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(2023/2026) Prezantasyon jeneral ak pwojè amenajman, anbelisman ak ekstansyon vil Jérémie

(2023/2026) Prezantasyon jeneral ak pwojè amenajman, anbelisman ak ekstansyon vil Jérémie

Comité Interministériel d'Aménagement du Territoire (CIAT) 2026 92 paj
Rezime — Dokiman PAEEV pou vil Jérémie, ki date me 2023 e CIAT repibliye an 2026. Li prezante kontèks rejyonal, kominal ak iben an, epi li pwopoze oryantasyon pou amenajman, anbelisman ak ekstansyon sou limit administratif, zonaj, pwoteksyon zòn natirèl ak agrikòl, sant ansyen an, zòn ekstansyon, katye prekè, chema wout, ekipman, finans kominal, pwogram ekonomik, estrateji aplikasyon ak yon pwogram kenz ane.
Dekouve Enpotan
Deskripsyon Konple
PAEEV sa a tabli yon kad planifikasyon teritoryal ak iben pou Jérémie, prensipal vil Grandans lan. Pati dyagnostik yo kouvri anviwònman rejyonal, popilasyon, ibanizasyon ak gwo risk natirèl, apre sa depatman an ak komin nan, ak popilasyon, teritwa ak ekonomi. Pwofil vil la pale sou istwa, kwasans resan, dansite bati ak dansite popilasyon, mòfoloji, katye prekè, wout ak transpò, dlo potab, drenaj, ekonomi iben, mache Côtes-de-Fer, enstitisyon, risk natirèl ak risk moun kreye, inondasyon, submèsyon lanmè, ewozyon kotyè ak prensipal kontrent iben yo. Pati pwojè a fikse oryantasyon pou amenajman, anbelisman ak ekstansyon Jérémie. Li kouvri limit administratif, zonaj, pwoteksyon zòn natirèl ak agrikòl espesyal, sant ansyen an, zòn ekstansyon pou estriktire, katye prekè, zòn pou devlope, chema wout, ekipman ak rezo, finans ak jesyon kominal, pwojè ekonomik, estrateji aplikasyon, etap pou ale pi lwen, pwogram kenz ane, lokalizasyon entèvansyon yo ak règleman. Dokiman an mare planifikasyon iben ak prevansyon risk katastwòf, aksè ak tè ak jesyon kominal; se poutèt sa li se yon referans pou planifikasyon lokal ak politik teritoryal, pa sèlman yon pwojè enfrastrikti.
Sije
Devlopman IbenAnviwònmanRediksyon RiskGouvènans
Jewografi
Grande-Anse
Peryod Kouvri
2026 — 2026
Mo Kle
PAEEV, Jérémie, CIAT, urban planning, zoning, Grand’Anse, disaster risk prevention, coastal erosion, flooding, urban cadastre, municipal finance, 15-year program, series:hti-plans-territoriaux
Antite
Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire (CIAT), Mairie de Jérémie, Ville de Jérémie, Grand’Anse, Côtes-de-Fer market
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Mairie de Jérémie Ville de Jérémie Présentation générale et Projet d’aménagement, d’embellissement et d’extension Mai 2023 Final version 1 Page 1 sur 92 Page 2 sur 92 Table des matières Avant‐propos Introduction La ville de Jérémie : La ville de Jérémie : Le contexte projet d’aménagement, présentation générale d’embellissement et d’extension La région : le milieu La ville et son histoire Les grandes orientations La région : les hommes La croissance récente de Jérémie Les limites administratives La région : l’urbain Densité de bâti et densité de Le zonage : établir l’utilisation de La région : les risques naturels population l’espace majeurs La morphologie de Jérémie Protéger : zones naturelles et zones Les quartiers précaires agricoles spéciales Le département de la Grande‐ Trame viaire et transport Le centre ancien Anse L’eau potable La zone d’extension à structurer Le drainage Les quartiers précaires La commune de Jérémie : Economie urbaine La zone à développer généralités Le marché de Cotes de Fer La trame viaire : outil indispensable de La commune de Jérémie : Vie quotidienne et institutions structuration population et territoire Risques naturels et risques Equipements et réseaux Economie de la commune de anthropiques Les finances communales et la gestion Jérémie L’eau : inondation, submersion Un projet économique marine et érosion côtière Stratégie d’implémentation Les principales contraintes urbaines Aller plus loin de Jérémie Un programme de quinze ans Les fausses bonnes idées Spatialisation des interventions ponctuelles Règlement Page 3 sur 92 Page 4 sur 92 Page 5 sur 92 urbains attractifs par les équipements et les services. Le Avant‐propos deuxième pas c’est de mettre au cœur de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire la prévention des risques Le mouvement des populations rurales vers les villes et de catastrophe. Il est entendu que tout ceci n’est des populations des petites villes vers les grandes est possible que si les populations en quête de ville ont irréversible. Ces populations doivent faire face à effectivement accès à la terre (propriété ou usage de la l’absence de structures, de gestion et d’économie terre) dans le périmètre urbain. Le cadastre urbain urbaines ‐ ce qui rend la vie difficile pour les populations devient alors une priorité à quadruple titre : organiser la en zone de bâti dense et produit une double insécurité : libération du marché foncier, libérer le foncier pour face aux risques naturels (les populations doivent donner accès aux nouveaux venus, donner une base investir les espaces les plus dangereux), face aux risques fiscale certaine à la perception de la Contribution anthropiques, y compris l’hygiène et l’insécurité Foncière sur les Propriétés Bâties (CFPB) et permettre publiques. La maitrise de l’urbanisation est déterminante aux maires de connaitre et de localiser de façon précise pour une meilleure vie en société. la population qu’ils doivent gérer. La loi du 29 mai 1963 instituant les Projets En effet, il est difficile dans l’état actuel des choses, de d’Aménagement, d’Embellissement et d’Extension des poser la question de la planification urbaine sans poser Villes (PAEEV) a vieilli : elle a maintenant 60 ans. La celle de la gestion urbaine. Les investissements reposent situation de terrain a complètement changé et il y a un en partie sur la capacité de la mairie à collecter des fonds urgent besoin de réviser ce texte, trop tatillon, et à les gérer. CFPB, permis de construire et patentes inutilement complexe pour les petites villes, pour doivent aussi être regardés à travers les PAEEV. l’adapter aux réalités d’aujourd’hui. Le PAEEV de Jérémie est une occasion de tester un nouveau type de zonage, Les modes d’intervention choisis jusqu’ici pour une nomenclature plus adaptée aux diagnostics urbains, accompagner les villes haïtiennes étouffant sous leur plus opérationnelle, s’appuyant sur les PRRNU ou les poids démographique n’ont permis que des projets de études qui en tiennent lieu, et de préparer une peu d’envergure et peu durables : pavage de corridors, législation nationale. En Haïti, le risque est aujourd’hui la canalisation d’eau de pluie, disponibilité d’eau potable. priorité numéro 1 de toute planification urbaine. Ils n’étaient le plus souvent pas en proportion avec les problèmes. Il faut sortir des logiques de projet pour Deux outils majeurs pour la préparation des PAEEV : entrer dans la définition de politiques publiques en ‐ Les densités de bâti et donc de population ; phase avec les dynamiques locales qui seules peuvent ‐ Les PRRNU qui n’ont pas encore reçu de sanction être pérennes. légale et vont, avec les PAEEV, en avoir une, de façon indirecte. C’est en faisant les PAEEV qu’on comprend peu à peu le contenu d’une politique nationale de la ville. En étant La législation récente, y compris la constitution de 1987, confronté à des problèmes réels touchant des personnes a laissé la ville orpheline, sans définition et sans limites. réelles, on est contraint de soupeser chaque décision en Le territoire urbain n’est pas légalement établi et les responsabilité et d’en tirer les généralités aussi bien les autorités de gestion ne sont pas clairement identifiées. particularités qui font une politique nationale. C’est une première étape que franchissent la dernière vague de PAEEV qui, une fois leur règlement publié, Haïti est en urgent besoin de gérer ses espaces urbains donnera une première existence légale à l’espace urbain. et ruraux, le destin des uns entrainant inexorablement le Cela ne suffira pas et il faudra anticiper les travaux de la destin des autres. prochaine législature et préparer pour elle les textes indispensables à une réorganisation territoriale qui Michèle Oriol, rendra à la ville son espace, ses outils de gestion et ses Secrétaire Exécutif du CIAT prérogatives. Le corollaire de cette indispensable définition est d’encourager la densification en rendant les espaces Page 6 sur 92 Introduction La loi du 29 mai 1963 fait du Projet d’Aménagement, d’Extension et d’Embellissement une obligation : « Toute ville d’au moins 2000 habitants est tenue d’avoir un Projet d’Aménagement, d’Embellissement et d’Extension ». Depuis cette date, différents textes législatifs ont confirmé cette obligation mais il n’y a pas longtemps que l’administration s’efforce mettre ces outils à la disposition des collectivités territoriales. Aujourd’hui le PAEE de Jérémie est une réalité. Il permettra d’accompagner la croissance de la ville en Nouvelle cathédrale en construction. Photo CIAT 2022 respectant des normes minimales d’urbanisme et de le protéger des menaces naturelles et anthropiques. Il a été produit après un processus largement participatif. Plusieurs institutions nationales et internationales y ont contribué : le bureau du Premier ministre à travers le Comité interministériel d’Aménagement du Territoire, la délégation de l’Union Européenne à travers le projet Urbayiti. Enfin le comité formé des points focaux des ministères de l’Environnement, de l’Agriculture, de l’Intérieur, des Travaux publics, du Plan, de la DINEPA et des représentants de la mairie a validé le PAEE et permis de lui donner force de loi. Il faudra maintenant, avec l’appui du ministère de l’Intérieur, l’inscrire au budget national et en faire une réalité pour la population de Jérémie. xx Président de la commission communale de Jérémie Page 7 sur 92 La région : le milieu La région Sud, souvent appelée le Grand Sud, Fauché/Jacmel constitue l’ossature de cette Cette région est desservie par deux aéroports à telle que définie dans la loi du 19 septembre péninsule de 160 km de long et de 70 de large. vocation nationale aux Cayes et à Jérémie dont 1982, est notre première échelle de diagnostic. La péninsule est karstique avec un relief très le rôle est devenu essentiel depuis la guerre des Elle regroupe administrativement les accidenté où les plaines, toujours côtières, gangs à la capitale. Cinq débarcadères (Jérémie, départements de la Grande‐Anse, des Nippes et occupent de faibles surfaces à l’exception Pestel, Corail, Les Cayes, Anse d’Hainault) du Sud, soit 44 communes, en comptant les notable de la plaine des Cayes (30 x 20 km), une permettent un cabotage régional et vers la nouvelles communes de Marfranc, Ducis et des plus productives du pays depuis la période capitale. A Miragoâne un port ouvert au Cayemites. coloniale. Le massif est très arrosé (2800 mm de commerce extérieur est très actif et un port pluie dans les zones d’altitude élevée) et culmine international vient d’être inauguré à Saint‐Louis La péninsule Sud constitue une excroissance à au pic Macaya (2347 m), deuxième plus haut du Sud. l’ouest de la masse, plus compacte, du reste de sommet d’Haïti. la République d’Haïti. Elle est structurée par le massif de la Hotte, qui, depuis Carrefour Page 8 sur 92 Les unités morphologiques du relief (Source CNIGS 2017) Enlever le début de réseau hydrographique, les aires protégées. Changer certains couleurs difficilement lisibles comme les verts qui tendent à se confondre avec la mer. Page 9 sur 92 La région : les hommes Comme pour le reste du pays, la population du Grand Sud a doublé entre 1982  Un habitat dispersé avec des maisons vernaculaires fragiles et des maisons et 2015. En 1982, l’Institut haïtien de Statistiques et d’Informatique y de béton ne répondant le plus souvent pas aux normes de sécurité ; décomptait 739 608 habitants ; en 2015, l’IHSI y dénombre 1 585 802 habitants.  Une densification du bâti le long de la RN2 qui, de Miragoâne aux Cayes, Quoique le Grand Sud ait toujours été zone de migration (vers Port‐au‐Prince) s’accentue avec le temps en créant de nouvelles polarités urbaines, entre et d’émigration (vers Cuba au début du 20e siècle, vers les départements Aquin et Fond des Nègres notamment ; français d’Outre‐Mer et les Etats‐Unis à partir des années 1960), le poids relatif  Une densification sur les plateaux d’altitude, notamment l’Asile, Arnaud ; de sa population est constant de 1950 à 2015 : 12 à 15% de celle du pays, avec une tendance à la décroissance.  Une décroissance démographique globale partout ailleurs, même si certains pôles comme Jérémie sont en progression ; Démographiquement, la dynamique territoriale identifiée par le CNIGS en 2017  Des petits pôles ruraux qui prennent subitement de l’importance avec la se décrit comme suit : construction de la RN7 (Camp‐Perrin, Duchity et Beaumont). Page 10 sur 92 Les unités homogènes de densité de l’habitat Source : CNIGS 2017 Page 11 sur 92 La région : l’urbain L’IHSI annonce en 2015 une population urbaine Il peut paraitre impropre de parler de villes dans de 23% dans le Sud, de 24% dans la Grande‐Anse  La vallée de la Grande‐Anse qui voit ses les phénomènes observés dans le Grand Sud et 18% dans les Nippes. Les chiffres de l’IHSI et bourgs grandir plus vite que Jérémie ; comme dans d’autres régions du pays. Il s’agit les analyses spatiales du CNIGS racontent deux  La ville des Cayes qui avance à grands pas souvent de concentration de bâtis sans trame histoires différentes. Pour le CNIGS, les vers Torbeck et Camp‐Perrin, avec des pôles viaire, sans services de base ni équipements et départements de la Grande‐Anse et des Nippes d’extension qui s’accroissent plus vite que la parfois sans épaisseur. sont très peu urbanisés mais le département du ville ; Sud est en profonde mutation :  L’axe Fonds des Nègres/Aquin qui voit  Un axe, la RN7, qui est en forte croissance de l’émergence au sein du rural de pôles de bâti bâti dense ; dense totalement nouveaux alors que les pôles urbains historiques sont en très faible croissance et même, pour certains et à certaines périodes, en décroissance. Page 12 sur 92 L’accroissement urbain dans le Grand Sud Page 13 sur 92 La région : les risques naturels majeurs Les séismes Cyclones et inondations Conséquences et gestion du risque La péninsule est sous la menace de La péninsule est sur la trajectoire Chaque catastrophe fait bouger les trois failles sismiques majeures et des cyclones qui ravagent populations rurales vers les bourgs actives : périodiquement les Caraïbes. De puis des bourgs vers les villes, des  La faille Enriquillo‐Plantain‐ 1954 à 2001, le département du villes vers les chefs‐lieux de Garden qui longe le massif de Sud a été le département le plus département. Ce mouvement la Hotte au sud, va de Tiburon affecté par les cyclones qui ont s’explique notamment du fait que à Pétion‐Ville et se prolonge traversé le pays ou sont passés les secours ne se déploient jamais jusqu’en République dans sa proximité. sur les lieux les plus affectés mais Dominicaine ; dans les espaces où il est plus facile  La faille Nord Grande‐Anse‐ De puissantes rivières, la rivière de d’organiser la logistique et du fait Nippes qui passe dans la mer à la Grande‐Anse et la Ravine du Sud de la reprise difficile (agriculture, une dizaine de kilomètres de la notamment, créent une constante écoles principalement) dans les côte nord de la péninsule ; menace d’inondation, tant du fait lieux détruits.  