(2020) Ayiti: Estrateji repons - Kontribisyon nan Plan repons imanitè (2019-2020) pou peryòd janvye-desanm 2020
Rezime — Estrateji repons FAO ki fonde kontribisyon li nan Plan repons imanitè 2019-2020 pou Ayiti, revize monte pou reponn ak enpak k ap parèt covid-19 sou kominote riral vilnerab yo. Site analiz IPC oktòb 2019 la, li rapòte 4.1 milyon Ayisyen (40 pousan popilasyon an) nan ensekirite alimantè egi grav.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
Haïti
Stratégie de réponse
Contribution au Plan de réponse humanitaire (2019-2020)
pour la période de janvier-décembre 2020
Répondre à la crise alimentaire, renforcer la résilience et atténuer
l’impact de la maladie à coronavirus 2019 (covid-19) sur les moyens
d’existence des populations vulnérables
Les frontières et les noms et autres appellations qui figurent sur cette carte n’impliquent de la part de la
FAO aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones ou de leurs
autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Les lignes pointillées sur les cartes représentent
des frontières approximatives dont le tracé peut ne pas avoir fait l’objet d’un accord définitif.
Photo de couverture: ©FAO
Mise en place de mesures adaptées face à la maladie
à coronavirus 2019 (covid-19)
Au vu des nouveaux défis engendrés par la maladie
à coronavirus 2019 (covid-19) et de son impact
sur la sécurité alimentaire des communautés
rurales vulnérables en Haïti, la Stratégie de
réponse de l’Organisation des Nations Unies
pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a été
révisée afin de répondre adéquatement à la crise
humanitaire et d’en atténuer les répercussions
sur les moyens d’existence des ménages agricoles.
Le budget requis a été revu à la hausse pour
protéger et restaurer les moyens d’existence
Contexte
4,1 millions de personnes
en insécurité alimentaire aiguë
sévère (mars-juin 2020 et
42% de l'ensemble de la
de 240 000 ménages (1,2 million de personnes)
en situation d’insécurité alimentaire aiguë sévère
(Phases 3 et 4 du Cadre intégré de classification
de la sécurité alimentaire [IPC]) tout en respectant
les mesures de prévention contre la propagation
de la covid‑19.
covid-19.
La Stratégie de réponse est en ligne avec le Plan
de réponse humanitaire global pour la covid-19
et en particulier avec la composante de la FAO
intitulé «Addressing the impacts of COVID-19 in
food crises (April–December 2020)».
Ces 10 dernières années, Haïti a été touché par deux tremblements
de terre majeurs (en 2010 et 2018), trois ouragans (Sandy en 2012,
Matthew en 2016 et Irma en 2017) et trois épisodes de sécheresse sévère
(en 2014, 2015/16 et 2018/19). Aujourd’hui encore, les effets de ces
catastrophes continuent d’aggraver la vulnérabilité des populations, en
particulier au sein des communautés rurales, qui tirent leurs moyens
d’existence de l’agriculture.
population rurale en est touché
65 530 enfants de
moins de 5 ans souffrent
de malnutrition aiguë
60% de la population qui
vit dans les zones rurales
tire ses moyens d’existence
de l’agriculture, de la pêche
et de l’élevage
96% d’Haïtiens sont exposés
aux chocs climatiques
En outre, la détérioration du contexte socio-politique et économique
ainsi que la propagation rapide de la covid-19 dans le pays exacerbe
les faiblesses structurelles persistantes du pays. Depuis juillet 2019, les
manifestations violentes ont provoqué l’arrêt quasi-total des mouvements
des personnes et des biens pendant plus de trois mois. La situation était
particulièrement préoccupante dans la métropole de Port-au-Prince,
ainsi que dans les villes de Gonaïves, Cap-Haïtien, Jacmel et Les Cayes,
où beaucoup d’activités économiques et commerciales étaient bloquées.
