(FY2017) Avi CSCCA sou pwojè lwa finans ekzèsis fiskal 2016-2017 la
Rezime — Avi Lakou a sou pwojè lwa finans 2016-2017 la, li resevwa l dapre dispozisyon legal ki an vigè apre yo te depoze pwojè a nan palman an, epi analiz li sou dokiman an swiv.
Dekouve Enpotan
- Avi Lakou a sou pwojè lwa finans FY2017 la, li resevwa l apre yo te depoze pwojè a nan palman an. Avi a se dènye kontwòl endepandan anvan lejislatè a vote.
Deskripsyon Konple
Lakou Siperyè Kont ak Kontansye Administratif la te resevwa pou avi pwojè lwa finans ekzèsis 2016-2017 la, dapre dispozisyon legal ki an vigè, apre yo te depoze l nan palman an. Dokiman an gen avi a ak analiz ki chita dèyè l. Avi Lakou a se dènye kontwòl endepandan sou yon lwa finans anvan lejislatè a vote l, sa ki fè seri a tounen yon dosye sou sa enstitisyon kontwòl la te konteste chak ane.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
AVIS DE LA COUR SUPÉRIEURE DES COMPTES ET DU CONTENTIEUX
ADMINISTRATIF (CSCCA) SUR LE PROJET DE LOI DE FINANCES DE
L’EXERCICE FISCAL 2016-2017
Conformément aux dispositions légales en vigueur, la CSCCA a reçu pour avis le………2016 le
Projet de Loi de Finances pour l’exercice fiscal 2016-2017, déposé au parlement le……2016.
L’analyse du document a permis à la Cour de produire les considérations suivantes :
1.- Contexte
La République d’Haïti traverse, une fois de plus, une période d’incertitude. La crise électorale
bouleverse l’échiquier politique et émiette le pouvoir des décideurs à un moment où la
nécessité de prendre rapidement des décisions cruciales pour la nation s’impose comme
impératif semaine après semaine. En termes réels, les ressources dont dispose l’Etat marquent
un recul depuis à peu près deux exercices fiscaux, quand précisément certains engagements
pris après l’effacement de la dette externe commencent à arriver à maturité. Cette situation a
déjà mis l’Administration en rupture de paiement sur des échéances de Petro Caribe. Les
organismes de perception n’obtiennent pas les résultats escomptés, des annonces d’un certain
désengagement de l’aide internationale sont faites, un ralentissement des activités sur le
marché local est également constaté. Faute de conditions propices créées par l’Etat et en raison
de la précarité de la situation, les investissements privés ralentissent. C’est dans ce contexte
que l’Etat se retrouve acculé à prendre totalement en charge le financement des élections
présidentielles et des élections sénatoriales et locales partielles devant se tenir en automne
2016. L’on comprend que des ponctions sur les investissements publics couverts par le Trésor
Public et sur les charges de fonctionnement des services publics deviennent inévitables.
2.- Aspect légal
Le 9 octobre 2015 le Pouvoir Exécutif a pris un décret intitulé : décret fixant les règles
fondamentales relatives à la nature, au contenu, à la procédure d’élaboration, de
présentation et d’adoption des lois de finances qui a remplacé le décret du 16 février 2005 sur
l’élaboration et l’exécution des lois de finances. Il est normal que le Projet de Loi de Finances
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de l’exercice 2016-2017, dans ses visas, retienne le décret du 9 octobre 2015 et non celui du 16
février2005 et que la présentation dudit projet de loi se conforme aux règles fixées dans le
décret qui y est visé. Cependant, la cour constate que le projet de loi n’obéit pas à de
nombreuses dispositions du décret fixant les règles de sa présentation. À fin d’édification, elle
cite :
•
les articles 30 et 31 qui prévoient que les crédits budgétaires sont regroupés en
programmes ;
Les crédits sont présentés par entités administratives uniquement
•
article 47 prévoit des annexes tels cadre budgétaire de moyen terme, un cadre
prévisionnel d’exécution des ressources et des dépenses ventilés par trimestre ;
Ces documents n’accompagnent pas le projet de loi ;
•
Article 49.- « L’avis de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif
peut porter sur :
1. Le respect du cadre légal et réglementaire relatif aux ressources et aux charges ;
2. La pertinence des mesures à caractère fiscal et douanier ;
3. La cohérence budgétaire mesurée à travers l’adéquation entre les politiques
poursuivies par le Gouvernement et les programmes proposés au vote du
Parlement….. »
a. la présentation des charges n’est pas conforme au cadre légal et réglementaire
particulièrement certaines dispositions du décret du 9 octobre 2015 (alinéa 1) ;
b. La présentation des mesures fiscales dans le corps du document ne facilite pas l’analyse
de la pertinence des mesures à caractère fiscal et douanier (alinéa 2) ;
c. cette cohérence budgétaire ne peut être mesurée puisque il n y a pas de politiques
clairement définies dans le document de projet de loi et la CSCCA n’est pas au courant
des programmes, qui n’y sont pas non plus mentionnés (alinéa 3).
