(2011) Rapò 2011 sou Angajman Entènasyonal nan Eta Frajil yo: Repiblik Ayiti
Rezime — Rapò sa a analize angajman entènasyonal an Ayiti, li konsantre sou aplikasyon Deklarasyon Pari a ak Prensip pou bon angajman entènasyonal nan eta frajil yo. Li evalye pwogrè ak bak nan domèn sa yo, sitou nan kontèks tranbleman tè 2010 la ak efò rekonstriksyon ki te swiv yo. Rapò a ofri rekòmandasyon pou ranfòse angajman entènasyonal ak efikasite èd an Ayiti.
Dekouve Enpotan
- Repons entènasyonal a tranbleman tè a revele feblès nan kowòdinasyon ak aliyman ak priyorite nasyonal yo.
- Prezans aktè entènasyonal yo ka gen yon enpak negatif sou enstitisyon lokal yo lè yo atire pèsonèl ki kalifye ak salè ki pi wo.
- Ranfòse enstitisyon leta yo esansyèl pou devlopman dirab epi li mande yon chanjman nan fason yo bay èd entènasyonal la.
- Efò prevansyon katastwòf ak rediksyon risk yo pa sifi bay enpòtans vilnerabilite Ayiti.
- Yo bezwen bay plis atansyon pou satisfè bezwen popilasyon vilnerab yo, tankou fanm, jèn, ak moun ki andikape.
Deskripsyon Konple
Rapò 2011 la egzamine pwogrè ak defi nan rekonstriksyon Ayiti apre tranbleman tè devastatè 2010 la. Li evalye efikasite èd entènasyonal ak angajman entènasyonal ki baze sou prensip Deklarasyon Pari a ak Prensip pou bon angajman entènasyonal nan eta frajil yo. Rapò a mete aksan sou nesesite pou pi bon kowòdinasyon, aliyman ak priyorite nasyonal yo, ak ranfòsman enstitisyon leta yo. Li abòde tou pwoblèm tankou enpak prezans entènasyonal sou kapasite lokal yo, wòl sektè prive a, ak enpòtans prevansyon katastwòf.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT
INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES
RÉPUBLIQUE D’haïti
RAPPORT 2011
SUR L’ENGAGEMENT
INTERNATIONAL DANS
LES ÉTATS FRAGILES
RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
Cet ouvrage est publié sous la responsabilité du Secrétaire général de l’OCDE. Les opinions et les interprétations exprimées ne
reflètent pas nécessairement les vues de l’OCDE ou des gouvernements de ses pays membres.
MERCI DE CITER CET OUVRAGE COMME SUIT :
OCDE (2011), Rapport 2011 sur l’engagement international dans les États fragiles : République d’Haïti, Éditions OCDE.
Cet ouvrage a été réalisé avec l’appui de l’Agence canadienne de
développement international (ACDI) et du Programme des Nations Unies
pour le développement (PNUD). Les vues exprimées ici ne peuvent en aucune
manière être considérées comme reflétant l’opinion officielle du Gouvernement
du Canada ou du PNUD.
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RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES - RÉPUBLIQUE D’HAÏTI - © OCDE 2011 3
AVANT-PROPOS
L’année 2011 doit être celle de l’accélération de la véritable reconstruction du pays.
Les timides progrès accomplis au cours des quelques courtes années précédant le séisme, commencent tout
juste à être reconnus à la lumière de la nouvelle dynamique de la reconstruction du pays. Cette reconnaissance
n’est que la première étape vers un renforcement des acquis, et au-delà, vers un approfondissement et une
amélioration durable du dialogue entre l’État haïtien et la communauté internationale.
Le temps presse car les populations durement affectées par le désastre du 12 janvier 2010, et tous les
haïtiennes et haïtiens qui souffrent, ont droit à une réponse tangible, en premier lieu du Gouvernement, avec
l’appui de tous les acteurs concernés. Une telle réponse exige des ressources considérables, donc un dialogue
et une communication soutenus entre les acteurs concernés ainsi qu’avec la population. Il faut également la
stabilité et une gouvernance politique éclairée. Le chemin a été tracé comme en atteste l’adoption du Plan
d’Action et de reconstruction. De plus, l’État haïtien a souligné à plusieurs reprises sa volonté sans faille de
prendre la direction des opérations de relèvement et de reconstruction, par une coordination renforcée à
tous les niveaux, par une meilleure communication avec la population, par une utilisation plus efficace des
ressources humaines et financières disponibles pour notre pays.
Le suivi de la Déclaration de Paris et des Principes d’Engagement dans les États fragiles analyse les progrès
et les reculs dans la mise en œuvre des principes inscrits dans ces documents internationaux, et fait des
propositions. Celles-ci ne sont pas forcément nouvelles, mais elles sont claires et nous interpellent tous.
Pour réussir l’énorme défi que représente le relèvement du pays, il est essentiel que d’un commun accord, la
communauté internationale et l’État haïtien se décident à véritablement adopter ces propositions, garantes
d’un rétablissement durable du pays.
Je souhaite donc que ce Chapitre devienne un document de référence pour tous les acteurs nationaux et
internationaux concernés et qu’un vrai suivi soit fait, afin que les principes inscrits en lettres d’or dans
la Déclaration de Paris et dans les Principes d’Engagement dans les États fragiles, deviennent réalité. Le
chemin est encore long mais la tragédie du 12 janvier 2010 ne nous donne pas droit à l’échec si nous voulons
mettre Haïti sur le chemin d’un développement durable, stable et équitable.
