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Analiz IPC sou ensekirite alimantè grav ann Ayiti: mizajou pwojeksyon pou mas-jen 2026

Analiz IPC sou ensekirite alimantè grav ann Ayiti: mizajou pwojeksyon pou mas-jen 2026

Rezime — Mizajou pwojeksyon pou mas-jen 2026 klase 5 834 131 moun, oswa 52 pousan popilasyon yo analize a, nan Faz IPC 3 oswa pi grav, ladan yo 1 827 378 moun nan Faz 4.
Dekouve Enpotan
Deskripsyon Konple

Klasifikasyon nasyonal ki mete ajou a kouvri 11 254 209 moun pou mas rive jen 2026. Li klase 4 006 753 moun nan Kriz (Faz IPC 3) ak 1 827 378 nan Ijans (Faz IPC 4), san okenn moun nan Katastwòf (Faz IPC 5). Analiz la lye ensekirite alimantè grav ak vyolans ame, pwoblèm nan mache ak transpò, pri ki wo, revni ki pa estab, deplasman ak chòk klimatik ki repete. Li konpare rezilta a ak pwojeksyon septanm 2025 la, idantifye zòn priyoritè, egzamine asistans alimantè imanitè epi rekòmande sipò ijans pou konsomasyon, restorasyon mwayen pou viv, pi bon alèt bonè ak swivi kontinyèl. Klasifikasyon an te mete ajou nan yon atelye ibrid soti 24 rive 27 mas 2026 anba direksyon CNSA, dapre pwotokòl teknik IPC yo.

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et Nutritionelle MISE À JOUR DE LA PROJECTION DE L’ANALYSE DE SEPTEMBRE 2025 HAITI ANALYSE IPC DE L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE AIGUË MARS - JUIN 2026 ENVIRON 5,83 MILLIONS DE PERSONNES, SOIT PRÈS DE LA MOITIÉ DE Publié le 16 avril 2026 LA POPULATION, CONTINUENT DE CONNAÎTRE DES NIVEAUX ÉLEVÉS D’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE AIGUË Mise à jour de la situation projetée: mars - juin 2026 MISE À JOUR DE LA SITUATION PROJETÉE (MARS - JUIN 2026) Phase 5 0 1 - Minimale Catastrophe 1 2- -Minimale Stress 5,83M 2 3- -Stress Crise Phase 4 1 827 000 3 4- -Crise Urgence 4 5- -Urgence Famine 52 % de la population Urgence 5 -Zones avec preuves insuffisantes Famine analysée Phase 3 4 007 000 Zonesavec Zones non preuves analysées insuffisantes Crise Symboles Zones non de la carte analysées Classification des zones Personnes en situation d’ Symboles de la carteurbaines d’installation insécurité alimentaire aiguë Phase 2 2 879 000 Classification Classificationdes d’installation deszones urbaines d’installation de zones PDI/autres élevée (Phase IPC 3 ou +) Stress Classification des zones La zone reçoit une de d’installation aide alimentaire humanitaire importante PDI/autres La(pris zone reçoit dans en compte une laimportante classification des phases) Phase 1 2 541 000 aide alimentaire (pris en de Au moins 25% compteleurs humanitaire besoins dans des ménages ont 25-50% caloriques des la classification couverts par phases) AYANT BESOIN D’UNE Sécurité l’assistance limentaire humanitaire Au moins 25% des ménages ont 25-50% deAuleurs moins 25% des besoins ménages caloriques ont plus couverts parde 50% de leurs l’assistance besoins caloriques alimentaire humanitairecouverts ACTION URGENTE alimentaire par l’assistance alimentaire humanitaire Au moins 25% des ménages ont plus de 50% de leurs besoins caloriques couverts  par l’assistance alimentaire humanitaire * Acceptable  ** Moyen VUE D’ENSEMBLE ***Moyen Elevé Acceptable ** Peu de preuves car accès humanitaire *** Elevé limité ou inexistant Peu de preuves car La révision de la période projetée (mars à juin 2026) de la LÉGENDE accès humanitaire limité ou inexistant Classification IPC des phases d’insécurité alimentaire aiguë (IAA) dernière analyse IPC de septembre 2025, conclut que, sur la 1 - Minimale La zone reçoit une importante (la Phase cartographiéeZones avec preuves représente lainsuffisantes sévérité qui touche au moins 20 % période de mars à juin 2026, la situation de sécurité alimentaire de la 2 - Stress population) Zones non analysées aide alimentaire humanitaire (pris en compte dans la classification des phases) en Haiti demeure préoccupante. En dépit de certains signaux 11 --3 - Crise Minimale Minimale Symboles de la carte Zones Zones avec avec preuves insuffisantes La preuves insuffisantes La zone zone Au reçoit reçoit moinsune une importante importante 25% des ménages ont 25-50% de leurs besoins caloriques couverts par de légères améliorations ponctuelles comparée à la projection 22 --4 - Urgence Stress Stress Classification des zones d’installation Zones non Zones non urbaines analysées analysées aide alimentaire aide (pris alimentaire (pris en en compte humanitaire humanitaire l’assistance alimentaire compte dans humanitaire dans lala classification classification des des phases) phases) établie en septembre 2025, notamment le ralentissement Crise Crise 33 --5 - Famine Symboles de de la carte des zones SymbolesClassification la carte Au Aumoins Au moins 25% des ménages ont plus de 50%25% moins de 25%leurs desbesoins des ménages ménagescaloriques ont couverts ont25-50% 25-50% d’installation de PDI/autres de deleurspar l’assistance leursbesoins alimentaire besoinscaloriques humanitaire caloriquescouverts couvertspar par de l’inflation annuelle (de 31,9% en septembre 2025 à 22,1% 44 -- Urgence Urgence Classification Classification des d’installation des zones d’installation urbaines zones urbaines l’assistance l’assistancealimentaire alimentairehumanitaire humanitaire en février 2026), des conditions climatiques globalement 1 - Minimale Zones 55 -- avec preuves insuffisantes Famine Famine Classification Classification des des zones La zone zones reçoit une importante 50% moins25% Aumoins Au 50%de 25%des deleurs ménagesont desménages leursbesoins besoinscaloriques ontplus plusde de caloriquescouverts couverts d’installation d’installation dede PDI/autres PDI/autres par parl’assistance l’assistancealimentaire alimentairehumanitaire humanitaire favorables à la campagne agricole d’hiver et une amélioration 2 - Stress Zones non analysées aide alimentaire humanitaire (pris en compte dans la classification des phases) relative de l’accès à certains axes routiers, ces évolutions3 - Crise Symboles de la carte Au moins 25% des ménages ont 25-50% de leurs besoins caloriques couverts par demeurent insuffisantes pour inverser la tendance générale de 4 - Urgence Classification des zones Zone métropolitaine de Port au Prince d’installation urbaines l’assistance alimentaire humanitaire l’insécurité alimentaire aiguë. 