 espèces, 20 provienent de la Grande Anse. L‟Eleutherodactyles thorectes, la plus petite espèce connue d‟Hispaniola, et l‟une des plus petites du genre a été découverte en Haïti. xvii Menaces sur la biodiversité haïtienne La biodiversité d‟Haïti est sous la menace constante de plusieurs facteurs qui sont d‟ordres anthropique et environnemental à savoir : ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ surexploitation des ressources forestières, surexploitation des ressources halieutiques, coupe excessive et remblaiement des zones de mangroves, pollution et mauvaise gestion des déchets fragmentation et altération des écosystèmes et des habitats, effets du changement climatique, manque d‟éducation, mauvaise gouvernance, etc. Plusieurs espèces tant de la flore que de la faune sont très vulnérables et présentent des dangers d‟extinction, etc. Ces menaces touchent de manière cruciale : 28 espèces de plantes, 12 espèces d‟oiseaux. ≈48 espèces d‟amphibiens 15 espèces de poissons 10 espèces de reptiles et de mammifères (Scott.2016 GÉO. 2010) Situation d‟Haïti par rapport aux exigences de la CBD Des raisons d‟ordre politique, institutionnel, technique et financier se sont amalgamées pour faire qu‟Haïti n‟ait pas pu respecter de manière systématique les obligations et exigences de la Convention à savoir : rapports et stratégies (Tableau 1). Tableau 1: État du suivi des exigences de la CBD Types d‟engagement État Date Remarque Convention sur la Biodiversité Signé 1996 - Premier rapport national Soumis 1998 - Deuxième rapport national Non soumis - Soumis sous forme de brouillon SPANB-1 Soumis 2008 - Troisième rapport national Non soumis - Crise politique 2000-2007, Manque de fonds Quatrième rapport national Protocole de Nagoya SPANB 2011-2020 Non soumis Non signé Non soumis - Crise politique 2000-2007, Manque de fonds Inachevé Cinquième rapport national Soumis 2016 Aucune évaluation du SPANB 2011-2020. Sixième rapport En cours Janv. 2019 Soumission imminente xviii Méthodologie Les 6RN sont un outil de référence devant présenter de manière quantitative et qualitative, les progrès accomplis dans la réalisation des OAB : 1) il doit se baser sur la rigueur des données scientifiques et des données spatiales, qui prend en compte la question de l‟égalité des sexes, 2) il doit se reposer sur une base de données en s‟appuyant sur des indicateurs mondiaux et nationaux. Le SPANB de 2011 et le 5e rapport national (5RN) en constitueraient les principaux prérequis à son élaboration. Une méthodologie, a priori, basée sur une approche participative, a été proposée et contient les étapes suivantes ; Établissement de la liste des Parties prenantes (PP) : Représentants des institutions étatiques les plus concernées, de la coopération internationale, des ONG nationales et internationales, des organisations communautaires de base (OCB), de la société civile environnementale organisée, des universités et centres de recherche et des personnes-ressources. Rencontre avec les Parties prenantes : dans le but, entre autres, de collecter des informations générales sur l‟état de la biodiversité au niveau du pays (les projets, politiques, stratégies et/ou plans). Réalisation des ateliers régionaux : dans les départements du Sud, du sud-est et du Nord et du Nord-est, les deux derniers étant jumelés. Les objectifs de ces ateliers sont, entre autres, 1) expliquer la pertinence de l‟élaboration du 6e rapport national ; 2) évaluer les progrès en matière de protection et conservation de la Biodiversité ; 3) évaluer les menaces potentielles liées à la protection de la biodiversité ; 4) identifier les priorités nationales en matière de conservation de la biodiversité. Revue documentaire : consultation de tous les documents susceptibles de nous fournir des informations fiables utiles à l‟élaboration du rapport : études scientifiques sur la biodiversité, rapports techniques des différentes conventions dont Haïti est signataire, rapports techniques et scientifiques de missions dans le domaine, rapports techniques de projets, documents légaux et règlementaires et de gouvernance environnementale. Les études des cas : cette option a été retenue afin de mieux valoriser les interventions des acteurs et combler certaines lacunes en matière de disponibilité de données. Ces cas traitent des thèmes portant sur plusieurs écosystèmes et sur des aspects variés : conservation, gouvernance et gestion de diversité biologique. Limites à l‟élaboration du 6RN Les principaux éléments qui ont fait défaut à l‟élaboration des 6RN d‟Haïti sont : 1. Manque de données quantitatives et scientifiques dans le cinquième rapport national 2. Absence du SPANB de 2011-2020 o Impossibilité d‟évaluer le progrès des objectifs nationaux de la biodiversité o Impossibilité d‟évaluer la mise en œuvre des OAB o Impossibilité d‟identifier et d‟évaluer l‟efficacité des mesures prises à compter de la mise en œuvre des SPANB o Objectifs nationaux de biodiversité non définis. xix 3. Manque de données scientifiques Le manque ou même l‟inexistence de ces données a rendu ardu tout le processus d‟élaboration du rapport. Très peu ou pas de recherches sont effectuées dans ce domaine au niveau des Universités et Centres de recherche. Parallèlement, les informations qui existent sont éparses et ne sont pas systématiquement partagées et encore moins archivées dans un système d‟information. Résultats 1. Définitions des objectifs nationaux : Les objectifs nationaux sont définis sur la base des menaces et des priorités établies lors des ateliers régionaux et des rencontres avec les diverses parties prenantes. Les 8 objectifs ainsi que leur correspondance avec les OAB sont présentés dans le tableau 2. Tableau 2 : Les objectifs nationaux définis pour l‟élaboration du SPANB 2019-2030 Objectifs Objectif 1 : Sensibilisation et conscientisation des individus aux valeurs de la biodiversité, de son utilisation et de conservation de manière durable. Objectif 2 : Réduction de la fragmentation, la dégradation et la perte d‟habitats. Correspondance avec les OAB Objectif 3 : Gestion soutenable de la pêche en appliquant des approches fondées sur les écosystèmes. Objectif 4 : Gestion et conservation efficace des aires protégées des écosystèmes terrestres, d‟eaux intérieures, marins et côtiers. D‟ici à 2021, au moins 17% des zones terrestres et d‟eaux intérieures et 10% des zones marines et côtières, y compris les zones qui sont particulièrement importantes pour la diversité biologique et les services fournis par les écosystèmes, sont conservées. Objectif 5 : Amélioration, maintien et conservation des espèces menacées plus particulièrement de celles qui sont en voie d‟extinction. Objectif 6 : Restauration et sauvegarde des écosystèmes qui fournissent les services essentiels au regard des besoins des femmes, des communautés locales et des populations pauvres et vulnérables. Objectif 7 : Amélioration de la résilience des écosystèmes et de la contribution de biodiversité au stock de carbones grâce aux mesures de conservation et de restauration des écosystèmes dégradés. Objectif 8 : Augmentation de la mobilisation de ressources financières pour la biodiversité et la mise en œuvre de la stratégie 2019-2030. De ces objectifs sont découlés les indicateurs et les cibles qui doivent servir de base à l‟élaboration du SPANB 2019-2030. 2. Progrès dans la conservation des aires protégées de 2009 à 2018 xx Progrès dans la gouvernance : au niveau légal, institutionnel, règlementaire et stratégique. Mise en place de l‟Agence nationale des aires protégées (ANAP) en 2009 Création de la Direction de biodiversité en 2017 Création du Groupe Technique d‟Appui aux Aires protégées (GTAP) en décembre 2014 en soutien à l‟ANAP. Le Gouvernement Moise/Céant prendra des mesures pour conserver et gérer la biodiversité de manière effective d‟ici 2021, en décrétant Aires protégées (AP), 10% du territoire côtier et marin haïtien et 17% du territoire terrestre en soutien à la préservation de la biodiversité et à la promotion d‟un tourisme durable ce qui permettra d‟atteindre l‟Objectif 11 des OAB (Déclaration de la politique générale du Gouvernement Moise/Céant, 2018). Progrès dans la création des aires protégées Dans le souci d‟atteindre l‟objectif 11 d‟Aichi, des efforts constants ont été réalisés. Aires protégées déclarées avant 2010 Avant 2010, Haïti comptait seulement 3 AP déclarées (figure 1 ci-contre): 1. Le Parc national naturel de Macaya, 2. Le Parc national naturel de La Visite 3. et le Parc national naturel de la Forêt des Pins Unité II. Fig 1 : Carte des AP déclarées avant 2010 En 2015, les aires protégées terrestres étaient au nombre de onze (11) totalisant 68, 161.36 ha ou 682.11 km2 et celles des marines et côtières au nombre de sept (7) avec une superficie de 116,391.00 ha soit 1063,91 km2 pour un total de 1746,02 km2 AP terrestres et marines. Entre 2015 et 2018, avec l‟appui institutionnel de certaines institutions telles que le CIAT, l‟ANAP et la Direction de la Biodiversité sont parvenues, par arrêtés, à déclarer et à délimiter plusieurs aires protégées. De ce fait, le pays accuse une augmentation des AP terrestres de 1190 km2 soient une progression de 4,29% du territoire terrestre et celles des AP marines de 11794 km2 soit une progression de 2,02% du territoire marin (Tableau 3). xxi Les figures 2 et 3 présentent respectivement les AP terrestres et les AP marines et côtières en 2018. Fig. 2 : Carte des Aires protégées terrestres déclarées en 2018 Fig. 3 : Carte Aires protégées marines et côtières déclarées en 2018 Haïti compte de nos jours, vingt-cinq (25) Aires protégées (AP) délimitées et déclarées dont 11 marines et 14 terrestres (Fig. 4). Fig 4 : Carte des AP du SNAP en 2018 xxii Vers l‟atteinte de l‟OAB-11 De nos jours, la superficie des aires terrestres est de 187 213. 92 ha (1872km 2) soit environ 7% du territoire terrestre ; celle des aires marines et côtières : 185 655.90 ha (1857 km2) soit 5% du territoire marin. Les écarts à combler après 2018 D‟ici à 2021, pour atteindre les 17% de conservation du territoire, il faut créer 2846 Km2 d‟AP terrestres soit 10.25% du territoire terrestre et 2075 Km2 d‟AP marines et côtières soit 5.28% du territoire marin (Tableau 3). Les sites proposés pour atteindre cet objectif sont définis dans le tableau 4. Ces sites doivent être créés, délimités et bornés d'ici à 2021. Tableau 3 Synthèse de la progression des aires protégées en Haïti entre 2015 et 2018 Seuils d'AP Équivalent fixés par du territoire Aichi % du En km2 territoire Efforts en 2015 en Km2 Superficie du territoire En % Superficie Efforts en 2018. du territoire En km2 En % Progression en km2 2015-2018 Progression en % 2015-2018 Écart à combler D‟ici 2021 Km2 % AICHI Terrestre (17%) 4717,5 682,11 2,46 1872 6,75 1189,89 4,29 2845,5 10,25 AICHI Marine (10%) 3931,6 1063,91 2,71 1857 4,72 793,09 2,02 2074,6 5,28 Tableau 4 Proposition de sites pour la création d‟Aires protégées d'ici à 2021 Proposition d‟Aires protégées à créer, délimiter et borner 1 Marmelade 11 Morne L‟Hôpital 21 La Gonâve 2 Grand Boucan 12 Vallières 22 Ile de la Tortue 3 Trois Étangs (plaine des Cayes) 13 Sources Puantes 23 Voute de l‟Église (Môle Saint-Nicolas) 4 Trou Caïman 14 Les Arcadins 24 Limbé 5 Bassins Bleus (Jacmel) 15 Saut Mathurine 25 Terrier rouge 6 Gonaives (Ville) 16 Sources Chaudes 26 Grande Rivière du Nord 7 17 Etang Bois Neuf 27 Lascahobas 8 9 Grande Saline (Site de mangrove, exutoire du Salé Flood Way) Baie de L‟Acul Rochelois 18 19 Source Zabeth Lac Azuéi 28 29 Thiotte Belle-Anse 10 Côte Sud (Aquin Port-à-Piment) 20 Grande Cayemites 30 Réserve Écologique Wynne Farm Source : Direction Biodiversité, ANAP, 2018 ; MdE. 2016. 5RN xxiii La figure 5 figure ci-après présente la cartographie des AP potentielles1 proposées tout écosystème confondu (terrestre, marin et côtier). Ces AP devraient intégrer le SNAP d‟Haïti d‟ici à 2021. Figure 5 : Carte des sites potentiels toute catégorie confondue (En rouge sites non encore catégorisés) NB : Parmi ces sites, certaines aires marines protégées (mangroves et récifs coralliens) sont d‟une importance économique considérable. Leur valeur pour services écosystémiques s‟élève à un total de 9,572,460,000 USD selon une étude réalisée par ReefFix et FoProBim (2013). Le pays et sa population en gagneraient beaucoup en termes de qualité de vie si beaucoup plus d‟importance est accordée à la conservation de la diversité biologique. La figure 6 présente les sites existants et potentiels devant constituer le SNAP d‟Haïti d‟ici à 2021. 1 Les sites de l‟exutoire du Salé Flood Way dans la Vallée de l‟Artibonite (7) et la Réserve Écologique Wynne Farm (30) ont été proposés dans le cadre de la rédaction de du 6RN. Ces sites présentent tout le potentiel pour être classés AP. Nous recommandons à l‟ANAP et la Direction Biodiversité de prendre les dispositions nécessaires en vue de leur catégorisation. xxiv Figure 6 : Carte des sites existants et potentiels du SNAP d‟Haïti d‟ici à 2021 3Les AP du SNAP face à certains enjeux Qu‟elles soient existantes ou potentielles, les AP du SNAP font face ou vont faire face à un ensemble d‟enjeux découlant de plusieurs facteurs anthropique, environnemental et de gouvernance. Le processus de déclaration, de délimitation et de bornage des AP doit tenir compte de ces (figure 7). Il est judicieux de pouvoir aussi analyser l‟indice d‟intégrité de la biodiversité (IIB) dans les écosystèmes proposés (figure 8). L‟IIB permet d‟identifier et de hiérarchiser les problèmes de fragmentation écologique à diverses échelles écopaysagères. Sachant que les poches de meilleure conservation présentent un IIB entre 90 et 100%, alors que pour un IIB entre 80 et 85% le niveau de fragmentation est déjà assez élevé. xxv Fig. 7 : Carte des AP existantes et des AP potentielles au regard de l‟empreinte humaine sur la biodiversité La carte de la figure 8 montre les poches de conservation de la biodiversité au regard du placement des AP existantes et des AP potentielles et la figure 7 montre l‟évolution de l‟empreinte humaine sur les écosystèmes. Fig. 8 : Carte des AP existantes et des AP potentielles au regard de l‟indice d‟intégrité de la biodiversité. xxvi Fig. 9 : Carte des AP existantes et des AP potentielles au regard de l‟occupation 4 Définition des objectifs, des indicateurs et des cibles pour l‟élaboration du SPANB En plus de définir les objectifs nationaux, le 6RN propose aussi un cadre pour l‟élaboration de la stratégie et du plan d‟action pour la biodiversité pour la période 2019-2030. Ce cadre comprend les objectifs alignés avec les OAB, les indicateurs (SMART) et les cibles assortis d‟un chronogramme et une proposition d‟acteurs de mise en œuvre. 5 Les interventions des acteurs Les informations collectées ont emmené à découvrir les actions menées par les acteurs dans le domaine et dont chacun contribue d‟une manière ou d‟une autre à la conservation de la biodiversité. Malgré les lacunes, ce rapport a fait l‟effort de présenter dans la mesure du possible, les différentes interventions de manière chiffrée afin de faciliter son exploitation par les décideurs et les différents intéressés. Ces données ont été mises en relation avec les OAB et les ODD. 6 Les études de cas Les études de cas retenus ont permis de mettre en exergue les efforts des acteurs évoluant dans le domaine de la biodiversité. Les cas présentés sont aussi intéressants que variés et touchent plusieurs écosystèmes et plusieurs aspects de la conservation. Citons par exemple la valorisation de la richesse de la diversité biologique avec la Réserve écologique Wynne Farm (REWF), la mise en évidence de la gouvernance des aires protégées avec Helvetas à l‟unité II de la Forêt des Pins et des Lagons aux Huitres, l‟émergence des aires marines protégées et leur système de gestion avec l‟ONUEnvironnement, et la valorisation des espèces et de la recherche avec la Société Audubon d‟Haïti pour ne citer que ceux-là. xxvii Conclusion et recommandations Conclusion Sur la base des informations disponibles au niveau national, il se révèle que depuis 2008 beaucoup d‟efforts ont été mis en place pour augmenter le niveau de conservation de la biodiversité au niveau national. Ces efforts se manifestent tant aux niveaux légal, institutionnel et des interventions sur le terrain. Considérant les diverses avancées identifiées, il est évident que le profil de la biodiversité a positivement évolué pendant les 10 dernières années. Soulignons d‟une part : ‒ La publication de décisions légales créant et délimitant de nombreuses aires protégées tant marines que terrestres à travers des arrêtés, ‒ La création de la direction de la biodiversité ayant, entre autres, pour mission de s‟assurer de la mise en œuvre des décisions de la CBD ‒ La promotion de l‟ANAP comme direction générale avec l‟autonomie et l‟autorité régalienne de prendre des décisions pour la protection des territoires à conserver et à protéger. De 2010 à 2018, de nouvelles aires protégées sont créées et déclarées. Entre 2013 et 2018, un total de 25 AP ont été créées et délimitées. Notons que des 25 AP existant, seulement 4 de ces AP sont munies de leur plan de gestion, outil indispensable à la gestion durable des ressources naturelles. C‟est un outil qui présente les éléments clés pour faire, entre autres, la prévention, la conciliation et l‟arbitrage et la négociation au sein de ces aires protégées. De plus, pour répondre aux exigences de l‟OAB11, il est judicieux de prendre les dispositions nécessaires pour combler les écarts en termes de couvert du territoire en AP c‟est-à-dire d‟ajouter au moins 284 550 ha sur les AP terrestres existant et 207450 ha sur les AP marins. Ces AP doivent être créées, délimitées et bornées d‟ici 2021. L‟effectivité de cette progression peut se faire en capitalisant sur les AP potentielles qui ont déjà fait l‟objet d‟analyse et de validation par les différents acteurs notamment les organisations de la société civile spécialisées en biodiversité marine et côtière telles que Reef Check Haïti et FoProBIM. La mise en place de ces initiatives devra être accompagnée d‟actions de développement au travers de la mise en place, entre autres, d‟ateliers scientifiques, de consultations et d‟engagements des parties prenantes, d‟Études d‟Impact Environnementale simplifiées, de propositions de délimitations, de promulgation d‟arrêtés présidentiels de création, d‟arrangements de gestion, de proposition de gouvernance, etc. (MdE, 2016). Il est aussi judicieux de faire le renforcement du système de gouvernance. Ce système doit faire la promotion pour l‟intégration des femmes et la valorisation du savoir autochtone. D‟autre part, plusieurs actions sont menées par les acteurs qui touchent d‟une certaine manière la gestion et la conservation de la biodiversité que ce soit dans le cadre de la mise en œuvre des conventions internationales ratifiées par le pays sur la gestion durable des terres, les changements climatiques, etc. Cependant, les interventions de conservation de la biodiversité se font la plupart du temps de manière éparse et ne sont pas systématiquement intégrées dans un référentiel. Ceci pourrait s‟expliquer par le xxviii fait qu‟il n‟existe pas jusqu‟à date de stratégie nationale et de plan d‟action servant de référentiel de conservation de la biodiversité. La plupart de ces actions vont dans le sens de la gestion des ressources naturelles, la protection des terres, le reboisement ou la reforestation, de la formation ou de la sensibilisation, amélioration de la gouvernance environnementale, actions de résilience face au climat. Toutefois, ces efforts sont constamment sous la pression tant anthropique qu‟environnementale qui constitue de véritables menaces pour la survie et la pérennisation de certaines espèces, qui à force de dégradation, voient disparaitre leurs habitats que ce soit au niveau terrestre, côtier que marin. D‟autres facteurs perturbateurs liés à l‟explosion de la population, l‟urbanisation anarchique affecte l‟équilibre écologique et l‟intégration de la biodiversité, facteurs indispensables à la survie, à la reproduction des espèces-, des ressources génétiques animales et végétales. L‟une des principales embuches auxquelles a fait face le 6RN est la disponibilité de données quantitatives et scientifiques. L‟inexistence de ces données a rendu ardu tout le processus d‟élaboration du rapport. Il s‟avère important que les universités rentent dans une dynamique systématique de recherche dans le domaine de la biodiversité, qui jusque-là se fait de manière sporadique. Finalement, en termes de mobilisation de ressources, il a été constaté que les fonds pour la biodiversité auxquels Haïti en a accès ne sont pas encore établis au niveau national en dépit de son éligibilité. Il s‟agit particulièrement du Fonds Caribéen pour la Biodiversité (CBF). Pour accéder à ce fonds, le pays doit mettre en place un certain nombre de mécanismes notamment les aspects légaux, et administratifs. Des dispositions doivent être prises pour établir le Fonds Fiduciaire National pour la Conservation (NCTF) qui serait le Fonds Haïtien pour la Biodiversité (FHB). Ce fonds permettra de mettre en œuvre des initiatives touchant la conservation, la résilience, la gouvernance, etc. Perspectives et recommandations : Comment aborder et concevoir l‟après 2020 pour Haïti avec les résultats du 6RN Afin de rendre efficace la gestion et la conservation de la biodiversité en Haïti, suite aux nombreux constats et observations faits lors de l‟élaboration du 6RN, plusieurs actions doivent être posées tant du côté de l‟ANAP, de la Direction Biodiversité et de leurs partenaires et des différents intervenants dans le domaine. Plusieurs lacunes en ont aussi été observées sur la base desquelles des mesures correctives devront être appliquées afin d‟atteindre les objectifs fixés et qui serviront de base à l‟élaboration de la stratégie et du plan d‟action national de la biodiversité. Plusieurs initiatives sont à promouvoir telles que : Campagne nationale de sensibilisation : Il est fondamental qu‟une masse critique de la population locale soit sensibilisée et s‟approprie de l‟importance de la biodiversité dans leur communauté. Pour être réaliste, cette campagne peut prendre l‟aspect d‟ateliers régionaux, des focus groups, des émissions médiatisées au niveau local, etc. Il est crucial que les collectivités locales, les écoles, les groupements religieux, les groupes de femmes soient massivement touchés. xxix Pour mener ces campagnes, il est conseillé de transformer le 6RN en outils de vulgarisation utilisable lors des différentes activités de sensibilisation qui seront menées dans le cadre du SPANB. Il est donc indispensable de traduire cet outil préférablement en français et en créole afin d‟en faire un document de sensibilisation accessible à toutes et à tous. Systématisation de la recherche dans le domaine de la biodiversité : Il s‟avère important de dynamiser la recherche dans le domaine de la biodiversité au niveau des Universités et Centres de recherche. Il est aussi important de valoriser et d‟appuyer les initiatives en cours notamment la mise en place du système d‟information environnemental et la plateforme Haitidata.org pour ne citer que ceux-là. Le PNUD devait appuyer le renforcement de ces structures dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national d‟adaptation (PNA) par exemple. Dans une perspective d‟avoir des informations à jour et représentatives de la réalité du pays, il est recommandé da faire l‟inventaire national des espèces menacées et ne pas en tenir uniquement aux seules données fournies par l‟UICN. Respect systématique des exigences de la CBD : La Direction de la biodiversité doit surveiller de manière systématique la mise en œuvre des exigences de la Convention-Cadre des Nations Unies sur la Diversité Biologique à savoir la préparation des rapports de communication et autres exigences de conformité du pays aux engagements pris dans ce cadre. Élaboration du SPANB 2019-2030 : ll est vivement conseillé que la Direction de la biodiversité assure l‟élaboration de la stratégie et du plan d‟action national de la biodiversité au cours de l‟année 2019, mais aussi sa mise en œuvre au cours des années à venir. Mobilisation de ressources : Pour mettre en œuvre la SPANB et les recommandations faites dans le cadre du 6RN, il est crucial que des ressources soient mobilisées. Il est encouragé de mettre en place le Fonds Haïtien de la Biodiversité. Des dispositions doivent être prises pour mettre en place les aspects légaux et administratifs en vue d‟avoir accès au fonds Caribéen pour la Biodiversité. Il est aussi important de faire la promotion pour d‟autres de type de fonds tels que le Haïti National Trust , un fonds privé géré par le secteur privé. xxx SECTION A : INTRODUCTION 1 1. Mise en contexte Adoptée le 22 mai 1992 à la Conférence de Nairobi, la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) a été inspirée par l‟engagement de la communauté internationale au développement durable. Une étape supplémentaire a été alors franchie avec la conclusion de cette convention signée le 5 juin 1992 durant la Conférence de Rio et ratifiée par la plupart des États.2 En août 1996, Haïti a ratifié cette convention qui lui sert de cadre pour rendre compte au niveau international de ses contributions aux efforts mondiaux de la sauvegarde de la biodiversité et, au niveau national, de mieux raisonner et gérer l‟ensemble de ses ressources et espaces naturels à même de garantir le bien-être de sa population qui puise dans de tels milieux l‟essentiel des éléments nécessaires pour un développement humain équilibré dans un contexte d‟aggravation économique et de conditions environnementales contraignantes (MdE, 2016) Sous l‟égide de la Convention sur la Biodiversité (CBD), les Partis ont adopté un Plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020, lors de la dixième conférence des Parties (COP10) à Nagoya au Japon en 2010. Ce Plan est articulé autour de 20 Objectifs dits « Objectifs d‟Aichi pour la biodiversité » (OAB) à atteindre d‟ici 2020 au niveau mondial. La décision encourageait également les Partis à établir des objectifs régionaux ou nationaux supplémentaires qui contribuent à la réalisation de ces objectifs mondiaux, mais qui reflètent plus précisément les besoins et les priorités du pays concerné. (CBD et Al. 2018).3. Pour faciliter l‟atteinte des OAB, la CBD a encouragé les pays à élaborer leurs stratégies et plans d‟action nationaux pour la diversité biologique (SPANB). Ces derniers constituent un vecteur fondamental pour la mise en œuvre du plan stratégique et la réalisation des OAB au niveau national en plus d‟être un instrument essentiel pour l‟élaboration des politiques portant sur la gestion nationale de la biodiversité. Les objectifs nationaux sont donc définis à travers le SPANB de chaque pays. Si les SPANB sont l‟outil clé pour évaluer l‟atteinte des objectifs au niveau national et mondial, les rapports nationaux ont, entre autres, pour but d‟évaluer les progrès réalisés par le pays dans la mise en œuvre d‟actions capables de parvenir aux objectifs nationaux ainsi que leurs impacts. En effet, les rapports nationaux, qui sont des rapports de mise en œuvre et de conformité aux obligations des pays face au Secrétariat de la Convention, doivent être soumis périodiquement à ce dernier (CBD, article 26). Dans le souci de mieux apprécier les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs d‟Aichi, le Secrétariat invite les parties prenantes à élaborer leur SPANB en utilisant une liste d'indicateurs qui tiennent compte des 3 objectifs de la CBD à savoir : 1) la conservation de la diversité biologique ; 2) l‟utilisation durable des éléments constitutifs de celle-ci ; et 3) le partage juste et équitable des avantages découlant de l‟exploitation des ressources génétiques. Ces indicateurs doivent pouvoir s‟adapter aux priorités et situations nationales. Cette liste est itérative et permet d‟intégrer d‟autres indicateurs à l‟avenir et doit éclairer et faciliter la prise de décision (CBD. 2016)4. Ce document, qui représente le sixième rapport national (6RN) sur la diversité biologique, devait comprendre un examen final de l‟état d‟avancement de la mise en œuvre du Plan stratégique pour la diversité biologique 2011 2020 et les progrès accomplis de la réalisation des OAB, y compris les 2 http://www.un.org/french/millenaire/law/24.htm Guide technique de rédaction des rapports Version du 13 février 2018. 4CBD. 2016. Indicateurs pour le Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020 3CBD et Al 2018. Sixième Rapport National. 2 objectifs nationaux pertinents, fondés sur des informations relatives à la mise en œuvre des stratégies et plans d‟action nationaux pour la biodiversité et autres mesures prises pour appliquer la Convention 5. Finalement, le 6RN devait guider à la fois la cinquième édition des Perspectives mondiales sur la Biodiversité (GBO5) et la Stratégie mondiale pour la diversité biologique de 2021-2030. Cependant, compte tenu de plusieurs facteurs contraignants, la plupart des éléments ci-dessus n‟ont pu être pris en compte dans le cadre de ce rapport. Ce dernier présente, les progrès accomplis dans la conservation de la biodiversité ainsi que les perspectives pour une meilleure valorisation dans le temps et dans l‟espace de la biodiversité nationale. 1.1. Situation géographique d‟Haïti Situé dans le continent américain au cœur de la région des Caraïbes, Haïti se trouve entre les coordonnées 18 à 20° latitude Nord, et 71˚30 et 74˚ 30 longitude Ouest, accuse une superficie terrestre de 27 750 km2. Avec une profondeur de mer territoriale large de 12 miles ou 22,2 km et une ligne de côte de 1771 km, la superficie marine est de 39 316 km2. Le pays partage 360 km de frontières avec la République dominicaine, avec une altitude maximale de 2 680 mètres au niveau de la Chaîne de la Selle et une altitude minimale de Figure 1: Carte de localisation d‟Haïti -20 m (Étang Saumâtre ou Lac Azuéi). Le pays occupe donc le 143e rang mondial avec 99,32 % de terres et 0,68 % d‟eau6. Située sur la trajectoire des cyclones au cœur de la Caraïbe, la République d‟Haïti reste très exposée aux évènements climatiques extrêmes. Au cours des 10 dernières années, 17 cyclones ont occasionné la 5CBD/COP/DEC/XIII/27- 2016. Décision adoptée par la conférence des parties à la convention sur la diversité biologique Paragraphe 2 annexe Lignes directrices pour l‟établissement du sixième rapport national. 6https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9ographie_d%27Ha%C3%AFti 3 mort de plus de 3.500 personnes (CIAT 2010) sans oublier l‟ouragan Matthew qui à lui seul a causé la mort de 473 personnes et blessé 339 personnes (DPC-PDNA 2017). Dans les années 1990, 35% des cyclones ont été classés de catégories 4 ou 5, comparativement aux 20% relevés au cours des années 1970 (Oxfam 2014). Le changement climatique, la sédimentation des fleuves et la pollution ont contribué à dégrader les écosystèmes stratégiques pour la reproduction des poissons, comme les mangroves, les herbiers marins et les récifs coralliens. Les pêcheurs haïtiens, y compris ceux possédant du matériel moderne, subissent aussi de lourdes pertes lors des ouragans. Ces problèmes doivent être pris en considération dans les efforts visant à construire une plus grande résilience au changement climatique (Singh et Cohen, 2014)). Des prédictions faites par rapport aux phénomènes extrêmes liés au changement climatique ont montré que des terres entières pourront être submergées par l‟eau en considérant une augmentation du niveau de la mer de 20 cm, 40 cm et 60 cm respectivement à la fin des années 2050, 2070 et 2090 (voir figure 4 ci-après). Ce qui mettra éventuellement en péril tout un ensemble d‟écosystèmes. Il faut aussi mentionner les sècheresses accrues qui peuvent constituer des menaces très importantes pour la survie des ressources génétiques et pour l‟homme (MdE et PNUD. 2015). Figure 2: prédictions par rapport aux phénomènes extrêmes liés au changement climatique 2050-2090 1.2. Conservation et richesse de la biodiversité d‟Haïti Haïti jouit d‟une richesse exceptionnelle en matière de biodiversité. Elle est considérée comme l‟une des zones de la Caraïbe insulaire riche en Biodiversité. En effet, sur le territoire national, de la montagne à la mer, échelonne une panoplie d‟écosystèmes (voir encadré 1). L‟histoire géologique de l‟Ile, caractérisée par des changements répétés du niveau de la mer et une géomorphologie extrêmement variée, fournit un large éventail de facteurs abiotiques qui favorisent la diversité de l‟habitat et ont donné lieu à un endémisme local important. La grande diversité spécifique d‟Haïti s‟explique par la diversité de ses écosystèmes. En effet, le pays compte six écorégions qui renseignent sur la diversité des zones de vie. Ce sont la forêt humide, la forêt sèche, la forêt de pins, les mangroves, les zones humides et l‟écorégion marine (GEO-Haiti, 2010). Chacune de ces écorégions possède un ensemble d‟espèces animales et végétales caractéristiques. Certains écosystèmes considérés comme des Zones Clés de la Biodiversité (ZCB) constituent des zones importantes sur le plan international qui jouent un rôle essentiel dans la conservation de la biodiversité (Eken et al., 2004; Langhammer et al., 2007). Selon une étude réalisée par Timyan et Hilaire (2011), Haïti abrite 31 ZCB couvrant une superficie de 9340 kilomètres carrés, environ un tiers de la superficie terrestre du pays. La figure 3 ci-après présente la situation géographique des ZCB d‟Haïti. 4 Ces ZCB7 renferment en général 1) une ou plusieurs espèces menacées sur le plan mondial ; 2) une ou plusieurs espèces endémiques qui sont restreintes au site ou à la région environnante; 3) des concentrations significatives d'une espèce; 4) des exemples significatifs sur le plan mondial de types d'habitats et d'assemblages d'espèces uniques (Langhammer et al. (2007) dans Timyan et Hilaire (2011). Source : Timyan et Hilaire 2011 Figure 3: Situation géographique des ZCB d‟Haïti (polygones rouges) 1.3. Présentation de la biodiversité au regard des groupes taxonomiques La richesse du pays en matière de biodiversité se retrouve non seulement au niveau de ZCB, mais aussi dans les sites sous protection, des sites à protéger et les aires protégées. Cependant, cette richesse peut aussi être représentée dans d‟autres types d‟écosystèmes auxquels, par manque d‟informations, de recherche ou par négligence, de l‟attention n‟en est pas accordée. Un astrophysicien québécois Hubert Reeves8 l‟a souligné : « Souvent, on pense que les écosystèmes sont exclusivement les forêts, les mers, les lacs et autres zones qualifiées de naturelles, mais la ville est aussi un écosystème ». 7Les ZCB en Haïti sont plutôt des zones dans lesquelles il y a des concentrations notables d‟espèces menacées sur le plan mondial ou régional, en particulier celles qu‟on ne trouve qu‟en Haïti. Les espèces susceptibles d‟être qualifiées d‟espèces menacées, mais qui sont considérées par l‟UICN comme « Données Insuffisantes », ne sont pas inclues dans les ZCB Haïti Ce qui signifie que si l‟on ne tient pas compte des critères de l‟UICN, il y aurait encore plus de ZCB à être identifiées en Haïti. (Timyan et Hilaire 2011). 8 Politique environnementale de la ville de Gatineau.2008. 5 Principaux écosystèmes d‟Haïti - - - 31 Zones Clés de la Biodiversité, dont 10 Zones importantes pour la conservation d‟oiseaux et 14 zones côtières et marines 6 Ecorégions dont une marine 9 Zones de vie exceptionnelles Plus d‟une douzaine d‟écosystèmes exceptionnels Agrosystèmes diversifiés Écosystèmes d‟eaux intérieures : lacs, étangs, rivières, chutes d‟eau et d‟autres zones humides Ecosystèmes côtiers et marins : mangroves, récifs coralliens, estuaires, herbiers marins. Encadré 1 : Principaux écosystèmes d‟Haïti 1.3.1. Flore Haïti possède la deuxième flore la plus diversifiée des Caraïbes, après Cuba (Scott, 2016). Cette diversité est marquée par la présence de plus de 5000 espèces de plantes sur le territoire, dont 37 espèces endémiques (MdE, 2016). Une analyse faite par Holdridge en 1971 sur la base de plusieurs paramètres dont l‟occupation de sol et les facteurs climatiques a classifié les écosystèmes nationaux en un total de neuf zones de vie9 ou neuf zones écologiques qui supportent cette diversité (Banque Mondiale, 2016). En Haïti, certaines familles botaniques sont particulièrement riches en espèces endémiques, notamment les Orchidaceae, Melastomataceae, Rubiaceae, Flacourtiaceae, Poaceae, Urticaceae et Asteraceae (Hilaire, 2000). D'autres familles, telles que les fougères et les alliés, présentent un niveau d'endémisme beaucoup moins élevé (Lodge 2000). Les études floristiques parmi les plantes vasculaires révèlent invariablement de nouvelles espèces pour la science, en particulier dans les zones riches en biologie. Selon une étude floristique menée par l'Université de Floride dans les années 1980 et 1990, un inventaire des orchidées du parc national Macaya (dans la péninsule méridionale) a révélé qu'un tiers des 134 espèces n'étaient pas décrites au moment de leur collecte (Scott, 2016). 9 Ces zones de vie qui représentent des types précis de végétation si des perturbations ne viennent pas altérer les conditions écologiques de développement sont (i) la Forêt épineuse de la Zone Subtropicale, (ii) la Forêt Sèche de la Zone Subtropicale, (iii) la Forêt Humide de la Zone Subtropicale, (iv) la Forêt très Humide de la Zone Subtropicale, (v) la Forêt Pluvieuse de la Zone Subtropicale, (vi) la Forêt Humide de Montagne de Basse Altitude, (vii) la Forêt très Humide de Montagne de Basse Altitude de la Zone de Montagne de la Zone Subtropicale (Banque Mondiale, 2016). 6 La flore totale d'orchidées, occupant moins de 10 km2, représente environ 40% des trois cent cinquante espèces d'orchidées connues sur l‟Ile (Dod 1993 ; Hespenheide & Dod, 1993). Dans les zones de biodiversité proches de Deux Mamelles et de Grand-Bois dans la Grand‟Anse, les scientifiques ont découvert d'importantes populations de plantes rares et menacées, telles que le Prestoea acuminata, le Magnolia, le Magnolia ekmanii et des plantes endémiques telles que le mestalomacea, Sagraea polycheate (endémique du Massif de la Hotte). (Hedges et Timyan 2014). Onze nouvelles espèces d‟orchidées viennent d‟être découvertes dans la péninsule Sud. Elles n‟ont pas encore été identifiées (Témoignage de M René Durocher, novembre 2018). De plus, d'importants vestiges de végétation sèche et xérophytique composée de diverses plantes épineuses telles que Prosopis juliflora, Acacia sclerosa, cactus et euphorbs peuvent être observés dans les départements de l'Ouest, d'Artibonite, du Sud-Est, du Sud, du Nord-Ouest et des Nippes selon la source précédente. Soulignons que 21 à 24 espèces de palmiers réparties dans 13 genres sont présentes en Haïti et jusqu'à un quart de ces espèces pourraient être considérées comme endémiques (Henderson et al. 1990), notamment Copernicia ekmanii, Pseudophoenix lediniana et Attalea crassispatha. La plupart de ces palmiers deviennent rares et ceux qui sont endémiques sont particulièrement menacés d'extinction. C'est le cas d'Attalea crassispatha, nommé en «Ti Coco» ou «Kòwos» en créole haïtien - situé géographiquement entre Petit-Goâve (département de l'Ouest), Fonds des Nègres et Aquin (département du Sud) - où l'on ne dénombrait que vingt-six (26) plantes dans les années 1990, depuis lors, aucune mise à jour n‟est encore publiée. 1.1.1.Faune Haïti possède plus de 2,000 espèces animales dont 75 % endémiques. Les îles continentales et satellites reflètent un fort degré d'endémisme. Un inventaire biologique concernant l‟Ile de la Navase (7km2) a trouvé plus de 800 espèces fauniques avec un nombre élevé ne se trouvant nulle part ailleurs au monde, et 250 espèces étaient nouvelles pour la science (Center for Marine Conservation, 1999 ; cité par D. Ben Swartley, 2006). 7 Entre 5,000 et 5,600 espèces de plantes vasculaires dont 36% endémiques 300 espèces d‟orchidées, de rubiacées 330 espèces de composés 600 espèces de fougères 3 espèces de conifères, dont le Pinus occidentalis © R. Durocher Ile de la Gonâve (684 km 2): 938 plantes dont 17 endémiques Ile de la Navase (7km2) : Plus de 800 espèces, dont plus de 250 nouvelles endémiques Ile de la Tortue (193 km 2): 889 espèces dont 24 endémiques 14,243 ha de mangroves. En plus des formations les plus importantes d‟Estère (8,940 ha) et de Caracol (3,990 ha), il existe une réserve vierge dans l‟Artibonite : Exutoire du Salé Flood Way. © R. Durocher : Fougère arborescente Encadré 2 : Synthèse de la flore d‟Haiti 1.1.2.Mammifères Trente-huit (38) espèces de mammifères indigènes ont été répertoriées en Haïti don t deux d‟une importance particulière : le Hutia ou Zagouti (Plagiodontia Aedium), espèce en danger critique d‟extinction, et la musaraigne de l‟île géante, le Nez long (Solenodon paradoxus espèce menacée:). Les deux sont probablement disparus dans une grande partie de leur aire de répartition d‟origine (Scott, 2016). 8 Particularité sur le Solenodon paradoxus woodsi L‟espèce Solenodonparadoxuswoodsid‟Haïti dit Nez long est considérée distincte de celle trouvée en République dominicaine. Elle a été redécouverte en 2007 dans le Massif de la Hotte lors d‟une expédition scientifique menée par Samuel T. Turvey. Son équipe a découvert des preuves que l‟espèce pouvait être adaptée à de plus basses altitudes et survivre dans des habitats largement dégradés (Turvey et al. 2008). En 2011, l'espèce a également été découverte à Anse-à-Pitres (forêt sèche très différente de la forêt tropicale humide du Massif de la Hotte) par une équipe de la Fondation internationale Iguana. Ceci illustre, selon ces scientifiques, le grave manque d'informations normalisées sur la répartition du Solenodon, l'utilisation de son habitat, la densité de sa population et son interaction avec les prédateurs introduits dans le pays. Encadré 3 : Particularités sur le Solenodon paradoxus woodsi La plus grande diversité parmi les mammifères indigènes en Haïti est les chauves-souris. Il existe 17 espèces dont sept taxons, y compris des espèces et des sous-espèces, sont considérés comme endémiques. Le reste de la diversité des mammifères indigènes est aquatique et comprend le lamantin des Indes occidentales (Trichecus manatus), douze espèces de baleines et six espèces de dauphins (Scott, 2016). 1.1.3.Oiseaux Les observations ornithologiques effectuées sur le terrain par des scientifiques américains du Vermont Institute et de la Cornell University dans le Parc Macaya et le Parc La Visite confirment la diversité exceptionnelle des oiseaux dans ces zones, malgré les menaces posées par la perte et la fragmentation de l'habitat. Haïti abrite 258 espèces d'oiseaux, dont plus de 73 sont des oiseaux terrestres résidents. L‟avifaune présente un endémisme exceptionnel. L'île est une zone endémique pour les oiseaux et l'on connaît en Haïti 36 espèces dont l'aire est restreinte, dont le Phaenicophilus poliocephalus qui est endémique d'Haïti. La majorité des espèces restreintes dans l'aire de répartition sont confinées à, ou se trouvent dans des habitats situés à plus de 1000 m, soulignant ainsi l'importance de la forêt mixte de pins à feuilles larges (Scott, 2016). Sur trois sites de la Réserve de biosphère de Macaya (Pic Macaya, Pic Formon et Rak Bwa), 41 espèces ont été répertoriées parmi 188 captures au filet japonais, 41 détections par comptage ponctuel et 461 observations totales. Celles-ci comprenaient 13 espèces migratrices d'Amérique du Nord et 28 9 espèces de résidents permanents, dont 11 étaient des espèces endémiques d'Hispaniola (Rimmer et al. 2006). Ces scientifiques ont documenté dans Macaya le premier enregistrement de la Paruline de Swainson pour Haïti. 50 espèces d‟oiseaux ont été répertoriées sur deux sites du parc national de La Visite. Celles-ci comprenaient 12 espèces migratrices d'Amérique du Nord et 38 espèces résidentes permanentes dont 14 étaient des espèces endémiques d'Hispaniola (Rimmer et al. 2005). Dix zones importantes pour les oiseaux (ZICO) couvrant 232 km2 (moins de 1% de la superficie terrestre d‟Haïti) ont été identifiées et représentent les priorités des sites internationaux du pays en matière de conservation des oiseaux. Cinq de ces zones sont situées dans des zones protégées dont, dans le Massif de la Hotte, Massif de la Selle et Massif du Nord. Haïti compte plus de 155 espèces d'oiseaux aquatiques. Parmi les principaux sites d'oiseaux aquatiques, citons le Lagon aux Bœufs près de Fort-Liberté ; Baie d'Acul près du Cap-Haïtien; Ile de la Tortue en Basse-terre; Etang Laborde-Lachaux près de Camp-Perrin; et Coquillage, Petit Paradis, Delta de l'Artibonite, Étang Bois Neuf, Sources Puantes, Étang de Miragoâne et Mangroves de Baradères-Cayemites qui représentent les principaux écosystèmes humides si on inclut le Lac Azuéï (Scott, 2016). Seulement sur la Réserve écologique Wynn Farm d‟une superficie de 19,35 ha, il est recensé 42 espèces d‟oiseaux dont 18 endémique, 16 sédentaires et 8 migrateurs10, dont certaines sont très menacées telles que le bec-croisé (Loxia megaplaga, menacée), le tordier (Todus subulatus, endémique), le zena d‟Hispagnola (Spindalis dominicensis, endémique), le courlan brun (Aramus guarauna, menacée), le Petrel diablotin (Pterodroma hasitata, menacée). Des 1500 de cette dernière espèce qui existent sur la planète, la majorité migre en Haïti au niveau de Macaya et quelques-uns à Wynn Farm (Témoignage de René Durocher, novembre 2018). 