Jean-Max BELLERIVE
Ministre de la planification et de la coopération externe
et Premier ministre, République d’Haïti
4 RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES - RÉPUBLIQUE D’HAÏTI - © OCDE 2011
RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES - RÉPUBLIQUE D’HAÏTI - © OCDE 2011 5
REMERCIEMENTS
Le présent Chapitre pays résume les résultats de l’Enquête de suivi des Principes d’engagement interna-
tional dans les États fragiles 2011 et de l’Enquête de Suivi de la Déclaration de Paris 2011 en Haïti, menées
avec le soutien de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Ce Chapitre a été rédigé par M. Joël BOUTROUE, sous la responsabilité de M. Yves-Robert
JEAN, directeur général au ministère du Plan et de la Coopération externe, avec l’appui du Point de
contact international, M. Philippe CHICHEREAU, conseiller en efficacité de l’aide au PNUD, et de
M. Roberts WADDLE (Agence canadienne de développement international) et le soutien de
Mme Lise RIOUX (Projet d’Appui Technique en Haïti). Il a été revu par un expert indépendant,
M. Pierre DUQUESNE, Ambassadeur chargé des questions économiques de reconstruction et de
développement et Chef de la mission inter-ministérielle pour la reconstruction d’Haïti, et par l’OCDE,
sous la supervision de Mme Bathylle MISSIKA. Le processus de l’enquête a été initié et organisé par
Mme Juana de CATHEU. L’OCDE a également fourni les données et l’annexe statistiques. Ce rapport, ini-
tialement rédigé en français, a été édité par Mme. Isabelle Étienne (consultante) avec la collaboration de
M. James Eberlein et M. Nezar Tamine (OCDE). Le résumé exécutif de ce rapport, également
disponible en anglais, a été traduit par Mme. Juliette Lindsay (consultante). La charte graphique de ce
chapitre a été conçue par M. James Eberlein (OCDE).
Ce Chapitre est basé sur la consultation multi-acteurs qui s’est tenue le 12 avril 2011 à Port-au-Prince,
facilitée par M. Clarens RENOIS, ainsi que sur la synthèse d’entretiens menés par M. Joël BOUTROUE.
L’analyse des questionnaires remplis par les donneurs ainsi que les commentaires reçus sur la base de la
première version du Chapitre ont aussi contribué au document final. Ce Chapitre représente donc l’analyse
des principales parties prenantes en Haïti plutôt que l’analyse de l’auteur ou de l’OCDE.
Le gouvernement d’Haïti et l’OCDE tiennent à remercier toutes les parties prenantes nationales et inter-
nationales ayant contribué à l’enquête. Le présent rapport n’aurait pu être rédigé sans la direction et les
contributions précieuses apportées par le gouvernement, la communauté internationale, la société civile et
d’autres parties prenantes.
Il est souhaitable que les points clés ainsi que les recommandations contenues dans ce rapport contribuent
à renforcer l’engagement international et l’efficacité de l’aide en Haïti, ainsi qu’à promouvoir les dialogues
existants ou les processus de partenariat en cours aux niveaux local et national au cours des prochains
mois. L’Enquête 2011 de Suivi des principes d’engagement international dans les États fragiles mesure le
progrès de la mise en œuvre des Principes États Fragiles dans le temps.
L’Enquête 2011 de suivi de la Déclaration de Paris fait suite aux deux enquêtes conduites en 2006 et 2008
et sera essentielle pour déterminer si les objectifs cibles de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide
pour 2010 ont été atteints. Les résultats des deux enquêtes seront présentés lors du Quatrième Forum de
haut niveau sur l’efficacité de l’aide qui se tiendra à Busan, en Corée du Sud, du 29 novembre au 1er dé-
cembre 2011. n
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RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES - RÉPUBLIQUE D’HAÏTI - © OCDE 2011 7
TABLE DES MATIÈRES
Sigles, acronymes et abréviations.................................................................................................9
Résumé exécutif�����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������11
Introduction�����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������19
Principe 1 Prendre le contexte comme point de départ �����������������������������������������������������������������������������23
Principe 2 Ne pas nuire�����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������27
Principe 3 Faire du renforcement de l’État l’objectif fondamental ������������������������������������������������������������31
Principe 4 Accorder la priorité à la prévention�������������������������������������������������������������������������������������������37
Principe 5 Reconnaître qu’il existe des liens entre les objectifs politiques, sécuritaires et de développement��41
Principe 6 Promouvoir la non-discrimination comme fondement de sociétés stables et sans exclus�����������45
Principe 7 S’aligner sur les priorités locales d’une manière différente selon le contexte �����������������������������49
Principe 8 S’accorder sur des mécanismes concrets de coordination de l’action des acteurs internationaux���53
Principe 9 Agir vite … mais rester engagé assez longtemps pour avoir des chances de réussite������������������57
Principe 10 Éviter de créer des poches d’exclusion���������������������������������������������������������������������������������������61
Annexe A Les Principes d’engagement international dans les États fragiles et les situations précaires�������65
Annexe B Tableau récapitulatif des indicateurs PEF���������������������������������������������������������������������������������69
Annexe C Tableaux récapitulatifs des indicateurs DP�������������������������������������������������������������������������������73
Annexe D Méthodologie de l’Enquête combinée sur le suivi des Principes États fragiles et de la
Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide�����������������������������������������������������������������������������85
Annexe E Bibliographie ���������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������87
8 RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES - RÉPUBLIQUE D’HAÏTI - © OCDE 2011
TABLE DES MATIÈRES
tableaux
Tableau 1 Tableau récapitulatif Principes des États fragiles�������������������������������������������������������������������16
tableau 2 Tableau récapitulatif Déclaration de Paris�����������������������������������������������������������������������������17
Tableau 3 Suivi de la Déclaration de Paris : Niveaux de référence et objectifs-cibles�����������������������������21
tableau b.1 Indicateurs pour l’enquête 2011 PEF������������������������������������������������������������������������������������69