•
L’article.- 50 prévoit le vote du budget par entité administrative de premier rang et
par programme, et celui des plafonds d’autorisation d’emplois de fonctionnaires.
Pas de programmes ni de plafonds d’autorisation d’emplois de fonctionnaires soumis au
vote du Parlement.
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Sur la base de ces observations, la cour est d’avis que des dispositions soient prises en urgence
en vue d’harmoniser ces deux textes de loi. Pouvant être considéré comme une loi-cadre, le
décret du 9 octobre 2015 ne sera nullement amendé par la loi de finances de l’exercice dans
les dispositions des deux textes qui sont contraires.
La législation sur la gestion et le contrôle des finances publiques était déjà dépassée par
l’évolution des techniques et les pratiques quotidiennes. L’on constate un manque d’harmonie,
des carences et même des incohérences dans les textes de loi qui constituent cette législation.
Une reformulation complète de cette législation est attendue avec impatience. Les vertus de
l’adoption de programmes dans le cadre d’une gestion axée sur des résultats n’étant plus à
démontrer, l’idée de programme, dans son sens large, introduite par le décret est la bienvenue.
Cependant, ledit décret apporte plus de difficultés que de solutions. Les inconvénients que
peuvent engendrer des ruptures dans l’exécution des programmes recommanderaient de leur
conférer légitimité et pérennité, de s’assurer qu’ils répondent parfaitement aux besoins, qu’ils
soient réalistes et cohérents. Ces garanties ne sont pas données puisque les procédures
d’établissement et d’adoption de ces programmes, qui ne sont pas assimilables au Programme
d’Investissements Publics, ne sont pas définies. Les changements qui seront apportés dans la
perception des crédits budgétaires ne resteront pas sans incidences sur les mécanismes
d’exécution et de contrôle de la dépense publique. Rien n’est dit, jusqu’à présent, sur les
ajustements qui doivent être apportés aux structures chargées des tâches y relatives.
L’observateur se demandera quel est le degré de fiabilité de l’évaluation des besoins de la
nation servant de base à l’établissement des programmes dans ce contexte de déficience en
données statistiques et de méconnaissance du patrimoine des services publics, en particulier,
et de la nation dans son ensemble.
Il est à déplorer qu’une initiative aussi cruciale ait été prise et menée à matérialisation par
l’Exécutif, unilatéralement. Le Parlement d’alors, même dysfonctionnel, la CSCCA n’ont même
pas été consultés.
Ce serait un point positif que l’Exécutif regroupe des crédits budgétaires en programme afin de
familiariser les agents de la fonction publique à une autre conception de la dépense publique et
apporter plus de clarté dans la gestion des Finances Publiques, en général, et dans l’utilisation
des crédits, en particulier. Il n’y a pas d’opposition légale à cela. Il faut noter que l’idée n’est pas
identique à l’adoption de dispositions explicites sur la présentation et le vote de crédits
budgétaires par programmes. Dans ce dernier cas, il s’impose comme impératifs de soumettre
au Parlement un projet de loi de finances pour le prochain exercice fiscal avec des crédits
présentés par programmes, de tenir une comptabilité et de préparer des rapports pour rendre
compte sur l’état d’exécution des programmes.