La faille Jérémie/Jérémie. de l’abondance des pluies en saison que comme conséquence Un dense réseau d’aires protégées De plus, il existe de nombreuses du passage des cyclones. a été identifié (Macaya, Grande failles secondaires dont la Colline, Deux Mamelles, Grand cartographie est faite en grande Glissements de terrain, Bois, etc.) pour aider à structurer la partie. Depuis août 2021, on est éboulements, effondrements, résilience de ce territoire fragile. entré dans une période d’intense tsunamis, submersion marine font activité sismique dans cette partie partie de l’histoire de la région. Population et autorités politiques du pays. ont une faible conscience du risque et il y a peu d’acteurs en charge. Il n’y a guère que la réponse aux catastrophes qui essaie de s’organiser à travers la protection civile. Les nombreuses ONG humanitaires présentes sur le territoire s’inscrivent également dans la réponse et pas dans la prévention. Page 14 sur 92 Les cyclones sur Haïti depuis 1935 Source PNUD, Cartographie multirisques du département de la Grande‐Anse, 2017 Page 15 sur 92 Le département de la Grande‐Anse Ce département a été créé en 1976 à partir du démembrement du Camp‐Perrin des lieux d’échange plus importants au détriment du cabotage département du Sud. Il a été amputé de la moitié de sa superficie et de sa et des dynamiques littorales. La pérennité de cette route, nouvelle épine population en 2003 avec la création du département des Nippes. dorsale, est menacée par des zones de glissements de terrain et Administrativement, il est formé des arrondissements de Jérémie, d’Anse d’éboulements comme on l’a vu avec le tremblement de terre du 14 août d’Hainault et de Corail. 2021. Géographiquement, c’est un des départements les plus isolés du pays : un La D72, l’unique route départementale, est en fait une piste avec plusieurs petit aéroport à Jérémie, quelques ports dont les activités sont de plus en points de discontinuités, notamment à Jérémie. Toute la Grande‐Anse n’est plus réduites. Il jouit d’une pluviométrie particulièrement élevée dans le pas accessible par la route en tout temps. bassin de la rivière Grande‐Anse. La Grande Rivière ou rivière Grande‐Anse fait une longueur de 78 km et est l’une des rivières les plus longues d’Haïti Le profil démographique de la Grande‐Anse en 2015 avec un cours permanent. Son point de départ (le Bras de Gauche) est dans la commune de Tiburon dans les montagnes de la Cahouane. Ses nombreux  ½ million d’habitants affluents se déploient dans le nord‐ouest de la presqu’ile.  76% à la campagne Le relief accidenté de ce département en fait le plus vert du pays (couvert  245 hab/km2 boisé le plus important du pays avec des systèmes agro‐forestiers denses)  Jérémie : 40% de la population urbaine du département mais il induit l’isolement des populations avec des poches de bourgs isolés les uns des autres : Corail/Pestel, Bonbon/Abricots, Jérémie/Anse d’Hainault/Les  Anse d’Hainault : 15% de la population urbaine du Irois, Moron/Chambellan. Tous les risques identifiés dans la péninsule se département retrouvent dans la Grande‐Anse.  Croissance démographique : 2003‐2015 : 2.7% La RN7, encore inachevée après vingt ans de travaux financés par le Canada  Croissance urbaine : 5 à 24% et la BID, a changé les dynamiques territoriales et a fait de Beaumont et  40% de moins de 18 ans Page 16 sur 92 Source ORYZHOM 2017 Source : ORYZHOM, 2018 Page 17 sur 92 Page 18 sur 92 La commune de Jérémie Page 19 sur 92 La commune de Jérémie : généralités La paroisse de Jérémie a été créée en 1776. Elle est La commune de Jérémie est une commune littorale sur devenue une commune pendant la période la côte nord de la péninsule sud. Elle a des limites révolutionnaire (1789‐1804) et a gardé ce statut jusqu’à communes avec Bonbon, Marfranc et Roseaux, dans la aujourd’hui. Grande‐Anse, Chardonnières et Les Anglais dans le département du Sud. La ville de Jérémie est le chef‐lieu On arrive à Jérémie par la RN7 partant des Cayes. Le tracé et le centre administratif du département de la Grande‐ de cette route a été modifié de façon sensible au Anse. moment de sa réhabilitation entreprise il y a plus de dix ans à partir d’un double financement de la BID et du Canada. Les travaux ne sont toujours pas finis, sans Population de la commune de compter les glissements de terrain entrainés par le Jérémie en 2022 (estimation) : tremblement de terre de 2021. 102 567 hab Surface de la commune : 300.5 km2 La commune de Jérémie comptait jusqu’en 2015 9 Densité de population : 341 hab/km2 sections communales et avait une superficie de 427.2 Population en zone de bâti dense : km2. En août 2015 un arrêté présidentiel en a soustrait trois sections, ramenant sa superficie à 300.5 km2 et sa 52% population à 102 567 habitants. Cette nouvelle disposition législative coupe la commune de Jérémie en deux. En donnant, avec le PAEE, une limite légale à la ville de Jérémie, on apporte une solution administrative partielle à cette question. Page 20 sur 92 Source : IHSI 1982 et CNIGS Page 21 sur 92 La commune de Jérémie : population et territoire Source : ONU‐Habitat Replacer la légende à droite de la carte Le territoire communal bénéficie d’une pluviométrie abondante : 1267 mm/an en moyenne. Il est frappé La commune est traversée par plusieurs failles par les nordés de mai à décembre, les alizés et sismiques actives : une partie du système des Abricots, cyclones le reste du temps. Son relief est tourmenté : le système de Jérémie, plus au sud, la pointe du des pentes abruptes au sud du massif de la Hotte (où système de Jérémie, au centre, le petit système de l’altitude peut atteindre 1800 mètres) aux plaines Gobin et tout au sud, une partie du système de alluviales littorales au nord. Les rivières Grande‐Anse Fonchon. et Voldrogue dominent le réseau hydrographique de la commune. La Guinaudée s’intercale entre les deux. Page 22 sur 92 Le territoire rural de la commune de Jérémie est mité par l’habitat dispersé. La population est concentrée sur les deux‐tiers nord de la commune, dans les zones côtières et les collines. On y retrouve néanmoins d’importants pôles de regroupements de bâtis. Au nord‐ ouest d’abord de la ville de Jérémie, un regroupement qui semble avoir été favorisé par la disponibilité de l’eau et la présence d’une route. A l’est de la ville, on trouve un autre regroupement autour de Vieux Bourg et Château. Au sud de la commune, on trouve d’abord le bourg de Léon qui s’est développé autour d’un marché régional. Plus alarmant est l’augmentation du nombre de bâtis dans les localités de Rampe des Lions, Castillon et Margron, à des altitudes élevées au nord du parc national naturel Macaya/Grande Colline. La nouvelle commune de Marfranc montre une importante concentration de bâtis au niveau du bourg de Marfranc et le long de la RD72. Page 23 sur 92 Page 24 sur 92 Ville de Jérémie Présentation générale Page 25 sur 92 La ville et son histoire Le littoral est formé de grosses roches noires friables. La La ville de Jérémie est souvent décrite comme un basse ville a été édifiée sur du sable et est donc amphithéâtre situé entre 0 et 200 m d’altitude. Les liquéfiable en cas de séisme. La ville compte alors 11 rues mornes Bordes et Caracoli au sud de la ville font partie macadamisées sur 17, dos d’âne et caniveaux qui des montagnes des Castaches, point ultime du attestent de la prise en charge des eaux de ruissellement. développement de la chaine de la Hotte. Le pic le plus « Le service hydraulique administré par la commune, est élevé au voisinage de la ville est le morne Jean‐Philippe à le mieux fait du pays », nous dit Sémexant Rouzier à la fin 494 m. du 19e siècle. Des mesures de protection de l’environnement sont prises très tôt : interdiction de La ville a été tracée en 1756 par décision de prendre du sable et des roches sur le littoral de la ville. l’administration coloniale française sur un site de la rive gauche de la rivière Grande‐Anse appelé Trou Jérémie du En 1971, la carte topographique montre une ville restée nom d’un pêcheur du lieu. C’est un important carrefour en grande partie dans son carroyage colonial mais on voit commercial qui évacue toute la production de cette déjà les extensions linéaires à l’ouest et au sud de la ville partie de la péninsule qui produit du café et du vivrier et et un premier épaississement entre les linéaires. La ville où se fait aussi la production phare de la colonie, le se développe sur les sections communales de 7e sucre : en atteste la sucrerie Berquier avec ses moulins à Marfranc, 8e Fond Rouge Dahère et 9e section Fond eau. Rouge Torbeck aux dépens de l’agriculture. Le café a aujourd’hui pratiquement disparu. Un premier établissement avait été fait entre les rivières de la Voldrogue et de la Grande Rivière de la Grande‐ Malgré un apport constant de populations venues des Anse au lieu appelé aujourd’hui Vieux Bourg. Il a été sections communales et communes voisines, la abandonné à la suite d’un cyclone qui, en septembre croissance de la ville est lente comparée notamment aux 1754, avait provoqué le débordement de la Voldrogue et Cayes. La construction de la RN7 n’a pas amené une un raz de marée qui avaient détruit l’établissement. croissance de population et d’activités, contrairement aux attentes des administrateurs. Bien des acteurs A la fin du 19e siècle, la commune compte 15 000 économiques du département sautent maintenant cette habitants et la ville 5 000. C’est son port qui en fait la escale jérémienne pour se créer des interlocuteurs vitalité ; commercialisation du café, campêche, cacao, directement aux Cayes ou même à Port‐au‐Prince. tabac, coton, mangues, ignames, mangues, porcs et tafia. On y voit également une « chocolaterie La ville est desservie par un aéroport aux structures mécanique ». En 1903 un pont construit par l’ingénieur minimales depuis l’occupation américaine. Il a été Doret sur la rivière Grande‐Anse, proche mais ne rénové en juillet 2020 mais la piste de 1200 m annoncée représentant pas une menace pour la ville, alors connue et nécessaire aux avions à hélice de 20 places a été pour ses truites et ses caïmans, facilite les réduite à 1189 m. Pas de trafic aérien international. communications entre la ville et le reste du pays. Le port a mauvaise réputation depuis la période Population estimée en 2022 : 54 105 habitants coloniale parce que trop exposé au Nords. Il se comble Zone bâtie : 5.28 km2 peu à peu et ne peut recevoir que des navires de petit Densité moyenne de population : 22 840 hab/km2 tonnage sauf en quelques points de la rade. En période Densité de population la plus élevée (Cité d’hivernage, il est sujet à des raz‐de‐marée, ce qui oblige Carmagnole) : 50 583 hab/km2 les steamers à rester sous pression. Il existe une ceinture Taux de croissance en 2019 : 4.57% en 2019 d’écueils à peu de distance de la rive. C’est une rade foraine qui fait aujourd’hui encore des victimes : un navire de cabotage commandé par un capitaine cubain s’est renversé. Page 26 sur 92 La ville de Jérémie. Source : Carte topographique, 1971, American Map Agency Les quartiers à Jérémie Source : ONU‐Habitat Page 27 sur 92 La croissance récente à Jérémie et dans sa proximité les superficies bâties ont été multipliées par 2.43, passant de 3,74 à 9.08 km2. Avant 2014, le rythme d’accroissement annuel est en moyenne de 13,94 %, mais tombe à 4,57 % à partir de 2014 et jusqu’en 2019. Cette année‐là, la densité moyenne est de 14 745 hab/km2 pour la zone étudiée. Une ville se définit par la continuité et la densité du bâti, la densité de la population et l’existence d’équipements urbains et/ou d’une trame viaire ordonnée. En s’appuyant sur cette définition, on peut considérer Jérémie comme s’arrêtant à la rupture naturelle de la Grande‐Anse et celle d’avant Anse d’Azur. La ville proprement dite a cru comme suit :  la moitié (49,5 %) de l’extension s’est faite à l’est du centre ancien, sur le morne Fond Rouge.  le tiers (35,6 %) est advenu dans un périmètre délimité à l’est par le tissu bâti contigu existant en 2007, au nord par la rue Emile Roumer, au sud par le quartier de la Tête la Diglois et à l’ouest par un axe reliant le morne Fond Rouge à la Tête la Diglois.  Le comblement des dents creuses représente une véritable dynamique, avec 10 % de la croissance enregistrée, principalement autour de Sainte‐Hélène et de Rochasse.  Les 4,9 % restants se trouvent au sud de la ville, principalement autour de Vieux Bac, Sainte‐Hélène et Versailles, le long des axes routiers et en restant à distance de la Grande Anse. Source : CIAT/APRISMA, 2020. Attention : le Nord n’est pas dans sa position habituelle. 76,1 % de la progression s’est effectuée sur des pentes dont la déclivité était inférieure à 10 %. La progression L’image présentée ici montre toutes les extensions sur les pentes à la déclivité supérieure à 20 % se déroule d’aires de bâti dense dans et autour du noyau ancien de dans les secteurs escarpés du morne Fond Rouge, à la ville de Jérémie. Cette image permet de prendre en Duverger et Tête la Diglois. compte les dynamiques en cours dans une aire plus grande que la stricte aire de la ville. Entre 2007 et 2019, Page 28 sur 92 Source : APRISMA pour le CIAT, 2023 Page 29 sur 92 Densités de bâti et densités de population  4% de la superficie de la ville, soit 0.30 km2, a une Deux approches ont été adoptées pour connaitre la densité de population moyenne de 35 600 hab/km2 densité du bâti à Jérémie : l’analyse des images satellites et abrite 20% de la population de la ville ; et la définition des polygones du bâti sur orthophotos.  1% de la superficie de la ville, soit 0.06 km2, a une Dans le premier cas on obtient des pourcentages densité de population moyenne de 50 583 hab/km2 d’occupation de sol dans le second des chiffres absolus et abrite 6% de la population de la ville. dans un périmètre donné. La densité moyenne de la ville est donc de 22 840 Le pourcentage d’occupation de sol du bâti hab/km2.  