5 - Famine Classification des zones d’installation de PDI/autres Au moins 25% des ménages ont plus de 50% de leurs besoins caloriques couverts par l’assistance alimentaire humanitaire Ainsi, près de 5,83 millions de personnes, soit 52% de la population analysée, sont susceptibles d’être classifiée en Phase 3 ou plus de l’IPC, entre mars et juin 2026, dont près de 1,9 million de personnes (16%) en insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC). Ces chiffres représentent une légère diminution comparée à l’analyse de septembre 2025 où plus de 5,9 millions de personnes étaient projetées en Phase 3 et plus sur la même période et près de 2 millions de personnes (18% de la population analysée) en Urgence (Phase 4 de l’IPC). L’accès financier à la nourriture continue d’être fortement limité par les niveaux de prix élevés et le manque de revenus stables. Facteurs déterminants La persistance de la violence des groupes armés perturbe les circuits d’approvisionnement et induit des pertes d’emplois, Persistance de la violence des groupes armés érodant le pouvoir d’achat des ménages déjà fragilisé par les limitant la circulation des personnes et des biens ainsi chocs climatiques successifs, comme l’ouragan Melissa qui a que les opportunités économiques. touché le Grand Sud du pays en octobre 2025. Ces facteurs continuent de limiter la capacité des ménages à couvrir leurs Chocs économiques, avec une contraction du besoins alimentaires minimums sans recourir à des stratégies Produit Intérieur Brut (PIB) au cours des sept dernières d’adaptation négatives. années et une crise inflationniste persistante. Ainsi, dix des 30 zones analysées sont maintenues en Effets résiduels des chocs climatiques, notamment insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC). Il s’agit plus les épisodes récurrents de sécheresse et le passage particulièrement des deux zones du Nord-Ouest, des trois zones de l’ouragan Melissa en octobre 2025 dans les du département de l’Artibonite (à l’exception des Gonaïves), du départements du grand Sud. Bas-Plateau, des camps des déplacés, de la Gonâve, du Sud-Est HT07 (arrondissement de Belle-Anse) ainsi que des quartiers Situation agricole: bien que les conditions aient été pauvres et très pauvres de Port-au-Prince et de Cité-Soleil. Le plus favorables qu’attendues, la production agricole reste du pays demeure classé en situation de Crise (Phase 3 de demeure majoritairement déficitaire pour couvrir l’IPC). l’ensemble des besoins de la population. HAITI | ANALYSE IPC DE L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE AIGUË 2 CARTE ET TABLEAU DE LA MISE À JOUR DE LA SITUATION PROJETÉE (MARS - JUIN 2026) LÉGENDE Classification IPC des phases d’insécurité alimentaire aiguë (IAA) (la Phase cartographiée représente la sévérité 1 - qui Minimaletouche au moins 20 % de la population) 1 -2 -Minimale Stress 12 3- Stress - Crise Minimale 32 -4- Stress -Crise Urgence 43 --5 -Crise Famine Urgence 54 -Zones avec preuves insuffisantes - Famine Urgence Zones Zones 5- nonpreuves avec Famine analysées insuffisantes Zones non Symboles analysées de lapreuves avec carte insuffisantes Classification des zones Zonesde Symboles non analysées la carte d’installation urbaines Classification Classification des deszones zones Symboles de la carte d’installation urbaines d’installation de PDI/autres Classification Classification des des zones zones La zone reçoit d’installation d’installationune de importante urbaines PDI/autres aide alimentaire humanitaire Classification des zones La(pris zone reçoit une lade d’installation en compte dans importante PDI/autres classification des phases) aide alimentaire Au humanitaire moins 25% des ménages ont 25-50% La zone de (pris en reçoit compte leurs unela importante besoins dans caloriques des classification couverts par phases) l’assistance alimentaire aide alimentaire humanitaire humanitaire Au moins 25% des ménages ont 25-50% (pris en deAu leurs compte besoins moins dans caloriques 25% des la couverts ménages classification par de ont plus des phases) l’assistance 50% alimentaire de leurs besoinshumanitaire caloriques couverts Auparmoins 25% des ménages l’assistance alimentaireont 25-50% humanitaire de Au leurs moinsbesoins 25% des caloriques couverts ménages ont pluspar de l’assistance 50% de leursalimentaire humanitaire besoins caloriques couverts par l’assistance alimentaire humanitaire Au moins 25% des ménages ont plus de * 50% Acceptable de leurs besoins caloriques couverts  ** par Moyenl’assistance alimentaire humanitaire *** Elevé Acceptable  Peu ** Moyen de preuves car *** Elevé accès humanitaire Acceptable limité Peu de ou inexistant preuves car ** accès humanitaire Moyen *** Elevé limité ou