1.1.4.Reptiles et Amphibiens L‟île abrite 217 espèces de reptiles et d‟amphibiens (Thomas, 2000). Environ 80% de cette diversité a été enregistrée en Haïti. Quatre-vingt-dix-huit pour cent (98%) sont endémiques de l‟Île, environ le tiers des espèces ne se trouvant qu'en Haïti. Cinq (5) tortues de mer ont été inventoriées en Haïti (Thomas, 2000). Selon Ottenwalder 1996). Il s‟agit de: ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ 10 Tortue imbriquée, Eretmochelys imbricata (trouvée à Anse à Pitres, Ile-à-Vache et Côtes de Fer), Tortue caouanne Caretta caretta (trouvée à Belle Anse, Cayes-Jacmel, Anse à Pitres), Tortue coriace Dermochyles coriacea (trouvée à Tiburon), Tortue verte Chelonia mydas, et Tortue olive de mer Lepidochyles olivacea. (René Durocher, Inventaire écologique REWF, liste partielle, novembre 2018). 10 La Faune d‟Haïti Plus de 2,000 espèces animales dont 75 % endémiques Oiseaux: Entre 245 et 260 formes d‟oiseaux connues dont 31 espèces endémiques. 84 espèces d‟oiseaux à la Gonave et 47 à l‟île de la Tortue Poissons Des 932 espèces reportées la pluspart sont marines dont 1 endémique, la Coralbrotula Ogilbichthys haitiensis. Etang de Miragoane: 8 espèces de poissons endémiques. Ichtyofaune dans les écosystèmes d‟eau intérieure: 41 espèces de poissons d‟eau douce incluant la native anguille américaine, Anguilla rostrata. 11 parmi ces 41 espèces sont endémiques et appartiennent toutes à la famille Poecillidae et à l‟ordre des Cyprinodontiformes Mammifères : 3 espèces- Plagiodontia aedium (Zagouti), Solenodon paradoxus wordii (Musaraigne au Nez long) et le Lamantin des Antilles, mammifère marin que l‟on retrouve dans la plupart des Antilles dont Haïti; 18 espèces de chauve-souris Reptiles: 120 dont 3 espèces de couleuvres de boas: Epicrates fordi, Epicrates gracilis et Epicrates striatus, 5 tortues marines, 2 tortues d‟eau douce, 2 espèces d‟iguane terrestre, quelques 500 crocodiles américains; 3 espèces de boas Amphibiens: 58 espèces dont 49 sont en extinction : 58 espèces Grenouilles terrestres, d‟Eleutherodactylus sur l‟île d‟Hispaniola. De ces 58 espèces, 20 provienent de la Grande Anse. L‟Eleutherodactyles thorectes, la plus petite espèce connue d‟Hispaniola, et l‟une des plus petites du genre a été découverte en Haïti. Encadré 4 : La faune d‟Haiti 11 Deux (2) iguanes terrestres sont répertoriés : le rhinocéros iguana Cyclura cornuta et l‟iguane de Ricord Cyclura ricardi. Le crocodile américain, également connu sous le nom de Caïman, est également présent en Haïti (Thomas, 2000). Haïti abrite une faune exceptionnelle de grenouilles terrestres des Caraïbes dont la plus grande diversité se retrouve au niveau du Massif de la Hotte. Sur les 58 espèces d'Eleutherodactylus décrites pour Haïti, 20 proviennent de Castillon, au nord du Massif de la Hotte, un petit village à Léon/Grande'Anse. L‟Eleutherodactyles thorectes, la plus petite espèce connue d‟Hispaniola, et l‟une des plus petites du genre a été découverte en Haïti (Scott, 2016). Signalons que 49 des 58 espèces d'amphibiens en Haïti sont en péril (Encadré 5) dont certaines sont au seuil de l‟extinction (Scott, 2016). 1.1.5.Poisson La plupart des 932 espèces de poisson en Haïti sont des espèces marines (les requins et les raies sont également inclus dans ce nombre). Sur environ 42 espèces d'eau douce, environ 25% sont endémiques, tandis qu'environ 10% sont des carpes et des tilapias introduits (Froese et Pauly, 2010). L‟inventaire et la surveillance des poissons indigènes d‟Haïti ont augmenté au cours des dernières décennies, mais ils sont toujours incomplets et il est probable que le nombre d‟espèces vulnérables soit supérieur à celui indiqué dans l‟encadré 5. 1.1.5.1. Nouvelle espèce de poisson découverte en Haïti Un nouveau hameau microendémique en voie de disparition a été découvert dans la baie de FortLiberté dans le Nord-Est d'Haïti (Benjamin C. V, 2018). Hypoplectrus liberte (figure 4). Les hameaux du genre Hypoplectrus regroupent une vingtaine d‟espèces présentes sur les récifs coralliens de l‟Océan Atlantique occidental des tropiques. L‟espèce découverte présente une morphologie distinctive à rayures du hameau barré, apparemment limité à la baie de Fort-Liberté. ©: B.C. Victor. 2018 Figure 4: Hypoplectrus liberte La baie est relativement grande et isolée, avec une ouverture longue et étroite. Cette espèce microendémique inhabituelle devrait être un sujet précieux pour l'étude de la microévolution d'un rayonnement d'espèce. Avec la faible densité et la vulnérabilité de la baie de Fort-Liberté au développement et à la dégradation de son habitat, cette nouvelle espèce présente un risque d'extinction. Voir carte de la pression humaine sur la biodiversité figure 16. 12 1.1.6.Coraux et éponges Ecosystèmes côtier et marin sont constitués de mangroves, d‟estuaires, d‟herbiers marins et de coraux. En septembre 2014, Reef Check a découvert et confirmé qu‟Haïti est une très grande zone de récifs coralliens en bonne santé, avec des centaines de mètres carrés de corail corné surtout dans la Grand‟Anse, près de Jérémie. Les coraux staghorn (Acropora cervicornis) et elkhorn (Acropora palmata) auparavant répandus dans les Caraïbes dans les années 1970, représentaient entre 30% et 50% de la plupart des récifs. Ces deux espèces présentant une fragilité importante face aux maladies, à l'apport de sédiments, figurent maintenant sur la liste des espèces en voie de disparition dans les Caraïbes et les États-Unis. En effet, ces espèces sont sensibles aux hausses de température du milieu, lorsque celle-ci dépasse les 30 °C, les zooxanthelles11 quittent leur hôte, laissant la colonie corallienne toute blanche (disparition des pigments photosynthétiques), mais encore vivante ; si ce phénomène perdure au-delà de plusieurs semaines ou mois, alors l'animal meurt par manque d'apport alimentaire ; ce phénomène est appelé : blanchissement ou mort blanche des coraux (Doris, 2018) En 2005, la colonne d'eau abritant les colonies coralliennes de la Caraïbe a subi une température de plus de 29 °C durant une période de 6 mois ; 50 à 60 % des coraux ont blanchi (parfois plus) ; en 2006 la moitié de ces coraux blanchis sont morts, apportant ainsi à la zone Caraïbe son plus fort blanchissement observé (Doris, 2018). Actuellement Acropora cervicornis est sans doute une des espèces les plus menacées de la région Caraïbe. La fragilité de ses branches en fait une victime des cyclones et des fortes tempêtes, l'espèce se localise donc dans des secteurs relativement abrités, qui sont aussi les plus touchés par la pollution et la vase en provenance des travaux agricoles et routiers (Doris, 2018) 12. D‟un autre côté, des éponges de nombreuses espèces, de différentes couleurs et tailles abondent les récifs d'Haïti malgré les problèmes de dégradation. Les éponges Cahouane d'Haïti sont parmi les plus grandes du monde. Les communautés d'éponges en Haïti sont si diverses et comprennent de très grandes colonies, de sorte qu'elles fournissent un habitat et une structure similaires aux récifs coralliens. La diversité et le pourcentage d'éponges couvertes sont très élevés en Haïti comparés au reste des Caraïbes (G. Hodgson. 2014). 11 La zooxanthelle, ou plus simplement xanthelle est une algue unicellulaire, pouvant vivre en symbiose avec le corail, mais aussi avec les bénitiers, ainsi qu'avec de nombreuses espèces de méduses scyphozoaires, comme le genre Cassiopea ou Cotylorhiza par exemple, et chez d'autres animaux marins https://www.google.ca/search?rlz=1C1JZAP_frCA707CA708&ei=buUFXNLdFqfv_Qbsno7QDg&q=zooxanthelles+et+coraux&oq=zo oxanthelles+et&gs_l=psy-ab.1.0.0j0i22i30l2j0i22i10i30.7010.8324..11678...0.0..0.116.286.2j1......0....1..gwswiz.......0i71j35i39j0i30.aEuV_9gk91Y 12 Doris 2018. Données d'Observations pour la Reconnaissance et l'Identification de la faune et la flore Subaquatiques. Corail corne de Cerf. http://doris.ffessm.fr/Especes/Acropora-cervicornis-Corail-corne-de-cerf-538/(rOffset)/12 13 Attention ! Un autre danger et non des moindres, menace terriblement cette grande diversité de récifs coralliens et d‟éponges en Haïti. Il s‟agit de la collecte et le commerce illégal, voire informel, qui sévissent depuis quelques années sur les côtes haïtiennes, particulièrement dans le village de Luly situé à une trentaine de kilomètres au nord de la capitale (JM Théodat. 2018)13. 1.1.7.Autres invertébrés Compte tenu de l'inventaire et de la connaissance incomplets des espèces de vertébrés, il n'est pas étonnant que la majeure partie de la diversité représentée par les invertébrés soit inconnue de la science ou insuffisamment étudiée en Haïti. Le nombre d'inventaires d'invertébrés a augmenté au cours des dix dernières années, mais ils ne sont encore effectués que pour de petites zones, aucune donnée nationale n'est disponible (Scott, 2016). Étant donné que les invertébrés contiennent la plus grande diversité d'espèces, il est raisonnable d'affirmer que la majeure partie de la biodiversité d'Haïti reste largement méconnue. 1.2. Regard sur l‟indice d‟intégrité de la biodiversité en Haïti L‟indice d‟intégrité de la biodiversité permet d‟identifier et de hiérarchiser les problèmes de fragmentation écologique à diverses échelles écopaysagères. En analysant la carte présentée à la figure 4, elle montre l‟indice d‟intégrité de la biodiversité et aussi les poches ou la biodiversité est conservée ou pas sur le territoire. Aussi plusieurs poches de conservation ont été observées au niveau du SudOuest notamment Baradères et Cayemites, Jérémie et Abricot, le territoire du Parc National Macaya. Quelques poches éparses à Port-Salut, Fonds des Cayes et les Anglais. D‟autres poches de conservation peuvent être observées dans les Nippes et également dans le Sud-Est et l‟Ouest particulièrement au niveau de la forêt des Pins. Au niveau de l‟Artibonite à Dessalines une poche de conservation est observée au niveau de la côte. Quelques zones de conservation sont observées dans le Nord et le NordEst et quelques traits épars dans le Nord-Ouest. Ces poches présentent un indice d‟intégrité entre 90 et 100%. Cependant, pour une grande partie du territoire le niveau de fragmentation est élevé c‟est-à-dire entre 80 et 85%. Par ailleurs, la région métropolitaine de Port-au-Prince présente le niveau de fragmentation la plus élevée au niveau national ou l‟indice est inférieur à 60%. Signalons que les AP représentent les sites où la fragmentation écologique est la moins intense (figure 5) 13 Jean-Marie Théodat, 2018 Haïti et la mer : une insularité ambiguë. Les littoraux Latino-américains. Pp 56-68 14 Figure 5: Carte d'Indice d'intégrité de la biodiversité. 2016 1.3. Menaces sur la biodiversité d‟Haïti La biodiversité caractéristique du pays et de la région se trouve sous la menace constante et diversifiée notamment par une anthropisation accélérée (voir carte sur anthropisation figure 16) elle-même produite de la situation socio-économique précaire des communautés locales, ce qui contribue à l‟érosion grandissante de la biodiversité. En effet, l‟accentuation de la baisse de la biodiversité induite par des paramètres traditionnellement retenus est devenue le constat évident. À titre d‟exemple, on peut citer la dégradation continue, la destruction des écosystèmes ou des habitats pour faire place à l‟agriculture, au développement inconsidéré et à l‟expansion urbaine, les catastrophes naturelles et la pollution. Autant de conditions et de facteurs favorables à l‟érosion ou même à la disparition de la biodiversité au niveau national (voir la liste des menaces détaillées pour Haïti, Annexe B) 14. Selon la revue Recherche et Science (septembre 2015) dans un article intitulé : la liste des espèces menacées continue de croitre, la dernière mise à jour de la liste rouge de l‟UICN15, au niveau mondial, le chiffre a augmenté de 400, avec un total de 22.784 espèces menacées. La perte et la dégradation de l‟habitat sont la menace principale pour 85% de toutes les espèces sur la liste, le commerce illicite et les espèces envahissantes sont également des facteurs importants du déclin de la population. Ce qui confirme les analyses faites dans les points 1.1 et 1.2. 14Une liste mise à jour des espèces figurant sur la Liste rouge de l‟UICN a été obtenue de la base de données de l‟UICN pour Haïti (IUCN, 2011). Dans le cas de la famille des Magnoliacées, la Liste rouge publiée par l‟UICN et la SSC Global Tree Specialist Group a été incluse (Cicuzza et al., 2007) bien que les espèces haïtiennes ne figurent pas sur la Liste rouge de l‟UICN (Timyan et Hilaire 2011). 15Recherche et Sciencehttps://www.elbulin.es/blog/continua-creciendo-la-lista-roja-de-especies-amenazadas/?lang=fr 15 Une enquête spéciale réalisée par le Comité scientifique sur les problèmes environnementaux du Conseil International pour la Science16, auprès de 200 scientifiques dans 50 pays différents, a montré que les principaux problèmes environnementaux du 21è siècle sont entre autres les changements climatiques (51%), la rareté de l‟eau douce (29%), la déforestation (28%), la pollution de l‟eau douce (28%), la mauvaise gouvernance (27%), la perte de biodiversité (23%), etc. (Figure 6). L‟étude a renchéri pour conclure que la majorité des problèmes environnementaux de ce siècle découlent de la continuation et de l'aggravation de problèmes existants qui ne reçoivent pas actuellement assez d'attention politique (UNEP. 2000). Figure 6: Principaux problèmes environnementaux du 21è siècle Par ailleurs, une liste mise à jour des espèces menacées17 figurant sur la Liste rouge de l‟UICN a été obtenue de la base de données de l‟UICN pour Haïti (IUCN, 2011). En particulier, l‟UICN note que certaines plantes, y compris plusieurs des herbes sauvages et des orchidées, peuvent être menacées pour des fins médicinales, horticoles et récoltes excessives. Cinquante-trois (53) espèces potentielles sont inscrites sur la Liste rouge de l‟UICN pour Haïti, parmi lesquelles, 12 espèces en voie de disparition ou menacées ont été désignées comme vraisemblablement présentes dans les limites du Parc National des 3 Baies (PN3B). Les cinq espèces de plantes inscrites sur la Liste rouge de l‟UICN ont été trouvées dans certaines parties de la péninsule de Fort-Liberté (y compris la zone de la plantation Dauphin) (ANAP et al. 2016). Selon le 5RN, 42 16 UNEP 2000. Global Environnemental Outlook (GEO). 17 Une liste mise à jour des espèces figurant sur la Liste rouge de l‟UICN a été obtenue de la base de données de l‟UICN pour Haïti (IUCN, 2011). Cet ensemble d‟espèces menacées a servi de base pour l‟identification des ZCB en Haïti (Annexe 1). Dans le cas de la famille des Magnoliacées, la Liste rouge publiée par l‟UICN et la SSC Global TreeSpecialist Group a été incluse (Cicuzza et al., 2007) bien que les espèces haïtiennes ne figurent pas sur la Liste rouge de l‟UICN. 16 espèces globalement menacées18 se retrouvent dans les ZCB19. Ces dernières ont été proposées au SNAP pour reconnaissance. Tableau 1: Diversité des espèces et niveau de menaces des grands groupes taxonomiques en Haïti Taxon Nombre Espèces Nbre Espèces en danger critique Nbre en danger Nbre vulnérable Amphibiens 58 31 11 7 Oiseaux 258 1 5 8 Poissons 932 2 6 20 Mammifères 38 - 3 3 Reptiles 1201 3 6 5 Plantes +5000 9 9 24 Sources : MdE. 2016. 5RN-Ajusté Notes : Selon M. René Durocher, photographe, biologiste chercheur, il y aurait plus de 360 espèces d‟oiseaux en Haïti (Témoignage, novembre 2018). Le nombre d‟espèces en danger d‟extinction continue d‟augmenter et la situation est extrêmement grave et source de grande inquiétude pour les amphibiens dont on connait la contribution importante de Haïti à la biodiversité caribéenne relative à ce groupe taxonomique. Cette situation touche aussi les mammifères particulièrement la Musaraigne à Nez long et le Zagouti d‟Haїti; et les oiseaux dont le Bécasseau roussâtre( Tryngitessu bruficollis) non observé depuis ces vingt dernières années, le Coccyzusru figularis, le Siphonorhisbrewsteri, le Hibou maître-bois ( Asiostygius), la Buse de Ridgway ( Buteoridgwayi) (MdE. 2016). SOS Espèces en danger d‟extinction 12 espèces d‟oiseaux 28 espèces de plantes, ≈48 espèces d‟amphibiens 15 espèces de poissons 10 espèces de reptiles et de mammifères Scott 2016 ;Geo-Haiti, 2010 Encadré 5 : Espèce en danger d‟extinction 18 Les espèces menacées sont catégorisées comme en danger critique d‟Extinction (CR), en danger (EN) ou Vulnérables (VU). Les espèces figurant sur la Liste rouge de l‟UICN et catégorisées comme Quasi Menacées (NT), Préoccupation Mineure (LC), Données Insuffisantes (DD) et Non Évalué (NE) ne sont pas prises en considération. 17 1.4. Diversité de végétation sur le territoire national Le graphique suivant présente la répartition de la diversité de végétation en termes de pourcentage de territoire national occupé. Encore une fois, les cultures intensives occupent le plus fort pourcentage (44,1%) alors que les forêts ne représentent que 2,6% du territoire. Si on considère la carte de la figure 7, les résultats sont assez représentatifs de ceux du graphique 1. Type de végétation du territoire haïtien en % Agroforesterie Forêts 31,8 Source: Hilaire 2005 cité par Géo Haïti 2010 44,1 Cultures intensives Zones humides 18,3 Mangroves Sous- bois Pâturages 2,6 1,4 0,7 1,1 Graphique 1 : Diversité de végétation et leur couverture (%) en Haïti Figure 7: Carte occupation de sol (Source CNIGS. 1998) 18 2. Méthodologie Les 6RN sont un outil de référence devant présenter de manière quantitative et qualitative, basés sur la rigueur des données scientifiques et des données spatiales, qui prend en compte la question de l‟égalité des sexes et qui repose sur une base de données en s‟appuyant sur des indicateurs mondiaux et nationaux, les progrès accomplis dans la réalisation des OAB. Ce rapport devant guider à la fois la cinquième édition des Perspectives mondiales sur la Biodiversité (GBO5) et la Stratégie mondiale pour la diversité biologique de 2021. À priori, les recommandations de la CBD exigent que le 6NR soit composé de sept sections 20. Le SPANB de 2011-2020 et le 5e rapport national en constitueraient les principaux pré-requis à son élaboration. Compte tenu de la non-existence du SPANB 2011-2020, il n‟était pas évident d‟élaborer le 5e rapport national selon les exigences de la convention. En d‟autres termes, les deux outils de base à l‟élaboration du 6RN n‟étaient pas disponibles et les éléments devant guider de manière éclairée la rédaction faisaient aussi défaut. De ce fait, il a été entendu avec les conseillers désignés à encadrer les pays pour l‟élaboration des 6RN, de trouver une structure qui répond mieux avec la situation du d‟Haïti au regard des contraintes. Dans le souci de collecter le maximum d‟informations répondant, un tant soit peu, aux critères du Secrétariat de la convention, une méthodologie, à priori, basée sur une approche participative, a été proposée et contient les étapes suivantes : 2.1. Implication des Parties prenantes (PP) Une approche participative et inclusive a été adoptée dans l‟elaboration de ce 6NR, ce qui a permis d‟impliquer les différents acteurs/ parties prenantes à toutes les étapes du processus. Dans cette meme optique, un Comité de Pilotage et un Comité Technique de Consultation ont été mis en place. La première est constituée du Ministère de l‟Environnement à travers la Direction de la Biodiversité, du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et de l‟Agence Nationale des Aires protégées (ANAP). Le second, pour sa part, comprend les institutions suivantes : 1) Ministère de l‟Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural ; 2) Ministère de la Planification et de la Coopération Externe ; 3) Ministère du Tourisme et des Industries Créatives ; 4) Ministère de la Culture et de la Communication ; 5) Coopération Allemande (GIZ) ; 6) ONU Environnement ; 7) Fondation Macaya ; 20 a) Informations sur les objectifs poursuivis à l‟échelon national; b) Application des mesures prises, évaluation de leur efficacité, et obstacles et besoins scientifiques et techniques pour atteindre les objectifs nationaux; c) Evaluation des progrès accomplis dans la réalisation de chaque objectif national; d) Description de la contribution nationale à la réalisation de chaque Objectif d‟Aichi pour la Biodiversité; e) Description de la contribution nationale à la réalisation des objectifs de la Stratégie mondiale pour la conservation des plantes (la réponse à cette partie est facultative); f) Informations supplémentaires sur la contribution des peuples autochtones et des communautés locales à la réalisation des Objectifs d‟Aichi pour la biodiversité lorsqu‟elles n‟ont pas été fournies dans les parties ci-dessus (la réponse à cette partie est facultative); g) Profil de la biodiversité du pays actualisé. 19 8) 9) 10) 11) Fondation Nouvelle Grand-Anse ; Fondation Seguin ; Société Audubon ; Banque Interaméricaine de Développement (BID) La liste des parties prenantes consultées a été établie en tenant compte de la connaissance des secteurs prioritaires identifiés à la suite d‟échanges avec les bénéficiaires et commanditaires du rapport, de l‟analyse des parties prenantes réalisées dans le cadre d‟études antérieures. Il s‟agit de : ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ Les représentants des institutions étatiques les plus concernées, Les représentants des institutions de la coopération internationale, Les représentants d‟ONG nationales et internationales, Les organisations communautaires de base (OCB), Les organisations de femmes Les représentants de la société civile environnementale organisée, Les universités et centres de recherche, Les personnes-ressources. Tableau 2 : Liste des Parties prenantes dans la conservation de la biodiversité et leurs zones Parties prenantes Nom de l‟AP Département Ecosystèmes Terrestres MdE National - MARNDR National - MdT Parc Historique la Citadelle Nord, Sud PNUD Parc Marin des 3 Baies Nord-Est BID Parc Marin des 3 Baies Nord-Est ONU-Environnement Parc National Macaya Sud et Grand'Anse Société Audubon Parc Macaya, Grand-Bois Sud et Grand'Anse Fondation Seguin La Visite Sud-Est/ Ouest FOKAL Parc National de Martissant Ouest Wynne Farm Jardin Botanique National d‟Haïti Jardin Botanique des Cayes Réserve Ecologique de Wynne Farm Jardin botanique de la commune de Ganthier Jardin Botanique des Cayes Ouest Coopération Suisse/Helvetas Forêt des Pins Unité 2 Sud-Est/ Ouest GIZ Forêt des Pins Unité 1 Sud-Est/ Ouest GIZ/Concert Action Corridor biologique Nord Nord/Nord-Est Ouest Sud Écosystèmes marins 20 TNC, BID Parc des 3 baies Nord/ Nord -Est UE/Helvetas Lagon des Huitres Sud-Est/Ouest BID Aquin/ Saint louis Sud La Cahouane Sud Port-Salut Sud Baradères/Cayemites Grand‟Anse/ Nippes USAID Foprobim ONU-Environnement Reefcheck ONU-Environnement/ PADI PNUD CNIGS CIAT Acteurs transversaux 21 2.2. Rencontre avec les parties prenantes Cette étape a permis de collecter des informations générales sur l‟état de la biodiversité au niveau du pays (les écosystèmes, les politiques, les stratégies et/ou plans en cours). Les informations fournies par ces acteurs ont permis de bien orienter la prise en compte des stratégies et des plans d‟action dans le domaine et d‟avoir une vision holistique de la situation nationale. Certaines PP ont été contactées par voie électronique. 2.3. Réalisation des ateliers régionaux Sur les dix (10) départements géographiques du pays, des ateliers régionaux ont été réalisés dans 4 à savoir les départements du Sud, du Sud-est et du Nord et le Nordest, les deux derniers étant jumelés. Les objectifs de ces ateliers sont, entre autres, 1) expliquer la pertinence de l‟élaboration du 6e rapport national ; 2) évaluer ce qui a été fait en termes de protection et conservation de la Biodiversité dans les régions ;3) évaluer les menaces potentielles liées à la protection de la Biodiversité ;4) identifier avec les acteurs les priorités nationales en matière de conservation de la biodiversité. Signalons que les informations fournies par ces acteurs lors des focus groups reflètent bien les réalités des autres régions du pays. Cependant, certaines particularités doivent être mises en évidence en fonction des microclimats observés au niveau de certaines régions et qui peuvent, de ce fait même, présenter des types d‟écosystèmes très particuliers avec d‟autres types de menaces. Les données collectées à travers les différents ateliers regionaux, les entretiens individuels et les foccus groupes ont été validées avec les différentes parties prenantes/acteurs du secteur et le Comité Technique de Consultation au cours d‟un atelier de valuidation qui a été organisée à cet effet. Rencontres avec les points focaux des conventions environnementales Il est important de mentionner qu‟une rencontre a été organisée spécifiquement avec les points focaux des conventions environnementales internationales dont Haïti est signataire à savoir la convention sur les changements climatiques, la convention sur la biodiversité, la convention sur la dégradation des 22 terres. Cette rencontre a été organisée pour initier le travail du consultant qui élabore la mise en place du système d‟informations environnementales (SIE) pour le compte du MdE appuyé, par l‟ONUEnvironnement à travers le projet d‟Appui à la mise en œuvre des accords multilatéraux pour l‟environnement (CCCD). Il a été convenu lors de cette rencontre que les indicateurs qui seront développés dans le cadre du 6RN et la SPANB serviront de base pour alimenter dans un premier temps le SIE ce qui constituerait une très bonne base de lancement pour le SIE. 2.4. Revue documentaire Cette étape consiste à consulter tous les documents susceptibles de nous fournir des informations fiables utiles à l‟élaboration du rapport. Il s‟agit de : ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ Le guide technique d‟élaboration des 6RN élaboré par la CBD ; Les études scientifiques sur la biodiversité ; Les rapports techniques des différentes conventions dont Haïti est signataire Les rapports techniques et scientifiques de missions sur le secteur ; Les rapports techniques de projets œuvrant dans la gestion et la conservation de la biodiversité, Les documents légaux et règlementaires ; Les documents de gouvernance environnementale. 2.5. Les études de cas ou success-story Afin de combler certaines lacunes en termes d‟informations disponibles, certaines études de cas ont été promues afin mieux valoriser les efforts des acteurs dans ce domaine. Les cas présentés sont aussi intéressants que variés et touchent plusieurs écosystèmes et plusieurs aspects dans la conservation. Citons par exemple la valorisation de la richesse de la diversité biologique avec la Réserve écologique Wynne Farm (REWF), la valorisation de la gouvernance des aires protégées avec Helvetas à l‟unité II de la Forêt des Pins et des Lagons aux Huitres, ou l‟émergence des aires marines protégées et leur système de gestion avec l‟ONU-Environnement, ou la valorisation des espèces et de la recherche avec la Société Audubon d‟Haïti (SAH) pour ne citer que ceux-là. 3. Limites à l‟élaboration du 6RN selon les orientations de la CBD Compte tenu de la situation contextuelle d‟Haïti ci-dessus présentée, un certain nombre de contraintes ont été identifiées et qui impactent l‟élaboration du 6RN selon la ligne directrice proposée par la Convention lors de la COP13. En effet, les 6RN doivent être composés de sept sections qui évaluent le progrès des objectifs nationaux de biodiversité et des OAB ainsi que l‟efficacité des mesures prises à compter de la mise en œuvre des SPANB. À l‟élaboration du 6RN d‟Haïti, plusieurs éléments manquants constituent un réel handicap à sa formulation selon les directives recommandées par le Secrétariat de la CBD. Il s‟agit particulièrement de : 4. Manque de données quantitatives et scientifiques dans le cinquième rapport national o Ce dernier devait présenter des informations quant à l‟atteinte des Objectifs nationaux basés sur les objectifs d‟Aichi, pour la biodiversité 5. Absence du SPANB de 2011-2020 23 o o o o Impossibilité d‟évaluer le progrès des objectifs nationaux de la biodiversité Impossibilité d‟évaluer la mise en œuvre des OAB Impossibilité d‟identifier et d‟évaluer l‟efficacité des mesures prises à compter de la mise en œuvre des SPANB Objectifs nationaux de biodiversité non définis. 6. Manque de données scientifiques Le manque de données scientifiques sur la biodiversité fait énormément défaut. Le manque ou même l‟inexistence de ces données a rendu ardu tout le processus d‟élaboration du rapport. Les Universités et les Centres de recherches travaillent très peu dans les thématiques du secteur de l‟environnement et encore moins du domaine de la biodiversité. Parallèlement, les informations qui existent sont éparses et ne sont pas systématiquement partagées et encore moins archivées dans un système d‟information. 4. Structure et contenu du 6RN Fort des constats présentés dans le point 3 concernant la limite et des éléments du tableau 3, l‟élaboration du 6RN suit un cheminement qui répond mieux à la situation du pays en matière de conservation de la biodiversité. La structure présentée a été discutée et validée avec les conseillers mis à la disposition des pays par le Secrétariat à la convention sur la biodiversité. Aussi, le 6RN renfermet-il les sections suivantes : Section A: Introduction : présentation de la situation générale du pays et de la biodiversité, Section B : État de la situation de la biodiversité durant les neuf (9) dernières années (2008-2018), fournit des informations actualisées depuis la présentation du dernier rapport national de 2016, y compris des informations concernant les initiatives ou travaux récemment entrepris ou achevés 21, Le rapport inclut également les récentes variations de l‟état et des tendances de la biodiversité, et des pressions exercées sur celle-ci. Il met aussi en évidence les progrès réalisés au niveau national. Il présente les objectifs et les priorités nationaux et cadre les initiatives y relatives, Section C : Présentation et mise en évidence des interventions et initiatives passées et en cours qui sont en relation directe ou indirecte avec la conservation de la biodiversité, Section D : Présentation des études de cas basées sur des initiatives concrètes réalisées par des partenaires qui valorisent et conservent la biodiversité nationale et finalement, Section E : Profil national de la biodiversité Section F : Conclusion, recommandations et Perspectives. Note : Il est important de signaler que ce sixième rapport est élaboré de manière à fournir de la matière première et les éléments de base essentiels à l‟élaboration du SPANB (2019-2030). Les 21 CBD/COP/DEC/XIII/27- 2016. Décision adoptée par la conférence des parties à la convention sur la diversité biologique Paragraphe 2 annexe Lignes directrices pour l‟établissement du sixième rapport national. 24 recommandations sont conçues pour orienter les décideurs dans la prise de décisions en matière de conservation de la biodiversité. 5. Situation d‟Haïti par rapport aux exigences de la CBD Des raisons d‟ordres politique, institutionnel, technique et financier se sont amalgamées pour faire qu‟Haïti n‟ait pas pu respecter de manière systématique les obligations et exigences de la convention quant à la soumission de rapports nationaux et de plan stratégique sur la Biodiversité. Le tableau 3 ciaprès, présente, à titre indicatif, l‟état de soumission des différents rapports et stratégies. Tableau 3: État du suivi des exigences de la CBD Types d‟engagement État Date Convention sur la Biodiversité Signé 1996 - Premier rapport national Soumis 1998 - Deuxième rapport national Non soumis SPANB-1 Soumis Troisième rapport national Non soumis - Crise politique 2000-2007, Manque de fonds Quatrième rapport national Non soumis - Crise politique 2000-2007, Manque de fonds Protocole de Nagoya Non signé - - SPANB 2011-2020 Non soumis - Inachevé Cinquième rapport national Soumis 2016 Aucune évaluation du SPANB 2011-2020. Sixième rapport Élaboration en cours Janv. 2019 Soumission imminente 2008 Remarque*** Soumis sous forme de brouillon - Sources : MdE. 2016. 5RN et actualisation 6. Processus d‟identification des objectifs nationaux pour la conservation de la biodiversité 6.1. Identification et détermination des objectifs nationaux : Processus Afin de déterminer les objectifs nationaux, tout un ensemble de processus a été utilisé. Dans ce contexte, trois facteurs majeurs ont été priorisés : 1. Les menaces identifiées lors des différents ateliers régionaux (figure 8) 2. Les priorités identifiées durant ces mêmes activités (point 5.3) 3. Les priorités identifiées dans la stratégie intérimaire présentée dans le 5RN22 (point 5.4). 22 Le SPANB intérimaire (5RN) a retenu un ensemble d‟axes prioritaires couvrant un ensemble de secteurs d‟activités pour une gestion durable de la biodiversité en Haïti. (MdE 2016) 25 6.2. Les menaces identifiées lors des différents ateliers régionaux Les principales menaces sur la biodiversité identifiées par les parties prenantes des départements lors des ateliers régionaux sont présentées à la figure 8. (voir liste complète en annexe B). Les chiffres indiquent la récurrence de chaque menace par département : 1=menace soulevée par un département, 3= menace soulevée par trois départements. Ces menaces, prises sur une base comparative, correspondent aux menaces identifiées dans la littérature et les rapports scientifiques et techniques consultés. Sur la base des résultats, les principales en sont les suivantes: Menaces récurrentes sur la biodiversité Surexploitation des ressources forestières, Surexploitation des ressources halieutiques, 1 1 1 1 1 Surexploitation des récifs coraliens 3 3 2 3 2 2 3 3 3 2 Coupe excessive et le remblaiement des zones de mangroves, Développement des zones côtières Fragmentation et l‟altération des habitas, Effets du changement climatique Espèces exotiques envahissantes, 3=plus récurernte 1= moins récurrente Figure 8: Liste des menaces récurrentes sur la biodiversité Par ailleurs, la progression de l‟empreinte humaine sur les ressources naturelles et les aires protégées est très marquée (voir figure 15) notamment par : la surexploitation des ressources forestières, des ressources halieutiques, des ressources coralliens la coupe excessive et remblaiement des zones de mangroves conduisant à la fragmentation et l‟altération des habitats des espèces tout écosystème confondu. À cela s‟ajoutent d‟autres facteurs aggravants tels que l‟accroissement des activités agricoles, la production de charbon, l‟urbanisation intense, la sédimentation des fleuves, la mauvaise gestion des déchets et la pollution. Les menaces identifiées ont de fortes répercussions sur l‟évolution de la biodiversité. En 2000, 97% du territoire était déforesté (CIAT 2010). La figure 9 présente le niveau de déforestation en 2000 et les pertes en couverture forestière enregistrées en 2017. 26 Figure 9: Carte couvert forestier d'Haïti en 2000 Dans certaines régions du pays, d‟autres facteurs aggravent cette situation, notamment la pression démographique caractérisée par la colonisation d‟espaces très exposés aux catastrophes naturelles (zones de failles, pentes abruptes, plaines inondables, berges de rivières, etc. (PANA, 2017). La figure 10 montre plus clairement les pertes en couverture forestière enregistrées au niveau national entre 2000 et 2017. Figure 10: Carte de perte du couvert forestier d'Haïti entre 2000 et 2017 27 En effet, tel que le montre le graphique 4, de 2001 à 2017, Haïti a perdu près de 58, 900 ha de couvert forestier, ce qui correspond à une perte substantielle de 7% depuis cette période. Les principales pertes enregistrées, notamment dans la Presqu‟ile du Sud, tel que le montre la figure 7, seraient en grande partie liée aux dégâts aux écosystèmes végétal et forestier causés par l‟ouragan Matthew en 2016. Graphique 4 : Perte du couvert forestier en Haïti de 2001 à 2017 6.3. Priorités nationales pour l‟élaboration de la SPANB 2019-2030 La liste des priorités identifiées par les parties prenantes lors des ateliers régionaux est présentée ciaprès. Selon la classification retenue, chaque priorité identifiée a eu le même ordre d‟importance pour chaque département. En faisant un rapprochement avec les priorités qui ont été identifiées dans le 5RN, il est convenu que les 9 priorités suivantes soient considérées comme priorités nationales pour l‟élaboration du 6RN et du SPANB 2019-2030. Priorité-1: Éducation et sensibilisation Priorité-2: Restauration des écosystèmes dégradés/mangroves Priorité-3: Mise en place d‟un cadre légal et de gouvernance pour la protection de la biodiversité Priorité-4: Promotion de l‟écotourisme et de l‟agroforesterie Priorité-5: Lutte contre les effets du changement climatique Priorité-6: Protection des récifs coralliens Priorité-7: Conservation des espèces animales et végétales Priorité-8: Contrôle des espèces envahissantes Priorité-9: Valorisation des plantes médicinales 28 6.4. Les axes prioritaires retenus dans la stratégie intérimaire du 5RN Dans le 5RN, est inclue une ébauche de SPANB, dite SPANB intérimaire dans laquelle a été retenu un ensemble d‟axes prioritaires couvrant un ensemble de secteurs d‟activités pour une gestion durable de la biodiversité en Haïti (MdE 2016). Par ordre d‟importance, il s‟agit de : Priorité-1: Priorité-2: Priorité-3: Priorité-4: Conservation de la Diversité Biologique Éducation, identification et suivi des composantes de la biodiversité Utilisation durable des composantes de la biodiversité Contrôle des espèces exotiques envahissantes et gestion des Organismes Génétiquement Modifiés Priorité-5: Mise en place d‟un nouveau cadre légal, règlementaire et institutionnel pour la gestion de la biodiversité d‟Haïti. 6.5. Les objectifs nationaux pour l‟élaboration du SPANB 2019-2030 Les facteurs combinés à savoir les menaces et les priorités établies lors des ateliers régionaux et des rencontres avec les diverses parties prenantes ont servi de points de repère pour déterminer les objectifs nationaux. Ces informations présentées lors des rencontres avec les autres partenaires ont été analysées et croisées. Elles ont aidé à l‟identification des objectifs nationaux ci-après, lesquels ont été validés sur une base participative. Ces objectifs sont alignés sur d‟autres stratégies et programmes nationaux tels que décrit dans la partie 7, particulièrement : ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ La déclaration de la politique générale du gouvernement Moise/Céant de 2018 La Politique nationale sur les Changements climatiques (PNCC-2016), Le Plan d‟action national d‟adaptation (PANA 2006-2016), Le Programme stratégique pour le développement d‟Haïti, Haïti Pays Emergent 2030 Le Plan d‟action pour l‟environnement (PAE 2000-2015). 29 Objectifs Correspondance avec les OAB Objectif 1 : Sensibilisation et conscientisation des individus aux valeurs de la biodiversité, de son utilisation et de conservation de manière durable Objectif 2 : Réduction de la fragmentation, la dégradation et la perte d‟habitats Objectif 3 : Gestion soutenable de la pêche en appliquant des approches fondées sur les écosystèmes. Objectif 4 : Gestion et conservation efficace des aires protégées des écosystèmes terrestres, d‟eaux intérieures, marins et côtiers d‟ici à 2021. D‟ici à 2021, au moins 17% des zones terrestres et d‟eaux intérieures et 10% des zones marines et côtières, y compris les zones qui sont particulièrement importantes pour la diversité biologique et les services fournis par les écosystèmes, sont conservées. Objectif 5 : Amélioration, maintien et conservation des espèces menacées plus particulièrement de celles qui sont en voie d‟extinction. Objectif 6 : Restauration et sauvegarde des écosystèmes qui fournissent les services essentiels au regard des besoins des femmes, des communautés locales et des populations pauvres et vulnérables. Objectif 7 : Amélioration de la résilience des écosystèmes et de la contribution de biodiversité au stock de carbones grâce aux mesures de conservation et de restauration des écosystèmes dégradés. Objectif 8 : Augmentation de la mobilisation de ressources financières pour la biodiversité et la mise en œuvre de la stratégie 2019-2030. 30 Ces objectifs, mis en perspective, correspondent aux OAB 1, 5, 6, 11, 12, 14, 15 et 20. Des cibles et indicateurs sont découlés de ces huit (8) objectifs et vont orienter l‟élaboration du SPANB (2019-2030) (Voir tableau 4). Les objectifs nationaux retenus sont les suivants : Tableau 4: Objectifs, cibles et indicateurs retenus pour l‟élaboration du SPANB 2019-2030 Objectifs nationaux Objectif 1 : Sensibilisation et conscientisation des individus aux valeurs de la biodiversité, de son utilisation et de conservation de manière durable Activités 1.1. Elaborer une stratégie nationale de communication, d‟éducation, de sensibilisation, d‟échange d‟information sur la biodiversité Indicateurs de résultats - La stratégie est disponible et vulgarisée auprès des différents acteurs évoluant dans le secteur 1.2. Traduire en créole le 6RN comme outil de vulgarisation - Nombre de campagnes de sensibilisation réalisées avec l‟outil du 6RN traduit en créole et diffusé dans les médias 1.3. Mise en œuvre d‟une campagne nationale continue de sensibilisation, ciblant toutes les couches de la population (femmes, jeunes, enfants, autorités étatiques…), sur la conservation et l‟utilisation durable de la biodiversité. - Nombre de départements du pays sont touchés par cette campagne nationale - Nombre de personnes sensibilisées par catégorie - Nombre de femmes bénéficiant lors des différentes activités de sensibilisation et Cibles Au moins 5000 documents sont produits et partagés avec les acteurs du secteur au niveau national Au moins 10 000 dépliants produits et distribués auprès des acteurs et des écoles et les médias communautaires Au moins 1o départements du pays sont touchés par cette campagne nationale -. X élèves sensibilisés -. X OCB sensibilisés -. X groupement religieux sensibilisés -. X associations de femmes touchées Période 2019-2020 2019-2030 Acteurs de mise en œuvre Acteurs Acteurs principaux en appui DB/MDE MENFP DB/MDE Écoles Médias Groupements religieux Associations de femmes Les Collectivités territoriales MSPP MdT MARNDR OCB ONG PTF ONG OCB OCI Ministères sectoriels PTF 31 - - 1.4. Intégrer la biodiversité dans les cursus de formation qui les utilise dans la conservation de la biodiversité Nombre de sessions de sensibilisation réalisée au niveau national. Au moins 4 sessions de sensibilisation réalisées au niveau de chaque département Nombre de campagnes ou Au moins 3 campagnes de d‟activités de sensibilisation sur grande envergure sont la biodiversité, réalisées au réalisées au niveau national niveau national. - Nombre d‟établissements ayant intégré la biodiversité dans leur cursus Au moins une école dans chaque commune a intégré la biodiversité dans leur cursus - Nombre d‟écoles/Universités de domaines d‟études différents ayant intégré la biodiversité dans le cursus des autres domaines d‟études (administration, comptabilité, génie civil, etc.) Nombre d‟étudiants dont les mémoires de maitrise et/ou de doctorat touchent la biodiversité Au moins 10 universités ont intégré la biodiversité 2019-2030 dans leur cursus, écoles professionnelles ont intégré la biodiversité dans leur cursus - DB/MDE Université d‟État d‟Haïti MENFP Universités privées Écoles professionnelle s OCI PTF Au moins 25 étudiants réalisent leur mémoire de maitrise et/ou de doctorat dans un domaine touchant la biodiversité 32 1.5. Utiliser les médias traditionnels (radios, radios communautaires, Télévision) ainsi que les réseaux sociaux ainsi que le site web pour promouvoir la protection de la biodiversité -Nombre de médias traditionnels à travers le pays ayant une émission sur la protection de la biodiversité/environnement - Au moins 1 radio 2019-2030 communautaire diffuse une émission sur l‟importance de la biodiversité. -Nombre d‟émissions radio/télé - Au moins 1 émission sur réalisées et nombre de la biodiversité recensée séances/campagnes de dans 100 communes sensibilisations lancées à travers les différentes réseaux sociaux. -Nombre de visiteurs en ligne recensés. 