39,2 % des niveaux de densité sont supérieurs à 80 Définir Jérémie par sa géographie % et se retrouvent sur le littoral et le centre‐ville historique ; A l’Ouest de Jérémie. Sur près de 4 kilomètres à partir  25,3 % des niveaux de densité haute (entre 60 % et de l’Anse d’Azur jusqu’au Carrefour Caton en incluant 80 %) sont localisés pour la plupart au voisinage des l’aéroport, il y a un développement périphérique séparé zones où la densité est supérieure à 80 % ou bien s’y du tissu contigu de la ville de Jérémie, auquel il a très trouvent enclavés ; peu de probabilités d’être un jour rattaché, en raison  Les niveaux inférieurs à 60 % se trouvent dans les des importants seuils de déclivité des pentes autour de espaces interstitiels, marginaux ou périphériques de l’Anse d’Azur. Les superficies bâties représentaient 0,6 ce tissu urbain dense ; km². Pas de noyau de bâtis agglomérés, à l’exception de  16 % de la superficie bâtie a des niveaux de densité celui de la Plaine No. 2. du bâti compris entre 40 % et 60 % et se retrouve dans les interstices de l’arc de progression du bâti A l’est de Jérémie. Depuis 2007, quelques petits noyaux (Bordes, Nan Bambou, Rochasse, Calasse) ; disséminés sur la rive droite de la Grande‐Anse, à  Le niveau inférieur à 40 % constitue pour partie la proximité de la RN‐7 (La Saline, Gébeau adossé au ceinture périphérique (le front de périurbanisation) Morne Château, Testas à proximité du littoral, Vieux et pour partie dans les espaces à forte pente ou dans Bourg de Jérémie entre la rivière Guinaudée et la les espaces à risque d’inondation. Voldrogue) se sont densifiés et étendus. Les niveaux de densités observés sont élevés. Il est très probable que Les densités hautes et très hautes représentent 54,5 % ces localités finiront par s’agglomérer entre elles sans du territoire de la ville en 2019 et correspondent à la pouvoir s’intégrer au tissu urbain de Jérémie dont elles superficie de la tâche de bâti urbain de 2007. sont séparées par la rivière Grande‐Anse. Le décompte du bâti Ces évolutions à l’est comme à l’ouest se sont produites sur des terrains exposés aux menaces d’inondation, de Le décompte du bâti d’approcher différemment la submersion marine et de tsunami : aux embouchures question de la densité : des rivières Guinaudée et Voldrogue et autour de  58% de la superficie de la ville, soit 3.94 km2, a une l’aéroport. densité moyenne de 2 839 hab/km2 et 12% de la population de la ville ; Pour toutes ces raisons, il est nécessaire d’arrêter la ville  27% de la superficie de la ville, soit 1.85 km2, a une sur la rive gauche de la Grande‐Anse et à la rupture densité de population moyenne de 9 889 hab/km2 et naturelle d’Anse d’Azur. abrite 34% de la population de la ville ;  10% de la superficie de la ville, soit 0.71 km2, a une densité de population moyenne de 21 683 hab/km2 et abrite 28% de la population de la ville ; Page 30 sur 92 Page 31 sur 92 La morphologie La ville de Jérémie a été définie par les critères suivants : Carmagnole, de 50 583 hab/km2, la densité la plus continuité du bâti, densité du bâti, densité de la élevée de la ville. population et existence d’équipements urbains et/ou  De grandes taches de quartiers précaires d’une trame viaire ordonnée. Elle s’étend sur un spontanés (QPS) occupent une grande partie de la périmètre délimité par le littoral au nord, par la rivière ville, avec des densités allant de 5 000 à 30 000 Grande‐Anse à l’est et par un axe reliant Versailles à la hab/km2. Ce sont les quartiers de Caracoli, Sainte‐ Tête la Digue au sud, et par la ravine Ti Bambou à l’ouest. Hélène, morne Fort, morne Berthold, Caracoli II, Ce périmètre délimite un espace d’une superficie de 5.28 Versailles, Berquier, etc. Ces quartiers sont nés de km2 alors que la superficie de la ville était de 2.8 km2 en la migration rurale, surtout après les cyclones. Peu 2007 et sa densité moyenne de population de 14 745 ou pas d’équipements, peu ou pas de voirie, peu ou hab/km2. A l’intérieur de ce périmètre, il y a un total de pas de services de base. Ils ont également proliféré 10 821 bâtis. le long du littoral (du centre ancien notamment) et remonté le long des ravines et contribuant à la Quoiqu’il y ait un bâti désordonné qui s’est développé en dangerosité de celles‐ci pour toute la basse ville. dehors des limites adoptées, le choix a été fait de ne pas  Des quartiers aisés spontanés (QAS) se sont créés inclure ces bâtis dans le périmètre de la ville pour ne pas autour des anciens quartiers résidentiels de Bordes pérenniser l’étalement urbain et rester, en termes et de Rochasse, de nouveaux quartiers résidentiels démographiques, dans les limites de la capacité locale de se sont créé à Lundi, Cagramora, La Genève et densification des quinze sinon vingt prochaines années. Bouette, avec souvent des investissements venant de la diaspora haïtienne. Ce sont de grandes La ville, est structurée comme suit : parcelles isolées entre des parcelles non bâties,  Un centre ancien (CA) correspondant au damier avec des maisons de R+1 à R+3. colonial formé de dix‐huit îlots se rapprochant tous  Les extensions urbaines diffuses (EUD), à faible de 90 x 90 m et structurés par des rues au tracé densité de bâti et de population (moins de 5000 orthogonal dont les dimensions varient entre 6 et 8 hab/km2), occupent une partie importante de la m de largeur. C’est un centre‐ville avec des ville telle que délimitée aujourd’hui. Trame viaire, bâtiments en R+2 et R+3 avec une intense activité équipements et services sont aujourd’hui réduits au économique, principalement commerciale, de minimum. Maisons isolées et terrains vides services et quelques petits métiers. Les nombreux alternent aujourd’hui dans un décor bucolique qui commerces et équipements qui y sont concentrés disparaitra quand les dents creuses seront en limitent la mobilité. La densité moyenne de construites. population y est évaluée entre 15 et 25 000 hab/km2 avec deux ilots (Cotes de Fer notamment) L’essentiel du développement de la ville s’est fait en où la densité est de plus de 45 000 hab/km2. dehors du damier colonial, sans voirie ni équipements L’essentiel du patrimoine architectural de la ville est planifiés, souvent dans des zones où les aléas sont forts. pris dans cette dynamique économique. Il existe néanmoins des dents creuses. La rue Sténio‐Vincent qui structure ce quartier depuis l’entrée de la ville est caractérisée par ses galeries‐trottoirs qui font partie du patrimoine. Le centre ancien est en grande partie structuré (CAS) mais certains ilots se sont dégradés avec le temps et présentent aujourd’hui un profil de quartier précaire (CAP).  Contigu au centre ancien se trouve le seul quartier précaire planifié (QPP) de Jérémie, la cité Page 32 sur 92 La morphologie de la ville de Jérémie Source : PRRNU, Artelia pour le PNUD 2017 Centre ancien structuré CAS Centre ancien précaire CAP Quartier précaire planifié QPP Quartier aisé spontané QAS Quartier précaire spontané QPS Extension urbaine diffuse EUD Zone économique ZE Page 33 sur 92 Le nouveau pont Image Google Earth traitée par l’Unité C d’Exécution du ministère des Travaux publics, 2022 Page 34 sur 92 Maitriser l’entrée de ville L’ancien pont reliait la ville de Jérémie au reste du pays et créait de la connectivité à l’intérieur du département. Il était situé dans une zone hautement inondable de la rive droite de la rivière Grande‐Anse, zone restée longtemps sans bâti. Au moment de la construction de la RN7, les concepteurs de la route en ont fait le design de façon à ce que celle‐ci amène droit sur le vieux pont, à peu de distance de l’entrée de la ville. Le vieux pont fragilisé par des années d’utilisation sans entretien et rendu inutilisable par le cyclone Matthew, son remplacement a été décidé. Sur l’image de la page précédente, on peut voir le nouveau pont dans sa localisation actuelle :  A plusieurs kilomètres de l’ancien pont ;  Loin de la RN7 et ayant nécessité le tracé d’un nouveau chemin de la RN7 au nouveau pont ;  ayant nécessité un chemin nouveau pour arriver sur la RD72. Tout ce réseau se trouve en zone hautement inondable et devra bénéficier d’un accompagnement serré pour ne pas être colonisé comme l’ont été les abords de l’ancien port. Page 35 sur 92 Les quartiers précaires Ils sont : Leur implantation est parfois très ancienne, comme  au cœur du centre ancien de la ville, Centre Ancien c’est le cas de Sainte‐Hélène. Ils sont souvent en zone à Précaire (Côtes‐de‐Fer, Mackandal), risque (colline érodée, bord de mer inondable, berges  contigus à la ville formelle, Quartier Précaire de ravine, etc.). Ils sont caractérisés par l’absence quasi‐ Planifié (Cité Carmagnole), totale de voies et réseaux : pas de rues mais des  en marge de la ville formelle, Quartier Précaire chemins étroits souvent non carrossables, pas de Spontané (Caracoli II et III). drainage, pas d’eau potable, pas d’électricité. Leur accès difficile les isole de la ville. En marge de la ville formelle : Caracoli II et III Au cœur de la ville formelle : Côtes de Fer Source : ONU‐Habitat 2017 Les quartiers précaires à Jérémie Page 36 sur 92 Trame viaire et transport Hors du centre ancien, le réseau n’est ni consolidé ni connecté. La plupart des rues sont en fait des impasses La trame viaire improvisées par les habitants des quartiers en dehors de C’est son réseau de rues qui créent un maillage et toute planification par la mairie. La ville s’étend à partir déterminent la forme et la dimension des ilots, donnant d’initiatives privées, en fonction des disponibilités ainsi une structure à la ville. A Jérémie, seul le centre foncières. Il n’y existe donc pas un réseau planifié de rues ancien bénéficie d’une trame régulière et dense de rues standards. Les rues sont souvent des impasses, des étroites (9 m de largeur maximale). Le centre ancien sentiers ou des pistes en terre battue sans toponyme. étant également le cœur économique et administratif de la ville, il est congestionné la plupart du temps. De Ce réseau viaire faible et discontinu n’est pas sans plus, une bonne partie des activités économiques conséquence sur le parcellaire : parcelles enclavées et débordent sur les trottoirs et une partie de la rue. La quartiers enclavés. mobilité des véhicules comme des piétons est compromise. La rue Sténio‐Vincent est emblématique La traversée de ville vers Bonbon et Abricots est de cette situation. particulièrement difficile car passant par un centre ancien congestionné la plupart du temps. Les grands axes de Jérémie en 2022 Page 37 sur 92 L’eau potable  Une quasi absence de gestion qui laisse le réseau Autour de la ville de Jérémie, de nombreuses sources ont sans entretien et sans collecte (le cout de été localisées mais toutes ne sont pas captées. Dix l’abonnement à domicile est insignifiant et consiste sources, d’un débit total moyen de 155 l/s aliment la ville en une somme forfaitaire de 300 gourdes par mois) ; et sont mis en réseau. Celui‐ci est alimenté  Outre les malfaçons et mauvais choix de matériau principalement par les sources Clément (captée en 1901 (PVC) ; et amenée au réservoir de Saint‐Antoine construit la  Fuites, piquage et vandalisme sont signalés partout même année), Débarasse (captée en 1956, réhabilitée en sur le réseau ; 1982 puis 2019), Martineau et Mahotière. C’est un  Aucun système de chloration ne marche ; réseau gravitaire, intermittent, sans horaire, qui fait environ 20 km de longueur avec des réservoirs d’une  Quand l’eau est distribuée, elle envahit les rues du capacité de stockage de 2 500 m3. Il dessert, en 2017, centre ancien. 27% des ménages, sans qu’on puisse savoir dans quel périmètre. Il existe également deux stations de pompage, à La Digue et Carrefour Maca, qui alimentent essentiellement un commerce de camions d’eau. On trouve dans la ville des Tout le SAEP de Jérémie est en mauvais état. Pas d’entretien depuis au moins dix ans. L’hygiène est points privés de vente d’eau traitée par osmose inverse : déplorable. Divers rapports de 2017 font état de Eau Miracle, Eau total, Eau Leader, etc. Le prix de l’eau nombreux problèmes qui affectent le bon de la DINEPA est insignifiant comparé à ce qui se pratique fonctionnement du réseau : dans le privé. En 2017, un abonnement à domicile coutait $4.71 par mois (15% des ménages desservis par la  Des pertes et des débordements tout au long du DINEPA ont des prises domiciliaires). réseau ;  Des pertes énormes qui laissent les usagers en bout Des réhabilitations ont été entreprises à partir de 2018 de ligne sans eau ; dont il est difficile aujourd’hui d’évaluer l’efficacité. La  Mauvaise organisation des tuyaux vers les prises facilité a été l’option des interventions antérieures et domiciliaires ; semble le rester pour l’avenir : forages dans le lit majeur  Des fosses septiques au voisinage des réservoirs ; de la rivière Grande‐Anse, utilisation des eaux de cette  L’absence de contrôle de la végétation autour des rivière pour approvisionner le réseau urbain, plutôt structures qui entraine la prolifération de racines à qu’une saine gestion de travaux bien faits. l’intérieur des ouvrages et des tuyaux et en rendent certains dysfonctionnels ; Schéma du réseau d’eau potable de Jérémie Source : Hydroplan pour DINEPA 2017 Page 38 sur 92 Source : Hydroplan pour DINEPA 2017 Page 39 sur 92 Risques naturels et risques anthropiques Les eaux de ruissellement et drainage Le niveau de risque n’est pas homogène dans toute la ville : 78% du territoire urbain est à risque faible. 10.5% Le réseau de drainage de la ville est constitué par des de ce territoire présente un dénivelé de plus de 35% et ravines naturelles vers lesquelles on a évacué les eaux devra se traduire par des poches d’inconstructibilité. collectées par les toits et les rues et d’autre part par des collecteurs maçonnés ou non. Trois remarques Les séismes importantes d’entrée de jeu : ce réseau concerne La ville est dans la zone d’influence directe des deux essentiellement le centre ancien de la ville, il semble grandes failles qui menacent toute la péninsule. Jérémie sous‐dimensionné (collecteurs de 1.10 m x 1 m), est de plus directement concernée par de petites failles l’entretien du réseau est à la charge du ministère des actives de magnitude 5.2, proches ou en travers de la Travaux publics et pas de la mairie. ravine Cascade, au nord‐ouest de la ville, et à l’ouest de celle‐ci. Le développement au nord de la ville devra être accepté sous réserve de contrôle strict des règles de construction parasismique. Les cyclones Outre les dégâts des vents, le cyclone active d’autres risques, principalement le risque inondation. Une vingtaine de cyclones a frappé la ville au cours des 60 dernières années. Hazel, 11 octobre 1954, et Matthew, catégorie 4, 4 octobre 2016 ont marqué les mémoires. Glissements de terrain Les pentes au sud de la ville ont un faible couvert végétal. Le risque de glissement de terrain qui y existe est intimement lié à l’existence de ravines Bambou, Madan Kodo, Berquier et leurs affluents. Sur la falaise littorale le long de la ville, l’affouillement du . pied de la falaise par la mer crée un aléa moyen de glissement de terrain. Le passage de Matthew a provoqué des glissements plutôt moyens mais qui, compte tenu des densités, a causé des dégâts notamment à Versailles et à Sainte Hélène. L’assainissement et hygiène publique Le bord de mer, les rues, les terrains sans constructions sont utilisés pour la défécation à l’air libre. Une partie importante des déchets solides sont jetés en bord de mer, tout au long du littoral et à proximité de l’embouchure de la rivière Grande‐Anse où ils sont périodiquement brûlés. La mairie a elle‐même institué une décharge publique non gérée sur la rive droite de l’embouchure de la Grande‐Anse. Page 40 sur 92 Carte de zonage réglementaire, PNUD/PLAN 2017 Page 41 sur 92 L’eau : inondations, submersion marine et érosion côtière par des alluvions et des déchets. La colonisation de ces La rivière de la Grande‐Anse ravines (constructions dans le lit et sur les berges) La ville de Jérémie s’est développée sur la rive gauche de continue en montant vers les sources de ces ravines, ce la rivière de la Grande‐Anse, à la hauteur de son qui accélère la dynamique des crues, crée des incisions embouchure. Même si la Grande‐Anse est connue pour de plus en plus grandes, provoque des affouillements et monter jusqu’à 12 m de son niveau d’étiage, il intervient des embâcles – ainsi que des crues plus violentes et plus peu dans la menace inondation qui pèse sur la ville. De fréquentes. fait, elle décrit des méandres à l’ouest de Jérémie, créant une zone humide où la population a évité de construire Quand les ravines arrivent en zones de faibles pentes, les jusqu’à récemment, dans le quartier dit du Bac. Au rues deviennent des collecteurs qui abiment la voierie, y moment du passage du cyclone Sandy (2012), cette zone compris lorsque des drains sous‐dimensionnés et/ou a été inondée jusqu’à la RD72. Le commissariat et la gare bouchées par les alluvions et les déchets, existent. routière, sur la rive gauche, ont été inondés. C’est un phénomène récurrent au passage des cyclones Hazel, Le littoral Flora, Gordon, Sandy et Matthew. Les quartiers du littoral sont situés entre 0 et 5 m au‐ dessus du niveau de la mer. La partie basse de la ville de Une menace nouvelle apparait avec le nouveau pont sur Jérémie est construite sur des terrasses récifales plus ou la rivière. Situé à plusieurs kilomètres en amont de moins hautes. Trois zones particulièrement exposées : l’ancien pont, il se trouve en pleine zone inondable  le nord de l’avenue Simone‐Duvalier : les abords d’une embouchure présentent des terrains bas, de Les ravines second choix, mais progressivement bâtis du fait de En 2019, un cinquième de la ville est exposée au risque la pression foncière d’inondations plus ou moins intenses, dues au fait que la  la zone de la presqu’ile, Lapointe, dont le bout est ville s’est en partie construite sur un important réseau de fréquemment submergé par la mer ; ravines qui prennent naissance dans les collines au sud  la partie située entre la rue Sténio Vincent et la mer, de l’agglomération de plus en plus urbanisées (les densément bâtie et fortement soumise à la Caracoli) : submersion marine. Les fondations des habitations  Cascade, la plus à l’ouest ; sont directement placées dans l’eau.  