Tableau C.1 Les estimations budgétaires du gouvernement sont-elles complètes et réalistes ?�������������������73
tableau c .2 Pourcentages de la coopération technique coordonnée avec des programmes nationaux�������74
tableau c .3 Pourcentages de l’aide allouée au secteur public passant par les systèmes nationaux�������������75
tableau c .4 Unités parallèles de mise en œuvre des projets en dehors des structures existant dans le pays���76
tableau c .5 Rapport entre les versements programmés et les versements comptabilisés par l’administration��77
tableau c .6 Montant de l’aide bilatérale non-liée�������������������������������������������������������������������������������������78
tableau c .7 Montant des apports d’aide versés dans le cadre d’approches fondées sur des programmes���79
tableau c .8 Missions de partenaires au développement coordonnées�������������������������������������������������������80
tableau c .9 Analyses coordonnées�����������������������������������������������������������������������������������������������������������81
tableau c .10 Niveaux de référence et objectifs-cibles���������������������������������������������������������������������������������82
Tableau c .11 Pays donateurs ayant participé à l’enquête�����������������������������������������������������������������������������83
FIGURES
Figure 1 Carte de la République d’Haïti���������������������������������������������������������������������������������������������18
RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES - RÉPUBLIQUE D’HAÏTI - © OCDE 2011 9
SIGLES, ACRONYMES ET ABRÉVIATIONS
ACDI Agence canadienne de développement international
AFD Agence française de développement
AECID Agence espagnole de la coopération internationale pour le développement
BID Banque interaméricaine de développement
BM Banque mondiale
CARICOM Marché commun des Caraïbes
CIRH Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti
DPC Direction de la protection civile du MICT
DSNCRP Document de stratégie nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté
FMI Fonds monétaire international
FRH Fonds pour la reconstruction d’Haïti
G-12 Groupe des bailleurs de fonds comprenant l’Union européenne, la Banque mondiale,
la BID, le FMI, les Nations Unies, le Canada, l’Espagne, les États-Unis et un représentant
des pays ABC (Argentine, Brésil, Chili), la France, le Japon et la Norvège
MARNDR Ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural
MEF Ministère de l’Économie et des Finances
MEFP Ministère de l’Éducation et de la Formation professionnelle
MICT Ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales
MINUSTAH Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti
MPCE Ministère de la Planification et de la Coordination externe
MTPTC Ministère des Travaux publics, Transports et Communications
OEA Organisation des États américains
ONG Organisation non gouvernementale
10 RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES - RÉPUBLIQUE D’HAÏTI - © OCDE 2011
OSE Bureau de l’Envoyé spécial des Nations Unies
PAM Programme alimentaire mondial
PARDH Plan d’action pour la reconstruction et le développement d’Haïti
PDNA Évaluation des besoins après désastre (Post-Disaster Needs Assessment)
PNH Police nationale d’Haïti
PNUD Programme des Nations Unies pour le développement
RSSG Représentant spécial du Secrétaire général
UEP Unités d’études et de programmation
UTE Unités techniques d’exécution
USAID Agence des États-Unis pour le développement international
SIGLES, ACRONYMES ET ABRÉVIATIONS
RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES - RÉPUBLIQUE D’HAÏTI - © OCDE 2011 11
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
Le contexte de l’Enquête de suivi de la Déclaration de Paris 2011 est particulier : les 12 mois
qui ont suivi la tragédie du 12 janvier 2010 ont été presque entièrement consacrés à évaluer l’étendue du
désastre, à planifier la reconstruction, à mettre sur pied de nouveaux mécanismes et à s’occuper des questions
immédiates, c’est-à-dire des personnes déplacées, des victimes du choléra et des cyclones. Cette période a
donc été marquée par une multiplication de nouvelles initiatives, certaines innovantes et qui pourraient
faire école mais dont les effets restent à évaluer, et une arrivée massive de personnel international. Il n’est
pas surprenant qu’en chemin beaucoup de l’expérience durement acquise au cours des dernières années se
soit perdue, du moins momentanément. L’enquête se situe au moment où Haïti et ses partenaires dépassent
le cadre de l’urgence et se placent résolument dans la programmation à plus long terme. L’année 2011
devrait donc être l’année de l’accélération du relèvement et de la reconstruction du pays.
La plupart des analyses et recommandations du Chapitre pays 2009 restent valides, car le tremblement de
terre a eu comme effet secondaire une mise entre parenthèses des initiatives prises entre 2004 et 2009, et
dont certaines commençaient à prendre racine. Il y a donc eu peu de progrès, sinon parfois un recul, entre
l’enquête 2009 et la présente. Des leçons importantes peuvent cependant être tirées car des chocs même de
cette importance ne devraient pas entraîner l’oblitération des acquis de la coordination et des principes de
l’efficacité de l’aide. L’accent a été mis sur certains aspects parfois politiques de l’engagement international,
pour en souligner les contradictions et démontrer l’importance de ne pas systématiquement privilégier
les approches techniques en faisant l’impasse sur l’économie politique, dans laquelle la communauté
internationale est néanmoins ancrée. À cet égard, l’analyse met une emphase particulière sur les Principes 2
et 3, qui devraient être les pierres angulaires de l’engagement international en Haïti, comme cela a été
confirmé par les personnes interrogées et durant la consultation nationale. Peu de progrès seront possibles
si ces principes ne sont pas endogénéisés dans les approches de la communauté internationale avec ses
partenaires haïtiens, afin de donner une réelle chance à l’État de renouer un pacte avec ses citoyens, de
jouer pleinement le rôle qui lui échoit, et ainsi combler la fragilité structurelle du pays.
Le moment est propice dans l’histoire du développement en Haïti : il y a en effet un intérêt et un engagement
réels de la part de la communauté internationale, au moins au niveau politique, à « faire bouger les choses »
et créer une nouvelle dynamique. Il reste à voir si cette volonté va se traduire dans les faits ou fondre au
soleil de la réalité des financements internationaux et de la complexité du redressement d’un pays qui survit
au rythme des évolutions de ses élites.
