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REVUE DÉVELOPPEMENT
DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Dynamique de la dette et gestion des
risques de surendettement
JUIN 2026
RDCCF-VOL. V
SOMMAIRE
VUE D’ENSEMBLE
DES INSTRUMENTS D’ENDETTEMENT : CLASSER POUR
DIVERSIFIER
DE LA NATION AUX OPÉRATEURS ÉCONOMIQUES PRIVÉS :
DES DONNÉES FINANCIÈRES QUI INSPIRENT
DANS L’ANALYSE D’ENDETTEMENT : DES INDICATEURS
FINANCIERS QUI COMPTENT
LA DETTE PUBLIQUE : UNE DYNAMIQUE À ANALYSER,
MESURER ET ENREGISTRER
LE SURENDETTEMENT : QUOI COMPRENDRE?
LE SURENDETTEMENT : UN PHENOMÈNE RISQUÉ
SURENDETTEMENT: VERS UN DÉCROCHAGE FINANCIER
SURENDETTEMENT ACTIF OU PASSIF : QUELLES
TENDANCES EN HAITI?
QUAND LA BRH PRÉCONISE DES SOLUTIONS PRÉVENTIVES
BRH : DES DISPOSITIFS AUX MESURES PRÉVENTIVES
BRH : UNE STRUCTURE INFORMATIONNELLE SUR LE
CRÉDIT RENFORCÉE EST MISE EN PLACE
BIC : UN PILIER DE SYMÉTRIE ET D’INCLUSION FINANCIÈRE
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SOMMAIRE
LE BIC: DES INDICATEURS QUI COMPTENT
LES INDICATEURS D’UNE GESTION PRUDENTIELLE DES
RISQUES DE SURENDETTEMENT
LA MISE SUR L’ÉDUCATION FINANCIÈRE
RENDEZ-VOUS DÉCISIONNEL : L’EXPÉRIENCE DE
RESTRUCTURATION DE CRÉDIT AVEC PÉDRO
RENDEZ-VOUS DÉCISIONNEL : STRATÉGIES DE PRÉVENTION
CONTRE LE SURENDETTEMENT AVEC PÉDRO
RENDEZ-VOUS DÉCISIONNEL AVEC BÉATRICE : QUAND
L’INCLUSION FINANCIÈRE SE CONFOND AVEC LA
SURINCLUSION
RENDEZ-VOUS DÉCISIONNEL : BÉATRICE FACE À LA
SURINCLUSION
RENDEZ-VOUS DÉCISIONNEL : AU-DELÀ DES
APPARENCES
CONCLUSION
ANNEXE
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FIGURES
FIGURE 1 : QUELQUES INSTRUMENTS RÉPERTORIÉS SUR LE MARCHÉ
FIGURE 2 : CADRE COMPARATIF DE LA DISTRIBUTION DES RESSOURCES
FINANCIÈRES
FIGURE 3 : INDICATEURS DE SOLVABILITÉ FINANCIÈRE
FIGURE 4 : FACTEURS COMPORTEMENTAUX ET SOCIAUX INFLUENÇANT LE
SURENDETTEMENT
FIGURE 5 : TYPE DE SURENDETTEMENT
FIGURE 6 : FACTEURS STRUCTURELS AMPLIFIANT LE SURENDETTEMENT
FIGURE 7 : LES MISSIONS DU BUREAU D’INFORMATION SUR LE CRÉDIT (BIC)
FIGURE 8 : ORGANIGRAMME DU BIC
FIGURE 9 : STRATÉGIES D’ACCOMPAGNEMENT FINANCIER
FIGURE 10 : STRATÉGIES DE PRÉVENTION CONTRE LE SURENDETTEMENT
FIGURE 11 : LE CHEMIN DE LA RÉHABILITATION FINANCIÈRE
FIGURE 12 : COMPRENDRE LE COMPORTEMENT DE BÉATRICE
FIGURE 13 : LE DÉSENCHANTEMENT DE BÉATRICE
FIGURE 14 : LEÇONS APPRISES DE BÉATRICE ET DE PÉDRO............................................ Page 14
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GRAPHES
GRAPHE 1 : HAITI: DONNÉES ÉVOLUTIVES DE LA DETTE PUBLIQUE
(2004-2024)
GRAPHE 2 :RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DES CRÉDITS EN
GOURDES AU 30 SEPTEMBRE 2022
GRAPHE 3 : RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DES CRÉDITS EN USD
GRAPHE 4 : RÉPARTITION DES CRÉDITS PAR GENRE DU 30
SEPTEMBRE 2022 - 30 SEPTEMBRE 2024 EN HTG
GRAPHE 5 : RÉPARTITION DES CRÉDITS PAR GENRE DU 30
SEPTEMBRE 2022 - 30 SEPTEMBRE 2024 EN USD
GRAPHE 6 : RÉPARTITION DES CRÉDITS PAR CATÉGORIE DE
PAIEMENT EN DOLLARS AU 30 SEPTEMBRE 2022
GRAPHE 7 : RÉPARTITION DES CRÉDITS PAR CATÉGORIE DE
PAIEMENT EN GOURDES AU 30 SEPTEMBRE 2023
RÉPARTITION DES CRÉDITS PAR CATÉGORIE DE PAIEMENT EN
GOURDES AU 30 SEPTEMBRE 2024
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TABLEAU
TABLEAU 1 - BRH : des mesures préventives................................................................................ Page 2301
SIGLES ET
