Rapò sou eta avansman Refòm Finans Piblik yo (oktòb–desanm 2023 rive mas 2024)
Rezime — The CRFP-GE's status report on Haiti's public finance reform covering October–December 2023 through March 2024.
Dekouve Enpotan
- Rapò CRFP-GE mas 2024 la egzamine refòm finans piblik pou oktòb-desanm 2023 ak premye senk mwa egzèsis 2023-2024 la.
- Li dekri yon kontèks nasyonal kote gang kontwole anviwon 80 pousan zòn metwopolitèn Pòtoprens epi ekonomi an kontinye kontrakte.
- PIB la bese anviwon 1,9 pousan nan dènye egzèsis la, ak agrikilti ki bese 5,6 pousan, aktivite fabrikasyon ki bese 3,7 pousan ak konstriksyon ki bese 6,9 pousan.
- Defisi komèsyal la rete wo nan 20,2 pousan PIB an 2022-2023, kont 22,1 pousan an 2021-2022 ak 22,8 pousan an 2020-2021.
- Rapò a mete aksan sou pwogrè nan resèt entèn ak ladwàn, ladan l yon rediksyon 20,83 pousan nan depans fiskal pou egzèsis 2022-2023 gras ak PRDF.
- Li di efò refòm yo kontinye nan plizyè domèn gouvènans, men amelyorasyon yo poko jeneralman sibstansyèl epi anviwònman nasyonal la rete yon gwo baryè.
Deskripsyon Konple
The CRFP-GE's status report on Haiti's public finance reform covering October–December 2023 through March 2024.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
Rapport d’État d’Avancement de la Réforme
des Finances Publiques
Période Octobre – Décembre 2023
COMMISSION DE R ÉFORME DES FINANCES
PUBLIQUES ET DE GOUVERNANCE
ÉCONOMIQUE (CRFP -GE)
Mars 2024
TABLES DES MATIERES
I.- INTRODUCTION GÉNÉRALE ......................................................................................................... 1
II.- DÉPRESSION ÉCONOMIQUE PERSISTANTE ET EFFORTS DE REDRESSEMENT EN
PARALLÈLE ............................................................................................................................................... 3
2.1.- LA PERSISTANCE DE LA MAUVAISE CONJONTURE ECONOMIQUE ..................... 3
2.2.- LES ÉVOLUTIONS MACROÉCONOMIQUES RECENTES LES PLUS
DÉSTABILISATRICES ........................................................................................................................ 4
2.3.- LES EFFORTS DE REDRESSEMENT PROJETÉS POUR LA PÉRIODE 2023-25
ET LA RÉALITE DES CHIFFRES..................................................................................................... 6
A) Les perspectives définies à travers les Budgets de 2022/23 et de 2023/24 ... 6
B) L’évolution réelle des grands agrégats budgétaires jusqu’à la période la plus
récente ............................................................................................................................................... 8
2.4.- L’APPORT DU NOUVEAU PROGRAMME FINANCIER SIGNÉ AVEC LE FMI ........ 9
III.-ÉTAT D’AVANCEMENT DE LA RÉFORME DES FINANCES PUBLIQUES
D’OCTOBRE À DÉCEMBRE 2023 .................................................................................................... 11
3.1.- MISSION 1: MOBILISATION DES RESSOURCES INTERNES ET EXTERNES .... 12
A) LES ACTIONS CONDUITES PAR LA DIRECTION GÉNÉRALE DES IMPOTS..... 12
C) LE ROLE RÉCENT DE LA DIRECTION DE L’INSPECTION FISCALE DANS LA
MISE EN ŒUVRE DU PRDF ..................................................................................................... 19
3.2.- MISSION 2: STATISTIQUE, PLANIFICATION, PROGRAMMATION,
BUDGÉTISATION ............................................................................................................................. 21
A) LES RÉALISATIONS RÉCENTES AU MINISTÈRE DE LA PLANIFICATION ET
DE LA COOPÉRATION EXTERNE .......................................................................................... 21
B) LES ACTIVITÉS RÉCENTES DE RÉFORME BUDGÉTAIRE CONDUITES PAR LA
DIRECTION GÉNÉRALE DU BUDGET .................................................................................. 25
C) LES INITIATIVES SUR LES PLANS DU CADRAGE MACROÉCONOMIQUE ET DE
LA STATISTIQUE......................................................................................................................... 26
D) LES PROBLÈMES RENCONTRÉS DANS CE SECTEUR POUR LA PÉRIODE
CONSIDÉRÉE ................................................................................................................................ 27
E) CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS ...................................................................... 28
3.3.- MISSION 3: GESTION DE LA TRÉSORERIE ET COMPTABILITÉ PUBLIQUE ... 29
A) UNE MISE EN PERSPECTIVE HISTORIQUE COUVRANT LA PÉRIODE DU
DERNIER TRIMESTRE DE L’EXERCICE 2022/23........................................................... 29
B) LES EFFORTS DE LA DGTCP AU COURS DU PREMIER TRIMESTRE DE
L’EXERCICE 2023/24 ................................................................................................................ 32
C) RAPPEL DES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES PAR LA DGTCP AU COURS DES
SIX DERNIERS MOIS .................................................................................................................. 39
3.4.- MISSION 4: GOUVERNANCE DES FINANCES LOCALES .......................................... 40
A)LE PROJET D’INTERCONNEXION DE CIVITAX-RMS VIA LA PLATEFORME
D’ECHANGE UXP ......................................................................................................................... 40
B) LES ACTIVITES CONDUITES PAR LA DIRECTION DES COLLECTIVITES
TERRITORIALES DU MINISTERE DE L’INTERIEUR ET DES COLLECTIVITES
TERRITORIALES ......................................................................................................................... 40
3.5.- MISSION 5: CONTRÔLE BUDGÉTAIRE EXTERNE, TRANSPARENCE ET LUTTE
CONTRE LA CORRUPTION ........................................................................................................... 41
A) UNE MISE EN CONTEXTE .................................................................................................. 41
B) LES RÉALISATIONS DANS LES DIFFÉRENTS DOMAINES DU SECTEUR
CONTRÔLE D’OCTOBRE À DÉCEMBRE 2023. ................................................................. 42
C) PROBLÈMES ET CONTRAINTES ...................................................................................... 46
3.6.- MISSION 6: SYSTÈME D’INFORMATION POUR LES FINANCES DE L’ÉTAT ... 47
A) L’ÉTAT D’AVANCEMENT DE LA PRÉPARATION DU PAT 2023/25 DE CE
SECTEUR ........................................................................................................................................ 47
B) LE NOUVEAU PROJET DE TRANSFORMATION DIGITALE DU MANAGEMENT
PUBLIC HAITIEN EN COLLABORATION AVEC LA BID ................................................ 47
C) DERNIÈRES AVANCÉES DANS LE CADRE DE LA COMPOSANTE SIGFIP DU
PROJET PAGEFIS ......................................................................................................................... 49
3.7.- MISSION 7: LES RÉFORMES TRANSVERSALES ......................................................... 52
A) L’AXE OPÉRATIONALISATION DE LA RÉFORME..................................................... 52
B)LA POURSUITE DE L’ACTIVITÉ DE PRÉPARATION DU BUDGET CITOTEN ... 53
C) PROBLEMES ET CONTRAINTES ...................................................................................... 55
D) CONCLUSION ET PERSPECTIVES ................................................................................... 55
IV.- CONCLUSION GÉNÉRALE ....................................................................................................... 566
CRFP-GE 1 | P a g e
République d’Haïti
I.- INTRODUCTION GÉNÉRALE
Le premier trimestre de l’Exercice 2023/24 se prolongeant jusqu’à la période de
démarrage de ce rapport, en Février 2024, constitue une conjoncture particulièrement
difficile pour le pays et on pourrait même dire qu’elle va faire date dans son histoire
contemporaine. Deux dynamiques permettent effectivement d’opiner en ce sens.
i) D’abord, on doit noter ce qui relève de l’évolution de l’environnement global
d’Haïti particulièrement sur les plans politique et sécuritaire. Au départ du nouvel
exercice, il semblait qu’une période d’accalmie se profilait mais au fur et à mesure qu’on
avançait vers le second trimestre un certain revirement s’opérait jusqu’à une accélération
dans le sens du pire en beaucoup de fois ou bien de réorientation imparfaitement lisible
de la situation du pays.
Effectivement, il a été observé en premier lieu les évènements entourant le conflit avec la
République Dominicaine concernant la construction d’un canal sur la Rivière Massacre
traversant la frontière entre les deux pays. Cela a occasionné une mobilisation importante
de la population à l’intérieur comme au niveau de la diaspora. Parallèlement, on doit
signaler la décision du Gouvernement dominicain de fermer ses frontières avec Haïti : ce
qui va entrainer une certaine accélération de l’inflation au niveau national.
En plus, on doit noter pendant cette période les remous au niveau de la classe politique
concernant la fin prochaine, le 7 février 2024, du mandat du Premier Ministre
(conformément à un accord signé entre lui et certains partis politiques le 21 décembre
2021) alors que les élections promises n’ont pas pu être organisées. A partir de cette
dernière date, les évènements se sont accélérés avec : le blocage du Premier Ministre à
l’extérieur du pays suite à un voyage au KENYA pour négocier l’arrivée de la force
multinationale prévue, sa démission à partir des USA et la reprise des négociations
patronnées par la CARICOM pour la mise en place d’un Conseil Présidentiel de 9
membres qui aura à constituer un gouvernement dit d’union nationale.
Cependant, les évènements les plus déstabilisants sur ce plan global ont concerné
l’accélération de la détérioration de la situation sécuritaire vers la fin du premier
trimestre de l’exercice 2023-2024. En effet, à partir de cette période de nouveaux
quartiers, jusque là plus ou moins apaisés, ont connu des attaques brutales des gangs
armés avec des déplacements importants de population, des blessés, des meurtres et des
destructions matérielles importantes. Selon les informations publiées par l’ONU, cette
dernière grande vague de violence a occasionné le contrôle par les gangs d’environ 80%
CRFP-GE 2 | P a g e
République d’Haïti
de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. En d’autres termes, on assiste à un
rétrécissement considérable de l’espace économique comme de l’espace de vie de la
population de la première région géographique du pays. On est donc en présence d’un
chaos dont la gestion représente un défi majeur pour l’État haïtien.
ii) La seconde dynamique, à mettre en évidence, concerne l’accélération du
processus de décapitalisation du pays en termes de ressources humaines mais
progressivement de capital également. L’insécurité généralisée a certainement agi
comme un facteur repoussoir de la population, dans toutes ses composantes pauvres et
aisées, mais il faut noter conjoncturellement le rôle efficace du programme dit
humanitaire des USA attirant tout ce qui existe comme compétences
professionnelles et techniques. En particulier, il est important de souligner avec force
que les Écoles primaires et secondaires, les Universités publiques et privées, les Centres
de Santé publics et privés, les Banques Commerciales, les activités de services divers et
bien entendu l’Administration Publique sont tous victimes de ce fléau et ont du mal à
fonctionner normalement. Certaines fois, comme pour l’Éducation et la Santé, le
fonctionnement devient plus que problématique par manque de cadres mais aussi de
clients : élèves, étudiants et malades !!
Pourtant, malgré ce contexte devenant de plus en plus complexe mais surtout à cause de
la période d’accalmie observée au début de ce nouvel Exercice fiscal 2023/24 la décision
a été prise, par la CRFP\GE, de retourner à la périodicité trimestrielle de la
préparation des rapports d’état d’avancement de la réforme des finances publiques.
C’est donc cette décision, justifiée par une éclaircie conjoncturelle supposée se prolonger,
qui nous vaut aujourd’hui ce nouveau bilan des activités de réforme mais avec une
particularité : faire la liaison avec le dernier rapport d’état d’avancement de la CRFP\GE
qui a concerné la période Janvier –Juin 2023. D’où, en beaucoup de fois la mise en
perspective historique démarrant en Juillet 2023 qui sera observée pour un certain
nombre des domaines analysés dans le rapport global d’état d’avancement.
Pour fixer les mémoires, précisons que ce rapport global ne comporte que deux grands
axes :
▪ La dépression économique persistante et les efforts de redressement en parallèle
avec l’appui du FMI et dans le cadre du nouveau budget
▪ Les avancées de la RFP à travers sept dimensions de gouvernance dont les
réformes dites transversales
CRFP-GE 3 | P a g e
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II.- DÉPRESSION ÉCONOMIQUE PERSISTANTE ET EFFORTS DE
REDRESSEMENT EN PARALLÈLE
Après la crise de coronavirus en 2020, l’économie mondiale s’était reprise et avait même
connu un certain dynamisme porté surtout par les économies émergentes. Ainsi, le FMI
avait noté des taux de croissance du PIB mondial de 3,5% et de 3,0% respectivement en
2022 et 2023 avec une perspective de 2,9% en 2024.
En Haïti, comme on le sait, malgré cet environnement global externe favorable la
tendance a été depuis 2018-2019 à contre-courant avec une dépression économique
persistante favorisée par plusieurs facteurs comme : des phénomènes naturels à effets
destructeurs mais surtout un processus d’ordre socio-politique déstabilisateur et
particulièrement une insécurité généralisée à l’échelle nationale accompagnée d’une
tendance dominante à la gangstérisation. Cette situation fait qu’il n’est pas étonnant
d’observer, pour la période la plus récente, les mêmes tendances économiques négatives
antérieures, dont les pouvoirs publics cherchent pourtant à limiter l’influence.
Les statistiques sur les comptes économiques publiées par l’IHSI sont très claires :
l’affaissement de l’économie nationale s’est poursuivi au cours de l’Exercice 2022/23 et
cette tendance concerne à de rares exceptions tous les secteurs et sous-secteurs.
Effectivement, on a encore une baisse du PIB d’environ (-1,9%) au cours de la dernière
année témoignant de plusieurs tendances importantes. Il faut noter d’abord la poursuite
de la baisse de la capacité productive du pays avec des baisses de 5,6% de l’Agriculture,
de 3,7% des dites « Activités de Fabrication » englobant l’Industrie Manufacturière et de
6,9% du Secteur de la Construction. C’est pourquoi on a enregistré les taux de
participation qui suivent pour les Secteurs Primaire et Secondaire dans la valeur ajoutée
globale. Soit :
Secteurs(En %) 2021/22 2022/23
Primaire 16,8 16,1
Secondaire 23,6 23,1
Total 40,4 39,2
Source des données : IHSI.
2.1.- LA PERSISTANCE DE LA MAUVAISE CONJONTURE ECONOMIQUE
CRFP-GE 4 | P a g e
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Un autre point important est la difficulté grandissante des « Services de Base » de jouer
leur rôle de mécanisme de liaison et de fluidification de l’économie nationale du fait
probablement de l’aggravation considérable de l’insécurité en zone urbaine comme en
milieu interurbain. En effet, si l’on fait abstraction du sous-secteur « Information et
Communication » on obtient un fort taux de décroissance pour l’exercice 2022/23, soit (-
11,2%).
Si l’on met de côté les Sous-secteurs Administration Publique, Éducation, Santé/Action
sociale et Activité Financières et d’Assurances, les autres Grands Sous-secteurs de
Services, majoritairement marchands, se sont aussi affaissés en suivant la tendance
économique générale de 2022-2023. En témoigne le comportement de ces trois groupes
d’activités à travers leur taux respectif de décroissance comme :
▪ Commerce de gros et de détail : (-7,98%)
▪ Tourisme (Activités d’hébergement et de restauration) : (-8,0%)
▪ Activités Immobilières (-5,8%)
Ainsi donc, comme les chiffres l’ont établi antérieurement, la dépression qui sévit dans le
pays depuis déjà plusieurs années s’est poursuivie durant l’exercice 2022-2023 et les
dernières données pour le premier trimestre de 2022-2023 n’incitent pas à l’optimisme. A
n’en pas douter, cela a eu des conséquences autant sur des variables du secteur externe
que sur d’autres liées à la macroéconomie interne.
Si l’on considère d’abord les données sur l’évolution de la Balance Commerciale, le
déficit rapporté au PIB se situait au cours des deux années 2020-2021 et 2021-2022 aux
alentours de 22%. Pour le dernier exercice, on note qu’il a baissé de deux(2) points de
pourcentage mais il ne faut pas s’empresser d’interpréter cela comme un progrès parce
que cette diminution est accompagnée d’une baisse d’environ 6% des exportations. De
plus, l’évolution du mouvement des importations et des exportations pour les 4 premiers
mois de l’exercice 2023-2024 montre une tendance à la détérioration de la situation. En
effet, alors que les importations cumulées pour cette courte période (4 mois) représentent
23,2% de leur valeur globale pour l’exercice antérieur le calcul de ce même taux pour les
exportations donne seulement le chiffre de 6,3% : chiffre en baisse de 38% par rapport à
celui obtenu pour l’exercice antérieur.
