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RÉPUBLIQUE D‟HAÏTI
MINISTÈRE DE L‟ENVIRONNEMENT
Direction de la Biodiversité
SIXIÈME RAPPORT NATIONAL SUR LA BIODIVERSITÉ D‟HAÏTI
© SAH
© REWF
© ONU-Environnement
"Only after the last tree has been cut down.
Only after the last river has been poisoned.
Only after the last fish has been caught.
Only then will you find that money cannot be eaten".
(Native Cree Prophecy)
Dr. Daniel Schoen, Prof. at McGill University
Avril 2019
ii
Préface du Ministre de l‟Environnement
Lors de la Conférence des Nations Unies sur l‟Environnement et le Développent (plus connue
sous le nom de Sommet de la Terre) à Rio de Janeiro en 1992, un traité international dénommé
Convention sur la Diversité Biologique a vu le jour dans l‟objectif de réduire le rythme
alarmant de perte des ressources biologiques à l‟échelle mondiale face aux différentes menaces
qui pèsent sur les espèces et les écosystèmes. L‟adoption de cette convention par de nombreux
pays, marquait un tournant décisif au niveau international en termes d‟engament par rapport à la
protection de biodiversité. Le 13 Juin 1992, Haïti figurait parmi les pays signataires de la
Convention sur la Diversité Biologique. Cet acte traduisait déjà la volonté d‟Haïti de s‟aligner
sur la dynamique internationale en termes de protection de la biodiversité. Cette volonté s‟est
renforcée avec la ratification par Haïti quatre (4) ans plus tard, soit en 1996, de la Convention
sur la Diversité Biologique. Dès lors, un ensemble de mesures a été pris par les différents
gouvernements qui se sont succédés pour mettre en œuvre la convention, avec des ressources
limitées.
En tant que Partie, et conformément à l‟article 26 de la convention sur la diversité biologique,
Haïti s‟est engagée à élaborer des rapports nationaux pour apprécier ou évaluer les progrès
accomplis dans le cadre de l‟application de cette convention.
Le sixième (6e) rapport national qui vient d‟être élaboré, est le fruit d‟une large consultation
tant au niveau national que local, avec tous les acteurs impliqués dans la conservation de la
biodiversité notamment, les institutions étatiques, les organisations non gouvernementales, la
société civile, les organisations communautaires et autres. Il fait ressortir l‟état des tendances de
la diversité biologique, des dangers qui la menacent avec des conséquences pour le bien être de
la population Haïtienne et des propositions claires pour une meilleure gestion de nos ressources
biologiques.
Les conclusions de ce rapport serviront à redéfinir de nouvelles stratégies pour asseoir des
actions plus cohérentes et efficaces pour freiner le phénomène d‟appauvrissement de la
biodiversité du pays et contribuer à l‟atteinte des trois objectifs de la convention qui sont la
conservation de la biodiversité ; l'utilisation durable de ses éléments et le partage juste et
équitable des avantages découlant de l'exploitation des ressources génétiques.
Le Ministère de l‟Environnement s‟engage et réaffirme sa ferme volonté pour faire de la
protection de la biodiversité son cheval de bataille pour renforcer la résilience des écosystèmes
et améliorer le bien-être de la population Haïtienne au bénéfice de toutes les formes de vie
existante sur l‟ensemble du territoire national.
iii
Équipe de réalisation et partenaires
Équipe de consultants
Edna BLANC CIVIL, Agro-environnementaliste, Consultante coordonnatrice à
l‟élaboration du 6RN. Montréal, Québec, Canada : ednablancivil@gmail.com
Jean-Philippe IRA, Consultant en appui à l‟élaboration du 6RN :
ijeanphilippe@yahoo.fr
Ministère de l‟Environnement/Direction Biodiversité:
Michelet LOUIS, Directeur de la Direction Biodiversité du MdE :
micheletagr@yahoo.fr
Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) :
Dorine JEAN-PAUL, Spécialiste de programme : dorine.jn.paul@undp.org
Sendy Augustin SALOMON, Coordonnateur de projet 6RN :
augustin.salomon@undp.org
Marion MARIGO, Responsable régionale de l‟élaboration des 6RN :
marion.marigo@undp.org
iv
Remerciements
Les auteurs du 6RN veulent vivement remercier toutes les institutions, les personnes-ressources dont
les noms apparaissent ci-dessous qui ont contribué pleinement à son élaboration et qui ont apporté
leur support à titre de collaborateurs direct ou indirect, pour leur soutien, pour leur participation
généreuse aux discussions lors des différentes rencontres, pour le précieux temps qu‟ils nous ont
accordé.
Ministères de l‟Environnement
Yolette Nicole Altidor
Michelet Louis
Christelle Jéhanne Théodore
Prénord Coudo
Directrice générale
Directeur, Direction Biodiversité
Cadre technique. Direction Biodiversité
Directeur technique de l‟ANAP
Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD)
Fernando Hiraldo
Représentant résident adjoint
Adeline Carrier
Chef d‟unité résilience
Dorine Jean-Paul
Spécialiste de programme
Sendy Augustin Salomon
Chef de projet 6RN
Marion Marigo
Responsable régionale
Nos remerciements vont tout particulièrement à l‟endroit des personnes et des institutions qui ont
délibérément fourni les informations pour la présentation des études de cas en l‟occurrence :
Réserve Écologique Wynne Farm
Jane Wynne
Responsable
Melissa Day
Responsable
Michard Beaujour
Cadre technique, chercheur
René Durocher
Chercheur
ONU-Environnement
Maximilien Pardo
Paul Judex Edouarzin
Gabriel Gelin
Chef de Bureau
Spécialiste de programme
Analyste de suivi
Société Audubon d‟Haïti :
Arnaud Dupuy
Jean-Mary Laurent
Directeur exécutif
Specialiste en gestion et conservation des écosystèmes aquatiques
HELVETAS Suisse
Seth Pierre
Chargé de programme
v
Table des matières
Préface du Ministre de l‟Environnement ........................................................................................iii
Équipe de réalisation et partenaires ............................................................................................... iv
Remerciements ................................................................................................................................v
Liste des sigles et abréviations .........................................................................................................x
Liste des tableaux .......................................................................................................................... xiii
Liste des figures ............................................................................................................................. xiv
Résumé exécutif ............................................................................................................................. xv
Contexte ..................................................................................................................................... xv
Méthodologie ............................................................................................................................ xix
Limites à l‟élaboration du 6RN .................................................................................................. xix
Résultats ..................................................................................................................................... xx
Conclusion et recommandations........................................................................................... xxviii
SECTION A : INTRODUCTION ........................................................................................................... 1
1.
Mise en contexte .................................................................................................................... 2
1.1. Situation géographique d‟Haïti............................................................................................. 3
1.2. Conservation et richesse de la biodiversité d‟Haïti .............................................................. 4
1.3. Présentation de la biodiversité au regard des groupes taxonomiques................................ 5
1.3.1. Flore .............................................................................................................................. 6
1.1.1.
Faune ....................................................................................................................... 7
1.1.2.
Mammifères ............................................................................................................ 8
1.1.3.
Oiseaux .................................................................................................................... 9
1.1.4.
Reptiles et Amphibiens.......................................................................................... 10
1.1.5.
Poisson................................................................................................................... 12
1.1.6.
Coraux et éponges ................................................................................................. 13
1.1.7.
Autres invertébrés ................................................................................................. 14
1.2.
Regard sur l‟indice d‟intégrité de la biodiversité en Haïti ............................................. 14
1.3.
Menaces sur la biodiversité d‟Haïti ............................................................................... 15
1.4.
Diversité de végétation sur le territoire national .......................................................... 18
2.
Méthodologie ....................................................................................................................... 19
2.1. Implication des Parties prenantes (PP) .............................................................................. 19
2.2. Rencontre avec les parties prenantes ................................................................................ 22
vi
2.3. Réalisation des ateliers régionaux...................................................................................... 22
2.4. Revue documentaire .......................................................................................................... 23
2.5. Les études de cas ou success-story .................................................................................... 23
3.
Limites à l‟élaboration du 6RN selon les orientations de la CBD.......................................... 23
4.
Structure et contenu du 6RN ................................................................................................ 24
5.
Situation d‟Haïti par rapport aux exigences de la CBD ......................................................... 25
6.
Processus d‟identification des objectifs nationaux pour la conservation de la biodiversité 25
6.1. Identification et détermination des objectifs nationaux : Processus................................. 25
6.2. Les menaces identifiées lors des différents ateliers régionaux.......................................... 26
6.3. Priorités nationales pour l‟élaboration de la SPANB 2019-2030........................................ 28
6.4. Les axes prioritaires retenus dans la stratégie intérimaire du 5RN ................................... 29
6.5. Les objectifs nationaux pour l‟élaboration du SPANB 2019-2030...................................... 29
SECTION B : BIODIVERSITÉ EN HAÏTI : ÉTAT ET ÉVOLUTION.......................................................... 42
7.
Progrès réalisés par Haïti au niveau de la conservation de la biodiversité .......................... 43
7.1. Au niveau de gouvernance : Initiative du gouvernement central...................................... 43
7.1.1. Cadre légal, institutionnel, règlementaire et stratégique .......................................... 43
7.2. Au niveau institutionnel ..................................................................................................... 45
8.
Évolution des aires protégées............................................................................................... 46
8.1. Situation des AP avant 2015............................................................................................... 46
8.2. Situation des AP déclarées après 2015 .............................................................................. 47
8.3. Répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées terrestres............................. 50
8.4. Répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées marines et côtières ............. 52
8.5. Progression des aires protégées au regard des objectifs d‟Aichi ....................................... 54
8.6. Emphase sur les AP marines potentielles........................................................................... 56
8.7. Les aires protégées du SNAP face à certains enjeux .......................................................... 57
8.8. Système de gouvernance actuel des AP............................................................................. 59
8.9. Le rôle des femmes dans la conservation de la biodiversité.............................................. 60
8.10. Particularités sur les écosystèmes de mangroves ............................................................ 61
SECTION C : INITIATIVES ENTREPRISES PAR LES ACTEURS DANS LA
CONSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ DE 2009 A 2018 AU REGARD DES OAB ET DES
ODD.............................................................................................................................................. 63
9.
Initiatives et intervention des acteurs dans la conservation de la biodiversité ................... 64
vii
9.1. Interventions des acteurs étatiques................................................................................... 65
9.2. Interventions des ONG nationales et internationales........................................................ 74
9.3. Interventions des partenaires de la coopération internationale ....................................... 83
9.4. Interventions au niveau des Universités et centres de recherche ..................................... 96
9.5. Synthèse des interventions des acteurs de 2009-2018...................................................... 98
SECTION D : ÉTUDES DE CAS............................................................................................... 102
10.
Étude de cas-1 : La Réserve Écologique Wynne Farm..................................................... 103
11.
Étude de cas-2 : Appui à la gestion des Aires marines protégées du Département du SudONU Environnement ................................................................................................................... 119
12.
Étude de cas 3 : Expérience de HELVETAS et de ses partenaires au Massif de la Selle .. 129
13.
Étude de cas-4 : Société Audubon Haïti : Cas de Grand Bois au massif de la Hotte ....... 139
SECTION E :
14.
PROFIL NATIONAL DE LA BIODIVERSITÉ .............................................................. 147
Profil du pays en matière de Biodiversité ....................................................................... 148
14.1. Principales pressions et facteurs de changement de la biodiversité ............................. 149
14.2. Mesures visant à améliorer la mise en œuvre de la Convention ................................... 149
14.2.1. Mise en œuvre du SPANB ....................................................................................... 149
14.3. Mesures prises pour atteindre les objectifs d'Aichi pour la biodiversité et des ODD.... 150
14.4. Mécanismes de soutien à la mise en œuvre nationale .................................................. 150
14.5. Mecanisme de suivi et d‟examen de la mise en œuvre ................................................. 150
14.6. Équité genre et conservation de la biodiversité............................................................. 151
SECTION F : CONCLUSION ET PERSPECTIVES ................................................................. 152
15.
Conclusion ....................................................................................................................... 153
16.
Perspectives : Comment aborder et concevoir l‟après 2020 pour Haïti avec les résultats
du 6RN155
Références bibliographiques ....................................................................................................... 158
ANNEXES .................................................................................................................................. 161
Annexe A. Liste interventions touchant les aires protégées : 2009-2020............................... 162
Annexe B : Liste complète des menaces et des priorités identifiées par les parties prenantes
................................................................................................................................................. 170
Annexe C : fiche de collecte de données................................................................................. 172
Annexe D : Espèces rares et endémiques menacées .............................................................. 176
Annexe D-1 : Espèces rares et endémiques menacées associées au Parc Macaya............ 176
viii
Annexe D-2 : : Espèces rares et endémiques menacées associées au Parc La Visite ........ 177
Annexe E : Liste des espèces botaniques inscrites sur la Liste rouge de l‟UICN pour Haïti .... 179
Annexe F : Les espèces menacées d‟Haïti contenues dans les zones clés de la Biodiversité.. 180
Annexe G : Liste de la végétation en voie de disparition ayant besoin de protection............ 184
Annexe H : Diversité des espèces utilisées.............................................................................. 186
Annexe H-1: Diversité des plantes cultivées....................................................................... 186
Annexe H-2: Profil des champignons en fonction des milieux de développement............ 188
Annexe H-3: Les produits forestiers non ligneux................................................................ 189
Annexe I. Diversité des espèces de la Réserve Écologique Wynn Farm.................................. 190
Annexe I-1. Diversité de la flore ......................................................................................... 190
Annexe I-2. Diversité de la faune........................................................................................ 199
ix
Liste des sigles et abréviations
5RN :
5e Rapport National sur la Biodiversité
6RN :
6e Rapport National sur la Biodiversité
ANAP :
Agence Nationale des Aires protégées
AP :
Aires protégées
APM :
Aires Marines protégées
AP3C-EU :
Appui à la Prise en compte du Changement climatique dans les Politiques nationales
ANARSE :
Autorité nationale de régulation du secteur énergétique
AVSI:
Association Volontaire pour le service international
BCA:
Boucle Centre-Artibonite
BID:
Banque Interaméricaine de Développement
BM:
Banque Mondiale
BNÉE:
Bureau National de l‟Évaluation Environnementale
BV :
Bassins Versants
CBD :
Convention sur la Biodiversité
CBF :
Fonds Caribéen pour la Biodiversité/Caribean Biodiversity Fund
CC :
Changement Climatique
CCNUCC :
Convention Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques
CDN :
Autorité nationale Désignée
CIAT :
Comité Interministériel d‟Aménagement du territoire
CNIGS :
Centre National de l‟Information Géo-Spatiale
CNCC :
Comité National sur le changement climatique
COP :
Conférence des Parties
DCC :
Direction Changement Climatique
DINEPA :
Direction nationale d‟Eau Potable et Assainissement
DPC :
Direction de la Protection Civile
DSNCRP :
Document stratégique National pour la croissance et la réduction de la pauvreté
EBA :
Adaptation basée sur les Écosystèmes/Ecosystem based Adaptation
FAO :
Programme Mondial pour l‟Agriculture
FEM/GEF :
Fonds Mondial pour l‟Environnement
FFNC/NCTF Fonds Fiduciaire National pour la Conservation/National Conservation Trust Fund
FHB/HBF :
Fonds Haïtien pour la Biodiversité/Haitian Biodiversity Fund
FOKAL :
Fondasyon Konesans ak Libète
FVC/GCF :
Fonds Vert pour le Climat/Green Climate Fund
x
GBO5 :
Global Biodiversity Outlook
GES :
Gaz à Effet de Serre
GIEC :
Groupe d‟Experts Intergouvernemental pour le Climat
GIZ :
Agence Allemande de coopération internationale
GTT :
Groupe Technique de Travail sur le changement climatique
GVT :
Gouvernement
IFAD/FIDA : Fonds International pour le Développement Agricole
IHSI:
Institut haïtien de Statistique et d‟Informatique
IIB :
Indice d‟Intégrité de la Biodiversité
LDCF :
Least Development Country Fund
MARNDR :
Ministère de l‟Agriculture des Ressources naturelles et du Développement Rural
MdE :
Ministère de l‟Environnement
MDP :
Mécanisme de Développement Propre
MdP :
Ministère du Tourisme
MEA :
Ministère des Affaires Étrangères
MPCE :
Ministère de la Planification et de la Coopération Externe
MTPTC :
Ministère des Travaux Publics, des Transports et des Communications
OAB :
Objectifs D‟Aichi pour la Biodiversité
ODD :
Objectifs du développement durable
OMD :
Objectifs du Millénaire pour le développement
ONG :
Organisation non gouvernementale
ONU :
Organisation des Nations-Unies
PAE :
Plan d‟action pour l‟environnement
PANA :
Plan d‟Action National d‟Adaptation
PDNA :
Évaluation des besoins poste-désastres/Post Disaster Needs Assessment
PIB :
Produits Intérieurs Bruts
PNA :
Plan National d‟Adaptation
PN3B :
Parc National des 3 Baies
PNCC :
Politique nationale sur le Changement climatique
PNGRD :
Plan national de Gestion des Risques et Désastres
PNUD :
Programme des Nations-Unies pour le développement
PNUE :
Programme des Nations-Unies pour l‟Environnement
PP :
Parties prenantes
PPCR :
Programme pilote pour la résilience climatique
PSE :
Paiement pour services écosystémiques
xi
PSC-CC :
Plateforme de la société civile sur les changements climatiques
PSDH :
Plan stratégique de Développement d‟Haïti
PTF :
Partenaires techniques et Financiers
PNC :
Première Communication nationale
REWF :
Réserve Écologique Wynn Farm
RN :
Ressources naturelles
SAH :
Société Audubon Haïti
SIE :
Système d‟informations environnementales
SNAP :
Système National des Aires protégées
SNC :
Deuxième communication nationale
SNGRD :
Système national de gestion des risques et désastres
SPANB :
Stratégie et Plan d‟action National pour la Biodiversité
TCN :
Troisième communication nationale
TNC :
The Nature Concervancy
UE :
Union Européenne
UICN :
Union Internationale pour la Conservation de la Nature
UniQ :
Université Quisqueya
USAID :
United States Agency for International Development
ZCB:
Zones clés de la Biodiversité
xii
Liste des tableaux
Tableau 1: Diversité des espèces et niveau de menaces des grands groupes taxonomiques en Haïti
17
Tableau 2 : Liste des Parties prenantes dans la conservation de la biodiversité et leurs zones
20
Tableau 3: État du suivi des exigences de la CBD
25
Tableau 4: Objectifs, cibles et indicateurs retenus pour l‟élaboration du SPANB 2019-2030
31
Tableau 5: Aires protégées terrestres, marines et côtières d‟Haïti en 2015
46
Tableau 6: Ensemble des aires protégées terrestres, marines et côtières délimitées de 2010 a 2018
48
Tableau 7: Répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées terrestres en 2018.
50
Tableau 8: Répartition de l‟ensemble des parcs et des AP marines et côtières selon leur superficie
52
Tableau 9: Valeur totale des services écosystémiques par site (mangroves et récifs coralliens)
53
Tableau 10 Synthèse de la progression des aires protégées en Haïti entre 2015 et 2018
54
Tableau 11 Proposition d‟Aires protégées à créer, délimiter et borner d'ici à 2021
55
Tableau 12: Système de gouvernance actuel des AP
60
Tableau 13: Initiatives entreprises par les acteurs dans la conservation de la biodiversité : 2009 à 2018 64
Tableau 14: Synthèse des interventions avec des données chiffrées de 2009 à 2018
98
xiii
Liste des figures
Figure 1: Carte de localisation d‟Haïti
3
Figure 2: Prédictions par rapport aux phénomènes extrêmes liés au changement climatique 2050-2090
4
Figure 3: Situation géographique des ZCB d‟Haïti (polygones rouges)
5
Figure 4: Hypoplectrus liberte
12
Figure 5: Carte d'indice d'intégrité de la biodiversité. 2016
15
Figure 6: Principaux problèmes environnementaux du 21è siècle
16
Figure 7: Carte occupation de sol (source cnigs. 1998)
18
Figure 8: Liste des menaces récurrentes sur la biodiversité
26
Figure 9: Carte couvert forestier d'Haïti en 2000
27
Figure 10: Carte de perte du couvert forestier d'Haïti entre 2000 et 2017
27
Figure 11: Carte des AP du SNAP d‟Haïti en 2018
47
Figure 12 Cartes des aires protégées terrestres en 2018
51
Figure 13: Carte aires protégées marines et côtières en 2018
53
Figure 14: Les AP potentielles proposées par les acteurs dans le cadre du 6RN toute catégorie confondue
55
Figure 15: Carte des sites des AP existantes et potentielles toute catégorie confondue (en pourpre : sites
existants, en vert : sites potentiels, en rouge : sites non encore catégorisés
56
Figure 16: Carte des sites des AP marines existantes et potentielles
57
Figure 17: Carte des AP existantes et potentielles au regard de l‟indice d‟intégrité de la biodiversité
58
Figure 18: Carte des AP existantes et des AP potentielles au regard de l‟empreinte
59
Figure 19: Carte sur les zones de mangrove en Haïti et zoom sur le Salé Flood way dans l‟Artibonite.
62
xiv
Résumé exécutif
Contexte
En août 1996, Haïti a ratifié la convention sur la biodiversité. Cette convention adoptée le 22 mai 1992,
à la Conférence de Nairobi, la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) a été inspirée par
l‟engagement de la communauté internationale au développement durable (CBD 1992). En tant que
signataire de cette convention, Haïti a pour obligation de rendre compte au niveau international de ses
contributions aux efforts mondiaux pour la sauvegarde de la biodiversité et, au niveau national, de
mieux raisonner et gérer l‟ensemble de ses ressources et espaces naturels qui constituent l‟ensemble
des écosystèmes et zones de vie pour la flore et la faune.
Sous l‟égide de la Convention sur la Biodiversité (CBD), les Partis ont adopté une Stratégie et un Plan
d‟action pour la biodiversité (SPANB 2011-2020), lors de la dixième conférence des Parties (COP10)
à Nagoya au Japon en 2010. Cette stratégie est articulée autour de 20 objectifs dits Objectifs d‟Aichi
pour la Biodiversité (OAB), à atteindre d‟ici 2020 au niveau mondial, desquels seraient établis des
objectifs régionaux ou nationaux supplémentaires qui contribuent à la réalisation de ces objectifs
mondiaux, mais qui reflètent plus précisément les besoins et les priorités du pays concerné. (CBD et
Al. 2018).
Dans le but d‟évaluer les progrès réalisés par le pays le secrétariat de la CBD met en place plusieurs
outils de suivi en l‟occurrence les Stratégies et plans d'action nationaux pour la diversité biologique
(SPANB). Si ces dernières représentent l‟outil clé pour évaluer l‟atteinte des objectifs aux niveaux
national et mondial pour dans la mise en œuvre d‟actions capables de parvenir aux objectifs nationaux
ainsi que leurs impacts, les rapports nationaux sont par ailleurs, un cadre de suivi de mise en œuvre et
de conformité aux obligations des pays face au secrétariat de la Convention. Ils doivent être soumis
périodiquement au secrétariat de la CBD (CBD, article 26).
Dans cette perspective, ce sixième rapport national (6RN) sur la diversité biologique devait comprendre
1)un examen final de l‟état d‟avancement de la mise en œuvre du Plan stratégique pour la diversité
biologique 2011 2020, 2) présenter les progrès accomplis de la réalisation des OAB, y compris les
objectifs nationaux pertinents, fondés sur des informations relatives à la mise en œuvre des stratégies
et plans d‟action nationaux pour la biodiversité et autres mesures prises pour appliquer la Convention
et 3) guider à la fois la cinquième édition des Perspectives mondiales sur la Biodiversité (GBO5) et la
stratégie mondiale pour la diversité biologique de 2021-2030.
Cependant, compte tenu de plusieurs facteurs contraignants, la plupart des éléments mentionnés cidessus n‟ont pu être pris en compte dans le cadre de ce rapport. Ce dernier présente, les progrès
accomplis dans la conservation de la biodiversité ainsi que les perspectives pour une meilleure
valorisation dans le temps et dans l‟espace de la biodiversité nationale.
xv
Richesse exceptionnelle d‟Haïti e n matière de biodiversité
Haïti est considérée comme l‟une des
zones de la Caraïbe insulaire riche en
Biodiversité.
Sur le territoire national, de la montagne à la
mer, échelonne une panoplie d‟écosystèmes
aussi diversifiés et variés.
La grande diversité spécifique d‟Haïti
s‟explique par la diversité de ses écosystèmes.
Le pays compte six écorégions qui
renseignent sur la diversité des zones de vie.
Ce sont : la forêt humide, la forêt sèche, la
forêt de pins, les mangroves, les zones
humides et l‟écorégion marine (GÉO-Haiti,
2010).
Chacune de ces écorégions héberge un
ensemble d‟espèces animales et végétales
caractéristiques.
Certains écosystèmes sont considérés comme
des zones Clés de la Biodiversité (ZCB). Ces
derniers constituent des zones importantes
sur le plan international qui jouent un rôle
essentiel dans la conservation de la
biodiversité.
Entre 5,000 et 5,600 espèces de plantes
vasculaires dont 36% endémiques
300 espèces d‟orchidées, de rubiacées
330 espèces de composés
600 espèces de fougères
3 espèces de conifères, dont le Pinus occidentalis
Ile de la Gonâve (684 km 2): 938 plantes dont
17 endémiques
Ile de la Navase (7km2) : Plus de 800 espèces, dont
plus de 250 nouvelles endémiques
Ile de la Tortue (193 km2): 889 espèces dont
24 endémiques
14,243 ha de mangroves. En plus des formations
les plus importantes d‟Estère (8,940 ha) et de
Caracol (3,990 ha), il existe une réserve vierge
dans l‟Artibonite : Exutoire du Salé Flood Way.
Ces écosystèmes sont le garant du bien-être de l a
population qui puise, dans de tels milieux,
l‟essentiel des éléments nécessaires pour un
développement humain équilibré dans un
contexte d‟aggravation économique et de
conditions environnementales contraignantes
(MdE, 2016).
Type de végétation du territoire
haïtien en %
44,1
Agroforesterie
31,8
Forêts
Les zones agricoles occupent avec 44,1% du
territoire et les forêts en occupent seulement
2,6%.
Zones humides
18,3
Mangroves
Sous- bois
2,6
1,4
0,7
1,1 Pâturages
xvi
Source : GÉO Haïti 2010
Cultures intensives
La flore d‟Haïti est répartie en divers types de
végétation présentée dans le graphique ci-contre.
Diversité et richesse de la faune d‟Haïti
La Faune d‟Haïti
Plus de 2,000 espèces animales dont 75 % endémiques
Oiseaux: Entre 245 et 260 formes d‟oiseaux connues dont 31
espèces endémiques. 84 espèces d‟oiseaux à la Gonave et 47 à
l‟île de la Tortue
Poissons : Des 932 espèces reportées la plupart sont marines
dont 1 endémique, la Coralbrotula Ogilbichthys haitiensis. Etang
de Miragoane: 8 espèces de poissons endémiques.
Ichtyofaune dans les écosystèmes d‟eau intérieure: 41 espèces
de poissons d‟eau douce incluant la native anguille américaine,
Anguilla rostrata. 11 parmi ces 41 espèces sont endémiques et
appartiennent toutes à la famille Poecillidae et à l‟ordre des
Cyprinodontiformes.
Mammifères : 3 espèces- Plagiodontia aedium (Zagouti),
Solenodon paradoxus wordii (Musaraigne au Nez long) et le
Lamantin des Antilles, mammifère marin que l‟on retrouve dans
la plupart des Antilles dont Haïti; 18 espèces de chauve-souris.
Reptiles: 120 dont 3 espèces de couleuvres de boas: Epicrates
fordi, Epicrates gracilis et Epicrates striatus, 5 tortues marines,
2 tortues d‟eau douce, 2 espèces d‟iguane terrestre, quelques
500 crocodiles américains; 3 espèces de boas
Amphibiens: 58 espèces dont 49 sont en extinction :
58 espèces Grenouilles terrestres, d‟Eleutherodactylus sur l‟île
d‟Hispaniola. De ces 58 espèces, 20 provienent de la Grande
Anse. L‟Eleutherodactyles thorectes, la plus petite espèce
connue d‟Hispaniola, et l‟une des plus petites du genre a été
découverte en Haïti.
xvii
Menaces sur la biodiversité haïtienne
La biodiversité d‟Haïti est sous la menace constante de plusieurs facteurs qui sont d‟ordres anthropique
et environnemental à savoir :
‒
‒
‒
‒
‒
‒
‒
‒
‒
surexploitation des ressources forestières,
surexploitation des ressources halieutiques,
coupe excessive et remblaiement des zones de mangroves,
pollution et mauvaise gestion des déchets
fragmentation et altération des écosystèmes et des habitats,
effets du changement climatique,
manque d‟éducation,
mauvaise gouvernance,
etc.
Plusieurs espèces tant de la flore que de la faune sont très vulnérables et présentent des dangers
d‟extinction, etc.
Ces menaces touchent de manière cruciale :
28 espèces de plantes,
12 espèces d‟oiseaux.
≈48 espèces d‟amphibiens
15 espèces de poissons
10 espèces de reptiles et de mammifères
(Scott.2016 GÉO. 2010)
Situation d‟Haïti par rapport aux exigences de la CBD
Des raisons d‟ordre politique, institutionnel, technique et financier se sont amalgamées pour faire
qu‟Haïti n‟ait pas pu respecter de manière systématique les obligations et exigences de la Convention à
savoir : rapports et stratégies (Tableau 1).
Tableau 1: État du suivi des exigences de la CBD
Types d‟engagement
État
Date
Remarque
Convention sur la Biodiversité
Signé
1996
-
Premier rapport national
Soumis
1998
-
Deuxième rapport national
Non soumis
-
Soumis sous forme de brouillon
SPANB-1
Soumis
2008
-
Troisième rapport national
Non soumis
-
Crise politique 2000-2007, Manque de fonds
Quatrième rapport national
Protocole de Nagoya
SPANB 2011-2020
Non soumis
Non signé
Non soumis
-
Crise politique 2000-2007, Manque de fonds
Inachevé
Cinquième rapport national
Soumis
2016
Aucune évaluation du SPANB 2011-2020.
Sixième rapport
En cours
Janv. 2019
Soumission imminente
xviii
Méthodologie
Les 6RN sont un outil de référence devant présenter de manière quantitative et qualitative, les progrès
accomplis dans la réalisation des OAB : 1) il doit se baser sur la rigueur des données scientifiques et
des données spatiales, qui prend en compte la question de l‟égalité des sexes, 2) il doit se reposer sur
une base de données en s‟appuyant sur des indicateurs mondiaux et nationaux. Le SPANB de 2011 et
le 5e rapport national (5RN) en constitueraient les principaux prérequis à son élaboration. Une
méthodologie, a priori, basée sur une approche participative, a été proposée et contient les étapes
suivantes ;
Établissement de la liste des Parties prenantes (PP) : Représentants des institutions étatiques les
plus concernées, de la coopération internationale, des ONG nationales et internationales, des
organisations communautaires de base (OCB), de la société civile environnementale organisée, des
universités et centres de recherche et des personnes-ressources.
Rencontre avec les Parties prenantes : dans le but, entre autres, de collecter des informations
générales sur l‟état de la biodiversité au niveau du pays (les projets, politiques, stratégies et/ou plans).
Réalisation des ateliers régionaux : dans les départements du Sud, du sud-est et du Nord et du
Nord-est, les deux derniers étant jumelés. Les objectifs de ces ateliers sont, entre autres, 1) expliquer la
pertinence de l‟élaboration du 6e rapport national ; 2) évaluer les progrès en matière de protection et
conservation de la Biodiversité ; 3) évaluer les menaces potentielles liées à la protection de la
biodiversité ; 4) identifier les priorités nationales en matière de conservation de la biodiversité.
Revue documentaire : consultation de tous les documents susceptibles de nous fournir des
informations fiables utiles à l‟élaboration du rapport : études scientifiques sur la biodiversité, rapports
techniques des différentes conventions dont Haïti est signataire, rapports techniques et scientifiques
de missions dans le domaine, rapports techniques de projets, documents légaux et règlementaires et de
gouvernance environnementale.
Les études des cas : cette option a été retenue afin de mieux valoriser les interventions des acteurs et
combler certaines lacunes en matière de disponibilité de données. Ces cas traitent des thèmes portant
sur plusieurs écosystèmes et sur des aspects variés : conservation, gouvernance et gestion de diversité
biologique.
Limites à l‟élaboration du 6RN
Les principaux éléments qui ont fait défaut à l‟élaboration des 6RN d‟Haïti sont :
1. Manque de données quantitatives et scientifiques dans le cinquième rapport national
2. Absence du SPANB de 2011-2020
o Impossibilité d‟évaluer le progrès des objectifs nationaux de la biodiversité
o Impossibilité d‟évaluer la mise en œuvre des OAB
o Impossibilité d‟identifier et d‟évaluer l‟efficacité des mesures prises à compter de la
mise en œuvre des SPANB
o Objectifs nationaux de biodiversité non définis.
xix
3. Manque de données scientifiques
Le manque ou même l‟inexistence de ces données a rendu ardu tout le processus d‟élaboration du
rapport. Très peu ou pas de recherches sont effectuées dans ce domaine au niveau des Universités et
Centres de recherche. Parallèlement, les informations qui existent sont éparses et ne sont pas
systématiquement partagées et encore moins archivées dans un système d‟information.
Résultats
1. Définitions des objectifs nationaux : Les objectifs nationaux sont définis sur la base des
menaces et des priorités établies lors des ateliers régionaux et des rencontres avec les diverses
parties prenantes. Les 8 objectifs ainsi que leur correspondance avec les OAB sont présentés dans
le tableau 2.
Tableau 2 : Les objectifs nationaux définis pour l‟élaboration du SPANB 2019-2030
Objectifs
Objectif 1 : Sensibilisation et conscientisation des individus aux
valeurs de la biodiversité, de son utilisation et de conservation de
manière durable.
Objectif 2 : Réduction de la fragmentation, la dégradation et la
perte d‟habitats.
Correspondance avec les OAB
Objectif 3 : Gestion soutenable de la pêche en appliquant des
approches fondées sur les écosystèmes.
Objectif 4 : Gestion et conservation efficace des aires protégées des
écosystèmes terrestres, d‟eaux intérieures, marins et côtiers. D‟ici à
2021, au moins 17% des zones terrestres et d‟eaux intérieures et
10% des zones marines et côtières, y compris les zones qui sont
particulièrement importantes pour la diversité biologique et les
services fournis par les écosystèmes, sont conservées.
Objectif 5 : Amélioration, maintien et conservation des espèces
menacées plus particulièrement de celles qui sont en voie
d‟extinction.
Objectif 6 : Restauration et sauvegarde des écosystèmes qui
fournissent les services essentiels au regard des besoins des femmes,
des communautés locales et des populations pauvres et vulnérables.
Objectif 7 : Amélioration de la résilience des écosystèmes et de la
contribution de biodiversité au stock de carbones grâce aux mesures
de conservation et de restauration des écosystèmes dégradés.
Objectif 8 : Augmentation de la mobilisation de ressources
financières pour la biodiversité et la mise en œuvre de la stratégie
2019-2030.
De ces objectifs sont découlés les indicateurs et les cibles qui doivent servir de base à
l‟élaboration du SPANB 2019-2030.
2. Progrès dans la conservation des aires protégées de 2009 à 2018
xx
Progrès dans la gouvernance : au niveau légal, institutionnel, règlementaire et stratégique.
Mise en place de l‟Agence nationale des aires protégées (ANAP) en
2009
Création de la Direction de biodiversité en
2017
Création du Groupe Technique d‟Appui aux Aires protégées (GTAP) en décembre 2014
en soutien à l‟ANAP.
Le Gouvernement Moise/Céant prendra des mesures pour conserver et gérer la biodiversité de
manière effective d‟ici 2021, en décrétant Aires protégées (AP), 10% du territoire côtier et marin
haïtien et 17% du territoire terrestre en soutien à la préservation de la biodiversité et à la promotion
d‟un tourisme durable ce qui permettra d‟atteindre l‟Objectif 11 des OAB (Déclaration de la politique
générale du Gouvernement Moise/Céant, 2018).
Progrès dans la création des aires protégées
Dans le souci d‟atteindre l‟objectif 11 d‟Aichi, des efforts constants ont été réalisés.
Aires protégées
déclarées avant 2010
Avant 2010, Haïti comptait
seulement 3 AP déclarées
(figure 1 ci-contre):
1. Le Parc national
naturel de Macaya,
2. Le Parc national
naturel de La Visite
3. et le Parc national
naturel de la Forêt des
Pins Unité II.
Fig 1 : Carte des AP déclarées avant 2010
En 2015, les aires protégées terrestres étaient au nombre de onze (11) totalisant 68, 161.36 ha ou 682.11
km2 et celles des marines et côtières au nombre de sept (7) avec une superficie de 116,391.00 ha soit
1063,91 km2 pour un total de 1746,02 km2 AP terrestres et marines.
Entre 2015 et 2018, avec l‟appui institutionnel de certaines institutions telles que le CIAT, l‟ANAP et
la Direction de la Biodiversité sont parvenues, par arrêtés, à déclarer et à délimiter plusieurs aires
protégées.
De ce fait, le pays accuse une augmentation des AP terrestres de 1190 km2 soient une
progression de 4,29% du territoire terrestre et celles des AP marines de 11794 km2 soit une
progression de 2,02% du territoire marin (Tableau 3).
xxi
Les figures 2 et 3 présentent respectivement les AP terrestres et les AP marines et côtières en 2018.
Fig. 2 : Carte des Aires protégées terrestres déclarées en 2018
Fig. 3 : Carte Aires protégées marines et côtières déclarées en 2018
Haïti compte de nos jours, vingt-cinq (25) Aires protégées (AP) délimitées et déclarées dont
11 marines et 14 terrestres (Fig. 4).
Fig 4 : Carte des AP du SNAP en 2018
xxii
Vers l‟atteinte de l‟OAB-11
De nos jours, la superficie des aires terrestres est de 187 213. 92 ha (1872km 2) soit environ 7%
du territoire terrestre ; celle des aires marines et côtières : 185 655.90 ha (1857 km2) soit 5% du
territoire marin.
Les écarts à combler après 2018
D‟ici à 2021, pour atteindre les 17% de conservation du territoire, il faut créer 2846 Km2 d‟AP
terrestres soit 10.25% du territoire terrestre et 2075 Km2 d‟AP marines et côtières soit 5.28% du
territoire marin (Tableau 3).
Les sites proposés pour atteindre cet objectif sont définis dans le tableau 4. Ces sites doivent être créés,
délimités et bornés d'ici à 2021.
Tableau 3 Synthèse de la progression des aires protégées en Haïti entre 2015 et 2018
Seuils d'AP
Équivalent
fixés
par
du territoire
Aichi % du
En km2
territoire
Efforts
en 2015
en Km2
Superficie
du territoire
En %
Superficie
Efforts
en 2018. du territoire
En km2 En %
Progression
en km2
2015-2018
Progression
en %
2015-2018
Écart à combler
D‟ici 2021
Km2
%
AICHI
Terrestre
(17%)
4717,5
682,11
2,46
1872
6,75
1189,89
4,29
2845,5
10,25
AICHI
Marine (10%)
3931,6
1063,91
2,71
1857
4,72
793,09
2,02
2074,6
5,28
Tableau 4 Proposition de sites pour la création d‟Aires protégées d'ici à 2021
Proposition d‟Aires protégées à créer, délimiter et borner
1
Marmelade
11
Morne L‟Hôpital
21
La Gonâve
2
Grand Boucan
12
Vallières
22
Ile de la Tortue
3
Trois Étangs (plaine des Cayes)
13
Sources Puantes
23
Voute de l‟Église (Môle Saint-Nicolas)
4
Trou Caïman
14
Les Arcadins
24
Limbé
5
Bassins Bleus (Jacmel)
15
Saut Mathurine
25
Terrier rouge
6
Gonaives (Ville)
16
Sources Chaudes
26
Grande Rivière du Nord
7
17
Etang Bois Neuf
27
Lascahobas
8
9
Grande Saline (Site de mangrove,
exutoire du Salé Flood Way)
Baie de L‟Acul
Rochelois
18
19
Source Zabeth
Lac Azuéi
28
29
Thiotte
Belle-Anse
10
Côte Sud (Aquin Port-à-Piment)
20
Grande Cayemites
30
Réserve Écologique Wynne Farm
Source : Direction Biodiversité, ANAP, 2018 ; MdE. 2016. 5RN
xxiii
La figure 5 figure ci-après présente la cartographie des AP potentielles1 proposées tout écosystème
confondu (terrestre, marin et côtier). Ces AP devraient intégrer le SNAP d‟Haïti d‟ici à 2021.
Figure 5 : Carte des sites potentiels toute catégorie confondue (En rouge sites non encore catégorisés)
NB : Parmi ces sites, certaines aires marines protégées (mangroves et récifs coralliens) sont d‟une
importance économique considérable. Leur valeur pour services écosystémiques s‟élève à un total de
9,572,460,000 USD selon une étude réalisée par ReefFix et FoProBim (2013). Le pays et sa population
en gagneraient beaucoup en termes de qualité de vie si beaucoup plus d‟importance est accordée à la
conservation de la diversité biologique.
La figure 6 présente les sites existants et potentiels devant constituer le SNAP d‟Haïti d‟ici à 2021.
1
Les sites de l‟exutoire du Salé Flood Way dans la Vallée de l‟Artibonite (7) et la Réserve Écologique Wynne Farm (30) ont été proposés dans le
cadre de la rédaction de du 6RN. Ces sites présentent tout le potentiel pour être classés AP. Nous recommandons à l‟ANAP et la Direction
Biodiversité de prendre les dispositions nécessaires en vue de leur catégorisation.
xxiv
Figure 6 : Carte des sites existants et potentiels du SNAP d‟Haïti d‟ici à 2021
3Les AP du SNAP face à certains enjeux
Qu‟elles soient existantes ou potentielles, les AP du SNAP font face ou vont faire face à un ensemble
d‟enjeux découlant de plusieurs facteurs anthropique, environnemental et de gouvernance. Le
processus de déclaration, de délimitation et de bornage des AP doit tenir compte de ces (figure 7).
Il est judicieux de pouvoir aussi analyser l‟indice d‟intégrité de la biodiversité (IIB) dans les écosystèmes
proposés (figure 8). L‟IIB permet d‟identifier et de hiérarchiser les problèmes de fragmentation
écologique à diverses échelles écopaysagères. Sachant que les poches de meilleure conservation
présentent un IIB entre 90 et 100%, alors que pour un IIB entre 80 et 85% le niveau de fragmentation
est déjà assez élevé.
xxv
Fig. 7 : Carte des AP existantes et des AP potentielles au regard de l‟empreinte
humaine sur la biodiversité
La carte de la figure 8 montre les poches de conservation de la biodiversité au regard du placement des
AP existantes et des AP potentielles et la figure 7 montre l‟évolution de l‟empreinte humaine sur les
écosystèmes.
Fig. 8 : Carte des AP existantes et des AP potentielles au regard de l‟indice
d‟intégrité de la biodiversité.
xxvi
Fig. 9 : Carte des AP existantes et des AP potentielles au regard de l‟occupation
4
Définition des objectifs, des indicateurs et des cibles pour l‟élaboration du SPANB
En plus de définir les objectifs nationaux, le 6RN propose aussi un cadre pour l‟élaboration de la
stratégie et du plan d‟action pour la biodiversité pour la période 2019-2030. Ce cadre comprend les
objectifs alignés avec les OAB, les indicateurs (SMART) et les cibles assortis d‟un chronogramme et
une proposition d‟acteurs de mise en œuvre.
5
Les interventions des acteurs
Les informations collectées ont emmené à découvrir les actions menées par les acteurs dans le domaine
et dont chacun contribue d‟une manière ou d‟une autre à la conservation de la biodiversité. Malgré les
lacunes, ce rapport a fait l‟effort de présenter dans la mesure du possible, les différentes interventions
de manière chiffrée afin de faciliter son exploitation par les décideurs et les différents intéressés. Ces
données ont été mises en relation avec les OAB et les ODD.
6
Les études de cas
Les études de cas retenus ont permis de mettre en exergue les efforts des acteurs évoluant dans le
domaine de la biodiversité. Les cas présentés sont aussi intéressants que variés et touchent plusieurs
écosystèmes et plusieurs aspects de la conservation. Citons par exemple la valorisation de la richesse
de la diversité biologique avec la Réserve écologique Wynne Farm (REWF), la mise en évidence de la
gouvernance des aires protégées avec Helvetas à l‟unité II de la Forêt des Pins et des Lagons aux
Huitres, l‟émergence des aires marines protégées et leur système de gestion avec l‟ONUEnvironnement, et la valorisation des espèces et de la recherche avec la Société Audubon d‟Haïti pour
ne citer que ceux-là.
xxvii
Conclusion et recommandations
Conclusion
Sur la base des informations disponibles au niveau national, il se révèle que depuis 2008 beaucoup
d‟efforts ont été mis en place pour augmenter le niveau de conservation de la biodiversité au niveau
national. Ces efforts se manifestent tant aux niveaux légal, institutionnel et des interventions sur le
terrain. Considérant les diverses avancées identifiées, il est évident que le profil de la biodiversité a
positivement évolué pendant les 10 dernières années.
Soulignons d‟une part :
‒
La publication de décisions légales créant et délimitant de nombreuses aires protégées tant
marines que terrestres à travers des arrêtés,
‒
La création de la direction de la biodiversité ayant, entre autres, pour mission de s‟assurer de
la mise en œuvre des décisions de la CBD
‒
La promotion de l‟ANAP comme direction générale avec l‟autonomie et l‟autorité régalienne
de prendre des décisions pour la protection des territoires à conserver et à protéger.
De 2010 à 2018, de nouvelles aires protégées sont créées et déclarées. Entre 2013 et 2018, un total de
25 AP ont été créées et délimitées. Notons que des 25 AP existant, seulement 4 de ces AP sont munies
de leur plan de gestion, outil indispensable à la gestion durable des ressources naturelles. C‟est un outil
qui présente les éléments clés pour faire, entre autres, la prévention, la conciliation et l‟arbitrage et la
négociation au sein de ces aires protégées.
De plus, pour répondre aux exigences de l‟OAB11, il est judicieux de prendre les dispositions
nécessaires pour combler les écarts en termes de couvert du territoire en AP c‟est-à-dire d‟ajouter au
moins 284 550 ha sur les AP terrestres existant et 207450 ha sur les AP marins. Ces AP doivent être
créées, délimitées et bornées d‟ici 2021.
L‟effectivité de cette progression peut se faire en capitalisant sur les AP potentielles qui ont déjà fait
l‟objet d‟analyse et de validation par les différents acteurs notamment les organisations de la société
civile spécialisées en biodiversité marine et côtière telles que Reef Check Haïti et FoProBIM.
La mise en place de ces initiatives devra être accompagnée d‟actions de développement au travers de
la mise en place, entre autres, d‟ateliers scientifiques, de consultations et d‟engagements des parties
prenantes, d‟Études d‟Impact Environnementale simplifiées, de propositions de délimitations, de
promulgation d‟arrêtés présidentiels de création, d‟arrangements de gestion, de proposition de
gouvernance, etc. (MdE, 2016). Il est aussi judicieux de faire le renforcement du système de
gouvernance. Ce système doit faire la promotion pour l‟intégration des femmes et la valorisation du
savoir autochtone.
D‟autre part, plusieurs actions sont menées par les acteurs qui touchent d‟une certaine manière la
gestion et la conservation de la biodiversité que ce soit dans le cadre de la mise en œuvre des
conventions internationales ratifiées par le pays sur la gestion durable des terres, les changements
climatiques, etc.
Cependant, les interventions de conservation de la biodiversité se font la plupart du temps de manière
éparse et ne sont pas systématiquement intégrées dans un référentiel. Ceci pourrait s‟expliquer par le
xxviii
fait qu‟il n‟existe pas jusqu‟à date de stratégie nationale et de plan d‟action servant de référentiel de
conservation de la biodiversité.
La plupart de ces actions vont dans le sens de la gestion des ressources naturelles, la protection des
terres, le reboisement ou la reforestation, de la formation ou de la sensibilisation, amélioration de la
gouvernance environnementale, actions de résilience face au climat.
Toutefois, ces efforts sont constamment sous la pression tant anthropique qu‟environnementale qui
constitue de véritables menaces pour la survie et la pérennisation de certaines espèces, qui à force de
dégradation, voient disparaitre leurs habitats que ce soit au niveau terrestre, côtier que marin.
D‟autres facteurs perturbateurs liés à l‟explosion de la population, l‟urbanisation anarchique affecte
l‟équilibre écologique et l‟intégration de la biodiversité, facteurs indispensables à la survie, à la
reproduction des espèces-, des ressources génétiques animales et végétales.
L‟une des principales embuches auxquelles a fait face le 6RN est la disponibilité de données
quantitatives et scientifiques. L‟inexistence de ces données a rendu ardu tout le processus d‟élaboration
du rapport. Il s‟avère important que les universités rentent dans une dynamique systématique de
recherche dans le domaine de la biodiversité, qui jusque-là se fait de manière sporadique.
Finalement, en termes de mobilisation de ressources, il a été constaté que les fonds pour la biodiversité
auxquels Haïti en a accès ne sont pas encore établis au niveau national en dépit de son éligibilité. Il
s‟agit particulièrement du Fonds Caribéen pour la Biodiversité (CBF). Pour accéder à ce fonds, le pays
doit mettre en place un certain nombre de mécanismes notamment les aspects légaux, et administratifs.
Des dispositions doivent être prises pour établir le Fonds Fiduciaire National pour la Conservation
(NCTF) qui serait le Fonds Haïtien pour la Biodiversité (FHB). Ce fonds permettra de mettre en œuvre
des initiatives touchant la conservation, la résilience, la gouvernance, etc.
Perspectives et recommandations : Comment aborder et concevoir l‟après 2020 pour Haïti
avec les résultats du 6RN
Afin de rendre efficace la gestion et la conservation de la biodiversité en Haïti, suite aux nombreux
constats et observations faits lors de l‟élaboration du 6RN, plusieurs actions doivent être posées tant
du côté de l‟ANAP, de la Direction Biodiversité et de leurs partenaires et des différents intervenants
dans le domaine. Plusieurs lacunes en ont aussi été observées sur la base desquelles des mesures
correctives devront être appliquées afin d‟atteindre les objectifs fixés et qui serviront de base à
l‟élaboration de la stratégie et du plan d‟action national de la biodiversité. Plusieurs initiatives sont à
promouvoir telles que :
Campagne nationale de sensibilisation : Il est fondamental qu‟une masse critique de la population
locale soit sensibilisée et s‟approprie de l‟importance de la biodiversité dans leur communauté.