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Dans l’état actuel des choses, il serait très compliqué d’ajuster avant le 30 septembre 2016 le
Projet de Loi de Finances de l’exercice fiscal 2016-2017 aux exigences du décret fixant les
règles fondamentales relatives à la nature, au contenu, à la procédure d’élaboration, de
présentation et d’adoption des lois de finances (qui comporteraient la Préparation et le vote
des programmes) et d’adapter les structures d’exécution et de contrôle des transactions
publiques aux nouvelles réalités. La solution qui reste viable serait de renoncer à certaines
innovations du décret, au demeurant très intéressantes, reporter leur adoption dans le cadre
du processus de réforme des Finances Publiques.
3.- Observations sur le Projet de Loi de Finances
L’Etat ne peut observer passivement la croissance démographique démesurée, comme le
laisserait comprendre l’exposé des motifs en son tout début. Le problème de la précarité de la
population ne sera jamais bien adressé en dehors d’une politique de limitation des naissances,
qui renforcerait par ailleurs la justification d’un Secrétaire d’Etat à la Population.
Dans certains domaines, il semble que les intérêts du fonctionnement de l’appareil étatique
prennent leur distance de ceux du citoyen et de la nation quand ils ne deviennent pas
antagoniques tout simplement. Il faut se rappeler de toutes les arguties, mêmes les plus
improbables, qui ont été utilisées pour expliquer que la chute du cours du pétrole n’était pas
dans l’intérêt de la République d’Haïti, pays uniquement consommateur. La présentation de ce
projet de loi, fait ressentir que la conséquence de la baisse des importations sur les rentrées
fiscales est davantage déplorée que le résultat qui peut être enregistré dans la balance
commerciale ou les effets induits qui peuvent se manifester dans la production locale. Une
dépendance outrancière par rapport à des pays tiers, que ce soit dans les échanges de biens,
que ce soit dans un assistanat, devrait être traitée comme une situation temporaire. La
politique fiscale mise excessivement sur le commerce international (entendez importations),
tandis que des incitations à consommer local ou à accroitre la production nationale sont
faibles, voire inexistantes.
La fiscalité nationale ne couvre que la fonction de mobilisation de ressources pour financer
l’action de l’Etat, les fonctions de redistribution, d’incitation ou de découragement à certaines
activités contraires aux intérêts de la nation sont à peu près ignorées.
Les comparaisons des données d’un exercice à un autre se fait uniquement sur la base de la
valeur nominale de la gourde, ce qui ne permet pas de suivre l’évolution réelle des capacités
d’intervention.
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1. Ce projet de loi a été préparé dans une conjoncture spéciale. Le pays est confronté à de
nombreuses difficultés ; mis à part les dossiers d’une urgence extrême, des résultats
extraordinaires ne peuvent être espérés de ce Gouvernement à qui il ne reste que très
peu de temps à passer au pouvoir.
2. Non seulement les prévisions des crédits relatifs aux investissements régressent depuis
des années et, particulièrement, durant les deux derniers exercices fiscaux, les dépenses
de capital effectivement réalisées sont très en deçà des prévisions initiales en raison de
contraintes de ressources que connait l’Etat.
3. Des tâches essentielles dans un cadre de production d’un niveau de service minimal à la
nation ne sont pas accomplies, de façon satisfaisante pour le moins. L’on peut citer :
Assainissement et nettoyage des rues, règlementation de la circulation de véhicules et
du transport (personnes, marchandise), entretien et réparation des éléments d’actifs,
L’Etat n’arrive pas a identifier ses équipements et des véhicules dotes d’anciennes plaques
d’immatriculation circulent sans être inquiétés
4. Des initiatives nécessaires à la bonne marche de l’Administration ou indispensable au
démarrage économique ne sont pas entreprises : Elimination des sinécures dans la
fonction publique (les contrats affluent a la Cour alors que tous les services publics disposent
d’un trop grand surplus de personnel), limitation des naissances par la sensibilisation et
l’effectivité des services de planning familial… etc.