ABRÉVIATIONS
AFI
AVD
BCAH
BRH
BRI
BIC
CNUCED
FMI
IADM
IFBC
MPME
PIB
PNEF
PPTE
PRFI
PSG
RDCCF
ALLIANCE POUR L’INCLUSION FINANCIÈRE
ANALYSE DE VIABILITÉ DE LA DETTE
BUREAU DE LA COORDINATION DES AFFAIRES HUMANITAIRES DES NATIONS-UNIES
BANQUE DE LA RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
BANQUE DES RÈGLEMENTS INTERNATIONAUX
BUREAU DE L’INFORMATION SUR LE CRÉDIT
CONFÉRENCE DES NATIONS-UNIES SUR LE COMMERCE ET LE DÉVELOPPEMENT
FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL
INITIATIVE D’ALLÈGEMENT DE LA DETTE MULTILATÉRALE
INSTITUTION DE FORMATION DE LA BANQUE CENTRALE
MICROS PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES
PRODUIT INTÉRIEUR BRUT
PLAN NATIONAL D’ÉDUCATION FINANCIÈRE
PAYS PAUVRES TRÈS ENDETTÉS
PAYS À REVENUS FORT ET INTERMÉDIAIRE
PLAN STRATÉGIQUE GLOBAL
REVUE DE DÉVELOPPEMENT DE COMPÉTENCE ET DE CONNAISSANCE FINANCIÈRE
VUE D’ENSEMBLE
Dans le cadre du Plan National d’Éducation Financière (PNEF), la Banque de la République
d’Haïti (BRH) poursuit sa démarche proactive destinée à renforcer les compétences et les
connaissances financières de la population. Cette orientation s’illustre notamment par la
publication de ce cinquième volume de la Revue Développement des Compétences et
Connaissances Financières (RDCCF).
Ce numéro est dédié à l’analyse approfondie des problématiques relatives au surendettement.
Il vise à informer les parties prenantes sur les mécanismes d’endettement, leur gestion
appropriée ainsi que sur les interactions entre les dettes des ménages et celles du secteur
public. En outre, il entend sensibiliser les utilisateurs financiers à une gestion prudente des
ressources dont ils disposent, qu’elles émanent du secteur public ou privé, tout en assurant
une utilisation rationnelle, une amélioration de la capacité d’épargne et d’investissement, et
le respect durable des engagements financiers à court et à long terme.
En 2025, la Banque mondiale rapporte que la dette extérieure totale des pays à faible
revenu et intermédiaire (PRFI) a plus que doublé depuis 2010, pour atteindre environ
8 900 milliards de dollars américains. De ce montant, près de 415 milliards de dollars
représentent exclusivement le paiement des intérêts.
Par ailleurs, selon la Banque des règlements internationaux (BRI, 2017), des difficultés
de paiement peuvent se présenter lorsque le service de la dette devient trop important.
L’augmentation du coût total du service de la dette, en particulier des intérêts, expose ainsi
ces pays à un risque accru d’instabilité financière et pourrait compromettre leur capacité à
honorer leurs engagements internationaux.
En Haïti, au tout début de la crise multidimensionnelle, l’etude FinScope 2018 des
menages a révélé que plus de 44 % des foyers interrogés ne maîtrisaient pas effica-
cement leurs dépenses, tandis que 37 % ont exprimé le souhait de recevoir une formation
en gestion budgétaire. En outre, d’après une analyse d’impact de la crise sécuritaire
menée par la Banque de la République d’Haïti (BRH), au dernier trimestre 2024, 250
entreprises se trouvent en situation de détresse financière. En effet, les incertitudes décou-
lant de perturbations climatiques, d’événements aléatoires ou de périodes de crises
prolongées, à l’instar de celles que traverse actuellement le pays, exercent une influence
défavorable sur les habitudes financières des ménages et la situation des entreprises.