2.2.- LES ÉVOLUTIONS MACROÉCONOMIQUES RECENTES LES PLUS
DÉSTABILISATRICES
CRFP-GE 5 | P a g e
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Évolution récente de la Balance commerciale
En millions de gdes 2020-2021 2021-2022 2022-2023
Importations 508604 635088 713985
Exportations 120893 156952 147491
Déficit/PIB 22,8% 22,1% 20,2%
Source : données tirées des comptes économiques publiés par l’IHSI.
L’équilibre externe du pays pour cette dernière conjoncture a été également perturbé par
une certaine stagnation des flux de transfert des migrants haïtiens. En légère baisse en
2023 par rapport à 2022 avec ces données : 3,8 milliards de dollars US dans le premier
cas et 3,85 dans le second.
Ce qui n’a pas facilité les choses sur le marché des changes ou on a assisté à un processus
de dépréciation significative de la monnaie nationale comme le montre le petit tableau
qui suit. On remarque que l’accélération de la perte de valeur de la gourde haïtienne s’est
poursuivie sans désemparer pour le dernier exercice fiscal.
Exercice fiscal Taux de change
(gdes/1 usd)
Variation
2019-2020 99,9 +18,5%
2020-2021 81,1 -18,8%
2021-2022 107,1 +32,1
2022-2023 141,0 +31,6
Source des données : IHSI.
Pourtant, on observe une accalmie pour le début de l’Exercice 2023/24 avec cette
évolution du change :
Gdes/ 1USD Octobre 2023 Novembre 2023 Décembre 2023 Janvier 2024
Taux de
référence BRH
en fin de mois
132,9
132,2
131,7
131,5
Quand on analyse les données concernant l’inflation, on retrouve la même évolution
que pour le change : forte tension dans les derniers exercices fiscaux suivie par une
accalmie pour le début du nouvel exercice 2023-2024.
CRFP-GE 6 | P a g e
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En effet, notez d’abord cette tendance négative à une accélération de l’inflation comme le
montre ce petit tableau :
2020-2021 2021-2022 2022/23
Taux moyen
d’inflation
15%
27,4%
44,5%
Cependant, quand on considère les données pour la période la plus récente on observe
une inversion de la tendance précédente de sorte que le niveau de l’inflation chute de
51% environ par rapport à l’exercice précédent. C’est ce que permet de dire ces
chiffres récoltés auprès de l’IHSI :
Octobre
2023
Novembre
2023
Décembre
2023
Janvier
2024
Taux
d’inflation
22,8%
22,2%
21,2%
20,9%
Ainsi, l’évolution des deux variables économiques analysées précédemment, le taux de
change et l’inflation, témoignent d’une forte corrélation entre elles : les phases
d’accélération sont parallèles comme les phases de décélération. Mais surtout dans les
deux cas, les tendances dominantes ne sont pas favorables à une amélioration de la
situation économique générale du pays. Venons-en maintenant à la situation des finances
publiques au cours des 16 derniers mois.
A) Les perspectives définies à travers les Budgets de 2022-2023 et de 2023-2024
Le budget de 2022-2023 représente une rupture par rapport à l’approche budgétaire
traditionnelle par son inscription dans une perspective pluriannuelle à travers la
préparation d’un CBMT (Cadre Budgétaire A Moyen Terme) couvrant la période 2022-
2025. Cette action constitue en soi un acte de bonne gouvernance économique qui est
réalisée pour la première fois en Haïti. Les orientations essentielles de ce cadre de moyen
terme sont surtout :
2.3.- LES EFFORTS DE REDRESSEMENT PROJETÉS POUR LA PÉRIODE
2023-25 ET LA RÉALITE DES CHIFFRES
CRFP-GE 7 | P a g e
République d’Haïti
▪ Le développement de programmes sociaux, particulièrement à travers une
politique nationale de protection et de promotion sociales
▪ La lutte contre l’inflation, avec par ailleurs l’objectif spécifique de réduire
l’insécurité alimentaire de la population
▪ Une politique de rigueur budgétaire basée sur une promotion active des ressources
domestiques et un certain contrôle des dépenses courantes
▪ Un effort d’investissement plus important, intégrant le Plan de Relèvement
Intégré de la Péninsule du Sud et s’inscrivant dans une perspective de retour de la
croissance économique
Dans le Budget de 2022-2023, le premier aspect s’est traduit par l’attribution de crédit
très important pour le Ministère des Affaires Sociales responsable de la mise en œuvre de
la politique de protection sociale. Il a ainsi bénéficié d’une part importante des crédits
totaux, environ 11,4%, soit 30,6 milliards de gourdes. Il faut noter aussi que le Ministère
de l’Agriculture s’est vu octroyer des fonds spécifiques en vue de conduire une politique
de sécurité alimentaire destinée à mitiger l’effet de l’inflation sur les populations les plus
vulnérables.
Pour l’exercice 2023-2024, en vue de conduire leur politique respective ces ministères
ont bénéficié dans le premier cas de 8% des crédits totaux (soit 25,7 milliards) et dans le
second cas de 2,9% (soit 8,2 milliards).
Quant à la politique de rigueur et à celle de la recherche de la croissance économique,
elles trouvent d’abord leur première manifestation à travers une prévision d’une plus
grande mobilisation de recettes fiscales dans le cadre du Budget de 2022-2023. Plusieurs
moyens ont été envisagés : on note en particulier que ce budget intègre un ensemble de
mesures concernant : les Droits d’Accise, la Patente, la Contribution Foncière des
Propriétés Bâties (CFPB) ainsi que la réduction des dépenses fiscales liées à la Loi sur les
Zones Franches, au Code des Investissements et aux dispositions règlementaires
concernant les ONG.
Toutes ces mesures et d’autres devraient permettre d’augmenter les recettes globales
beaucoup plus rapidement (de 37%) que les dépenses courantes (9,2%). Ce qui ferait
progresser plus rapidement qu’auparavant les investissements publics sur financement
interne (de 109%) tandis que se dégage parallèlement la possibilité de réduire le
financement monétaire (29%).
CRFP-GE 8 | P a g e
République d’Haïti
Avec le nouveau Budget 2023-2024, l’approche de rigueur s’est maintenue avec d’abord
une prévision de mobilisation des recettes nettement plus importantes
(17,5%) que pour les dépenses courantes (4,7%). D’où, la possibilité d’augmenter
l’investissement public à financement interne (de 24,6%) et de prévoir une réduction
encore plus importante du financement monétaire (de 39,3%).
B) L’évolution réelle des grands agrégats budgétaires jusqu’à la période la plus
récente
D’abord, essayons de voir dans quel sens les choses ont évolué durant le dernier exercice
fiscal. Ce qu’on constate à l’aide des données qui suivent : c’est l’affirmation d’une
maitrise de l’équilibre des finances publiques.
En effet, on note que durant l’Exercice 2021-2022 les opérations financières de l’État
s’étaient soldées par un déficit courant dont le taux se situait au niveau de 1,5% du PIB.
Par contre, pour l’exercice suivant (2022-2023) ces opérations se sont soldées par un
excédent budgétaire courant représentant 1,3% du PIB. Les soldes globaux dans les deux
cas ont évolué dans le même sens.
Notons comme autre point positif le fait que les investissements publics pour la dernière
année (2022-2023) se soient fixés au niveau de 0,5% du PIB après s’être tombé à 0,3% en
2021-2022. Bien entendu, c’est assez faible mais ce léger progrès a résulté d’un
doublement (et plus) des dépenses d’investissement dans un contexte extrêmement
difficile.
L’évolution des données sur les quatre premiers mois de l’exercice 2023-2024 (Octobre
2023 à Février 2024) témoigne de la même volonté de recherche de l’équilibre
budgétaire. En effet, en comparant les deux derniers exercices on remarque que
l’excédent budgétaire courant réalisé a augmenté substantiellement d’une période à
l’autre. C’est pourquoi on passe d’un taux de 0,05% à celui de 0,4% par rapport au PIB
de 2022-2023.
CRFP-GE 9 | P a g e
République d’Haïti
Comparaison des Opérations Financières de l’État
pour les deux derniers exercices
En millions de gourdes Octobre 21 –Septembre 22 Octobre 22 –Septembre 23
1) Recettes courantes 110150 172346
a)Recettes internes 82381 111881
b) Recettes douanières 27341 60103
c)Autres Recettes 428 362
2) Dépenses courantes 142351 135684
3) Dépenses d’investissement 6520 15180
4) Dépenses totales 148870 150864
5) Solde courant - 32201 + 36662
6) Solde global - 38464 + 2532
Source des données : TOF préparé par le MEF.
Après l’expérience intéressante de mise en œuvre d’un programme de référence, signé
avec le FMI en juin 2022, qui a permis d’améliorer la stabilité macroéconomique et de
renforcer la gouvernance économique, les pouvoirs publics se sont engagés en juin 2023
dans un second programme avec l’institution de Bretton Woods. Les orientations
principales de ce dernier, à travers quatre points importants, ont été déjà précisées dans le
rapport précédent d’état d’avancement de la CRFP/GE
1
, mais elles sont rappelées ici pour
les besoins de la cause. Soit :
▪ Une politique de gouvernance, de transparence et de reddition des comptes
▪ Une politique budgétaire et de protection sociale
▪ Une politique monétaire, financière et de change
▪ Une politique de sauvegarde
Dans le cadre de ce nouveau rapport sur la réforme des finances publiques, l’accent sera
mis sur les deux premiers points. Si l’on considère la première ligne d’action,
globalement il s’agit de « contrôler, suivre, enregistrer et publier soigneusement toutes les
dépenses liées à l’intervention d'urgence financées par le Guichet de Choc Alimentaire du
1
CRFP\GE : Rapport de Mise en œuvre de la RFP. Période Janvier –Juin 2023.
2.4.- L’APPORT DU NOUVEAU PROGRAMME FINANCIER SIGNÉ AVEC LE
FMI
CRFP-GE 10 | P a g e
République d’Haïti
FMI » et d’appliquer, comme il est prévu dans la loi, les dispositions de transparence des
marchés publics. Au vu du « Rapport de Suivi du SMP de juin 2023 » publié par le
Comité de Suivi mis en place par le MEF, on peut dire que la mise en œuvre de cette
politique a été bien réelle. On en veut pour preuve ces faits qui ont été avancés :
▪ Publication et transmission régulière au FMI de rapports sur le Food Shock
Window (FSW). Cependant, en raison du climat d’insécurité et des faiblesses
institutionnelles, le taux d’utilisation des fonds mis à disposition des secteurs
impliqués dans la mise en œuvre du Programme d’Urgence Multisectoriel
d’Apaisement et de Réinsertion Sociale des Groupes Vulnérables
(PuRMARSGV) est très en deçà des attentes. A titre d’exemple, sur un total de
15.6 milliards de gourdes disponibles dans le budget 2022-2023 pour financer le
PuRMARSGV, seulement 20% ont été effectivement dépensées par les secteurs.
Il faut toutefois souligner que l’exécution de ces dépenses ont respecté les
procédures de passation de marchés et de gestion des finances publiques.
▪ Réalisation d’audit interne du FSW par l’IGF au démarrage puis en cours
d'exécution du programme. Toutefois, depuis le début de l'exercice fiscal 2023-
2024, le processus n'a pas pu continuer en raison du fait qu’aucune dépense ainsi
qu'aucune activité n'ont pu être réalisées. Ainsi, l'IGF s'est contentée de faire le
suivi des recommandations qu'elle a formulées au cours des audits antérieurs.
▪ Processus de réalisation en cours de l’audit de conformité financier et
opérationnel du FSW. Car, la CSCCA a transmis le rapport au MEF en fin
janvier pour permettre aux différents secteurs impliqués dans la gestion des
dépenses du programme d’urgence de réagir dans un délai de deux (2) semaines.
Cependant, compte tenu des troubles sociopolitiques entourant la date du 7
février, le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST) et le MEF ont
sollicité un report de l'échéance de deux (2) semaines au plus tard afin de
permettre aux secteurs de compléter certains dossiers et de répondre à certaines
interrogations.
▪ Publication des rapports trimestriels du FAES et réalisation de son Conseil
d’Administration qui a adopté son budget pour l’exercice 2023-2024
▪ Publication régulière des contrats de marchés publics sur le site internet
(https://cnmp.gouv.ht) de la CNMP. Une revue du site permet de confirmer que
les rapports des mois de septembre, d’octobre, de novembre et de décembre 2023
sont disponibles sur le site.
CRFP-GE 11 | P a g e
République d’Haïti
En ce qui a trait à la seconde ligne d’action soit les politiques budgétaires, l’idée est de
poursuivre en 2023-2024 avec les orientations amorcées en 2022-2023 avec les objectifs
de bonne gouvernance budgétaire et de rigueur budgétaire selon les approches esquissées
antérieurement ainsi qu’avec les objectifs de protection sociale et de réduction de
l’insécurité alimentaire.
Les analyses faites antérieurement des deux derniers budgets ont montré clairement qu’ils
s’inscrivent dans les mêmes perspectives globales et sectorielles comme le prévoit le
nouveau Programme de Référence avec le FMI. On peut y ajouter l’adoption du Plan de
Mise en Œuvre du Code Fiscal tout au début du programme signé récemment avec le F.
Il sera MI mis en application à partir du 1
er
octobre 2024.
Comme d’autres réalisations, on peut mentionner ces deux faits tirés du « Rapport du
Comité de Suivi du SMP » mis en place par le MEF. Soit :
▪ « Les planchers définis pour le solde primaire (du budget) en juin et septembre
2023 ont été respectés. En effet, la bonne gestion budgétaire de l’exercice a
permis d’aboutir à des soldes primaires positifs alors que les planchers tablaient
respectivement sur (-39.1 milliards) et (-52.2 milliards) de gourdes de déficits du
solde primaire » ;
▪ « Les plafonds définis pour le crédit net de la banque centrale au Secteur Public
Non Financier (SPNF) ont été respectés. En effet, fixés à des plafonds respectifs
de (33.7 milliards) et (44.9 milliards) de gourdes dans les objectifs quantitatifs, le
crédit net effectif de la banque centrale a été de seulement (16.6 milliards) et (19.6
milliards) de gourdes respectivement en juin et septembre 2023 ».
III.-ÉTAT D’AVANCEMENT DE LA RÉFORME DES FINANCES PUBLIQUES
D’OCTOBRE À DÉCEMBRE 2023
Malgré que cela ait été déjà souligné au niveau de l’Introduction Générale de ce
rapport, on rappelle ici que le bilan des actions entreprises dans le cadre de la mise en
œuvre de la réforme des finances publiques aura la particularité suivante :
▪ Procéder, quand les informations disponibles le permettent, à une mise en
perspective des réalisations pour le trimestre couvrant les mois allant de juillet à
septembre 2023;
CRFP-GE 12 | P a g e
République d’Haïti
▪ Présenter de façon détaillée les actions entreprises au cours du trimestre octobre-
décembre 2023.
A) LES ACTIONS CONDUITES PAR LA DIRECTION GÉNÉRALE DES
IMPOTS
i) Une nécessaire mise en perspective historique
De juillet à septembre 2023, la DGI a conduit un ensemble d’actions qui ont été à la base
de son fonctionnement au cours du premier trimestre de l’exercice 2023-2024. On retrace
ici les plus significatives.
a)L’adoption d’un nouveau Plan Stratégique
Pour continuer à garder l’élan de la réforme fiscale, la DGI a adopté un nouveau plan
stratégique pour les trois prochaines années (2023-2026). Ce plan stratégique repose sur
trois piliers qui sont :
▪ l’amélioration de la qualité de services aux contribuables et usagers;
▪ le renforcement des capacités institutionnelles de la DGI;
▪ et le renforcement des capacités de mobilisation des ressources.