inexistant Peu de preuves car accès humanitaire limité ou inexistant Estimation de population pour la situation projetée mise à jour (mars – juin 2026) Departement Zone d’analyse Pop Phase 1 Phase 2 Phase 3 Phase 4 Phase 5 Phase Phase 3+ totale de la analysée #per. % #per. % #per. % #per. % #per % zone #per. % Artibonite HT03 470,267 94,053 20 141,080 30 141,080 30 94,053 20 0 0 4 235,134 50 Artibonite HT04 449,463 89,893 20 112,366 25 157,312 35 89,893 20 0 0 4 247,205 55 Artibonite 682,771 102,416 15 204,831 30 238,970 35 136,554 20 0 0 4 375,524 55 Artibonite HT01+HT05+HT08 Ville des Gonaives 246,714 86,350 35 86,350 35 49,343 20 24,671 10 0 0 3 74,014 30 Artibonite Total 1,849,215 372,712 23 544,627 30 586,705 30 345,171 18 0 0 931,877 48 Bas plateau HT03 251,841 50,368 20 50,368 20 100,736 40 50,368 20 0 0 4 151,105 60 Centre Haut plateau HT04 499,454 124,864 25 124,864 25 174,809 35 74,918 15 0 0 3 249,727 50 Centre Total 751,295 175,232 23 175,232 23 275,545 38 125,286 18 0 0 400,832 55 Ouest HT05 205,119 51,280 25 51,280 25 82,048 40 20,512 10 0 0 3 102,560 50 Ouest HT06 112,678 28,170 25 28,170 25 39,437 35 16,902 15 0 0 3 56,339 50 Ouest HT07+HT03 770,745 192,686 25 192,686 25 269,761 35 115,612 15 0 0 3 385,373 50 Reste Ouest Ouest_HT01- La 0 0 4 61,607 60 102,678 15,402 15 25,670 25 35,937 35 25,670 25 gonave Ouest Total 1,191,220 287,538 23 297,806 25 427,183 36 178,696 16 0 0 605,879 53 Camp des 196,974 19,697 10 39,395 20 68,941 35 68,941 35 0 0 4 137,882 70 déplacés Croix de Bouquet 0 0 3 45,830 50 91,660 18,332 20 27,498 30 36,664 40 9,166 10 et Tabarre P+ TP Zone métropolitaine Port-au-Prince et 0 0 4 538,012 60 896,686 179,337 20 179,337 20 358,674 40 179,337 20 de Port au Cite Soleil P_TP Prince (ZMPAP) Delmas, Petion 0 0 3 312,976 45 Ville et Carrefour 695,503 173,876 25 208,651 30 243,426 35 69,550 10 P+TP ZMPAP Total 1,880,823 391,242 19 454,881 25 707,705 38 326,994 19 0 0 1,034,700 56 HAITI | ANALYSE IPC DE L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE AIGUË 3 Departement Zone d’analyse Pop totale Phase 1 Phase 2 Phase 3 Phase 4 Phase 5 Phase Phase 3+ analysée de la #per. % #per. % #per. % #per. % #per % zone #per. % Grande-anse HT07 209,648 41,930 20 41,930 20 94,342 45 31,447 15 0 0 3 125,789 60 Grande-anse HT08 429,317 107,329 25 107,329 25 150,261 35 64,398 15 0 0 3 214,659 50 Grand-Anse + Jerémie Grand-Anse Total 638,965 149,259 23 149,259 23 244,603 40 95,845 15 0 0 340,448 55 Nippes HT01 225,993 45,199 20 56,498 25 90,397 40 33,899 15 0 0 3 124,296 55 Nippes HT07 217,392 54,348 25 43,478 20 86,957 40 32,609 15 0 0 3 119,566 55 Nippes +HT08 Nippes Total 443,385 99,547 23 99,976 23 177,354 40 66,508 15 0 0 243,862 55 Nord HT02 685,358 171,340 25 205,607 30 239,875 35 68,536 10 0 0 3 308,411 45 Nord HT03 285,105 71,276 25 85,532 30 99,787 35 28,511 10 0 0 3 128,297 45 Nord Ville du Cap 0 0 3 114,493 35 327,122 114,493 35 98,137 30 98,137 30 16,356 5 Haitien Nord Total 1,297,585 357,109 28 389,276 30 437,799 33 113,403 8 0 0 551,201 42 Nord-est 0 0 3 208,446 50 416,891 104,223 25 104,223 25 145,912 35 62,534 15 HT02+HT03 Nord-Est Ville de 0 0 3 27,658 35 79,023 23,707 30 27,658 35 19,756 25 7,902 10 Ouanaminthe Nord-Est Total 495,914 127,930 28 131,881 30 165,668 30 70,436 13 0 0 236,104 43 Nord-ouest HT01 368,777 73,755 20 73,755 20 129,072 35 92,194 25 0 0 4 221,266 60 Nord-Ouest Nord-ouest HT02 445,427 66,814 15 89,085 20 178,171 40 111,357 25 0 0 4 289,528 65 Nord-Ouest Total 814,204 140,569 18 162,840 20 307,243 38 203,551 25 0 0 510,794 63 Sud HT01 et HT07 620,080 155,020 25 155,020 25 217,028 35 93,012 15 0 0 3 310,040 50 Sud HT08 297,748 59,550 20 74,437 25 119,099 40 44,662 15 0 0 3 163,761 55 Sud Ville des Cayes 118,497 29,624 25 29,624 25 41,474 35 17,775 15 0 0 3 59,249 50 Sud Total 1,036,325 244,194 23 259,081 25 377,601 37 155,449 15 0 0 533,050 52 Sud-est HT01 500,337 125,084 25 125,084 25 175,118 35 75,051 15 0 0 3 250,169 50 Sud-Est Sud-est HT07 354,941 70,988 20 88,735 25 124,229 35 70,988 20 0 0 4 195,218 55 Sud-Est Total 855,278 196,072 23 213,819 25 299,347 35 146,039 18 0 0 445,387 53 Grand total 11,254,209 2,541,404 23 2,878,678 26 4,006,753 36 1,827,378 16 0 0 5,834,131 52 Note : Une population en Phase 3+ ne reflète pas nécessairement l’ensemble de la population nécessitant une action urgente. Les incohérences marginales qui peuvent apparaître dans les pourcentages globaux des totaux et des grands totaux sont imputables aux arrondis. HAITI | ANALYSE IPC DE L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE AIGUË 4 VUE D’ENSEMBLE DE LA MISE À JOUR DE LA SITUATION PROJETÉE (MARS - JUIN 2026) Une mise à jour de la projection de la dernière analyse IPC a été réalisée à la fin du mois de mars 2026 afin d’actualiser la classification de l’insécurité alimentaire aiguë initialement publiée en septembre 2025. Conformément aux protocoles de l’IPC, les hypothèses de projection (mars-juin 2026) émises lors de cette analyse de septembre 2025 ont été réexaminées de même que l’évolution de certains facteurs clés, sur la base de l’ensemble des éléments de preuve disponibles. L’analyse indique que certaines hypothèses ont évolué comme prévu, dans le sens d’une dégradation, tandis que d’autres ont montré une amélioration relative ou n’ont pas atteint le niveau de dégradation attendu ; notamment : • Les conditions agro-climatiques ont été globalement favorables à la campagne d’hiver bien que le niveau de décapitalisation des exploitations n’ait pas permis d’en