Bordes, qui débouche sur le terrain de football et au voisinage immédiat du marché et met en danger la Les cyclones sont souvent à l’origine d’inondations partie haute de la rue Emile‐Roumer ci‐devant route majeures dont l’occurrence est de 5 à 20 ans. Avec de Bordes et la RD72 vers les Abricots du fait Matthew (2017), de nombreuses maisons construites sur d’ouvrages à la fois sous‐dimensionnés et bloqués le littoral ont été définitivement submergées. par des murs de clôture et des bâtiments qui font déboucher les eaux en crue sur la route ; Combinaison du risque inondation et de submersion  Madan Kodo, sur laquelle des seuils de correction marine : centre‐ville, Berquier, La Pointe, Loge, source avaient été construits mais sont aujourd’hui détruits, Dommage (moins de 5m). qui débouche près du wharf et qui inonde presque chaque année le centre‐ville, notamment la rue Destinville‐Martineau sous laquelle elle passe ;  Berquier qui débouche à l’entrée de la ville, qui coupe la rue de la Paix. Care en aval de cette ravine. Ces ravines gênent la circulation des eaux de ruissellement, coupent les voies de liaison locales. Elles sont canalisées dans leur partie basse, mais les drains sont sous‐dimensionnés et systématiquement obstrués Page 42 sur 92 Les principales contraintes urbaines de Jérémie Source : ONU‐Hab ? Page 43 sur 92 Economie de Jérémie fonctionnaires déconcentrés et le personnel des 250 La ville de Jérémie s’inscrit dans un contexte économique écoles de la ville et en redistribuer une partie sur essentiellement agricole. Les systèmes de culture l’ensemble des communes du département de la anciens ont disparu (systèmes liant élevage porcin et Grande‐Anse. arboriculture fruitière, café, cacao) et ont été remplacés par des associations de tubercules, principalement Le transport, passagers et marchandises, a son pôle l’igname, à forte valeur marchande et, de façon très logistique dans la ville : une vingtaine de bus assurent le localisée, la culture du maïs, du riz et de la canne transport de passagers de et vers Port‐au‐Prince. (production de sirop et de tafia). Presque autant de camions transportent les marchandises sur le même circuit. Un nombre à préciser La transformation agricole est très traditionnelle et de bateaux à voile et à vapeur en font autant. Il est plus mobilise peu d’investissements et de main d’œuvre : une difficile de déterminer le nombre de taps‐taps, de quinzaine de guildives (clairin), 4 moulins à canne, 5 voitures privées et de motocyclettes puisqu’ils sont tous cassaveries, 5 moulins à mais, quelques boulangeries qui immatriculés à Jérémie qui reste leur port d’attache. produisent notamment le célèbre « comparèt », pâtisserie symbolique de la Grande‐Anse. On trouve dans la ville une vingtaine d’hôtels de qualité très inégale totalisant environ 200 chambres. La pêche traditionnelle mobiliserait moins de 10% de la population active. La pêche traditionnelle, côtière, Les grandes banques de Port‐au‐Prince sont présentes : mobilise moins de 2% de la population active et met en SOGEBANK, UNIBANK, BNC, etc. Deux caisses populaires marché principalement des crustacés et des poissons dits (épargne et crédit) : Caisse populaire pour l’avancement poissons roses. L’existence de dispositifs de de Jérémie (CAPAJ) et la Caisse populaire Le Regard. Le concentration de poissons (DCP) rend possible la pêche micro‐crédit est également sur place : FONKOZE à la dorade et au thon. Enfin, comme dans toutes les (Fondation Kole Zepòl), Sogesol et MCN. rivières d’Haïti, la très rentable et écologiquement très destructrice pêche aux alevins d’anguille (les civelles Jérémie n’est plus le grand centre d’échanges qu’il a été dont le kilo se vend entre 3 et 4 000 euros en Asie et peut aux 19e et 20e siècles. Il est très largement remplacé très rapporter entre 75 et 400 gourdes le gramme sur place) largement par le bourg de Léon, marché situé dans la s’est développée ces dernières années à l’embouchure zone de contact entre les productions de basse altitude de la rivière Grande‐Anse. et les systèmes agraires de montagne. Les effets conjugués du cyclone Matthew et du tremblement de terre de 2023 ont rendu le port totalement inopérant. Les carrières mobilisent une trentaine de camions. Ils s’approvisionnent aussi bien sur le littoral qu’en des carrières de type Laboule. Cette activité est révélatrice d’un secteur construction qui se porte bien. Economie de la ville La ville de Jérémie est un centre urbain qui vit de la commercialisation de produits agricoles de la commune (vivres alimentaires principalement), de commerce de produits importés (alimentation de base : huile, haricots, riz, farine, pâtes alimentaires, etc.), pour nourrir des Page 44 sur 92 Le marché de Côtes de Fer Le marché de Jérémie et les rues commerçantes voisines Six marchés publics informels existent à Nan Cité, Rochasse, Caracoli I, Sainte‐Hélène, ainsi qu’un abattoir. Mais il n’y a qu’un seul espace aménagé pour cet usage : le marché de Côtes de Fer. Ce marché a été construit sur le littoral au nord de la ville dans le quartier de Côte de Fer à la fin des années 1990. Il occupe un terrain de 9 carreaux (13.50 ha). Il compte plusieurs bâtis délabrés, fissurés, un abattoir à ciel ouvert et un espace libre qui sert aussi bien de dépôt de charbon de bois que de décharge. De fait, le marché est un site de décharge majeur, tant pour les déchets produits par le marché lui‐ même (production estimée à environ 1 000 m3 par jour ?) que pour le voisinage. Il est contigu à des quartiers très Source : INSUCO, 2021 populeux (les densités les plus élevées de la ville). Un marché au débouché de deux canaux de drainage Comme la plupart des marchés des grandes villes d’Haïti, le marché de Jérémie concentre, aussi bien dans l’espace du marché que dans les rues et ilots voisins, des grossistes et semi‐grossistes dont les dépôts et boutiques prennent le gros de l’espace bâti disponible. Les détaillants (86% des opérateurs) commercialisent les produits alimentaires importés achetés sur place ou aux Cayes (riz, sucre, farine, huile, etc.). Ce qu’il est convenu d’appeler les « saras locales », vendeuses des produits agricoles venant du département de la Grande‐Anse, ne Source : image Google 2020 et traitement CIAT 2022 sont que 11% et vendent pour la plupart à même le sol. Vue rapprochée du marché Le marché est fréquenté au quotidien par 1 385 opérateurs. 44% d’entre évoluent dans l’espace même du marché ; 56% occupent les rues et trottoirs des rues adjacentes, ce qui isole complètement le marché du centre‐ville et ne permet que la circulation des piétons et des motos‐taxis. Tous évoluent dans un environnement sans hygiène : vente au sol, pas de toilettes, pas d’eau, pas de ramassage d’ordures. Insectes, rongeurs et vols font le quotidien du marché. Le marché est au voisinage immédiat de l’embouchure Source : image Google 2020 et traitement CIAT 2022 de deux collecteurs très actifs, la ravine Bordes et le collecteur de la rue de l’Abbé‐Huet, dans la zone rouge inondation et submersion marine cartographiée par le PRRNU. Page 45 sur 92 Vie quotidienne et institutions Electricité Centrale électrique thermique de 4.9 mégawatts sur la Le non‐gouvernemental route vers l’aéroport. Quelques heures d’électricité par Il est difficile d’être exhaustif sur les institutions non‐ jour dans le meilleur des cas. Génératrices, inverters, gouvernementales sur place s’investissant dans tous les panneaux solaires, lampes à kérosène, domaines : Care, Caritas, ACTED, CRS, EPER, Plan International, Agronomes et Vétérinaires sans Equipement de santé Frontières, PAM, Médecins sans Frontières, Food for the Des centres de santé de différentes obédiences, des Poor, GRAMIR, Fondation Nouvelle Grande‐Anse. Le professionnels avec une clientèle privée et surtout financement de leurs activités vient de la Banque l’hôpital Saint‐Antoine, centre de référence Interaméricaine de Développement, de l’USAID, de départemental de 150 lits. l’Union Européenne, de la FAO. Les organisations de base (OCB) ont proliféré. Le risque de cacophonie est élevé. Ce Communications et loisirs sont tous des interlocuteurs à prendre en compte dans Les deux compagnies mobiles de téléphone Digicel et la mise en œuvre du PAEE, même si seulement deux Natcom sont actives sur la commune et la ville. Deux d’entre elles ont très clairement une option bibliothèques, celle de l’Alliance française et la d’interventions urbaines : CARE, ONG américaine qui Bibliothèque Sténio‐Vincent, quelques espaces dédiés au s’investit dans la construction de voies piétonnes, le sport ‐ parcs Saint Louis, Sainte‐Hélène (foot) et place curage de canaux de drainage (projets de moins de us$ Alexandre Dumas (volley et basket). De nombreuses 10 000 avec les OCB dans la partie nord de la ville de boites de nuit aux activités multiples. Jérémie) et GOAL qui fait les mêmes types de travaux dans la partie sud de la ville. Les institutions publiques Complexe administratif inauguré en 2009 à Les écoles Bordes regroupe la Délégation, les directions Le recensement scolaire de 2015‐2016 annonce pour la départementales de la Planification, de l’Education commune de Jérémie 79 écoles publiques et 184 écoles nationale, de la Santé publique, de l’Economie et des privées, allant du préscolaire à la terminale. Dans la ville, Finances, du Tourisme, de la Culture, des Affaires on décompte 77 écoles, soit à peu près le tiers des écoles sociales, de l’Intérieur, de la Condition féminine, du de la commune. Quatorze de ces écoles couvre la totalité Commerce, de la Jeunesse et des Sports, des Handicapés, des cycles : préscolaire, fondamental et nouveau de l’IHSI, de la DINEPA, un comptable public secondaire, 18 le fondamental et le nouveau secondaire départemental, l’IBESR, l’ONA, l’OFATMA, l’OAVCT, sans préscolaire, huit le préscolaire et le fondamental. l’Office national d’Identification, un officier d’état civil, la Ces établissements accueillent un peu plus de 23 000 Cour supérieure des Comptes et du Contentieux enfants et adolescents. Moins du quart de ces élèves administratif, l’OPC, la DGI, un tribunal de Première bénéficient de façon épisodique de la cantine scolaire. instance et son parquet, un tribunal de paix. La Direction départementale de la PNH est logée dans la ville ainsi Quatre centres professionnels existent dans la ville avec qu’un commissariat de police. La protection civile des formations en deux ou trois ans : le centre technique communale est présente mais très discrète, avec peu ou Saint‐Joseph pour la mécanique/ajustage, l’école pas de moyens. professionnelle de Jérémie qui va de l’informatique à la pâtisserie, le centre technique de TAK 4 kids pour Certaines institutions ont migré à Château : DD des TPTC, l’informatique et l’école de fabrication métallique pour du MARNDR, UPGA (Université publique de la Grande‐ les démunis (EFAMED). Quatre institutions Anse), tribunal de paix, un terrain de foot. d’enseignement supérieur portent le nom d’université, notamment l’école Notre‐Dame des Sciences Infirmières, Il existe un embryon de de regroupement professionnel, l’école de droit de Jérémie et l’UPAG. L’enseignement la Chambre de Commerce et des professions de la technique et supérieur mobilisent autour de 5 000 Grande‐Anse. élèves. Page 46 sur 92 Page 47 sur 92 La mairie La mairie Le PAEEV n’est pas le document approprié pour un diagnostic institutionnel de la mairie de Jérémie. Il est néanmoins d’une grande importance d’évaluer les moyens financiers dont dispose la mairie pour remplir les taches qui sont les siennes, même si ses tâches et responsabilités ne sont pas clairement définies dans les décrets de 2006. Nous pouvons y arriver grâce aux compilations de données du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, même si celles‐ci s’arrêtent à l’année 2017‐2018. Recettes et dépenses Les recettes communales sont essentiellement constituées par la CFPB et la patente, perçues pour la mairie par la DGI, et les « autres recettes », comme le droit d’entreposage sur la voie publique ou le droit perçu sur les marchandes des rues, sur lesquelles le MICT n’a aucune visibilité et qui va directement sur le compte courant de la mairie. En 2010‐2011, ces recettes représentaient 3 433 474.76 gourdes ou US $ 85 837. En 2017‐2018, la mairie rentre 6 682 920 gourdes, doublant ses recettes, mais, avec la décote de la gourde, ces recettes représentent seulement 101 256 gourdes. Le service de Fiscalité locale du MICT signale néanmoins que la pression fiscale au niveau communal est au plus bas. Il estime que 4 millions sont collectés dans le pays, quasiment 43 millions ne le sont pas – soi une pression fiscale locale de 10% à l’échelle nationale. Mais la mairie vit surtout de ses recettes extraordinaires, principalement les fonds tirés du Fonds de Gestion des Collectivités territoriales (FGDCT), prélevé à l’échelle nationale par l’Etat central sur une partie de ses impôts propres et qui permet de reverser de façon systématique des fonds aux élus locaux. La ville de Jérémie a perçu ainsi en 2010‐2011 la somme de 25 971 221 gourdes du FGDCT. Un ou deux millions de plus ont été amenés par des projets et/ou des dotations de la diaspora. Nous n’avons pu avoir les données plus récentes mais tout laisse croire que le FGDCT a été multiplié par 2 ou 3 au cours des dernières années pour compenser la décote de la gourde. La dilution des responsabilités et des ressources Si nous essayons de comprendre la gestion des déchets de la ville, deux constats majeurs doivent être faits. D’abord, c’est la mairie elle‐même qui a institué une décharge sauvage à l’embouchure de la rivière Grande‐Anse, à La Saline, légitimant une pratique désastreuse. Ensuite, les capacités de la mairie en la matière sont extrêmement limitées. Les employés dits de la voirie font un balayage élémentaire des rues et s’assurent que les déchets sont mis en tas et passent le relais à la direction départementale du ministère des travaux publics. Curage des ouvrages d’assainissement et ramassage des ordures Centre‐ville. Techniciens 2, personnel non qualifié 60 2 camions, 2 moto‐tricycles, 10 brouettes, 25 à 30 râteaux et pelles, bureau de 16m2 et 12m2 La pression fiscale est insignifiante : même la perception de la Contribution Foncière sur la Propriété Bâtie n’est pas faite. Les choses n’ont guère changé depuis. Décharge de la mairie : La Saline Pour assurer cet entretien, a Direction départementale des TPTC disposait en 2017 Curage du système de drainage, ramassage d’ordures 1 backhoe loader, 1 loader, 1 camion de 14 m3 en service, 1 bob cat en panne, 7 techniciens et 15 personnels non qualifiés Page 48 sur 92 Page 49 sur 92 Les fausses bonnes idées De nombreuses propositions ont été faites pendant les rencontres organisées pour l’élaboration du PAEE. Certaines sont bonnes, justifiées, mais irréalisables parce que trop coûteuses ou contreproductives ou encore renforçant les phénomènes que l’on veut combattre. Ces propositions ont été évaluées par rapport aux réalités techniques, aux contraintes du territoire et aux contraintes financières. Les enjeux territoriaux définis sont souvent très généraux et ne permettent pas d’avoir des lignes directrices claires pour la ville. 