Pour être réaliste, cette campagne peut prendre l‟aspect d‟ateliers régionaux, des focus groups, des
émissions médiatisées au niveau local, etc. Il est crucial que les collectivités locales, les écoles, les
groupements religieux, les groupes de femmes soient massivement touchés.
xxix
Pour mener ces campagnes, il est conseillé de transformer le 6RN en outils de vulgarisation utilisable
lors des différentes activités de sensibilisation qui seront menées dans le cadre du SPANB. Il est donc
indispensable de traduire cet outil préférablement en français et en créole afin d‟en faire un document
de sensibilisation accessible à toutes et à tous.
Systématisation de la recherche dans le domaine de la biodiversité :
Il s‟avère important de dynamiser la recherche dans le domaine de la biodiversité au niveau des
Universités et Centres de recherche. Il est aussi important de valoriser et d‟appuyer les initiatives en
cours notamment la mise en place du système d‟information environnemental et la plateforme
Haitidata.org pour ne citer que ceux-là. Le PNUD devait appuyer le renforcement de ces structures dans
le cadre de la mise en œuvre du Plan national d‟adaptation (PNA) par exemple.
Dans une perspective d‟avoir des informations à jour et représentatives de la réalité du pays, il est
recommandé da faire l‟inventaire national des espèces menacées et ne pas en tenir uniquement aux
seules données fournies par l‟UICN.
Respect systématique des exigences de la CBD : La Direction de la biodiversité doit surveiller de
manière systématique la mise en œuvre des exigences de la Convention-Cadre des Nations Unies sur
la Diversité Biologique à savoir la préparation des rapports de communication et autres exigences de
conformité du pays aux engagements pris dans ce cadre.
Élaboration du SPANB 2019-2030 : ll est vivement conseillé que la Direction de la biodiversité assure
l‟élaboration de la stratégie et du plan d‟action national de la biodiversité au cours de l‟année 2019, mais
aussi sa mise en œuvre au cours des années à venir.
Mobilisation de ressources : Pour mettre en œuvre la SPANB et les recommandations faites dans le
cadre du 6RN, il est crucial que des ressources soient mobilisées. Il est encouragé de mettre en place le
Fonds Haïtien de la Biodiversité. Des dispositions doivent être prises pour mettre en place les aspects
légaux et administratifs en vue d‟avoir accès au fonds Caribéen pour la Biodiversité. Il est aussi
important de faire la promotion pour d‟autres de type de fonds tels que le Haïti National Trust , un
fonds privé géré par le secteur privé.
xxx
SECTION A : INTRODUCTION
1
1. Mise en contexte
Adoptée le 22 mai 1992 à la Conférence de Nairobi, la Convention sur la Diversité Biologique (CDB)
a été inspirée par l‟engagement de la communauté internationale au développement durable. Une étape
supplémentaire a été alors franchie avec la conclusion de cette convention signée le 5 juin 1992 durant
la Conférence de Rio et ratifiée par la plupart des États.2
En août 1996, Haïti a ratifié cette convention qui lui sert de cadre pour rendre compte au niveau
international de ses contributions aux efforts mondiaux de la sauvegarde de la biodiversité et, au niveau
national, de mieux raisonner et gérer l‟ensemble de ses ressources et espaces naturels à même de
garantir le bien-être de sa population qui puise dans de tels milieux l‟essentiel des éléments nécessaires
pour un développement humain équilibré dans un contexte d‟aggravation économique et de conditions
environnementales contraignantes (MdE, 2016)
Sous l‟égide de la Convention sur la Biodiversité (CBD), les Partis ont adopté un Plan stratégique pour
la biodiversité 2011-2020, lors de la dixième conférence des Parties (COP10) à Nagoya au Japon en
2010. Ce Plan est articulé autour de 20 Objectifs dits « Objectifs d‟Aichi pour la biodiversité » (OAB)
à atteindre d‟ici 2020 au niveau mondial. La décision encourageait également les Partis à établir des
objectifs régionaux ou nationaux supplémentaires qui contribuent à la réalisation de ces objectifs
mondiaux, mais qui reflètent plus précisément les besoins et les priorités du pays concerné. (CBD et
Al. 2018).3.
Pour faciliter l‟atteinte des OAB, la CBD a encouragé les pays à élaborer leurs stratégies et plans
d‟action nationaux pour la diversité biologique (SPANB). Ces derniers constituent un vecteur
fondamental pour la mise en œuvre du plan stratégique et la réalisation des OAB au niveau national en
plus d‟être un instrument essentiel pour l‟élaboration des politiques portant sur la gestion nationale de
la biodiversité. Les objectifs nationaux sont donc définis à travers le SPANB de chaque pays. Si les
SPANB sont l‟outil clé pour évaluer l‟atteinte des objectifs au niveau national et mondial, les rapports
nationaux ont, entre autres, pour but d‟évaluer les progrès réalisés par le pays dans la mise en œuvre
d‟actions capables de parvenir aux objectifs nationaux ainsi que leurs impacts. En effet, les rapports
nationaux, qui sont des rapports de mise en œuvre et de conformité aux obligations des pays face au
Secrétariat de la Convention, doivent être soumis périodiquement à ce dernier (CBD, article 26).
Dans le souci de mieux apprécier les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs d‟Aichi, le
Secrétariat invite les parties prenantes à élaborer leur SPANB en utilisant une liste d'indicateurs qui
tiennent compte des 3 objectifs de la CBD à savoir : 1) la conservation de la diversité biologique ; 2)
l‟utilisation durable des éléments constitutifs de celle-ci ; et 3) le partage juste et équitable des avantages
découlant de l‟exploitation des ressources génétiques. Ces indicateurs doivent pouvoir s‟adapter aux
priorités et situations nationales. Cette liste est itérative et permet d‟intégrer d‟autres indicateurs à
l‟avenir et doit éclairer et faciliter la prise de décision (CBD. 2016)4.
Ce document, qui représente le sixième rapport national (6RN) sur la diversité biologique, devait
comprendre un examen final de l‟état d‟avancement de la mise en œuvre du Plan stratégique pour la
diversité biologique 2011 2020 et les progrès accomplis de la réalisation des OAB, y compris les
2
http://www.un.org/french/millenaire/law/24.htm
Guide technique de rédaction des rapports Version du 13 février 2018.
4CBD. 2016. Indicateurs pour le Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020
3CBD et Al 2018. Sixième Rapport National.
2
objectifs nationaux pertinents, fondés sur des informations relatives à la mise en œuvre des stratégies
et plans d‟action nationaux pour la biodiversité et autres mesures prises pour appliquer la Convention 5.
Finalement, le 6RN devait guider à la fois la cinquième édition des Perspectives mondiales sur la
Biodiversité (GBO5) et la Stratégie mondiale pour la diversité biologique de 2021-2030.
Cependant, compte tenu de plusieurs facteurs contraignants, la plupart des éléments ci-dessus n‟ont
pu être pris en compte dans le cadre de ce rapport. Ce dernier présente, les progrès accomplis dans la
conservation de la biodiversité ainsi que les perspectives pour une meilleure valorisation dans le temps
et dans l‟espace de la biodiversité nationale.
1.1. Situation géographique d‟Haïti
Situé dans le continent
américain au cœur de la
région des Caraïbes,
Haïti se trouve entre les
coordonnées 18 à 20°
latitude Nord, et 71˚30
et 74˚ 30 longitude
Ouest, accuse une
superficie terrestre de 27
750 km2. Avec une
profondeur de mer
territoriale large de
12 miles ou 22,2 km et
une ligne de côte de
1771 km, la superficie
marine est de 39 316
km2. Le pays partage 360
km de frontières avec la
République
dominicaine, avec une
altitude maximale de 2
680 mètres au niveau de
la Chaîne de la Selle et
une altitude minimale de
Figure 1: Carte de localisation d‟Haïti
-20 m (Étang Saumâtre ou Lac Azuéi). Le pays
occupe donc le 143e rang mondial avec 99,32 %
de terres et 0,68 % d‟eau6.
Située sur la trajectoire des cyclones au cœur de la Caraïbe, la République d‟Haïti reste très exposée aux
évènements climatiques extrêmes. Au cours des 10 dernières années, 17 cyclones ont occasionné la
5CBD/COP/DEC/XIII/27- 2016. Décision adoptée
par la conférence des parties à la convention sur la diversité biologique Paragraphe 2
annexe Lignes directrices pour l‟établissement du sixième rapport national.
6https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9ographie_d%27Ha%C3%AFti
3
mort de plus de 3.500 personnes (CIAT 2010) sans oublier l‟ouragan Matthew qui à lui seul a causé la
mort de 473 personnes et blessé 339 personnes (DPC-PDNA 2017). Dans les années 1990, 35% des
cyclones ont été classés de catégories 4 ou 5, comparativement aux 20% relevés au cours des années
1970 (Oxfam 2014).
Le changement climatique, la sédimentation des fleuves et la pollution ont contribué à dégrader les
écosystèmes stratégiques pour la reproduction des poissons, comme les mangroves, les herbiers marins
et les récifs coralliens. Les pêcheurs haïtiens, y compris ceux possédant du matériel moderne, subissent
aussi de lourdes pertes lors des ouragans. Ces problèmes doivent être pris en considération dans les
efforts visant à construire une plus grande résilience au changement climatique (Singh et Cohen, 2014)).
Des prédictions faites par rapport aux phénomènes extrêmes liés au changement climatique ont montré
que des terres entières pourront être submergées par l‟eau en considérant une augmentation du niveau
de la mer de 20 cm, 40 cm et 60 cm respectivement à la fin des années 2050, 2070 et 2090 (voir figure
4 ci-après). Ce qui mettra éventuellement en péril tout un ensemble d‟écosystèmes. Il faut aussi
mentionner les sècheresses accrues qui peuvent constituer des menaces très importantes pour la survie
des ressources génétiques et pour l‟homme (MdE et PNUD. 2015).
Figure 2: prédictions par rapport aux phénomènes extrêmes liés au changement climatique 2050-2090
1.2. Conservation et richesse de la biodiversité d‟Haïti
Haïti jouit d‟une richesse exceptionnelle en matière de biodiversité. Elle est considérée comme l‟une
des zones de la Caraïbe insulaire riche en Biodiversité. En effet, sur le territoire national, de la montagne
à la mer, échelonne une panoplie d‟écosystèmes (voir encadré 1). L‟histoire géologique de l‟Ile,
caractérisée par des changements répétés du niveau de la mer et une géomorphologie extrêmement
variée, fournit un large éventail de facteurs abiotiques qui favorisent la diversité de l‟habitat et ont
donné lieu à un endémisme local important.
La grande diversité spécifique d‟Haïti s‟explique par la diversité de ses écosystèmes. En effet, le pays
compte six écorégions qui renseignent sur la diversité des zones de vie. Ce sont la forêt humide, la forêt
sèche, la forêt de pins, les mangroves, les zones humides et l‟écorégion marine (GEO-Haiti, 2010).
Chacune de ces écorégions possède un ensemble d‟espèces animales et végétales caractéristiques.
Certains écosystèmes considérés comme des Zones Clés de la Biodiversité (ZCB) constituent des zones
importantes sur le plan international qui jouent un rôle essentiel dans la conservation de la biodiversité
(Eken et al., 2004; Langhammer et al., 2007). Selon une étude réalisée par Timyan et Hilaire (2011),
Haïti abrite 31 ZCB couvrant une superficie de 9340 kilomètres carrés, environ un tiers de la superficie
terrestre du pays. La figure 3 ci-après présente la situation géographique des ZCB d‟Haïti.
4
Ces ZCB7 renferment en général 1) une ou plusieurs espèces menacées sur le plan mondial ; 2) une ou
plusieurs espèces endémiques qui sont restreintes au site ou à la région environnante; 3) des
concentrations significatives d'une espèce; 4) des exemples significatifs sur le plan mondial de types
d'habitats et d'assemblages d'espèces uniques (Langhammer et al. (2007) dans Timyan et Hilaire (2011).
Source : Timyan et Hilaire 2011
Figure 3: Situation géographique des ZCB d‟Haïti (polygones rouges)
1.3. Présentation de la biodiversité au regard des groupes taxonomiques
La richesse du pays en matière de biodiversité se retrouve non seulement au niveau de ZCB, mais aussi
dans les sites sous protection, des sites à protéger et les aires protégées. Cependant, cette richesse peut
aussi être représentée dans d‟autres types d‟écosystèmes auxquels, par manque d‟informations, de
recherche ou par négligence, de l‟attention n‟en est pas accordée. Un astrophysicien québécois Hubert
Reeves8 l‟a souligné : « Souvent, on pense que les écosystèmes sont exclusivement les forêts, les mers, les lacs et autres
zones qualifiées de naturelles, mais la ville est aussi un écosystème ».
7Les ZCB en Haïti sont plutôt des zones dans lesquelles il y a des concentrations notables d‟espèces menacées sur le plan mondial ou régional,
en particulier celles qu‟on ne trouve qu‟en Haïti. Les espèces susceptibles d‟être qualifiées d‟espèces menacées, mais qui sont considérées par
l‟UICN comme « Données Insuffisantes », ne sont pas inclues dans les ZCB Haïti Ce qui signifie que si l‟on ne tient pas compte des critères
de l‟UICN, il y aurait encore plus de ZCB à être identifiées en Haïti. (Timyan et Hilaire 2011).
8 Politique environnementale de la ville de Gatineau.2008.
5
Principaux écosystèmes d‟Haïti
-
-
-
31 Zones Clés de la Biodiversité, dont 10 Zones importantes
pour la conservation d‟oiseaux et 14 zones côtières et
marines
6 Ecorégions dont une marine
9 Zones de vie exceptionnelles
Plus d‟une douzaine d‟écosystèmes exceptionnels
Agrosystèmes diversifiés
Écosystèmes d‟eaux intérieures : lacs, étangs, rivières,
chutes d‟eau et d‟autres zones humides
Ecosystèmes côtiers et marins : mangroves, récifs
coralliens, estuaires, herbiers marins.
Encadré 1 : Principaux écosystèmes d‟Haïti
1.3.1. Flore
Haïti possède la deuxième flore la plus diversifiée des Caraïbes, après Cuba (Scott, 2016). Cette diversité
est marquée par la présence de plus de 5000 espèces de plantes sur le territoire, dont 37 espèces
endémiques (MdE, 2016).
Une analyse faite par Holdridge en 1971 sur la base de plusieurs paramètres dont l‟occupation de sol
et les facteurs climatiques a classifié les écosystèmes nationaux en un total de neuf zones de vie9 ou
neuf zones écologiques qui supportent cette diversité (Banque Mondiale, 2016).
En Haïti, certaines familles botaniques sont particulièrement riches en espèces endémiques,
notamment les Orchidaceae, Melastomataceae, Rubiaceae, Flacourtiaceae, Poaceae, Urticaceae et
Asteraceae (Hilaire, 2000). D'autres familles, telles que les fougères et les alliés, présentent un niveau
d'endémisme beaucoup moins élevé (Lodge 2000).
Les études floristiques parmi les plantes vasculaires révèlent invariablement de nouvelles espèces pour
la science, en particulier dans les zones riches en biologie. Selon une étude floristique menée par
l'Université de Floride dans les années 1980 et 1990, un inventaire des orchidées du parc national
Macaya (dans la péninsule méridionale) a révélé qu'un tiers des 134 espèces n'étaient pas décrites
au moment de leur collecte (Scott, 2016).
9
Ces zones de vie qui représentent des types précis de végétation si des perturbations ne viennent pas altérer les conditions écologiques de
développement sont (i) la Forêt épineuse de la Zone Subtropicale, (ii) la Forêt Sèche de la Zone Subtropicale, (iii) la Forêt Humide de la
Zone Subtropicale, (iv) la Forêt très Humide de la Zone Subtropicale, (v) la Forêt Pluvieuse de la Zone Subtropicale, (vi) la Forêt Humide
de Montagne de Basse Altitude, (vii) la Forêt très Humide de Montagne de Basse Altitude de la Zone de Montagne de la Zone Subtropicale
(Banque Mondiale, 2016).
6
La flore totale d'orchidées, occupant moins de 10 km2, représente environ 40% des trois cent cinquante
espèces d'orchidées connues sur l‟Ile (Dod 1993 ; Hespenheide & Dod, 1993). Dans les zones de
biodiversité proches de Deux Mamelles et de Grand-Bois dans la Grand‟Anse, les scientifiques ont
découvert d'importantes populations de plantes rares et menacées, telles que le Prestoea acuminata, le
Magnolia, le Magnolia ekmanii et des plantes endémiques telles que le mestalomacea, Sagraea polycheate
(endémique du Massif de la Hotte). (Hedges et Timyan 2014). Onze nouvelles espèces d‟orchidées
viennent d‟être découvertes dans la péninsule Sud. Elles n‟ont pas encore été identifiées
(Témoignage de M René Durocher, novembre 2018).
De plus, d'importants vestiges de végétation sèche et xérophytique composée de diverses plantes
épineuses telles que Prosopis juliflora, Acacia sclerosa, cactus et euphorbs peuvent être observés dans les
départements de l'Ouest, d'Artibonite, du Sud-Est, du Sud, du Nord-Ouest et des Nippes selon la
source précédente.
Soulignons que 21 à 24 espèces de palmiers réparties dans 13 genres sont présentes en Haïti et
jusqu'à un quart de ces espèces pourraient être considérées comme endémiques (Henderson et al.
1990), notamment Copernicia ekmanii, Pseudophoenix lediniana et Attalea crassispatha. La plupart de ces
palmiers deviennent rares et ceux qui sont endémiques sont particulièrement menacés d'extinction.
C'est le cas d'Attalea crassispatha, nommé en «Ti Coco» ou «Kòwos» en créole haïtien - situé
géographiquement entre Petit-Goâve (département de l'Ouest), Fonds des Nègres et Aquin
(département du Sud) - où l'on ne dénombrait que vingt-six (26) plantes dans les années 1990, depuis
lors, aucune mise à jour n‟est encore publiée.
1.1.1.Faune
Haïti possède plus de 2,000 espèces animales dont 75 % endémiques. Les îles continentales et
satellites reflètent un fort degré d'endémisme. Un inventaire biologique concernant l‟Ile de la Navase
(7km2) a trouvé plus de 800 espèces fauniques avec un nombre élevé ne se trouvant nulle part ailleurs
au monde, et 250 espèces étaient nouvelles pour la science (Center for Marine Conservation, 1999 ;
cité par D. Ben Swartley, 2006).
7
Entre 5,000 et 5,600 espèces de plantes
vasculaires dont 36% endémiques
300 espèces d‟orchidées, de rubiacées
330 espèces de composés
600 espèces de fougères
3 espèces de conifères, dont le Pinus occidentalis
© R. Durocher
Ile de la Gonâve (684 km 2): 938 plantes dont
17 endémiques
Ile de la Navase (7km2) : Plus de 800 espèces, dont
plus de 250 nouvelles endémiques
Ile de la Tortue (193 km 2): 889 espèces dont
24 endémiques
14,243 ha de mangroves. En plus des formations
les plus importantes d‟Estère (8,940 ha) et de
Caracol (3,990 ha), il existe une réserve vierge
dans l‟Artibonite : Exutoire du Salé Flood Way.
© R. Durocher : Fougère arborescente
Encadré 2 : Synthèse de la flore d‟Haiti
1.1.2.Mammifères
Trente-huit (38) espèces de mammifères indigènes ont été répertoriées en Haïti don t deux
d‟une importance particulière : le Hutia ou Zagouti (Plagiodontia Aedium), espèce en danger critique
d‟extinction, et la musaraigne de l‟île géante, le Nez long (Solenodon paradoxus espèce menacée:). Les
deux sont probablement disparus dans une grande partie de leur aire de répartition d‟origine (Scott,
2016).
8
Particularité sur le Solenodon paradoxus woodsi
L‟espèce Solenodonparadoxuswoodsid‟Haïti dit Nez long est considérée
distincte de celle trouvée en République dominicaine. Elle a été
redécouverte en 2007 dans le Massif de la Hotte lors d‟une expédition
scientifique menée par Samuel T. Turvey.
Son équipe a découvert des preuves que l‟espèce pouvait être adaptée à de
plus basses altitudes et survivre dans des habitats largement dégradés
(Turvey et al. 2008).
En 2011, l'espèce a également été découverte à Anse-à-Pitres (forêt sèche
très différente de la forêt tropicale humide du Massif de la Hotte) par une
équipe de la Fondation internationale Iguana.
Ceci illustre, selon ces scientifiques, le grave manque d'informations
normalisées sur la répartition du Solenodon, l'utilisation de son habitat, la
densité de sa population et son interaction avec les prédateurs introduits
dans le pays.
Encadré 3 : Particularités sur le Solenodon paradoxus woodsi
La plus grande diversité parmi les mammifères indigènes en Haïti est les chauves-souris. Il
existe 17 espèces dont sept taxons, y compris des espèces et des sous-espèces, sont considérés comme
endémiques. Le reste de la diversité des mammifères indigènes est aquatique et comprend le lamantin
des Indes occidentales (Trichecus manatus), douze espèces de baleines et six espèces de dauphins (Scott,
2016).
1.1.3.Oiseaux
Les observations ornithologiques effectuées sur le terrain par des scientifiques américains du Vermont
Institute et de la Cornell University dans le Parc Macaya et le Parc La Visite confirment la diversité
exceptionnelle des oiseaux dans ces zones, malgré les menaces posées par la perte et la fragmentation
de l'habitat.
Haïti abrite 258 espèces d'oiseaux, dont plus de 73 sont des oiseaux terrestres résidents. L‟avifaune
présente un endémisme exceptionnel. L'île est une zone endémique pour les oiseaux et l'on connaît en
Haïti 36 espèces dont l'aire est restreinte, dont le Phaenicophilus poliocephalus qui est endémique d'Haïti.
La majorité des espèces restreintes dans l'aire de répartition sont confinées à, ou se trouvent dans des
habitats situés à plus de 1000 m, soulignant ainsi l'importance de la forêt mixte de pins à feuilles larges
(Scott, 2016).
Sur trois sites de la Réserve de biosphère de Macaya (Pic Macaya, Pic Formon et Rak Bwa), 41 espèces
ont été répertoriées parmi 188 captures au filet japonais, 41 détections par comptage ponctuel
et 461 observations totales. Celles-ci comprenaient 13 espèces migratrices d'Amérique du Nord et 28
9
espèces de résidents permanents, dont 11 étaient des espèces endémiques d'Hispaniola (Rimmer et al.
2006). Ces scientifiques ont documenté dans Macaya le premier enregistrement de la Paruline de
Swainson pour Haïti.
50 espèces d‟oiseaux ont été répertoriées sur deux sites du parc national de La Visite. Celles-ci
comprenaient 12 espèces migratrices d'Amérique du Nord et 38 espèces résidentes permanentes dont
14 étaient des espèces endémiques d'Hispaniola (Rimmer et al. 2005).
Dix zones importantes pour les oiseaux (ZICO) couvrant 232 km2 (moins de 1% de la superficie
terrestre d‟Haïti) ont été identifiées et représentent les priorités des sites internationaux du pays en
matière de conservation des oiseaux. Cinq de ces zones sont situées dans des zones protégées dont,
dans le Massif de la Hotte, Massif de la Selle et Massif du Nord.
Haïti compte plus de 155 espèces d'oiseaux aquatiques. Parmi les principaux sites d'oiseaux
aquatiques, citons le Lagon aux Bœufs près de Fort-Liberté ; Baie d'Acul près du Cap-Haïtien; Ile de
la Tortue en Basse-terre; Etang Laborde-Lachaux près de Camp-Perrin; et Coquillage, Petit Paradis,
Delta de l'Artibonite, Étang Bois Neuf, Sources Puantes, Étang de Miragoâne et Mangroves de
Baradères-Cayemites qui représentent les principaux écosystèmes humides si on inclut le Lac Azuéï
(Scott, 2016).
Seulement sur la Réserve écologique Wynn Farm d‟une superficie de 19,35 ha, il est recensé
42 espèces d‟oiseaux dont 18 endémique, 16 sédentaires et 8 migrateurs10, dont certaines sont
très menacées telles que le bec-croisé (Loxia megaplaga, menacée), le tordier (Todus subulatus, endémique),
le zena d‟Hispagnola (Spindalis dominicensis, endémique), le courlan brun (Aramus guarauna, menacée), le
Petrel diablotin (Pterodroma hasitata, menacée). Des 1500 de cette dernière espèce qui existent sur la
planète, la majorité migre en Haïti au niveau de Macaya et quelques-uns à Wynn Farm (Témoignage de
René Durocher, novembre 2018).
1.1.4.Reptiles et Amphibiens
L‟île abrite 217 espèces de reptiles et d‟amphibiens (Thomas, 2000). Environ 80% de cette diversité
a été enregistrée en Haïti. Quatre-vingt-dix-huit pour cent (98%) sont endémiques de l‟Île,
environ le tiers des espèces ne se trouvant qu'en Haïti.
Cinq (5) tortues de mer ont été inventoriées en Haïti (Thomas, 2000). Selon Ottenwalder 1996). Il s‟agit
de:
‒
‒
‒
‒
‒
10
Tortue imbriquée, Eretmochelys imbricata (trouvée à Anse à Pitres, Ile-à-Vache et Côtes de Fer),
Tortue caouanne Caretta caretta (trouvée à Belle Anse, Cayes-Jacmel, Anse à Pitres),
Tortue coriace Dermochyles coriacea (trouvée à Tiburon),
Tortue verte Chelonia mydas, et
Tortue olive de mer Lepidochyles olivacea.
(René Durocher, Inventaire écologique REWF, liste partielle, novembre 2018).
10
La Faune d‟Haïti
Plus de 2,000 espèces animales dont 75 % endémiques
Oiseaux: Entre 245 et 260 formes d‟oiseaux connues dont 31
espèces endémiques. 84 espèces d‟oiseaux à la Gonave et 47 à
l‟île de la Tortue
Poissons Des 932 espèces reportées la pluspart sont marines
dont 1 endémique, la Coralbrotula Ogilbichthys haitiensis. Etang
de Miragoane: 8 espèces de poissons endémiques.
Ichtyofaune dans les écosystèmes d‟eau intérieure: 41 espèces
de poissons d‟eau douce incluant la native anguille américaine,
Anguilla rostrata. 11 parmi ces 41 espèces sont endémiques et
appartiennent toutes à la famille Poecillidae et à l‟ordre des
Cyprinodontiformes
Mammifères : 3 espèces- Plagiodontia aedium (Zagouti),
Solenodon paradoxus wordii (Musaraigne au Nez long) et le
Lamantin des Antilles, mammifère marin que l‟on retrouve dans
la plupart des Antilles dont Haïti;
18 espèces de chauve-souris
Reptiles: 120 dont 3 espèces de couleuvres de boas: Epicrates
fordi, Epicrates gracilis et Epicrates striatus, 5 tortues marines,
2 tortues d‟eau douce, 2 espèces d‟iguane terrestre, quelques
500 crocodiles américains; 3 espèces de boas
Amphibiens: 58 espèces dont 49 sont en extinction :
58 espèces Grenouilles terrestres, d‟Eleutherodactylus sur l‟île
d‟Hispaniola. De ces 58 espèces, 20 provienent de la Grande
Anse. L‟Eleutherodactyles thorectes, la plus petite espèce
connue d‟Hispaniola, et l‟une des plus petites du genre a été
découverte en Haïti.
Encadré 4 : La faune d‟Haiti
11
Deux (2) iguanes terrestres sont répertoriés : le rhinocéros iguana Cyclura cornuta et l‟iguane de Ricord
Cyclura ricardi. Le crocodile américain, également connu sous le nom de Caïman, est également présent
en Haïti (Thomas, 2000).
Haïti abrite une faune exceptionnelle de grenouilles terrestres des Caraïbes dont la plus grande diversité
se retrouve au niveau du Massif de la Hotte. Sur les 58 espèces d'Eleutherodactylus décrites pour Haïti,
20 proviennent de Castillon, au nord du Massif de la Hotte, un petit village à Léon/Grande'Anse.
L‟Eleutherodactyles thorectes, la plus petite espèce connue d‟Hispaniola, et l‟une des plus petites du genre
a été découverte en Haïti (Scott, 2016).
Signalons que 49 des 58 espèces d'amphibiens en Haïti sont en péril (Encadré 5) dont certaines
sont au seuil de l‟extinction (Scott, 2016).
1.1.5.Poisson
La plupart des 932 espèces de poisson en Haïti sont des espèces marines (les requins et les raies
sont également inclus dans ce nombre). Sur environ 42 espèces d'eau douce, environ 25% sont
endémiques, tandis qu'environ 10% sont des carpes et des tilapias introduits (Froese et Pauly, 2010).
L‟inventaire et la surveillance des poissons indigènes d‟Haïti ont augmenté au cours des dernières
décennies, mais ils sont toujours incomplets et il est probable que le nombre d‟espèces vulnérables soit
supérieur à celui indiqué dans l‟encadré 5.
1.1.5.1.
Nouvelle espèce de poisson découverte en Haïti
Un nouveau hameau microendémique en voie de disparition a été découvert dans la baie de FortLiberté dans le Nord-Est d'Haïti (Benjamin C. V, 2018). Hypoplectrus liberte (figure 4). Les hameaux du
genre Hypoplectrus regroupent une vingtaine d‟espèces présentes sur les récifs coralliens de l‟Océan
Atlantique occidental des tropiques. L‟espèce découverte présente une morphologie distinctive à
rayures du hameau barré, apparemment limité à la baie de Fort-Liberté.
©: B.C. Victor. 2018
Figure 4: Hypoplectrus liberte
La baie est relativement grande et isolée, avec une ouverture longue et étroite. Cette espèce
microendémique inhabituelle devrait être un sujet précieux pour l'étude de la microévolution d'un
rayonnement d'espèce. Avec la faible densité et la vulnérabilité de la baie de Fort-Liberté au
développement et à la dégradation de son habitat, cette nouvelle espèce présente un risque d'extinction.
Voir carte de la pression humaine sur la biodiversité figure 16.
12
1.1.6.Coraux et éponges
Ecosystèmes côtier et marin sont constitués de mangroves, d‟estuaires, d‟herbiers marins et de coraux.
En septembre 2014, Reef Check a découvert et confirmé qu‟Haïti est une très grande zone de récifs
coralliens en bonne santé, avec des centaines de mètres carrés de corail corné surtout dans la
Grand‟Anse, près de Jérémie.
Les coraux staghorn (Acropora cervicornis) et elkhorn (Acropora palmata) auparavant répandus dans les
Caraïbes dans les années 1970, représentaient entre 30% et 50% de la plupart des récifs. Ces deux
espèces présentant une fragilité importante face aux maladies, à l'apport de sédiments, figurent
maintenant sur la liste des espèces en voie de disparition dans les Caraïbes et les États-Unis.
En effet, ces espèces sont sensibles aux hausses de température du milieu, lorsque celle-ci dépasse les
30 °C, les zooxanthelles11 quittent leur hôte, laissant la colonie corallienne toute blanche (disparition
des pigments photosynthétiques), mais encore vivante ; si ce phénomène perdure au-delà de plusieurs
semaines ou mois, alors l'animal meurt par manque d'apport alimentaire ; ce phénomène est appelé :
blanchissement ou mort blanche des coraux (Doris, 2018)
En 2005, la colonne d'eau abritant les colonies coralliennes de la Caraïbe a subi une température de
plus de 29 °C durant une période de 6 mois ; 50 à 60 % des coraux ont blanchi (parfois plus) ; en 2006
la moitié de ces coraux blanchis sont morts, apportant ainsi à la zone Caraïbe son plus fort
blanchissement observé (Doris, 2018).
Actuellement Acropora cervicornis est sans doute une des espèces les plus menacées de la région Caraïbe.
La fragilité de ses branches en fait une victime des cyclones et des fortes tempêtes, l'espèce se localise
donc dans des secteurs relativement abrités, qui sont aussi les plus touchés par la pollution et la vase
en provenance des travaux agricoles et routiers (Doris, 2018) 12.
D‟un autre côté, des éponges de nombreuses espèces, de différentes couleurs et tailles abondent les
récifs d'Haïti malgré les problèmes de dégradation. Les éponges Cahouane d'Haïti sont parmi les
plus grandes du monde. Les communautés d'éponges en Haïti sont si diverses et comprennent de
très grandes colonies, de sorte qu'elles fournissent un habitat et une structure similaires aux récifs
coralliens. La diversité et le pourcentage d'éponges couvertes sont très élevés en Haïti
comparés au reste des Caraïbes (G. Hodgson. 2014).
11 La zooxanthelle, ou plus simplement xanthelle est une algue unicellulaire, pouvant vivre en symbiose avec le corail, mais aussi avec les
bénitiers, ainsi qu'avec de nombreuses espèces de méduses scyphozoaires, comme le genre Cassiopea ou Cotylorhiza par exemple, et chez
d'autres animaux marins
https://www.google.ca/search?rlz=1C1JZAP_frCA707CA708&ei=buUFXNLdFqfv_Qbsno7QDg&q=zooxanthelles+et+coraux&oq=zo
oxanthelles+et&gs_l=psy-ab.1.0.0j0i22i30l2j0i22i10i30.7010.8324..11678...0.0..0.116.286.2j1......0....1..gwswiz.......0i71j35i39j0i30.aEuV_9gk91Y
12 Doris 2018. Données d'Observations pour la Reconnaissance et l'Identification de la faune et la flore Subaquatiques. Corail corne de
Cerf. http://doris.ffessm.fr/Especes/Acropora-cervicornis-Corail-corne-de-cerf-538/(rOffset)/12
13
Attention ! Un autre danger et non des moindres, menace terriblement cette grande diversité de récifs
coralliens et d‟éponges en Haïti. Il
s‟agit de la collecte et le commerce
illégal, voire informel, qui sévissent
depuis quelques années sur les côtes
haïtiennes, particulièrement dans le
village de Luly situé à une trentaine
de kilomètres au nord de la capitale
(JM Théodat. 2018)13.
1.1.7.Autres invertébrés
Compte tenu de l'inventaire et de la connaissance incomplets des espèces de vertébrés, il n'est pas
étonnant que la majeure partie de la diversité représentée par les invertébrés soit inconnue de la science
ou insuffisamment étudiée en Haïti. Le nombre d'inventaires d'invertébrés a augmenté au cours des
dix dernières années, mais ils ne sont encore effectués que pour de petites zones, aucune donnée
nationale n'est disponible (Scott, 2016). Étant donné que les invertébrés contiennent la plus grande
diversité d'espèces, il est raisonnable d'affirmer que la majeure partie de la biodiversité d'Haïti reste
largement méconnue.
1.2. Regard sur l‟indice d‟intégrité de la biodiversité en Haïti
L‟indice d‟intégrité de la biodiversité permet d‟identifier et de hiérarchiser les problèmes de
fragmentation écologique à diverses échelles écopaysagères. En analysant la carte présentée à la figure
4, elle montre l‟indice d‟intégrité de la biodiversité et aussi les poches ou la biodiversité est conservée
ou pas sur le territoire. Aussi plusieurs poches de conservation ont été observées au niveau du SudOuest notamment Baradères et Cayemites, Jérémie et Abricot, le territoire du Parc National Macaya.
Quelques poches éparses à Port-Salut, Fonds des Cayes et les Anglais. D‟autres poches de conservation
peuvent être observées dans les Nippes et également dans le Sud-Est et l‟Ouest particulièrement au
niveau de la forêt des Pins. Au niveau de l‟Artibonite à Dessalines une poche de conservation est
observée au niveau de la côte. Quelques zones de conservation sont observées dans le Nord et le NordEst et quelques traits épars dans le Nord-Ouest. Ces poches présentent un indice d‟intégrité entre 90
et 100%.
Cependant, pour une grande partie du territoire le niveau de fragmentation est élevé c‟est-à-dire entre
80 et 85%. Par ailleurs, la région métropolitaine de Port-au-Prince présente le niveau de fragmentation
la plus élevée au niveau national ou l‟indice est inférieur à 60%. Signalons que les AP représentent les
sites où la fragmentation écologique est la moins intense (figure 5)
13
Jean-Marie Théodat, 2018 Haïti et la mer : une insularité ambiguë. Les littoraux Latino-américains. Pp
56-68
14
Figure 5: Carte d'Indice d'intégrité de la biodiversité. 2016
1.3. Menaces sur la biodiversité d‟Haïti
La biodiversité caractéristique du pays et de la région se trouve sous la menace constante et diversifiée
notamment par une anthropisation accélérée (voir carte sur anthropisation figure 16) elle-même
produite de la situation socio-économique précaire des communautés locales, ce qui contribue à
l‟érosion grandissante de la biodiversité. En effet, l‟accentuation de la baisse de la biodiversité induite
par des paramètres traditionnellement retenus est devenue le constat évident. À titre d‟exemple, on
peut citer la dégradation continue, la destruction des écosystèmes ou des habitats pour faire place à
l‟agriculture, au développement inconsidéré et à l‟expansion urbaine, les catastrophes naturelles et la
pollution. Autant de conditions et de facteurs favorables à l‟érosion ou même à la disparition de la
biodiversité au niveau national (voir la liste des menaces détaillées pour Haïti, Annexe B) 14.
Selon la revue Recherche et Science (septembre 2015) dans un article intitulé : la liste des espèces menacées
continue de croitre, la dernière mise à jour de la liste rouge de l‟UICN15, au niveau mondial, le chiffre a
augmenté de 400, avec un total de 22.784 espèces menacées. La perte et la dégradation de l‟habitat
sont la menace principale pour 85% de toutes les espèces sur la liste, le commerce illicite et les
espèces envahissantes sont également des facteurs importants du déclin de la population. Ce qui
confirme les analyses faites dans les points 1.1 et 1.2.
14Une liste mise à jour des espèces figurant sur la Liste rouge de l‟UICN a été obtenue de la base de données de l‟UICN pour Haïti (IUCN,
2011). Dans le cas de la famille des Magnoliacées, la Liste rouge publiée par l‟UICN et la SSC Global Tree Specialist Group a été incluse
(Cicuzza et al., 2007) bien que les espèces haïtiennes ne figurent pas sur la Liste rouge de l‟UICN (Timyan et Hilaire 2011).
15Recherche et Sciencehttps://www.elbulin.es/blog/continua-creciendo-la-lista-roja-de-especies-amenazadas/?lang=fr
15
Une enquête spéciale réalisée par le Comité scientifique sur les problèmes environnementaux du
Conseil International pour la Science16, auprès de 200 scientifiques dans 50 pays différents, a montré
que les principaux problèmes environnementaux du 21è siècle sont entre autres les changements
climatiques (51%), la rareté de l‟eau douce (29%), la déforestation (28%), la pollution de l‟eau douce
(28%), la mauvaise gouvernance (27%), la perte de biodiversité (23%), etc. (Figure 6). L‟étude a renchéri
pour conclure que la majorité des problèmes environnementaux de ce siècle découlent de la
continuation et de l'aggravation de problèmes existants qui ne reçoivent pas actuellement assez
d'attention politique (UNEP. 2000).
Figure 6: Principaux problèmes environnementaux du 21è siècle
Par ailleurs, une liste mise à jour des espèces menacées17 figurant sur la Liste rouge de l‟UICN a été
obtenue de la base de données de l‟UICN pour Haïti (IUCN, 2011). En particulier, l‟UICN note que
certaines plantes, y compris plusieurs des herbes sauvages et des orchidées, peuvent être menacées
pour des fins médicinales, horticoles et récoltes excessives.
Cinquante-trois (53) espèces potentielles sont inscrites sur la Liste rouge de l‟UICN pour
Haïti, parmi lesquelles, 12 espèces en voie de disparition ou menacées ont été désignées comme
vraisemblablement présentes dans les limites du Parc National des 3 Baies (PN3B). Les cinq espèces
de plantes inscrites sur la Liste rouge de l‟UICN ont été trouvées dans certaines parties de la péninsule
de Fort-Liberté (y compris la zone de la plantation Dauphin) (ANAP et al. 2016). Selon le 5RN, 42
16
UNEP 2000. Global Environnemental Outlook (GEO).
17 Une liste mise à jour des espèces figurant sur la Liste rouge de l‟UICN a été obtenue de la base de données de l‟UICN pour
Haïti (IUCN, 2011). Cet ensemble d‟espèces menacées a servi de base pour l‟identification des ZCB en Haïti (Annexe 1).
Dans le cas de la famille des Magnoliacées, la Liste rouge publiée par l‟UICN et la SSC Global TreeSpecialist Group a été
incluse (Cicuzza et al., 2007) bien que les espèces haïtiennes ne figurent pas sur la Liste rouge de l‟UICN.
16
espèces globalement menacées18 se retrouvent dans les ZCB19. Ces dernières ont été proposées au
SNAP pour reconnaissance.
Tableau 1: Diversité des espèces et niveau de menaces des grands groupes taxonomiques en Haïti
Taxon
Nombre Espèces
Nbre Espèces en danger
critique
Nbre en danger
Nbre
vulnérable
Amphibiens
58
31
11
7
Oiseaux
258
1
5
8
Poissons
932
2
6
20
Mammifères
38
-
3
3
Reptiles
1201
3
6
5
Plantes
+5000
9
9
24
Sources : MdE. 2016. 5RN-Ajusté
Notes : Selon M. René Durocher, photographe, biologiste chercheur, il y aurait plus de 360 espèces
d‟oiseaux en Haïti (Témoignage, novembre 2018).
Le nombre d‟espèces en danger d‟extinction continue
d‟augmenter et la situation est extrêmement grave et
source de grande inquiétude pour les amphibiens
dont on connait la contribution importante de Haïti
à la biodiversité caribéenne relative à ce groupe
taxonomique.
Cette situation touche aussi les mammifères
particulièrement la Musaraigne à Nez long et le
Zagouti d‟Haїti; et les oiseaux dont le Bécasseau
roussâtre( Tryngitessu bruficollis) non observé depuis
ces vingt dernières années, le Coccyzusru figularis, le
Siphonorhisbrewsteri, le Hibou maître-bois ( Asiostygius),
la Buse de Ridgway ( Buteoridgwayi) (MdE. 2016).
SOS
Espèces en danger d‟extinction
12 espèces d‟oiseaux
28 espèces de plantes,
≈48 espèces d‟amphibiens
15 espèces de poissons
10 espèces de reptiles et de
mammifères
Scott 2016 ;Geo-Haiti, 2010
Encadré 5 : Espèce en danger d‟extinction
18 Les espèces menacées sont catégorisées comme en danger critique d‟Extinction (CR), en danger (EN) ou Vulnérables (VU). Les espèces
figurant sur la Liste rouge de l‟UICN et catégorisées comme Quasi Menacées (NT), Préoccupation Mineure (LC), Données Insuffisantes
(DD) et Non Évalué (NE) ne sont pas prises en considération.
17
1.4. Diversité de végétation sur le territoire national
Le graphique suivant présente la répartition de la diversité de végétation en termes de pourcentage de
territoire national occupé. Encore une fois, les cultures intensives occupent le plus fort pourcentage
(44,1%) alors que les forêts ne représentent que 2,6% du territoire. Si on considère la carte de la figure
7, les résultats sont assez représentatifs de ceux du graphique 1.
Type de végétation du territoire haïtien en %
Agroforesterie
Forêts
31,8
Source: Hilaire 2005 cité par Géo Haïti 2010
44,1
Cultures intensives
Zones humides
18,3
Mangroves
Sous- bois
Pâturages
2,6
1,4
0,7
1,1
Graphique 1 : Diversité de végétation et leur couverture (%) en Haïti
Figure 7: Carte occupation de sol (Source CNIGS. 1998)
18
2. Méthodologie
Les 6RN sont un outil de référence devant présenter de manière quantitative et qualitative, basés sur
la rigueur des données scientifiques et des données spatiales, qui prend en compte la question de
l‟égalité des sexes et qui repose sur une base de données en s‟appuyant sur des indicateurs mondiaux
et nationaux, les progrès accomplis dans la réalisation des OAB. Ce rapport devant guider à la fois la
cinquième édition des Perspectives mondiales sur la Biodiversité (GBO5) et la Stratégie mondiale pour
la diversité biologique de 2021.
À priori, les recommandations de la CBD exigent que le 6NR soit composé de sept sections 20. Le
SPANB de 2011-2020 et le 5e rapport national en constitueraient les principaux pré-requis à son
élaboration. Compte tenu de la non-existence du SPANB 2011-2020, il n‟était pas évident d‟élaborer
le 5e rapport national selon les exigences de la convention. En d‟autres termes, les deux outils de base
à l‟élaboration du 6RN n‟étaient pas disponibles et les éléments devant guider de manière éclairée la
rédaction faisaient aussi défaut.
De ce fait, il a été entendu avec les conseillers désignés à encadrer les pays pour l‟élaboration des 6RN,
de trouver une structure qui répond mieux avec la situation du d‟Haïti au regard des contraintes. Dans
le souci de collecter le maximum d‟informations répondant, un tant soit peu, aux critères du Secrétariat
de la convention, une méthodologie, à priori, basée sur une approche participative, a été proposée et
contient les étapes suivantes :
2.1. Implication des Parties prenantes (PP)
Une approche participative et inclusive a été adoptée dans l‟elaboration de ce 6NR, ce qui a permis
d‟impliquer les différents acteurs/ parties prenantes à toutes les étapes du processus. Dans cette meme
optique, un Comité de Pilotage et un Comité Technique de Consultation ont été mis en place. La
première est constituée du Ministère de l‟Environnement à travers la Direction de la Biodiversité, du
Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et de l‟Agence Nationale des Aires
protégées (ANAP). Le second, pour sa part, comprend les institutions suivantes :
1)
Ministère de l‟Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural ;
2)
Ministère de la Planification et de la Coopération Externe ;
3)
Ministère du Tourisme et des Industries Créatives ;
4)
Ministère de la Culture et de la Communication ;
5)
Coopération Allemande (GIZ) ;
6)
ONU Environnement ;
7)
Fondation Macaya ;
20
a) Informations sur les objectifs poursuivis à l‟échelon national;
b) Application des mesures prises, évaluation de leur efficacité, et obstacles et besoins scientifiques et techniques pour atteindre les objectifs
nationaux;
c) Evaluation des progrès accomplis dans la réalisation de chaque objectif national;
d) Description de la contribution nationale à la réalisation de chaque Objectif d‟Aichi pour la
Biodiversité;
e) Description de la contribution nationale à la réalisation des objectifs de la Stratégie mondiale pour la conservation des plantes (la réponse
à cette partie est facultative);
f) Informations supplémentaires sur la contribution des peuples autochtones et des communautés locales à la réalisation des Objectifs
d‟Aichi pour la biodiversité lorsqu‟elles n‟ont pas été fournies dans les parties ci-dessus (la réponse à cette partie est facultative);
g) Profil de la biodiversité du pays actualisé.
19
8)
9)
10)
11)
Fondation Nouvelle Grand-Anse ;
Fondation Seguin ;
Société Audubon ;
Banque Interaméricaine de Développement (BID)
La liste des parties prenantes consultées a été établie en tenant compte de la connaissance des secteurs
prioritaires identifiés à la suite d‟échanges avec les bénéficiaires et commanditaires du rapport, de
l‟analyse des parties prenantes réalisées dans le cadre d‟études antérieures.
Il s‟agit de :
‒
‒
‒
‒
‒
‒
‒
‒
Les représentants des institutions étatiques les plus concernées,
Les représentants des institutions de la coopération internationale,
Les représentants d‟ONG nationales et internationales,
Les organisations communautaires de base (OCB),
Les organisations de femmes
Les représentants de la société civile environnementale organisée,
Les universités et centres de recherche,
Les personnes-ressources.
Tableau 2 : Liste des Parties prenantes dans la conservation de la biodiversité et leurs zones
Parties prenantes
Nom de l‟AP
Département
Ecosystèmes Terrestres
MdE
National
-
MARNDR
National
-
MdT
Parc Historique la Citadelle
Nord, Sud
PNUD
Parc Marin des 3 Baies
Nord-Est
BID
Parc Marin des 3 Baies
Nord-Est
ONU-Environnement
Parc National Macaya
Sud et Grand'Anse
Société Audubon
Parc Macaya, Grand-Bois
Sud et Grand'Anse
Fondation Seguin
La Visite
Sud-Est/ Ouest
FOKAL
Parc National de Martissant
Ouest
Wynne Farm
Jardin Botanique National
d‟Haïti
Jardin Botanique des Cayes
Réserve Ecologique de Wynne Farm
Jardin botanique de la commune de
Ganthier
Jardin Botanique des Cayes
Ouest
Coopération Suisse/Helvetas
Forêt des Pins Unité 2
Sud-Est/ Ouest
GIZ
Forêt des Pins Unité 1
Sud-Est/ Ouest
GIZ/Concert Action
Corridor biologique Nord
Nord/Nord-Est
Ouest
Sud
Écosystèmes marins
20
TNC, BID
Parc des 3 baies
Nord/ Nord -Est
UE/Helvetas
Lagon des Huitres
Sud-Est/Ouest
BID
Aquin/ Saint louis
Sud
La Cahouane
Sud
Port-Salut
Sud
Baradères/Cayemites
Grand‟Anse/
Nippes
USAID
Foprobim
ONU-Environnement
Reefcheck
ONU-Environnement/
PADI
PNUD
CNIGS
CIAT
Acteurs transversaux
21
2.2. Rencontre avec les parties prenantes
Cette étape a permis de collecter des informations
générales sur l‟état de la biodiversité au niveau du pays
(les écosystèmes, les politiques, les stratégies et/ou plans
en cours). Les informations fournies par ces acteurs ont
permis de bien orienter la prise en compte des stratégies
et des plans d‟action dans le domaine et d‟avoir une vision
holistique de la situation nationale. Certaines PP ont été
contactées par voie électronique.
2.3. Réalisation des ateliers régionaux
Sur les dix (10) départements géographiques du pays, des
ateliers régionaux ont été réalisés dans 4 à savoir les
départements du Sud, du Sud-est et du Nord et le Nordest, les deux derniers étant jumelés. Les objectifs de ces
ateliers sont, entre autres, 1) expliquer la pertinence de
l‟élaboration du 6e rapport national ; 2) évaluer ce qui a
été fait en termes de protection et conservation de la
Biodiversité dans les régions ;3) évaluer les menaces
potentielles liées à la protection de la Biodiversité ;4)
identifier avec les acteurs les priorités nationales en
matière de conservation de la biodiversité.
Signalons que les informations fournies par ces acteurs
lors des focus groups reflètent bien les réalités des autres
régions du pays. Cependant, certaines particularités
doivent être mises en évidence en fonction des
microclimats observés au niveau de certaines régions et
qui peuvent, de ce fait même, présenter des types
d‟écosystèmes très particuliers avec d‟autres types de
menaces.
Les données collectées à travers les différents ateliers
regionaux, les entretiens individuels et les foccus groupes
ont été validées avec les différentes parties
prenantes/acteurs du secteur et le Comité Technique de
Consultation au cours d‟un atelier de valuidation qui a été
organisée à cet effet.