tirer pleinement parti. Parallèlement, plusieurs hypothèses critiques se sont confirmées, ou dégradées : • L’inflation a enregistré un ralentissement, passant de 31,9% en septembre 2025 à 22,1% en février 2026. Cependant, le déclenchement du conflit au Moyen-Orient fin février 2026 a provoqué une perturbation majeure du système alimentaire mondial. Le blocage du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour le pétrole, le gaz et surtout les engrais et les produits alimentaires, est au cœur de cette crise avec des conséquences directes au niveau global, ainsi qu’en Haiti. - La tendance à l’augmentation du prix des produits pétroliers dans plusieurs pays. - L’affectation des circuits de commercialisation / approvisionnement des engrais. - Les coûts de production agricole augmenteraient dans tous les pays dépendants des importations de fertilisants. Face à cette situation, en date du 31 mars 2026, le gouvernement haïtien a pris la décision d’augmenter les prix des produits pétroliers sur le marché national respectivement pour 29.46% le gallon de gazoline, 37.10% du diesel et 40% kérosène. Cette mesure, prise sur recommandation du Conseil consultatif est entrée en vigueur le jeudi 2 avril 2026 sur l’ensemble du territoire national. En effet, l’impact de ce conflit va avoir, entre autres pour conséquence l’augmentation des prix des produits alimentaires et de première nécessité. L’impact sur la disponibilité de carburant avec un prix élevé à la pompe entraînera des répercussions sur le transport d’une manière générale et donc l’augmentation des prix des denrées alimentaires au niveau des marchés locaux. Ainsi, les exploitants agricoles n’auront pas la capacité de se procurer de carburant pour faire fonctionner leur motopompe et irriguer leur champ. - La persistance de la violence des groupes armés, continue de perturber les moyens d’existence, le fonctionnement des marchés et l’accès économique des ménages à la nourriture et à leurs ressources. - L’accès de la population aux services de base (santé, éducation, eau potable) sous l’effet de l’insécurité persistante demeure toujours dégradé ; - La poursuite des déportations massives en provenance de la République Dominicaine, accentuant la pression sur les ressources dans les communautés d’accueil entraîne une réduction des revenus issus des transferts pour les ménages bénéficiaires. A la fin du mois d’octobre 2025, la partie Sud du pays a été touchée par le passage de l’ouragan Melissa, ce qui a entraîné des pluies torrentielles, des inondations, des glissements de terrain et des destructions dans la zone du Grand Sud (Sud, Grand Anse, Nippes), l’Ouest (autour de Petit-Goâve et Port-au-Prince) et le Sud Est (Marigot). Dans ces zones, les moyens d’existence des ménages ont été impactés dans des proportions anticipées dans l’analyse précédente. Cependant, la conjoncture globale affecte encore plus ces zones déjà impactées par l’ouragan. La situation de sécurité alimentaire demeure globalement stable dans la majorité des zones analysées. Comparée à la période septembre 2025 à février 2026, dans 21 zones (sur les 30 analysées), la situation est restée stable ou s’est légèrement améliorée tandis qu’elle s’est légèrement détériorée dans neuf des 30 zones analysées, avec 5% de ménages supplémentaires en insécurité alimentaire. Comparée à la situation projetée en septembre 2025 pour mars-juin 2026 2026, celle-ci apparaît légèrement moins déteriorée que celle anticipée avec une réduction de près de 160 000 personnes en Phase 4 de l’IPC (Urgence), qui basculent en Phase 3, marquant pour la Phase 3 et plus, une amélioration d’un point de pourcentage (de 53 % à 52 %). HAITI | ANALYSE IPC DE L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE AIGUË 5 ZONES LES PLUS AFFECTÉES (MARS - JUIN 2026) Toutes les populations classifiées en Phase 3 de l’IPC ou plus nécessitent des interventions d’urgence pour satisfaire les besoins alimentaires, protéger et sauver des vies ainsi que les moyens de subsistance. Toutefois, afin de faciliter la planification des interventions, une priorisation est proposée en fonction du niveau de gravité. En priorité 1 : figurent les zones classées en Phase 4 (Urgence), comptant 20% de population ou plus en insécurité alimentaire d’Urgence. Ces zones méritent une attention particulière dans la mesure où les ménages en Phase 4 de l’IPC ont subi une perte extrême des avoirs relatifs aux moyens d’existence qui entraîne des déficits de consommation alimentaire importants à court terme et/ou des taux de malnutrition aiguë très élevés. Parmi les zones classées en Phase 3 de l’IPC (Crise), trois niveaux de priorité ont également été définis : Priorité 2 : zones présentant une forte prévalence d’insécurité alimentaire aiguë (Phase 3 de l’IPC ou plus supérieure à 50 %) ; Priorité 3 : zones comptant au moins 15 % de la population en Phase 4, indiquant un risque élevé de détérioration vers une situation d’Urgence ; Priorité 4 : Toutes les autres zones. En général, on observe une représentation de plus en plus importante des zones les plus prioritaires également en milieu rural, par rapport aux analyses précédentes où les zones les plus affectées étaient urbaines. Cela reflète l’impact de l’insécurité - auparavant concentrée exclusivement sur la capitale - sur les zones rurales, ainsi que la diversité des aléas qui déclenchent aujourd’hui la crise complexe en Haïti. Zones de priorité 1 • Le Haut-Artibonite (Artibonite HT01 et Artibonite HT03) • La zone