Ces piliers traduisent les priorités sur lesquelles la DGI se focalise en vue de répondre
aux besoins du nouveau code général des impôts.
b) La contribution au bouclage du processus menant au Code Général des Impôts
Malgré la précarité de la situation sécuritaire, la DGI a reçu l’appui du FMI et également
de l’Union Européenne (à travers le Cabinet Expertise France) dans la préparation de la
mise en application du CGI et sur la continuité des chantiers qui étaient initialement en
cours dans le précédent plan stratégique. Ainsi ces appuis ont quand même porté fruit
puisque la DGI a pu réaliser quelques activités de réformes.
3.1.- MISSION 1: MOBILISATION DES RESSOURCES INTERNES ET
EXTERNES
CRFP-GE 13 | P a g e
République d’Haïti
Depuis l’adoption du CGI, par Décret du 20 janvier 2023, les travaux se sont enchainés
jusqu’à la décision de son implémentation le 1er octobre 2024. Pour ce faire, un comité
de mise en œuvre de ce code a été constitué et une liste d’activités à réaliser a été
préparée, soit :
▪ la mise en ligne du Code fiscal sur les sites web du MEF et de la DGI
▪ la préparation de fascicules de formation, de cartons d’information et de tutoriels :
des modules de formation sont soumis au secrétariat du CPF pour commentaires
▪ la traduction du Code fiscal en créole haïtien : la Faculté de Linguistique
Appliqué (FLA) a déjà soumis un premier draft et a fait une présentation pour le
Comité de Politique Fiscale(CPF). Toutefois, les membres du CPF doivent
produire des commentaires et remarques sur la traduction pour mieux faciliter le
travail du FLA.
Une série d’autres activités ont été identifiées mais ne sont pas encore complètement
réalisées. Ce sont entre autres :
▪ la préparation et diffusion de dépliants du Code fiscal destinés aux agents de
l’administration fiscale et aux contribuables;
▪ la formation des formateurs pour une meilleure coordination et harmonisation de
la campagne de formation autour du Code Fiscal : Il y aura deux (2) pôles de
formation bientôt (Grand Sud et Grand Nord);
▪ la publication du Code sous forme de manuel pour faciliter sa portabilité : il a été
déjà acheminé aux Presses Nationales pour impression.
c)Le dossier d’évaluation du Système de Gestion Fiscale (RMS)
En avril 2023, la DGI a sollicité la Commission de Réforme des Finances Publiques et de
la Gouvernance Économique (CRFP-GE) pour l’aider à organiser une série de
rencontres avec des acteurs clés du système (Trésor, MEF, BRH) en vue de l’aider à
terminer l’informatisation de la DGI via le nouveau système de gestion fiscale dénommé
RMS
2
. C’est partant de là que la CRFP a tout de suite entrepris des démarches pour la
2
RMS: Revenue Management System/Système de Gestion fiscal (SGF)
CRFP-GE 14 | P a g e
République d’Haïti
réalisation de ces rencontres. Mais, celle avec le MEF a débouché, à l’instigation du
Ministre, sur la création d’un Groupe de Travail Technique Multisectoriel(GTTM)
comprenant la DGI, le Trésor, la DSI et la CRFPGE pour réfléchir et faire des
propositions sur un plan d’action urgent à mettre en œuvre pour continuer le
développement et le déploiement de RMS dans un horizon à déterminer.
Le groupe de travail a réalisé sa première rencontre officielle le lundi 5 juin 2023. Cette
rencontre a permis de définir le périmètre de la mission assignée, qui va de pair avec les
résultats à atteindre, soit :
▪ Réalisation de l’évaluation du projet de modernisation du Système de Gestion
Fiscale(SGF)
▪ Définition d’un plan d’actions urgentes
▪ Soumission de ce plan au Ministre des Finances pour approbation et exécution
Suite à la définition des outils méthodologiques à appliquer, le groupe s’est scindé en
deux sous-groupes et une répartition des tâches a été faite. Le premier sous-groupe avait
la charge de réaliser l’évaluation technique de l’existant via la collecte des informations
relatives au développement du logiciel et tous les autres aspects techniques entourant le
processus d’informatisation. Au besoin, il a conduit des visites des lieux sur des sites
fonctionnant avec RMS en production. Le second sous-groupe s’est occupé de l’aspect
fonctionnement du projet, l’environnement de travail, les aspects métiers et fonctionnels
du projet et tout ce qui concerne le déploiement et la gestion du RMS. Le travail du
GTTM s’est conclu en Juillet 2023 par la préparation d’un Rapport de Pré-évaluation
du RMS qui n’a pas fait l’unanimité et qui a justifié la demande d’un appui auprès d’un
Partenaire Technique et Financier (PTF), soit la firme Expertise France de l’UE.
ii) Les activités menées d’Octobre à Décembre 2023
Elles concernent essentiellement la suite du dossier d’évaluation du SGF/RMS et des
étapes subséquentes. En effet, la demande d’assistance au Cabinet Expertise France de
l’Union Européenne a débouché sur la mise à disposition du GTTM de deux experts en
système d’information.
Cet appui a donné lieu à une mission d’audit plus poussée sur une période de 45 jours
ouvrables et divisée en deux parties, soit :
▪ une partie en virtuelle qui a permis de pousser la revue de la documentation
CRFP-GE 15 | P a g e
République d’Haïti
▪ et une mission de terrain du 13 au 25 novembre 2023 qui a permis de rencontrer
les interlocuteurs clés du projet comme par exemple :
o Le Directeur de la DGC, DMC,
o La DSI du MEF,
o Les Analystes d’Affaires,
o C2D/Datatorque en visio conférence,
o L’équipe de Projet et enfin
o Le GTTM)
Cette intervention des experts s’est traduite par la préparation et la soumission de deux
rapports : un rapport d’évaluation très détaillé et un plan d’actions prioritaires. Ils ont été
soumis au Ministre des Finances et ont été validés. Lors de cette activité, certaines
mesures urgentes ont été proposées dont par exemple :
▪ L’élaboration d’un nouveau cahier des charges et le recrutement d’un expert
technique pour assurer sa mise en œuvre
▪ La prolongation du contrat avec C2D/DT pour :
o terminer le développement de RMS
o mettre en production les modules de télés déclarations et
télépaiements via RMS Web
o intégrer les changements nécessaires à l’entrée en vigueur
du CGI
▪ la validation des livrables de février 2023 de C2D/DT
▪ le déploiement de RMS dans les départements du Sud, du Sud-Est et dans les
communes des palmes
▪ la rédaction d’un plan de clôture progressif de Tax Solutions
iii) Contraintes confrontées par la DGI
Parmi les contraintes identifiées limitant le déploiement de SGF/RMS à l'échelle du pays,
trois d’entre elles semblent être répétées dans plus d'une quinzaine de bureaux dans les
départements du Sud, Sud ’Est et dans les Communes des Palmes. Quelques éléments sur
chacune d’entre elles.
a)Le contexte sécuritaire du pays :
Le climat d'insécurité que connait le pays depuis plus de trois ans a considérablement
limité les possibilités d'accès par la route aux bureaux de la DGI situés dans les villes de
CRFP-GE 16 | P a g e
République d’Haïti
province pour la réalisation régulière des activités programmées. Pour pallier cette
contrainte, la direction du projet a priorisé la voie aérienne comme solution alternative
pour le transport des équipes impliquées dans le déploiement de RMS.
b) L’interconnexion DGI/ONI :
L'interconnexion DGI/ONI qui était dans l’impasse depuis le changement du numéro de
l’ONI est rétablie à partir du second trimestre de l'année 2023. Toutefois, cette
fonctionnalité indispensable au déploiement de RMS n’était
pas totalement opérationnelle au 30 juin 2023. Jusqu'à présent, la Direction informatique
de la DGI est en train de travailler sur les tests d'acceptation de ce nouveau numéro.
c)La non disponibilité des ressources budgétaires allouées à RMS
En plus du contexte d'insécurité et des tests d'acceptation du numéro de l'ONI qui ne sont
pas bouclés, les 40, 000,000 de gourdes alloués dans le budget des investissements pour
le déploiement de RMS au cours de l'exercice 2022-2023 n'étaient pas encore autorisés
par le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe au 30 juin 2023.
En effet, les activités de déploiement de RMS pour la période considérée étaient mises à
l'arrêt et des activités clés n’ont pas pu être réalisées, comme par exemple : l’acquisition
de matériels informatiques, le réaménagement des locaux et autres. En définitive, sans la
disponibilité à temps des ressources financières dédiées, le déploiement total de RMS ne
sera pas effectif dans le délai souhaité.
B) LA MOBILISATION DES RECETTES À TRAVERS L’ADMIN ISTRATION
GÉNÉRALE DES DOUANE S
i)Une mise en perspective historique
L’adoption le 21 mars 2023 du nouveau code douanier en remplacement de celui de 1987
a donné un signal très fort de la volonté de l’AGD de moderniser et de simplifier ses
procédures selon les standards internationaux et les recommandations de l’Organisation
Mondiale des Douanes (OMD). Depuis, la Douane a renforcé sa capacité
organisationnelle, opéré des changements notamment au niveau des procédures de
dédouanement et du partenariat avec le secteur privé et de la lutte contre la fraude et les
trafics illicites.
CRFP-GE 17 | P a g e
République d’Haïti
De plus, pour maintenir cet élan de modernisation l’AGD
3
a accéléré la digitalisation en
cours des procédures douanières, la mise en production de nouveaux modules de
SYDONIA dont l’affectation automatique des déclarations aux inspecteurs, répondant
entre autres à un besoin de flexibilité dans un contexte où l’accès aux bureaux de douanes
est compliqué pour les fonctionnaires qui sont absents de façon imprévisible. En dépit de
cette situation, la Douane a pu quand même réaliser les lignes d’actions suivantes :
▪ la génération des rapports relatifs au recouvrement sur requête par Sydonia World
▪ la mise en place du Corps des contrôleurs douaniers et la formation de 23
nouveaux contrôleurs
▪ la mise en place du service de la valeur au sein de la Direction de Contrôle
▪ la création d’une cellule d’exploitation de la base de données
▪ l’analyse des textes d’application du Code Douanier
▪ la formation de 23 Agents en Évaluation en douane
▪ le déploiement des agents de la surveillance douanière dans tous les Bureaux de
douanes et dans les Magasins et Aires de Dédouanement(MEAD)
Sur les derniers exercices fiscaux l’Administration Générale des Douanes a fait preuve
d’une bonne volonté de modernisation et cela a attiré les Partenaires Techniques et
Financiers dans leur quête de soutenir ces évolutions
4
. Divers Partenaires
5
, notamment la
Banque Mondiale et le Cabinet Expertise France ont réalisé des rapports et des
diagnostics sur la Douane, qui ont tous débouché sur des plans d’action opérationnels
dont ils se proposent d’accompagner leur mise en œuvre.
Ainsi, du 12 au 19 juin 2023, une mission de diagnostique a été conduite par Expertise
France qui a permis de réaliser un inventaire des besoins de la douane et de proposer un
plan d’action visant à améliorer la mobilisation des recettes douanières dans le cadre du
3
Rapport préliminaire de la BM « Appui aux Douanes Haïtiennes », Octobre 2023
4
Cité par le Cabinet Expertise France
5
AFD, Maroc, Banque Mondiale et Expertise France
CRFP-GE 18 | P a g e
République d’Haïti
programme SBC-II sur les deux prochaines années, soit de septembre 2023 à avril 2025.
De plus l’Agence Française de Développement (AFD) s’est proposée également pour
octroyer un financement complémentaire répondant aux besoins non couverts par EF.
ii)Les activités douanières au cours de la période d’Octobre à Décembre 2023
1.- A la fin de l’exercice 2022-2023, l’AGD a présenté son nouveau plan stratégique
(2023-2026) dit PARLUCOS dans lequel trois grandes préoccupations ont été
esquissées. Ce sont :
▪ le recouvrement efficace et équitable des recettes
▪ la modernisation du cadre institutionnel et la sécurisation de la frontière (terrestre,
maritime, aérienne)
▪ la modernisation et le renforcement de la gouvernance douanière
Des informations recueillies montrent que plusieurs activités proposées dans le plan
d’actions ont déjà été initiées à la Douane : la mise en place du statut d’opérateur
économique agrée ; la création de la commission de recours et d’expertise douanière par
Arrêté Ministériel ; l’allocation de crédits sur le budget de l’état pour l’achat des licences
et les pare-feu informatiques permettant l’exploitation et la sécurisation de SYDONIA et
la reconstitution de la base de données d’archives des dossiers individuels des agents
avec le concours de la DTI, entre autres.
2.- Depuis la migration vers la nouvelle version du SYDONIA WORLD, des objectifs
clairs ont été définis en termes de résultats à atteindre. Citons quelques-uns :
▪ l’accélération du processus de recouvrement des droits et taxes;
▪ la réduction du temps de dédouanement;
▪ la réduction de la fraude et de la corruption;
▪ l’application uniforme des lois, des règlements, des politiques et des procédures;
▪ un meilleur contrôle des privilèges et avantages fiscaux accordés par l’État
haïtien.
CRFP-GE 19 | P a g e
République d’Haïti
Il a été également identifié une liste d’améliorations à être mise en production comme les
modules d'évaluation en douane (ASYVAL), la redevance container, le module véhicule
et manifeste;
3.- Si l’on revient à la coopération technique d’Expertise France, du 16 au 23 octobre
2023, une mission complémentaire a été organisée afin de préparer le lancement des
premières activités. Cette mission s’est déroulée en présentiel à Port au Prince et au Cap
Haïtien. Elle avait pour objectif principal la validation du plan d’action antérieurement
proposé selon les priorités identifiées dans le plan stratégique de la Douane, le Parlucos.
Les trois (3) points qui suivent ont retenu l’attention du Cabinet EF, à savoir :
▪ l’emploi d'équipes cynophiles et la proposition de cahier des charges ;
▪ les modalités, les principes de fonctionnement et le calendrier d’acquisition d'un
scanner mobile ;
▪ l’acquisition d’équipements de sécurité et de protection des équipes.
D’un autre côté, la Banque Mondiale a pu réaliser un état des lieux de la situation
sécuritaire d’un point de vue douanier et a fait des propositions sur des options
stratégiques d’appui à la Douane. De plus, de concert avec la Commission de réforme des
Finances Publiques, une matrice d’action est en train d’être finalisée pour répondre à la
définition des actions prioritaires qui seront conduites dans la nouvelle opération de la
BM.
C) LE ROLE RÉCENT DE LA DIRECTION DE L’INSPECTION FISCALE
DANS LA MISE EN ŒUVRE DU PRDF
La Direction de l’Inspection Fiscale (DIF) a soumis récemment au Ministère de
l’Économie et des Finances un rapport d’évaluation de l’indicateur du Plan de
Rationalisation des Dépenses Fiscales (PRDF) relatif à l’exercice 2022-2023. Dans le
cadre de ce rapport d‘état d’avancement de la réforme fiscale au niveau de la DIF, on
retient les trois éléments qui suivent.
i)Le suivi sur l’indicateur du PRDF
Pour faire suite à l’accord-cadre du 11
e
Fonds Européen de Développement, dans lequel
l’Union Européenne avait prévu d’accompagner la République d’Haïti à travers le
CRFP-GE 20 | P a g e
République d’Haïti
Programme d'Appui à la Réforme de l'État (SBC-II), la mise en œuvre du Plan de
Rationalisation des Dépenses Fiscales (PRDF) devrait ramener les dépenses fiscales à
moins de 2 % du PIB à l’horizon 2025. Cet indicateur de performance pour le versement
des tranches variables de l’appui budgétaire prévu dans le cadre du SBC-II a été atteint.
ii) L’approche méthodologie utilisée
Cette évaluation couvre, pour la troisième année, l'ensemble des mesures du PRDF
introduites dans le Décret établissant le Budget Général de la République d’Haïti pour
l’exercice 2022-2023. Les activités de collecte et de traitement de données sont partagées
entre la Direction Générale des Impôts (DGI) et l’Administration Générale des Douanes
(AGD). Chaque groupe collecte les données en fonction des impôts entrant dans le
champ de sa compétence.