19 projets déclencheurs présentés par les firmes pour les 20 prochaines années concernent tous la ville ancienne, aucun n’anticipe les développements récents ou futurs. Les options rejetées Pourquoi ? Arrêter l’étalement urbain La ville de Jérémie, pour l’IHSI, compte en 2015 En multipliant la surface de la ville par 4, il sera impossible 4.4 km2 et 9 634 hab/km2. ONU‐Habitat propose de remplir cet espace dans les 15 années du PAEEV, d’autant d’étendre la ville à 18.2 km2 et UrbaConsulting à que certains espaces dans le périmètre retenu sont encore 16.57 km2. avec des densités rurales. Réduire la superficie de la ville Les deux institutions définissent un périmètre urbain oblige à densifier vraiment et à arrêter les progressions large qui englobe toutes les extensions spontanées linéaires dans tous les sens. Au taux de croissance actuel, la (aéroport, Château, Gébeau). ville recevra au mieux 15 000 habitants pendant les quinze prochaines années. Inclure les développements entre la rive droite de la Deux ruptures naturelles obligent à arrêter la ville à la rivière Grande‐Anse et la Voldrogue dans le périmètre de la Grande‐Anse d’un côté, et une montagne abrupte de l’autre ville, ainsi que Anse d’Azur et l’aéroport. côté Les espaces naturels Une digue de protection pour le front de mer qui est La nature du littoral (sable et roches friables) ne se prête pas aménagé en parc/lieu de loisir, petite restauration facilement à la création d’une digue. Il est impossible de pour une belle entrée de ville passer aussi rapidement d’un lieu de défécation et de dépôt de déchets à un espace de sociabilité occidentalisé. Création d’un parc à Anse d’Azur L’Anse d’Azur fait déjà partie d’une aire protégée, celle de Jérémie‐Abricots, à mettre sous protection effective. Les équipements Une gare routière à Carrefour Bac qui renforcerait la Le site est inondable. Il faut équiper léger, peu coûteux et concentration d’activités qui s’y développent. multiplier les points de stationnement à travers la ville. Une hiérarchie classique des voies respectant la loi de L’application stricte de la hiérarchie légale des voies 1963. Un gabarit de 23 à 27 m avec terre‐plein éventrerait la ville ancienne. central pour la traversée de ville de la D72. Réhabiliter le marché au nord de la ville Le marché est en zone rouge. Il faut prévoir une structure légère minimale à l’emplacement du marché actuel et la construction de marchés dans chacun des autres quartiers. Priorité aux interventions dans les quartiers précaires Il faut réfléchir à l’échelle de la ville pas à celle des quartiers. Inclure les quartiers précaires dans les thèmes d’intervention envisagés pour toute la ville : VRD, gestion des risques, salubrité, etc. Création d’une décharge/centre de tri unique L’expérience n’a été concluante dans aucune ville ou bourg du pays. Une autre approche : multiplier les points de tri/décharge, les associer à des incinérateurs propres et imaginer des circuits courts pour la réutilisation du biodégradable. Page 50 sur 92 Ville de Jérémie Projet d’aménagement, d’embellissement et d’extension Page 51 sur 92 Page 52 sur 92 Les grandes orientations  La ville 1.  La vocation des espaces Définir  La direction à la densification 2. • Un littoral contrôlé • Des ravines traitées et équipées de leur source à Protéger leur embouchure • Une trame unique pour tous les VRD 3. • Des VRD à l’échelle de la ville Poser les • Des opportunités foncières dans la zone bases pionnière et le remembrement urbain en centre ancien 4. • Des équipements de base à l’échelle des quartiers Équilibrer • Une école de référence dans tous les quartiers 5.  Lier les écoles à un marché agricole Faire  La mise en œuvre du PAEEV créatrice d’emplois vivre  Un secteur construction organisé • Une réserve foncière inconstructible 6. • Un Plan d’Occupation des Sols pour la commune Aller plus de Jérémie loin • La protection du bassin versant amont de la ville • La recherche d’une option d’hydroélectricité Page 53 sur 92 Les limites administratives Du point de vue démographique, la ville va se développe à 50 386 habitants, en tenant compte de la population au rythme de 4,57 % à partir de 2014 et jusqu’en 2019, estimée en 2015 et du taux de croissance urbaine suivant les hypothèses faites par la firme APRISMA. De nationale de 2.5% l’an. La ville a aujourd’hui une densité 2014 à 2019, le taux de croissance est de 4,57 % avec une moyenne de 22 840 hab/km2. Les projections faites à tendance de la population à se déplacer vers les Cayes du partir des données de l’IHSI permettent d’évaluer la fait des facilités amenées par la RN7. Le rythme population à l’horizon 2032 à 64 495 habitants. d’accroissement annuel attendu pour Jérémie sera au mieux autour de 4% (. Il faut prévoir de la place pour les nouveaux arrivants sans prévoir trop large pour ne pas Les limites administratives de la ville de Jérémie sont amplifier le phénomène d’étalement et sans pouvoir définies par le périmètre suivant. Partant de l’axe de offrir de services aux nouveaux venus. Il faut donc faire l’embouchure de la ravine sans nom au point A, la limite le « remplissage » des espaces au bâti lâche pour un tissu de la ville suit cette ravine jusqu’à sa rencontre avec un urbain plus compact. chemin pédestre au point B. Elle suit ce chemin pédestre Intégrer à la ville une trop grande surface constructible jusqu’à sa rencontre avec la courbe de niveau des 200 m ne permettrait pas de sortir des logiques actuelles qui au point C. La limite suit alors la courbe de niveau des 200 ont produit cet étalement sans services et sans sécurité. m en direction sud/sud‐est jusqu’au point D défini par ses coordonnées. De là elle va plein est sur 1 000 m jusqu’au Le périmètre adopté tient compte des contraintes point E situé dans l’axe de la rivière de la Grande‐ suivantes : Anse qu’elle suit vers le nord/nord‐est jusqu’à L’axe de  La rupture naturelle au niveau de l’Anse d’Azur ; l’embouchure de cette rivière au point F. Elle suit alors le  L’estuaire de la rivière de la Grande Anse. trait de côte pour revenir au point A. Ce périmètre a une longueur de 16.72 km et délimite un Pousser les limites de la ville jusqu’à l’aéroport ou espace d’une superficie de 6.86 km2. jusqu’à la Voldrogue n’a pas été considéré comme une option de nature à arrêter l’étalement urbain, notamment l’extension et la densification vers des zones à risques. Pour créer une ville compacte, il faut des limites de ville resserrées. Périmètre 16,72 km Superficie 6,86 km2 Le périmètre adopté tient également compte de la Longueur de la côte 7,32 km densité de bâti et de population. Cette densité diminue très fortement quand on s’éloigne du centre ancien, 2022 2032 jusqu’à moins de 5 000 hab/km2, à des densités rurales. Sans savoir précisément quels sont les espaces considérés comme urbains par l’IHSI en l’absence de 50 386 habitants 64 495 habitants limites légales de la ville, la population en 2022 évaluée Page 54 sur 92 Page 55 sur 92 Le zonage : établir l’utilisation de l’espace Deux critères ont été retenus pour faire le la ravine Bordes. La densité de population y zonage : est de globalement de 2 839 hab/km2. C’est  La morphologie de la ville ; la priorité 1 : Les VRD et le lotissement à  La nature et la localisation des risques, faire, le marché foncier à créer, les espaces l’exposition au risque inondation étant le d’équipements à prévoir, etc. ; critère déterminant. Les risques sismique et  La zone à structurer. Une trame viaire cyclonique sont pratiquement pareils minimale et une densité moyenne de 9 889 partout et ont été de peu d’utilité pour hab/km2 caractérisent cette zone. Priorité établir les zones. 2 : les VRD à corriger, les équipements à construire, un parcellaire à remodeler. Un zonage simple a été créé pour la ville :  Une Réserve Foncière à protéger par des  Des Zones Naturelles pour protéger des systèmes de cultures typiques : arboriculture fruitière et élevage porcin zones sensibles ou dangereuses (littoral, et/ou riz pluvial, maraichage, etc.) dans un estuaire, bassin d’alimentation des espace aux densités encore rurales. sources, etc.). Là où des zones d’affectation différentes  Une Zone Agricole spéciale de 30 m de peuvent se recouper ou se superposer (zone part et d’autre de la faille pour gérer le économique et zone à risque élevé par exemple), risque sismique au nord de la ville ; les règles de sûreté de la zone à risque ont la  Un Centre Ancien, d’une densité comprise prééminence. entre 15 et 45 00 hab.km2, sous menace diverses à adapter à ses usages Les prérequis économiques et administratifs ; Il est impossible d’imaginer l’effectivité du  Une Zone d’Extension à structurer, zonage et de ses prescriptions et notamment la comprise entre la courbe de niveau de 100 densification de la trame viaire sans la réalisation m et celle de 200m. Elle va vers le sud d’un cadastre et la structuration de l’impôt jusqu’à la ravine Berquier et à l’est jusqu’à foncier sur le bâti et le non‐bâti. Zonage de Jérémie ZN Zone naturelle Zone à risques forts A réhabiliter, à protéger Inconstructible Point critique environnemental ZAS Zone agricole Zone à risques forts Zone à mettre en culture Inconstructible spéciale Point critique environnemental CA Centre ancien et/ou Densité de bâtis la plus élevée Trame Cœurs d’ilots à gérer Constructible économique viaire structurée Remembrement foncier sous condition ZES Zone d’extension à Densité moyenne de bâtis Trame viaire à compléter Constructible structurer Ebauche de trame viaire Disponibilités foncières à créer Densité à augmenter Zone à équiper ZAD Zone à développer Faible densité de bâtis Trame viaire à créer Constructible Disponibilités foncières à créer Densité à augmenter Zone à équiper RF Réserve foncière Très faible densité de bâtis ou densités Urbanisation à envisager en fonction Inconstructible rurale du développement de la ville Page 56 sur 92 Page 57 sur 92 Protéger : zones naturelles et zones agricoles spéciales situé dans cette zone hautement inondable et devra faire Sont classés zones naturelles inconstructibles : l’objet d’un plan d’aménagement plus précis.  La façade maritime de la ville, de l’embouchure de la Grande‐Anse à Source Dommage ;  L’estuaire de la Grande‐Anse sur ses deux rives ; Les ravines Menaces majeures pour la ville, les ravines sont dans leur  Toutes les ravines qui traversent la ville, en totalité instituées zones naturelles à protéger et commençant avec une ou deux ravines modèles inconstructibles. Elles font l’objet des mêmes Madan Kodo ou Berquier ; interdictions que le littoral. De plus, il faudra :  Le sous‐bassin versant de toutes les sources captées  Libérer le lit majeur des ravines et de leurs affluents, ou non autour et dans la ville de Jérémie, en de la source à l’embouchure, sur une distance entre commençant par les sources Clément et Dommage. 5 et 10 mètres à partir de la berge, ou moins en fonction de la nature des berges et y créer des Le littoral équipements de services et de loisirs : lavoirs, Le littoral est occupé par un habitat précaire exposé aux abreuvoirs, bassins d’orage, bains, dégraveurs, hautes marées et à la houle cyclonique. C’est une points de tri/destruction de déchets, etc. ; décharge sauvage et un lieu de défécation à l’air libre. Entre dans cette zone naturelle la plage, de  Créer à l’embouchure des ravines traversant la ville des espaces de lagunage pour protéger la mer ; l’embouchure de la rivière de la Grande‐Anse jusqu’à la source Dommage, sur une profondeur de 20 m, profondeur qui varie ponctuellement pour englober la La Zone à Développer totalité des plages et hors des zones de falaise. Deux failles sismiques traversent le nord de la ville au niveau de Lundi. Un premier niveau de prise en compte Les prochaines quinze années seront consacrées à y de ce risque est la création d’une zone agricole spéciale recréer une végétation protectrice par la plantation non aedificandi sur 30 m de part et d’autre de ces failles. d’espèces natives littorales : différentes sortes de Au‐delà de la proximité immédiate des failles, des palétuviers (recréer la mangrove), raisins de mer, précautions plus générales en matière de construction fougères dorées, etc. Pour pallier aux diverses parasismiques sont préconisées. interdictions, des toilettes publiques et des incinérateurs de déchets seront mis en place au voisinage du littoral. Mesures générales  Libérer le périmètre immédiat de toutes les sources L’embouchure de la rivière Grande‐Anse autour de la ville,; Même si l’embouchure de la rivière Grande‐Anse ne  Interdiction de construire et mise en défens de tous constitue pas une menace pour la ville, elle constitue une les terrains de plus de 20% de pente à l’intérieur de zone humide d’importance pour l’équilibre climatique de la ville. la ville. C’est une importante zone de pêche et de reproduction de civelles. C’est également une zone de salines. Or, elle est utilisée comme décharge sauvage aussi bien par les citoyens que par la mairie. Toute la zone identifiée comme inondable par le PRRNU est constituée en zone naturelle à protéger et inconstructible (zone humide côtière). La recréation d’une végétation protectrice y est nécessaire. La décharge doit impérativement être déplacée. Aucune construction n’est autorisée, sauf des constructions légères à usage non résidentiel. Le nouveau pont est Page 58 sur 92 Protéger la ville : les grandes orientations Source : ONU‐Habitat, 2017 Rajouter le littoral et la RF dans le dessin et la légende Superposer les limites de la ville Indiquer le nord Page 59 sur 92 Le centre ancien identifiés par l’ISPAN et les mettre sous Il est délimité par la rue Carmagnole, une partie protection effective ; de la RD72, la rue de l’Abbé‐Huet jusqu’à la rue Martineau, la rue Eugène‐Margron jusqu’aux  S’assurer de la démolition de tout obstacle à la circulation de l’eau suivant les rues Laforest et Féry. prescriptions du nouveau plan de drainage qui tiendra compte des limites nouvelles C’est la zone la plus dense, la plus structurée de définies pour la ville. Les nouveaux canaux la ville : entre 30 000 et 45 000 hab/km2 avec de drainage doivent être proportionnés au deux ilots qui dépassent 45 000 hab/km2. Elle volume d’eau en circulation dans le réseau compte le plus grand nombre de bâtiments à en périodes de fortes pluies et de pluies usage collectif mais elle est aussi la plus exposée exceptionnelles ; au risque inondation. Du fait de l’importance du risque inondation lié aux ravines, aux eaux de  Gérer les dents creuses et les cœurs d’ilots ruissellement et à la submersion marine, cette avec du non‐résidentiel : terrains de sport, zone ne peut être densifiée plus qu’elle ne l’est des chemins de 2 m minimum et de 3 déjà. Toute construction en cours peut se maximum pour donner accès à toutes les poursuivre sous réserve de laisser les rez‐de‐ constructions et éviter d’avoir des parcelles chaussée libres de dépôts et de résidence. Toute enclavées, notamment pour évacuation en construction nouvelle peut être entreprise à la cas de catastrophe ; condition expresse de laisser le rez‐de‐chaussée  Pas d’entreposages ou de commerces libre de tout entreposage ou usage résidentiel et dangereux (pompe à essence, stockage de d’entrer dans le cadre du remembrement gaz, produits inflammables (marché de foncier, à savoir la réunion de deux ou plusieurs Côtes‐de‐Fer) ; petites parcelles pour en former une plus grande d’au moins 100 m2.  Redéfinir l’alignement, revoir le nivellement et faire les corrections nécessaires pour Toute intervention dans le centre ancien devra uniformiser la largeur des rues en fonction tenir compte des prescriptions suivantes : de l’implantation du bâti ;  Garder le damier colonial des rues intact (6 à  Faire des travaux a minima sur le marché de 9 m de largeur), conserver les galeries‐ Côtes‐de‐Fer pour continuer à desservir trottoirs et compléter le damier dans la cette partie de la ville ; basse ville ;  Identifier une nouvelle entrée de ville à  Mettre en place des outils bancaires et partir de la RD72, faire les travaux légaux pour encourager le remembrement nécessaires à cette nouvelle entrée et foncier et aider à la constitution d’un aménager un chemin recalibré pour parcellaire basé sur des parcelles de 100m2 atteindre le centre ancien : rue de la paix et ou plus ; rue Eugène‐Margron ;  Dans la totalité du centre ancien de la ville,  Chaque maison doit être équipé d’une Les constructions anciennes comme les toilette à fosse septique, d’une fosse à fond constructions nouvelles devront garder leur perdu pour les eaux usées et d’une citerne rez‐de‐chaussée libre de dépôts et de d’au moins 1 000 litres pour recueillir les résidences et ne pas entraver le passage de eaux de pluie. Les standards pour les fosses l’eau ; et les citernes seront donnés par la mairie.  