Les marchés urbains étaient très faiblement approvisionnés et les grands
centres commerciaux ne fonctionnaient presque pas. De plus, le départ de
la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti, combiné à la faible
capacité de la police nationale, exacerbent l’insécurité dans le pays, avec
la multiplication de groupes armés, la prolifération d’armes et le trafic de
drogue, aussi bien en milieu urbain que rural.
En outre, la hausse des prix des denrées de base, dont l’inflation annuelle
s’élève à environ 34 pour cent (notamment pour le maïs, le haricot noir
et le riz importé), la dépréciation de la gourde haïtienne (-24 pour cent
d’octobre 2018 à octobre 2019) et la diminution des investissements
étrangers ont considérablement réduit l’accès à la nourriture des ménages
les plus pauvres.
Contexte | 1
En 2020, il est essentiel de
continuer à soutenir les
moyens d’existence des
communautés touchées,
tout en renforçant leur
résilience face aux effets
des chocs.
D’après les données de la Banque mondiale (janvier 2020), le taux de
croissance de l’économie haïtienne sur les 12 derniers mois est de
-0,9 pour cent, soit le taux le plus bas observé depuis 2010, année du
tremblement de terre. Les ménages vulnérables ont dû adopter des
mécanismes de survie dangereux en vendant leurs avoirs productifs
(semences et animaux) pour couvrir leurs besoins alimentaires de base. En
effet, les activités génératrices de revenus des populations les plus pauvres
(petit commerce, vente de charbon, migration rurale) ont été fortement
perturbées. Aucun signe d’apaisement, susceptible de redonner confiance
aux agents économiques en vue de la relance des activités n’est observé.
L’insécurité alimentaire, notamment en raison de l’indisponibilité et d’un
accès physique et économique réduit aux produits alimentaires, continue
de se détériorer. Dans les zones rurales, la sécheresse de 2018 qui s’est
prolongée jusqu’au premier semestre de 2019, a engendré une baisse
de la production agricole d’environ 12 pour cent par rapport à l’année
dernière, notamment pour les cultures céréalières (maïs, riz et sorgho)
et légumineuses (haricots et autres pois). En 2019, une augmentation
soudaine du nombre de personnes en insécurité alimentaire aiguë sévère
a été observée en relation avec les épisodes de sécheresse et la période
de troubles socio-politiques. Le nombre de personnes touchées a ainsi
presque quintuplé.
Selon la dernière analyse de l’IPC (octobre 2019), 4,1 millions d’Haïtiens
(40 pour cent de la population) sont estimés en insécurité alimentaire
aiguë sévère, dont 1,2 million (12 pour cent de la population) en phase
d’urgence et 2,8 millions (28 pour cent de la population) en phase de
crise pendant la période de mars à juin 2020. En plus du Bas Nord-Ouest,
la zone côtière du département de Grande Anse et une partie de l’Ouest
(HT07) vont basculer en phase d’urgence. La situation est plus dégradée
dans les zones rurales avec 42 pour cent de la population en insécurité
alimentaire contre 31 pour cent dans les zones urbaines.
Évolution du nombre de personnes en insécurité alimentaire aiguë sévère
4 500 000
4 000 000
3 500 000
3 000 000
2 500 000
2 000 000
1 500 000
1 000 000
500 000
0
Octobre 2017–février 2018
Octobre 2018–février 2019
Source: Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire.
2 | Haiti – Stratégie de réponse
Mars–juin 2019
Octobre 2019–février 2020
Mars–juin 2020
Certains ménages, qui ont déjà perdu leurs moyens d’existence, en
particulier dans les départements de Grand’Anse, du Nord et les quartiers
très pauvres de Carrefour, pourraient faire face à d’importants déficits de
consommation alimentaire, traduits par des taux de malnutrition aiguë
très élevés.
État de l’insécurité alimentaire aiguë sévère (mars-juin 2020)
North Atlantic Ocea n
Nord-Ouest
Nord
Nord-Est
L’Artibonite
Centre
Ouest
Caribbean Sea
Gran d’Anse
Ouest
Nippes
Sud
TH E DOMINICAN
REPUBLIC
Sud-Est
0
15 km
Phases du Cadre intégré de classification
de la sécurité alimentaire
1 - Minimale
2 - Sous pression
3 - Crise
4 - Urgence
5 - Famine
Données insuffisantes
Non analysé
Source: Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, octobre 2019.