Par ailleurs, l’instantanéité des transactions financières numériques, la disponibilité
continue des plateformes et la facilité des procédures d’achat en ligne sont susceptibles
d’inciter les utilisateurs de produits et services financiers non avertis à des comportements
d’achat impulsifs. Sur le long terme, si la maîtrise de soi et la gestion budgétaire ne sont pas
suffisamment assurées, ces comportements peuvent compromettre la santé financière de
ces utilisateurs et augmenter leur risque de surendettement.
Ces situations suggèrent la mise en place de politiques publiques adaptées, accompagnées
de campagnes d’éducation financière ciblées pour soutenir les ménages et les entreprises
dans la gestion de leurs finances, mais aussi pour renforcer la protection des consommateurs
financiers contre les risques inhérents à la surinclusion et ceux liés à l’endettement.
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REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
DES INSTRUMENTS D’ENDETTEMENT :
COMPRENDRE, CLASSER POUR DIVERSIFIER
On distingue généralement deux grandes catégories d’instruments d’endettement : les
crédits destinés à financer des activités productives et ceux orientés vers la consommation.
Ces instruments peuvent en outre être différenciés selon la durée du prêt, la nature du
prêteur et de l’emprunteur, ainsi que selon le niveau de risque et le coût associé. Le tableau
ci-dessous présente de manière synthétique certains instruments d’emprunt répertoriés.
Source :Source : CNUCED-MEF-BRH, 2025
Figure 1 : : : : : QUELQUES INSTRUMENTS RÉPERTORIÉS SUR LE MARCHÉ
Obligations d’État et bons du
Trésor
Billets du Tr ésor
Prêts concessionnels (Banque
mondiale, FMI, BID, etc.)
Prêts bilatéraux ( Chine,
France,Taïwan, etc.)
Dette intérieure (bons et
obligations domestiques)
Dette garantie par les
Autorités (gouvernementales,
monétaires).
Pour un Pa ys
Hypothèque
Prêt étudiant
Prêt pour voyage
Prêt agricole
Ligne de crédit personnelle
Prêt pour achat de
véhicules
Carte de crédit
Avances sur salaire
Pour les ménages
Crédit fournisseur
Ligne de crédit
commerciale
Prêt pour équipement
productif
Crédit-bail commercial
Prêt de transport
Lettre de crédit
Crédit agricole
Pour les entreprises
D’après la Banque mondiale (2003), “la
dette publique représente l’ensemble des
emprunts contractés par un État pour
financer ses besoins de financement,
lorsque ses recettes fiscales et autres
revenus ne suffisent pas à couvrir ses
dépenses”.
Par ailleurs, le rapport de la Conférence
des Nations-Unies sur le Commerce et le
Développement (CNUCED, 2002), relatif
au rôle, à l’organisation d’un bureau de la
dette, mentionne que, “les négociations
concernant les emprunts nationaux sont
souvent coordonnées par une équipe qui
représente à la fois le Ministère des finances
et la Banque centrale”.
Le Saviez Vous?
En 2025, la Banque mondiale
mentionne que le financement par
emprunt peut devenir un puissant
levier de développement, à condition
qu’il s’inscrive dans une véritable
stratégie de croissance.
Cette logique ne concerne pas
seulement l’État : elle demeure tout
aussi valable pour les entreprises et
les ménages. Lorsqu’il est bien
encadré et maîtrisé, l’endettement
peut soutenir leurs projets, renforcer
leur capacité financière et favoriser
une croissance durable.
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REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
DE LA NATION AUX OPÉRATEURS ÉCONOMIQUES
PRIVÉS : DES DONNÉES FINANCIÈRES QUI
INSPIRENT!
Le schéma présenté ci-après constitue un cadre comparatif de l’allocation des ressources
financières au niveau national, ainsi qu’au sein des ménages et des entreprises. Il met
en exergue la relation entre les flux entrants et sortants de fonds à chaque échelon.
Indépendamment du niveau d’analyse, les acteurs économiques appliquent des principes
fondamentaux similaires en matière de gestion financière.
