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Préparé pour:
Evaluation Environnementale et
Sociale Programmatique
Port-au-Prince, Projet III d’Eau et
d’Assainissement
Haïti
Rapport Final
Unité de Sauvegarde de l’Environnement
Banque Interaméricaine de Développement
1300 New York Ave, NW
Washington, DC 20577
Avril 2016
Gestion des Ressources Environnementales
1776 I (Eye) St. NW, Suite 200
Washington, DC 20006
www.erm.com
The world's leading sustainability consultancy.
VERSION PRELIMINAIRE
Préparée pour:
La Banque Interaméricaine de Développement
Evaluation Environnementale et
Sociale
Port-au-Prince, Projet III d’Eau et
d’Assainissement
Haïti
Rapport Final
15 Avril 2016
Dave W. Blaha, AICP
Partenaire
Gestion des Ressources Environnementales
1776 I (Eye) St. NW Suite 200
Washington, DC 20006
http://www.erm.com
ERM
i
ST. VINCENT ESIA – APRIL 2016
RESUME – mise a jour de l’evaluation environnementale et sociale programmatique du
projet port au prince iii
La Banque Interaméricaine de Développement (BID) a financé deux programmes (Port au
Prince I et Port au Prince II) visant à améliorer le niveau de service du Centre Technique
d’Exploitation (CTE) de Port au Prince en réparant, substituant et construisant des nouveaux
extensions du réseau d’eau potable, aussi bien qu’augmentant le niveau de production des
sources d’eau par intégrer des nouveaux puits, et améliorant les équipements de pompage. La
BID envisage maintenant de financer Port au Prince III (le Projet) qui maintien la logique de ces
deux programmes antérieurs en effectuant l’augmentation de la disponibilité d’eau, ainsi
croissant le numéro de clients du CTE, et en améliorant les infrastructures et les institutions du
secteur de l’eau et de l’assainissement dans la partie ouest de Port-au-Prince.
Le Projet consistera de 11 composants principaux comme suit:
17 kilomètres de conduites d’approvisionnement principales pour améliorer la
distribution d’eau dans la commune de Carrefour et le Centre-ville ;
Réhabilitation du réservoir Bolosse ;
60 kilomètres d’extension et densification du réseau de distribution dans la zone de
Carrefour ;
20 kilomètres de réseau condominial d’eau potable dans la zone de Martissant,
accompagné d’un projet pilote d’assainissement et d’hygiène ;
57 kilomètres d’extension et densification du réseau de distribution desservi par les
réservoirs R120 et Vivy-Mitchell ;
20 kilomètres d’extension et densification du réseau de distribution de Cité Soleil ;
Construction de deux nouveaux réservoirs à Mariani et R236 ;
Remplacement de 3.8 kilomètres de conduites d’impulsion qui desservent les puits
de Duvivier ;
20,000 connexions domestiques subventionnés avec compteur, 13,000 connexions
domestiques subventionnés sans compteur, et installation de 4,000 compteurs sur
des connexions existantes ;
95 kiosques d’eau potable, nouveaux ou réhabilités ; et
4 systèmes d’eau potable en milieu rural avec moins de 5,000 habitants.
En avril 2016, la BID a réalisé une Evaluation Environnementale et Sociale Programmatique
(PESA) pour les trois premiers composants du Projet (canalisations principales, réhabilitation
ERM
ii
ST. VINCENT ESIA – APRIL 2016
TABLE DES MATIERES
RESUME
1.0
2.0
INTRODUCTION ET FINALITE
4
1.1
INTRODUCTION
4
1.2
FINALITE ET JUSTFICATION DU PROJET
4
1.3
OBJECTIFS ET PORTEE
5
METHODOLOGIE
6
2.1
RECHERCHES DOCUMENTAIRES
2.2
VISITE DES LIEUX
6
2.3
ANALYSE ET EVALUATION A PARTIR DE L’IMAGERIE
6
2.3.1
Données fournies par le client
6
2.3.2
Données commerciales
6
2.3.3
Données disponibles pour le public
2.3.4
Données dérivées
2.4
2.5
3.0
ERROR! BOOKMARK NOT DEFINED.
ERROR! BOOKMARK NOT DEFINED.
Error! Bookmark not defined.
8
LIMITATIONS
9
2.4.1
Recherches documentaires
9
2.4.2
Analyse et évaluation à partir de l’imagerie
9
LACUNES DANS LES DONNEES
ERROR! BOOKMARK NOT DEFINED.
CADRES JURIDIQUE, INSTITUTIONNEL ET DE POLITIQUES ERROR! BOOKMARK NOT
DEFINED.
3.1
INSTITUTIONNEL
11
3.1.1
Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC)
11
3.1.2
Ministère de l’Environnement (MDE)
12
3.1.3
Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement
Rural (MARNDR)
12
3.1.4
Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP)
12
3.1.5
Bureau National d’Evaluation Environnementale (BNEE)
12
ERM
iii
ST. VINCENT ESIA – APRIL 2016
3.1.6
3.2
Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST)
STRATEGIES NATIONALES
13
3.2.1
Document d’Orientation Stratégique pour l’Assainissement en Haïti)
13
3.2.2
Plan National d’Elimination du Choléra en Haïti, 2013-2022
13
3.2.3
Stratégie Intersectorielle de Promotion de l’Hygiène 2013-2018
13
3.3
EFFORTS HUMANITAIRES
3.4
JURIDIQUE
3.5
13
13
ERROR! BOOKMARK NOT DEFINED.
3.4.1
Lois et politiques haïtiennes
Error! Bookmark not defined.
3.4.2
Lois nationales sur l’environnement
Error! Bookmark not defined.
3.4.3
Cadre juridique national de la santé et la sécurité
defined.
Error! Bookmark not
SAUVEGARDES DE LA BID, NORMES DE PERFORMANCE DE LA SFI ET
CONFORMITE
4.0
CONSULTATION PUBLIQUE ET DIALOGUE AVEC LES PARTIES PRENANTES
BOOKMARK NOT DEFINED.
5.0
DESCRIPTION DU PROJET
6.0
16
ERROR!
19
5.1
EMPLACEMENT DU SITE
ERROR! BOOKMARK NOT DEFINED.
5.2
ZONE D’INFLUENCE DU PROJET
21
5.3
COMPOSANTES ET INSTALLATIONS DU PROJET
22
5.3.1
Installations et Exploitation Actuelles
Error! Bookmark not defined.
5.3.2
Demande et Offre d’Eau
5.3.3
Travaux nouveaux/proposés dans le cadre du Projet
defined.
22
5.4
PRESOMPTIONS RELATIVES A LA CONCEPTION
DEFINED.
5.5
ACTIVITES TYPIQUES DU PROJET
Error! Bookmark not
ERROR! BOOKMARK NOT
25
DESCRIPTION DE L’ENVIRONNEMENT EXISTANT
27
6.1
TOPOGRAPHIE, GEOLOGIE SUPERFICIELLE, SOLS ET SISMICITE
27
6.1.1
27
ERM
Topographie
iv
ST. VINCENT ESIA – APRIL 2016
6.2
6.3
Géologie superficielle et sols
6.1.3
Sismicité
28
Error! Bookmark not defined.
RESSOURCES HYDRIQUES
30
6.2.1
Météorologie et Climat
30
6.2.2
Tempêtes tropicales et Inondations
31
6.2.3
Hydrologie
31
RESSOURCES BIOLOGIQUES
32
6.3.1
Habitats terrestres
32
6.3.2
Biodiversité et espèces menacées
33
6.3.3
Aires protégées
34
6.4
QUALITE DE L’AIR, BRUIT ET VIBRATIONS
34
6.5
ASPECTS SOCIOECONOMIQUES ET SANTE COMMUNAUTAIRES
34
6.5.1
Population et démographie
35
6.5.2
Groupes vulnérables et populations indigènes
36
6.5.3
Activités économiques
37
6.5.4
Emploi et moyens de subsistance
37
6.5.5
Occupation des terres, titres de propriété et logement
38
6.5.6
Infrastructure sociale et services
Error! Bookmark not defined.
6.5.7
Santé, sûreté et sécurité communautaires
Error! Bookmark not defined.
6.6
7.0
6.1.2
RESSOURCES CULTURELLES
41
6.6.1
Cimetières
41
6.6.2
Eglises
6.6.3
Sites Archéologiques
41
6.6.4
Parcs
42
Error! Bookmark not defined.
PRINCIPAUX IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIAUX POTENTIELS
BOOKMARK NOT DEFINED.
7.1
IMPACTS DE LA PHASE DE CONSTRUCTION
ERM
v
ERROR!
43
ST. VINCENT ESIA – APRIL 2016
7.2
7.1.1
Impacts environnementaux
43
7.1.2
Impacts socioéconomiques
45
7.1.2.1
Relocalisation
45
7.1.2.2
Déplacementes économiques
48
7.1.2.3
Bénéfices économiques
48
7.1.2.4
Influx
48
7.1.2.5
Circulation
Error! Bookmark not defined.
7.1.2.6
Accès réduit
Error! Bookmark not defined.
7.1.2.7
Nuiance et impacts sur la santé communautaire Error! Bookmark not defined.
7.1.2.8
Augmentation des maladies vectorielles
7.1.2.9
Conflits
7.1.2.10
Amélioration de la santé suite à l’augmentation de l’accès à l’eau potableError!
Bookmark not defined.
7.1.2.11
Ressources culturelles
Error! Bookmark not defined.
50
51
IMPACTS DE LA PHASE D’EXPLOITATION
51
7.2.1
Impacts environnementaux
51
7.2.1.1
Topographie, Géologie superficielle et Sols
51
7.2.1.2
Ressources hydriques
52
7.2.1.3
Ressources biologiques
52
7.2.1.4
Qualité de l’air, bruit et vibrations
52
7.2.2
Impacts socioéconomiques
52
7.2.2.1
Relocalisation
52
7.2.2.2
Déplacements économiques
52
7.2.2.3
Bénéfices économiques
52
7.2.2.4
Influx
53
7.2.2.5
Circulation
Error! Bookmark not defined.
7.2.2.6
Accès réduit
53
ERM
vi
ST. VINCENT ESIA – APRIL 2016
7.2.2.7
Nuisance et impacts sur la santé communautaire
53
7.2.2.8
Augmentation des maladies vectorielles
7.2.2.9
Conflits
7.2.2.10
Amélioration de la santé suite à l’augmentation de l’accès à l’eau potableError!
Bookmark not defined.
7.2.2.11
Ressources culturelles
Error! Bookmark not defined.
53
54
8.0
GESTION ENVIRONNEMENTALE, SOCIALE, ET DE LA SANTE ET DE LA SECURITE
ERROR! BOOKMARK NOT DEFINED.
9.0
GESTION DES RISQUES DE DESASTRE ET CHANGEMENT CLIMATIQUE
65
9.1
65
IDENTIFICATION DES DESASTRES NATURELS
9.1.1
Séismes
Error! Bookmark not defined.
9.1.2
Cyclones
Error! Bookmark not defined.
9.1.3
Inondation des terres intérieures
Error! Bookmark not defined.
9.1.4
Projections relatives au changement climatique
9.1.5
Inondation côtière
Error! Bookmark not defined.
9.1.6
Sécheresses
Error! Bookmark not defined.
73
9.2
EVALUATION DES RISQUES DE DESASTRES NATURELSERROR! BOOKMARK NOT
DEFINED.
9.3
MESURES DE GESTION
9.4
PREPARATION ET REPONSE AUX URGENCESERROR! BOOKMARK NOT DEFINED.
77
10.0 REFERENCES
81
LISTE DES FIGURES
Figure 2-1
Exemple d’utilisation de l’Imagerie Wroldview-3 pour identifier la végétation
dans le district de Mariani 2 .......................................................................................... 7
Figure 2-1
Exemple d’utilisation de données LiDAR pour identifier des édifices dans le
district de Mariani 2........................................................................................................ 8
Figure 5-1
Carte de l’emplacement du Projet .............................................................................. 19
Figure 5-2
Tuyaux cassés dans la zone du Projet ........................................................................ 20
ERM
vii
ST. VINCENT ESIA – APRIL 2016
Figure 5-3
Collecte d’eau pour la vente ........................................................................................ 20
Figure 5-4
Aires de service dans le quartier................................................................................. 21
Figure 6-1
Topographie de la zone du Projet .............................................................................. 27
Figure 6-2
Classification des pentes dans la zone du Projet ...................................................... 28
Figure 6-3
Potentiel de liquéfaction des sols................................................................................ 29
Figure 6-4
Probabilité d’éboulement dans la zone du Projet..................................................... 29
Figure 6-5
Principales lignes de faille d’Hispaniola ................................................................... 67
Figure 6-6
Lignes de faille proches de la zone du Projet............................................................ 68
Figure 6-7
Carte d’Accélération Maximale du Sol (ams) d’Hispaniola pour 10% de Probabilité
de Dépassement en 50 ans ........................................................................................... 68
Figure 6-8
Carte Accélération Maximale du Sol (ams) d’Hispaniola pour 2% de Probabilité
de Dépassement en 50 ans ........................................................................................... 69
Figure 6-9
Moyenne mensuelle de précipitations en Haïti selon des données (1960 à 1990)30
Figure 6-10
Températures moyennes mensuelles en Haïti selon des données (1960 à 1990) . 30
Figure 6-11
Bassins et cours d’eau dans la zone du Projet .......................................................... 32
Figure 6-12
Couverture végétale ..................................................................................................... 33
Figure 6-13
Densité démographique dans la zone du Projet ...................................................... 36
Figure 6-14
Occupation des terres dans la zone du Projet ........................................................... 38
Figure 6-15
Catégories d’utilisation des terres et population dans le voisinage de la zone du
Projet ............................................................................................................................... 39
Figure 6-15
Carte de l’emplacement des sites du patrimoine culturel dans le Tableau 1 cidessus ............................................................................................................................. 42
Figure 7-1
Aires où il faudra modifier le routage de la canalisation pour éviter la
relocalisation .................................................................................................................. 46
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 3-1
Sauvegardes de la BID et normes de performance de la SFI .................................. 16
Tableau 5-1
Résumé du Projet par zone de service ....................................................................... 21
Tableau 5-2
Résumé du Projet .......................................................................................................... 22
ERM
viii
ST. VINCENT ESIA – APRIL 2016
Tableau 6-1
Résumé des espèces en Haïti ...................................................................................... 34
Tableau 6-2
Liste des sites culturels connus voisins de la route de la canalisation proposée . 42
Tableau 8-1
Mesures de gestion et de monitoring environnementaux et sociaux .................... 56
Tableau 9-1
Cadre de gestion des risques de désastre .................................................................. 79
ERM
ix
ST. VINCENT ESIA – APRIL 2016
RESUME
La Banque Interaméricaine de Développement (BID) envisage de financer un projet
pour améliorer les infrastructures et les institutions du secteur de l’eau et de
l’assainissement dans la partie ouest de Port-au-Prince, y compris la réparation et la
modernisation du système de transmission et de distribution d’eau. La zone
d’intervention du Projet est divisée en cinq macro-secteurs, divisés par principales
structures hydrauliques, qui seront servis via des canalisations d’eau, des stations de
pompage et des ouvrages de stockage nouveaux ou réhabilités (Figure ES-1):
Figure ES-1
Zones de service aux quartiers
Les communautés dans la zone de réhabilitation (entre Mariani et Bel Air) reçoivent
peu de services d’eau, et certaines d’entre elles dépendent de points d’eau (i.e.,
tuyaux cassés) ou achètent leur eau de vendeurs informels qui collectent l’eau à
partir de points d’eau et la vendent aux communautés avoisinantes. Le Projet entend
combler d’importantes lacunes dans l’alimentation en eau de cette zone.
Ce rapport constitue l’Evaluation Environnementale et Sociale Programmatique
(ESA) du Projet, identifiant les potentiels impacts environnementaux et sociaux qui
pourraient découler d’activités exécutées dans le cadre du Projet, et proposant des
mesures de mitigation et un Plan global de Gestion Environnementale et Sociale, y
compris une Evaluation des Risques de Désastre et un Plan de Gestion des
Désastres. Cette ESA, basée sur la collecte de maigres données primaires, repose
surtout sur notre connaissance de la zone du Projet, des données GIS disponibles, et
de l’expérience acquise à partir de projets de distribution d’eau.
L’impact potentiel le plus important associé à ce Projet devrait être la relocalisation
physique d’un nombre inconnu de familles vivant dans le corridor de la canalisation
d’eau, et le déplacement économique d’entreprises formelles ou informelles (nombre
et emplacement à déterminer) au long de ce corridor. Des efforts seront faits pour
minimiser cet impact dans la mesure du possible, via le micro-routage de la
canalisation pour éviter les résidences et les entreprises dans la mesure du possible ;
ERM
1
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
mais certains déplacements physiques et économiques seront vraisemblablement
inévitables. La gestion et la mitigation de cet impact sont pris en compte dans le
Cadre de Relocalisation.
D’autres impacts de moindre importance liés à la phase de construction dans le
cadre de ce Projet pourraient inclure :
L’érosion et la perturbation des sols dues aux déblais et glissements de terrains
dans les terres abruptes et les ruptures de pentes ;
L’exposition et la mobilisation de certains sols potentiellement contaminés
pendant l’excavation des fossés pour la canalisation ;
Déversements d’huiles, carburants et autres matières dangereuses ;
Impact sur la biodiversité dans les contreforts du Massif de La Selle, bien que
l’existence d’aucune espèce en voie de disparition ni d’habitat critique n’ait été
signalée dans cette zone ;
Impacts d’émissions atmosphériques, poussière diffuse pendant la saison sèche,
et bruit et vibrations, ce qui aurait des impacts sur la biodiversité et les
récepteurs sociaux ;
Influx de personnes dans la zone du Projet à cause des espoirs d’emploi ou
autres bénéfices, générant des tensions sociales et exerçant une pression sur des
ressources rares telles que le logement ou les commodités, et risques potentiels
pour la santé ;
Congestion de la circulation et accidents résultant de la fermeture temporaire de
routes et des déviations de la circulation ;
Accès temporairement réduit aux installations médicales, cliniques de santé
locales informelles, écoles, personnel de réponse aux urgences, et autres
importantes installations communautaires ;
Conflits entre groupes et personnes pour la collecte, la vente et l’accès à l’eau ;
Accès réduit et dommages potentiels aux églises, cimetières et parcs résultant
des activités de construction dans le cadre du Projet (i.e., nuisances, vibrations).
En présumant que le chantier sera adéquatement fermé et stabilisé après la
construction, les impacts de la Phase d’Exploitation devraient être peu nombreux et
relativement mineurs (i.e., bruit des stations de pompage).
Globalement, les impacts du Projet sont en général gérables via des mesures
standards de mitigation et de gestion (i.e., contrôle de l’érosion, prévention des
déversements, gestion du bruit, aspersion des déblais pour réduire la poussière
diffuse, fourniture d’Equipement de Protection Personnelle). Ces mesures de
mitigation sont décrites dans la section relative aux Mesures de Gestion
Environnementale et Sociale (Chapitre 8). De plus, le Projet a le potentiel d’offrir
d’importants bénéfices aux communautés, y compris des emplois au niveau local
pendant la phase de construction et des bénéfices à long terme pour la santé
découlant d’un meilleur accès à de l’eau potable, propre et sûre.
Le Projet devrait également inclure des actions pour la planification, la préparation,
la réponse et le redressement suite aux désastres naturels. Les principales
vulnérabilités aux désastres auxquelles fera face le Projet pendant la phase de
construction sont les ouragans, les tempêtes tropicales est les séismes, qui pourraient
endommager les installations du Projet et l’environnement. Pendant la phase
d’explotation, des désastres naturels pourraient endommager la canalisation d’eau
avec les mouvements du sol et l’exposition de la canalisation.
ERM
2
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Il faut poursuivre le dialogue avec les parties prenantes et continuer à collecter des
données, particulièrement pour les déplacements physiques et économiques, pour
assurer la pleine application des meilleures pratiques internationales. Le dialogue
devrait couvrir la dissémination de toutes les informations pertinentes relatives au
Projet parmi les communautés affectées, dans un format transparent et accessible.
ERM
3
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
1.0
INTRODUCTION ET FINALITE
1.1
INTRODUCTION
La Banque Interaméricaine de Développement (BID) envisage de financer le Projet
III (HA-1103) d’Eau et d’Assainissement à Port-au-Prince (ci-après « le Projet »). Cet
investissement couvre le renforcement institutionnel et l’infrastructure, en vue de
continuer à améliorer les services d’eau et d’assainissement à Port-au-Prince, Haïti.
Le projet prévoit la réparation et la modernisation du système de transmission et de
distribution d’eau servant les communautés dans la partie ouest du centre-ville de
Port-au-Prince.
Comme décrit dans les Termes de Référence (TdR) de la BID pour HA-T1214 et HAL1103, les services d’eau à Port-au-Prince sont déficients, comme le documentent
plusieurs études. Le manque d’investissement, et la mauvaise gestion et le manque
d’entretien de l’infrastructure pendant les 20 dernières années ont exacerbé la
situation. Les risques environnementaux et sociaux associés à cette situation sont
énormes, et se sont aggravés suite au séisme majeur du 12 janvier 2010. Avant même
le tremblement de terre, la nécessité d’améliorer les services d’eau pour un grand
nombre de familles résidant dans la ville était claire.
Ce document constitue l’Analyse Environnementale et Sociale Programmatique
(ESA) demandée par la BID pour le Projet. Cela inclut l’analyse socioéconomique
des communautés de la zone de réhabilitation (de Mariani à Bel Air). Ce document
est programmatique et ne contient pas de données spécifiques au site ni
d’évaluation spécifique au site. Bien que le projet soit susceptible de produire un
bénéfice net pour la communauté en termes d’accès amélioré à l’eau potable sûre,
des impacts potentiels sur l’environnement naturel et humain pourraient résulter
des activités liées au Projet. Le Projet pourrait aussi subir des dommages ou des
perturbations dus à des désastres naturels, et ces risques ont eux aussi été évalués.
1.2
FINALITE ET JUSTIFICATION DU PROJET
A titre d’information, il faut savoir que plusieurs bailleurs ont financé des
interventions dans le secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (WASH)
en Haïti. Ces programmes de bailleurs sont critiques pour la mise en œuvre du Plan
National d’Elimination du Choléra en Haïti pour lequel il faut, selon les estimations,
US$2.2 milliards pour financer des infrastructures sanitaires, et d’eau et
d’assainissement partout dans le pays (USAID, 2014). De ce budget estimatif,
environ US$1.5 milliard est alloué à la Direction Nationale de l’Eau Potable et de
l’Assainissement (DINEPA) pour l’alimentation en eau et le traitement des eaux
usées, et des interventions dans le domaine du renforcement institutionnel.
Seulement une fraction de ce montant a constitué la contribution du Gouvernement
haïtien, le reste provenant de bailleurs internationaux.
Par exemple, toutes les activités WASH de la BID s’inscrivent dans le cadre de la
prévention du choléra, l’installation d’infrastructures WASH constituant une
composante essentielle de l’élimination du choléra (USAID, 2014). L’actuel
portefeuille de projets est évalué à US$200 millions (US$130 millions de fonds
propres). Tous ces projets contribuent à la réduction du choléra. En font partie des
projets WASH en milieu rural et dans des villes secondaires, et un appui
ERM
4
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
institutionnel à la DINEPA (USAID, 2014). Parmi d’autres campagnes de bailleurs,
peuvent être citées (USAID, 2014) :
La Campagne d’Assainissement Total – une initiative communautaire conjointe
du Gouvernement haïtien et des Nations Unies pour l’amélioration des
conditions hydrauliques et sanitaires partout dans le pays ;
L’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement
(AECID) : US$100 millions décaissés directement à la DINEPA, et un montant
additionnel d’US$70 millions décaissé via la BID, tandis qu’US$10 millions sont
réservés pour la prévention du choléra, y compris US$12 millions de l’Agence
Canadienne de Développement International (ACDI) et US$2.5 million de
l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (AJCI).