2.1. Mise en place des campagnes de reboisement afin d‟augmenter significativement le couvert arboré incluant les activités menées par les partenaires Objectif 2 : Réduction de la fragmentation, la dégradation et la perte d‟habitats et diminution du rythme 2.2. Élaborer et mettre en œuvre des plans d‟appauvrissement de gestion et Unités de gestion pour toutes de tous les habitats les aires protégées naturels y compris des forêts 2.3. Promouvoir et mettre en place des forêts énergétiques au niveau des communes - Nombre de campagnes de reboisement - Nombre de plantules mises en terre recensées - Pourcentage de plantules réussies recensées - pourcentage de la surface émergée totale couverte par des zones forestières. - Nombre de plans élaborés et mis en œuvre - Nombre d‟aires protégées ayant une unité de gestion - Nombre d‟aires protégées ayant un plan de gestion -Nombre de forêts énergétiques recensées au niveau des communes. DB/MDE Ministère de la Culture et de la Communicatio n MENFP ONG OCB OCI PTF MdE MARNDR ONG OCB MENFP OCI PTF MdE MARNDR ONG OCB OCI PTF MdE MARNDR ONG OCB OCI -Nombre de visites en ligne du site sur la biodiversité 2019-2030 -Au moins 50% des AP sont munies de leur plan et unité de gestion - Au moins 10 forêts énergétiques recensées au niveau national 2019-2025 2019-2030 33 2.4. Intensifier les mesures correctives dans -Nombre de superficies réhabilitées les zones dégradées et où la diversité (Agroforesterie, conservation de biologique est appauvrie par des initiatives sol, reboisement, etc.) durables 2.5. Promouvoir l‟utilisation du biogaz et d‟autres alternatives énergétiques afin de diminuer le déboisement 3.1. Élaborer et mettre en œuvre un plan de gestion soutenable pour la pêche sur le territoire national. Objectif 3 : Gestion soutenable et légale de la pêche en appliquant des approches fondées sur les écosystèmes. 3.2. Prendre des mesures juridiques et administratives pour le respect des périodes et des outils adéquats de pêche en Haïti 2019-2030 -Pourcentage de la population X % de la population utilisant des foyers améliorés utilisant des foyers -Pourcentage de la population améliorés utilisant d‟autres sources d‟énergie (solaires, propanes, électriques) - Un plan de gestion durable de la pêche est élaboré et mis en application Élaboration et mise en œuvre d‟un cadre juridique, règlementaire, politiqueou institutionnel reconnaissant et protégeant les droits d‟accès des petits pêcheurs Plan disponible et utilisable par les concernés -Nombre d‟arrêtés municipaux sur la pêche périodique et sur les outils de pêche. Au moins 50% des communes sont munies de leur arrêté Pourcentage de pêcheurs qui sont munis d‟outils adéquats de pêche X% de pêcheurs qui sont munis d‟outils adéquats de pêche Au moins un cadre règlementaire reconnaissant et protégeant les droits d‟accès des petits pêcheurs est élaboré et mis en œuvre 2019-2030 MDE MARNDR MDE Bureau des Mines et de l‟Énergie EDH ANARSE/MT PTC MARNDR MDE ONG OCB Associations de pêcheurs OCI PTF Municipalités MDE MARNDR MdE ONG OCB Associations de pêcheurs OCI PTF 2019-2025 2019-2030 PTF ONG OCB OCI OCI PTF Ministères sectoriels ONG OCB OCI PTF 34 Politiques publiques prévoyant des mesures pour réduire au minimum les impacts de la pêche sur les espèces menacées. Au moins une politique publique prévoyant des mesures pour réduire au minimum les impacts de la pêche sur les espèces menacées est disponible Pourcentage de pêcheries qui surveillent régulièrement et font rapport sur les impacts de la pêche sur les espèces menacées. Pourcentage d‟espèces menacées Au moins 80% des espèces dont le taux de mortalité dû à la sont recensées pêche diminue 3.3. Lutter contre la surpêche 3.4. Renforcer la capacité des associations de pêche Nombre de pêcheurs ayant d‟autres activités génératrices de revenus Au moins 50% des pêcheurs ont d‟autres activités génératrices de revenus. Au moins 80% des 2019-2030 pêcheurs ont respecté les plans de pêche. - Nombre de pêcheurs ayant respecté les plans de pêche. - Nombre de DCP mis en place X DCP mis en place - Nombre de personnes formées sur la pêche durable Au moins 90% des pêcheurs sont formés - Nombre de cadres nationaux formés sur les ressources halieutiques 2019-2030 Municipalités MDE MRANDR ANAP ONG OCB Associations de pêcheurs OCI PTF Ministères sectoriels MDE MARNDR Associations de pêcheurs ONG OCB OCI PTF 35 3.5. Protéger et aménager les ressources en eau et les écosystèmes aquatiques Objectif 4 : Gestion et conservation efficaces des aires protégées des écosystèmes terrestres, d‟eaux intérieures, marins et côtiers d‟ici à 2021D‟ici à 2021, au moins 17% des zones terrestres et d‟eaux intérieures et 10% des zones marines et côtières, y compris les zones qui sont particulièrement importantes pour la diversité biologique 4.1. Créer de nouvelles aires protégées terrestres et d‟eaux intérieures pour atteindre au moins 17% (4 717,5 Km2) des zones terrestres et d‟eaux intérieures 4.2. Créer de nouvelles aires protégées marines et côtières pour atteindre au moins 10% (3 931,6 Km2) du territoire marin et côtier national 4.3. Renforcer et améliorer la gestion des aires protégées existantes et celles à créer et/ou déclarer - Superficie de plans d‟eau aménagés ou restaurés à des fins piscicoles ou aquacoles - Projets d‟aménagement et Au moins 10 projets en 2019-2030 d‟exploitation des ressources aquaculture mis en œuvre aquatiques mis en œuvre à raison de 1 projet au moins par département Pourcentage du territoire terrestre national et d‟eaux intérieures est déclaré « Aire protégée » et géré convenablement X superficies améliorées et aménagées en aquaculture Au moins 10,25% (2 845,5 Km2) du territoire terrestre national et d‟eaux intérieures est déclaré « Aire protégée » et géré 2019-2021 convenablement Pourcentage du territoire marin et Au moins 5,28 % (2 074,6 côtier national est déclaré Aire Km2) de l‟espace marin et protégée et gérée convenablement côtier du pays est déclaré « Aire protégée » - Nombre d‟aires protégées Au moins X% des aires disposant d‟une unité de gestion protégées créées et déclarées disposent d‟une unité de gestion - Nombre d‟aires protégées Au moins X% des aires 2019-2027 créées et disposant d‟une d‟un plan de protégées gestion déclarées disposent d‟un plan de gestion -. Superficie de forêt soumise à un X ha de forêts soumises à plan de gestion opérationnel et un plan de gestion fonctionnel opérationnel et fonctionnel MARNDR MDE ONG OCB OCI PTF ANAP MDE CIAT ONG OCB OCI PTF ANAP MDE CIAT ONG OCB OCI PTF OCB MDE ANAP ONG Organisations de la coopération internationale Partenaires techniques et financiers 36 et les services fournis par les écosystèmes, sont conservées.. Nombre de personnes sensibilisées sur les bonnes pratiques de gestion au niveau des aires protégées - Nombre d‟aires protégées ayant une surveillance renforcée Au moins 80% des AP font l‟objet d‟une surveillance renforcée Proportion des zones agricoles exploitées de manière productive et durable (agroforesterie) 5.1. Développement d‟outils pour la conservation des espèces en voie d‟extinction Objectif 5 : Amélioration, maintien et conservation des espèces menacées plus particulièrement de celles qui sont en voie d‟extinction. -Une liste rouge avec les différentes Liste disponible (en ligne espèces menacées et en voie de notamment) et utilisable disparition est élaborée se basant par tous les partenaires sur les informations nationales. - Un inventaire des différents écosystèmes clés menacés est élaboré. 5.2. Amélioration de la conservation in situ de la biodiversité MDE Universités ONG OCB OCI UICN PTF MDE Universités ONG OCB OCI PTF Inventaire disponible et utilisable -Un plan de conservation des Plan élaboré et mis en espèces menacées et en voie de œuvre disparition est élaboré et mis en œuvre. Nombre d‟espèces en voie de disparition connues - Nombre de programmes de Inventaire disponible au conservation et de restauration des niveau des institutions et écosystèmes, des espèces et d‟autres en ligne éléments rares ou menacés élaborés et mis en œuvre. 2019-2025 2019-2030 37 -. Nombre d‟espèces rares ou en voie de disparition conservé dans leur habitat naturel Superficie d‟aires de culture agricole de production biologique 5.3. Développer la conservation ex-situ X ha d‟aires de culture agricole de production biologique Proportion des zones agricoles exploitées de manière productive et durable. X% des zones agricoles exploitées de manière productive et durable. Activités de recherche et mémoires produits dans la conservation exsitu. Nombre d‟arboreta, de conservatoires botaniques, d‟herbiers, de banques de graines, de parcs zoologiques mis en place Au moins 5 mémoires réalisés dans la conservation ex-situ Au moins 5 arboreta sont mis en place 2019-2030 Sites importants pour la biodiversité des montagnes couverts par des aires protégées. Activités de recherche et mémoires produits dans la conservation exsitu Au moins 5 mémoires réalisés dans la conservation ex-situ Faire adhérer la pays à la Carribean Challenge Initiative Nombre de projets issus de cet accord Le document de l‟accord est disponible 6.1. Inventorier et caractériser les différents écosystèmes fournissant des services essentiels -Nombre d‟écosystèmes essentiels inventoriés et caractérisés. MDE Universités SAH Centres de germoplasme ONG OCB OCI PTF MdE MARNDR ONG OCB OCI 38 Objectif 6 : Restauration et sauvegarde des écosystèmes qui fournissent les 6.2. Élaborer et mettre en place des plans services essentiels au d‟aménagement et de gestion des regard des besoins écosystèmes essentiels des femmes, des communautés locales et des populations pauvres et vulnérables. Indice des oiseaux sauvages appliqué aux oiseaux de terres agricoles. 2019-2025 Nombre de plan d‟aménagement et de gestion des écosystèmes essentiels élaboré et mis en œuvre Au moins 90% des écosystèmes essentiels sont élaborés Indice du couvert végétal des montagnes. Cartographie actualisée du couvert végétal des montagnes MdE MARNDR ONG OCB OCI PTF MDE MARNDR CNSA DINEPA ONG OCB OCI PTF 2019-2025 Sites importants pour la biodiversité des montagnes couverts par des aires protégées Indice des sources d‟eau inventoriées. 6.3. Mettre en place des mesures de restauration (reboisement, conservation sol, protection des sources…) PTF - Nombre de plans ou points d‟eau restauré Cartographie actualisée des sources d‟eau dans les écosystèmes essentiels X plans ou points d‟eau restaurés - Nombre d‟hectares reboisés X ha reboisés - Nombre d‟hectares restaurés à l‟aide de structures antiérosives X ha restaurés à l‟aide de structures antiérosives - Nombre de kilomètres de côte restaurés. -. Indice de la prévalence de l‟insécurité alimentaire modérée ou grave (réf. CNSA). X kilomètres restaurés. -. Pourcentage de femmes impliquées dans la restauration des écosystèmes et dans l‟amélioration de la sécurité alimentaire X% de femmes impliquées dans la restauration des écosystèmes et dans 2019-2030 de côte 39 Pourcentage de la population ayant recours à des services d‟eau potable gérés de manière sécuritaire. 7.1. Evaluer la vulnérabilité des écosystèmes et des espèces face aux effets du changement climatique Objectif 7 : Amélioration de la résilience des écosystèmes et de la contribution de biodiversité au stock de carbones grâce aux mesures de conservation et de restauration des écosystèmes dégradés 7.2. Renforcer les mesures de lutte contre la désertification 7.4. Cartographier les puits de carbone et évaluer les stocks de carbone 7.3. Mettre en place un système d‟alerte précoce pour la prévention et la lutte contre les catastrophes naturelles (maladies, incendies, inondation…) qui peuvent atteindre les écosystèmes sensibles. l‟amélioration de la sécurité alimentaire X% de la population ayant recours à des services d‟eau potable gérés de manière sécuritaire. - Nombre d‟études menées sur la vulnérabilité des écosystèmes et des espèces au changement climatique Disponibilité des études au niveau des institutions, en ligne et sur le site web de la 2019-2025 DB - Nombre de projets et de X% de stocks de carbone programmes mis en œuvre pour forestier séquestrés. augmenter la couverture forestière et végétale du pays 2019-2030 - Nombre d‟hectares de forêt mis en place dans le contexte de séquestration de carbone X ha de forêt mis en place dans le contexte de séquestration de carbone - Nombre d‟hectares de terre restaurée X hectares restaurés de MDE MARNDR Universités ONG OCB OCI PTF MDE (centres ONG de OCB germoplasme) OCI MARNDR PTF terres Nombre de cartes disponibles et superficie couverte Stocks connus et valorisés -Un système d‟alerte précoce pour Nombre de personnes la prévention des maladies formées et sensibilisées parasitaires, des incendies et des par l‟utilisation du système inondations sur les écosystèmes sensibles est mis en place MDE MARNDR 2019-2030 2019-2030 MDE MARNDR DPC CNM ONG OCB OCI PTF ONG OCB OCI PTF 40 7.5. Améliorer les pratiques agricoles Objectif 8 : Augmentation de la mobilisation de ressources financières pour la biodiversité et la mise en œuvre de la stratégie 2019- 2030 - Nombre de personnes formées et d‟agriculteurs accompagnés sur les pratiques agricoles durables 8.1. Mettre en place un fonds pour la biodiversité en Haïti Le fonds pour la biodiversité est mis en place légalement et est fonctionnel Montant en$ mobilisé et disponible dans le fonds pour la BD. 8.1. Mettre en place un fonds pour faire de la recherche dans le domaine de la biodiversité en Haïti Le fonds pour la recherche dans le domaine de la biodiversité est mis en place 8.1. Créer des initiatives locales pour créer un SNAP financièrement soutenable -Nombre d‟initiatives financièrement soutenables créées au niveau des aires protégées. 8.2. Participer dans les initiatives régionales ou mondiales afin de trouver du financement pour la biodiversité - Nombre de fonds auxquels Haïti a accès dans le domaine de la biodiversité mis en place Au moins 10 étudiants bénéficient du fonds pour 2019-2030 faire des recherches dans le domaine de la biodiversité. -Montant du financement mobilisé au niveau des AP 2019-2030 pour la conservation de la biodiversité X financements internationaux dirigés vers la protection de la biodiversité. Aide publique au développement durable MARNDR ONG OCB OCI PTF MDE SAH ONG OCB OCI PTF MDE ONG OCB OCI PTF ONG OCB OCI PTF 2019-2030 Budget public consacré à la préservation et à l‟exploitation durable de la biodiversité et des écosystèmes. 2019-2030 MDE 2019-2030 41 SECTION B : BIODIVERSITÉ EN HAÏTI : ÉTAT ET ÉVOLUTION 42 7. Progrès réalisés par Haïti au niveau de la conservation de la biodiversité 7.1. Au niveau de gouvernance : Initiative du gouvernement central 7.1.1. Cadre légal, institutionnel, règlementaire et stratégique Dans le contexte juridique du droit de l‟environnement, la législation haïtienne est relativement abondante. Citons pour la plupart : Le code rural F. Duvalier en ses articles 63, 84 et 135, entre autres, mettaient déjà les premiers jalons pour la conservation de la biodiversitéI1 est interdit de déboiser ou de défricher aucun terrain présentant une déclivité de plus de 30 degrés dans les zones arides, de plus de 40 degrés dans les zones semi-arides; et de plus de 50 degrés dans les zones pluvieuses. L'élevage libre est aboli sur tout le territoire de la République. Tout pâturage sera clôturé. Les clôtures des pâturages seront faites de haies vives, de pieux en bois accolés ou de ronces métalliques sup- portées par des pieux ou une haie vive. Tout propriétaire doit veiller à prévenir la contamination ou pollution de la source, de la lagune ou de l‟étang se trouvant sur son fonds. et faire appel, au besoin, à l‟aide du service administratif compétent pour e assurer le curage. La Constitution de 198723. Si elle encadre les arbres et les forêts, elle reste néanmoins très pauvre pour les sols, les eaux, l‟environnement et les ressources énergétiques. Elle est pratiquement inexistante en ce qui concerne la pollution, la montagne et la biodiversité. Toutefois, le chapitre II du Titre IX de la constitution de 1987 en ses articles 253 à 258, traite de l‟interdiction des pratiques susceptibles de perturber l‟équilibre écologique, de l‟obligation pour l‟État de mettre en valeur les sites naturels, de la protection des ressources forestières, des énergies alternatives, de la création de jardins botaniques et zoologiques, de la protection de la faune et de la flore, etc. Le Décret-cadre de 2006 portant sur la Gestion de l‟Environnement et la Régulation de la Conduite des Citoyens institue le Système National de Gestion de l‟Environnement (SNGE) 24 et établit un ensemble d‟instruments devant faciliter la gestion de l‟environnement, dont le Système National des Aires protégées (SNAP). En effet, ce dernier se veut, dans l‟article 48 du Décret, un système effectif de classification et d‟administration d‟un ensemble d‟unités spatiales de conservation, d‟AP, représentatives des écosystèmes (terrestres, côtiers, marins, eaux intérieures, etc.), des paysages, des habitats et espèces associées du pays (MdE. 2016. 5RN). La Loi organique du MdE : Ce document devant régir le fonctionnement du Ministère, incluant entre autres, les entités ayant pour vocation de devenir des organismes autonomes, la structuration des services territoriaux déconcentrés du ministère. La nouvelle proposition de loi organique est déjà présentée par devant la Chambre des Députés et attend d‟être approuvée par le Sénat. Cette loi définit les missions de l‟ANAP et de la Direction de la Biodiversité, crée de nouvelles entités afin de mieux gérer la biodiversité e l‟occurrence la DIESE et la direction des zones côtières. 23 24 Constitution de la République d‟Haïti. 1987 Le décret cadre de 2006 43 La Déclaration de la Politique générale du Gouvernement de 2018 La Déclaration de la Politique générale 2018 du Gouvernement Moise/Céant présentant la feuille de route et du MdE définissant 5 piliers pour des territoires résilients et sains et l‟avènement d‟une société haïtienne viable et durable sachant vivre avec les risques climatiques extrêmes et profitant pleinement de la production de biens et de services environnementaux du pays à savoir : Pilier I: Reforestation et Intégration systématique des technologies énergétiques améliorées de cuisson dans la matrice énergétique nationale Pilier II: Renforcement de la résilience urbaine et des secteurs névralgiques de l‟économie nationale face aux changements climatiques et risques associés Pilier III: Gestion durable des déchets et lutte contre les pollutions et nuisances environnementales Pilier IV: Amélioration de la Gouvernance Environnementale et Éducation Relative à l‟Environnement Pilier V: Gestion durable de la Biodiversité et des Aires protégées en appui au développement durable du pays. Conformément aux exigences internationales et régionales auxquelles a souscrit Haïti, le Gouvernement Moise/Céeant prendra des mesures pour conserver et gérer la biodiversité de manière effective d‟ici 2021, en décrétant Aires protégées (AP), 10% du territoire côtier et marin haïtien et 17% du territoire terrestre en soutien à la préservation de la biodiversité et à la promotion d‟un tourisme durable. Le pays adhérera à un ensemble de Traités Environnementaux Multilatéraux d‟importance dans les domaines marins, de biodiversité et de la chimie environnementale. La Convention sur la Diversité Biologique La CBD affirme, dès l‟alinéa 1er de son préambule, la valeur intrinsèque de la diversité biologique. Cette dernière est définie comme la variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie, cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes , complexe dynamique formé de communauté de plantes, d‟animaux et de microorganismes et de leur environnement non vivant qui, par leur interaction, forment une unité fonctionnelle(CBD. 199225). Cette convention a réaffirmé les grandes orientations du Droit international de l‟Environnement relatives aux principes de coopération et de précaution, à l‟appel aux études d‟impact pour des activités de l‟homme qui créent des dommages à l‟environnement, et au partage de l‟information. Le cadre règlementaire fixant les responsabilités est peu présent. Cependant, depuis 2011, un ensemble de mesures légales au travers d‟arrêtés présidentiels, ont été prises pour déclarer et/ou délimiter certaines aires protégées. Aussi, la superficie des Aires protégées est-elle passée jusqu‟en 2015 de 0,5% à 5,16 % du territoire soit un ensemble de 1746, 02 km2 d‟AP toutes catégories confondues (MdE, 2016). 25 CBD. 1992, article 2 https://www.cbd.int/doc/legal/cbd-fr.pdf 44 7.2. Au niveau institutionnel Des progrès ont été observés. Depuis 2009 il existe au sein du MdE la Direction de l‟Agence Nationale des Aires protégées (ANAP), mise en opération en 2012 et promue comme direction générale autonome sous tutelle du MdE en 2017. L‟ANAP a pour mission d‟assurer la gestion du SNAP, par la conservation in situ du patrimoine biologique que possède ce dernier. La Direction de la Biodiversité : créée depuis 2017, cette direction a pour mission de : o Coordonner la conception et l'application de la politique du Ministère touchant la protection et la conservation in situ et ex-situ de la diversité biologique nationale ; o Veiller à la préservation des espèces menacées, rares, ou en voie de disparition, ainsi que de leur milieu ; o Établir les conditions de délivrance d‟autorisations, de prélèvement à des fins scientifiques ou commerciales d‟animaux ou de végétaux protégés par la règlementation haïtienne ; o Établir les conditions de l‟exploitation, de la commercialisation, de l‟utilisation, du transport et de l‟exportation des espèces visées ; o Veiller à l‟exploitation sur le territoire national d‟établissements d‟élevage, de vente, de location, de transit d‟animaux d‟espèces sauvages, ainsi que l‟exploitation des établissements destinés à la présentation au public de spécimens vivants de la faune nationale ou étrangère ; o Fournir l‟appui technique et logistique pour la collecte de données devant alimenter le Système National d'Informations Environnementales ; o Effectuer toutes autres tâches connexes définies par les instances supérieures et remplir les autres attributions que lui prescrivent les règlements internes du Ministère. o Veiller à la mise en œuvre de la convention sur la diversité biologique26 Au niveau des plans, programmes et politiques : Soulignons que la mise en œuvre des stratégies et politiques de développement qui existent au niveau national ont grandement contribué à la conservation de la biodiversité notamment : ‒ La déclaration de la politique générale du gouvernement Moise/Céant de 2018 ‒ La Politique nationale sur les Changements climatiques (PNCC-2016), ‒ Le Plan d‟action national d‟adaptation (PANA 2006-2016), ‒ Le Programme stratégique pour le développement d‟Haïti, Haïti Pays Emergent 2030 (PSDH 2010-2030), ‒ Le Plan d‟action pour l‟environnement (PAE 2000-2015). Le GTAP et son rôle : Des initiatives menées par des acteurs et parties prenantes travaillant dans le domaine de la biodiversité ont conduit en décembre 2014, lors d‟un atelier d‟harmonisation des interventions au niveau des Aires protégées en Haïti, à la formation d‟un Groupe Technique d‟Appui aux Aires protégées (GTAP). En soutien à l‟ANAP, le GTAP est considéré comme un organe d‟appui et d‟orientation de la gouvernance, appelé à renforcer l‟intervention des acteurs étatiques pour les 26 Veiller à la mise en œuvre de la convention sur la diversité biologique. Cette partie est proposée pour qu‟on l‟ajoute dans les attributions de la Direction Biodiversité. 45 orienter vers une gouvernance plus ouverte et même partagée étant donné la configuration de l‟ensemble des intervenants au niveau des Aires protégées en Haïti. Cette plateforme pluri-acteurs, fournit notamment une assistance dans (i) la planification, l‟établissement, la gestion des sites/ des paysages et systèmes d‟AP ; (ii) la gouvernance et la participation ; (iii) les activités habilitantes en termes de renforcement de capacités ; (iv) la communication et la sensibilisation (MdE, 2016). 8. Évolution des aires protégées 8.1. Situation des AP avant 2015 Depuis sa mise en opération en 2012, l‟ANAP, avec la collaboration d‟autres partenaires, s‟est impliquée dans plusieurs initiatives ayant permis d‟augmenter le nombre des Aires protégées, avec pour objectif la conservation de la biodiversité du pays et la protection des habitats (MdE. 2016. 5RN). Selon le 5RN (voir tableau 5), en 2015, les aires protégées terrestres étaient au nombre de onze (11) totalisant 68, 161.36 ha ou 682.11 km2 et celles des marines et côtières au nombre de sept (7) avec une superficie de 116,391.00 ha soit 1063,91 km2 pour un total de 1746,02 km2 AP terrestres et marines (voir tableau 5). Tableau 5: Aires protégées terrestres, marines et côtières d‟Haïti en 2015 Aires protégées Superficie Superficie Aires protégées terrestres 1 Parc National historique La Citadelle 2500 25 2 Parc National Naturel de Macaya 8166 81,66 3 Parc National Naturel La Visite 11426 114,26 4 Parc National Naturel Forêt des Pins (Unité1) 14000 140 5 Parc National Naturel Forêt des Pins (Unité2) 4780 47,8 6 Grotte de Marie Jeanne 31 0,31 7 Parc Naturel de Morne l‟Hôpital 4000 40 8 Parc National Historique des Matheux 20655,57 206,5557 9 Parc National Naturel de Grand Bois 370,25 3,7025 10 Parc National Naturel Deux Mamelles 2264,87 22,6487 11 Parc Naturel Urbain de Martissant 17 0,17 68 210.69 682,11 Sous-total Aires protégées marines et côtières 1 Parc National Naturel des Trois Baies 75618 756,18 2 Parc National Naturel d‟Ile à Vache 11235 112,35 3 Aire protégée Olivier/Zanglais à gestion d‟habitats/espèces Aire protégée de Fonds des Cayes à gestion d‟habitats/espèces Aires protégées de la Pointe Abacou (gestion d‟habitats/espèces) 7553 75,53 2365 23,65 1840 18,4 Paysage marin naturel protégé de Port-Salut (marine et terrestre) 1840 18,4 4 5 6 46 7 Aire protégée de Plaine Cahouane (gestion d‟habitats/espèces) et bassins versants associés 5940 59,4 Sous-total 106 391 1063,91 TOTAL 174 601.69 1746.02 Source : MdE. 2016. 5e Rapport National sur la biodiversité Données ajustées 8.2. Situation des AP déclarées après 2015 Selon l‟ANAP et la Direction Biodiversité, Haïti compte de nos jours, dans son SNAP, Vingt-cinq (25) Aires protégées (AP) délimitées et déclarées, dont 11 marines et 14 terrestres. En 2018, la superficie des aires terrestres est de 187 213. 92 ha (1872km 2) soit environ 7% du territoire terrestre, et celle des aires marines et côtières : 185 655.90 ha (1857 km2) soit 5% du territoire marin. À noter que le pays accuse une superficie terrestre de 27 750 km2 et une superficie marine27 de 39 316 km2, laquelle est donc plus grande que la superficie émergée et cette particularité biogéographique met l‟emphase sur l‟importance de la biodiversité côtière et marine pour Haïti. Le tableau 5 et la figure 11 présentent l‟ensemble des AP nationales tout écosystème confondu, créées, délimitées et/ou bornées entre 2010 et 2018. Figure 11: Carte des AP du SNAP d‟Haïti en 2018 27 Rosny Jacques. 2016. Le territoire maritime haïtien. 16 Novembre 2016. http://Haïti-maritime.com/?p=46 . Une Mer Territoriale d‟une largeur de 12 milles ou 22 km nautiques à partir de la ligne de basse marée. Ligne côtière de 1771 Km. Superficie marine 39 316 km 2 . 47 Tableau 6: Ensemble des aires protégées terrestres, marines et côtières délimitées de 2010 à 2018 Nom Date de l‟arrêté Superficie Terre Hectare Superficie Mer Km2 Mer Km2 Totale Terre et Mer Km2 Hectare 21-juillet-10 2500,00 25,00 - 2500,00 25,00 2 Parc National Historique Citadelle Sans- Patrimoine Souci Ramiers mondial (UNESCO) Parc National Naturel Macaya Parc National 13-mars-13 8726,00 87,26 - 8726,00 87,26 3 Parc National Naturel La Visite Parc National 27-mars-13 11426,00 114,26 - 11426,00 114,26 Parc National Naturel Ile-à-Vache Parc National 07-août-13 Aire protégée Habitats/Espèces de Grosse Caye/Zone Humide d‟Aquin Aire protégée Habitats/Espèces Olivier/Zanglais Protection de la diversité biologique Protection de la diversité biologique Protection de la diversité biologique Protection de la diversité biologique Protection de la diversité biologique Elément naturel exceptionnel Protection de la diversité biologique Parc National 07-août-13 13300,00 133,00 74122,00 87422,00 874,22 31,00 0,31 5940,00 59,40 20786,36 207,86 75613,90 756,14 4 5 6 7 8 9 Aire protégée des Ressources naturelles gérées de Port-Salut/ Aquin 1 Catégorie Aire protégée Habitats/Espèces de Fond des Cayes Aire protégée Habitats/Espèces de Pointe Abacou Paysage naturel marin et terrestre protégé de Port-Salut 10 Grotte Marie Jeanne 11 Aire protégée Habitats/Espèces de La Cahouane 12 Parc National Naturel Forêt des Pins 07-août-13 07-août-13 741,22 07-août-13 07-août-13 07-août-13 31,00 0,31 - 07-août-13 3468,00 34,68 08-janv-14 20786,36 207,86 - 21444,00 214,44 2472,00 24,72 29-mars-17 13 Parc National Naturel des Trois Baies Parc National 13-févr-14 54169,90 541,70 48 14 Parc National Naturel de Grande Colline Parc National 23-juil-14 1510,45 15,10 - 1510,45 15,10 15 Zone réservée 23-janv-15 29995,00 299,95 - 29995,00 299,95 16 Zone réservée d‟Intérêt stratégique de Péligre Parc National Historique des Matheux Parc National 23-sept-15 20655,57 206,56 - 20655,57 206,56 17 Parc National Naturel de Grand Bois Parc National 23-sept-15 370,15 3,70 - 370,15 3,70 18 Parc National Naturel des Deux Mamelles Parc National 23-sept-15 2264,97 22,65 - 2264,97 22,65 19 Parc National Naturel Lagon des Huitres Parc National 29-mars-17 6117,60 61,18 3523,00 9640,60 96,41 20 Parc de Martissant Parc National 29-mars-17 12,55 0,13 - 12,55 0,13 21 Aire protégée de Ressources naturelles gérées de Jérémie-Abricots 29-mars-17 872,53 8,73 6702,00 67,02 7574,53 75,75 22 Aire protégée de Ressources naturelles gérées de Baradères-Cayemites 29-mars-17 42954,50 429,55 44667,00 446,67 87621,50 876,22 23 Parc national urbain de Canapé-Vert Protection de la diversité biologique Protection de la diversité biologique Parc National 29-mars-17 33,47 0,33 - - 33,47 0,33 24 Parc national naturel de Saut-d'Eau Parc National 29-mars-17 648,00 6,48 - - 648,00 6,48 25 Parc national naturel de Pèlerin Parc National 29-mars-17 97,77 0,98 - - 97,77 0,98 187213,92 1872,14 185655,90 1856,56 372869,82 3728,70 Total % du territoire 7 35,23 5 49 8.3. Répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées terrestres Le tableau 7 présente la répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées terrestres suivant les catégories définies, la date de l'arrêté créant l‟AP et la superficie. La figure 12 fait une répartition spatiale de ces mêmes AP. Notez que ces informations tiennent compte de la partie terrestre des écosystèmes. Tableau 7: Répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées terrestres en 2018. Nom Catégorie Patrimoine (UNESCO) Parc National 3 Parc National Naturel La Visite 4 5 6 7 8 9 Aire protégée des Ressources naturelles gérées de Port-Salut/ Aquin28 2 Parc National Historique Citadelle Sans-Souci Ramiers Parc National Naturel Macaya 1 Date de l‟arrêté mondial Superficie Terre Hectare Km2 21-juillet-10 2500 25 13-mars-13 8726 87 Parc National 27-mars-13 11426 114 Parc National Naturel Ile-à-Vache Parc National 07-août-13 13300 133 Aire protégée Habitats/Espèces de Grosse Caye/Zone Humide d‟Aquin Protection de la diversité biologique 07-août-13 Aire protégée Olivier/Zanglais Habitats/Espèces Protection de la diversité biologique 07-août-13 Aire protégée Habitats/Espèces de Fond des Cayes Protection de la diversité biologique 07-août-13 Aire protégée Habitats/Espèces de Pointe Abacou Protection de la diversité biologique 07-août-13 Paysage naturel marin et terrestre protégé de Port-Salut Protection de la diversité biologique 07-août-13 10 Grotte Marie-Jeanne Elément exceptionnel naturel 07-août-13 31 - 11 Protection de la diversité biologique 07-août-13 3468 35 12 Aire protégée Habitats/Espèces de La Cahouane Parc National Naturel Forêt des Pins Parc National 08-janv-14 20786 208 13 Parc National Naturel des Trois Baies Parc National 13-févr-14 21444 214 14 Parc National Naturel de Grande Colline Parc National 23-juil-14 1510 15 15 Zone réservée d‟Intérêt stratégique de Péligre Zone réservée 23-janv-15 29995 300 16 Parc National Historique des Matheux Parc National 23-sept-15 20656 207 17 Parc National Naturel de Grand Bois Parc National 23-sept-15 370 4 18 Parc National Naturel des Deux Mamelles Parc National 23-sept-15 2265 23 19 Parc National Naturel Lagon des Huitres Parc National 29-mars-17 6118 61 20 Parc de Martissant Parc National 29-mars-17 13 - 21 Aire protégée de Ressources naturelles gérées Protection de la diversité biologique de Jérémie-Abricots 29-mars-17 873 9 22 Aire protégée de Ressources naturelles gérées Protection de la diversité biologique de Baradères-Cayemites 29-mars-17 42955 430 28 Notez que ces AP se retrouvent dans des écosystèmes terrestres, marins et côtiers 50 23 Parc national urbain de Canapé-Vert Parc National 29-mars-17 33 - 24 Parc national naturel de Saut-d'Eau Parc National 29-mars-17 648 6 25 Parc national naturel de Pèlerin Parc National 29-mars-17 98 1 187214 1872 Total % du territoire 7 Figure 12 Cartes Aire protégées terrestres en 2018 51 8.4. Répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées marines et côtières Le tableau 8 présente la répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées terrestres suivant la catégorie définie, la date de l'arrêté créant l‟AP et la superficie. La figure 13 fait une répartition spatiale de ces mêmes AP. Notez que ces informations tiennent compte des parties marines et côtières des écosystèmes. Tableau 8: Répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées marines et côtières selon leur superficie 1 2 3 4 5 6 7 Aire protégée des Ressources naturelles gérées de Port-Salut/ Aquin Nom Catégorie Date de l‟arrêté Parc National Naturel Ile-à-Vache Parc National 07-août-13 Aire protégée Habitats/Espèces de Grosse Caye/Zone Humide d‟Aquin Protection de la diversité biologique 07-août-13 Aire protégée Olivier/Zanglais Habitats/Espèces Protection de la diversité biologique 07-août-13 Aire protégée Habitats/Espèces de Fond des Cayes Aire protégée Habitats/Espèces de Pointe Abacou Protection de la diversité biologique Protection de la diversité biologique 07-août-13 Paysage naturel marin protégé de Port-Salut Protection de la diversité biologique 07-août-13 Protection de la diversité biologique Parc National et terrestre Km2 Hectare 74122 741 07-août-13 2472 25 13-févr-14 54170 542 07-août-13 8 Aire protégée Habitats/Espèces de Cahouane Parc National Naturel des Trois Baies 9 Parc National Naturel Lagon des Huitres Parc National 29-mars-17 3523 35 10 Aire protégée de Ressources naturelles gérées de Jérémie-Abricots Aire protégée de Ressources naturelles gérées de Baradères-Cayemites Total Protection de la diversité biologique Protection de la diversité biologique 29-mars-17 6702 67 29-mars-17 44667 447 185 656 1 857 11 La Superficie Mer % du territoire 5 52 Figure 13: Carte Aires protégées marines et côtières en 2018 Le tableau 9 présente une estimation de la valeur totale des services écosystémiques de certains sites d‟aires marines protégées en US dollars (mangroves et récifs coralliens) selon une étude réalisée par ReefFix et FoProBim (2013). Tableau 9: Valeur totale des services écosystémiques de quelques sites (mangroves et récifs coralliens) # 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Total Site Caracol Gonaïves/Grande-Saline Ile-à-Vaches/Aquin Baradères/Cayemites Baie de l‟Acul La Gonâve-Sud La Gonâve-Nord Arcadins Rochelois Fort-Liberté/Lagons aux Bœufs Total ($) USD 3,246,000,000 1,632,680,000 1,254,800,000 1,111,400,000 620,280,000 484,800,000 389,700,000 377,000,000 343,200,000 112,600,000 $ 9,572,460,000 Source : Extrait de l‟étude29 réalisée par ReefFix et FoProBim. 2013 29 Etude: Toward the Development of Haiti‟s System of Marine Protected Areas (MPAs). An Ecosystem Services Assessment for the Creation of Haiti‟s System of MPAs. rev. 53 8.5. Progression des aires protégées au regard des objectifs d‟Aichi Pendant les sept dernières années, des progrès spectaculaires ont été observés quant aux efforts fournis pour la protection et la conservation des aires protégées au niveau du Ministère de l‟Environnement et de la Direction Biodiversité. Avec l‟appui institutionnel de certaines institutions telles que le CIAT, l‟ANAP et la Direction Biodiversité, sont parvenues, par arrêtés, à déclarer et à délimiter plusieurs aires protégées toute catégories confondues, accusant de ce fait, entre 2015 et 2018, une augmentation des AP terrestres à 1190 km2 soit une progression de 4,29% du territoire terrestre et celles des AP marines à 11794 km2 soit une progression de 2,02% du territoire marin. (Tableau 10). Tableau 10 Synthèse de la progression des aires protégées en Haïti entre 2015 et 2018 Seuils d'AP Équivalent fixés par du territoire Aichi % du En km2 territoire Efforts en 2015 en Km2 Superficie du territoire En % Efforts Superficie en 2018. du territoire En km2 En % Progression en km2 2015-2018 Progression en % 2015-2018 Écart à combler D‟ici 2021 Km2 % Aichi Terrestre (17%) 4717,5 682,11 2,46 1872 6,75 1189,89 4,29 2845,5 10,25 AICHI Marine (10%) 3931,6 1063,91 2,71 1857 4,72 793,09 2,02 2074,6 5,28 Les progrès présentés dans le tableau 10, témoignent des efforts exercés par le pays et les responsables dans le but d‟atteindre l‟objectif 11 d‟Aichi à savoir de faire passer la superficie des aires protégées terrestre à 17% et celles marines et côtières à 10% du territoire national. Malgré les efforts enregistrés entre 2015 et 2018, il demeure que des efforts doivent être poursuivis en vue de combler certains écarts. D‟ici à 2021, pour atteindre les 17% de conservation du territoire, il faut créer 2846 Km2 d‟AP terrestres soit 10.25% du territoire terrestre et 2075 Km2 d‟AP marines et côtières soit 5.28% du territoire marin. (Voir tableaux 11). Les sites proposés pour atteindre cet objectif sont définis dans le tableau 11. Ces sites doivent être créés, délimités et bornés d'ici à 2021. 54 Tableau 11 Proposition de sites pour la création d‟Aires protégées d'ici à 2021 Proposition d‟Aires protégées à créer, délimiter et borner 1 Marmelade 11 Morne L‟Hôpital 21 La Gonâve 2 Grand Boucan 12 Vallières 22 Ile de la Tortue 3 Trois Étangs (plaine des Cayes) 13 Sources Puantes 23 Voute de l‟Église (Môle Saint-Nicolas) 4 Trou Caïman 14 Les Arcadins 24 Limbé 5 Bassins Bleus (Jacmel) 15 Saut Mathurine 25 Terrier rouge 6 Gonaives (Ville) 16 Sources Chaudes 26 Grande Rivière du Nord 7 17 Etang Bois Neuf 27 Lascahobas 8 9 Grande Saline (Site de mangrove, exutoire du Salé Flood Way) Baie de L‟Acul Rochelois 18 19 Source Zabeth Lac Azuéi 28 29 Thiotte Belle-Anse 10 Côte Sud (Aquin Port-à-Piment) 20 Grande Cayemites 30 Réserve Écologique Wynne Farm Source : Direction Biodiversité, ANAP 2018 ; MdE. 2016. 5RN La figure 14 ci-après présente les AP potentielles proposées par les acteurs dans le cadre du 6RN. Elle présente la cartographie des aires protégées tout écosystème confondu (terrestre, marin et côtier). Ces AP devraient intégrer le du SNAP d‟Haïti d‟ici à 2021. En les créant, le pays atteindra plus aptement l‟OAB-11. Figure 14: les AP potentielles proposées par les acteurs dans le cadre du 6RN toute catégorie confondue 55 Figure 15: Carte des sites des AP existantes et potentielles toute catégorie confondue (en pourpre : sites existants, en vert : sites potentiels, en rouge : sites non encore catégorisés Nota Bene : Les sites de l‟exutoire du Salé Food Way dans la Vallée de l‟Artibonite (7) et la Réserve Écologique Wynne Farm (30) ont été proposés dans le cadre de la rédaction de du 6RN. Ces sites présentent tout le potentiel pour être classés AP. Nous recommandons à l‟ANAP et la Direction Biodiversité de prendre les dispositions nécessaires en vue de leur catégorisation. Par ailleurs, la SAH a travaillé en étroite collaboration avec le Ministère de l‟Environnement et le CIAT pour identifier et délimiter des aires protégées potentielles, sélectionnées pour leur importance en termes de biodiversité endémique. La documentation produite dans le cadre du projet financé par le CEPF a contribué à l'élévation de Grand Bois, Grande Colline et Deux-Mamelles au rang d'Aires protégées (Ces deux AP ne sont listées dans le tableau 11). 8.6. Emphase sur les AP marines potentielles La carte de la figure 16 présente les sites prioritaires des zones marines et côtières d'Haïti pour la protection. La définition de la plupart de ces aires est basée sur des enquêtes de Reef Check de 2011 à 2017 sur la valeur de la biodiversité et du tourisme. Les méthodes standard de Reef Check ont été utilisées avec les manta tows et les nages chronométrées (ligne verte) et les AMPs sont marquées en bleu. Soulignons que la plupart de ces potentielles AMP ont été relatées par quelques études mentionnées 56 dans le 5RN30. Dans ce rapport, il est ressorti que si le pays s‟adhère valablement à la Caribbean Challenge Initiative le pays devrait être en mesure de créer 20% d‟AMP d‟ici 2021. Ce faisant, les actions pourront avoir des impacts au niveau national, régional et mondial. Sources : ReefCheck international 2018, MdE 2016, FoProBim 2014, FoProBim et ReefFix 2013 Figure 16: Carte des sites des AP marines existantes et potentielles 8.7. Les aires protégées du SNAP face à certains enjeux Il faut souligner que beaucoup d‟efforts sont encore à faire en vue d‟atteindre le niveau de résultats tangibles en termes de conservation de la biodiversité. Afin de combler les écarts dans les efforts d‟atteindre l‟objectif 11 d‟Aichi, c‟est-à-dire de créer environ 2846 km2 en AP terrestre et 2075 km2 en APM., il est proposé d‟ici à 2021 de créer et de délimiter les AP proposées dans le tableau 11. Ces aires potentielles, dans la plupart des cas, doivent être déclarées, délimitées, bornées et munies de leurs outils de gestion pour une meilleure conservation in situ et ex-situ. Le processus de déclaration, de délimitation et de bornage doit tenir compte de la pression urbaine sur les AP et sur les AP potentielles (figure 18). Il est judicieux d‟analyser aussi l‟indice d‟intégrité de la biodiversité (IIB) dans les écosystèmes proposés (figure 17) afin de prendre les décisions qui s‟imposent en matière de gouvernance. L‟IIB, comme mentionné précédemment (voir point 1.2), permet d‟identifier et de hiérarchiser les problèmes de fragmentation écologique à diverses échelles écopaysagères. La carte de la figure 16 montre les poches de conservation de la biodiversité au regard du placement des AP et des AP potentielles. Sachant que les poches de meilleure conservation 30ReefCheck international 2018, MdE 2016, FoProBim 2014, FoProBim et ReefFix 2013. 