Cette méthodologie de travail est fondée sur les éléments suivants :
▪ L’identification des contribuables concernés. La liste des entreprises
bénéficiaires des avantages incitatifs du Code des investissements et de la loi sur
les Zones franches ont permis de constituer une liste consolidée comprenant 374
contribuables, dont 305 entreprises et 69 ONG, servant de base de travail pour les
deux (2) groupes de travail (AGD et DGI) ;
▪ La collecte des données. De fichiers soumis par le service informatique de la
DGI, la liste des paiements effectués au cours de l’exercice fiscal 2022-2023 au
titre de la Patente, de la TMS et de la CFPB par l’ensemble des contribuables
inscrits au fichier fiscal de la DGI a été tirée. Au niveau de l’Administration
Générale des Douanes, toutes les déclarations liquidées en franchise y ont été
extraites du SYDONIA ;
▪ Le traitement des données. A partir de fichier de la DGI, un tri a été effectué
afin d’extraire les paiements effectués par les entreprises figurant sur la liste
consolidée. Il a révélé que seulement 61, soit 20.0%, parmi les contribuables
figurant sur cette liste ont effectué des paiements permettant de dégager des gains
de recettes fiscales pour les impôts entrant dans le périmètre de l’évaluation. La
majorité de ces entreprises, soit 47.5%, évoluent dans la transformation pour la
consommation locale. Pour ce qui concerne l’AGD, les déclarations des ONG et
des entreprises bénéficiaires d’avantages, l’identification des positions tarifaires
des matières premières et celles des machines et des équipements, ont permis
d’établir que seulement 89 contribuables, parmi ceux figurant sur la liste
CRFP-GE 21 | P a g e
République d’Haïti
consolidée préétablie, ont réalisé des opérations douanières permettant de dégager
des gains de recettes douanières.
iii) L’analyse des résultats obtenus.
Pour la troisième année de mise en œuvre du PRDF, 9 des 14 mesures introduites dans le
Décret établissant le Budget Général de la République ont fait l’objet d’une évaluation.
Les résultats montrent que l’indicateur a été largement atteint. En effet, au titre de
l’exercice 2022-2023, le PRDF a contribué à réduire de 20.83 % les dépenses fiscales de
2016-2017 contre 9.4 % qui est le pourcentage minimum visé par l’indicateur TV3.1.
Cette performance peut être attribuée à l’effet de l’inflation et au taux de change, mais
aussi à la stricte application des mesures fiscales et douanières par les administrations de
perception.
Pour les trois (3) années de la mise en œuvre du PRDF, l’objectif de l’indicateur de
21.7% a été largement dépassé malgré le contexte socio-politique et économique difficile.
Les chiffres ont montré que, grâce aux mesures intégrées dans les différents décrets
établissant les budgets, cet indicateur est atteint à 41.17% et a donc permis au
gouvernement haïtien de réduire ses dépenses fiscales au moins de 5 517 millions de
gourdes.
A) LES RÉALISATIONS RÉCE NTES AU MINISTÈRE DE LA PLANIFICATION
ET DE LA COOPÉRATION EXTERNE
Il faut souligner au départ que beaucoup de ces activités ont été lancées depuis le dernier
trimestre de l’exercice 2022-2023 et se sont poursuivies jusqu’à fin de 2023. Notez, en
outre, que ce ministère a conduit spécifiquement à la réalisation d’un ensemble
d’activités à caractère transversal dont on rappelle ici certains exemples. Soit :
▪ Organisation d’une séance de présentation de la version finale du Programme
d’Actions Prioritaires et Stratégiques Triennal (PAPS-MPCE_2023-2025), aux
entités techniques du ministère ;
3.2.- MISSION 2: STATISTIQUE, PLANIFICATION, PROGRAMMATION,
BUDGÉTISATION
CRFP-GE 22 | P a g e
République d’Haïti
▪ Organisation d’une réunion de travail avec les ministères concernés autour du
Projet « Cadre Intégré National pour le financement des ODD ».
▪ Élaboration du PTA 2023-2024 du Programme d’Actions Prioritaires et
Stratégiques Triennal (PAPS-MPCE_2023-2025) ;
▪ Planification de la mise en œuvre du Programme d’Actions Prioritaires et
Stratégiques Triennal (PAPS-MPCE_2023-2025) ;
▪ Réflexions sur la notion de « Secteur de Planification » ;
▪ Développement d’outils de planification, notamment, le Cadre de suivi d’une
politique publique, la note conceptuelle d’évaluation du PSDH ;
▪ Organisation du symposium sur la planification du développement en Haïti les 5
et 6 juillet 2023 ;
▪ Reprise du Forum des UEP (décembre 2023).
Le MPCE a eu, par ailleurs, à conduire plusieurs groupes d’activités sous l’angle plutôt
sectoriel à travers certaines de ses directions techniques comme la Direction de la
Planification Économique et Sociale (DPES), la Direction de l’Investissement
Public(DIP) ou la Direction de Suivi et d’Évaluation de l’Investissement Public (DSEIP).
On rappelle ci-dessous les actions les plus significatives pour le processus de
modernisation de la planification. Soit :
Pour la DPES
▪ Initiation de réflexion pour la révision du PSDH ;
▪ Poursuite des réflexions sur la planification stratégique (Renforcement de la
dimension Prospective ; Suivi mise en œuvre PSDH ; …) ;
▪ Participation à un atelier organisé sur les Politiques Publiques, le cycle de gestion
du développement ; le cycle de gestion des politiques publiques ; les dimensions
Prospective et Planification ; …
▪ Participation aux travaux de réflexion sur les « Secteurs de planification » et des
sous-secteurs de planification ;
CRFP-GE 23 | P a g e
République d’Haïti
▪ Participation aux travaux du Comité de mise en œuvre de la LEELF.
Pour la DIP :
▪ Élaboration du document de présentation du PIP 2023-2024 ;
▪ Restructuration de la Direction de l’Investissement Public et amélioration du
cadre de travail (connexion internet, révision câblage, climatisation, aménagement
intérieur, …) ;
▪ Initiation du développement du module de cartographie de projets par le
développement du Système d’information spatialisé pour la gestion de
l’Investissement Public (SYSGIP) avec l’appui du CNIGS ;
▪ Quatre (4) cadres de la DIP admis au programme de master MBDS à la Faculté
des Sciences de l’UEH en vue du développement, à partir de leur projet final,
d’une base de données pour la formulation des projets d’investissement public, la
programmation et la budgétisation de l’investissement public ;
▪ Mise à jour de la base de données Excel sur le PIP ;
▪ Initiation de réflexion pour l’élaboration du document cadre du Système National
d’Investissement Public (SNIP) ;
▪ Organisation d’un Atelier de deux (2) jours sur la Gestion de l’investissement
Public :
▪ Organisation de Conférences sur l’investissement Public avec les membres des
Unités d’Études et de Planification (UEP), en prélude aux conférences
budgétaires qui se tiendront au cours du mois d’août au Ministère de l’Économie
et des Finances (MEF).
▪ Élaboration du Programme d’Investissement Public (PIP) 2023-2024 ;
▪ Élaboration du Plan de Formation 2023-2024 pour les acteurs impliqués dans
l’élaboration du PIP.
CRFP-GE 24 | P a g e
République d’Haïti
Pour la DSEIP
▪ Amorcer la réorganisation des structures existantes (création et restructuration de
Services, Redéfinition des rôles et Attributions, Changement d'affectations, etc.)
et initier le redimensionnement de la DSEIP en fonction des exigences du
nouveau cadre juridique du MPCE ;
▪ Renforcer le Service d’évaluation du PIP et créer celui de l’évaluation de la
performance des politiques publiques (conception de TDR pour la structure et les
postes) ;
▪ Initier la révision des guides d’élaboration des Rapports trimestriels d’exécution,
des Rapports (bilan) annuels d’exécution du PIP ;
▪ Initier la conception de nouveaux outils (cadre de résultats, fiche de collecte,
tableau de bord, canevas d’élaboration des rapports périodiques, etc.) pour
améliorer le suivi opérationnel et les évaluations ;
▪ Engager le processus de numérisation des archives de la direction ;
▪ Initier l’organisation de veille stratégique et technologique dans le domaine du
suivi et de l’évaluation (cellule de veille) ;
▪ Établissement de la liste des projets émanant du PTI 2014-2016, des 10 PIP
6
concernés et des 13 résolutions petro Caribe selon ces critères : programmes et
sous-programmes du PSDH; refondation ou chantier; source de financement (TP,
AFC, PC, BANDES, SYNDICATION, ETC.); secteurs d’activités et/ou
institutions; localisation (Département géographique) ; coût estimatif et durée
d’exécution ; date de première inscription au PIP et/ou date de démarrage ; statut
(nouveaux ou reconduit ; achevés/clôturés ; en cours/inachevés ; envergure
(projets majeures/valeur ajoutée) ; type (d’infrastructure, d’appui/renforcement de
capacités) ;
6
PIP de l’exercice fiscal 2013/2014 à l’exercice 2022/2023
CRFP-GE 25 | P a g e
République d’Haïti
B) LES ACTIVITÉS RÉCENTES DE RÉFORME BUD GÉTAIRE CONDUITES
PAR LA DIRECTION GÉNÉRALE DU BUDGET
Entre les mois de juillet et de décembre 2023, la Direction Générale du Budget s’est
efforcée de travailler à la modernisation progressive de la programmation et de la
budgétisation conformément aux exigences de la LEELF. Parmi les activités réalisées, on
peut citer :
▪ L’actualisation du Cadre Budgétaire à Moyen Terme (CBMT) 2023-2025 ;
▪ La relance, en Novembre 2023, du Comité de Suivi Multisectoriel pour la mise en
œuvre de la LEELF avec six ministères sectoriels (MSPP, MENFP, MARNDR,
MDE, MICT et MTPTC), deux ministères de coordination (MPCE et MEF) et des
structures comme CSC/CA, DGTCP du MEF, DEEP du MEF, OMRH et
CRFP/GE. Dans ce cadre, ces tâches ont été réalisées :
o Préparation d’un draft de rapport sur l’état d’avancement du
budget-programme en Haïti;
o Présentation de la méthodologie de conception d’un
programme budgétaire;
o Présentation du guide méthodologique de préparation des
politiques sectorielles;
o Mise en place d’une plate-forme d’échange pour partager
des outils et des connaissances sur le budget programme,
…) ;
▪ Déploiement d’un nouveau poste de contrôleur financier du budget au niveau du
département du Centre et évaluation en cours pour la mise en place d’un autre au
niveau du département de l’Artibonite ;
▪ Réflexion en cours avec les Organisations de la Société Civile pour la préparation
et l’adoption d’un budget citoyen en Haïti. Etapes déjà franchies : Validation d’un
plan d’action ; préparation des TdR ;
▪ Réflexion pour la création, au sein de la DGB, d’une Cellule de Suivi dédié au
marquage budgétaire selon l’équilibre du genre et le changement climatique ;
CRFP-GE 26 | P a g e
République d’Haïti
▪ Renforcement des procédures de contrôle de l’exécution des dépenses à travers la
mise en place du plan de programmation des dépenses sur une base trimestrielle et
du plan de passation des marchés publics. (voir les articles 35 et 36 de la
LEELF/régularité budgétaire) ;
C) LES INITIATIVES SUR LES PLANS DU CADRAGE MACROÉCONOMIQUE
ET DE LA STATISTIQUE
i) Des activités de la Direction des Études Économiques et de la Prévision (DEEP)
Les initiatives les plus importantes sont les suivantes :
▪ Construction d’une base de données pour rendre plus cohérent et plus efficace le
travail effectué par la DEEP ;
▪ Contribution au processus menant à l’adoption du Code Fiscal Haïtien (en
décembre 2023). Ce code contenant toutes les dispositions fiscales et regroupant
le Code Général des Impôts (CG) et le Livre des Procédures Fiscales (LPF) ;
▪ Préparation du Tableau des Opérations Financières de l'État suivant une base
mensuelle ;
▪ Contribution à la préparation du Rapport de Suivi de la mise en œuvre du nouveau
programme financier signé avec le FMI en juin 2023.
ii) Des activités récentes de l’IHSI
Pour la période considérée on peut mentionner :
▪ Réalisation et publication des Comptes Économiques en décembre 2023 ;
▪ Réalisation et Publication de l’Indicateur Conjoncturel d’Activités Économiques
pour le dernier trimestre de l’exercice 2022-2023
▪ Réalisation et Publication des Indices des Prix à la Consommation de juillet 2023
à janvier 2024.
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République d’Haïti
D) LES PROBLÈMES RENC ONTRÉS DANS CE SECTEUR POUR LA
PÉRIODE CONSIDÉRÉE
Ce secteur de la réforme des finances publiques a fait face à de nombreux problèmes au
cours de cette dernière période qui peuvent être classés en deux groupes. Soit :
i)Sur le plan politique
▪ Climat social, économique, institutionnel, sécuritaire actuel désastreux et donc
non favorable pour garantir la confiance et l’engagement continu des acteurs
(interne et externe) à s’impliquer dans les activités de réforme budgétaire et de
mise en œuvre des politiques publiques;
▪ Pas d’engagement suffisant des autorités politiques;
▪ Impact déstabilisateur du programme humanitaire américain (BIDEN) sur la
pérennité du personnel technique impliqué dans la réforme des finances publiques
en Haïti.
ii) Sur le plan technique
▪ Manque de cohérence (Chevauchement interinstitutionnel et intra-institutionnel)
dans la mise en œuvre des politiques publiques ;
▪ Manque de cohésion entre les actions des structures techniques ;
▪ Manque de gestion participative et inclusive ;
▪ Lenteur dans la validation et l’exécution des travaux réalisés par les structures de
réforme ;
▪ Manque de compréhension de l’importance du changement introduit par la
nouvelle approche du budget-programme à travers les institutions publiques ;
▪ Manque de management participatif ou délégatif au sein de l’administration
publique;
CRFP-GE 28 | P a g e
République d’Haïti
▪ Faible capacité technique de la plupart des institutions publiques, liée à la grande
rotation du personnel ;
▪ Manque d’incitation pour attirer et retenir les meilleurs éléments au sein de
l’administration publique.
E) CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
En définitive, l’allure de la réforme au niveau du secteur Statistique-Planification-
Programmation-Budgétisation durant les mois de juillet à décembre 2023 n’est pas assez
rapide mais elle est plutôt rassurante. Car, beaucoup d’initiatives de réforme ont été
lancées et sont sur la bonne voie.
Cependant, ce processus de réforme budgétaire et du développement ne peut pas donner
les résultats escomptés s’il n’y a pas de véritables engagements forts et clairs, tant au
niveau technique que politique. Il est aussi important de souligner que l’insuffisance de
budget dédié représente un point de blocage majeur dans presque toutes les structures
exécutrices des réformes. Ainsi donc, Il est recommandé les actions suivantes pour
pérenniser les avancées de la réforme dans ce secteur:
▪ Conduire un dialogue national inclusif sur la question de développement afin de
trouver des éléments probants pour résoudre les problèmes en lien avec
l’insécurité, la politique, le social et l’économie actuels ;
▪ Inciter et favoriser une plus grande implication des acteurs politiques dans la prise
des décisions des réformes;
▪ Mettre en place des ressources humaines suffisantes et compétentes dédiées à la
mise en œuvre des actions de réforme des finances publiques;
▪ Donner des moyens (Financier, logistique et technologique adéquate) nécessaires
aux responsables dédiés à la mise en œuvre de la réforme des finances publiques
et de la planification du développement ;
▪ Donner des incitations (Formation continue, stage d'immersion, primes de
compensation, etc.) aux cadres de l'administration publique œuvrant dans la mise
en œuvre des actions de réforme, afin de booster leur productivité et leur
efficacité pour l'obtention de meilleurs résultats de réforme;
CRFP-GE 29 | P a g e
République d’Haïti
▪ Mettre en place au sein des structures concernées des mécanismes visant à
favoriser un leadership participatif pour une meilleure coordination et d'efficacité
des actions de réforme;
▪ Inciter et développer une plus grande implication et participation des acteurs
politiques dans la prise de décision des actions de réforme des finances publiques
et de la planification du développement ;
▪ Assurer une meilleure coordination interinstitutionnelle et éviter le
chevauchement institutionnel pour une gouvernance de la réforme plus efficace et
plus efficiente;
▪ Utiliser tous les moyens de communication utiles pour sensibiliser tous les acteurs
(les administrations, l'Exécutif et le Parlement) y compris la population sur la
mise en œuvre de la réforme des finances publiques et de la planification du
développement.
Comme précisé dans l’introduction générale de ce rapport, la présentation des actions
entreprises dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme aura la particularité suivante :
i) procéder à une mise en perspective des réalisations au cours du dernier trimestre juillet
à septembre 2023; ii) présenter de façon détaillée les actions entreprises au cours du
trimestre octobre à décembre 2023.