rizicole de l’Artibonite (Artibonite HT04) • Le Bas Plateau • Le regroupement Port-au-Prince et Cité Soleil • Le département du Nord-Ouest (Nord-Ouest HT01 et Nord-Ouest HT02) • La Gonâve (Ouest HT01) • L’arrondissement de Belle Anse en grande partie (Sud-Est HT07) • Camp des déplacés Zones de priorité 2 • Le département des Nippes (Nippes HT01 et Nippes HT07/HT08) • La zone côtière du département du Sud (Sud HT08) • La partie centrale du département de la Grand-Anse (Grand-Anse HT07) Zones de priorité 3 • Zone côtière de la Grand-Anse (Grand-Anse HT08) • Le haut plateau central • Le Nord-Est (hormis la ville de Ouanaminthe) • Les zones de l’Ouest HT06 • Reste Sud hormis la côte sud (déjà classé en priorité 2) • Reste Sud-Est (hormis Sud-Est HT07 déjà classé en priorité 1) HAITI | ANALYSE IPC DE L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE AIGUË 6 FOCUS SUR LA SITUATION DE LA ZONE MÉTROPOLITAINE DE PORT -AU- PRINCE (ZMPAP) ET LES CAMPS DE DÉPLACÉS La capitale haïtienne reste confrontée à une crise CARTE DE LA ZONE MÉTROPOLITAINE DE PORT-AU-PRINCE sécuritaire extrêmement grave. Malgré certains signaux ponctuels d’amélioration rapportés par les autorités dans quelques quartiers et localités, habituellement épicentre de la violence dans la capitale, cela ne reflète pas encore une tendance globale généralisée à cause de la situation sécuritaire qui demeure toujours fébrile et volatile. En effet, les groupes armes continuent d’étendre leur contrôle, non seulement dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince (ZMPAP) mais aussi dans les départements comme l’Artibonite et le Centre. Ils contrôlent des axes routiers et maritimes clés. Cette violence a occasionné la perte de vies de plusieurs milliers de civils dans le pays, dont un nombre significatif dans la capitale. Entre mars 2025 et janvier 2026, au moins 5 519 personnes ont été tuées dans la violence généralisée, selon un rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). Des attaques et affrontements sont récurrents en périphérie immédiate de la capitale, notamment à Kenscoff, zone proche de Pétion-Ville et sur les routes secondaires reliant Port-au-Prince au sud. L’expansion des groupes armes dans ces zones renforce l’encerclement de la capitale avec des impacts humanitaires importants et en augmentation. Les gangs exploitent également les postes frontaliers (Belladère, Malpasse), les routes commerciales, ce qui entraîne une paralysie économique et le maintien des prix élevés à Port-Au-Prince. Dans la zone ZMPAP, l’insécurité alimentaire touche plus d’un million de personnes (56 % de la population ZMPAP analysée), avec une concentration particulièrement élevée dans les camps de déplacés. Selon le round 12 de DTM/OIM de décembre 2025, près d’1,43 million de personnes vivent dans des camps de déplacés dont 11% à Port-au-Prince ; une tendance en hausse depuis 2024-2025. Ces chiffres reflètent une situation en rapide détérioration dans la capitale, marquée par une multiplication des sites improvisés et un déplacement constant des familles fuyant les violences, même si la majorité des déplacés demeurent hébergées dans des familles d’accueil. Les conditions humanitaires dans les sites des déplacés sont jugées extrêmement précaires. L’accès à la nourriture est identifié parmi les besoins prioritaires. La mise à jour a révélé que dans les sites de déplacés de Port-au-Prince, 70 % de la population présente des niveaux d’insécurité alimentaire élevés (Phase 3 ou plus de l’IPC), ce qui reflète une situation très critique, caractérisée par des déficits alimentaires et une dépendance à l’assistance alimentaire. La vulnérabilité de ces personnes est aggravée par le dysfonctionnement des marchés et les chocs économiques et climatiques. Dans les quartiers pauvres et très pauvres de Croix de Bouquet et de Tabarre, la moitié de la population est en Phase 3 ou plus de l’IPC, ce qui vient confirmer les mêmes tendances de sévérité enregistrées dans l’analyse précédente de septembre 2025. Même en dehors des camps, certaines zones urbaines concentrent une insécurité alimentaire élevée, notamment dans les quartiers périphériques pauvres et très pauvres densément peuplés et à forte pression socio-économique. Cela se traduit par une détérioration des conditions alimentaires et le risque élevé d’aggravation si aucune intervention n’est entreprise. Au niveau des quartiers pauvres et très pauvres de Delmas, Pétion-Ville et Carrefour, Port-au-Prince et Cité Soleil, environ 45% à 60 % de la population est classifiée en Phase 3 ou plus, ce qui alerte sur une situation alimentaire très préoccupante pour près de la moitié de la population métropolitaine. La proportion de populations en Crise (Phase 3) et Urgence (Phase 4) représentent respectivement 30% à 35 % et 15 à 25 % de la population dans ces zones, ce qui indique que l’insécurité alimentaire y est aussi largement répandue, exacerbée par les prix élevés des produits alimentaires et les contraintes d’accès aux marchés. Par ailleurs, la récession économique que connaît le pays continue à paralyser les activités économiques et restreindre les opportunités d’emploi notamment à cause de l’insécurité dans la ZMPAP. Selon les données de l’IHSI, l’inflation poursuit sa décélération depuis fin 2025 – début 2026. En février 2026, l’inflation a enregistré une variation mensuelle de 0,8 % et une inflation annuelle de 22,1%, contre respectivement 0,9 % et 23,5 % en janvier. Au niveau régional, l’Aire Métropolitaine, le