Pou toutes ces raisons, l’on doit se poser des questions sur la viabilité ou l’opportunité des
objectifs et priorités qui ont été retenus dans le document analysé. L’on peut tirer comme
exemples :
Electrification du territoire.- Depuis plus de vingt années L’Electricité d’Etat d’Haïti est en
faillite sur tout point de vue. Elle n’est maintenue en vie que sous perfusion (injection des
transferts du Trésor Public pour couvrir des dépenses de l’organisme, dont l’achat d’énergie). Il
serait très compliqué, dans l’état actuel des choses, de mobiliser des fonds pour permettre une
alimentation au niveau d’avant 1990 des zones qui recevaient le courant électrique à cette
époque tout en honorant les nouveaux engagements. Toutefois, il ne s’agit pas uniquement de
ressources. Le concept de cette compagnie de production et de distribution de l’énergie
électrique est totalement à revoir, ce qui commence à se faire avec l’introduction d’opérateurs
privés dans la production. Pour aboutir á l’électrification du territoire, au moins, il faudra
d’abord contenir les pertes subies dans les réseaux et les structures de production et de
distribution du courant (prises clandestines, pertes techniques, vols, mauvaise gestion).
Maintenir la stabilité macroéconomique.- La chute vertigineuse de la production nationale et
des exportations, la volatilité de la monnaie nationale et la dépendance vis-à-vis de l’Etranger
qui va en s’augmentant ne semblent pas laisser entrevoir des lueurs de stabilité économique.
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Un objectif qu’il ne faut pas perdre de vue et dont la poursuite devrait s’initier dans les
meilleurs délais.
Renforcer la dynamique de la protection de l’environnement.- Il ne sera pas aisé de faire
comprendre aux gens qui sont régulièrement confrontés aux inconvénients que peut
occasionner toute averse qu’il existe une dynamique de protection de l’environnement. Avec la
moindre pluie l’espoir de parvenir à alimenter un jour les haïtiens s’érode par le transport de la
terre arabe vers la mer sous la pression des courants d’eau qui ne sont pas maitrisés. Des leçons
n’ont pas été tirées du séisme du 12 janvier 2010, des constructions continuent de s’ériger
n’importe où, sans respecter aucune norme de sécurité, aucune norme d’urbanisme ou de
protection de l’environnement. Le spectacle auquel l’on assiste est la conséquence de
nombreuses années de négligence, de laissez-faire. Il se peut qu’il y ait eu par le passé des
tentatives de ralentir la dégradation de l’environnement, mais parler de dynamique de
protection de l’environnement aujourd’hui est carrément exagéré.
Ce sont autant de points qui pourraient donner un aspect de légèreté frisant la propagande à
un document très technique et très sérieux. Il serait dans l’intérêt des Finances Publiques
Haïtiennes qu’une formulation d’objectifs et de politiques publiques fasse effectivement partie
intégrante du processus d’élaboration du budget national. Le message porté par ce document
doit exprimer l’engagement que prennent les responsables politiques d’utiliser les ressources
qui seront mobilisées d’une certaine façon afin d’offrir les résultats formulés dans leur vision
politique.
La structure de la répartition des crédits budgétaires a régulièrement évolué durant la dernière
décennie dans le sens d’un désengagement de l’Etat dans la production nationale
(infrastructures, encadrement etc.). En effet :
•
•
les secteurs « Politique » et « social » pèsent de plus en plus dans le budget national,
tandis que la portion du secteur « Economique » est en baisse ;
les investissements publics, qui évoluent en dents de scie, enregistrent dans les faits une
baisse de leur importance relative en termes d’enveloppe budgétaire.
Après l’annulation de la Dette Externe consentie en 2009, l’endettement public a crû à un
rythme appréciable durant les cinq dernières années. Les voies et moyens additionnels ainsi
obtenus n’ont pas été utilisés de façon à créer les conditions de remboursements des nouveaux
engagements.