A) UNE MISE EN PERSPECTIVE HISTORIQUE COUVRANT LA PÉRIODE DU
DERNIER TRIMESTRE DE L’EXERCICE 2022 -2023
Dans le rapport de mise en œuvre couvrant la période janvier à juin 2023, on a relaté un
ensemble de contraintes ayant empêché l'accomplissement de certaines actions.
Cependant, beaucoup de ces contraintes demeurent ou se sont aggravées étant donné
qu’elles constituent des variables exogènes à la Direction Générale du Trésor et de la
Comptabilité Publique (DGTCP). En effet, que ce soit l’insécurité généralisée, la
déperdition en cadres et techniciens, la faiblesse de certains cadres légaux, la non
disponibilité des données sur les portails web de la Banque de la République d’Haïti
3.3.- MISSION 3: GESTION DE LA TRÉSORERIE ET COMPTABILITÉ
PUBLIQUE
CRFP-GE 30 | P a g e
République d’Haïti
(BRH) ou de la Banque Nationale de Crédit (BNC), la non soumission des plans de
dépenses des secteurs, la non opérationnalisation du comité stratégique de trésorerie, la
DGTCP est tributaire d’un climat favorable à l’accomplissement de ses actions à la
faveur des décisions devant être prises par d’autres structures. En revanche, la solution à
d’autres contraintes devrait être de son ressort notamment en ce qui a trait aux coupures
d’électricité. C’est dans ces conditions que la DGTCP, avec les moyens dont elle dispose,
a pu poursuivre certains objectifs de la réforme.
Au cours du dernier trimestre de l’exercice fiscal 2022-2023, la DGTCP a
poursuivi l’opérationnalisation du Compte Unique du Trésor (CUT). En effet, dans
les livres de la Banque Nationale de crédit et de la Banque de la République d'Haïti deux
(2) comptes bailleurs ont été ouverts, trois (3) réactivés et deux (2) fermés. En fait, trois
(3) comptes seulement ont été ajoutés à un total de 1900 comptes - regroupant les
bailleurs, les collectivités territoriales, les organismes autonomes et les établissements
publics (OAEP) – en raison de contraintes d’ordre technique ou d’ordre légal.
En ce qui a trait à la finalisation du CUT, le statu quo est maintenu au niveau des 350
comptes ordinaires dénombrés dans les départements au mois de juin 2023 en raison du
fait que l’extension des Postes Comptables pour leur prise en charge n’a pas pu se réaliser
notamment à cause de l’insécurité généralisée qui sévit dans le pays. Entre-temps, le
dispositif de gestion des comptes spéciaux dans le CUT, devant permettre la cohérence
entre les actions et les procédures par les postes comptables concernés et la collaboration
des secteurs, a été soumis à l’appréciation des autorités compétentes. Cependant les
discussions pour une possible intégration au Compte Unique du Trésor (CUT) des
comptes Fidéicommis et de la Pension civile n’ont pas évolué à cause des difficultés liées
à la recherche documentaire et à des dispositions légales habilitant un tel acte. En outre,
la révision de la convention de 2013 sur la gestion du CUT n’a pas été entreprise.
Au cours de ce dernier trimestre, la gestion de la Trésorerie a été impactée par l’absence
d’un plan de trésorerie étant donné que les autres secteurs dépensiers n’ont pas fourni leur
programmation de dépenses tandis que les prévisions ventilées des recettes n’ont pas été
fournies non plus par les organismes de perception. Dans cet état de fait, l’émission de
billets et de certificats de trésorerie est demeurée le seul instrument de gestion de la
Trésorerie de l’Etat. Dans le but de faire des propositions éclairées aux autorités
compétentes, le Comité Technique de Trésorerie a toujours tenu ses réunions statutaires
hebdomadaires tous les mercredis à la fois en présentiel et par visioconférence, mais il a
eu à faire face à des obstacles d’ordre technique, technologique et logistique. Les
représentants des secteurs désignés ont continué à présenter les agrégats dont ils ont la
charge suivant un calendrier bien approprié. Néanmoins, le Comité Stratégique de
CRFP-GE 31 | P a g e
République d’Haïti
Trésorerie qui devait assurer la portée décisionnelle des discussions et propositions du
CTT n’a pas été opérationnel malgré différentes interpellations et les recommandations
du Fonds Monétaire International.
Parallèlement à ces trois grandes initiatives précédentes, le processus d’apurement de la
feuille de paie de l'Administration Publique s’est poursuivi via la Direction de
l’Inspection du Trésor (DIT). Au cours de ce dernier trimestre, un nombre de missions de
payroll par chèques ont été entreprises malgré les difficultés auxquelles cette équipe a dû
faire face en termes logistique et de personnel. Les retombées significatives de cette
manière de procéder se manifestent à travers la récupération de ressources au profit du
Trésor Public. Ce processus contribue également à la rationalisation des dépenses, à une
meilleure gestion du personnel et réduit les risques de corruption.
La gestion de la dette publique se fait à partir de plusieurs actions spécifiques dont :
▪ l’enregistrement et le paiement du service de la dette,
▪ la préparation et la publication des statistiques,
▪ la conciliation permanente surtout de la dette interne,
▪ la poursuite des objectifs de financement des gaps de trésorerie à partir d’émission
de titres publics et la réalisation des activités devant conduire à la mise en œuvre
du programme d’élargissement des Bons du Trésor au Grand Public. Des séances
informatives ont été organisées pour le personnel de certaines institutions
publiques et parallèlement, des rencontres se sont multipliées au niveau des
structures du Ministère de l’Economie et des Finances et de la Banque de la
République d’Haïti et entre les membres de la Commission Bipartite MEF-BRH
créé pour la mise en place du marché monétaire.
En ce qui a trait à l’implantation des 13 postes comptables restants, les conditions
sécuritaires et financières n’ont pas permis de le faire au cours du dernier trimestre de
l’exercice. Toutefois, les responsables ont fait des projections de déploiement au cours du
prochain exercice. Certains comptes au niveau départemental ont intégré le CUT pour la
prise en charge des opérations de recettes et de dépenses. Cependant les visites de
supervision et de formation pour les postes comptables qui avaient été prévues ont été
compromises par les difficultés de déplacement et de circulation. En date du 10
septembre 2023, un pas très significatif a été franchi dans la logique de la facilitation de
la reddition des comptes par les comptables publics par l’adoption en Conseil des
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République d’Haïti
Ministres de l'Arrêté fixant les modalités et les conditions de production, de présentation
et de transmission des comptes de gestion aux juges des comptes. La publication de ce
texte se fera ultérieurement.
En ce qui a trait aux efforts entrepris par la DGTCP pour le passage de la comptabilité
de caisse à la comptabilité d’exercice, le focus s’est porté d’abord sur l’élaboration du
nouveau plan comptable de l’’Etat qui devra permettre l’implémentation des modules
comptables au Système Intégré de Gestion des Finances Publiques (SIGFIP). Les travaux
d’élaboration de ce plan comptable ont avancé d’un bon pas. En effet, au mois de juillet
2023, un comité de relecture a été formé afin de recueillir les réactions de certaines
structures (DGB, DEE, DGI, AGD, etc.) sur ce nouveau plan comptable. Ce travail de
relecture s’est achevé avant la fin du mois de septembre 2023.
Enfin, au cours de cette période, des rappels ont été adressés à l’endroit de la Firme
Eptisa afin que les experts qui ont été recrutés pour la production du cahier de charges
relatif à l’implémentation d’un système intégré des ressources, de la gestion de la
Trésorerie et de la Dette, soumettent le rapport diagnostic qu’ils allaient reprendre.
La continuité de toutes ces actions va se trouver dans celles qui ont été entreprises et
réalisées au cours de la période allant d’octobre à décembre 2023. Il convient de signaler
que certaines des difficultés rencontrées antérieurement ont été aggravées. Ce qui a
impacté davantage la réalisation de certaines actions. Il en résulte que pour certaines
actions, les avancées n’ont pas été trop significatives.
B) LES EFFORTS DE LA DGTCP AU COURS DU PREMI ER TRIMESTRE DE
L’EXERCICE 2023-2024
Au cours du premier trimestre de l’exercice 2023-2024 les activités au sein de la
Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) se sont
poursuivies en vue de la réalisation de trois grandes lignes de réforme telle qu’elles ont
été définies à travers le plan d’actions, soit :
▪ poursuivre l’opérationnalisation du Compte Unique du Trésor ;
▪ Optimiser la gestion de la trésorerie et de la dette;
▪ Perfectionner au fur et à mesure la gestion comptable.
CRFP-GE 33 | P a g e
République d’Haïti
Dans les lignes qui suivent, des informations détaillées seront présentées sur les résultats
atteints au regard des actions prévues dans cadre de la mise en œuvre de la réforme au
sein de la DGTCP au cours de la période allant d’octobre à décembre 2023.
i) La poursuite de l'opérationnalisation du compte unique du trésor
A la lumière des opérations d’ouverture, de réactivation et de fermeture de comptes
opérées au cours de la période allant d’octobre à septembre 2023, dans les livres de la
Banque de la République d’Haïti (BRH) et dans ceux de la Banque Nationale de Crédit
BNC), on peut affirmer que la situation décrite antérieurement n’a pas beaucoup évolué.
Le tableau suivant décrit les mouvements effectués au cours de la période allant de juillet
à décembre 2023 :
Operations sur les comptes effectués de juillet à décembre 2023
Libellé Quantité
Comptes ouverts 8
Comptes réactivés 3
Comptes fermés 3
Dans ce cas de figure, le nombre de comptes des bailleurs destinés à financer des projets
sectoriels demeure au niveau d’une dizaine. Ces dits comptes sont domiciliés à la Banque
de la République d’Haïti (BRH) et à la Banque Nationale de Crédit (BNC). Le nombre
de comptes ordinaires qui ont été fermés tourne toujours autour d’une dizaine.
Cependant, d’autres comptes courants au niveau des départements ont intégré le CUT et
sont pris en charge par les postes comptables. C’est le cas d’abord pour le département du
Nord, puis celui du Centre.
En attendant l’extension du réseau des postes comptables qui doivent prendre en charge
les comptes courants hors CUT des institutions publiques, 350 d’entre eux sont recensés à
date. Ajoutés aux comptes des bailleurs, à ceux des collectivités territoriales et à ceux des
Organismes Autonomes et des Etablissements Publics (OAEP), un total de 1908
comptes a été identifié dans la base de gestion de ceux qui n’ont pas intégré le CUT
au 31 décembre 2023 soit en vertu des dispositions légales en vigueur ou des contraintes
d’ordre technique et logistique pour leur prise en charge dans le CUT. Des efforts seront
consentis en vue d’une démarche d’intégration progressive.
Réalisations récentes. En novembre 2023, seize (16) correspondances ont été transmises
à tous les Ministères en raison d’une correspondance par entité (sauf MJSAC et MEF)
CRFP-GE 34 | P a g e
République d’Haïti
dans le cadre d’un inventaire visant à recenser les comptes des institutions publiques et
des entités qui en découlent. Seulement ces quatre (4) institutions ont répondu à savoir :
▪ Le Département Sanitaire du Sud-Est (DSSE)/MSPP ;
▪ Le MDE ; ONZE (11) comptes actifs et quatre (04) inactifs ;
▪ Le MCFDF a trois (3) comptes actifs et deux comptes de la base Access non
recensés ;
▪ L’Université Publique du Sud aux Cayes (UPSAC)/ MENFP
Les discussions entamées avec les structures en charge de la Pension Civile et du Fonds
Fidéicommis de la Direction Générale des Impôts (DGI) pour leur intégration au CUT
sont toujours en cours. L’élan a été ralenti d’une part, par la conjoncture qui a impacté sur
la disponibilité des agents s’adonnant à l’exécution d’autres tâches prioritaires et plus
urgentes et d’autre part, par les difficultés obstruant la recherche documentaire sur les
dispositions légales qui donneraient les indications sur la démarche pour leur potentielle
intégration.
La veille sur le dispositif légal de gestion des comptes de l’administration centrale et du
CUT faisant référence principalement à la révision de la convention de 2013 sur la
gestion du CUT qui n’a pas été discutée au cours du semestre écoulé. Dans le Plan
d’actions 2023-2025 qui attend d’être adopté et mis en œuvre, la DGTCP compte décliner
les différentes activités y relatives afin de prendre en compte les nouvelles dispositions de
la LEELF et d’autres textes légaux et réglementaires.
ii) Gestion de la trésorerie et de la dette publique
Au cours du premier trimestre de l’exercice 2023-2024, la DGTCP, par le biais du
Secrétariat du Comité de Trésorerie, a entrepris toute une série de démarches en vue de
parvenir à un plan de trésorerie par :
▪ La transmission d’une circulaire aux institutions dépensières les
exhortant à soumettre au MEF leur programmation de dépenses.
Cependant aucune réponse favorable n’a été fournie au MEF;
▪ La requête auprès de l’UCP permettant à la DGTCP d’obtenir sur
support électronique le plan de passation de marché pour 64
institutions publiques;
▪ La promesse de la Direction Générale du Budget de soumettre une
programmation trimestrielle des dépenses, Cependant au 31
décembre cette promesse n’a pas été tenue.
CRFP-GE 35 | P a g e
République d’Haïti
▪ La demande adressée à la Direction Générale des Impôts de
transmettre le plan mensualisé des recettes pour l’exercice en
cours. Activité non réalisée jusqu’à ce jour.
▪ La soumission par l’Administration Générale des Douanes (AGD)
de son plan mensuel des recettes douanières qui sera exploité pour
produire le plan de trésorerie. Activité déjà réalisée.
Le Comité de Trésorerie a pris la décision de travailler avec les moyens disponibles en
vue de parvenir à un plan de trésorerie d’ici le mois de mars 2024.
Effectivement, l’absence de ce plan de Trésorerie rend très difficile la gestion de la
trésorerie de l’État et engendre la non-prévisibilité au niveau des dépenses et ne permet
pas de déterminer les efforts à déployer pour payer les factures à temps tout en évitant de
recourir aux avances de la Banque Centrale ou à d’autres prêts contractés
intempestivement. Dans ce cas de figure, l’utilisation du cash management se trouve
compromise si le Gouvernement ne recourt pas ( de façon discrétionnaire) à une certaine
forme d’austérité.
Les difficultés d’accès au Portail Web Sécurisé de la Banque de la République d’Haïti
(BRH) sont récurrentes depuis le mois de juin 2023. Ce dysfonctionnement compromet
le suivi des flux de trésorerie de l’État. Pour pallier à ce problème majeur, à défaut d’une
commission permanente de conciliation de Trésorerie, l’obtention des informations
nécessaires se fait par échanges téléphoniques entre le secrétariat du Comité de Trésorerie
et des cadres de la Banque Centrale.
Le Comité Technique de Trésorerie (CTT) se réunit statutairement chaque mercredi à la
fois en présentiel et par visio-conférence. Cette façon de procéder altère très souvent la
qualité des échanges et de la tenue des rencontres à cause des problèmes techniques,
technologiques et logistiques. La série de présentation des agrégats traités par chaque
institution représentée au sein dudit comité suivant un calendrier bien défini stimule non
seulement l’excellence, mais aussi permet de développer une dynamique d’efficacité par
le partage des informations entre ses membres d’une part. D’autre part, le report de ces
exposés au niveau des procès-verbaux ne permet pas aux décideurs, qui devraient faire
partie du comité stratégique de trésorerie, de prendre des décisions éclairées.
Toutefois, le Comité Technique reste limité en ce qui a trait à la prise de décision en vue
de résoudre les problèmes soulevés lors des réunions. A cause de l’absence du Comité
stratégique, le ministre de l’Économie et des Finances demeure le seul à pouvoir se
prononcer.
CRFP-GE 36 | P a g e
République d’Haïti
Un autre aspect de la gestion des fonds publics fait référence au processus d’apurement
de la feuille de paie de l’Administration Publique. Sur instruction du Ministre, la
DGTCP, via la Direction de l’Inspection du Trésor, a organisé cinq missions de payroll
spécial au premier trimestre de l’exercice 2023-2024 malgré un manque accru de moyens
logistiques et du personnel disponible. Cette façon de procéder a permis à l'Etat de
récupérer des fonds.
Les résultats de ces missions restent très significatifs pour le Trésor Public en termes de
récupération financière qui monte à près de 60 millions de gourdes sur la période allant
de janvier à juin 2023. Et de ce fait, l’organisation des missions reste une démarche très
importante pour le Trésor Public dans le cadre des mesures de promotion d’une gestion
efficiente de ses ressources. La capacité à mobiliser du personnel pour former les équipes
de mission doit demeurer une priorité pour la DGTCP.