Banque Mondiale : US$30 millions pour le WASH en milieu rural
(assainissement et kiosques à eau).
Coopération Suisse au Développement (SDC) : US$4 millions, dont US$2.5
millions pour le renforcement de la capacité en matière de qualité de l’eau et
US$2.5 million pour un programme WASH en milieu rural exécuté par l’ONG
suisse Helvetas.
Centre pour le Contrôle des Maladies (CDC) : US$50 millions pour une réponse
au choléra depuis octobre 2010 jusqu’à l’année fiscale 2014. Cet appui inclut des
activités WASH et sanitaires.
La BID est le plus grand contributeur financier au secteur de l’eau et de
l’assainissement en Haïti (BID, TdR). En 2015, la BID a commencé à préparer sa
troisième opération d’investissement qui devrait être approuvée par son Conseil
Administratif en juin 2016, pour que le renforcement institutionnel et l’infrastructure
continuent à améliorer les services d’eau et d’assainissement à Port-au-Prince. Cela
inclut un nouveau modèle de gestion qui sera mis en place en avril 2017 au Centre
Technique d’Exploitation (CTE) de Port-au-Prince.
1.3
OBJECTIFS ET PORTEE
L’ERM a été recrutée par la BID pour préparer une Evaluation Environnementale et
Sociale Programmatique (ESA) de haut niveau, dans le cadre de la préparation de la
réunion du Conseil Administratif prévue pour avril 2016, lors de laquelle la BID
révisera le projet proposé. Ce document identifie les risques environnementaux et
sociaux potentiels associés aux phases de construction et d’exploitation de ce Projet
selon les informations disponibles, la connaissance qu’a l’ERM de Port-au-Prince, et
l’expérience de l’ERM acquise dans le cadre d’autres projets similaires
d’alimentation en eau.
Spécifiquement, ce document :
ERM
Présente une évaluation environnementale et sociale programmatique du Projet,
y compris une évaluation des risques de désastre ;
Propose un plan de gestion environnementale et sociale programmatique pour le
Projet, y compris un plan de gestion des risques de désastre ; et
Propose un cadre de relocalisation.
5
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
2.0
METHODOLOGIE
2.1
RECHERCHES DOCUMENTAIRES
Pour évaluer les potentiels effets socioéconomiques et environnementaux, des
données et des informations sur les caractéristiques pertinentes existantes ont été
trouvées et prises en compte via des recherches documentaires. Des données et
informations secondaires ont été obtenues d’entités nationales pertinentes et de
bases de données disponibles pour le public, et les lacunes dans les données ont été
identifiées. En principe, un exercice de collecte de données impliquant une visite des
lieux et un dialogue avec des parties prenantes (collecte de données primaires)
aurait été fait pour combler les lacunes identifiées lors de la révision des données
secondaires ; cependant, suite à des contraintes de temps, et comme convenu avec la
BID, il n’y a pas eu de visite détaillée des lieux pour la phase typique de collecte de
données primaires ; là où les données n’étaient pas disponibles, l’ERM s’en est plutôt
remise à une analyse basée sur l’imagerie, comme décrit ci-dessous.
2.2
VISITE DES LIEUX
Un sociologue a fait une visite d’une journée au site du Projet et a procédé à des
interviews informels avec des promoteurs du Projet et des résidents de la Zone du
Projet. Le rapport sur cette visite, qui donne un aperçu des problèmes sociaux
fondamentaux auxquels s’attendre dans le cadre du Projet, se trouve en Appendice
C.
2.3
ANALYSE ET EVALUATION BASÉES SUR L’IMAGERIE
L’ERM a appliqué une solide et efficace méthodologie pour identifier les contraintes
environnementales et sociales associées au Projet, via une approche de modélisation
des contraintes basée sur l’imagerie. Des Systèmes d’Information Géographique
(SIG) ont été utilisés pour rapidement identifier et estimer les risques et impacts
associés à la construction de la canalisation d’eau. Les données utilisées dans le
cadre de l’analyse SIG tombent dans quatre catégories : (1) données fournies par le
client ; (2) données commerciales ; (3) données disponibles pour le public ; et (4)
données dérivées. Chacune de ces catégories de données est présentée ci-après, avec
une description de chaque type de données utilisé dans ce rapport.
2.3.1 Données fournies par le client
Les seule données SIG fournies par le client étaient constituées d’une carte PDF du
routage proposé pour le réseau hydraulique. L’ERM a procédé au géoréférencement de cette carte et à la numérisation manuelle des conduits, et les a
convertis en shapefiles SIG.
2.3.2 Données Commerciales
L’ERM a utilisé une imagerie satellitaire Worldview-3 à haute résolution remontant
au 21 février 2016 ; cette imagerie comporte une résolution de 40 cm et quatre
bandes de données. Il était important d’utiliser l’imagerie la plus récente disponible,
car la construction de logements informels est un phénomène constant dans la zone
du projet, et est en constant changement et développement. L’imagerie Worldview-3
a été utilisée pour procéder à la classification de l’occupation des sols, les
ERM
6
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
évaluations démographiques et la cartographie de la végétation (voir la Error!
Reference source not found.).
Les zones en rouge sont des arbres.
Figure 2-1
Exemple d’utilisation de l’imagerie Worldview-3 pour identifier la
végétation dans le district de Mariani 2
2.3.3 Données disponibles pour le public
L’ERM a utilisé des données trouvées sur le site internet ouvert www.haitidata.org
établi peu après le séisme de 2010. La majorité des données sur ce site internet
proviennent d’un rapport préparé par le Gouvernement haïtien intitulé « Analyse
des Différents Aléas Naturels en Haïti (NATHAT) ». Ci-après se trouve une liste des
données utilisées tirées de cette source publique :
Modèle d’Elévation LiDAR d’1-mètre : ces données LiDAR viennent dans deux
différents modèles, un Modèle de Surface Numérique (DSM) et un Modèle de
Terrain Numérique (DTM). Le DSM, qui mesure la hauteur des édifices, a été utilisé
pour aider à l’identification de la densité de la structure (voir la Figure 2-2-2-2), qui a
son tour a alimenté le modèle de densité démographique. Le DSM a aussi été utilisé
pour aider à créer le modèle d’occupation des sols. Le DTM, qui mesure la hauteur
du paysage en éliminant les structures érigées par l’homme, a été utilisé pour
générer le réseau fluvial, les bassins hydrographiques et les modèles d’inclinaison
du paysage.
ERM
7
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Figure 2-1
Les zones en rouge sont des arbres.
Exemple d’utilisation de données LiDAR pour l’identification d’édifices
dans le district de Mariani 2
Modèle de Liquéfaction: Le modèle de liquéfaction indique où il y a des risques de
perte de stabilité des sols suite à des séismes. Il a été utilisé pour évaluer la
vulnérabilité du projet aux séismes.
Réseaux routiers : Les réseaux routiers ont été utilisés dans l’analyse de réseau des
changements temporaires dans les distances à parcourir vers l’hôpital le plus proche
dus à la construction de la canalisation d’eau.
2.3.4 Données dérivées
Les données dérivées sont les nouvelles informations générées par l’analyse des
données publiques, commerciales et fournies par le client. Une liste des données
dérivées se trouve ci-dessous, avec la description de la manière dont les données
dérivées ont été générées :
Modèle d’occupation des sols : L’imagerie satellitaire Worldview3 et le DSM LiDAR
ont été utilisés pour produire une carte montrant 12 catégories d’utilisation des sols,
incluant : (1) résidentiel ; (2) « utilisation mixte » avec des résidences et des édifices
commerciaux ; (3) zones de récréation ; (4) zones boisées ; (5) édifices publics ; (6)
hôpitaux (7) zones industrielles ; (8) églises ; (9) écoles ; (10) routes ; (11) cimetières ;
et (12) espaces verts (voir la Figure 6-14).
Modèle de Densité Démographique : D’abord, le rapport sur le recensement de la
population 2015 de l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique a été utilisé
pour identifier le nombre moyen de personnes par ménage, selon le quartier.
Ensuite, à l’aide du DSM LiDAR, il fut possible d’isoler les structures individuelles
de logement dans toute la zone étudiée. Pour les édifices d’appartements, la hauteur
et la superficie de l’édifice ont été utilisés pour estimer le nombre d’étages et le
nombre d’unités de logement par étage. Puis le nombre de logements a été agrégé
dans une grille d’un hectare multiplié par le nombre moyen de personnes par
ménage. Le résultat est un modèle indiquant des différences dans la densité
démographique dans la zone étudiée et au long du réseau hydraulique proposé
(voir la Figure 6-13).
ERM
8
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Modèle de Zone de Rivière et Bassin Hydrographique : Ce modèle a été créé via
l’analyse du DTM LiDAR, qui a identifié les emplacements des réseaux fluviaux et
aires de drainage en plus des zones hydrographiques pour ces réseaux
hydrauliques. Ces données ont été utilisées dans l’analyse des impacts
environnementaux.
Modèle d’inclinaison : le niveau de pente (ou d’inclinaison) du paysage a été généré
à partir du DTM LiDAR. Ces données ont été utilisées dans la section « Evaluation
Environnementale ».
Cartographie de la Végétation : générée à partir de l’imagerie satellitaire
Worldview-3, et ces données ont été utilisées dans l’évaluation environnementale
pour identifier les impacts potentiels sur l’habitat.
2.4
LIMITATIONS
2.4.1 Recherches documentaires
Les informations trouvées dans des bases de données publiques et des recherches à
partir de sources ouvertes ont fait suffisamment de révélations sur les
caractéristiques existantes de l’environnement socioéconomique pour une
évaluation de haut niveau. Cependant, pour l’évaluation finale des impacts, il
faudra des consultations avec des parties prenantes, allant du gouvernement aux
populations vulnérables, ainsi qu’un effort de collecte sur le terrain de données
détaillées à la ligne de base.
Les recherches documentaires ont révélé que l’USAID a commandité un projet
d’US$1.9 million pour cartographier des données sur la tenure foncière, les titres de
propriété des logements et des données démographiques. Il sera important de
contacter l’USAID pour obtenir ces informations, si possible, et les utiliser pour le
Recensement pour la Relocalisation.
2.4.2 Analyse et Evaluation basées sur l’imagerie
L’analyse SIG devrait être considérée comme une évaluation de haut niveau. Par
exemple, la modélisation de la densité démographique, développée à l’aide
d’informations fournies par le recensement national de 2015, semble liée aux
niveaux et à la densité démographique des quartiers couverts par le recensement de
2015, mais une modélisation additionnelle et une vérification sur le terrain devraient
être faites pour affiner le modèle de densité démographique. La valeur de la
modélisation démographique SIG consiste au fait qu’il est maintenant possible
d’identifier différentes aires de densité démographique à une échelle utile pour
l’évaluation de projet. Bien que le recensement de 2015 ait produit des informations
démographiques au niveau des quartiers, il n’a pas été utile pour déterminer
combien de personnes pourraient temporairement être affectées par la construction
de la canalisation d’eau, ni combien de personnes pourraient bénéficier du projet. La
modélisation démographique SIG permet une évaluation plus exacte en ce sens, et il
est maintenant possible d’estimer les niveaux et la densité démographiques dans les
100 mètres autour de la route proposée pour la conduite d’eau.
De plus, les données trouvées sur www.haitidata.org n’ont pas été vérifiées à cause
de contraintes de temps, et leur qualité est donc incertaine. C’est particulièrement
important pour le modèle de liquéfaction, qui est important pour identifier la
vulnérabilité du Projet aux séismes.
ERM
9
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
2.5
LACUNES DANS LES DONNEES
Les points suivants sont les lacunes dans les données qu’il faudra combler pour
arriver à une ESA solide. Ces lacunes sont résumées ci-dessous, avec une description
des besoins les plus critiques :
Informations descriptives du projet :
Conception technique : Emplacement exact et conception de la canalisation
d’eau ;
Estimations de la main-d’œuvre : cela inclut le nombre et le type d’ouvriers (i.e.,
qualifiés, non qualifiés), nombre de recrutés sur place vs. expatriés, pic de la
demande de main-d’œuvre, et calendriers ;
Calendrier et coûts : calendrier prévu du projet, incluant les échéanciers pour la
construction et l’exploitation.
Informations sur l’environnement :
Permis et autorisations relatifs à l’environnement, à la santé et à la sécurité ;
Etudes sur la biodiversité et l’habitat.
Informations socioéconomiques et sanitaires sur la communauté :
Détails sur le dialogue avec les parties prenantes : efforts de dialogue et de
dissémination d’informations à date ; planification du dialogue futur ; dialogue
sponsorisé par le gouvernement ;
Population et Economie : nombre de personnes affectées par le projet, nombre de
personnes qu’il faudra physiquement relocaliser ou de déplacements
économiques (dans le cadre d’une enquête sur les ménages ou via une analyse
SIG additionnelle) niveau d’activités informelles dans la zone du Projet ;
Infrastructure sociale : Emplacement des institutions de santé (autres que les
hôpitaux), tant formelles qu’informelles ; emplacement des écoles ; emplacement
des centres religieux ; disponibilité du transport public ; disponibilité
d’électricité ;
Groupes vulnérables : identification des groupes et personnes vulnérables ; et
Gestion des risques de désastre :
ERM
Des informations génériques ont été présentées, et il faudra évaluer des détails
spécifiques sur la géologie et la surface des sols voisins, les risques d’éboulement
et les risques d’inondation, avant la construction.
10
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
3.0
CADRE JURIDIQUE, INSTITUTIONNEL ET DE POLITIQUES
3.1
INSTITUTIONNEL
Le Gouvernement haïtien a établi des directives juridiques pour améliorer la
gouvernance du secteur de l’eau et de l’assainissement avec l’adoption d’une Loi
Cadre de laquelle l’administration du secteur pourrait partir. Ces derniers, à leur
tour, sont responsables de l’administration des services d’eau et d’assainissement
dans des centres démographiques de plus de 5,000 habitants. A Port-au-Prince, la
CTE remplace l’ancienne institution responsable de l’eau, la Centrale Métropolitaine
de l’Eau et de l’Assainissement (CAMEP). Les ministères pertinents et autres
agences et leur implication respective dans les services d’eau et d’assainissement à
Port-au-Prince et plus généralement en Haïti sont brièvement décrits ci-après.
3.1.1 Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC)
Le Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC) est
responsable de la réglementation de l’alimentation en eau, de l’assainissement et de
l’hygiène via sa Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement
(DINEPA). La DINEPA est chargée d’appliquer la Loi Cadre de 2009 sur
l’Alimentation en Eau, de coordonner l’assistance externe, de réglementer les
prestataires de services d’eau, et de faciliter la décentralisation de la gestion de
l’alimentation en eau. La DINEPA est mal financée, a des défis relatifs à la
satisfaction des besoins d’alimentation en eau, et dépend grandement de l’assistance
des ONG et des organismes internationaux de développement (Stoa 2015).
Les Organismes Régionaux d’Eau et d’Assainissement (OREPA) ont été établis en
tant qu’entités décentralisées de la DINEPA, avec pour responsabilité l’application
de stratégies d’eau et d’assainissement au niveau régional. Il existe quatre OREPA
(Ouest, Nord, Centre et Sud), montés lors de la dissolution de deux entités
publiques, la Centrale Métropolitaine d’Eau Potable (CAMEP) qui couvrait la zone
métropolitaine de Port-au-Prince, et le Service National d’Eau et d’Assainissement
(SNEP) qui servait le reste du pays. Les OREPA sont propriétaires des
infrastructures d’eau et d’assainissement, et sont responsables de l’application des
politiques du secteur, du monitoring des ressources, et de la supervision des
opérateurs du secteur de l’eau et de l’assainissement dans leurs divisions
territoriales respectives.
Les Unités Départementales Rurales (UDR) sont des structures décentralisées des
OREPA dans les zones rurales d’Haïti. Les URD sont chargées d’assurer la
conformité de la qualité de l’eau et des services d’assainissement en milieu rural au
niveau départemental pour compte des OREPA. Les Comités d’Alimentation en Eau
Potable et d’Assainissement (CAEPA) et les Comités de Points d’Eau (CPE) sont en
charge de l’alimentation en eau et de l’assainissement en milieu rural sous la
supervision et le monitoring des URD.
Des Techniciens Communaux en Eau et Assainissement (TEPAC) ont été recrutés,
formés et déployés par la DINEPA dans chaque commune d’Haïti. Deux membres
des TEPAC sont également affectés à chacune des 133 communes. Les TEPAC sont
responsables d’un grand nombre de tâches, y compris le suivi des activités des
CAEPA et des CPE, l’inventaire et l’évaluation des infrastructures hydrauliques
rurales, l’appui technique à l’exploitation et à l’entretien des systèmes hydrauliques,
ERM
11
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
le contrôle de la chloration de l’eau et le monitoring de la qualité de l’eau, et la
promotion du changement de comportement en matière d’assainissement et
d’hygiène.
La DINEPA est actuellement en train de créer un inventaire des système WASH en
Haïti et a créé un système de monitoring de la performance (Système Informatique
de Performance – SIP) qui fait le suivi de 21 facteurs, dont le paiement, le nombre de
bénéficiaires, les analyses de la qualité de l’eau, la logistique et les finances des
points d’eau.
3.1.2 Ministère de l’Environnement (MDE)
Le Ministère de l’Environnement est légalement responsable de la majorité des
aspects de la gestion des ressources hydriques en Haïti, y compris la réglementation
de la qualité de l’eau, l’élaboration des politiques, le monitoring et l’évaluation, la
coordination interministérielle, la conservation et l’application. Le Ministère de
l’Environnent manque de capacités (i.e., ressources humaines et compétences, outils
et ressources) nécessaires pour remplir son vaste en ambitieux mandat (Stoa 2015).
3.1.3 Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural
(MARNDR)
Disposant de nombreuses ressources humaines et financières, le Ministère de
l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR)
exerce un contrôle sur les décisions relatives à la gestion des ressources hydriques,
particulièrement en ce qui concerne l’irrigation et l’occupation des sols. Le
MARNDR a récemment tenté d’élargir son champs d’action en y incluant la gestion
des bassins versants en général. Bien que peu de dispositions statutaires assignent
au MARNDR un rôle dans l’établissement de politiques relatives aux ressources
hydriques, il a une grande influence dans le secteur, compte tenu de ses ressources
humaines et financières et de l’importance de l’agriculture pour l’économie en Haïti.
3.1.4 Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP)
Le Ministère de la Santé Publique et de la Population est chargé de la formulation et
de l’application de la Politique Nationale de Santé Publique. L’un des objectifs
primaires du MSPP est l’établissement d’un système de santé capable d’assurer la
couverture sanitaire totale du pays et la satisfaction des besoins essentiels de la
population en tout ce qui concerne la santé.
3.1.5 Bureau National de l’Evaluation Environnementale (BNEE)
Le Bureau National de l’Evaluation Environnementale (BNEE), une branche
décentralisée du Ministère de l’Environnent, a été institué en 2015 pour « satisfaire
une exigence constitutionnelle de protéger la population contre toute pratique
capable de perturber l’équilibre écologique » (Haïti libre). Le rôle du BNEE est
d’assurer l’opérationnalisation du Système d’Evaluation de l’Environnement, y
compris les Etudes d’Impact sur l’Environnement, les Evaluations
Environnementales et Stratégiques, et les Audits Environnementaux et Sociaux, ainsi
que toute future réforme pertinente. Les deux lois d’orientation sont encore des
avant-projets de loi, mais sont connues comme la Loi Générale sur l’Evaluation
Environnementale et la Loi Organique sur l’allocation, l’organisation et le
fonctionnement du BNEE.
ERM
12
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
3.1.6 Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST)
Le Ministère des Affaires Sociales et du Travail est l’autorité nationale compétente
en matière de sécurité et santé au travail, et l’entité responsable de toutes les normes
relatives à la main-d’œuvre, y compris l’application des politiques et procédures de
la Santé et de la Sécurité au Travail (OHS). Parmi les lois importantes, se trouvent le
Code du Travail Actualisé (1984) contenant des dispositions relatives à l’OHS.
3.2
STRATEGIES NATIONALES
3.2.1 Document d’Orientation Stratégique pour l’Assainissement en Haïti
Publiée en 2012, la Stratégie Nationale d’Assainissement de la DINEPA est centrée
sur: (1) le lien entre la santé, l’eau et l’assainissement; (2) le renforcement des
municipalités; (3) la sensibilisation de la population pour le changement de
comportement; (4) l’infrastructure publique dans les marchés, les écoles et les lieux
de travail; (5) la chaine de valeur de la gestion des excréta; et (6) le traitement des
excréta. Le slogan de la Direction de l’Assainissement est « 1 maison, 1 toilette »
(USAID, 2014).
3.2.2 Plan National d’Elimination du Choléra en Haïti, 2013-2022
Avec la DINEPA, le MSPP et d’autres acteurs essentiels ont lancé le Plan national
d’éradication du choléra d’ici 2022. Le Plan National est centré sur des activités dans
quatre grands domaines : l’eau et l’assainissement, les services et la gestion de la
santé, l’épidémiologie et la surveillance, et la promotion de la santé et de l’hygiène.
Parmi les activités prévues dans ces quatre domaines, se trouvent : la promotion
d’une participation effective des autorités locales à l’exécution des activités sur le
terrain ; et le renforcement et la formation des ressources humaines pour le
monitoring de la qualité de l’eau, la coordination des activités WASH, et la gestion
des connaissances.
3.2.3 Plan Stratégique Intersectoriel de Promotion de l’Hygiène 2013-2018
La promotion des pratiques d’hygiène en appelle à la participation de plusieurs
ministères. Parmi les institutions qui collaborent au Plan Stratégique Intersectoriel
de Promotion de l’Hygiène se trouvent : la DINEPA, le MENFP, le MSPP, le
MARNDR, le Ministère de l’Environnement, le Ministère du Commerce et de
l’Industrie, et le Service Métropolitain de Collecte des Résidus Solides (SMCRS). La
stratégie aligne le travail des différents ministères dans quatre grands domaines : (1)
le renforcement des cadres institutionnels et de réglementation ; (2) la mobilisation
des communautés pour le changement social ; (3) la communication pour le
changement de comportement ; et (4) le plaidoyer.
3.3
EFFORTS HUMANITAIRES
84 organisations humanitaires assistent Haïti dans les domaines suivants: sécurité
alimentaire/nutrition (34 organisations), préparation et réponse à l’urgence (34),
santé (32), sécurité (32), WASH (26) et abris (4). Suit une ventilation des
organisations par type, selon l’Office des Nations Unies pour la Coordination des
Affaires Humanitaires :
ERM
48 ONG internationales ;
13
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
17 ONG nationales ;
7 Mouvements de la Croix Rouge ;
6 entités gouvernementales ;
5 agences des Nations Unies.
1 organisation internationale.
Suivent des exemples d’efforts humanitaires dans le secteur WASH dans le
Département de l’Ouest (l’un des 10 départements d’Haïti où le projet est situé) :
3.4
Solidarité pilote une approche de fosse septique selon laquelle 10-29 logements
sont reliés et établissent un comité d’exploitation et un système tarifaire pour
l’entretien de l’infrastructure ;
L’ONG « Sustainable Organic Integrated Livelihoods – SOIL » (Subsistances
Organiques Intégrées Durables) loue des toilettes à raison de 100 gourdes
(US$2.2) par mois ;
L’AECID a commandité une étude de trois ans sur les facteurs d’adoption de
l’assainissement ;
L’UNICEF a lancé sa grande Campagne d’Assainissement Total et prévoit
d’étendre l’intervention, passant de 20 communautés pendant la phase 1 à 35
communautés pendant la phase 2. Les communes ont été sélectionnées sur la
base de l’incidence du choléra, avec au minimum une commune par
département ;
Action Contre la Faim (ACF) lie le WASH à la nutrition dans les écoles. Ils
travaillent aussi sur des approches de la subsistance incorporant des activités
WASH, comme les jardins potagers.