Reste Ouest et la région transversale se distinguent par les prix les plus élevés, atteignant respectivement 23,0 %, 22,8 % et 22,3 % tandis que celles des autres régions restent en dessous de 21,2%. L’impact de la hausse des cours mondiaux du pétrole et d’un certain nombre de denrées liés aux répercussions de la guerre au Moyen Orient risquent d’exacerber la crise inflationniste en Haiti ce qui contribuerait à maintenir de plus en plus de personnes en insécurité alimentaire si aucune mesure de protection du pouvoir d’achat des ménages n’est entreprise. HAITI | ANALYSE IPC DE L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE AIGUË 7 ASSISTANCE ALIMENTAIRE HUMANITAIRE Au cours du premier trimestre 2026, la situation de la sécurité alimentaire en Haïti a montré des signes d’amélioration localisée attribuable à l’assistance alimentaire d’urgence fournie par les acteurs humanitaires dans les zones les plus affectées par l’insécurité, les chocs économiques et la dégradation des moyens d’existence d’une part et l’amélioration des conditions caractérisées par une baisse du coût de panier alimentaire la stabilité du taux d’échange de la Gourde face au Dollar, et la disponibilité de carburant, d’autre part. Cette amélioration s’est traduite par une réduction du nombre de ménages en Phase 4 (Urgence) au profit de la Phase 3 (Crise) dans certaines zones d’intervention, notamment dans l’Aire Métropolitaine de Port-au-Prince et certains départements touchés par l’insécurité persistante et les déplacements internes. Cette évolution demeure toutefois largement dépendante de l’assistance humanitaire. Selon les données de suivi du secteur sécurité alimentaire, les distributions de rations alimentaires, de transferts monétaires et coupons, ainsi que les interventions ciblées de prévention et traitement de la malnutrition ont touché en moyenne 784 300 personnes pour la période de septembre 2025 – février 2026, avec une couverture de l’ordre de 50% des besoins kilocaloriques. Ces interventions ont permis d’améliorer l’accès alimentaire des ménages vulnérables et ont également contribué à une stabilisation de la consommation alimentaire voire une légère amélioration de la diversité alimentaire minimale, et à une réduction du recours aux stratégies d’adaptation négatives, en cohérence avec les indicateurs de résultats de l’IPC (consommation alimentaire et moyens d’existence). Ces données de planification, partagées à la fin de l’analyse voire après l’analyse pour certaines, n’ont pas été incluses dans l’analyse de septembre 2025, mais ont été considérées dans l’interprétation globale des résultats de la mise à jour. Concernant la période de mise à jour, c’est mars à juin 2026, les données de planification disponibilisées et considérées lors de l’analyse - quant à une assistance financée et susceptible d’être délivrée en ligne avec la définition de l’IPC - couvrent un peu plus de 456 000 personnes avec une couverture de 50% des besoins kilocaloriques. Toutefois, des informations complémentaires partagées par les partenaires humanitaires après l’analyse laissent entrevoir que les planifications d’assistance alimentaire prévoient de toucher 1.2 million de personnes à travers des transferts monétaires d’urgence de $120 USD et de protection sociale de $88 USD ainsi que des kits de ration alimentaire de poids moyen de 40 kg par ménage. Ces informations sur l’assistance humanitaire n’ont été que partiellement considérées dans l’analyse, par suite d’une mise à disposition tardive. HAITI | ANALYSE IPC DE L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE AIGUË 8 COMPARAISON PAR RAPPORT À L’ANALYSE ANTERIEURE La mise à jour de l’analyse projetée révèle, par rapport à l’analyse de septembre (mars-juin 2026), une situation d’insécurité alimentaire en Haïti qui se modifie légèrement. Aux regards des deux cartes de classification de la période projetée septembre 2025 et mars 2026, le nombre de zones classées en insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) demeure similaire, avec dix zones au total. En effet, cette mise à jour montre une légère amélioration du pourcentage des personnes en Phase 3 de l’IPC et plus, passant de 53% (5,9 millions) à 52% (5,8 millions), ayant besoin d’une action urgente pour réduire les déficits de consommation et protéger les moyens d’existence. Aussi, la proportion de personnes en Phase 4 se réduit légèrement passant de 18% (près de 2 millions de personnes) en septembre 2025 à 16% (1,8 million) en mars 2026. Les facteurs influençant cette amélioration sont respectivement : le recours aux moyens alternatifs de transport interurbain, le ralentissement du taux de l’inflation ainsi que l’assistance humanitaire au niveau de certaines zones sur les derniers mois de 2025 et début 2026. Cette réduction explique également l’augmentation de population en Phase 3. En effet, par rapport à l’analyse de la projection (mars – juin 2026) de septembre, la proportion de personnes en insécurité alimentaire correspondant à la Phase 3 de l’IPC a augmenté, passant de 35% (3,9 millions de personnes) à 36% (4 millions) de la population totale analysée. SITUATION PROJETÉE - mars à juin 2026 MISE À JOUR DE LA PROJECTION - mars à juin 2026 COMPARAISON AUX ANALYSES ANTERIEURES Période de l'analyse Projetée Mise à jour Durée mars - juin 2026 mars - juin 2026 Population analysée 11,293,795 11,254,209 Pourcentage en phase 3 de l'IPC et pire 53% 52% Population en phase 3 de l'IPC et pire 5,910,720 5,834,131 