57 présentent un IIB entre 90 et 100%, alors que pour un IIB entre 80 et 85% le niveau de fragmentation est déjà assez élevé. N.B : Sur les cartes 17 et 18 ne figurent pas l‟Exutoire du Salé Flood Way et la REWF Figure 17: Carte des AP existantes et des AP potentielles au regard de l‟indice d‟intégrité de la biodiversité 58 Figure 18: Carte des AP existantes et des AP potentielles au regard de l‟empreinte humaine sur la biodiversité 8.8. Système de gouvernance actuel des AP Pour inscrire la progression des aires protégées dans la durabilité, il faudrait prendre les mesures nécessaires et de doter ces AP d‟outils efficaces capables d‟en assurer une bonne gouvernance à court, moyen et long termes, à savoir plan de gestion, unité de gestion, plan d‟affaires, etc. Signalons que de toutes les AP existantes, seulement 6, soit 24% sur l‟ensemble, représentent celles pour lesquelles l‟un ou l‟autre de ces outils existent. Notons que de ces 24%, cinq (5) soit 83% d‟entre elles sont bornées à savoir : Parc Macaya, Parc Citadelle, Forêt des Pins (Unité 2). La Visite et le Parc des 3 Baies ; quatre (4), soit 66%, ont un plan de gestion : Parc Macaya, Parc marin des 3 Baies, Unité 1 de la Forêt des Pins et Unité 2 de la Forêt des Pins ; 83% ne disposent pas d‟unité de gestion, et 100% n‟ont pas de plan d‟affaires (voir tableau 11). Par ailleurs, certaines institutions appuient l‟élaboration et la mise en place de certains outils de gouvernance. C‟est le cas de ONU-Environnement qui appui l‟élaboration du plan de gestion conjoint pour deux aires marines protégées du département du Sud à savoir Port-Salut et Abacou des activités de préparation d‟un nouveau plan de gestion pour l‟AMP de La Cahouane ont été entamées. (Voir Étude de cas-2, section D). La Helvetas de son côté appui la structure de gestion et de surveillance des aires protégées de l‟Unité 2 de la Forêts des Pins et du Lagond des Huitres. En ce sens, plus de 50 leaders d‟organisations et de 59 religieux constituent les deux conseils de gestion des deux aires protégées concernées. La surveillance, la sensibilisation et le suivi des espèces sont assurés par 2 unités de surveillance environnementale totalisant 40 agents. Il existe aussi deux directions de Parc installées par le Ministère de l‟Environnement dans les 2 parcs pour assurer la représentation de l‟État central (Voir Étude de cas-3, section D). Tableau 12: Système de gouvernance actuel des AP Aires protégées Type d‟outils disponibles Bornées Plan de gestion Unité de gestion Plan d‟affaires Parc Macaya, Oui Non Non Oui Parc Citadelle Non Non Non Oui Forêt des Pins (Unité 1) Oui Non Non Non Forêt des Pins (Unité 2) Oui Oui Non Oui La Visite Non Non Non Oui Parc des 3 Baies Oui Non Non Oui Source : Direction Biodiversité. MdE, 2018 8.9. Le rôle des femmes dans la conservation de la biodiversité Plusieurs institutions encouragent la participation des femmes dans la gestion des ressources naturelles. Cependant, cette implication ne se résume, dans beaucoup de cas à une obligation présentielle dans les rencontres, les comités, etc. cependant, les actions de développement ne valorisent pas forcément l‟implication des femmes dans le processus de développement. Le rôle des femmes dans la conservation des ressources naturelles et dans la conservation de la biodiversité est plus qu‟évident, mais n‟est guère documenté. Elles jouent aussi un rôle crucial dans l‟économie locale, celle-ci étant essentiellement basée sur l‟agriculture, et les femmes jouent participent activement à l‟écoulement de ces produits. De plus, les femmes sont activement impliquées dans la commercialisation des fruits de mer. L‟industrie de la pêche fournit une grande partie des réserves alimentaires d‟Haïti et les prises annuelles s‟élèvent à quelque 16.000 tonnes métriques, pour une valeur de 75 millions de dollars, auxquels s‟ajoutent 50 millions liés aux activités de transformation (Singh et Cohen, 2014). Dans un contexte où les informations ne sont pas documentées, la mesure d‟indicateurs pour explique l‟implication des femmes n‟est pas évident. Il existe aussi cette tendance culturelle qui n‟accorde pas trop d‟importance aux actions des femmes ou que les femmes ont tendance à se sacrifier sans tenir compte de la valeur de leurs efforts. À titre d‟exemple, la Réserve écologique Wynne Farm est gérée par deux femmes, mais l‟étude n‟a pas mis l‟accent sur cet aspect très important si on considère que ces femmes représentent des militantes dans la conservation de la biodiversité. 60 Il devient nécessaire d‟établir la stratégie nécessaire pour valoriser les activités des femmes sur base d‟indicateurs objectivement mesurables. Cette prise en compte doit être incluse en amont dans l‟élaboration des projets et des programmes. Il faut faire le renforcement des capacités des femmes à la gestion des ressources naturelles et la conservation de la biodiversité et les inciter à jouer un rôle actif dans les structures locales et mieux les impliquer dans le processus d gouvernance des AP. 8.10. Particularités sur les écosystèmes de mangroves Les écosystèmes de mangroves revêtent une importance capitale tant sur le plan écologique qu‟économique, et représentent l‟un des plus productifs de la planète. Ils jouent un rôle fondamental dans les cycles du carbone et des nutriments en milieu côtier, et rendent d‟importants services à l‟homme. Les eaux littorales bordant de mangroves, sont généralement riches en crevettes et poissons et représentent d‟excellents lieux d‟habitat, de reproduction et de croissance pour une multitude d‟espèces animales. Les forêts de mangroves ont toujours été présentes à travers tout le pays. © Steeve Schill (TNC) Cependant au fil des ans, elles ont connu une réduction drastique dans leur superficie. La disparition des mangroves, dont le taux global annuel moyen en Haïti est estimé entre 1 et 2%, avec des pertes comprises entre 35 et 86% de la surface initiale selon les lieux est préoccupante. Plusieurs menaces d‟origine climatique (dérèglement climatique, phénomènes extrêmes) et anthropique (coupe abusive, pollution des milieux, déchets) pèsent sur cet écosystème. Mangroves dégradées du Nord © : J-P. Ira, 2018 Selon des données de la FAO, les superficies de mangrove sont passées de 17,800 ha en 1980 à13,700 ha en 2005 (Geo, 2010). Cependant, selon une évaluation rapide sur les mangroves réalisée par FoProBiM en 2014, leur superficie est estimée à 20 517 ha (FoProBiM, 2014). Marché de charbon à Arcahaie ©: FoProBiM, 2014 61 Superficie totale en mangroves (ha) Rochelois Fort-Liberté/Lagons aux Bœufs Arcadins La Gonâve (Sud) La Gonâve (nord) Baie de l‟Acul Baradères/Cayemites Ile-à-Vaches/Aquin Caracol Gonaïves/Grande Saline 0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000 9000 Graphique : Principales zones de mangroves par taille. Source: FoProBim, 2014. Si la plupart des sites sont exploités à des niveaux extrêmes de destruction de l'habitat, certains autres sont encore intacts et méritent une attention soutenue comme celui de GrandeSaline jusqu‟à l‟exutoire du Salée Flood Way dans la Vallée de l‟Artibonite, qui n‟est pas encore dégradée grâce à son inaccessibilité (figure 18). Ce site fait partie des sites potentiels à déclarer et à conserver (Tableau 10), de même que les sites présentés dans la figure 15. Figure 19: Carte sur les zones de mangrove en Haïti et zoom sur le Salé Food Way dans l‟Artibonite. 62 SECTION C : INITIATIVES ENTREPRISES PAR LES ACTEURS DANS LA CONSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ DE 2009 A 2018 AU REGARD DES OAB ET DES ODD 63 9. Initiatives et intervention des acteurs dans la conservation de la biodiversité La plupart des acteurs, partenaires de l‟ANAP et de la Direction Biodiversité réalisent des interventions dans plusieurs endroits du pays qui touchent non seulement sur la conservation de la biodiversité, mais aussi d‟autres domaines touchant le développement durable. Ces initiatives ne se veulent pas être exhaustives, mais elles sont présentées de manière à valoriser les interventions de ces acteurs, et aussi, dans la mesure du possible, d‟en faire le lien avec les OAB et les ODD. Dans la plupart des cas, les interventions ne sont pas faites dans une perspective de gestion ou de conservation de la biodiversité. Ces analyses ont tenté de faire ressortir le plus possible les liens existants entre les interventions et la conservation de la BD. Ces informations sont appréciées en termes d‟objectifs visés, des résultats obtenus, des contraintes liées à la mise en œuvre des actions et les leçons apprises quand c‟est applicable. Tableau 13: Initiatives entreprises par les acteurs dans la conservation de la biodiversité de 2009 à 2018 Initiatives entreprises par les acteurs Acteurs Interventions Liens avec OAB Lien avec ODD 64 9.1. Interventions des acteurs étatiques Acteurs Interventions Liens avec OAB Lien avec ODD Ministère de l‟Environnement (MdE) Direction Biodiversité Créée en Octobre 2017 selon la nouvelle proposition de loi organique du MdE, cette direction a pour attributions : Coordonner la conception et l'application de la politique du Ministère touchant la protection et la conservation in situ et ex-situ de la diversité biologique nationale ; Veiller à la préservation des espèces menacées, rares, ou en voie de disparition, ainsi que de leur milieu ; Établir les conditions de délivrance d‟autorisations, de prélèvement à des fins scientifiques ou commerciales d‟animaux ou de végétaux protégés par la règlementation haïtienne ; Établir les conditions de l‟exploitation, de la commercialisation, de l‟utilisation, du transport et de l‟exportation des espèces visées ; Veiller à l‟exploitation sur le territoire national d‟établissements d‟élevage, de vente, de location, de transit d‟animaux d‟espèces sauvages, ainsi que l‟exploitation des établissements destinés à la présentation au public de spécimens vivants de la faune nationale ou étrangère ; Fournir l‟appui technique et logistique pour la collecte de données devant alimenter le Système National d'Informations Environnementales ; Effectuer toutes autres tâches connexes définies par les instances supérieures et remplir les autres attributions que lui prescrivent les règlements internes du Ministère. Veiller à la mise en œuvre de la convention sur la diversité biologique OAB1 : Sensibilisation valeurs de la biodiversité aux ODD4 : Éducation équitable et inclusive OAB11 : Zones protégées (17%, 10%) de manière efficace ODD6 : Eau propre et assainissement ODD13 : Lutte contre le changement climatique ODD14 : aquatique Vie ODD15 : Vie terrestre Toutefois, en attendant l‟élaboration et la validation de son cadre légal, la Direction assure la mise en œuvre de la CBD. Plus particulièrement elle : Œuvre dans la protection et la conservation de la biodiversité, Coordonne l‟élaboration du SPANB, Suit la mise en œuvre de la CBD Sensibilise et informe la communauté haïtienne sur les évolutions dans le domaine de la biodiversité. 65 ANAP (Agence nationale des aires protégées) l‟Agence Nationale des Aires protégées (ANAP), direction technique du MdE, devenue Direction générale en Mai 2017. OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité ODD4 : Éducation équitable et inclusive Sa mission est de protéger la biodiversité et gérer le SNAP Selon Article 54 du décret-cadre de 2006 du Ministère de l‟Environnement portant sur la Gestion de l‟Environnement et la Régulation de la conduite des citoyens et citoyennes pour le Développement durable. OAB11: Zones protégées (17%, 10%) de manière efficace ODD12 : Consommation production responsables Sa vision est de faire des Aires protégées terrestres et marines du pays des territoires d‟innovation et d‟excellence OAB19 : et de préserver la biodiversité et les valeurs historiques et culturelles associées tout en offrant des alternatives de scientifiques développement durable aux populations qui en dépendent. partagées Réalisations Le MdE encadre le développement du Projet de renforcement de la Résilience Alimentaire et Écologique d‟Haïti, mis en place dans le cadre de la mouvance Karavàn chanjman du gouvernement 9MdE, CHRAD.2017). Ce projet est divisé en 5 volets : 1. Géoréférencement de zones à reboiser 2. Sensibilisation et mobilisation pour un changement de paradigme 3. Construction de 14 centres de germoplasme 4. Mise en terre 5. Suivi et évaluation ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ Les résultats de ce projet sont définis comme suit : 1400 plateformes de protection de l‟environnement constituées et sensibilisées 4 000 000 de personnes à l‟échelle nationale prévues de sensibilisation 56 705 hectares de terres reboisées par année 630 millions de plantules produites en 10 ans 567 055 hectares de terre reboisée en 10 ans dans les 10 grands bassins versants 86 000 emplois verts créés en 5 ans 80 zones de recharge de sources d‟eau protégées Effet du changement climatique atténué Connaissances améliorées et ODD14 : aquatique et Vie OAB20: La mobilisation des ODD17 : Renforcer la ressources a augmenté mise en œuvre, les partenariats OAB5: Taux de perte au moins divisé par deux ODD11 : Villes et communautés OAB13: La diversité génétique durables maintenue ODD13 : Lutte contre OAB15: Résilience renforcée, le changement écosystèmes restaurés climatique ODD15 : Vie terrestre 66 L‟ANAP encadre particulièrement la construction des 14 Centres de germoplasme sur une période de 2 ans. Ils constituent des structures de production, de propagation et d‟amélioration d‟espèces fruitières et forestières appelées à impulser un nouveau tournant aux efforts de reconstitution de l‟espace forestier et de réduction de la vulnérabilité de la population par la reforestation et le reboisement. Ces centres doivent être construits dans les 10 départements du pays. Ils doivent produire 63 millions de plantules (60% fruitiers et 40% forestiers) par année. Quatre (4) de ces centres de germoplasme sont déjà fonctionnels. Il s‟agit des centres de Levy Centre de germoplasme de Dosmond au Nord-Est (Sud), de Fonds-des-Nègres (Nippes), de Marfranc Photo S. Augustin (Jérémie) et de Dosmond (Nord-Est). Celui de Grand-Pré, dans le Nord-est en phase de finalisation. La plupart des centres possèdent une capacité de production de 4,2 millions de plantules par an avec une dizaine des plantules d‟espèces fruitières et forestières différentes adaptées aux conditions agroclimatologiques de charque région géographique. Ci-contre le centre de germoplasme de Dosmond dans le Nord-Est. 67 Direction Changement climatique (DCC) La DCC est chargée de planifier les programmes d‟adaptation aux Changements climatiques, des mesures de mitigation et du monitoring des progrès qui y sont liés. OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité La DCC a, entre autres, pour attributions31 de : OAB2: Intégration des valeurs de la biodiversité ODD13 : Lutte contre le changement climatique OAB3: Incitations négatives et positives ODD14 aquatique 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. DEISE (Direction d‟Inspection et de Surveillance Environnementale) 31 Produire des outils d‟aide à la décision qui facilitent la planification en matière d‟adaptation et d‟atténuation des Changements climatiques; Fournir périodiquement pour le territoire national un inventaire des émissions et des absorptions anthropiques de GES ; Promouvoir la diffusion à l‟échelle nationale des technologies de lutte contre les changements climatiques ; Promouvoir la prise en compte des préoccupations liées aux changements climatiques dans les autres secteurs clés de la vie nationale tels l‟agriculture et la sécurité alimentaire, les zones côtières, l‟énergie, le transport, la santé et l‟eau ; Identifier, développer et appuyer des activités de reforestation comme mécanisme de séquestration du carbone (puits de carbone) et de promotion d‟énergies alternatives; Renforcer les capacités locales, en matière d‟adaptation au climat et de réduction du risque climatique, par la sensibilisation, l‟éducation et la formation; Assurer le rôle de Point Focal national pour la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques, Protocoles et Accords tombant dans le domaine du climat. La Direction d‟Éducation, d‟Inspection et de Surveillance Environnementale (DEISE), proposée dans la nouvelle loi organique du MdE, combine la DEPREDD et la DISE. Cette Direction, entre autres, a pour attributions32 de : Assurer la coordination de l‟élaboration et de la mise en œuvre de la politique nationale en matière d‟éducation environnementale ; Concevoir et produire des outils spécifiques pour éduquer et sensibiliser la population sur les problèmes liés à l‟environnement en fonction des spécificités locales et régionales ; Veiller à la remise en état des sites dégradés et/ou pollués ; Développer et dynamiser des Brigades de Contrôle et de Surveillance Environnementale ; Contrôler toute structure d‟ouvrage faisant obstacle à l‟écoulement des eaux en vue de prévenir les inondations ; Assurer la protection durable des espaces, forestiers et ruraux et de leurs ressources. Réalisations De concert avec les mairies, dans le cadre de la surveillance environnementale du cadre de vie urbain et rural, cette direction a déjà mené des campagnes de sensibilisation, accompagnées des fois de mesures coercitives quant à aux méthodes de cuisson, gestion de déchets, gestion des produits dangereux, lutte contre le polystyrène. ODD2 : Faim zéro : Vie OAB7: Agriculture durable OAB10: Diminution pressions anthropiques OAB14: écosystémiques restaurés. des Services essentiels OAB2: Intégration des valeurs de la biodiversité ODD6 : Eau propre et assainissement OAB4: Production consommation durables ODD11 : Villes et communautés durables et OAB5: Taux de perte au moins divisé par deux OAB8: La pollution n'est pas préjudiciable OAB10 : Diminution pressions anthropiques des ODD12 : Consommation production responsables et ODD15 : Vie terrestre Pour avoir l‟intégralité des attributions de la DCC 32 Pour avoir l‟intégralité des attributions de la DIESE, voir proposition de projet de Loi organique du MdE 68 Cette direction participe activement dans la gestion des risques et des désastres et les activités touristiques et culturelles. OAB11: Zones protégées (17%, 10%) de manière efficace Contraintes Longues périodes de sècheresse entrainant des risques d‟incendie forestier. Des pluies éclaires. Nécessité d‟une surveillance plus soutenue, donc entraine un coût additionnel. Augmentation de la population dans les aires protégées/Intégration des résidents dans la gestion. Couverture nationale non effective par manque de moyens. Les zones d‟interventions sont particulièrement : Macaya, Forêt des Pins (unité 1 et 2), Morne l‟Hôpital, Parc naturel Canapé Vert, La Visite, Jardin botanique naturel d‟Haïti (Ganthier) et les zones côtières de Belle Anse. Notons que le Grand Nord ne bénéficie presque pas de surveillance environnementale de la DEISE. DGZCM (Direction de Gestion des Zones Côtières et Marines) Direction des Forêts et des Énergies Renouvelables (DFER) Il est créé, au sein de la nouvelle loi organique du MdE la Direction de Gestion des Zones Côtières et Marines (DGZCM). À travers ses attributions, cette direction peut constituer un atout majeur dans la conservation de la biodiversité marine et côtière, notamment avec les nouvelles déclarations d‟AMP. Cette direction a pour attributions de : 1. Établir en collaboration avec les secteurs concernés une politique nationale sur la gestion intégrée des zones côtières et marines ; 2. Préserver la nature et la biodiversité dans les milieux marins et côtiers ; 3. Fournir l‟appui technique nécessaire aux instances concernées pour la création du Conservatoire du Littoral ; 4. Inventorier, régulariser et contrôler les interventions le long du littoral et sur les bandes côtières et marines et travailler à la protection des écosystèmes côtiers et marins prioritaires, comme les mangroves, les récifs coralliens et les marais salants ; 5. Identifier et déterminer les sites présentant une importance particulière en raison de leur intérêt scientifique, esthétique, instructif, récréatif ou éducatif et qui méritent d‟être protégés ; 6. Établir, de concert avec les autres instances concernées, le régime de protection juridique auquel seront soumis les immeubles intégrés à l‟intérieur des aires marines et côtières protégées. OAB2: Intégration des valeurs de la biodiversité La Direction Sols et Écosystème, devenue Direction des Forêts et des Énergies Renouvelables (DFER) dans la nouvelle loi organique du MdE, a, entre autres, pour attributions : Article 40.- La Direction des Forêts et des Énergies Renouvelables (DFER) a pour attributions, entre autres, de : Concevoir et promouvoir des campagnes annuelles de reforestation, de reboisement et d‟afforestation ; Formuler et mettre en application, avec tous les acteurs concernés, une politique nationale forestière visant à accroître le couvert forestier du pays et à diminuer la pression sur les ressources en bois ; OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité OAB4: Production consommation durables et OAB5: Taux de perte au moins divisé par deux OAB8: La pollution n'est pas préjudiciable OAB11: Zones protégées (17%, 10%) de manière efficace OAB2: Intégration des valeurs de la biodiversité ODD2 : Faim zéro ODD13 : Lutte contre le changement climatique 69 - - Le Bureau National l‟Évaluation environnementale (BNÉE) de Promouvoir l‟utilisation des énergies renouvelables (solaire, éolienne, micro-hydroélectricité, biomasse) pour OAB3: Incitations négatives et la satisfaction des besoins énergétiques du pays afin de contribuer à la réduction de la pression sur les positives ressources forestières ; OAB7: Agriculture durable Développer des forêts communales à vocation énergétique. Réalisations Corridor Biologique de la Caraïbe (CBC) (Cuba, Haïti, République Dominicaine) Avec la collaboration de quelques PTF du MdE tels que le PNUD, l‟ONU-Environnement, le PAM, cette direction a mis en place le Corridor Biologique de la Caraïbe (CBC). Les corridors biologiques jouent le rôle de couloir de dispersion pour certaines espèces, d‟habitat où les espèces effectuent l'ensemble de leur cycle biologique, de refuge et d‟habitat-source. Dans tous les cas, ils sont indispensables à la survie des espèces. Phase 2 : 2009 à 2018 Le Bureau National de l‟Évaluation environnementale (BNÉE) : Intérêt du respect des principes de coopération et de précaution à l‟appel aux études d‟impact pour des activités de l‟homme qui créent des dommages à l‟environnement, et au partage de l‟information. OAB10: Diminution pressions anthropiques OAB14: écosystémiques restaurés. ODD14 aquatique des Services essentiels 70 : Vie Ministère de l‟agriculture des Ressources naturelles et du Développement Rural (MARNDR) Interventions Liens avec OAB Lien avec ODD Mission Le Ministère de l‟Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement rural est l‟organe étatique chargé de : « Définir la politique du secteur économique du gouvernement haïtien dans les domaines de l‟agriculture, de l‟élevage, des ressources naturelles renouvelables et du développement rural ». OAB2: Intégration des valeurs de la biodiversité ODD1 : Pas de pauvreté Réalisations Le MARNDR mène plusieurs actions pouvant avoir un impact positif sur la conservation de la biodiversité. 1. Le MARNDR a publié en 2010 le PDA 2010-2020 appelée à assurer un développement durable de la productivité du secteur agricole. Cette politique devrait répondre à la vision d‟une agriculture moderne, intégrée, compétitive, protectrice et productive susceptible de: ‒ nourrir la population; ‒ dégager des excédents et fournir des revenus aux ruraux en vue de combler les disparités sociales Rural-Urbain. 2. Le Ministère travaille également sur le profil écologique du pays en relation avec l‟agriculture durable. Ce document est en cours d‟élaboration, il traite entre autres de : ‒ La liste des sites naturels sous protection ou à protéger ‒ La quantité et de la race des animaux domestiques ‒ Les oiseaux endémiques à Haïti ‒ De la liste de la végétation en voie de disparition ayant besoin de protection ‒ La diversité des plantes cultivées ‒ Le profil des champignons en fonction des milieux de développement ‒ Les produits forestiers non ligneux. ‒ Programme de recherche 3. La Direction de l‟Innovation du Ministère travaille sur l‟amélioration végétale. Elle fait des recherches sur le Colocasia esculenta (Mazonbelle). 4. Le projet RESEPAG donne un appui aux Centres régionaux de recherche-développement, complémentaire aux interventions déjà prévues au ministère sont en cours. Quatre de ces Centres sont actuellement appuyés dans le cadre de projets en cours ODD2 : Faim zéro OAB3: Incitations négatives et positives ODD3 : Bonne santé et bien-être OAB4: Production et consommation durables ODD12 : Consommation et production responsables OAB5: Taux de perte au moins divisé par deux OAB6: Les pêcheries sont gérées durablement ODD13 : Lutte contre le changement climatique ODD15 : terrestre OAB7: Agriculture durable OAB10 : Diminution des pressions anthropiques 71 Vie (DEFI/BID et RESEPAG/BM) et un cinquième par la coopération brésilienne. Un plaidoyer doit être fait en vue de la prise en considération de la conservation de la Biodiversité dans le cadre de ces recherches. 5. Programme de Mitigation des Risques et Désastres Naturels (PMDN-phase I et II), financés par la BID exécuté par le MARNDR dans les départements du Nord, du Sud et de l‟Artibonite Ŕ a soutenu des investissements en infrastructures publiques pour la protection contre les inondations et les glissements de terrain, l‟agriculture durable, et le renforcement institutionnel de la gestion des bassins versants. Il privilégie spécifiquement le développement de capacités institutionnelles et d‟infrastructures indispensables, et la gestion des sols pour assurer la protection immédiate de certains centres de population et inverser le processus de dégradation des sols sur des bassins versants prioritaires. Le FIDA, en cohérence avec la PDA, aide les autorités haïtiennes, via le MARNDR, à implémenter depuis 2013 le Programme de Pays d‟Options stratégiques de Pays (2013-2018) en support à l‟agriculture. Ce programme poursuit trois (3) objectifs stratégiques assortis de résultats: ‒ Promouvoir une agriculture adaptée aux changements climatiques; ‒ Promouvoir les initiatives productives; ‒ Investir dans le capital humain. 6. OAB12: Extinctions empêchées, statut amélioré OAB13: La diversité génétique maintenue OAB15: Résilience renforcée, écosystèmes restaurés OAB18: Les connaissances traditionnelles intégrées Secteur de la pêche : Plusieurs institutions telles que : l‟USAID, l‟AECID, la FAO, la BID et l„UE donnent un appui au secteur de la pêche. L‟aquaculture, se faisant sur environ 112 000 ha, est essentiellement concentrée dans les lacs, les étangs d‟eaux intérieures, lagons, rivières, plateaux et collines encastrés. Contraintes Au niveau du MARNDR, plusieurs problèmes sont récurrents. Il s‟agit entre autres de : ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ Inexistence de plan réel d‟intégration des changements climatiques dans le secteur agricole Manque de connaissance dans la prévision des campagnes agricoles (hiver, rareté des pluies, donc campagne agricole devient plus courte) Pluies acides dans les zones côtières (embruns) Méconnaissance du concept de changements climatiques par les agriculteurs Eutrophisation et fertilisation dans la vallée de l‟Artibonite car pas de dosage systématique pour l‟application de l‟engrais impliquant des pollutions de sol, des plantes et de tout l‟écosystème adjacent. 72 Ministère du Tourisme Interventions Liens avec OAB Lien avec ODD OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité ODD4 : Éducation équitable et inclusive Interventions Liens avec OAB Lien avec ODD Appréciation du Progrès de Pays pour la Cible 1 : L‟atteinte d‟une telle cible relève d‟un travail de longue haleine et s‟inscrit dans le long terme. En Haïti, cette cible est encadrée par la loi. L‟article 74 du Décret-cadre sur la Gestion de l‟Environnement stipule que l‟État a pour devoir de promouvoir l‟ERE. Il promeut, diffuse et soutient au profit de la société toute entière de programmes d‟information et de sensibilisation : a) pour la protection de l‟environnement ; b) pour le développement d‟une éthique environnementale ; c) pour l‟utilisation durable des ressources naturelles. OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité ODD4 : Éducation équitable et inclusive Interventions Liens avec OAB Lien avec ODD Appui à la mise en œuvre de la convention sur la diversité biologique Appui à la protection et la conservation de la biodiversité L‟IHSI de son côté réalise des enquêtes en vue de faire un inventaire des ressources et des potentialités des communes d‟Haïti dont les douze faisant partie de l‟aire de la Réserve proposée. OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité ODD4 : Éducation équitable et inclusive Intervention au niveau du Parc Historique La citadelle Ministère de l‟Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) L‟article 75 du Décret-cadre proclame sans ambages : “L‟ERE est déclarée matière obligatoire à tous les niveaux d‟enseignement du système national d‟éducation. Les médias privés consacreront gratuitement au moins six dixièmes de pour cent (0,6%) de leur programmation à des plages de grande écoute, à la diffusion de messages appropriés d‟éducation et de sensibilisation à la protection de l‟environnement. Les médias publics y consacreront, dans les mêmes termes, au moins trois pour cent (3%) de leur programmation”. CNIGS/MPCE/CIAT/IHSI - 73 9.2. Interventions des ONG nationales et internationales Acteurs Liens avec OAB Lien avec ODD OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité ODD12 : Consommation et production responsables Commission Nationale de Collaboration avec l‟UNESCO (CNHCU) Dans le cadre de la mise en œuvre du programme Man and Biosphere (MaB), le CNHCU, de concert avec le MdE et le MENFP et avec l‟appui de l‟UNESCO, ont conjoint mis sur mis sur pied deux réserves de biosphère : La réserve de Biosphère La Selle (2012) et la Réserve de Biosphère la Hotte (2016). OAB2: Intégration des La zone de la réserve de biosphère La Selle est l‟une des plus fréquentées en Haïti en matière de recherche sur la biodiversité valeurs de la biodiversité par des scientifiques locaux et internationaux de toutes les disciplines. En effet, la zone héberge plusieurs zones protégées et d‟autres d‟importance qui mettent en évidence la diversité des écosystèmes. Des sites comme le Parc national La Visite, la OAB4: Production et réserve forestière de la Forêt-des-pins, le lac Azuéi, le bassin versant de la rivière des Pédernales, notamment la forêt sèche consommation durables de Boukara, ont toujours fait l‟objet d‟activités de recherche tant sur la faune que sur la flore. Signalons qu‟une réserve de biosphère a pour fonctions de : 1. 2. 3. Contribuer à la conservation des paysages, des écosystèmes, des espèces et de la variation génétique (fonction de conservation), Encourager un développement économique et humain durable des points de vue socioculturel et écologique (fonction de développement) et Fournir des moyens pour les projets de démonstration et de formation, de recherche et de surveillance continue sur des problèmes locaux, régionaux, nationaux et mondiaux de conservation et de développement durable (fonction d‟appui logistique). OAB5: Taux de perte au moins divisé par deux ODD13 : Lutte contre le changement climatique ODD15 : Vie terrestre OAB7: Agriculture durable OAB14: Services écosystémiques essentiels restaurés OAB15: Résilience renforcée, écosystèmes restaurés 74 Le Réserve de Biosphère La Selle est considérée comme l‟une des zones les plus importantes du pays en matière de diversité biologique. En effet, on y retrouve des reliques de forêt, des écosystèmes de montagne, des écosystèmes côtiers et marins, écosystèmes d‟eau intérieure (lacs, rivières et autres zones humides) qui confèrent à cette aire, par rapport à sa taille, une grande richesse spécifique. Contraintes En dépit du fait que la réserve héberge un Parc National (Parc National La Visite) et une réserve forestière (la Forêt des Pins), cet axe ne bénéficie pas de protection particulière. © Hilaire JV Fondasyon Konesans Ak Libète (FOKAL) Interventions La FOKAL dont la mission est de : ‒ ‒ Promouvoir les structures nécessaires à l‟établissement d‟une société démocratique juste et durable, l‟autonomie des individus en favorisant l‟esprit critique, la clarté du jugement et la coopération en connaissance de cause à travers l‟éducation, la formation et la communication Renforcer le processus organisationnel pour une participation active dans l‟administration des Affaires Publiques et le développement social, culturel et la vie en communauté. Liens avec OAB Lien avec ODD OAB2: Intégration des valeurs de la biodiversité ODD12 : Consommation et production responsables OAB4: Production et consommation durables OAB5: Taux de perte au moins divisé par deux ODD13 : Lutte contre le changement climatique En effet, la Protection de l‟Environnement fait partie de l‟une des quatre (4) priorités stratégiques de la FOKAL incluant également Droit et Justice, Sciences, Technologies et Economie et Coopération transnationale avec la République Dominicaine. OAB7: Agriculture durable ODD15 : Vie terrestre Réalisations OAB10 : Diminution des pressions anthropiques 75 La FOKAL a facilité l‟exécution de plusieurs projets liés à la conservation et la protection de la Biodiversité, entre autres : Le Projet de Parc Urbain de Matissant sur une superficie de 17 ha abritant l‟un des derniers vestiges des aires boisées avec des arbres centenaires et une avifaune très riche avec 25 espèces d‟oiseaux et la présence de 6 des 31 espèces endémiques à Haïti. FOKAL exécute, grâce au financement de l‟Union Européenne et de l‟Agence Française de Développement (AFD), des actions de développement (rénovation urbaine, accès à l‟eau potable, assainissement, collecte communautaire de résidus, etc.) dans les 500 ha de la zone tampon du Parc. OAB11: Zones protégées (17%, 10%) de manière efficace OAB14: Services écosystémiques essentiels restaurés Fondation Seguin Interventions Liens avec OAB Lien avec ODD La Fondation Seguin œuvre dans les hauteurs du Parc La Selle (Sud-Est d‟Haïti) déclaré Réserve de la Biosphère par l‟UNESCO et dont le PNN de La Visite constitue l‟un des noyaux. OAB4: Production et consommation durables ODD2 : Faim zéro La Fondation priorise une stratégie d‟interventions basée sur quatre (4) axes : OAB5: Taux de perte au moins divisé par deux - Appropriation systématisation et consolidation des acquis, Innovations technologiques, communication et génération de Revenus Mobilisation financière et communication en Environnement, Gouvernance environnementale, Biodiversité et Aires protégées. OAB7: Agriculture durable ODD12 : Consommation et production responsables ODD15 : Vie terrestre OAB10 : Diminution des pressions anthropiques Résultats A l‟aide de l‟appui technique et financier de la GIZ la Fondation a œuvré au maintien et à la restauration de la biodiversité dans le PNN de La Visite. Elle a restauré et maintenu les reliques de rakbwa, un écosystème généralement plus riche en biodiversité que les pinèdes du Parc La Visite. En effet, plus de 400 ha de ce type de forêts ont été conservés. OAB11 : Zones protégées (17%, 10%) de manière efficace OAB14 : Services écosystémiques essentiels restaurés et OAB15 76 Réserve Écologiqu Wynne Farm (REWF) Interventions Mission Étendue sur 19,35 ha (15 carreaux), la REWF s‟occupe de la protection de l‟environnement et la conservation des espèces végétales et animales. Réalisations ‒ Sensibilisation journalière sur la biodiversité pour les visiteurs, étudiants, fermiers et élèves. Un total de 7000 personnes sensibilisées/an dont 55% de femmes. ‒ Augmentation de la sécurité des forêts à la REWF, ralentissement de la coupe des arbres et des constructions anarchiques. ‒ Distribution de 3000 plantules chaque année et plantation d‟arbres fruitiers, forestiers à la réserve. Les réalisations de la Réserve Écologique Wynn Farm sont présentées dans la section des études de cas à la section D Liens avec OAB Lien avec ODD OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité OAB2: Intégration des valeurs de la biodiversité OAB4: Production et consommation durables OAB5: Taux de perte au moins divisé par deux OAB7: Agriculture durable OAB14: Services écosystémiques essentiels restaurés OAB15: Résilience renforcée, écosystèmes restaurés ODD12 : Consommation et production responsables ODD13 : Lutte contre le changement climatique ODD15 : Vie terrestre Société Audubon Haïti Interventions Les réalisations de la Réserve Écologique Wynne Farm sont présentées dans la section des études de cas à la section D Partenaire avec le Critical Environment Partnership Fund (CEPF) La SAH maintient des relations avec des institutions partenaires, bénéficiaires elles aussi du CEPF (par ex. : Temple University, Philadelphia Zoo). La SAH a encouragé la création d‟un mécanisme de financement durable. Ainsi, un Trust Fund a été créé : le Haïti National Trust. Il s'agit d'une société privée qui interviendra dans l'acquisition et la gestion d'aires protégées. Le “Haïti National Trust” est mis sur pied avec une dotation initiale de $ US 1.3 million destinée à protéger l‟environnement et la biodiversité d‟Haïti pour les générations futures. Liens avec OAB OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité OAB2: Intégration des valeurs de la biodiversité OAB4: Production et consommation durables OAB5: Taux de perte au moins divisé par deux OAB7: Agriculture durable Lien avec ODD ODD12 : Consommation et production responsables ODD13 : Lutte contre le changement climatique 77 OAB14: Services écosystémiques essentiels restaurés OAB15: Résilience renforcée, écosystèmes restaurés ODD15 : Vie terrestre Interventions Liens avec OAB Lien avec ODD FoProBim participe dans la restauration et la reforestation des écosystèmes de mangroves, l‟accompagnement durable des pêcheurs, les actions pour la résilience climatique et la mobilisation de ressources. OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité FoProBim participe dans la recherche notamment sur a biodiversité marine OAB5 : Taux de perte au moins divisé par deux ODD6 : Eau propre et assainissement ODD12 : Consommation et production responsables ODD2 : Faim zéro ODD12 : Consommation et production responsables ODD14 : Vie La SAH a développé des protocoles de collaboration avec plusieurs institutions d‟enseignement notamment l'American University of the Carribean (AUC), l'Université Quisqueya (UniQ) et l'Université d'État d'Haïti (UEH). FoProBim 1. 2. Toward the Development of Haiti‟s System of Marine Protected Areas (MPAs) An Ecosystem Services Assessment for the Creation of Haiti‟s System of MPAs rev.1. 2013 Rapid Assessment of Haiti‟s Mangroves. 2014. OAB6 : Les pêcheries sont gérées durablement OAB10 : Diminution des pressions anthropiques OAB11 : Zones protégées (17%, 10%) de manière efficace OAB15 : Résilience renforcée, écosystèmes restaurés 78 The Nature Conservancy (TNC) Interventions Liens avec OAB Lien avec ODD Objectifs principaux - Contribuer au renforcement du système national des aires protégées en Haïti, en particulier les aires marines protégées - Promouvoir la gestion durable de la pêche et des moyens de subsistance alternatifs pour les communautés locales - Soutenir le développement d'un mécanisme de financement durable pour la conservation et la restauration de la biodiversité à long terme en Haïti Activités clés en cours Au niveau National: - Promouvoir la création et la capitalisation d‟un Fonds National de Placement pour la conservation de la Biodiversité (Fonds Haïtien pour la Biodiversité) - Transfert de capacités et de connaissances grâce à la collaboration avec ANAP - Promouvoir un Plan d'Action Binational (Haïti-RD) pour soutenir la gestion durable de la pêche dans la région des Trois Baies-Monte Cristi - Développer une sous-section de caribnodes pour Haïti avec des données clés sur les écosystèmes de mangroves, les herbiers marins et les récifs du pays33. Au niveau marin (Côte-Nord) - Soutenir des réformes de la politique de la pêche par le biais d‟un Plan d‟Action du secteur de la Pêche - Concevoir et promouvoir des programmes pilotes de pêche durable / moyens de subsistance alternatifs - Soutenir la gestion efficace et la gouvernance des nouvelles zones marines gérées incluant un plan de zonage pour de multiples utilisations du paysage marin (MSP) dans le parc national des Trois Baies. - Réaliser des lignes de base dans les zones protégées nouvellement déclarées des Baraderes-Cayemites et Marigot Massif de la Selle - Anse-à-Pitres Le TNC en collaboration avec d‟autres partenaires a réalisé plusieurs études sur la biodiversité en Haïti : - L‟étude sur l‟inventaire écologique du Parc des 3 Baies de concert avec l‟ANAP et la BID. OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité OAB3: Incitations négatives et positives OAB4 : Production et consommation durables OAB5 : Taux de perte au moins divisé par deux OAB6 : Les pêcheries sont gérées durablement OAB10 : Diminution des pressions anthropiques OAB11 : Zones protégées (17%, 10%) de manière efficace OAB15 : Résilience renforcée, écosystèmes restaurés ODD6 : Eau propre et assainissement ODD12 : Consommation et production responsables ODD2 : Faim zéro ODD7 : Énergie propre ODD12 : Consommation et production responsables ODD14 : Vie aquatique ODD15 : Vie terrestre 33 http://caribnode.org/tools/reef-assess/country/1285/ 79 - Dans le cadre de cette même étude, un article a été publié par le Journal of the Ocean Science Foundation dans lequel il a été découvert une nouvelle espèce de poisson dans la Baie de Fort-Liberté sous le nom de Hypoplectrus liberte34, On notera aussi les efforts envisagés par les autorités pour intégrer, Notons que le TNC a propulsé en Haïti la Caribbean Challenge Initiative (CCI ou Initiative Défi de la Caraïbe), une initiative majeure et ambitieuse de type Partenariat Public-Privé mise sur pied en 2008 et qui compte en 2014 neuf (9) Gouvernements, dont celui de la République Dominicaine et de la Jamaïque plus près d‟Haïti, et supportée par quinze (15) Compagnies du secteur privé en vue de renforcer la conservation des ressources côtières et marines dans la région de la Caraïbe. Concert Action Interventions Liens avec OAB Lien avec ODD Projet : Promotion de la production agricole durable et de la protection de la biodiversité dans les zones vulnérables du Corridor Biologique des Caraïbes (CBC)(2016-2018) Objectif global : La sécurité alimentaire des ménages de petits producteurs de Borgne (Haïti) et des zones tampons des parcs nationaux Armando Bermudez & Nalga de Marco en République dominicaine est durablement améliorée et la biodiversité est protégée. Objectif du projet : 1200 familles de petits producteurs dans les zones vulnérables du Corridor biologique des Caraïbes (900 familles en Haïti et 300 familles en République dominicaine) protègent la biodiversité et garantissent ainsi leur sécurité alimentaire (ainsi que la diversité des espèces). OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité ODD2 : Faim zéro Réalisations OAB7: Agriculture durable 1. 2. 3. Mesure 1. Sensibilisation des communautés par les organisations de base - 210 écoliers sensibilisés sur l‟arbre et ayant reçu 8 plantules de chênes chacun Mesure 2. ateliers de formation pour 3 organisations communautaires sur la gestion des organisations et les méthodes de production agricole durable Mesure 3. ateliers de formation pour des experts gouvernementaux sur la biodiversité et la protection des écosystèmes OAB3: Incitations négatives et positives OAB4: Production et consommation durables OAB5: Taux de perte au moins divisé par deux ODD6 : Eau propre et assainissement ODD12 : Consommation et production responsables ODD13 : Lutte contre le changement climatique ODD15 : Vie terrestre OAB10 : Diminution des pressions anthropiques 34 Victor B. C. et Marks W. 2018. 80 Depuis le lancement du Projet, les experts gouvernementaux ont déjà participé à cinq sessions de formation respectivement sur les thèmes suivant liés à la biodiversité : 4. Mesure 4. ateliers de formation pour 100 agriculteurs/trices sélectionnés par les organisations de base (thématiques : agroforesterie, nutrition, production agricole durable) Depuis le lancement du projet, 52 sessions de formation ont été réalisées et les thèmes suivants ont pu être traités avec les agriculteurs : - Maraîchage et fumure organique : 12 sessions déjà réalisées au profit de 258 planteurs - Agroforesterie et conservation de sols : 10 sessions déjà réalisées au profit de 204 planteurs - Lots boisés économiques : 10 sessions déjà réalisées au profit de 205 planteurs - Potentialités du milieu : 10 sessions déjà réalisées au profit de 230 planteurs - Valeur nutritive des aliments : 10 sessions déjà réalisées au profit de 192 planteurs - 861 rampes faisant une longueur totale de 12,956.82 mètres linéaires sont déjà établies au niveau de 214 parcelles de cultures couvrant une superficie totale de 163,193.66 m2. 