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4.- Documents de support au Projet
4.1. Quoiqu’ils comportent des informations intéressantes qui ont aidé dans la préparation du
présent avis, L’Exposé des motifs et le document de cadrage macroéconomique semblent
n’avoir été préparés que pour la forme. L’on ne saisit pas la relation entre des situations, des
besoins exposés et un choix de politiques publiques dont la mise en œuvre exigerait les options
de répartition des crédits et d’imposition des charges retenues. L’on n’arrive pas à palper les
résultats, les bénéfices qui posent le document soumis au vote du Parlement comme la solution
idéale aux difficultés du pays dans l’état actuel des choses.
Ces deux documents se révèlent assez évasifs et inexacts à un certain degré. Ils parlent de
croissance du PIB, de faible baisse des charges fiscales et du maintien du niveau de la pression
fiscale. Pour obtenir ce dernier résultat, les deux premières variables ne devraient pas évoluer
en sens contraires. De toute façon, la forte croissance démographique notée dans l’exposé des
motifs élimine toute idée de croissance réelle. Il parait davantage vraisemblable que le pays vit
une récession. Si le diagnostic est faussé, le traitement n’est pas supposé apporter de
soulagement.
4.2. Il faut accueillir la publication des informations sur les salaires, sans perdre de vue qu’à
cette phase du cycle budgétaire, les informations sur la rémunération des agents de la fonction
publique doivent dégager les transformations et créations d’emplois que permettront de
réaliser les crédits budgétaires, tout en établissant leur importance dans le processus de
réalisation des objectifs visés.
4.3 Un Document intitulé « Suivi de l’Encours de la Dette et du Service de la Dette » fait partie
des annexes. Il est intéressant d’y noter que « dans la perspective d’une gestion plus rationnelle
de la dette publique, le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF) a procédé à l’élaboration
d’un document de stratégie d’endettement public ». La CSCCA, dans son avis sur le Projet de
Budget Rectificatif 2015-2016, signalait qu’il y avait un risque de ne pas pouvoir assurer le
service de la dette publique à brève échéance. Même quand les principes que veut faire passer
le MEF ne peuvent pas avoir d’effets sur les torts déjà causés, il faut espérer qu’ils puissent
protéger la nation, à l’avenir, de tout aventurisme, de toute insouciance dans l’endettement.
Le MEF se fera certainement le devoir de partager (pas forcément dans le cadre d’une loi de
finances) les aspects de son document stratégique concernant les dispositions en vue d’éviter
des ruptures dans le Service de la Dette, les politiques à adopter pour rentabiliser les fonds
empruntés afin de renforcer l’économie et créer les possibilités de remboursement sans
douleur.
4.4. La création incessante de nouveaux services qui modifie forcément l’affectation des tâches
liées aux fonctions de l’Administration est une justification suffisante à la réalisation d’une
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classification fonctionnelle des emplois du budget général. C’est la façon idéale d’écarter des
biais dans les analyses de séries sur l’accomplissement des devoirs de l’Etat envers les citoyens.
Cette classification fait partie des annexes au document principal tout comme une classification
géographique des crédits. Cette dernière permet de vérifier la réponse apportée aux besoins
des subdivisions du territoire que des données statistiques permettent d’identifier, tout comme
le cadre mis en place pour l’exploitation des potentiels.
4.5. Les textes à caractère fiscal, nouveaux ou amendés, pour permettre la mise en œuvre à
travers le budget des politiques publiques retenues par le Gouvernement ne figurent pas
comme documents annexes puisque, comme dénoncé maintes fois par la CSCCA, la mauvaise
habitude a été prise, depuis des années, de traiter la fiscalité à l’intérieur du document de Loi
de Finance de l’Exercice.
5.- Du contenu du Projet de Loi de Finances de l’exercice 2016-2017
Voies et Moyens
Recettes fiscales
Les recettes fiscales sont prévues à hauteur de 76.65 milliards de Gourdes dont la perception
sera réalisée par la Direction Générale des Impôts et l’Administration Générale des Douanes
pour, respectivement, 33.1 et 43.06. Présentées sous un autre format, ces recettes se
répartissent en 20.27 milliards de Gourdes d’impôts directs, 53.81 d’impôts indirects et 2.57
milliards d’autres recettes domestiques. Les impôts directs représentent environ 26% des
recettes et se sont accrus moins que proportionnellement par rapport aux impôts indirects en
comparaison aux prévisions de l’exercice 2015-2016. Les prévisions des autres recettes
domestiques connaissent une chute de 76% par rapport à l’exercice fiscal précédent.