Rencontres avec les points focaux des conventions environnementales
Il est important de mentionner qu‟une rencontre a été organisée spécifiquement avec les points focaux
des conventions environnementales internationales dont Haïti est signataire à savoir la convention sur
les changements climatiques, la convention sur la biodiversité, la convention sur la dégradation des
22
terres. Cette rencontre a été organisée pour initier le travail du consultant qui élabore la mise en place
du système d‟informations environnementales (SIE) pour le compte du MdE appuyé, par l‟ONUEnvironnement à travers le projet d‟Appui à la mise en œuvre des accords multilatéraux pour
l‟environnement (CCCD). Il a été convenu lors de cette rencontre que les indicateurs qui seront
développés dans le cadre du 6RN et la SPANB serviront de base pour alimenter dans un
premier temps le SIE ce qui constituerait une très bonne base de lancement pour le SIE.
2.4. Revue documentaire
Cette étape consiste à consulter tous les documents susceptibles de nous fournir des informations
fiables utiles à l‟élaboration du rapport. Il s‟agit de :
‒
‒
‒
‒
‒
‒
‒
Le guide technique d‟élaboration des 6RN élaboré par la CBD ;
Les études scientifiques sur la biodiversité ;
Les rapports techniques des différentes conventions dont Haïti est signataire
Les rapports techniques et scientifiques de missions sur le secteur ;
Les rapports techniques de projets œuvrant dans la gestion et la conservation de la biodiversité,
Les documents légaux et règlementaires ;
Les documents de gouvernance environnementale.
2.5. Les études de cas ou success-story
Afin de combler certaines lacunes en termes d‟informations disponibles, certaines études de cas ont
été promues afin mieux valoriser les efforts des acteurs dans ce domaine. Les cas présentés sont aussi
intéressants que variés et touchent plusieurs écosystèmes et plusieurs aspects dans la conservation.
Citons par exemple la valorisation de la richesse de la diversité biologique avec la Réserve écologique
Wynne Farm (REWF), la valorisation de la gouvernance des aires protégées avec Helvetas à l‟unité
II de la Forêt des Pins et des Lagons aux Huitres, ou l‟émergence des aires marines protégées et leur
système de gestion avec l‟ONU-Environnement, ou la valorisation des espèces et de la recherche
avec la Société Audubon d‟Haïti (SAH) pour ne citer que ceux-là.
3. Limites à l‟élaboration du 6RN selon les orientations de la CBD
Compte tenu de la situation contextuelle d‟Haïti ci-dessus présentée, un certain nombre de contraintes
ont été identifiées et qui impactent l‟élaboration du 6RN selon la ligne directrice proposée par la
Convention lors de la COP13. En effet, les 6RN doivent être composés de sept sections qui évaluent
le progrès des objectifs nationaux de biodiversité et des OAB ainsi que l‟efficacité des mesures prises
à compter de la mise en œuvre des SPANB.
À l‟élaboration du 6RN d‟Haïti, plusieurs éléments manquants constituent un réel handicap à sa
formulation selon les directives recommandées par le Secrétariat de la CBD. Il s‟agit particulièrement
de :
4. Manque de données quantitatives et scientifiques dans le cinquième rapport national
o Ce dernier devait présenter des informations quant à l‟atteinte des Objectifs nationaux
basés sur les objectifs d‟Aichi, pour la biodiversité
5. Absence du SPANB de 2011-2020
23
o
o
o
o
Impossibilité d‟évaluer le progrès des objectifs nationaux de la biodiversité
Impossibilité d‟évaluer la mise en œuvre des OAB
Impossibilité d‟identifier et d‟évaluer l‟efficacité des mesures prises à compter de la
mise en œuvre des SPANB
Objectifs nationaux de biodiversité non définis.
6. Manque de données scientifiques
Le manque de données scientifiques sur la biodiversité fait énormément défaut. Le manque ou même
l‟inexistence de ces données a rendu ardu tout le processus d‟élaboration du rapport. Les Universités
et les Centres de recherches travaillent très peu dans les thématiques du secteur de l‟environnement et
encore moins du domaine de la biodiversité. Parallèlement, les informations qui existent sont éparses
et ne sont pas systématiquement partagées et encore moins archivées dans un système d‟information.
4. Structure et contenu du 6RN
Fort des constats présentés dans le point 3 concernant la limite et des éléments du tableau 3,
l‟élaboration du 6RN suit un cheminement qui répond mieux à la situation du pays en matière de
conservation de la biodiversité. La structure présentée a été discutée et validée avec les conseillers mis
à la disposition des pays par le Secrétariat à la convention sur la biodiversité. Aussi, le 6RN renfermet-il les sections suivantes :
Section A:
Introduction : présentation de la situation générale du pays et de la biodiversité,
Section B :
État de la situation de la biodiversité durant les neuf (9) dernières années (2008-2018),
fournit des informations actualisées depuis la présentation du dernier rapport national de 2016, y
compris des informations concernant les initiatives ou travaux récemment entrepris ou achevés 21,
Le rapport inclut également les récentes variations de l‟état et des tendances de la biodiversité, et des
pressions exercées sur celle-ci. Il met aussi en évidence les progrès réalisés au niveau national. Il
présente les objectifs et les priorités nationaux et cadre les initiatives y relatives,
Section C :
Présentation et mise en évidence des interventions et initiatives passées et en cours
qui sont en relation directe ou indirecte avec la conservation de la biodiversité,
Section D :
Présentation des études de cas basées sur des initiatives concrètes réalisées par des
partenaires qui valorisent et conservent la biodiversité nationale et finalement,
Section E :
Profil national de la biodiversité
Section F :
Conclusion, recommandations et Perspectives.
Note : Il est important de signaler que ce sixième rapport est élaboré de manière à fournir de la matière
première et les éléments de base essentiels à l‟élaboration du SPANB (2019-2030). Les
21
CBD/COP/DEC/XIII/27- 2016. Décision adoptée par la conférence des parties à la convention sur la diversité biologique Paragraphe
2 annexe Lignes directrices pour l‟établissement du sixième rapport national.
24
recommandations sont conçues pour orienter les décideurs dans la prise de décisions en matière de
conservation de la biodiversité.
5. Situation d‟Haïti par rapport aux exigences de la CBD
Des raisons d‟ordres politique, institutionnel, technique et financier se sont amalgamées pour faire
qu‟Haïti n‟ait pas pu respecter de manière systématique les obligations et exigences de la convention
quant à la soumission de rapports nationaux et de plan stratégique sur la Biodiversité. Le tableau 3 ciaprès, présente, à titre indicatif, l‟état de soumission des différents rapports et stratégies.
Tableau 3: État du suivi des exigences de la CBD
Types d‟engagement
État
Date
Convention sur la Biodiversité
Signé
1996
-
Premier rapport national
Soumis
1998
-
Deuxième rapport national
Non soumis
SPANB-1
Soumis
Troisième rapport national
Non soumis
-
Crise politique 2000-2007, Manque de fonds
Quatrième rapport national
Non soumis
-
Crise politique 2000-2007, Manque de fonds
Protocole de Nagoya
Non signé
-
-
SPANB 2011-2020
Non soumis
-
Inachevé
Cinquième rapport national
Soumis
2016
Aucune évaluation du SPANB 2011-2020.
Sixième rapport
Élaboration
en cours
Janv.
2019
Soumission imminente
2008
Remarque***
Soumis sous forme de brouillon
-
Sources : MdE. 2016. 5RN et actualisation
6. Processus d‟identification des objectifs nationaux pour la
conservation de la biodiversité
6.1. Identification et détermination des objectifs nationaux : Processus
Afin de déterminer les objectifs nationaux, tout un ensemble de processus a été utilisé. Dans ce
contexte, trois facteurs majeurs ont été priorisés :
1. Les menaces identifiées lors des différents ateliers régionaux (figure 8)
2. Les priorités identifiées durant ces mêmes activités (point 5.3)
3. Les priorités identifiées dans la stratégie intérimaire présentée dans le 5RN22 (point 5.4).
22 Le SPANB intérimaire (5RN) a retenu
un ensemble d‟axes prioritaires couvrant un ensemble de secteurs d‟activités pour une
gestion durable de la biodiversité en Haïti. (MdE 2016)
25
6.2. Les menaces identifiées lors des différents ateliers régionaux
Les principales menaces sur la biodiversité identifiées par les parties prenantes des départements lors
des ateliers régionaux sont présentées à la figure 8. (voir liste complète en annexe B). Les chiffres
indiquent la récurrence de chaque menace par département : 1=menace soulevée par un département,
3= menace soulevée par trois départements. Ces menaces, prises sur une base comparative,
correspondent aux menaces identifiées dans la littérature et les rapports scientifiques et techniques
consultés. Sur la base des résultats, les principales en sont les suivantes:
Menaces récurrentes sur la biodiversité
Surexploitation des ressources
forestières,
Surexploitation des ressources
halieutiques,
1
1
1
1
1
Surexploitation des récifs
coraliens
3
3
2
3
2
2
3
3
3
2
Coupe excessive et le
remblaiement des zones de
mangroves,
Développement des zones
côtières
Fragmentation et l‟altération des
habitas,
Effets du changement climatique
Espèces exotiques envahissantes,
3=plus récurernte
1= moins récurrente
Figure 8: Liste des menaces récurrentes sur la biodiversité
Par ailleurs, la progression de l‟empreinte humaine sur les ressources naturelles et les aires protégées
est très marquée (voir figure 15) notamment par : la surexploitation des ressources forestières, des
ressources halieutiques, des ressources coralliens la coupe excessive et remblaiement des zones de
mangroves conduisant à la fragmentation et l‟altération des habitats des espèces tout écosystème
confondu. À cela s‟ajoutent d‟autres facteurs aggravants tels que l‟accroissement des activités agricoles,
la production de charbon, l‟urbanisation intense, la sédimentation des fleuves, la mauvaise gestion des
déchets et la pollution.
Les menaces identifiées ont de fortes répercussions sur l‟évolution de la biodiversité. En 2000, 97% du
territoire était déforesté (CIAT 2010). La figure 9 présente le niveau de déforestation en 2000 et les
pertes en couverture forestière enregistrées en 2017.
26
Figure
9:
Carte couvert forestier d'Haïti en 2000
Dans certaines régions du pays, d‟autres facteurs aggravent cette situation, notamment la pression
démographique caractérisée par la colonisation d‟espaces très exposés aux catastrophes naturelles
(zones de failles, pentes abruptes, plaines inondables, berges de rivières, etc. (PANA, 2017). La figure
10 montre plus clairement les pertes en couverture forestière enregistrées au niveau national entre 2000
et 2017.
Figure 10: Carte de perte du couvert forestier d'Haïti entre 2000 et 2017
27
En effet, tel que le montre le graphique 4, de 2001 à 2017, Haïti a perdu près de 58, 900 ha de couvert
forestier, ce qui correspond à une perte substantielle de 7% depuis cette période. Les principales
pertes enregistrées, notamment dans la Presqu‟ile du Sud, tel que le montre la figure 7, seraient
en grande partie liée aux dégâts aux écosystèmes végétal et forestier causés par l‟ouragan
Matthew en 2016.
Graphique 4 : Perte du couvert forestier en Haïti de 2001 à 2017
6.3. Priorités nationales pour l‟élaboration de la SPANB 2019-2030
La liste des priorités identifiées par les parties prenantes lors des ateliers régionaux est présentée ciaprès. Selon la classification retenue, chaque priorité identifiée a eu le même ordre d‟importance pour
chaque département. En faisant un rapprochement avec les priorités qui ont été identifiées dans le
5RN, il est convenu que les 9 priorités suivantes soient considérées comme priorités nationales pour
l‟élaboration du 6RN et du SPANB 2019-2030.
Priorité-1: Éducation et sensibilisation
Priorité-2: Restauration des écosystèmes dégradés/mangroves
Priorité-3: Mise en place d‟un cadre légal et de gouvernance pour la protection de la
biodiversité
Priorité-4: Promotion de l‟écotourisme et de l‟agroforesterie
Priorité-5: Lutte contre les effets du changement climatique
Priorité-6: Protection des récifs coralliens
Priorité-7: Conservation des espèces animales et végétales
Priorité-8: Contrôle des espèces envahissantes
Priorité-9: Valorisation des plantes médicinales
28
6.4. Les axes prioritaires retenus dans la stratégie intérimaire du 5RN
Dans le 5RN, est inclue une ébauche de SPANB, dite SPANB intérimaire dans laquelle a été
retenu un ensemble d‟axes prioritaires couvrant un ensemble de secteurs d‟activités pour une
gestion durable de la biodiversité en Haïti (MdE 2016). Par ordre d‟importance, il s‟agit de :
Priorité-1:
Priorité-2:
Priorité-3:
Priorité-4:
Conservation de la Diversité Biologique
Éducation, identification et suivi des composantes de la biodiversité
Utilisation durable des composantes de la biodiversité
Contrôle des espèces exotiques envahissantes et gestion des
Organismes Génétiquement Modifiés
Priorité-5: Mise en place d‟un nouveau cadre légal, règlementaire et institutionnel pour
la gestion de la biodiversité d‟Haïti.
6.5. Les objectifs nationaux pour l‟élaboration du SPANB 2019-2030
Les facteurs combinés à savoir les menaces et les priorités établies lors des ateliers régionaux et des
rencontres avec les diverses parties prenantes ont servi de points de repère pour déterminer les objectifs
nationaux. Ces informations présentées lors des rencontres avec les autres partenaires ont été analysées
et croisées. Elles ont aidé à l‟identification des objectifs nationaux ci-après, lesquels ont été validés sur
une base participative. Ces objectifs sont alignés sur d‟autres stratégies et programmes nationaux tels
que décrit dans la partie 7, particulièrement :
‒
‒
‒
‒
‒
La déclaration de la politique générale du gouvernement Moise/Céant de 2018
La Politique nationale sur les Changements climatiques (PNCC-2016),
Le Plan d‟action national d‟adaptation (PANA 2006-2016),
Le Programme stratégique pour le développement d‟Haïti, Haïti Pays Emergent 2030
Le Plan d‟action pour l‟environnement (PAE 2000-2015).
29
Objectifs
Correspondance avec les OAB
Objectif 1 :
Sensibilisation et conscientisation des
individus aux valeurs de la biodiversité, de son utilisation
et de conservation de manière durable
Objectif 2 :
Réduction de la fragmentation, la
dégradation et la perte d‟habitats
Objectif 3 :
Gestion soutenable de la pêche en
appliquant des approches fondées sur les écosystèmes.
Objectif 4 :
Gestion et conservation efficace des aires
protégées des écosystèmes terrestres, d‟eaux intérieures,
marins et côtiers d‟ici à 2021. D‟ici à 2021, au moins 17%
des zones terrestres et d‟eaux intérieures et 10% des zones
marines et côtières, y compris les zones qui sont
particulièrement importantes pour la diversité biologique
et les services fournis par les écosystèmes, sont
conservées.
Objectif 5 :
Amélioration, maintien et conservation
des espèces menacées plus particulièrement de celles qui
sont en voie d‟extinction.
Objectif 6 :
Restauration
et
sauvegarde des
écosystèmes qui fournissent les services essentiels au
regard des besoins des femmes, des communautés locales
et des populations pauvres et vulnérables.
Objectif 7 :
Amélioration de la résilience des
écosystèmes et de la contribution de biodiversité au stock
de carbones grâce aux mesures de conservation et de
restauration des écosystèmes dégradés.
Objectif 8 :
Augmentation de la mobilisation de
ressources financières pour la biodiversité et la mise en
œuvre de la stratégie 2019-2030.
30
Ces objectifs, mis en perspective, correspondent aux OAB 1, 5, 6, 11, 12, 14, 15 et 20. Des cibles et indicateurs sont découlés de ces huit (8) objectifs et
vont orienter l‟élaboration du SPANB (2019-2030) (Voir tableau 4). Les objectifs nationaux retenus sont les suivants :
Tableau 4: Objectifs, cibles et indicateurs retenus pour l‟élaboration du SPANB 2019-2030
Objectifs
nationaux
Objectif 1 :
Sensibilisation
et
conscientisation des
individus aux valeurs
de la biodiversité, de
son utilisation et de
conservation
de
manière durable
Activités
1.1. Elaborer une stratégie nationale de
communication, d‟éducation, de
sensibilisation, d‟échange
d‟information sur la biodiversité
Indicateurs de résultats
-
La stratégie est disponible et
vulgarisée auprès des différents
acteurs évoluant dans le secteur
1.2. Traduire en créole le 6RN comme
outil de vulgarisation
-
Nombre de campagnes de
sensibilisation réalisées avec
l‟outil du 6RN traduit en créole
et diffusé dans les médias
1.3. Mise en œuvre d‟une campagne
nationale continue de sensibilisation,
ciblant toutes les couches de la
population (femmes, jeunes, enfants,
autorités étatiques…), sur la
conservation et l‟utilisation durable de
la biodiversité.
-
Nombre de départements du
pays sont touchés par cette
campagne nationale
-
Nombre
de
personnes
sensibilisées par catégorie
-
Nombre
de
femmes
bénéficiant lors des différentes
activités de sensibilisation et
Cibles
Au
moins
5000
documents sont produits
et partagés avec les acteurs
du secteur au niveau
national
Au moins 10 000 dépliants
produits et distribués
auprès des acteurs et des
écoles et les médias
communautaires
Au
moins
1o
départements du pays sont
touchés
par
cette
campagne nationale
-. X élèves sensibilisés
-. X OCB sensibilisés
-. X groupement religieux
sensibilisés
-. X associations de
femmes touchées
Période
2019-2020
2019-2030
Acteurs de mise en
œuvre
Acteurs
Acteurs
principaux en appui
DB/MDE
MENFP
DB/MDE
Écoles Médias
Groupements
religieux
Associations de
femmes
Les
Collectivités
territoriales
MSPP
MdT
MARNDR
OCB
ONG
PTF
ONG
OCB OCI
Ministères
sectoriels
PTF
31
-
-
1.4. Intégrer la biodiversité dans les cursus
de formation
qui les utilise dans la
conservation de la biodiversité
Nombre de sessions de
sensibilisation
réalisée au
niveau national.
Au moins 4 sessions de
sensibilisation réalisées au
niveau
de
chaque
département
Nombre de campagnes ou Au moins 3 campagnes de
d‟activités de sensibilisation sur grande envergure sont
la biodiversité, réalisées au réalisées au niveau national
niveau national.
-
Nombre
d‟établissements
ayant intégré la biodiversité
dans leur cursus
Au moins une école dans
chaque commune a intégré
la biodiversité dans leur
cursus
-
Nombre d‟écoles/Universités
de
domaines
d‟études
différents ayant intégré la
biodiversité dans le cursus des
autres domaines d‟études
(administration, comptabilité,
génie civil, etc.)
Nombre d‟étudiants dont les
mémoires de maitrise et/ou de
doctorat
touchent
la
biodiversité
Au moins 10 universités
ont intégré la biodiversité
2019-2030
dans leur cursus, écoles
professionnelles
ont
intégré la biodiversité dans
leur cursus
-
DB/MDE
Université
d‟État d‟Haïti
MENFP
Universités
privées
Écoles
professionnelle
s
OCI
PTF
Au moins 25 étudiants
réalisent leur mémoire de
maitrise et/ou de doctorat
dans un domaine touchant
la biodiversité
32
1.5. Utiliser les médias traditionnels
(radios, radios communautaires,
Télévision) ainsi que les réseaux
sociaux ainsi que le site web pour
promouvoir la protection de la
biodiversité
-Nombre de médias traditionnels à
travers le pays ayant une émission
sur
la
protection
de
la
biodiversité/environnement
- Au moins 1 radio 2019-2030
communautaire
diffuse
une
émission
sur
l‟importance
de
la
biodiversité.
-Nombre d‟émissions radio/télé - Au moins 1 émission sur
réalisées
et
nombre
de la biodiversité recensée
séances/campagnes
de dans 100 communes
sensibilisations lancées à travers les différentes
réseaux sociaux.
-Nombre de visiteurs en ligne
recensés.
2.1. Mise en place des campagnes de
reboisement
afin
d‟augmenter
significativement le couvert arboré incluant
les activités menées par les partenaires
Objectif 2 :
Réduction
de la
fragmentation,
la
dégradation et la
perte d‟habitats et
diminution
du
rythme
2.2. Élaborer et mettre en œuvre des plans
d‟appauvrissement
de gestion et Unités de gestion pour toutes
de tous les habitats les aires protégées
naturels y compris
des forêts
2.3. Promouvoir et mettre en place des
forêts énergétiques au niveau des
communes
- Nombre de campagnes de
reboisement
- Nombre de plantules mises en
terre recensées
- Pourcentage de plantules réussies
recensées
- pourcentage de la surface émergée
totale couverte par des zones
forestières.
- Nombre de plans élaborés et mis
en œuvre
- Nombre d‟aires protégées ayant
une unité de gestion
- Nombre d‟aires protégées ayant un
plan de gestion
-Nombre de forêts énergétiques
recensées au niveau des communes.
DB/MDE
Ministère de la
Culture et de la
Communicatio
n
MENFP
ONG
OCB
OCI
PTF
MdE
MARNDR
ONG
OCB
MENFP
OCI
PTF
MdE
MARNDR
ONG
OCB
OCI
PTF
MdE
MARNDR
ONG
OCB
OCI
-Nombre de visites en
ligne du site sur la
biodiversité
2019-2030
-Au moins 50% des AP
sont munies de leur plan et
unité de gestion
-
Au moins 10 forêts
énergétiques recensées au
niveau national
2019-2025
2019-2030
33
2.4. Intensifier les mesures correctives dans -Nombre de superficies réhabilitées
les zones dégradées et où la diversité (Agroforesterie, conservation de
biologique est appauvrie par des initiatives sol, reboisement, etc.)
durables
2.5. Promouvoir l‟utilisation du biogaz et
d‟autres alternatives énergétiques afin de
diminuer le déboisement
3.1. Élaborer et mettre en œuvre un plan de
gestion soutenable pour la pêche sur le
territoire national.
Objectif 3 :
Gestion soutenable
et légale de la pêche
en appliquant des
approches fondées
sur les écosystèmes.
3.2. Prendre des mesures juridiques et
administratives pour le respect des périodes
et des outils adéquats de pêche en Haïti
2019-2030
-Pourcentage de la population X % de la population
utilisant des foyers améliorés
utilisant
des
foyers
-Pourcentage de la population améliorés
utilisant d‟autres sources d‟énergie
(solaires, propanes, électriques)
- Un plan de gestion durable de la
pêche est élaboré et mis en
application
Élaboration et mise en œuvre d‟un
cadre juridique, règlementaire,
politiqueou
institutionnel
reconnaissant et protégeant les
droits d‟accès des petits pêcheurs
Plan
disponible
et
utilisable par les concernés
-Nombre d‟arrêtés municipaux sur
la pêche périodique et sur les outils
de pêche.
Au moins 50% des
communes sont munies de
leur arrêté
Pourcentage de pêcheurs qui sont
munis d‟outils adéquats de pêche
X% de pêcheurs qui sont
munis d‟outils adéquats de
pêche
Au moins un cadre
règlementaire
reconnaissant
et
protégeant les
droits
d‟accès des petits pêcheurs
est élaboré et mis en œuvre
2019-2030
MDE
MARNDR
MDE
Bureau
des
Mines et de
l‟Énergie
EDH
ANARSE/MT
PTC
MARNDR
MDE
ONG
OCB
Associations
de pêcheurs
OCI
PTF
Municipalités
MDE
MARNDR
MdE
ONG
OCB
Associations
de pêcheurs
OCI
PTF
2019-2025
2019-2030
PTF
ONG
OCB
OCI
OCI
PTF
Ministères
sectoriels
ONG
OCB
OCI
PTF
34
Politiques publiques prévoyant des
mesures pour réduire au minimum
les impacts de la pêche sur les
espèces menacées.
Au moins une politique
publique prévoyant des
mesures pour réduire au
minimum les impacts de la
pêche sur les espèces
menacées est disponible
Pourcentage de pêcheries qui
surveillent régulièrement et font
rapport sur les impacts de la pêche
sur les espèces menacées.
Pourcentage d‟espèces menacées Au moins 80% des espèces
dont le taux de mortalité dû à la sont recensées
pêche diminue
3.3. Lutter contre la surpêche
3.4. Renforcer la capacité des associations
de pêche
Nombre de pêcheurs ayant d‟autres
activités génératrices de revenus
Au moins 50% des
pêcheurs ont d‟autres
activités génératrices de
revenus.
Au moins 80% des 2019-2030
pêcheurs ont respecté les
plans de pêche.
-
Nombre de pêcheurs ayant
respecté les plans de pêche.
-
Nombre de DCP mis en place
X DCP mis en place
-
Nombre de personnes formées
sur la pêche durable
Au moins 90% des
pêcheurs sont formés
-
Nombre de cadres nationaux
formés sur les ressources
halieutiques
2019-2030
Municipalités
MDE
MRANDR
ANAP
ONG
OCB
Associations
de pêcheurs
OCI
PTF
Ministères
sectoriels
MDE
MARNDR
Associations de
pêcheurs
ONG
OCB
OCI
PTF
35
3.5. Protéger et aménager les ressources en
eau et les écosystèmes aquatiques
Objectif 4 :
Gestion
et
conservation
efficaces des aires
protégées
des
écosystèmes
terrestres,
d‟eaux
intérieures, marins et
côtiers
d‟ici
à
2021D‟ici à 2021, au
moins 17% des zones
terrestres et d‟eaux
intérieures et 10%
des zones marines et
côtières, y compris
les zones qui sont
particulièrement
importantes pour la
diversité biologique
4.1. Créer de nouvelles aires protégées
terrestres et d‟eaux intérieures pour
atteindre au moins 17% (4 717,5 Km2) des
zones terrestres et d‟eaux intérieures
4.2. Créer de nouvelles aires protégées
marines et côtières pour atteindre au moins
10% (3 931,6 Km2) du territoire marin et
côtier national
4.3. Renforcer et améliorer la gestion des
aires protégées existantes et celles à créer
et/ou déclarer
-
Superficie de plans d‟eau
aménagés ou restaurés à des
fins piscicoles ou aquacoles
-
Projets d‟aménagement et Au moins 10 projets en 2019-2030
d‟exploitation des ressources aquaculture mis en œuvre
aquatiques mis en œuvre
à raison de 1 projet au
moins par département
Pourcentage du territoire terrestre
national et d‟eaux intérieures est
déclaré « Aire protégée » et géré
convenablement
X superficies améliorées et
aménagées en aquaculture
Au moins 10,25% (2 845,5
Km2) du territoire terrestre
national
et
d‟eaux
intérieures est déclaré
« Aire protégée » et géré 2019-2021
convenablement
Pourcentage du territoire marin et
Au moins 5,28 % (2 074,6
côtier national est déclaré Aire
Km2) de l‟espace marin et
protégée et gérée convenablement
côtier du pays est déclaré
« Aire protégée »
- Nombre d‟aires protégées Au moins X% des aires
disposant d‟une unité de gestion
protégées
créées
et
déclarées disposent d‟une
unité de gestion
- Nombre d‟aires protégées Au moins X% des aires 2019-2027
créées
et
disposant d‟une d‟un plan de protégées
gestion
déclarées disposent d‟un
plan de gestion
-. Superficie de forêt soumise à un X ha de forêts soumises à
plan de gestion opérationnel et un plan de gestion
fonctionnel
opérationnel
et
fonctionnel
MARNDR
MDE
ONG
OCB
OCI
PTF
ANAP
MDE
CIAT
ONG
OCB
OCI
PTF
ANAP
MDE
CIAT
ONG
OCB
OCI
PTF
OCB
MDE
ANAP ONG
Organisations
de
la
coopération
internationale
Partenaires
techniques et
financiers
36
et les services fournis
par les écosystèmes,
sont conservées..
Nombre
de
personnes
sensibilisées sur les bonnes
pratiques de gestion au niveau des
aires protégées
- Nombre d‟aires protégées ayant
une surveillance renforcée
Au moins 80% des AP
font
l‟objet
d‟une
surveillance renforcée
Proportion des zones agricoles
exploitées de manière productive et
durable (agroforesterie)
5.1. Développement d‟outils pour la
conservation des espèces en voie
d‟extinction
Objectif 5 :
Amélioration,
maintien
et
conservation
des
espèces
menacées
plus
particulièrement de
celles qui sont en
voie d‟extinction.
-Une liste rouge avec les différentes Liste disponible (en ligne
espèces menacées et en voie de notamment) et utilisable
disparition est élaborée se basant par tous les partenaires
sur les informations nationales.
- Un inventaire des différents
écosystèmes clés menacés est
élaboré.
5.2. Amélioration de la conservation in situ
de la biodiversité
MDE
Universités
ONG
OCB
OCI
UICN
PTF
MDE
Universités
ONG
OCB
OCI
PTF
Inventaire disponible et
utilisable
-Un plan de conservation des Plan élaboré et mis en
espèces menacées et en voie de œuvre
disparition est élaboré et mis en
œuvre.
Nombre d‟espèces en voie
de disparition connues
- Nombre de programmes de Inventaire disponible au
conservation et de restauration des niveau des institutions et
écosystèmes, des espèces et d‟autres en ligne
éléments rares ou menacés élaborés
et mis en œuvre.
2019-2025
2019-2030
37
-. Nombre d‟espèces rares ou en
voie de disparition conservé dans
leur habitat naturel
Superficie d‟aires de culture
agricole de production biologique
5.3. Développer la conservation ex-situ
X ha d‟aires de culture
agricole de production
biologique
Proportion des zones agricoles
exploitées de manière productive et
durable.
X% des zones agricoles
exploitées de manière
productive et durable.
Activités de recherche et mémoires
produits dans la conservation exsitu.
Nombre
d‟arboreta,
de
conservatoires
botaniques,
d‟herbiers, de banques de graines,
de parcs zoologiques mis en place
Au moins 5 mémoires
réalisés
dans
la
conservation ex-situ
Au moins 5 arboreta sont
mis en place
2019-2030
Sites importants pour la biodiversité
des montagnes couverts par des
aires protégées.
Activités de recherche et mémoires
produits dans la conservation exsitu
Au moins 5 mémoires
réalisés
dans
la
conservation ex-situ
Faire adhérer la pays à la Carribean Challenge
Initiative
Nombre de projets issus de cet
accord
Le document de l‟accord
est disponible
6.1. Inventorier et caractériser les différents
écosystèmes fournissant des services
essentiels
-Nombre d‟écosystèmes essentiels
inventoriés et caractérisés.
MDE
Universités
SAH
Centres
de
germoplasme
ONG
OCB
OCI
PTF
MdE
MARNDR
ONG
OCB
OCI
38
Objectif 6 :
Restauration
et
sauvegarde
des
écosystèmes
qui
fournissent
les 6.2. Élaborer et mettre en place des plans
services essentiels au d‟aménagement et de gestion des
regard des besoins écosystèmes essentiels
des femmes, des
communautés
locales
et
des
populations pauvres
et vulnérables.
Indice des oiseaux sauvages
appliqué aux oiseaux de terres
agricoles.
2019-2025
Nombre de plan d‟aménagement et
de gestion des écosystèmes
essentiels élaboré et mis en œuvre
Au moins 90% des
écosystèmes essentiels
sont élaborés
Indice du couvert végétal des
montagnes.
Cartographie actualisée du
couvert végétal des
montagnes
MdE
MARNDR
ONG
OCB
OCI
PTF
MDE
MARNDR
CNSA
DINEPA
ONG
OCB
OCI
PTF
2019-2025
Sites importants pour la
biodiversité des montagnes
couverts par des aires protégées
Indice des sources d‟eau
inventoriées.
6.3. Mettre en place des mesures de
restauration (reboisement, conservation
sol, protection des sources…)
PTF
- Nombre de plans ou points d‟eau
restauré
Cartographie actualisée
des sources d‟eau dans les
écosystèmes essentiels
X plans ou points d‟eau
restaurés
- Nombre d‟hectares reboisés
X ha reboisés
- Nombre d‟hectares restaurés à
l‟aide de structures antiérosives
X ha restaurés à l‟aide de
structures antiérosives
- Nombre de kilomètres de côte
restaurés.
-. Indice de la prévalence de
l‟insécurité alimentaire modérée ou
grave (réf. CNSA).
X kilomètres
restaurés.
-. Pourcentage de femmes
impliquées dans la restauration des
écosystèmes et dans l‟amélioration
de la sécurité alimentaire
X% de femmes impliquées
dans la restauration des
écosystèmes et dans
2019-2030
de côte
39
Pourcentage de la population ayant
recours à des services d‟eau potable
gérés de manière sécuritaire.
7.1. Evaluer
la vulnérabilité
des
écosystèmes et des espèces face aux effets
du changement climatique
Objectif 7 :
Amélioration de la
résilience
des
écosystèmes et de la
contribution
de
biodiversité au stock
de carbones grâce
aux mesures
de
conservation et de
restauration
des
écosystèmes
dégradés
7.2. Renforcer les mesures de lutte contre la
désertification
7.4. Cartographier les puits de carbone et
évaluer les stocks de carbone
7.3. Mettre en place un système d‟alerte
précoce pour la prévention et la lutte contre
les catastrophes naturelles (maladies,
incendies, inondation…) qui peuvent
atteindre les écosystèmes sensibles.
l‟amélioration
de
la
sécurité alimentaire
X% de la population ayant
recours à des services
d‟eau potable gérés de
manière sécuritaire.
- Nombre d‟études menées sur la
vulnérabilité des écosystèmes et des
espèces au changement climatique
Disponibilité des études au
niveau des institutions, en
ligne et sur le site web de la 2019-2025
DB
- Nombre de projets et de X% de stocks de carbone
programmes mis en œuvre pour forestier séquestrés.
augmenter la couverture forestière
et végétale du pays
2019-2030
- Nombre d‟hectares de forêt mis en
place dans le contexte de
séquestration de carbone
X ha de forêt mis en place
dans le contexte de
séquestration de carbone
- Nombre d‟hectares de terre
restaurée
X hectares
restaurés
de
MDE
MARNDR
Universités
ONG
OCB
OCI
PTF
MDE (centres ONG
de
OCB
germoplasme)
OCI
MARNDR
PTF
terres
Nombre
de
cartes
disponibles et superficie couverte
Stocks connus et valorisés
-Un système d‟alerte précoce pour Nombre de personnes
la prévention
des maladies formées et sensibilisées
parasitaires, des incendies et des par l‟utilisation du système
inondations sur les écosystèmes
sensibles est mis en place
MDE
MARNDR
2019-2030
2019-2030
MDE
MARNDR
DPC
CNM
ONG
OCB
OCI
PTF
ONG
OCB
OCI
PTF
40
7.5. Améliorer les pratiques agricoles
Objectif 8 :
Augmentation de la
mobilisation
de
ressources
financières pour la
biodiversité et la
mise en œuvre de la
stratégie 2019- 2030
- Nombre de personnes formées et
d‟agriculteurs accompagnés sur les
pratiques agricoles durables
8.1. Mettre en place un fonds pour la
biodiversité en Haïti
Le fonds pour la biodiversité est mis
en place légalement et est
fonctionnel
Montant en$ mobilisé et
disponible dans le fonds
pour la BD.
8.1. Mettre en place un fonds pour faire de
la recherche dans le domaine de la
biodiversité en Haïti
Le fonds pour la recherche dans le
domaine de la biodiversité est mis
en place
8.1. Créer des initiatives locales pour créer
un SNAP financièrement soutenable
-Nombre
d‟initiatives
financièrement soutenables créées
au niveau des aires protégées.
8.2. Participer dans les initiatives régionales
ou mondiales afin de trouver du
financement pour la biodiversité
- Nombre de fonds auxquels Haïti a
accès dans le domaine de la
biodiversité mis en place
Au moins 10 étudiants
bénéficient du fonds pour 2019-2030
faire des recherches dans
le
domaine
de
la
biodiversité.
-Montant du financement
mobilisé au niveau des AP 2019-2030
pour la conservation de la
biodiversité
X financements
internationaux dirigés vers
la protection de la
biodiversité.
Aide publique au développement
durable
MARNDR
ONG
OCB
OCI
PTF
MDE
SAH
ONG
OCB
OCI
PTF
MDE
ONG
OCB
OCI
PTF
ONG
OCB
OCI
PTF
2019-2030
Budget public consacré à
la préservation et à
l‟exploitation durable de la
biodiversité et des
écosystèmes.
2019-2030
MDE
2019-2030
41
SECTION B : BIODIVERSITÉ EN HAÏTI : ÉTAT ET ÉVOLUTION
42
7. Progrès réalisés par Haïti au niveau de la conservation de la
biodiversité
7.1. Au niveau de gouvernance : Initiative du gouvernement central
7.1.1. Cadre légal, institutionnel, règlementaire et stratégique
Dans le contexte juridique du droit de l‟environnement, la législation haïtienne est relativement
abondante. Citons pour la plupart :
Le code rural F. Duvalier en ses articles 63, 84 et 135, entre autres, mettaient déjà les premiers
jalons pour la conservation de la biodiversitéI1 est interdit de déboiser ou de défricher aucun terrain
présentant une déclivité de plus de 30 degrés dans les zones arides, de plus de 40 degrés dans les zones
semi-arides; et de plus de 50 degrés dans les zones pluvieuses. L'élevage libre est aboli sur tout le
territoire de la République. Tout pâturage sera clôturé. Les clôtures des pâturages seront faites de haies
vives, de pieux en bois accolés ou de ronces métalliques sup- portées par des pieux ou une haie vive.
Tout propriétaire doit veiller à prévenir la contamination ou pollution de la source, de la lagune ou de
l‟étang se trouvant sur son fonds. et faire appel, au besoin, à l‟aide du service administratif compétent
pour e assurer le curage.
La Constitution de 198723. Si elle encadre les arbres et les forêts, elle reste néanmoins très pauvre
pour les sols, les eaux, l‟environnement et les ressources énergétiques. Elle est pratiquement inexistante
en ce qui concerne la pollution, la montagne et la biodiversité. Toutefois, le chapitre II du Titre IX de
la constitution de 1987 en ses articles 253 à 258, traite de l‟interdiction des pratiques susceptibles de
perturber l‟équilibre écologique, de l‟obligation pour l‟État de mettre en valeur les sites naturels, de la
protection des ressources forestières, des énergies alternatives, de la création de jardins botaniques et
zoologiques, de la protection de la faune et de la flore, etc.
Le Décret-cadre de 2006 portant sur la Gestion de l‟Environnement et la Régulation de la Conduite
des Citoyens institue le Système National de Gestion de l‟Environnement (SNGE) 24 et établit un
ensemble d‟instruments devant faciliter la gestion de l‟environnement, dont le Système National des
Aires protégées (SNAP). En effet, ce dernier se veut, dans l‟article 48 du Décret, un système effectif
de classification et d‟administration d‟un ensemble d‟unités spatiales de conservation, d‟AP,
représentatives des écosystèmes (terrestres, côtiers, marins, eaux intérieures, etc.), des paysages, des
habitats et espèces associées du pays (MdE. 2016. 5RN).
La Loi organique du MdE : Ce document devant régir le fonctionnement du Ministère, incluant
entre autres, les entités ayant pour vocation de devenir des organismes autonomes, la structuration des
services territoriaux déconcentrés du ministère. La nouvelle proposition de loi organique est déjà
présentée par devant la Chambre des Députés et attend d‟être approuvée par le Sénat. Cette loi définit
les missions de l‟ANAP et de la Direction de la Biodiversité, crée de nouvelles entités afin de mieux
gérer la biodiversité e l‟occurrence la DIESE et la direction des zones côtières.
23
24
Constitution de la République d‟Haïti. 1987
Le décret cadre de 2006
43
La Déclaration de la Politique générale du Gouvernement de 2018
La Déclaration de la Politique générale 2018 du Gouvernement Moise/Céant présentant la feuille de
route et du MdE définissant 5 piliers pour des territoires résilients et sains et l‟avènement d‟une société
haïtienne viable et durable sachant vivre avec les risques climatiques extrêmes et profitant pleinement
de la production de biens et de services environnementaux du pays à savoir :
Pilier I: Reforestation et Intégration systématique des technologies énergétiques améliorées
de cuisson dans la matrice énergétique nationale
Pilier II: Renforcement de la résilience urbaine et des secteurs névralgiques de l‟économie
nationale face aux changements climatiques et risques associés
Pilier III: Gestion durable des déchets et lutte contre les pollutions et nuisances
environnementales
Pilier IV: Amélioration de la Gouvernance Environnementale et Éducation Relative à
l‟Environnement
Pilier V: Gestion durable de la Biodiversité et des Aires protégées en appui au
développement durable du pays.
Conformément aux exigences internationales et régionales auxquelles a souscrit Haïti, le
Gouvernement Moise/Céeant prendra des mesures pour conserver et gérer la biodiversité de manière
effective d‟ici 2021, en décrétant Aires protégées (AP), 10% du territoire côtier et marin haïtien et 17%
du territoire terrestre en soutien à la préservation de la biodiversité et à la promotion d‟un tourisme
durable. Le pays adhérera à un ensemble de Traités Environnementaux Multilatéraux d‟importance
dans les domaines marins, de biodiversité et de la chimie environnementale.
La Convention sur la Diversité Biologique
La CBD affirme, dès l‟alinéa 1er de son préambule, la valeur intrinsèque de la diversité biologique. Cette
dernière est définie comme la variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres,
les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont
ils font partie, cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des
écosystèmes , complexe dynamique formé de communauté de plantes, d‟animaux et de microorganismes et de leur environnement non vivant qui, par leur interaction, forment une unité
fonctionnelle(CBD. 199225). Cette convention a réaffirmé les grandes orientations du Droit
international de l‟Environnement relatives aux principes de coopération et de précaution, à l‟appel aux
études d‟impact pour des activités de l‟homme qui créent des dommages à l‟environnement, et au
partage de l‟information.
Le cadre règlementaire fixant les responsabilités est peu présent. Cependant, depuis 2011, un
ensemble de mesures légales au travers d‟arrêtés présidentiels, ont été prises pour déclarer et/ou
délimiter certaines aires protégées. Aussi, la superficie des Aires protégées est-elle passée jusqu‟en 2015
de 0,5% à 5,16 % du territoire soit un ensemble de 1746, 02 km2 d‟AP toutes catégories confondues
(MdE, 2016).
25
CBD. 1992, article 2 https://www.cbd.int/doc/legal/cbd-fr.pdf
44
7.2. Au niveau institutionnel
Des progrès ont été observés. Depuis 2009 il existe au sein du MdE la Direction de l‟Agence Nationale
des Aires protégées (ANAP), mise en opération en 2012 et promue comme direction générale
autonome sous tutelle du MdE en 2017. L‟ANAP a pour mission d‟assurer la gestion du SNAP, par la
conservation in situ du patrimoine biologique que possède ce dernier.
La Direction de la Biodiversité : créée depuis 2017, cette direction a pour mission de :
o Coordonner la conception et l'application de la politique du Ministère touchant la
protection et la conservation in situ et ex-situ de la diversité biologique nationale ;
o Veiller à la préservation des espèces menacées, rares, ou en voie de disparition, ainsi
que de leur milieu ;
o Établir les conditions de délivrance d‟autorisations, de prélèvement à des fins
scientifiques ou commerciales d‟animaux ou de végétaux protégés par la
règlementation haïtienne ;
o Établir les conditions de l‟exploitation, de la commercialisation, de l‟utilisation, du
transport et de l‟exportation des espèces visées ;
o Veiller à l‟exploitation sur le territoire national d‟établissements d‟élevage, de vente,
de location, de transit d‟animaux d‟espèces sauvages, ainsi que l‟exploitation des
établissements destinés à la présentation au public de spécimens vivants de la faune
nationale ou étrangère ;
o Fournir l‟appui technique et logistique pour la collecte de données devant alimenter
le Système National d'Informations Environnementales ;
o Effectuer toutes autres tâches connexes définies par les instances supérieures et
remplir les autres attributions que lui prescrivent les règlements internes du
Ministère.
o Veiller à la mise en œuvre de la convention sur la diversité biologique26
Au niveau des plans, programmes et politiques :
Soulignons que la mise en œuvre des stratégies et politiques de développement qui existent au niveau
national ont grandement contribué à la conservation de la biodiversité notamment :
‒
La déclaration de la politique générale du gouvernement Moise/Céant de 2018
‒
La Politique nationale sur les Changements climatiques (PNCC-2016),
‒
Le Plan d‟action national d‟adaptation (PANA 2006-2016),
‒
Le Programme stratégique pour le développement d‟Haïti, Haïti Pays Emergent 2030 (PSDH
2010-2030),
‒
Le Plan d‟action pour l‟environnement (PAE 2000-2015).
Le GTAP et son rôle : Des initiatives menées par des acteurs et parties prenantes travaillant dans le
domaine de la biodiversité ont conduit en décembre 2014, lors d‟un atelier d‟harmonisation des
interventions au niveau des Aires protégées en Haïti, à la formation d‟un Groupe Technique d‟Appui
aux Aires protégées (GTAP). En soutien à l‟ANAP, le GTAP est considéré comme un organe d‟appui
et d‟orientation de la gouvernance, appelé à renforcer l‟intervention des acteurs étatiques pour les
26 Veiller à la mise en œuvre de la convention
sur la diversité biologique. Cette partie est proposée pour qu‟on l‟ajoute dans les attributions
de la Direction Biodiversité.
45
orienter vers une gouvernance plus ouverte et même partagée étant donné la configuration de
l‟ensemble des intervenants au niveau des Aires protégées en Haïti. Cette plateforme pluri-acteurs,
fournit notamment une assistance dans (i) la planification, l‟établissement, la gestion des sites/ des
paysages et systèmes d‟AP ; (ii) la gouvernance et la participation ; (iii) les activités habilitantes en termes
de renforcement de capacités ; (iv) la communication et la sensibilisation (MdE, 2016).
8. Évolution des aires protégées
8.1. Situation des AP avant 2015
Depuis sa mise en opération en 2012, l‟ANAP, avec la collaboration d‟autres partenaires, s‟est
impliquée dans plusieurs initiatives ayant permis d‟augmenter le nombre des Aires protégées, avec pour
objectif la conservation de la biodiversité du pays et la protection des habitats (MdE. 2016. 5RN). Selon
le 5RN (voir tableau 5), en 2015, les aires protégées terrestres étaient au nombre de onze (11)
totalisant 68, 161.36 ha ou 682.11 km2 et celles des marines et côtières au nombre de sept (7)
avec une superficie de 116,391.00 ha soit 1063,91 km2 pour un total de 1746,02 km2 AP terrestres
et marines (voir tableau 5).
Tableau 5: Aires protégées terrestres, marines et côtières d‟Haïti en 2015
Aires protégées
Superficie
Superficie
Aires protégées terrestres
1
Parc National historique La Citadelle
2500
25
2
Parc National Naturel de Macaya
8166
81,66
3
Parc National Naturel La Visite
11426
114,26
4
Parc National Naturel Forêt des Pins (Unité1)
14000
140
5
Parc National Naturel Forêt des Pins (Unité2)
4780
47,8
6
Grotte de Marie Jeanne
31
0,31
7
Parc Naturel de Morne l‟Hôpital
4000
40
8
Parc National Historique des Matheux
20655,57
206,5557
9
Parc National Naturel de Grand Bois
370,25
3,7025
10
Parc National Naturel Deux Mamelles
2264,87
22,6487
11
Parc Naturel Urbain de Martissant
17
0,17
68 210.69
682,11
Sous-total
Aires protégées marines et côtières
1
Parc National Naturel des Trois Baies
75618
756,18
2
Parc National Naturel d‟Ile à Vache
11235
112,35
3
Aire protégée Olivier/Zanglais à gestion
d‟habitats/espèces
Aire protégée de Fonds des Cayes à gestion
d‟habitats/espèces
Aires protégées de la Pointe Abacou (gestion
d‟habitats/espèces)
7553
75,53
2365
23,65
1840
18,4
Paysage marin naturel protégé de Port-Salut (marine et
terrestre)
1840
18,4
4
5
6
46
7
Aire protégée de Plaine Cahouane (gestion
d‟habitats/espèces) et bassins versants associés
5940
59,4
Sous-total
106 391
1063,91
TOTAL
174 601.69
1746.02
Source : MdE. 2016. 5e Rapport National sur la biodiversité Données ajustées
8.2. Situation des AP déclarées après 2015
Selon l‟ANAP et la Direction Biodiversité, Haïti compte de nos jours, dans son SNAP, Vingt-cinq
(25) Aires protégées (AP) délimitées et déclarées, dont 11 marines et 14 terrestres. En 2018, la
superficie des aires terrestres est de 187 213. 92 ha (1872km 2) soit environ 7% du territoire terrestre, et
celle des aires marines et côtières : 185 655.90 ha (1857 km2) soit 5% du territoire marin. À noter que
le pays accuse une superficie terrestre de 27 750 km2 et une superficie marine27 de 39 316 km2, laquelle
est donc plus grande que la superficie émergée et cette particularité biogéographique met l‟emphase
sur l‟importance de la biodiversité côtière et marine pour Haïti. Le tableau 5 et la figure 11 présentent
l‟ensemble des AP nationales tout écosystème confondu, créées, délimitées et/ou bornées entre 2010
et 2018.
Figure 11: Carte des AP du SNAP d‟Haïti en 2018
27 Rosny Jacques. 2016. Le territoire maritime haïtien. 16 Novembre 2016. http://Haïti-maritime.com/?p=46 . Une Mer Territoriale d‟une
largeur de 12 milles ou 22 km nautiques à partir de la ligne de basse marée. Ligne côtière de 1771 Km. Superficie marine 39 316 km 2 .