Principales conclusions PEF
n Principe 1 : Prendre le contexte comme point de départ
La réponse internationale au tremblement de terre est un reflet des maigres avancées accomplies depuis
2005. L’arrivée massive d’acteurs non-étatiques et de nouveaux experts a eu pour effet immédiat un balayage
de la dynamique qui avait été créée entre la communauté internationale et l’État avant le séisme. Cette
dynamique, bien qu’imparfaite, en particulier à cause du manque d’alignement avec le DSNCRP, allait
dans le sens d’une responsabilisation de l’État et surtout d’un dialogue plus cohérent entre les partenaires
au développement ainsi qu’avec le gouvernement. Le raz-de-marée humanitaire, bien que nécessaire en
partie au moins, a rendu extrêmement difficile tout effort de reconstruction prenant le contexte et son
analyse comme points de départ. Par ailleurs, prendre le contexte comme point de départ ne signifie pas
12 RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES - RÉPUBLIQUE D’HAÏTI - © OCDE 2011
réinventer la roue ni faire des analyses à répétition,
sans dialogue avec le gouvernement. D’où un
grand gaspillage de temps et de ressources, même
si le secteur humanitaire a globalement rempli
son rôle en évitant le pire. Le manque de mémoire
institutionnelle des agences de développement
censées être engagées sur le long terme est
particulièrement alarmant, et explique en partie le
gaspillage susmentionné. Les autorités nationales et
locales, traumatisées et affaiblies par le séisme n’ont
pu que timidement placer les efforts du moment
dans le contexte plus large des initiatives en cours.
De plus, marginalisées au lendemain du séisme,
elles n’ont été soit pas écoutées, soit pas entendues.
Le gouvernement est néanmoins parvenu à produire
un plan d’action, le PARDH, qui a été bien accueilli.
Le PARDH et les stratégies nationales sectorielles
font figure de documents de référence, plus que
cela n’a été le cas des documents stratégiques
précédents. Malgré une augmentation substantielle
des engagements financiers, ce soutien n’est tout de
même pas à la hauteur des besoins. Les demandes
d’un secteur tel que l’éducation, pour n’en citer
qu’un, sont bien au-delà de ce que peut offrir l’aide
internationale. De plus, le PARDH et les stratégies
sectorielles développées en parallèle par certains
ministères de tutelle ne semblent pas suffisamment
influencer les choix de programmation des
partenaires au développement et encore moins les
modalités d’exécution.
n Principe 2 : Ne pas nuire
L’impact de la présence internationale en Haïti est
considérable. Comme souligné pendant la consul-
tation nationale, cette présence non seulement ne
renforce pas les institutions nationales mais a des
conséquences néfastes, telles que d’attirer les per-
sonnes les plus qualifiées vers les agences internatio-
nales qui offrent des niveaux de salaire rendant futi-
le tout effort futur d’intégration de ces personnes au
sein de l’administration centrale ou locale. La pré-
sence internationale, tout en créant des emplois et
en accélérant l’exécution des projets, a donc un effet
pervers sur le moyen et le long terme. Même s’il n’y
a pas de solution simple, il faudrait que la commu-
nauté internationale prenne conscience de l’impact
de sa présence, et qu’elle entame un dialogue avec
le gouvernement visant à identifier des voies de sor-
tie possibles (politique de rattrapage des salaires,
moratoire sur le recrutement d’experts nationaux,
etc.) d’un engrenage qui ne peut qu’appauvrir et af-
faiblir encore davantage un État déjà sérieusement
fragilisé. En plus de favoriser une meilleure prise de
conscience, la communauté internationale se doit de
donner les moyens à l’État de proposer de meilleurs
traitements à ses fonctionnaires. Ne pas nuire a aus-
si des ramifications dans les modalités d’exécution
sélectionnées par les partenaires au développement
qui privilégient les UTE, lesquels ne renforcent pas
la capacité des ministères concernés ni les systèmes
nationaux. Les activités de substitution au rôle de
l’État doivent donc intégrer des stratégies de sortie
et de transfert de responsabilités. Il en va de la sta-
bilité même de l’État, et donc du pays.
n Principe 3 : Faire du renforcement de l’État
l’objectif fondamental
La communauté internationale doit soutenir
les fonctions régaliennes et centrales de l’État.
L’aide doit servir à renforcer les attributions et les
fonctions fondamentales de l’État, notamment
pour ce qui concerne la fourniture de services de
base, l’État de droit et l’augmentation des ressources
fiscales. Elle doit également servir à accélérer les
réformes urgentes du secteur public. Faute de cela,
ce dernier ne pourra pas honorer le pacte qui le lie
avec les citoyens et continuera d’être marginalisé
car considéré comme impuissant, incompétent
ou corrompu. Le rôle du secteur privé dans le
renforcement de l’État est largement négligé alors
qu’il joue un rôle primordial, ne serait-ce qu’en
fournissant des revenus à l’État tels que prescrit par
la loi. Même si tout le monde s’accorde sur l’urgence
en Haïti de donner une plus grande place à l’État,
le consensus semble demeurer au niveau des
déclarations politiques, et ne s’est pas encore traduit
par des changements conséquents dans la manière
de fonctionner des partenaires au développement.
La volonté récente du gouvernement d’imposer
son leadership et ses priorités devrait pouvoir faire
évoluer favorablement les choses.
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES - RÉPUBLIQUE D’HAÏTI - © OCDE 2011 13
n Principe 4 : Accorder la priorité à la prévention
Haïti est l’un des pays les plus vulnérables du
monde. Des progrès ont été enregistrés dans les
investissements visant à améliorer la situation
catastrophique de l’environnement, à travers des
programmes substantiels dans l’agriculture et les
bassins versants. Beaucoup reste cependant à faire
pour réduire la vulnérabilité des populations,
notamment par des investissements plus conséquents
dans les zones rurales qui ralentissent l’exode rural
et ciblent en priorité les femmes et les jeunes. Les
zones urbaines à risque, en particulier les nombreux
bidonvilles de la capitale constamment menacés par
les éboulements et les inondations, devront bénéficier
d’une aide plus importante et qui couvre toutes les
zones à haut risque. L’État haïtien devra montrer
une volonté politique soutenue dans la durée,
couplée à un fort accompagnement international,
pour réduire l’impact des chocs qui continueront de
se produire. Cette volonté politique s’est affirmée à
plusieurs reprises. Elle doit, entre autres, se traduire
par une meilleure coopération interministérielle.