La carte est conforme à la carte des Nations Unies pour Haïti, février 2016.
En Haïti, les premiers cas de la covid-19 ont été signalés le 19 mars.
Par conséquent, le Gouvernement a mis en place un ensemble de
mesures tels que:
• la fermeture des écoles, des églises, des aéroports et des frontières
terrestres et maritimes;
• la mise en place des dispositions nécessaires pour la prise en charge
des malades;
• la restriction et la limitation des mouvements des citoyens;
• l’interdiction des rassemblements de plus de cinq personnes; et,
• le confinement des personnes provenant des pays à risques pour une
période de 14 jours.
Le Gouvernement a également développé un Plan de préparation et
de réponse incluant le contrôle, le suivi et une réponse médico-sociale
à la pandémie. Néanmoins, les capacités techniques et financières de
l’État restent limitées en terme de mesures spécifiques et urgentes mises
en œuvre à grande échelle pour atténuer les effets de la pandémie et
réduire sa propagation.
Contexte | 3
©FAO
Les mesures de
prévention mises en
place risquent de toucher
considérablement les
populations en situation
d’insécurité alimentaire
aiguë sévère, qui ont
notamment déjà perdu
leurs moyens d’existence.
Malgré ces mesures, la propagation rapide de la covid-19 est aggravée
par la réticence au confinement d’une grande partie de la population
dont les moyens d’existence dépendent du secteur informel, l’absence
de distanciation physique dans les transports publics et les marchés,
l’absence d’une politique de tests généralisés et la faible utilisation
des équipements d’hygiène préventive. La négation ou la mauvaise
interprétation de la pandémie par une population rurale privée de sources
d’information fiables risque d’entraîner la négligence des mesures prises
par le Gouvernement, augmentant ainsi le nombre de personnes touchées
par la pandémie. Au 7 juin, Haïti comptait déjà 3 538 cas confirmés
de la covid-19.
Les mesures de prévention mises en place risquent de toucher
considérablement les populations en situation d’insécurité alimentaire
aiguë sévère, qui ont notamment déjà perdu leurs moyens d’existence et
sont confrontées à d'importants déficits de consommation alimentaire
avec des taux élevés de malnutrition aiguë. Si aucune action n’est prise
pour atténuer l’impact de la covid-19 sur la sécurité alimentaire et les
moyens d’existence de ces populations vulnérables, une partie des
3 millions de personnes déjà en Phase 3 (crise) de l’analyse IPC risque
de basculer en Phase 4 (urgence).
4 | Haiti – Stratégie de réponse
En effet, plus de 45 pour cent des produits alimentaires consommés en
Haïti sont importés de pays étrangers. La réduction de l’importation des
biens alimentaires et non alimentaires en raison de la fermeture des
frontières (surtout avec la République dominicaine), la perturbation des
marchés et des chaînes d'approvisionnement due à la restriction de
mouvement des personnes et l’absence de filets sociaux permettant de
faire face à la baisse du pouvoir d’achat entraînent une hausse des prix
des produits alimentaires de base avec un impact négatif sur leur accès
aux ménages vulnérables. La restriction des mouvements des fournisseurs
impacte également la disponibilité et l’accès aux semences et autres
intrants agricoles de base sur les marchés locaux des communes enclavées
du pays. Ainsi, les ménages dont les moyens d’existence dépendent
exclusivement de l'agriculture, seront particulièrement touchés. Ils ne
seront pas en mesure de cultiver et/ou de vendre une partie de leurs
récoltes en raison d’une pénurie ou des coûts élevés des intrants agricoles
(semences, fertilisants, outils agricoles), dont une partie est importée, et du
manque de clients pour leur récolte.