JURIDIQUE
3.4.1 Lois et Politiques d’Haïti
En Haïti, la législation fluctue depuis avant l’adoption de la Constitution de 1987, ce
qui est partiellement dû aux troubles sociaux et politiques, à la violation des droits
humains et à l’instabilité économique. Cette situation, cependant, a très récemment
été exacerbée par le séisme de 2010 qui a tué plus de 200,000 résidents, blessé plus de
300,000 et endommagé ou détruit des infrastructures critiques partout dans le pays.
L’épicentre du séisme d’amplitude 7.3 était proche de Port-au-Prince, ce qui a
entrainé une concentration des dégâts dans la zone de plus forte densité
démographique du pays.
Les exigences de réglementation relatives au juridique, à l’environnement, au social,
à la santé et à la sécurité en Haïti sont nécessaires au niveau national, mais sont
rarement ou inefficacement appliquées et/ou documentées. A cette fin,
l’établissement d’une liste de permis et autorisations actuels nécessaires dans les
domaines de l’environnement, de la santé et de la sécurité associés aux phases de
Construction et d’Opération du Projet est difficile avant de procéder à une visite au
site où ces exigences juridiques peuvent être confirmées.
La section ci-dessous présente un bref aperçu des lois applicables en matière de
santé et de sécurité, ainsi que des exigences ou normes additionnelles que devra
respecter le projet.
ERM
14
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
3.4.2 Législation nationale sur l’environnement
Voilà une brève liste des lois les plus importantes applicables à la Performance
Environnementale du Projet:
Constitution (Mars 1987) : les Articles 253 – 258 stipulent que « l’environnement
constituant le cadre naturel de la vie des gens, toute pratique capable de perturber
l’équilibre écologique est strictement interdite. L’Etat organisera le renforcement des
sites naturels pour en assurer la protection et pour les rendre accessibles à tous. Pour
protéger les réserves forestières et augmenter la couverture végétale, l’Etat
encourage le développement de sources d’énergie locales : solaire, éolienne et autres.
Dans le cadre de la protection de l’environnement et de l’éducation du public, l’Etat
a l’obligation d’établir et de maintenir des jardins botaniques et zoologiques sur
certains points de son territoire. La Loi spécifie les conditions de protection de la
flore et de la faune, et punit toute violation de ces conditions. Personne ne peut
introduire dans le pays des déchets ni résidus de quelque type que ce soit provenant
de sources étrangères ».
Le Plan d’Action pour l’Environnement (1999) oriente toute la gestion
environnementale en Haïti.
Le Système National de Gestion de l’Environnement (SNGE) (2006) contient des
dispositions relatives à la planification environnementale, les aires protégées,
l’évaluation, la surveillance, le « Système National d’Informations
Environnementales », l’éducation, le financement, la recherche, les ressources
naturelles, la pollution, les écosystèmes, et la responsabilité et les sanctions pour
dommages à l’environnement.
3.4.3 Cadre Juridique National pour la Santé et la Sécurité
La Constitution (Mars 1987): Les Articles 19, 22, 23- établissent que « l’Etat a
l’obligation absolue de garantir le droit à la vie, à la santé et au respect de la
personne humaine à tous les citoyens sans distinction. L’Etat reconnait le droit de
chaque citoyen à un logement décent, à l’éducation, à la nourriture et à la sécurité
sociale. L’Etat a l’obligation d’assurer à tous les citoyens sur toutes les divisions
territoriales des moyens appropriés d’assurer la protection, le maintien et la
restauration de leur santé via l’établissement d’hôpitaux, de centres de santé et de
dispensaires ».
La loi la plus importante pour les projets d’infrastructures d’eau et d’assainissement
comme celui-ci, est la Loi Cadre de 2009 sur l’Organisation du Secteur de l’Eau et de
l’Assainissement, qui investit la DINEPA d’une grande autorité en matière
d’établissement de politiques, de création de structures tarifaires, d’établissement de
normes de qualité de l’eau, d’émissions de permis, d’applications de pénalités pour
violation, et de médiation de conflits (Stoa, 2015).
Traités et Obligations Internationales
Haïti a ratifié ou conclu plusieurs traités internationaux portant sur le social, le
travail, la santé et la qualité de l’environnement, dont:
ERM
La Convention Internationale sur les Droits Civils et Politiques ;
La Convention Contre Toutes Formes de Discrimination à l’Egard des Femmes ;
La Convention sur l’Elimination de Toutes Formes de Discrimination Raciale ;
15
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
La Convention sur les Droits des Personnes Handicapées ;
La Convention Internationale sur les Droits Economiques, Sociaux et Culturels ;
La Constitution de l’Organisation Panaméricaine de la Santé ;
La Constitution de l’Organisation Mondiale de la Santé (contraignante dans le
cadre du droit international) ;
La Convention sur la Diversité Biologique;
La Convention sur les Droits de l’Enfant ;
La Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique ;
La Convention 29 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur la Liberté
d’Association ;
La Convention 98 de l’OIT sur la Négociation Collective ;
Les Conventions de l’OIT sur l’Elimination du Travail Forcé et Obligatoire (29 et
105) ;
Les Conventions de l’OIT sur l’Elimination de la Discrimination en matière
d’Emploi et de Travail (100 et 111) ;
Les Conventions de l’OIT sur l’Elimination du Travail des Enfants (128 et 182).
3.5
SAUVEGARDES DE LA BID, ET NORMES DE PERFORMANCE DE LA SFI ET
CONFORMITE
La Banque Interaméricaine de Développement a une liste de sauvegardes
environnementales et sociales, qui constituent la norme par rapport à laquelle est
évaluée la performance environnementale et sociale des bénéficiaires de
financement. Les sauvegardes offrent une orientation en matière de meilleures
pratiques d’exécution de projets. Le Tableau 3-1 détaille l’orientation pertinente
pour les activités associées à ce Projet, y compris la performance évaluée.
Il est présumé que dans le cadre d’une ESIA complète, y compris les consultations
avec les parties prenantes, la collecte de toutes les données à la ligne de base et la
vérification sur le terrain, la BID évaluera et établira un ensemble détaillé de critères
à satisfaire pour que le Projet respecte les normes établies dans les Sauvegardes de la
BID et les Normes de Performance de la SFI. Le contexte spécifique du Projet
déterminera les priorités en matière d’exécution, et constituera le principe servant de
base à l’élaboration du Plan d’Action Environnementale et Sociale (ESAP).
Tableau 3-1
Sauvegardes de la BID et Normes de Performance de la SFI
Politique/Directive
OP-703: B.4 - BID
Meilleure pratique
internationale
Aspect applicable
Capacité de
Gouvernance
Meilleure pratique
internationale
Communication
externe et mécanismes
de réclamation
OP-703: B.6 - BID
OP-102 - BID
Meilleure pratique
internationale
Consultation
ERM
16
Performance
L’Emprunteur/Agence d’Exécution faitelle montre d’une faible capacité
institutionnelle pour la gestion des points
environnementaux et sociaux?
L’Emprunteur/Agence d’exécution a-t-elle
établi un mécanisme de réclamation pour
entendre les préoccupations et recevoir les
plaintes des Communautés Affectées
relatives à la performance E&S du Client,
et faciliter la résolution de ces problèmes?
L’Emprunteur/Agence d’Exécution a-t-elle
élaboré un Plan d’Implication des Parties
Prenantes à l’échelle des risques et impacts
liés au Projet, et à ses phases de
développement?
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Politique/Directive
OP-703 de la BID
OP-761 de la BID
OP-703: B.10/B.11
de la BID
OP-703 de la BID
Aspect applicable
Matières dangereuses
– prévention et
réduction de la
pollution
Matières dangereuses
– prévention et
réduction de la
pollution
Santé, Sûreté et
Sécurité des
Communautés
OP-710 de la BID
OP-761 de la BID
Relocalisation
OP-765 de la BID
OP-761 de la BID
Populations Indigènes
OP-703: B.9 de la
BID
Habitats naturels et
sites culturels
ERM
17
Performance
L’Emprunteur/Agence d’Exécution évitera
ou minimisera le potentiel d’exposition des
employés aux matières et substances
dangereuses que pourrait générer le Projet.
L’Emprunteur/Agence d’Exécution évitera
ou minimisera le potentiel d’exposition des
communautés aux matières et substances
dangereuses que pourrait générer le Projet.
L’Emprunteur/Agence d’Exécution a-t-elle
évalué les risques et impacts sur la santé et
la sécurité des Communautés Affectées
pendant le cycle de vie du Projet, et
établira-t-elle des mesures de prévention et
de contrôle conformes aux bonnes
pratiques internationales de l’industrie ?
L’Emprunteur/Agence d’Exécution a-t-elle
tout fait pour minimiser la nécessité de
relocalisation, et si oui, a-t-elle géré
l’impact de manière à assurer que la
relocalisation devient une opportunité de
développement ?
L’Emprunteur/Agence d’Exécution fera en
sorte d’appuyer le développement dans le
respect de l’identité des populations
indigènes, et de protéger les populations
indigènes et leurs droits.
L’Emprunteur/Agence d’Exécution
n’appuiera pas d’opérations qui
impliquent une importante conversion ou
dégradation d’habitats naturels critiques
ou qui endommagent des sites culturels
critiques.
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
4.0
CONSULTATION DU PUBLIC ET DIALOGUE AVEC LES PARTIES
PRENANTES
La consultation et l’information du public, ainsi qu’un dialogue constant avec les
parties prenantes, sont des étapes critiques assurant la participation du public, la
gestion des risques sociaux, et l’évaluation des potentiels impacts environnementaux
et sociaux. En général, dans le cadre d’une ESA Programmatique, le dialogue avec
les parties prenantes alimente les efforts de collecte de données primaires.
Cependant, compte tenu des contraintes de temps pour la production de ce
document, le dialogue n’a pas été possible à cette phase. A l’avenir, le Projet devra:
ERM
Documenter toutes les consultations publiques avec des groupes d’affectés déjà
faites ou en cours, y compris quand et où la consultation a eu lieu et ses
principaux résultats, et préoccupations et opinions en résultant ;
Donner des informations publiques sur l’ESA Programmatique à la population
locale ;
Détailler toutes les informations dont la dissémination future est prévue, les
activités de consultation du public à réaliser, et les activités des opérateurs (y
compris l’échéancier estimé, si possible) pendant toute la durée du projet. Cela
pourrait s’inscrire dans un Plan de Dialogue avec les Parties Prenantes selon le
modèle présenté en Appendice B ;
Finalement, dans le cadre d’efforts de dialogue avec les parties prenantes,
collecter des données supplémentaires sur les conditions et les impacts potentiels
à la ligne de base ;
Assurer qu’un mécanisme de réclamation est préparé et opérationnel pendant
les phases de construction et d’exploitation.
18
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
5.0
DESCRIPTION DU PROJET
5.1
EMPLACEMENT
Le Projet est situé dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, au sud, dans les
contreforts du Massif de La Selle menant aux sources d’eau. La Figure 5-1 montre
l’emplacement du Projet et les quartiers spécifiques affectés par le Projet. La zone du
projet est divisée en cinq macro-secteurs divisés par les principales structures
hydrauliques (Figure 5-4) :
Secteur Ouest (Mariani, Corossol, Mme Baptiste) ;
La section basse de Mme Baptiste ;
Le secteur de Mahotière (Chaudeau inclus) ;
Le secteur hors zone comprenant trois sous-secteurs :
o Zone à l’ouest de Diquini et Chaudeau ;
o Le centre, entre Chaudeau et la rue Jeannot ;
o La partie Est, entre les rues Jeannot et Bolosse.
Le secteur du centre-ville de Diquini.
Figure 5-1
Carte de l’emplacement du Projet
Le Projet couvre la réparation et la modernisation du système de transmission et de
distribution de l’eau servant les communautés à l’est du centre-ville de Port-auPrince. Lors de la visite de l’ERM sur les lieux, il a été confirmé que des personnes
vivant dans les communautés dans la zone de réhabilitation (entre Mariani et Bel
Air) reçoivent peu de services d’eau et certaines d’entre elles dépendent de points
d’eau (i.e., tuyaux cassés) ou achètent leur eau de vendeurs informels qui collectent
l’eau à des points d’eau et la vendent aux communautés voisines (voir la Figure 5-2
et la Figure 5-2
Tuyaux cassés dans la zone du Projet
).
ERM
19
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Source: ERM, 2016
Figure 5-2
Tuyaux cassés dans la zone du Projet
Source: ERM, 2016
Figure 5-3
Collecte d’eau pour vente
Le Error! Reference source not found. présente un résumé du projet planifié par
zone de service, et la Note: Les canalisations sont montrées en rouge, violet et jaune,
selon le type
Figure 5-4
ERM
2 montre le plan et les zones de service du projet.
20
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Note: Les canalisations sont montrées en rouge, violet et jaune, selon le type
Figure 5-4
Zones de Service des Quartiers
Tableau 5-5-1 Résumé du Projet par Zone de Service
Zone
Mariani 1
Mariani 2
Corossol
Mme Baptiste
Diquini
Chaudeau
Mahotiere 2
Mahotiere 3
Tunnel 1
Bel Air
Hors Zones
Types d’installations incluses
Réseau de distribution et extensions des principales canalisations
d’alimentation
Réseau de distribution et extensions des principales canalisations
d’alimentation
Principale canalisation d’alimentation
Réseau de distribution et extension des principales canalisations
d’alimentation
Réseau de distribution et extension des principales canalisations
d’alimentation
Principale canalisation d‘alimentation
Principale canalisation d’alimentation
Principale canalisation d’alimentation
Principale canalisation d’alimentation
Principale canalisation d’alimentation
Principale canalisation d’alimentation
Source: BID, 2015
5.2
ZONE D’INFLUECE DU PROJET
L’ERM présume que la Zone d’Influence du Projet (également nommée Zone du
Projet) inclut les droits de passage des canalisations (zones tampon à déterminer),
les aires de dépôt des matériaux (à déterminer), ainsi que les quartiers dans la Figure
5-2.
ERM
21
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
5.3
COMPOSANTES ET INSTALLATIONS DU PROJET
5.3.1 Exploitation et Installations Existantes
La canalisation existante de 24 pouces qui alimente le Réservoir de Bolosse via le
tunnel de Diquini est actuellement la source de 50 pour cent des pertes d’eau
mesurées dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Des composantes
additionnelles récemment achevées incluent la connexion au réseau hydraulique
municipal de huit puits d’approvisionnement existants situés à Croix des Bouquets.
Ces composantes additionnelles incluent également une station ayant une capacité
de pompage d’eau pour : (i) le dépôt existant R120 via une canalisation de 600 mm ;
et (ii) un nouveau réservoir construit dans le quartier de Vivy Michell. De plus, des
mesures seront prises pour maximiser les flux de la source d’eau de Mariani. Pour ce
faire : (i) les pompes existantes seront remplacées par trois nouvelles pompes (300,
400 et 500 mm respectivement) ayant une capacité de pompage de 24,000 m3
d’eau/jour ; et (ii) une canalisation conductrice sera installée pour diriger les flux
vers les réservoirs de Mariani.
5.3.2 Offre et demande d’Eau
Environ 70 pour cent de l’eau pour le système municipal est obtenue de sources
situées près du Massif de La Selle, et le reste de puits et d’autres sources. Le système
hydraulique municipal n’utilise pas d’eaux de surface (rivières, lacs ou réservoirs)
en tant que source. La majorité de la distribution actuelle se fait par gravité via un
système municipal de réservoirs d’eau (ACOE 1999). L’ERM a révisé la conception et
les documents y relatifs dans les termes de référence pour élaborer un résumé de
l’offre et de la demande dans le cadre du projet. Bien que ce document ne concerne
que le système de canalisation pour la transmission et la distribution, les
informations disponibles soulignent la nécessité de nouvelles alimentations et le
grand bénéfice potentiel d’une modernisation du système de transmission et de
distribution, y compris l’élimination ou la drastique réduction des pertes dans le
système qui représentent maintenant 50 pour cent de l’eau fournie. Bien que les
projections sur les nombres varient, le Tableau 5-2 présente un résumé global de
l’offre existante et proposée, de la demande, et des attributs du système de
transmission/distribution.
Tableau 5-5-2 Résumé du Projet
Aspect
Résumé de la demande
Unités
2012
2015
2020
2025
Population que servira le projet
Consommation d’eau per capita par
les résidences
#
3,000,000
3,090,000
3,248,000
3,400,000
l/jour
54
65
71
75
Demande des résidences
m3/jour
113,383
200,355
226,795
255,285
Autres demandes
m3/jour
40,071
56,699
76,586
Demande totale CTE
Résumé de l’offre
m3/jour
180,320
215,456
255,465
Offre d’eau (total)
Offre existante pour le projet*
m3/jour
190,000
190,000
190,000
Collecte d’eau de pluie
m3/jour
30,053
34,019
38,203
Autres offres
m3/jour
30,053
34,019
38,203
ERM
161,975
22
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Aspect
Unités
Offre requise**
Pertes (réseau hydraulique)
2012
2015
2020
2025
m3/jour
361,000
359,000
365,000
%
50
40
30
m3/jour
171,000
169,000
175,000
Déficit
Résumé de la transmission et de la distribution
Longueur des canalisations à
réparer ou moderniser
m
Longueur des nouvelles
canalisations
m
6,500
17,400
Source: BID 2015
NOTES:
* 120000 m3/jour à partir des bassins hydrographiques et 41,975 m3/jour à partir d’eaux souterraines (puits). Cependant, le tableau à
la page 12 des TdR pour l’ingénierie montre que la production d’eau du CTE de Port-au-Prince a baissé en décembre 2014,
janvier 2015 et février 2016.
** Ces chiffres ont été arrondis. Ces chiffres sont des estimations basées sur le % de perte.
5.3.3 Travaux Nouveaux/Proposés dans le cadre du Projet
Selon ses Termes de Référence (BID, 2015), le projet inclut les composantes
suivantes:
ERM
Connexion du Tunnel de Diquini au Centre-ville :
o 6500m. de canalisation d’un diamètre de 600mm. ;
o 400m. de canalisation à pression vers les réservoirs de Bolosse et de Bel
Air respectivement ;
Des conduites additionnelles pour la zone entre Diquini et Bolosse ;
o Il existe actuellement une canalisation de 600mm qui connecte le Tunnel
de Diquini au réservoir de Bel Air. Cette canalisation, qui est détériorée,
sera remplacée par une canalisation de 300mm ;
Renforcement des principales canalisations d’alimentation de la zone de
Mariani ;
o Grâce à des efforts en cours, la source de Mariani pourra bientôt fournir
un total maximum de 24,000m3 d’eau par jour ;
o La section de la canalisation existante pour le réservoir de Mariani doit
être renforcée pour supporter une charge additionnelle d’eau. Ce
renforcement implique une nouvelle canalisation de 4500m., comprenant
trois tuyaux d’un diamètre de 300, 400 et 500 mm. respectivement ;
La principales zone d’interconnexion hydraulique sera située entre Mariani,
Diquini et Mahotière, et fournira l’eau via une séries de vannes d’ouverture et de
fermeture, pour les zones suivantes :
o De Mariani au Centre-ville via une nouvelle canalisation de 600 mm. ;
o De Mariani au Secteur de Mahotière via une canalisation existante de 400
mm au long du Boulevard Jean-Jacques Dessalines ;
o De Mariani à la nouvelle canalisation qui alimente les réservoirs de
Bolosse et Bel Air ;
o De Mahotière vers le Secteur de Mariani, via une nouvelle canalisation de
400 mm ;
o De Diquini au Secteur de Mahotière, via une canalisation existante de 400
mm au long du Boulevard Jean-Jacques Dessalines ; et
o De Diquini au Secteur de Mariani, via une nouvelle canalisation de 400
mm.
Un réservoir neuf ou réhabilité situé à l’intersection de l’Avenue Bolosse et de la
Rue des Dalles ; et
23
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
5.4
Des stations de pompage en appui à l’alimentation en eau, depuis Bolosse et de
Bel Air à des zones voisines de la zone étudiée.
PRESOMPTIONS RELATIVES A LA CONCEPTION
Le projet remplacera, rénovera et étendra les réseaux et systèmes existants de
distribution d’eau. Bien qu’aucune description de l’ensemble du projet par
l’ingénieur concepteur ne soit disponible à date, l’ERM a fondé les présomptions
suivantes à partir de son expérience dans le cadre d’autres projets :
ERM
Les canalisations suivront principalement les routes existantes, parallèles à elles
d’un côté de la poutre de voie. Bien que le diamètre des canalisations va de
150mm à 600mm, les fossés d’installation seront en général de 1-2 mètres de
large et de 2 à 3 m de profondeur.
La majorité des traversées de cours d’eau seront munies de fossés et dérivations
temporaires d’eau traversant le cours d’eau. Dans certains cas, dans les zones
plus élevées, des conditions topographiques et des substrats rocheux pourraient
exiger que les canalisations soient suspendues à un pont au-dessus du cours
d’eau plutôt que souterraines.
La majorité des sources d’eau se trouvant dans les montagnes, la conception du
système tire avantage des grandes différences d’élévation entre la source et les
utilisateurs pour créer un système fonctionnant principalement par gravité. Il y
aura cependant différentes installations de pompage pour maintenir la pression.
En général, ces stations de pompage ne mesureront pas plus de dix mètres carrés
et seront proches de la canalisation.
L’installation de la canalisation impliquera la préparation du site (nettoyage, et
décapage du sol), creusement de fossés, pose de lit de matériaux (pierres
concassées), raccords des segments de tuyauterie, installation de valves et
compteurs, pose de la tuyauterie, pose de couvertures structurelles
additionnelles (en général du gravier fin), test de l’intégrité des canalisations
(essais statiques), remblayage, nivellement de finition et stabilisation du site à
l’aide d’une quelconque combinaison de textiles et semis ou resurfaçage des
poutres de voie.
La durée de l’installation variera selon le site et les conditions météorologiques,
la disponibilité des matériaux, et l’équipement et la main-d’œuvre disponibles ;
mais devrait aller de 25 à 100 mètres par jour. Une longueur de plusieurs
centaines de mètres de canalisation se retrouvera vraisemblablement dans une
zone de construction active à un moment donné. Il y aura vraisemblablement
plusieurs chantiers actifs en même temps dans la zone du Projet à un moment
donné.
L’équipement inclura des engins de terrassement (rétrocaveuses, excavatrices,
chargeuses frontales et bulldozers), certains équipements de transformation et de
fabrication (comme les bétonnières et soudeuses) et des équipements de halage
(camions, élévateurs et grues). Les besoins en équipement varieront selon les
lieux, et la taille et le type de canalisation. Les camions feront l’aller-retour au
chantier transportant des matériaux comme les tuyaux, le carburant, le ciment, le
contreplaqué, les tôles, les barres d’armature et les granulats. Certains matériaux
peuvent être entassés sur le chantier, particulièrement les canalisations et les
matériaux excavés.
Il n’y a pas encore d’informations sur le nombre d’équipes, la séquence des
travaux de construction ou l’échéancier pour l’achèvement total des travaux ;
mais plusieurs équipes travailleront probablement simultanément sur les
différents chantiers dans la zone du Projet.
24
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Il y aura des déviations de la circulation des véhicules et des piétons au long de
la route, qui pourraient constituer des voies restreintes, des alternatives de
chemin et des lieux spécifique de traversée qui pourraient changer au jour le jour
selon le progrès des travaux de construction. La gestion du chantier inclura
probablement des pancartes, des barrières, des signalisations et du personnel
affecté à la diriger et gérer la circulation des véhicules et des piétons pour la
sécurité des équipes de construction et du public.
L’exploitation des systèmes devrait inclure le monitoring de la performance du
système, le débit et les volumes d’eau, et l’intégrité de l’installation. Sans
défaillance physique, et avec une surveillance régulière et l’entretien de la
pompe, les réseaux et systèmes de distribution n’ont pas besoin de beaucoup
d’activités perturbatrices de l’exploitation. La vie utile d’un système bien conçu,
bien installé et bien entretenu est de l’ordre de 100 ans.