Soin est pris de mentionner que par rapport à l’exercice fiscal 2015-2016 il y a « un léger
manque à percevoir de 558.75 millions de Gourdes ». La cour est plutôt d’avis que la baisse est
plus importante si l’on prend pour référence la valeur réelle de la monnaie nationale. Il est
également dit que l’effort d’accroitre les recettes domestiques se fait dans un souci de dégager
un financement local des investissements que l’on veut rendre moins tributaire du financement
étranger. Les dépenses d’investissement sont en constante diminution ces dernières années,
indépendamment de la taille des ressources domestiques, le projet de loi de finances 20162017 fait la part belle au financement étranger par rapport au Trésor Public.
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Les Dons
L’Etat haïtien bénéficiera de 27.779 milliards de Gourdes de dons en financement de projets et
de 2.857 milliards en appui budgétaire ce qui fait un total de 30.636 milliards de Gourdes. Dans
leur globalité, les dons sont en augmentation de 18%, mais en valeur courante de la gourde.
Contrairement à ce qui se dit, l’aide étrangère ne se porte pas si mal.
Financement
Le financement est en en recul de 55% (valeur courante de la gourde). Ce résultat s’explique
par l’accroissement de l’amortissement de la dette externe et la baisse des décaissements tant
sur les obligations domestiques qu’internationales. Quelles que soient les causes qui ont
conduit à ce résultat, c’est un pas dans la bonne direction parce que l’utilisation qui était faite
des décaissements sur la dette ne créait pas les possibilités de remboursement. Dans le cadre
d’un programme réaliste visant l’expansion et une gestion rigoureuse des produits de
l’endettement, l’Etat peut renouer avec un financement consacré au renforcement de
l’économie, au développement.
Emplois (Crédits)
Crédits de fonctionnement
Hormis, les intérêts de la Dette Interne, les crédits de fonctionnement se sont légèrement
appréciés en valeur nominale. C’était un résultat attendu dans la mesure où un effort
complémentaire doit être consenti pour payer les intérêts de la Dette Externe et le financement
des prochaines élections sera à la charge du Trésor Public. Toutefois, il est constaté que, dans
le Projet de Loi de Finances, la ligne de crédits « Activités électorales » est doté d’un montant
de 1.300 milliards de Gourdes qui parait moindre que les coûts récemment réclamés par les
CEP pour l’organisation de joutes électorales. L’Exécutif est susceptible de faire passer une
facture en sus des prévisions initiales sous une forme qui n’est pas recommandée.
La CSCCA persiste à croire qu’il y a des dispositions de nature à contenir les dépenses courantes
de l’Administration qui n’ont pas été jusqu’ici explorées. Et pour cause, le Gouvernement a
finalement décidé de prendre des mesures dans ce sens (pour les quelques mois qu’il lui reste)
en vue de :
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« limiter les dépenses inopportunes relatives à l’acquisition de matériel roulant, aux
voyages à l’étranger, aux frais de réception et aux subventions ;
contenir le niveau des dépenses discrétionnaires dans les limites acceptables en tenant
compte des disponibilités de trésorerie ;
Combattre la sinécure
rationaliser les procédures de contrôle de l’utilisation des deniers publics, en s’inspirant
du cadre légal en vigueur ;
régulariser l’octroi des avantages sociaux ;
Combattre la surfacturation ;
s’assurer que les engagements respectent les disponibilités budgétaires ;
aligner les mouvements de personnel sur les besoins réels de l’Administration ;
responsabiliser la gestion des parcs automobiles et des matériels et équipements
amortissables. » (exposé des motifs)
Il n’est jamais trop tard pour bien faire, il faut attendre pour voir l’appareil administratif à l’œuvre.