En outre, la diaspora haïtienne en grande difficulté économique a
fortement réduit l’aide financière qu’elle envoyait régulièrement à un grand
nombre de familles rurales qui restent sans aucune autre source de revenu
que l’agriculture, l’élevage ou la pêche. De plus, beaucoup de personnes
habitant dans les communes frontalières avec la République dominicaine
vivaient de la vente de leur main d’œuvre dans ce pays voisin, qui comptait
17 572 cas confirmés de la covid-19 le 1er juin. Ainsi, du 19 mars au 1er
juin, environ 35 000 Haïtiens étaient rentrés volontairement ou expulsés
de la République dominicaine avec, comme conséquence, un risque élevé
de contamination et de propagation de la pandémie dans les communes
frontalières des départements du Nord-Est, du Centre et du Sud-Est.
Contexte | 5
©FAO
Modalités du
programme
intégré
pour assister
1,2 million de personnes
la FAO requiert
93 millions d’USD
pour la période
janvierdécembre 2020
6 | Haiti – Stratégie de réponse
Approche intégrée
Les besoins humanitaires en Haïti ont fortement augmenté en raison
de la crise, ce qui risque de compromettre les acquis en matière de
développement et pourrait nuire davantage à la cohésion sociale. Dans
ce contexte, il est indispensable de renforcer la coordination entre les
acteurs humanitaires pour assurer une réponse rapide aux besoins
des populations touchées et contribuer à leur relèvement. L’approche
développée par la FAO tient compte des causes profondes de la
vulnérabilité des populations rurales, afin de combiner une assistance
humanitaire d’urgence à des interventions de développement de plus
long terme et de permettre ainsi aux bénéficiaires de développer des
mécanismes d’adaptation aux chocs climatiques, politiques et socioéconomiques récurrents. Dans le cadre du Plan de réponse humanitaire
2019-2020 révisé, la FAO mettra en œuvre une stratégie opérationnelle
intégrée, adaptée à l’évolution du contexte dans le pays et axée sur les
divers secteurs agricoles (agriculture, élevage, pêche et forêt) dont les
populations dépendent, ainsi que sur l’atténuation de l’impact de la
covid-19 sur leurs moyens d’existence et leur sécurité alimentaire.
Soutenitr les moyens
d’existence des
communautés touchées
par la crise alimentaire est
essentiel pour renforcer
leur résilience et de limiter
l’impact de la covid-19 sur
leur sécurité alimentaire.
Répartition des principaux moyens d’existence en Haïti
Le secteur agricole contribue à 50 pour cent de la disponibilité alimentaire
du pays et joue ainsi un rôle essentiel pour contribuer à réduire l’insécurité
alimentaire. Le programme propose ainsi une multitude d’activités en
lien avec les moyens d’existence agricoles des bénéficiaires et les efforts
d’atténuation de l’impact de la covid-19, en fonction de la période, du
calendrier agricole et des spécificités des zones d’intervention. Il sera
renforcé par le programme de développement mis en œuvre par la FAO
et ses partenaires dont les activités se concentrent sur:
• la production vivrière, notamment les céréales, légumineuses et
tubercules qui sont la base principale de l’alimentation haïtienne et
cultivés sur presque tout le territoire, et en particulier pendant les
saisons agricoles du printemps (mars-juin) et d’été (juin-octobre);
• la production maraîchère, à travers un appui aux agriculteurs familiaux
pour lesquels le maraîchage est la source principale de revenus, en
ciblant en priorité les associations de femmes cheffes de ménages;
• la production semencière, avec un appui aux groupements de
producteurs de semences de qualité, mis en œuvre en collaboration
avec le Service national semencier, et la fourniture de coupons durant
les foires aux semences;
• l’élevage, avec un appui vétérinaire, qui permettra de réduire les
mécanismes de survie dangereux des ménages (vente de bétail pour
avoir accès à des aliments moins nutritifs en période de crise), et des
formations en santé animale; et
• la pêche, pratiquée en milieu marin et dans les lacs collinaires, à travers
un appui aux communautés de pêcheurs, tout en assurant la durabilité
environnementale de l’activité.