Source :Source : Combinaison de rapports CNUCED-MEF-BRH, 2025
Figure 2 : : : : :CADRE COMPARATIF DE LA DISTRIBUTION DES RESSOURCES FINANCIÈRES
Le pays vit surtout des impôts, des taxes, des contributions non soumis à l’imposition, d’aide international, bénéfices
sur les prises de participation dans les sociétés et des revenus d’exportation. Les ménages et les entreprises
disposent de salaires, de revenus formel/informel ainsi que des transferts sans contrepartie.
Le pays a des réserves de change.
Les ménages ont de l’épargne et les
entreprises des réserves.
Plus les revenus des trois (3) entités sont
stables, mieux, elles peuvent toutes payer
leurs dettes et les services associés.
La capacité des trois entités à payer leurs dettes dépend de la marge entre les paramètres de revenus et de
dépenses si tous les autres conditions restent stables.
Épargne suffisante + fiscalité efficace + allocation productive des ressources publiques = conditions favorables à
une croissance économique soutenable.
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Le pays a des dettes de long terme, les
ménages et les entreprises aussi (plus de
cinq ans).
les trois entités sont vulnérables aux
chocs externes, aux crises prolongées
et fluctuations économiques.
Par ailleurs, la figure 2 ci-dessus présente certains indicateurs macroéconomiques
nationaux, associés aux dynamiques propres aux ménages et aux entreprises. Cette
démarche vise à offrir à chaque catégorie d’acteur économique un accès approprié et
pertinent aux données financières de base, couvrant tant les comptes publics que ceux
des opérateurs privés.
Cet exercice a pour objectif de consolider les connaissances des utilisateurs concernant
les interactions entre les activités des différentes catégorie d’agents économiques,
ainsi que la compréhension des principaux indicateurs relatifs aux politiques fiscales et
monétaires. En articulant les enjeux nationaux avec les réalités des parties prenantes
privées, il facilite une analyse succincte du circuit économique et financier ainsi que de ses
impacts potentiels sur les ménages, dans une démarche de renforcement des capacités
financières pour une maîtrise de leur dette. 15
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
DANS L’ANALYSE D’ENDETTEMENT : DES
INDICATEURS FINANCIERS QUI COMPTENT
Dans le secteur financier, qu’il s’agisse des finances publiques ou personnelles, il est
impératif d’analyser rigoureusement la solvabilité lors de l’évaluation des demandes de
crédit afin d’assurer la capacité de remboursement des emprunteurs et de maîtriser les
risques inhérents.
Figure 3 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source : Kaplan, 2022
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 3 : : : : :INDICATEURS DE SOLVABILITÉ FINANCIÈRE
SorceKl 2022
Niveau d’endettement total et structure de la dette ;
qualité du dossier de crédit ;
ratio dette sur revenu mensuel ;
paiements sur revenus ou service de la dette.
Situation
financière globale
1
Stabilité des revenus ;
croissance des revenus ;
disponibilité de l’épargne ;
présence de réserve de changes ou
suppléments budgétaires.
Charge financière par rapport
aux capacités de remboursement
2
Poids des dépenses essentielles ;
stabilité politique économique ou familiale ;
accès futur au crédit.
Risque global
encouru
3
Conformément à la figure 3, l’appréciation de la solvabilité ainsi que du risque potentiel de
surendettement repose sur une analyse rigoureuse des paramètres considérés.
Selon la BRI (2017), l’omission de cette étape est susceptible d’augmenter le risque
de surendettement et de provoquer des tensions financières systémiques. Dans cette
perspective, une surestimation des capacités financières dans l’analyse de la solvabilité
des agents privés peut entraîner la création de dossiers de crédit erronés.
Cette situation peut avoir des conséquences graves, telles que la faillite personnelle, qui
à son tour favorise l’apparition de problèmes de surendettement, d’insolvabilité ou encore
de désengagement financier. Inévitablement, cela conduit à l’exclusion des agents du
marché financier (Kaplan, 2022).
Pour les pays, négliger l’examen approfondi des finances publiques, notamment la viabilité
de la dette, la composition des recettes, l’efficience des dépenses, et l’évaluation des
risques macroéconomiques, peut conduire à des défauts de paiement, une dégradation de
la confiance des marchés et à des crises de financement. Comme le souligne Coulibaly et
Ndiaye (2026), professeurs de l’Université de New York, la révélation des passifs publics
dissimulés peut entraîner une revalorisation soudaine du risque souverain.