Selon le personnel de Suez (l’entreprise chargée de fournir une orientation
stratégique à ses CTE locales), la construction dans le cadre du Projet pourrait
prendre jusqu’à 24 mois mais les interruptions du service ne seront que de courte
durée (i.e., quelques heures). Les familles ne seront donc pas privées d’eau pendant
la construction.
5.5
ACTIVITES TYPIQUES DU PROJET
Les activités suivantes du Projet devraient avoir le potentiel de créer des impacts
environnementaux et sociaux. Bien que des détails spécifiques du calendrier et des
plans des phases de construction et d’opération du projet n’aient pas été révisés
dans le cadre de cette évaluation, des activités typiques du projet ont été résumées,
et les types d’impacts que ces activités sont susceptibles de générer sont présentés
dans le Chapitre 7.0.
ERM
Nettoyage et préparation du site. Après le marquage de la route des canalisations
sur le terrain par des arpenteurs, les zones seront nettoyées, essouchées et
décapées comme nécessaire. Les canalisations suivant en général des routes
existantes, l’ERM pense que ces impacts seront limités à 5 – 20 mètres au long des
voies existantes selon l’endroit, la profondeur des excavations, les pentes et les
obstructions sur le site. Il faudra peut-être nettoyer certaines aires de dépôt et
d’entreposage. Le Projet s’étendant surtout au long de voies et corridors de
canalisation existants, il n’aura d’impact que pendant la phase de construction.
Circulation de véhicules et machinerie lourde. Il faudra des machines, surtout de
la machinerie lourde, pour les différentes activités de construction : excavatrices,
bétonnières, camions de moyen et gros tonnage, et autres véhicules nécessaires
pour les travaux. Cette activité augmentera les niveaux de bruit, et les bouchons
de la circulation augmenteront beaucoup sur les routes d’accès.
Routes d’accès aux chantiers et aux terres. Le projet peut impliquer l’ouverture de
nouvelles routes d’accès ou l’amélioration des routes d’accès existantes ;
cependant, le réseau routier existant sera vraisemblablement utilisé pour le
déplacement des matériaux à l’aide de véhicules de transport. De nouvelles routes
d’accès ne seront créées que si nécessaire.
Travaux de terrassement. Cette action inclut un processus d’excavation et de
remblayage, le nivellement des surfaces, et l’élimination et le transport des
matériaux en surplus. Les sites d’excavation et de remblayage doivent être choisis
très soigneusement pour éviter de perturber davantage les récepteurs sociaux.
Génération de déversements. Pendant l’exécution des travaux, le risque potentiel
existe de fuite accidentelle de substances pollueuses ou de déversements
25
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
ERM
incontrôlés, comme la pulvérisation d’huiles, carburants, coulées provenant des
bétonnières, eaux de la machinerie de nettoyage, différents produits des travaux
de maçonnerie ou d’excavation, entre autres.
Construction du réseau d’alimentation en eau. Les principales activités du Projet
incluent la construction de différentes installations d’alimentation en eau potable
et leurs ouvrages tels que les réservoirs et les stations intermédiaires de pompage,
et impliqueront vraisemblablement l’établissement de structures de ciment ou de
blocs, après l’excavation et la stabilisation du sol.
Occupation des terres. La construction, l’exploitation et l’entretien d’un réseau
d’alimentation en eau potable, et des installations y associées, occuperont les
terres. Cela aura un impact direct sur l’environnement socioéconomique, qui en
appellera peut-être à la relocalisation physique et à des déplacements
économiques, avec compensation. La construction convertira aussi, de manière
permanente, l’utilisation des terres en un droit de passage aux fins de service
public, ce qui éliminera ou restreindra leur utilisation à d’autres fins. Par contre,
l’existence d’installations d’alimentation en eau sera d’un bénéfice net pour la
valeur des propriétés qui auront accès au nouveau service public plus fiable.
Dommages aux dépendances et infrastructures existantes. Pendant la phase de
construction, certaines rues, routes ou voies d’accès à des propriétés (y compris
celles d’utilisation commerciale) à l’origine utilisées peuvent être temporairement
obstruées à cause des travaux, résultant en nuisance et perturbation pour les
usager de ces rues et routes, y compris la perte potentielle temporaire de moyens
de subsistance. Les marchands ambulants peuvent également être affectés, avec
perte potentielle de leurs moyens de subsistance, en appelant à des
compensations.
26
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
6.0
DESCRIPTION DE L’ENVIRONNEMENT EXISTANT
Cette section décrit la situation actuelle des ressources physiques,
socioéconomiques, culturelles et de biodiversité existantes dans la zone du Projet. La
caractérisation de l’environnement existant entend constituer un repère pour
l’évaluation des impacts potentiels du Projet, et un guide pour l’élaboration de
potentielles mesures de mitigation, comme défini dans l’ESMP (Chapitre 8.0).
6.1
TOPOGRAPHIE, GEOLOGIE SUPERFICIELLE, SOLS ET RISQUES SISMIQUES
6.1.1 Topographie
L’élévation de la zone du Projet varie de proche du niveau de la mer à environ 200
mètres au-dessus du niveau de la mer. La zone du Projet consiste en deux
principales configurations topographiques : (1) les aires montagneuses abruptes au
pied du Massif de La Selle d’où provient la majorité de l’eau ; et (2) les zones côtières
urbanisées plus plates entre les contreforts du Massif de La Selle et le Golfe de La
Gonâve. Les Figures 6-1 et 6-2 montrent la topographie de la zone du Projet et les
zones abruptes, respectivement, avec les canalisations d’eau du Projet en rouge.
Golfe de la Gonave
Port-au-Prince
Massif de la Selle
Figure 6-1
ERM
Topographie de la zone du Projet
27
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Figure 6-2
Classification des pentes dans la zone du Projet
6.1.2 Géologie Superficielle et Sols
Les données sur les sols et la géologie superficielle sont limitées. Aux fins de cette
évaluation, la zone du Projet est classée en deux zones : aires de pentes abruptes
avec beaucoup d’érosion et un potentiel élevé d’éboulements ; et aires plates n’ayant
qu’un potentiel d’érosion induit au niveau local. L’activité sismique peut produire
deux aléas liés au sol et à la géologie superficielle : (1) liquéfaction du sol là où les
sols contiennent du liquide quand ils subissent une secousse ; et (2) potentiel
d’éboulement quand le sol et les roches en surface peuvent être déstabilisés par des
précipitations excessives et/ou des secousses. Le potentiel de liquéfaction est plutôt
élevé dans toute la zone du Projet, et le potentiel d’éboulement est limité aux aires
de pentes abruptes et dénudées dans les hautes terres proches des nouvelles
extensions des principales canalisations d’eau. La Section 9.0 donne davantage de
détails sur ces aléas.
Des cartes du potentiel de liquéfaction et du potentiel d’éboulement se trouvent dans la
dans la Figure 6-3 et la Figure 6-3
Potentiel de liquéfaction des sols
.
ERM
28
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Figure 6-3
Figure 6-4
Potentiel de liquéfaction des sols
Susceptibilité d’éboulement de la zone du Projet
6.1.3 Risques sismiques
La région d’Hispaniola est une zone de déformation complexe (Frankel et al, 2010)
où il y a une forte activité sismique, et est située à la frontière entre les plaques de
l’Amérique du Nord et de la Caraïbe. La convergence extrêmement oblique entre les
deux plaques est partagée entre des zones de subduction au large des côtes nord et
nord-est d’Hispaniola et des failles à décrochement qui traversent les portions sud et
nord de l’île. Il y a aussi des failles de chevauchement dans l’île qui reflètent la
composante de compression des mouvements causés par la géométrie de la frontière
de la plaque (Frankel et al, 2010). La Section 9.0 contient plus de détails sur l’aléa
sismique.
ERM
29
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
RESSOURCES HYDRIQUES
6.2.1 Météorologie et Climat
Haïti jouit d’un climat tropical avec deux saisons pluvieuses : les alizés du nord-est
amènent la pluie d’avril à juin, les vents du nord amènent des pluies légères de
septembre à novembre. La topographie produit d’importantes différences de
températures et de pluviométrie régionales et altitudinales (Posner, 2010). Les
Figures 6-9 et 6-10 montrent les moyennes mensuelles de précipitations et de
températures dans les terres basses d’Haïti.
Dans les plaines, la température annuelle moyenne est de 27 degrés Celcius (81
degrés Fahrenheit), tandis que dans les montagnes la température annuelle
moyenne est de 16 degrés Celcius (61 degrés Fahrenheit). La variation saisonnière de
la température n’est que de 4 à 5 degrés Celcius (8 à 10 degrés Fahrenheit). Il gèle
souvent à des hauteurs de plus de 400 mètres (1,312 pieds) pendant l’hiver. Comme
indiqué en détails dans la Section 9, les projections relatives au changement
climatique impliquent l’intensification des sécheresses et des chutes de pluie plus
intenses.
average monthly precipitation
(mm)
250
200
150
100
50
0
Jan Feb Mar Apr May Jun Jul Aug Sep Oct Nov Dec
Source: Banque Mondiale, 2016
Figure 6-5
Moyenne Mensuelle de Précipitation, Selon des Données (1960 à 1990)
27
average temperature (degrees C)
6.2
26
25
24
23
22
21
20
Jan Feb Mar Apr May Jun Jul Aug Sep Oct Nov Dec
Source: Banque Mondiale, 2016
Figure 6-6
ERM
Moyenne mensuelle des températures en Haïti, selon des données
(1960 à 1990)
30
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
6.2.2 Tempêtes tropicales et inondations
Haïti est en plein milieu de la ceinture d’ouragan, et exposée, de juin à octobre, à de
violentes tempêtes et à des inondations occasionnelles, et des sécheresses
périodiques. La péninsule du Sud, qui est plus vulnérable aux ouragans (cyclones
tropicaux) que les autres régions d’Haïti, a subi de graves dommages causés par les
cyclones Allen (1980), Gilbert (1988) et Georges (1998). Toutes les régions du pays,
cependant, peuvent être frappées par des tempêtes et des ouragans (Hadden et a.,
2010). Pendant la saison cyclonique 2008, trois tempêtes tropicales et un ouragan ont
frappé le pays, entrainant des pluies torrentielles, de graves inondations et
glissements de terrain, et des centaines de victimes signalées.
La majorité des grandes villes sont situées au long de la côte d’Haïti, y compris Portau-Prince où se trouve la zone du Projet, et sont environnées de collines très
escarpées et souvent dénudées. La combinaison du manque de végétation sur les
collines et de l’absence de systèmes de drainage des eaux pluviales produit de
graves inondations, qui résultent souvent en d’importantes pertes en vies humaines
et graves dommages aux biens (ACOE 1999). La Section 9.0 donne davantage de
détails à ce sujet.
6.2.3 Hydrologie
La zone du Projet est située dans le bassin versant de Rivière Froide, qui est un
bassin versant côtier. Le bassin versant de Rivière Froide est délimité à l’est par le
bassin versant de Cul de Sac qui draine les hautes terres vers l’est de Port-au-Prince,
et au sud par le bassin versant de Momance qui draine les hautes terres situées au
sud de la zone du Projet (Smith et Hershey 2008).
En Haïti, les flux de plusieurs cours d’eau et tributaires, spécialement dans les basses
terres, sont dissipés par évaporation et infiltration, et n’arrivent à la mer que
pendant les inondations (ACOE 1999). L’érosion dans les collines augmentant la
sédimentation, plusieurs cours d’eau et même des segments de rivières qui autrefois
ruisselaient toute l’année deviennent des voies d’eau souterraines, éliminant
d’importantes zones de frai et de couverture pour les poissons et autres organismes
aquatiques, tandis que le manque de flux de surface peut entrainer l’élimination de
la majorité des espèces aquatiques.
Il y a huit sous-bassins de la Rivière Froide dans la zone du Projet. Le Projet inclurait
environ 16 traversées de cours d’eau. La Figure 6-11 montre les sous-bassins.
ERM
31
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Figure 6-7
6.3
Bassins et cours d’eau dans la zone du Projet
RESSOURCES BIOLOGIQUES
La biodiversité d’Haïti est concentrée dans quelques rares aires protégées, et dans
d’importants écosystèmes en dehors des aires protégées qui s’étendent des plaines
côtières aux montagnes, y compris des eaux intérieures comme des lacs et des
rivières (Posner, 2010).
6.3.1 Habitats terrestres
La zone du Projet est en majorité urbanisée, sauf les zones dans la partie sud qui ont
une couverture végétale modérée dans les contreforts sous le Massif de La Selle. La
Figure 6-12 ci-dessous montre la carte la plus récente de la couverture végétale.
ERM
32
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Figure 6-8
Couverture végétale
Au total, 22 pour cent de la zone étudiée a une forme quelconque de végétation.
Lors de l’inspection de la carte NDVI, il peut sembler surprenant que de vastes
portions de la zone urbaine aient des niveaux assez denses de végétation.
Cependant, il faut reconnaitre que la végétation urbaine, principalement constituée
de palmiers, est bien plus haute que la moyenne des édifices dans les quartiers
traditionnellement résidentiels. Conformément, cette carte montre les branches des
arbres, qui n’occultent pas une certaine portion de maisons à un seul étage et des
édifices dans des quartiers résidentiels. Cependant, ce niveau de densité végétale
n’est jamais observée dans les agglomérations informelles au sud ni dans les districts
urbains de Mahotière 4, Bolosse et Bel Air à l’est.
6.3.2 Biodiversité et espèces menacées
Il existe en Haïti plusieurs espèces de plantes et d’animaux, ainsi qu’un grand
nombre d’espèces vulnérables et menacées. Aucune enquête spécifique n’a été faite
pour la zone du Projet ou pour les corridors de canalisation spécifiques et les zones
de traversées de cours d’eau ; mais la zone du Projet est en majorité gravement
perturbée et les espèces présentes devraient résister aux activités humaines. Le
Tableau 6-1 présente un résumé de la biodiversité et des espèces menacées et
vulnérables d’Haïti.
ERM
33
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Tableau 6-1
Résumé des espèces d’Haïti
Taxons
Nombre
d’espèces
Espèces très
menacées
Nombre
d’espèces
menacées
Nombre
d’espèces
vulnérables
Amphibiens
561
31
10
5
Oiseaux
245
1
4
10
Poissons
184
2
1
8
Mammifères
25
1
1
2
Reptiles
115
4
2
3
Plantes
5242
5
6
18
Commentaires
41 eau douce
Informations
inadéquates
Invertébrés
Source: Posner et al. 2010, y compris des données de la liste rouge de l’UICN, WRI et Caribherp; ycompris des
données de l’UICN http://www.redlist.org, WRI http://earthtrends.wri.org, et Caribherp http://www.caribherp.org
6.3.3 Aires Protégées
Il y a en Haïti 35 aires déclarées protégées par le Gouvernement, couvrant environ 6
pour cent du territoire nationale, et 17 Aires de Biodiversité essentielles et cinq sites
totalement irremplaçables (Posner 2010). La zone du Projet ne se trouve pas dans ces
aires et l’aire protégée la plus proche est le Massif de La Selle qui se trouve dans des
zones montagneuses au sud de la zone du Projet. Bien qu’il n’ait pas été déclaré aire
protégée officielle, le Parc de Martissant jouxte la zone du Projet et constitue un
espace ouvert et un habitat de valeur dans une zone autrement très urbaine.
6.4
QUALITE DE L’AIR, BRUIT ET VIBRATIONS
Il n’existe pas d’études à la ligne de base spécifiques pour la qualité de l’air, le bruit
et les vibrations, bien que la majorité de la zone du Projet soit urbanisée et que les
niveaux de bruit devraient correspondre à ceux des agglomérations urbaines.
Cependant, les impact peuvent en général être évalués sur la base de la nature du
Projet et des types de zones affectées. Les impacts sur l’air, et en termes de bruit et
de vibrations, seraient tous associés à la phase de construction.
6.5
SITUATION SOCIOECONOMIQUE ET SANITAIRE DE LA COMMUNAUTE
Vu le manque de données sur la zone du Projet, cette section décrit les
caractéristiques socioéconomiques à la ligne de base des zones urbaines en Haïti en
général. Cette section a été élaborée à l’aide de documents relatifs au Projet élaborés
pendant les premières phases de développement du Projet, et d’informations
secondaires obtenues à partir de recherches sur le net. Parmi les matériels révisés, se
trouvent des rapports produits par des banques de développement, des évaluations
d’impact et des bases de données statistiques.
Comme indiqué dans le Chapitre 2.0 sur la Méthodologie, pour cette ligne de base il
faut une enquête sociale, des interviews et des groupes de discussion pour évaluer
les caractéristiques démographiques des ménages affectés par le Projet, comprendre
leurs activités productrices de revenus ou leurs moyens de subsistance, leurs
niveaux de vulnérabilités et leurs souhaits pour l’agglomération
ERM
34
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
6.5.1 Population et caractéristiques démographiques
Haïti a une population d’un peu plus de 10 millions d’habitants et un taux de
croissance annuelle de 2.2 pour cent (SIF, 2015). Les indicateurs d’Haïti sont faibles
dans le spectre du développement humain. A l’époque du séisme de 2010, 67 pour
cent de la population vivait avec moins d’US$2 par jour. Seulement 48. 7 pour cent
de la population est alphabétisée, selon les données 2008 – 12 de l’UNICEF. Avec
une population aussi vulnérable, les impacts du séisme ont été profondément
ressentis par les 1.3 million de personnes vivant dans des abris dans la zone de Portau-Prince et le demi-million de personnes déplacées ailleurs dans le pays.
L’espérance de vie n’est que de 62 ans (Banque Mondiale, 2013). Les taux bruts de
natalité et de décès sont de 27 naissances et 9 décès pour 1,000 personnes,
respectivement (SFI 2015). La population haïtienne est jeune, plus de la moitié des
citoyens ayant moins de 21 ans, et 35 pour cent moins de 14 ans. Une enquête dans
une petite ville d’Haïti indique que les interviewés avaient chez eux, en moyenne,
4.7 personnes par ménage et un maximum de 14 personnes (SFI 2015). Au cours des
dernières décades, la tendance parmi les résidents ruraux est d’émigrer vers les
zones urbaines, particulièrement pendant les périodes d’augmentation des activités
industrielles, ou à l’époque où les ONG ont accru leurs opérations après le séisme de
2010 (SIF, 2015).
Tableau 6-2: Population à Port-au-Prince (IHSI, 2015)
Arrondissement
Population
Commune de Port-au-Prince
Commune de Delmas
Commune de Cite Soleil
Commune de Tabarre
Commune de Carrefour
987,310
395,260
265,072
130,283
511,345
Commune de Pétion Ville
Commune de Kenscoff
Commune de Gressier
Total, zone métropolitaine de Port-au-Prince
376,834
57,434
36,453
2,618,894
Des données démographiques et de recensement spécifiques à la zone du Projet
n’ayant pas pu être trouvées dans des documents, l’ERM a utilisé la modélisation
SIG (comme décrit dans la Section 2.4.3) pour arriver à une estimation de la
population totale dans la zone du projet à environ 925,000 personnes. Les niveaux
de population les plus denses sont en majorités situés dans la partie la plus urbaine
à l’est de la zone du Projet. De plus, selon les estimations, 184,000 personnes vivent
dans les 100 mètres du réseau de canalisation proposé. La Figure 6-13 montre le
modèle de densité démographique final.
ERM
35
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Figure 6-9
Densité démographique dans la zone du Projet
6.5.2 Groupes Vulnérables et Populations Indigènes
La vulnérabilité est un état défini par une incapacité de revendiquer ou de tirer
avantage de bénéfices, ou une probabilité accrue d’expérimenter des conditions ou
des impacts adverses. Dans ce contexte, les Groupes Vulnérables sont ceux les plus
susceptibles de ressentir l’impact négatif d’un projet exécuté dans leur voisinage
(problèmes de circulation, poussière, bruit, vibrations, etc.) et/ou de ne pas pouvoir
tirer des bénéfices associés à un projet exécuté dans leur voisinage (emploi, revenus,
etc.). Les critères de vulnérabilité sont les moyennes par lesquelles les groupes
vulnérables sont identifiés en tant que tels, et évalués pour déterminer l’ampleur de
l’intervention nécessaire pour mitiger et compenser les impacts négatifs associés au
Projet.
La vulnérabilité est souvent associée à la pauvreté ou à la condition sociale, bien que
certains facteurs individuels puissent exacerber la vulnérabilité d’une personne ou
d’un groupe. En vertu de certains des facteurs suivants, une personne peut être plus
ou moins vulnérable à cause de : son sexe, son ethnie, son âge, ses capacités
mentales ou physiques, sa race, son appartenance politique ou religieuse.
Plusieurs des personnes vivant dans la zone du Projet sont vraisemblablement
vulnérables à cause des niveaux élevés de pauvreté ou d’exclusion sociale existant
dans la zone, ainsi que des difficultés économiques associées au paiement d’une
ressource qui avant – bien que de mauvaise qualité et d’une régularité limitée – était
gratuite. Le séisme de 2010 a placé plusieurs communautés dans des conditions de
vulnérabilité plus grandes, et a également exacerbé les vulnérabilités déjà existantes
(USAID, 2014). Dans ces groupes nous trouvons les femmes, les enfants, et plus de
70,000 personnes qui vivaient déjà avec le virus d’immunodéficience
humaine/syndrome d’immunodéficience acquise (VIH/SIDA) avant le séisme. Dans
cette population, parmi les groupes susceptibles de se trouver dans des conditions
accrues de vulnérabilité se trouvent :
ERM
Les personnes dont les droits fonciers ne sont pas documentés ou sont
informels ;
36
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Squatters et/ou occupants ;
Propriétaires ou clients d’entreprises informelles ;
Propriétaires ou clients de marchés gris/noir ; et
Praticiens religieux/spirituels informels, y compris les minorités ou religions
syncrétiques et leurs congrégations.
La vulnérabilité peut aussi être fonction de l’exposition de la population aux aléas
naturels, et cela est expliqué plus loin dans les portions pertinentes de ce document.
L’identification des Personnes Affectées par le Projet (PAP) et des Communautés
Affectées par le Projet (CAP), ainsi que toute vulnérabilité spécifique, doit être
mieux dimensionnée avec la collecte d’autres données socioéconomiques à la ligne
de base et d’informations censitaires.
Bien que la BID identifie les Populations Indigènes (PI) comme un groupe spécifique
considéré plus vulnérable que la majorité de la population, et donc éligible pour des
protections additionnelles, les informations disponibles au moment de la rédaction
de ce rapport n’indiquaient pas de forte probabilité de présence de populations
indigènes dans la zone du Projet.
6.5.3 Activités économiques
Le Revenu National Brut par Habitant (Méthode Atlas) est d’US$820 (Banque
Mondiale, 2013). Historiquement, Haïti était un pays agraire ; mais au cours des
dernières décades cette tendance a légèrement changé. Actuellement, l’agriculture
représente 55 pour cent de l’économie, les services 30 pour cent, et l’industrie 15
pour cent, au niveau national ; les salariés ont en moyenne cinq dépendants (SFI,
2015). Les hommes ont en général un emploi sur le marché formel, et les femmes
dans le secteur commercial (SFI, 2015). Le chômage a grimpé en flèche après le
séisme de 2010, passant de 9.6 pour cent à 40.6 pour cent, mais a décliné depuis. Les
transferts d’argent sont une importante source de revenus contribuant à US200 per
capita en 2012 (SFI, 2015).
6.5.4 Emploi et moyens de subsistance
Les services constituent un important secteur économique à Port-au-Prince. Par
exemple, les commerçants et marchands ambulants, et les salons de beauté informels
sont un moyen pour les habitants de la ville de gagner un revenu (NPR, 2010). En
fait, la vente de services et de marchandises est souvent la seule façon de gagner un
revenu dans les agglomérations informelles à Port-au-Prince. Lors de la visite du site
du Projet en mars 2016, cette conclusion a été confirmée : des marchands ambulants
en grand nombre ont été vus dans la zone du Projet. Depuis le séisme, la maind’œuvre à Port-au-Prince est de plus en plus employée par le secteur public ou des
ONG. Le Tableau 6-3 présente les principales activités génératrices de revenu dans
les milieux urbains en Haïti (Banque Mondiale, 2016).