47
Tableau 6: Ensemble des aires protégées terrestres, marines et côtières délimitées de 2010 à 2018
Nom
Date de
l‟arrêté
Superficie Terre
Hectare
Superficie Mer
Km2
Mer
Km2
Totale Terre et Mer
Km2
Hectare
21-juillet-10
2500,00
25,00 -
2500,00
25,00
2
Parc National Historique Citadelle Sans- Patrimoine
Souci Ramiers
mondial
(UNESCO)
Parc National Naturel Macaya
Parc National
13-mars-13
8726,00
87,26 -
8726,00
87,26
3
Parc National Naturel La Visite
Parc National
27-mars-13
11426,00
114,26 -
11426,00
114,26
Parc National Naturel Ile-à-Vache
Parc National
07-août-13
Aire protégée Habitats/Espèces
de Grosse Caye/Zone Humide
d‟Aquin
Aire protégée Habitats/Espèces
Olivier/Zanglais
Protection de la
diversité
biologique
Protection de la
diversité
biologique
Protection de la
diversité
biologique
Protection de la
diversité
biologique
Protection de la
diversité
biologique
Elément naturel
exceptionnel
Protection de la
diversité
biologique
Parc National
07-août-13
13300,00
133,00 74122,00
87422,00
874,22
31,00
0,31
5940,00
59,40
20786,36
207,86
75613,90
756,14
4
5
6
7
8
9
Aire protégée des Ressources naturelles gérées de
Port-Salut/ Aquin
1
Catégorie
Aire protégée Habitats/Espèces
de Fond des Cayes
Aire protégée Habitats/Espèces
de Pointe Abacou
Paysage naturel marin et terrestre
protégé de Port-Salut
10
Grotte Marie Jeanne
11
Aire protégée Habitats/Espèces de La
Cahouane
12
Parc National Naturel Forêt des Pins
07-août-13
07-août-13
741,22
07-août-13
07-août-13
07-août-13
31,00
0,31 -
07-août-13
3468,00
34,68
08-janv-14
20786,36
207,86 -
21444,00
214,44
2472,00
24,72
29-mars-17
13
Parc National Naturel des Trois Baies
Parc National
13-févr-14
54169,90
541,70
48
14
Parc National Naturel de Grande Colline
Parc National
23-juil-14
1510,45
15,10 -
1510,45
15,10
15
Zone réservée
23-janv-15
29995,00
299,95 -
29995,00
299,95
16
Zone réservée d‟Intérêt stratégique de
Péligre
Parc National Historique des Matheux
Parc National
23-sept-15
20655,57
206,56 -
20655,57
206,56
17
Parc National Naturel de Grand Bois
Parc National
23-sept-15
370,15
3,70 -
370,15
3,70
18
Parc National Naturel des Deux Mamelles
Parc National
23-sept-15
2264,97
22,65
-
2264,97
22,65
19
Parc National Naturel Lagon des Huitres
Parc National
29-mars-17
6117,60
61,18
3523,00
9640,60
96,41
20
Parc de Martissant
Parc National
29-mars-17
12,55
0,13
-
12,55
0,13
21
Aire protégée de Ressources naturelles
gérées de Jérémie-Abricots
29-mars-17
872,53
8,73
6702,00
67,02
7574,53
75,75
22
Aire protégée de Ressources naturelles
gérées de Baradères-Cayemites
29-mars-17
42954,50
429,55
44667,00
446,67
87621,50
876,22
23
Parc national urbain de Canapé-Vert
Protection de la
diversité
biologique
Protection de la
diversité
biologique
Parc National
29-mars-17
33,47
0,33
-
-
33,47
0,33
24
Parc national naturel de Saut-d'Eau
Parc National
29-mars-17
648,00
6,48
-
-
648,00
6,48
25
Parc national naturel de Pèlerin
Parc National
29-mars-17
97,77
0,98
-
-
97,77
0,98
187213,92
1872,14
185655,90
1856,56
372869,82
3728,70
Total
% du territoire
7
35,23
5
49
8.3. Répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées terrestres
Le tableau 7 présente la répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées terrestres suivant les
catégories définies, la date de l'arrêté créant l‟AP et la superficie. La figure 12 fait une répartition spatiale
de ces mêmes AP. Notez que ces informations tiennent compte de la partie terrestre des écosystèmes.
Tableau 7: Répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées terrestres en 2018.
Nom
Catégorie
Patrimoine
(UNESCO)
Parc National
3
Parc National Naturel La Visite
4
5
6
7
8
9
Aire protégée des Ressources naturelles
gérées de Port-Salut/ Aquin28
2
Parc National Historique Citadelle Sans-Souci
Ramiers
Parc National Naturel Macaya
1
Date de
l‟arrêté
mondial
Superficie Terre
Hectare
Km2
21-juillet-10
2500
25
13-mars-13
8726
87
Parc National
27-mars-13
11426
114
Parc National Naturel Ile-à-Vache
Parc National
07-août-13
13300
133
Aire protégée Habitats/Espèces de
Grosse Caye/Zone Humide d‟Aquin
Protection de la diversité
biologique
07-août-13
Aire
protégée
Olivier/Zanglais
Habitats/Espèces
Protection de la diversité
biologique
07-août-13
Aire protégée Habitats/Espèces de
Fond des Cayes
Protection de la diversité
biologique
07-août-13
Aire protégée Habitats/Espèces de
Pointe Abacou
Protection de la diversité
biologique
07-août-13
Paysage naturel marin et terrestre
protégé de Port-Salut
Protection de la diversité
biologique
07-août-13
10
Grotte Marie-Jeanne
Elément
exceptionnel
naturel
07-août-13
31
-
11
Protection de la diversité
biologique
07-août-13
3468
35
12
Aire protégée Habitats/Espèces de La
Cahouane
Parc National Naturel Forêt des Pins
Parc National
08-janv-14
20786
208
13
Parc National Naturel des Trois Baies
Parc National
13-févr-14
21444
214
14
Parc National Naturel de Grande Colline
Parc National
23-juil-14
1510
15
15
Zone réservée d‟Intérêt stratégique de Péligre
Zone réservée
23-janv-15
29995
300
16
Parc National Historique des Matheux
Parc National
23-sept-15
20656
207
17
Parc National Naturel de Grand Bois
Parc National
23-sept-15
370
4
18
Parc National Naturel des Deux Mamelles
Parc National
23-sept-15
2265
23
19
Parc National Naturel Lagon des Huitres
Parc National
29-mars-17
6118
61
20
Parc de Martissant
Parc National
29-mars-17
13
-
21
Aire protégée de Ressources naturelles gérées Protection de la diversité
biologique
de Jérémie-Abricots
29-mars-17
873
9
22
Aire protégée de Ressources naturelles gérées Protection de la diversité
biologique
de Baradères-Cayemites
29-mars-17
42955
430
28
Notez que ces AP se retrouvent dans des écosystèmes terrestres, marins et côtiers
50
23
Parc national urbain de Canapé-Vert
Parc National
29-mars-17
33
-
24
Parc national naturel de Saut-d'Eau
Parc National
29-mars-17
648
6
25
Parc national naturel de Pèlerin
Parc National
29-mars-17
98
1
187214
1872
Total
% du territoire
7
Figure 12 Cartes Aire protégées terrestres en 2018
51
8.4. Répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées marines et
côtières
Le tableau 8 présente la répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées terrestres suivant la
catégorie définie, la date de l'arrêté créant l‟AP et la superficie. La figure 13 fait une répartition spatiale
de ces mêmes AP. Notez que ces informations tiennent compte des parties marines et côtières des
écosystèmes.
Tableau 8: Répartition de l‟ensemble des parcs et des aires protégées marines et côtières selon leur
superficie
1
2
3
4
5
6
7
Aire protégée des Ressources naturelles
gérées de Port-Salut/ Aquin
Nom
Catégorie
Date de
l‟arrêté
Parc National Naturel Ile-à-Vache
Parc National
07-août-13
Aire protégée Habitats/Espèces de
Grosse Caye/Zone Humide d‟Aquin
Protection de la diversité
biologique
07-août-13
Aire
protégée
Olivier/Zanglais
Habitats/Espèces
Protection de la diversité
biologique
07-août-13
Aire protégée Habitats/Espèces de
Fond des Cayes
Aire protégée Habitats/Espèces de
Pointe Abacou
Protection de la diversité
biologique
Protection de la diversité
biologique
07-août-13
Paysage naturel marin
protégé de Port-Salut
Protection de la diversité
biologique
07-août-13
Protection de la diversité
biologique
Parc National
et terrestre
Km2
Hectare
74122
741
07-août-13
2472
25
13-févr-14
54170
542
07-août-13
8
Aire protégée Habitats/Espèces de
Cahouane
Parc National Naturel des Trois Baies
9
Parc National Naturel Lagon des Huitres
Parc National
29-mars-17
3523
35
10
Aire protégée de Ressources naturelles gérées de
Jérémie-Abricots
Aire protégée de Ressources naturelles gérées de
Baradères-Cayemites
Total
Protection de la diversité
biologique
Protection de la diversité
biologique
29-mars-17
6702
67
29-mars-17
44667
447
185 656
1 857
11
La
Superficie Mer
% du territoire
5
52
Figure 13: Carte Aires protégées marines et côtières en 2018
Le tableau 9 présente une estimation de la valeur totale des services écosystémiques de certains sites
d‟aires marines protégées en US dollars (mangroves et récifs coralliens) selon une étude réalisée par
ReefFix et FoProBim (2013).
Tableau 9: Valeur totale des services écosystémiques de quelques sites (mangroves et récifs coralliens)
#
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
Total
Site
Caracol
Gonaïves/Grande-Saline
Ile-à-Vaches/Aquin
Baradères/Cayemites
Baie de l‟Acul
La Gonâve-Sud
La Gonâve-Nord
Arcadins
Rochelois
Fort-Liberté/Lagons aux Bœufs
Total ($) USD
3,246,000,000
1,632,680,000
1,254,800,000
1,111,400,000
620,280,000
484,800,000
389,700,000
377,000,000
343,200,000
112,600,000
$ 9,572,460,000
Source : Extrait de l‟étude29 réalisée par ReefFix et FoProBim. 2013
29
Etude: Toward the Development of Haiti‟s System of Marine Protected Areas (MPAs). An Ecosystem Services Assessment for the
Creation of Haiti‟s System of MPAs. rev.
53
8.5. Progression des aires protégées au regard des objectifs d‟Aichi
Pendant les sept dernières années, des progrès spectaculaires ont été observés quant aux efforts fournis
pour la protection et la conservation des aires protégées au niveau du Ministère de l‟Environnement et
de la Direction Biodiversité.
Avec l‟appui institutionnel de certaines institutions telles que le CIAT, l‟ANAP et la Direction
Biodiversité, sont parvenues, par arrêtés, à déclarer et à délimiter plusieurs aires protégées toute
catégories confondues, accusant de ce fait, entre 2015 et 2018, une augmentation des AP terrestres à
1190 km2 soit une progression de 4,29% du territoire terrestre et celles des AP marines à 11794 km2
soit une progression de 2,02% du territoire marin. (Tableau 10).
Tableau 10 Synthèse de la progression des aires protégées en Haïti entre 2015 et 2018
Seuils d'AP
Équivalent
fixés
par
du territoire
Aichi % du
En km2
territoire
Efforts
en 2015
en Km2
Superficie
du territoire
En %
Efforts
Superficie
en 2018. du territoire
En km2 En %
Progression
en km2
2015-2018
Progression
en %
2015-2018
Écart à combler
D‟ici 2021
Km2
%
Aichi
Terrestre
(17%)
4717,5
682,11
2,46
1872
6,75
1189,89
4,29
2845,5
10,25
AICHI
Marine (10%)
3931,6
1063,91
2,71
1857
4,72
793,09
2,02
2074,6
5,28
Les progrès présentés dans le tableau 10, témoignent des efforts exercés par le pays et les responsables
dans le but d‟atteindre l‟objectif 11 d‟Aichi à savoir de faire passer la superficie des aires protégées
terrestre à 17% et celles marines et côtières à 10% du territoire national.
Malgré les efforts enregistrés entre 2015 et 2018, il demeure que des efforts doivent être poursuivis en
vue de combler certains écarts. D‟ici à 2021, pour atteindre les 17% de conservation du territoire, il
faut créer 2846 Km2 d‟AP terrestres soit 10.25% du territoire terrestre et 2075 Km2 d‟AP marines et
côtières soit 5.28% du territoire marin. (Voir tableaux 11). Les sites proposés pour atteindre cet objectif
sont définis dans le tableau 11. Ces sites doivent être créés, délimités et bornés d'ici à 2021.
54
Tableau 11 Proposition de sites pour la création d‟Aires protégées d'ici à 2021
Proposition d‟Aires protégées à créer, délimiter et borner
1
Marmelade
11
Morne L‟Hôpital
21
La Gonâve
2
Grand Boucan
12
Vallières
22
Ile de la Tortue
3
Trois Étangs (plaine des Cayes)
13
Sources Puantes
23
Voute de l‟Église (Môle Saint-Nicolas)
4
Trou Caïman
14
Les Arcadins
24
Limbé
5
Bassins Bleus (Jacmel)
15
Saut Mathurine
25
Terrier rouge
6
Gonaives (Ville)
16
Sources Chaudes
26
Grande Rivière du Nord
7
17
Etang Bois Neuf
27
Lascahobas
8
9
Grande Saline (Site de mangrove,
exutoire du Salé Flood Way)
Baie de L‟Acul
Rochelois
18
19
Source Zabeth
Lac Azuéi
28
29
Thiotte
Belle-Anse
10
Côte Sud (Aquin Port-à-Piment)
20
Grande Cayemites
30
Réserve Écologique Wynne Farm
Source : Direction Biodiversité, ANAP 2018 ; MdE. 2016. 5RN
La figure 14 ci-après présente les AP potentielles proposées par les acteurs dans le cadre du 6RN. Elle
présente la cartographie des aires protégées tout écosystème confondu (terrestre, marin et côtier). Ces
AP devraient intégrer le du SNAP d‟Haïti d‟ici à 2021. En les créant, le pays atteindra plus aptement
l‟OAB-11.
Figure 14: les AP potentielles proposées par les acteurs dans le cadre du 6RN toute catégorie confondue
55
Figure 15: Carte des sites des AP existantes et potentielles toute catégorie confondue (en pourpre : sites
existants, en vert : sites potentiels, en rouge : sites non encore catégorisés
Nota Bene : Les sites de l‟exutoire du Salé Food Way dans la Vallée de l‟Artibonite (7) et la Réserve
Écologique Wynne Farm (30) ont été proposés dans le cadre de la rédaction de du 6RN. Ces sites
présentent tout le potentiel pour être classés AP. Nous recommandons à l‟ANAP et la Direction
Biodiversité de prendre les dispositions nécessaires en vue de leur catégorisation.
Par ailleurs, la SAH a travaillé en étroite collaboration avec le Ministère de l‟Environnement et le CIAT
pour identifier et délimiter des aires protégées potentielles, sélectionnées pour leur importance en
termes de biodiversité endémique. La documentation produite dans le cadre du projet financé par le
CEPF a contribué à l'élévation de Grand Bois, Grande Colline et Deux-Mamelles au rang d'Aires
protégées (Ces deux AP ne sont listées dans le tableau 11).
8.6. Emphase sur les AP marines potentielles
La carte de la figure 16 présente les sites prioritaires des zones marines et côtières d'Haïti pour la
protection. La définition de la plupart de ces aires est basée sur des enquêtes de Reef Check de 2011 à
2017 sur la valeur de la biodiversité et du tourisme. Les méthodes standard de Reef Check ont été
utilisées avec les manta tows et les nages chronométrées (ligne verte) et les AMPs sont marquées en bleu.
Soulignons que la plupart de ces potentielles AMP ont été relatées par quelques études mentionnées
56
dans le 5RN30. Dans ce rapport, il est ressorti que si le pays s‟adhère valablement à la Caribbean Challenge
Initiative le pays devrait être en mesure de créer 20% d‟AMP d‟ici 2021. Ce faisant, les actions pourront
avoir des impacts au niveau national, régional et mondial.
Sources
: ReefCheck international 2018, MdE 2016, FoProBim 2014, FoProBim et ReefFix 2013
Figure 16: Carte des sites des AP marines existantes
et potentielles
8.7. Les aires protégées du SNAP face à certains enjeux
Il faut souligner que beaucoup d‟efforts sont encore à faire en vue d‟atteindre le niveau de résultats
tangibles en termes de conservation de la biodiversité. Afin de combler les écarts dans les efforts
d‟atteindre l‟objectif 11 d‟Aichi, c‟est-à-dire de créer environ 2846 km2 en AP terrestre et 2075 km2 en
APM., il est proposé d‟ici à 2021 de créer et de délimiter les AP proposées dans le tableau 11. Ces aires
potentielles, dans la plupart des cas, doivent être déclarées, délimitées, bornées et munies de leurs outils
de gestion pour une meilleure conservation in situ et ex-situ.
Le processus de déclaration, de délimitation et de bornage doit tenir compte de la pression urbaine sur
les AP et sur les AP potentielles (figure 18). Il est judicieux d‟analyser aussi l‟indice d‟intégrité de la
biodiversité (IIB) dans les écosystèmes proposés (figure 17) afin de prendre les décisions qui s‟imposent
en matière de gouvernance. L‟IIB, comme mentionné précédemment (voir point 1.2), permet
d‟identifier et de hiérarchiser les problèmes de fragmentation écologique à diverses échelles
écopaysagères. La carte de la figure 16 montre les poches de conservation de la biodiversité au regard
du placement des AP et des AP potentielles. Sachant que les poches de meilleure conservation
30ReefCheck international 2018, MdE 2016, FoProBim 2014, FoProBim et ReefFix 2013.
57
présentent un IIB entre 90 et 100%, alors que pour un IIB entre 80 et 85% le niveau de fragmentation
est déjà assez élevé.
N.B : Sur les cartes 17 et 18 ne figurent pas l‟Exutoire du Salé Flood Way et la REWF
Figure 17: Carte des AP existantes et des AP potentielles au regard de l‟indice d‟intégrité de la biodiversité
58
Figure 18: Carte des AP existantes et des AP potentielles au regard de l‟empreinte
humaine sur la biodiversité
8.8. Système de gouvernance actuel des AP
Pour inscrire la progression des aires protégées dans la durabilité, il faudrait prendre les
mesures nécessaires et de doter ces AP d‟outils efficaces capables d‟en assurer une bonne
gouvernance à court, moyen et long termes, à savoir plan de gestion, unité de gestion, plan
d‟affaires, etc. Signalons que de toutes les AP existantes, seulement 6, soit 24% sur l‟ensemble,
représentent celles pour lesquelles l‟un ou l‟autre de ces outils existent. Notons que de ces 24%, cinq
(5) soit 83% d‟entre elles sont bornées à savoir : Parc Macaya, Parc Citadelle, Forêt des Pins (Unité 2).
La Visite et le Parc des 3 Baies ; quatre (4), soit 66%, ont un plan de gestion : Parc Macaya, Parc marin
des 3 Baies, Unité 1 de la Forêt des Pins et Unité 2 de la Forêt des Pins ; 83% ne disposent pas d‟unité
de gestion, et 100% n‟ont pas de plan d‟affaires (voir tableau 11).
Par ailleurs, certaines institutions appuient l‟élaboration et la mise en place de certains outils de
gouvernance. C‟est le cas de ONU-Environnement qui appui l‟élaboration du plan de gestion conjoint
pour deux aires marines protégées du département du Sud à savoir Port-Salut et Abacou des activités
de préparation d‟un nouveau plan de gestion pour l‟AMP de La Cahouane ont été entamées. (Voir
Étude de cas-2, section D).
La Helvetas de son côté appui la structure de gestion et de surveillance des aires protégées de l‟Unité
2 de la Forêts des Pins et du Lagond des Huitres. En ce sens, plus de 50 leaders d‟organisations et de
59
religieux constituent les deux conseils de gestion des deux aires protégées concernées. La surveillance,
la sensibilisation et le suivi des espèces sont assurés par 2 unités de surveillance environnementale
totalisant 40 agents. Il existe aussi deux directions de Parc installées par le Ministère de
l‟Environnement dans les 2 parcs pour assurer la représentation de l‟État central (Voir Étude de cas-3,
section D).
Tableau 12: Système de gouvernance actuel des AP
Aires protégées
Type d‟outils disponibles
Bornées
Plan de gestion
Unité de gestion
Plan d‟affaires
Parc Macaya,
Oui
Non
Non
Oui
Parc Citadelle
Non
Non
Non
Oui
Forêt des Pins (Unité 1)
Oui
Non
Non
Non
Forêt des Pins (Unité 2)
Oui
Oui
Non
Oui
La Visite
Non
Non
Non
Oui
Parc des 3 Baies
Oui
Non
Non
Oui
Source : Direction Biodiversité. MdE, 2018
8.9. Le rôle des femmes dans la conservation de la biodiversité
Plusieurs institutions encouragent la participation des femmes dans la gestion des ressources naturelles.
Cependant, cette implication ne se résume, dans beaucoup de cas à une obligation présentielle dans les
rencontres, les comités, etc. cependant, les actions de développement ne valorisent pas forcément
l‟implication des femmes dans le processus de développement.
Le rôle des femmes dans la conservation des ressources naturelles et dans la conservation de la
biodiversité est plus qu‟évident, mais n‟est guère documenté. Elles jouent aussi un rôle crucial dans
l‟économie locale, celle-ci étant essentiellement basée sur l‟agriculture, et les femmes jouent participent
activement à l‟écoulement de ces produits. De plus, les femmes sont activement impliquées dans la
commercialisation des fruits de mer. L‟industrie de la pêche fournit une grande partie des réserves
alimentaires d‟Haïti et les prises annuelles s‟élèvent à quelque 16.000 tonnes métriques, pour une valeur
de 75 millions de dollars, auxquels s‟ajoutent 50 millions liés aux activités de transformation (Singh et
Cohen, 2014).
Dans un contexte où les informations ne sont pas documentées, la mesure d‟indicateurs pour explique
l‟implication des femmes n‟est pas évident. Il existe aussi cette tendance culturelle qui n‟accorde pas
trop d‟importance aux actions des femmes ou que les femmes ont tendance à se sacrifier sans tenir
compte de la valeur de leurs efforts.
À titre d‟exemple, la Réserve écologique Wynne Farm est gérée par deux femmes, mais l‟étude n‟a pas
mis l‟accent sur cet aspect très important si on considère que ces femmes représentent des militantes
dans la conservation de la biodiversité.
60
Il devient nécessaire d‟établir la stratégie nécessaire pour valoriser les activités des femmes sur base
d‟indicateurs objectivement mesurables. Cette prise en compte doit être incluse en amont dans
l‟élaboration des projets et des programmes.
Il faut faire le renforcement des capacités des femmes à la gestion des ressources naturelles et la
conservation de la biodiversité et les inciter à jouer un rôle actif dans les structures locales et mieux les
impliquer dans le processus d gouvernance des AP.
8.10. Particularités sur les écosystèmes de mangroves
Les écosystèmes de mangroves revêtent une
importance capitale tant sur le plan écologique
qu‟économique, et représentent l‟un des plus
productifs de la planète. Ils jouent un rôle
fondamental dans les cycles du carbone et des
nutriments en milieu côtier, et rendent d‟importants
services à l‟homme.
Les eaux littorales bordant de mangroves, sont
généralement riches en crevettes et poissons et
représentent d‟excellents lieux d‟habitat, de
reproduction et de croissance pour une multitude
d‟espèces animales. Les forêts de mangroves ont
toujours été présentes à travers tout le pays.
© Steeve Schill (TNC)
Cependant au fil des ans, elles ont connu une
réduction drastique dans leur superficie. La
disparition des mangroves, dont le taux global
annuel moyen en Haïti est estimé entre 1 et 2%, avec
des pertes comprises entre 35 et 86% de la surface
initiale selon les lieux est préoccupante.
Plusieurs menaces d‟origine climatique (dérèglement
climatique, phénomènes extrêmes) et anthropique
(coupe abusive, pollution des milieux, déchets)
pèsent sur cet écosystème.
Mangroves dégradées du Nord
© : J-P. Ira, 2018
Selon des données de la FAO, les superficies de
mangrove sont passées de 17,800 ha en 1980
à13,700 ha en 2005 (Geo, 2010). Cependant, selon
une évaluation rapide sur les mangroves réalisée par
FoProBiM en 2014, leur superficie est estimée à
20 517 ha (FoProBiM, 2014).
Marché de charbon à Arcahaie
©: FoProBiM, 2014
61
Superficie totale en mangroves (ha)
Rochelois
Fort-Liberté/Lagons aux Bœufs
Arcadins
La Gonâve (Sud)
La Gonâve (nord)
Baie de l‟Acul
Baradères/Cayemites
Ile-à-Vaches/Aquin
Caracol
Gonaïves/Grande Saline
0
1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000 9000
Graphique : Principales zones de mangroves par taille. Source: FoProBim, 2014.
Si la plupart des sites sont exploités à
des niveaux extrêmes de destruction de
l'habitat, certains autres sont encore
intacts et méritent une attention
soutenue comme celui de GrandeSaline jusqu‟à l‟exutoire du Salée Flood
Way dans la Vallée de l‟Artibonite, qui
n‟est pas encore dégradée grâce à son
inaccessibilité (figure 18). Ce site fait
partie des sites potentiels à déclarer et à
conserver (Tableau 10), de même que
les sites présentés dans la figure 15.
Figure 19: Carte sur les zones de mangrove en Haïti et zoom sur le Salé
Food Way dans l‟Artibonite.
62
SECTION C : INITIATIVES ENTREPRISES PAR LES ACTEURS
DANS LA CONSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ DE 2009 A 2018
AU REGARD DES OAB ET DES ODD
63
9. Initiatives et intervention des acteurs dans la conservation de la
biodiversité
La plupart des acteurs, partenaires de l‟ANAP et de la Direction Biodiversité réalisent des interventions
dans plusieurs endroits du pays qui touchent non seulement sur la conservation de la biodiversité, mais
aussi d‟autres domaines touchant le développement durable. Ces initiatives ne se veulent pas être
exhaustives, mais elles sont présentées de manière à valoriser les interventions de ces acteurs, et aussi,
dans la mesure du possible, d‟en faire le lien avec les OAB et les ODD. Dans la plupart des cas, les
interventions ne sont pas faites dans une perspective de gestion ou de conservation de la biodiversité.
Ces analyses ont tenté de faire ressortir le plus possible les liens existants entre les interventions et la
conservation de la BD.
Ces informations sont appréciées en termes d‟objectifs visés, des résultats obtenus, des contraintes liées
à la mise en œuvre des actions et les leçons apprises quand c‟est applicable.
Tableau 13: Initiatives entreprises par les acteurs dans la conservation de la biodiversité de 2009 à 2018
Initiatives entreprises par les acteurs
Acteurs
Interventions
Liens avec OAB
Lien avec ODD
64
9.1. Interventions des acteurs étatiques
Acteurs
Interventions
Liens avec OAB
Lien avec ODD
Ministère de l‟Environnement (MdE)
Direction Biodiversité
Créée en Octobre 2017 selon la nouvelle proposition de loi organique du MdE, cette direction a pour attributions :
Coordonner la conception et l'application de la politique du Ministère touchant la protection et la
conservation in situ et ex-situ de la diversité biologique nationale ;
Veiller à la préservation des espèces menacées, rares, ou en voie de disparition, ainsi que de leur milieu ;
Établir les conditions de délivrance d‟autorisations, de prélèvement à des fins scientifiques ou
commerciales d‟animaux ou de végétaux protégés par la règlementation haïtienne ;
Établir les conditions de l‟exploitation, de la commercialisation, de l‟utilisation, du transport et de
l‟exportation des espèces visées ;
Veiller à l‟exploitation sur le territoire national d‟établissements d‟élevage, de vente, de location, de transit
d‟animaux d‟espèces sauvages, ainsi que l‟exploitation des établissements destinés à la présentation au
public de spécimens vivants de la faune nationale ou étrangère ;
Fournir l‟appui technique et logistique pour la collecte de données devant alimenter le Système National
d'Informations Environnementales ;
Effectuer toutes autres tâches connexes définies par les instances supérieures et remplir les autres
attributions que lui prescrivent les règlements internes du Ministère.
Veiller à la mise en œuvre de la convention sur la diversité biologique
OAB1 : Sensibilisation
valeurs de la biodiversité
aux
ODD4 : Éducation
équitable et inclusive
OAB11 : Zones protégées
(17%, 10%) de manière
efficace
ODD6 : Eau propre et
assainissement
ODD13 : Lutte contre
le
changement
climatique
ODD14 :
aquatique
Vie
ODD15 : Vie terrestre
Toutefois, en attendant l‟élaboration et la validation de son cadre légal, la Direction assure la mise en œuvre de la
CBD. Plus particulièrement elle :
Œuvre dans la protection et la conservation de la biodiversité,
Coordonne l‟élaboration du SPANB,
Suit la mise en œuvre de la CBD
Sensibilise et informe la communauté haïtienne sur les évolutions dans le domaine de la biodiversité.
65
ANAP (Agence nationale
des aires protégées)
l‟Agence Nationale des Aires protégées (ANAP), direction technique du MdE, devenue Direction générale en Mai
2017.
OAB1: Sensibilisation aux
valeurs de la biodiversité
ODD4 : Éducation
équitable et inclusive
Sa mission est de protéger la biodiversité et gérer le SNAP Selon Article 54 du décret-cadre de 2006 du Ministère
de l‟Environnement portant sur la Gestion de l‟Environnement et la Régulation de la conduite des citoyens et
citoyennes pour le Développement durable.
OAB11: Zones protégées
(17%, 10%) de manière
efficace
ODD12 :
Consommation
production
responsables
Sa vision est de faire des Aires protégées terrestres et marines du pays des territoires d‟innovation et d‟excellence OAB19 :
et de préserver la biodiversité et les valeurs historiques et culturelles associées tout en offrant des alternatives de scientifiques
développement durable aux populations qui en dépendent.
partagées
Réalisations
Le MdE encadre le développement du Projet de renforcement de la Résilience Alimentaire et Écologique d‟Haïti,
mis en place dans le cadre de la mouvance Karavàn chanjman du gouvernement 9MdE, CHRAD.2017). Ce projet
est divisé en 5 volets :
1. Géoréférencement de zones à reboiser
2. Sensibilisation et mobilisation pour un changement de paradigme
3. Construction de 14 centres de germoplasme
4. Mise en terre
5. Suivi et évaluation
‒
‒
‒
‒
‒
‒
‒
‒
Les résultats de ce projet sont définis comme suit :
1400 plateformes de protection de l‟environnement constituées et sensibilisées
4 000 000 de personnes à l‟échelle nationale prévues de sensibilisation
56 705 hectares de terres reboisées par année
630 millions de plantules produites en 10 ans
567 055 hectares de terre reboisée en 10 ans dans les 10 grands bassins versants
86 000 emplois verts créés en 5 ans
80 zones de recharge de sources d‟eau protégées
Effet du changement climatique atténué
Connaissances
améliorées et
ODD14 :
aquatique
et
Vie
OAB20: La mobilisation des ODD17 : Renforcer la
ressources a augmenté
mise en œuvre, les
partenariats
OAB5: Taux de perte au
moins divisé par deux
ODD11 : Villes et
communautés
OAB13: La diversité génétique durables
maintenue
ODD13 : Lutte contre
OAB15: Résilience renforcée, le
changement
écosystèmes restaurés
climatique
ODD15 : Vie terrestre
66
L‟ANAP encadre particulièrement la construction
des 14 Centres de germoplasme sur une période de
2 ans. Ils constituent des structures de production,
de propagation et d‟amélioration d‟espèces
fruitières et forestières appelées à impulser un
nouveau tournant aux efforts de reconstitution de
l‟espace forestier et de réduction de la vulnérabilité
de la population par la reforestation et le
reboisement.
Ces centres doivent être construits dans les 10
départements du pays. Ils doivent produire 63
millions de plantules (60% fruitiers et 40%
forestiers) par année.
Quatre (4) de ces centres de germoplasme sont
déjà fonctionnels. Il s‟agit des centres de Levy
Centre de germoplasme de Dosmond au Nord-Est
(Sud), de Fonds-des-Nègres (Nippes), de Marfranc
Photo S. Augustin
(Jérémie) et de Dosmond (Nord-Est). Celui de
Grand-Pré, dans le Nord-est en phase de finalisation.
La plupart des centres possèdent une capacité de production de 4,2 millions de plantules par an avec une dizaine
des plantules d‟espèces fruitières et forestières différentes adaptées aux conditions agroclimatologiques de charque
région géographique. Ci-contre le centre de germoplasme de Dosmond dans le Nord-Est.
67
Direction
Changement
climatique (DCC)
La DCC est chargée de planifier les programmes d‟adaptation aux Changements climatiques, des mesures de
mitigation et du monitoring des progrès qui y sont liés.
OAB1: Sensibilisation aux
valeurs de la biodiversité
La DCC a, entre autres, pour attributions31 de :
OAB2: Intégration des valeurs
de la biodiversité
ODD13 : Lutte contre
le
changement
climatique
OAB3: Incitations négatives et
positives
ODD14
aquatique
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
DEISE
(Direction
d‟Inspection
et
de
Surveillance
Environnementale)
31
Produire des outils d‟aide à la décision qui facilitent la planification en matière d‟adaptation et d‟atténuation
des Changements climatiques;
Fournir périodiquement pour le territoire national un inventaire des émissions et des absorptions anthropiques
de GES ;
Promouvoir la diffusion à l‟échelle nationale des technologies de lutte contre les changements climatiques ;
Promouvoir la prise en compte des préoccupations liées aux changements climatiques dans les autres secteurs
clés de la vie nationale tels l‟agriculture et la sécurité alimentaire, les zones côtières, l‟énergie, le transport, la
santé et l‟eau ;
Identifier, développer et appuyer des activités de reforestation comme mécanisme de séquestration du carbone
(puits de carbone) et de promotion d‟énergies alternatives;
Renforcer les capacités locales, en matière d‟adaptation au climat et de réduction du risque climatique, par la
sensibilisation, l‟éducation et la formation;
Assurer le rôle de Point Focal national pour la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements
climatiques, Protocoles et Accords tombant dans le domaine du climat.
La Direction d‟Éducation, d‟Inspection et de Surveillance Environnementale (DEISE), proposée dans la nouvelle
loi organique du MdE, combine la DEPREDD et la DISE.
Cette Direction, entre autres, a pour attributions32 de :
Assurer la coordination de l‟élaboration et de la mise en œuvre de la politique nationale en matière d‟éducation
environnementale ;
Concevoir et produire des outils spécifiques pour éduquer et sensibiliser la population sur les problèmes liés
à l‟environnement en fonction des spécificités locales et régionales ;
Veiller à la remise en état des sites dégradés et/ou pollués ;
Développer et dynamiser des Brigades de Contrôle et de Surveillance Environnementale ;
Contrôler toute structure d‟ouvrage faisant obstacle à l‟écoulement des eaux en vue de prévenir les inondations
;
Assurer la protection durable des espaces, forestiers et ruraux et de leurs ressources.
Réalisations
De concert avec les mairies, dans le cadre de la surveillance environnementale du cadre de vie urbain et rural, cette
direction a déjà mené des campagnes de sensibilisation, accompagnées des fois de mesures coercitives quant à aux
méthodes de cuisson, gestion de déchets, gestion des produits dangereux, lutte contre le polystyrène.
ODD2 : Faim zéro
:
Vie
OAB7: Agriculture durable
OAB10: Diminution
pressions anthropiques
OAB14:
écosystémiques
restaurés.
des
Services
essentiels
OAB2: Intégration des valeurs
de la biodiversité
ODD6 : Eau propre et
assainissement
OAB4:
Production
consommation durables
ODD11 : Villes et
communautés
durables
et
OAB5: Taux de perte au
moins divisé par deux
OAB8: La pollution n'est pas
préjudiciable
OAB10 : Diminution
pressions anthropiques
des
ODD12 :
Consommation
production
responsables
et
ODD15 : Vie terrestre
Pour avoir l‟intégralité des attributions de la DCC
32 Pour avoir l‟intégralité des attributions de la DIESE, voir proposition de projet de Loi organique du MdE
68
Cette direction participe activement dans la gestion des risques et des désastres et les activités touristiques et
culturelles.
OAB11: Zones protégées
(17%, 10%) de manière
efficace
Contraintes
Longues périodes de sècheresse entrainant des risques d‟incendie forestier.
Des pluies éclaires.
Nécessité d‟une surveillance plus soutenue, donc entraine un coût additionnel.
Augmentation de la population dans les aires protégées/Intégration des résidents dans la gestion.
Couverture nationale non effective par manque de moyens. Les zones d‟interventions sont particulièrement :
Macaya, Forêt des Pins (unité 1 et 2), Morne l‟Hôpital, Parc naturel Canapé Vert, La Visite, Jardin botanique
naturel d‟Haïti (Ganthier) et les zones côtières de Belle Anse. Notons que le Grand Nord ne bénéficie presque
pas de surveillance environnementale de la DEISE.
DGZCM (Direction de
Gestion
des
Zones
Côtières et Marines)
Direction des Forêts et des
Énergies
Renouvelables
(DFER)
Il est créé, au sein de la nouvelle loi organique du MdE la Direction de Gestion des Zones Côtières et Marines
(DGZCM). À travers ses attributions, cette direction peut constituer un atout majeur dans la conservation de la
biodiversité marine et côtière, notamment avec les nouvelles déclarations d‟AMP. Cette direction a pour
attributions de :
1. Établir en collaboration avec les secteurs concernés une politique nationale sur la gestion intégrée des zones
côtières et marines ;
2. Préserver la nature et la biodiversité dans les milieux marins et côtiers ;
3. Fournir l‟appui technique nécessaire aux instances concernées pour la création du Conservatoire du Littoral ;
4. Inventorier, régulariser et contrôler les interventions le long du littoral et sur les bandes côtières et marines et
travailler à la protection des écosystèmes côtiers et marins prioritaires, comme les mangroves, les récifs
coralliens et les marais salants ;
5. Identifier et déterminer les sites présentant une importance particulière en raison de leur intérêt scientifique,
esthétique, instructif, récréatif ou éducatif et qui méritent d‟être protégés ;
6. Établir, de concert avec les autres instances concernées, le régime de protection juridique auquel seront soumis
les immeubles intégrés à l‟intérieur des aires marines et côtières protégées.
OAB2: Intégration des valeurs
de la biodiversité
La Direction Sols et Écosystème, devenue Direction des Forêts et des Énergies Renouvelables (DFER) dans la
nouvelle loi organique du MdE, a, entre autres, pour attributions :
Article 40.- La Direction des Forêts et des Énergies Renouvelables (DFER) a pour attributions, entre autres, de :
Concevoir et promouvoir des campagnes annuelles de reforestation, de reboisement et d‟afforestation ;
Formuler et mettre en application, avec tous les acteurs concernés, une politique nationale forestière visant à
accroître le couvert forestier du pays et à diminuer la pression sur les ressources en bois ;
OAB1: Sensibilisation aux
valeurs de la biodiversité
OAB4:
Production
consommation durables
et
OAB5: Taux de perte au
moins divisé par deux
OAB8: La pollution n'est pas
préjudiciable
OAB11: Zones protégées
(17%, 10%) de manière
efficace
OAB2: Intégration des valeurs
de la biodiversité
ODD2 : Faim zéro
ODD13 : Lutte contre
le
changement
climatique
69
-
-
Le Bureau National
l‟Évaluation
environnementale
(BNÉE)
de
Promouvoir l‟utilisation des énergies renouvelables (solaire, éolienne, micro-hydroélectricité, biomasse) pour OAB3: Incitations négatives et
la satisfaction des besoins énergétiques du pays afin de contribuer à la réduction de la pression sur les positives
ressources forestières ;
OAB7: Agriculture durable
Développer des forêts communales à vocation énergétique.
Réalisations
Corridor Biologique de la Caraïbe
(CBC) (Cuba, Haïti, République
Dominicaine)
Avec la collaboration de quelques
PTF du MdE tels que le PNUD,
l‟ONU-Environnement, le PAM,
cette direction a mis en place le
Corridor Biologique de la Caraïbe
(CBC).
Les corridors biologiques jouent le
rôle de couloir de dispersion pour
certaines espèces, d‟habitat où les
espèces effectuent l'ensemble de
leur cycle biologique, de refuge et
d‟habitat-source. Dans tous les cas,
ils sont indispensables à la survie des espèces. Phase 2 : 2009 à 2018
Le Bureau National de l‟Évaluation environnementale (BNÉE) : Intérêt du respect des principes de coopération et
de précaution à l‟appel aux études d‟impact pour des activités de l‟homme qui créent des dommages à
l‟environnement, et au partage de l‟information.
OAB10: Diminution
pressions anthropiques
OAB14:
écosystémiques
restaurés.
ODD14
aquatique
des
Services
essentiels
70
:
Vie
Ministère de l‟agriculture des Ressources naturelles et du Développement Rural (MARNDR)
Interventions
Liens avec OAB
Lien avec ODD
Mission
Le Ministère de l‟Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement rural est l‟organe étatique chargé de : « Définir la
politique du secteur économique du gouvernement haïtien dans les domaines de l‟agriculture, de l‟élevage, des ressources naturelles
renouvelables et du développement rural ».
OAB2: Intégration
des valeurs de la
biodiversité
ODD1 : Pas de
pauvreté
Réalisations
Le MARNDR mène plusieurs actions pouvant avoir un impact positif sur la conservation de la biodiversité.
1. Le MARNDR a publié en 2010 le PDA 2010-2020 appelée à assurer un développement durable de la productivité du secteur
agricole. Cette politique devrait répondre à la vision d‟une agriculture moderne, intégrée, compétitive, protectrice et productive
susceptible de:
‒
nourrir la population;
‒
dégager des excédents et fournir des revenus aux ruraux en vue de combler les disparités sociales Rural-Urbain.
2. Le Ministère travaille également sur le profil écologique du pays en relation avec l‟agriculture durable. Ce document est en
cours d‟élaboration, il traite entre autres de :
‒
La liste des sites naturels sous protection ou à protéger
‒
La quantité et de la race des animaux domestiques
‒
Les oiseaux endémiques à Haïti
‒
De la liste de la végétation en voie de disparition ayant besoin de protection
‒
La diversité des plantes cultivées
‒
Le profil des champignons en fonction des milieux de développement
‒
Les produits forestiers non ligneux.
‒
Programme de recherche
3. La Direction de l‟Innovation du Ministère travaille sur l‟amélioration végétale. Elle fait des recherches sur le Colocasia esculenta
(Mazonbelle).
4. Le projet RESEPAG donne un appui aux Centres régionaux de recherche-développement, complémentaire aux interventions
déjà prévues au ministère sont en cours. Quatre de ces Centres sont actuellement appuyés dans le cadre de projets en cours
ODD2 : Faim zéro
OAB3: Incitations
négatives et
positives
ODD3 : Bonne
santé et bien-être
OAB4: Production
et consommation
durables
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
OAB5: Taux de
perte au moins
divisé par deux
OAB6: Les
pêcheries sont
gérées durablement
ODD13 : Lutte
contre le
changement
climatique
ODD15 :
terrestre
OAB7: Agriculture
durable
OAB10 :
Diminution des
pressions
anthropiques
71
Vie
(DEFI/BID et RESEPAG/BM) et un cinquième par la coopération brésilienne. Un plaidoyer doit être fait en vue de la prise en
considération de la conservation de la Biodiversité dans le cadre de ces recherches.
5.
Programme de Mitigation des Risques et Désastres Naturels (PMDN-phase I et II), financés par la BID exécuté par le
MARNDR dans les départements du Nord, du Sud et de l‟Artibonite Ŕ a soutenu des investissements en infrastructures
publiques pour la protection contre les inondations et les glissements de terrain, l‟agriculture durable, et le renforcement
institutionnel de la gestion des bassins versants. Il privilégie spécifiquement le développement de capacités institutionnelles et
d‟infrastructures indispensables, et la gestion des sols pour assurer la protection immédiate de certains centres de population et
inverser le processus de dégradation des sols sur des bassins versants prioritaires.
Le FIDA, en cohérence avec la PDA, aide les autorités haïtiennes, via le MARNDR, à implémenter depuis 2013 le Programme de
Pays d‟Options stratégiques de Pays (2013-2018) en support à l‟agriculture. Ce programme poursuit trois (3) objectifs stratégiques
assortis de résultats:
‒
Promouvoir une agriculture adaptée aux changements climatiques;
‒
Promouvoir les initiatives productives;
‒
Investir dans le capital humain.
6.
OAB12: Extinctions
empêchées, statut
amélioré
OAB13: La diversité
génétique maintenue
OAB15: Résilience
renforcée,
écosystèmes
restaurés
OAB18: Les
connaissances
traditionnelles
intégrées
Secteur de la pêche : Plusieurs institutions telles que : l‟USAID, l‟AECID, la FAO, la BID et l„UE donnent un appui au secteur
de la pêche. L‟aquaculture, se faisant sur environ 112 000 ha, est essentiellement concentrée dans les lacs, les étangs d‟eaux
intérieures, lagons, rivières, plateaux et collines encastrés.
Contraintes
Au niveau du MARNDR, plusieurs problèmes sont récurrents. Il s‟agit entre autres de :
‒
‒
‒
‒
‒
Inexistence de plan réel d‟intégration des changements climatiques dans le secteur agricole
Manque de connaissance dans la prévision des campagnes agricoles (hiver, rareté des pluies, donc campagne agricole devient
plus courte)
Pluies acides dans les zones côtières (embruns)
Méconnaissance du concept de changements climatiques par les agriculteurs
Eutrophisation et fertilisation dans la vallée de l‟Artibonite car pas de dosage systématique pour l‟application de l‟engrais
impliquant des pollutions de sol, des plantes et de tout l‟écosystème adjacent.
72
Ministère du Tourisme
Interventions
Liens avec OAB
Lien avec ODD
OAB1:
Sensibilisation aux
valeurs de la
biodiversité
ODD4 : Éducation
équitable et inclusive
Interventions
Liens avec OAB
Lien avec ODD
Appréciation du Progrès de Pays pour la Cible 1 : L‟atteinte d‟une telle cible relève d‟un travail de longue haleine et s‟inscrit dans le
long terme. En Haïti, cette cible est encadrée par la loi. L‟article 74 du Décret-cadre sur la Gestion de l‟Environnement stipule que
l‟État a pour devoir de promouvoir l‟ERE. Il promeut, diffuse et soutient au profit de la société toute entière de programmes
d‟information et de sensibilisation : a) pour la protection de l‟environnement ; b) pour le développement d‟une éthique
environnementale ; c) pour l‟utilisation durable des ressources naturelles.
OAB1:
Sensibilisation aux
valeurs de la
biodiversité
ODD4 : Éducation
équitable et inclusive
Interventions
Liens avec OAB
Lien avec ODD
Appui à la mise en œuvre de la convention sur la diversité biologique
Appui à la protection et la conservation de la biodiversité
L‟IHSI de son côté réalise des enquêtes en vue de faire un inventaire des ressources et des potentialités des communes d‟Haïti
dont les douze faisant partie de l‟aire de la Réserve proposée.
OAB1:
Sensibilisation aux
valeurs de la
biodiversité
ODD4 : Éducation
équitable et inclusive
Intervention au niveau du Parc Historique La citadelle
Ministère de l‟Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP)
L‟article 75 du Décret-cadre proclame sans ambages : “L‟ERE est déclarée matière obligatoire à tous les niveaux d‟enseignement du
système national d‟éducation. Les médias privés consacreront gratuitement au moins six dixièmes de pour cent (0,6%) de leur
programmation à des plages de grande écoute, à la diffusion de messages appropriés d‟éducation et de sensibilisation à la protection
de l‟environnement. Les médias publics y consacreront, dans les mêmes termes, au moins trois pour cent (3%) de leur programmation”.
CNIGS/MPCE/CIAT/IHSI
-
73
9.2. Interventions des ONG nationales et internationales
Acteurs
Liens avec OAB
Lien avec ODD
OAB1: Sensibilisation aux
valeurs de la biodiversité
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
Commission Nationale de Collaboration avec l‟UNESCO (CNHCU)
Dans le cadre de la mise en œuvre du programme Man and Biosphere (MaB), le CNHCU, de concert avec le MdE et le MENFP
et avec l‟appui de l‟UNESCO, ont conjoint mis sur mis sur pied deux réserves de biosphère : La réserve de Biosphère La
Selle (2012) et la Réserve de Biosphère la Hotte (2016).
OAB2: Intégration des
La zone de la réserve de biosphère La Selle est l‟une des plus fréquentées en Haïti en matière de recherche sur la biodiversité valeurs de la biodiversité
par des scientifiques locaux et internationaux de toutes les disciplines. En effet, la zone héberge plusieurs zones protégées et
d‟autres d‟importance qui mettent en évidence la diversité des écosystèmes. Des sites comme le Parc national La Visite, la OAB4: Production et
réserve forestière de la Forêt-des-pins, le lac Azuéi, le bassin versant de la rivière des Pédernales, notamment la forêt sèche consommation durables
de Boukara, ont toujours fait l‟objet d‟activités de recherche tant sur la faune que sur la flore.
Signalons qu‟une réserve de biosphère a pour fonctions de :
1.
2.
3.
Contribuer à la conservation des paysages, des écosystèmes, des espèces et de la variation génétique (fonction de
conservation),
Encourager un développement économique et humain durable des points de vue socioculturel et écologique
(fonction de développement) et
Fournir des moyens pour les projets de démonstration et de formation, de recherche et de surveillance continue sur
des problèmes locaux, régionaux, nationaux et mondiaux de conservation et de développement durable (fonction
d‟appui logistique).
OAB5: Taux de perte au
moins divisé par deux
ODD13 : Lutte contre
le changement
climatique
ODD15 : Vie terrestre
OAB7: Agriculture
durable
OAB14: Services
écosystémiques essentiels
restaurés
OAB15: Résilience
renforcée, écosystèmes
restaurés
74
Le Réserve de Biosphère La Selle est considérée
comme l‟une des zones les plus importantes du
pays en matière de diversité biologique. En effet,
on y retrouve des reliques de forêt, des
écosystèmes de montagne, des écosystèmes
côtiers et marins, écosystèmes d‟eau intérieure
(lacs, rivières et autres zones humides) qui
confèrent à cette aire, par rapport à sa taille, une
grande richesse spécifique.
Contraintes En dépit du fait que la réserve
héberge un Parc National (Parc National La
Visite) et une réserve forestière (la Forêt des
Pins), cet axe ne bénéficie pas de protection
particulière.
© Hilaire JV
Fondasyon Konesans Ak Libète (FOKAL)
Interventions
La FOKAL dont la mission est de :
‒
‒
Promouvoir les structures nécessaires à l‟établissement d‟une société démocratique juste et durable, l‟autonomie
des individus en favorisant l‟esprit critique, la clarté du jugement et la coopération en connaissance de cause à
travers l‟éducation, la formation et la communication
Renforcer le processus organisationnel pour une participation active dans l‟administration des Affaires Publiques
et le développement social, culturel et la vie en communauté.
Liens avec OAB
Lien avec ODD
OAB2: Intégration des
valeurs de la biodiversité
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
OAB4: Production et
consommation durables
OAB5: Taux de perte au
moins divisé par deux
ODD13 : Lutte contre
le changement
climatique
En effet, la Protection de l‟Environnement fait partie de l‟une des quatre (4) priorités stratégiques de la FOKAL incluant
également Droit et Justice, Sciences, Technologies et Economie et Coopération transnationale avec la République
Dominicaine.
OAB7: Agriculture
durable
ODD15 : Vie terrestre
Réalisations
OAB10 : Diminution des
pressions anthropiques
75
La FOKAL a facilité l‟exécution de plusieurs projets liés à la conservation et la protection de la Biodiversité, entre autres :
Le Projet de Parc Urbain de Matissant sur une superficie de 17 ha abritant l‟un des derniers vestiges des aires boisées avec
des arbres centenaires et une avifaune très riche avec 25 espèces d‟oiseaux et la présence de 6 des 31 espèces endémiques à
Haïti.
FOKAL exécute, grâce au financement de l‟Union Européenne et de l‟Agence Française de Développement (AFD), des
actions de développement (rénovation urbaine, accès à l‟eau potable, assainissement, collecte communautaire de résidus,
etc.) dans les 500 ha de la zone tampon du Parc.
OAB11: Zones protégées
(17%, 10%) de manière
efficace
OAB14: Services
écosystémiques essentiels
restaurés
Fondation Seguin
Interventions
Liens avec OAB
Lien avec ODD
La Fondation Seguin œuvre dans les hauteurs du Parc La Selle (Sud-Est d‟Haïti) déclaré Réserve de la Biosphère par
l‟UNESCO et dont le PNN de La Visite constitue l‟un des noyaux.