Choisir deux des bâtiments emblématiques de l’architecture ancienne de la ville Page 60 sur 92 Déplacer l’entrée de la ville pour éviter le littoral Le Centre Ancien : compléter le damier colonial, et gérer le carrefour du Bac, nœud de faire du remembrement foncier et utiliser les communication : lier la RN7 à la rue de la Paix dents creuses pour désenclaver les parcelles et créer du récréatif Source : PPRNU Source : CIAT Faire l’entrée directement à partir de la RD72 Page 61 sur 92 La zone d’extension à structurer (ZEs) C’est la zone de densité moyenne (13 585  Gérer le ruissellement (cunettes, caniveaux, citernes, etc.) ; hab/km2). Elle s’étend de la ravine Cagramora ou Cascade jusqu’à la courbe de niveau de 100 m,  Etablir le plan général d’alignement et de va jusqu’à la branche principale de la ravine nivellement ; Berquier, remonte jusqu’à 200 m, va vers la mer  Créer les autres VRD, alignés sur le tracé du et retourne à la ravine Berquier. Elle compte réseau de drainage ; plusieurs quartiers précaires.  Gérer la taille des parcelles (parcelles d’une Les orientations pour la ZEs sont les suivantes : superficie minimale de 200 m2 avec 10 m minimum de façade, une emprise au sol d’un maximum de 70% et au moins un grand  Une trame viaire à connecter : faire arbre (fruitier ou bois d’œuvre) sur chaque disparaitre les impasses, calibrer les rues aux parcelle. dimensions du centre‐ville : 9 m avec ou sans trottoirs de 1.50 m d’un seul côté ou de 2 m  L’une des deux transversales N/S et les deux pour respecter autant que possible le bâti transversales E/O sont dans la ZEs et sont existant ; traitées en route à deux vitesses.  Créer des ilots en se rapprochant le plus Il s’agit de passer de l’initiative individuelle à la possible des ilots de la dimension des ilots du planification urbaine et d’anticiper une centre ancien ; densification désordonnée du bâti.  Des négociations avec les propriétaires pour le passage des rues au meilleur coût ; Page 62 sur 92 Source : ONU‐Habitat Enlever le rond à droite et en faire une image séparée Titre pour le rond : La situation actuelle dans la ZES Titre pour l’image : Organiser l’existant Page 63 sur 92 Les quartiers précaires La morphologie de la ZEs est complexe obligation, et certaines interventions seront puisqu’elle compte, comme le CA, aussi bien des nécessaires lorsque les rues ne permettront pas quartiers de type résidentiel spontané que des ce désenclavement, l’escalier étant le seul quartiers précaires spontanés. Il ne faut pas recours en zone très pentue. L’interdiction de céder à la tentation de faire des quartiers construction au‐delà de 20% de pente reste une précaires des cibles privilégiées d’intervention et obligation ici aussi. renforcer ainsi leur isolement. L’objectif de toutes les interventions doit être leur intégration à la ville : trame viaire, drainage, équipements, etc. Tous les thèmes d’intervention identifiés pour la ZEs leur sont applicables. Des quartiers précaires comme Sainte‐Hélène et Caracoli vont, suivant les priorités identifiées pour la trame viaire de la ville, se retrouver dans une situation de changement assez radicale et il faudra veiller à ce que la transformation de ces quartiers se fasse parallèlement à l’implantation de ces nouvelles dispositions de la trame viaire, notamment la création d’une nouvelle entrée de ville et point de départ des transversales Nord/Sud. Source : Onu‐Habitat Une attention particulière sera accordée aux ravines et à la gestion des eaux de ruissellement. Le drainage se confond en partie avec le traitement de la ravine mais il est également fait du contrôle des eaux collectées par les rues, routes et chemins pédestres ainsi Le premier pas sera de constituer des ilots que les toits. Pour etre complète, les s’inspirant de la taille des ilots du centre ancien interventions devront inclure l’ensemble de ces et de recalibrer les routes et chemins suivant la questions. largeur standard des 9m. Ce faisant, le désenclavement des parcelles est une Page 64 sur 92 Source : Onu‐Habitat Vérifier dans ces deux pages que tout est lisible à la nouvelle échelle donnée aux documents et qu’il n’y a pas des éléments pour lesquels il faut augmenter la définition. Page 65 sur 92 La Zone à développer (ZAD) La Zad est la zone la plus étendue du PAEEV (la 1.50 m de chaque côté et les autres avec 9 m moitié environ). La densité moyenne dans la ZAD de chaussée et des trottoirs de 1.50 m d’un est de moins de 5000 hab/km2. C’est la zone à la ou des deux côtés ; densité la plus lâche  Gérer le passage des transversales ;  Faire les négociations nécessaires avec les C’est la zone d’intervention prioritaire du PAEEV. propriétaires pour le passage des rues au De toute la ville de Jérémie, c’est la seule zone meilleur coût ; ou on peut anticiper et pas seulement réagir à  Créer un marché foncier de parcelles l’existant. C’est surtout là que se fera l’accueil de viabilisées (organiser le lotissement) ; la population amenée par la croissance de la  Gérer le ruissellement (cunettes, caniveaux, ville. Il faut profiter de cette faible densité de bâti etc.) et les ravines ; pour créer, avant la construction des maisons, des VRD aux normes et aux dimensions  Etablir le plan général de l’alignement et de nécessaires, sans entrer dans la logique des nivellement ; « cités » traditionnelles. Il ne s’agit pas de  Mettre en place les VRD qui se construire des logements mais de viabiliser des superposeront sur le même tracé ; terrains et de rendre le foncier disponible. C’est  Créer des ilots de 100 x 120 et de 50 x 100 un gros chantier qui requiert la création d’une m2 ; la trame viaire idéale : des intersections agence urbaine qui pourrait prendre la forme tous les 100 mètres. d’un partenariat public : privé. Il faudra  Créer des parcelles de superficie minimale également susciter la création d’entrepreneurs. de 100 m2 desservies au moins par une rue et un chemin ; Il ne faut pas perdre de vue qu’on est en zone  Encourager la production de locatif ; collinaire et que la topographie du terrain devra  Mettre en place les équipements de base : être gérées tant pour les infrastructures que marchés, terrains de sport, institutions de pour les équipements et les résidences. santé, etc.  Identifier deux emplacements de superficie Les travaux à faire sont importants : comprise entre ½ à 1 hectare pour doter des institutions de bonne renommée soit à  Créer une trame viaire hiérarchisée : des délocaliser soit à créer un campus nouveau. voies de 15 m de chaussée et des trottoirs de Page 66 sur 92 Source : ONU‐Habitat Voie résidentielle : trottoirs de 1.50 m sur un ou deux côtés, 9 m de largeur, surfaçage indifférent, passage unique pour les VRD Voie de liaison : trottoirs de 1.50 sur les deux côtés, 15 mètres de largeur, des trottoirs de 1.50 des deux côtés, surfaçage indifférent, passage unique pour les VRD Page 67 sur 92 La trame viaire, indispensable outil de structuration Une trame viaire serrée et bien calibrée est  Des voies locales de 9 m d’emprise avec un indispensable à la densification ordonnée du trottoir de 1.5 m de chaque côté de la voie ; bâti. Les dimensions préconisées par le décret du 6 janvier 1982 sont irréalistes quand on tient  Des passages de 2 à 3 m dans les cœurs d’ilots. compte de la taille de la ville, de la faible circulation automobile et de la trame viaire Il ne faut pas exclure l’option de construire des ancienne. Trois niveaux de voies sont trottoirs d’un seul côté de la rue quand les nécessaires : dimensions de la rue et l’implantation des bâtiments le rendent nécessaire.  Des voies de liaison de 15 m de chaussée et des trottoirs de 1.50 m de chaque côté ;  Changer l’entrée de ville pour réseau routier, le drainage et le passage du réseau d’eau potable. Le schéma général des décongestionner la basse ville et mieux gérer voies et réseaux doit nécessairement comporter le littoral : le tracé de cette entrée doit être un certain nombre de dispositifs techniques : étudié soigneusement car il traverse Sainte‐ cunettes, caniveaux, bassins d’orage, etc. Des Hélène qui est une colline aux pentes raides ; mesures individuelles doivent être également  Aménager une traversée rapide du centre prises par les particuliers : pas de nouveau ancien dans le prolongement de la nouvelle bâtiment sans citerne, les portions de terrain à entrée de ville : rue de la Paix, rue Eugène‐ laisser libre de toute construction pour Margron ; ces rues seront calibrées dans le permettre la pénétration de l’eau dans le sol. standard du Centre Ancien, à savoir 9 m de largeur, avec un ou deux trottoirs de 1.30 m ; Dans la ville de Jérémie, il existe du point de vue  Créer une épine dorsale autour de laquelle de la mobilité trois situations différentes les ilots pourront s’ajuster : deux auxquelles il faut apporter trois transversales est‐ouest et deux réponses différentes : transversales nord‐sud. Ces transversales  Centre ancien : garder la trame historique et seront conçues comme des routes à deux les galeries trottoirs (là où celles‐ci vitesses pour prendre en compte la diversité constituent un caractère structurel), des usages sociaux de la route. Cette option compléter la trame et faire l’adressage ; concerne uniquement les transversales.  Zone à structurer : créer des ilots ordonnés, connecter les rues existantes, redresser, Il ne faut pas perdre de vue que la trame viaire reprofiler les rues, faire des trottoirs ; de Jérémie sera en grande partie en montagne : la régularité des ilots en souffrira et le coût de  Zone à développer : créer une trame viaire hiérarchisée qui constitue l’ossature des construction des voies notamment du fait des VRD, standardiser des ilots et la dimension ouvrages d’art en sera augmenté. Il est des parcelles dans les ilots. indispensable de concevoir en même temps me Page 68 sur 92 Source : ONU‐Habitat Titre : les transversales comme épine dorsale de la nouvelle trame viaire Source : ORYZHOM Page 69 sur 92 Equipements et réseaux doit être accordée à la mise en place des structures de Les nouveaux réseaux doivent être conçus pour nettoyage, de gestion de déchets et de risque incendie. l’ensemble de la mairie tel que défini par son périmètre légal avec une responsabilité directe de la mairie. Le Il faut inverser la tendance qui porte à créer une seule drainage et la voirie sont les pièces maitresses des grande gare routière à la sortie est de la ville. Les réseaux. Ils doivent être conçus en même temps que le prescriptions sont les suivantes : chaque grande tracé des rues, le réseau de distribution d’eau potable et compagnie de bus et camions a sa propre station. La d’électricité. mairie s’assure qu’elles ne sont pas dans un voisinage trop proche les unes des autres. De même, il faut Le réseau actuel d’eau potable est caractérisé par une multiplier et encadrer les arrêts taps‐taps et motos en conception et des matériaux bon marché peu durables et différents points de la ville. une gestion collective (CAEEP) peu efficace. La DINEPA évalue la population de Jérémie à 64 000 habitants en L’hygiène publique 2028. Cette année‐là, la ville devrait recevoir a minima 4 Les modèles proposés pour la gestion des déchets en 400 m3 par jour soit 2 312 275 m3 par an et, de façon Haïti est un modèle de pays développé basé sur le tri, le optimale, 3 520 000 m3 par an à raison de 30 m3 x an x ramassage et une importante taxation locale. Ce modèle personne. Il est impératif d’être inventif. Une option à implique une gestion technique difficile pour les tester serait de sortir de la logique d’un réseau général communautés haïtiennes : centre d’enfouissement/de mais de créer des petits réseaux dans le périmètre défini décharge éloigné des centres urbains, des véhicules à par la capacité de chacune des sources que justifie par gérer, réparer, absence de redevance spécifique. Or les ailleurs l’éloignement de la plupart des sources les unes villes haïtiennes doivent gérer essentiellement des des autres et de la ville. L’obligation d’avoir une citerne déchets organiques et peu de déchets industriels : les dans chaque maison permettra d’anticiper des raretés textiles et le plastique. D’autres pistes doivent être d’eau et contribuera à la gestion des eaux de explorées : gestion sur site des déchets des marchés (tri ruissellement. et traitement), incinérateurs. Les volumes relativement faibles des déchets industriels ne permettent pas La mairie recevrait délégation de gestion de la DINEPA d’imaginer un recyclage local du papier ou du plastique. avec deux options :  La mairie contracte un prestataire privé de service ; Le principe à adopter serait d’éviter le déplacement des déchets vers un site de traitement ou tout au moins faire  La mairie crée un service de gestion en régie, sous des déplacements sur de faibles distances. On trie, on contrôle direct de la mairie ou de la délégation. détruit ou on transforme (fumier) sur place, au marché même ou dans des points de tri/destruction proches La construction de deux marchés de dimensions (ravines, points dédiés à proximité du littoral où les gens raisonnables dans chacune des zones créées par le ont déjà leurs habitudes). Il faut explorer l’utilisation PAEEV est nécessaire. Pour éviter de créer des zones de d’incinérateurs avec des équipements de protection de congestion ou de bloquer complètement la mobilité l’environnement des fumées et une stricte surveillance (piétons et véhicules) autour de ces espaces, il est de la nature des déchets qui sont brulés (pas de nécessaire de multiplier les équipements plutôt que de plastique). tout concentrer en un point unique. Il est recommandé de dissocier les marchés de produits agricoles et Les options de gestion des eaux usées et des excréta sans alimentaires et ceux des produits industrialisés et/ou eau courante sont peu nombreuses. La DINEPA devra importé, les risques d’incendie étant considérablement définir, suivant qu’on est à l’amont ou à l’aval des plus élevés dans ces derniers (stockage de textiles et sources et la proximité et la configuration de la nappe produits cosmétiques. De même, il faut anticiper phréatique, les techniques à mettre en œuvre : puisards, l’installation des habituels commerces qui se créent de puits perdus, puits d’infiltration, fosse perdue, etc. façon spontanée autour des marchés : boutiques, dépôts de vente en gros, dortoirs, etc. Une attention particulière Page 70 sur 92 Les finances communales et la gestion Pour faire une prise en charge correcte de ses La DINEPA a déjà identifié les éléments d’une responsabilités dans la mise en œuvre du PAEE, la mairie meilleure gestion du système d’eau potable : des doit trouver les ressources nécessaires et ne pas horaires, des tarifs plus en rapport avec la valeur de dépendre totalement des subventions du ministère de l’eau, une perception organisée, des compteurs l’Intérieur. Elle devra : pour tous les branchements privés.  