En application des dispositions légales et réglementaires, la gestion de la dette publique
au premier trimestre de l’exercice 2023-2024 a pivoté autour de plusieurs axes, soit :
La gestion conjointe de l'émission des titres publics avec la Banque Centrale ;
▪ L’enregistrement et le paiement de la dette publique interne et externe ;
▪ La production et la publication des statistiques de la dette publique et la recherche
de l’exhaustivité de la dette par le processus de conciliation, de consolidation, de
restructuration;
▪ Le développement et le renforcement du cadre technique de gestion de la dette
interne :
▪ La poursuite des activités de la commission bipartite MEF-BRH en vue d’aboutir
au lancement au cours de l’exercice 2023-2024 du Programme d’élargissement
des Bons du Trésor au grand public.
Pour ce faire, entres autres, les séances de travail se sont multipliées, des documents de
passation de marché pour le recrutement d’une ou deux firmes dans le cadre de la
concrétisation du programme de sensibilisation à l’échelle nationale sont produits et
soumis aux instances compétentes, des mises en place logistique et informatiques se sont
poursuivies.
Au cours de cette période, le Trésor Public et la BRH se sont évertués à exécuter le
calendrier d’émission de Bons du Trésor prévu pour l’exercice en cours. En effet, les
émissions ont été réalisées pour d’une part renouveler les bons arrivant à échéance, et
financer les gaps de trésorerie d’autre part. Il convient de signaler qu’il s’agit de bons de
court terme à maturité de trois (3) mois et de six (6) mois. Les produits agrégés de ces
CRFP-GE 37 | P a g e
République d’Haïti
émissions auxquelles seul le secteur financier haïtien est habilité à participer sont
présentés ci-dessous :
▪ Total émission : 48,936, 000,000.00
▪ Renouvellement :45,049,000,000.00
▪ Finan. Gap trésorerie :3,887,000,000.00.
Le recours à la dette publique pour financer les activités est plus que bénéfique pour
l’économie en général dans la mesure où il évite aux autorités de recourir aux avances de
la BRH et par ricochet au financement monétaire qui a des effets nocifs sur l’économie.
En effet, le niveau du financement monétaire sert de repère aux décideurs pour agir
positivement ou négativement sur l’évolution du taux de change et l’inflation. De façon
corollaire, un financement monétaire bas, doit contribuer inexorablement à un niveau
d’inflation bas et à une appréciation du taux de change toutes choses étant égales par
ailleurs.
A l’ère de la promotion de la transparence et de la bonne gouvernance, la production et la
publication des statistiques entre dans la logique de la reddition des comptes tant
sollicitée par les strates les plus avisées à l’échelle nationale et internationale. C’est dans
ce sens que le Ministère de l’Economie et des Finances, via la DGTCP, se donne pour
devoir de promouvoir cet aspect tant apprécié par les partenaires financiers
internationaux à travers la production et la publication de bulletin statistiques de la dette
publique et des notes de conjonctures.
Au premier trimestre de l’exercice en cours, les services de la Direction Générale du
Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) ont procédé à l’élaboration d’un point de
conjoncture de la dette non encore publié, en décembre 2023. Il est à noter que la
publication des statistiques accuse un certain retard à cause de l’indisponibilité et de la
non-communication des intrants par les autres structures, des départs incontrôlés des
cadres et techniciens pour des raisons diverses, notamment celles liées aux programmes
de migration.
Aussi, au cours de cette période, les services de la DGTCP ont poursuivi des activités de
conciliation, de restructuration de dettes et de consolidation sur les protocoles de dette
envers les institutions non financières comme les Organismes Autonomes et les
Etablissements Publics (OAEP) et d’autres créanciers. En effet, le processus a apporté
des résultats probants tels que l’identification et l’établissement de données communes.
Le manuel de procédure de traitement des arriérés mentionné dans la section précédente
est toujours en attente de validation. Les arriérés en question sont générés par les
CRFP-GE 38 | P a g e
République d’Haïti
prestations de services par les fournisseurs internes non honorées au cours des exercices
antérieurs. Dans ce manuel de procédure, des propositions d’apurement des arriérés
seront présentées.
iii)L'amélioration de la qualité de la gestion comptable
Passage de la comptabilité de caisse à la comptabilité en droits constatés. Au cours
du premier trimestre de l’exercice 2023-2024, plusieurs réunions ont été réalisées avec
les Partenaires Techniques et Financiers d’Haïti afin de discuter des travaux de mise en
place du passage progressif vers la comptabilité en droits constatés. L'État haïtien
souhaite abandonner la comptabilité de caisse et adopter la comptabilité d'exercice afin de
se conformer aux exigences de la Loi sur l'Élaboration et l’Exécution des Lois de
Finances (LEELF), aux normes comptables internationales pour le secteur public
(IPSAS) et pour se conformer aux nouvelles approches de gestion moderne des finances
publiques.
Étant donné que parmi les projets soumis par la Direction Générale du Trésor et de la
Comptabilité Publique à la Banque Mondiale dans le cadre de l’élaboration de son
nouveau projet de gouvernance économique c’est celui concernant le passage à la
nouvelle comptabilité qui a été retenu, la DGTCP en collaboration avec la Commission
de la Réforme des Finances Publiques a continué à étoffer une ébauche de la matrice des
Problèmes, des Solutions et des Résultats qui a été présentée aux représentants de la BM
lors de sa Mission en Haïti au cours de la période allant du 6 au 11 décembre 2023. Lors
de cette Mission, il a été question d’introduire dans le Plan Comptable de l’État un
module d’inventaire des biens de l’Etat. Pour donner suite aux recommandations de la
Banque Mondiale, la Matrice a été complétée et soumise à l’appréciation de la CRFP-GE
en date du 22 décembre 2023 avant sa transmission à la Banque Mondiale.
Validation du nouveau plan comptable de l’État Haïtien (PCEH). A la date du lundi
13 Novembre 2023, le nouveau Plan Comptable de l’État Haïtien (PCEH) a été présenté
au Comité de Pilotage du projet du Système Intégré de Gestion des Finances Publiques
(SIGFiP) accompagné du rapport du comité de relecture. Ce dernier avait pour mission de
recueillir les réactions de certaines structures (DGB, DEE, DGI, AGD, etc.) sur le
document. À la suite de cette présentation, le Comité de pilotage du projet a décidé de
soumettre ledit document au Ministre pour approbation en attirant son attention sur
certains aspects qui auront un impact significatif sur l'élaboration du budget de l'État, le
circuit d'exécution des opérations financières de l'État et les rapports liés à la reddition
des comptes. Le Ministre a décidé de valider le PCEH après avoir pris connaissance de
ces aspects
CRFP-GE 39 | P a g e
République d’Haïti
Sitôt la validation décidée, la firme intégratrice du SIGFIP (Free Balance) aura les mains
libres pour commencer la configuration des modules de comptabilité, d'immobilisation et
de trésorerie. L’implémentation de ces modules est prévue à partir de l’exercice fiscal
2023-2024.
Extension du réseau des Postes comptables. Au cours de la période d’octobre à
décembre 2024, parmi les 13 postes comptables restants sur les 31 prévus, seulement
celui du département du Centre a été déployé. L’implantation des 12 autres postes
comptables restants demeure à la phase de planification. Cette situation peut s’expliquer
par l’insécurité grandissante à laquelle le pays fait face et aux problèmes financiers qui
empêchent la mise en œuvre effective du Plan d’actions. Dans cet ordre d’idées, le
compte d’opérations du poste comptable départemental du Centre a intégré le CUT pour
la prise en charge des opérations de recettes et de dépenses réalisées par les structures au
niveau de ce département
C) RAPPEL DES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES PAR LA DGTCP AU COURS
DES SIX DERNIERS MOIS
▪ L’insécurité grandissante qui gagne de plus en plus du terrain;
▪ Le départ impromptu des agents publics dont l’effectif se réduit de plus en plus à
cause de leur exode vers l’extérieur ;
▪ Les difficultés liées à la recherche documentaire sur les dispositions légales qui
donneraient les indications sur la démarche pour une potentielle intégration de
certains comptes au CUT ;
▪ La difficulté à obtenir la programmation des dépenses des secteurs rendant très
difficile la production d’un plan de trésorerie;
▪ La difficulté d’accès au Portail Web de la BRH limitant la possibilité d’obtenir
des intrants pour la production de différents rapports;
▪ La difficulté d’ordre technique (coupure d’électricité) et technologique influe
négativement sur le bon déroulement des rencontres du Comité de Trésorerie;
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République d’Haïti
▪ La non-opérationnalisation du Comité stratégique qui est un frein quant aux suites
à donner aux recommandations du Comité de Trésorerie.
A)LE PROJET
D’INTERCONNEXION DE CIVITAX -RMS VIA LA PLATEFORME
D’ECHANGE UXP
Durant la période allant de septembre à décembre 2023, et avec l’aide de la Mairie de
Carrefour et de la Direction des Systèmes d’Information du MEF, une même version de
CIVITAX a été installée et fonctionne sur l’ensemble des serveurs du projet. Dans ce
cadre, les activités suivantes ont été conduites :
▪ reprise de la configuration des serveurs des huit Mairies ;
▪ test de l’application 2018 de CIVITAX sur les données des Mairies de Kenscoft,
de Carrefour et de Pétion-Ville ;
▪ intégration de la base de données de Kenscoft sur leur serveur CIVITAX ;
▪ 2 semaines de travail intense avec la Mairie de Carrefour pour la correction de la
base et de l’application de CIVITAX qui présentaient des difficultés techniques.
Cette avancée majeure a permis de passer à la seconde phase du projet relative au test
d’interconnexion des Mairies avec le réseau métropolitain du MEF dont Delmas, Pétion-
Ville, Port-au-Prince, Tabarre et Kenscoft. Ses dernières ont récemment reçu leur
connexion-internet par fibre optique, ce qui leur permettra d’accéder au réseau du MEF
via la connexion par VPN.
B) LES ACTIVITES CONDUITES PAR LA DIRECTION DES COLLECTIVITES
TERRITORIALES DU MINISTERE DE L’INTERIEUR ET DES
COLLECTIVITES TERRITORIALES
i) Amélioration de la Gestion Financière des CT
Voici les initiatives qui ont été conduites dans cette ligne d’action, soit :
3.4.- MISSION 4: GOUVERNANCE DES FINANCES LOCALES
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République d’Haïti
▪ L’amélioration du recouvrement des ressources financières des collectivités
territoriales via la fiabilisation des rôles dans les mairies du Sud Est avec l’aide de
l’ONI et de la DGI durant les mois de juillet et août 2023;
▪ L’élaboration de plans d’action fiscale avec les mairies du sud-est.
▪ L’organisation d’ateliers sur le module budget de Civitax avec les mairies du sud
‘est
▪ La transmission, en octobre 2023 pour publication, du nouveau guide budgétaire
municipal
ii) Élargissement de l’Assiette
Durant les mois d’août et de septembre 2023, les activités suivantes ont eu lieu dans le
département du Sud via les programmes URBAYITI-Mairies des Cayes et de Jérémie et
MICT-REGLEAU-PAGODE. Soit :
▪ Recensement des propriétés bâties aux Cayes et à Jérémie ;
▪ Appui aux municipalités du Sud Est dans le cadre de la mise en œuvre de leur
plan de dépistage
A) UNE MISE EN CONTEXTE
Pour le dernier trimestre de l’exercice fiscal 2022-2023, la marche de l’administration
publique dans sa globalité continue d’accuser une décélération en raison des problèmes
sociopolitiques chroniques et de la fuite des cerveaux vers l’occident avec la mise en
place de différents programmes humanitaires et migratoires. La tâche était déjà
compliquée avec les ressources humaines peu motivées en place, la situation s’est
détériorée avec le départ d’un nombre significatif de cadres qualifiés et à responsabilité.
Ce cas de figure est aussi observable au niveau des entités du système de gestion des
finances publiques plus particulièrement les institutions de contrôle interne et externe et
de lutte contre la corruption.
3.5.- MISSION 5: CONTRÔLE BUDGÉTAIRE EXTERNE, TRANSPARENCE ET
LUTTE CONTRE LA CORRUPTION
CRFP-GE 42 | P a g e
République d’Haïti
En dépit d’un environnement politique et sécuritaire chaotique, certaines institutions de
contrôle ont pu initier ou réaliser quelques activités de consolidation ou de modernisation
du système de contrôle des finances publiques et de lutte contre la corruption. Ces
concrétisations sont dues au dynamisme de certaines entités d’une part et à l’appui de la
Banque Mondiale à travers le Projet d’Amélioration de la Gestion Financière et de
l’Information Statistique (PAGeFIS) qui s’exécutait durant la période d’autre part.
Parmi ces institutions, on peut retenir d’abord l’Unité de Lutte Contre la
Corruption(ULCC) qui pendant le mois de septembre 2023 a non seulement recruté une
firme (Wellcom) pour le lancement d’une campagne nationale de communication autour
de la lutte contre la corruption grâce à un financement de la Banque Mondiale via le
projet PAGeFIS mais aussi a signé avec le Président de la Conférence des Recteurs, des
Présidents d'Universités et des dirigeants d'Institutions d'enseignement supérieur
haïtiennes (CORPUHA), M. Jean Robert CHARLES, un protocole d'accord instituant la
première Chaire inter-universitaire d'études anti-corruption.
La Commission Nationale des Marchés Publics (CNMP) ainsi que l’Inspection
Générale des Finances (IGF), quant à elles, ont respectivement conduit des audits au
niveau de trois entités (PNH, MENFP, MEF) et mené des investigations sur les
installations, le matériel et les transactions sur le système des finances publiques au
niveau de la Direction des Systèmes d’information (DSI) du Ministère de l’Economie et
des Finances (MEF) entre juillet à septembre 2023. Enfin, pour ce qui concerne la Cour
Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) la seule activité
majeure qui s’est tenue au cours de la période est le lancement de la formation sur le
logiciel d’audit CASEWARE dont l’acquisition a été effectuée en juin 2023.
B) LES RÉALISATIONS DANS LES DIFFÉRENTS DOMAINES DU SECTEUR
CONTRÔLE D’OCTOBRE À DÉCEMBRE 2023.
i) La lutte contre la corruption
Cela fait tantôt trois ans qu’on ressent un certain dynamisme et de l’engagement de
l’ULCC à lutter davantage contre la corruption et ses manifestations sous toutes ses
formes au sein de l’Administration Publique haïtienne conformément au décret du 8
septembre 2004 portant sa création. Pour réaliser cette mission efficacement, les
instruments de régulation et d’opérationnalisation de la lutte contre la corruption doivent
toujours être renouvelés et adaptés aux nouveaux défis et enjeux du moment. De ce fait,
des travaux ont été entrepris durant la période pour :
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République d’Haïti
▪ Reconduire l’enquête diagnostique de 2006 sur la gouvernance et la corruption ;
▪ Élaborer une nouvelle stratégie nationale de lutte contre la corruption avec la
participation de l’ensemble des secteurs de la vie nationale.
Reconduction de l’enquête diagnostique
Avec un appui du Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD),
l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) s’efforce de recruter une firme en
recherche quantitative pour conduire une enquête de diagnostic sur la gouvernance et la
corruption en vue d’actualiser les informations résultant de l’enquête de 2006. Cette
enquête va coûter environ US 200,000 $ et devrait démarrer au troisième trimestre de
l’exercice fiscal 2023-2024.
Élaboration de la nouvelle Stratégie nationale de lutte contre la corruption
La lutte contre la corruption doit être menée de manière intelligente, c’est-à-dire en
fonction de nouveaux modes de fonctionnement administratif et du comportement des
gestionnaires des finances publiques. Ces facteurs étant dynamiques, il convient
d’actualiser les stratégies nationales de lutte contre la corruption régulièrement afin de
disposer d’un cadre d’intervention cohérent et pertinent aux nouveaux enjeux liés à la
gestion des finances publiques.