OAB4: Production et
consommation durables
ODD2 : Faim zéro
La Fondation priorise une stratégie d‟interventions basée sur quatre (4) axes :
OAB5: Taux de perte au
moins divisé par deux
-
Appropriation systématisation et consolidation des acquis,
Innovations technologiques, communication et génération de Revenus
Mobilisation financière et communication en Environnement,
Gouvernance environnementale, Biodiversité et Aires protégées.
OAB7: Agriculture
durable
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
ODD15 : Vie terrestre
OAB10 : Diminution des
pressions anthropiques
Résultats
A l‟aide de l‟appui technique et financier de la GIZ la Fondation a œuvré au maintien et à la restauration de la biodiversité
dans le PNN de La Visite. Elle a restauré et maintenu les reliques de rakbwa, un écosystème généralement plus riche en
biodiversité que les pinèdes du Parc La Visite. En effet, plus de 400 ha de ce type de forêts ont été conservés.
OAB11 : Zones protégées
(17%, 10%) de manière
efficace
OAB14 : Services
écosystémiques essentiels
restaurés et OAB15
76
Réserve Écologiqu Wynne Farm (REWF)
Interventions
Mission
Étendue sur 19,35 ha (15 carreaux), la REWF s‟occupe de la protection de l‟environnement et la conservation des espèces
végétales et animales.
Réalisations
‒
Sensibilisation journalière sur la biodiversité pour les visiteurs, étudiants, fermiers et élèves. Un total de 7000
personnes sensibilisées/an dont 55% de femmes.
‒
Augmentation de la sécurité des forêts à la REWF, ralentissement de la coupe des arbres et des constructions
anarchiques.
‒
Distribution de 3000 plantules chaque année et plantation d‟arbres fruitiers, forestiers à la réserve.
Les réalisations de la Réserve Écologique Wynn Farm sont présentées dans la section des études de cas à la
section D
Liens avec OAB
Lien avec ODD
OAB1: Sensibilisation aux
valeurs de la biodiversité
OAB2: Intégration des
valeurs de la biodiversité
OAB4: Production et
consommation durables
OAB5: Taux de perte au
moins divisé par deux
OAB7: Agriculture
durable
OAB14: Services
écosystémiques essentiels
restaurés
OAB15: Résilience
renforcée, écosystèmes
restaurés
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
ODD13 : Lutte contre
le changement
climatique
ODD15 : Vie terrestre
Société Audubon Haïti
Interventions
Les réalisations de la Réserve Écologique Wynne Farm sont présentées dans la section des études de cas à la
section D
Partenaire avec le Critical Environment Partnership Fund (CEPF)
La SAH maintient des relations avec des institutions partenaires, bénéficiaires elles aussi du CEPF (par ex. : Temple
University, Philadelphia Zoo). La SAH a encouragé la création d‟un mécanisme de financement durable.
Ainsi, un Trust Fund a été créé : le Haïti National Trust. Il s'agit d'une société privée qui interviendra dans l'acquisition et la
gestion d'aires protégées. Le “Haïti National Trust” est mis sur pied avec une dotation initiale de $ US 1.3 million
destinée à protéger l‟environnement et la biodiversité d‟Haïti pour les générations futures.
Liens avec OAB
OAB1: Sensibilisation aux
valeurs de la biodiversité
OAB2: Intégration des
valeurs de la biodiversité
OAB4: Production et
consommation durables
OAB5: Taux de perte au
moins divisé par deux
OAB7: Agriculture
durable
Lien avec ODD
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
ODD13 : Lutte contre
le changement
climatique
77
OAB14: Services
écosystémiques essentiels
restaurés
OAB15: Résilience
renforcée, écosystèmes
restaurés
ODD15 : Vie terrestre
Interventions
Liens avec OAB
Lien avec ODD
FoProBim participe dans la restauration et la reforestation des écosystèmes de mangroves, l‟accompagnement durable des
pêcheurs, les actions pour la résilience climatique et la mobilisation de ressources.
OAB1: Sensibilisation aux
valeurs de la biodiversité
FoProBim participe dans la recherche notamment sur a biodiversité marine
OAB5 : Taux de perte au
moins divisé par deux
ODD6 : Eau propre
et assainissement
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
ODD2 : Faim zéro
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
ODD14 : Vie
La SAH a développé des protocoles de collaboration avec plusieurs institutions d‟enseignement notamment l'American
University of the Carribean (AUC), l'Université Quisqueya (UniQ) et l'Université d'État d'Haïti (UEH).
FoProBim
1.
2.
Toward the Development of Haiti‟s System of Marine Protected Areas (MPAs) An Ecosystem Services
Assessment for the Creation of Haiti‟s System of MPAs rev.1. 2013
Rapid Assessment of Haiti‟s Mangroves. 2014.
OAB6 : Les pêcheries
sont gérées durablement
OAB10 : Diminution des
pressions anthropiques
OAB11 : Zones protégées
(17%, 10%) de manière
efficace
OAB15 : Résilience
renforcée, écosystèmes
restaurés
78
The Nature Conservancy (TNC)
Interventions
Liens avec OAB
Lien avec ODD
Objectifs principaux
- Contribuer au renforcement du système national des aires protégées en Haïti, en particulier les aires marines
protégées
- Promouvoir la gestion durable de la pêche et des moyens de subsistance alternatifs pour les communautés locales
- Soutenir le développement d'un mécanisme de financement durable pour la conservation et la restauration de la
biodiversité à long terme en Haïti
Activités clés en cours
Au niveau National:
- Promouvoir la création et la capitalisation d‟un Fonds National de Placement pour la conservation de la
Biodiversité (Fonds Haïtien pour la Biodiversité)
- Transfert de capacités et de connaissances grâce à la collaboration avec ANAP
- Promouvoir un Plan d'Action Binational (Haïti-RD) pour soutenir la gestion durable de la pêche dans la région
des Trois Baies-Monte Cristi
- Développer une sous-section de caribnodes pour Haïti avec des données clés sur les écosystèmes de mangroves,
les herbiers marins et les récifs du pays33.
Au niveau marin (Côte-Nord)
- Soutenir des réformes de la politique de la pêche par le biais d‟un Plan d‟Action du secteur de la Pêche
- Concevoir et promouvoir des programmes pilotes de pêche durable / moyens de subsistance alternatifs
- Soutenir la gestion efficace et la gouvernance des nouvelles zones marines gérées incluant un plan de zonage pour
de multiples utilisations du paysage marin (MSP) dans le parc national des Trois Baies.
- Réaliser des lignes de base dans les zones protégées nouvellement déclarées des Baraderes-Cayemites et Marigot Massif de la Selle - Anse-à-Pitres
Le TNC en collaboration avec d‟autres partenaires a réalisé plusieurs études sur la biodiversité en Haïti :
- L‟étude sur l‟inventaire écologique du Parc des 3 Baies de concert avec l‟ANAP et la BID.
OAB1: Sensibilisation aux
valeurs de la biodiversité
OAB3: Incitations
négatives et positives
OAB4 : Production et
consommation durables
OAB5 : Taux de perte au
moins divisé par deux
OAB6 : Les pêcheries
sont gérées durablement
OAB10 : Diminution des
pressions anthropiques
OAB11 : Zones protégées
(17%, 10%) de manière
efficace
OAB15 : Résilience
renforcée, écosystèmes
restaurés
ODD6 : Eau propre
et assainissement
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
ODD2 : Faim zéro
ODD7 : Énergie
propre
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
ODD14 : Vie
aquatique
ODD15 : Vie terrestre
33
http://caribnode.org/tools/reef-assess/country/1285/
79
-
Dans le cadre de cette même étude, un article a été publié par le Journal of the Ocean Science Foundation dans lequel il
a été découvert une nouvelle espèce de poisson dans la Baie de Fort-Liberté sous le nom de Hypoplectrus liberte34,
On notera aussi les efforts envisagés par les autorités pour intégrer,
Notons que le TNC a propulsé en Haïti la Caribbean Challenge Initiative (CCI ou Initiative Défi de la
Caraïbe), une initiative majeure et ambitieuse de type Partenariat Public-Privé mise sur pied en 2008 et qui
compte en 2014 neuf (9) Gouvernements, dont celui de la République Dominicaine et de la Jamaïque plus près
d‟Haïti, et supportée par quinze (15) Compagnies du secteur privé en vue de renforcer la conservation des
ressources côtières et marines dans la région de la Caraïbe.
Concert Action
Interventions
Liens avec OAB
Lien avec ODD
Projet : Promotion de la production agricole durable et de la protection de la
biodiversité dans les zones vulnérables du Corridor Biologique des Caraïbes
(CBC)(2016-2018)
Objectif global : La sécurité alimentaire des ménages de petits producteurs de Borgne (Haïti)
et des zones tampons des parcs nationaux Armando Bermudez & Nalga de Marco en
République dominicaine est durablement améliorée et la biodiversité est protégée.
Objectif du projet : 1200 familles de petits producteurs dans les zones vulnérables du
Corridor biologique des Caraïbes (900 familles en Haïti et 300 familles en République
dominicaine) protègent la biodiversité et garantissent ainsi leur sécurité alimentaire (ainsi que
la diversité des espèces).
OAB1: Sensibilisation aux
valeurs de la biodiversité
ODD2 : Faim zéro
Réalisations
OAB7: Agriculture
durable
1.
2.
3.
Mesure 1. Sensibilisation des communautés par les organisations de base
- 210 écoliers sensibilisés sur l‟arbre et ayant reçu 8 plantules de chênes chacun
Mesure 2. ateliers de formation pour 3 organisations communautaires sur la
gestion des organisations et les méthodes de production agricole durable
Mesure 3. ateliers de formation pour des experts gouvernementaux sur la
biodiversité et la protection des écosystèmes
OAB3: Incitations
négatives et positives
OAB4: Production et
consommation durables
OAB5: Taux de perte au
moins divisé par deux
ODD6 : Eau propre
et assainissement
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
ODD13 : Lutte contre
le changement
climatique
ODD15 : Vie terrestre
OAB10 : Diminution des
pressions anthropiques
34 Victor B. C. et Marks W. 2018.
80
Depuis le lancement du Projet, les experts gouvernementaux ont déjà participé à cinq sessions
de formation respectivement sur les thèmes suivant liés à la biodiversité :
4. Mesure 4. ateliers de formation pour 100 agriculteurs/trices sélectionnés par les
organisations de base (thématiques : agroforesterie, nutrition, production agricole
durable)
Depuis le lancement du projet, 52 sessions de formation ont été réalisées et les thèmes
suivants ont pu être traités avec les agriculteurs :
- Maraîchage et fumure organique : 12 sessions déjà réalisées au profit de 258 planteurs
- Agroforesterie et conservation de sols : 10 sessions déjà réalisées au profit de 204
planteurs
- Lots boisés économiques : 10 sessions déjà réalisées au profit de 205 planteurs
- Potentialités du milieu : 10 sessions déjà réalisées au profit de 230 planteurs
- Valeur nutritive des aliments : 10 sessions déjà réalisées au profit de 192 planteurs
- 861 rampes faisant une longueur totale de 12,956.82 mètres linéaires sont déjà
établies au niveau de 214 parcelles de cultures couvrant une superficie totale de
163,193.66 m2.
5. Mesure 5. Sélection des bénéficiaires pour la mise en place de parcelles pour la
production agricole durable
6. Mesure 6. Mise en place de 90 parcelles pour l'agroforesterie
7. Mesure 7. Conservation de sols
8. Mesure 8. Mise en place de parcelles de légumes
9. Mesure 9. Mise en place de 3 pépinières communautaires (plantes forestières et
fruitières)
10. Mesure 10. Élaboration d'une analyse socio-biophysique (espèces végétales et
animales en voie de disparition)
11. Mesure 11. Aménagement de 30 parcelles forestières
- 113,650 plantules forestières distribuées.
- 49 parcelles forestières dénombrées pour une superficie de 55,247.50 m2 soit 5.5 ha.
OAB14: Services
écosystémiques essentiels
restaurés
OAB15: Résilience
renforcée, écosystèmes
restaurés
81
Helvetas Haïti
Interventions
Liens avec OAB
Lien avec ODD
L‟ensemble des interventions de Helvetas dans le domaine de la biodiversité se résume en des projets avec des objectifs et
résultats distincts et complémentaires.
OAB1: Sensibilisation aux
valeurs de la biodiversité
ODD2 : Faim zéro
L‟objectif spécifique est de consolider les capacités des acteurs concernés (autorités locales, services déconcentrés étatiques
et acteurs non étatiques) pour une meilleure gouvernance de l‟Aire protégée « Parc National Naturel du Lagon des Huîtres
».
OAB2: Intégration des
valeurs de la biodiversité
Les réalisations de la Helvetas sont présentées dans la section des études de cas à la section D
OAB4: Production et
consommation durables
OAB5: Taux de perte au
moins divisé par deux
OAB7: Agriculture
durable
OAB10 : Diminution des
pressions anthropiques
ODD5 : Egalité entre
les sexes
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
ODD13 : Lutte contre
le changement
climatique
ODD14 : Vie
aquatique
ODD15 : Vie terrestre
OAB11: Zones protégées
(17%, 10%) de manière
efficace
OAB14, OAB15, OAB20
82
9.3. Interventions des partenaires de la coopération internationale
Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD)
Projets
Projet Adaptation
basée sur les
écosystèmes
Interventions
Le projet Adaptation basée sur les écosystèmes (ABE) comprend deux principales composantes :
- Le renforcement de la résilience face aux menaces climatiques dans les principaux bassins
versants et zones côtières en passant par l‟aménagement des bassins versants et la conservation
des sols, la gestion des zones côtières, et la valorisation et la conservation des ressources
naturelles.
-
Liens avec OAB
Lien avec ODD
OAB2: Intégration des
valeurs de la biodiversité
ODD2 : Faim zéro
OAB3: Incitations
négatives et positives
Le renforcement de la contribution des zones protégées à la conservation de biodiversité et au OAB4: Production et
développement durable dans les zones côtières et marines axé sur une exploitation raisonnée. consommation durables
Les aires d‟intervention du projet sont :
- Le complexe des Trois Baies situé dans le Nord et le Nord-Est du pays,
- le complexe des Baradères-Cayemites dans les Nippes et Grand‟Anse,
- le complexe de Marigot Ŕ Massif de la Selle Ŕ Anse à Pitres localisé dans le Sud-Est du pays.
OAB5: Taux de perte au
moins divisé par deux
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
OAB6: Les pêcheries sont
gérées durablement
ODD13 : Lutte contre
le changement
climatique
OAB7: Agriculture
durable
ODD15 : Vie terrestre
Principaux résultats et activités à date :
- Propositions affinées pour le patrimoine des aires protégées
Actions réalisées et en cors :
- Contribution à la déclaration officielle de l‟aire protégée de Baradères-Cayemites (87621.5 ha)
et du Parc National Lagons des Huitres (9640.60 ha).
- Délimitation de la Zone Marine Contrôlée (zone de récupération de la pêche) au niveau du
PN3B ;
- Développement des activités de Kayaking _écotourisme pour la mise en valeur de la zone
récréative multifonctionnelle (6063 ha) au niveau du PN3B ; (Partenariat avec TNC) ;
- Études détaillées de la situation de référence environnementale des Écosystèmes terrestres,
côtiers et marins des complexes Nippes et Sud ‟Est.
ODD8 : Travail
décent et croissance
économique
OAB10 : Diminution des
pressions anthropiques
OAB11: Zones protégées
(17%, 10%) de manière
efficace
OAB14: Services
écosystémiques essentiels
restaurés
83
-
Renforcement des instruments et des capacités en vue de la gestion efficace des aires
protégées
OAB15: Résilience
renforcée, écosystèmes
restaurés
Quelques actions réalisées :
-
-
-
Contribution à la validation du plan de gestion du PN3B en tant qu‟outil de gestion efficace
de l‟aire protégée
Réalisation d‟un séminaire de formation avec l‟appui de la Faculté d‟Agronomie et de
Médecine Vétérinaire (FAMV) sur la gestion des Aires protégées au profit de 20 cadres du
MDE
Formation de 4 cadres techniques de l‟ANAP en gestion des Aires Marines protégées.
Formation sur l‟écocitoyenneté et la résilience climatique, Introduction à l‟adaptation basée
sur les écosystèmes au profit de 12 OCB réunissant 108 membres.
Mise en place de deux comités locaux d'appui á la gestion du PN3B et de l‟Aire Protégée de
Ressources naturelles Gérées de Baradères-Cayemites
Réalisation d‟une visite d‟échanges au profit de 16 membres du comité local d‟appui du
complexe Baradères ŔCayemites á l‟occasion de la journée mondiale de la biodiversité de
2017
Réalisation de plusieurs séminaires de formation sur des thématiques différentes
Renforcement du Conseil de Gestion des Aires protégées du Parc National Naturel Lagons
des Huitres.
Contribution á l‟élaboration du guide méthodologique pour la réalisation des documents de
Plans de Gestion des Aires protégées Terrestres et Marines
Appui à la mise en place d‟un cadre opérationnel impliquant les différents acteurs œuvrant
dans la gouvernance des aires marines protégées ;
1.
Nouveaux moyens de subsistance afin de réduire la pression sur la biodiversité
côtière et marine
Quelques réalisations
-
Renforcement de capacités de 140 pêcheurs de Belle Anse par la formation et distribution
des matériels de pêche (bateau, hameçons, moteurs, fil, etc.).
84
-
Projet Adaptation au
changement
climatique (ACC)
Publication de 2 arrêtés municipaux sur la protection des aires marines protégées et la
règlementation des seines de plage.
- Renforcement de 5 associations de pêcheurs dans la localité de Filibert
Instauration des activités apicoles dans le complexe PN3B au profit de 50 membres issus
d‟OCB, notamment des associations de pécheurs.
- Renforcement de la résilience communautaire face au changement climatique : 6,984
hommes et 4,656 femmes au total 11,640 ont bénéficié des subventions pour financer des
activités de restauration des écosystèmes terrestres
- Restauration de mangroves : 8
- Stabilisation de ravines: 15 km
- Reforestation : 128 ha au niveau des communes précitées
- Formation sur la pêche sélective pour 250 pêcheurs dans le Nord‟Est.
Le projet vise à renforcer les capacités adaptatives des populations et secteurs productifs dans les
zones côtières afin de répondre aux risques croissants liés aux changements climatiques.
Il est axé autour de 4 résultats (Outcomes)
1. Les capacités institutionnelles de se préparer et de faire face aux impacts dus aux climats dans
les zones sont améliorées.
2. La gestion des risques liés au climat est pleinement intégrée dans les plans d‟investissement
humanitaire et de développement.
3. La résilience des zones côtières de basse altitude de sortir des menaces du changement
climatique est améliorée.
4. Des modèles de meilleures pratiques et des leçons apprises sont identifiés et institutionnalisés
Principaux résultats et activités :
1. Sensibilisation et renforcement institutionnel aux changements climatiques
- Augmentation des connaissances et des informations sur la thématique des changements
climatiques et sur les impacts possibles sur Haïti.
- - Sensibilisation et mobilisation institutionnelles, notamment des entités étatiques
impliquées autour de la problématique et des enjeux des changements climatiques.
-
2. Recharge artificielle de la nappe aquifère, gestion de bassins versants et côtiers
Recharge artificielle de la nappe aquifère des sources Diamant, Cresson, Boussiquot, & Ti
corail dans les communes de Jacmel, de la Vallée de Jacmel & de Marigot pour une meilleure
adaptation aux changements climatiques
OAB1: Sensibilisation aux
valeurs de la biodiversité
ODD1 : Pas de
pauvreté
OAB4: Production et
consommation durables
ODD2 : Faim zéro
OAB7: Agriculture
durable
OAB10 : Diminution des
pressions anthropiques
OAB14: Services
écosystémiques essentiels
restaurés
OAB15: Résilience
ODD3 : Bonne santé
et bien-être
ODD6 : Eau propre
et assainissement
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
ODD13 : Lutte contre
le changement
climatique
ODD15 : Vie terrestre
85
-
-
Mise en place de 2,000 ha de lots boisés au niveau de l‟Unité hydrographique Aquin/Saint
Louis (2,400,000 plantules fruitières et forestières)
Mise en place de trente et un (31) comités bassin versant au niveau des unités
hydrographiques Aquin/St-Louis-du-Sud, Les Cayes, St-Jean du Sud/ Côteaux, Port-àPiment/Tiburon et du bassin versant Cavaillon.
Restauration de la couverture forestière des écosystèmes de mangroves les plus importantes
par rapport aux services écosystémiques rendus aux populations voisines (150, 000 plantules)
Construction et entretien de structures de défenses et de restauration des sols (DRS)
renforcées dans les versants et les ravines
Quatre (4) stations pluviométriques ont été installées dans la commune d‟Aquin, plus
précisément dans les localités de Flamands, Frangipane, Montoban et Brodequin
Mise en place du Centre d‟Interprétation de la nature à Aquin (CINA). Ce dernier comprend
: une salle des différents écosystèmes de l‟unité hydrographique Aquin/Saint louis, une salle
de la biodiversité/audiovisuelle et une salle sur les changements climatique. Le Centre
d‟Interprétation de la Nature joue un rôle clef dans la sensibilisation des écoliers, des jeunes,
des communautés et des visiteurs
3. Construction ou réhabilitation de système d‟approvisionnement en eau potable
Réhabilitation et l‟extension physique de trois systèmes alimentation en eau
Renforcement des CAEPA
Promotion de l‟hygiène dans les communautés
-
4. Sécurité alimentaire et adaptation aux changements climatiques
Diversification des denrées agricoles
Renforcer des liens institutionnels avec les organisations opérationnelles sur le terrain
-
-
Projet Etablissement
d‟un Système
National d‟aires
protégées
financièrement
soutenable (SNAP)
Le projet Etablissement d‟un Système National d‟aires protégées financièrement soutenable
(SNAP).
Ce projet vise à aborder le problème de l‟érosion continue de la biodiversité en Haïti, celui de
l‟efficacité limitée des aires protégées dans leur fonction de conservation de la biodiversité (BD),
due à leur accès limité à des fonds de financement fiables.
OAB1: Sensibilisation aux
valeurs de la biodiversité
OAB2: Intégration des
valeurs de la biodiversité
ODD8 : Travail
décent et croissance
économique
ODD14 : Vie
aquatique
Principaux résultats et activités
86
-
Visite guidée dans des Aires protégées de Trinidad & Tobago au profit des autorités locales
et nationales
Diagnostic de la situation socio-économique du Parc National Naturel Macaya
Bornage en cours du parc National la Visite
Réalisation du Plan de Gestion du Parc National Naturel de Macaya
Un groupe de 15 professionnels formés dans la gestion des Aires
La réhabilitation de l‟herbarium E. L. Ekman à la Faculté d‟Agronomie
Le jardin Botanique des cayes améliore ses capacités techniques et son accueil
- Identification et cartographie préliminaire des zones à protéger et devant faire partie du
Système National d‟Aires Protégées ;
Production de la documentation sur les APs en Haïti :
o Financement des Aires protégées d‟Haïti : Rapport sur les outils disponibles
o Examen de la situation financière actuelle des aires protégées d‟Haïti et évaluation
du système de comptabilité actuelle du Système National des Aires protégées
(SNAP)
o Plan Financier du Système National des Aires protégées (SNAP) et de l‟Agence
Nationale des Aires protégées (ANAP)
o Paiements pour services hydrologiques fournis par les aires protégées en Haïti
o Guide méthodologique d‟évaluation économique des aires protégées d‟Haïti
o Evaluation économique des aires protégées prioritaires d‟Haïti
o Rapport sur le tourisme durable comme outil disponible
o Financement des Aires protégées d‟Haïti : Stratégie institutionnelle et financière de
l'ANAP
Lancement formel du groupe de travail (Le GTAP).
ONU-Environnement
OAB11: Zones protégées
(17%, 10%) de manière
efficace
Interventions
Liens avec OAB
Depuis 2011, l‟ONU environnement accompagne le gouvernement d‟Haïti dans l‟identification et
l‟établissement d‟aires marines protégées terrestres et marines, notamment dans la région Grand
Sud d‟Haïti.
L‟ONU-Environnement appui donne un appui à plusieurs niveaux dans la conservation de la
biodiversité à travers plusieurs initiatives :
OAB4: Production et
consommation durables
-
-
Projets
ODD15 : Vie terrestre
OAB15: Résilience
renforcée, écosystèmes
restaurés
OAB5: Taux de perte au
moins divisé par deux
Lien avec ODD
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
87
Appui à la mise en œuvre des conventions internationales ratifiées par Haïti, dont celle sur la
diversité biologique.
2. Mise en place de nombreux outils de sensibilisation :
- Réalisation d‟un film documentaire sur la conservation des plantes médicinales
- Réalisation d‟une étude sur le sacré dans l‟imaginaire haïtien
3. Élaboration du plan de gestion du Parc Macaya
4. Plusieurs interventions sur la biodiversité marine
- Étude sur Ile-à-Vache avec TNC
5. Élaboration du Story Map sur Haïti, avec l‟outil MAPIX
6. Cartographie sur la zone de ponte des tortues.
Les réalisations ONU-Environnement sur les AP marines et côtières sont présentées dans
la section des études de cas à la section D.
Union Européenne
OAB7: Agriculture
durable
ODD14 : Vie
aquatique
OAB10 : Diminution des
pressions anthropiques
ODD15 : Vie terrestre
Interventions
Liens avec OAB
Lien avec ODD
OAB4: Production et
consommation durables
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
1.
Projets
L‟Union Européenne œuvre dans la sauvegarde de la biodiversité en Haïti. Ses deux principales
interventions sont :
1.
OAB11: Zones protégées
(17%, 10%) de manière
efficace
OAB20: La mobilisation
des ressources a augmenté
Protection de la biodiversité et financement durable des aires protégées (AGAP, 20142017).
2. Consolidation de la gouvernance participative de l‟aire protégée terrestre et marine parc
naturel lagon des huitres (2017-2019).
Les résultats de ces projets sont rapportés aux interventions de Helvetas Swiss corporation.
OAB5: Taux de perte au
moins divisé par deux
Programme d‟Appui à la Prise en compte du changement climatique dans le
développement d‟Haïti (AP3C)
OAB10 : Diminution des
pressions anthropiques
Vision : Renforcement des institutions stratégiques qui doivent aider à supporter les stratégies,
plans et programmes nationaux (PANA, CPDN ou CDN, PNCC, etc.) visant le développement
de synergies pour la gestion des risques climatiques à l‟échelle du pays.
OAB11: Zones protégées
(17%, 10%) de manière
efficace
OAB7: Agriculture
durable
ODD14 : Vie
aquatique
ODD15 : Vie terrestre
L‟objectif global de développement est la réduction de la vulnérabilité d'Haïti face au changement
climatique. De manière spécifique, le Programme vise le renforcement de la capacité du
88
gouvernement à intégrer la viabilité environnementale et l‟adaptation au changement climatique
dans les politiques, stratégies, programmes et projets de développement d‟Haïti.
OAB20: La mobilisation
des ressources a augmenté
L‟impact du programme dans son environnement
Eu égard aux différents défis à surmonter, il est indéniable que la mise en œuvre du programme a
favorisé une certaine notoriété sur la politique publique du MDE en matière de lutte contre le
changement climatique. Ceci est logiquement attesté par :
- Une présence accrue d‟Haïti au niveau des assises internationales en lien avec différents
mécanismes liés à la mise en œuvre des actions liées au changement climatique et à la
réduction de la vulnérabilité des populations ;
- Une grande implication des cadres aux différentes assises internationales en lien aux luttes
contre les changements climatiques ;
- La réalisation périodique des vendredis du climat où différents acteurs viennent partager
leurs expériences sur la problématique des secteurs (agriculture, énergie, infrastructures,
eau) face aux problématiques du changement climatique,
- Renforcement des capacités des ministères sectoriels et des directions techniques du MdE
sur le GEOtest qui devra leur permettre de mieux conseiller sur les orientations des
politiques publiques pour garantir la résilience des communautés et la réduction de leur
vulnérabilité ;
Perspectives
- validation de la Politique nationale sur les Changements climatiques ;
- redynamisation du Conseil National de haut niveau sur les Changements climatiques
(CNCC) ;
élaboration de la stratégie de mise en œuvre de la CPDN/CDN
- appui au respect des engagements pris par Haïti sous la CCNUCC ;
- renforcement du BNEE, des UEP et de la DISE, pour garantir que les mesures
précautionneuses sont en place et opérationnelles ;
- mise en œuvre des projets innovants qui devront permettre de capitaliser sur les bonnes
pratiques d‟adaptation ; et
- sensibilisation des communautés au niveau des collectivités territoriales pour une
intégration nationale de la prise en compte du changement climatique dans les plans
communaux de développement.
89
USAID
Projets
USAID
(Chemonics
International, DAI)
Interventions
Liens avec OAB
Lien avec ODD
L‟USAID finance bon nombre de projets dont les interventions touchent la conservation des
ressources naturelles donc de la biodiversité. Citons entre autres :
OAB2: Intégration des
valeurs de la biodiversité
ODD1 : Pas de
pauvreté
Projet WINNER (2009-2014)
Objectif : mettre en œuvre des investissements à grande échelle dans la gestion durable des
ressources naturelles à l'échelle et à la densité nécessaires pour produire de futures réductions
positives de la vulnérabilité environnementale, infrastructurelle et économique au niveau du
paysage dans les bassins versants de Cul-de-sac, Cabaret, Gonaïves/ La Quinte et autres.
OAB3: Incitations
négatives et positives
ODD2 : Faim zéro
S‟adaptant à plusieurs reprises pour répondre aux exigences et conjonctures, les principaux
résultats du projet sont les suivants :
OAB5: Taux de perte au
moins divisé par deux
Principaux résultats (2009-2014)
- Augmentation de 119% du revenu des ménages ruraux dans les zones ciblées.
Plus de 300 associations d'agriculteurs assistées.
15 000 hectares irrigués grâce aux interventions du projet.
3 127 maîtres paysans formés pour fournir des services de vulgarisation dans les zones
cibles.
Sept(7) centres ruraux de développement durable (CRDD) créés dont celui de Wynne
Farm.
17 magasins d'approvisionnement en intrants agricoles assistés.
Plus de 30 nouvelles technologies ou pratiques de gestion introduites (incluant le SRI :
système de riziculture intensive)
370 serres construites pour augmenter la production et stabiliser les pentes.
30% de participation des femmes bénéficiaires.
50 000 hectares de collines replantées pour prévenir l'érosion.
5 000 000 de semis plantés pour des arbres de grande valeur.
200 000 mètres cubes de sédiments piégés lors du traitement des ravins et de la
conservation des sols.
OAB6: Les pêcheries sont
gérées durablement
OAB4: Production et
consommation durables
OAB7: Agriculture
durable
ODD6 : Eau propre
et assainissement
ODD8 : Travail
décent et croissance
économique
ODD9 : Industrie,
innovation et
infrastructure
OAB10 : Diminution des
pressions anthropiques
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
OAB11: Zones protégées
(17%, 10%) de manière
efficace
ODD13 : Lutte contre
le changement
climatique
OAB12: Extinctions
empêchées, statut
amélioré
ODD14 : Vie
aquatique
90
-
20 000 mètres cubes de nouvelle capacité de stockage installée pour réduire les pertes
après récolte.
Neuf campagnes agricoles mises en œuvre, dont six cultures.
Deux plans de gestion des bassins versants préparés.
Sept plans d'urgence préparés en cas de catastrophe.
15 000 SMS envoyés aux agriculteurs pour leur fournir des informations sur le marché et
d‟autres.
Un système d'alerte précoce aux inondations installé dans la plaine du Cul-de-sac.
OAB14: Services
écosystémiques essentiels
restaurés
ODD15 : Vie terrestre
OAB15: Résilience
renforcée, écosystèmes
restaurés
OAB20: La mobilisation
Bonne gouvernance améliorée à tous les niveaux
des ressources a augmenté
- Sept plans d‟urgence élaborés pour les communes rurales dans les corridors WINNER
- Deux plans de gestion des bassins versants préparés pour les corridors Cul-de-sac et
Matheux
- Un plan de zonage élaboré pour la commune de la Croix des Bouquets. Création de
l‟Agence Nationale de Crédit Carbone.
- Nouveau projet de loi sur la production et la commercialisation de semences.
- Nouveau projet de loi sur les entreprises à responsabilité limitée du secteur agricole.
- Soutien matériel et technique au ministère de l'Environnement, au ministère de
l'Agriculture, CIAT, Bureau des Mines, ANAP, communes de Kenscoff, Pétionville,
Croix des Bouquets, Ganthier, Thomazeau, Cabaret, Arcahaie, Saint-Marc et Gonaïves.
Projet de Développement Économique pour un Environnement durable (DEED) (20082013)
Le projet de développement économique pour un environnement durable (DEED) offre une
alternative aux anciens modèles de projets de gestion des ressources naturelles (GRN).
Les principaux résultats du projet:
- Augmentation de 20% du revenu des ménages dans les zones ciblées à la suite
d'améliorations apportées à l'agriculture, à la commercialisation et à l'emploi non agricole ;
Au moins 50 000 hectares (ha) de terres fragiles sous une gestion écologiquement
rationnelle, ce qui représente une réduction d'environ 50 pour cent des cultures annuelles
inadéquates ;
Au moins 2 500 ha d‟aires de conservation prioritaires faisant l‟objet d‟une gestion
améliorée et durable, ce qui améliore les conditions biophysiques des écosystèmes ;
Au moins 15 000 ménages ont amélioré leurs moyens de subsistance grâce à une bonne
gestion des ressources naturelles ;
91
-
Au moins 7 millions de dollars mobilisés auprès du secteur privé pour investir dans le
développement d'entreprises et la gestion des bassins versants dans les bassins versants
ciblés.
Projet d‟Appui à la Valorisation de la Réhabilitation Agricole du Nord, et à la Sécurité
Alimentaire et Environnementale (AVANSÉ)
Multifocal, le Projet AVANSE visait à relever les revenus agricoles dans le nord d‟Haïti. Son
objectif est d‟augmenter les revenus agricoles dans le corridor nord d‟Haïti au profit des ménages
ruraux, au niveau de 6 Bassins versants du Nord et du Nord Est.
Résultats
En termes de résultats liés à la gestion des ressources naturelles (donc protection de la
biodiversité) :
-
3,200 ha de terres protégées suivant un modèle durable ;
6,000 planteurs formés suivant des modules de formation spécifiques à la gestion des
ressources naturelles ;
800,000 plantules fruitières et forestières mises en terre avec un taux de réussite de 52 %.
Projet REFORESTATION
Le projet de Reboisement de l‟USAID, mise en œuvre par Chemonics International, est un projet
de 39 millions de dollars financé par l‟USAID jusqu‟à août 2022.
Objectifs :
Il vise à lutter contre la dégradation de l'environnement et la perte du couvert forestier dans les
bassins-versants des rivières de Jassa, de Marion, du Trou du Nord, de la Grande Rivière du Nord
et de la rivière du Haut du Cap au sein des départements du Nord et du Nord-Est d'Haïti.
Le projet vise les objectifs spécifiques suivants :
- Réduire les menaces de déboisement dans la zone ;
- Améliorer la résilience des producteurs ruraux aux chocs économiques et naturels ;
- Augmenter la couverture arborée dans les zones ciblées ;
- Améliorer la gouvernance et la coordination environnementales.
92
Quelques résultats ciblés
- Formation, au cours du mois de septembre 2018, de 500 personnes sur la gestion des
pépinières et des systèmes agroforestiers ;
- Formation de 860 personnes (Agents environnementaux, CASEC, ASEC) sur le code
rural;
- Formations prévues sur le genre et les changements climatiques ;
Prise en compte de 30 à 40% de femmes dans la mise en place des comités de gestion des
bassins versants ;
Lancement d‟une étude sur l‟élaboration d‟un plan action pour les espèces indigènes
menacées dans Nord et Nord-Est ;
Des appels à subvention sont lancés pour des travaux d‟aménagement au niveau des 5
bassins versants couverts par le projet dans les départements du Nord et du Nord‟Est.
Coopération Suisse
Projets
Coopération suisse
(DDC)
Interventions
La Coopération Suisse est engagée depuis Septembre 2003 dans un Programme de valorisation de
la Biodiversité (PVB), il s'est déroulé en 4 phases successives :
1.
2.
3.
4.
une première phase d'identification qui a duré un peu plus de deux ans ;
une seconde phase comprise entre juillet 2005 et décembre 2009 dont l'objectif était de
"tester la faisabilité et l‟efficacité d‟une gestion locale participative de l‟Unité II de la Forêt
des Pins et des zones tampons proches au bénéfice de la population locale" ;
une troisième phase comprise entre janvier 2010 et mars 2013 dont l'objectif était
"d'assurer la pérennité des activités économiques durables inscrites dans une gestion locale
des écosystèmes de l‟Unité II de la Forêt des Pins" ;
enfin, une quatrième phase comprise entre avril 2014 et mars 2017 dont l'objectif était "de
contribuer à l'amélioration des conditions de vie des populations de l‟Unité II de la Forêt
des Pins, dans le cadre de la promotion d'une gestion durable des ressources naturelles et
de la biodiversité ».
Les résultats du PVB-4 sont les suivants :
1.
Gestion décentralisée et effective de l‟Unité 2 Parc Naturel National ŔForêt des Pins (objectif
1) articulée autour de quatre impératifs:
Liens avec OAB
Lien avec ODD
OAB2: Intégration des
valeurs de la biodiversité
ODD2 : Faim zéro
OAB4: Production et
consommation durables
OAB5: Taux de perte au
moins divisé par deux
OAB7: Agriculture
durable
OAB10 : Diminution des
pressions anthropiques
OAB11: Zones protégées
(17%, 10%) de manière
efficace
ODD5 : Egalité entre
les sexes
ODD12 :
Consommation et
production
responsables
ODD13 : Lutte contre
le changement
climatique
ODD14 : Vie
aquatique
ODD15 : Vie terrestre
93
‒
la structuration de l‟ANAP au niveau déconcentré - mise en place d‟une DP regroupant
des cadres techniques et la Brigade de Surveillance de l‟Aire Protégée (BSAP),
suffisamment pourvue en moyens humains (nombre et capacité), matériels et financiers
pour remplir à bien ses missions;
‒
la poursuite de l‟appui à la structuration du Conseil de Gestion (gouvernance
attributions, capacités);
‒
l‟institution d‟une véritable instance décisionnelle (autorité qui détient le pouvoir
d‟orientation en termes d‟objectifs et de gestion de l‟AP) dans laquelle l‟état (DP et
BSAP) et la société civile seraient équitablement représentés;
‒
la délégation par cette instance des taches opérationnelles à une entité techniquement
capable de les mener à bien.
2. Renforcement effectif des capacités locales des acteurs concernés (objectif 2) grâce à la mise
en place de programmes ciblés et une progression sensible de leur participation (notamment
les femmes) dans toutes les initiatives engagées pendant la durée de l‟intervention ;
3. Amélioration de la sécurité alimentaire (objectif 3) et des conditions de vie des familles
directement touchées par les alternatives économiques proposées par le projet (maraîchage,
élevage, arboriculture …)
4. Dialogue politique (objectif 4) perfectible avec des résultats mitigés en matière de
capitalisation des acquis, de contenu et d‟impact des matériels de vulgarisation produits, de
diffusion et de valorisation des expériences dans les réseaux d‟échanges.
OAB14: Services
écosystémiques essentiels
restaurés
OAB15: Résilience
renforcée, écosystèmes
restaurés
OAB20: La mobilisation
des ressources a augmenté
Banque Interaméricaine de Développement (BID)
Projets
Interventions
Interventions au niveau du Parc des 3 Baies
Liens avec OAB
OAB11: Zones protégées
(17%, 10%) de manière
efficace
Lien avec ODD
ODD14 : Vie
aquatique
OAB14: Services
écosystémiques essentiels
restaurés.
94
GIZ
Projets
Interventions
Travail de sensibilisation avec la communauté de Bassin Zim, dans le Plateau Central
Liens avec OAB
Lien avec ODD
OAB1: Sensibilisation aux
valeurs de la biodiversité.
ODD8 : Travail
décent et croissance
économique
OAB2: Intégration des
valeurs de la biodiversité
95
9.4. Interventions au niveau des Universités et centres de recherche
Université et Centres de recherche
Projets
UEH/FAMV
Interventions
Liens avec OAB
L‟un des volets du programme PMDN réalisé avec la Faculté d‟Agronomie et de Médecine OAB1: Sensibilisation aux
Vétérinaire (FAMV) est un programme de vulgarisation, de conception et de développement sur la valeurs de la biodiversité
recherche agricole et sur l‟adaptation au changement climatique avec comme produits essentiels :
OAB2: Intégration des
valeurs de la biodiversité
‒
Le développement de modèles d‟analyses des risques climatiques;
‒
Le développement d‟un système d‟information sur les risques climatiques en
OAB11: Zones protégées
agriculture;
(17%, 10%) de manière
‒
Recherche et suivi hydrologique;
‒
Programme de formation en gestion des risques climatiques dans l‟agriculture;
efficace
Lien avec ODD
ODD8 : Travail
décent et croissance
économique
ODD14 : Vie
aquatique
ODD15 : Vie terrestre
La FAMV de concert avec l‟Académie de Recherche et d‟Enseignement Supérieur-Commission de
OAB15: Résilience
la Coopération au Développement (ARES-CCD) réalise des projets avec des volets de
renforcée, écosystèmes
recherche (2014-2021):
restaurés.
1.
2.
3.
Projet d‟aménagement hydraulique fluvial et bassin versant. Dans la cadre de ce projet, 2
professeurs réalisent leur doctorat. Partenaire : Université de Liège. Budget 500 000 EU
(2016-2021).
Projet de contribution à la lutte contre la malnutrition chez les femmes et les enfants en
milieu agricole haïtien. Partenaires : Association pour la recherche: Coopération Belge.
500 000 EU (2016-2021)
Projet de renforcement des capacités d‟expertises universitaires de l‟équipe du Génie Rural
de la FAMV dans le domaine de la caractérisation des crues et de la charge sédimentaire
des rivières. Partenaires : Université Catholique de Louvain et Université Libre de
Bruxelles (2014-2019).
L‟Université Columbia de New York et la Faculté d‟Agronomie de l‟Université d‟État d‟Haïti
réalisent une importante étude sur le commerce transfrontalier des biens environnementaux
sensibles au niveau du bassin versant des Pedernales. Ce travail fournira des informations détaillées
96
sur la situation socio-économique de la population de la zone et les facteurs liés à l‟exploitation des
ressources naturelles qui sont à la base des conflits au niveau de la frontière.
Quisqueya
Formation
OAB1: Sensibilisation aux
valeurs de la biodiversité
Université de
Limonade
Plusieurs étudiants sont en train de réaliser leur mémoire sur la biodiversité avec l‟Université de
Limonade dans le cadre du projet des 3 Baies.
OAB1: Sensibilisation aux
valeurs de la biodiversité
97
9.5. Synthèse des interventions des acteurs de 2009-2018
Le tableau 14 présente la synthèse des interventions des acteurs. Celle-là tient compte des informations chiffrées fournies par ceux-ci. Cependant,
plusieurs données ont fait défaut. Il n‟a pas été évident de présenter convenablement le tableau. Beaucoup de données sont manquantes.
Tableau 14: Synthèse des interventions des acteurs sur base avec de données chiffrées de 2009 à 2018
Acteurs étatiques
Institutions/Acteurs
MdE
ANAP
Direction BD
Nombre de
personnes
sensibilisées
Terres
restaurées (ha)
Reforestation
Nbre de plantes
mises en terre
Centre
germoplame
de
Accompagnement
pour
la pêche
durable
Aires protégées
Accompagnemen
t pour PSE
Actions résilience
climatique
Mobilisation
ressources
Fonds sur la BD
DCC
DEISE
DGZCM
DFER
BNÉE
MARNDR
MENFP
MdT
CIAT
CNIGS
98
de
ONGs locales et internationales
Institutions/Acteur Nombre
de
s
personnes
sensibilisées
CNHCU
FOKAL
foprobim
F. Seguin/GIZ
Wynne Farm
SAH
TNC
Concert Action
Helvetas
Terres
restaurées (ha)
Reforestation
Nbre de plantes
mises en terre
Accompagnement
pour
la pêche
durable
Aires protégées
17 ha
8 500
1 400 ha
740 000
7000
280
400 ha
19,35 ha
1200 ha
3000/an
1200
40 000 et +
5,5
910
oui
160 000
1880
Accompagnemen
t pour PSE
Actions résilience
climatique
Mobilisation
ressources
EPA, Collecte de
résidus
non
oui
1 400 000
1,3M (HNT)
28720
23 650
99
de
Acteurs de la coopération internationale
Institutions/Acteur Nombre
de Terres
s
personnes
restaurées (ha)
sensibilisées
PNUD (ABE)
11 640
128 ha
PNUD/SGP
21786
1090 ha
PNUD (SNAP)
PNUD (ACC)
PNUD( GDT)
ONUEnvironnement
UE (AGAP)
UE(AP3C)
USAID-WINNER
USAID-DEED
USAID-AVANSE
2000 ha
Reforestation
Nbre de plantes
mises en terre
23520
Accompagnement
pour
la pêche
durable
250 pêcheurs
Support
a
5
Organisations
de
pécheurs
(FortLliberté, Acul du
Nord, St Louis du
Sud, Cavaillon)
Aires protégées
(ha)
97 262
2
Accompagnemen
t pour PSE
Actions résilience
climatique
Mobilisation
ressources
Accompagnement
de l'Organisation
MPM (Capotille)
pour la protection
du 216 ha de BV
Magazen
qui
héberge la centrale
de
Micro
hydroélectricité de
15 kW.
Développement des 1,7M (USD
initiatives
d'agroécologie
innovante couvrant
316 ha dans les
communautés
de
Magazen et Arnau
dans les Nippes
de
2 400 000
Fonds Haïtien de la
Biodiversité (FHB)
370
serres
construites
300
associations+3
127 formateurs
6000
50 000
52 500
3 200
5 000 000
fruitières
forestières
et
7M
800 000 fruitières
et forestières
BM
BID
100
USAIDReforestation
FAO
Coopération Suisse
GIZ
Coopération
Espagnole
AVSI
AVSF
Coopération
Norvégienne
101
SECTION D : ÉTUDES DE CAS
102
10. Étude de cas-1 : La Réserve Écologique Wynne Farm
SIXIÈME RAPPORT NATIONAL DE LA BIODIVERSITÉ
103
1
Contexte
La Réserve Écologique Wynne Farm (REWF)est une entreprise écologique privée au service du public.
Elle est située à Kenscoff, Section Communale de Sourçailles entre Viard et Obléon, à 1800 mètres
d‟altitude. Elle jouit d‟un climat tempéré avec une pluviométrie moyenne annuelle de 2000 mm. Le sol
de la zone est plutôt acide, proche de la neutralité. Il s‟est développé sur un substrat calcaire. Les pentes
moyennes varient de 80 à 100% (35 à 45 degrés sur l‟horizontal). La végétation arborée naturelle est
dominée par les pins (Pinus occidentalis) avec la présence de quelques feuillus. La Réserve Écologique
Wynne Farm a été créée en 1956 par Victor A. Wynne de Utica, New York. Elle est mieux connue
sous le nom de Wynne Farm.
Wynne Farm dans les années 70
2
Une histoire inspirante
À cette époque Victor Wynne habitait à Carrefour avec sa femme Nativita Debrosse des Gonaïves. Ils
constatèrent, durant et après les pluies, que l‟eau de la Rivière Froide était boueuse. Il faut rappeler que
cette rivière prend naissance au fond d‟une vallée située directement en aval de Kenscoff et qu‟elle
draine tout le versant Nord-Ouest de la commune de Kenscoff. Cette boue qui s‟en allait par la rivière
provenait de l‟érosion accélérée des sols des versants de cette vallée fluviale et notamment des sols de
104
la commune de Kenscoff. Victor s‟est dit que quelque chose devait être fait en amont pour arrêter cette
« hémorragie ».
Plus tard, durant ses promenades dans les montagnes de Kenscoff, Victor observa les façons culturales
des paysans de la zone. En général, ceux-ci protégeaient leurs parcelles du ruissellement en provenance
de l‟amont en les entourant de canaux dimensionnés de façon à maintenir à l‟écart toutes ces eaux
vagabondes, sinon leurs cultures seraient renversées ou emportées. De plus, à l‟intérieur de leurs
parcelles, les agriculteurs creusaient aussi des canaux, dans le sens de la pente, entre leurs plates-bandes,
afin d‟en drainer tout excès d‟eau de pluie qui pourrait nuire à leurs cultures. Malheureusement ces
structures de drainage se transformaient rapidement en rigoles, puis en ravins, de plus en plus larges,
profonds et ramifiés, qui se chargeaient d‟emporter rapidement vers la mer, d‟abord la couche
superficielle de terre arable avec sa matière organique et ses nutriments (en solution ou en saltation),
puis les couches sous-jacentes (roche mère à différent niveau de dégradation) pour ne laisser finalement
que ces paysages, quasi lunaire, où les végétaux supérieurs ne peuvent plus pousser.
Victor s‟est dit que la seule façon de sauver ce qui reste de sol sur les pentes montagneuses d‟Haïti c‟est
de prendre des mesures pour retenir l‟eau de ruissellement dans des structures aménagées à cette fin et
qui favoriseraient ensuite leur infiltration lente dans le sol et le sous-sol. » Victor avait une vision ; celle
de créer un laboratoire pilote, grandeur nature, de l‟agriculture durable de montagne où il pourrait
expérimenter, créer et améliorer sans cesse les techniques de conservation de sol, base de la production
durable des cultures saisonnières sur les versants montagneux. Il s‟était donné pour tâche de développer
de meilleures relations avec la terre car il s‟était approprié de la pensée d‟Albert Howard qui peut
s‟énoncer ainsi : « le sol arable est le capital essentiel d‟un pays, sa perte entrainera irrémédiablement la
ruine, voir la disparition du pays en question ».
Pour réaliser ce rêve, Victor et Nativita ont acheté progressivement des parcelles de terrains dénudés.
Parallèlement, ils avaient une boutique d‟intrants et de produits agricoles au centre-ville de Kenscoff.
Cette boutique a fourni en grande partie les moyens financiers pour faire fonctionner la Wynne Farm.
Cette boutique était le point de rencontre de tous les fermiers durant les jours de marché. Avec le temps
les agriculteurs avaient fini par développer une grande confiance dans la qualité des produits de la
boutique. D‟autre part, à chaque fin de semaine les citadins en provenance de Pétion-Ville et de Portau-Prince venaient, à leur tour, s‟approvisionner en fruits (fraises, grenadilles sucrées, mures des
Andes…), légumes (choux de Bruxelles, chou rouge, chou-fleur, tomates, poireaux…), et fleurs (roses,
glaïeuls, statice, pétunia…). Cette boutique a permis à la Wynne Farm d‟être rentable en fournissant un
point de vente, hautement fréquenté, où étaient écoulées des quantités significatives de denrées en
provenance des champs.