Une importante partie des efforts à venir de dialogue avec les parties prenantes
constituera à déterminer le niveau d’activités informelles dans la zone du Projet.
ERM
37
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Tableau 6-3
Secteurs Clés d’Emploi en Haïti
Secteur
Proportion de travailleurs dans les milieux
urbains en Haïti (2012)
10.3%
0.5%
2.5%
0.9%
8.3%
39.7%
7.1%
3.4%
2.6%
8.0%
14.3%
2.4%
Agriculture, pêche et sylviculture
Mines et carrières
Manufacture
Electricité, gaz et eau
Construction
Commerce de gros et détail
Hôtels, restaurants et transport
Finances, Immobilier
Administration publique
Education et santé
Autres
Maisons privées
6.5.5 Occupation des sols, Propriété et Logement
Avant le séisme, il y avait déjà une pénurie de logements partout dans le pays
(Tobin, 2013). Le logement est devenu un problème particulièrement critique après
le séisme de 2010, avec plus d’un million d’haïtiens déplacés, plus de 100,000
maisons détruites et 200,000 autres endommagées, selon les estimations (Tobin,
2013).
Bien qu’il n’y ait pas de données disponibles sur la zone spécifique du Projet, des
données SIG et des informations disponibles sur d’autres zones de Port-au-Prince
indiquent que la zone est peuplée d’agglomérations informelles. En fait, 65 à 70 pour
cent de la ville de Port-au-Prince sont constitués d’agglomérations informelles
(Relief Web 2016, UQAM 2014, USAID 2016). Partout dans la ville, qui abrite 1.6
million de personnes, l’infrastructure publique fait défaut, il n’y a pas de cartes
cadastrales ni de titres de propriété, et la densité résidentielle est élevée. Le manque
de clarté dans la tenure foncière constitue un défi particulier pour les efforts de
reconstruction (USAID, 2014). La Figure 6-14 montre l’occupation des sols dans la
zone du Projet.
Figure 6-10
ERM
Occupation des sols dans la zone du Projet
38
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
De même, la Figure 6-11 présente les pourcentages de catégories d’occupation des
sols que traversera la canalisation. Le type le plus commun d’utilisation des sols que
la canalisation traversera est résidentiel, représentant 84 pour cent de la zone
étudiée, suivi de zones d’occupation mixte couvrant 5 pour cent de la zone étudiée.
Les 11 pour cent restants de la zone étudiée classés « Autre » représentent
différentes catégories d’occupation des sols, dont : des aires récréatives, des édifices
publics, des hôpitaux, des églises, des cimetières et des aires non développées.
En ce qui concerne la population voisine, il y aurait, selon les estimations, 180,000
personnes vivant dans les 100 mètres des routes proposées pour la canalisation.
L’estimation de la population voisine a été faite à partir du modèle d’estimation de
la population globale.
83.7%
5.2%
Residential
1.5%
9.1%
0.5%
Mixed Use Forest/Forested Park Industrial
Other
Figure 6-1 Catégories d’occupation des sols et population voisine de la zone du Projet
Il n’y avait pas de données disponibles sur le logement dans les milieux urbains
d’Haïti. Cependant, les logements ruraux en Haïti comptent en général deux pièces,
des murs de béton, bois ou une combinaison des deux, et des sols en béton ou en
terre, et des toits de tôle ou de feuilles de palmiers (SFI, 2015). La majorité des
fenêtres sont sans carreaux et il y a très peu de meubles.
Dans plusieurs zones de Port-au-Prince, les résidents vivent sous la menace d’une
éviction forcée. En particulier, Canaan, une des zones qui chevauchent la zone du
Projet, est un endroit où la population a proliféré après que la zone ait été déclarée
d’utilité publique en mars 2910 (Amnesty International 2015).
6.5.6 Infrastructure sociale et services
Les infrastructures ont été massivement détruites par le séisme de 2010 ; plus de
1,300 institutions scolaires et plus de 50 hôpitaux et centres de santé ont été détruits
ou sont devenus inutilisables. Cette destruction des infrastructures a exacerbé une
situation de faiblesse des infrastructures dans le pays (Banque Mondiale, 2010).
Haïti a les niveaux les plus bas d’accès à une infrastructure améliorée d’eau et
d’assainissement (Gelting et al., 2013). Seulement 50 pour cent des personnes en
milieu urbain et 30 pour cent en milieu rural ont accès à l’alimentation en eau
publique (DINEPA, 2013b). L’alimentation en eau est intermittente, et l’eau est
rarement chlorée. En dépit du fait qu’Haïti reçoit 58 pouces de pluie et a un potentiel
élevé per capita de ressources en eau douce renouvelables, le pays est classé parmi
ERM
39
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
les plus pauvres en termes d’accès à l’alimentation en eau. Cela est dû à un manque
d’infrastructures adéquates de stockage de l’eau (USAID, 2014). Les services
d’assainissement ne sont disponibles que pour 29 pour cent de la population, et
seulement des toilettes rudimentaires sont disponibles pour la majorité des
ménages. En résultat de ce manque de services, les femmes et les enfants passent en
général beaucoup de temps à obtenir de l’eau pour leurs familles (DINEPA, 2013a).
L’éducation est faible en Haïti, avec des taux parmi les plus bas de l’hémisphère
occidental. Le pays a un taux d’alphabétisation de 53 pour cent (55 pour cent pour
les hommes, 51 pour cent pour les femmes), bien plus bas que la moyenne de 90
pour cent en Amérique Latine et dans la Caraïbe. Les matériels éducatifs et les
enseignants manquent. Le séisme de 2010 a causé le déplacement de 50 à 90 pour
cent des élèves et a détruit l’infrastructure scolaire.
Les capacités en matière d’électricité et de transport varient selon la zone
géographique. Il n’y avait pas de données disponibles sur ces secteurs au moment
de la rédaction de ce rapport, et il faudrait collecter ces données.
6.5.7 Santé, sûreté et sécurité communautaires
Haïti est classée dernière dans l’hémisphère occidentale dans le domaine des soins
médicaux. Il n’y a que 25 médecins et 11 infirmières pour chaque 100,000 personnes,
et seulement un accouchement sur quatre est assisté par un professionnel qualifié
(SIF, 2015). La fièvre dengue est une maladie commune partout en Haïti. Une
épidémie du choléra est venue après le séisme de 2010, et constitue encore une
préoccupation majeure dans le pays (UNFPA, 2011).
En dehors de l’Afrique, Haïti a le taux le plus élevé de VIH/SIDA. Selon les
estimations des Nations Unies, 1.5 pour cent de la population a le VIH/SIDA ;
d’autres estiment que la population a des taux aussi élevés que 5 pour cent. Le
VIH/SIDA est responsable de 20 pour cent des décès infantiles.
Il y a plusieurs hôpitaux dans la zone du Projet ; cependant, les soins médicaux
formels ne sont vraisemblablement qu’une des nombreuses formes de traitement
médical que les résidents de la zone du Projet reçoivent. Les remèdes à base de
plantes sont un important secteur de la médecine en milieu rural en Haïti, et sont
également présents en milieu urbain suite à la migration (SFI, 2015). « La médecine
des feuilles », comme on l’appelle, est essentielle dans plusieurs zones où l’accès aux
soins médicaux formels est limité.
La prostitution des adolescentes est devenu un problème après le séisme, car elle
constitue pour les filles un moyen de survivre dans des conditions difficiles. Il est
particulièrement devenu un problème avec les orphelines (Armstrong, 2011; UN
CEDAW, 2016).
L’insécurité alimentaire est un problème critique en Haïti, où un tiers de la
population vit dans l’insécurité alimentaire (SFI, 2015). Parmi la population en
situation d’insécurité alimentaire, 600,000 personnes ont besoin d’une aide
alimentaire externe pour survivre. Vingt pour cent des enfants souffrent de
malnutrition chronique, 6.5 pour cent souffrent de malnutrition aigüe, et plus de la
moitié des femmes et des enfants sont anémiés.
La sécurité constitue elle aussi une grande préoccupation à Port-au-Prince, où les
forces de police et celles de l’ONU sont incapables d’accéder à des parties de la ville
ERM
40
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
et de les contrôler. Les vols à main armée constituent un problème grave, de même
que la violence liée aux gangs (Département d’Etat des EUA, 2015). Il y a eu une
flambée des taux de meurtres après le séisme, résultant de tensions sociales dues au
fait que des groupes d’aide apportent des ressources dans la zone et les distribuent
de manière inégalitaire à la population locale (Daniel, 2012).
6.6
RESSOURCES CULTURELLES
Le patrimoine culturel de la zone de Port-au-Prince, comme dans le reste du pays,
est une mosaïque complexe de traditions fortement influencées par des croyances et
pratiques européennes, africaines et caribéennes. La discussion sur le patrimoine
culturel sera centrée sur quatre catégories de ressources culturelles tangibles qui se
trouvent, ou pourraient se trouver, dans le plan de route de la canalisation ou dans
son voisinage. D’autres types de ressources culturelles tangibles se trouvent
vraisemblablement dans le voisinage de la canalisation principale, par exemple des
lieux sacrés et des aires traditionnelles de rituel vodou. Cependant, sans une
évaluation sur le terrain, il est impossible de localiser ces types de lieux. Cette
discussion ne prend pas non plus en compte le potentiel de ressources culturelles
souterraines, comme des sites archéologiques des premiers temps de la colonisation
à Port-au-Prince.
6.6.1 Cimetières
La principale canalisation proposée longe deux grands cimetières. Le premier est le
Grand Cimetière situé dans le district de Bolosse, qui est le cimetière le plus connu
d’Haïti. Fondé en AD 1800, il est considéré comme étant le site culturel le plus
important à Port-au-Prince et figure dans le registre des monuments culturels
protégés du pays. Bien que très endommagé par le séisme de 2010, le Grand
Cimetière reste et demeure une importante attraction touristique et il faut prendre
toutes les mesures nécessaires pour préserver l’accès à ce lieu pendant la
construction de la canalisation. La canalisation longe aussi le plus petit cimetière de
Carrefour dans le district de Mariani 1.
6.6.2 Eglises
La principale canalisation se trouve aussi dans le voisinage de quatre églises, toutes
identifiées par analyse visuelle d’imagerie satellitaire à haute résolution et des
recherches documentaires. Toutes les églises ont subi des dommages structurels
pendant le séisme. On ne sait pas encore si Sainte Trinité sera reconstruite, ni même
si elle est encore considérée comme un lieu historique important ; mais le plan des
fondations des églises devraient être considérés comme étant des aires sacrées
importantes jusqu’à ce que d’autres efforts à la ligne de base soient faits. Les églises
sont importantes pour la majorité de la population de Port-au-Prince, même pour les
personnes impliquées dans des activités de vodou traditionnel, car une grande
partie des habitants de l’île ne perçoivent pas les religions chrétiennes et le vodou
comme étant des systèmes d’exclusion mutuelle.
6.6.3 Sites Archéologiques
Bien qu’il n’existe pas de sites archéologiques connus sur le parcours de la
canalisation principale, ni dans les zones voisines, il est fort probable que pendant la
construction de la canalisation des sites archéologiques souterrains soient
découverts. Cette supposition part du fait que la région de Port-au-Prince existe
ERM
41
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
depuis 2600 BC et a une très longue histoire diversifiée de groupes culturels qui
vivaient et interagissaient dans la zone.
6.6.4 Parcs
La principale canalisation jouxterait le Parc de Martissant. C’est l’un des parcs les
plus connus de la zone de Port-au-Prince, et une destination touristique. A Port-auPrince, les parcs constituent d’importants espaces verts servant également de sites
d’événements culturels.
Tableau 6-6-2 Liste des sites culturels connus voisins de la route proposée pour la
canalisation
CH-ID
Type
Nom
CH-1
Eglise
Eglise Saint Charles
CH-2
Cimetière
CH-3
Eglise
Cimetière de Carrefour
Paroisse Sainte Bernadette
Martissant
CH-4
Eglise
Chapelle de Sainte Philomène
Endommagé
Debout (dommages
structurels)
Debout (dommages
structurels)
CH-5
Eglise
Cathédrale de la Sainte Trinité
Démolie
CH-6
Cimetière
Grand Cimetière
Endommagé
CH-7
Parc
Parc de Martissant
Debout
CH-8
Eglise
Eglise Baptiste de Bolosse
Debout
Figure 6-11
ERM
Statut de préservation
Debout (avec des
dommages structurels)
Carte des emplacements des sites de patrimoine culturel de la liste dans
le Tableau 1 ci-dessus
42
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
7.0
PRINCIPAUX IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIAUX POTENTIELS
Cette analyse de l’impact est centrée sur les effets potentiels des phases de
construction et d’exploitation du Projet sur différentes ressources. Les potentiels
effets environnementaux et sociaux du projet sont décrits dans cette section. Des
mesures de gestion sociale et environnementale pour la mitigation de ces impacts
sont décrits dans le Chapitre 8.0 (Gestion environnementale, sociale, et de la santé et
de la sécurité). Le Chapitre 9.0 décrit les potentiels effets des désastres naturels sur le
Projet (Gestion des risques de désastre et du changement climatique).
7.1
IMPACTS DE LA PHASE DE CONSTRUCTION
Cette section présente les potentiels impacts de la phase de construction sur les
récepteurs environnementaux.
7.1.1 Impacts Environnementaux
7.1.1.1 Topographie, Géographie Superficielle, et Sols
Parmi les potentiels impacts liés à l’érosion et à la sédimentation dans la zone du
Projet, se trouvent:
Erosion et sédimentation à partir des matériaux empilés ;
Erosion et sédimentation à partir des zones perturbées ;
Glissements dans les pentes voisines de la zone de construction sur des sols
abruptes ; et
Glissements dans les ruptures de pente
Ces impacts seront en général localisés et gérables via des mesures standards de
gestion de l’érosion et de la sédimentation. Ces mesures pourraient inclure des
bottes de foin, des barrières à limon, et des bassins de sédimentation temporaires. Le
Plan de Contrôle de l’Erosion et de la Sédimentation doit offrir une orientation en ce
qui concerne les différentes caractéristiques et conditions. Les exigences en matière
de protection des pentes dans les zones abruptes en appelleront vraisemblablement
à des mesures plus agressives que dans les zones plates, et pourraient inclure des
barrières au pied de la pente, une protection à mi- pente (comme des géotextiles) et
l’ancrage de la roche. Ces mesures réduiront également les dangers pour le Projet et
la main-d’œuvre de la construction en cas de fortes pluies ou de séisme pouvant
entrainer des éboulements. La stabilisation post-construction doit être prévue dans
le Plan de Contrôle de l’Erosion et de la Sédimentation, y compris le nivellement, le
traitement des surfaces, l’ensemencement et le remplacement des surfaces de
déplacement.
Une application soigneuse du Plan de Contrôle de l’Erosion des Sols et de la
Sédimentation, incluant des inspections régulières et des mesures comme celles
mentionnées ci-dessus, devrait minimiser et contenir les effets de l’érosion et réduire
le risque de mouvements de terrain. Les activités de construction devront,
cependant, être pleinement en ligne avec les événements météorologiques, et en
particulier les fortes pluies, afin d’assurer le contrôle de l’érosion et de la
sédimentation et leur gestion au plus fort de la saison pluvieuse.
ERM
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P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Les déversements de carburants ou lubrifiants peuvent aussi avoir un impact sur les
sols, et sur les eaux souterraines et de surface, si cela n’est pas contrôlé sur le
chantier. Le projet devrait disposer d’un Plan de Prévention et de Réponse aux
Déversements, et prévoir une aire désignée pour le ravitaillement en carburant et
l’entretien des véhicules ayant des capacités de confinement et de contrôle des
déversements.
Le potentiel existe, au long de la route, d’excavation et de mobilisation de sols
contaminés. Pour savoir si cet impact sera généré par le Projet, il faudra une
évaluation pré-excavation et, si possible, un échantillonnage. Si on découvre une
contamination, un Plan de Gestion des Déchets devra être élaboré pour en définir la
mesure et l’ampleur, et isoler et remédier ou stabiliser le site.
7.1.1.2 Ressources Hydriques
Parmi les potentiels impacts sur les ressources hydriques dans la zone du Projet,
peuvent être cités :
L’érosion et la sédimentation des sols, des pentes et des matériaux empilés
partout dans la zone du Projet.
Les déversements d’huile et matières dangereuses partout dans la zone du
Projet.
Potentiel des activités d’excavation d’exposer et mobiliser des sols déjà
contaminés, des déchets domestiques enfouis, et des boues de fosses septiques,
principalement dans les zones urbaines.
Ces potentiels impacts devraient être mineurs, car :
L’application adéquates de mesures de contrôle de la sédimentation et de
l’érosion, et de protection des pentes (dans les zones les plus abruptes) éliminera
ou réduira significativement le potentiel de sédimentation des cours d’eau.
Les carburants et autres matériels sont en petits volumes et en majorité associés
au fonctionnement de l’équipement, et peuvent être gérés via des mesures de
gestion et de contrôle des déversements.
Toute contamination devrait être localisée, et identifiée et gérée au début des
travaux d’excavation via un plan de gestion des déchets.
Ces risques/impacts mineurs peuvent être facilement gérés avec l’application d’un
Plan de Contrôle de l’Erosion et de la Sédimentation des Sols, un Plan de Prévention
et de Réponse aux Déversements (incluant des procédures de ravitaillement et
d’entretien des véhicules et équipements de construction), et un Plan de Gestion des
Déchets. Comme décrit ci-dessus, il faut prêter une attention spéciale au contrôle de
l’érosion et de la sédimentation là où la canalisation exigera une perturbation des
pentes raides dans les contreforts du Massif de La Selle.
7.1.1.3 Ressources Biologiques
La phase de construction du Projet ne devrait pas avoir d’impacts importants sur la
biodiversité et les espèces protégées dans les zones urbaines relativement plates, où
il n’y a pratiquement pas de biodiversité.
La probabilité d’impacts est plus grande dans les contreforts du Massif de La Selle,
où il y a davantage d’aires boisées (voir la Figure 6-12). Des enquêtes préconstruction sur l’habitat, le micro-routage de la canalisation pour éviter les zones
ERM
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P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
boisées dans la mesure du possible, et le monitoring des travaux de construction par
un spécialiste qualifié offriront l’opportunité d’incorporer des mesures appropriées
de prévention et de minimisation, et réduiront significativement cet impact
potentiel.
Comme décrit dans la Section 9.0, de vastes parties de la zone du Projet sont
vulnérables aux inondations en cas de pluies intenses. Les activités de construction
et leur séquencement doivent être planifiés et gérés en prévision de ces événements
pour assurer que des eaux, qui pourraient être contaminées par des coliformes et
autres agents pathogènes, ne s’infiltrent pas dans les nouveaux réseaux de
canalisation, contaminant ainsi des parties du système.
7.1.1.4 Qualité de l’Air, Bruit et Vibrations
Qualité de l’Air. Les équipements de construction, vraisemblablement en majorité à
moteurs diesel et gazoline, devraient produire les émissions atmosphériques
typiques de ce genre de moteurs. Ces impacts devraient être de court terme et
mineurs, comparés à d’autres émissions atmosphériques provenant de véhicules
dans la zone du Projet. Ces impacts ne peuvent être évités, mais peuvent être
minimisés en assurant que les véhicules de construction sont adéquatement
entretenus et en imposant des limites à leur marche au ralenti. Les activités de
construction qui perturbent les sols généreront de la poussière diffuse en saison
sèche. La poussière diffuse peut être, en général, réduite à des niveaux mineurs ou
négligeables via la suppression de la poussière par des camions d’arrosage d’eau.
Bruit et vibrations. Le bruit et les vibrations sur un chantier proviennent surtout de
l’utilisation d’équipements lourds. Le bruit généré par le Projet peut avoir un grand
impact sur les récepteurs (personnes, biodiversité) voisins des zones actives. Les
impacts du bruit sont vraisemblablement inévitables, mais peuvent être minimisés
en limitant les heures de construction (i.e., pas de travail pendant la nuit dans le
voisinage de récepteurs sensibles au bruit) et en limitant la marche au ralenti des
véhicules de construction (ce qui, comme indiqué ci-dessus, réduira les émissions
atmosphériques).
L’application de ces mesures, spécialement éviter toute construction pendant la nuit
(i.e. de 22 heures à 6 heures), devrait minimiser l’impact du bruit sur les gens.
7.1.2 Impacts socioéconomiques
Cette section présente les potentiels impacts socioéconomiques à attendre des
activités du Projet pendant la phase de construction. Comme expliqué dans la
Section 5.4, Présomptions Relatives à la Conception, il n’y aura que des interruptions
de très courte durée (i.e., heures) des services d’alimentation en eau, et les gens ne
seront donc pas privés d’eau pendant la phase de construction du Projet. Par
conséquent, les impacts potentiels sur la santé communautaire associés au manque
d’accès à l’eau sont exclus.
7.1.2.1 Relocalisation
Les observations faites lors de la visite des lieux suggèrent que l’actuelle canalisation
passe sous plusieurs maisons. Les conversations avec le personnel de Suez n’ont pas
permis de savoir si le Projet exigera la relocalisation physique de personnes, ou si la
route de nouvelles canalisations contournera ces structures pour éviter le
déplacement physique (voir la Error! Reference source not found.).
ERM
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P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Figure 7-1 Zones Exigeant d’établir une nouvelle route pour la canalisation pour éviter la relocalisation
ERM
46
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Ces zones sont décrites ci-dessous:
Zone #1: Située à l’intersection ouest de la canalisation DN 500-20”/DN 60024” proposée et de la canalisation DN 300-12” proposée dans le district Hors
Zone. L’ajustement devrait correspondre à l’intersection de la canalisation
avec l’intersection de la Route de Diquini 63 et de la Ruelle Oriol, ce qui
devrait permettre d’éviter d’affecter des structures existantes.
Zone #2: située dans la section tout au sud de la canalisation proposée dans
le district Hors Zone. L’ajustement devrait plutôt suivre la route informelle
qui traverse le complexe d’agglomération informel.
Zone #3 : située entre le Collège Notre Dame du Perpétuel Secours, l’école
Nid de Melles Blanc et l’école Frère, qui se trouve juste au nord de la Rue La
Paix Prolongée dans le district de Mariani 2. L’ajustement déplacerait la
canalisation pour éviter d’affecter des structures existantes.
Zone 4 : située entre la Ruelle Dorfeuille et la Rue Lamentin 52 juste au nordouest de l’Hôpital orthopédique de MSF dans le district de Mariani 2.
L’ajustement déplacerait la canalisation pour éviter d’affecter des structures
existantes.
Les quatre zones indiquées dans la Figure 7-1 représentent des sections de la
canalisation qui dévient clairement du réseau routier établi dans la zone étudiée.
Bien que nous nous attendions à un degré d’inexactitude de 5 mètres pour
l’alignement de la canalisation sur la carte, ces quatre zones représentent des
déviations de la route supérieures au degré d’inexactitude attendu. Bien que ces
déviations devraient être détectées pendant une future étape des travaux, à cette
phase du Projet nous avons saisi l’opportunité de lancer une alerte précoce
relative aux déviations potentielles du routage de la canalisation.
Selon le personnel de la BID, les promoteurs du Projet éviteront la relocalisation
en construisant des canalisations additionnelles qui feront circuler l’eau autour
des maisons individuelles ; cependant, il se peut que, finalement, l’espace limité
dans la zone du Projet et les coûts de construction exigent un minimum de
déplacements physiques et, donc, de relocalisations.