5. Mesure 5. Sélection des bénéficiaires pour la mise en place de parcelles pour la production agricole durable 6. Mesure 6. Mise en place de 90 parcelles pour l'agroforesterie 7. Mesure 7. Conservation de sols 8. Mesure 8. Mise en place de parcelles de légumes 9. Mesure 9. Mise en place de 3 pépinières communautaires (plantes forestières et fruitières) 10. Mesure 10. Élaboration d'une analyse socio-biophysique (espèces végétales et animales en voie de disparition) 11. Mesure 11. Aménagement de 30 parcelles forestières - 113,650 plantules forestières distribuées. - 49 parcelles forestières dénombrées pour une superficie de 55,247.50 m2 soit 5.5 ha. OAB14: Services écosystémiques essentiels restaurés OAB15: Résilience renforcée, écosystèmes restaurés 81 Helvetas Haïti Interventions Liens avec OAB Lien avec ODD L‟ensemble des interventions de Helvetas dans le domaine de la biodiversité se résume en des projets avec des objectifs et résultats distincts et complémentaires. OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité ODD2 : Faim zéro L‟objectif spécifique est de consolider les capacités des acteurs concernés (autorités locales, services déconcentrés étatiques et acteurs non étatiques) pour une meilleure gouvernance de l‟Aire protégée « Parc National Naturel du Lagon des Huîtres ». OAB2: Intégration des valeurs de la biodiversité Les réalisations de la Helvetas sont présentées dans la section des études de cas à la section D OAB4: Production et consommation durables OAB5: Taux de perte au moins divisé par deux OAB7: Agriculture durable OAB10 : Diminution des pressions anthropiques ODD5 : Egalité entre les sexes ODD12 : Consommation et production responsables ODD13 : Lutte contre le changement climatique ODD14 : Vie aquatique ODD15 : Vie terrestre OAB11: Zones protégées (17%, 10%) de manière efficace OAB14, OAB15, OAB20 82 9.3. Interventions des partenaires de la coopération internationale Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) Projets Projet Adaptation basée sur les écosystèmes Interventions Le projet Adaptation basée sur les écosystèmes (ABE) comprend deux principales composantes : - Le renforcement de la résilience face aux menaces climatiques dans les principaux bassins versants et zones côtières en passant par l‟aménagement des bassins versants et la conservation des sols, la gestion des zones côtières, et la valorisation et la conservation des ressources naturelles. - Liens avec OAB Lien avec ODD OAB2: Intégration des valeurs de la biodiversité ODD2 : Faim zéro OAB3: Incitations négatives et positives Le renforcement de la contribution des zones protégées à la conservation de biodiversité et au OAB4: Production et développement durable dans les zones côtières et marines axé sur une exploitation raisonnée. consommation durables Les aires d‟intervention du projet sont : - Le complexe des Trois Baies situé dans le Nord et le Nord-Est du pays, - le complexe des Baradères-Cayemites dans les Nippes et Grand‟Anse, - le complexe de Marigot Ŕ Massif de la Selle Ŕ Anse à Pitres localisé dans le Sud-Est du pays. OAB5: Taux de perte au moins divisé par deux ODD12 : Consommation et production responsables OAB6: Les pêcheries sont gérées durablement ODD13 : Lutte contre le changement climatique OAB7: Agriculture durable ODD15 : Vie terrestre Principaux résultats et activités à date : - Propositions affinées pour le patrimoine des aires protégées Actions réalisées et en cors : - Contribution à la déclaration officielle de l‟aire protégée de Baradères-Cayemites (87621.5 ha) et du Parc National Lagons des Huitres (9640.60 ha). - Délimitation de la Zone Marine Contrôlée (zone de récupération de la pêche) au niveau du PN3B ; - Développement des activités de Kayaking _écotourisme pour la mise en valeur de la zone récréative multifonctionnelle (6063 ha) au niveau du PN3B ; (Partenariat avec TNC) ; - Études détaillées de la situation de référence environnementale des Écosystèmes terrestres, côtiers et marins des complexes Nippes et Sud ‟Est. ODD8 : Travail décent et croissance économique OAB10 : Diminution des pressions anthropiques OAB11: Zones protégées (17%, 10%) de manière efficace OAB14: Services écosystémiques essentiels restaurés 83 - Renforcement des instruments et des capacités en vue de la gestion efficace des aires protégées OAB15: Résilience renforcée, écosystèmes restaurés Quelques actions réalisées : - - - Contribution à la validation du plan de gestion du PN3B en tant qu‟outil de gestion efficace de l‟aire protégée Réalisation d‟un séminaire de formation avec l‟appui de la Faculté d‟Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV) sur la gestion des Aires protégées au profit de 20 cadres du MDE Formation de 4 cadres techniques de l‟ANAP en gestion des Aires Marines protégées. Formation sur l‟écocitoyenneté et la résilience climatique, Introduction à l‟adaptation basée sur les écosystèmes au profit de 12 OCB réunissant 108 membres. Mise en place de deux comités locaux d'appui á la gestion du PN3B et de l‟Aire Protégée de Ressources naturelles Gérées de Baradères-Cayemites Réalisation d‟une visite d‟échanges au profit de 16 membres du comité local d‟appui du complexe Baradères ŔCayemites á l‟occasion de la journée mondiale de la biodiversité de 2017 Réalisation de plusieurs séminaires de formation sur des thématiques différentes Renforcement du Conseil de Gestion des Aires protégées du Parc National Naturel Lagons des Huitres. Contribution á l‟élaboration du guide méthodologique pour la réalisation des documents de Plans de Gestion des Aires protégées Terrestres et Marines Appui à la mise en place d‟un cadre opérationnel impliquant les différents acteurs œuvrant dans la gouvernance des aires marines protégées ; 1. Nouveaux moyens de subsistance afin de réduire la pression sur la biodiversité côtière et marine Quelques réalisations - Renforcement de capacités de 140 pêcheurs de Belle Anse par la formation et distribution des matériels de pêche (bateau, hameçons, moteurs, fil, etc.). 84 - Projet Adaptation au changement climatique (ACC) Publication de 2 arrêtés municipaux sur la protection des aires marines protégées et la règlementation des seines de plage. - Renforcement de 5 associations de pêcheurs dans la localité de Filibert Instauration des activités apicoles dans le complexe PN3B au profit de 50 membres issus d‟OCB, notamment des associations de pécheurs. - Renforcement de la résilience communautaire face au changement climatique : 6,984 hommes et 4,656 femmes au total 11,640 ont bénéficié des subventions pour financer des activités de restauration des écosystèmes terrestres - Restauration de mangroves : 8 - Stabilisation de ravines: 15 km - Reforestation : 128 ha au niveau des communes précitées - Formation sur la pêche sélective pour 250 pêcheurs dans le Nord‟Est. Le projet vise à renforcer les capacités adaptatives des populations et secteurs productifs dans les zones côtières afin de répondre aux risques croissants liés aux changements climatiques. Il est axé autour de 4 résultats (Outcomes) 1. Les capacités institutionnelles de se préparer et de faire face aux impacts dus aux climats dans les zones sont améliorées. 2. La gestion des risques liés au climat est pleinement intégrée dans les plans d‟investissement humanitaire et de développement. 3. La résilience des zones côtières de basse altitude de sortir des menaces du changement climatique est améliorée. 4. Des modèles de meilleures pratiques et des leçons apprises sont identifiés et institutionnalisés Principaux résultats et activités : 1. Sensibilisation et renforcement institutionnel aux changements climatiques - Augmentation des connaissances et des informations sur la thématique des changements climatiques et sur les impacts possibles sur Haïti. - - Sensibilisation et mobilisation institutionnelles, notamment des entités étatiques impliquées autour de la problématique et des enjeux des changements climatiques. - 2. Recharge artificielle de la nappe aquifère, gestion de bassins versants et côtiers Recharge artificielle de la nappe aquifère des sources Diamant, Cresson, Boussiquot, & Ti corail dans les communes de Jacmel, de la Vallée de Jacmel & de Marigot pour une meilleure adaptation aux changements climatiques OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité ODD1 : Pas de pauvreté OAB4: Production et consommation durables ODD2 : Faim zéro OAB7: Agriculture durable OAB10 : Diminution des pressions anthropiques OAB14: Services écosystémiques essentiels restaurés OAB15: Résilience ODD3 : Bonne santé et bien-être ODD6 : Eau propre et assainissement ODD12 : Consommation et production responsables ODD13 : Lutte contre le changement climatique ODD15 : Vie terrestre 85 - - Mise en place de 2,000 ha de lots boisés au niveau de l‟Unité hydrographique Aquin/Saint Louis (2,400,000 plantules fruitières et forestières) Mise en place de trente et un (31) comités bassin versant au niveau des unités hydrographiques Aquin/St-Louis-du-Sud, Les Cayes, St-Jean du Sud/ Côteaux, Port-àPiment/Tiburon et du bassin versant Cavaillon. Restauration de la couverture forestière des écosystèmes de mangroves les plus importantes par rapport aux services écosystémiques rendus aux populations voisines (150, 000 plantules) Construction et entretien de structures de défenses et de restauration des sols (DRS) renforcées dans les versants et les ravines Quatre (4) stations pluviométriques ont été installées dans la commune d‟Aquin, plus précisément dans les localités de Flamands, Frangipane, Montoban et Brodequin Mise en place du Centre d‟Interprétation de la nature à Aquin (CINA). Ce dernier comprend : une salle des différents écosystèmes de l‟unité hydrographique Aquin/Saint louis, une salle de la biodiversité/audiovisuelle et une salle sur les changements climatique. Le Centre d‟Interprétation de la Nature joue un rôle clef dans la sensibilisation des écoliers, des jeunes, des communautés et des visiteurs 3. Construction ou réhabilitation de système d‟approvisionnement en eau potable Réhabilitation et l‟extension physique de trois systèmes alimentation en eau Renforcement des CAEPA Promotion de l‟hygiène dans les communautés - 4. Sécurité alimentaire et adaptation aux changements climatiques Diversification des denrées agricoles Renforcer des liens institutionnels avec les organisations opérationnelles sur le terrain - - Projet Etablissement d‟un Système National d‟aires protégées financièrement soutenable (SNAP) Le projet Etablissement d‟un Système National d‟aires protégées financièrement soutenable (SNAP). Ce projet vise à aborder le problème de l‟érosion continue de la biodiversité en Haïti, celui de l‟efficacité limitée des aires protégées dans leur fonction de conservation de la biodiversité (BD), due à leur accès limité à des fonds de financement fiables. OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité OAB2: Intégration des valeurs de la biodiversité ODD8 : Travail décent et croissance économique ODD14 : Vie aquatique Principaux résultats et activités 86 - Visite guidée dans des Aires protégées de Trinidad & Tobago au profit des autorités locales et nationales Diagnostic de la situation socio-économique du Parc National Naturel Macaya Bornage en cours du parc National la Visite Réalisation du Plan de Gestion du Parc National Naturel de Macaya Un groupe de 15 professionnels formés dans la gestion des Aires La réhabilitation de l‟herbarium E. L. Ekman à la Faculté d‟Agronomie Le jardin Botanique des cayes améliore ses capacités techniques et son accueil - Identification et cartographie préliminaire des zones à protéger et devant faire partie du Système National d‟Aires Protégées ; Production de la documentation sur les APs en Haïti : o Financement des Aires protégées d‟Haïti : Rapport sur les outils disponibles o Examen de la situation financière actuelle des aires protégées d‟Haïti et évaluation du système de comptabilité actuelle du Système National des Aires protégées (SNAP) o Plan Financier du Système National des Aires protégées (SNAP) et de l‟Agence Nationale des Aires protégées (ANAP) o Paiements pour services hydrologiques fournis par les aires protégées en Haïti o Guide méthodologique d‟évaluation économique des aires protégées d‟Haïti o Evaluation économique des aires protégées prioritaires d‟Haïti o Rapport sur le tourisme durable comme outil disponible o Financement des Aires protégées d‟Haïti : Stratégie institutionnelle et financière de l'ANAP Lancement formel du groupe de travail (Le GTAP). ONU-Environnement OAB11: Zones protégées (17%, 10%) de manière efficace Interventions Liens avec OAB Depuis 2011, l‟ONU environnement accompagne le gouvernement d‟Haïti dans l‟identification et l‟établissement d‟aires marines protégées terrestres et marines, notamment dans la région Grand Sud d‟Haïti. L‟ONU-Environnement appui donne un appui à plusieurs niveaux dans la conservation de la biodiversité à travers plusieurs initiatives : OAB4: Production et consommation durables - - Projets ODD15 : Vie terrestre OAB15: Résilience renforcée, écosystèmes restaurés OAB5: Taux de perte au moins divisé par deux Lien avec ODD ODD12 : Consommation et production responsables 87 Appui à la mise en œuvre des conventions internationales ratifiées par Haïti, dont celle sur la diversité biologique. 2. Mise en place de nombreux outils de sensibilisation : - Réalisation d‟un film documentaire sur la conservation des plantes médicinales - Réalisation d‟une étude sur le sacré dans l‟imaginaire haïtien 3. Élaboration du plan de gestion du Parc Macaya 4. Plusieurs interventions sur la biodiversité marine - Étude sur Ile-à-Vache avec TNC 5. Élaboration du Story Map sur Haïti, avec l‟outil MAPIX 6. Cartographie sur la zone de ponte des tortues. Les réalisations ONU-Environnement sur les AP marines et côtières sont présentées dans la section des études de cas à la section D. Union Européenne OAB7: Agriculture durable ODD14 : Vie aquatique OAB10 : Diminution des pressions anthropiques ODD15 : Vie terrestre Interventions Liens avec OAB Lien avec ODD OAB4: Production et consommation durables ODD12 : Consommation et production responsables 1. Projets L‟Union Européenne œuvre dans la sauvegarde de la biodiversité en Haïti. Ses deux principales interventions sont : 1. OAB11: Zones protégées (17%, 10%) de manière efficace OAB20: La mobilisation des ressources a augmenté Protection de la biodiversité et financement durable des aires protégées (AGAP, 20142017). 2. Consolidation de la gouvernance participative de l‟aire protégée terrestre et marine parc naturel lagon des huitres (2017-2019). Les résultats de ces projets sont rapportés aux interventions de Helvetas Swiss corporation. OAB5: Taux de perte au moins divisé par deux Programme d‟Appui à la Prise en compte du changement climatique dans le développement d‟Haïti (AP3C) OAB10 : Diminution des pressions anthropiques Vision : Renforcement des institutions stratégiques qui doivent aider à supporter les stratégies, plans et programmes nationaux (PANA, CPDN ou CDN, PNCC, etc.) visant le développement de synergies pour la gestion des risques climatiques à l‟échelle du pays. OAB11: Zones protégées (17%, 10%) de manière efficace OAB7: Agriculture durable ODD14 : Vie aquatique ODD15 : Vie terrestre L‟objectif global de développement est la réduction de la vulnérabilité d'Haïti face au changement climatique. De manière spécifique, le Programme vise le renforcement de la capacité du 88 gouvernement à intégrer la viabilité environnementale et l‟adaptation au changement climatique dans les politiques, stratégies, programmes et projets de développement d‟Haïti. OAB20: La mobilisation des ressources a augmenté L‟impact du programme dans son environnement Eu égard aux différents défis à surmonter, il est indéniable que la mise en œuvre du programme a favorisé une certaine notoriété sur la politique publique du MDE en matière de lutte contre le changement climatique. Ceci est logiquement attesté par : - Une présence accrue d‟Haïti au niveau des assises internationales en lien avec différents mécanismes liés à la mise en œuvre des actions liées au changement climatique et à la réduction de la vulnérabilité des populations ; - Une grande implication des cadres aux différentes assises internationales en lien aux luttes contre les changements climatiques ; - La réalisation périodique des vendredis du climat où différents acteurs viennent partager leurs expériences sur la problématique des secteurs (agriculture, énergie, infrastructures, eau) face aux problématiques du changement climatique, - Renforcement des capacités des ministères sectoriels et des directions techniques du MdE sur le GEOtest qui devra leur permettre de mieux conseiller sur les orientations des politiques publiques pour garantir la résilience des communautés et la réduction de leur vulnérabilité ; Perspectives - validation de la Politique nationale sur les Changements climatiques ; - redynamisation du Conseil National de haut niveau sur les Changements climatiques (CNCC) ; élaboration de la stratégie de mise en œuvre de la CPDN/CDN - appui au respect des engagements pris par Haïti sous la CCNUCC ; - renforcement du BNEE, des UEP et de la DISE, pour garantir que les mesures précautionneuses sont en place et opérationnelles ; - mise en œuvre des projets innovants qui devront permettre de capitaliser sur les bonnes pratiques d‟adaptation ; et - sensibilisation des communautés au niveau des collectivités territoriales pour une intégration nationale de la prise en compte du changement climatique dans les plans communaux de développement. 89 USAID Projets USAID (Chemonics International, DAI) Interventions Liens avec OAB Lien avec ODD L‟USAID finance bon nombre de projets dont les interventions touchent la conservation des ressources naturelles donc de la biodiversité. Citons entre autres : OAB2: Intégration des valeurs de la biodiversité ODD1 : Pas de pauvreté Projet WINNER (2009-2014) Objectif : mettre en œuvre des investissements à grande échelle dans la gestion durable des ressources naturelles à l'échelle et à la densité nécessaires pour produire de futures réductions positives de la vulnérabilité environnementale, infrastructurelle et économique au niveau du paysage dans les bassins versants de Cul-de-sac, Cabaret, Gonaïves/ La Quinte et autres. OAB3: Incitations négatives et positives ODD2 : Faim zéro S‟adaptant à plusieurs reprises pour répondre aux exigences et conjonctures, les principaux résultats du projet sont les suivants : OAB5: Taux de perte au moins divisé par deux Principaux résultats (2009-2014) - Augmentation de 119% du revenu des ménages ruraux dans les zones ciblées. Plus de 300 associations d'agriculteurs assistées. 15 000 hectares irrigués grâce aux interventions du projet. 3 127 maîtres paysans formés pour fournir des services de vulgarisation dans les zones cibles. Sept(7) centres ruraux de développement durable (CRDD) créés dont celui de Wynne Farm. 17 magasins d'approvisionnement en intrants agricoles assistés. Plus de 30 nouvelles technologies ou pratiques de gestion introduites (incluant le SRI : système de riziculture intensive) 370 serres construites pour augmenter la production et stabiliser les pentes. 30% de participation des femmes bénéficiaires. 50 000 hectares de collines replantées pour prévenir l'érosion. 5 000 000 de semis plantés pour des arbres de grande valeur. 200 000 mètres cubes de sédiments piégés lors du traitement des ravins et de la conservation des sols. OAB6: Les pêcheries sont gérées durablement OAB4: Production et consommation durables OAB7: Agriculture durable ODD6 : Eau propre et assainissement ODD8 : Travail décent et croissance économique ODD9 : Industrie, innovation et infrastructure OAB10 : Diminution des pressions anthropiques ODD12 : Consommation et production responsables OAB11: Zones protégées (17%, 10%) de manière efficace ODD13 : Lutte contre le changement climatique OAB12: Extinctions empêchées, statut amélioré ODD14 : Vie aquatique 90 - 20 000 mètres cubes de nouvelle capacité de stockage installée pour réduire les pertes après récolte. Neuf campagnes agricoles mises en œuvre, dont six cultures. Deux plans de gestion des bassins versants préparés. Sept plans d'urgence préparés en cas de catastrophe. 15 000 SMS envoyés aux agriculteurs pour leur fournir des informations sur le marché et d‟autres. Un système d'alerte précoce aux inondations installé dans la plaine du Cul-de-sac. OAB14: Services écosystémiques essentiels restaurés ODD15 : Vie terrestre OAB15: Résilience renforcée, écosystèmes restaurés OAB20: La mobilisation Bonne gouvernance améliorée à tous les niveaux des ressources a augmenté - Sept plans d‟urgence élaborés pour les communes rurales dans les corridors WINNER - Deux plans de gestion des bassins versants préparés pour les corridors Cul-de-sac et Matheux - Un plan de zonage élaboré pour la commune de la Croix des Bouquets. Création de l‟Agence Nationale de Crédit Carbone. - Nouveau projet de loi sur la production et la commercialisation de semences. - Nouveau projet de loi sur les entreprises à responsabilité limitée du secteur agricole. - Soutien matériel et technique au ministère de l'Environnement, au ministère de l'Agriculture, CIAT, Bureau des Mines, ANAP, communes de Kenscoff, Pétionville, Croix des Bouquets, Ganthier, Thomazeau, Cabaret, Arcahaie, Saint-Marc et Gonaïves. Projet de Développement Économique pour un Environnement durable (DEED) (20082013) Le projet de développement économique pour un environnement durable (DEED) offre une alternative aux anciens modèles de projets de gestion des ressources naturelles (GRN). Les principaux résultats du projet: - Augmentation de 20% du revenu des ménages dans les zones ciblées à la suite d'améliorations apportées à l'agriculture, à la commercialisation et à l'emploi non agricole ; Au moins 50 000 hectares (ha) de terres fragiles sous une gestion écologiquement rationnelle, ce qui représente une réduction d'environ 50 pour cent des cultures annuelles inadéquates ; Au moins 2 500 ha d‟aires de conservation prioritaires faisant l‟objet d‟une gestion améliorée et durable, ce qui améliore les conditions biophysiques des écosystèmes ; Au moins 15 000 ménages ont amélioré leurs moyens de subsistance grâce à une bonne gestion des ressources naturelles ; 91 - Au moins 7 millions de dollars mobilisés auprès du secteur privé pour investir dans le développement d'entreprises et la gestion des bassins versants dans les bassins versants ciblés. Projet d‟Appui à la Valorisation de la Réhabilitation Agricole du Nord, et à la Sécurité Alimentaire et Environnementale (AVANSÉ) Multifocal, le Projet AVANSE visait à relever les revenus agricoles dans le nord d‟Haïti. Son objectif est d‟augmenter les revenus agricoles dans le corridor nord d‟Haïti au profit des ménages ruraux, au niveau de 6 Bassins versants du Nord et du Nord Est. Résultats En termes de résultats liés à la gestion des ressources naturelles (donc protection de la biodiversité) : - 3,200 ha de terres protégées suivant un modèle durable ; 6,000 planteurs formés suivant des modules de formation spécifiques à la gestion des ressources naturelles ; 800,000 plantules fruitières et forestières mises en terre avec un taux de réussite de 52 %. Projet REFORESTATION Le projet de Reboisement de l‟USAID, mise en œuvre par Chemonics International, est un projet de 39 millions de dollars financé par l‟USAID jusqu‟à août 2022. Objectifs : Il vise à lutter contre la dégradation de l'environnement et la perte du couvert forestier dans les bassins-versants des rivières de Jassa, de Marion, du Trou du Nord, de la Grande Rivière du Nord et de la rivière du Haut du Cap au sein des départements du Nord et du Nord-Est d'Haïti. Le projet vise les objectifs spécifiques suivants : - Réduire les menaces de déboisement dans la zone ; - Améliorer la résilience des producteurs ruraux aux chocs économiques et naturels ; - Augmenter la couverture arborée dans les zones ciblées ; - Améliorer la gouvernance et la coordination environnementales. 92 Quelques résultats ciblés - Formation, au cours du mois de septembre 2018, de 500 personnes sur la gestion des pépinières et des systèmes agroforestiers ; - Formation de 860 personnes (Agents environnementaux, CASEC, ASEC) sur le code rural; - Formations prévues sur le genre et les changements climatiques ; Prise en compte de 30 à 40% de femmes dans la mise en place des comités de gestion des bassins versants ; Lancement d‟une étude sur l‟élaboration d‟un plan action pour les espèces indigènes menacées dans Nord et Nord-Est ; Des appels à subvention sont lancés pour des travaux d‟aménagement au niveau des 5 bassins versants couverts par le projet dans les départements du Nord et du Nord‟Est. Coopération Suisse Projets Coopération suisse (DDC) Interventions La Coopération Suisse est engagée depuis Septembre 2003 dans un Programme de valorisation de la Biodiversité (PVB), il s'est déroulé en 4 phases successives : 1. 2. 3. 4. une première phase d'identification qui a duré un peu plus de deux ans ; une seconde phase comprise entre juillet 2005 et décembre 2009 dont l'objectif était de "tester la faisabilité et l‟efficacité d‟une gestion locale participative de l‟Unité II de la Forêt des Pins et des zones tampons proches au bénéfice de la population locale" ; une troisième phase comprise entre janvier 2010 et mars 2013 dont l'objectif était "d'assurer la pérennité des activités économiques durables inscrites dans une gestion locale des écosystèmes de l‟Unité II de la Forêt des Pins" ; enfin, une quatrième phase comprise entre avril 2014 et mars 2017 dont l'objectif était "de contribuer à l'amélioration des conditions de vie des populations de l‟Unité II de la Forêt des Pins, dans le cadre de la promotion d'une gestion durable des ressources naturelles et de la biodiversité ». Les résultats du PVB-4 sont les suivants : 1. Gestion décentralisée et effective de l‟Unité 2 Parc Naturel National ŔForêt des Pins (objectif 1) articulée autour de quatre impératifs: Liens avec OAB Lien avec ODD OAB2: Intégration des valeurs de la biodiversité ODD2 : Faim zéro OAB4: Production et consommation durables OAB5: Taux de perte au moins divisé par deux OAB7: Agriculture durable OAB10 : Diminution des pressions anthropiques OAB11: Zones protégées (17%, 10%) de manière efficace ODD5 : Egalité entre les sexes ODD12 : Consommation et production responsables ODD13 : Lutte contre le changement climatique ODD14 : Vie aquatique ODD15 : Vie terrestre 93 ‒ la structuration de l‟ANAP au niveau déconcentré - mise en place d‟une DP regroupant des cadres techniques et la Brigade de Surveillance de l‟Aire Protégée (BSAP), suffisamment pourvue en moyens humains (nombre et capacité), matériels et financiers pour remplir à bien ses missions; ‒ la poursuite de l‟appui à la structuration du Conseil de Gestion (gouvernance attributions, capacités); ‒ l‟institution d‟une véritable instance décisionnelle (autorité qui détient le pouvoir d‟orientation en termes d‟objectifs et de gestion de l‟AP) dans laquelle l‟état (DP et BSAP) et la société civile seraient équitablement représentés; ‒ la délégation par cette instance des taches opérationnelles à une entité techniquement capable de les mener à bien. 2. Renforcement effectif des capacités locales des acteurs concernés (objectif 2) grâce à la mise en place de programmes ciblés et une progression sensible de leur participation (notamment les femmes) dans toutes les initiatives engagées pendant la durée de l‟intervention ; 3. Amélioration de la sécurité alimentaire (objectif 3) et des conditions de vie des familles directement touchées par les alternatives économiques proposées par le projet (maraîchage, élevage, arboriculture …) 4. Dialogue politique (objectif 4) perfectible avec des résultats mitigés en matière de capitalisation des acquis, de contenu et d‟impact des matériels de vulgarisation produits, de diffusion et de valorisation des expériences dans les réseaux d‟échanges. OAB14: Services écosystémiques essentiels restaurés OAB15: Résilience renforcée, écosystèmes restaurés OAB20: La mobilisation des ressources a augmenté Banque Interaméricaine de Développement (BID) Projets Interventions Interventions au niveau du Parc des 3 Baies Liens avec OAB OAB11: Zones protégées (17%, 10%) de manière efficace Lien avec ODD ODD14 : Vie aquatique OAB14: Services écosystémiques essentiels restaurés. 94 GIZ Projets Interventions Travail de sensibilisation avec la communauté de Bassin Zim, dans le Plateau Central Liens avec OAB Lien avec ODD OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité. ODD8 : Travail décent et croissance économique OAB2: Intégration des valeurs de la biodiversité 95 9.4. Interventions au niveau des Universités et centres de recherche Université et Centres de recherche Projets UEH/FAMV Interventions Liens avec OAB L‟un des volets du programme PMDN réalisé avec la Faculté d‟Agronomie et de Médecine OAB1: Sensibilisation aux Vétérinaire (FAMV) est un programme de vulgarisation, de conception et de développement sur la valeurs de la biodiversité recherche agricole et sur l‟adaptation au changement climatique avec comme produits essentiels : OAB2: Intégration des valeurs de la biodiversité ‒ Le développement de modèles d‟analyses des risques climatiques; ‒ Le développement d‟un système d‟information sur les risques climatiques en OAB11: Zones protégées agriculture; (17%, 10%) de manière ‒ Recherche et suivi hydrologique; ‒ Programme de formation en gestion des risques climatiques dans l‟agriculture; efficace Lien avec ODD ODD8 : Travail décent et croissance économique ODD14 : Vie aquatique ODD15 : Vie terrestre La FAMV de concert avec l‟Académie de Recherche et d‟Enseignement Supérieur-Commission de OAB15: Résilience la Coopération au Développement (ARES-CCD) réalise des projets avec des volets de renforcée, écosystèmes recherche (2014-2021): restaurés. 1. 2. 3. Projet d‟aménagement hydraulique fluvial et bassin versant. Dans la cadre de ce projet, 2 professeurs réalisent leur doctorat. Partenaire : Université de Liège. Budget 500 000 EU (2016-2021). Projet de contribution à la lutte contre la malnutrition chez les femmes et les enfants en milieu agricole haïtien. Partenaires : Association pour la recherche: Coopération Belge. 500 000 EU (2016-2021) Projet de renforcement des capacités d‟expertises universitaires de l‟équipe du Génie Rural de la FAMV dans le domaine de la caractérisation des crues et de la charge sédimentaire des rivières. Partenaires : Université Catholique de Louvain et Université Libre de Bruxelles (2014-2019). L‟Université Columbia de New York et la Faculté d‟Agronomie de l‟Université d‟État d‟Haïti réalisent une importante étude sur le commerce transfrontalier des biens environnementaux sensibles au niveau du bassin versant des Pedernales. Ce travail fournira des informations détaillées 96 sur la situation socio-économique de la population de la zone et les facteurs liés à l‟exploitation des ressources naturelles qui sont à la base des conflits au niveau de la frontière. Quisqueya Formation OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité Université de Limonade Plusieurs étudiants sont en train de réaliser leur mémoire sur la biodiversité avec l‟Université de Limonade dans le cadre du projet des 3 Baies. OAB1: Sensibilisation aux valeurs de la biodiversité 97 9.5. Synthèse des interventions des acteurs de 2009-2018 Le tableau 14 présente la synthèse des interventions des acteurs. Celle-là tient compte des informations chiffrées fournies par ceux-ci. Cependant, plusieurs données ont fait défaut. Il n‟a pas été évident de présenter convenablement le tableau. Beaucoup de données sont manquantes. Tableau 14: Synthèse des interventions des acteurs sur base avec de données chiffrées de 2009 à 2018 Acteurs étatiques Institutions/Acteurs MdE ANAP Direction BD Nombre de personnes sensibilisées Terres restaurées (ha) Reforestation Nbre de plantes mises en terre Centre germoplame de Accompagnement pour la pêche durable Aires protégées Accompagnemen t pour PSE Actions résilience climatique Mobilisation ressources Fonds sur la BD DCC DEISE DGZCM DFER BNÉE MARNDR MENFP MdT CIAT CNIGS 98 de ONGs locales et internationales Institutions/Acteur Nombre de s personnes sensibilisées CNHCU FOKAL foprobim F. Seguin/GIZ Wynne Farm SAH TNC Concert Action Helvetas Terres restaurées (ha) Reforestation Nbre de plantes mises en terre Accompagnement pour la pêche durable Aires protégées 17 ha 8 500 1 400 ha 740 000 7000 280 400 ha 19,35 ha 1200 ha 3000/an 1200 40 000 et + 5,5 910 oui 160 000 1880 Accompagnemen t pour PSE Actions résilience climatique Mobilisation ressources EPA, Collecte de résidus non oui 1 400 000 1,3M (HNT) 28720 23 650 99 de Acteurs de la coopération internationale Institutions/Acteur Nombre de Terres s personnes restaurées (ha) sensibilisées PNUD (ABE) 11 640 128 ha PNUD/SGP 21786 1090 ha PNUD (SNAP) PNUD (ACC) PNUD( GDT) ONUEnvironnement UE (AGAP) UE(AP3C) USAID-WINNER USAID-DEED USAID-AVANSE 2000 ha Reforestation Nbre de plantes mises en terre 23520 Accompagnement pour la pêche durable 250 pêcheurs Support a 5 Organisations de pécheurs (FortLliberté, Acul du Nord, St Louis du Sud, Cavaillon) Aires protégées (ha) 97 262 2 Accompagnemen t pour PSE Actions résilience climatique Mobilisation ressources Accompagnement de l'Organisation MPM (Capotille) pour la protection du 216 ha de BV Magazen qui héberge la centrale de Micro hydroélectricité de 15 kW. Développement des 1,7M (USD initiatives d'agroécologie innovante couvrant 316 ha dans les communautés de Magazen et Arnau dans les Nippes de 2 400 000 Fonds Haïtien de la Biodiversité (FHB) 370 serres construites 300 associations+3 127 formateurs 6000 50 000 52 500 3 200 5 000 000 fruitières forestières et 7M 800 000 fruitières et forestières BM BID 100 USAIDReforestation FAO Coopération Suisse GIZ Coopération Espagnole AVSI AVSF Coopération Norvégienne 101 SECTION D : ÉTUDES DE CAS 102 10. Étude de cas-1 : La Réserve Écologique Wynne Farm SIXIÈME RAPPORT NATIONAL DE LA BIODIVERSITÉ 103 1 Contexte La Réserve Écologique Wynne Farm (REWF)est une entreprise écologique privée au service du public. Elle est située à Kenscoff, Section Communale de Sourçailles entre Viard et Obléon, à 1800 mètres d‟altitude. Elle jouit d‟un climat tempéré avec une pluviométrie moyenne annuelle de 2000 mm. Le sol de la zone est plutôt acide, proche de la neutralité. Il s‟est développé sur un substrat calcaire. Les pentes moyennes varient de 80 à 100% (35 à 45 degrés sur l‟horizontal). La végétation arborée naturelle est dominée par les pins (Pinus occidentalis) avec la présence de quelques feuillus. La Réserve Écologique Wynne Farm a été créée en 1956 par Victor A. Wynne de Utica, New York. Elle est mieux connue sous le nom de Wynne Farm. Wynne Farm dans les années 70 2 Une histoire inspirante À cette époque Victor Wynne habitait à Carrefour avec sa femme Nativita Debrosse des Gonaïves. Ils constatèrent, durant et après les pluies, que l‟eau de la Rivière Froide était boueuse. Il faut rappeler que cette rivière prend naissance au fond d‟une vallée située directement en aval de Kenscoff et qu‟elle draine tout le versant Nord-Ouest de la commune de Kenscoff. Cette boue qui s‟en allait par la rivière provenait de l‟érosion accélérée des sols des versants de cette vallée fluviale et notamment des sols de 104 la commune de Kenscoff. Victor s‟est dit que quelque chose devait être fait en amont pour arrêter cette « hémorragie ». Plus tard, durant ses promenades dans les montagnes de Kenscoff, Victor observa les façons culturales des paysans de la zone. En général, ceux-ci protégeaient leurs parcelles du ruissellement en provenance de l‟amont en les entourant de canaux dimensionnés de façon à maintenir à l‟écart toutes ces eaux vagabondes, sinon leurs cultures seraient renversées ou emportées. De plus, à l‟intérieur de leurs parcelles, les agriculteurs creusaient aussi des canaux, dans le sens de la pente, entre leurs plates-bandes, afin d‟en drainer tout excès d‟eau de pluie qui pourrait nuire à leurs cultures. Malheureusement ces structures de drainage se transformaient rapidement en rigoles, puis en ravins, de plus en plus larges, profonds et ramifiés, qui se chargeaient d‟emporter rapidement vers la mer, d‟abord la couche superficielle de terre arable avec sa matière organique et ses nutriments (en solution ou en saltation), puis les couches sous-jacentes (roche mère à différent niveau de dégradation) pour ne laisser finalement que ces paysages, quasi lunaire, où les végétaux supérieurs ne peuvent plus pousser. Victor s‟est dit que la seule façon de sauver ce qui reste de sol sur les pentes montagneuses d‟Haïti c‟est de prendre des mesures pour retenir l‟eau de ruissellement dans des structures aménagées à cette fin et qui favoriseraient ensuite leur infiltration lente dans le sol et le sous-sol. » Victor avait une vision ; celle de créer un laboratoire pilote, grandeur nature, de l‟agriculture durable de montagne où il pourrait expérimenter, créer et améliorer sans cesse les techniques de conservation de sol, base de la production durable des cultures saisonnières sur les versants montagneux. Il s‟était donné pour tâche de développer de meilleures relations avec la terre car il s‟était approprié de la pensée d‟Albert Howard qui peut s‟énoncer ainsi : « le sol arable est le capital essentiel d‟un pays, sa perte entrainera irrémédiablement la ruine, voir la disparition du pays en question ». Pour réaliser ce rêve, Victor et Nativita ont acheté progressivement des parcelles de terrains dénudés. Parallèlement, ils avaient une boutique d‟intrants et de produits agricoles au centre-ville de Kenscoff. Cette boutique a fourni en grande partie les moyens financiers pour faire fonctionner la Wynne Farm. Cette boutique était le point de rencontre de tous les fermiers durant les jours de marché. Avec le temps les agriculteurs avaient fini par développer une grande confiance dans la qualité des produits de la boutique. D‟autre part, à chaque fin de semaine les citadins en provenance de Pétion-Ville et de Portau-Prince venaient, à leur tour, s‟approvisionner en fruits (fraises, grenadilles sucrées, mures des Andes…), légumes (choux de Bruxelles, chou rouge, chou-fleur, tomates, poireaux…), et fleurs (roses, glaïeuls, statice, pétunia…). Cette boutique a permis à la Wynne Farm d‟être rentable en fournissant un point de vente, hautement fréquenté, où étaient écoulées des quantités significatives de denrées en provenance des champs. 105 Une partie de l‟équipe de la Wynne Farm en 1982 De plus, deux fois par semaine les fruits et légumes de la Wynne Farm étaient livrés aux restaurants de Pétion-Ville et les fleurs, chez les fleuristes de la capitale, principalement à MébelFleurs, lafloristerie qui appartenait à la cadette de la famille Wynne, Mabel, qui les utilisait pour en faire des gerbes et des corbeilles de grande beauté et délicatesse. S‟inspirant des moyens de conservation de sol mis au point par les Incas au Pérou, il puisa dans ses compétences d‟ingénieur civil et de géologue pour construire les terrasses avec une équipe de trente ouvriers agricoles qui constituait la force de travail de la Wynne Farm. Tout en guidant ses hommes au travail, il prenait soin de préserver les espèces indigènes trouvées dans l‟espace. C‟était le cas des fougères arborescentes qui fournissent leurs habitats aux oiseaux musiciens (Rufusgeni barbis). Ces derniers construisaient leurs nids également sur les pins d‟Haïti (Pinus occidentalis) dont certains spécimens épars croissaient sur les lieux. Victor prenait soin de ne point intervenir dans certains endroits de son domaine afin que les phénomènes de succession naturelle soient seuls responsables de la régénérescence de l‟écosystème en ces lieux. Il introduisit des fruits exotiques très prisés par la faune aviaire ainsi que par l‟homme tel que le loquat (Eriobotrya japonica), les mûres des andes (Rubus glaucus) et la pomme de Cafre (Dovyalis caffra). Les espèces qui poussent naturellement dans la zone étaient protégés tel que les variétés de miconia. C‟est ainsi qu‟à la réserve on trouve des plantes dites sauvages qui ont été semées par des oiseaux. Il planta la bruyère et la budleja pour satisfaire les oiseaux-mouches (Mellissuga minima) et les papillons et l‟Acacia mearnsii pour les abeilles. Quant aux réservoirs qu‟il construisit, il les laissait ouverts pour que les oiseaux puissent se désaltérer. 106 Victor connu sous le nom de « Mistè Wynne ». Cueillette dans la roseraie derrière la boutique Nativita Debrosse des Gonaïves, la femme de Victor Wynne, à l‟écurie 107 La Wynne Farm allait devenir un sanctuaire naturel, un centre expérimental pour l‟agriculture durable de montagne, la conservation des sols et des espèces locales et étrangères, d‟arbres fruitiers et forestiers (dont certains fournissaient des bois de feu excellents), de bambous… donc de la biodiversité en général. La Réserve Écologique Wynne Durant son évolution la Wynne Farm a dû faire face à toute une série de Farm commence à problèmes liés, au début, aux coutumes des gens de la zone : l‟élevage prendre forme dès libre et l‟irrespect de la propriété privée. En effet les agriculteurs voisins 1956 avec la se servaient souvent de la Ferme comme aire de pâture pour leurs détermination de animaux lâchés librement ou à la corde. Ceci occasionnait des Victor A. Wynne de destructions de structures de conservation de sol ou de cultures. De plus, Utica, New York, les propriétaires de ces animaux s‟approvisionnaient en bois de feu ou l‟ancêtre de la ferme de construction sur la Ferme. Il a fallu, sans cesse réparer les brèches dans les structures de conservation de sol ou replanter les cultures et les arbres détruits. Les plantes introduites par Victor Wynne avaient toutes une grande valeur économique. Pour ces introductions de matériels végétaux, il recevait toujours, à la fois l‟autorisation du Département de l‟Agriculture des États-Unis d‟Amérique (USDA) et celle du Ministère haïtien de l‟Agriculture. Parmi les espèces fruitières qu‟il a introduites, on compte la grenadille sucrée, le tamarillo, le naranjilla... Il introduisit également des espèces forestières comme le Mimosa scabrella légumineuse à croissance rapide qui enrichit le sol en matières organiques et en azote par la décomposition de ses feuilles mortes. Il convient de souligner qu‟en 1961 il introduisit 10 variétés de bambous à travers la branche portoricaine de la Société Américaine de Bambou (American Bamboo Society, Puerto Rican Chapter). Parmi ces espèces, le bambou chinois ou Phyllostachys aureas est révélé le plus adapté. Certains disent que cette variété est trop envahissante. Mais, aujourd‟hui les plantules et les pseudo-tiges (chaumes) de bambou de cette variété constituent une source de rentrée monétaire pour beaucoup de Kensccovites. En 1987, un représentant de l‟USAID, Joel Tymian, a suggéré à Victor l‟implantation d‟une banque de semences de pins afin de protéger le Pinus occidentalis endémique coupé anarchiquement par les paysans. C‟est ainsi que la Wynne Farm a permis à South-East Consortium for international Development (SECID) et l‟université d‟Auburn de faire l‟essai de 9 variétés de pins sur la partie NordOuest de la réserve. Au fil des ans, ce bosquet devint un refuge pour les oiseaux qui avaient perdu leur habitat par la déforestation. Après le décès des époux Nativita et Victor Wynne, la benjamine de la famille; Jane assura la relève avec le concours des employés de la ferme pour assurer la sauvegarde de ce patrimoine naturel. Depuis la création de la Wynne Farm elle n‟a jamais cessé de partager ses expériences avec les écoles, les organisations nationales et internationales, les universités, les groupements paysans impliqués dans la protection de l‟environnement et le développement durable. La Wynne Farm a subi et subit encore des attaques de spoliateurs qui, profitant de la dégradation du système juridico-économique du pays, visent à la détruire pour la morceler et vendre les terrains au plus offrant. L‟année 2003 marque la première attaque d‟envergure menée par des gens puissants, bénéficiant d‟appuis politiques solides. Sous prétexte de détenir des titres de propriété authentiques, ils 108 se sont lancés dans la construction d‟une piste à travers la propriété en utilisant des engins lourds (bulldozer, pelleteuse, camions …) escortés par des hommes armés. Par cette action, ils ont détruit des spécimens de fougères arborescentes âgées de plus de cent ans. Heureusement en cette occasion la famille Wynne a pu bénéficier de l‟appui de groupes de la société civile, d‟organisations internationales et d‟un encadrement juridique pour défaire les assaillants. Un hommage spécial doit être adressé au gardien principal de la réserve, Yvon Pascaly, pour son dévouement à la protection de la ferme et sa bravoure face aux assaillants. Tentative de destruction de l‟entrée de la Wynne Farm 109 Rassemblement avec le groupe « Fanmkap plante » en collaboration avec EarthGivers En 2009, sous le conseil de Joel Timyan un deuxième accord avait été signé entre la Wynne Farm et un projet financé par l‟USAID. Selon cet accord le premier centre de Développement durable, connu aujourd‟hui sous le nom de Centre Rural de Développement durable (CRDD) de Kenscoff, a été érigé sur la ferme. La construction de ce centre a permis à la WF d‟intensifier ses activités éducatives dans le domaine de l‟environnement. Un laboratoire de sol y a été également installé. Malheureusement, la détermination de la fertilité d‟un sol ne fait pas encore partie des habitudes des fermiers. Un programme de vulgarisation devrait être développé pour enseigner aux agriculteurs à se servir de ce nouvel outil en sollicitant l‟encadrement y relatif. En 2012 un autre groupe de spoliateur s‟est attaqué à la WF, cette fois-ci avec à leur tête un homme puissant qui s‟appuyait sur les fils et petit-fils des propriétaires qui avaient vendu leurs terrains à Victor Wynne. Aujourd‟hui la bataille se poursuit contre ces vendeurs de terrains et de nouveaux riches pensant pouvoir acheter tout ce qu‟ils désirent. En 2013 un groupe d‟amis motivés et soucieux des problèmes environnementaux d‟Haïti, se sont mis ensemble pour créer la Fondation Wynne pour l‟Environnement, dédiée à la promotion de la conscience environnementale et à la protection de la biodiversité de Kenscoff. Leur objectif était d‟abord de renforcer la structure existante et sécuriser les acquis des efforts passés. Ensuite, s‟efforcer à accroitre la capacité de service de la REWF en restructurant et élargissant la collection botanique et les programmes de recherche et de formation dédiés aux universités, aux écoles et aux associations agricoles. Depuis 2016 la REWF s‟est impliquée davantage dans la protection de l‟Environnement. 