n Principe 5 : Reconnaître qu’il existe des liens
entre les objectifs politiques, sécuritaires et de
développement
La communauté internationale a tendance à avoir
une lecture technique de situations complexes,
souvent éminemment politiques et culturelles. Elle
se concentre essentiellement sur les manquements
de l’exécutif et ne porte pas la même attention au
législatif et au judiciaire. La sécurité est en grande
partie dévolue à la MINUSTAH et se trouve
relativement isolée du champ politique et des
défis développementaux du pays. La communauté
internationale n’encourage pas suffisamment, par
des investissements ciblés, le dialogue entre les
trois branches de l’État, ni le soutien aux partis
politiques, soutien essentiel afin de stabiliser le
Parlement dans une Constitution qui lui donne un
rôle considérable. Elle n’encourage pas non plus le
dialogue, qui devrait être continu, entre l’État et la
société civile.
n Principe 6 : Promouvoir la non-discrimination
comme fondement de sociétés stables et sans
exclus
La situation et le rôle de la femme en Haïti
ne semblent pas toujours bien compris par
la communauté internationale, alors que des
progrès sensibles sont nécessaires pour accroître
sa participation à la vie politique. Peu de progrès
ont été accomplis concernant certaines couches
importantes de la population : handicapés, mineurs
en situation d’esclavage domestique (restavek),
enfants des rues, enfants vendus ou donnés à de
prétendus orphelinats. Ces vulnérables parmi
les vulnérables ne font pas l’objet d’une attention
soutenue, mais de discussions sporadiques, que ce
soit au niveau international ou des autorités. Le rôle
de la jeunesse en Haïti est curieusement éludé, dans
une société où plus de la moitié de la population a
moins de 18 ans et plus des deux tiers moins de 30
ans. Des efforts considérables sont requis de la part
de tous afin de renforcer les ministères concernés
et augmenter l’engagement international (Nations
Unies en particulier) visant une meilleure couverture
des besoins de ces exclus, au-delà des activités
sectorielles (éducation, santé) qui fournissent des
débuts de réponse mais continuent de laisser sur
la touche des centaines de milliers d’haïtiennes et
d’haïtiens.
n Principe 7 : S’aligner sur les priorités locales
d’une manière différente selon le contexte
Malgré un meilleur alignement sur les priorités
et stratégies sectorielles gouvernementales, les
modalités d’exécution des programmes financés par
la communauté internationale ne sont pas l’objet
d’un dialogue approfondi avec le gouvernement. Les
systèmes nationaux ne sont pas systématiquement
utilisés. Le soutien budgétaire est loin de répondre
aux besoins et aux attentes de l’État et la présence
massive d’UTE a un rôle pervers sur l’alignement
sur les priorités gouvernementales et le renforcement
des institutions nationales.
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
14 RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES - RÉPUBLIQUE D’HAÏTI - © OCDE 2011
n Principe 8 : S’accorder sur des mécanismes
concrets de coordination de l’action des acteurs
internationaux
Les mécanismes de coordination qui existaient avant
le séisme doivent être renforcés, en particulier les
tables de concertation sectorielle, sous le leadership
du gouvernement. Après des mois d’activités ad
hoc, le G-12 s’est restructuré et avec lui un dialogue
entre les partenaires au développement. Le G-12
doit renforcer son rôle stratégique et son dialogue
avec l’État haïtien. La CIRH a bien fonctionné
au niveau politique mais son rôle est plus
questionnable au niveau de la coordination de la
reconstruction, même si cette entité a probablement
aidé à concentrer l’aide sur quelques secteurs clés.
Son futur est incertain et il devrait en être décidé
au plus tôt.
n Principe 9 : Agir vite … mais rester engagé assez
longtemps pour avoir des chances de réussite
Il importe qu’agir vite ne se fasse pas aux dépens du
long terme. De meilleures coordination et synergie
sont possibles entre l’humanitaire, le relèvement
et le développement. Il faut un véritable dialogue
entre ces différentes composantes, en particulier
sur le rôle de l’État, afin que le court terme serve
aussi à préparer le long terme. La prévisibilité de
l’engagement international ne doit pas se réduire
à une vague idée des montants à engager dans les
années à venir. Comme il a déjà été mentionné, les
modalités d’exécution sont cruciales, dans l’esprit
des Principes d’engagement dans les États fragiles.
n Principe 10 : Éviter de créer des poches
d’exclusion
Le PARDH souligne la nécessité d’un développe-
ment équitable du pays qui passe par une meilleure
distribution des investissements internationaux
sur tout le territoire, commençant par des pôles de
développement clairement identifiés. Des progrès
notables ont été accomplis par certains partenaires
au développement qui ont concentré des ressources
importantes sur ces pôles. Cet effort doit s’inscrire
dans la durée et inspirer d’autres bailleurs de fonds
afin que l’APD et les investissements internationaux
ne se concentrent pas excessivement sur la capitale
et la région métropolitaine. Malgré cela, des dépar-
tements entiers sont pratiquement oubliés en dépit
de leur extrême dénuement. Une meilleure réparti-
tion des investissements est non seulement possible
mais hautement souhaitable pour ne pas recréer une
situation d’hypertrophie de la capitale, couplée à un
engagement à combattre l’extrême pauvreté qui se
trouve principalement en zone rurale. La probléma-
tique des services déconcentrés de l’État reste en-
tière et peu de progrès ont été accomplis dans un
pays où la majorité des investissements et des activi-
tés économiques et financières sont concentrés dans
la zone métropolitaine. Quant à la décentralisation,
elle n’a pas encore été abordée de façon approfon-
die.