Renforcement des mécanismes d'intervention
Le 13 janvier 2020, la FAO a lancé un programme de renforcement de ses
opérations en Haïti au vu de l’aggravation de l’insécurité dans le pays
afin de répondre aux besoins immédiats des personnes en insécurité
alimentaire aiguë sévère et de contribuer à la protection, la restauration
et l’amélioration de leurs moyens d’existence. Les mesures mises en place
comprennent : des procédures simplifiées et prioritaires, le renforcement
des capacités du personnel actuel et le recrutement de nouveaux
spécialistes dans divers domaines, la réalisation d’analyses ad hoc et
l’accès à des fonds internes spéciaux, comme le Fonds spécial pour
les activités d’urgence et de relèvement, et les projets de coopération
technique d’urgence. Un soutien renforcé au bureau national de la FAO,
par les divisions du siège (division des urgences et de la résilience et toutes
les divisions techniques le cas échéant), le Bureau sous-régional pour la
Mésoamérique et le Bureau régional pour l’Amérique latine et les Caraïbes,
est également assuré. De plus, la collaboration avec les autres agences
des Nations Unies, les organisations non gouvernementales (ONG), les
associations d’agriculteurs et d’éleveurs, et l’ensemble des partenaires du
secteur de la sécurité alimentaire et de la nutrition est renforcée dans le
cadre du Plan de réponse humanitaire 2019-2020.
Modalités du programme intégré | 7
©FAO
Identification des bénéficiaires
Le programme cible 240 000 ménages vulnérables (1,2 million de
personnes) en Phases 3 et 4 de l’IPC, à travers une approche
participative et communautaire. L’intégration des dimensions de genre,
l’autonomisation des femmes et des jeunes, la nutrition, la conservation
des ressources naturelles et la promotion de l’agriculture durable et
résiliente face au changement climatique seront intégrées de manière
transversale. Un critère de vulnérabilité sera utilisé pour prendre en
compte les femmes cheffes de ménage, les jeunes (au moins 30 pour cent),
les personnes handicapées et les ménages ayant des enfants de moins de
5 ans. Une couche très vulnérable de la population sera ciblée en priorité
pour bénéficier des activités d’espèces contre travail, notamment les
ouvriers sans terres agricoles et les personnes retournées de la République
dominicaine, qui participeront à des activités de main d’œuvre pour
mener des travaux d’agriculture ou d’élevage en échange d’un revenu.
8 | Haiti – Stratégie de réponse
Ciblage géographique
Les zones ciblées seront prioritairement les départements en Phase 4 de
l’IPC à partir de mars 2020, notamment le Nord-Ouest, la Grand’Anse
et l’Ouest. Puis, un ciblage sera fait au profit des départements avec le
plus de communes en Phase 4, à savoir le Nord-Est, les Nippes et le Haut
Artibonite. Enfin, des zones en Phase 3 seront ciblées, notamment les
départements du Sud et du Sud-Est. Au vu de l’évolution de la fréquence et
de l’intensité des incidents liés à la sécurité, certaines zones d’intervention
retenues pourraient ne plus être accessibles ou moins adapter à certains
types d’activités. Ainsi, l’analyse du contexte prendra en compte des
scénarios (probabilité de trajectoires des conflits) afin d’orienter la mise en
œuvre de ce programme. La stratégie d’intervention pourra ainsi évoluer
selon le contexte du pays et les modalités de mise en œuvre sur le terrain.
Partenariats
Dans le cadre du partenariat entre la FAO et le Programme alimentaire
mondial (PAM), les deux agences ont développé une note de plaidoyer
conjointe afin de créer des synergies entre les modalités d’assistance
alimentaire du PAM et la distribution de semences et autres intrants
agricoles de la FAO. De plus, dans les communes où les deux agences
interviennent durant la même période, une harmonisation des critères
de sélection des bénéficiaires de kits d’intrants agricoles sera développée.