110 Ce centre est pourvu d‟une salle de conférence dans laquelle séjourne une exposition permanente de photos de la faune d‟Haïti, réalisée par le photographe naturaliste René Durocher. Plus de soixante planches présentent la richesse de la biodiversité d‟Haïti. La REWF dispose également d‟une cafeteria au service des travailleurs et des visiteurs. L‟USAID avait construit des serres pilotes pour initier fermiers et étudiants à la technologie des cultures protégées. D‟autres visiteurs, dont des photographes passionnés, viennent religieusement tous les dimanches prendre des vues de cette nature riche et paisible. La REWF fournit un cadre de choix aux étudiants finissants, qui veulent y réaliser leurs travaux de recherche notamment sur l‟ornithologie et les insectes pollinisateurs. Actuellement l‟étudiant Pierre Michard, ingénieur agronome travaille sans relâche à l‟identification des insectes rencontrés sur la REWF. En Mai 2018, face à la pression grandissante d‟un groupe de spoliateurs armés et protégés par un des plus puissants hommes politiques du moment, les petites filles Wynne Sarah et Melissa ont pratiquement pris le leadership de la ferme. Elles étaient soutenues par d‟autres membres de la Fondation et par des sympathisants à notre cause. Des membres de la société civile se sont investis dans la lutte et ont aidé à orchestrer un tollé médiatique qui a su entrainer de manière active l‟opinion publique nationale à œuvrer en faveur de notre cause. Tout cet élan de solidarité a su faire bouger la Municipalité de Kenscoff et le Gouvernement central en faveur de la cause de la sauvegarde de la REWF. C‟est ainsi que l‟Association Nationale des Aires protégées (ANAP), organisme d‟Etat, œuvrant sous la tutelle du Ministère de l‟Environnement, et la Commission Interministérielle d‟Aménagement du Territoire se sont engagés à nous supporter. Lutte médiatique contre les spoliateurs Support du gouvernement dans la démolition des structures illégales dans le bosquet de la WF 111 Aujourd‟hui la relève de la Réserve Écologique Wynne Farm (REWF) est assurée par les membres de la famille et de la Fondation Wynne pour l‟Environnement. Ensemble nous continuerons à renforcer nos actions pour la défense et la protection de la nature. Nous poursuivrons également la formation du grand public, en l‟intéressant à la qualité de l‟environnement naturel, à sa biodiversité et ainsi à contribuer à la sauvegarde de la biosphère au niveau planétaire. 3 Gouvernance Dans le temps la gestion de la Wynne Farm se faisait par la famille Wynne d‟une manière transparente en l‟absence de l‟existence d‟une structure administrative formelle. Chaque soir au diner, les membres de la famille débâtaient des problèmes de la journée ainsi que des réalisations positives de la journée. Ces rencontres autour de la table pourraient être considérées comme étant des réunions du comité de gestion de la WF. C‟est là que se prenaient les décisions sur les activités quotidiennes et sur les orientations futures des actions de la WF. Victor rêvait et travaillait ardument pour arriver à la vulgarisation à grand-échelle, au niveau de Kenscoff d‟abord et plus tard au niveau de tous les versants montagneux d‟Haïti, du système de culture en terrasses qu‟il utilisait avec succès sur sa ferme. Ce système lui avait permis d‟éliminer totalement ou presque les phénomènes d‟érosion accélérée sur les versants cultivés de la WF. Le plus grand défi était de faire accepter le système de culture en terrasses par les paysans. Après plusieurs années d‟essais infructueux, il conclut que cette technologie n‟était point adaptée à la réalité de la paysannerie haïtienne. Construire des terrasses était trop compliqué et trop fastidieux. Cela exigeait un trop grand bouleversement de la couche superficielle de sol. Il lui fallait une technologie moins exigeante en main-d‟œuvre et plus facile à réaliser. À force d‟y penser, il vit en songe que pour ralentir l‟eau de ruissellement il fallait briser la pente en y construisant une succession de petits canaux sans exutoire en courbe de niveau. Ces canaux agiraient comme des petits réservoirs, stockant l‟eau de ruissellement directement en aval de la parcelle qui l‟a générée. Le sol provenant de la fouille des canaux est utilisé pour construire des levées de terre (digues) orientées dans le sens de la pente maximale. Ces levées de terre offrent un sol plus profond sur lequel on fait pousser des arbres à enracinement profond. Vu de loin le système se présente sur la forme d‟un entrecroisement de canaux de contour en courbes de niveau avec les digues qui leur sont quasi perpendiculaire, d‟où le nom de système digue-canal. La répartition des tâches se faisait ainsi : les hommes exécutaient les travaux lourds comme l‟aménagement des parcelles, le labourage et le transport des denrées de la plantation à la boutique. C‟était une marche de quarante-cinq minutes. Les femmes s‟occupaient de la cueillette des fruits et légumes et du désherbage des cultures. Edith, le bras droit de Victor, le secondait dans la supervision des travaux de la ferme. Pendant des années elle a coordonné le travail des employés et a travaillé avec beaucoup de respect et d‟amour pour la nature. Sur le plan socio-économique les employés jouissaient d‟une prise en charge qui leur permettait de faire face aux urgences familiales. Aux grandes occasions : baptême, communion, mariage, maladie, écolage, achat de semences et entretien de leurs champs. 112 Au début, engrais et insecticides chimiques étaient utilisés à la ferme. Au fil de ses lectures et de ses réflexions, Victor se rendit compte de la dangerosité de telles pratiques. Dans les années soixante-dix, il a cessé de les utiliser. Par la suite il s‟était lié d‟amitié avec Robert Rodale qui lui expédiait régulièrement des publications de la série OrganicGardening. Depuis lors la Wynne Farm s‟est convertie à la culture biologique. Présentement Frank Vendries notre spécialiste du compostage est toujours fier d‟expliquer notre méthode aux visiteurs. C‟est dans le compostage qu‟on voit le travail des insectes, des vers de terre, et des micro-organismes. Des étudiants des universités d‟agronomie d‟Haïti et des États-Unis d‟Amérique venaient faire leur stage à la Wynne Farm et jusqu‟à date, ils continuent à faire leur travail de fin d‟études universitaires, soit en production végétale ou en conservation de sol. 4 Objectifs général et spécifique 4.1 Objectif général : La protection du sol et de l‟eau 4.2 Objectif spécifique : Sa position stratégique et son écosystème lui permettent de desservir la ville de Kenscoff de différentes manières 5 Activités réalisées a. La sensibilisation : est à la base des activités réalisées à la REWF. La dégradation de l‟environnement se trouve au centre d‟un triangle infernal en Haïti dont les trois pôles sont la pauvreté, l‟explosion démographique et l‟éducation. L‟éducation représente une composante de base vitale dans tout effort de protection de l‟Environnement sur les plans formel et informel. Elle jouit d‟une vue panoramique présentant une carte vivante qui sert d‟outil pour enseigner des points clé de la biodiversité, tels que : le Trou Caïman, le lac Azuei, la Cote des Arcadins et le parc la visite et l‟Ile de La Gonâve. La sensibilisation se fait à tous les niveaux : sur les éléments de l‟écosystème de la zone tout en expliquant le phénomène de changement climatique, résilience et adaptation. Usage de t-shirt dans la sensibilisation et la conscientisation pour la protection et la conservation de la biodiversité Visite des élèves du Nouveau collège Bird Journée de sensibilisation à l‟environnement avec des enfants de Kenscoff de Furcy 113 Étudiant en stage Causerie sur le compost avec les enfants de Furcy b. Protection des habitats : la REWF fait des efforts pour conserver et restaurer les habitats en limitant l‟accès aux visiteurs à l‟exception des ornithologues, des observateurs d‟oiseaux et des chercheurs. Protéger les habitats aide à réduire la perte de la biodiversité et ceci amène des touristes. Pour protéger la biodiversité, la REWF pratique et prône le reboisement, la réduction des déchets, le recyclage des papiers et plastiques. La REWF a signé la pétition de la GAFE pour éliminer l‟importation et l‟usage du styrofoam. La REWF encourage tout le monde a redéfinir leur priorité enfin de mettre le pays sur le chemin du développement durable. c. Protection et restauration des écosystèmes : La REWF est un coin qui a été restauré d‟abord par va Wynne à partir des années 56 avec ses propres moyens. Depuis 2003 elle reçoit fréquemment des assauts. L‟effort de sécurité est insurmontable à cause de l‟absence de clôture physique. REWF est devenue un patrimoine pour la communauté, les plantes, les animaux et l‟humain. Fondation Wynne pour l‟Environnement présentement travail sur un projet de régénération des sols de la montagne avec les fermiers et propriétaire de terrain. L‟espoir de la REWF c‟est qu‟elle fasse partie des aires protégées d‟Haïti. Une partie de la verdure de la Wynne Farm 114 Echange avec les associations de Seguin et de bassin Zim (1) en salle de conférence Echange avec les associations de Seguin et de bassin Zim (2) sur le terrain d. Espèce en voie de disparition flore et faune : Selon le World Conservation Monitoring Center, Hait Haïti est considéré comme un Hot spot de la biodiversité. Parmi les 5600 espèces existant sur l‟Île, 36% sont endémiques. Selon Rescue Missions underway to save Haïti species from Mass extinction, Haïti est à une période d‟extinction massive causée non seulement par des cyclones, mais aussi par les activités anthropiques. La REWF est un sanctuaire où la flore et la faune sont protégées. e. Services écosystémiques : La réserve en elle-même est un écosystème avec des entités vivantes, plantes, animaux, microbe et entités non vivantes, air, eau, sol. Elle donne des bénéfices en plusieurs façons. D‟abord la production d‟aliment bio, légumes et fruits en petite quantité. Utilise par la Cafeteria de la réserve pour desservir les visiteurs. Les insectes pollinisateurs qu‟abrite la Wynne Farm pollinisent les plantes des jardins adjacents. Production de fleurs pour les restaurants et Hôtels. (Voir annexe). f. Régularisation du climat : En faisant du compost, les cycles d‟azote et de carbone sont accomplis ; les arbres et les systèmes de conservation du sol et de l‟eau retiennent les eaux de pluie et nourrissent les sources de Kenscoff, le bassin versant nord-est qui mène a la rivière grise et le bassin sud-ouest qui mène à rivière froide. La réserve produit de l‟oxygène pour la zone et emmagasine le CO2. Elle offre des bénéfices spirituels et récréationels. Certains visiteurs ramènent des papiers usages pour être recyclés. g. Résilience climatique, séquestration et restauration : Mise en place d‟un bosquet depuis les années 60 et qui continuent à faire le travail de séquestration du co2 et libération de l‟oxygène. À la réserve on trouve plusieurs variétés de bambou, l‟espèce la plus apte à nettoyer l'air et à aider à 115 la séquestration des gaz à effets de serre, a des renouvellements répétitifs de ses feuilles. Les bambous servent de paravent pour combattre les cyclones et sont utilisés dans la construction alternative d‟une maison résistante aux catastrophes naturelles. Les arbres plantés près des maisons réduisent la chaleur provenant des rayons ultraviolets du soleil. Le système de paillage est pratiqué pour rafraichir le sol. La REWF emmagasine 136 600 gal d‟eau et le reste alimente la nappe phréatique de la montagne. f. Mobilisation de ressources La REWF fait face à de sérieux besoins en matière de ressources : 1. Ressources humaines : Gestionnaire, assistante gestionnaire, agronomes, guides, employés de terrain, sécurités. 2. Ressources financières : frais de visite, vente de plantes, t-shirt, posters, et de fleurs, formations, vente à la cafeteria 6 Résultat atteint à date Plusieurs générations d‟agronome ont pris la formation à la REWF et continuent à travailler à la réserve jusqu‟à date (Annexe). Changement de comportement envers l‟environnement : Beaucoup plus de visiteurs sont intéressés à visiter la nature que d‟aller à la plage. La REWF a une collaboration avec les écoles et universités pour donner des cours d‟écologie. LA REWF travaille dans : La sensibilisation Protection des habitats Protection et restauration des AP Espèce en voie de disparition Flore et Faune Services écosystémiques Régularisation du climat : Résilience climatique, séquestration et restauration La REWF est devenue un patrimoine pour la communauté, les plantes, les animaux et l‟humain. 7 Les institutions partenaires de la REWF La REWF travaille en collaboration avec certaines institutions comme : ‒ La Minustah (Journée écologique pour 300 enfants en 1992) ; ‒ GIZ (exposition de tableau sur la biodiversité en 2016) ; ‒ USAID (construction du CRDD en 2013) et le projet WINNER (a permis l‟accès à partir du sommet du morne tranchant a la réserve en 2013) ; ‒ FAN Fédération des Amis de la Nature (formation dans les provinces Jérémie en 1994) ; Fondation 4 pattes (en cours) ; 116 ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ ‒ 8 Groupe Action Francophone pour l‟Environnement (Alternatiba 2016 et 2017) ; TOTAL (konbitrebwazman en 2015) ; Univerty of Florida (Weather station en 2017) ; ACTIVEH (Jusqu‟à date) ; AREA (projet haricot, en 2016), SOHADERK de Kenscoff (Projet bassin versant en cours); EarthGivers (Fanmkap plante en 2009 jusqu‟à date), Her ManyVoices (Trou chouchou: formation 2016 et 2017) ; Association des Architecs (Construtionbamboo n 2016 et 2017) ; Association basin Zim et Association Seguin (Echanges en 2018) ; Société Audubon (Exposition et sensibilisation à travers la distribution des calendriers en 2016) ; PROMODEV (Jardin Ecole 2018) ; COHEF (camp d‟été depuis 9 ans, chaque année) ; Ministère de l‟Environnement (Célébration de la Journée internationale de l‟environnement, 5 Juin 2016) ; ANAP (Juillet 2018) Principales contraintes La REWF a beaucoup de contraintes, telles que : Source de financement instable (Payroll pour le staff de gestion, système de financement pour le stockage de l‟eau, etc…) Ressources humaines limitées Problème sécurité foncière (financement des procédures légales, gardes Absence de clôture Manque de dortoir pour recevoir les stagiaires, volontaires, chercheurs, etc. 9 Conclusion et recommandation L‟équipe de la Wynne Farm est heureuse dans le travail qu‟elle entreprend sur la protection et la biodiversité et l‟environnement. On peut et on doit faire davantage, d‟abord pour qu‟Haïti puisse protéger et restaurer sa nature et jouer sa part dans la protection de la planète terre. 117 Références Exotica, Alfred B. Graf La Flore d‟Haïti, Barker et Dardeau Les Oiseaux d‟Haïti, Rene Durocher Herpetofaune, Rene Durocher Common Trees of Porto Rico and Virgin Islands Wild Life of the Carribean, H. Rafael and J. Wiley A la Découverte de la Flore d‟Haïti, Florence Sergile Encyclopdia of american and Horticulture, C. Colt Bailey 118 Haïti 11. Étude de cas-2 : Appui à la gestion des Aires marines protégées du Département du Sud- ONU Environnement Par ONU Environnement en appui au Gouvernement de la République d‟Haïti L‟Aire Marine Protégée de l‟Ile-à-Vache a été créée en août 2013 119 SOMMAIRE 1. Introduction (contexte, gouvernance, historique) 2. Objectif général (et spécifiques si existant) 2 3. Activités réalisées (Photos et données chiffrées) a. Sensibilisation, formation, information b. Protection des habitats c. Aires protégées et/ou restaurées 4 d. Espèces en voie de disparition (flore et faune) : efforts e. Services écosystémiques f. Résilience climatique, séquestration et restauration g. Mobilisation de ressources 4. Résultats atteints à date (Tableaux, figures, photos) 5. Conclusion et recommandations 120 1. Introduction (contexte, gouvernance, historique) Haïti renferme une pléiade impressionnante de biodiversité marine, comprenant des forêts de mangrove et des récifs de corail. Depuis 2011, l‟ONU environnement accompagne le gouvernement d‟Haïti dans l‟identification et l‟établissement d‟aires marines protégées terrestres et marines, notamment dans la région Grand Sud d‟Haïti. Ces aires protégées dans la péninsule sud-ouest du pays ont une importance biologique et écologique significative. L‟ONU environnement apporte également son soutien au renforcement des capacités pour la gestion durable de ces aires protégées. Les composantes clés des activités en cours comprennent : - L‟appui technique, le renforcement des capacités et l‟éducation autour des aires marines protégées de Port Salut-Abacou, La Cahouane et Ile à Vache ; - Le développement et la mise en place des plans de gestions pour les aires marines de Port SalutAbacou, La Cahouane et île à Vache. En 2013, le premier réseau d‟aires marines protégées en Haïti a été établi dans la région du Grand Sud. En 2014, l‟unité des aires marines protégées est créée et renforcée au sein de la Direction départementale du Sud du Ministère de l‟Environnement; l‟unité de gestion de la pêche est créée et renforcée au sein de la Direction départementale du Ministère de l‟Agriculture dans le Sud. En 2015, le premier plan de gestion est développé pour une aire protégée du pays (Parc National Naturel Macaya) ainsi que d‟un guide de signalisation pour les aires protégées en Haïti, à travers une coopération Sud-Sud avec le Centre National des Aires protégées de Cuba. En 2016, ONU Environnement soutient l‟Agence Nationale des Aires protégées (ANAP) dans le développement d‟une méthodologie propre au Gouvernement de la République d‟Haïti pour l‟élaboration de plans de gestion des aires protégées. En 2017, ce travail s‟est poursuivi avec la création de nouvelles aires marines protégées dans la région de la Grande'Anse. Cette aire marine protégée détient parmi les plus beaux récifs coralliens du pays. En 2018, ONU Environnement a appuyé l‟élaboration d‟un plan de prévention et de lutte contre les incendies pour le Parc National Naturel Macaya. Leadership gouvernemental : Comité Interministériel d‟Aménagement du Territoire (CIAT), Ministère de l‟Environnement (MDE) / Agence Nationale des Aires protégées (ANAP), y compris l‟Unité de gestion du Parc Macaya (UGPM), Ministère de l‟Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), Ministère du Tourisme Partenaires opérationnels : Municipalités, PADI (Pêche Artisanale et Développement Intégré), Reef Check, ORE (Organisation pour la Réhabilitation de l‟Environnement), Unité de gestion des aires marines protégées du MDE / Direction départementale du Sud (DDS), Unité de gestion de la pêche de la Direction départementale du MARNDR (DDAS), Konbit Pou Potapiman (KPP). 2. Objectif général (et spécifique si existant) L‟objectif général de ces aires protégées est de créer un réseau représentatif de tous les écosystèmes clés de la péninsule sud. 121 3. Activités réalisées (Photos et données chiffrées) a. Sensibilisation, formation, information ONU Environnement soutient les programmes d‟Éducation bleue pour les écoles opérant au sein des aires marines protégées. Ce programme vise à proposer des cours de natation aux enfants tout en les sensibilisant à la beauté et la fragilité des écosystèmes marins, ainsi qu‟à leur rôle de citoyens responsables. Sur le premier semestre 2018 : Des activités d‟éducation bleue ont été menées dans cinq écoles des AMP de La Cahouane et Ile-àVache et ont rassemblé 94 élèves. Grâce à ce programme, les enfants ont été sensibilisés à l‟importance de la biodiversité marine et ont pu découvrir des moyens concrets de protéger l‟environnement. Un jardin de corail a été mis en place à Caille Coq, Ile-à-Vache. Il sert aussi bien de pépinière pour la réhabilitation des récifs de corail que d‟outils d‟éducation des pêcheurs et des élèves sur les caractéristiques et la nature du corail. Avec le soutien de l‟ONU environnement, le Ministère de l‟Environnement a également mené une série d‟activités de sensibilisation dans la zone de l‟AMP de Port Salut-Abacou. 300 élèves de 10 écoles de Port Salut et St Jean du Sud ont ainsi pu améliorer leur compréhension de l‟importance de la flore littorale pour la bonne santé des écosystèmes marins. Le Ministère de l‟Environnement a également lancé une série de spots radio destinés à faire connaître les activités menées par les partenaires du projet dans l‟AMP de Port Salut-Abacou, et notamment le développement du plan de gestion ainsi que la promotion d‟activités de subsistance durables. Journée mondiale de l‟Environnement 2018 : Éducation sur les récifs coralliens externes Un appui technique et financier a été fourni au Ministère de l‟Environnement pour aider à la célébration de la Journée mondiale de l‟environnement le 5 juin 2018. Aux Cayes, plage de Gelée, des activités de sensibilisation et de divertissement ont été réalisées et bien accueillies par la population. Placé cette année sur la thématique des macro-déchets, le programme comprenait, entre autres, un ramassage de la plage et des forêts de mangrove environnantes. Une vidéo a été produite et diffusée sur les réseaux sociaux : https://www.facebook.com/ONUEnvironnementHaiti/videos/1301688593294916/ 122 Autres supports d‟information disponibles : Reportage multimedia (en anglais) : https://www.mapx.org/haiti-success/ b. Protection des habitats Protection des côtes La plantation de palétuviers rouges préparés lors de la période précédente a connu une croissance satisfaisante au cours de la période concernée. Au total, 100 000 plantules de palétuviers ont été transplantées de leur pépinière à Port Salut aux zones de mangroves dénudées de Port Salut, Crabbier, Osier, La Source et Trouyac. Ces activités de transplantation sont très importantes, compte tenu de la destruction de la mangrove causée tant par l‟ouragan Matthew de 2016 que par la déforestation illégale. Un nouveau lot de 100 000 plantules de palétuviers rouges est actuellement cultivé à la pépinière de St Jean du Sud. Elles seront transplantées dans des zones vides des écosystèmes de mangroves de St Jean du Sud au cours du prochain semestre. Une étude sur les impacts des changements climatiques sur la flore littorale, et en particulier les espèces endémiques d‟Haïti, a été menée au cours de la période de référence. Ce rapport sera finalisé au cours du T3 de 2018 et mettra en évidence les mécanismes de soutien à l‟adaptation aux changements climatiques dans la région. 123 Action de transplantation de mangrove produite en pépinière à Saint Jean du Sud en octobre 2018 Vidéo diffusée sur les réseaux sociaux : https://www.facebook.com/ONUEnvironnementHaiti/videos/985679111635022/ c. Aires protégées et/ou restaurées Le travail d‟ONU Environnement dans le cadre du projet Macaya Grand Sud se concentre sur : - 1 aire protégée : Parc National Naturel Macaya - 3 aires marines protégées : Port-Salut-Pointe Abacou, Ile-à-Vache et la Cahouane d. Espèces en voie de disparition (flore et faune) : efforts Parc National Naturel Macaya : 124 L‟agriculture, la production de charbon et de planches représentent des menaces tant pour les habitats des espèces que pour la biodiversité du parc. À cause de la dégradation excessive de certains habitats (forêts, grottes, collines karstiques,…), de nombreuses espèces sont menacées, vulnérables ou en voie d‟extinction. Des actions favorables à leur protection et à la restauration de leur habitat sont importantes pour la pérennité du parc et des services qu‟il fournit aux communautés. Ces actions comprennent notamment la reproduction en captivité de certaines espèces et leur réintroduction dans leur milieu naturel, la mise en place de nids artificiels pouvant favoriser la multiplication de certaines espèces, la réintroduction des espèces indigènes, la lutte contre les espèces nuisibles de la flore, la restauration des différents habitats dégradés, la lutte contre les rongeurs et les espèces invasives. Pour les aires marines protégées : D‟importantes menaces pèsent sur les objets de conservation tels que les récifs coralliens (dont l‟Acropora palmata), la mangrove, les Dolines karstiques côtières, les marais et lagunes côtières. Dans le cadre de l‟élaboration des plans de gestion des aires marines protégées, les efforts de conservation seront pris en compte pour en planifier les actions nécessaires. e. Services écosystémiques Économie verte Après l‟identification de chaines de valeur écologiquement significatives dans le sud du pays, ONU Environnement s‟est focalisé sur des cultures agroforestières (mangue, noix de cajou et cacao) ainsi que des produits de niche (vétiver, ricin, miel) et des ressources majeures de sécurité alimentaire (pêche) afin de soutenir et améliorer la résilience économique au sein des communautés locales. Appui au développement de l‟apiculture à Saint Jean du Sud 125 Réduction des risques de catastrophes À travers un transfert de compétences et le financement de plans de services écosystémiques, ONU Environnement a ciblé des programmes de reforestation le long des côtes et des berges de rivières pour stabiliser les sols et ériger des barrières de protection naturelles contre l‟érosion, les inondations et les vagues de tempête. Protection des ravines par des bambous. Crédit photo : ORE f. Résilience climatique, séquestration et restauration Un système d‟alerte rapide et de préparation aux catastrophes a été mis en place dans 18 petites îles extrêmement vulnérables et fortement peuplées au niveau d‟Ile-a-vache, de Saint Louis du Sud et de Saint Jean du Sud en accord avec la DPC. Les fiches caractéristiques de ces ilots découlant de ces études ont été élaborées et disponibles g. Mobilisation de ressources Depuis 2017, ONU Environnement Haïti et ses partenaires ont appuyé la mise en place du Fonds haïtien de la Biodiversité (FHB) pour protéger le capital naturel du pays et rationaliser les investissements dans les aires protégées grâce à un financement durable. Le Fonds est en cours de création et un logo est déjà disponible. 126 4. Résultats atteints à date Élaboration des plans de gestion : L‟élaboration du plan de gestion conjoint pour les deux aires marines protégées du département du Sud, Port Salut et Abacou, s‟est poursuivie au cours de la période considérée, et des activités de préparation d‟un nouveau plan de gestion pour l‟AMP de La Cahouane ont été entamées. Plusieurs études ont été réalisées dans le cadre du plan de gestion de Port Salut-Abacou et ont permis de finaliser la section de diagnostic du plan et procéder au zonage du site. Trois études ont ainsi contribué à la partie de diagnostic du plan : une évaluation socioéconomique des individus vivant dans ces AMP et leurs zones tampons, une évaluation du zonage maritime de l‟AMP, et une analyse SIG qui servira de base à la réalisation d‟une série de cartes de l‟aire protégée. Ces études ont été validées lors de consultations avec les communautés locales, la société civile et le gouvernement. Quatre ateliers communautaires rassemblant des représentants des principaux groupes de pêcheurs, de la société civile et du gouvernement (y compris l‟Agence Nationale des Aires protégées - ANAP) ont permis d‟examiner et adopter le plan de zonage. L‟avant-projet de diagnostic a été soumis à l‟observation des parties prenantes. Un document identifiant les approches gouvernementales pouvant potentiellement s‟appliquer à l‟aire marine était également en préparation au cours de la période de référence. Cette partie du plan, qui concerne la gestion globale de l‟AMP et la création d‟une structure administrative et de mécanismes d‟application, sera élaborée au cours d‟une série d‟ateliers organisés au 3e trimestre de 2018 par le Ministère de l‟Environnement et l‟ANAP, avec le soutien de l‟ONU environnement. La mise au point de la section de diagnostic de l‟AMP de La Cahouane a débuté au cours de la période de référence. Trois études ont été réalisées à cet effet : une analyse de la situation socioéconomique dans l‟AMP et ses zones tampons, une étude sur le régime foncier dans l‟AMP et un avant-projet d‟évaluation du zonage marin et de l‟état des fonds marin. Douze sessions de sensibilisation des communautés ont également été organisées dans les zones d‟Almet, Bompas, Blactotte, La Cahouane et Carrefour afin d‟informer les populations de l‟avancée du plan de gestion de l‟AMP et de ses conséquences sur les moyens de subsistance et la gestion locale des terres. Ces sessions ont également permis d‟échanger avec les populations sur les activités économiques et autres qui seront appuyées par les partenaires du projet. Mise en œuvre des plans de gestion : Depuis septembre 2018, un document de plan de surveillance et de protection contre les incendies du Parc National Macaya, financé par l‟ONU environnement, a été élaboré et partagé avec les parties prenantes concernées, y compris l‟Unité de Gestion du Parc Macaya (UGP). L‟ONU environnement, en collaboration avec la Banque interaméricaine de développement (BID) s‟est également associé à l‟UGP pour améliorer la gestion du parc. Ils ont entamé l‟évaluation des principales priorités dans ce domaine. Le processus a été finalisé à la fin du 3e trimestre de 2018. 127 5. Conclusion et recommandations De 2011 à date, ONU Environnement a activement contribué à la mise en place des aires marines protégées, pour la protection des bassins versants et pour le renforcement des capacités économiques des communautés locales. Malgré l‟ensemble des activités réalisées avec les partenaires, il reste encore des actions à envisager. Celles-ci comprennent : - le renforcement de la biodiversité terrestre avec l‟UGP-Macaya - la mise en œuvre du programme de surveillance et de lutte contre les incendies au PNNM - le renforcement de l‟équipe de l‟UGP-Macaya - la mise en œuvre du plan de gestion de l‟aire marine protégée de Port-Salut-Abacou (avec la mise en place d‟une équipe de gestion) - la finalisation et l‟élaboration des plans de gestion des aires marines protégées de La Cahouane et dl‟Ile-à-Vache - l‟appropriation de ces plans par la communauté 128 Direction de Programme Impasse Larose #1, rue Laham Mercier, Delmas 60, Port-au-Prince entela.sula@helvetas.org, tél. +509 4947 0606 www.helvetas.org 12. Étude de cas 3 : Expérience de HELVETAS et de ses partenaires au Massif de la Selle Gérer les espaces, protéger la biodiversité, responsabiliser les communautés : Expérience de HELVETAS et de ses partenaires au Massif de la Selle 129 Sommaire Une biodiversité riche, mais fortement menacée Des acteurs de différents niveaux Objectifs Les activités réalisées Les principaux résultats atteints Conclusions et leçons 130 1. Une biodiversité riche, mais fortement menacée La biodiversité haïtienne, bien que fortement menacée, est toujours considérée comme l'un des hotspots des îles de la Caraïbe, car présentant encore un degré élevé d'endémisme. À titre d'exemple, on recense sur le territoire national entre 5.000 et 5.600 plantes dont 36% sont endémiques, 2.000 espèces de vertébrés terrestres et marins - dont 75 % sont considérés comme endémiques - et 102 espèces de reptiles et amphibiens. Selon une évaluation du Critical Ecosystem Partnership Fund (CEPF), Haïti abrite 31 Zones Clés de la Biodiversité couvrant une superficie de 9.340 km2 (environ un tiers de la superficie terrestre du pays) dont 10 Zones importantes pour la conservation d'oiseaux, et 14 zones d'écosystèmes marins et côtiers2. En 2012, le Massif de la Selle (Haïti), dont fait partie l‟Unité 1 et 2 de la Forêt des Pins, le Parc la Visite et le Parc National Lagon des Huitres, est déclaré Réserve de la Biosphère. Ces Unités de Conservation du massif de la Selle ont été, pendant plus d‟un demi-siècle, l‟objet d‟exploitations non contrôlées, par des concessions forestières accordées par l‟État (SHADA), jusque vers la fin des années 1980 et par des populations locales, en rapide augmentation, qui pour subvenir à leurs besoins, se sont lancées dans des activités productives destructrices de la forêt. L‟économie locale est basée essentiellement sur l‟agriculture, caractérisée par des cultures pluviales (maïs, pomme de terre, blé) et du maraîchage (thym, poireau, chou) et sur l‟élevage d‟ovins caprins, d‟équidés et de volailles. Certaines personnes, particulièrement des femmes, pratiquent le petit commerce de provisions alimentaires et de produits d‟hygiène. La situation de l‟environnement de ces réserves est très préoccupante, avec le niveau avancé de dégradation des terres, résultant des mauvaises pratiques d‟exploitation : destruction des lots boisés, les pratiques du brulis et du nettoyage par le feu, l‟installation de cultures sur des pentes raides, l‟élevage libre, sont les principales causes de l‟érosion et de formation de ravines observées dans la majorité des versants au niveau de la zone tampon Le manque d‟opportunités économiques, la pression démographique, la faible éducation environnementale accentuent la pression sur ces ressources et menace la biodiversité. 131 Les capacités de l‟état à mettre en œuvre les décisions de gestion du territoire sont limitées en raison des faibles ressources disponibles et de sa faible présence sur les différentes mailles du territoire. Les nombreuses actions de restauration environnementale entreprises placent souvent la restauration biophysique au centre et négligent le contexte social et économique et les aspects de gouvernance de proximité. La complexité de gouvernance des Aires protégées du Massif de la Selle réside dans la nécessité de tenir compte de la diversité des acteurs en présence (charbonniers, agriculteurs, éleveurs, pécheurs, services d‟eau potable et d‟assainissement, collectivités territoriales, services déconcentrés de l‟État) et de la diversité des usages des ressources de ces aires. Mettre en place de modèles fonctionnels de gestion des aires (ressources et biodiversité) et de cohabitation harmonieuse avec les populations au sein du territoire avait représenté l‟enjeu majeur. Le partage de cette expérience concerne l‟Unité 2 de la forêt des Pins et le Parc National Naturel Lagon des huitres. (a faire une courte description des deux). 2. Des acteurs de différents niveaux Le besoin de participer, de prendre en compte les réalités socio-économiques, de passer du statut de témoin à celui d‟acteur n‟a jamais été aussi fortement ressenti par les populations. La vision gestion partagée et d‟une gestion équilibrée ressort toujours comme une nécessité chez les différents acteurs concernés. Le Ministère de l‟Environnement (MdE). Il est créé en 1994 en vue de promouvoir le développement durable et favoriser la conservation de l'environnement. Le décret-loi de janvier 2006 transfère la responsabilité de la gestion des APs en Haïti, fonction jusque-là confiée au MARNDR. Ce transfert se fait progressivement et le MdE met en place les structures nécessaires à la gestion des APs. L‟Agence National des Aires Protégées (ANAP). L‟ANAP est l‟instance étatique du Ministère de l‟Environnement, habilitée à organiser la gestion des APs dans le pays. Il se met en place, en tant que direction autonome, avec la désignation d‟un directeur général. La fonction de l‟Agence est définie dans le décret-loi de janvier 2006 et consiste essentiellement en la direction, la gestion et la coordination du SNAP, l‟élaboration et/ou l‟approbation des plans d‟aménagement des aires protégées, l‟élaboration des règlements d‟accès et l‟intégration de manière responsable des populations et des collectivités territoriales dans la gestion des aires protégées. Les autorités locales Maires, les ASEC et les CASEC. Cinq communes sont concernées par les aires protégées du Massif de la Selle. Les communes sont administrées par des conseils Municipaux de trois membres élus au suffrage universel. Elles sont divisées en sections communales dirigées par des Conseils d'Administration de section communale (CASEC). Les ASEC sont des assemblées de sections communales. La commune a les compétences de « Définition des politiques de conservation et de gestion des ressources naturelles relevant de la commune, dans le respect des normes nationales… La section communale a les compétences suivantes : «Protection des sources et des cours d‟eau …, application des contraventions contre la coupe illégale des arbres, les actes de vandalisme contre les sites protégés et l‟exploitation illégale des carrières, dans le respect des normes nationales» (Décret Fevrier 2006). 132 Les organisations de la société civile locale. Les acteurs locaux se réunissent autour du conseil de gestion composé des différents acteurs locaux (Collectivités territoriales, Organisation communautaire de base, Organisation de pécheurs/agriculteurs/charbonnier, Secteur religieux, Organisation de femmes, secteur éducatif) qui s'est donné la mission de participer activement dans la gestion durable des ressources naturelles. Les OCB sont compétentes dans l‟identification et la planification des actions et dans mobilisation et la sensibilisation des populations locales autour des questions relatives à gestion des espaces. Les collectivités territoriales, en particulier les CASEC et ASEC, occupent une place importante sur le terrain et participent efficacement aux dynamiques de développement de leur territoire. Elles représentent des acteurs incontournables pouvant influencer positivement le comportement des populations locales sur la gestion des aires protégées. 3. Objectif . Promouvoir la gouvernance locale partagée comme mode de gestion des aires protégées en Haïti. La gestion effective des écosystèmes locaux impliquera l‟amélioration de la gouvernance locale des ressources naturelles, par la mise en place des mécanismes (instruments et organes) de gestion durable. Il s'agit de contribuer à la gestion de la biodiversité, notamment des Aires protégées, grâce à la mise en œuvre d‟une gestion participative, effective et décentralisée. L‟idée de renforcer la gouvernance locale a été appuyée comme moyen devant conduire à une meilleure implication des acteurs locaux dans la gestion du territoire et la coordination des interventions de restauration environnementale. Un des éléments stratégiques clés de la durabilité est l‟intégration des acquis dans la construction de l‟ANAP. Les objectifs spécifiques se déclinent ainsi : L‟objectif est d‟innover en matière de gouvernance partagée des aires protégées en Haïti. Renforcer les capacités de gestion et de surveillance des autorités et les organisations locales afin d‟améliorer leurs capacités techniques et méthodologiques, pour assumer leurs responsabilités dans une gestion locale et durable Elaborer et tester de manière participative des outils et guides méthodologiques pouvant servir comme bases de réflexion aux politiques et documents cadres sectoriels de l‟Agence nationale des aires protégées en Haïti Restaurer les espaces dégradés afin conserver les écosystèmes menacés et protégés la biodiversité. Les actions interviendront dans un domaine dans lequel les références en termes d‟approches, d‟instruments et d‟outils de gestion font défaut. Donc, les expériences qui sont (et seront) développées dans le cadre de ce programme seront activement mises à la disposition des autres acteurs du secteur, notamment, de l‟ANAP/MdE, qui a la compétence de définir la stratégie et des politiques publiques, pour une gestion effective des Aires protégées. 4. Les activités réalisées 133 Pour atteindre l‟objectif fixé, un ensemble d‟activités a été réalisé. Les principales sont présentées dans le tableau suivant : Activités entreprises Sensibilisation, formation et information Protection Habitats des Aires protégées ou restaurées ⁻ Réalisation d‟émission radiophonique, de court métrage, de builboard, de pages imprimées véhiculant des messages en faveur de la protection, gestion et calorisation de la biodiversité ; ⁻ Formations sur les techniques conservations de sols, de gestion des pépinières, de reboisement et d‟entretien ; ⁻ Visites d‟échanges (paysan à paysan) dans d‟autres aires protégées du pays et d‟autres régions d‟Amérique latine et des caraïbes ; ⁻ Plaidoyer en faveur de la gouvernance partagée des aires protégées en Haïti ; ⁻ Promotion d‟activités économiques dans les zones tampon (cultures maraichages, pèches, élevage, agroforesterie ….). ⁻ Mise en place et renforcement des conseils de gestion des aires protégées incluant les différentes localités touchées par l‟Aire protégée ; ⁻ Élaboration de la convention de gestion des ressources naturelles (élevage libre, brulis, coupe des arbres) ; ⁻ Mise en place d‟unités de surveillance environnementale (Forêts des Pins et BelleAnse) ; ⁻ Zonage et clôture des espaces de grande biodiversité ; ⁻ Incitations pour services environnementaux ⁻ Surveillance environnementale. ⁻ Bornage de l‟Aire de la forêt des Pins ; ⁻ Création du Parc Lagon des Huitres ; ⁻ Restauration biophysique des espaces dégradés. 5. Les principaux résultats atteints Une surface de 23650 ha de terre établie en parc naturel Par arrêté présidentiel de janvier 2014, les limites légales du Parc Naturel de la Forêt des Pins sont officiellement rétablies : 14 000 ha pour l‟U2 PNN-FP (Cf. Moniteur du 16 janvier 2014) Par arrêté présidentiel de mars 2016, le Parc National Naturel Lagond des Huitres est déclaré Aires protégées et les limites légales sont officiellement instituées : 9650 ha pour l‟U2 PNNFP (moniteur de mars. La création au plus haut niveau des parcs nationaux reflète bien la volonté de l‟État central de protéger les espaces terrestres ou maritimes présentant un intérêt particulier qu‟il importe de préserver des dégradations susceptibles d‟en altérer la diversité, la composition, l‟aspect ou l‟évolution. Surface d‟écosystèmes restaurée 134 600 ha de pins (Pinus occidentalis) restaurés à l‟unité 2 de la forêt des Pins 300 ha restaure en agroforesterie (caféiers, manguiers, avocatiers, etc.) à Cascade Pichon 10 ha restaurées et protégées en palétuviers. Plus de 40 000 personnes sensibilisées Plus de 40000 personnes sensibilisées dans les communes d‟intervention du projet à travers des processus de communication différents (émission de radio, rencontre communautaire, builboard et pages imprimées, fiches de capitalisation d‟expériences, etc.) Plus de 2000 écoliers ont développé des initiatives originales : camps d‟été, pépinières scolaires, concours « génie interscolaire », plantations… Plus de 2000 familles renforcent leur « système agroforestier » incluant le « jardin autour de la maison », des initiatives intéressantes telles que le greffage d‟avocatiers locaux avec l‟avocat de type guatémaltèque, la plantation de pêchers, amandiers, caféiers, manguiers, etc. ont permis de diversifier les productions dans les zones tampons. Structure de gestion et de surveillance des aires protégées Plus de 50 de leaders d‟organisations et religieux constituent les 2 conseils de gestion des deux aires protégées concernées (Unité 2 forêts des Pins et Lagond des Huitres) ; 2 unités de surveillance environnementale totalisant (40 agents) affiliées au corps de surveillance environnementale assurent la surveillance, la sensibilisation et le suivi des espèces ; 2 Directions de Parc installées par le Ministère de l‟Environnement dans les 2 parcs pour assurer la représentation de l‟État central. La structure de gestion proposée est représentée dans le schéma ci-dessous. 