Principales conclusions relatives à la
Déclaration de Paris (DP)
n Appropriation
Il y a consensus sur le besoin d’une appropriation
nationale forte et soutenue. Le gouvernement
haïtien lui-même a exprimé sa volonté de
s’approprier le relèvement et le développement du
pays. Cela a récemment été réitéré par le président
sortant lors d’un discours aux Nations Unies et
par le nouveau président. Le moment est donc
propice pour changer une relation entre les niveaux
international et national caractérisée pendant de
nombreuses années par la méfiance réciproque
et le financement presque exclusif d’acteurs non
étatiques. La communauté internationale doit
s’engager clairement en faveur d’un renforcement
des institutions nationales, aux niveaux central et
local, par une assistance technique - sur le long terme
- au service de l’État, intégrée dans les structures de
ce dernier et répondant à ses besoins et priorités.
Il faut donc donner les moyens à l’État haïtien
de s’approprier son futur, jusqu’au moment où il
ne sera plus aussi dépendant des investissements
internationaux qu’il ne l’est actuellement. En fin
de compte, la vraie mesure de l’appropriation se
trouve moins dans les accords de principe sur les
grandes priorités – qui sont relativement facilement
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES - RÉPUBLIQUE D’HAÏTI - © OCDE 2011 15
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
acquis - que dans des modalités d’exécution des
investissements internationaux qui donnent une
plus large part à l’État et qui reçoivent son soutien
total.
n Alignement
Il reste beaucoup à faire pour intégrer le
gouvernement dans les processus de planification
des partenaires au développement. L’alignement
doit se faire sur les priorités nationales ainsi que
selon des modalités d’exécution acceptables par
l’État. De plus, la communauté internationale doit
s’engager résolument dans un soutien budgétaire
plus conséquent, afin d’aider l’État à accroître son
rôle vis-à-vis de la population. En parallèle, l’État
doit remplir ses obligations de transparence et de
reddition de comptes, et satisfaire toutes autres
conditions sur lesquelles tous les bailleurs concernés
et le gouvernement se mettront d’accord. Un travail
supplémentaire doit aussi être fait pour atteindre
un alignement qui aille au-delà de la planification
stratégique et concerne les programmes et projets
eux-mêmes. Le problème de la priorisation par l’État
lui-même, et donc d’une coordination entre les
ministères et de l’alignement de ces ministères sur
les grandes priorités, reste entier. La communauté
internationale doit aider l’État dans ce sens et
non jouer le rôle d’amplificateur du manque de
cohérence et de constance qui prévaut.
n Harmonisation
Peu de progrès ont été faits dans l’harmonisation des
procédures. De fait, la période post-tremblement
de terre a vu une recrudescence des approches
nationales et par « silo ». Les missions bilatérales
se sont multipliées et peu de missions conjointes
ont été organisées. Les analyses et états des lieux se
sont chevauchés, et peu de travail en commun a été
accompli, si ce n’est, au niveau technique, le travail
relatif au soutien budgétaire.
n Gestion axée sur les résultats
Aucune avancée n’a été faite dans ce domaine.
La gestion axée sur les résultats demeure une
revendication du gouvernement qui ne trouve que
très peu d’écho parmi les bailleurs de fonds.
n Responsabilité mutuelle
Peu d’efforts de reddition de comptes sont faits de
part et d’autre. Les demandes de rapports d’activité
faites par le gouvernement ne reçoivent qu’une
réponse limitée de ses partenaires, alors que le
gouvernement lui-même peine à partager ses actions
et ses dépenses avec la communauté internationale
ainsi qu’avec ses citoyens.
16 RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES - RÉPUBLIQUE D’HAÏTI - © OCDE 2011
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
Tableau 1. Tableau récapitulatif PRINCIPES DES ÉTATS FRAGILES (2011)
PRINCIPE RÉSULTATS PRIORITÉS
Prendre le contexte
comme point de départ
Peu d’analyses communes susceptibles de faciliter la priorisation
de l’aide internationale ont été faites. La communauté
internationale semble en général s’être contentée de faire plus,
mais pas forcément mieux.
Dynamiser le dialogue entre bailleurs de fonds et avec le
gouvernement sur les grands défis que doit relever H aïti,
et favoriser les analyses et les évaluations conjointes.
Ne pas nuire Il y a contradiction entre les objectifs de renforcement des
institutions et la réalité de la présence internationale, qui favorise
indirectement la fuite des cerveaux ainsi que la marginalisation
des institutions.
Mettre en place une politique salariale cohérente
pour les fonctionnaires haïtiens et un soutien financier
international qui incite au retour vers les administrations
nationales.
Faire du renforcement
de l’état l’objectif
fondamental
Le rôle de l’État ne fait pas l’objet d’un dialogue suffisant pour
atteindre une unité de vues entre l’État lui-même et les bailleurs
de fonds.
Relancer le dialogue entre les partenaires au
développement et avec le gouvernement sur le
renforcement de l’État, clarifier la division du travail entre
les partenaires au développement, et faire avancer la
réforme du système judiciaire.
Accorder la priorité à la
prévention
Les investissements pour réduire la vulnérabilité du pays et de
sa population ne sont pas à la hauteur des défis.
Donner la priorité aux programmes réduisant la
vulnérabilité des populations, tels que l’aménagement
des bassins versants et l’accès aux services de base.
Reconnaître qu’il existe
des liens entre les
objectifs politiques,
sécuritaires et de
développement
L’approche sécuritaire n’est pas adaptée à la réalité haïtienne. La
communauté internationale doit favoriser un dialogue constructif
entre les trois branches de l’État.
Encourager un dialogue entre l’État, la société civile et
le secteur privé sur le rôle et les fonctions de l’État, et
adopter une stratégie cohérente de soutien aux partis
politiques et au P arlement.
Promouvoir la non-
discrimination comme
fondement de sociétés
stables et sans exclus
Une part grandissante de la population se sent - ou est - exclue,
que ce soit les jeunes, les mineurs exploités ou les handicapés.