105
Une partie de l‟équipe de la Wynne Farm en 1982
De plus, deux fois par semaine les fruits et légumes de la Wynne Farm étaient livrés aux restaurants de
Pétion-Ville et les fleurs, chez les fleuristes de la capitale, principalement à MébelFleurs, lafloristerie
qui appartenait à la cadette de la famille Wynne, Mabel, qui les utilisait pour en faire des gerbes et des
corbeilles de grande beauté et délicatesse.
S‟inspirant des moyens de conservation de sol mis au point par les Incas au Pérou, il puisa dans ses
compétences d‟ingénieur civil et de géologue pour construire les terrasses avec une équipe de trente
ouvriers agricoles qui constituait la force de travail de la Wynne Farm. Tout en guidant ses hommes au
travail, il prenait soin de préserver les espèces indigènes trouvées dans l‟espace. C‟était le cas des
fougères arborescentes qui fournissent leurs habitats aux oiseaux musiciens (Rufusgeni barbis). Ces
derniers construisaient leurs nids également sur les pins d‟Haïti (Pinus occidentalis) dont certains
spécimens épars croissaient sur les lieux.
Victor prenait soin de ne point intervenir dans certains endroits de son domaine afin que les
phénomènes de succession naturelle soient seuls responsables de la régénérescence de l‟écosystème en
ces lieux. Il introduisit des fruits exotiques très prisés par la faune aviaire ainsi que par l‟homme tel que
le loquat (Eriobotrya japonica), les mûres des andes (Rubus glaucus) et la pomme de Cafre (Dovyalis caffra).
Les espèces qui poussent naturellement dans la zone étaient protégés tel que les variétés de miconia.
C‟est ainsi qu‟à la réserve on trouve des plantes dites sauvages qui ont été semées par des oiseaux. Il
planta la bruyère et la budleja pour satisfaire les oiseaux-mouches (Mellissuga minima) et les papillons et
l‟Acacia mearnsii pour les abeilles. Quant aux réservoirs qu‟il construisit, il les laissait ouverts pour que
les oiseaux puissent se désaltérer.
106
Victor connu sous le nom de « Mistè Wynne ».
Cueillette dans la roseraie derrière la boutique
Nativita Debrosse des Gonaïves, la femme de Victor Wynne, à l‟écurie
107
La Wynne Farm allait devenir un sanctuaire naturel, un centre expérimental pour l‟agriculture durable
de montagne, la conservation des sols et des espèces locales et
étrangères, d‟arbres fruitiers et forestiers (dont certains fournissaient des
bois de feu excellents), de bambous… donc de la biodiversité en général.
La Réserve
Écologique Wynne
Durant son évolution la Wynne Farm a dû faire face à toute une série de
Farm commence à
problèmes liés, au début, aux coutumes des gens de la zone : l‟élevage
prendre forme dès
libre et l‟irrespect de la propriété privée. En effet les agriculteurs voisins
1956 avec la
se servaient souvent de la Ferme comme aire de pâture pour leurs
détermination de
animaux lâchés librement ou à la corde. Ceci occasionnait des
Victor A. Wynne de
destructions de structures de conservation de sol ou de cultures. De plus,
Utica, New York,
les propriétaires de ces animaux s‟approvisionnaient en bois de feu ou
l‟ancêtre de la ferme
de construction sur la Ferme. Il a fallu, sans cesse réparer les brèches
dans les structures de conservation de sol ou replanter les cultures et les
arbres détruits.
Les plantes introduites par Victor Wynne avaient toutes une grande valeur économique. Pour ces
introductions de matériels végétaux, il recevait toujours, à la fois l‟autorisation du Département de
l‟Agriculture des États-Unis d‟Amérique (USDA) et celle du Ministère haïtien de l‟Agriculture. Parmi
les espèces fruitières qu‟il a introduites, on compte la grenadille sucrée, le tamarillo, le naranjilla... Il
introduisit également des espèces forestières comme le Mimosa scabrella légumineuse à croissance
rapide qui enrichit le sol en matières organiques et en azote par la décomposition de ses feuilles mortes.
Il convient de souligner qu‟en 1961 il introduisit 10 variétés de bambous à travers la branche
portoricaine de la Société Américaine de Bambou (American Bamboo Society, Puerto Rican Chapter). Parmi
ces espèces, le bambou chinois ou Phyllostachys aureas est révélé le plus adapté. Certains disent que cette
variété est trop envahissante. Mais, aujourd‟hui les plantules et les pseudo-tiges (chaumes) de bambou
de cette variété constituent une source de rentrée monétaire pour beaucoup de Kensccovites.
En 1987, un représentant de l‟USAID, Joel Tymian, a suggéré à Victor l‟implantation d‟une banque de
semences de pins afin de protéger le Pinus occidentalis endémique coupé anarchiquement par les
paysans. C‟est ainsi que la Wynne Farm a permis à South-East Consortium for international
Development (SECID) et l‟université d‟Auburn de faire l‟essai de 9 variétés de pins sur la partie NordOuest de la réserve. Au fil des ans, ce bosquet devint un refuge pour les oiseaux qui avaient perdu leur
habitat par la déforestation.
Après le décès des époux Nativita et Victor Wynne, la benjamine de la famille; Jane assura la relève
avec le concours des employés de la ferme pour assurer la sauvegarde de ce patrimoine naturel. Depuis
la création de la Wynne Farm elle n‟a jamais cessé de partager ses expériences avec les écoles, les
organisations nationales et internationales, les universités, les groupements paysans impliqués dans la
protection de l‟environnement et le développement durable.
La Wynne Farm a subi et subit encore des attaques de spoliateurs qui, profitant de la dégradation du
système juridico-économique du pays, visent à la détruire pour la morceler et vendre les terrains au
plus offrant. L‟année 2003 marque la première attaque d‟envergure menée par des gens puissants,
bénéficiant d‟appuis politiques solides. Sous prétexte de détenir des titres de propriété authentiques, ils
108
se sont lancés dans la construction d‟une piste à travers la propriété en utilisant des engins lourds
(bulldozer, pelleteuse, camions …) escortés par des hommes armés. Par cette action, ils ont détruit des
spécimens de fougères arborescentes âgées de plus de cent ans. Heureusement en cette occasion la
famille Wynne a pu bénéficier de l‟appui de groupes de la société civile, d‟organisations internationales
et d‟un encadrement juridique pour défaire les assaillants. Un hommage spécial doit être adressé au
gardien principal de la réserve, Yvon Pascaly, pour son dévouement à la protection de la ferme et sa
bravoure face aux assaillants.
Tentative de destruction de l‟entrée de la Wynne Farm
109
Rassemblement avec le groupe « Fanmkap plante » en collaboration avec EarthGivers
En 2009, sous le conseil de Joel Timyan un deuxième accord avait été signé entre la Wynne Farm et
un projet financé par l‟USAID. Selon cet accord le premier centre de Développement durable, connu
aujourd‟hui sous le nom de Centre Rural de Développement durable (CRDD) de Kenscoff, a été érigé
sur la ferme. La construction de ce centre a permis à la WF d‟intensifier ses activités éducatives dans
le domaine de l‟environnement. Un laboratoire de sol y a été également installé. Malheureusement, la
détermination de la fertilité d‟un sol ne fait pas encore partie des habitudes des fermiers. Un programme
de vulgarisation devrait être développé pour enseigner aux agriculteurs à se servir de ce nouvel outil en
sollicitant l‟encadrement y relatif.
En 2012 un autre groupe de spoliateur s‟est attaqué à la WF, cette fois-ci avec à leur tête un homme
puissant qui s‟appuyait sur les fils et petit-fils des propriétaires qui avaient vendu leurs terrains à Victor
Wynne. Aujourd‟hui la bataille se poursuit contre ces vendeurs de terrains et de nouveaux riches
pensant pouvoir acheter tout ce qu‟ils désirent.
En 2013 un groupe d‟amis motivés et soucieux des problèmes environnementaux d‟Haïti, se sont mis
ensemble pour créer la Fondation Wynne pour l‟Environnement, dédiée à la promotion de la
conscience environnementale et à la protection de la biodiversité de Kenscoff. Leur objectif était
d‟abord de renforcer la structure existante et sécuriser les acquis des efforts passés. Ensuite, s‟efforcer
à accroitre la capacité de service de la REWF en restructurant et élargissant la collection botanique et
les programmes de recherche et de formation dédiés aux universités, aux écoles et aux associations
agricoles.
Depuis 2016 la REWF s‟est impliquée davantage dans la protection de l‟Environnement.
110
Ce centre est pourvu d‟une salle de conférence dans laquelle séjourne une exposition permanente de
photos de la faune d‟Haïti, réalisée par le photographe naturaliste René Durocher. Plus de soixante
planches présentent la richesse de la biodiversité d‟Haïti.
La REWF dispose également d‟une cafeteria au service des travailleurs et des visiteurs. L‟USAID avait
construit des serres pilotes pour initier fermiers et étudiants à la technologie des cultures protégées.
D‟autres visiteurs, dont des photographes passionnés, viennent religieusement tous les dimanches
prendre des vues de cette nature riche et paisible. La REWF fournit un cadre de choix aux étudiants
finissants, qui veulent y réaliser leurs travaux de recherche notamment sur l‟ornithologie et les insectes
pollinisateurs. Actuellement l‟étudiant Pierre Michard, ingénieur agronome travaille sans relâche à
l‟identification des insectes rencontrés sur la REWF.
En Mai 2018, face à la pression grandissante d‟un groupe de spoliateurs armés et protégés par un des
plus puissants hommes politiques du moment, les petites filles Wynne Sarah et Melissa ont
pratiquement pris le leadership de la ferme.
Elles étaient soutenues par d‟autres membres de la Fondation et par des sympathisants à notre cause.
Des membres de la société civile se sont investis dans la lutte et ont aidé à orchestrer un tollé médiatique
qui a su entrainer de manière active l‟opinion publique nationale à œuvrer en faveur de notre cause.
Tout cet élan de solidarité a su faire bouger la Municipalité de Kenscoff et le Gouvernement central en
faveur de la cause de la sauvegarde de la REWF. C‟est ainsi que l‟Association Nationale des Aires
protégées (ANAP), organisme d‟Etat, œuvrant sous la tutelle du Ministère de l‟Environnement, et la
Commission Interministérielle d‟Aménagement du Territoire se sont engagés à nous supporter.
Lutte médiatique contre les spoliateurs
Support du gouvernement dans la démolition des
structures illégales dans le bosquet de la WF
111
Aujourd‟hui la relève de la Réserve Écologique Wynne Farm (REWF) est assurée par les membres de
la famille et de la Fondation Wynne pour l‟Environnement. Ensemble nous continuerons à renforcer
nos actions pour la défense et la protection de la nature. Nous poursuivrons également la formation
du grand public, en l‟intéressant à la qualité de l‟environnement naturel, à sa biodiversité et ainsi à
contribuer à la sauvegarde de la biosphère au niveau planétaire.
3
Gouvernance
Dans le temps la gestion de la Wynne Farm se faisait par la famille Wynne d‟une manière transparente
en l‟absence de l‟existence d‟une structure administrative formelle. Chaque soir au diner, les membres
de la famille débâtaient des problèmes de la journée ainsi que des réalisations positives de la journée.
Ces rencontres autour de la table pourraient être considérées comme étant des réunions du comité de
gestion de la WF. C‟est là que se prenaient les décisions sur les activités quotidiennes et sur les
orientations futures des actions de la WF.
Victor rêvait et travaillait ardument pour arriver à la vulgarisation à grand-échelle, au niveau de
Kenscoff d‟abord et plus tard au niveau de tous les versants montagneux d‟Haïti, du système de culture
en terrasses qu‟il utilisait avec succès sur sa ferme. Ce système lui avait permis d‟éliminer totalement ou
presque les phénomènes d‟érosion accélérée sur les versants cultivés de la WF. Le plus grand défi était
de faire accepter le système de culture en terrasses par les paysans. Après plusieurs années d‟essais
infructueux, il conclut que cette technologie n‟était point adaptée à la réalité de la paysannerie haïtienne.
Construire des terrasses était trop compliqué et trop fastidieux. Cela exigeait un trop grand
bouleversement de la couche superficielle de sol.
Il lui fallait une technologie moins exigeante en main-d‟œuvre et plus facile à réaliser. À force d‟y penser,
il vit en songe que pour ralentir l‟eau de ruissellement il fallait briser la pente en y construisant une
succession de petits canaux sans exutoire en courbe de niveau. Ces canaux agiraient comme des petits
réservoirs, stockant l‟eau de ruissellement directement en aval de la parcelle qui l‟a générée. Le sol
provenant de la fouille des canaux est utilisé pour construire des levées de terre (digues) orientées dans
le sens de la pente maximale. Ces levées de terre offrent un sol plus profond sur lequel on fait pousser
des arbres à enracinement profond. Vu de loin le système se présente sur la forme d‟un entrecroisement
de canaux de contour en courbes de niveau avec les digues qui leur sont quasi perpendiculaire, d‟où le
nom de système digue-canal.
La répartition des tâches se faisait ainsi : les hommes exécutaient les travaux lourds comme
l‟aménagement des parcelles, le labourage et le transport des denrées de la plantation à la boutique.
C‟était une marche de quarante-cinq minutes. Les femmes s‟occupaient de la cueillette des fruits et
légumes et du désherbage des cultures. Edith, le bras droit de Victor, le secondait dans la supervision
des travaux de la ferme. Pendant des années elle a coordonné le travail des employés et a travaillé avec
beaucoup de respect et d‟amour pour la nature.
Sur le plan socio-économique les employés jouissaient d‟une prise en charge qui leur permettait de faire
face aux urgences familiales. Aux grandes occasions : baptême, communion, mariage, maladie, écolage,
achat de semences et entretien de leurs champs.
112
Au début, engrais et insecticides chimiques étaient utilisés à la ferme. Au fil de ses lectures et de ses
réflexions, Victor se rendit compte de la dangerosité de telles pratiques. Dans les années soixante-dix,
il a cessé de les utiliser. Par la suite il s‟était lié d‟amitié avec Robert Rodale qui lui expédiait
régulièrement des publications de la série OrganicGardening. Depuis lors la Wynne Farm s‟est convertie
à la culture biologique. Présentement Frank Vendries notre spécialiste du compostage est toujours fier
d‟expliquer notre méthode aux visiteurs. C‟est dans le compostage qu‟on voit le travail des insectes, des
vers de terre, et des micro-organismes.
Des étudiants des universités d‟agronomie d‟Haïti et des États-Unis d‟Amérique venaient faire leur
stage à la Wynne Farm et jusqu‟à date, ils continuent à faire leur travail de fin d‟études universitaires,
soit en production végétale ou en conservation de sol.
4
Objectifs général et spécifique
4.1
Objectif général : La protection du sol et de l‟eau
4.2
Objectif spécifique : Sa position stratégique et son écosystème lui permettent de desservir
la ville de Kenscoff de différentes manières
5
Activités réalisées
a. La sensibilisation : est à la base des activités réalisées à la REWF. La dégradation de
l‟environnement se trouve au centre d‟un triangle infernal en Haïti dont les trois pôles sont la
pauvreté, l‟explosion démographique et l‟éducation. L‟éducation représente une composante de
base vitale dans tout effort de protection de l‟Environnement sur les plans formel et informel. Elle
jouit d‟une vue panoramique présentant une carte vivante qui sert d‟outil pour enseigner des points
clé de la biodiversité, tels que : le Trou Caïman, le lac Azuei, la Cote des Arcadins et le parc la visite
et l‟Ile de La Gonâve. La sensibilisation se fait à tous les niveaux : sur les éléments de l‟écosystème
de la zone tout en expliquant le phénomène de changement climatique, résilience et adaptation.
Usage de t-shirt dans la sensibilisation et la conscientisation pour la protection et la conservation
de la biodiversité
Visite des élèves du Nouveau collège Bird
Journée de sensibilisation à l‟environnement avec des
enfants de Kenscoff de Furcy
113
Étudiant en stage
Causerie sur le compost avec les enfants de Furcy
b. Protection des habitats : la REWF fait des efforts pour conserver et restaurer les habitats en
limitant l‟accès aux visiteurs à l‟exception des ornithologues, des observateurs d‟oiseaux et des
chercheurs. Protéger les habitats aide à réduire la perte de la biodiversité et ceci amène des touristes.
Pour protéger la biodiversité, la REWF pratique et prône le reboisement, la réduction des déchets, le
recyclage des papiers et plastiques. La REWF a signé la pétition de la GAFE pour éliminer l‟importation
et l‟usage du styrofoam. La REWF encourage tout le monde a redéfinir leur priorité enfin de mettre le
pays sur le chemin du développement durable.
c. Protection et restauration des écosystèmes :
La REWF est un coin qui a été restauré d‟abord
par va Wynne à partir des années 56 avec ses
propres moyens. Depuis 2003 elle reçoit
fréquemment des assauts. L‟effort de sécurité est
insurmontable à cause de l‟absence de clôture
physique. REWF est devenue un patrimoine
pour la communauté, les plantes, les animaux et
l‟humain.
Fondation
Wynne
pour
l‟Environnement présentement travail sur un
projet de régénération des sols de la montagne
avec les fermiers et propriétaire de terrain.
L‟espoir de la REWF
c‟est qu‟elle fasse
partie des aires
protégées d‟Haïti.
Une partie de la verdure de la Wynne Farm
114
Echange avec les associations de Seguin et de bassin
Zim (1) en salle de conférence
Echange avec les associations de Seguin et de bassin Zim
(2) sur le terrain
d. Espèce en voie de disparition flore et faune : Selon
le World Conservation Monitoring Center, Hait Haïti
est considéré comme un Hot spot de la biodiversité.
Parmi les 5600 espèces existant sur l‟Île, 36% sont
endémiques. Selon Rescue Missions underway to save Haïti
species from Mass extinction, Haïti est à une période
d‟extinction massive causée non seulement par des
cyclones, mais aussi par les activités anthropiques.
La REWF est un
sanctuaire où la flore et
la faune sont protégées.
e. Services écosystémiques : La réserve en elle-même est un écosystème avec des entités vivantes,
plantes, animaux, microbe et entités non vivantes, air, eau, sol. Elle donne des bénéfices en
plusieurs façons. D‟abord la production d‟aliment bio, légumes et fruits en petite quantité. Utilise
par la Cafeteria de la réserve pour desservir les visiteurs. Les insectes pollinisateurs qu‟abrite la
Wynne Farm pollinisent les plantes des jardins adjacents. Production de fleurs pour les restaurants
et Hôtels. (Voir annexe).
f.
Régularisation du climat : En faisant du compost, les cycles d‟azote et de carbone sont
accomplis ; les arbres et les systèmes de conservation du sol et de l‟eau retiennent les eaux de pluie
et nourrissent les sources de Kenscoff, le bassin versant nord-est qui mène a la rivière grise et le
bassin sud-ouest qui mène à rivière froide. La réserve produit de l‟oxygène pour la zone et
emmagasine le CO2. Elle offre des bénéfices spirituels et récréationels. Certains visiteurs ramènent
des papiers usages pour être recyclés.
g. Résilience climatique, séquestration et restauration : Mise en place d‟un bosquet depuis les
années 60 et qui continuent à faire le travail de séquestration du co2 et libération de l‟oxygène. À
la réserve on trouve plusieurs variétés de bambou, l‟espèce la plus apte à nettoyer l'air et à aider à
115
la séquestration des gaz à effets de serre, a des renouvellements répétitifs de ses feuilles. Les
bambous servent de paravent pour combattre les cyclones et sont utilisés dans la construction
alternative d‟une maison résistante aux catastrophes naturelles. Les arbres plantés près des maisons
réduisent la chaleur provenant des rayons ultraviolets du soleil. Le système de paillage est pratiqué
pour rafraichir le sol. La REWF emmagasine 136 600 gal d‟eau et le reste alimente la nappe
phréatique de la montagne.
f.
Mobilisation de ressources
La REWF fait face à de sérieux besoins en matière de ressources :
1. Ressources humaines : Gestionnaire, assistante gestionnaire, agronomes, guides, employés de
terrain, sécurités.
2. Ressources financières : frais de visite, vente de plantes, t-shirt, posters, et de fleurs, formations,
vente à la cafeteria
6
Résultat atteint à date
Plusieurs générations d‟agronome ont pris la
formation à la REWF et continuent à travailler à la
réserve jusqu‟à date (Annexe). Changement de
comportement envers l‟environnement : Beaucoup
plus de visiteurs sont intéressés à visiter la nature que
d‟aller à la plage. La REWF a une collaboration avec
les écoles et universités pour donner des cours
d‟écologie.
LA REWF travaille dans :
La sensibilisation
Protection des habitats
Protection et restauration des AP
Espèce en voie de disparition Flore et
Faune
Services écosystémiques
Régularisation du climat :
Résilience climatique, séquestration et
restauration
La REWF est devenue un patrimoine
pour la communauté, les plantes, les
animaux et l‟humain.
7
Les institutions partenaires de la REWF
La REWF travaille en collaboration avec certaines institutions comme :
‒
La Minustah (Journée écologique pour 300 enfants en 1992) ;
‒
GIZ (exposition de tableau sur la biodiversité en 2016) ;
‒
USAID (construction du CRDD en 2013) et le projet WINNER (a permis l‟accès à partir du
sommet du morne tranchant a la réserve en 2013) ;
‒
FAN Fédération des Amis de la Nature (formation dans les provinces Jérémie en 1994) ;
Fondation 4 pattes (en cours) ;
116
‒
‒
‒
‒
‒
‒
‒
‒
‒
‒
‒
‒
‒
‒
8
Groupe Action Francophone pour l‟Environnement (Alternatiba 2016 et 2017) ;
TOTAL (konbitrebwazman en 2015) ;
Univerty of Florida (Weather station en 2017) ;
ACTIVEH (Jusqu‟à date) ;
AREA (projet haricot, en 2016),
SOHADERK de Kenscoff (Projet bassin versant en cours);
EarthGivers (Fanmkap plante en 2009 jusqu‟à date),
Her ManyVoices (Trou chouchou: formation 2016 et 2017) ;
Association des Architecs (Construtionbamboo n 2016 et 2017) ;
Association basin Zim et Association Seguin (Echanges en 2018) ;
Société Audubon (Exposition et sensibilisation à travers la distribution des calendriers en
2016) ;
PROMODEV (Jardin Ecole 2018) ;
COHEF (camp d‟été depuis 9 ans, chaque année) ; Ministère de l‟Environnement (Célébration
de la Journée internationale de l‟environnement, 5 Juin 2016) ;
ANAP (Juillet 2018)
Principales contraintes
La REWF a beaucoup de contraintes, telles que :
Source de financement instable (Payroll pour le staff de gestion, système de financement pour le
stockage de l‟eau, etc…)
Ressources humaines limitées
Problème sécurité foncière (financement des procédures légales, gardes
Absence de clôture
Manque de dortoir pour recevoir les stagiaires, volontaires, chercheurs, etc.
9
Conclusion et recommandation
L‟équipe de la Wynne Farm est heureuse dans le travail qu‟elle entreprend sur la protection et la
biodiversité et l‟environnement. On peut et on doit faire davantage, d‟abord pour qu‟Haïti puisse
protéger et restaurer sa nature et jouer sa part dans la protection de la planète terre.
117
Références
Exotica, Alfred B. Graf
La Flore d‟Haïti, Barker et Dardeau
Les Oiseaux d‟Haïti, Rene Durocher
Herpetofaune, Rene Durocher
Common Trees of Porto Rico and Virgin Islands
Wild Life of the Carribean, H. Rafael and J. Wiley
A la Découverte de la Flore d‟Haïti, Florence Sergile
Encyclopdia of american and Horticulture, C. Colt Bailey
118
Haïti
11. Étude de cas-2 : Appui à la gestion des Aires marines
protégées du Département du Sud- ONU Environnement
Par
ONU Environnement en appui au Gouvernement de la République
d‟Haïti
L‟Aire Marine Protégée de l‟Ile-à-Vache a été créée en août 2013
119
SOMMAIRE
1. Introduction (contexte, gouvernance, historique)
2. Objectif général (et spécifiques si existant)
2
3. Activités réalisées (Photos et données chiffrées)
a. Sensibilisation, formation, information
b. Protection des habitats
c. Aires protégées et/ou restaurées
4
d. Espèces en voie de disparition (flore et faune) : efforts
e. Services écosystémiques
f. Résilience climatique, séquestration et restauration
g. Mobilisation de ressources
4. Résultats atteints à date (Tableaux, figures, photos)
5. Conclusion et recommandations
120
1. Introduction (contexte, gouvernance, historique)
Haïti renferme une pléiade impressionnante de biodiversité marine, comprenant des forêts de
mangrove et des récifs de corail.
Depuis 2011, l‟ONU environnement accompagne le gouvernement d‟Haïti dans l‟identification et
l‟établissement d‟aires marines protégées terrestres et marines, notamment dans la région Grand Sud
d‟Haïti. Ces aires protégées dans la péninsule sud-ouest du pays ont une importance biologique et
écologique significative. L‟ONU environnement apporte également son soutien au renforcement des
capacités pour la gestion durable de ces aires protégées.
Les composantes clés des activités en cours comprennent :
- L‟appui technique, le renforcement des capacités et l‟éducation autour des aires marines protégées de
Port Salut-Abacou, La Cahouane et Ile à Vache ;
- Le développement et la mise en place des plans de gestions pour les aires marines de Port SalutAbacou, La Cahouane et île à Vache.
En 2013, le premier réseau d‟aires marines protégées en Haïti a été établi dans la région du Grand Sud.
En 2014, l‟unité des aires marines protégées est créée et renforcée au sein de la Direction
départementale du Sud du Ministère de l‟Environnement; l‟unité de gestion de la pêche est créée et
renforcée au sein de la Direction départementale du Ministère de l‟Agriculture dans le Sud.
En 2015, le premier plan de gestion est développé pour une aire protégée du pays (Parc National
Naturel Macaya) ainsi que d‟un guide de signalisation pour les aires protégées en Haïti, à travers une
coopération Sud-Sud avec le Centre National des Aires protégées de Cuba.
En 2016, ONU Environnement soutient l‟Agence Nationale des Aires protégées (ANAP) dans le
développement d‟une méthodologie propre au Gouvernement de la République d‟Haïti pour
l‟élaboration de plans de gestion des aires protégées.
En 2017, ce travail s‟est poursuivi avec la création de nouvelles aires marines protégées dans la région
de la Grande'Anse. Cette aire marine protégée détient parmi les plus beaux récifs coralliens du pays.
En 2018, ONU Environnement a appuyé l‟élaboration d‟un plan de prévention et de lutte contre les
incendies pour le Parc National Naturel Macaya.
Leadership gouvernemental : Comité Interministériel d‟Aménagement du Territoire (CIAT),
Ministère de l‟Environnement (MDE) / Agence Nationale des Aires protégées (ANAP), y compris
l‟Unité de gestion du Parc Macaya (UGPM), Ministère de l‟Agriculture, des Ressources Naturelles et
du Développement Rural (MARNDR), Ministère du Tourisme
Partenaires opérationnels : Municipalités, PADI (Pêche Artisanale et Développement Intégré),
Reef Check, ORE (Organisation pour la Réhabilitation de l‟Environnement), Unité de gestion des
aires marines protégées du MDE / Direction départementale du Sud (DDS), Unité de gestion de la
pêche de la Direction départementale du MARNDR (DDAS), Konbit Pou Potapiman (KPP).
2. Objectif général (et spécifique si existant)
L‟objectif général de ces aires protégées est de créer un réseau représentatif de tous les écosystèmes
clés de la péninsule sud.
121
3. Activités réalisées (Photos et données chiffrées)
a. Sensibilisation, formation, information
ONU Environnement soutient les programmes d‟Éducation bleue pour les écoles opérant au sein des
aires marines protégées. Ce programme vise à proposer des cours de natation aux enfants tout en les
sensibilisant à la beauté et la fragilité des écosystèmes marins, ainsi qu‟à leur rôle de citoyens
responsables.
Sur le premier semestre 2018 :
Des activités d‟éducation bleue ont été menées dans cinq écoles des AMP de La Cahouane et Ile-àVache et ont rassemblé 94 élèves. Grâce à ce programme, les enfants ont été sensibilisés à l‟importance
de la biodiversité marine et ont pu découvrir des moyens concrets de protéger l‟environnement. Un
jardin de corail a été mis en place à Caille Coq, Ile-à-Vache. Il sert aussi bien de pépinière pour la
réhabilitation des récifs de corail que d‟outils d‟éducation des pêcheurs et des élèves sur les
caractéristiques et la nature du corail.
Avec le soutien de l‟ONU environnement, le Ministère de l‟Environnement a également mené une
série d‟activités de sensibilisation dans la zone de l‟AMP de Port Salut-Abacou. 300 élèves de 10 écoles
de Port Salut et St Jean du Sud ont ainsi pu améliorer leur compréhension de l‟importance de la flore
littorale pour la bonne santé des écosystèmes marins. Le Ministère de l‟Environnement a également
lancé une série de spots radio
destinés à faire connaître les
activités menées par les
partenaires du projet dans
l‟AMP de Port Salut-Abacou, et
notamment le développement
du plan de gestion ainsi que la
promotion
d‟activités
de
subsistance durables.
Journée mondiale de
l‟Environnement 2018 :
Éducation sur les récifs coralliens externes
Un appui technique et financier a été fourni au Ministère de l‟Environnement pour aider à la célébration
de la Journée mondiale de l‟environnement le 5 juin 2018. Aux Cayes, plage de Gelée, des activités de
sensibilisation et de divertissement ont été réalisées et bien accueillies par la population. Placé cette
année sur la thématique des macro-déchets, le programme comprenait, entre autres, un ramassage de
la plage et des forêts de mangrove environnantes.
Une vidéo a été produite et diffusée sur les réseaux sociaux :
https://www.facebook.com/ONUEnvironnementHaiti/videos/1301688593294916/
122
Autres supports d‟information disponibles :
Reportage multimedia (en anglais) : https://www.mapx.org/haiti-success/
b. Protection des habitats
Protection des côtes
La plantation de palétuviers rouges préparés lors de la période précédente a connu une croissance
satisfaisante au cours de la période concernée. Au total, 100 000 plantules de palétuviers ont été
transplantées de leur pépinière à Port Salut aux zones de mangroves dénudées de Port Salut, Crabbier,
Osier, La Source et Trouyac. Ces activités de transplantation sont très importantes, compte tenu de la
destruction de la mangrove causée tant par l‟ouragan Matthew de 2016 que par la déforestation illégale.
Un nouveau lot de 100 000 plantules de palétuviers rouges est actuellement cultivé à la pépinière de St
Jean du Sud. Elles seront transplantées dans des zones vides des écosystèmes de mangroves de St Jean
du Sud au cours du prochain semestre.
Une étude sur les impacts des changements climatiques sur la flore littorale, et en particulier les espèces
endémiques d‟Haïti, a été menée au cours de la période de référence. Ce rapport sera finalisé au cours
du T3 de 2018 et mettra en évidence les mécanismes de soutien à l‟adaptation aux changements
climatiques dans la région.
123
Action de
transplantation de mangrove produite en pépinière
à Saint Jean du Sud en octobre 2018
Vidéo diffusée sur les réseaux sociaux :
https://www.facebook.com/ONUEnvironnementHaiti/videos/985679111635022/
c. Aires protégées et/ou restaurées
Le travail d‟ONU Environnement dans le cadre du projet Macaya Grand Sud se concentre sur :
- 1 aire protégée : Parc National Naturel Macaya
- 3 aires marines protégées : Port-Salut-Pointe Abacou, Ile-à-Vache et la Cahouane
d. Espèces en voie de disparition (flore et faune) : efforts
Parc National Naturel Macaya :
124
L‟agriculture, la production de charbon et de planches représentent des menaces tant pour les habitats
des espèces que pour la biodiversité du parc. À cause de la dégradation excessive de certains habitats
(forêts, grottes, collines karstiques,…), de nombreuses espèces sont menacées, vulnérables ou en voie
d‟extinction. Des actions favorables à leur protection et à la restauration de leur habitat sont
importantes pour la pérennité du parc et des services qu‟il fournit aux communautés.
Ces actions comprennent notamment la reproduction en captivité de certaines espèces et leur
réintroduction dans leur milieu naturel, la mise en place de nids artificiels pouvant favoriser la
multiplication de certaines espèces, la réintroduction des espèces indigènes, la lutte contre les espèces
nuisibles de la flore, la restauration des différents habitats dégradés, la lutte contre les rongeurs et les
espèces invasives.
Pour les aires marines protégées :
D‟importantes menaces pèsent sur les objets de conservation tels que les récifs coralliens (dont
l‟Acropora palmata), la mangrove, les Dolines karstiques côtières, les marais et lagunes côtières.
Dans le cadre de l‟élaboration des plans de gestion des aires marines protégées, les efforts de
conservation seront pris en compte pour en planifier les actions nécessaires.
e. Services écosystémiques
Économie verte
Après l‟identification de chaines de valeur écologiquement significatives dans le sud du pays, ONU
Environnement s‟est focalisé sur des cultures agroforestières (mangue, noix de cajou et cacao) ainsi
que des produits de niche (vétiver, ricin, miel) et des ressources majeures de sécurité alimentaire (pêche)
afin de soutenir et améliorer la résilience économique au sein des communautés locales.
Appui au développement de l‟apiculture à Saint Jean du Sud
125
Réduction des risques de catastrophes
À travers un transfert de compétences et le financement de plans de services écosystémiques, ONU
Environnement a ciblé des programmes de reforestation le long des côtes et des berges de rivières pour
stabiliser les sols et ériger des barrières de protection naturelles contre l‟érosion, les inondations et les
vagues de tempête.
Protection des ravines par des bambous. Crédit photo : ORE
f. Résilience climatique, séquestration et restauration
Un système d‟alerte rapide et de préparation aux catastrophes a été mis en place dans 18 petites îles
extrêmement vulnérables et fortement peuplées au niveau d‟Ile-a-vache, de Saint Louis du Sud et de
Saint Jean du Sud en accord avec la DPC.
Les fiches caractéristiques de ces ilots découlant de ces études ont été élaborées et disponibles
g. Mobilisation de ressources
Depuis 2017, ONU Environnement Haïti et ses partenaires ont appuyé la mise en place du Fonds
haïtien de la Biodiversité (FHB) pour protéger le capital naturel du pays et rationaliser les
investissements dans les aires protégées grâce à un financement durable. Le Fonds est en cours de
création et un logo est déjà disponible.
126
4. Résultats atteints à date
Élaboration des plans de gestion :
L‟élaboration du plan de gestion conjoint pour les deux aires marines protégées du département du
Sud, Port Salut et Abacou, s‟est poursuivie au cours de la période considérée, et des activités de
préparation d‟un nouveau plan de gestion pour l‟AMP de La Cahouane ont été entamées.
Plusieurs études ont été réalisées dans le cadre du plan de gestion de Port Salut-Abacou et ont permis
de finaliser la section de diagnostic du plan et procéder au zonage du site. Trois études ont ainsi
contribué à la partie de diagnostic du plan : une évaluation socioéconomique des individus vivant dans
ces AMP et leurs zones tampons, une évaluation du zonage maritime de l‟AMP, et une analyse SIG qui
servira de base à la réalisation d‟une série de cartes de l‟aire protégée. Ces études ont été validées lors
de consultations avec les communautés locales, la société civile et le gouvernement.
Quatre ateliers communautaires rassemblant des représentants des principaux groupes de pêcheurs, de
la société civile et du gouvernement (y compris l‟Agence Nationale des Aires protégées - ANAP) ont
permis d‟examiner et adopter le plan de zonage. L‟avant-projet de diagnostic a été soumis à
l‟observation des parties prenantes. Un document identifiant les approches gouvernementales pouvant
potentiellement s‟appliquer à l‟aire marine était également en préparation au cours de la période de
référence. Cette partie du plan, qui concerne la gestion globale de l‟AMP et la création d‟une structure
administrative et de mécanismes d‟application, sera élaborée au cours d‟une série d‟ateliers organisés
au 3e trimestre de 2018 par le Ministère de l‟Environnement et l‟ANAP, avec le soutien de l‟ONU
environnement.
La mise au point de la section de diagnostic de l‟AMP de La Cahouane a débuté au cours de la période
de référence. Trois études ont été réalisées à cet effet : une analyse de la situation socioéconomique
dans l‟AMP et ses zones tampons, une étude sur le régime foncier dans l‟AMP et un avant-projet
d‟évaluation du zonage marin et de l‟état des fonds marin. Douze sessions de sensibilisation des
communautés ont également été organisées dans les zones d‟Almet, Bompas, Blactotte, La Cahouane
et Carrefour afin d‟informer les populations de l‟avancée du plan de gestion de l‟AMP et de ses
conséquences sur les moyens de subsistance et la gestion locale des terres. Ces sessions ont également
permis d‟échanger avec les populations sur les activités économiques et autres qui seront appuyées par
les partenaires du projet.
Mise en œuvre des plans de gestion :
Depuis septembre 2018, un document de plan de surveillance et de protection contre les incendies du
Parc National Macaya, financé par l‟ONU environnement, a été élaboré et partagé avec les parties
prenantes concernées, y compris l‟Unité de Gestion du Parc Macaya (UGP). L‟ONU environnement,
en collaboration avec la Banque interaméricaine de développement (BID) s‟est également associé à
l‟UGP pour améliorer la gestion du parc. Ils ont entamé l‟évaluation des principales priorités dans ce
domaine. Le processus a été finalisé à la fin du 3e trimestre de 2018.
127
5. Conclusion et recommandations
De 2011 à date, ONU Environnement a activement contribué à la mise en place des aires marines
protégées, pour la protection des bassins versants et pour le renforcement des capacités économiques
des communautés locales.
Malgré l‟ensemble des activités réalisées avec les partenaires, il reste encore des actions à envisager.
Celles-ci comprennent :
- le renforcement de la biodiversité terrestre avec l‟UGP-Macaya
- la mise en œuvre du programme de surveillance et de lutte contre les incendies au PNNM
- le renforcement de l‟équipe de l‟UGP-Macaya
- la mise en œuvre du plan de gestion de l‟aire marine protégée de Port-Salut-Abacou (avec la mise en
place d‟une équipe de gestion)
- la finalisation et l‟élaboration des plans de gestion des aires marines protégées de La Cahouane et
dl‟Ile-à-Vache
- l‟appropriation de ces plans par la communauté
128
Direction de Programme
Impasse Larose #1, rue Laham Mercier, Delmas 60, Port-au-Prince
entela.sula@helvetas.org, tél. +509 4947 0606
www.helvetas.org
12. Étude de cas 3 : Expérience de HELVETAS et de ses partenaires
au Massif de la Selle
Gérer les espaces, protéger la biodiversité, responsabiliser les
communautés : Expérience de HELVETAS et de ses partenaires au
Massif de la Selle
129
Sommaire
Une biodiversité riche, mais fortement menacée
Des acteurs de différents niveaux
Objectifs
Les activités réalisées
Les principaux résultats atteints
Conclusions et leçons
130
1. Une biodiversité riche, mais fortement menacée
La biodiversité haïtienne, bien que fortement menacée, est toujours considérée comme l'un des
hotspots des îles de la Caraïbe, car présentant encore un degré élevé d'endémisme. À titre d'exemple,
on recense sur le territoire national entre 5.000 et 5.600 plantes dont 36% sont endémiques, 2.000
espèces de vertébrés terrestres et marins - dont 75 % sont considérés comme endémiques - et 102
espèces de reptiles et amphibiens. Selon une évaluation du Critical Ecosystem Partnership Fund
(CEPF), Haïti abrite 31 Zones Clés de la Biodiversité couvrant une superficie de 9.340 km2 (environ
un tiers de la superficie terrestre du pays) dont 10 Zones importantes pour la conservation d'oiseaux,
et 14 zones d'écosystèmes marins et côtiers2.
En 2012, le Massif de la Selle (Haïti), dont fait partie l‟Unité 1 et 2 de la Forêt des Pins, le Parc la Visite
et le Parc National Lagon des
Huitres, est déclaré Réserve de
la Biosphère. Ces Unités de
Conservation du massif de la
Selle ont été, pendant plus d‟un
demi-siècle,
l‟objet
d‟exploitations non contrôlées,
par des concessions forestières
accordées par l‟État (SHADA),
jusque vers la fin des années
1980 et par des populations
locales, en rapide augmentation,
qui pour subvenir à leurs
besoins, se sont lancées dans
des
activités
productives
destructrices de la forêt.
L‟économie locale est basée
essentiellement sur l‟agriculture,
caractérisée par des cultures
pluviales (maïs, pomme de
terre, blé) et du maraîchage
(thym, poireau, chou) et sur l‟élevage d‟ovins caprins, d‟équidés et de volailles.
Certaines personnes, particulièrement des femmes, pratiquent le petit commerce de provisions
alimentaires et de produits d‟hygiène.
La situation de l‟environnement de ces réserves est très préoccupante, avec le niveau avancé de
dégradation des terres, résultant des mauvaises pratiques d‟exploitation : destruction des lots boisés, les
pratiques du brulis et du nettoyage par le feu, l‟installation de cultures sur des pentes raides, l‟élevage
libre, sont les principales causes de l‟érosion et de formation de ravines observées dans la majorité des
versants au niveau de la zone tampon
Le manque d‟opportunités économiques, la pression démographique, la faible éducation
environnementale accentuent la pression sur ces ressources et menace la biodiversité.
131
Les capacités de l‟état à mettre en œuvre les décisions de gestion du territoire sont limitées en raison
des faibles ressources disponibles et de sa faible présence sur les différentes mailles du territoire. Les
nombreuses actions de restauration environnementale entreprises placent souvent la restauration
biophysique au centre et négligent le contexte social et économique et les aspects de gouvernance de
proximité.
La complexité de gouvernance des Aires protégées du Massif de la Selle réside dans la nécessité de tenir
compte de la diversité des acteurs en présence (charbonniers, agriculteurs, éleveurs, pécheurs, services
d‟eau potable et d‟assainissement, collectivités territoriales, services déconcentrés de l‟État) et de la
diversité des usages des ressources de ces aires. Mettre en place de modèles fonctionnels de gestion des
aires (ressources et biodiversité) et de cohabitation harmonieuse avec les populations au sein du
territoire avait représenté l‟enjeu majeur. Le partage de cette expérience concerne l‟Unité 2 de la forêt
des Pins et le Parc National Naturel Lagon des huitres. (a faire une courte description des deux).
2. Des acteurs de différents niveaux
Le besoin de participer, de prendre en compte les réalités socio-économiques, de passer du statut de
témoin à celui d‟acteur n‟a jamais été aussi fortement ressenti par les populations. La vision gestion
partagée et d‟une gestion équilibrée ressort toujours comme une nécessité chez les différents acteurs
concernés.
Le Ministère de l‟Environnement (MdE). Il est créé en 1994 en vue de promouvoir le
développement durable et favoriser la conservation de l'environnement. Le décret-loi de janvier 2006
transfère la responsabilité de la gestion des APs en Haïti, fonction jusque-là confiée au MARNDR. Ce
transfert se fait progressivement et le MdE met en place les structures nécessaires à la gestion des APs.
L‟Agence National des Aires Protégées (ANAP). L‟ANAP est l‟instance étatique du Ministère de
l‟Environnement, habilitée à organiser la gestion des APs dans le pays. Il se met en place, en tant que
direction autonome, avec la désignation d‟un directeur général. La fonction de l‟Agence est définie dans
le décret-loi de janvier 2006 et consiste essentiellement en la direction, la gestion et la coordination du
SNAP, l‟élaboration et/ou l‟approbation des plans d‟aménagement des aires protégées, l‟élaboration
des règlements d‟accès et l‟intégration de manière responsable des populations et des collectivités
territoriales dans la gestion des aires protégées.
Les autorités locales Maires, les ASEC et les CASEC. Cinq communes sont concernées par les
aires protégées du Massif de la Selle. Les communes sont administrées par des conseils Municipaux de
trois membres élus au suffrage universel. Elles sont divisées en sections communales dirigées par des
Conseils d'Administration de section communale (CASEC). Les ASEC sont des assemblées de sections
communales. La commune a les compétences de « Définition des politiques de conservation et de
gestion des ressources naturelles relevant de la commune, dans le respect des normes nationales… La
section communale a les compétences suivantes : «Protection des sources et des cours d‟eau …,
application des contraventions contre la coupe illégale des arbres, les actes de vandalisme contre les
sites protégés et l‟exploitation illégale des carrières, dans le respect des normes nationales» (Décret
Fevrier 2006).
132
Les organisations de la société civile locale. Les acteurs locaux se réunissent autour du conseil de
gestion composé des différents acteurs locaux (Collectivités territoriales, Organisation communautaire
de base, Organisation de pécheurs/agriculteurs/charbonnier, Secteur religieux, Organisation de
femmes, secteur éducatif) qui s'est donné la mission de participer activement dans la gestion durable
des ressources naturelles. Les OCB sont compétentes dans l‟identification et la planification des actions
et dans mobilisation et la sensibilisation des populations locales autour des questions relatives à gestion
des espaces.
Les collectivités territoriales, en particulier les CASEC et ASEC, occupent une place importante sur le
terrain et participent efficacement aux dynamiques de développement de leur territoire. Elles
représentent des acteurs incontournables pouvant influencer positivement le comportement des
populations locales sur la gestion des aires protégées.
3. Objectif . Promouvoir la gouvernance locale partagée comme mode de gestion des
aires protégées en Haïti.
La gestion effective des écosystèmes locaux impliquera l‟amélioration de la
gouvernance locale des ressources naturelles, par la mise en place des
mécanismes (instruments et organes) de gestion durable. Il s'agit de
contribuer à la gestion de la biodiversité, notamment des Aires
protégées, grâce à la mise en œuvre d‟une gestion participative,
effective et décentralisée. L‟idée de renforcer la gouvernance locale a été
appuyée comme moyen devant conduire à une meilleure implication des
acteurs locaux dans la gestion du territoire et la coordination des
interventions de restauration environnementale. Un des éléments
stratégiques clés de la durabilité est l‟intégration des acquis dans la
construction de l‟ANAP. Les objectifs spécifiques se déclinent ainsi :
L‟objectif est
d‟innover en
matière de
gouvernance
partagée des
aires protégées
en Haïti.
Renforcer les capacités de gestion et de surveillance des autorités
et les organisations locales afin d‟améliorer leurs capacités
techniques et méthodologiques, pour assumer leurs
responsabilités dans une gestion locale et durable
Elaborer et tester de manière participative des outils et guides méthodologiques pouvant servir
comme bases de réflexion aux politiques et documents cadres sectoriels de l‟Agence nationale
des aires protégées en Haïti
Restaurer les espaces dégradés afin conserver les écosystèmes menacés et protégés la
biodiversité.
Les actions interviendront dans un domaine dans lequel les références en termes d‟approches,
d‟instruments et d‟outils de gestion font défaut. Donc, les expériences qui sont (et seront) développées
dans le cadre de ce programme seront activement mises à la disposition des autres acteurs du secteur,
notamment, de l‟ANAP/MdE, qui a la compétence de définir la stratégie et des politiques publiques,
pour une gestion effective des Aires protégées.
4. Les activités réalisées
133
Pour atteindre l‟objectif fixé, un ensemble d‟activités a été réalisé. Les principales sont
présentées dans le tableau suivant :
Activités entreprises
Sensibilisation,
formation
et
information
Protection
Habitats
des
Aires protégées
ou restaurées
⁻ Réalisation d‟émission radiophonique, de court métrage, de builboard, de pages
imprimées véhiculant des messages en faveur de la protection, gestion et
calorisation de la biodiversité ;
⁻ Formations sur les techniques conservations de sols, de gestion des pépinières, de
reboisement et d‟entretien ;
⁻ Visites d‟échanges (paysan à paysan) dans d‟autres aires protégées du pays et
d‟autres régions d‟Amérique latine et des caraïbes ;
⁻ Plaidoyer en faveur de la gouvernance partagée des aires protégées en Haïti ;
⁻ Promotion d‟activités économiques dans les zones tampon (cultures maraichages,
pèches, élevage, agroforesterie ….).
⁻ Mise en place et renforcement des conseils de gestion des aires protégées incluant
les différentes localités touchées par l‟Aire protégée ;
⁻ Élaboration de la convention de gestion des ressources naturelles (élevage libre,
brulis, coupe des arbres) ;
⁻ Mise en place d‟unités de surveillance environnementale (Forêts des Pins et BelleAnse) ;
⁻ Zonage et clôture des espaces de grande biodiversité ;
⁻ Incitations pour services environnementaux
⁻ Surveillance environnementale.
⁻ Bornage de l‟Aire de la forêt des Pins ;
⁻ Création du Parc Lagon des Huitres ;
⁻ Restauration biophysique des espaces dégradés.
5. Les principaux résultats atteints
Une surface de 23650 ha de terre établie en parc naturel
Par arrêté présidentiel de janvier 2014, les limites légales du Parc Naturel de la Forêt des Pins
sont officiellement rétablies : 14 000 ha pour l‟U2 PNN-FP (Cf. Moniteur du 16 janvier 2014)
Par arrêté présidentiel de mars 2016, le Parc National Naturel Lagond des Huitres est déclaré
Aires protégées et les limites légales sont officiellement instituées : 9650 ha pour l‟U2 PNNFP (moniteur de mars.
La création au plus haut niveau des parcs nationaux reflète bien la volonté de l‟État central de protéger
les espaces terrestres ou maritimes présentant un intérêt particulier qu‟il importe de préserver des
dégradations susceptibles d‟en altérer la diversité, la composition, l‟aspect ou l‟évolution.
Surface d‟écosystèmes restaurée
134
600 ha de pins (Pinus occidentalis) restaurés à l‟unité 2 de la forêt des Pins
300 ha restaure en agroforesterie (caféiers, manguiers, avocatiers, etc.) à Cascade Pichon
10 ha restaurées et protégées en palétuviers.
Plus de 40 000 personnes sensibilisées
Plus de 40000 personnes sensibilisées dans les communes d‟intervention du projet à travers
des processus de communication différents (émission de radio, rencontre communautaire,
builboard et pages imprimées, fiches de capitalisation d‟expériences, etc.)
Plus de 2000 écoliers ont développé des initiatives originales : camps d‟été, pépinières scolaires,
concours « génie interscolaire », plantations…
Plus de 2000 familles renforcent leur « système agroforestier » incluant le « jardin autour de la
maison », des initiatives intéressantes telles que le greffage d‟avocatiers locaux avec l‟avocat de
type guatémaltèque, la plantation de pêchers, amandiers, caféiers, manguiers, etc. ont permis
de diversifier les productions dans les zones tampons.
Structure de gestion et de surveillance des aires protégées
Plus de 50 de leaders d‟organisations et religieux constituent les 2 conseils de gestion des deux
aires protégées concernées (Unité 2 forêts des Pins et Lagond des Huitres) ;
2 unités de surveillance environnementale totalisant (40 agents) affiliées au corps de
surveillance environnementale assurent la surveillance, la sensibilisation et le suivi des espèces ;
2 Directions de Parc installées par le Ministère de l‟Environnement dans les 2 parcs pour
assurer la représentation de l‟État central.