135 Outils Méthodologiques élaborés et testés Zonage participatif. Un outil de référence d‟aménagement du territoire pouvant être utilisé pour améliorer l‟organisation des aires protégées du pays et mieux planifier l‟utilisation des différentes zones suivant des normes légalement établies. L‟implication des acteurs à tous les niveaux a facilité l‟acceptation et l‟appropriation de la démarche. Il s‟aligne avec la définition des objectifs de gestion de l‟UICN. Aujourd‟hui, il est intégré au manuel d‟élaboration des plans de gestion des AP. Structure de direction de parc. C‟est une structure déconcentrée, représentant l‟État central, qui assure la gouvernance partagée avec le Conseil de Gestion. Sans ce pilier, le transfert de la gestion du Parc de HELVETAS à l‟ANAP ne serait pas possible. Toutefois, elle mérite d‟être renforcée et prise en charge financièrement par l‟ANAP. Conseil de gestion. Il est constitué des représentants des différentes catégories d‟acteurs concernés par l‟aire protégée. Ce Conseil d‟environ 25 membres formalise la participation de la population locale dans le modèle de gestion « Gouvernance partagée » selon le principe de subsidiarité. Ce conseil a une représentation de toutes les sections communales avoisinantes le Parc. 136 Unité de surveillance communautaire. C‟est un élément important du système de gouvernance des AP. Cette unité est constituée par des membres de la communauté locale appuyés par le Ministère. Plan de gestion participatif. C‟est un outil de planification territoriale qui présente la vision des différents acteurs concernés par la gestion de l‟Unité 2 de la Forêt des Pins. Il a trois piliers principaux : la gouvernance, le développement durable et la conservation. Les différents programmes de ce plan de gestion ont été identifiés, développés et validés par la population locale. Il a été également validé au niveau central par l‟ANAP. 6. Conclusions et leçons Les expériences pilotes de gouvernance (structuration d‟une Direction de Parc, mise en place d‟un dispositif efficace de surveillance environnementale, tests d‟alternatives possibles en termes de cogouvernance et de gestion opérationnelle des sites, zonage participatif, élaboration d‟un Plan de gestion, …) ont été testées au Parc Naturel de Forets des Pins et d‟ores et déjà inspiré d‟autres opérateurs intervenant en soutien aux APs haïtiennes. La mise en place de conseil de gestion dans lequel sont représentées les différentes composantes de la société civile locale (élus, organisations de femme, Organisations communautaires, leaders religieux, simples citoyens) est une expérience intéressante. Il leur donne un projet fédérateur et renforce l‟appartenance des populations au territoire. Le conseil de gestion a ainsi pu dépasser les différents blocages aux niveaux local (enclavement de la zone, résistance au changement, intérêts politiques, niveau d‟éducation…) et institutionnel (changements politiques, manque de personnel, capacités insuffisantes) pour créer une dynamique et un changement de comportement des communautés concernées qui devraient contribuer à la durabilité des actions engagées et à la pérennisation des acquis. Le guide méthodologique pour l‟élaboration des plans de gestion des APs, le manuel de signalétique des APs, la méthodologie de mise en place des conseils de gestion (sur la base du travail et du rapport réalisé par le PVB), la nomenclature haïtienne de classement des APs (assignation de catégories de gestion UICN aux APs d‟Haïti) élaborer de manière participative peuvent être considérer comme des outils de références méthodologiques utiles à l‟ANAP. Les principales leçons tirées sont présentées cidessous : L‟acquisition et la diffusion de connaissances sur le milieu restent un moyen efficace de conscientiser les communautés à l'utilité et à la richesse de leur territoire ainsi qu‟à la nécessité d‟une meilleure utilisation des ressources (bois d‟œuvre, produits forestiers non ligneux, bois pour le chauffage, plantes médicinales, etc.). Ceci est renforcé par la participation active des communautés locales aux activités de restauration environnementale et de diversification agraire. Le renforcement des capacités des femmes à la gestion des ressources naturelles fait partie d‟un processus prenant du temps, s‟adressant autant aux hommes qu‟aux femmes et devant nécessairement être appuyé. La sensibilisation des femmes et des hommes parallèlement à la formation et au renforcement des capacités des femmes a favorisé une plus large participation des femmes à la gestion de l‟aire protégée, notamment à travers les structures locales. 137 L‟institutionnalisation des acquis requiert une stratégie à toutes les échelles : L‟État, et plus particulièrement le MdE à travers l‟ANAP, est un acteur essentiel de la gestion des aires protégées. Le travail de formalisation et de renforcement des capacités à l‟échelle locale doit ainsi toujours être accompagné par un appui et plaidoyer au niveau des institutions centrales. L‟un des principaux défis reste le renforcement du lien entre l‟échelle locale et centrale. Il est essentiel de prévoir des interventions complémentaires au niveau de la zone centrale et de la zone tampon. Les activités des différentes zones (tampon et central) doivent être adaptées et complémentaires. Les interventions de la zone centrale protégée visent essentiellement les objectifs de conservation de la biodiversité et de restauration des espaces dégradés. D‟autres espaces doivent être promus pour des interventions dont l‟objectif principal est d‟améliorer les conditions de vie des habitants. 138 13. Étude de cas-4 : Société Audubon Haïti : Cas de Grand Bois au massif de la Hotte Titre du Projet : Stratégie d'Aire protégée et Durabilité écosystémique dans la Zone Clé de la Biodiversité du massif de La Hotte, Haïti Par Jean Mary LAURENT 139 1. INTRODUCTION (CONTEXTE, GOUVERNANCE, HISTORIQUE) La Zone Clé pour la Biodiversité (ZCB) du massif de La Hotte en Haïti est connue localement, nationalement et mondialement pour ses valeurs naturelles et culturelles intrinsèques, ses services environnementaux et son endémisme élevé. Toutefois, ces valeurs sont surtout connues dans le cadre de la région de Macaya qui loge le parc du même nom considéré comme le dernier refuge pour beaucoup d‟espèces menacées de hautes montagnes. En effet, en accord avec Alain LIOGIER (1996), les altitudes comprises entre 800 et 1500 m sont connues pour abriter la grande diversité d‟espèce de l‟île d‟Haïti. Or, ces altitudes sont toutes occupées par des systèmes agricoles qui ont remplacé les forêts naturelles et provoquent de l‟érosion jusqu‟à obtenir dans la majorité des cas des espaces complètement dénudés. De juin 2013 à novembre 2015, la Société Audubon Haïti (SAH), avec le support financier du Critical Environment Partnership Fund (CEPF), a tenté d‟exposer aux yeux des autorités nationales et des acteurs locaux les valeurs de cette région afin de les sensibiliser sur des actions de protection de cette relique forestière. Des expéditions scientifiques, des réunions de sensibilisation et des enquêtes socioéconomiques et environnementales ont caractérisé les efforts de la SAH dans la zone. Le projet se réalisait simultanément à Grand Bois et à Grande Colline. Ce partage d‟expériences mettra l‟accent principalement sur le site de Grand Bois. La région de Grand Bois (Figure 1) est l‟une des dernières forêts d‟altitude moyenne correspondant à la description précédente qui à la fois subit le même processus que d‟autres zones similaires et qui conserve encore des spécimens rares de la faune et de la flore de l‟île d‟Haïti. Fig. 1. Situation géographique de Grand Bois. La région de Grand Bois culmine au Morne Grand Bois (1248 m de hauteur). Il s‟agit d‟une montagne isolée, pourvue d‟une couverture forestière originelle et d‟une remarquable biodiversité, dont l‟existence n‟a été révélée que récemment. C‟est la plus haute montagne à l‟ouest de Les Anglais dans le Département du Sud et le deuxième sommet le plus élevé après Deux Mamelles (1270 m de hauteur) dans toute la péninsule de Tiburon à l‟ouest d‟une ligne reliant Les Anglais à Jérémie. 140 2. OBJECTIFS 2.1 Objectif général L'objectif général du projet consistait à ralentir ou arrêter sur le long terme la perte de biodiversité dans la ZCB du massif de La Hotte. 2.2 Objectifs spécifiques Les objectifs spécifiques poursuivis par le projet se déclinaient ainsi : Poursuivre l‟inventaire de la biodiversité unique de la ZCB du massif de La Hotte ; Proposer à l‟État haïtien mille deux cents (1200) hectares dans la ZCB du massif de La Hotte préalablement identifiés, pour être considérés comme aires protégées au travers du développement et de l‟acceptation d‟un Plan d‟Action pour la conservation ; Engager une sensibilisation accrue, un support important et de l'intendance pour la conservation de la biodiversité dans les 2 communautés et parties prenantes clées de la ZCB du massif de La Hotte ; 3. Activités réalisées 3.1 Sensibilisation, formation, information Afin de faciliter la mise en œuvre du projet, la SAH a développé des protocoles de collaboration avec plusieurs institutions d‟enseignement notamment l'American University of the Carribean (AUC), l'Université Quisqueya (UniQ) et l'Université d'État d'Haïti (UEH). Deux ateliers ont été organisés à Tiburon (Figures 2a, 2b), dans la zone tampon de Grand Bois, afin d'intégrer des stratégies de conservation dans le développement socio-économique. Les participants représentaient les parties prenantes de Grand Bois et de Grande Colline, y compris les élus locaux (Maires, CASECs, ASECs), les chefs de la communauté (pasteurs, prêtres, directeurs d'école) et des représentants de la société civile. Figure 2. À droite : Intervention de l‟Agronome Prénor COUDO, représentant de l‟ANAP à l‟atelier de Tiburon. À gauche : une vue partielle des participants. 141 Plusieurs conférences et expositions ont été également organisées dans des universités (AUC, UniQ) sur la biodiversité et les écosystèmes naturels de Grand Bois. Les étudiants et les professeurs de ces institutions y ont pris part soit en qualité d'intervenants soit comme participants. Par ailleurs, l'exposition itinérante de la SAH sur la richesse biologique d‟Haïti a été présentée en différentes occasions et à des publics variés, notamment sur le stand de la délégation haïtienne participant à l‟Exposition universelle à Milan en juillet 2015. Le projet offrait à certains étudiants des universités partenaires l‟occasion de mener des recherches sur le terrain en appui à leurs programmes d'études. Les universités représentées étaient l‟AUC, l‟UniQ et l‟UEH (soit 2 privées et 1 publique). Un module d‟Introduction à l‟herpétologie a été présenté aux étudiants de l'AUC. Par ailleurs, des documents clés élaborés dans le cadre du projet ont été distribués et/ou publiés dans le but d‟informer les décideurs sur l'importance de la zone cible (Grand Bois) dans la mise en place de mesures de protection. La documentation produite pour l‟aire d'intervention du projet comprenait : - un profil géographique ; - une étude socio-économique ; - un plan d'action de développement (le site est considéré comme une zone protégée à des fins de conservation) ; - un profil environnemental des sources d'eau ; - une stratégie d'éducation relative à l'environnement qui cible les parties prenantes de cette importante zone clé de la biodiversité du massif de La Hotte. Une copie de chacun de ces documents a été acheminée aux principaux partenaires de la SAH, en l‟occurrence le Ministère de l‟Environnement (MdE), le Ministère de l‟Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), l'AUC, la Fondation Macaya pour le Développement (FMD), le Géo-Nature Experts et la Coopération allemande (GIZ). Ces informations ont été partagées en versions dure et électronique sur une clé USB personnalisée de la SAH. Des matériels promotionnels (maillots, képis, calendriers) faisant la promotion de la biodiversité haïtienne ont été imprimés et distribués aux communautés locales. De courtes vidéos (6 minutes maximum) sur des sujets environnementaux sélectionnés ont été traduites et produites en créole. Celles-ci ont été projetées pour les parties prenantes participant aux différents ateliers. Enfin, le film documentaire « Extinction in progress » commandité par la SAH a été diffusé à plusieurs reprises lors d‟activités liées à la protection de l‟environnement, et sur les chaines de télévision locales lors de la journée mondiale de l‟environnement. Le tableau ci-dessous (Tableau 1) résume en quelque sorte les bénéficiaires directs des activités de formation et de sensibilisation entreprises par la SAH au bénéfice des habitants de Grand Bois et de ses environs. Tableau 1. Synthèse des bénéficiaires directs en termes de formation et d‟éducation. 142 Adultes pour des postes de direction dans la communauté ou de gestion des ressources. Adultes pour gagner leur vie ou augmenter leurs revenus Enfants d'âge scolaire Etudiants Homme 70 Femme 30 Total 100 15 5 20 75 75 150 6 4 10 Brève description des activités Ateliers de sensibilisation, éducation environnementale, gestion des ressources naturelles. Atelier de formation pour les associations des guides, corps de surveillance environnementale. Atelier sur l‟éducation environnementale, matériels pédagogiques. Recherche scientifique 3.2 Protection des habitats La sensibilisation et la mobilisation de fonds accrue ont été axées sur les 2 zones cibles du projet (Grand Bois et Grande Colline) avec leur inclusion dans la proposition de la " Réserve de Biosphère La Hotte " du programme UNESCO MAB. 3.3 Aires protégées et/ou restaurées À la fin du projet, les résultats obtenus soutenaient le fait que ce dernier a eu un impact positif à court terme. La superficie des terres légalement déclarées comme zones protégées dans la ZCB du massif de La Hotte a augmenté de 1510 hectares avec la création du Parc National Naturel Grande Colline. Peu après, soit le 23 septembre 2015, Grand Bois a été officiellement consacrée aire protégée sous le nom de Parc National Naturel de Grand Bois d‟une superficie de 370,15 hectares. 3.4 Espèces en voie de disparition (flore et faune) L‟inventaire de la biodiversité de Grand Bois a permis de relever un grand nombre d‟espèces animales et végétales figurant sur la Liste rouge de l‟UICN. Parmi ces espèces, certaines revêtent un intérêt patrimonial. C‟est le cas du Caleçon rouge encore appelé Trogon Damoiseau (Priotelus roseigaster) (Figure 3), endémique d‟Haïti et considéré comme oiseau national. Figure 3. Caleçon rouge ( Priotelus roseigaster), espèce endémique d‟Haïti et considérée comme oiseau national. Le tableau ci-dessous (Tableau 2) synthétise les espèces incriminées : 143 Groupe taxonomique Plantes Reptiles Amphibiens Oiseaux 3.5 Nom scientifique Nom vernaculaire Magnolia ekmanii Micropholis polita ssp. hotteana. Anolis haetianus A. dolichocephalus Magnolia d‟Ekman A. monticola Eleutherodactylus amadeus E. apostates E. audanti E. brevirostris E. counouspeus E. eunaster E. glandulifer E. glaphycompus E. inoptatus E. nortoni E. oxyrhyncus E. paulsoni Hypsiboas heilprini Osteopilus vastus O. dominicensis Amazona ventralis Calyptophilus frugivorus Catharus bicknelli Corvus leucognaphalus Tachycineta euchrysea Loxia megaplaga Xenoligea montana Priotelus roseigaster Statut UICN CR Anolis intrépide de Tiburon Anolis à long museau de La Hotte Distribution géographique End. de La Hotte End. de La Hotte End. de La Hotte Grenouille grotte jaune Grenouille à glande de La Hotte CR CR VU CR EN CR VU EN LC CR CR CR VU VU LC Perroquet Tangara cornichon Grive de Bicknell Corneille Hirondelle dorée Bec-croisé d‟Hispaniola Tangara des montagnes Caleçon rouge CR EN EN EN EN VU EN End. de l‟île d‟Haïti End. de l‟île d‟Haïti End. de l‟île d‟Haïti End. de l‟île d‟Haïti End. de l‟île d‟Haïti End. de l‟île d‟Haïti End. de l‟île d‟Haïti End. d‟Haïti Services écosystémiques Les forêts de Grand Bois fournissent de nombreux services écosystémiques. Elles servent d‟habitats à de nombreuses espèces animales et végétales. Elles procurent de l‟alimentation tant aux animaux qu‟aux humains. Par ailleurs, le sous-bois offre parfois des cachettes à certaines espèces animales et sert de sites de nourrissage pour les petits, particulièrement dans le cas des oisillons. Il est certain que la perte de ces habitats risquerait de mettre en péril la survie de toutes les espèces qui, d‟une manière ou d‟une autre, profitent des ressources de la forêt. Une initiative pilote de Paiement pour Services écosystémiques a été instituée en vue d‟encourager le propriétaire d‟une parcelle forestière à protéger l‟habitat de certaines espèces de grenouilles. 3.6 Mobilisation de ressources Le projet CEPF de la SAH a contribué à catalyser les efforts d'autres institutions partenaires, bénéficiaires elles aussi du CEPF (par ex. : Temple University, Philadelphia Zoo). La SAH a encouragé la création d‟un mécanisme de financement durable. Ainsi, un Trust Fund a été créé : le Haïti National Trust. Il s'agit d'une société privée qui interviendra dans l'acquisition et la gestion d'aires protégées. Le 144 support du CEPF a conforté le statut de la SAH aux yeux d'autres bailleurs de fonds (BID, UNEP, PNUD) dans l'optique d'obtention d'autres financements. Parallèlement, la SAH s'est engagée à renforcer les organisations de la Société Civile. Des ateliers de travail et de partage d'informations sont organisés impliquant des institutions locales telles Géo-Nature Expert, la FMD, la Fondation Nouvelle Grande-Anse (FNGA), l'Organisation pour la Réhabilitation de l'Environnement (ORE), pour ne citer que celles-là. 4. Résultats atteints à date La SAH a travaillé en étroite collaboration avec le Ministère de l‟Environnement et le Comité Interministériel d‟Aménagement du Territoire (CIAT) (http://ciat.gouv.ht/) pour identifier et délimiter des aires protégées potentielles, sélectionnées pour leur importance en termes de biodiversité endémique. La documentation produite dans le cadre du projet financé par le CEPF a contribué à l'élévation de Grand Bois, Grande Colline et Deux-Mamelles au rang d'Aires protégées. Certains résultats, quoiqu‟indirectement liés au projet, ont tout de même été atteints. C‟est le cas de la création du Parc National Naturel des Deux-Mamelles. Nom Parc National Naturel de Grande Colline Parc National Naturel de Grand Bois Parc National Naturel des Deux-Mamelles Catégorie Parc National Parc National Parc National Superficie (ha) 1 510,45 370,15 2 264,97 Date de l‟arrêté 23 juillet 2014 23 septembre 2015 23 septembre 2015 D‟autre part, aussi faible soit-il, les revenus de certains membres des communautés locales ont augmenté. Il n'y a pas eu d'emplois directs. Juste de petits revenus ponctuels accordés aux porte-faix, guides, propriétaires déclarés des forêts naturelles de Grand Bois. Toutefois, dans le Plan d'Action, la SAH prévoit de développer des activités alternatives génératrices de revenus. 5. Conclusion et recommandations La mise en œuvre de ce projet constituait pour l'équipe de la SAH un livre ouvert dont on pouvait apprendre beaucoup de leçons. Le caractère imprévisible de la situation socio-économique et politique en Haïti conjugué aux multiples défis quotidiens, particulièrement ceux liés aux aléas naturels, rendait la gestion du projet difficile. La communication régulière et franche entre la SAH et le CEPF a permis de dénouer des goulots d‟étranglement qui auraient compliqué la tâche de l‟équipe de mise en œuvre. Néanmoins, la stratégie de mise en œuvre privilégiant un contact régulier avec les autorités locales et l‟implication directe des riverains, ainsi que le réseautage, ont largement contribué à la réussite du projet avec la mise sous protection légale de 4145,57 hectares dans le massif de La Hotte, spécialement les 370,15 hectares de Grand Bois. En guise de recommandations, nous pouvons relater certains aspects ayant contribué au succès du projet et des défis dont il faut absolument tenir compte avant de se lancer dans l‟implémentation de tout projet de développement en Haïti : 145 Impliquer des étudiants : ceux-ci non seulement gagneront en expérience, mais constitueront une base solide en vue de la poursuite du plaidoyer permanent en faveur de la protection de la biodiversité d‟Haïti ; Tisser des partenariats : Ceux développés par le réseau de professionnels affiliés à la SAH se sont avérés essentiels dans la réussite du projet. Si la motivation n‟est pas toujours la même chez tout le monde, certains partenaires ont apporté une contribution substantielle non négligeable ; Maintenir des relations cordiales avec les autorités locales : Il est important d'organiser régulièrement des rencontres avec les autorités locales (Maires, CASECs, ASECs) en vue de les tenir informées autour de la mise en œuvre du projet et des retombées positives que sa réussite pourrait générer pour la localité ; Impliquer les communautés locales : Les membres des communautés locales de l‟aire d'intervention du projet doivent être conscientisés sur les menaces auxquelles est exposée la biodiversité dans l'aire d'étude. Des ateliers de restitution peuvent participer de la politique de sensibilisation au profit des leaders locaux (autorités locales, autorités religieuses, personnel éducatif) ; Jeter des passerelles vers les autres projets : S‟informer des autres projets mis en œuvre dans la zone et s‟en rapprocher afin d'analyser les possibilités de la mise en place d'une synergie capable de favoriser les probabilités de réussite de chacun des projets pris séparément ; Maintenir des relations cordiales avec l‟État : Tenir le gouvernement régulièrement informé des activités en cours et programmées. Dans notre cas, des rencontres régulières avaient été organisées entre la SAH et le gouvernement haïtien à travers l'Agence Nationale des Aires protégées (ANAP). Toujours viser le succès : Travailler simultanément sur deux sites aux reliefs aussi fragmentés n'est pas chose facile. De plus, la situation socio-économique extrêmement précaire des communautés locales habitant les zones du projet représentait une réelle menace pour l'équipe de mise en œuvre du projet. Néanmoins, l'unique motivation de l'équipe était la volonté de terminer ce projet avec succès et ainsi contribuer à l‟amélioration des conditions de vie des communautés locales. C'est pourquoi la SAH ne cesse de mener des démarches afin de pouvoir obtenir d'autres fonds qui permettront de garantir le suivi des activités définies dans le Plan d'Action de 5 ans proposé pour le site de Grand Bois, notamment la création de la première aire protégée privée d‟Haïti. 146 SECTION E : PROFIL NATIONAL DE LA BIODIVERSITÉ 147 14. Profil du pays en matière de Biodiversité Cette partie qui reprend sommairement un ensemble d‟informations sur la situation de la biodiversité dans le pays, repond à une exigence de la Convention sur la Diversité Biologique concernant le format de presentation des sixiemes rapports nationaux. Elle présente l‟état et la tendance de la biodiversité, y compris ses avantages et les services écosystémiques afférents. En dépit de graves problèmes de dégradation de l'environnement, Haïti constitue la deuxième flore la plus diversifiée des Caraïbes. Les études floristiques des plantes vasculaires révèlent invariablement de nouvelles espèces, en particulier dans les zones biologiquement riches. Selon une étude floristique menée par l'Université de Floride dans les années 1980 et 1990, un inventaire des orchidées dans le parc national Macaya, dans la péninsule sud, a révélé qu'un tiers des 134 espèces n'étaient pas décrites au moment de leur collecte. La flore totale des orchidées représente environ 40% des 350 espèces d‟orchidées connues sur l‟île Hispaniola. Les scientifiques qui ont procédé aux inventaires de la flore haïtienne n‟ont pas trouvé de consensus sur les espèces de plantes vasculaires existantes. Cependant, de récentes études montrent que le pays dispose entre 5 000 et 5 600 espèces de plantes vasculaires dont 37 % sont endémiques. De cette dernière, on dénombre environ 300 espèces de Rubiaceae, 300 espèces d'Orchidaceae, 330 espèces d'Asteraceae, 300 Graminae et trois espèces de Conifères (Pinus occidentalis, Juniper juniperus, Juniperus ekmanii). Le pays dispose de 31 Zones Clés de la Biodiversité, dont 10 Zones importantes pour la conservation d‟oiseaux et 14 zones côtières et marines ; 6 écorégions dont une marine ; et de 9 zones de vie exceptionnelles. Le pays possède également une riche faune avec plus de 2000 espèces de vertébrés dont 75% sont considérés comme endémiques. Entre 245 et 260 formes d‟oiseaux connues dont 31 espèces endémiques. 84 espèces d‟oiseaux seulement à l‟île la Gonâve et 47 à l‟île de la Tortue. 932 espèces de poissons reportées. 120 espèces de reptiles. 58 espèces d‟amphibiens dont 49 sont en extinction Les îles continentales et satellites reflètent un fort degré d‟endémisme. Un inventaire biologique de ces îles montre que : l'île de Gonâve contient plus de 938 espèces de plante dont 17 sont endémiques ; à la Navase on dénombre plus de 800 espèces de plantes dont beaucoup n'existent peut-être nulle part ailleurs dans le monde, et pas moins de 250 sont entièrement nouvelles pour la science et enfin sur l‟ile de la Tortue, on a inventorié 889 espèces de plantes dont 24 sont endémiques. Les services écosystémiques en Haïti sont nombreux mais ne sont pas souvent quantifiés. Cependant, selon une étude réalisée par ReefFix et FoProBim (2013) sur environ 10 sites de mangroves et de récifs coralliens, la valeur des services écosystémiques s‟élève à un total de 9,572,460,000 USD. La protection du littoral, assurée par les mangroves et les récifs coralliens, revêt une importance capitale dans une zone exposée aux cyclones saisonniers. En outre, ces mêmes écosystèmes sont d'importants sites de frai et de refuge pour les espèces de poissons juvéniles, qui contribuent à maintenir les stocks de poissons en bonne santé et constituent un moyen de subsistance pour les pêcheurs. Avec plus de la moitié de la population d'Haïti travaillant dans le secteur agricole, d'autres services écosytémiques, tels que la régulation de la qualité de l'eau et des sols, revêtent une importance cruciale. 148 14.1. Principales pressions et facteurs de changement de la biodiversité La biodiversité d‟Haïti est en proie à bon nombre de facteurs directs et indirects qui sont d‟ordres anthropiques et environnementaux. Ils incluent : la surexploitation des ressources forestières et des ressources halieutiques, la coupe excessive et remblaiement des zones de mangroves, la pollution et la mauvaise gestion des déchets, les effets du changement climatique, le manque d‟éducation, les faibles moyens économique de la population et la croissance démographique qui ont un impact négatif sur les écosystèmes naturels et provoquent l‟érosion de la diversité biologique; introduction d'espèces exotiques; la fragmentation de l'habitat due à la pression croissante du secteur agricole et d'autres activités humaines (telles que le développement urbain et les corridors de transport); la mauvaise gouvernance et problèmes institutionnels caractérisés notamment par un manque de coordination dans les actions, manque d'engagement fort de la communauté des ONG en faveur des causes de la conservation, instabilité politique et fragilité des institutions, manque de soutien financier insuffisant pour la gestion de la biodiversité, etc.) et l‟absence d‟une politique nationale avec des plans d‟actions bien définis qui prend en compte les priorités nationales en matière de gestion de la biodiversité. 14.2. Mesures visant à améliorer la mise en œuvre de la Convention 14.2.1. Mise en œuvre du SPANB Afin de s'acquitter de ses obligations en vertu de la CDB, le Ministère de l'Environnement (MDE) à travers sa Direction de la Biodiversité (BD) nouvellement créée, a mené une série de consultations nationales (ateliers thématiques sur la biodiversité, séminaires, etc.), dont l'objectif principal était de recueillir les points de vue sur les principales questions de biodiversité et avoir une idée claire des mesures prises pour la gestion durable et la conservation de la biodiversité du pays. Actuellement, le pays dispose d‟un draft de Stratégie et Plans d‟Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB) qui est en cours de validation. Ce dernier a été élaboré pour une période allant de 2019 à 2030. La charpente de cette stratégie est conçue sur la base de huit (8) objectifs découlant des OAB. Le profil du SPANB est conçu autour d‟un engagement qui concilie le peuple haïtien avec son milieu naturel pour une gestion et valorisation rationnelle des ressources biologiques au profit d‟un développement durable pour le bien-être des générations actuelles et futures. Il se donne pour mission, d‟ici à 2030, de réduire ou de renverser de manière significative la perte de biodiversité par la mise en place des mesures efficaces et durables, pour assurer la provision des services écosystémiques essentiels et le partage juste et équitable des avantages fournis par la biodiversité, et ce pour le bien-être social, économique et environnemental. En vue de parvenir à une gestion durable de la biodiversité, le pays a identifié neuf (9) principaux axes prioritaires couvrant un certain nombre d‟activités sectorielles pour faire face aux problèmes actuels : Priorité-1: Priorité-2: Priorité-3: Priorité-4: Priorité-5: Priorité-6: Priorité-7: Priorité-8: Priorité-9: Éducation et sensibilisation Restauration des écosystèmes dégradés/mangroves Mise en place d‟un cadre légal et de gouvernance pour la protection de la BD Promotion de l‟écotourisme et de l‟agroforesterie Lutte contre les effets du changement climatique Protection des récifs coralliens Conservation des espèces animales et végétales Contrôle des espèces envahissantes Valorisation des plantes médicinales 149 14.3. Mesures prises pour atteindre les objectifs d'Aichi pour la biodiversité et des ODD Bien que le pays ne disposât pas de Stratégie et Plans d‟Action Nationaux, bon nombre de progrès ont été réalisés en termes de protection et de conservation de la biodiversité dans le pays. Ces efforts ont été réalisés, en vertu d‟autres plan d‟action et de développement en vigueur dans le pays et dans le sousci de respecter les exigences de la CBD. Selon des données dont dispose la Direction de la Biodiversité et l‟Agence Nationale des Aires Protégées (ANAP), le pays compte actuellement 25 aires protégées soit 11 marines et 14 terrestres. Ceci représente une superficie d‟aires terrestres de 187 213. 92 ha (1872km 2) soit environ 7% du territoire terrestre, et d‟aires marines et côtières de 185 655.90 ha (1857 km2) soit 5% du territoire marin. Un ensemble d‟actions et de mesures sont prévues afin d‟atteindre, d‟ici à 2020, l‟objectif 11 d‟Aichi soit au moins 17% des zones terrestres et d'eaux intérieures et 10% des zones marines et côtières. De plus, la validation de la nouvelle Stratégie 2019-2030 prévue pour 2019, va apporter de nouvelles directives en matière de conservation, protection et restauration de la biodiversité en Haïti. 14.4. Mécanismes de soutien à la mise en œuvre nationale Des efforts considérables ont été réalisés en termes de cadres légal, institutionnel, règlementaire et stratégique en faveur de la biodiversité. Signalons entre autres, : le code rural de François Duvalier, la constitution de 1989, le Décret-cadre de 2006 portant sur la gestion de l‟environnement et la régulation de la conduite des citoyens et citoyennes. Le Ministère de l‟Environnement travaille actuellement sur la mise en place du Fonds National pour la Biodiversité Haïtien. De plus, avec la création récente de la Direction de la Biodiversité, avec pour mission première la gestion de toutes les questions liées à la biodiversité en Haïti, un nouveau dynamisme s‟émergé dans le secteur. Les stratégies et plans qui orientent la mise en œuvre de la biodiversité et du développement sont fondamentalement les politiques générales des gouvernements, le Plan de développement agricole (PDA), le Plan stratégique de développement d‟Haïti (PSDH), le Plan d‟action national d‟adaptation (PANA), le Plan d‟action pour l‟environnement (PAE), la Politique nationale sur les changements climatiques (PNCC) etc. Par ailleurs, bon nombre de programmes et de projets, à travers des financements de divers bailleurs, ont contribué au renforcement du Ministère de l‟Environnement via la formation des cadres, d‟élaboration d‟outils stratégiques et de manuels de procédure pour la gestion durable de l‟environnement en Haïti notamment en matière d‟évaluation environnementale. D‟autres initiatives peu connues menées par les organisations communautaires de base appuyés par certaines ONGs contribuent aussi à l‟atteinte des OAB et des ODD. En considérant, les efforts déjà encourus et ceux programmés dans le SPANB 2019-2030, le profil de la biodiversité d‟Haiti dans la prochaine decennie devrait orienter une mise en œuvre plus efficace de la biodiversité. 14.5. Mecanisme de suivi et d‟examen de la mise en œuvre De la même manière que les données spatiales ont été utilisées pour assurer l‟élaboration du 6RN dans son ensemble, il est recommandé, dans le cadre de l‟élaboration du SPANB 2019-2030, qu‟un certain nombre de mesures et de mécanismes de suivi soit mis en place afin d‟assurer le suivi et l‟examen de 150 sa mise en œuvre. Les indicateurs nationaux identifiés doivent mis en à profit pour mesurer les progrès accomplis dans le temps et dans l‟espace. 14.6. Équité genre et conservation de la biodiversité Il est crucial de mentionner que dans le processus de mise en œuvre du développement durable et de la conservation de la biodiversité, l‟équité genre n‟a pas toujours été valorisée. En dépit des efforts menés par certains partenaires sur le terrain, cet aspect n‟est pas toujours appréhendé à sa juste valeur. Certaines institutions porteuses des initiatives genres ne sont pas encore parvenues à en faire l‟ancrage dans les réflexes locaux et en faciliter l‟appropriation. La présence des femmes dans la mise en œuvre des activités demeure l‟une des faiblesses enregistrées dans le cadre de l‟élaboration du 6RN. La sensibilisation ou même la formation visant à mettre en place des outils de prise en compte de la dimension genre est à promouvoir dans le SPANB 2019-2030. 151 SECTION F : CONCLUSION ET PERSPECTIVES 152 15. Conclusion Les informations recueillies lors de l‟élaboration du 6RN ont révélé que, depuis 2009 beaucoup d‟efforts ont été mis en place pour augmenter le niveau de conservation de la biodiversité au niveau national. Ces efforts se manifestent aussi bien aux niveaux politique, légal, institutionnel que dans les interventions sur le terrain. Considérant les diverses avancées identifiées, il est évident que le profil de la biodiversité a positivement évolué pendant les 10 dernières années. Au niveau politique et légal : de nombreuses AP tant marines que terrestres ont été créées, délimitées et bornées à travers des arrêtés. Au niveau institutionnel : d‟une part il est créé la direction de la biodiversité ayant, entre autres, pour mission d‟assurer de la mise en œuvre des décisions de la CBD, d‟autre part, l‟ANAP est promue comme direction générale avec l‟autonomie et l‟autorité régalienne de prendre des décisions pour la protection des territoires à conserver et à protéger. Avec l‟existence de ces deux structures appuyées par certains partenaires, un ensemble de mesures ont été prises afin de répondre à quelques exigences de la Convention. En ce sens, de 2010 à 2018, de nouvelles aires protégées sont créées et déclarées. Entre 2010 et 2018, un total de 25 AP ont été délimitées, ce qui rapproche le pays vers l‟atteinte de l‟OAB11. Cependant, il reste encore des écarts à combler pour atteindre pleinement cet objectif. C‟est pour cela qu‟il est judicieux de prendre les dispositions nécessaires pour combler les écarts en termes de couvert du territoire en AP. Il faudra, d‟ici à 2021, ajouter au moins 284 550 ha sur les AP terrestres existant et 207450 ha sur les AP marins. Ces AP doivent être créées, délimitées et bornées. En vue de combler les écarts identifiés au regard de la mise en œuvre de l‟objectif 11 d‟Aichi sur les aires protégées, il a été déjà proposé dans le 5RN de compléter le SNAP terrestre et de mettre le cap vers un SNAP marin digne de son nom. L‟effectivité de cette progression peut se faire en capitalisant sur les AP potentielles qui ont déjà fait l‟objet d‟analyse et de validation par les différents acteurs notamment les organisations de la société civile spécialisées en biodiversité marine et côtière telles que Reef Check Haïti et FoProBim. Soulignons que 31 ZCB couvrant une superficie de 934 000 ha décrites par le CEPF font déjà partie de ces AP potentielles. Cependant pour que ces initiatives puissent s‟inscrire dans la durabilité, comme le veut la CBD d‟autres mesures en termes de gestion et de gouvernance doivent être prises. Notons que des 25 AP existant, seulement 4 de sont munies de leur plan de gestion, outil indispensable à la gestion durable des ressources naturelles. C‟est un outil qui présente les éléments clés pour faire, entre autres, la prévention, la conciliation et l‟arbitrage et la négociation au sein de ces aires protégées. Et seulement une, l‟Unité 2 de la Forêt des Pins dispose d‟une unité de gestion. Au niveau des interventions sur le terrain : plusieurs actions sont menées par les acteurs qui touchent d‟une certaine manière la gestion et la conservation de la biodiversité que ce soit dans le cadre 153 de la mise en œuvre des conventions internationales ratifiées par le pays sur la gestion durable des terres, les changements climatiques, etc. La plupart de ces actions vont dans le sens de la gestion des ressources naturelles, la protection des terres, le reboisement ou la reforestation, de la formation ou de la sensibilisation, amélioration de la gouvernance environnementale, actions de résilience face au climat Cependant, les interventions de conservation de la biodiversité se font la plupart du temps de manière éparses et ne sont pas systématiquement intégrés dans un référentiel. Ceci pourrait s‟expliquer par le fait qu‟il n‟existe pas jusqu‟à date de stratégie nationale et de plan d‟action servant de référentiel de conservation de la biodiversité. Par ailleurs, ces efforts sont constamment sous la pression tant anthropique qu‟environnementale qui constitue de véritables menaces pour la survie et la pérennisation de certaines espèces, qui à force de dégradation et au fil du temps, voient disparaitre leurs habitats que ce soit au niveau terrestre, côtier que marin. D‟autres facteurs perturbateurs liés à l‟explosion de la population, l‟urbanisation anarchique affecte l‟équilibre écologique et l‟intégration de la biodiversité, facteurs indispensables à la survie, à la reproduction des espèces-, des ressources génétiques animales et végétales. L‟une des principales embuches auxquelles a fait face le 6RN est la disponibilité de données quantitatives et scientifiques. L‟inexistence de ces données a rendu ardu tout le processus d‟élaboration du rapport. Il s‟avère important que les universités rentent dans une dynamique systématique de recherche dans le domaine de la biodiversité, qui jusque-là se fait de manière sporadique. La mise en place de ces initiatives devra être accompagnée d‟actions de développement au travers de la mise en place, entre autres, d‟ateliers scientifiques, de consultations et d‟engagements des parties prenantes, d‟Études d‟Impact Environnementale simplifiées, de propositions de délimitations, de promulgation d‟arrêtés présidentiels de création, d‟arrangements de gestion, de proposition de gouvernance, etc. (MdE, 2016). Il est aussi judicieux de faire le renforcement du système de gouvernance. Ce système doit faire la promotion pour l‟intégration des femmes et la valorisation du savoir autochtone. En effet, la gouvernance de la biodiversité en Haïti demeure une nécessité. En comparant les AP existantes aux structures de gouvernance, il est évident qu‟il existe une grosse lacune à ce niveau. Dans le système de gouvernance environnementale haïtien, il manque plusieurs éléments importants. D‟une part l‟implication des femmes qui constituent un pilier indispensable, mais non valorisé, à l‟atteinte des ODD, si on considère l‟ampleur de leurs rôles au sein des communautés et leur importance dans la gestion des ressources naturelles. D‟autre part, la valorisation du savoir autochtone est un élément sur lequel il faudra accorder plus d‟attention si on considère son apport dans la pérennisation des valeurs, des moeurs et dans la conservation des espèces notamment les espèces médicinales. Les communautés de base qui sont en possession de ce savoir doivent être intégrées dans un cadre harmonisé de gestion et de gouvernance. 154 Cependant, à une échelle réduite, les différentes études de cas considérées dans le cadre de ce rapport ont quand même montré une certaine intégration des communautés de base dans la structure de gestion des AP concernées c‟est le cas de la Helvetas au niveau de l‟Unité 2 de la Forêt des Pins et des Lagons des Huitres, mais il n‟a pas été démontré comment leurs savoirs sont valorisés. En suivant la dynamique de création d‟AP dans laquelle le pays s‟est lancé, il est indispensable de mener des efforts supplémentaires en vue de renforcer la gouvernance du domaine. Cependant, au niveau des entités pour lesquelles ces structures sont présentes, il est difficile de démontrer, mis à part quelques exceptions, les progrès qui se font étant donné qu‟il n‟existe pas de systématisation de la gouvernance. Sur la base des résultats de ce rapport, le Ministère de l‟Environnement à travers la Direction de la Biodiversité s‟engage à élaborer et valider le SPANB 2019-2013 pour Haïti. Ce dernier devra intégrer les huit (8) objectifs nationaux identifiés ainsi que les indicateurs et cibles qui ont été proposés. Ces indicateurs fournissent un cadre pour évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs nationaux. Ils permettent de suivre progressivement les avancés qui y sont liées. Finalement, en termes de mobilisation de ressources, il a été constaté que les fonds pour la biodiversité auxquels Haïti en a accès ne sont pas encore établis au niveau national en dépit de son éligibilité. Il s‟agit particulièrement du Fonds Caribéen pour la Biodiversité (CBF). Pour accéder à ce fonds, le pays doit mettre en place un certain nombre de mécanismes notamment les aspects légaux, et le comité fonctionnel etc. De manière plus concrète, le pays doit prendre les dispositions pour établir le Fonds Fiduciaire National pour la Conservation (NCTF) qui serait le Fonds Haïtien pour la Biodiversité (FHB). Ce fonds permettra de mettre en œuvre des initiatives touchant l‟adaptation basée sur les écosystèmes selon une perspective de la montagne à la mer telles que les écosystèmes côtiers et marins, le reboisement, les zones riveraines, les pentes en amont en relation avec les écosystèmes côtiers / marins. D‟autres activités telles que la cartographie, la sécurité alimentaire, la pêche, la sensibilisation à la vulnérabilité, la politique/gouvernance, la réduction des risques des catastrophes, etc. sont aussi éligibles. 16. Perspectives : Comment aborder et concevoir l‟après 2020 pour Haïti avec les résultats du 6RN Afin de rendre efficace la gestion et la conservation de la biodiversité en Haïti, suite aux nombreux constats et observations faits lors de l‟élaboration du 6RN, plusieurs actions doivent être posées tant du côté de l‟ANAP, de la Direction Biodiversité, de leurs partenaires et des différents intervenants dans le domaine. Plusieurs lacunes en ont aussi été observées sur la base desquelles des mesures correctives devront être appliquées afin d‟atteindre les objectifs fixés. Ces mesures serviront de base à l‟élaboration de la stratégie et du plan d‟action national de la biodiversité. Plusieurs initiatives sont à prévoir : Campagne nationale de sensibilisation Il est fondamental qu‟une masse critique de la population locale soit sensibilisée au concept de la biodiversité et s‟approprie de son importance dans leur communauté. Cette activité pourrait s‟inscrire dans le cadre de cette vaste campagne que la DB va lancer d‟ici le début de l‟année 2019.Pour être réaliste, cette campagne peut prendre l‟aspect : 155 a) d‟ateliers régionaux et des focus groups où les acteurs seront ciblés en fonction de leurs intérêts dans la conservation de la biodiversité. Il est crucial que les collectivités locales, les écoles, les groupements religieux, les organisations communautaires, les organisations de femmes soient massivement touchés ; b) d‟émissions médiatisées au niveau local doivent être promues. Il est conseillé de traduire le 6RN en outil de vulgarisation utilisable dans les différentes activités de sensibilisation qui seront menées dans le cadre du SPANB. Il est donc indispensable de traduire cet outil préférablement en français et créole afin d‟en faire un document de sensibilisation accessible à toutes les catégories d‟acteurs. Afin d‟assurer un suivi systématique de la mise en œuvre du SPANB, la DB peut mettre en place un cadre de suivi systématique basé sur des indicateurs. Dans ce contexte, elle peut valoriser l‟utilisation d‟un outil qui permet de suivre l‟évolution des indicateurs. Il est proposé de valoriser ce cadre de suivi prenant en compte les Forces-directrices-Pression-Etat-Impact-Réponse (DPSIR) qui se focalise sur les méfaits causés à l‟environnement et comment y remédier. Le cadre DPSIR peut être utilisé à n‟importe quel niveau géographique pour répondre au besoin de données et informations environnementales fiables et pour rendre effectives des politiques de réponse visant à une meilleure gestion de l‟environnement. Systématisation de la recherche dans le domaine de la biodiversité L‟une des principales embuches auxquelles a fait face le 6RN est la disponibilité de données quantitatives et scientifiques. L‟inexistence de ces données a rendu ardu tout le processus d‟élaboration du rapport. Il s‟avère important de dynamiser la recherche dans le domaine de la biodiversité au niveau des Universités et Centres de recherche, qui jusque-là se fait de manière sporadique. Il est aussi important de valoriser et d‟appuyer les initiatives en cours notamment la mise en place du système d‟information environnemental et la plateforme Haitidata.org pour ne citer que ceux-là. Le PNUD devait appuyer le renforcement de ces structures dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national d‟adaptation (PNA) par exemple. Dans une perspective d‟avoir des informations nationales à jour et représentatives de la réalité du pays en matière de conservation de la biodiversité, il est recommandé de faire l‟inventaire national des espèces menacées et ne pas en tenir uniquement aux seules données fournies par l‟UICN. D‟autres initiatives sont à prendre en main par le Ministère de l‟Environnement et la Direction de la biodiversité en l‟occurrence la mise en place du système d‟information environnementale (SIE) appuyé par l‟ONU-Environnement et dont les données issues du 6RN doivent servir d‟éléments de base pour son alimentation. Un suivi doit être assuré è ce niveau avec ONU-Environnement. Des relations doivent être créées avec les universités et Centres de recherche afin de promouvoir le développement des études scientifiques dans le domaine. La Direction de la Biodiversité peut établir des partenariats avec ces institutions afin de développer des recherches dans le domaine. Mise en œuvre systématique des exigences de la CBD Il est recommandé que la Direction de la biodiversité, dont la mission essentielle est d‟assurer la mise en œuvre des exigences de la CBD, prenne les dispositions pour rendre disponibles, en temps et lieu, 156 les divers documents et rapports de communication dans le but de satisfaire les exigences de conformité du pays aux engagements pris dans ce cadre. Élaboration du SPANB 2019-2030 : ll est vivement conseillé que la Direction de la biodiversité prenne les dispositions nécessaires pour assurer l‟élaboration de la stratégie et du plan d‟action national de la biodiversité au cours de l‟année 2019, mais aussi sa mise en œuvre au cours des années à venir. Il est fortement recommandé que l‟équité genre soit mis en exergue dans la stratégie et qu‟il y a un mecanisme national de suivi de sa mise en œuvre. Mobilisation de ressources : Pour mettre en œuvre la SPANB et les recommandations faites dans le cadre du 6RN, il est crucial que des ressources soient mobilisées. Il est encouragé de mettre en place le Fonds Haïtien de la Biodiversité. Des dispositions doivent être prises pour mettre en place la base notamment les aspects légaux et administratifs en vue d‟avoir accès au Fonds Caribéen pour la Biodiversité. Il est aussi important de faire la promotion pour d‟autres types de fonds tels que le Haïti National Trust , un fonds privé géré par le secteur privé. 