Inventer une redevance propreté et une redevance Le budget de la commune devra être calibré de façon à habitation ; permettre la prise en charge des services suivants (petits  Jouer sur toute la gamme des impôts communaux : équipements, pièces de rechange, personnel, etc.) : entreposage sur la voie publique, patentes, voie publique, alignement, numérotation, etc. ;  Nettoyage et entretien de la voirie ;   Collecter effectivement l’impôt sur la propriété  Prise en charge du réseau d’eau potable ; Prise en charge du réseau de drainage ; bâtie ;  Gestion des ordures ménagères (tri, collecte de  Imaginer des formes d’imposition la propriété non circuit court, destruction ou recyclage, etc.). bâtie pour ralentir puis arrêter le mitage du territoire ; La recherche de financements et la gestion pour les  Clarifier le calcul de la CPFB ; projets d’investissement demandera des capacités plus  Formaliser la redevance de marché ; larges que celles dont disposent aujourd’hui les villes haïtiennes. Il sera nécessaire de mettre en place l’arrêté  S’assurer que les fonds collectés entrent de 2017 sur les ARAT et/ou un Conseil d’Administration effectivement dans les caisses de la mairie : pour les projets de grande technicité ou mobilisant première échelle de la lutte contre la corruption d’importants financements publics. Page 71 sur 92 Un projet économique Il est difficile d’urbaniser une ville sans économie et des urbains sans revenus. Les aménagements urbains prévus dans le PAEE (drainage, création et/ou amélioration des rues et chemins) sont une source importante de création d’emplois qu’il faut réserver aux habitants de la ville et qui prendront la forme de travaux à haute intensité de main d’œuvre (HIMO). Les travaux à entreprendre pour rendre effectives les zones naturelles et faire les travaux nécessaires en matière d’équipements seront les premiers créateurs d’emplois dans la ville. Les HIMO seront donc un premier instrument de gestion, à privilégier contre la tendance à l’utilisation des engins lourds. L’organisation des secteurs transport et construction devrait permettre, notamment à travers des formations ciblées, de créer plus d’emplois et de valeur ajoutée dans ces secteurs. L’existence d’une cinquantaine d’écoles et de 8000 jeunes scolarisés est une opportunité de créer un marché captif pour les cantines scolaires en mobilisant la production vivrière locale. Les autres perspectives sont plus lointaines naitront en grande partie de la concrétisation de l’hydroélectricité et la création d’entreprises et d’entrepreneurs dont le profil sera à déterminer. - Monter des partenariats public/privé pour la construction/gestion d’équipements ; - Un projet culturel : un ciné‐théâtre. Les écoles : le moteur Page 72 sur 92 Stratégie d’implémentation Le Projet d’Aménagement, d’Embellissement et d’Extension tel que conçu vise les objectifs suivants :  Formation continue pour le personnel municipal sur les missions de la mairie ;  La construction d’une résilience urbaine ;  Susciter la création de développeurs privés pour les  Rendre l’espace urbanisé plus attractif que l’habitat lotissements et des prestataires privés de services rural dispersé en créant de la disponibilité foncière, pour des secteurs‐clés comme l’eau potable ou les les équipements et les services. déchets. La gouvernance du PAEEV  La mairie choisira parmi les habitants de chaque ilot de la ville un responsable de la protection civile qui disposera en sa résidence des outils utiles en cas de La gouvernance du PAEE sera prise en charge par la catastrophe. Il recevra la formation appropriée à ses mairie qui aura besoin d’un fort support de son ministère responsabilités. de tutelle et de l’ensemble des ministères concernés par l’aménagement du territoire. Les efforts d’organisation Un cadre réglementaire du développement de la ville se définissent à deux échelles. D’abord le quotidien, tout ce qui peut être géré Le PAEEV a besoin d’un cadre réglementaire et directement par la mairie avec un investissement institutionnel ambitieux. Chaque option d’aménagement minimal. choisie a besoin de différents documents d’urbanisme pour sa mise en œuvre. Ensuite l’exceptionnel, investissements lourds qui ne peuvent venir que de l’Etat. Jérémie aura besoin de cinq Documents réglementaires millions de dollars par an pendant quinze ans pour mettre son PAEE en œuvre.  Cadastre  Recensement de population/taxe d’habitation Deux évidences ressortent des grandes orientations du PAEE : la ville n’a pas les moyens de son PAEE et les  Permis de construire/conformité au PAEEV ressources à mobiliser ne sont pas en proportion avec les  Contrôle et suivi des constructions activités économiques de la ville. La mise en œuvre du PAEE est donc étroitement liée à la capacité d’innover  Plan d’Occupation de Sol pour la commune sur les plans institutionnel, économique et financier. Ces Documents techniques efforts doivent nécessairement être relayés au niveau central au moment de la conception du budget national  Plan de drainage et dans une recherche soutenue de financements  Plan de distribution d’eau externes qui doivent impérativement s’inscrire dans les priorités retenues par le PAEEV.  Plan de ville Les efforts devront se concentrer sur les activités Accompagnement du PAEEV suivantes :  Documents de vulgarisation  Signalisation  Renforcement (ou création) de services suivants : permis de construire, contrôle des constructions et  Adressage de toutes les prescriptions existant dans la législation  Formation au risque en vigueur (nivellement, alignement, dépôts sur la voie publique, etc.) et les dispositions du PAEE ;  Restructuration des finances locales pour une assiette fiscale plus large ; Page 73 sur 92 Aller plus loin  UEH en région, pôle technologique et de formation technique en appui aux innovations économiques et à l’aménagement : un soutien fort Créer une réserve foncière du ministère de l’Education ; La création d’une réserve foncière inconstructible au‐  Anse d’Azur, pôle touristique : un projet avec le delà des limites sud de la ville actuelle qui va de la ligne ministère du Tourisme ; des 200m au sommet du morne Jean‐Philippe à 494 m  Une centrale hydro‐électrique : projet à développer n’est pas anodin. Cette réserve foncière permettra, si avec le ministère des Travaux publics ; l’on en respecte l’inconstructibilité, la mise en place d’éléments de protection des bassins versants et, dans  Une forme de gestion des déchets et des excreta : un appui à rechercher au ministère de la Santé et à un deuxième temps, si la densification de la ville le la DINEPA ; demande, d’orienter son développement. C’est un atout de long terme, une fois passé les 15 ans de ce PAEEV.  Un Plan d’Occupation de sols pour la commune. Désenclaver Un Plan d’occupation des sols de la commune est indispensable pour :  Finaliser les travaux de l’aéroport pour en faire un  Arrêter le mitage des terres agricoles par le mitage vrai aéroport international ; de l’espace agricole ;  Déplacer le wharf vers un site plus sûr, le plus proche  Gérer le risque : exposition maximale aux cyclones et possible de la ville ; aux dégâts des secousses sismiques des populations habitant les hauteurs ;  Accompagner la finalisation des travaux du nouveau pont sur la Grande Anse.  Relocalisation des populations vivant de la destruction du Parc National Naturel‐ Changer d’échelle Macaya/Grande Colline : abattage et sciage du pin endémique et des feuillus, culture de l’igname et des  La protection des bassins‐versants au‐dessus de la haricots). ville : une négociation avec le ministère de l’agriculture ; Page 74 sur 92 • Un plan d'occupation de sols pour la commune • Numéro 2, Pôle industriel • Anse d'Azur, pôle touristique • Un aéroport à mettre aux normes internationales pour permettre l'arrivée de plus gros transporteurs • Une centrale hydro‐électrique : explorer les possibles • Un site plus sûr pour un nouveau wharf  La réserve foncière pour accompagner le développement de la ville après le PAEEV 2024  Le bassin versant en amont de la ville à protéger  Sortir de la ville pour gérer les ravines qui la traversent depuis leur source La ville Page 75 sur 92 Un programme de 15 ans Définir 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Signalisation PAEEV et adressage Cadastre et recensement de population Cadrage de l’impôt foncier et création du permis d’habitation Un plan de drainage sur l’ensemble du périmètre urbain Un concept pour l’eau potable Design d’une trame viaire connectée pour l’ensemble du périmètre urbain Protéger 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Traitement et équipement de la ravine Madan Codo Recalibrage et équipement du réseau de drainage du centre ancien Traitement et équipement de la ravine Berquier Traitement et équipement de la ravine à l’entrée de la ville Gestion de déchets transports courts (tri et construction d’incinérateurs, production de fumier) Revégétalisation du littoral Généralisation des citernes et réservoirs (subventions aux particuliers) Protection des sous‐bassins versants surplombant la ville Assainissement du cimetière actuel et création d’un cimetière extérieur Végétalisation des espaces de plus de 25% de pente dans la ville Urbaniser (poser les bases et équilibrer) 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Une nouvelle entrée de ville pour une nouvelle traversée de la ville Construction des traversées de ville N/S Construction des traversées de ville E/O Voirie, drainage et parcellaire dans la ZaD Voierie, drainage et parcellaire dans la ZEs Centre ancien : zone rouge et mesures exceptionnelles Marché, gare routière, terrain de sport et école dans tous les quartiers Un théâtre‐cinéma de 200 places Deux maisons patrimoniales réhabilitées et protégées Page 76 sur 92 Faire vivre 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Identification des potentialités énergie propre et investissements Etude et financement de la filière arbre à pain Création/renforcement des unités de traitement/exportation du cacao HIMO pour la mise en œuvre du PAEE Organisation de la filière achats locaux pour les cantines scolaires Organisation et contrôle de la filière construction Aller plus loin 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Réalisation d’un Plan d’Occupation des Sols pour la commune de Jérémie Création d’une aire protégée à l’embouchure et dans la zone humide autour de l’embouchure de la Grande‐Anse Mise sous protection effective de l’aire protégée Jérémie/Abricots Mise à niveau international de l’aéroport de Jérémie Réparations majeures sur la route vers Bonbon/Abricots Le quai : délocaliser ou adapter ? Accompagnement du PAEEV et institutionnel 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Approbation du PAEE et communication autour (population et acteurs institutionnels) Abribus et mobilier urbain Mobilisation des écoles autour de la végétalisation du front de mer et de l’embouchure Structuration des services‐clés de la mairie : permis de construire, taxes et impôts communaux, voirie, encadrement de la construction, gestion de l’eau potable, des ordures, du marché, etc. Recherche de financement Prise en charge par la mairie du réseau d’eau potable (accord DINEPA) Mise en place de la réserve foncière Page 77 sur 92 La ville de Jérémie : spatialisation des interventions ponctuelles Carte sur une double page Page 78 sur 92 Priorité 2 CA Priorité 1 ZN Remembrement foncier et désenclavement des Ravine à traiter et à équiper parcelles Priorité 1 ZN Priorité 3 CA Ravine à traiter et à équiper La D72 à aménager dans sa traversée de ville Priorité 1 ZN Priorité 1 et 2 Ravine à traiter et à équiper Un nœud de communication et deux axes N/S à réaliser (route à deux vitesses) Priorité 2 ZN Ravine à traiter et à équiper Priorité 1 et 2 Un nœud de communication et deux axes E/O à réaliser Priorité 2 ZN (route à deux vitesses) Ravine à traiter et à équiper Priorité 2 ZN Priorité 2 ZN Reprendre le réseau de drainage de la basse ville en Ravine à traiter et à équiper proportion avec le volume d’eau à évacuer Priorité 1 ZAd Légende (fond de carte) Une trame urbaine à créer, des équipements et des lotissements à faire Priorité 1 ZEs Une trame urbaine à connecter, des équipements et des ‐‐‐‐‐ Périmètre de la ville lotissements à faire ZN Zone naturelle ZAS Zone agricole spéciale Priorité 3 CA Centre ancien ZEs Zone d’extension à structurer Un wharf à relocaliser ZAD Zone à développer ZE ‐ ‐‐‐‐‐ Zone économique Priorité 2 Un littoral à libérer et à revégétaliser Priorité 1 Une nouvelle entrée de ville Priorité 1 Une traversée rapide vers le Centre Ancien traitée jusqu’à la rue Eugène‐Margron Priorité 3 ZN Une zone humide constituée en aire protégée Priorité 2 RF Une réserve foncière du morne Jean‐Philippe jusqu’à la courbe de niveau de 200 m Page 79 sur 92 Page 80 sur 92 Commune de Jérémie Conseil municipal Règlement du Projet d’aménagement, d’embellissement et d’extension (PAEE) de Jérémie Pour toute la ville : Pentes de moins de 20% : constructibles sans contrainte majeure, sauf si proximité ravine, littoral, faille Pente 20 à 30 % constructibles sous réserve Pente de plus de 30% : inconstructibles Des fosses septiques, dallots et des citernes dans toutes les maisons Zone tampon de 270 m au niveau de la faille mais une zone plus grande est recommandée par PPRN Arrêté Vu le décret du 1er juin 2005 règlementant la Vu les articles 36, 36‐3 à 36‐6, 66, 74, 85 et 86 circulation des véhicules ; de la Constitution ; Vu la loi No. 14 du Code civil ; Vu le chapitre IV de la loi No. IV, la section II de la loi No. V et la loi No. VII du Code rural de 1962 ; Vu le Décret du 12 octobre 2005 sur la Gestion de Vu la loi du 29 mai 1963 établissant des règles l’environnement et de Régulation de la Conduite spéciales relatives à l’habitation et à des Citoyens et Citoyennes pour un l’aménagement des villes et des campagnes ; Développement durable ; Vu le Décret du 22 septembre 1964 sur le Vu le Décret du 1er février 2006 fixant les fermage des biens du domaine privé de l’État ; modalités d’organisation et de fonctionnement Vu le décret du 29 mars 1979 créant l’Institut de de la collectivité municipale ; Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN) ; Vu le Décret du 1er février 2006 définissant le Vu la loi du 3 septembre 1979 sur les servitudes cadre général de la décentralisation ; d’utilité publique ; Vu le Décret du 1er février 2006 fixant les Vu le Décret du 6 janvier 1982 sur le lotissement modalités d’organisation et de fonctionnement ; de la collectivité municipale ; Vu le décret du 21 janvier 1982 fixant les règles Considérant que l’habitat rural dispersé et spécifiques relatives à l'aménagement de nos l’habitat de type urbain de faible densité cités ; constituent un mauvais usage du territoire et sont de nature à réduire l’espace agricole, à Vu le décret du 18 octobre 1983 organisant le porter préjudice à l’environnement et à nuire au Ministère des Travaux publics, Transport et développement harmonieux du territoire Communications ; national ; Vu le Décret du 17 mai 1990 fixant les règles Considérant qu’il est nécessaire de limiter appelées à définir l’organisation et le l’urbanisation et l’accroissement urbain à des fonctionnement du Ministère de l’Intérieur ; zones permettant de garantir la sécurité des vies Vu le Décret du 17 mai 1990 créant dans chaque et biens ou encore de réduire la vulnérabilité des département une représentation civile du biens, des activités et des personnes exposées à Pouvoir Exécutif dénommée Délégation ; des risques naturels majeurs ; Page 81 sur 92 Considérant qu’il est nécessaire de prendre les Repères X Y mesures appropriées pour éviter la présence A humaine et les investissements publics ou privés B dans des zones considérés dangereuses du fait de C leur exposition à des risques naturels majeurs ou D à des risques anthropiques ; E Considérant que la ville de Jérémie est particulièrement exposé à de nombreux Ce périmètre a une longueur de 16.72 km et risques et qu’il est indispensable d’assurer un délimite un espace d’une superficie de 6.80 km2. cadre de vie sûr et agréable à la population de cette ville ; Article 3. L’espace ainsi défini n’est