Cette actualisation passe forcément par une évaluation de la stratégie de 2006 et la
reconduction l’enquête diagnostique de 2006 sur la gouvernance et corruption. La
Banque Mondiale (BM) à travers le Projet d’Amélioration de la Gestion Financière et de
l’Information Statistique (PAGeFIS) a accepté de soutenir financièrement l’activité
d’évaluation de la stratégie de 2006 et l’élaboration de la nouvelle stratégie nationale de
lutte contre la corruption. Une enveloppe de $US 30,000 est mise à la disposition de
l’ULCC pour la réalisation de cette intervention. Les termes de référence ayant été
finalisés et la non-objection de la banque Mondiale ayant été obtenue, il ne reste que
l’appel à candidature qui devrait se faire au cours du mois de mars 2024.
Transmission de dossiers aux autorités judiciaires
D’un autre côté, l’institution a fait montre d’une efficacité notable durant ces dernières
années dans le nombre de dossiers traités et transmis aux autorités judiciaires pour les
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République d’Haïti
suites légales. Pour l’année 2023, environ 21 dossiers ont été transmis pour les suites
judiciaires dont 11 au cours du mois de novembre 2023. Donnons ces exemples :
▪ Rapport d’enquête de conformité sur la location d’espaces de garage par le Bureau
départemental de l’Autorité Portuaire Nationale (APN) à Saint-Marc.
▪ Rapport d’enquête sur la sélection des bénéficiaires des bourses d’études offertes
par la Fédération de la Russie pour l’année universitaire 2023-2024.
▪ Rapport d’enquête sur l’authenticité du certificat de déclaration de patrimoine
délivré par le Greffier Wilfrid Elie a l’ancien Sénateur Willot Joseph.
▪ Rapport d’enquête partiel réalisé au Centre National des Équipements (CNE).
▪ Rapport d’enquête relative à la gestion de l’ancienne directrice générale de la
Loterie de l’Etat Haïtien (LEH), Marie Margareth Fortuné Daudier pour la
période allant de mai 2026 à avril 2021(Phase II : Les tenanciers de borlette).
▪ Rapport d’enquête sur la gestion de matériels et équipements de la Mairie de
Ouanaminthe par le Maire Luma Démétrius.
▪ Rapport d’enquête sur les contrats de bâtiments logeant le Ministère de
l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP).
▪ Rapport d’enquête sur le patrimoine du Sénateur Nenel Cassy.
▪ Rapport d’enquête sur l’acquisition par l’Office National d’Assurance-vieillesse
d’une propriété fonds et bâtisses pour la somme de quatre-vingt-six millions cent
quatre-vingt-quatre mille cinquante-trois gourdes et quatre-vingt-treize centimes
(86,184,053.93 gourdes) devant loger une école de formation continue.
▪ Rapport d’enquête sur les soupçons de corruption entourant les contrats de
location de véhicules conclus par l’Office National d’Assurance-vieillesse entre
juillet 2021 et février 2023.
ii) Rôle récent de Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif
(CSCCA)
La CSCCA a particulièrement été victime du déplacement en masse des ressources
humaines qualifiées vers l’étranger ou encore vers d’autres institutions du secteur privé.
Si l’on ajoute pour le nouvel exercice fiscal 2023-2024 les activités de mise en place d’un
nouveau Conseil à la tête de l’institution, il est compréhensible que la CSCCA ait eu un
certain mal à conduire des activités durant la période de juillet à décembre 2023.
Néanmoins, une collaboration avec la firme Caseware avait été entamée au cours du mois
de juillet 2023 pour l’implantation d’un logiciel d’audit grâce à un financement de la
Banque Mondiale à travers le PAGeFIS.
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République d’Haïti
Cette application métier spécialisée dans l’élaboration, la planification et l’exécution des
activités d’audit est porteur à la fois de défis et d’opportunités relatifs aux nouvelles
fonctions attribuées à la Cour dans la Loi sur l’Elaboration et l’Exécution des Lois de
Finances (LEELF). L’acquisition du logiciel a été faite au mois de juillet 2023 mais la
formation des vérificateurs de la chambre financière a commencé au cours du mois de
décembre 2023 et a été une étape essentielle pour tirer parti des connaissances acquises et
des compétences développées. La formation a porté sur trois modules :
▪ IDEA Level1 : module de traitement de données financières de niveau 1;
▪ IDEA module de traitement de données financières de niveau 2;
▪ Working Papers : module de préparation des rapports financiers.
iii) Les réalisations de la Commission Nationale des Marches Publics (CNMP)
Missions d’audit des institutions étatiques
La CNMP a conduit trois missions d’audit durant la période allant de juillet à décembre
2023 dans les Ministères de l’économie et des finances, de l’éducation nationale et de la
formation professionnelle et au niveau de la Police Nationale d’Haïti (PNH) pour les
exercices 2018-2019, 2019-2020 et 2020-2021. Les travaux ont été lancés plus tôt mais la
finalisation des rapports de mission a pris fin en octobre 2023. Au total, la CNMP a
réalisé avec un appui de la Banque Mondiale à travers le PAGeFIS cinq (5) missions
(MT, ONA, MEF, MENFP, PNH) d’audit d’octobre 2022 à octobre 2023 pour les mêmes
exercices.
Publication des marchés publics passés par les institutions publiques
La CNMP continue de publier régulièrement les différents marchés passés par les
institutions publiques conformément à la circulaire du Premier Ministre en septembre
2021 requérant la publication mensuelle et en ligne à partir de 31 janvier 2022 de tous les
marchés faisant l’objet légalement d’un appel d’offre passés par les institutions de
l’administration de l’état. En outre, un décret a été publié en novembre 2021 décrivant les
exigences de transparence pour les marchés publics, y compris la publication des appels
d’offres, des contrats, ainsi que les soumissionnaires retenus et les bénéficiaires effectifs.
Cette action s’inscrit dans un processus de rationalisation de la dépense publique, du
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République d’Haïti
renforcement du contrôle et de la lutte contre la fraude et la corruption en vue de
l’amélioration de la qualité de la dépense publique.
Formation en gestion stratégique de projets et de marchés publics
A travers le Projet d’Amélioration de la Gestion Financière et de l’Information Statistique
(PAGeFIS) financé par la Banque Mondiale et qui devrait prendre fin en décembre 2024,
la Commission Nationale des Marchés Publics (CNMP) a reçu un financement d’environ
US 400,000 $ dans le cadre du renforcement des compétences d’une équipe de 21
auditeurs en gestion stratégique de projets et de marchés publics.
Une entente directe a été trouvée entre la CNMP et l’École Nationale d’Administration
Publique du Canada pour réaliser cette formation. Elle est divisée en deux phases dont la
première se réalisera en distanciel et la seconde sur place au Canada. La phase une est
déjà bouclée mais la dernière phase tarde encore à démarrer alors qu’il a été prévu de la
lancer en novembre 2023. Le problème principal de ce blocage est la non-délivrance des
visas par l’ambassade de Canada aux participants. La deuxième phase est reportée au
mois d’avril 2024. Entre temps, des démarches sont en cours pour faciliter l’octroi des
visas aux cadres sinon elle va se faire en distanciel.
iv) Les activités récentes conduites par l’Inspection Générale des Finances (IGF)
Pour la période considérée, l’Inspection Générale des Finances (IGF) qui assure le
contrôle administratif interne ex-post a réalisé des missions d’audit locales et
internationales malgré le contexte sociopolitique précaire. Il s’agit notamment de :
▪ Audit des fonctions administratives et financières des Missions diplomatiques et
Postes Consulaires d’Haïti (Octobre 2017 – Septembre 2023) : Le rapport d’étape
de la Phase 1 aux USA a été transmis au Ministre du MEF, l’étape 2 est en cours
d’exécution au Canada et en République Dominicaine.
▪ Contrôle de l’exécution du Programme d’Urgence Multisectoriel pour
l’Apaisement et la Réinsertion Sociale des Groupes Vulnérables (2022-2023) : Le
Rapport est en cours de finalisation.
C) PROBLÈMES ET CONTRAINTES
Les problèmes et contraintes n’ont pas vraiment changé depuis tantôt six ans. Les deux
principaux facteurs qui perturbent la bonne marche de la réforme au niveau du secteur de
Contrôle interne et externe et lutte contre la corruption sont les troubles sociopolitiques
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République d’Haïti
récurrentes et la montée de l’insécurité à travers presque tout le pays. Mais depuis janvier
2023, un autre aspect tend à supplanter les deux premiers éléments mentionnés plus haut,
il s’agit des départs massifs des cadres de l’administration publiques vers l’extérieur.
Outre cet environnement externe difficile, d’autres contraintes internes empêchent
l’avancement et le renseignement sur l’évolution effective des activités de réformes
conduites dans le secteur. A ce titre, on peut évoquer le niveau de proactivité et de
réactivité des points focaux relatifs aux différentes tâches qui leurs sont assignées au
comité sectoriel de réforme des finances publiques ainsi que le problème de gouvernance
des unités de réforme constaté au niveau des entités impliquées dans la RFP.
A) L’ÉTAT D’AVANCEMENT DE LA PRÉPARATION DU PAT 2023/25 DE CE
SECTEUR
Les travaux concernant l’élaboration de ce document pour le système d’information ont
démarré en Juillet 2023 et dans cette perspective deux rencontres de travail ont été
organisées dans le cadre du CSR/SIFE (Comité Sectoriel de Réforme du
Système d'Information des Finances de l'État) avec la Mission d’expertise d’EPTISA\UE
en charge du dossier. Ces rencontres et autres échanges réalisés ont permis de rendre
disponibles pour les experts certaines informations importantes ainsi que des documents
d’appui.
Par la suite, en Août 2023 un draft de rapport a été soumis à la Commission de Réforme
des Finances Publiques qui a produit des commentaires et recommandations qui sont
restés jusqu’à Février 2024 sans réaction.
B) LE NOUVEAU PROJET DE TRANSFORMATION DIGITALE DU
MANAGEMENT PUBLIC HAITIEN EN COLLABORATION AVEC LA BID
Ce nouveau projet, en gestation depuis quelque temps déjà, a été présenté intégralement
aux différentes parties prenantes lors de la Mission du 6 -10 Novembre 2023 de l’équipe
de projet de la BID.
3.6.- MISSION 6: SYSTÈME D’INFORMATION POUR LES FINANCES DE
L’ÉTAT
CRFP-GE 48 | P a g e
République d’Haïti
Son objet est de renforcer les bases de la transformation digitale du management public.
Il va être constitué de trois grandes composantes dont la troisième va servir à renforcer
les capacités nationales en matière de cybersécurité et sera financée à hauteur de 3
millions de dollars US, soit 15% du budget global du projet. Les détails pour les deux
premières composantes sont les suivants :
i) Composante 1 : Renforcement de la gouvernance numérique du secteur public
(US$ 3M, 15%)
L'objectif de cette composante est de renforcer la gouvernance numérique du secteur
public par ces politiques :
▪ Le renforcement de l'architecture de la gouvernance numérique,
▪ L’encouragement à la consolidation de la capacité institutionnelle de l'agence
nationale du gouvernement numérique,
▪ le développement d’une stratégie nationale de transformation numérique.
Le renforcement de la gouvernance numérique du secteur public contribuera à garantir
que la transformation numérique est cohérente, durable et inclusive, et qu'elle répond aux
objectifs du pays en matière de gouvernance, de croissance et d'inclusion.
ii) Composante 2 : Appui à la transformation numérique des fonctions stratégiques
transversales de gestion publique du Ministère de l'Économie et des Finances
(11M$, 55%)
L'objectif de cette composante est de stimuler les catalyseurs technologiques clés pour la
numérisation et l'automatisation des processus et des transactions qui sous-tendent les
fonctions stratégiques transversales de gestion publique du MEF (c'est-à-dire les
fonctions et les services qui ont un impact sur tous les secteurs, niveaux et agences du
gouvernement).
Cet objectif sera atteint en renforçant les éléments suivants au niveau central du MEF:
▪ l'infrastructure numérique : connectivité et énergie, centre de données et Cloud,
interopérabilité etc.
CRFP-GE 49 | P a g e
République d’Haïti
▪ les services et solutions numériques partagés et transversaux : cadre
règlementaire, signature numérique, paiements numériques, cybersécurité,
environnement de travail hybride, etc.
▪ la capacité technique de la Direction des Systèmes d'Informatisation (DSI). Cela
implique le déploiement d'une infrastructure technologique ainsi que la promotion
des compétences numériques pour la mise en œuvre, l'adoption et la gestion des
systèmes, et le cadre réglementaire nécessaire. La composante sera mise en œuvre
en maximisant l'indépendance technologique du pays.
▪ la durabilité des investissements et des résultats. Il s'agit notamment de tirer parti
des possibilités d'utilisation de logiciels libres et de l'informatique dématérialisée,
et de former les fonctionnaires en charge des systèmes. La composante
contribuera également à répondre au besoin critique du MEF d'attirer et de retenir
des employés hautement qualifiés (fonctionnaires permanents et contractuels) qui
font actuellement défaut en raison de la situation de la FCV du pays, en favorisant
un environnement de travail hybride conforme aux règlements du MEF et de la
fonction publique.
C) DERNIÈRES AVANCÉES DANS LE CADRE DE LA COMPOSANTE SIGFIP
DU PROJET PAGEFIS
On part du fait qu’il était prévu que le SIGFIP soit déployé selon deux phases, soit :
▪ Phase I : Acquisition, intégration et mise en service des modules
« Administration et gestion de crédits » et « Exécution budgétaire ».
▪ Phase II : Acquisition, intégration et mise en service des modules
« Comptabilité », « Immobilisations », « trésorerie », « Planification
budgétaire » ainsi que les interfaces avec d’autres systèmes d’information
notamment le RMS et le SYDONIA, et le Datamart.
i) Le point sur la première phase
Sur les trente (30) unités administratives où les modules Administration et gestion de
crédits et Exécution budgétaire devaient être implémentés, vingt-deux (22) ont déjà mis
en production le nouveau système de gestion des finances publiques. Cependant,
certaines d’entre elles ont accusé des régressions (arrêt des opérations budgétaires sur le
SIGFiP) en raison de la déperdition des cadres qui géraient ces systèmes. Des mesures
CRFP-GE 50 | P a g e
République d’Haïti
sont en train d’être prises pour exiger de ces unités administratives à remettre en
production les deux modules mentionnés au cours du mois d’avril 2024.
Outre ce problème de fuite de cerveaux, il y avait des difficultés d’ordre techniques dans
la configuration des modules ce qui a bloqué les travaux de finalisation des
implémentations. La reprise des activités d’implantation était tributaire de la
configuration, par la firme Freebalance, de la fonctionnalité de paiement aux
bénéficiaires multiples pour une transaction donnée dans le système. En Novembre 2023,
la firme a mis au point une solution dont elle a fait la démonstration à l’Équipe de projet
et à la Direction des Systèmes d’Information du MEF.
Cependant, cette solution a été jugée partielle par les deux entités et elles ont estimé
qu’elle devrait être complétée. C’est pourquoi le MEF étudie avec Freebalance la
faisabilité de modalités hors système afin de faire intervenir l’étape d’engagement de la
dépense en attendant qu’une solution satisfaisante soit mise au point en Décembre 2023
selon les prévisions. Ce qui permettrait le déploiement de la solution définitive en Janvier
2024 dans 8 nouvelles entités administratives.
ii) Du démarrage de la phase II
Les objectifs fixés dans ce cadre jusqu’à juin 2023 pour la firme Freebalance s’étant
révélés irréalisables, il a fallu, en novembre 2023 avec la restructuration du Projet
PAGEFIS, prolonger la durée du contrat jusqu’à mars 2024 pour permettre le démarrage
de cette seconde phase. Il faut dire aussi que celle-ci est tributaire de l’adoption par l’État
haïtien du nouveau plan comptable.
Pour ce faire, plusieurs initiatives ont été déjà conduites. On peut rappeler les plus
importantes ci-dessous, soit :
▪ 13 juin 2023 : Transmission au Comité de pilotage de la version 1.0 du Plan
comptable de l'État haïtien aux fins de révision par le Ministère de l'Économie et
des finances et proposition de la formation par le Ministère d'un Comité de lecture
appuyé par un Expert-comptable international ;
▪ 4 juillet 2023 : Formation par le Ministre de l’Économie et des Finances d’un
Comité de relecture du nouveau Plan comptable de l’Etat Haïtien ;
▪ 18 juillet 2023 : Transmission au Comité de relecture, dans la perspective de
validation du nouveau plan comptable de l'Etat, la version 1.0 du plan comptable
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de l'Etat soumis par l'Expert Gerard VERGER et fixation de la date du 28 juillet
2023 pour la remise du rapport par ledit Comité ;
▪ 31 août 2023 : Réunion de présentation de la version 1.0 du plan comptable de
l’Etat Haïtien (PCEH) au Comité de relecture par M. VERGER et engagement
pris par ledit Comité à soumettre soit directement à M. VERGER ou via le
Comité de projet SIGFiP un premier jet de rapport le 8 Septembre 2023 et le
rapport définitif, au plus tard, le 15 septembre 2023 ;
▪ 18 septembre 2023 : Transmission du rapport définitif sur la version 1.0 du
PCEH par le Comité de lecture à M. VERGER.