Bien que pour l’analyse de cet impact il soit nécessaire de finaliser le routage de
la canalisation, réaliser le recensement pour la relocalisation et dialoguer avec les
Communautés Affectées pour évaluer le nombre de ménages affectés, ce sera
vraisemblablement l’impact le plus important du Projet. Avec l’application d’un
Plan Directeur Préliminaire de Relocalisation (voir l’Appendice A) et la collecte
de données, des consultations et les mitigations détaillées ici, les impacts
devraient être adéquatement gérés.
7.1.2.2 Impacts physiques dus à des aléas naturels
Le plan conceptuel du Projet doit également permettre d’assurer que les activités de
construction et les éléments d’exploitation du projet n’exacerbent ni n’entrainent un
accroissement de la vulnérabilité des communautés voisines aux désastres naturels.
Les activités d’excavation et de remblayage pourraient augmenter le risque
d’éboulements dans certains cas, et la délimitation des aires de travail pourrait faire
dévier les voies d’eau des aires de construction vers les terres voisines.
ERM
47
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
7.1.2.3 Déplacements Economiques
Les activités du Projet auront un impact sur les vendeurs d’eau qui opèrent (certains
d’entre eux illégalement) actuellement dans la zone du Projet, qui perdront leur
source actuelle de revenus. De plus, les structures sociales et économiques dans les
centres urbain à forte densité démographique, particulièrement ceux dont la
majorité de la population vit dans une pauvreté extrême, tendent à utiliser des
maisons pour y loger également les entreprises et les commerces, même sans
récompense monétaire. Bien que ce ne soit pas typique dans les zones fortement
urbanisées, des activités agricoles sur petite échelle ou au niveau micro peuvent
également avoir lieu dans la zone du Projet. Des entreprises ou services informels
signifient que des aires documentées comme étant résidentielles sont en fait des
zones d’occupation mixte. Ainsi, le déplacement économique pourrait s’avérer plus
important que celui évalué à partir de documents.
Il faut étudier en détails les informations à la ligne de base, y compris sur le nombre
de résidents ou de ménages qui dépendent d’une économie ou d’un marché
informel, ou du commerce ou du troc, avant que l’ampleur de cet impact ne puisse
être compris. Cependant, cet impact pourrait aussi être important comparé à
d’autres impacts socioéconomiques. Un Plan de Restauration des Revenus et de
Développement (voir l’Appendice A), y compris des informations à la ligne de base
à partir du terrain et un vaste dialogue avec les parties prenantes, devrait permettre
de gérer adéquatement cet impact.
Des enquêtes pré-construction, le micro-routage de la canalisation et le monitoring
des travaux de construction par un sociologue permettraient d’éviter ou de
minimiser les effets sur les résidences et les entreprises (i.e., vendeurs) dans la
mesure du possible, et de réduire significativement cet impact potentiel.
7.1.2.4 Bénéfices économiques
Au moment de la rédaction de ce rapport, aucune information n’avait été donnée
sur l’utilisation de la main-d’œuvre locale dans le cadre de ce Projet. Cependant, il
est présumé que certains ouvriers seront recrutés au niveau local, et dans ce cas il y
aura des bénéfices sous forme de revenus additionnels pour les Communautés
Affectées. Il devrait également y avoir une augmentation des achats dans les
entreprises situées dans la zone du Projet. C’est un impact positif. Le gouvernement
et des ONG locales pourraient être impliquées dans le cadre d’un modèle de
partenariat public-privé (typique pour les projets d’infrastructure hydrique) pour
développer des moyens de maximiser cet impact positif. De même, si possible, un
plan de recrutement au niveau local devrait être élaboré, avec des moyens viables
par lesquels des postes peuvent être proposés aux ménages directement affectés.
7.1.2.5 Influx
D’autres personnes pourraient immigrer dans la zone, attirées par les expectatives
d’emploi ou d’autres bénéfices découlant du Projet. Il se peut qu’il y ait aussi des
expectatives de compensations relatives aux relocalisations qui attirent des gens vers
la zone du Projet, particulièrement compte tenu de la nature informelle du logement
partout à Port-au-Prince. De nouveaux groupes en compétition pour les logements,
les commodités et d’autres ressources rares, peuvent générer des tensions sociales
avec les communautés qui existent dans la zone. L’influx peut aussi mettre une
pression sur les installations existantes, comme les centres de santé, si des personnes
ERM
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P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
additionnelles ont besoin d’accéder à ces ressources, spécialement compte tenu du
fait que ces installations opèrent déjà vraisemblablement au-dessus de leurs
capacités. D’importants influx non gérés de personnes sans familles,
particulièrement celles en âge de travailler, peuvent coïncider avec une
augmentation de la criminalité, de la prostitution et des maladies sexuellement
transmissibles, y compris le VIH/SIDA. Il faut étudier les informations à la ligne de
base, y compris les données sur la santé, généralement collectées dans le cadre d’une
évaluation sanitaire rapide, avant que l’ampleur de cet impact ne puisse être
pleinement compris.
Les espoirs d’emploi pour les communautés locales peuvent aussi entrainer des
conflits sociaux si ces attentes ne sont pas satisfaites. Par exemple, quand la nouvelle
que la zone sera alimentée en eau se sera répandue, les gens pourraient s’attendre à
recevoir de l’eau gratuitement, ou à décrocher un emploi dans la construction ou
l’exploitation de la nouvelle infrastructure. Ces attentes doivent être soigneusement
gérées via un dialogue local constant et documentées dans le cadre du Plan de
Dialogue avec les Parties Prenantes (voir l’Appendice B). Un Plan de Recrutement
au niveau local devrait être élaboré, comme expliqué dans la section précédente, et
communiqué pour établir clairement quelles sont les compétences dont on aura
besoin et quels recrutements auront la préférence au niveau local. De même, tout
Plan de Relocalisation doit établir publiquement et formellement les dates après
lesquelles l’éligibilité aux compensations de relocalisation ne seront plus de mise,
pour gérer les influx opportunistes ; et il faudra établir un plan de communication
clair relatif au paiement, à la durée, et aux postes pour les ouvriers sous contrat.
7.1.2.6 Circulation
La circulation est le domaine dans lequel une augmentation est la plus
vraisemblable pendant la phase de construction, avec le transport des matériaux de
construction, la mobilisation des véhicules de construction, et la fermeture
temporaire de segments de route obligeant à dévier la circulation des véhicules vers
des routes alternatives à cause des activités de construction. Cela pourrait
augmenter le potentiel de congestion de la circulation et d’incidents/accidents de la
route. Vu le mauvais état des routes dans la zone très urbanisée et très peuplée du
Projet, cet impact devrait être important. Ces impacts, cependant, peuvent être
minimisés avec l’élaboration et l’application d’un Plan de Gestion de la Circulation
incluant la notification d’avance de la déviation des routes, la signalisation des
détours, et des mesures de sécurité pour les piétons et les cyclistes, spécialement
pour les populations les plus vulnérables.
7.1.2.7 Accès réduit
Les activités du Projet, particulièrement pendant la phase de construction, peuvent
entraver ou bloquer l’accès aux installations médicales, aux cliniques de santé
locales informelles, aux écoles, au personnel de réponse aux urgences, et autres
installations communautaires importantes. De même, cela pourrait affecter la
capacité des ménages d’accéder à des sources d’aliments et de revenus, ce qui
constitue un point important étant donné que l’insécurité alimentaire et la
malnutrition sont des problèmes critiques en Haïti. Les impacts potentiels de la
réduction de l’accès dus aux activités de construction du Projet (résultant
spécialement de la fermeture des routes, de la congestion de la circulation et des
aires de dépôt) et leurs impacts secondaire indirects sur les moyens de subsistance et
la santé pourraient être modérés, vu la petite échelle des travaux.
ERM
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P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Ces impacts peuvent être évités ou minimisés avec l’élaboration et l’application d’un
Plan de Gestion de l’Accès, qui maintiendrait un accès constant aux installations
communautaires critiques pour les piétons et même, si nécessaire, pour certains
véhicules, en établissant soigneusement les phases et la séquence des activités de
construction.
7.1.2.8 Impacts des nuisances sur la santé communautaire
Comme indiqué dans la Section 6.4, il existe un potentiel d’impacts en matière de
pollution atmosphérique, poussière et bruit sur les Personnes Affectées par le Projet,
suite aux activités du Projet. Le potentiel d’une certaine détérioration localisée de la
qualité de l’air et de poussière diffuse existe, dû aux émissions des équipements de
construction et de leur circulation. Plusieurs personnes dans la zone du Projet sont
considérées vulnérables et peuvent être particulièrement sensibles à la fumée et à la
poussière. Cet impact potentiel est commun aux projets d’infrastructure, et serait de
court terme ; des mesures de mitigation bien établies devraient pouvoir prévenir les
impacts importants, mais des mesures spéciales (i.e. le port d’un masque) peuvent
s’avérer nécessaires pour les personnes particulièrement sensibles.
7.1.2.9 Augmentation des maladies vectorielles
La phase de construction du Projet pourrait introduire des espaces d’eau stagnante
qui pourraient servir d’incubateur pour des maladies vectorielles telles que le
choléra, la malaria, la fièvre dengue, le chicungunia et/ou le zika. Le risque peut
facilement être géré en établissant des phases de construction en assurant que les
fossés ne sont pas laissés à ciel ouvert et en nivelant les pentes pour assurer un bon
drainage et éviter les puisards dans lesquels l’eau peut s’accumuler.
Globalement, l’alimentation de la zone du Projet en eau potable propre et sûre
améliorera significativement les conditions sanitaires.
L’intégrité et la résistance du réseau de canalisation constitueront une exigence
essentielle en vue des aléas naturels. Les éboulements et l’activité sismique sont
capables d’endommager l’infrastructure et de créer des fuites, et les inondations
contaminent souvent l’eau, entrainant un risque d’infiltration.
7.1.2.10
Conflits
Actuellement, des groupes informels collectent de l’eau à partir de tuyaux cassés et
la vendent dans des communautés locales. Il pourrait y avoir des impacts
économiques sur ces groupes informels et un conflit entre ces groupes informels et
des personnes qui auraient accès à l’eau potable à partir du nouveau système public.
Le potentiel de conflit entre ces groupes doit être soigneusement géré via un
dialogue local constant et documenté via un Plan de Dialogue avec les Parties
Prenante (voir l’Appendice B).
7.1.2.11
Amélioration de la santé due à l’augmentation de l’accès à l’eau potable
Actuellement, l’infrastructure d’alimentation en eau dans les Communautés
Affectées par le Projet est vieille et endommagée, ce qui fait que l’eau transportée ne
convient pas à la consommation humaine. L’amélioration de l’infrastructure de la
canalisation améliorera la qualité et la quantité de l’eau, minimisant les opportunités
de maladies d’origine hydrique pour les ménages ayant accès à cette eau.
ERM
50
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
7.1.2.12
Ressources culturelles
Les principaux impacts sur les ressources culturelles seraient la réduction de l’accès
aux églises, cimetières et parcs et leur perturbation potentielle, suite aux travaux de
construction. Le risque de restriction de l’accès au Grand Cimetière (CH-6), qui est
l’un des sites culturels les plus connus de Port-au-Prince et une destination
touristique populaire, est grand. L’accès à ce site pendant la construction devrait être
maintenu, à l’aide de « ponts » temporaires traversant le fossé de canalisation. Il
existe aussi un risque de restriction de l’accès à une autre ressource culturelle
récréative, le Parc de Martissant (CH-7), car la principale canalisation jouxte le parc.
Il faudrait maintenir l’accès au parc via des ponts temporaires sur le fossé de la
canalisation.
Les risques associés à des dommages potentiels causés par les vibrations liées à la
construction concernent tous les sites culturels adjacents actuellement identifiés,
sauf la Cathédrale de Sainte Trinité démolie suite aux dommages causés par le
séisme de 2010. Les impacts des vibrations que pourraient causer les activités
d’excavation du fossé peuvent affecter l’intégrité structurelle des structures voisines,
spécialement celles déjà compromises par le séisme de 2010. Nous recommandons
qu’un plan de monitoring des vibrations soit élaboré et appliqué pour les structures
culturelles adjacentes dans les 25 mètres des activités d’excavation proposées, pour
mitiger cet impact potentiel.
Un autre impact, qui concerne des ressources archéologiques non encore
découvertes, pourrait être la conséquence directe de l’excavation pour la
canalisation. Vu la longue histoire d’installation d’agglomérations humaines dans la
zone de Port-au-Prince, il y a de fortes chances que les travaux de préparation du
terrain mettent à jour des sites archéologiques jusque-là inconnus. Cet impact peut
être mitigé via un Plan de Gestion du Patrimoine Culturel et des Procédures
relatives aux Découvertes Fortuites en appui aux processus de prise de décision et à
la réaction en cas de trouvailles archéologiques.
7.2
IMPACTS DE LA PHASE D’EXPLOITATION
Cette section décrit les potentiels impacts environnementaux et socioéconomiques
pendant la phase d’exploitation du Projet.
7.2.1 Impacts Environnementaux
Cette section présente les potentiels impacts de la phase d’exploitation sur les
récepteurs environnementaux. Pour la majorité des récepteurs, le Projet ne devrait
avoir que peu d’impacts continus pendant l’exploitation.
7.2.1.1 Topographie, Géologie Superficielle et Sols
Avec une fermeture et une stabilisation adéquate du chantier, il ne devrait y avoir
aucun impact post-construction. Il faudra procéder à des activités d’entretien de
routine.
ERM
51
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
7.2.1.2 Ressources Hydriques
Avec une fermeture et une stabilisation adéquates du chantier, il ne devrait y avoir
aucun impact post-construction. Il faudra procéder à un entretien de routine de la
canalisation.
L’intégrité et la résistance du réseau de canalisations constituera une exigence
essentielle, en considération des aléas naturels. Les éboulements et l’activité
sismique peuvent endommager l’infrastructure et créer des fuites, et les inondations
fréquentes peuvent contaminer l’eau, entrainant le risque d’infiltration.
7.2.1.3 Ressources Biologiques
Avec une fermeture et une stabilisation adéquates du chantier, il ne devrait y avoir
aucun impact de la phase d’exploitation.
7.2.1.4 Qualité de l’Air, Bruit et Vibrations
Le risque existe d’impacts, associés à la phase d’exploitation provenant de stations
de pompage, en ce qui concerne la qualité de l’air, le bruit et les vibrations, selon que
les stations sont électriques ou fonctionnent au diesel. La majorité du système,
cependant, fonctionne par gravité ; il ne devrait donc y avoir que peu, sinon aucune
station de pompage. Avec une fermeture adéquate du chantier et la stabilisation
correcte des sols, il ne devrait y avoir aucun risque ou impact de poussière diffuse
pendant la phase d’exploitation.
7.2.2 Impacts Socioéconomiques
Cette section présente les impacts potentiels de la phase d’exploitation sur les
récepteurs socioéconomiques.
7.2.2.1 Relocalisation
Les impacts de la relocalisation se feront encore sentir pendant la phase
d’exploitation, car les résidents de la zone du Projet comme ceux des communautés
hôtes ressentiront les impacts de la relocalisation physique pendant une période
plus ou moins longue. Le Plan Directeur Préliminaire de Relocalisation devra tenir
compte des effets à plus long terme de la relocalisation pendant la phase
d’exploitation.
7.2.2.2 Déplacement Economique
Le Projet pourrait entrainer un déplacement économique permanent, si certaines
personnes déplacées ne peuvent revenir sur leurs lieux de travail (i.e., les vendeurs).
Cela rendrait les personnes vulnérables encore plus sensibles aux impacts négatifs,
car le Projet ne pourra compenser la perte permanente de revenus ou de moyens de
subsistance.
7.2.2.3 Bénéfices Economiques
Les gouvernements locaux devraient recevoir un minimum de bénéfices car le
paiement, même limité, de services tels que l’alimentation en eau peut être utilisé
pour financer d’autres infrastructures locales ou des améliorations des services. Les
personnes disposant de davantage de revenus qui dépenseront moins d’argent pour
ERM
52
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
une eau plus propre (plutôt que d’utiliser les réseaux informels comme avant)
peuvent trouver qu’elles ont moins de dépenses mensuelles pour l’eau. Les
bénéfices à plus long terme pour la santé découlant de l’accès à de l’eau propre
devraient créer des bénéfices indirects pour l’économie locale.
7.2.2.4 Influx
L’influx peut se poursuivre pendant la phase d’exploitation; mais tout mouvement
directement associé aux activités du Projet et/ou à des expectatives économiques,
devrait être minime à cette phase.
7.2.2.5 Circulation
La circulation ne devrait pas avoir un impact continu pendant la phase
d’exploitation, car il ne devrait avoir qu’une circulation limitée liée à l’entretien.
7.2.2.6 Accès Réduit
En présumant que l’accès aux routes reviendra pleinement aux conditions à la ligne
de base à la fin de la phase de construction, aucun changement dans l’accès aux
services communautaire n’est prévu pendant la phase d’exploitation du Projet.
7.2.2.7 Impacts de la Nuisance et sur la Santé Communautaire
Aucun impact lié à l’air, la poussière ou le bruit ne devrait affecter les Personnes
Affectées par le Projet pendant la phase d’exploitation du Projet, sauf ceux, brefs et
limités, découlant des activités d’entretien.
7.2.2.8 Augmentation des maladies vectorielles
Dans la mesure où les pentes finales sont correctement nivelées, le Projet ne devrait
présenter aucun risque ou impact continu. L’impact positif d’une eau en plus grande
quantité et de meilleure qualité devrait être continu pendant tout le cycle de vie du
Projet, en présumant qu’un entretien approprié est fait.
7.2.2.9 Conflits
Actuellement, des groupes informels collectent de l’eau de tuyaux cassés et la
vendent dans des communautés locales. Il existe des impacts économiques
potentiels sur ces groupes informels, ainsi qu’un potentiel de conflit entre ces
groupes informels et les personnes qui auront accès à l’eau potable à partir du
nouveau système public. Le potentiel de conflit entre ces groupes doit être
soigneusement géré via un dialogue local constant et documenté via le Plan de
Dialogue avec les Parties Prenantes (voir l’Appendice B).
7.2.2.10
Amélioration de la santé suite à l’accès accru à l’eau potable
L’impact positif d’une eau en plus grande quantité et d’une meilleure qualité sera
continu pendant tout le cycle de vie du Projet, en présumant qu’un entretien
approprié est fait.
ERM
53
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
7.2.2.11
Ressources Culturelles
Il ne devrait pas y avoir d’impact associé à la phase d’exploitation de ce Projet sur le
patrimoine culturel.
ERM
54
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
8.0
GESTION ENVIRONNEMENTALE, SOCIALE, ET DE LA SANTE ET DE LA
SECURITE
Les Tableaux 8-1 et 8-2 présentent les mesures de gestion et les programmes de
monitoring EHS pour les phases de construction et d’exploitation du Projet. A noter
que ces programmes de mitigation et de monitoring sont typiques des projets de ce
genre, et modifiés pour s’adapter au contexte haïtien, particulièrement pour faire
face aux potentiels impacts sur la zone du Projet comme défini dans le Chapitre 7.0.
ERM
55
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Tableau 8-1
Mesures de Monitoring et de Gestion Environnementale et Sociale
Sujet
Impact Potentiel
Phase
Mesures de Mitigation et de Gestion
Responsabilité
d’Exécution
Sol et ressources
hydriques
Erosion et
sédimentation
Construction
Entreprise de
construction
Gestion et
élimination des
déchets
Construction
Elaborer un Plan de Contrôle de
l’Erosion et de la Sédimentation des Sols,
y compris des contrôles de l’érosion
comme la minimisation de l’étendue des
aires perturbées et la stabilisation/
végétalisation des aires perturbées aussi
rapidement que possible, et les contrôles
de la sédimentation tels que les bottes de
foin, les barrières aux boues, l’ancrage
des roches, et la protection à mi-pente.
Ces plans doivent prévoir les fortes
chutes de pluie aux fins de gestion des
risques d’inondation localisée.
Elaborer un Plan de gestion des déchets
identifiant des méthodes acceptables de
manutention et d’élimination des
déchets solides et dangereux, y compris
les sols contaminés.
Déversements
accidentels de
carburants ou de
lubrifiants
Construction
Impacts sur les
espèces et les
habitats
PréConstruction
Ressources
biologiques
ERM
Vérification
(comme
nécessaire)
Inspection du
chantier par un
inspecteur
tiers.
Monitoring et
soumission de
rapports
Rapport sur les
inspections
quotidiennes et
directives
d’actions
correctives
Direction
gouvernementale
départementale
de
l’Environnement
Gestionnaire
du contrat pour
le
Gouvernement
Disposer d’aires désignées pour le
ravitaillement et l’entretien des
véhicules, munis de dispositifs de
contention et de contrôle des
déversement.
Entreprise de
construction
Inspection du
chantier par un
inspecteur
tiers.
Enquête pré-construction sur l’habitat et
micro-routage de la canalisation pour
minimiser l’impact sur les habitats
naturels/boisés
Expert tiers
Gestionnaire
du contrat pour
le
Gouvernement
Confirmation
par l’entreprise
de construction
et formation
adéquate du
personnel, et
dispositions
relatives aux
exigences
Rapports sur les
inspections
quotidiennes, et
directives
d’actions
correctives.
Rapport sur le
nettoyage du site
avant la
construction
56
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Sujet
Impact Potentiel
Phase
Mesures de Mitigation et de Gestion
Responsabilité
d’Exécution
Impacts sur les
espèces et les
habitats
PréConstruction
Monter une liste des espèces
importantes, et élaborer des directives
d’identification et un plan d’action si des
espèces sont identifiées sur le chantier
Expert tiers
Qualité de l’air
Emissions des
véhicules et de la
machinerie
Construction
Assurer que les véhicules et équipements
de construction sont correctement
entretenus. Limiter la marche au ralenti
des véhicules de construction
Entreprise de
construction
Inspection du
chantier par un
inspecteur
tiers.
Qualité de l’air
Poussière diffuse
Construction
Minimiser l’étendue des sols exposés en
tout temps.
Entreprise de
construction
Inspection du
chantier par un
inspecteur
tiers.
Bruit et
vibrations
Nuisance sonore
pour les
récepteurs
biologiques
Pré-construction
Identifier toute espèce sensible au bruit
dans la zone du Projet (i.e., des espèces
menacées, oiseaux nicheurs) et élaborer
un plan d’action si ces espèces identifiées
se trouvent dans le voisinage du
chantier. Formation à la sensibilisation
pour le personnel de la construction.
Entreprise de
construction
Inspection du
chantier par un
inspecteur
tiers.
ERM
57
Vérification
(comme
nécessaire)
Gestionnaire
du contrat pour
le
Gouvernement
Monitoring et
soumission de
rapports
Confirmer la
disponibilité et
l’utilisation de
documents par
les inspecteurs
du chantier dans
les rapports
quotidiens
Rapports
d’inspection
quotidienne et
directives
d’actions
correctives.
Rapports
d’inspection
quotidienne et
directives
d’actions
correctives.
Rapports
d’inspection
quotidienne et
directives
d’actions
correctives.
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Sujet
ERM
Impact Potentiel
Phase
Mesures de Mitigation et de Gestion
Responsabilité
d’Exécution
Nuisance sonore
pour les
récepteurs sociaux
Construction
Gouvernement
local
Impact des
vibrations sur les
structures
Construction
Limiter les heures d’activités de
construction de manière à éviter les
travaux faits la nuit près des récepteurs
sensibles. Aviser la communauté
d’avance sur les travaux. Disposer d’un
mécanisme de réclamation pour que les
personnes affectées puissent disposer
d’un moyen de dépôt de plainte.
Maximiser la séparation de toute
structure culturelle importante sensible,
qui pourrait être vulnérable aux impacts
des vibrations. Elaborer un plan d’action
si les travaux de construction sont
inévitables dans le voisinage des
structures sensibles.