La structure de gestion proposée est représentée dans le schéma ci-dessous.
135
Outils
Méthodologiques élaborés et testés
Zonage participatif. Un outil de référence d‟aménagement du territoire pouvant être utilisé
pour améliorer l‟organisation des aires protégées du pays et mieux planifier l‟utilisation des
différentes zones suivant des normes légalement établies. L‟implication des acteurs à tous les
niveaux a facilité l‟acceptation et l‟appropriation de la démarche. Il s‟aligne avec la définition
des objectifs de gestion de l‟UICN. Aujourd‟hui, il est intégré au manuel d‟élaboration des
plans de gestion des AP.
Structure de direction de parc. C‟est une structure déconcentrée, représentant l‟État central,
qui assure la gouvernance partagée avec le Conseil de Gestion. Sans ce pilier, le transfert de la
gestion du Parc de HELVETAS à l‟ANAP ne serait pas possible. Toutefois, elle mérite d‟être
renforcée et prise en charge financièrement par l‟ANAP.
Conseil de gestion. Il est constitué des représentants des différentes catégories d‟acteurs
concernés par l‟aire protégée. Ce Conseil d‟environ 25 membres formalise la participation de
la population locale dans le modèle de gestion « Gouvernance partagée » selon le principe de
subsidiarité. Ce conseil a une représentation de toutes les sections communales avoisinantes le
Parc.
136
Unité de surveillance communautaire. C‟est un élément important du système de
gouvernance des AP. Cette unité est constituée par des membres de la communauté locale
appuyés par le Ministère.
Plan de gestion participatif. C‟est un outil de planification territoriale qui présente la vision
des différents acteurs concernés par la gestion de l‟Unité 2 de la Forêt des Pins. Il a trois piliers
principaux : la gouvernance, le développement durable et la conservation. Les différents
programmes de ce plan de gestion ont été identifiés, développés et validés par la population
locale. Il a été également validé au niveau central par l‟ANAP.
6. Conclusions et leçons
Les expériences pilotes de gouvernance (structuration d‟une Direction de Parc, mise en place d‟un
dispositif efficace de surveillance environnementale, tests d‟alternatives possibles en termes de cogouvernance et de gestion opérationnelle des sites, zonage participatif, élaboration d‟un Plan de gestion,
…) ont été testées au Parc Naturel de Forets des Pins et d‟ores et déjà inspiré d‟autres opérateurs
intervenant en soutien aux APs haïtiennes.
La mise en place de conseil de gestion dans lequel sont représentées les différentes composantes de la
société civile locale (élus, organisations de femme, Organisations communautaires, leaders religieux,
simples citoyens) est une expérience intéressante. Il leur donne un projet fédérateur et renforce
l‟appartenance des populations au territoire. Le conseil de gestion a ainsi pu dépasser les différents
blocages aux niveaux local (enclavement de la zone, résistance au changement, intérêts politiques,
niveau d‟éducation…) et institutionnel (changements politiques, manque de personnel, capacités
insuffisantes) pour créer une dynamique et un changement de comportement des communautés
concernées qui devraient contribuer à la durabilité des actions engagées et à la pérennisation des acquis.
Le guide méthodologique pour l‟élaboration des plans de gestion des APs, le manuel de signalétique
des APs, la méthodologie de mise en place des conseils de gestion (sur la base du travail et du rapport
réalisé par le PVB), la nomenclature haïtienne de classement des APs (assignation de catégories de
gestion UICN aux APs d‟Haïti) élaborer de manière participative peuvent être considérer comme des
outils de références méthodologiques utiles à l‟ANAP. Les principales leçons tirées sont présentées cidessous :
L‟acquisition et la diffusion de connaissances sur le milieu restent un moyen efficace de
conscientiser les communautés à l'utilité et à la richesse de leur territoire ainsi qu‟à la nécessité
d‟une meilleure utilisation des ressources (bois d‟œuvre, produits forestiers non ligneux, bois
pour le chauffage, plantes médicinales, etc.). Ceci est renforcé par la participation active des
communautés locales aux activités de restauration environnementale et de diversification
agraire.
Le renforcement des capacités des femmes à la gestion des ressources naturelles fait partie
d‟un processus prenant du temps, s‟adressant autant aux hommes qu‟aux femmes et devant
nécessairement être appuyé. La sensibilisation des femmes et des hommes parallèlement à la
formation et au renforcement des capacités des femmes a favorisé une plus large participation
des femmes à la gestion de l‟aire protégée, notamment à travers les structures locales.
137
L‟institutionnalisation des acquis requiert une stratégie à toutes les échelles : L‟État, et plus
particulièrement le MdE à travers l‟ANAP, est un acteur essentiel de la gestion des aires
protégées. Le travail de formalisation et de renforcement des capacités à l‟échelle locale doit
ainsi toujours être accompagné par un appui et plaidoyer au niveau des institutions centrales.
L‟un des principaux défis reste le renforcement du lien entre l‟échelle locale et centrale.
Il est essentiel de prévoir des interventions complémentaires au niveau de la zone centrale et
de la zone tampon. Les activités des différentes zones (tampon et central) doivent être adaptées
et complémentaires. Les interventions de la zone centrale protégée visent essentiellement les
objectifs de conservation de la biodiversité et de restauration des espaces dégradés. D‟autres
espaces doivent être promus pour des interventions dont l‟objectif principal est d‟améliorer
les conditions de vie des habitants.
138
13. Étude de cas-4 : Société Audubon Haïti : Cas de Grand Bois au
massif de la Hotte
Titre du Projet : Stratégie d'Aire protégée et Durabilité
écosystémique dans la Zone Clé de la Biodiversité du
massif de La Hotte, Haïti
Par
Jean Mary LAURENT
139
1. INTRODUCTION (CONTEXTE, GOUVERNANCE, HISTORIQUE)
La Zone Clé pour la Biodiversité (ZCB) du massif de La Hotte en Haïti est connue localement,
nationalement et mondialement pour ses valeurs naturelles et culturelles intrinsèques, ses services
environnementaux et son endémisme élevé. Toutefois, ces valeurs sont surtout connues dans le cadre
de la région de Macaya qui loge le parc du même nom considéré comme le dernier refuge pour
beaucoup d‟espèces menacées de hautes montagnes. En effet, en accord avec Alain LIOGIER (1996),
les altitudes comprises entre 800 et 1500 m sont connues pour abriter la grande diversité d‟espèce de
l‟île d‟Haïti. Or, ces altitudes sont toutes occupées par des systèmes agricoles qui ont remplacé les forêts
naturelles et provoquent de l‟érosion jusqu‟à obtenir dans la majorité des cas des espaces complètement
dénudés.
De juin 2013 à novembre 2015, la Société Audubon Haïti (SAH), avec le support financier du
Critical Environment Partnership Fund (CEPF), a tenté d‟exposer aux yeux des autorités nationales et des
acteurs locaux les valeurs de cette région afin de les sensibiliser sur des actions de protection de cette
relique forestière. Des expéditions scientifiques, des réunions de sensibilisation et des enquêtes
socioéconomiques et environnementales ont caractérisé les efforts de la SAH dans la zone. Le projet
se réalisait simultanément à Grand Bois et à Grande Colline. Ce partage d‟expériences mettra l‟accent
principalement sur le site de Grand Bois.
La région de Grand Bois (Figure 1) est l‟une des dernières forêts d‟altitude moyenne
correspondant à la description précédente qui à la fois subit le même processus que d‟autres zones
similaires et qui conserve encore des spécimens rares de la faune et de la flore de l‟île d‟Haïti.
Fig. 1. Situation géographique de Grand Bois.
La région de Grand Bois culmine au Morne Grand Bois (1248 m de hauteur). Il s‟agit d‟une
montagne isolée, pourvue d‟une couverture forestière originelle et d‟une remarquable biodiversité, dont
l‟existence n‟a été révélée que récemment. C‟est la plus haute montagne à l‟ouest de Les Anglais dans
le Département du Sud et le deuxième sommet le plus élevé après Deux Mamelles (1270 m de hauteur)
dans toute la péninsule de Tiburon à l‟ouest d‟une ligne reliant Les Anglais à Jérémie.
140
2. OBJECTIFS
2.1 Objectif général
L'objectif général du projet consistait à ralentir ou arrêter sur le long terme la perte de
biodiversité dans la ZCB du massif de La Hotte.
2.2
Objectifs spécifiques
Les objectifs spécifiques poursuivis par le projet se déclinaient ainsi :
Poursuivre l‟inventaire de la biodiversité unique de la ZCB du massif de La Hotte ;
Proposer à l‟État haïtien mille deux cents (1200) hectares dans la ZCB du massif de La Hotte
préalablement identifiés, pour être considérés comme aires protégées au travers du
développement et de l‟acceptation d‟un Plan d‟Action pour la conservation ;
Engager une sensibilisation accrue, un support important et de l'intendance pour la
conservation de la biodiversité dans les 2 communautés et parties prenantes clées de la ZCB
du massif de La Hotte ;
3. Activités réalisées
3.1
Sensibilisation, formation, information
Afin de faciliter la mise en œuvre du projet, la SAH a développé des protocoles de
collaboration avec plusieurs institutions d‟enseignement notamment l'American University of the
Carribean (AUC), l'Université Quisqueya (UniQ) et l'Université d'État d'Haïti (UEH).
Deux ateliers ont été organisés à Tiburon (Figures 2a, 2b), dans la zone tampon de Grand
Bois, afin d'intégrer des stratégies de conservation dans le développement socio-économique. Les
participants représentaient les parties prenantes de Grand Bois et de Grande Colline, y compris les élus
locaux (Maires, CASECs, ASECs), les chefs de la communauté (pasteurs, prêtres, directeurs d'école) et
des représentants de la société civile.
Figure 2. À droite : Intervention de l‟Agronome Prénor COUDO, représentant de l‟ANAP à l‟atelier de
Tiburon. À gauche : une vue partielle des participants.
141
Plusieurs conférences et expositions ont été également organisées dans des universités (AUC,
UniQ) sur la biodiversité et les écosystèmes naturels de Grand Bois. Les étudiants et les professeurs de
ces institutions y ont pris part soit en qualité d'intervenants soit comme participants. Par ailleurs,
l'exposition itinérante de la SAH sur la richesse biologique d‟Haïti a été présentée en différentes
occasions et à des publics variés, notamment sur le stand de la délégation haïtienne participant à
l‟Exposition universelle à Milan en juillet 2015.
Le projet offrait à certains étudiants des universités partenaires l‟occasion de mener des
recherches sur le terrain en appui à leurs programmes d'études. Les universités représentées étaient
l‟AUC, l‟UniQ et l‟UEH (soit 2 privées et 1 publique). Un module d‟Introduction à l‟herpétologie a été
présenté aux étudiants de l'AUC.
Par ailleurs, des documents clés élaborés dans le cadre du projet ont été distribués et/ou
publiés dans le but d‟informer les décideurs sur l'importance de la zone cible (Grand Bois) dans la mise
en place de mesures de protection. La documentation produite pour l‟aire d'intervention du projet
comprenait :
- un profil géographique ;
- une étude socio-économique ;
- un plan d'action de développement (le site est considéré comme une zone protégée à
des fins de conservation) ;
- un profil environnemental des sources d'eau ;
- une stratégie d'éducation relative à l'environnement qui cible les parties prenantes de
cette importante zone clé de la biodiversité du massif de La Hotte.
Une copie de chacun de ces documents a été acheminée aux principaux partenaires de la SAH,
en l‟occurrence le Ministère de l‟Environnement (MdE), le Ministère de l‟Agriculture, des Ressources
Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), l'AUC, la Fondation Macaya pour le
Développement (FMD), le Géo-Nature Experts et la Coopération allemande (GIZ). Ces informations
ont été partagées en versions dure et électronique sur une clé USB personnalisée de la SAH.
Des matériels promotionnels (maillots, képis, calendriers) faisant la promotion de la
biodiversité haïtienne ont été imprimés et distribués aux communautés locales.
De courtes vidéos (6 minutes maximum) sur des sujets environnementaux sélectionnés ont été
traduites et produites en créole. Celles-ci ont été projetées pour les parties prenantes participant aux
différents ateliers.
Enfin, le film documentaire « Extinction in progress » commandité par la SAH a été diffusé à
plusieurs reprises lors d‟activités liées à la protection de l‟environnement, et sur les chaines de télévision
locales lors de la journée mondiale de l‟environnement.
Le tableau ci-dessous (Tableau 1) résume en quelque sorte les bénéficiaires directs des activités
de formation et de sensibilisation entreprises par la SAH au bénéfice des habitants de Grand Bois et
de ses environs.
Tableau 1. Synthèse des bénéficiaires directs en termes de formation et d‟éducation.
142
Adultes pour des postes de
direction dans la communauté
ou de gestion des ressources.
Adultes pour gagner leur vie
ou augmenter leurs revenus
Enfants d'âge scolaire
Etudiants
Homme
70
Femme
30
Total
100
15
5
20
75
75
150
6
4
10
Brève description des activités
Ateliers
de
sensibilisation,
éducation
environnementale, gestion des ressources
naturelles.
Atelier de formation pour les associations des
guides, corps de surveillance environnementale.
Atelier sur l‟éducation environnementale,
matériels pédagogiques.
Recherche scientifique
3.2
Protection des habitats
La sensibilisation et la mobilisation de fonds accrue ont été axées sur les 2 zones cibles du
projet (Grand Bois et Grande Colline) avec leur inclusion dans la proposition de la " Réserve de
Biosphère La Hotte " du programme UNESCO MAB.
3.3
Aires protégées et/ou restaurées
À la fin du projet, les résultats obtenus soutenaient le fait que ce dernier a eu un impact positif
à court terme. La superficie des terres légalement déclarées comme zones protégées dans la ZCB du
massif de La Hotte a augmenté de 1510 hectares avec la création du Parc National Naturel Grande
Colline. Peu après, soit le 23 septembre 2015, Grand Bois a été officiellement consacrée aire protégée
sous le nom de Parc National Naturel de Grand Bois d‟une superficie de 370,15 hectares.
3.4
Espèces en voie de disparition (flore et faune)
L‟inventaire de la biodiversité de Grand Bois a permis de relever un grand nombre d‟espèces
animales et végétales figurant sur la Liste rouge de l‟UICN. Parmi ces espèces, certaines revêtent un
intérêt patrimonial. C‟est le cas du Caleçon rouge encore appelé Trogon Damoiseau (Priotelus roseigaster)
(Figure 3), endémique d‟Haïti et considéré comme oiseau national.
Figure 3. Caleçon rouge ( Priotelus roseigaster), espèce endémique d‟Haïti et considérée
comme oiseau national.
Le tableau ci-dessous (Tableau 2) synthétise les espèces incriminées :
143
Groupe
taxonomique
Plantes
Reptiles
Amphibiens
Oiseaux
3.5
Nom scientifique
Nom vernaculaire
Magnolia ekmanii
Micropholis polita ssp. hotteana.
Anolis haetianus
A. dolichocephalus
Magnolia d‟Ekman
A. monticola
Eleutherodactylus amadeus
E. apostates
E. audanti
E. brevirostris
E. counouspeus
E. eunaster
E. glandulifer
E. glaphycompus
E. inoptatus
E. nortoni
E. oxyrhyncus
E. paulsoni
Hypsiboas heilprini
Osteopilus vastus
O. dominicensis
Amazona ventralis
Calyptophilus frugivorus
Catharus bicknelli
Corvus leucognaphalus
Tachycineta euchrysea
Loxia megaplaga
Xenoligea montana
Priotelus roseigaster
Statut
UICN
CR
Anolis intrépide de Tiburon
Anolis à long museau de La
Hotte
Distribution
géographique
End. de La Hotte
End. de La Hotte
End. de La Hotte
Grenouille grotte jaune
Grenouille à glande de La
Hotte
CR
CR
VU
CR
EN
CR
VU
EN
LC
CR
CR
CR
VU
VU
LC
Perroquet
Tangara cornichon
Grive de Bicknell
Corneille
Hirondelle dorée
Bec-croisé d‟Hispaniola
Tangara des montagnes
Caleçon rouge
CR
EN
EN
EN
EN
VU
EN
End. de l‟île d‟Haïti
End. de l‟île d‟Haïti
End. de l‟île d‟Haïti
End. de l‟île d‟Haïti
End. de l‟île d‟Haïti
End. de l‟île d‟Haïti
End. de l‟île d‟Haïti
End. d‟Haïti
Services écosystémiques
Les forêts de Grand Bois fournissent de nombreux services écosystémiques. Elles servent
d‟habitats à de nombreuses espèces animales et végétales. Elles procurent de l‟alimentation tant aux
animaux qu‟aux humains. Par ailleurs, le sous-bois offre parfois des cachettes à certaines espèces
animales et sert de sites de nourrissage pour les petits, particulièrement dans le cas des oisillons. Il est
certain que la perte de ces habitats risquerait de mettre en péril la survie de toutes les espèces qui, d‟une
manière ou d‟une autre, profitent des ressources de la forêt. Une initiative pilote de Paiement pour
Services écosystémiques a été instituée en vue d‟encourager le propriétaire d‟une parcelle forestière à
protéger l‟habitat de certaines espèces de grenouilles.
3.6
Mobilisation de ressources
Le projet CEPF de la SAH a contribué à catalyser les efforts d'autres institutions partenaires,
bénéficiaires elles aussi du CEPF (par ex. : Temple University, Philadelphia Zoo). La SAH a encouragé
la création d‟un mécanisme de financement durable. Ainsi, un Trust Fund a été créé : le Haïti National
Trust. Il s'agit d'une société privée qui interviendra dans l'acquisition et la gestion d'aires protégées. Le
144
support du CEPF a conforté le statut de la SAH aux yeux d'autres bailleurs de fonds (BID, UNEP,
PNUD) dans l'optique d'obtention d'autres financements.
Parallèlement, la SAH s'est engagée à renforcer les organisations de la Société Civile. Des
ateliers de travail et de partage d'informations sont organisés impliquant des institutions locales telles
Géo-Nature Expert, la FMD, la Fondation Nouvelle Grande-Anse (FNGA), l'Organisation pour la
Réhabilitation de l'Environnement (ORE), pour ne citer que celles-là.
4. Résultats atteints à date
La SAH a travaillé en étroite collaboration
avec le Ministère de l‟Environnement et le Comité
Interministériel d‟Aménagement du Territoire
(CIAT) (http://ciat.gouv.ht/) pour identifier et
délimiter des aires protégées potentielles,
sélectionnées pour leur importance en termes de
biodiversité endémique.
La documentation produite dans le
cadre du projet financé par le CEPF a
contribué à l'élévation de Grand Bois,
Grande Colline et Deux-Mamelles au
rang d'Aires protégées.
Certains résultats, quoiqu‟indirectement liés au projet, ont tout de même été atteints. C‟est le
cas de la création du Parc National Naturel des Deux-Mamelles.
Nom
Parc National Naturel de Grande Colline
Parc National Naturel de Grand Bois
Parc National Naturel des Deux-Mamelles
Catégorie
Parc National
Parc National
Parc National
Superficie (ha)
1 510,45
370,15
2 264,97
Date de l‟arrêté
23 juillet 2014
23 septembre 2015
23 septembre 2015
D‟autre part, aussi faible soit-il, les revenus de certains membres des communautés locales ont
augmenté. Il n'y a pas eu d'emplois directs. Juste de petits revenus ponctuels accordés aux porte-faix,
guides, propriétaires déclarés des forêts naturelles de Grand Bois. Toutefois, dans le Plan d'Action, la
SAH prévoit de développer des activités alternatives génératrices de revenus.
5. Conclusion et recommandations
La mise en œuvre de ce projet constituait pour l'équipe de la SAH un livre ouvert dont on
pouvait apprendre beaucoup de leçons. Le caractère imprévisible de la situation socio-économique et
politique en Haïti conjugué aux multiples défis quotidiens, particulièrement ceux liés aux aléas naturels,
rendait la gestion du projet difficile. La communication régulière et franche entre la SAH et le CEPF a
permis de dénouer des goulots d‟étranglement qui auraient compliqué la tâche de l‟équipe de mise en
œuvre. Néanmoins, la stratégie de mise en œuvre privilégiant un contact régulier avec les autorités
locales et l‟implication directe des riverains, ainsi que le réseautage, ont largement contribué à la réussite
du projet avec la mise sous protection légale de 4145,57 hectares dans le massif de La Hotte,
spécialement les 370,15 hectares de Grand Bois.
En guise de recommandations, nous pouvons relater certains aspects ayant contribué au succès
du projet et des défis dont il faut absolument tenir compte avant de se lancer dans l‟implémentation de
tout projet de développement en Haïti :
145
Impliquer des étudiants : ceux-ci non seulement gagneront en expérience, mais constitueront une
base solide en vue de la poursuite du plaidoyer permanent en faveur de la protection de la
biodiversité d‟Haïti ;
Tisser des partenariats : Ceux développés par le réseau de professionnels affiliés à la SAH se sont
avérés essentiels dans la réussite du projet. Si la motivation n‟est pas toujours la même chez
tout le monde, certains partenaires ont apporté une contribution substantielle non négligeable ;
Maintenir des relations cordiales avec les autorités locales : Il est important d'organiser régulièrement
des rencontres avec les autorités locales (Maires, CASECs, ASECs) en vue de les tenir
informées autour de la mise en œuvre du projet et des retombées positives que sa réussite
pourrait générer pour la localité ;
Impliquer les communautés locales : Les membres des communautés locales de l‟aire d'intervention
du projet doivent être conscientisés sur les menaces auxquelles est exposée la biodiversité dans
l'aire d'étude. Des ateliers de restitution peuvent participer de la politique de sensibilisation au
profit des leaders locaux (autorités locales, autorités religieuses, personnel éducatif) ;
Jeter des passerelles vers les autres projets : S‟informer des autres projets mis en œuvre dans la zone
et s‟en rapprocher afin d'analyser les possibilités de la mise en place d'une synergie capable de
favoriser les probabilités de réussite de chacun des projets pris séparément ;
Maintenir des relations cordiales avec l‟État : Tenir le gouvernement régulièrement informé des
activités en cours et programmées. Dans notre cas, des rencontres régulières avaient été
organisées entre la SAH et le gouvernement haïtien à travers l'Agence Nationale des Aires
protégées (ANAP).
Toujours viser le succès : Travailler simultanément sur deux sites aux reliefs aussi fragmentés n'est
pas chose facile. De plus, la situation socio-économique extrêmement précaire des
communautés locales habitant les zones du projet représentait une réelle menace pour l'équipe
de mise en œuvre du projet. Néanmoins, l'unique motivation de l'équipe était la volonté de
terminer ce projet avec succès et ainsi contribuer à l‟amélioration des conditions de vie des
communautés locales.
C'est pourquoi la SAH ne cesse de mener des démarches afin de pouvoir obtenir d'autres fonds
qui permettront de garantir le suivi des activités définies dans le Plan d'Action de 5 ans proposé pour
le site de Grand Bois, notamment la création de la première aire protégée privée d‟Haïti.
146
SECTION E : PROFIL NATIONAL DE LA BIODIVERSITÉ
147
14. Profil du pays en matière de Biodiversité
Cette partie qui reprend sommairement un ensemble d‟informations sur la situation de la biodiversité
dans le pays, repond à une exigence de la Convention sur la Diversité Biologique concernant le format
de presentation des sixiemes rapports nationaux. Elle présente l‟état et la tendance de la biodiversité, y
compris ses avantages et les services écosystémiques afférents. En dépit de graves problèmes de
dégradation de l'environnement, Haïti constitue la deuxième flore la plus diversifiée des Caraïbes. Les
études floristiques des plantes vasculaires révèlent invariablement de nouvelles espèces, en particulier
dans les zones biologiquement riches.
Selon une étude floristique menée par l'Université de Floride dans les années 1980
et 1990, un inventaire des orchidées dans le parc national Macaya, dans la péninsule
sud, a révélé qu'un tiers des 134 espèces n'étaient pas décrites au moment de leur
collecte. La flore totale des orchidées représente environ 40% des 350 espèces
d‟orchidées connues sur l‟île Hispaniola. Les scientifiques qui ont procédé aux
inventaires de la flore haïtienne n‟ont pas trouvé de consensus sur les espèces de
plantes vasculaires existantes. Cependant, de récentes études montrent que le pays dispose entre 5 000
et 5 600 espèces de plantes vasculaires dont 37 % sont endémiques. De cette dernière, on dénombre
environ 300 espèces de Rubiaceae, 300 espèces d'Orchidaceae, 330 espèces d'Asteraceae, 300 Graminae
et trois espèces de Conifères (Pinus occidentalis, Juniper juniperus, Juniperus ekmanii). Le pays dispose
de 31 Zones Clés de la Biodiversité, dont 10 Zones importantes pour la conservation d‟oiseaux et 14
zones côtières et marines ; 6 écorégions dont une marine ; et de 9 zones de vie exceptionnelles.
Le pays possède également une riche faune avec plus de 2000 espèces de vertébrés
dont 75% sont considérés comme endémiques. Entre 245 et 260 formes d‟oiseaux
connues dont 31 espèces endémiques. 84 espèces d‟oiseaux seulement à l‟île la
Gonâve et 47 à l‟île de la Tortue. 932 espèces de poissons reportées. 120 espèces de
reptiles. 58 espèces d‟amphibiens dont 49 sont en extinction
Les îles continentales et satellites reflètent un fort degré d‟endémisme. Un inventaire biologique de ces
îles montre que : l'île de Gonâve contient plus de 938 espèces de plante dont 17 sont endémiques ; à
la Navase on dénombre plus de 800 espèces de plantes dont beaucoup n'existent peut-être nulle part
ailleurs dans le monde, et pas moins de 250 sont entièrement nouvelles pour la science et enfin sur l‟ile
de la Tortue, on a inventorié 889 espèces de plantes dont 24 sont endémiques.
Les services écosystémiques en Haïti sont nombreux mais ne sont pas souvent
quantifiés. Cependant, selon une étude réalisée par ReefFix et FoProBim (2013) sur
environ 10 sites de mangroves et de récifs coralliens, la valeur des services
écosystémiques s‟élève à un total de 9,572,460,000 USD. La protection du littoral,
assurée par les mangroves et les récifs coralliens, revêt une importance capitale dans
une zone exposée aux cyclones saisonniers.
En outre, ces mêmes écosystèmes sont d'importants sites de frai et de refuge pour les espèces de
poissons juvéniles, qui contribuent à maintenir les stocks de poissons en bonne santé et constituent un
moyen de subsistance pour les pêcheurs. Avec plus de la moitié de la population d'Haïti travaillant dans
le secteur agricole, d'autres services écosytémiques, tels que la régulation de la qualité de l'eau et des
sols, revêtent une importance cruciale.
148
14.1. Principales pressions et facteurs de changement de la biodiversité
La biodiversité d‟Haïti est en proie à bon nombre de facteurs directs et indirects qui
sont d‟ordres anthropiques et environnementaux. Ils incluent : la surexploitation des
ressources forestières et des ressources halieutiques, la coupe excessive et
remblaiement des zones de mangroves, la pollution et la mauvaise gestion des
déchets, les effets du changement climatique, le manque d‟éducation, les faibles
moyens économique de la population et la croissance démographique qui ont un
impact négatif sur les écosystèmes naturels et provoquent l‟érosion de la diversité biologique;
introduction d'espèces exotiques; la fragmentation de l'habitat due à la pression croissante du secteur
agricole et d'autres activités humaines (telles que le développement urbain et les corridors de transport);
la mauvaise gouvernance et problèmes institutionnels caractérisés notamment par un manque de
coordination dans les actions, manque d'engagement fort de la communauté des ONG en faveur des
causes de la conservation, instabilité politique et fragilité des institutions, manque de soutien financier
insuffisant pour la gestion de la biodiversité, etc.) et l‟absence d‟une politique nationale avec des plans
d‟actions bien définis qui prend en compte les priorités nationales en matière de gestion de la
biodiversité.
14.2. Mesures visant à améliorer la mise en œuvre de la Convention
14.2.1. Mise en œuvre du SPANB
Afin de s'acquitter de ses obligations en vertu de la CDB, le Ministère de l'Environnement (MDE) à
travers sa Direction de la Biodiversité (BD) nouvellement créée, a mené une série de consultations
nationales (ateliers thématiques sur la biodiversité, séminaires, etc.), dont l'objectif principal était de
recueillir les points de vue sur les principales questions de biodiversité et avoir une idée claire des
mesures prises pour la gestion durable et la conservation de la biodiversité du pays. Actuellement, le
pays dispose d‟un draft de Stratégie et Plans d‟Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB) qui est
en cours de validation. Ce dernier a été élaboré pour une période allant de 2019 à 2030. La charpente
de cette stratégie est conçue sur la base de huit (8) objectifs découlant des OAB.
Le profil du SPANB est conçu autour d‟un engagement qui concilie le peuple haïtien avec son milieu
naturel pour une gestion et valorisation rationnelle des ressources biologiques au profit d‟un
développement durable pour le bien-être des générations actuelles et futures. Il se donne pour mission,
d‟ici à 2030, de réduire ou de renverser de manière significative la perte de biodiversité par la mise en
place des mesures efficaces et durables, pour assurer la provision des services écosystémiques essentiels
et le partage juste et équitable des avantages fournis par la biodiversité, et ce pour le bien-être social,
économique et environnemental. En vue de parvenir à une gestion durable de la biodiversité, le pays a
identifié neuf (9) principaux axes prioritaires couvrant un certain nombre d‟activités sectorielles pour
faire face aux problèmes actuels :
Priorité-1:
Priorité-2:
Priorité-3:
Priorité-4:
Priorité-5:
Priorité-6:
Priorité-7:
Priorité-8:
Priorité-9:
Éducation et sensibilisation
Restauration des écosystèmes dégradés/mangroves
Mise en place d‟un cadre légal et de gouvernance pour la protection de la BD
Promotion de l‟écotourisme et de l‟agroforesterie
Lutte contre les effets du changement climatique
Protection des récifs coralliens
Conservation des espèces animales et végétales
Contrôle des espèces envahissantes
Valorisation des plantes médicinales
149
14.3. Mesures prises pour atteindre les objectifs d'Aichi pour la
biodiversité et des ODD
Bien que le pays ne disposât pas de Stratégie et Plans d‟Action Nationaux, bon nombre de progrès ont
été réalisés en termes de protection et de conservation de la biodiversité dans le pays. Ces efforts ont
été réalisés, en vertu d‟autres plan d‟action et de développement en vigueur dans le pays et dans le
sousci de respecter les exigences de la CBD.
Selon des données dont dispose la Direction de la Biodiversité et l‟Agence Nationale des Aires
Protégées (ANAP), le pays compte actuellement 25 aires protégées soit 11 marines et 14 terrestres.
Ceci représente une superficie d‟aires terrestres de 187 213. 92 ha (1872km 2) soit environ 7% du
territoire terrestre, et d‟aires marines et côtières de 185 655.90 ha (1857 km2) soit 5% du territoire
marin. Un ensemble d‟actions et de mesures sont prévues afin d‟atteindre, d‟ici à 2020, l‟objectif 11
d‟Aichi soit au moins 17% des zones terrestres et d'eaux intérieures et 10% des zones marines et
côtières. De plus, la validation de la nouvelle Stratégie 2019-2030 prévue pour 2019, va apporter de
nouvelles directives en matière de conservation, protection et restauration de la biodiversité en Haïti.
14.4. Mécanismes de soutien à la mise en œuvre nationale
Des efforts considérables ont été réalisés en termes de cadres légal, institutionnel, règlementaire et
stratégique en faveur de la biodiversité. Signalons entre autres, : le code rural de François Duvalier, la
constitution de 1989, le Décret-cadre de 2006 portant sur la gestion de l‟environnement et la régulation
de la conduite des citoyens et citoyennes. Le Ministère de l‟Environnement travaille actuellement sur
la mise en place du Fonds National pour la Biodiversité Haïtien. De plus, avec la création récente de la
Direction de la Biodiversité, avec pour mission première la gestion de toutes les questions liées à la
biodiversité en Haïti, un nouveau dynamisme s‟émergé dans le secteur.
Les stratégies et plans qui orientent la mise en œuvre de la biodiversité et du développement sont
fondamentalement les politiques générales des gouvernements, le Plan de développement agricole
(PDA), le Plan stratégique de développement d‟Haïti (PSDH), le Plan d‟action national d‟adaptation
(PANA), le Plan d‟action pour l‟environnement (PAE), la Politique nationale sur les changements
climatiques (PNCC) etc.
Par ailleurs, bon nombre de programmes et de projets, à travers des financements de divers bailleurs,
ont contribué au renforcement du Ministère de l‟Environnement via la formation des cadres,
d‟élaboration d‟outils stratégiques et de manuels de procédure pour la gestion durable de
l‟environnement en Haïti notamment en matière d‟évaluation environnementale. D‟autres initiatives
peu connues menées par les organisations communautaires de base appuyés par certaines ONGs
contribuent aussi à l‟atteinte des OAB et des ODD.
En considérant, les efforts déjà encourus et ceux programmés dans le SPANB 2019-2030, le profil de
la biodiversité d‟Haiti dans la prochaine decennie devrait orienter une mise en œuvre plus efficace de
la biodiversité.
14.5. Mecanisme de suivi et d‟examen de la mise en œuvre
De la même manière que les données spatiales ont été utilisées pour assurer l‟élaboration du 6RN dans
son ensemble, il est recommandé, dans le cadre de l‟élaboration du SPANB 2019-2030, qu‟un certain
nombre de mesures et de mécanismes de suivi soit mis en place afin d‟assurer le suivi et l‟examen de
150
sa mise en œuvre. Les indicateurs nationaux identifiés doivent mis en à profit pour mesurer les progrès
accomplis dans le temps et dans l‟espace.
14.6. Équité genre et conservation de la biodiversité
Il est crucial de mentionner que dans le processus de mise en œuvre du développement durable et de
la conservation de la biodiversité, l‟équité genre n‟a pas toujours été valorisée. En dépit des efforts
menés par certains partenaires sur le terrain, cet aspect n‟est pas toujours appréhendé à sa juste valeur.
Certaines institutions porteuses des initiatives genres ne sont pas encore parvenues à en faire l‟ancrage
dans les réflexes locaux et en faciliter l‟appropriation. La présence des femmes dans la mise en œuvre
des activités demeure l‟une des faiblesses enregistrées dans le cadre de l‟élaboration du 6RN. La
sensibilisation ou même la formation visant à mettre en place des outils de prise en compte de la
dimension genre est à promouvoir dans le SPANB 2019-2030.
151
SECTION F : CONCLUSION ET PERSPECTIVES
152
15. Conclusion
Les informations recueillies lors de l‟élaboration du 6RN ont révélé que, depuis 2009 beaucoup
d‟efforts ont été mis en place pour augmenter le niveau de conservation de la biodiversité au niveau
national. Ces efforts se manifestent aussi bien aux niveaux politique, légal, institutionnel que dans les
interventions sur le terrain. Considérant les diverses avancées identifiées, il est évident que le profil de
la biodiversité a positivement évolué pendant les 10 dernières années.
Au niveau politique et légal : de nombreuses AP tant marines que terrestres ont été créées, délimitées
et bornées à travers des arrêtés.
Au niveau institutionnel : d‟une part il est créé la direction de la biodiversité ayant, entre autres, pour
mission d‟assurer de la mise en œuvre des décisions de la CBD, d‟autre part, l‟ANAP est promue
comme direction générale avec l‟autonomie et l‟autorité régalienne de prendre des décisions pour la
protection des territoires à conserver et à protéger.
Avec l‟existence de ces deux structures appuyées par certains partenaires, un ensemble de mesures ont
été prises afin de répondre à quelques exigences de la Convention. En ce sens, de 2010 à 2018, de
nouvelles aires protégées sont créées et déclarées. Entre 2010 et 2018, un total de 25 AP ont été
délimitées, ce qui rapproche le pays vers l‟atteinte de l‟OAB11.
Cependant, il reste encore des écarts à combler pour atteindre pleinement cet objectif. C‟est pour cela
qu‟il est judicieux de prendre les dispositions nécessaires pour combler les écarts en termes de couvert
du territoire en AP. Il faudra, d‟ici à 2021, ajouter au moins 284 550 ha sur les AP terrestres existant et
207450 ha sur les AP marins. Ces AP doivent être créées, délimitées et bornées.
En vue de combler les écarts identifiés au regard de la mise en œuvre de l‟objectif 11 d‟Aichi sur les
aires protégées, il a été déjà proposé dans le 5RN de compléter le SNAP terrestre et de mettre le cap
vers un SNAP marin digne de son nom.
L‟effectivité de cette progression peut se faire en capitalisant sur les AP potentielles qui ont déjà fait
l‟objet d‟analyse et de validation par les différents acteurs notamment les organisations de la société
civile spécialisées en biodiversité marine et côtière telles que Reef Check Haïti et FoProBim. Soulignons
que 31 ZCB couvrant une superficie de 934 000 ha décrites par le CEPF font déjà partie de ces AP
potentielles.
Cependant pour que ces initiatives puissent s‟inscrire dans la durabilité, comme le veut la CBD d‟autres
mesures en termes de gestion et de gouvernance doivent être prises. Notons que des 25 AP existant,
seulement 4 de sont munies de leur plan de gestion, outil indispensable à la gestion durable des
ressources naturelles. C‟est un outil qui présente les éléments clés pour faire, entre autres, la prévention,
la conciliation et l‟arbitrage et la négociation au sein de ces aires protégées. Et seulement une, l‟Unité 2
de la Forêt des Pins dispose d‟une unité de gestion.
Au niveau des interventions sur le terrain : plusieurs actions sont menées par les acteurs qui
touchent d‟une certaine manière la gestion et la conservation de la biodiversité que ce soit dans le cadre
153
de la mise en œuvre des conventions internationales ratifiées par le pays sur la gestion durable des
terres, les changements climatiques, etc.
La plupart de ces actions vont dans le sens de la gestion des ressources naturelles, la protection des
terres, le reboisement ou la reforestation, de la formation ou de la sensibilisation, amélioration de la
gouvernance environnementale, actions de résilience face au climat
Cependant, les interventions de conservation de la biodiversité se font la plupart du temps de manière
éparses et ne sont pas systématiquement intégrés dans un référentiel. Ceci pourrait s‟expliquer par le
fait qu‟il n‟existe pas jusqu‟à date de stratégie nationale et de plan d‟action servant de référentiel de
conservation de la biodiversité.
Par ailleurs, ces efforts sont constamment sous la pression tant anthropique qu‟environnementale qui
constitue de véritables menaces pour la survie et la pérennisation de certaines espèces, qui à force de
dégradation et au fil du temps, voient disparaitre leurs habitats que ce soit au niveau terrestre, côtier
que marin.
D‟autres facteurs perturbateurs liés à l‟explosion de la population, l‟urbanisation anarchique affecte
l‟équilibre écologique et l‟intégration de la biodiversité, facteurs indispensables à la survie, à la
reproduction des espèces-, des ressources génétiques animales et végétales.
L‟une des principales embuches auxquelles a fait face le 6RN est la disponibilité de données
quantitatives et scientifiques. L‟inexistence de ces données a rendu ardu tout le processus d‟élaboration
du rapport. Il s‟avère important que les universités rentent dans une dynamique systématique de
recherche dans le domaine de la biodiversité, qui jusque-là se fait de manière sporadique.
La mise en place de ces initiatives devra être accompagnée d‟actions de développement au travers de
la mise en place, entre autres, d‟ateliers scientifiques, de consultations et d‟engagements des parties
prenantes, d‟Études d‟Impact Environnementale simplifiées, de propositions de délimitations, de
promulgation d‟arrêtés présidentiels de création, d‟arrangements de gestion, de proposition de
gouvernance, etc. (MdE, 2016).
Il est aussi judicieux de faire le renforcement du système de gouvernance. Ce système doit faire la
promotion pour l‟intégration des femmes et la valorisation du savoir autochtone. En effet, la
gouvernance de la biodiversité en Haïti demeure une nécessité. En comparant les AP existantes aux
structures de gouvernance, il est évident qu‟il existe une grosse lacune à ce niveau.
Dans le système de gouvernance environnementale haïtien, il manque plusieurs éléments importants.
D‟une part l‟implication des femmes qui constituent un pilier indispensable, mais non valorisé, à
l‟atteinte des ODD, si on considère l‟ampleur de leurs rôles au sein des communautés et leur
importance dans la gestion des ressources naturelles.
D‟autre part, la valorisation du savoir autochtone est un élément sur lequel il faudra accorder plus
d‟attention si on considère son apport dans la pérennisation des valeurs, des moeurs et dans la
conservation des espèces notamment les espèces médicinales. Les communautés de base qui sont en
possession de ce savoir doivent être intégrées dans un cadre harmonisé de gestion et de gouvernance.
154
Cependant, à une échelle réduite, les différentes études de cas considérées dans le cadre de ce rapport
ont quand même montré une certaine intégration des communautés de base dans la structure de gestion
des AP concernées c‟est le cas de la Helvetas au niveau de l‟Unité 2 de la Forêt des Pins et des Lagons
des Huitres, mais il n‟a pas été démontré comment leurs savoirs sont valorisés.
En suivant la dynamique de création d‟AP dans laquelle le pays s‟est lancé, il est indispensable de mener
des efforts supplémentaires en vue de renforcer la gouvernance du domaine. Cependant, au niveau des
entités pour lesquelles ces structures sont présentes, il est difficile de démontrer, mis à part quelques
exceptions, les progrès qui se font étant donné qu‟il n‟existe pas de systématisation de la gouvernance.
Sur la base des résultats de ce rapport, le Ministère de l‟Environnement à travers la Direction de la
Biodiversité s‟engage à élaborer et valider le SPANB 2019-2013 pour Haïti. Ce dernier devra intégrer
les huit (8) objectifs nationaux identifiés ainsi que les indicateurs et cibles qui ont été proposés. Ces
indicateurs fournissent un cadre pour évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs
nationaux. Ils permettent de suivre progressivement les avancés qui y sont liées.
Finalement, en termes de mobilisation de ressources, il a été constaté que les fonds pour la biodiversité
auxquels Haïti en a accès ne sont pas encore établis au niveau national en dépit de son éligibilité. Il
s‟agit particulièrement du Fonds Caribéen pour la Biodiversité (CBF). Pour accéder à ce fonds, le pays
doit mettre en place un certain nombre de mécanismes notamment les aspects légaux, et le comité
fonctionnel etc.
De manière plus concrète, le pays doit prendre les dispositions pour établir le Fonds Fiduciaire National
pour la Conservation (NCTF) qui serait le Fonds Haïtien pour la Biodiversité (FHB). Ce fonds
permettra de mettre en œuvre des initiatives touchant l‟adaptation basée sur les écosystèmes selon une
perspective de la montagne à la mer telles que les écosystèmes côtiers et marins, le reboisement, les zones
riveraines, les pentes en amont en relation avec les écosystèmes côtiers / marins. D‟autres activités
telles que la cartographie, la sécurité alimentaire, la pêche, la sensibilisation à la vulnérabilité, la
politique/gouvernance, la réduction des risques des catastrophes, etc. sont aussi éligibles.
16. Perspectives : Comment aborder et concevoir l‟après 2020
pour Haïti avec les résultats du 6RN
Afin de rendre efficace la gestion et la conservation de la biodiversité en Haïti, suite aux nombreux
constats et observations faits lors de l‟élaboration du 6RN, plusieurs actions doivent être posées tant
du côté de l‟ANAP, de la Direction Biodiversité, de leurs partenaires et des différents intervenants dans
le domaine. Plusieurs lacunes en ont aussi été observées sur la base desquelles des mesures correctives
devront être appliquées afin d‟atteindre les objectifs fixés. Ces mesures serviront de base à l‟élaboration
de la stratégie et du plan d‟action national de la biodiversité. Plusieurs initiatives sont à prévoir :
Campagne nationale de sensibilisation
Il est fondamental qu‟une masse critique de la population locale soit sensibilisée au concept de la
biodiversité et s‟approprie de son importance dans leur communauté. Cette activité pourrait s‟inscrire
dans le cadre de cette vaste campagne que la DB va lancer d‟ici le début de l‟année 2019.Pour être
réaliste, cette campagne peut prendre l‟aspect :
155
a) d‟ateliers régionaux et des focus groups où les acteurs seront ciblés en fonction de leurs intérêts
dans la conservation de la biodiversité.
Il est crucial que les collectivités locales, les écoles, les groupements religieux, les organisations
communautaires, les organisations de femmes soient massivement touchés ;
b) d‟émissions médiatisées au niveau local doivent être promues.
Il est conseillé de traduire le 6RN en outil de vulgarisation utilisable dans les différentes activités de
sensibilisation qui seront menées dans le cadre du SPANB. Il est donc indispensable de traduire cet
outil préférablement en français et créole afin d‟en faire un document de sensibilisation accessible à
toutes les catégories d‟acteurs.
Afin d‟assurer un suivi systématique de la mise en œuvre du SPANB, la DB peut mettre en place un
cadre de suivi systématique basé sur des indicateurs. Dans ce contexte, elle peut valoriser l‟utilisation
d‟un outil qui permet de suivre l‟évolution des indicateurs. Il est proposé de valoriser ce cadre de suivi
prenant en compte les Forces-directrices-Pression-Etat-Impact-Réponse (DPSIR) qui se focalise sur
les méfaits causés à l‟environnement et comment y remédier. Le cadre DPSIR peut être utilisé à
n‟importe quel niveau géographique pour répondre au besoin de données et informations
environnementales fiables et pour rendre effectives des politiques de réponse visant à une meilleure
gestion de l‟environnement.
Systématisation de la recherche dans le domaine de la biodiversité
L‟une des principales embuches auxquelles a fait face le 6RN est la disponibilité de données
quantitatives et scientifiques. L‟inexistence de ces données a rendu ardu tout le processus d‟élaboration
du rapport. Il s‟avère important de dynamiser la recherche dans le domaine de la biodiversité au niveau
des Universités et Centres de recherche, qui jusque-là se fait de manière sporadique.
Il est aussi important de valoriser et d‟appuyer les initiatives en cours notamment la mise en place du
système d‟information environnemental et la plateforme Haitidata.org pour ne citer que ceux-là. Le
PNUD devait appuyer le renforcement de ces structures dans le cadre de la mise en œuvre du Plan
national d‟adaptation (PNA) par exemple.
Dans une perspective d‟avoir des informations nationales à jour et représentatives de la réalité du pays
en matière de conservation de la biodiversité, il est recommandé de faire l‟inventaire national des
espèces menacées et ne pas en tenir uniquement aux seules données fournies par l‟UICN.
D‟autres initiatives sont à prendre en main par le Ministère de l‟Environnement et la Direction de la
biodiversité en l‟occurrence la mise en place du système d‟information environnementale (SIE) appuyé
par l‟ONU-Environnement et dont les données issues du 6RN doivent servir d‟éléments de base pour
son alimentation. Un suivi doit être assuré è ce niveau avec ONU-Environnement.
Des relations doivent être créées avec les universités et Centres de recherche afin de promouvoir le
développement des études scientifiques dans le domaine. La Direction de la Biodiversité peut établir
des partenariats avec ces institutions afin de développer des recherches dans le domaine.
Mise en œuvre systématique des exigences de la CBD
Il est recommandé que la Direction de la biodiversité, dont la mission essentielle est d‟assurer la mise
en œuvre des exigences de la CBD, prenne les dispositions pour rendre disponibles, en temps et lieu,
156
les divers documents et rapports de communication dans le but de satisfaire les exigences de conformité
du pays aux engagements pris dans ce cadre.
Élaboration du SPANB 2019-2030 : ll est vivement conseillé que la Direction de la biodiversité
prenne les dispositions nécessaires pour assurer l‟élaboration de la stratégie et du plan d‟action national
de la biodiversité au cours de l‟année 2019, mais aussi sa mise en œuvre au cours des années à venir.
Il est fortement recommandé que l‟équité genre soit mis en exergue dans la stratégie et qu‟il y a un
mecanisme national de suivi de sa mise en œuvre.
Mobilisation de ressources : Pour mettre en œuvre la SPANB et les recommandations faites dans le
cadre du 6RN, il est crucial que des ressources soient mobilisées. Il est encouragé de mettre en place le
Fonds Haïtien de la Biodiversité. Des dispositions doivent être prises pour mettre en place la base
notamment les aspects légaux et administratifs en vue d‟avoir accès au Fonds Caribéen pour la
Biodiversité. Il est aussi important de faire la promotion pour d‟autres types de fonds tels que le Haïti
National Trust , un fonds privé géré par le secteur privé.
157
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Florid, USAID Haiti. Abstract: Inventory of the endemic species as well as the introduced species.
Proposes recommendations for conservation of endemic species.
160
ANNEXES
161
Annexe A. Liste interventions touchant les aires protégées : 2009-2020
Projet
Partenaires
Calendrier techniques
financiers
et
Partenaire
de
Description
mise en œuvre
Zone
Alignement
d‟intervention avec le PANA
Aires protégées
Système National des
Aires protégées (SNAP)
2009-2014 PNUD GEF
financièrement
soutenable
MdE
ANAP
Mise en place du National
Système National
des
Aires
protégées et de sa
stratégie
de
financement,
appui
institutionnel
à
l'ANAP.