inclus dans aucune section communale. Il s’agit d’un espace Sur le rapport du Conseil municipal de la à caractère urbain de plus d’1 km2 présentant commune de Jérémie, et après approbation du une densité de population comprise entre 10 000 ministère de l’Intérieur et des Collectivités et 50 000 hab/km2. territoriales, un Projet d’aménagement, d’embellissement et d’extension (PAEE) a été Article 4. Le périmètre et la superficie de la ville établi et le règlement y afférant adopté et seront réévalués dans quinze ans à compter de la constitueront dorénavant la référence pour tous date de publication de ce règlement. les travaux et interventions de nature à affecter la ville de Jérémie et son environnement proche. Du zonage Article 1. Le présent règlement d’application du Projet d’aménagement, d’embellissement et Article 5. Pour encadrer le développement de la d’extension (PAEE) définit le cadre général ville et l’arrivée de populations nouvelles, la ville d’intervention et de contrôle d’évolution de la est divisée en espaces distincts dont les usages ville de Jérémie. Il s’impose aux personnes sont réglementés. Cinq zones ont été adoptés : publiques, morales et physiques. les zones naturelles, les zones agricoles spéciales, le centre ancien structuré, l’extension à structurer, l’extension à développer et la réserve Des limites de la ville de Jérémie foncière. Article 2. Les limites administratives de la ville de Les zones naturelles Jérémie sont définies par le périmètre suivant. Article 6. Pour protéger la population des Partant de l’axe de l’embouchure de la ravine nombreux risques de désastre qui existent dans sans nom au point A, la limite de la ville suit cette la ville de Jérémie, les espaces suivants sont ravine jusqu’à sa rencontre avec un chemin déclarés inconstructibles et zones naturelles à pédestre au point B. Elle suit ce chemin pédestre protéger : le littoral, l’embouchure de la rivière jusqu’à sa rencontre avec la courbe de niveau des de la Grande‐Anse, tous les espaces de pente de 200 m au point C. La limite suit alors la courbe de plus de 30% situés dans le périmètre de la ville. niveau des 200 m en direction sud/sud‐est jusqu’au point D défini par ses coordonnées. De Article 7. Le littoral du bourg de Jérémie est là elle va plein est sur 1 000 m jusqu’au point E défini comme l’espace allant de l’axe de situé dans l’axe de la rivière de la Grande‐ l’embouchure de la rivière de la Grand‐Anse à 1 Anse qu’elle suit vers le nord/nord‐est jusqu’à km au sud du bourg, Il est constitué d’une bande L’axe de l’embouchure de cette rivière au point F. de terre comprise entre le trait de côte et la dune. Elle suit alors le trait de côte pour revenir au point Aucune construction nouvelle ne pourra y être A. entreprise. Interdiction est faite d’en extraire du Page 82 sur 92 sable et du gravier pour la construction et tous seront traités en conséquence à des fins autres usages. La restauration d’une végétation récréatives (terrains de sport, de jeux, espaces adaptée sera entreprise au plus tôt. verts) ou utilitaires (parking ou autre). Article 10. Il est interdit de jeter des déchets, Article 18. La Zone d’Extension à structurer est la quelle que soit leur nature, et de déféquer en zone d’intervention de priorité 2 pour les aucun des lieux décrits dans les articles 6 à 9. institutions publiques. C’est la partie de la ville où il existe un réseau minimal de voies et réseaux Article 11. Aucune maison existant dans les divers et une densité moyenne de population. Les zones naturelles ne sera détruite et la population développeurs sont habilités à y faire des projets ne sera pas déplacée. Toute construction de lotissement sous réserve de respecter le nouvelle y est interdite. Il est fortement présent règlement. recommandé aux populations y ayant leur domicile ou leur résidence de se déplacer vers des Article 19. A l’exclusion des zones définies aux zones plus sures. articles 6 à 17, une Zone d’Extension ordonnée est instituée et devient la zone de priorité 1 pour Article 12. Toutes ces zones naturelles font les interventions des institutions publiques. l’objet de signalisation. Toute construction nouvelle y est interdite tant Des zones agricoles spéciales que le conseil municipal n’y a pas déterminé le Article 13. Elles sont constituées sur des zones tracé des voies et réseaux. Les développeurs sont exposées à des risques majeurs et sont donc habilités à y faire des projets de lotissement sous déclarées inconstructibles. Elles peuvent être réserve de respecter le présent règlement. cultivées en tout ou en partie. Article 20. Le Linéaire économique est à cheval Article 15. Un espace de 50 m pris de part et sur la zone d’extension semi‐structurée et la zone d’autre de la faille sismique située au nord de la d’extension désordonnée. On y respecte les ville est déclaré inconstructible. Ces espaces règlements s’appliquant à ces deux zones. seront de préférence consacrés à l’agriculture. Article 16. Les sous‐bassins versants situés en De la trame viaire surplomb de la ville seront délimités et feront Article 21. Une trame viaire permettant l’objet de mesures de protection appropriées l’organisation du bâti en ilots de taille visant à limiter au maximum l’érosion aratoire et raisonnable sera planifiée et construite pour à garantir une couverture végétale, herbacée ou permettre aux développeurs et aux propriétaires boisée, en toutes saisons. Toute forme d’élevage d’évoluer dans un espace structuré. La nouvelle libre ou à la corde est formellement interdite. Ils trame doit impérativement prendre en compte sont inconstructibles. les données de l’hydrographie. Article 22. La réalisation de la trame viaire ne Des zones de bâti dense doit en aucune façon entraver le passage de l’eau Article 17. Le Centre ancien est la partie dans les ravines qui traversent la ville. historique et la plus structurée de la ville de Article 23. Toute nouvelle rue s’inscrira dans la Jérémie. C’est également la zone de plus forte typologie suivante : densité de population et la plus exposée aux a) Voie de liaison de 15 m de chaussée avec risques naturels majeurs. Toute construction des trottoirs de 1.50 m de chaque côté ; nouvelle y est interdite. Il est également interdit b) Voie locale de 7 m d’emprise avec un d’utiliser le rez‐de‐chaussée des bâtiments trottoir de 1.5 m de chaque côté de la existants à des fins de logement. Les cœurs d’ilot voie ; Page 83 sur 92 c) Passages de 2 à 3 m dans les cœurs avez un terrain en pente douce, vous pouvez d’ilots. construire une maison avec un toit plat.  Les fondations en béton armé sur des pentes raides sont idéales pour les maisons Des constructions construites sur un terrain en pente. Ils permettent de mieux répartir le poids de la Construire maison et de réduire les risques de glissements de terrain. Toute construction nouvelle suivre les règles  Les fondations en béton armé sur sol meuble suivantes : sont les plus courantes. Ils conviennent à la plupart des types de terrain et de construction.  Le respect strict du zonage ;  Pas de parcelle enclavée, sans voie d’accès Pour mitiger le risque sismique, le strict respect standard (emprise minimale : 3 m) ; des normes de construction en maçonnerie  Pas de parcelle de moins de 100 m2 ; chainée est obligatoire. L’utilisation de nouveaux  Seulement 70% d’une parcelle peut être matériaux et de nouvelles techniques de construite ; les 30% restant doivent être maçonnerie pour la réalisation des parois est gardés libres de toute forme vivement recommandée. La généralisation des d’imperméabilisation du sol ; fosses septiques pour les anciennes et les  L’implantation des bâtiments se fait nouvelles constructions est conditionnée par la parallèlement à la rue, indépendamment de remise en route du réseau d’eau potable. Des l’implantation des bâtiments existants ; plans‐types seront mis à la disposition des  Les murs de clôture sont montés à 5 m de propriétaires par la commission communale. l’axe des rues de 7 m de largeur (chaussée et trottoirs) et à 9 m des rues de 18 m de  Faire de la construction de citernes dans les largeur (chaussée et trottoirs) maisons déjà construites une obligation à  Le soubassement des bâtiments est à 1.20 m respecter dans les deux années à venir : au‐dessus de la cote de terrain naturel ; subvention de la mairie ;  La hauteur sous plafond est de 2.70 m au  Pas de permis de construire sans citernes et minimum ; toilettes La pente Une pente supérieure à 10 % est considérée Dallots et citernes obligatoires comme une pente raide. Une pente douce est comprise entre 5 et 10 %, Orienter les populations vers d’autres modes une pente modérée entre 10 et 20 % et une pente constructifs : matériaux nouveaux, structures forte est supérieure à 20 %. La construction de la légères, maçonnerie chainée, maison doit être adaptée au type de pente. Pour contreventements, anticyclonique, etc. une pente douce, il est possible de construire une maison classique, tandis que pour une pente Disponibilité des matériaux, formations de modérée ou forte, une construction plus adaptée maçons, contremaitres, entrepreneurs, etc. devra être envisagée. Il existe différents types de maisons que vous pouvez construire sur un terrain en pente. Si vous Page 84 sur 92 Article 24. Toute construction nouvelle dans le charge du suivi devant permettre de s’assurer du respect périmètre de la ville respectera l’alignement de la rue et de ces normes. les normes suivantes : Article 27. Les bâtiments d’usage collectif (églises, écoles, a) Le respect strict du zonage ; administration publique, etc.) feront l’objet d’une b) Pas de parcelle enclavée, sans voie d’accès expertise sécuritaire financée par les institutions standard (emprise minimale : 2 à 3 m) ; propriétaires de ces bâtiments dans les douze mois qui c) Pas de parcelle de moins de 100 m2 ; suivent la publication du PAEE. Ces institutions prendront d) Les points b et c engagent aussi bien la toutes les mesures recommandées par l’expertise. responsabilité des acheteurs et vendeurs que Article 28. Les stockages dangereux se feront en dehors celle des arpenteurs et notaires ; de la ville, dans des espaces autorisés par la mairie. e) Seulement 70% d’une parcelle peut être construite ; les 30% restant doivent être gardés Article 29. La commission communale prendra toutes les libres de toute forme d’imperméabilisation du dispositions nécessaires pour que les professionnels de la sol ; construction (architectes, ingénieurs, contremaitres, f) L’implantation des bâtiments se fait maçons, etc.) soient informés des dispositions du PAEE et parallèlement à la rue, indépendamment de de son règlement et reçoivent les formations nécessaires l’implantation des bâtiments existants ; à sa mise en œuvre dans leur domaine de compétence. g) Les murs de clôture sont montés à 5 m de l’axe Article 30. Les maitres d’ouvrage, maitres d’œuvre et des rues de 7 m de largeur (chaussée et trottoirs) professionnels de la construction publics ou privés et à 9 m des rues de 18 m de largeur (chaussée et engagent leur responsabilité civile lorsqu’ils trottoirs) ; entreprennent des travaux dans la ville. Le non‐respect h) Le soubassement des bâtiments est à 1.20 m au‐ du Plan de prévention des risques, du Projet dessus de la cote de terrain naturel ; d’aménagement, d’embellissement et d’extension et de i) L’utilisation du sable de mer est interdit dans la son règlement entraine l’arrêt des travaux par la fabrication du béton ; commission communale et des pénalités correspondant j) Tous les bois utilisés dans la construction de au montant des travaux effectués au moment de l’arrêt bâtiments doivent être traités contre les des travaux. termites ; k) Pour un même ilot, l’implantation des bâtiments Article 31. Aucune construction n’est autorisée dans le lit se fait en s’appuyant sur la même ligne ou sur les berges des ravins à une distance comprise entre mitoyenne entre deux propriété, à droite ou à 5 et 30 m suivant la largeur du lit de la ravine, la nature gauche, de façon uniforme ; aucun retrait par et la hauteur de ses berges, distance à déterminer par la rapport à la façade n’est obligatoire. commission communale. Toute construction réalisée dans ces espaces sera détruite et le contrevenant Article 25. Il y a trois options pour les nouveaux condamné à une amende d’une valeur égal aux dépenses bâtiments : effectuées pour la construction. a) Bâtiments en rez de chaussée en maçonnerie chainée ; b) Bâtiments avec un rez de chaussée et un étage : Du permis de construire toit de tôle, maçonnerie entre poteaux ou bois Article 32. La D72, la route communale de Lesson, la rue traité contre les termites en totalité ; dite Frères‐Portier à partir de son prolongement après la c) Bâtiments avec un rez de chaussée et un étage : passe Barbée sont inconstructibles sur une distance de 2 avec structure en bois ou en acier et toiture en km et sur une profondeur de 50 m à partir des limites de matériaux autres que le béton et les parpaings. la ville. Article 26. Le propriétaire qui entreprend une Article 33. Dans le souci d’éviter les constructions construction s’engage, au moment de l’obtention du nouvelles dans les zones isolées, le long des routes et permis de construire, à respecter les normes de chemins les plus fréquentés et/ou les zones à risques, construction et des principes du zonage. La mairie est en toute construction nouvelle dans toute l’étendue de la Page 85 sur 92 commune fera désormais l’objet d’un permis de construire délivré par la commune après instruction des CASECs du lieu où la nouvelle implantation est projetée. Article 34. Toute construction située à moins de 200 mètres d’une route carrossable, départementale ou communale, est sujette à une demande de permis de construire qui sera adressée au CASEC et devra obtenir l’autorisation du maire. Article 35. La conformité aux principes du zonage seront validés par un permis de construction délivré par la mairie qui s’assure que les principes de construction sont respectés. Disposition finale Article 36. L’exécution des dispositions du présent Projet d’aménagement, d’embellissement et d’extension est à la diligence du Conseil communal de la commune de Jérémie. Les CASECs sont en charge de faire respecter les normes qui touchent aux sections communales. Les ministères membres du CIAT prêteront leur concours au Conseil communal dans l’exécution du présent arrêté. Fait en l’hôtel de ville de Jérémie le xxx, La commission communale Approuvé par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales le xx Le ministre Page 86 sur 92 Page 87 sur 92 Documents consultés Artelia. 2016. Cartographie informative des Ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et phénomènes naturels à risque dans le département de du Développement rural. 2008. Recensement général Grande‐Anse et élaboration d’un plan de réduction des agricole. risques urbains Ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales. CIAT/CNIGS. Février 2018. Rapport d’analyse territoriale 2012. Compilation des budgets des 140 communes. du Grand Sud. Exercice 2011‐2012 COWI. 2022. Etude pour l’amélioration de la gestion des Moreau de Saint‐Méry. 1798. 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Bulletin 26 Livret III. Projets stratégiques à 10 ans Guy LASSERRE, Paul MORAL et Pierre USSELMANN (sous la direction de). 1985. Atlas d’Haïti. Centre d’Etudes de géographie tropicale et Université de Bordeaux 3. Page 88 sur 92 Cartes et images utilisées Carte topographique 1971 Carte censitaire IHSI 1982 IGN‐FIT, orthophoto 2014 Images drone CNIGS 24 octobre 2016 Pléïade et Spot 2019 CNES/Google Earth 2022 MNT 2018 Compléter avec images APRISMA Page 89 sur 92 Page 90 sur 92 3e de couverture Carte région de la 2e de couverture Page 91 sur 92 4e de couverture Logos CIAT, Union Européenne, Urbayiti Page 92 sur 92