58
Expert tiers
Vérification
(comme
nécessaire)
Gestionnaire
du contrat pour
le
gouvernement
Monitoring et
soumission de
rapports
Rapports de
progrès
d’exécution du
contrat
Gestionnaire
du contrat pour
le
gouvernement
Rapports sur les
activités
quotidiennes
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Sujet
Impact Potentiel
Phase
Mesures de Mitigation et de Gestion
Responsabilité
d’Exécution
Santé et sécurité
au travail
Impacts sur les
ouvriers de
construction,
comme les risques
pendant
l’excavation, le
bruit et les
vibrations des
marteauxpiqueurs manuels
parmi les plus
critiques
Construction
Fournir un équipement de protection
personnelle (EPP) approprié, comme des
casques de sécurité, des gilets de
sécurité, des gants, une protection des
oreilles et des yeux, et des masques. Un
plan et un système adéquats de gestion
de la santé et de la sécurité au travail
doivent être élaborés et mis en place, y
compris des procédures appropriées
pour l’excavation et le creusement de
fossés, la circulation, et les contrôles du
bruit et des vibrations. Des mesures
spéciales doivent être adoptées pour le
cas où les activités d’excavation
mettraient à jour des matériels
dangereux (i.e., sols contaminés, eaux
usées).
Entreprise de
construction
Relocalisation
Relocalisation
physique de
résidents d’un lieu
à un autre
ERM
De la PréConstruction a
l’Exploitation
L’entreprise de construction devrai
aussi disposer d’un plan d’action
d’urgence pour la réponse aux aléas
naturels (voir la Section 9.0).
Finaliser et appliquer le Plan Directeur
Exécutif de Relocalisation détaillé, y
compris des informations à la ligne de
base actualisées et vérifiées sur le terrain
et un vaste dialogue avec les parties
prenantes pour identifier les impacts et
les plans de gestion viable.
59
Expert tiers
Vérification
(comme
nécessaire)
Inspection du
chantier par un
inspecteur
tiers.
Monitoring et
soumission de
rapports
Rapports
d’inspection
quotidienne et
directives
d’actions
correctives
Gestionnaire
du contrat pour
le
Gouvernement
Minutes,
accords, plans
d’action associés
au dialogue,
plans actualisés
sur la base des
informations
détaillées
compilées
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Sujet
Impact Potentiel
Phase
Mesures de Mitigation et de Gestion
Responsabilité
d’Exécution
Déplacement
Economique
Perte de moyens
de subsistance
De la PréConstruction à
l’Exploitation
Finaliser le Plan Directeur de
Relocalisation, y compris des
informations à la ligne de base
actualisées et vérifiées sur le terrain, et
un vaste dialogue avec les parties
prenantes pour identifier les impacts et
des plans de gestion viable.
Expert tiers
Impacts
physiques dus à
des aléas naturels
Exacerbation
indirectes des
effets des aléas
naturels
Disponibilité
d’ouvriers non
qualifiés
Construction et
Exploitation
Assurer que tous les plans conceptuels et
activités de construction tiennent
pleinement compte des aléas naturels
dans la zone du Projet.
Consultation sur et mise en œuvre de
projets de développement en partenariat
avec le gouvernement local et des ONG.
Elaboration et application d’un plan de
recrutement au niveau local, et
établissement de mesures viables pour la
publication des postes disponibles.
Entreprise de
construction
Inspection du
chantier par un
tiers
Gouvernement,
ONG et
entreprise de
construction
Gestionnaire
du contrat pour
le
Gouvernement
Main-d’œuvre
ERM
PréConstruction et
Construction
60
Vérification
(comme
nécessaire)
Gestionnaire
du contrat pour
le
Gouvernement
Monitoring et
soumission de
rapports
Minutes,
accords, plans
d’action associés
au dialogue,
plans actualisés
sur la base des
informations
détaillées
compilées.
Preuve de
l’intégration
dans la
conception.
Liste des postes
disponibles,
copies
d’annonces de
presse,
réclamations
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Sujet
Impact Potentiel
Phase
Mesures de Mitigation et de Gestion
Responsabilité
d’Exécution
Influx
Immigration liée
au Projet
De la PréConstruction à
l’exploitation
Gestion des attentes via l’élaboration et
l’application d’un Plan de Dialogue avec
les Parties Prenantes.
Elaboration d’un plan de recrutement au
niveau local priorisant la communication
pour établir clairement quels profils sont
recherchés et expliquer que les
recrutements au niveau local seront
priorisés.
Elaboration d’un RAP établissant des
dates d’échéance formelle publiques
pour les ménages potentiels à relocaliser.
Etablissement de moyens de corroborer
l’ancienneté de la résidence via des
consultations publiques.
Etablissement d’un plan de
communication claire détaillant
l’éligibilité aux compensations, et la
durée détaillée, le paiement et les postes
pour des contrats d’ouvriers. Faire savoir
largement que c’est un contrat de court
terme uniquement.
Etablissement et mise en œuvre d’un
système de soumission de rapports avec
un mécanisme de réclamation pour les
domaines de conflit. Etablissement
d’accords avec les autorités locales en
appui à la transition et à la relocalisation.
Equipe de
relations avec la
communauté,
Equipe de
Communication
ERM
61
Vérification
(comme
nécessaire)
Gestionnaire
du contrat pour
le
Gouvernement
Monitoring et
soumission de
rapports
Liste des postes
disponibles,
copies des notes
de presse,
réclamations
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Sujet
Impact Potentiel
Phase
Mesures de Mitigation et de Gestion
Responsabilité
d’Exécution
Circulation
Circulation des
véhicules accrue,
et déviations de la
circulation
PréConstruction et
Construction
Entreprise de
construction
Accès réduit
Difficultés de
circulation
PréConstruction et
Construction
Impacts sur les
routes d’accès
Dommages aux
routes d’accès
existantes
Construction
Elaboration et application d’un Plan de
Gestion de la Circulation incluant les
composantes suivantes :
Etablissement de routes alternatives
d’accès aux espaces critiques (écoles,
hôpitaux, cliniques, etc.) ;
Segmentation des sections du projet,
pour minimiser les impacts ;
Préavis de fermeture des routes,
signalisation des détours, et
programmes/mesures de sécurité pour
piétons et cyclistes.
Elaborer un Plan de Gestion de l’Accès
pour maintenir l’accès aux installations
communautaires importantes (i.e.,
écoles, hôpitaux, cliniques)
Réparation des routes ou autres
installations endommagées pendant la
construction
ERM
62
Entreprise de
construction
Entreprise de
construction
Vérification
(comme
nécessaire)
Gestionnaire
du contrat pour
le
Gouvernement
Monitoring et
soumission de
rapports
Copies de cartes
de routes
alternatives,
directives pour
la circulation
Gestionnaire
du contrat pour
le
Gouvernement
Gestionnaire
du contrat pour
le
Gouvernement
Copies des
cartes de routes
alternatives
Révision à la
clôture des
travaux de
construction
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Sujet
Impact Potentiel
Phase
Mesures de Mitigation et de Gestion
Responsabilité
d’Exécution
Santé et sécurité
communautaires
Changements
dans la qualité de
l’air et bruit
Construction
Appliquer des procédures de gestion de
la qualité de l’air, y compris l’aspersion
pour réduire la poussière diffuse, et
minimiser les impacts sonores près des
récepteurs sensibles au bruit.
Niveler adéquatement les pentes pour
assurer un bon drainage et éviter l’eau
stagnante/les puisards susceptibles de
propager les maladies vectorielles.
Entreprise de
construction
Elaborer et mettre en œuvre des
procédures appropriées de protection
des piétons et de la communauté contre
la circulation autour des chantiers.
Entreprise de
construction
Risques accrus
d’accidents et de
conflits
piétons/véhicules
/machinerie.
ERM
63
Vérification
(comme
nécessaire)
Gestionnaire
du contrat pour
le
Gouvernement
Monitoring et
soumission de
rapports
Copies des
résultats et du
monitoring de la
qualité de l’air et
du bruit.
Données sur les
incidences de
maladies
vectorielles.
Audits
environnementaux des eaux
stagnantes.
Rapports sur la
formation et les
protocoles pour
éviter les eaux
stagnantes.
Gestionnaire
du contrat pour
le
Gouvernement
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Sujet
Impact Potentiel
Phase
Mesures de Mitigation et de Gestion
Responsabilité
d’Exécution
Patrimoine
Culturel
Endommagement
d’importants sites
culturels
Construction
Eviter tout impact direct sur les sites
culturels importants. Maximiser la
séparation de toute structure culturelle
importante qui pourrait être vulnérable
aux impacts des vibrations. Elaborer un
plan d’action s’il est impossible d’éviter
des travaux de construction près
d’importantes structures culturelles.
Expert tiers
Elaborer et mettre en place des
procédures relatives aux découvertes
fortuites.
Entreprise de
construction
Disposer d’un Equipement de Protection
Personnelle (EPP) approprié, comme des
gilets de sécurité, des gants, des
protections des yeux, et des masques.
Des procédures et un système adéquats
de gestion de la santé et de la sécurité au
travail doivent être élaborés et mis en
place, y compris des procédures
appropriées pour la manipulation des
produits chimiques.
DINEPA
Santé et sécurité
au travail
ERM
Impacts sur les
ouvriers à
l’exploitation,
principalement les
risques liés à la
manipulation de
produits
chimiques
(chlore).
Exploitation
64
Vérification
(comme
nécessaire)
Gestionnaire
du contrat pour
le
Gouvernement
Monitoring et
soumission de
rapports
Rapports
d’activités
quotidiennes
Gestionnaire
du contrat pour
le
Gouvernement
Inspections par
le Superviseur
Rapports
d’activités
quotidiennes
Rapports
d’Inspection
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
9.0
GESTION DES RISQUES DE DESASTRE ET CHANGEMENT CLIMATIQUE
Cette section identifie et évalue les risques de désastres naturels pour le Projet III
d’Eau et d’Assainissement à Port-au-Prince, recommande des mesures de
prévention et/ou de mitigation de ces risques, et offre une orientation pour la
préparation et la réponse aux urgences.
9.1
IDENTIFICATION DES DESASTRES NATURELS
Le Projet est situé dans une zone exposée aux désastres naturels tels que les séismes,
les tempêtes tropicales, les inondations fluviales et côtières et les sécheresses
(Scénarios de risques de désastre du type 1), et pourrait exacerber les risques pour
les personnes, les biens, l’environnent, ou pour l’opération elle-même (Scénarios de
risques de désastres du type 2). Ces aléas naturels posent des risques pour les
investissements consentis par la Banque, pour la population voisine, et pour
l’environnement (type 2).
Haïti est exposée à des aléas naturels, qui peuvent poser des risques graves pour les
communautés à cause des vulnérabilités associées à la pauvreté endémique, les
mauvaises normes de construction et les emplacements de la majorité des
agglomérations souvent dans des zones à hauts risques. Les principaux aléas
identifiés pour Port-au-Prince incluent les inondations des terres intérieures (suite à
d’intenses chutes de pluie), les inondations côtières, les risques d’éboulement dus au
déboisement et résultant de l’érosion des sols, les cyclones et les séismes. Tous les
risques, saufs ceux des séismes, sont d’origine hydrométéorologique et
potentiellement affectés par le changement climatique (voir la Figure 9-1).
Figure 9-1
Zones et niveaux d’exposition aux cyclones, séismes et inondations dans
le Sud d’Haïti
Source: CIAT (n.d.)
9.1.1 Risques sismiques
Un séisme est causé par un mouvement ou un tremblement soudain de la terre dû à
la brusque libération de l’énergie accumulée dans les roches sous la surface de la
terre. Quand les tensions dues à des forces tectoniques souterraines sont supérieures
à la puissance des roches, elles se rompront brusquement et se déplaceront au long
des failles existantes. L’énergie libérée par ce processus résulte en vibrations
appelées ondes sismiques qui sont responsables du tremblement et des secousses du
sol pendant un séisme. Les séismes sont également causés par de formidables
ERM
65
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
éboulements de roches au long des fonds océaniques. L’aléa sismique en Haïti a son
origine dans l’interaction entre les plaques d’Amérique du Nord et de la Caraïbe,
dont le mouvement relatif vers l’est est de 2cm/an (10mm/an).
L’île d’Hispaniola est considérée être une zone complexe de déformation présentant
des zones de subduction au large des côtes nord et sud et des zones de failles de
décrochement qui traversent les régions nord et sud.
La composante de décrochement du mouvement est due au mouvement vers l’est de
la Plaque Caribéenne lié à la Plaque d’Amérique du Nord. Sur Hispaniola, la
majorité du mouvement de décrochement se trouve sur deux grands éléments : la
zone de faille septentrionale, qui s’étend de la partie centrale sud, d’Hispaniola à la
Jamaïque. L’emplacement et les caractéristiques du grave séisme qui a frappé Haïti
en janvier 2012 indiquent qu’il a eu lieu sur un segment de la zone de faille
Enriquillo – Plantain Garden. La Faille des Matheux – Neiba est une faille de
chevauchement située sous les chaines de montagne d’Haïti.
Il y a des zones de subduction actives au large des côtes nord et sud d’Hispaniola.
Les zones de subduction nord d’Hispaniola ont produit de puissants séismes de
1946 à 1953 (Frankel et al (USGS), 2010). Les mécanismes au foyer de ces
tremblements de terre indiquent une subduction vers les sud de la Plaque
d’Amérique du Nord. La zone de subduction de Muertos est située dans le sud
d’Hispaniola et s’étend à l’est vers le sud de Puerto Rico. Il y a des indices de
rupture dans cette zone en 1751 lors d’un puissant séisme qui a produit un tsunami
(Frankel et al (USGS), 2010).
Il y a un historique vérifiable de séisme datant de plus de 500 dans la Caraïbe (voir
la Figure 9-2). En général, les événements sismiques en Haïti sont mal consignés. La
révision des informations disponibles indique que, depuis 1750, les grands
événements suivants ont eu lieu :
Figure 9-2
Date
Séismes les plus importants sur l’île d’Hispaniola
Magnitude
Villes affectées
1564
7 + 6.2
1615
7.0
Santo Domingo
1684
6.5
Santo Domingo, Ázua
1691
7.0
Santo Domingo
9 Nov
1701
6.0
Léogane
15 Sept
1751
8 + 7.5
18-25
Oct
1751
7.5
Port-au-Prince
3 Juin
1770
7
Port-au-Prince, Léogane, 250 tués
29 Juil
1785
6.5
Port-au-Prince
ERM
Conception de la Vega, Santo Domingo
Port-au-Prince, Santo Domingo, Ázua
66
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Date
Magnitude
Villes affectées
20 Nov
1818
6.5
Cap Henri
7 Mai
1842
6.5
Cap Haïtien & Port-de-Paix
7 Mai
1842
8.0
Port-au-Prince
8 Mai
1842
6.9
Cap-Haïtien, 2500 tués
23 Sept
1887
7.0 + 7.75
22-Sept
1904
6.5
Port-de-Paix
6 Oct
1911
7.1
Hinche, San Juan, Azua, 12 tués
4 Août
1946
7 + 8.1 + 7,4
Puerto Plata
20 Avril 1962
6.75
Cap Haïtien
12 Jan
7.0
Port-au-Prince et ailleurs, 200,000 tués
2010
Môle Saint-Nicolas, Cap Haïtien, 5500 tués
Source: McCann 2006; Calais 2001
Les grandes failles connues les plus proches de la zone du Projet est la faille des
Matheux – Neiba vers le Nord-est et la faille Enriquillo vers le sud. La Figure 6-5
montre les structures régionales de faille et la Figure 6-6 montre les failles mineures
connues les plus proches de la zone du Projet.
Source: Frankel et al (USGS), 2010
Figure 9-3
ERM
Grandes lignes de faille d’Hispaniola
67
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Figure 9-4
Lignes de faille proches de la zone du Projet
L’accélération maximale du sol (ams) est un paramètre de conception commun pour
l’activité sismique et s’exprime comme l’accélération du sol en pourcentage de
gravité (9.8 m/s2). Ce n’est pas une mesure de l’énergie totale d’un événement
spécifique comme l’échelle de Richter ni une mesure de l’intensité détectée comme
l’échelle de Mercalli, mais une mesure de la vitesse à laquelle le sol peut bouger qui
définit les calculs structurels. Les Figures 6-7 et 6-8 montrent des cartes d’ams pour
Haïti. La zone du Projet se trouve au sein de zones dans lesquels on peut s’attendre
à des évènements avec des secousses allant de modérées à très fortes.
Source: Frankel et al (USGS), 2010
Note: Zone du projet indiquée par une étoile noire.
Figure 9-5
ERM
Carte d’accélération maximale du sol (ams) d’Hispaniola pour 10% de
Probabilité de Dépassement en 50 ans
68
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Source: Frankel et al (USGS), 2010
Note: Zone du projet indiquée par une étoile noire
Figure 9-6
Carte d’accélération maximale du sol (ams) d’Hispaniola pour 2% de
Probabilité de Dépassement en 50 ans
Ces informations, y compris la carte de liquéfaction des sols dans la Figure 6-3,
indiquent un risque et une susceptibilité élevés dans la zone du Projet. Il faut
soigneusement en tenir compte dans la conception et la construction du Projet.
9.1.2 Cyclones
Les cyclones et les tempêtes tropicales sont des systèmes d’orages violents sur
grande échelle qui se développent dans les eaux tropicales ou subtropicales et qui
ont une circulation organisée et définie. Les cyclones ont une vitesse de vents
maximums soutenus (1-minute en moyenne) d’au moins 7 mp ; les tempêtes
tropicales ont une vitesse de vents de 39 à 74 mph.
Les cyclones tirent leur énergie des eaux chaudes et perdent de leur force à mesure
que le système avance vers l’intérieur des terres. Les cyclones et les tempêtes
tropicales peuvent arriver avec des vents puissants, des inondations fluviales, des
ondes de tempête, l’érosion côtière, d’intenses chutes de pluie, des orages, des
éclairs, et des tornades. Les cyclones et les tempêtes tropicales sont souvent assez
humides pour causer de graves inondations partout sur une vaste zone
géographique, ou, dans le cas d’Haïti, dans le pays tout entier.
Haïti compte parmi les lieux au monde les plus exposés aux cyclones. En 2004,
l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) a indiqué que de 1909 à
2004, quarante-sept (47) tempêtes tropicales et cyclones ont frappé Haïti, dont dixneuf (19) étaient des cyclones ou des événements météorologiques majeurs. De 2004
à 2012, douze (12) tempêtes de vent ont frappé Haïti (voir la Figure 9-3).
Des données du Prevention Web (2014), qui donne des informations sur les pertes en vies
humaines et économiques dues à des désastres, indiquent qu’entre 1880 et 2010, plus de quatre
millions (4,171,407) de personnes ont été affectées par des cyclones. Pendant la même période,
Prevention Web ajoute que 4,990 décès ont été causés par des cyclones et que selon les
estimations les impacts économiques pour la même période ont été de plus d’US$822 millions
ERM
69
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
en Haïti. Le Dr. Jeffrey Masters, dans un résumé sur les cyclones en Haïti intitulé « Cyclones en
Haïti : une histoire tragique », indique que la saison cyclonique 2008 fut la plus cruelle pour
Haïti, avec quatre (4) tempêtes nommées qui ont frappé et occasionné de fortes chutes de pluie.
Il estime que rien qu’en 2008, les dégâts économiques se chiffraient à plus d’un milliard de
dollars de EUA.
Figure 9-7
Année
Historique des cyclones en Haïti
Evénement
Description
1935
Cyclone
21 Octobre: cyclone dans les départements du
Sud et du Sud-est, 2000 morts.
1954
Cyclone Hazel
11–12 Octobre: Le Cyclone Hazel a affecté toutes
les régions d’Haïti : Grand’Anse, Ouest,
Artibonite, Nord-ouest.
1963
Cyclone Flora
3 Octobre: Le Cyclone Flora a frappé Haïti:
Grand’Anse, Ouest, Côte sud (Les Cayes)
1964
Cyclone Cleo
24 Août: Cyclone Cleo. Lieux: Grand’Anse
1966
Cyclone Inez
29 Septembre: Cyclone Inez; Lieux: Sud et Ouest
1979
Cyclone David
Août; Lieux: impact limité sur le Nord-Ouest
1980
Cyclone Allen
5 Août, Lieux: Côte Sud, spécialement la région
de Cayes-Jacmel
1994
Cyclone Gordon
12 et 13 Novembre: Cyclone Gordon; Lieux:
Département du Sud-est
1998
Cyclone Georges
23 Septembre: Cyclone Georges; Lieux:
Départements du Sud-Est et du Nord-Ouest.
2004
Cyclone Jeanne
18–19 Septembre: Cyclone Jeanne; Lieux: Partie
occidentale d’Haïti et Artibonite
2008
Cyclone/Tempête 16 Août: la tempête tropicale Fay a traversé tout
tropicale Fay
le pays.
2008
Cyclone Gustav
26 Août: Cyclone Gustav. Lieux: Départements
du Sud et de la Grand‘Anse
2008
Cyclone Hanna
1 Septembre: Cyclone Hanna; Lieux: Artibonite
et Nord-Est
2008
Cyclone Ike
6 Septembre: Cyclone Ike; Lieux: Nord, Ouest et
Nord-Ouest
2010
Cyclone Tomas
5 Novembre: le cyclone Tomas frappe et tue au
moins 10 haïtiens, entrainant des dégâts qui
aggravent l’épidémie de choléra.
2011
Tempête
Tropicale Emilie
Tempête Tropicale Emilie. Lieu: Tabarre,
Léogane et Jacmel.
2012
Cyclone Isaac
Cyclone Isaac; Lieux: Péninsule du Sud.
Source: Masters 2015
La violence des vents constitue l’aspect le plus grave des cyclones. Compte tenu de
la vaste dimension d’un cyclone catastrophique, une tempête n’a pas besoin de
passer directement sur Haïti pour causer d’importants dégâts. Un cyclone qui passe
tout près de l’île d’Hispaniola peut causer de graves pertes de biens et même de
ERM
70
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
vies. Essentiellement, aucune région d’Haïti n’est protégée de la force des vents
cycloniques. Les zones basses et côtières, comme celle du Projet, subissent les
premiers effets des vents dévastateurs.
Le Quatrième Rapport d’Evaluation IPCC du Panel Intergouvernemental sur le
Changement Climatique (IPCC AR4) conclut qu’une série d’études de modélisation
prédisent une légère augmentation de l’intensité maximale des vents et des
précipitations quasiment orageuses lors des cyclones tropicaux à venir. Des
simulations à l’aide de modèles dynamiques haute résolution indiquent toutes que
le réchauffement climatique entrainera l’intensification des cyclones tropicaux d’ici
la fin du 21ème siècle, avec une augmentation de 2 à 11% de la violence maximum
moyenne des vents, globalement.
Le Cinquième Rapport d’Evaluation IPCC du Panel Intergouvernemental sur le
Changement Climatique (IPCC AR5) indique que la fréquence de tempêtes plus
intenses est très susceptible d’augmenter de plus de 10% (IPCC 2013, AR5), alors
que la fréquence annuelle des cyclones tropicaux devrait diminuer ou rester
relativement la même pour l’Atlantique Nord. Cela suggère qu’il n’y aura aucun
changement majeur dans la fréquence des cyclones dans la région de l’Atlantique
Nord où se trouve Haïti.
Au niveau du Projet, les activités de construction doivent être planifiées et gérées de
manière à assurer que les alertes aux ouragans et la planification de la réponse sont
en place. Pour la phase d’exploitation, toutes les infrastructures du Projet seront
souterraines et cela devrait assurer leur capacité de résistance aux événements
cycloniques.
9.1.3 Inondation des terres intérieures
Les inondations peuvent découler d’une variété de causes. Les inondations les plus
courantes arrivent quand les rivières sont en crue, et quand les eaux débordent de
leurs berges : alors les plaines adjacentes et les terres basses subissent des
inondations récurrentes. Ce type d’inondation arrive en général après des chutes de
pluie intenses ou prolongées. En Haïti, les terres sont aussi inondées suite à de fortes
pluies là ou l’infiltration des eaux de pluie est empêchée (soit par l’imperméabilité
des sols, soit par l’impact du développement). Cette forme d’inondation localisée
n’est pas évaluée dans le cadre de cette étude. Des inondations dues à des crues
soudaines résultent également de fortes pluies incapables de pénétrer le sol des
collines suite au manque de couverture forestière, créant de nouvelles ravines et
décapant des ravines existantes dans la descente.