Ouvrir un débat national sur le rôle de la jeunesse dans
la reconstruction du pays et définir un cadre législatif
spécifique pour protéger les groupes vulnérables
Encourager une meilleure représentation des femmes
dans la vie politique.
S’aligner sur les
priorités locales d’une
manière différente
selon le contexte
Les modalités de mise en œuvre sont insuffisamment discutées
avec l’État alors qu’elles jouent un rôle majeur dans la pérennité
des programmes. Le soutien budgétaire reste bien en deçà des
besoins du gouvernement.
Établir des objectifs mesurables pour une augmentation
du soutien budgétaire, selon des conditions acceptables
pour tous, et revoir le rôle et le futur des UTE.
S’accorder sur des
mécanismes concrets
de coordination de
l’action des acteurs
internationaux
Il faut relancer les mécanismes qui commençaient à montrer
leur utilité avant le séisme, et qui assureraient une meilleure
coordination des partenaires au développement sous le
leadership de l’État.
Accélérer la mise en place des tables de concertation
sectorielle, et clarifier le futur de la CIRH et du FRH.
Agir vite … mais
rester engagé assez
longtemps pour avoir
des chances de
réussite
Le problème de la pérennité et de la prévisibilité du soutien
international reste entier. La transition de la phase d’urgence
vers une phase de stabilisation et de développement ne s’est
pas faite de façon progressive et planifiée.
Garder de la flexibilité dans la programmation afin de
pouvoir répondre aux multiples crises qui frappent H aïti
et systématiser les accords sur une base pluriannuelle.
Éviter de créer des
poches d’exclusion
La volonté affichée de déconcentrer les services de l’État et
de décentraliser le pays doit être soutenue par la communauté
internationale, sans quoi les poches d’exclusion et les divisions
entre zones rurales et urbaines risquent d’augmenter.
Favoriser un débat national sur la décentralisation,
constituer un cadre légal pour les collectivités
territoriales, et soutenir les efforts de déconcentration
des services de l’État. Assurer une meilleure répartition
des interventions.
RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES - RÉPUBLIQUE D’HAÏTI - © OCDE 2011 17
tableAU 2. Tableau récapitulatif DÉCLARATION DE PARIS (2011)
PRINCIPE RÉSULTATS PRIORITÉS
Appropriation La volonté du gouvernement de s’approprier le relèvement du pays
est de bon augure, mais les moyens à la disposition de l’État ne sont
pas à la hauteur des objectifs affichés et des défis que ce même État
doit relever.
Les activités de substitution doivent intégrer un trans-
fert de responsabilités vers les institutions centrales/
locales.
Alignement Un meilleur alignement avec le P ARDH semble se dessiner mais
reste à confirmer.
Il faut relancer et renforcer la coordination aux niveaux
sectoriel et stratégique.
Harmonisation La période post-tremblement de terre a vu une recrudescence des
approches bilatérales.
Le travail conjoint entre les bailleurs doit reprendre, no-
tamment en renforçant la coordination au niveau du G-12.
Gestion axée sur
les résultats
Aucune avancée depuis la dernière enquête. La structure de suivi du PARDH doit mieux intégrer cet
aspect, et tirer les leçons des échecs des tentatives
précédentes.
Responsabilité
mutuelle
Peu d’efforts de reddition de comptes sont faits de part et d’autre.Le dialogue doit être rétabli à tous les niveaux entre les
partenaires au développement et le gouvernement, ainsi
qu’avec la société civile.
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
18 RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES - RÉPUBLIQUE D’HAÏTI - © OCDE 2011
Source : Adapté d’une carte des N ations Unies (Section de la Cartographie de l’ONU, Carte 3855, rév. 4, juin 2008)
FIGURE 1
Carte de la République d’Haïti
Grand-Gosier
Banane
Anse-ˆ-Pitres
Belle-
Anse
Cayes-
JacmelMarigot
LŽog‰ne
Gressier
Carrefour
Kenscoff
Ganthier
Fond Parisien
Fonds-Verrettes
PŽtion-Ville
Thomazeau
Arcahaie
Magasin
Pointe-ˆ-Raquette
Grande-Saline
La Chapelle
Saut-d'Eau
Verrettes
Dessalines
Saint Michel
de l'Attalaye
Saint-
Rapha‘l
Petite-Rivière-
de-l'Artibonite
Mirebalais
Savenette
Baptiste
Belladère
Thomassique
Thomonde
Cerca-la-Source
Cerca Carvajal
Bahon
Plaisance
Terre-Neuve
Gros-Morne
Palmiste
LimbŽ
Port-Margot
Acul
du Nord
Marmelade
Grande Rivière du Nord
Dondon
Ennery
Anse-Rouge
Baie de Henne
Bombardopolis
Pilate
Le Borgne
St. Louis de Nord
Anse-ˆ-Foleur
Bassin-Bleu
Jean-Rabel
M™le St.-Nicolas
Mont-OrganisŽ
Pignon La Victoire
Vallières
Trou-du-Nord
Milot
Caracol
Limonade
Quartier
Morin
Plaine
du Nord
Sainte
Suzanne
Pha‘ton
Perches
Ferrier
Ouanaminthe
Ranquitte
Ma•ssade
Cornillon
Lascahobas
Duvalierville
Croix des
Bouquets
BainetC™tes-de-fer
C™teauxPort-ˆ-Piment
La Cahouane
Chardonnières
Tiburon
Les Irois
Moron
JŽrŽmie
Port-de-Paix
Trou
Bonbon
Abricots
Dame-Marie
Les Anglais
Anse d'Hainault
Source Chaude
Chambellan
Baradères
Petite Rivières
de Nippes Petit-Go‰ve Grand-Go‰ve
Vieux Bourg
d'Aquin
Aquin
L'Asile
Cavaillon
Maniche
Roseaux
Pestel
Corail
Anse-ˆ-Veau
Petit Trou de Nippes
Torbeck
Roch-ˆ-Bateau
Port-Salut
St.-Jean
du Sud
Chantal
Camp-Perrin
St. Louis
du Sud
Thiotte
Jacmel
Mirago‰ne
Les Cayes
Trouin
La VallŽe
de Jacmel
Fort-
LibertŽ
Cap-Ha•tien
Saint-Marc
Gona•ves
Hinche
Jimani