Le PAM fournira des transferts monétaires, tandis que la FAO soutiendra les
moyens d’existence agricoles et d’élevage des mêmes bénéficiaires ciblés.
Dans la mesure du possible, le ciblage des deux agences sera basé sur les
données disponibles du système d’information du Ministère des affaires
sociales et du travail.
Enfin, toutes les activités seront mises en oeuvres en partenariat avec
le Gouvernement d’Haïti, en particulier les services décentralisés du
Ministère de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement
rural, notamment les Directions départementales de l’agriculture (DDA),
les Bureaux agricoles communaux, la Coordination nationale de la sécurité
alimentaire, le Service national semencier, et l’Unité des statistiques et de
l’information, afin d’assurer la conformité dans la priorisation des actions
et éviter d’éventuels doublons. La FAO travaille également en coordination
avec les autres acteurs du Secteur de la securite alimentaire.
En outre, la FAO en Haïti travaillera en étroite collaboration avec
le Ministère de la santé, l’Organisation mondiale de la santé et le
secteur de la santé afin de partager les informations et les résultats
atteints. De plus, les recommandations pertinentes sur les mesures
prises et l’ensemble des activités nationales de prévention contre la
propagation de la covid-19 seront observés afin d’éviter la duplication
des interventions, d’harmoniser les approches et de promouvoir la
complémentarité avec la réponse médicale.
Modalités du programme intégré | 9
Objectifs
Le programme intégré de réponse vise à soutenir et réduire l’impact de
la covid-19 sur les moyens d’existence basés sur l’agriculture, l’élevage
et la pêche et renforcer la résilience de 240 000 ménages vulnérables
(1,2 million de personnes), afin de leur permettre d’améliorer de manière
durable leur sécurité alimentaire et nutritionnelle et leur mécanisme de
prévention contre la propagation de la pandémie. En outre, la stratégie
vise à prévenir la détérioration du contexte humanitaire, à travers la
stabilisation de la chaîne alimentaire et la mise en œuvre d’activités
agro-sylvo-pastorales diversifiées et d’activités de diversification des
revenus pour le renforcement du tissu socio-économique et de la
cohésion sociale.
Résultat 1.
L’assistance d’urgence et la coordination des acteurs humanitaires en
milieu rural sont renforcées afin de protéger les moyens d’existence des
ménages vulnérables, et l’accès et la disponibilité alimentaires sont
améliorés.
Bénéficiaires ciblés
108 000 ménages
(540 000 personnes)
Budget
34 millions d’USD
Activités prévues
(pour les six prochains mois)
• fourniture d’intrants agricoles (semences et outils) à travers des
•
•
•
•
10 | Haiti – Stratégie de réponse
distributions directes ou de coupons subventionnés (foires aux
semences ou coupons électroniques) pour les saisons agricoles 2020,
et en particulier les saisons du printemps (mars-juin 2020) et d’été
(juin-octobre 2020), au profit de 100 000 ménages
traitement et protection sanitaire de 24 000 animaux (bétail et volaille)
au profit de 8 000 agropasteurs
appui technique et fourniture de matériel végétal de plantation
pour la production fouragère, l’ensilage et la fabrication de foin
aux 8 000 agropasteurs mentionnés ci-dessus
fourniture de transferts monétaires inconditionnels combinés à
l’assistance agricole et à l’élevage (activités cash+) pour la protection
des moyens de production et pour réduire l’adoption de mécanismes
de survie dangereux au profit de 108 000 ménages bénéficiaires
d’intrants agricoles et des traitements vétérinaires des animaux
renforcement de la coordination des acteurs humanitaires intervenant
dans le secteur de la protection, de la sécurité alimentaire et du suiviévaluation des interventions
©FAO
Produits attendus
• La production vivrière et les revenus des ménages sont augmenté grâce
à la distribution d’intrants agricoles, et l’économie locale est améliorée
notamment grâce aux foires aux semences.
• L’adoption de mécanismes de survie dangereux est réduite,
notamment la décapitalisation et la vente d’animaux, sources
indispensables de revenus et d’aliments protéiques pour les ménages
vulnérables.