Selon la BRH (2025), l’évaluation du service de la dette, laquelle inclut les paiements
annuels d’intérêts ainsi que le remboursement du capital par l’État sur les emprunts
publics, constitue un indicateur essentiel pour apprécier la viabilité à court terme de la
dette. Par ailleurs, la CNUCED précise que “le contrôle des paiements incombe au bureau
de la dette, au bureau du budget, au Trésor, au bureau du trésorier payeur général et/ou
à la Banque centrale”.
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REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
LA DETTE PUBLIQUE : UNE DYNAMIQUE À
ANALYSER, MESURER ET ENREGISTRER
Aujourd’hui, la dette publique mondiale s’élève à 346 000 milliards de dollars américains.
Ce chiffre représente près de 310 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, selon le ratio
dette/PIB. Cette valeur exprime le rapport entre la dette publique et la richesse annuelle
générée par les pays (IFC, 2025).
Par ailleurs, le rapport pays du Fonds monétaire international (FMI, 2025), consacré à
Haïti pour l’année 2025, examine en détail la situation de la dette publique du pays.
Comme indiqué sur le graphe 1, le niveau de la dette s’élève à 12,4 % du Produit Intérieur
Brut (PIB).
Source :Source : Banque mondiale, 2025
Graphe 4 : : : : : QUELQUES INSTRUMENTS RÉPERTORIÉS SUR LE MARCHÉGraphe 1 : : : : : HAITI: DONNÉES ÉVOLUTIVES DE LA DETTE PUBLIQUE (2004-2024)
0.00 %
5.00 %
10.00 %
15.00 %
20.00 %
25.00 %
30.00 %
35.00 %
40.00 %
2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
Dette publique (% du PIB)
0.00 %
5.00 %
10.00 %
15.00 %
20.00 %
25.00 %
30.00 %
20112012201320142015201620172018201920202021202220232024
Dette publique (% du PIB)
Dette publique (% du PIB)
L’analyse des données concernant la dynamique de la dette publique externe plus haut
met en évidence une diminution progressive du niveau d’endettement du pays au cours
des vingt dernières années. Il convient de souligner que d’après la Banque mondiale
(2003), plusieurs initiatives internationales d’allègement de la dette, telles que l’Initiative
PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) et l’IADM (Initiative d’Allègement de la Dette
Multilatérale), ont permis de réduire la dette extérieure haïtienne. Après le séisme de 2010,
828 millions de dollars ÉU de dettes envers des institutions financières internationales ont
également été annulés (OCHA-Nations Unies, 2011).
17
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
L’analyse de la viabilité de la dette (AVD), réalisée en 2022 par le FMI (2023), souligne
la dynamique favorable du niveau d’endettement d’Haïti. Cependant, l’AVD indique
que le risque global de détresse de la dette demeure élevé, en raison de certaines
faiblesses économiques, politiques et institutionnelles, ainsi qu’une forte vulnérabilité aux
catastrophes naturelles et à l’insuffisance de fiabilité des données concernant la dette
estimée. Cette position du FMI met en évidence certaines vulnérabilités structurelles
du pays susceptibles de déclencher une crise de dette en cas de révision brutale des
anticipations.
Par ailleurs, il est à noter que la courbe décroissante, résultante de la situation d’endettement
public portée sur les graphiques # 1 et # 2, engendre une certaine marge budgétaire, qui
peut être interprétée comme une opportunité stratégique pour Haïti.
Selon la Banque mondiale (2003), en libérant des ressources qui peuvent être réaffectées
à des secteurs prioritaires, la réduction de l’endettement, en particulier du service de la
dette, constitue un moyen important pour renforcer les comptes nationaux.
La dette publique, les dépenses d’importations et les recettes d’exportations forment
un système interconnecté influençant la balance de paiement comme notées dans la
rubrique le Saviez-vous ci-dessous. Le FMI, suite à la revue effectuée en 2024 sur la
situation économique de la République
d’Haïti, dans son rapport, indique que les
recettes d’exportations nationales vers l’in-
ternational se sont élevées à 767 millions
de dollars américains, tandis que les
importations ont atteint un montant de
4 240 millions de dollars américains (BRH,
2025).
Une dynamique positive entre ces trois
variables des comptes de la balance de
paiements peut jouer un rôle préventif
en limitant les risques associés au
surendettement pour le pays avec des
influences sur les cycles économiques.
Ainsi, une adéquation soutenue de la
dynamique ou de l’évolution comparative
de ces trois (3) variables constitue un
enjeu important dans la stabilité macro-
économique, notamment dans une
économie peu résiliente comme celle
d’Haïti.