Population en phase 3 de l'IPC 3,924,261 4,006,753 Pourcentage en phase 3 de l'IPC 35% 36% Population en phase 4 de l'IPC 1,986,459 1,827,378 Pourcentage en phase 4 de l'IPC 18% 16% Population en phase 5 de l'IPC 0 0 Assistance Sans inclusion de l’assistance Assistance Inclue HAITI | ANALYSE IPC DE L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE AIGUË 9 RECOMMANDATIONS POUR L’ACTION Interventions d´urgence : Considérant la sévérité de l’insécurité alimentaire dans les zones classées en Phase 4 (Urgence) de l’IPC, il est impératif de mettre en œuvre des actions urgentes. Ces interventions doivent prioritairement venir en aide aux ménages les plus pauvres et les plus affectés pour subvenir à leurs besoins, sauver leurs vies, réduire significativement leurs déficits de consommation alimentaire et éviter des pertes totales et irrémédiables de leurs moyens d’existence. Appui aux moyens d´existence : Tenant compte des chocs concomitants et/ou récurrents (sécheresse, prix élevés, insécurité, augmentation de prix du carburant, séisme, inondation) qui ont affecté les ménages vulnérables ces dernières années, des actions de restauration et de développement de leurs moyens d’existence et de leurs avoirs s’avèrent indispensables. Les actions de soutien à la résilience devront viser, de manière opportune, un appui aux intrants agricoles et à l’élevage, des crédits ruraux, des appuis en matériels, etc. afin de faciliter, d’une part, la mise en place de la campagne agricole de printemps 2026 et d’autre part, la restauration des moyens d’existence (activités génératrices de revenus, élevage, transferts d’argent, etc.). Articulation entre l´urgence et le developpement : Considérant la forte influence des facteurs structurels de risques d’insécurité alimentaire aiguë des ménages (développement agricole, accès aux services de base, gouvernance…) et la nécessité de favoriser le lien entre l’urgence, le développement et la paix dans le cadre du Nexus humanitaire et des objectifs de développement durables (ODD) adoptés par Haiti, il est primordial de repenser les stratégies d’intervention et de revoir les perspectives afin d’avoir des effets plus durables et structurants sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages tout en renforçant les initiatives pouvant permettre la restauration de la sécurité dans les zones impactées par le crise. Activités de surveillance et d’actualisation de la situation Afin de renforcer le système de surveillance et d’alerte précoce en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAPSAN), il est important d’opérationnaliser la mise en place des sites sentinelles pour la collecte des données au niveau ménage ainsi qu’au niveau communautaire pour pouvoir évaluer les risques, surveiller les aléas et diffuser des alertes claires, aux moments opportuns. Cela permettra aussi d’alimenter la base de données pour les prochains cycles d’analyse IPC. Il est donc recommandé de : • Suivre les conditions de démarrage et le déroulement de la campagne agricole de printemps (mars–juin 2026), tout en facilitant sa mise en place. • Soutenir les personnes déplacées que ce soit dans des sites ou dans des familles d’accueil. • Appuyer techniquement et financièrement la redynamisation des observatoires et le renforcement du système d’information de la sécurité alimentaire de la CNSA ainsi que la mise en œuvre de l’IPC dans le pays. • Améliorer la diffusion des produits de l’IPC au niveau central et décentralisé en utilisant tous les canaux de communication et toutes les langues appropriées. • Faire le plaidoyer pour la poursuite des assistances humanitaires dans les communes prioritaires. Facteurs de risque à surveiller • Dynamique de la population : une intensification de la violence des groupes armés pourrait intensifier les déplacements de population, exerçant une pression accrue sur les ressources limitées dans les zones d’accueil. • Conditions agro-climatiques : en période de semis, un déficit pluviométrique pourrait causer la réduction des superficies emblavées et la demande de main-d’œuvre agricole avec des impacts négatifs sur les revenus des ménages pauvres des zones rurales. Par ailleurs, toute condition climatique défavorable (sécheresse, inondation, excès de pluie, cyclone précoce) pourrait exacerber la vulnérabilité des ménages. • Inflation : durant la période de projection, en raison de l’augmentation du coûts des produits pétroliers, cette situation pourrait avoir des répercussions négatives sur l’inflation. HAITI | ANALYSE IPC DE L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE AIGUË 10 PROCESSUS ET MÉTHODOLOGIE Considérant les changements significatifs en cours, diverses parties prenantes du domaine de la sécurité alimentaire en Haïti ont soutenu la mise à jour de l’analyse de septembre 2025, sous le leadership de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA). L’atelier s’est tenu du 24 au 27 mars 2026 en mode hybride. L’exercice a été réalisé avec l’appui technique de l’Unité de Support Global (GSU) de l’IPC et la participation des cadres des organisations suivantes : • Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire - CNSA (niveau central et départemental). • Structures étatiques : Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), ONQEV/Ministère de l’Environnement, Coordination Nutrition / MSPP. • Agences et structures de coordination du Système des Nations-Unies (PAM, FAO et Food Security Sector (FSS). • Organisations non gouvernementales et Coopération