Macaya. Sud
Protection
et
gestion de l'aire
protégée
de
Macaya
Option3
Valorisation et
conservation
des ressources
naturelles
Option3
Valorisation et
Parc Macaya
conservation
des ressources
naturelles
Protection
et Forêt des Pins, Option3
Valorisation et
gestion de l'aire Ouest
Parc Forêt des pins (unité
protégée de Forêt
conservation
2013-2017 Helvetas Coop Suisse MdE
des Pins, incluant
des ressources
II)
un renforcement à
naturelles
l'ANAP
La Visite
Option3
Protection
et
Projet Auraucaria XXIMdE. (Direction
Sud-Est
Valorisation et
gestion de l'aire
Haïti. Phases I, II et III (Parc 2007-2012 Coop Espagnole
départementale
conservation
protégée de la
la visite)
du Sud-est)
des ressources
Visite
naturelles
Trou Caïman
Option3
Protection
et
Valorisation et
Sud-Est
Protection
de
Trou
MdE
(ANAP gestion de l'aire
2013-2015 Coop Espagnole
conservation
Caïman
DDO)
protégée de Trou
des ressources
Caïman
naturelles
Aire protégée Option3
Protection
et
marine des 3 Valorisation et
gestion de l'aire
Parc Marin des 3 Baies
2014-2016 BID
MdE
Baies, Nord- conservation
protégée marine
Est
des ressources
des 3 Baies
naturelles
Protection de 2 Belle Anse
Option3
sites présentant un Sud-Est
Valorisation et
intérêt
conservation
environnemental
Protection de 2 sites
UE
des ressources
2014-2016
MdE (ANAP)
naturelles
environnementaux
Helvetas/AMS/Bucosil
et touristique à
Belle
Anse
:
Cascade Pichon et
Lagon des Huitres
ONU Environnement- MdE, MARNDR, Mise en œuvre Sud et Grande Option3
Macaya Grand Sud
2015-2018
GEF
CIAT
d‟une
approche Anse : AbricotBID
(ONU2013-2017 Environnement) GEF/ MdE
Norvège
162
écosystémique
Jérémie,
Valorisation et
pour
le Baradères et conservation
développement du Cayemites,
des ressources
Grand Sud avec Macaya, Port naturelles
Saint
focalisation
sur Salut,
établissement des Jean du Sud
aires protégée tout
en
appuyant
l‟économie verte et
la réduction des
risques
aux
catastrophes
Mise en œuvre Tiburon, Ile à
d‟une
approche Vache, Port
écosystémique
Salut,
Saint
pour la Côte Sud Jean du Sud
avec focalisation
Approche
Approche écosystémique
ONU Environnement sur établissement
écosystémique
2017-2020
MdE, MARNDR
des aires protégées
pour la Côte Sud
GEF
pour la Côte
tout en appuyant
Sud
l‟économie verte et
la réduction des
risques
aux
catastrophes
Source : Extrait du document de compilation des projets des PTF du MdE. Version initiale, Marie Bonnard
(2015), complétée par EB Civil (2017)
163
Les interventions/projets touchant la gestion des bassins versants
Partenaires
Partenaire
de
techniques et
Description
mise en œuvre
financiers
Calendrier
Projets
Zone
Alignement
d‟intervention avec le PANA
Gestion des bassins versants
Gestion durable
Terres (GDT)
des
2008-2012
PNUD
Aménagement de bassin2014-2017
versants
Helvetas
Aménagement de bassin2012-2013
versants
Helvetas
Chaine
Bonheur
Compensation CO2
2012
2013
Contribuer
à
la National
promotion d‟initiatives
de GDT dans le souci de
renforcer et de maintenir
la productivité
des
MdE (Direct. Sols
écosystèmes
et
les
et Écosystèmes)
fonctions écologiques à
travers le renforcement
des capacités et la
promotion des principes
de GDT.
Gestion
du
bassin- Sud-Est
versant de Verettes
MdE (Direct. Sols
(traitement de ravines,
et Écosystèmes)
création de comités de
BV)
Ouest
FAO, MdE (Direction
Aménagement de bassin
du Sols
et
versant à Petit-Goâve
Écosystèmes)
- AVSI Treedom
s.r.l.
Activités pilotes
de
reboisement pour tester
une
méthode
scientifique de suivi du
taux de survie des
plantules
Priorité
I
Aménagement
des
BV
et
Conservation
de sols.
Priorité
I
Aménagement
des
BV
et
Conservation
de sols.
Priorité
I
Aménagement
des
BV
et
Conservation
de sols.
Priorité
I
Aménagement
des
BV
et
Conservation
de sols.
164
Frontière Verte
Corridor Biologique
20112013
20102014
Projet binational Libon 2011Verde
2015
Études et initiatives
pilotes
visant
à
promouvoir la durabilité 2011environnementale
en 2014
République Dominicaine
et en Haïti"
Projet
Binational
Réserves de la Biosphère 2014La Selle / Jaragua- 2016
Enriquillo-Bahoruco
Contribution au plan
d'action national de lutte
contre la désertification 2014(application
de
la 2019
convention
des
NU
désertification).
Reforestation et gestion Binational
des ressources naturelles Nord-Est
ONUMdE (Direction à la frontière nord
Environnement/
des Forets)
haïtien-dominicaine
PNUD Norvège
(Rivières Massacres et
Pedernales)
Intégration d'Haïti dans Binational
le Corridor Biologique
Caribéen
pour
la
protection
de
la
la
ONU
MdE (Direction biodiversité,
réhabilitation
de
Environnement des Forets)
l'environnement et le
développement
d'alternatives
économiques.
Binational
Reboisement du bassin
Nord-Est
MdE, Ministère
versant de Rio-Libon, sur
GIZ
de l'Agriculture
les communes de Mont(BAC)
Organisé, Carice, Lamiel
AVSI UE
GIZ
FAO UE
Activités
de Sud
reboisement,
développement
d'itinéraires techniques
pour
des
cultures
MdE (Direction
environnementalement
des Forets)
durables
(foresterie,
café, etc…). Zone cible :
zone
tampon
Parc
Macaya et Parc Nalga de
Marco en RD
Sud-Est
Binational
Projet binational d'appui
MdE
au Massif de la Selle
MdE
Action
contre
la National
désertification pour des
moyens
d'existence
durables et des systèmes
écologiques productifs et
résilients dans 8 pays
ACP/Composante Haïti
Priorité
I
Aménagement
des
BV
et
Conservation
de sols.
Priorité
I
Aménagement
des
BV
et
Conservation
de sols.
Priorité
I
Aménagement
des
BV
et
Conservation
de sols.
Priorité
I
Aménagement
des
BV
et
Conservation
de sols.
Priorité
I
Aménagement
des
BV
et
Conservation
de sols.
Priorité
I
Aménagement
des
BV
et
Conservation
de sols.
165
Projet de réduction des Binational
Priorité
I
conflits
d'utilisation Artibonite
Aménagement
Projet
binational
Oxfam Québec MdE haïtien et
d'eau dans le bassin
des
BV
et
2011-2014
Artibonito
GEF / PNUD
Dominicain
versant binational de
Conservation
l'Artibonite
de sols.
Programme de micro- Nord
Priorité
I
financements (max 50 Nord-Est
Aménagement
des
BV
et
000 USD) dotations à Sud
Conservation
destination
des Artibonite
organisations
Centre
de sols.
Le MdE fait
communautaires de base Sud
partie du comité
Small Grant Programme
pour des activités de Nippes
2011-2018 PNUD GEF
(SGP)
de sélection des
protection
de
projets
l'environnement
(changement climatique,
protection biodiversité,
dégradation des terres,
gestion de l'eau, …)
Projet de renforcement Ouest,
Priorité
I
du secteur rural : Artibonite and Aménagement
Chemonics
MdE et Ministère reboisement,
Mirebalais
des
BV
et
WINNER
2009-2014
infrastructure agricole,
Conservation
de l'agriculture
USAID
mécanisation agricole,
de sols.
appui au maraichage…
Projet de renforcement Nord
Priorité
I
de l'agriculture dans le
Aménagement
nord,
incluant
une
des
BV
et
composante
Conservation
renforcement
des
de sols.
capacités
du
Le MdE peut être
gouvernement haïtien,
AVANSE
2013-2018 DAI USAID
consulté
au
niveau
local
(Directions
Départementales
Agriculture
et
Environnement, BAC) et
au niveau national.
Réduction
de
la Sud
Priorité
I
vulnérabilité
des
Aménagement
populations dans le Sud,
des
BV
et
passant par l'appui dans
Conservation
la mise en place des
de sols.
MdE
et
de
plans de
cogestion
l'agriculture
hydrographique
et
2013-2015 Norvège Ŕ ONU
(Directions
Terre Sud
comité de gestion des
Environnement
départementales
bassins
versants
et
du Sud)
aménagement
des
bassins
versants
(reboisement,
aménagement
de
ravines, gabionnage)
Source : Extrait du document de compilation des projets des PTF du MdE. Version initiale, Marie Bonnard
(2015), complétée par EB Civil (2017)
166
Réduction de la
vulnérabilité des
populations dans le Sud,
passant par l'appui dans
la mise en place des
MdE et de
plans de cogestion
2013-2015 Norvège Ŕ ONU l'agriculture
hydrographique et
Environnement (Directions
comité de gestion des
départementales
bassins versants et
du Sud)
aménagement des
bassins versants
(reboisement,
aménagement de
ravines, gabionnage)
Terre Sud
Feed the Future Chanje
Lavi plantè
Chemonics
2015-2018
USAID
Mise en place et
renforcement des
comités locaux de
MdE et MARNDR gestion de bassins
versants, infrastructure
agricole, appui à la
production agricole
Sud
Priorité I
Aménagement
des BV et
Conservation
de sols.
Priorité I
Ouest,
Artibonite and
Aménagement
Mirebalais
des BV et
conservation
des Sols
Source : Extrait du document de compilation des projets des PTF du MdE. Version initiale, Marie Bonnard
(2015), complétée par EB Civil (2017)
167
Projet
Calendrier
Partenaires
Partenaire
de
techniques et
Description
mise en œuvre
financiers
Zone
d‟interventio
n
Alignement avec le
PANA
Zones côtières et marines
Adaptation basée sur
la
gestion
des
écosystèmes De la
2015-2020
montagne à la mer :
Parc Macaya, 3 Baies
et Anse à Pitre
PNUD GEF
Adaptation
Changement
climatique en
côtière
PNUD GEF
ACDI
MdE
MARNDR, CATIE,
MPCE, OCB
au
zone
2011-2015
/
MdE
Renforcement de la
résilience
au
changement
2013-2017
climatique et RRD en
agriculture
FAO GEF
Mer Sud
Ministères
de
l'Environnement,
Norvège ONU Agriculture,
Environnement Tourisme
(Département
Sud)
2013-2015
MdE et Ministère
de l'Agriculture
Améliorer la résilience Nord, Nord- Option3
des écosystèmes et des Est, Sud, Sud- Gestion des zones
communautés côtières Est, Nippes, côtières
aux
changements Grand-Anse
climatiques et
aux
Option
4
risques
à
travers
Sécurité
l'approche
de
la
alimentaire
montagne à la mer pour
la conservation de la
biodiversité et la gestion
des bassins versants
Appuyer
les
Option3
communautés côtières
dans
la
capacité
Gestion des zones
d'adaptation
au Sud
côtières
changement climatique Sud-Est
Option
4
et
renforcement
Sécurité
institutionnel DINEPA,
alimentaire
CNIGS, CNSA, MDE
Amélioration de
la
résilience
des
Option3
agriculteurs et
des Ouest
Gestion des zones
systèmes
agro- Sud-Est
côtières
écologiques face à la
variabilité du climat.
Régénération
des
Option3
écosystèmes marins par
Gestion des zones
l'utilisation rationnelle
côtières
des ressources marines
et utilisation d'un plan
de gestion intégré à
l'échelle du Sud
168
Mer Sud
2013-2015
Projet
Pilote
de
Résilience
au
2009-2015
changement
climatique (PPRCC)
Eco-DRR
Caribbean
Biodiversity
(CMBP)
2013-2015
Marine
Program 2014-2019
Régénération
des
écosystèmes marins par
l'utilisation rationnelle
des ressources marines
et utilisation d'un plan
de gestion intégré à
l'échelle du Sud
Etablissement du cadre
général
du
PSRC,
consistant
en
la
construction
d‟une
démarche
méthodologique
d‟intégration de
la
résilience
climatique
BM, BID
CIAT
National
dans les domaines de la
sécurité alimentaire, de
la gestion des zones
côtières et de la
reconstruction qui soit
adaptée
au
niveau
d‟information
disponible;
Régénération
des
Ministères
de
écosystèmes marins par
l'Environnement,
UE, ONU
l'utilisation rationnelle
Agriculture,
Sud Ŕ Port
Environnement
des ressources marines
Tourisme
Salut
et utilisation d'un plan
(Département
de gestion intégré à
Sud)
l'échelle du Sud
Ministères
de
l'Environnement,
Norvège ONU- Agriculture,
Environnement Tourisme
(Département
Sud)
Nature
Conservancy et MdE
USAID
Option3
Gestion des zones
côtières
Option3
Gestion des zones
côtières
Option4
Sécurité
alimentaire
Option3
Gestion des zones
côtières
Gestion
Gestion
des
écosystèmes
écosystèmes marins au Nord et Nordmarins
niveau du Parc des trois est
Baies
Source : Extrait du document de compilation des projets des PTF du MdE. Version initiale, Marie Bonnard
(2015), complétée par EB Civil (2017)
169
des
Annexe B : Liste complète des menaces et des priorités identifiées par les parties
prenantes
SUD
SUD‟EST
NORD ET NORD-EST
la surexploitation des
la surexploitation
des
la surexploitation
des
ressources
ressources forestières,
ressources forestières
halieutiques,
la surexploitation
des les maladies zoo
Pollution
ressources halieutiques,
phytosanitaires,
1
2
les effets du changement
la pollution
climatique
la fragmentation et
l‟altération des habitas,
3
le manque d‟éducation
4
MENACES
5
la coupe excessive et le la fragmentation et
le développement
remblaiement des zones de l‟altération
des
zones côtières
mangroves,
habitats,
Les espèces
envahissantes
exotiques
6
9
10
Éducation et sensibilisation
1
Restauration
des
Éducation et sensibilisation
écosystèmes dégradés
PRIORITÉS
Conservation des espèces Éducation
animales et végétales
sensibilisation
et Restauration
mangroves
des
Mise en place d‟un cadre
Valorisation
des Reconstitution du système
légal pour la protection de la
plantes médicinales
agroforesterie
biodiversité en Haïti
Restauration des mangroves
4
la coupe excessive et la coupe excessive et le
le remblaiement des remblaiement des zones de
zones de mangroves. mangroves
le développement
l‟érosion
des zones côtières
les
espèces exotiques
envahissantes
les effets du changement
climatique
8
3
des
le développement des zones les espèces exotiques l‟altération des rivières
envahissantes
côtières
7
2
la surexploitation des la surexploitation
des
ressources forestières, ressources halieutiques,
Mise en place d‟un cadre
Mise en place d‟un
légal pour la protection de la
cadre légal pour la
biodiversité en Haïti
170
protection de la
biodiversité en Haïti
Restauration
des Promotion
écosystèmes dégradés
l‟écotourisme
de Conservation des espèces
animales et végétales
5
6
Promotion
l‟écotourisme
7
Lutte contre les effets du
Gouvernance
changement climatique
8
9
Protection
coralliens
de
Gestion des déchets
Lutte contre les effets du
changement climatique
Gestion des déchets
Lutte contre les effets
Restauration
des
du
changement
écosystèmes dégradés
climatique
des
récifs
Contrôle des
envahissantes
espèces
Valorisation
médicinales
plantes Protection des récifs
Promotion de l‟écotourisme
coralliens
des
Conservation
des
espèces animales et Gouvernance
végétales
10
11
12
13
Restauration
des Protection
des
récifs
mangroves
coralliens
Contrôle des espèces Contrôle
des
espèces
envahissantes
envahissantes
Valorisation des plantes
médicinales
171
Annexe C : fiche de collecte de données
Nom & prénoms :
Institution :
Fonction :
Téléphone :
Email :
Date :
LES OBJECTIFS NATIONAUX AU REGARD DES OAB ET DES ODD
OAB 1 : Sensibilisation à la biodiversité
1.
Avez-vous entrepris des activités de
sensibilisation sur les questions liées à la
biodiversité ?
2.
Combien
de
campagnes
de
communication et de prévention ont été
menées par votre institution autour de la
biodiversité ?
3.
Quelle est l‟estimation du nombre total
d‟individus sensibilisés par le biais de
ces campagnes ?
4.
Ces activités relatives à la sensibilisation
sont-elles efficaces pour influencer le
changement de comportement des
individus, des organisations et de
gouvernements ?
5.
Quel est le pourcentage de femme qui a
été sensibilisé au cours de ces
campagnes ?
OAB 5 : Fragmentation et dégradation des habitats
1.
Lien avec les ODD
Lien avec les ODD
Quelles mesures avez-vous prises afin
de réduire la déforestation et la perte des
habitats ?
Quel est le nombre de plantules
mises en terre ?
172
2.
Combien de sites (habitats naturels)
avez-vous protégés ? Et quelles sont les
superficies ?
3.
Quelles mesures doivent-être prises afin
de réduire la dégradation et la
fragmentation des habitats ?
OAB 6 : Pêches durables
1.
Quelles sont les actions entreprises pour
la
protection
des
ressources
aquatiques ?
2.
Avez-vous contribué à la protection des
espèces menacées ?
3.
Avez-vous contribué à la mise en place
de plans de rétablissement pour les
espèces épuisées ? Quelles espèces ?
4.
Avez-vous contribué à la mise en place
des aires marines protégées ? Quelle est
la superficie ?
5.
Quel est le pourcentage d‟habitats
aquatiques qui est cartographié ?
6.
Quelles sont les actions que vous avez
prises contre la pollution côtière ?
OAB 11 : Aires protégées
1.
Quelle est la superficie de zones
terrestres et d‟eaux intérieures protégées
de 2011 à 2018 ?
2.
Quelle est la superficie de zones marines
et côtières protégées de 2011 à 2018 ?
3.
La méthode de gestion des zones
protégées est-elle efficace ?
Lien avec les ODD
Lien avec les ODD
173
4.
Les
zones
protégées
cartographiées ?
sont-elles
5.
Quels autres groupes ou parties
prenantes sont impliqués dans la
gestion des AP ?
6.
Les peuples
autochtones et les
communautés locales sont-ils impliqués
dans la gestion des AP de manière
systématique ?
7.
Les femmes sont-ils impliqués dans la
gestion des AP de manière systématique
?
À quel niveau ?
OAB 12 : Espèces et extinctions
1.
Quelles sont les mesures prises pour
empêcher l'extinction des espèces
menacées ?
2.
Y a-t-il des espèces connues qui ont
disparu depuis l‟adoption du Plan
stratégique pour la biodiversité 20112020 ?
3.
Quel est le pourcentage d‟espèces
menacées ?
4.
Quelles sont les espèces endémiques
qui sont menacées ?
5.
Quelles mesures sont prises pour faire
face à ces menaces ?
6.
Comment les principales menaces
pesant sur les espèces ont-elles changé
depuis 2010 ?
OAB 14 : Services écosystémiques
Lien avec les ODD
Lien avec les ODD
174
1.
Quelles sont les mesures prises pour
protéger ou restaurer les écosystèmes
qui fournissent des services essentiels,
notamment des services relatifs à l'eau
et ceux qui contribuent à la santé, aux
moyens de subsistance et au bien-être ?
2.
Les populations locales et les femmes
sont-elles prises en compte dans les
actions pour protéger et conserver les
écosystèmes ?
3.
Quelles sont les principales pressions
subies par les écosystèmes fournissant
des services essentiels pour le bien -être
humain ?
4.
Quel
pourcentage
de
chaque
écosystème est conservé grâce aux aires
protégées ou autres moyens efficaces ?
OAB 15 : Résilience, séquestration et restauration climatiques
1.
Quelles sont les actions prises pour
améliorer la résilience des écosystèmes
face aux effets du changement
climatique ?
2.
Quelle est la superficie des habitats qui
ont été restaurés par type d‟écosystème
?
3.
Quels types d'activités de restauration
sont utilisés et quelles sont leurs
efficacités ?
OAB 20 : Mobilisation des ressources
Lien avec les ODD
Lien avec les ODD
Comment se fait la mobilisation des
ressources financières pour la conservation
de la biodiversité ? Les ressources ont-elles
augmentées depuis 2010 ?
175
Annexe D : Espèces rares et endémiques menacées
Annexe D-1 : Espèces rares et endémiques menacées associées au Parc Macaya
Source: Woods et Harris, 1986 et rapports de référence à l'appui
Plantes vasculaires
Myrsina magnoliifolia, endémique, en voie de disparition
Meliosoma abbreviata, Endémique, En voie de disparition
Calycogonium torbecianus, Endémique, En voie de disparition,
Tabebuia conferta, Endémique, En voie de disparition
Brunfelsia picardae, endémique, en voie de disparition
Orchidées
Trop nombreux pour être répertoriés, mais 38 espèces endémiques du Massif de la Hotte, dans
lesquelles se trouve le parc, et 58 espèces endémiques d'Hispaniola.
Papillons
Calisto loxias, Endémique, trouvé seulement dans le Massif de la Hotte
Mollusques
Vingt-trois espèces endémiques connues uniquement dans les environs immédiats du parc.
Herpétofaune
Eleutherodactylus ventrilineatusk, endémique;
Grenouille plus 17 grenouilles, 11 lézards et 5 serpents.
Des oiseaux
Grèbe mineure, en voie de disparition
Pétrel à tête noire, menacée
Faucon à peau acérée, menacé
Faucon pèlerin, rare.
Hibou, rare et menacé Perroquet d'Hispaniola, rare et en voie de disparition
Paruline à ailes blanches, rare et en voie de disparition
Oiseau Antillais, Rare
Moineau de Lincoln, Rare
Trogon, en voie de disparition
Mammifères
Plagiodontia aedium "Zagouti", En danger
Solenodon paradoxus, "Nez long", en voie de disparition
176
Annexe D-2 : : Espèces rares et endémiques menacées associées au Parc La Visite
Source: Woods et Harris, 1986 et rapports de référence à l'appui
Plantes vasculaires
Les 35 espèces de plantes endémiques du parc, en particulier les espèces suivantes:
Juniperus ekmanii
Hypericum millefolium,
Miconia rigidissima
Gesneria hypoclada
Siphocampylus caudatus
Rondeletia dalmatien
Papillons
Calisto se limite au parc.
Mollusques
Trois espèces endémiques au parc.
Herpétofaune
Eleutherodactylus armstrongi
Eleutherodactylus (grenouille)
Wetmorena haetiana (Lézard)
Des oiseaux
Pétrel à coiffe noire, menacé
Courte, Rare et Menacée
Perroquet espagnol, rare et en voie de disparition
Trogon espagnol, menacé
Viréo à carreaux noirs, rare
Paruline de Nashville, rare
Paruline à ailes blanches, rare et en voie de disparition
Euphonia à capuchon bleu, rare
Moineau de Lincoln, Rare
Paruline terrestre, en voie de disparition
Trogon, en voie de disparition
Mammifères
Plagiodontia Aedium, Zagouti, "Menacée
Espèce rare et endémique menacée associée à l‟habitat côtier et humide
(Source: extrait du profil environnemental du pays (Ehrlich et al, 1987).
Mangroves
Bois boutonné, Conocarpus erecta
Mangrove blanche, Laguncularia racemosa,
Mangrove rouge, Rhizophora mangle
Mangrove noire, Avicennia germinans
177
Reptiles
Crocodile américain, Crocodylus acutus, En voie de disparition
Tortue verte, Chelonia mydas, en voie de disparition
Tortue imbriquée, Eretmochelys, imbricata, (Caray), En voie de disparition
Tortue caouanne, Carreta caretta, en voie de disparition
Oiseaux
Flamant d'Amérique, Phoenicopterus ruber, En voie de disparition
Spatule rosée, En voie de disparition
Aigrette rouge, En voie de disparition
Canard masqué, En voie de disparition
Pigeon à couronne blanche, Columbia leucocgphala, en voie de disparition
Faucon pèlerin, En voie de disparition
Mammifères
Lamantin antillais, en voie de disparition
178
Annexe E : Liste des espèces botaniques inscrites sur la Liste rouge de l‟UICN pour
Haïti
Celles indiquées en rouge ont été observées au sein du PN3B durant l‟inventaire de la
végétation. N.B : Cette liste peut être consultée dans le document « Inventaire écologique de
référence pour le Parc National des Trois Baies, en Haïti »
179
Annexe F : Les espèces menacées d‟Haïti contenues dans les zones clés de la
Biodiversité
Source : SAH et al 2011. Les zones clés de la Biodiversité d‟Haïti.
180
Source : SAH et al 2011. Les zones clés de la Biodiversité d‟Haïti.
181
Source : SAH et al 2011. Les zones clés de la Biodiversité d‟Haïti.
182
Source : SAH et al 2011. Les zones clés de la Biodiversité d‟Haïti.
183
Annexe G : Liste de la végétation en voie de disparition ayant besoin de protection
Source : MARNDR/Direction Ressources Naturelles-Service de Protection de
l‟Environnement et de la Faune.
Nom Commun Français
Famille
Nom scientifique
Abricotier
Guttiferae
Mammea americana
Acajou, noix d‟acajou
Anacardiaceae
Anacardium occidentale
Acajou
Meliacea
Swietenia mahogani
Bois Campêche
Leguminosae
Hematoxylum campechianum
Bois Chandelle
Rutaceae
Amyris balsamifera
Bois Capab
Rhamnaceae
Colubrina arborescens et C. Reclinata
Bois Pin
Pinaceae
Pinus occidentalis
Blimblin
Oxalidaceae
Averrhoa bilimbi
Cachiman La Chine
Annonacea
Annona cherimolia
Caïmite
Sapotaceae
Chrysophyllum cainito
Cèdre
Meliaceae
Cedrela odorata
Cirouelle
Anacardiaceae
Spondias purpurea
Chêne
Bignoniacea
Catalpa longissima
Dalemarie
Guttiferae
Calophyllum calaba
Divi-divi
Leguminosae
Caesalpinio coriaria
Ebène
Boraginaceae
Rochefortia acanthophora
Fromagier
Bombacaceae
Bombax tussacii
Gaiac
Zygophyllaceae
Guaiacum officinale
Grain ouary
Leguminosea
Canavalia obtusifolia
Ilán-Ilán
Annonaceae
Cananga odorata
Jaune d‟œuf
Sapotaceae
Lucuma domigensis
Latanier chapeau
Palmae
Sabal causiarum
Mancenillier
Anacardiaceae
Metopium toxiferum
184
Macoutouca
Palmae
Euterpe globosa
Pomme zombi
Euphorbiaceae
Hippomane mancinella
Mangle, Paletuvier
Combretaceae
Conocarpus erectus
Mangle blanc
Combretaceae
Laguncularia racemosa
Manglier rouge
Rhizophoracea
Rhizophora mangle
Manglier petites feuilles, pativier
Sapindaceae
Dodonaea viscosa
Mapou
Bombacaceae
Euterpe globosa
Mapou zombi ; baobab
Bombacaceae
Adonsonia digitata
Palme coyeau
Palmae
Coccothrinax argentea
Catié
Palmae
Pseudophoenix vinifera
Palmiste
Palmae
Roystonia regia
Pomme cythère
Anacardiaceae
Spondias cytherea
Raisin de Mer, raisinier
Polygonaceae
Coccoloba uvifera
Romarin
Euphorbiaceae
Croton linearis
Roucou, Roucouyier
Bixaceae
Bixa orellana
Sapotille marron
Sapotaceae
Manilkara albesecens
Tavernon
Leguminosae
Lysiloma latisiliqua
Zicaque, Icaquier
Rosaceae
Chrysobalanus icaco
185
Annexe H : Diversité des espèces utilisées
Annexe H-1: Diversité des plantes cultivées
Source : MARNDR/Direction Ressources Naturelles-Service de Protection de
l‟Environnement et de la Faune.
Nom local
Nom Latin
Famille
Variété
Haricot 3 sp.
Phaseolus sp.
Papillionaceae
30 populations, très peu de
variétés stables
Pois inconnu
Vigna sinensis
Leguminoseae
4
Pois de souche
Phaseolus linatus
Leguminoseae
2
Petit pois
Pisum sativum L.
Fabaceae
3
Pois congo
Cajamus sp
Leguminoseae
2
Pistache
Pistachia vera L.
Anacardiaceae
3
Mais
Zea mays
Gramineae
6
Sorgo
Sorghum bicolor
Riz
Oryza sativa
Gramineae
10
Carotte
Daucus carota
Embellifères
3
Citronnelle
Cymbopogon Citratus
Labiaceae
Persil
Petroselinum satium
Ambellifères
Chou
Brasica oleracea
Betterave
Beta vulgaris L.
Chénophobiaceae
Radis
Raphanus sativus L.
Brassicaceae
Navet
Brassica rapa L.
Brassicaceae
Tomate
Solanum lycopersicum L
Solanaceae
Gingembre
Zinziber offiinale (lis)
Zingiberacées
Gombo
Hibiscus esculentus
Malvaceae
Cresson
Nasturtium officinale
Brassicaceae
-
Aubergine
Solanum melongena L.
Solanaceae
2
Piment
Capsicum annuum
Solanaceae
4
Concombre
Ecballium elaterium (L.)
Cucurbitaceae
3
Ail
Allium sativum
Liliaceae
6
4
Alia
Banane
7
6
Musa paradisiaca
Musaceae
8
186
Igname (5 sp)
Dioscorea Spp
Dioscoreaceae
70
Patate douce
Ipomea batatas
Convolvulaceae
12
Pomme de terre (1 sp)
Solanum tuberosum
Solanaceae
10
Avocat
Persea americana
Lauraceae
Taro (2 sp)
Colocasia esculenta (L.)
Araceae
14
Manioc (2 sp)
Manihot esculentum
Euphorbiaceae
125
Canne-à-Sucre
Saccharum officinarum L
Poaceae
50
Herbes
35
Pêche
Mango
Mangifera indica
Anacardiers
158
Citron
Citrus limonium
Rutaceae
3
Orange
Délonix régia
Leguminoseae
3
Chadèque
Citrus máxima
Rutaceae
1
Ananas
Ananas sativus
Broméliaceae
2
Papaye
Carica papaya
Caricaceae
Abricot
Prunus americana
Rosaceae
1
Mirliton
Apium graveolens L.
Apiaceae
3
Café
Coffea arabica Linné
Rubiaceae
4
Cacao
Theobroma cacao
Bignoniaceae
--
Potiron
Cucurbita máxima
Cucurbitaceae
Cocotier
Cocos nucifera
Arecaceae
9
Coton
Gossypium sp
Malvaceae
3
Melon
Cucumis melo
Cucurbitaceae
--
187
Annexe H-2: Profil des champignons en fonction des milieux de développement.
Source : MARNDR/Direction Ressources Naturelles-Service de Protection de
l‟Environnement et de la Faune.
Type de
Noms Scientifiques
Milieu de développement
Utilisation
Djondjon
Drosophila sp.
Souche d‟arbre
Comestible
Morille
Mauricula sp.
Milieu forestier ouvert
Comestible cuit
Girolle
Giroilla sp.
Milieu forestier ouvert
Comestible
Cèpe ou Bolet
Boletus sp.
Milieu Forestier fermé
-
Fistule
Fistula hepatica
Tronc des palmachristi
-
Russule hémétique
Russula sp.
Milieu forestier fermé
Vénéneux
Amanite phalloïde
Amanites sp.
-
-
Champignons
Les fruits sauvages sont : le fraisier, le framboisier et le pêcher
188
Annexe H-3: Les produits forestiers non ligneux.
Source : MARNDR/Direction Ressources Naturelles-Service de Protection de
l‟Environnement et de la Faune.
Nom vulgaire
Nom scientifique
Partie de la plante
Quantité/litre d'eau
utilisée
bouillie
Bois dine
Eugenia fragram
feuille
5-7 (Feuilles)
Camomille
Gnaphalium viscosum
Rameau feuillé
1-2 (branches)
Lanni
Foeniculum vulgare
Rameau feuillé
4-6 (branches)
Appetit
Drymaria cordata
Rameau feuillé
1-2 (branches)
Orègle
Plectranthus amboinicus
Rameau feuillé
3-4 (branches)
Géranium
Pelargonium hortorum
Feuillé
6-8 (feuilles)
Zo douvan
Eugenia Crenulata
Rameau feuillé
3-4 (branches)
Ecorce feuillée
3-5 grammes
Cannelle doux
189
Annexe I. Diversité des espèces de la Réserve Écologique Wynn Farm
Annexe I-1. Diversité de la flore
No Genre
Espèce
Famille
Nom Française
Nom Kreyol
Nom Anglais
1
Acacia
mearnsii
Leguminosae
Acacia
Akasya
Acacia
2
Acacia
melanoxylon
Leguminosae
Acacia noir
Akasya
Blackwood acacia
3
Acacia
scleroxyla
Leguminosae
Tendre a caillou
Akasya mimoza
Acacia
4
Achillea
canadensis
Asteraceae
Solidago
Solidago
Golden rod
5
Aechmea
comosus
Bromeliaceae
Ananas
Anana
Pineapple
6
Aechmea
fasciata
Bromeliaceae
Bromeliad
Bwomelyad
Bromeliad
7
Aechmea
nudicaulis
Bromeliaceae
Bromeliad
Bwomelyad
Bromeliad
8
Agapanthus
africanus
Amaryllidaceae
Lys
Lis ble
Lilly of the Nile
9
Agave
rigida
Asparagaceae
Pitre sisal
Pit
Sisal
10
Agave
brevispina
Asparagaceae
Agave
Galata
Agave
11
Allium
cepa
Amaryllidaceae
Ognion
Zonyon
Onion
12
Allium
schoenoprasum
Amaryllidaceae
Ciboulette
Siboulet
Chives
13
Alnus
acuminata
Betulaceae
Aulne
14
Alocacia (colocacia) esculenta
Araceae
Tayo
Malanga de pal
Taro
15
Aloe
vera
Asphodelaceae(liliaceae)
Aloes
Lalwa
Aloe
16
Aloe
spinosisme
Liliaceae
Aloes epinephrine
Lalwa pikan
Spiky aloe
17
Amaranthus
spinosus
Amaranthaceae
Epinard
Tassel amaranth
18
Amaranthus
dubius
Amaranthaceae
Amaranthe
Zepina
Zepina peyi
19
Anona
cherimola
Annonaceae
Cherimoya
Cachiman lachin
Cherimoya
20
Anthurium
andraeanum
Araceae
Anthurium
Antiryom
Anthurium
21
Apium
graveolens
Umbelifereae
Celeri
Seleri
Celery
Alnus
Amaranth
190
22
Araucaria
heterophylla excelsa
Pinnaceae
Araucaria
Awokarya
Norfolk pine
23
Artemisia
absinthium
Compositeae
Absinthe
Absent
Wormwood
24
Artemisia
annua
Compositeae
Armoise
Amwaz
Chinese wormwood
25
Arthroslylidium
haitiense
Poaceae
Lianne a scie
Lyann a si
26
Asclepias
syriaca
Asclepiadoideae
Asclepiade commun
27
Asparagus
densiflorus
Asparagaceae
Queue de renard
Ke rena
Foxtail asparagus
28
Asparagus
plumosus
Liliaceae
Asperge
Aspej
Asparagus
29
Asparagus
sprengeri
Liliaceae
Asperge
Aspej
Asparagus
30
auricula-judae
Auriculaeaceae
Djon djon zorey
Judas ear mushroom
31
Auricularia
Bambusa
textilis
Gramineae
Bambou
Banbou
Bamboo
32
Bambusa
multiplex
Poaceae
Banboo multiplex
Banbou
Multiplex bamboo
33
Bambusa
nana
Poaceae
34
Bambusa
vulgaris
Poaceae
Banboo commun
Banbou peyi
Common bamboo
35
Bambusa
Lako
Poaceae
Banboo noir
Banbou nwa
Black bamboo
36
Bambusa
multiplex falcata
Poaceae
Banboo nain
No Genre
Espèce
Famille
Nom Français
37
Begonia
pustulata
Egoniaceae
Begonia argente
38
Begonia
richmondensis alba
Begoniaceae
Begonia
Begonya
Begonia
39
Beta
vulgaris
Chenopodiaceae
Betterave
Betwouj
40
Boconia
frutescens
Celandine
Bwa kodinn
41
Bougainvillea
glabra
Papaveraceae
Allioniacea
Beet
John crow bush
Bougainvillie
Bougenvilye
Bougainvillea
42
Bromelia
pinguin
Bromelliaceae
Bromeliad
Bayonet pengwen
Bromeliad pinguin
43
Bryophylum
pinnatum
Crassulaceae
Kalanchoe
Fey lougarou
Kalenchoe
44
Buddleja
madagascariense
Loganiaceae
Buddleia
45
Caesalpinia
Sepiaria
Leguminosae
46
Calendula
officinalis
Compositeae
Common milkweed
Fine leaf bamboo
Himalayan bamboo
Nom Kreyol
Nom Anglais
Silver begonia
Butterflyl bush
Ti janvye
Calendula
Kalendula
Pot marigold
191
47
Calliandra
calothyrsus
Leguminosae
Calliandra
Kaliandra
Calliandra
48
Calliandra
portoricensis
Leguminosae
49
Canna
Coccinea
Cannacea
Canna rouge
Sagou marron
Red canna
50
Canna
domingensis
Cannacea
Canna jaune
Bannann zonbi
Yellow canna
51
Capsicum
annuum
Solanaceae
Piment
piman pike
Hot peppers
52
Carica
papaya
Caricaceae
Papaye
Papay
Papaya
53
Castaneda
dentata
Fagaceae
Chataigne
Nwa
American chestnut
54
Centella
asiatica
Apiaceae
Gotu kola
56
Cesalpinia
sepiaria
Leguminosae
57
Chenopodium
ambroides
Chenopodiaceae
Semen contract
Simen kontra
Worm seed
58
Chrysopogon
zizanioides
Poaceae
Vetiver
Vetive
Vetiver
59
Citrus
maxima
Rutaceae
Pamplemousse
Chadek
Pumelo
60
Citrus
aurantifolia
Rutaceae
Citron
Sitwon
Key lime
61
Citrus
aurantium
Rutaceae
Orange aigre
Zoranj si
Bitter Orange
62
Citrus
sinensis
Rutaceae
Orange sucree
Zoranj dous
Sweet orange
63
Cleodendron
fragrans
Hydranjeaceae
Hortensia
Otansya
Hortensia
64
Clerodendron
fallax
Verbenaceae
Corail
Koray
65
Clidemia
hirta
Melastomaceae
Miconia
Geri Vit
Miconia
66
Coffea
arabica
Rubiaceae
Cafe
Kafe
Coffee
67
Colocasia (Alocacia) esculenta
Araceae
Malanga
Malanga de pal
Taro
68
Crinum
amabile (asiaticum)
Amaryllidaceae
Lys geante
Gwo lis
Giant purple lily
69
Crinum
palustre
Amaryllidaceae
70
Cucurbita
moschatta
Cucurbitaceae
Giromont
Joumou
Pumpkin
71
Cuphea
platycentra
Lithraceae
Cuphea
Kofya
Firefly
72
Cuphea
hyssopifolia
Lythraceae
Bruyere
73
Curcuma
longa
Zingebiraceae
Curcuma
Pennywort
Ti janvye
Zonyon dilin
Mexican heather
Safran
Turmeric
192
No Genre
Espèce
Famille
Nom Français
Nom Kreyol
Nom Anglais
74
Cyathea
arborea
Cyatheaceae (filices)
Fougère Arborescente
Foujè
Tree fern
75
Cymbopogon
citratus
Poaceae
Citronelle
Sitwonel
Lemon grass
76
Cynara
ascolymus
Compositeae
Aticho
Artichoke
77
Cynodon
plechtostachyus
Gramineae/Poaceae
Artichaut
Herbe étoile africaine
Zeb zetwal Afriken
African star grass
78
Cynodon
dactylon
Gramineae
Herbe chiendent
Zeb chyendan
Bermuda grass
79
Cyphromandra
betaceae
Solanaceae
Arbre tomate
Tamarillo
Tree tomato
80
Dahlia
pinnata
Compositeae
Dahlia
Dalya
Dahlia
81
Datura
suaveolens
Solanaceae
Datura
Kloch
Angel's trumpet
82
Daucus
carotta
Umbellifereae
Dentelle de reine anne
Kawot mawon
Queen anne's lace
83
Dendrocalamus
gigantea
Poaceae
Banbou geant
Banbou jeyan
Giant bamboo
84
Dendropogon
eusneoides
Bromeliaceae
Mouse espagnole
Bab panyol
Spanish moss
85
Diffenbachia
seguina
Araceae
Cannes a grater
Chans
Dumb cane
86
Diospyros
kaki
Eberaceae
Kaki
87
Dovyalis
caffra
Salicaceae
88
indica
Poaceae
Pied de poule
Zeb pye poule
Indian goose grass
89
Eleusine
Eryobotrya
japonica
Rosaceae
Neffle
Lokwat
Loquat
90
Erythrina
indica
Leguminoseae (Fabaceae) Immortel
Bwa imotel
Erythrina
91
globulus
Hyrtaceae
Eucalyptus
Kalyptus
Eucalyptus
92
Eucalyptus
Eucalyptus
cinerea
Myrtaceae
Eucalyptus
Kaliptis
Eucalyptus
93
Eucalyptus
maculata
Myrtaceae
Eucalyptus
Kaliptis
Eucalyptus
94
Eucharis
grandiflora
Amaryllidaceae
Lys Eucharis
Lis blan
Amazon Lily
95
Eugenia
jambos
Myrtaceae
Pomme rose
Pom woz
Rose apple
96
Euphorbia
hirta
Euphorbiaceae
Malnommé
Malnome
Pill bearing spurge
97
Euphorbia
tirucalli
Euphorbiaceae
Plante crayon
Persimmon
Milk bush
193
98
Ficus
carica
Araceae
Figue
Fig
Fig
99
Ficus
retusa
Moraceae
Ficus
Fikis
Ficus
100 Ficus
101 Foeniculum
pumila
Moraceae
Lierre petite feuille
Lye ti fey
Ficus ivy
vulgare
Umbelifereae
Fenouille
Lanni
Fennel
102 Fragaria
103 Fuchsia
vesca
Rosaceae
Fraise des bois
Frez
Wild strawberry
pringsheimii
Onagraceae
Fuchsia
Fishya
Fuchsia
104 Fuchsia
triphylla
Onagraceae
Fuchsia
Fishya
Fuchsia
105 Fumaria
106 Gardenia
officinalis
Papaveraceae
Fume terre
jasminoides
Rubiaceae
Gardenia
Gardenia
Gardenia
107 Gnaphalium
viscosum
Compositeae
Chamomille Pays
Kamomiy peyi
Chamomille
108 Grevillea
robusta
Proteaceae
Bois de Soie
Gravilya
Silk wood
Bromeliaceae
Bromeliade
Bwomelyad
Bromeliad
109 Guzmania
Fumitory
No Genre
Espèce
Famille
Nom Français
Nom Kreyol
Nom Anglais
110 Heliconia
111 Hibiscus
bihai
Musaceae
Heliconia
Bannann mawon
Heliconia
rosa-sinensis
Malvaceae
Hibiscus
Choublak
Hibiscus
112 Hibiscus
schizopetalus
Malvaceae
Hibiscus
Choublak
Hibiscus
113 Hortensia
114 Hydrandgea
clerodendron fragrans Hydrangeaceae
Clerodendron
macrophyla
Hydranjeaceae
Hydrangea
Otansya
Hydrangea
115 Hypeastrum
116 Hypericum
vittatum
Amaryllidaceae
Lys
Lis
Lilly
perforatum
Gutifereae
Millepertui
St. John's wart
117 Ilex
118 Ipomea
fuertesiana
Aquifoliaceae
Hue
Holly
Batatas
Convolvulaceae
Patate douce
Patat
Sweet potato
119 Laurus
mobilis
Lauraceae.
Laurier
Lorye
Bay laurel
120 Lavendula
officinale
Lamiaceae
Lavendre
Lavan
Lavender
121 Lepidium
122 Leuceana
virginicum
Brassicaceae
Cresson danois
Kreson danwa
Wild cress
Leucocephala
Leguminoseae
Leucena
Grenn delen
Leucena
Clerodendrum
194
123 Ligustrum
lucidum
Oleaceae
Trôen
Djimpa
Privet
No Genre
Espèce
Famille
Nom Français
Nom Kreyol
Nom Anglais
124 Linum
125 Macadamia
usitatissimum
Linaceae
Lin
Len
Common flax
heterophylla
Proteaceae
Macadame
Nwa makadamya
Macadamia
126 Malus
pumila
Rosaceae
Pomme
Pom
Apple
127 Maranta
Arundinaceae
Zingiberaceae
Araroot
Arawout
Arrowroot
128 Melalotis
129 Melisse
minutifolia
Boaceae
officinale
Labiateae
Melisse
Melis
Lemon balm
spicata
Labiatese
Menthe
Ti bonm
Spearmint
piperita
Labiateae
Menthe
Mant
Pepermint
132 Mercurialis
133 Mirabilis
annua
Euphorbiaceae
Mercuriel
Fey bouton
jalapa
Nyctaginaceae
Belle de nuit
Bel de nwi
Four O'clock
134 Monsterosa
135 Musa
deliciosa
Araceae
Philodendron
Filodendron
Delicious monster
paradisia
Musaceae
Bananne Plantain
Bannann
Plantain
136 Narcissus
pseudonarcissus
Amaryllidaceae
Jonquille
137 Oreopanax
138 Passiflora
capitatum
Araliaceae
Bois d'anjou
Bwa danjou
ligularis
Passifloraceae
Passiflore
Grenadidya sikre
Sweet passion fruit
139 Passiflora
140 Passiflora
edulis
Passifloraceae
Passiflore Commun
Grenadya si
Passion fruit
edulis
Passifloraceae
Fruit de la passion mauve Grenadya mov
Purple grenadilla
141 Peireskia
portulacifolia
Cactaceae
Epine du Christ
Crown of thorns
143 Pentas
144 Pepino
lanceolata
Rubiaceae
Pentas
Pentas
Pentas
dulce
Solanaceae
Pepino
Pepino
Sweet pepino
145 Euphorbia milii
146 Persea
portulacifolia
Cactaceae
Epine du Christ
americana
Lauraceae
Avocat
Zaboka
Avocado
No Genre
Espèce
Famille
Nom Français
Nom Kreyol
Nom Anglais
147 Phyllostachys
kwangsiensis
Poaceae
Banbou
Banbou
Bamboo
130 Mentha
131 Mentha
Zeb
Daffodil
Crown of thorns
195
148 Phyllostachys
149 Physalis
aurea
Poaceae
Banbou chinois
Banbou chinwa
Fish pole bamboo
angulata
Solanaceae
Battre autour
Matoto
Cape gooseberry
150 Pilea
151 Pinus
microphylla
Urticaceae
Kasezo
Artillery plant
caribaea caribaea
Pinaceae
Pin de la Caraibe
Pye Pen
Caribbean pine
152 Pinus
153 Pinus
caribea bahamensi
Pinaceae
Pin de bahamas
Pye Pen
Bahamian pine
caribea hondurensis
Pinaceae
Pin de l'Honduras
Pye Pen
Honduran pine
154 Pinus
elliottii
Pinaceae
Pin à aiguille longue
Pye Pen
Slash Pine
155 Pinus
khasya
Pinaceae
Pye Pen
Pine
156 Pinus
occidentalis
Pinaceae
Pin occidental
Sapen
Occidental pine
157 Pinus
oocarpa
Pinaceae
Pin
Pye Pen
Mexican Yellow Pine
158 Pinus
patula
Pinaceae
Pin patula
Pye Pen
Patula Pine
159 Pinus
160 Pinus
radiata
Pinaceae
Pin de Monterey
Pye Pen
Monterey pine
taeda
Pinaceae
161 Pinus
162 Piper
tecunumanii
Pinaceae
Pin
Pye Pen
Pine
umbelatum
Piperaceae
Kava Kava
Fey a kè
Kava Kava
163 Piper
aduncum
Melatomaceae
164 Pisonia
165 Plantago
aculeata
Nyctaginaceae
Croc chien
Kwok chyen
Pisonia
lanceolata
Plantaginaceae
Plantain
Chèz dodin
Plantain
166 Plantago
major
Plantaginaceae
Plantain
Planten
Plantain
167 Pluchea
168 Plumbago
odorata
Asteraceae
carpensis
Plumbaginaceae
169 Potomorphe
umbellata
Piperaceae
170 Prunella
171 Prunus
vulgaris
Labiatae
persica
Rosaceae
Pèche
Pèch
Peach
172 Prunus
domestica
Rosaceae
Prune
Prinn
Plum
173 Prunus
serotina
Rosaceae
Cerise capuli
Seriz
Capuli cherry
Loblolly pine
Bwa majo, kayimit mawon Camasey
Blue plumbago
Fey a kè
Kava kava
Self-heal
196
174 Psidium
175 Pteridium
guajava
Myrtaceae
Guayave
Gwayav
Guava
aquilinum
Dennsteadtiaceae
Fougère
Fougè
Bracken fern
176 Randia
aculeata
Rubiaceae
177 Rata
graveolens
Rutaceae
Rue
Wou
Rue
178 Renealmia
179 Ricinus
aromatica
Zingebiraceae
Gingembe marron
Jenjanm mawon
Wild ginger
communis
Euphorbiaceae
Ricin
Maskriti
Castor bean
180 Rosa
eglanteria (rubiginosa) Rosaceae
Eglantier
Eglantye
Sweet brier
181 Rosa
sp
Rosaceae
Rose
Woz
Rose
182 Rosemarinus
officinale
Labiateae
Romarin
Womaren
Rosemary
No Genre
Espèce
Famille
Nom Français
Nom Kreyol
Nom Anglais
183 Rubus
Albescens
Rosaceae
Framboise
Mi
Raspberry
184 Rubus
jamaicensis
Rosaceae
Mure
Mi
Blackberry
185 Rubus
186 Ruellia
glaucus
Rosaceae
Mure
Mi
Andies berry
brittoniana
Acanthaceae
Fleur petard
Fle Peta
Mexican Petunia
187 Rumex
188 Salvia
crispus
Polygonaceae
Patience
Pasyans
Yellow dock
paschyphylla
Menthaceae
Sauge geante
189 Sambucus
190 Sansevieria
nigra (canadensis)
Caprifoliaceae
Sureau
Fle Siwo
guineensis
Liliaceae
Sansevieria
Zorèy bourik
191 Sechium
192 Sisymbrium
edule
Cucurbitaceae
Christophine
Militon
Chayote
officinale
Brassicaceae
Moutarde
Moutad mawon
Wild mustard
193 Solanum
tuberosum
Solanaceae
Pomme de terre
Pomtè
Potatoe
194 Solanum
195 Solanum
nigrum americanum
Solanaceae
Lanmant
Lanman
Black nightshade
quitoense
Solanaceae
Naranjilla
196 Solidago
canadensis
Compositeae
Solidago
Solidago
Golden rod
197 Sorghum
198 Stachytarpheta
halepense
Poaceae
Herbe de Cuba
Zèb yagidi
Johnson grass
jamaicensis
Verbenaceae
Vervaine
Vèvèn
Verbena
Kwok chyen
Giant sage
Elderberry
Naranjilla
197
199 Stellaria
200 Strelitzia
media
Caryophyllaceae
Cresson danwa
Chickweed
regina
Musaceae
L'oiseau du paradis
Zwazo di paradi
Bird of paradise
201 Symphytum
officinale
Boraginaceae
Consoudre
Boraj
Comfrey
202 Syzygium
203 Taraxacum
samarangense
Myrtaceae
Pomme d'amour
officinale
Compositeae
Pisenlit
204 Trifolium
pratense
Leguminoseae
Trefle rouge
205 Tropaeolum
majus
Tropaeolaceae
Capucine
Kapisin
Nasturtium
206 Urginea
207 Urtica
maritima
Lilliaceae
Sauille
Zonyon dilinn
Squill
dioica
Urticaceae
Ortie
Oti
Nettle
208 Verbascum
209 Vinca
thapsus
Scrofulaceae
Bouillon blan
Molen
Mullein
major
Apocynacées
Pervanche
210 Weinmannia
211 Zantedeschia
tinctoria
Cunoniaceae
ethiopica
Araceae
Arum
Kala
Cala Lily
212 Zea
mays
Poaceae
Mais
Mayi
Corn
Java apple
Pisanni
Dandelion
Red clover
Variegated vinca
198
Annexe I-2. Diversité de la faune
199