▪ 28 octobre 2023 : Transmission du PCEH finalisé au Comité de pilotage pour
validation par le Comité de projet ;
▪ 13 novembre 2023 : Présentation du PCEH par M. VERGER au Comité de
pilotage ;
Les étapes restant à franchir pour que la phase II puisse démarrer
effectivement, soit :
▪ Au plus tard le 30 novembre 2023 : Transmission au Ministre par le Comité de
pilotage d’une note relative aux changements préconisés par le PCEH et aux
chantiers à ouvrir dans la perspective de l’opérationnalisation du PCEH ;
▪ Au plus tard le 30 novembre 2023 : Validation du Plan comptable de l’Etat
Haïtien par le Comité de pilotage ou le Ministre de l’Economie et des Finances le
cas échéant ;
▪ Au plus tard le 30 novembre 2023 : Transmission du PCEH validé au Comité de
projet aux fins de transmission à FreeBalance pour intégration dans le Système de
Gestion Intégré des Finances Publiques (SIGFiP) ;
▪ Au plus tard le 30 novembre 2023 : Transmission du PECH validé à
FreeBalance par le Comité de projet pour intégration dans le Système de Gestion
Intégré des Finances Publiques (SIGFiP) ;
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▪ 1
er
décembre 2023 : Démarrage par la firme Free Balance des activités de
configuration des principaux modules prévus à la phase 2.
▪ 31 mars 2024 : Finalisation des activités de configuration des principaux modules
prévus à la phase 2.
Depuis quelques années, en raison des difficultés de trouver du financement et par
manque d’engagement des autorités politiques, la plupart des axes de la « Mission des
réformes transversales » n’ont pas pu être opérationnalisés. Pour la période la plus
récente, il ne sera question que de ceux concernant l’opérationnalisation de la réforme des
finances publiques et la communication sur elle.
A) L’AXE OPÉRATIONALISATION DE LA RÉFORME
i) Préparation du Plan d’Actions Triennal 2023-2025
Selon les prévisions, la mission d’expertise conduite par trois (3) experts en vue d’évaluer
le Plan d’Action Triennal (PAT) 2020-2022 et d’élaborer un nouveau PAT (2023-2025)
devait démarrer en juin 2023. Mais, suite au calendrier du rapport de démarrage le
rapport préliminaire de la mission devait être transmis aux parties nationales en fin août
2023. Toutefois, des raisons liées à la situation sécuritaire du pays et à la faible réactivité
des points focaux ont fait que le premier jet n’a été soumis qu’en début septembre 2023.
Entre temps, la CRFP-GE, qui avait à préparer le rapport de mise en œuvre de la réforme
des finances publiques pour la période allant de janvier à juin 2023 dont la date buttoir
était le 30 septembre, ne pouvait pas réagir immédiatement sur le rapport soumis par les
experts. Il a fallu attendre le début du mois d’octobre pour que les commentaires de la
CRFP soient transmis et débattus avec les experts lors d’une rencontre organisée le 11
octobre 2023. A cette même rencontre, il a été décidé qu’une nouvelle version du rapport
serait soumise le 31 octobre 2023.
Après plusieurs jours d’attente sans aucun retour, la CRFP-GE s’est concertée avec
EPTISA le 7 novembre 2023 et a convoqué l’équipe d’experts pour une réunion tripartite
(CRFP-GE, EPTISA, Equipe d’experts) le 15 novembre 2023 à la suite de laquelle une
nouvelle date a été négociée pour la soumission de la deuxième version du rapport soit le
3.7.- MISSION 7: LES RÉFORMES TRANSVERSALES
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1
er
décembre 2023. Malheureusement, l’un des experts est tombé malade dans l’intervalle
et les livrables n’ont pas pu être soumis à la fin de l’année 2023.
Dans le temps de rédaction de ce rapport global d’état d’avancement , l’équipe d’experts
travaille avec EPTISA sur la finalisation de la deuxième version du rapport selon les
souhaits de l’Union Européenne. Une fois qu’un accord aurait été trouvé entre ces deux
parties, la CRFP-GE espère pouvoir disposer de la version finalisée à leur niveau pour
entamer les prochaines étapes.
ii) Exécution du Projet d’Appui à la Réforme des Finances Publiques pour l’exercice
2023-2024
Encore une fois, le Projet d’Appui à la Reforme des Finances Publiques (PARFIP) a été
inscrit dans le Programme d’Investissement Public (PIP) pour l’exercice fiscal 2023-2024
à hauteur de 200,000,000.00 de gourdes. Tous les documents (document de projet, fiche
d’identification des opérations de projet (FIOP)) de cadrage du projet ont été transmis par
la CRFP-GE et validés par le MPCE.
Sans nul doute, aucun décaissement ne sera accordé au projet s’il n’y pas une
sensibilisation des autorités du Comité de Pilotage Stratégique (CPS) plus
particulièrement le ministre du MEF sur la raison d’être, l’importance et le rôle que peut
jouer ce projet pour redynamiser la marche de la réforme des finances publiques qui est
presqu’à l’arrêt. Le président ainsi que le vice-président du CPS doivent-être sensibilisés
pour que le circuit que doit suivre le projet pour son inscription et ses décaissements se
fasse sans encombre.
Il convient de signaler que le besoin du financement est réel et qu’à défaut de ce
financement interne, certaines actions de la réforme risquent de ne pas se réaliser ou se
trouveront dans l’impossibilité de l’être puisque les partenaires financiers externes ne
peuvent pas soutenir la réforme sans que le plan d’actions en préparation ne soit soumis
pour validation et que le dialogue politique n’ait lieu avec les autorités nationales.
B)LA POURSUITE DE L’ACTIVITÉ DE PRÉPARATION DU BUDGET
CITOTEN
Le deuxième programme où des initiatives ont été observées pour la période en question
est celui de Communication notamment le volet externe que le Projet d’Amélioration de
la Gestion Financière et de l’Information Statistique (PAGeFIS) appuie depuis tantôt cinq
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(5) ans à travers la sous-composante relative à la « sensibilisation du public à l’égard des
questions budgétaires et à l’exécution financière ».
Durant le dernier trimestre de l’exercice fiscal 2022/23, le Collectif pour le Contrôle de
l’Intégrité Publique (COCIP) a fait appel à d’autres organisations des secteurs éducatif,
agricole et sanitaire en vue de se renforcer. Ainsi, quatre autres organisations ont rejoint
le collectif pour une meilleure représentativité de celui-ci. Il s’agit de :
▪ PROMODEV : Promotion du développement agricole ;
▪ GIEL : Groupe d’Initiative des Enseignants-tes en Lutte ;
▪ IDESAH : Initiative pour le Développement Sanitaire en Haïti ;
▪ SJH : Secrétariat à la Jeunesse d’Haïti.
Après que la Direction Générale du Budget (DGB) ait exprimé son intérêt au mois de
juin 2023 pour la conduite de l’activité de l’élaboration du budget citoyen en mettant sur
pied une équipe chargée de son pilotage ayant à sa tête l’Assistant Directeur de la
Programmation, des réunions et échanges s’en sont suivis pour s’accorder avec les parties
prenantes sur l’orientation à donner à ce projet. C’est ainsi que deux réunions de cadrage
ont été organisées à la DGB. L’une avec le Collectif pour le Contrôle de l’Intégrité
Publique (COCIP) le 20 octobre 2023 dont l’objectif était de s’accorder sur le calendrier
et le contenu du plan d’action du budget citoyen qu’avait préparé le COCIP et amendé
par la DGB. La seconde réunion était réalisée avec les cadres de la Direction des
Investissements Publics(DIP) du MPCE deux semaines après la première rencontre avec
le même objectif.
Étant donné le calendrier serré du plan d’action devant déboucher sur l’élaboration et la
publication du budget citoyen haïtien pour l’exercice fiscal 2024-2025, le COCIP s’est
vite mis au travail en élaborant et en transmettant à la DGB le 24 novembre 2023 un
projet de TDR pour le recrutement d’un expert en budget citoyen pour accompagner le
gouvernement dans cette initiative. Un mois après, soit le 20 décembre 2023, la DGB a
retourné le document avec de légers commentaires. Les termes de référence ont été
acceptés par les deux parties, mais malheureusement le recrutement de l’expert n’aurait
pas pu être possible avant la fin de l’année 2023.
Aujourd’hui, après une requête du chef d’équipe aux directeurs de la DGB le 3 janvier
2024 leur demandant de solliciter des bailleurs un appui dans la recherche d’un
consultant en budget citoyen, six(6) propositions de cv ont été transmis à la DGB pour les
suites nécessaires après un suivi réalisé par la CRFP-GE auprès de la Banque Mondiale.
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Mais, jusqu’à présent la DGB n’a encore fourni aucune réponse en dépit des relances
alors que les curriculums vitae ont été transmis depuis le 12 février 2024.
C) PROBLEMES ET CONTRAINTES
Les problèmes de stabilité politique et sécuritaire sont toujours présents et s’aggravent
davantage poussant ainsi les cadres et certains bailleurs à abandonner le pays. Outre ces
problèmes récurrents, on constate depuis tantôt trois (3) ans un défaut de
financement/appui de la plupart des programmes de la mission 7 et une faible capacité
des assistances techniques mis à la disposition du gouvernement à conduire ses missions.
En effet, seulement deux activités qui sont financées dans le cadre de la mission 7. Il
s’agit de l’actualisation des instruments de régulation de la réforme et la communication
externe des actions de réforme conduites par le gouvernement à travers le PAGeFIS.
D’un autre côtè, les missions d’assistance technique n’ont pas abouti aux résultats
escomptés en raison de la compétence douteuse des experts conduisant ces interventions.
Que ce soit au niveau de la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique
(DGTCP) dans le cadre de la mise en œuvre de la MCT22 ou du côté de la Commission
de Réforme des Finances Publiques et de Gouvernance Economique (CRFP-GE) avec
l’implémentation de la MCT30.
Pour adresser ce dernier point, il est suggéré que les procédures de recrutement des
experts, établies par les firmes d’exécution des fonds des bailleurs œuvrant dans le
système de gestion des finances publiques, soient revisitées et complétées conjointement
avec la CRFP-GE pour éviter ces genres de situation à l’avenir. Au final, c’est l’État
haïtien qui est le principal perdant en termes de temps, d’énergie et d’argent.
D) CONCLUSION ET PERSPECTIVES
Les problèmes de capacité et de sécurité soulevés plus haut retardent fortement les cycles
d’actualisation des instruments de régulation de la réforme. La période d’exécution du
prochain PAT est presque écoulée sans qu’il soit encore mis en place. De même, la
MCT22, lancé depuis très longtemps et qui normalement devrait initier l’implantation
d’un système intégré de gestion des recettes et de la dette publique au niveau de la
DGCTP, est jusqu’à présent sous l’eau alors que des engagements ont été pris par le
gouvernement à travers la lettre de cadrage de l’exercice fiscal 2024-2025 dans la mise en
place de ce dit système.
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La situation est tellement critique sous cette période étudiée qu’il est difficile de faire
l’éloge même d’une avancée minuscule mis à part les mouvements du côté de la société
civile. Cette marche minimale qu’on observe au niveau de la communication externe
depuis quelques années permettant ainsi à la RFP de ne pas être à l’arrêt dans ce domaine
est essentiellement due au soutien de la Banque Mondiale à travers le PAGeFIS dont la
gouvernance a favorisé une mise en œuvre sans interruption depuis plus de cinq (5) ans.
Cette crise que vit le pays, aussi longtemps qu’elle dure, la réforme des finances
publiques accentuera le focus sur les actions ponctuelles et urgentes. Celles qui sont en
souffrance ou en attente resteront en état d’arrêt ou effectueront des petits pas.
IV.- CONCLUSION GÉNÉRALE
Depuis 2018-2019, tous les rapports produits par la CRFP\GE se caractérisent par une
constance : c’est l’influence négative de l’environnement global d’Haïti qui vient donc
compliquer la prise d’initiatives allant dans le sens du développement du pays ou dans
celui de la bonne gouvernance au niveau de l’État. La conjoncture actuelle qui s’amorce
dans le contexte du nouvel exercice fiscal 2023-2024 semble s’inscrire tout à fait dans la
même dynamique.
Bien entendu, les facteurs environnementaux qui sont en cause ne sont toujours pas les
mêmes : ils évoluent effectivement au gré de la conjoncture. C’est ainsi que pour les cinq
premiers mois du nouvel Exercice 2023-2024, on a noté plusieurs faits significatifs au
niveau de l’Introduction Générale mais trois d’entre eux ont un caractère majeur, soit : les
préparatifs pour la mise en place d’un nouveau gouvernement, l’accélération de la
ganstérisation dans l’Aire Métropolitaine de PAP et la grande vague de décapitalisation
en ressources humaines.
Si l’on revient à cette ambivalence mise en exergue antérieurement entre la dynamique
réelle et ce qui se passe sur le plan normatif, on peut d’abord l’illustrer en partant du
premier grand axe de ce rapport de bilan. Effectivement, il n’y a aucun doute que la
dépression économique vécue par le pays depuis plusieurs années s’est encore maintenue
durant l’année écoulée de même qu’on peut observer que les tendances fondamentales
des diverses variables macroéconomiques sont toujours préoccupantes y compris
pour cette dernière période conjoncturelle.
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Pourtant, ce n’est pas faute d’efforts de redressement conduits par les pouvoirs publics à
travers ses instruments de politique appuyés pour cette dernière conjoncture économique
aussi par le FMI. Si l’on fait abstraction des problèmes économiques structurels, le
caractère problématique de l’environnement global est certainement un des facteurs
explicatifs de ces résultats mitigés.
Considérons maintenant le second grand axe du rapport, soit : l’état d’avancement des
grandes réformes de gouvernance. Mettons, d’abord, de côté la Mission portant sur les
Réformes Transversales, ou les initiatives ont été plutôt rares pour des raisons qui ont été
précisées dans la section qui les concerne. Partout ailleurs, au niveau des six autres
domaines de gouvernance analysés, il est observé une multitude d’initiatives pour
améliorer les différentes dimensions de gouvernance en cause. Mais, deux observations
peuvent être faites ici.
Premièrement, généralement les améliorations apportées aux différentes modalités de
gouvernance économique ne sont nulle part substantielles. C’est pourquoi on est encore
loin de l’atteinte des objectifs essentiels de ces grandes réformes. Pourtant, pour certaines
d’entre elles les efforts en cours datent déjà de plusieurs années pouvant aller au-delà de
cinq ans. L’environnement est certainement en cause, mais pas toujours. Il faut aussi
considérer les problèmes internes de gestion des Administrations Publiques concernées.
La situation qui vient d’être mise en exergue concerne le cas général, mais il y a un
domaine de gouvernance, soit la mobilisation des ressources internes, ou on observe que
certains efforts en cours semblent porter des fruits de manière très visible. Notons, au
départ, que ce secteur vit aussi ces situations ou le lancement de grande réforme tarde à
donner des résultats probants. Mais, parallèlement on a noté une amélioration
substantielle et continue des recettes douanières suite à la prise de mesures améliorant la
capacité organisationnelle, accélérant la digitalisation des procédures de dédouanement et
mettant en production de nouveaux modules du SYDONIA.
Ainsi, nonobstant les problèmes structurels, l’environnement global du pays constitue
souvent un obstacle majeur à l’avancement sur le plan économique et sur celui de la
gouvernance économique. Mais, dans certaines conditions, surtout quand les capacités
organisationnelles internes des administrations publiques sont renforcées, son influence
négative peut être neutralisée.
Kijan pou site
Commission de Réforme des Finances Publiques et de Gouvernance Économique (CRFP-GE), Rapò sou eta avansman Refòm Finans Piblik yo (oktòb–desanm 2023 rive mas 2024), https://crfpge.gouv.ht/publications/1770647284_CRFP-RapportÉtatAvancementdelaRFP-PériodeOctobre-Décembre 2023-Mars 2024_Vf.pdf