• La disponibilité et l’accès aux aliments sont améliorés.
Résultat 2.
Les sources de production alimentaire et de génération de revenus sont
renforcées et diversifiées en milieu rural et urbain afin de prévenir une
ultérieure détérioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
Bénéficiaires ciblés
132 000 ménages
(660 000 personnes)
Budget
37 millions d’USD
Modalités du programme intégré | 11
Activités prévues
• mise en place de champs école paysans (CEP) et formation des
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
groupements de producteurs en production et commercialisation
de semences et de matériel de plantation de qualité au profit de
60 groupements, soit 3 000 ménages
distribution de semences maraîchères et appui technique aux
associations de producteurs, soit 20 000 ménages
distribution de semences maraîchères et de plantules fruitières, et
appui technique pour l’installation et la gestion des micro-jardins
urbains et péri-urbains (utilisation de matériaux de récupération pour
la construction des espaces) et mise en place de sept points de vente
des produits au profit de 10 000 ménages, dont au moins 60 pour cent
de femmes cheffes de ménages
distribution d’animaux, dont 100 000 poules au profit de
20 000 ménages (quatre poules et un coq par ménage) et
25 000 chèvres au profit de 5 000 ménages (quatre chèvres et un bouc
par ménage)
distribution de matériel de pêche et appui technique au profit de
5 000 ménages afin d’initier ou de renforcer les activités halieutiques en
mer ou dans les lacs collinaires
distribution de matériel de conservation du poisson pour la
commercialisation et formation sur les techniques de pêche au profit
de 1 000 femmes cheffes de ménages
mise en place et entretien de 20 pépinières pour la production
de 3 millions de plantules agroforestières et fruitières au profit
de 8 000 ménages
mise en oeuvre des travaux à haute intensité de main d'oevre
rémunérés comme source alternative de revenu en faveur
de 30 000 ménages
réhabilitation de 1 200 ha de parcelles agricoles irriguées au profit
de 12 000 ménages
construction/réhabilitation de 90 bassins de rétention d’eau en faveur
de 7 000 ménages
restauration de 7 500 ha de terres agricoles dégradées appartenant à
9 000 ménages
création de 200 associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC)
au profit de 2 000 ménages
Produits attendus
• Les aliments disponibles en milieu rural et urbain et les revenus des
ménages sont augmentés et diversifiés.
• Les moyens de production et de protection des bassins versants
fragiles sont réhabilités.
12 | Haiti – Stratégie de réponse
Résultat 3.
Un soutien aux structures décentralisées et communautaires au service
des populations vulnérables est apporté afin d’assurer la durabilité,
et la résilience de leurs moyens d’existence et la cohésion sociale sont
renforcées.
Bénéficiaires ciblés
4 500 formateurs/
techniciens
Budget
5 millions d’USD
Activités prévues
• formation de 500 agents vétérinaires et des DDA en santé animale et
•
•
•
•
fournitures vétérinaires pour la mise en place de cliniques vétérinaires
mobiles
formation de 2 000 facilitateurs opérationnels des DDA pour la mise
en place et la gestion des CEP sur les bonnes pratiques agricoles, et en
éducation nutritionnelle, hygiène et préparation des aliments
formation des partenaires opérationnels, soit 2 000 personnes, pour la
création et l’animation des 200 AVEC
appui à la coordination nationale de la sécurité alimentaire, soit
50 organisations, pour renforcer la planification et la coordination du
Secteur de la sécurité alimentaire
analyse des priorités des zones ciblées, cartographie et mobilisation
de partenaires et de ressources dans le cadre du nexus humanitairedéveloppement-paix et de la Hand-in-Hand initiative
Produits attendus
• Les activités du programme sont répliquées et durables, et les
capacités des structures techniques locales et des organisations
communautaires de base sont renforcées.
• La résilience des moyens d’existence des populations et la cohésion
sociale sont renforcées.
• Les actions humanitaires sont intégrées aux interventions de
développement de moyen et long terme.