En Haïti comme ailleurs dans d’autres îles de la Caraïbe, les inondations suivent les
régimes météorologiques. Il y a deux saisons pluvieuses distinctes en Haïti : l’une
qui va d’avril à juin, et l’autre d’octobre à novembre. Haïti a subi de graves
inondations sur grande échelle (voir la Figure 9-4). Traditionnellement, la majorité
des inondations est liée à des événements climatiques sur grande échelle (i.e., des
cyclones tropicaux) à impact grave. Récemment, cependant, des systèmes de basse
pression plus petits ont affecté Haïti chaque année ou deux fois l’an.
ERM
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P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Figure 9-8
Année
Récentes inondations à Port-au-Prince ou dans ses environs
Evénement
Description
1996
Inondation
De très fortes pluies ont causé des inondations dans plusieurs
régions du pays, en particulier dans les Départements du Nord, du
Nord-ouest, de la Grand’Anse et sur l’île de la Gonâve.
2002
Inondation
Selon les estimations, 4000 familles ont été affectées et 27 personnes
ont été tuées lors de fortes pluies et d’inondations dans la péninsule
du sud d’Haïti fin mai. Des routes et des ponts ont été gravement
endommagés, rendant difficile ou impossible la distribution de
l’aide d’urgence. Plus de 1,400 maisons et 17 écoles ont aussi été
endommagées.
2004
Inondation
23–24 mai, des pluies torrentielles ont pilonné le sud-est d’Haïti.
2009
Inondation
Le 20 Octobre, de fortes pluies à la Capitale haïtienne et
dans ses faubourgs ont causé des inondations ; Carrefour,
un faubourg au sud de la ville, a été complètement inondé.
2011
Inondation
2011
Inondation
2012
Inondations et
glissements de
terrain - Mars
2012
2012
Inondation
2012
Inondation
2013
Inondation
Dans la soirée du 6 juin 2012, de fortes pluies sont tombées dans
l’aire métropolitaine de Port-au-Prince et d’autres zones dans les
Départements de l’Ouest et des Nippes ont été inondées.
De fortes pluies tombées du 6 au 10 octobre 2011 ont causé une
grave inondation dans les départements du Sud, des Nippes et de la
Grand’Anse en Haïti.
Suite au début précoce de la saison pluvieuse, des pluies
torrentielles se sont abattues sur l’aire métropolitaine de Port-auPrince le 28 mars 2012, tuant six personnes à Morne Calvaire suite à
des glissements de terrain.
La Tempête tropicale Isaac a frappé Haïti le 25 août 2012, tuant au
moins 19 personnes. 15,000 personnes ont dû être évacuées, et 335
maisons ont été détruites.
Les inondations causées par le Cyclone Sandy ont tué 60 personnes
et gravement endommagé des infrastructures critiques comme des
routes, des écoles et des hôpitaux. 1.8 million de personnes ont été
affectées, et plu de 18,000 maisons ont été inondées, endommagées
ou détruites. (UN News, 2 Nov 2012)
Les fortes pluies des 14, 15 et 28 Juin 2013 ont causé des inondations
dans les départements de l’Artibonite, du Nord-ouest et du Centre
en Haïti. Six personnes ont été tuées, et plus de 6,600 familles
affectées. Les secteurs de l’agriculture et du bétail ont subi de graves
dommages.
Source: Relief web 2016
Le relief tourmenté et montagneux d’Haïti, ajouté à la dégradation de
l’environnement, au déboisement et à la mauvaise gestion des bassins versants a
créé des conditions optimales pour des problèmes d’inondation. Les eaux de surface
d’Haïti sont concentrées dans un nombre restreint d’importantes rivières qui
représentent environ 60 pour cent des débits. Il n’est actuellement pas inhabituel que
les rivières d’Haïti atteignent ou dépassent la ligne des hautes eaux deux fois par an.
ERM
72
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Comme décrit dans la Section 6.1.1, et comme montré dans la Figure 6-1, la zone du
Projet inclut des aires montagneuses abruptes sous le Massif de La Selle dans le sud,
et des zones côtières urbanisées plus plates entre le Massif de La Selle et le Golfe de
La Gonâve. Cette topographie rend la zone du Projet vulnérable aux inondations des
terres intérieures, où les eaux couleront des montages vers la zone urbanisée plus
plate. L’absence d’une solide infrastructure régulièrement entretenue de gestion des
eaux pluviales, plus l’urbanisation de la zone, exacerbe encore les risques
d’inondation, et, pendant les périodes coïncidant avec les ondes de tempête et
d’élévation du niveau de la mer (voir la Section 9.1.5 ci-dessous), cela a entrainé des
inondations prolongées des zones côtières plus plates parce que les eaux des crues
n’ont nulle part où aller. Le plan conceptuel et la construction du Projet devront
assurer que les risques d’inondation sont pleinement pris en compte, pas seulement
en termes d’approche et de gestion des activités de construction, mais aussi par
rapport à l’intégrité opérationnelle de la canalisation.
9.1.4 Projections relatives au changement climatique
En Haïti, le climat semble avoir changé au cours des quarante dernières années. La moyenne
annuelle des températures a augmenté, et la saison pluvieuse a pris près de trois mois de
retard. Cette tendance devrait se maintenir, selon les projections relatives au changement
climatique en Haïti (voir les Tableaux 9-1 et 9-2). Le changement climatique à venir devrait
intensifier les problèmes environnementaux actuels, générant des sécheresse plus aigües et des
précipitations plus intenses pendant les saisons sèches et pluvieuses respectivement. La hausse
du niveau de la mer et des ondes de tempête sont également attendues en Haïti, selon l’IPCC
(2007), ce qui exacerbera les inondations et l’érosion dans les zones côtières du Sud et du Sudest. Les plaines côtières sont traditionnellement affectées par l’intrusion d’eaux salées,
augmentant les niveaux de sel dans les sols, et, donc, ayant un impact sur l’agriculture. Le
Tableau 9-1 montre les hausses projetées du niveau de la mer par l’IPPC générées par les
Modèles Climatiques Mondiaux (GCM) selon différents scénarios d’émissions de gaz à effet de
serre (B1, A2B et A2) pour les îles de la Caraïbe. Ces projections de hausse du niveau de la mer
pour les îles de la Caraïbe peuvent être appliquées à Haïti pour évaluer les potentiels impacts
environnementaux dus au changement climatique.
Tableau 9-1
Projections de l’IPCC relatives au niveau moyen de la mer dans la Caraïbe
comparées à celles de Rahmstorf (2007). Les projections sont pour 2100 par rapport à 19801999
Scenario
Hausse moyenne du niveau de la
Hausse moyenne du niveau de la mer
mer au niveau mondial (m)
(±0.05 m) dans la Caraïbe par rapport
à la moyenne mondiale
IPCC B1
0.18 – 0.38
0.14 – 0.43
IPCC A1B
0.21 – 0.48
0.16 – 0.53
IPCC A2
0.23 – 0.51
0.18 – 0.56
Rahmstorf, Jusqu’à 1.4 m
Jusqu’à 1.4 m
2007
Source: CARIBSAVE, 2011
ERM
73
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Tableau 9-2
Hausses projetées du niveau moyen de la mer au niveau mondial.
Projections tirées de l’IPCC (2013) et par rapport à 1986-2005
2046 – 2065
2081 – 2100
Variable
Scenario
Moyenne Fourchette
Moyenne
Fourchette
probable
probable
Hausse
RCP2.6
0.24
0.17 – 0.32
0.40
0.26 – 0.55
moyenne du
RCP4.5
0.26
0.19 – 0.33
0.47
0.32 – 0.63
niveau de la
RCP6.0
0.25
0.18 – 0.32
0.48
0.33 – 0.63
mer au
RCP8.5
0.30
0.22 – 0.38
0.63
0.45 – 0.82
niveau
mondial (m)
Source: IPCC, 2013
*Note: B1 décrit un travail convergent avec la même population mondiale ; A1B décrit une croissance économique très
rapide avec un équilibre entre toutes les sources, où l’équilibre est défini comme ne dépendant pas trop fortement d’une
source particulière d’énergie ; et A2décrit un monde très hétérogène résultant en une croissance continue de la population
mondiale (IPCC, 2007).
9.1.5 Inondations côtières
Les hautes vagues associées aux cyclones tropicaux peuvent s’avérer très
dangereuses et causer des dommages aux agglomérations côtières. L’Administration
Nationale Océanique et Atmosphérique des Etats Unis (NOAA) identifie ce
phénomène comme étant une onde de tempête, définie comme une hausse anormale
des eaux due à une tempête, supérieure aux marées astronomiques projetées.
NOAA ajoute que l’onde de tempête ne devrait pas être confondue avec une marée
de tempête qui est définie comme la hausse du niveau de l’eau due à une
combinaison d’onde de tempête avec une marée astronomique. La hausse du niveau
de l’eau peut causer une inondation majeure dans les zones côtières,
particulièrement quand une onde de tempête coïncide avec une marée haute
normale.
Quand la force des vents cycloniques autour de la tempête pousse l’eau vers le
rivage, cela produit une onde de tempête. L’impact sur l’onde de la basse pression
associée à de violentes tempêtes est minime comparé à celui de l’eau poussée vers le
rivage par les vents. L’intensité de l’onde de tempête est affectée par la largeur et
l’inclinaison du plateau continental. Une faible pente peut produire une onde de
tempête plus forte qu’une pente abrupte. Dans le sud, le plateau continental chute
relativement vite, ce qui réduit l’impact de l’onde de tempête. L’histoire documentée
des ondes de tempête en Haïti est cependant limitée.
La région de la Caraïbe est classée parmi les zones les plus vulnérables au
changement climatique et aux conditions climatiques extrêmes. L’un des plus
grands défis que confrontent les états insulaires est celui des cyclones tropicaux et la
hausse du niveau de la mer. La hausse du niveau de la mer a un grand impact sur
l’activité humaine (dans les zones côtières), car dans de nombreux cas la majorité
des agglomérations humaines, l’activité économique, les infrastructures et les
services sont situés sur ou près de la côte et les économies locales dépendent souvent
tout juste de quelques secteurs tels que le tourisme et l’agriculture. La hausse du
niveau de la mer exacerbe donc la vulnérabilité des régions côtières à d’autres
processus physiques (i.e., ondes et marées de tempête).
ERM
74
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Les évaluations du changement du niveau de la mer au niveau mondial suggèrent
que la hausse moyenne actuelle est d’environ 1.5mm par an tandis que la hausse de
température moyenne en surface au niveau mondial de 0.50C est généralement
acceptée.
Le Cinquième Rapport d’Evaluation IPCC du Panel Intergouvernemental sur le
Changement Climatique (IPCC AR5) indique que la fréquence des ondes de tempête
ou des inondations côtières associées aux tempêtes les plus violentes devrait
augmenter de plus de 10%, tandis que la fréquence annuelle des cyclones tropicaux
et ondes de tempête ou inondations côtières y associées devrait décroitre ou rester
relativement la même pour l’Atlantique Nord.
Cela suggère qu’il n’y aura aucun changement majeur dans la fréquence des
cyclones et des ondes de tempête ou inondations côtières y associées dans la région
de l’Atlantique Nord où se trouve Haïti. Le scénario SRES A1B pour la zone d’Haïti
étudiée suggère que les hausses du niveau de la mer devraient augmenter d’une
petite ampleur de 0.35m jusque dans les années 2040 comparées à la ligne de base de
1960-1990.
Les aires plus plates dans la zone du Projet seront vulnérables aux inondations
côtières et aux hausses du niveau de la mer et, comme décrit dans la Section 9.1.3, la
conception et la construction doivent assurer que les risques d’inondation sont
pleinement pris en compte.
9.1.6
Sécheresses
La sécheresse se manifeste sous plusieurs formes. En Haïti, l’aléa de la sécheresse
résulte d’une combinaison de régimes irréguliers de précipitations pendant les deux
saisons pluvieuses distinctes : Avril-Juin et Octobre-Novembre. Selon la Banque
Mondiales, des épisodes El Niño/ENSO ont retardé l’arrivée des saisons pluvieuses
et créé des conditions de sécheresse dans le pays.
La NATHAT (2012), une évaluation des aléas au niveau national, indique que les
agriculteurs disent que les saisons sèches durent plus longtemps tandis que les
saisons pluvieuses sont plus humides et plus courtes. Les effets cumulés de périodes
de sécheresse plus longues sont la perte de cultures et l’augmentation du nombre de
familles qui dépendent de l’aide alimentaire pendant la « saison de famine », qui est
la période de trois mois entre les saisons pluvieuses, pendant laquelle il y a peu de
récoltes et d’opportunités d’emploi. Une carte montrant les niveaux de probabilité
de sécheresse se trouve dans la Figure 9-9.
ERM
75
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Figure 9-9
Aires les plus exposées à la sécheresse sur l’île d’Haïti
Source: NATHAT, 2012
La sécheresse ne devrait pas trop affecter les phases de construction et d’exploitation
du Projet, bien qu’elle puisse affecter la demande globale d’eau provenant du
système hydrique. Le changement climatique lui non plus ne devrait pas avoir
d’impact sur la phase de construction du projet ; mais, avec le temps, il pourrait
affecter l’exploitation avec l’exposition du système hydrique à des désastres naturels
plus violents ou plus fréquents.
9.2
EVALUATION DES RISQUES DE DESASTRES NATURELS
Les déterminants des risques pour le projet, les gens et l’environnement sont:
L’exposition (probabilité et intensité des désastres naturels, et nombre de
personnes exposées ou menacées par ces désastres ; et
La vulnérabilité (qui tient compte de la susceptibilité, des capacités d’y faire
face, et de la capacité d’adaptation).
Selon l’Indice des Risques de la Banque Mondiale (UN, 2014), Haïti est classée dans
la catégorie globale des risques les plus élevés, et est classée 2ème parmi les 74 pays
du monde en termes de vulnérabilité. Haïti est spécialement vulnérable aux aléas
naturels, pour différentes raisons :
ERM
Concentration de gens dans des zones exposées aux aléas ;
Faible capacité institutionnelle de se préparer et de faire face aux désastres
naturels ; et
Niveaux élevés de pauvreté limitant la capacité de la population de faire face
aux désastres naturels.
76
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Le Projet lui-même est vulnérables aux désastres naturels qui pourraient affecter ses
phases de construction et d’exploitation. Par exemple :
Phase de construction – cyclones, tempêtes tropicales, et séismes pourraient
avoir un grave impact sur la construction et résulter en dommages aux
installations du Projet (i.e., dommages aux tuyaux et équipements de
construction) et aggraver les impacts sur l’environnement (i.e., risque accru
d’érosion, de sédimentation et d’éboulements suite aux activités de
construction) ; et
Phase d’exploitation – des désastres naturels peuvent endommager la
canalisation d’eau via des mouvements du sol (i.e., secousses sismiques,
liquéfaction) et exposer la canalisation (résultant de l’érosion et de glissements
de terrain), entre autres facteurs.
Les dommages au système de canalisation exacerberaient d’autres impacts de
désastres naturels en laissant la population servie par le système soit sans eau
(impact sur la quantité) et/ou soit sans eau potable (impact sur la qualité résultant
de la potentielle contamination de l’eau via des fissures ou ruptures des
canalisations d’eau).
9.3
MESURES DE GESTION
Cette section présente des mesures qui pourraient être adoptées pour réduire le
niveau d’exposition du Projet aux désastres naturels et améliorer la résistance du
système hydrique. Le plan conceptuel du projet et son plan de gestion n’étant pas
finalisés, nous nous attendons à l’incorporation de ces mesures à la version finale
des plans conceptuels, de construction et de gestion du Projet. Cette section ne
remplace pas les véritables plans de conception, de gestion de la construction et de
gestion de l’exploitation, mais servent plutôt de guide pour ces éléments du projet.
Il faut prêter une grande attention à la conception de la canalisation pour assurer
que le Projet est résistant à ces désastres naturels. Certaines mesures potentielles de
prévention ou de mitigation des risques associés aux désastres naturels sont
présentées ci-dessus, et dans le Tableau 9.3.
ERM
Conception et construction de la canalisation :
o Eviter, dans la mesure du possible, les zones à haut risque (i.e., pentes
abruptes exposées à l’érosion ou aux glissements, sols exposés à la
liquéfaction) ;
o Assurer que le lit, les raccords et les ancrages de la canalisation sont
structurellement conçus et construits pour résister aux séismes ;
o Procéder avec soin à la conception des traversées de cours d’eau :
Si ensevelie sous le cours d’eau, assurer une profondeur adéquate
pour éviter l’exposition de la canalisation suite à l’érosion du lit
du cours d’eau pendant une inondation ;
Si suspendue d’un pont ou au-dessus d’un cours d’eau, assurer
un nettoyage adéquat au-dessus des élévations d’inondation (en
prévision des effets du changement climatique) ;
o Poser des valves à des endroits stratégiques permettant l’isolation des
tuyaux endommagés sans contamination du système hydrique tout
entier ;
o Tester l’intégrité de la canalisation ;
77
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Exploitation de la canalisation :
o Assurer le maintien d’une bonne pression dans la canalisation pour
minimiser le risque d’introduction de contaminants, spécialement
pendant une inondation ou une onde de tempête.
o Procéder à des inspections régulières et à l’entretien de routine.
L’application de ces mesures devrait permettre une gestion adéquate du risque
global de désastre naturel pour le Projet.
9.4
PREPARATION ET REPONSE AUX URGENCES
De plus, et dans le cadre des mesures de prévention du risque, des plans devraient
être adoptés pour assurer la préparation et la réponse aux urgences.
Pendant la phase de construction, l’Entreprise de Construction devrait élaborer un
Plan de Réponse aux Urgences décrivant les procédures à appliquer en cas d’alerte
météorologique (i.e. cyclone ou tempête tropicale) ou d’événement imprévisibles
(i.e., séisme). Cela impliquerait d’assurer la sécurité de l’équipement et des
matériaux, de stabiliser les aires perturbées, et d’autres actions similaires.
Pendant la phase d’exploitation, l’opérateur du système hydrique devrait lui aussi
élaborer un Plan de Réponse aux Urgences décrivant les procédures à appliquer en
cas d’alerte météorologique et de désastre naturel imprévu.
ERM
78
P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Tableau 9-3
Evénement
Cyclones et
tempêtes
tropicales
Cadre de gestion des risques de désastres
Cause
spécifique
Précipitations
excessives
Effet
Plan
Préparation
Réponse
Redressement
Les crues exposent
ou endommagent
les traversées de
cours d’eau en
hauteur ou enfouies.
Concevoir les traversées en tenant
compte des cas de crues, et en
ajoutant le facteur du changement
climatique.
Concevoir et installer des valves
permettant l’isolation des segments
des traversées.
Précipitations
excessives
Erosion sur grande
échelle avec
exposition des
canalisations ou
autres installations
connexes.
Concevoir des structures de
support de la canalisation de
manière à résister aux
affaissements du sol. Envisager des
fossés de béton pour l’installation
de la canalisation dans les aires les
plus vulnérables. Identifier et
installer une protection de pente
ou des ancrages, si possible, dans
les aires les plus vulnérables.
Procéder à des
inspections régulières de
l’intégrité et de l’état.
Désigner un inspecteur
de travaux publics de
garde.
Etablir un contrat de
sévices de réparation
d’urgence.
Procéder à des
inspections régulières de
l’intégrité et de l’état.
Désigner un inspecteur
de garde.
Etablir un contrat de
services de réparation
d’urgence.
Isoler le segment
affecté.
Contacter l’ingénieur
pour évaluation.
Organiser une
alimentation en eau
intérimaire pour les
maisons et
entreprises affectées.
Isoler le segment
affecté.
Contacter l’ingénieur
pour une évaluation.
Organiser une
alimentation en eau
intérimaire pour les
maisons et
entreprises affectées.
Procéder aux
réparations et à des
activités qui
réduiront ou
élimineront le
risque de pannes
répétées.
Tester les systèmes
réparés.
Finaliser les
réparations.
Identifier et
exécuter des
activités qui
réduiront ou
élimineront le
risque de pannes
répétées.
Tester les systèmes
réparés.
Précipitations
excessives
Eboulements et
dommages ou
pannes à la
canalisation
Concevoir des structures de
support de la canalisation capables
de résister aux affaissements du
sol. Envisager des fossés de béton
pour l’installation de la
canalisation dans les aires les plus
vulnérables. Déterminer et installer
une protection de la pente ou des
ancrages, si possible, dans les aires
les plus vulnérables.
Procéder à des
inspections régulières de
l’intégrité et de l’état.
Désigner un inspecteur
de garde.
Etablir un contrat de
services de réparation
d’urgence.
Isoler le segment
affecté.
Contacter l’ingénieur
pour évaluation.
Organiser
l’alimentation en eau
intérimaire des
maisons et
entreprises affectées.
Finaliser les
réparations.
Identifier et
exécuter des
activités qui
réduiront ou
élimineront le
risque de pannes
répétées.
Tester les systèmes
réparés.
ERM
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P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
Evénement
Séismes
Cause
spécifique
Précipitations
excessives
Effet
Plan
Préparation
Réponse
Redressement
Défaillances du
fossé ou de la pente
pendant la
construction
Stabiliser la pente et placer des
ancrages là où nécessaire. Blindage
du fossé dans les excavations
profondes. Elaboration de
procédures pour l’évacuation du
chantier.
Evaluation de l’état
des pentes restantes,
et stabilisation le cas
échéant. Désensevelir
le fossé et réparer.
Evaluer la nécessité
de stabilisation
additionnelle.
Secousses
et/ou
liquéfaction
des sols
Effondrement du
fossé
Stabiliser la pente et poser des
ancrages là où nécessaire. Blinder
le fossé dans les excavations
profondes.
Evaluation de l’état
des pentes restantes
et stabilisation si
nécessaire, Déterrer le
fossé et réparer.
Evaluer la nécessité
d’une stabilisation
additionnelle.
Secousses
et/ou
liquéfaction
du sol
Dommages à la
canalisation
Isoler le segment
endommagé.
Déterminer les
besoins de réparation
et de renforcement, et
procéder à la
réparation.
Tester l’intégrité.
Secousses
Dommages
structurels aux
tuyaux
Assurer la stabilité de la couche de
gravier structurelle sous et autour
de la canalisation.
Concevoir des systèmes de support
de la canalisation et des raccords
pour résister aux effets de la
liquéfaction ou des vibrations.
Installer des valves
permettant l’isolation de segments
de canalisation.
Concevoir des systèmes de support
de la canalisation et des raccords,
pour résister aux effets de la
liquéfaction des sols et des
vibrations.
Installer des valves permettant
d’isoler des segments de
canalisation.
Evaluation quotidienne
des conditions de pente.
Suivi des alertes
météorologiques et
préparation de la
fermeture adéquate du
chantier avant la
tempête.
Inspections quotidiennes
de l’état de la pente.
Elaboration de
procédures pour
l’évacuation du fossé et
du chantier.
Monitoring de la
pression et de l’intégrité
de la canalisation, à la
recherche d’indicateurs
de faiblesse.
Désignation d’un
inspecteur de garde.
Etablissement d’un
contrat de services de
réparation d’urgence.
Monitoring de la
pression et de l’intégrité
de la canalisation à la
recherche d’indicateurs
de faiblesse.
Désigner un inspecteur
de garde.
Etablir un contrat de
services de réparation
d’urgence.
Isoler le segment
endommagé.
Déterminer les
besoins de réparation
et de renforcement, et
réparer.
Tester l’intégrité
ERM
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P-A-P Water and Sanitation Project III – April 2016
10.0
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