Le Saviez Vous?
La balance des paiements d’un pays repose sur
trois piliers fondamentaux, qui permettent d’en
analyser la situation financière internationale de
manière détaillée.
1- Le compte financier
Le compte financier recense les opérations
telles que les prêts et emprunts internationaux,
ainsi que les mouvements de réserves
nationales.
2- Le compte de capital
En complément, le compte de capital enregistre
principalement des opérations exceptionnelles,
notamment les annulations de dettes.
3- Le compte courant
Enfin, le compte courant retrace les flux de
biens, de services, de revenus et de transferts
entre une économie et le reste du monde au
cours d'une période donnée.
Enregistrement des Dettes
Enregistrement des Dettes
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REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
LE SURENDETTEMENT : QUOI COMPRENDRE?
Frison-Roche (2010), dans ses travaux relatifs à la régulation et à la protection des
consommateurs définit le surendettement comme l’ensemble des engagements financiers
dépassant la capacité effective de remboursement d’un emprunteur, qu’il s’agisse d’un
ménage, d’une entreprise ou d’une nation.
Selon Gathergood (2011), les retards de paiement, le taux de délinquance et le taux de
radiation constituent les principaux indicateurs de surendettement d’un portefeuille de
prêts. Le surendettement s’agrave lorsque le montant des dettes ou encore des passifs
accumulés excèdent les revenus dits actifs du débiteur concerné. Il constitue une problé-
matique d’envergure internationale, impactant tant les États que les ménages.
La Banque mondiale, au premier trimestre
2025, a attiré l’attention des États sur les
impacts de la dette publique. Elle affirme
“qu’entre 2022 et 2024, les économies
émergentes ont versé, au titre du service
de la dette et des intérêts, 741 milliards de
dollars ÉU de plus qu’elles n’ont perçus sous
forme de nouveaux financements” (Banque
mondiale, 2025).
En effet, dans les “22 pays les plus endettés,
la moitié de la population ne bénéficie pas
d’un apport alimentaire quotidien suffisant
pour garantir sa santé sur le long terme.
Ainsi, les impacts sociaux et sanitaires
du surendettement restent significatifs et
persistants” (Banque mondiale, 2025).
Ce constat est corroboré par la Conférence
des Nations-Unies sur le Commerce et le
Développement (CNUCED, 2023), dans
un de ses rapports publiés en 2023. Elle
confirme que “le risque de surendettement
devient significatif lorsque l’État n’est plus
en mesure d’honorer ses engagements
financiers ou d’assurer le service de sa dette.
Le surendettement représente un facteur
majeur de crise pour le développement et
contribue à creuser les inégalités”.
Selon la Banque de France, en 2023, 121 617 dossiers de surendettement ont été
déposés, marquant une augmentation de 8 % par rapport à l’année précédente. Bien
que ce phénomène soit moins développé dans les pays en développement comme Haïti,
il demeure préoccupant, notamment parmi ceux ayant un accès facil au crédit, qui se
retrouvent souvent en situation de surendettement.
Le Saviez Vous?
Lorsqu’un État est confronté à
une dette insoutenable, plusieurs options
peuvent être envisagées :
Le rééchelonnement, qui consiste à
reporter les échéances de paiement,
avec remboursement ultérieur du
principal et intérêts sur les montants
différés.
La restructuration, pouvant impliquer
une annulation partielle de la dette et
une baisse des taux d’intérêt.
Le moratoire, qui permet de suspendre
temporairement tout ou partie des
paiements afin de faire face à des
difficultés conjoncturelles.
La répudiation, par laquelle l’État refuse
unilatéralement de reconnaître ou
d’honorer sa dette.
Chaque option comporte des implications
spécifiques pour le pays débiteur et pour
ses créanciers.
1
2
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4
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REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
LE SURENDETTEMENT : UN PHENOMÈNE RISQUÉ
Les enquêtes conduites, en finance comportementale, par Gathergood, (2011), suggèrent
que le surendettement et le décrochage financier doivent être considérés comme des
phénomènes complexes, résultant de l’interaction de plusieurs facteurs psychologiques.
Plutôt que de les réduire à de
simples problématiques financières
ou structurelles, cette approche met
en avant l’importance des variables
émotionnelles comme la maîtrise
de soi, les biais comportementaux
ainsi que le manque d’éducation
financière dans les prises de
décisions financières déficientes.