Modalités du programme intégré | 13
Résultat 4.
L’impact de la covid-19 sur la sécurité alimentaire et les moyens
d’existence des populations vulnérables est réduit et les capacités du
Gouvernement en termes d’évaluation d’impact et d’élaboration du plan
post-pandémie sont renforcées.
Bénéficiaires ciblés
1,2 million de personnes
Budget
17 millions d’USD
(même bénéficiaires que pour les
Résultats 1-3)
Activités prévues
• soutien en filet de sécurité productif à 90 000 ménages vulnérables
•
•
•
•
•
•
vivant dans les zones les plus touchées par la pandémie, dont 60 pour
cent de femmes cheffes de ménage, à travers des transferts monétaires
inconditionnels et non restrictifs de 100 USD, leur permettant de
répondre à leurs besoins immédiats
diffusion d’informations fiables sur les mesures de prévention contre
la propagation de la covid-19 et promotion de l’engagement social
à travers la fourniture de sept radios communautaires rurales localisées
dans les zones d’intervention de la FAO
formation et sensibilisation des acteurs communautaires (chefs civils
et religieux) responsables de la mobilisation sociale sur la prévention
contre la propagation de la covid-19 dans les zones d’intervention
de la FAO
mise en œuvre d’une campagne de sensibilisation des bénéficiaires
sur les risques liés à la covid-19 et les normes d’hygiène adéquates
á adopter pour éviter sa transmission
distribution de kits d’hygiène et de protection à 50 000 ménages
(250 000 personnes) vivant dans les zones les plus touchées
appui technique et distribution de 25 unités de conservation,
transformation et/ou commercialisation des aliments au profit des
associations de femmes et/ou de jeunes ruraux sans emploi
appui au Gouvernement pour évaluer l’impact de la pandémie sur les
moyens d’existence et la sécurité alimentaire et élaborer un plan de
réponse post-pandémie
Produits attendus
• Les revenus et l’accès à la nourriture des ménages vulnérables
bénéficiaires sont stabilisés grâce à la protection de leurs moyens
d’existence contre l’impact de la covid-19.
• La chaîne d’approvisionnement d’aliments et d’intrants agricoles en
faveur des populations vulnérables est assurée.
14 | Haiti – Stratégie de réponse
• Le Gouvernement connait l’impact de la pandémie sur la sécurité
alimentaire et les moyens d’existence des populations rurales et un
outil de coordination a été développé afin de prioriser les interventions
pendant la période post-pandémie.
• Le personnel de la FAO et de ses partenaires ainsi que les bénéficiaires
sont protégés contre la propagation de la covid-19 lors de la mise en
œuvre des interventions dans le cadre de cette stratégie de réponse.
• Les communautés rurales habitant dans les zones d’intervention ont
maitrisé les techniques de prévention contre la propagation de la
covid-19.
Suivi et évaluation
L’équipe technique de la FAO mettra en place un dispositif de
suivi-évaluation pour mesurer les progrès des activités. Le suivi se
focalisera sur la réalisation des résultats attendus.
Modalités du programme intégré | 15
©FAO
16 | Haiti – Stratégie de réponse
Protéger les moyens d’existence c’est sauver des vies
Contact
Représentation de la FAO au Haïti
Port-au-Prince, Haïti
FAO-HT@fao.org
Division des urgences et de la résilience de la FAO
Rome, Italie
PSE-Director@fao.org
www.fao.org/emergencies
www.fao.org/resilience
CITATION RECOMMANDÉE
Certains droits réservés. Cette œuvre est mise
à disposition selon les termes de la licence
CC BY-NC-SA 3.0 IGO
FAO. 2020. Haïti | Stratégie de réponse: Contribution
au Plan de réponse humanitaire (2019-2020) pour la période
de janvier-décembre 2020, Deuxième version. Rome.
https://doi.org/10.4060/ca9559fr
©FAO, 2020
CA9559FR/1/06.20, Deuxième version
Organisation des Nations Unies
pour l’alimentation et l’agriculture