157 Références bibliographiques ANAP. 2017. The Protected Area of Managed Natural Resources of the Three Bays (PA3B) Management Plan 2017 Ŕ 2027, 159 p. Barker, H.D et Dardeau, W. S. 1930. La Flore d‟Haïti. Ben Swartley D., J. R. Toussaint. 2006. Haiti Country Analysis of Tropical Forestry and Biodiversity, 80 p. Birdlife International 2010. Important Bird Areas. 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University of Florid, USAID Haiti. Abstract: Inventory of the endemic species as well as the introduced species. Proposes recommendations for conservation of endemic species. 160 ANNEXES 161 Annexe A. Liste interventions touchant les aires protégées : 2009-2020 Projet Partenaires Calendrier techniques financiers et Partenaire de Description mise en œuvre Zone Alignement d‟intervention avec le PANA Aires protégées Système National des Aires protégées (SNAP) 2009-2014 PNUD GEF financièrement soutenable MdE ANAP Mise en place du National Système National des Aires protégées et de sa stratégie de financement, appui institutionnel à l'ANAP. Macaya. Sud Protection et gestion de l'aire protégée de Macaya Option3 Valorisation et conservation des ressources naturelles Option3 Valorisation et Parc Macaya conservation des ressources naturelles Protection et Forêt des Pins, Option3 Valorisation et gestion de l'aire Ouest Parc Forêt des pins (unité protégée de Forêt conservation 2013-2017 Helvetas Coop Suisse MdE des Pins, incluant des ressources II) un renforcement à naturelles l'ANAP La Visite Option3 Protection et Projet Auraucaria XXIMdE. (Direction Sud-Est Valorisation et gestion de l'aire Haïti. Phases I, II et III (Parc 2007-2012 Coop Espagnole départementale conservation protégée de la la visite) du Sud-est) des ressources Visite naturelles Trou Caïman Option3 Protection et Valorisation et Sud-Est Protection de Trou MdE (ANAP gestion de l'aire 2013-2015 Coop Espagnole conservation Caïman DDO) protégée de Trou des ressources Caïman naturelles Aire protégée Option3 Protection et marine des 3 Valorisation et gestion de l'aire Parc Marin des 3 Baies 2014-2016 BID MdE Baies, Nord- conservation protégée marine Est des ressources des 3 Baies naturelles Protection de 2 Belle Anse Option3 sites présentant un Sud-Est Valorisation et intérêt conservation environnemental Protection de 2 sites UE des ressources 2014-2016 MdE (ANAP) naturelles environnementaux Helvetas/AMS/Bucosil et touristique à Belle Anse : Cascade Pichon et Lagon des Huitres ONU Environnement- MdE, MARNDR, Mise en œuvre Sud et Grande Option3 Macaya Grand Sud 2015-2018 GEF CIAT d‟une approche Anse : AbricotBID (ONU2013-2017 Environnement) GEF/ MdE Norvège 162 écosystémique Jérémie, Valorisation et pour le Baradères et conservation développement du Cayemites, des ressources Grand Sud avec Macaya, Port naturelles Saint focalisation sur Salut, établissement des Jean du Sud aires protégée tout en appuyant l‟économie verte et la réduction des risques aux catastrophes Mise en œuvre Tiburon, Ile à d‟une approche Vache, Port écosystémique Salut, Saint pour la Côte Sud Jean du Sud avec focalisation Approche Approche écosystémique ONU Environnement sur établissement écosystémique 2017-2020 MdE, MARNDR des aires protégées pour la Côte Sud GEF pour la Côte tout en appuyant Sud l‟économie verte et la réduction des risques aux catastrophes Source : Extrait du document de compilation des projets des PTF du MdE. Version initiale, Marie Bonnard (2015), complétée par EB Civil (2017) 163 Les interventions/projets touchant la gestion des bassins versants Partenaires Partenaire de techniques et Description mise en œuvre financiers Calendrier Projets Zone Alignement d‟intervention avec le PANA Gestion des bassins versants Gestion durable Terres (GDT) des 2008-2012 PNUD Aménagement de bassin2014-2017 versants Helvetas Aménagement de bassin2012-2013 versants Helvetas Chaine Bonheur Compensation CO2 2012 2013 Contribuer à la National promotion d‟initiatives de GDT dans le souci de renforcer et de maintenir la productivité des MdE (Direct. Sols écosystèmes et les et Écosystèmes) fonctions écologiques à travers le renforcement des capacités et la promotion des principes de GDT. Gestion du bassin- Sud-Est versant de Verettes MdE (Direct. Sols (traitement de ravines, et Écosystèmes) création de comités de BV) Ouest FAO, MdE (Direction Aménagement de bassin du Sols et versant à Petit-Goâve Écosystèmes) - AVSI Treedom s.r.l. Activités pilotes de reboisement pour tester une méthode scientifique de suivi du taux de survie des plantules Priorité I Aménagement des BV et Conservation de sols. Priorité I Aménagement des BV et Conservation de sols. Priorité I Aménagement des BV et Conservation de sols. Priorité I Aménagement des BV et Conservation de sols. 164 Frontière Verte Corridor Biologique 20112013 20102014 Projet binational Libon 2011Verde 2015 Études et initiatives pilotes visant à promouvoir la durabilité 2011environnementale en 2014 République Dominicaine et en Haïti" Projet Binational Réserves de la Biosphère 2014La Selle / Jaragua- 2016 Enriquillo-Bahoruco Contribution au plan d'action national de lutte contre la désertification 2014(application de la 2019 convention des NU désertification). Reforestation et gestion Binational des ressources naturelles Nord-Est ONUMdE (Direction à la frontière nord Environnement/ des Forets) haïtien-dominicaine PNUD Norvège (Rivières Massacres et Pedernales) Intégration d'Haïti dans Binational le Corridor Biologique Caribéen pour la protection de la la ONU MdE (Direction biodiversité, réhabilitation de Environnement des Forets) l'environnement et le développement d'alternatives économiques. Binational Reboisement du bassin Nord-Est MdE, Ministère versant de Rio-Libon, sur GIZ de l'Agriculture les communes de Mont(BAC) Organisé, Carice, Lamiel AVSI UE GIZ FAO UE Activités de Sud reboisement, développement d'itinéraires techniques pour des cultures MdE (Direction environnementalement des Forets) durables (foresterie, café, etc…). Zone cible : zone tampon Parc Macaya et Parc Nalga de Marco en RD Sud-Est Binational Projet binational d'appui MdE au Massif de la Selle MdE Action contre la National désertification pour des moyens d'existence durables et des systèmes écologiques productifs et résilients dans 8 pays ACP/Composante Haïti Priorité I Aménagement des BV et Conservation de sols. Priorité I Aménagement des BV et Conservation de sols. Priorité I Aménagement des BV et Conservation de sols. Priorité I Aménagement des BV et Conservation de sols. Priorité I Aménagement des BV et Conservation de sols. Priorité I Aménagement des BV et Conservation de sols. 165 Projet de réduction des Binational Priorité I conflits d'utilisation Artibonite Aménagement Projet binational Oxfam Québec MdE haïtien et d'eau dans le bassin des BV et 2011-2014 Artibonito GEF / PNUD Dominicain versant binational de Conservation l'Artibonite de sols. Programme de micro- Nord Priorité I financements (max 50 Nord-Est Aménagement des BV et 000 USD) dotations à Sud Conservation destination des Artibonite organisations Centre de sols. Le MdE fait communautaires de base Sud partie du comité Small Grant Programme pour des activités de Nippes 2011-2018 PNUD GEF (SGP) de sélection des protection de projets l'environnement (changement climatique, protection biodiversité, dégradation des terres, gestion de l'eau, …) Projet de renforcement Ouest, Priorité I du secteur rural : Artibonite and Aménagement Chemonics MdE et Ministère reboisement, Mirebalais des BV et WINNER 2009-2014 infrastructure agricole, Conservation de l'agriculture USAID mécanisation agricole, de sols. appui au maraichage… Projet de renforcement Nord Priorité I de l'agriculture dans le Aménagement nord, incluant une des BV et composante Conservation renforcement des de sols. capacités du Le MdE peut être gouvernement haïtien, AVANSE 2013-2018 DAI USAID consulté au niveau local (Directions Départementales Agriculture et Environnement, BAC) et au niveau national. Réduction de la Sud Priorité I vulnérabilité des Aménagement populations dans le Sud, des BV et passant par l'appui dans Conservation la mise en place des de sols. MdE et de plans de cogestion l'agriculture hydrographique et 2013-2015 Norvège Ŕ ONU (Directions Terre Sud comité de gestion des Environnement départementales bassins versants et du Sud) aménagement des bassins versants (reboisement, aménagement de ravines, gabionnage) Source : Extrait du document de compilation des projets des PTF du MdE. Version initiale, Marie Bonnard (2015), complétée par EB Civil (2017) 166 Réduction de la vulnérabilité des populations dans le Sud, passant par l'appui dans la mise en place des MdE et de plans de cogestion 2013-2015 Norvège Ŕ ONU l'agriculture hydrographique et Environnement (Directions comité de gestion des départementales bassins versants et du Sud) aménagement des bassins versants (reboisement, aménagement de ravines, gabionnage) Terre Sud Feed the Future Chanje Lavi plantè Chemonics 2015-2018 USAID Mise en place et renforcement des comités locaux de MdE et MARNDR gestion de bassins versants, infrastructure agricole, appui à la production agricole Sud Priorité I Aménagement des BV et Conservation de sols. Priorité I Ouest, Artibonite and Aménagement Mirebalais des BV et conservation des Sols Source : Extrait du document de compilation des projets des PTF du MdE. Version initiale, Marie Bonnard (2015), complétée par EB Civil (2017) 167 Projet Calendrier Partenaires Partenaire de techniques et Description mise en œuvre financiers Zone d‟interventio n Alignement avec le PANA Zones côtières et marines Adaptation basée sur la gestion des écosystèmes De la 2015-2020 montagne à la mer : Parc Macaya, 3 Baies et Anse à Pitre PNUD GEF Adaptation Changement climatique en côtière PNUD GEF ACDI MdE MARNDR, CATIE, MPCE, OCB au zone 2011-2015 / MdE Renforcement de la résilience au changement 2013-2017 climatique et RRD en agriculture FAO GEF Mer Sud Ministères de l'Environnement, Norvège ONU Agriculture, Environnement Tourisme (Département Sud) 2013-2015 MdE et Ministère de l'Agriculture Améliorer la résilience Nord, Nord- Option3 des écosystèmes et des Est, Sud, Sud- Gestion des zones communautés côtières Est, Nippes, côtières aux changements Grand-Anse climatiques et aux Option 4 risques à travers Sécurité l'approche de la alimentaire montagne à la mer pour la conservation de la biodiversité et la gestion des bassins versants Appuyer les Option3 communautés côtières dans la capacité Gestion des zones d'adaptation au Sud côtières changement climatique Sud-Est Option 4 et renforcement Sécurité institutionnel DINEPA, alimentaire CNIGS, CNSA, MDE Amélioration de la résilience des Option3 agriculteurs et des Ouest Gestion des zones systèmes agro- Sud-Est côtières écologiques face à la variabilité du climat. Régénération des Option3 écosystèmes marins par Gestion des zones l'utilisation rationnelle côtières des ressources marines et utilisation d'un plan de gestion intégré à l'échelle du Sud 168 Mer Sud 2013-2015 Projet Pilote de Résilience au 2009-2015 changement climatique (PPRCC) Eco-DRR Caribbean Biodiversity (CMBP) 2013-2015 Marine Program 2014-2019 Régénération des écosystèmes marins par l'utilisation rationnelle des ressources marines et utilisation d'un plan de gestion intégré à l'échelle du Sud Etablissement du cadre général du PSRC, consistant en la construction d‟une démarche méthodologique d‟intégration de la résilience climatique BM, BID CIAT National dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la gestion des zones côtières et de la reconstruction qui soit adaptée au niveau d‟information disponible; Régénération des Ministères de écosystèmes marins par l'Environnement, UE, ONU l'utilisation rationnelle Agriculture, Sud Ŕ Port Environnement des ressources marines Tourisme Salut et utilisation d'un plan (Département de gestion intégré à Sud) l'échelle du Sud Ministères de l'Environnement, Norvège ONU- Agriculture, Environnement Tourisme (Département Sud) Nature Conservancy et MdE USAID Option3 Gestion des zones côtières Option3 Gestion des zones côtières Option4 Sécurité alimentaire Option3 Gestion des zones côtières Gestion Gestion des écosystèmes écosystèmes marins au Nord et Nordmarins niveau du Parc des trois est Baies Source : Extrait du document de compilation des projets des PTF du MdE. Version initiale, Marie Bonnard (2015), complétée par EB Civil (2017) 169 des Annexe B : Liste complète des menaces et des priorités identifiées par les parties prenantes SUD SUD‟EST NORD ET NORD-EST la surexploitation des la surexploitation des la surexploitation des ressources ressources forestières, ressources forestières halieutiques, la surexploitation des les maladies zoo Pollution ressources halieutiques, phytosanitaires, 1 2 les effets du changement la pollution climatique la fragmentation et l‟altération des habitas, 3 le manque d‟éducation 4 MENACES 5 la coupe excessive et le la fragmentation et le développement remblaiement des zones de l‟altération des zones côtières mangroves, habitats, Les espèces envahissantes exotiques 6 9 10 Éducation et sensibilisation 1 Restauration des Éducation et sensibilisation écosystèmes dégradés PRIORITÉS Conservation des espèces Éducation animales et végétales sensibilisation et Restauration mangroves des Mise en place d‟un cadre Valorisation des Reconstitution du système légal pour la protection de la plantes médicinales agroforesterie biodiversité en Haïti Restauration des mangroves 4 la coupe excessive et la coupe excessive et le le remblaiement des remblaiement des zones de zones de mangroves. mangroves le développement l‟érosion des zones côtières les espèces exotiques envahissantes les effets du changement climatique 8 3 des le développement des zones les espèces exotiques l‟altération des rivières envahissantes côtières 7 2 la surexploitation des la surexploitation des ressources forestières, ressources halieutiques, Mise en place d‟un cadre Mise en place d‟un légal pour la protection de la cadre légal pour la biodiversité en Haïti 170 protection de la biodiversité en Haïti Restauration des Promotion écosystèmes dégradés l‟écotourisme de Conservation des espèces animales et végétales 5 6 Promotion l‟écotourisme 7 Lutte contre les effets du Gouvernance changement climatique 8 9 Protection coralliens de Gestion des déchets Lutte contre les effets du changement climatique Gestion des déchets Lutte contre les effets Restauration des du changement écosystèmes dégradés climatique des récifs Contrôle des envahissantes espèces Valorisation médicinales plantes Protection des récifs Promotion de l‟écotourisme coralliens des Conservation des espèces animales et Gouvernance végétales 10 11 12 13 Restauration des Protection des récifs mangroves coralliens Contrôle des espèces Contrôle des espèces envahissantes envahissantes Valorisation des plantes médicinales 171 Annexe C : fiche de collecte de données Nom & prénoms : Institution : Fonction : Téléphone : Email : Date : LES OBJECTIFS NATIONAUX AU REGARD DES OAB ET DES ODD OAB 1 : Sensibilisation à la biodiversité 1. Avez-vous entrepris des activités de sensibilisation sur les questions liées à la biodiversité ? 2. Combien de campagnes de communication et de prévention ont été menées par votre institution autour de la biodiversité ? 3. Quelle est l‟estimation du nombre total d‟individus sensibilisés par le biais de ces campagnes ? 4. Ces activités relatives à la sensibilisation sont-elles efficaces pour influencer le changement de comportement des individus, des organisations et de gouvernements ? 5. Quel est le pourcentage de femme qui a été sensibilisé au cours de ces campagnes ? OAB 5 : Fragmentation et dégradation des habitats 1. Lien avec les ODD Lien avec les ODD Quelles mesures avez-vous prises afin de réduire la déforestation et la perte des habitats ? Quel est le nombre de plantules mises en terre ? 172 2. Combien de sites (habitats naturels) avez-vous protégés ? Et quelles sont les superficies ? 3. Quelles mesures doivent-être prises afin de réduire la dégradation et la fragmentation des habitats ? OAB 6 : Pêches durables 1. Quelles sont les actions entreprises pour la protection des ressources aquatiques ? 2. Avez-vous contribué à la protection des espèces menacées ? 3. Avez-vous contribué à la mise en place de plans de rétablissement pour les espèces épuisées ? Quelles espèces ? 4. Avez-vous contribué à la mise en place des aires marines protégées ? Quelle est la superficie ? 5. Quel est le pourcentage d‟habitats aquatiques qui est cartographié ? 6. Quelles sont les actions que vous avez prises contre la pollution côtière ? OAB 11 : Aires protégées 1. Quelle est la superficie de zones terrestres et d‟eaux intérieures protégées de 2011 à 2018 ? 2. Quelle est la superficie de zones marines et côtières protégées de 2011 à 2018 ? 3. La méthode de gestion des zones protégées est-elle efficace ? Lien avec les ODD Lien avec les ODD 173 4. Les zones protégées cartographiées ? sont-elles 5. Quels autres groupes ou parties prenantes sont impliqués dans la gestion des AP ? 6. Les peuples autochtones et les communautés locales sont-ils impliqués dans la gestion des AP de manière systématique ? 7. Les femmes sont-ils impliqués dans la gestion des AP de manière systématique ? À quel niveau ? OAB 12 : Espèces et extinctions 1. Quelles sont les mesures prises pour empêcher l'extinction des espèces menacées ? 2. Y a-t-il des espèces connues qui ont disparu depuis l‟adoption du Plan stratégique pour la biodiversité 20112020 ? 3. Quel est le pourcentage d‟espèces menacées ? 4. Quelles sont les espèces endémiques qui sont menacées ? 5. Quelles mesures sont prises pour faire face à ces menaces ? 6. Comment les principales menaces pesant sur les espèces ont-elles changé depuis 2010 ? OAB 14 : Services écosystémiques Lien avec les ODD Lien avec les ODD 174 1. Quelles sont les mesures prises pour protéger ou restaurer les écosystèmes qui fournissent des services essentiels, notamment des services relatifs à l'eau et ceux qui contribuent à la santé, aux moyens de subsistance et au bien-être ? 2. Les populations locales et les femmes sont-elles prises en compte dans les actions pour protéger et conserver les écosystèmes ? 3. Quelles sont les principales pressions subies par les écosystèmes fournissant des services essentiels pour le bien -être humain ? 4. Quel pourcentage de chaque écosystème est conservé grâce aux aires protégées ou autres moyens efficaces ? OAB 15 : Résilience, séquestration et restauration climatiques 1. Quelles sont les actions prises pour améliorer la résilience des écosystèmes face aux effets du changement climatique ? 2. Quelle est la superficie des habitats qui ont été restaurés par type d‟écosystème ? 3. Quels types d'activités de restauration sont utilisés et quelles sont leurs efficacités ? OAB 20 : Mobilisation des ressources Lien avec les ODD Lien avec les ODD Comment se fait la mobilisation des ressources financières pour la conservation de la biodiversité ? Les ressources ont-elles augmentées depuis 2010 ? 175 Annexe D : Espèces rares et endémiques menacées Annexe D-1 : Espèces rares et endémiques menacées associées au Parc Macaya Source: Woods et Harris, 1986 et rapports de référence à l'appui Plantes vasculaires Myrsina magnoliifolia, endémique, en voie de disparition Meliosoma abbreviata, Endémique, En voie de disparition Calycogonium torbecianus, Endémique, En voie de disparition, Tabebuia conferta, Endémique, En voie de disparition Brunfelsia picardae, endémique, en voie de disparition Orchidées Trop nombreux pour être répertoriés, mais 38 espèces endémiques du Massif de la Hotte, dans lesquelles se trouve le parc, et 58 espèces endémiques d'Hispaniola. Papillons Calisto loxias, Endémique, trouvé seulement dans le Massif de la Hotte Mollusques Vingt-trois espèces endémiques connues uniquement dans les environs immédiats du parc. Herpétofaune Eleutherodactylus ventrilineatusk, endémique; Grenouille plus 17 grenouilles, 11 lézards et 5 serpents. Des oiseaux Grèbe mineure, en voie de disparition Pétrel à tête noire, menacée Faucon à peau acérée, menacé Faucon pèlerin, rare. Hibou, rare et menacé Perroquet d'Hispaniola, rare et en voie de disparition Paruline à ailes blanches, rare et en voie de disparition Oiseau Antillais, Rare Moineau de Lincoln, Rare Trogon, en voie de disparition Mammifères Plagiodontia aedium "Zagouti", En danger Solenodon paradoxus, "Nez long", en voie de disparition 176 Annexe D-2 : : Espèces rares et endémiques menacées associées au Parc La Visite Source: Woods et Harris, 1986 et rapports de référence à l'appui Plantes vasculaires Les 35 espèces de plantes endémiques du parc, en particulier les espèces suivantes: Juniperus ekmanii Hypericum millefolium, Miconia rigidissima Gesneria hypoclada Siphocampylus caudatus Rondeletia dalmatien Papillons Calisto se limite au parc. Mollusques Trois espèces endémiques au parc. Herpétofaune Eleutherodactylus armstrongi Eleutherodactylus (grenouille) Wetmorena haetiana (Lézard) Des oiseaux Pétrel à coiffe noire, menacé Courte, Rare et Menacée Perroquet espagnol, rare et en voie de disparition Trogon espagnol, menacé Viréo à carreaux noirs, rare Paruline de Nashville, rare Paruline à ailes blanches, rare et en voie de disparition Euphonia à capuchon bleu, rare Moineau de Lincoln, Rare Paruline terrestre, en voie de disparition Trogon, en voie de disparition Mammifères Plagiodontia Aedium, Zagouti, "Menacée Espèce rare et endémique menacée associée à l‟habitat côtier et humide (Source: extrait du profil environnemental du pays (Ehrlich et al, 1987). Mangroves Bois boutonné, Conocarpus erecta Mangrove blanche, Laguncularia racemosa, Mangrove rouge, Rhizophora mangle Mangrove noire, Avicennia germinans 177 Reptiles Crocodile américain, Crocodylus acutus, En voie de disparition Tortue verte, Chelonia mydas, en voie de disparition Tortue imbriquée, Eretmochelys, imbricata, (Caray), En voie de disparition Tortue caouanne, Carreta caretta, en voie de disparition Oiseaux Flamant d'Amérique, Phoenicopterus ruber, En voie de disparition Spatule rosée, En voie de disparition Aigrette rouge, En voie de disparition Canard masqué, En voie de disparition Pigeon à couronne blanche, Columbia leucocgphala, en voie de disparition Faucon pèlerin, En voie de disparition Mammifères Lamantin antillais, en voie de disparition 178 Annexe E : Liste des espèces botaniques inscrites sur la Liste rouge de l‟UICN pour Haïti Celles indiquées en rouge ont été observées au sein du PN3B durant l‟inventaire de la végétation. N.B : Cette liste peut être consultée dans le document « Inventaire écologique de référence pour le Parc National des Trois Baies, en Haïti » 179 Annexe F : Les espèces menacées d‟Haïti contenues dans les zones clés de la Biodiversité Source : SAH et al 2011. Les zones clés de la Biodiversité d‟Haïti. 180 Source : SAH et al 2011. Les zones clés de la Biodiversité d‟Haïti. 181 Source : SAH et al 2011. Les zones clés de la Biodiversité d‟Haïti. 182 Source : SAH et al 2011. Les zones clés de la Biodiversité d‟Haïti. 183 Annexe G : Liste de la végétation en voie de disparition ayant besoin de protection Source : MARNDR/Direction Ressources Naturelles-Service de Protection de l‟Environnement et de la Faune. Nom Commun Français Famille Nom scientifique Abricotier Guttiferae Mammea americana Acajou, noix d‟acajou Anacardiaceae Anacardium occidentale Acajou Meliacea Swietenia mahogani Bois Campêche Leguminosae Hematoxylum campechianum Bois Chandelle Rutaceae Amyris balsamifera Bois Capab Rhamnaceae Colubrina arborescens et C. Reclinata Bois Pin Pinaceae Pinus occidentalis Blimblin Oxalidaceae Averrhoa bilimbi Cachiman La Chine Annonacea Annona cherimolia Caïmite Sapotaceae Chrysophyllum cainito Cèdre Meliaceae Cedrela odorata Cirouelle Anacardiaceae Spondias purpurea Chêne Bignoniacea Catalpa longissima Dalemarie Guttiferae Calophyllum calaba Divi-divi Leguminosae Caesalpinio coriaria Ebène Boraginaceae Rochefortia acanthophora Fromagier Bombacaceae Bombax tussacii Gaiac Zygophyllaceae Guaiacum officinale Grain ouary Leguminosea Canavalia obtusifolia Ilán-Ilán Annonaceae Cananga odorata Jaune d‟œuf Sapotaceae Lucuma domigensis Latanier chapeau Palmae Sabal causiarum Mancenillier Anacardiaceae Metopium toxiferum 184 Macoutouca Palmae Euterpe globosa Pomme zombi Euphorbiaceae Hippomane mancinella Mangle, Paletuvier Combretaceae Conocarpus erectus Mangle blanc Combretaceae Laguncularia racemosa Manglier rouge Rhizophoracea Rhizophora mangle Manglier petites feuilles, pativier Sapindaceae Dodonaea viscosa Mapou Bombacaceae Euterpe globosa Mapou zombi ; baobab Bombacaceae Adonsonia digitata Palme coyeau Palmae Coccothrinax argentea Catié Palmae Pseudophoenix vinifera Palmiste Palmae Roystonia regia Pomme cythère Anacardiaceae Spondias cytherea Raisin de Mer, raisinier Polygonaceae Coccoloba uvifera Romarin Euphorbiaceae Croton linearis Roucou, Roucouyier Bixaceae Bixa orellana Sapotille marron Sapotaceae Manilkara albesecens Tavernon Leguminosae Lysiloma latisiliqua Zicaque, Icaquier Rosaceae Chrysobalanus icaco 185 Annexe H : Diversité des espèces utilisées Annexe H-1: Diversité des plantes cultivées Source : MARNDR/Direction Ressources Naturelles-Service de Protection de l‟Environnement et de la Faune. Nom local Nom Latin Famille Variété Haricot 3 sp. Phaseolus sp. Papillionaceae 30 populations, très peu de variétés stables Pois inconnu Vigna sinensis Leguminoseae 4 Pois de souche Phaseolus linatus Leguminoseae 2 Petit pois Pisum sativum L. Fabaceae 3 Pois congo Cajamus sp Leguminoseae 2 Pistache Pistachia vera L. Anacardiaceae 3 Mais Zea mays Gramineae 6 Sorgo Sorghum bicolor Riz Oryza sativa Gramineae 10 Carotte Daucus carota Embellifères 3 Citronnelle Cymbopogon Citratus Labiaceae Persil Petroselinum satium Ambellifères Chou Brasica oleracea Betterave Beta vulgaris L. Chénophobiaceae Radis Raphanus sativus L. Brassicaceae Navet Brassica rapa L. Brassicaceae Tomate Solanum lycopersicum L Solanaceae Gingembre Zinziber offiinale (lis) Zingiberacées Gombo Hibiscus esculentus Malvaceae Cresson Nasturtium officinale Brassicaceae - Aubergine Solanum melongena L. Solanaceae 2 Piment Capsicum annuum Solanaceae 4 Concombre Ecballium elaterium (L.) Cucurbitaceae 3 Ail Allium sativum Liliaceae 6 4 Alia Banane 7 6 Musa paradisiaca Musaceae 8 186 Igname (5 sp) Dioscorea Spp Dioscoreaceae 70 Patate douce Ipomea batatas Convolvulaceae 12 Pomme de terre (1 sp) Solanum tuberosum Solanaceae 10 Avocat Persea americana Lauraceae Taro (2 sp) Colocasia esculenta (L.) Araceae 14 Manioc (2 sp) Manihot esculentum Euphorbiaceae 125 Canne-à-Sucre Saccharum officinarum L Poaceae 50 Herbes 35 Pêche Mango Mangifera indica Anacardiers 158 Citron Citrus limonium Rutaceae 3 Orange Délonix régia Leguminoseae 3 Chadèque Citrus máxima Rutaceae 1 Ananas Ananas sativus Broméliaceae 2 Papaye Carica papaya Caricaceae Abricot Prunus americana Rosaceae 1 Mirliton Apium graveolens L. Apiaceae 3 Café Coffea arabica Linné Rubiaceae 4 Cacao Theobroma cacao Bignoniaceae -- Potiron Cucurbita máxima Cucurbitaceae Cocotier Cocos nucifera Arecaceae 9 Coton Gossypium sp Malvaceae 3 Melon Cucumis melo Cucurbitaceae -- 187 Annexe H-2: Profil des champignons en fonction des milieux de développement. Source : MARNDR/Direction Ressources Naturelles-Service de Protection de l‟Environnement et de la Faune. Type de Noms Scientifiques Milieu de développement Utilisation Djondjon Drosophila sp. Souche d‟arbre Comestible Morille Mauricula sp. Milieu forestier ouvert Comestible cuit Girolle Giroilla sp. Milieu forestier ouvert Comestible Cèpe ou Bolet Boletus sp. Milieu Forestier fermé - Fistule Fistula hepatica Tronc des palmachristi - Russule hémétique Russula sp. Milieu forestier fermé Vénéneux Amanite phalloïde Amanites sp. - - Champignons Les fruits sauvages sont : le fraisier, le framboisier et le pêcher 188 Annexe H-3: Les produits forestiers non ligneux. Source : MARNDR/Direction Ressources Naturelles-Service de Protection de l‟Environnement et de la Faune. Nom vulgaire Nom scientifique Partie de la plante Quantité/litre d'eau utilisée bouillie Bois dine Eugenia fragram feuille 5-7 (Feuilles) Camomille Gnaphalium viscosum Rameau feuillé 1-2 (branches) Lanni Foeniculum vulgare Rameau feuillé 4-6 (branches) Appetit Drymaria cordata Rameau feuillé 1-2 (branches) Orègle Plectranthus amboinicus Rameau feuillé 3-4 (branches) Géranium Pelargonium hortorum Feuillé 6-8 (feuilles) Zo douvan Eugenia Crenulata Rameau feuillé 3-4 (branches) Ecorce feuillée 3-5 grammes Cannelle doux 189 Annexe I. Diversité des espèces de la Réserve Écologique Wynn Farm Annexe I-1. Diversité de la flore No Genre Espèce Famille Nom Française Nom Kreyol Nom Anglais 1 Acacia mearnsii Leguminosae Acacia Akasya Acacia 2 Acacia melanoxylon Leguminosae Acacia noir Akasya Blackwood acacia 3 Acacia scleroxyla Leguminosae Tendre a caillou Akasya mimoza Acacia 4 Achillea canadensis Asteraceae Solidago Solidago Golden rod 5 Aechmea comosus Bromeliaceae Ananas Anana Pineapple 6 Aechmea fasciata Bromeliaceae Bromeliad Bwomelyad Bromeliad 7 Aechmea nudicaulis Bromeliaceae Bromeliad Bwomelyad Bromeliad 8 Agapanthus africanus Amaryllidaceae Lys Lis ble Lilly of the Nile 9 Agave rigida Asparagaceae Pitre sisal Pit Sisal 10 Agave brevispina Asparagaceae Agave Galata Agave 11 Allium cepa Amaryllidaceae Ognion Zonyon Onion 12 Allium schoenoprasum Amaryllidaceae Ciboulette Siboulet Chives 13 Alnus acuminata Betulaceae Aulne 14 Alocacia (colocacia) esculenta Araceae Tayo Malanga de pal Taro 15 Aloe vera Asphodelaceae(liliaceae) Aloes Lalwa Aloe 16 Aloe spinosisme Liliaceae Aloes epinephrine Lalwa pikan Spiky aloe 17 Amaranthus spinosus Amaranthaceae Epinard Tassel amaranth 18 Amaranthus dubius Amaranthaceae Amaranthe Zepina Zepina peyi 19 Anona cherimola Annonaceae Cherimoya Cachiman lachin Cherimoya 20 Anthurium andraeanum Araceae Anthurium Antiryom Anthurium 21 Apium graveolens Umbelifereae Celeri Seleri Celery Alnus Amaranth 190 22 Araucaria heterophylla excelsa Pinnaceae Araucaria Awokarya Norfolk pine 23 Artemisia absinthium Compositeae Absinthe Absent Wormwood 24 Artemisia annua Compositeae Armoise Amwaz Chinese wormwood 25 Arthroslylidium haitiense Poaceae Lianne a scie Lyann a si 26 Asclepias syriaca Asclepiadoideae Asclepiade commun 27 Asparagus densiflorus Asparagaceae Queue de renard Ke rena Foxtail asparagus 28 Asparagus plumosus Liliaceae Asperge Aspej Asparagus 29 Asparagus sprengeri Liliaceae Asperge Aspej Asparagus 30 auricula-judae Auriculaeaceae Djon djon zorey Judas ear mushroom 31 Auricularia Bambusa textilis Gramineae Bambou Banbou Bamboo 32 Bambusa multiplex Poaceae Banboo multiplex Banbou Multiplex bamboo 33 Bambusa nana Poaceae 34 Bambusa vulgaris Poaceae Banboo commun Banbou peyi Common bamboo 35 Bambusa Lako Poaceae Banboo noir Banbou nwa Black bamboo 36 Bambusa multiplex falcata Poaceae Banboo nain No Genre Espèce Famille Nom Français 37 Begonia pustulata Egoniaceae Begonia argente 38 Begonia richmondensis alba Begoniaceae Begonia Begonya Begonia 39 Beta vulgaris Chenopodiaceae Betterave Betwouj 40 Boconia frutescens Celandine Bwa kodinn 41 Bougainvillea glabra Papaveraceae Allioniacea Beet John crow bush Bougainvillie Bougenvilye Bougainvillea 42 Bromelia pinguin Bromelliaceae Bromeliad Bayonet pengwen Bromeliad pinguin 43 Bryophylum pinnatum Crassulaceae Kalanchoe Fey lougarou Kalenchoe 44 Buddleja madagascariense Loganiaceae Buddleia 45 Caesalpinia Sepiaria Leguminosae 46 Calendula officinalis Compositeae Common milkweed Fine leaf bamboo Himalayan bamboo Nom Kreyol Nom Anglais Silver begonia Butterflyl bush Ti janvye Calendula Kalendula Pot marigold 191 47 Calliandra calothyrsus Leguminosae Calliandra Kaliandra Calliandra 48 Calliandra portoricensis Leguminosae 49 Canna Coccinea Cannacea Canna rouge Sagou marron Red canna 50 Canna domingensis Cannacea Canna jaune Bannann zonbi Yellow canna 51 Capsicum annuum Solanaceae Piment piman pike Hot peppers 52 Carica papaya Caricaceae Papaye Papay Papaya 53 Castaneda dentata Fagaceae Chataigne Nwa American chestnut 54 Centella asiatica Apiaceae Gotu kola 56 Cesalpinia sepiaria Leguminosae 57 Chenopodium ambroides Chenopodiaceae Semen contract Simen kontra Worm seed 58 Chrysopogon zizanioides Poaceae Vetiver Vetive Vetiver 59 Citrus maxima Rutaceae Pamplemousse Chadek Pumelo 60 Citrus aurantifolia Rutaceae Citron Sitwon Key lime 61 Citrus aurantium Rutaceae Orange aigre Zoranj si Bitter Orange 62 Citrus sinensis Rutaceae Orange sucree Zoranj dous Sweet orange 63 Cleodendron fragrans Hydranjeaceae Hortensia Otansya Hortensia 64 Clerodendron fallax Verbenaceae Corail Koray 65 Clidemia hirta Melastomaceae Miconia Geri Vit Miconia 66 Coffea arabica Rubiaceae Cafe Kafe Coffee 67 Colocasia (Alocacia) esculenta Araceae Malanga Malanga de pal Taro 68 Crinum amabile (asiaticum) Amaryllidaceae Lys geante Gwo lis Giant purple lily 69 Crinum palustre Amaryllidaceae 70 Cucurbita moschatta Cucurbitaceae Giromont Joumou Pumpkin 71 Cuphea platycentra Lithraceae Cuphea Kofya Firefly 72 Cuphea hyssopifolia Lythraceae Bruyere 73 Curcuma longa Zingebiraceae Curcuma Pennywort Ti janvye Zonyon dilin Mexican heather Safran Turmeric 192 No Genre Espèce Famille Nom Français Nom Kreyol Nom Anglais 74 Cyathea arborea Cyatheaceae (filices) Fougère Arborescente Foujè Tree fern 75 Cymbopogon citratus Poaceae Citronelle Sitwonel Lemon grass 76 Cynara ascolymus Compositeae Aticho Artichoke 77 Cynodon plechtostachyus Gramineae/Poaceae Artichaut Herbe étoile africaine Zeb zetwal Afriken African star grass 78 Cynodon dactylon Gramineae Herbe chiendent Zeb chyendan Bermuda grass 79 Cyphromandra betaceae Solanaceae Arbre tomate Tamarillo Tree tomato 80 Dahlia pinnata Compositeae Dahlia Dalya Dahlia 81 Datura suaveolens Solanaceae Datura Kloch Angel's trumpet 82 Daucus carotta Umbellifereae Dentelle de reine anne Kawot mawon Queen anne's lace 83 Dendrocalamus gigantea Poaceae Banbou geant Banbou jeyan Giant bamboo 84 Dendropogon eusneoides Bromeliaceae Mouse espagnole Bab panyol Spanish moss 85 Diffenbachia seguina Araceae Cannes a grater Chans Dumb cane 86 Diospyros kaki Eberaceae Kaki 87 Dovyalis caffra Salicaceae 88 indica Poaceae Pied de poule Zeb pye poule Indian goose grass 89 Eleusine Eryobotrya japonica Rosaceae Neffle Lokwat Loquat 90 Erythrina indica Leguminoseae (Fabaceae) Immortel Bwa imotel Erythrina 91 globulus Hyrtaceae Eucalyptus Kalyptus Eucalyptus 92 Eucalyptus Eucalyptus cinerea Myrtaceae Eucalyptus Kaliptis Eucalyptus 93 Eucalyptus maculata Myrtaceae Eucalyptus Kaliptis Eucalyptus 94 Eucharis grandiflora Amaryllidaceae Lys Eucharis Lis blan Amazon Lily 95 Eugenia jambos Myrtaceae Pomme rose Pom woz Rose apple 96 Euphorbia hirta Euphorbiaceae Malnommé Malnome Pill bearing spurge 97 Euphorbia tirucalli Euphorbiaceae Plante crayon Persimmon Milk bush 193 98 Ficus carica Araceae Figue Fig Fig 99 Ficus retusa Moraceae Ficus Fikis Ficus 100 Ficus 101 Foeniculum pumila Moraceae Lierre petite feuille Lye ti fey Ficus ivy vulgare Umbelifereae Fenouille Lanni Fennel 102 Fragaria 103 Fuchsia vesca Rosaceae Fraise des bois Frez Wild strawberry pringsheimii Onagraceae Fuchsia Fishya Fuchsia 104 Fuchsia triphylla Onagraceae Fuchsia Fishya Fuchsia 105 Fumaria 106 Gardenia officinalis Papaveraceae Fume terre jasminoides Rubiaceae Gardenia Gardenia Gardenia 107 Gnaphalium viscosum Compositeae Chamomille Pays Kamomiy peyi Chamomille 108 Grevillea robusta Proteaceae Bois de Soie Gravilya Silk wood Bromeliaceae Bromeliade Bwomelyad Bromeliad 109 Guzmania Fumitory No Genre Espèce Famille Nom Français Nom Kreyol Nom Anglais 110 Heliconia 111 Hibiscus bihai Musaceae Heliconia Bannann mawon Heliconia rosa-sinensis Malvaceae Hibiscus Choublak Hibiscus 112 Hibiscus schizopetalus Malvaceae Hibiscus Choublak Hibiscus 113 Hortensia 114 Hydrandgea clerodendron fragrans Hydrangeaceae Clerodendron macrophyla Hydranjeaceae Hydrangea Otansya Hydrangea 115 Hypeastrum 116 Hypericum vittatum Amaryllidaceae Lys Lis Lilly perforatum Gutifereae Millepertui St. John's wart 117 Ilex 118 Ipomea fuertesiana Aquifoliaceae Hue Holly Batatas Convolvulaceae Patate douce Patat Sweet potato 119 Laurus mobilis Lauraceae. Laurier Lorye Bay laurel 120 Lavendula officinale Lamiaceae Lavendre Lavan Lavender 121 Lepidium 122 Leuceana virginicum Brassicaceae Cresson danois Kreson danwa Wild cress Leucocephala Leguminoseae Leucena Grenn delen Leucena Clerodendrum 194 123 Ligustrum lucidum Oleaceae Trôen Djimpa Privet No Genre Espèce Famille Nom Français Nom Kreyol Nom Anglais 124 Linum 125 Macadamia usitatissimum Linaceae Lin Len Common flax heterophylla Proteaceae Macadame Nwa makadamya Macadamia 126 Malus pumila Rosaceae Pomme Pom Apple 127 Maranta Arundinaceae Zingiberaceae Araroot Arawout Arrowroot 128 Melalotis 129 Melisse minutifolia Boaceae officinale Labiateae Melisse Melis Lemon balm spicata Labiatese Menthe Ti bonm Spearmint piperita Labiateae Menthe Mant Pepermint 132 Mercurialis 133 Mirabilis annua Euphorbiaceae Mercuriel Fey bouton jalapa Nyctaginaceae Belle de nuit Bel de nwi Four O'clock 134 Monsterosa 135 Musa deliciosa Araceae Philodendron Filodendron Delicious monster paradisia Musaceae Bananne Plantain Bannann Plantain 136 Narcissus pseudonarcissus Amaryllidaceae Jonquille 137 Oreopanax 138 Passiflora capitatum Araliaceae Bois d'anjou Bwa danjou ligularis Passifloraceae Passiflore Grenadidya sikre Sweet passion fruit 139 Passiflora 140 Passiflora edulis Passifloraceae Passiflore Commun Grenadya si Passion fruit edulis Passifloraceae Fruit de la passion mauve Grenadya mov Purple grenadilla 141 Peireskia portulacifolia Cactaceae Epine du Christ Crown of thorns 143 Pentas 144 Pepino lanceolata Rubiaceae Pentas Pentas Pentas dulce Solanaceae Pepino Pepino Sweet pepino 145 Euphorbia milii 146 Persea portulacifolia Cactaceae Epine du Christ americana Lauraceae Avocat Zaboka Avocado No Genre Espèce Famille Nom Français Nom Kreyol Nom Anglais 147 Phyllostachys kwangsiensis Poaceae Banbou Banbou Bamboo 130 Mentha 131 Mentha Zeb Daffodil Crown of thorns 195 148 Phyllostachys 149 Physalis aurea Poaceae Banbou chinois Banbou chinwa Fish pole bamboo angulata Solanaceae Battre autour Matoto Cape gooseberry 150 Pilea 151 Pinus microphylla Urticaceae Kasezo Artillery plant caribaea caribaea Pinaceae Pin de la Caraibe Pye Pen Caribbean pine 152 Pinus 153 Pinus caribea bahamensi Pinaceae Pin de bahamas Pye Pen Bahamian pine caribea hondurensis Pinaceae Pin de l'Honduras Pye Pen Honduran pine 154 Pinus elliottii Pinaceae Pin à aiguille longue Pye Pen Slash Pine 155 Pinus khasya Pinaceae Pye Pen Pine 156 Pinus occidentalis Pinaceae Pin occidental Sapen Occidental pine 157 Pinus oocarpa Pinaceae Pin Pye Pen Mexican Yellow Pine 158 Pinus patula Pinaceae Pin patula Pye Pen Patula Pine 159 Pinus 160 Pinus radiata Pinaceae Pin de Monterey Pye Pen Monterey pine taeda Pinaceae 161 Pinus 162 Piper tecunumanii Pinaceae Pin Pye Pen Pine umbelatum Piperaceae Kava Kava Fey a kè Kava Kava 163 Piper aduncum Melatomaceae 164 Pisonia 165 Plantago aculeata Nyctaginaceae Croc chien Kwok chyen Pisonia lanceolata Plantaginaceae Plantain Chèz dodin Plantain 166 Plantago major Plantaginaceae Plantain Planten Plantain 167 Pluchea 168 Plumbago odorata Asteraceae carpensis Plumbaginaceae 169 Potomorphe umbellata Piperaceae 170 Prunella 171 Prunus vulgaris Labiatae persica Rosaceae Pèche Pèch Peach 172 Prunus domestica Rosaceae Prune Prinn Plum 173 Prunus serotina Rosaceae Cerise capuli Seriz Capuli cherry Loblolly pine Bwa majo, kayimit mawon Camasey Blue plumbago Fey a kè Kava kava Self-heal 196 174 Psidium 175 Pteridium guajava Myrtaceae Guayave Gwayav Guava aquilinum Dennsteadtiaceae Fougère Fougè Bracken fern 176 Randia aculeata Rubiaceae 177 Rata graveolens Rutaceae Rue Wou Rue 178 Renealmia 179 Ricinus aromatica Zingebiraceae Gingembe marron Jenjanm mawon Wild ginger communis Euphorbiaceae Ricin Maskriti Castor bean 180 Rosa eglanteria (rubiginosa) Rosaceae Eglantier Eglantye Sweet brier 181 Rosa sp Rosaceae Rose Woz Rose 182 Rosemarinus officinale Labiateae Romarin Womaren Rosemary No Genre Espèce Famille Nom Français Nom Kreyol Nom Anglais 183 Rubus Albescens Rosaceae Framboise Mi Raspberry 184 Rubus jamaicensis Rosaceae Mure Mi Blackberry 185 Rubus 186 Ruellia glaucus Rosaceae Mure Mi Andies berry brittoniana Acanthaceae Fleur petard Fle Peta Mexican Petunia 187 Rumex 188 Salvia crispus Polygonaceae Patience Pasyans Yellow dock paschyphylla Menthaceae Sauge geante 189 Sambucus 190 Sansevieria nigra (canadensis) Caprifoliaceae Sureau Fle Siwo guineensis Liliaceae Sansevieria Zorèy bourik 191 Sechium 192 Sisymbrium edule Cucurbitaceae Christophine Militon Chayote officinale Brassicaceae Moutarde Moutad mawon Wild mustard 193 Solanum tuberosum Solanaceae Pomme de terre Pomtè Potatoe 194 Solanum 195 Solanum nigrum americanum Solanaceae Lanmant Lanman Black nightshade quitoense Solanaceae Naranjilla 196 Solidago canadensis Compositeae Solidago Solidago Golden rod 197 Sorghum 198 Stachytarpheta halepense Poaceae Herbe de Cuba Zèb yagidi Johnson grass jamaicensis Verbenaceae Vervaine Vèvèn Verbena Kwok chyen Giant sage Elderberry Naranjilla 197 199 Stellaria 200 Strelitzia media Caryophyllaceae Cresson danwa Chickweed regina Musaceae L'oiseau du paradis Zwazo di paradi Bird of paradise 201 Symphytum officinale Boraginaceae Consoudre Boraj Comfrey 202 Syzygium 203 Taraxacum samarangense Myrtaceae Pomme d'amour officinale Compositeae Pisenlit 204 Trifolium pratense Leguminoseae Trefle rouge 205 Tropaeolum majus Tropaeolaceae Capucine Kapisin Nasturtium 206 Urginea 207 Urtica maritima Lilliaceae Sauille Zonyon dilinn Squill dioica Urticaceae Ortie Oti Nettle 208 Verbascum 209 Vinca thapsus Scrofulaceae Bouillon blan Molen Mullein major Apocynacées Pervanche 210 Weinmannia 211 Zantedeschia tinctoria Cunoniaceae ethiopica Araceae Arum Kala Cala Lily 212 Zea mays Poaceae Mais Mayi Corn Java apple Pisanni Dandelion Red clover Variegated vinca 198 Annexe I-2. Diversité de la faune 199

Kijan pou site

Ministère de l'Environnement (MDE), 2019, Sizyèm rapò nasyonal sou divèsite biyolojik Ayiti, https://www.cbd.int/doc/nr/nr-06/ht-nr-06-fr.pdf

Moun oswa enstitisyon ki gen dwa yo
Ministère de l'Environnement (MDE)