D’autres déterminants du surendet-
tement sont présentés dans le
schéma ci-après.
Figure 4 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source :Source : Kahneman, 2011
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 4 : : : : : FACTEURS COMPORTEMENTAUX ET SOCIAUX INFLUENÇANT LE SURENDETTEMENT
Faiblesse d’éducation financière
Facteurs
comportementaux
influençant le
surendettement
Mauvaise perception du coût du crédit
Frais et pénalités associés
Asymétrie d’information
Surinclusion
Consommation cumulative de produits
et de services financiers
Pratiques financières abusives
Absence de cadre de protection
des consommateurs
Le recours à des systèmes non régulés de
paiement ou d’épargne est réduit.
Faible capacité des clients à comparer les offres
Souscription à des produits mal compris
Comportement impulsif
Consommation excessive
Dépenses de confort
Abonnements superflus
Influences sociales et culturelles
Besoin de reconnaissance sociale
Peur de l’exclusion sociale
Pression sociale
L’influence des réseaux
Achat non contrôlé en ligne
Facilité de paiement électronique
Dématérialisation des achats
En rapprochant divers faits, Blandine Lemaire et Florence Marc (2019) démontrent
que le surendettement provient fréquemment d’une combinaison de facteurs socio-
économiques, notamment des chocs de vie (maladie, séparation, perte d’emploi) ainsi
que de comportements à risque, comme une utilisation inadaptée du crédit.
Le Saviez Vous?
La maîtrise de soi est étroitement liée au suren-
dettement. Les individus présentant une faible capacité
d’autocontrôle ont tendance à recourir à l’endettement
pour répondre à de nouvelles dépenses.
Leur niveau d’endettement s’avère généralement
supérieur à la moyenne. En outre, les difficultés de
gestion de soi favorisent un usage intensif du crédit à la
consommation, facilitant ainsi les achats impulsifs
(Gathergood, 2011).
20
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
SURENDETTEMENT : VERS UN DÉCROCHAGE
FINANCIER
Selon l’Alliance pour l’Inclusion Financière (AFI), l’exclusion financière constitue un
processus progressif par lequel un individu ou un ménage se retire du système financier
formel (AFI, 2020).
Dans cette perspective, Nicolas Gloukoviezoff (2010) précise que la question dépasse
celle de l’insolvabilité, s’assimilant à un processus d’exclusion financière. Dans ce
cadre, les ménages concernés voient leurs capacités de gestion budgétaire se dégrader
graduellement, en particulier en raison de l’insuffisance d’outils, de compétences ou de
dispositifs d’accompagnement adaptés.
Le caractère multidimensionnel du surendettement et du décrochage financier est éga-
lement abordé dans les travaux de Jean-Michel Servet (2006) et met en lumière une
compréhension élargie des difficultés économiques des ménages. Cette perspective
souligne la nécessité de prendre en compte l’environnement économique, les conditions
d’accès aux services financiers, ainsi que la stabilité des revenus, afin de mieux comprendre
et prévenir les situations de surendettement et de décrochage financier.
Ainsi, le surendettement peut être analysé sous deux angles majeurs : le surendettement
actif et le surendettement passif. Cette distinction, largement utilisée dans la littérature,
permet de mieux comprendre les facteurs qui conduisent les ménages à perdre le contrôle
de leur situation financière.
Figure 5 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source :Source : Gathergood, 2012
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 5 : : : : :TYPE DE SURENDETTEMENT
Le surendettement passif
Le surendettement passif est associé à des facteurs
exogènes, c'est-à-dire à des événements qui ne sont pas
directement causés par l'emprunteur. Il peut s'agir, par
exemple, d'un déplacement forcé dû à la situation sécuritaire
entraînant la location d'un nouveau logement dans une autre
zone, d'une perte d'emploi liée à un rationnement
économique, d'une invalidité provoquée par une maladie, du
décès du conjoint, ou encore d'un changement défavorable
de la conjoncture économique.
Le surendettement actif
Le surendettement actif est lié à des facteurs
endogènes, Il s'agit d'un processus décisionnel mis
en place par le ménage lui-même, mais qui peut
créer par la suite un dysfonctionnement financier. Il
est souvent provoqué par une accumulation
excessive de crédits sans tenir compte d'une
capacité réelle de remboursement.