Investissements Publics
Les crédits d’investissement affichent un total de 50.227 milliards de Gourdes comparés à
57.697 milliards de Gourdes prévues en 2015-2016. Toutefois, les dons en financement de
projets connaissent une appréciation (27.779 milliards contre 21.631 milliards de prévus en
2015-2016).
La baisse des dépenses en capital est très préoccupante surtout dans la situation de dénuement
où se trouve le pays. C’est une situation que les responsables politiques doit adresser en toute
urgence dans la mesure où elle sape les acquis réalisés par la République.
Intérêts de la Dette
Les intérêts de la Dette Publique se chiffrent à 2.726 milliards de Gourdes alors qu’ils montaient
à 2.294 milliards dans le document budgétaire de 2015-2016. L’on constate un sensible
accroissement des intérêts sur la Dette Externe qui était attendu avec la reprise accélérée de
l’endettement durant les années précédentes.
6.- Des Budgets annexes
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Une amélioration est relevée dans le projet analysé auquel sont adjoints des informations sur
les prélèvements prévus sur CAS et les projets de budget des Comptes Spéciaux du Trésor
FDU, CFGDTC et Pension Civile. Cependant l’on ne doit pas crier victoire trop vite, parce que les
nombreuses remarques de la CSCCA n’ont pas pu porter les responsables financiers à y faire
figurer les budgets des organismes autonomes et des entreprises publiques. Le MEF a tout
intérêt de corriger cette situation que l’on pourrait attribuer à deux causes éventuelles :
1. Absence de leadership des autorités financières sur les services assujettis à la
présentation d’un budget en complément du document principal ;
2. Dissimulation de l’utilisation inavouable de fonds publics.
Quelle que soit l’explication, il demeure un fait que la nécessité d’octroyer des subventions à
l’Electricité d’Haïti, l’absence ou la taille de la participation des Organismes Autonomes à la
constitution des ressources de l’Etat ne peuvent être appréciées. Les estimations des capacités
réelles d’intervention sont ainsi biaisées.
7.- De la lisibilité du projet
Clarté et transparence
Afin de permettre une superposition des comptabilités base caisse et base engagement il y a
lieu d’appliquer strictement les dispositions légales relatives à l’interdiction de contraction des
recettes fiscales par le prélèvement de frais de collecte. Ces frais, comme le coût de transfert
par SPIH de la Banque Nationale de Crédit (BNC) à la Banque de la République d’Haïti (BRH)
doivent figurer dans une loi de finances. Les demandes de décaissements faites directement à
la BRH doivent être prohibées. L’on peut toujours instituer des procédures rapides pour faire
aboutir les urgences.
Le budget national n’est pas bâti en fonction d’un programme, d’un plan dont les objectifs sont
poursuivis à travers son exécution. Les brèves informations contenues dans l’exposé des motifs
et le document de cadrage ne permettent pas de relier l’utilisation des crédits aux résultats
recherchés par les politiques publiques mises en œuvre. L’évaluation de l’efficacité des services
publics ne peut se faire sur la base de la quantité ou de la qualité du produit qu’ils délivrent, ces
informations n’entrant pas en ligne de compte dans la logique de moyens qui prime dans la
gestion des Finances Publiques haïtiennes.
Il convient de s’assurer d’une organisation cohérente de l’Administration afin d’aboutir à la
rationalisation de la répartition des tâches et dégager des synergies dans le fonctionnement des
services publics. Cela ne peut se faire que par le biais de lois organiques et d’organigrammes
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bien structurés et effectivement appliqués. En dehors de ces exigences, il est difficile, même
pour les gestionnaires de ces services, de bien cerner le contenu et les limites de leurs missions.
Les éventuelles duplications de tâches rendront encore plus compliquée l’identification de la
contribution des services dans l’accomplissement des fonctions incombant aux administrations
publiques.
Les dispositions légales aussi bien que les injonctions de la CSCCA n’ont pas encore réussi à
porter tous les services publics à produire un rapport d’évaluation des immobilisations à leur
disposition. Sans cette évaluation, l’on se demande qu’est-ce qui garantit la justesse des
estimations des besoins lors de l’établissement du budget. La gestion rationnelle des ressources
de l’Etat ainsi que le contrôle des transactions publiques s’en retrouvent handicapés. L’absence
de l’inventaire combinée au fait que des standards ne sont pas fixés dans l’exécution des tâches
de l’Administration et l’évaluation de la qualité des services fournis ne permettent pas de
prédéterminer les résultats qui seront obtenus des dépenses et rendent impossible la pratique
d’un contrôle de gestion.