externe (Humanité et Inclusion, FLM/NCA, Impact Initiative et Fews Net). Ressources Cette mise à jour s’est principalement basée sur les informations disponibles suivantes : • Bulletins du panier alimentaire de la CNSA et bulletins d’information de la sécurité alimentaire des observatoires départe- mentaux de la CNSA • Données nutritionnelles institutionnelles / SISNU de l’UCPNANU / MSPP • Des rapports d’évaluation post Melissa de : DGPC, FAO, PAM et CRS / CARITAS • Données de l’analyse bactériologique du MCI • Données sur le nombre d’écoles fermées de l’ONAPE • Publication sur l’Incendie Marché Cluny Cap-Haïtien de Haïti Libre • Publication de la Note de plaidoyer du Groupe de travail Protection des migrants en Haïti • Des informations satellitaires tirées de différents sites spécialisés notamment les sites du PAM (DATAVIZ), USGS, FAO et CariCOF • Des publications d’OCHA • Des indicateurs économiques tirés des rapports de l’IHSI, BRH et trading economics • Des rapports de l’OIM sur la situation des populations déplacées • Des données de planification des partenaires du secteur SECAL • Des publications de l’unité RAM / PAM – Haïti • Des publications de REACH Sur la base de preuves issues de ces différentes sources, les analystes se sont strictement basées sur les protocoles du « Manuel technique IPC version 3.1 » L’analyse s’est réalisée en mode hybride, avec la majorité des participants en présentiel (une trentaine à une quarantaine) et certains en ligne (une dizaine) afin de faciliter la participation du plus grand nombre d’analystes. Il est à noter une différence entre la population analysée en septembre et celle de mars, principalement due à d’importants mouvements de population. L’augmentation d’environ 38 000 PDI rapportée par l’OIM, combinée aux déplacements vers les provinces (notamment le Nord et le Nord-Est) ainsi qu’au sein de la zone métropolitaine de Port-au-Prince vers d’autres quart- iers, a entraîné une importante redistribution spatiale de la population à l’échelle nationale. Bien que la source des données de base reste inchangée (IHSI, 2021), ces dynamiques expliquent l’écart observé. HAITI | ANALYSE IPC DE L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE AIGUË 11 Limites de l’analyse Ce que sont l’IPC et l’IPC de l’insécu- rité alimentaire aiguë ? Les analystes ont principalement identifié comme limite à cette mise à L’IPC consiste en une série d’outils et de procédures jour les éléments suivants : qui servent à classer le niveau de sévérité et les • Les catégories des quartiers moyens et mieux lotis de la zone mét- caractéristiques des crises alimentaires et nutrition- nelles sur la base de normes internationales. L’IPC ropolitaine n’ont pas pu être analysées en raison de la non-disponi- se compose de quatre fonctions qui se renforcent bilité des informations. mutuellement; chacune d’elles s’accompagne d’un • La classification faite par grandes zones de moyens d’existence ensemble de protocoles (outils et procédures) spécifiques. Les paramètres fondamentaux de l’IPC peut toutefois revêtir des disparités importantes à l’échelle com- comprennent l’établissement d’un consensus, la munale, suivant l’existence de facteurs dynamisants comme la convergence des preuves, la redevabilité, la trans- présence de systèmes irrigués en fonctionnement ou de facteurs parence et la comparabilité. L’analyse IPC vise à contraignants comme un fort isolement géographique ou une fournir des indications pour la réponse d’urgence de même que pour la politique de sécurité alimentaire anomalie climatique localisée. La phase de la zone est déterminée et la programmation à moyen et long terme. par la règle des 20% de classification de la population, conformé- Pour l’IPC, l’insécurité alimentaire aiguë se définit ment aux protocoles IPC, certaines populations pouvant faire face par toute manifestation d’insécurité alimentaire à des conditions pires. dans une zone spécifiée à un moment donné et dont le niveau de sévérité menace des vies et/ou des moyens d’existence quelles qu’en soient les causes, le contexte ou la durée. Elle est très sujette aux variations, de même qu’elle peut survenir et se manifester au sein d’une population en un court laps de temps suite à des changements brusques ou des chocs qui ont un impact négatif sur les dé- terminants de l’insécurité alimentaire. Pour de plus amples informations, contacter: Jean Ulysse HILAIRE Président du GTT haiticnsa@gmail.com Pierre Nelby MATHIEU Point focal de l’analyse pierrenelby.mathieu@wfp.org Unité de soutien global IPC www.ipcinfo.org Cette analyse a été conduite sous le parrainage du MARNDR/CNSA. Elle a bénéficié du soutien financier et/ou technique de : PAM, FAO, ACTED et Concern. La classification de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition a été réalisée à l’aide des protocoles IPC, qui sont développés et mis en œuvre dans le monde entier par le partenariat mondial de l’IPC - Action contre la faim (AAH), CARE, le CILSS, le EC- JRC, la FAO, FEWS NET, le Cluster mondial de sécurité alimentaire, le Cluster mondial de nutrition, l’IFPRI, l’IGAD, Oxfam, le SICA, la SADC, Save the Children, le PNUD, UNICEF, le PAM, l’OMS et la Banque mondiale. Partenaires de l’analyse IPC: Coordination CNSA avec le support technique de l’Unité de Support Global de l’IPC (USG). CNSA (niveau central et Observatoires), MEF, MDE, Coordination Nutrition / MSPP, FLM/NCA, FAMV, PAM, FAO, Fews Net, HI, Impact Initiative et Food Security Sector (FSS-Haiti).