Dajab—n
Monte
Criste
ƒ
t
a
n
g
S
a
u
m
‰
t
r
e
Cap Raymond
Pointe
Ouest
Pointe
Fantasque
Pointe de
Montrouis
Pointe de la Grande-Pierre
Grande
Pointe
Cap-ˆ-Foux
Cap Saint-Nicolas
Pointe
Jean-Rabel
ëLE Ë VACHE
ëLES CAYƒMITES
PRESQU'ëLE
DES BARADéRES
ëLE DE
LA GONåVE
ëLE DE
LA TORTUE
Lac de
PŽligre
Baie de
Mancenille
Baie de
la Tortue
Baie de
Grand-Pierre
Baie de
Ja
cmel
Canal de
Saint-Marc
Canal de
la Gon‰ve
Canal de la Tortue
Golfe de la Gon‰ve
Baie
de
Henne
OCƒAN ATLANTIQUE
MER DES CARAìBES
OUEST
CENTRE
NORD - ES T
ARTIBON ITE
NORD
NORD - OUEST
SUD - EST
SUD
GRANDE - ANSE NIPPES
R ƒ P U B L I Q U E D O M I N I C A I N E
CUBA
PORT-
AU-
PRINCE
74
o
20
o
20
o
19
o
19
o
18
o
18
o
73
o
72
o
74
o
73
o
72
o
Map No. 3855 Rev. 4 UNITED NATIONS
June 2008
Department of Field Support
Cartographic Section
HAìTI
HAìTI
Ville, village
Frontière internationale
Frontière dŽpartementale
Route principale
Capitale nationale
Chef-lieu dŽpartementale
AŽroport
Route secondaire
300 10 20
2010 25 mi
40 km
0 5 15
Les frontières et les noms indiquŽs sur cette carte
n’impliquent pas reconnaissance ou acceptation
officielle par l’Organisation des Nations Unies.
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88 RAPPORT 2011 SUR L’ENGAGEMENT INTERNATIONAL DANS LES ÉTATS FRAGILES - RÉPUBLIQUE D’HAÏTI - © OCDE 2011
Novosseloff, A. (2011), Réseau francophone de recherche sur les opérations de maintien de paix, Université de Montréal, Montréal.
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Turnier, Alain (1985), La Société des baïonnettes, Un regard nouveau, Imprimerie Le Natal, Port-au-Prince.
ANNEXe e. BIBLIOGRAPHie
ORGANISATION DE COOPÉRATION
ET DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUES
L’OCDE est un forum unique en son genre où les gouvernements oeuvrent ensemble pour relever les
défis économiques, sociaux et environnementaux que pose la mondialisation. L’OCDE est aussi à l’avant-garde
des efforts entrepris pour comprendre les évolutions du monde actuel et les préoccupations qu’elles font
naître. Elle aide les gouvernements à faire face à des situations nouvelles en examinant des thèmes tels que le
gouvernement d’entreprise, l’économie de l’information et les défis posés par le vieillissement de la population.
L’Organisation offre aux gouvernements un cadre leur permettant de comparer leurs expériences en matière
de politiques, de chercher des réponses à des problèmes communs, d’identifier les bonnes pratiques et de
travailler à la coordination des politiques nationales et internationales.
Les pays membres de l’OCDE sont : l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Chili,
la Corée, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, les États-Unis, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande,
l’Islande, Israël, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, le Mexique, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas,
la Pologne, le Portugal, la République slovaque, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Slovénie, la Suède,
la Suisse et la Turquie. La Commission européenne participe aux travaux de l’OCDE.
Les Éditions OCDE assurent une large diffusion aux travaux de l’Organisation. Ces derniers comprennent
les résultats de l’activité de collecte de statistiques, les travaux de recherche menés sur des questions
économiques, sociales et environnementales, ainsi que les conventions, les principes directeurs et les modèles
développés par les pays membres.
ÉDITIONS OCDE, 2, rue André-Pascal,75775 PARIS CEDEX 16
(00 2011 00 0 P) ISBN 978-92-64-00000-0 — No. 00000 2011-00
Rapport 2011 sur l’engagement
international dans les États fragiles
république d’Haïti
Le deuxième volet de l’Enquête de Suivi des Principes pour l’engagement international dans
les États fragiles et les situations précaires fournit des éléments quantitatifs et qualitatifs fondés
sur des consultations nationales, reflétant la qualité de l’engagement international au Burundi,
en Guinée-Bissau, en Haïti, au Libéria, en République centrafricaine, en République démocratique
du Congo, en Sierra Léone, en Somalie, au Soudan du Sud, au Tchad, au Timor-Leste, au Togo et
à l’Union des Comores, dans les domaines de la diplomatie, du développement et de la sécurité.
Pour chaque pays participant, un chapitre est rédigé sur la base d’informations collectées lors d’une
consultation nationale et d’entretiens complémentaires. Ces 13 chapitres ont pour but de refléter les
progrès accomplis, les défis restants et d’alimenter la planification dans chacun des pays. Chaque
chapitre pays a été rédigé et validé sous la responsabilité conjointe d’un coordinateur national et d’un
point focal international.
L’Enquête de Suivi des Principes pour les États fragiles a donné lieu à deux séries de consultations
nationales, en 2009 et 2011. Les résultats sont rassemblés par le Secrétariat du CAD-OCDE et regroupés
dans deux rapports de suivi qui s’appuient sur les conclusions des chapitres pays afin de fournir des
recommandations globales à l’attention de la communauté internationale et seront présentés lors du
Quatrième Forum de Haut Niveau sur l’efficacité de l’aide (Busan, 2011).
Des informations complémentaires sont disponibles à l’adresse www.oecd.org/fsprinciples.