Sous prétexte d’insuffisance de crédits pour financer leurs activités, divers services publics
imposent des charges officieuses aux administrés comme bon leur semble. Les montants perçus
sont gérés en dehors du circuit de gestion des Finances Publiques. La cour a recommandé que
les autorités compétentes fassent l’évaluation du bien-fondé du paiement de ces frais afin
d’éliminer ceux qui sont assimilables à de la fraude et établir des barèmes pour ceux qu’elles
jugeront utiles d’autoriser. L’indifférence des responsables équivaut à un déni de protection du
simple citoyen face à des agents publics jouissant de l’impunité. Les conséquences du statu quo
sont non seulement la possibilité de duper toute personne devant remplir certaines formalités,
mais également une sous-estimation du coût réel des services et une mauvaise appréciation de
la pression fiscale.
Le recours fréquent à des budgets rectificatifs et à des modifications des mesures fiscales
recommanderait que des scénarii de gestion de trésorerie accompagnent les projets de lois de
finances. La garantie que les stratégies d’ajustement aux fluctuations conjoncturelles
permettant d’éviter des résultats non souhaitables sont réfléchies et concertées doit être
donnée. Les ordonnateurs, imbus des règles du jeu, seraient capables d’établir eux-mêmes
leurs options de dépenses et le MEF n’aurait pas à imposer unilatéralement ce qu’il juge bon
pour tout le monde.
L’absence des budgets des Organismes Autonomes et des Entreprises Publiques en annexe du
Projet de Loi de Finances, en opposition aux vœux du Législateur, est un cas caractéristique du
manque de transparence. Toutes les transactions effectuées à partir de deniers publics ne sont
pas révélées. De ce fait, elles sont facilement soustraites du contrôle des services appropriés et
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faussent l’appréciation qui peut se faire des ressources dont dispose l’Etat et le volume
d’activités réalisé.
8.- Recommandations
1. Des ajustements sont apportés au Décret fixant les règles fondamentales relatives à la
nature, au contenu, à la procédure d’élaboration, de présentation et d’adoption des
lois de finances du 9 octobre 2015 avant la finalisation du vote du Projet de Finances
2015-2016. Dans le cas contraire, le Projet de Finances 2015-2016 tout comme l’Avis de
la CSCCA se trouvent en dehors du cadre légal fixé ;
2. Faire du processus de rationalisation de la gestion des Finances Publiques une urgence
nationale.
Un chronogramme d’activités est adopté par l’Exécutif et le Législatif en l’année 2016.
La Préparation d’une législation homogène englobant tous les aspects de la réforme des
Finances Publiques est initiée en 2016.
Les secteurs concernés seraient invités à participer aux travaux tout en apportant, en
contribution, les avancées qu’ils ont déjà enregistrées dans leur réflexion sur le sujet;
3. Explications sur la situation financière des Entreprises Publiques et des Organismes
Autonomes et sur l’état des participations de l’État dans ces entreprises ;
4. Mise en place de dispositions en vue de prévenir les transactions hors budget ;
5. Etablissement de standards aux fins d’évaluer les postes budgétaires, la quantité et la
qualité des biens et services fournis par les services publics ;
6. Préparation et vulgarisation par le MEF d’un plan de gestion de trésorerie ;
7. Renforcement et rationalisation du système de contrôle des transactions publiques ;
8. soumission de la loi en vigueur avec les amendements que l’Exécutif veut apporter et
soumission de projets de loi pour l’adoption de dispositions fiscales nouvelles sont les
formes consacrées pour opérer des changements dans la fiscalité ;
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9. Sanction effective des responsables (ordonnateurs) et des comptables publics des
services qui ne soumettent pas dans les normes prescrites l’inventaire des
immobilisations sous leur responsabilité.
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