Ce phénomène, qu’il soit volontaire ou involontaire, trouve principalement son origine
dans les obstacles rencontrés dans l’accessibilité aux établissements financiers, la
difficulté d’élaborer une planification financière adaptée, de gérer efficacement ses
dettes ou d’honorer ses engagements financiers de manière constante, ainsi que dans la
capacité à épargner en raison des situations de crise. L’accumulation de ces effets
peut conduire à une exclusion progressive, entraînant un risque de surendettement,
d’insolvabilité et de décrochage financier. 21
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
SURENDETTEMENT ACTIF OU PASSIF : QUELLES
TENDANCES EN HAITI ?
Tout au début de la crise, les données de l’Enquête FinScope 2018 des consommateurs
ont montré que 33 % des ménages haïtiens rencontraient déjà régulièrement des difficultés
dans la maîtrise de leurs finances.
Selon l’enquête FinScope, MPME 2023, 89 % des 660 000 MPME (s) recensées opèrent
dans le secteur informel, 83 % n’empruntent pas dans le secteur formel et 97 % d’entre elles
n’utilisent aucun produit d’assurance. Leur forte informalité combinée à une prédominance
des transactions en espèces, non seulement, restreint considérablement leur accès au
crédit institutionnel, mais aussi complique la mesure exacte du surendettement actif
de ces entreprises. L’absence d’historique de données sur les opérations financières
traditionnelles entrave toute tentative de quantification exhaustive des risques financiers
et de solvabilité pour les 89 % des MPME haïtiennes.
L’évaluation conduite en mars 2025 relative à la Circulaire 115-6 portant sur l’application
des moratoires et des dispositifs de restructuration de certains prêts par la BRH fournit
des indicateurs pertinents concernant les relations entre les facteurs exogènes et les
tendances de remboursement observées au niveau du secteur financier. En Haïti, le
surendettement passif est alimenté par des vulnérabilités structurelles profondes dont
certaines sont énumérées ci-dessous.
Figure 6 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source :Source : BRH, 2025
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 6 : : : : :FACTEURS STRUCTURELS AMPLIFIANT LE SURENDETTEMENT
01
Économie
informelle
dominante
03
Faible
productivité
04
Catastrophe
naturelles
05
Instabilité
sociopolitique
02
Chômage
élevé
Aux vulnérabilités structurelles peuvent s’ajouter des comportements à risque, tels
que l’utilisation non planifiée de crédit ou encore la sous-estimation des coûts réels de
remboursement cachés par l’informalité. Comme le souligne Servet (2006), la combinaison
de fragilités économiques et de décisions financières mal informées crée un terreau fertile
pour le surendettement.
L’activation des deux mécanismes de la circulaire 115-6 illustre la mise en œuvre
concrète de dispositifs de contrôle et de gestion du surendettement préventifs, visant
à réduire la pression financière immédiate sur les ménages et les entreprises évoluant
dans un contexte particulièrement marqué par une faible capacité de résilience. Ainsi,
le surendettement en Haïti ne résulte pas uniquement de certains choix individuels non
maîtrisés mais aussi de certaines contraintes structurelles.
22
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
QUAND LA BRH PRÉCONISE DES SOLUTIONS
PRÉVENTIVES
Selon la Banque des Règlements Internationaux (2009, 2017, 2021), la crise des
subprimes de 2008 met en évidence que l’endettement des ménages ne se limite pas à
un phénomène microéconomique. En effet, un niveau élevé d’endettement peut ralentir la
demande globale, entraînant un effet négatif sur l’offre globale avec des effets remanents
sur la croissance. Cette interaction souligne l’importance d’une surveillance accrue
et d’une gestion prudente de l’endettement des ménages pour préserver la stabilité
macroéconomique.
Dans plusieurs pays, comme la
France par exemple, des institutions
spécialisées telles que les commissions
de surendettement accompagnent les
ménages en difficulté financière. Dans
ce cadre, des conseillers financiers
et des experts en gestion budgétaire
offrent un accompagnement continu aux
clients afin de les aider à surmonter leurs
difficultés économiques. En fonction de
la situation du débiteur, celui-ci peut être
amené à effectuer un dépôt de dossier
de surendettement (Banque de France,
2023).
Dans une démarche préventive, la BRH
adopte une posture macroprudentielle
en prenant tout un ensemble de dispo-
sitifs et de mesures visant tous à favo-
riser la crédibilité macroéconomique, préserver l’intégrité et la stabilité du système
financier. Certaines de ces mesures sont résumées ci-dessous.
Figure 7 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source :Source : Rapports internes de la BRH, dossiers du FMI
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersTableau 1 : : : : : BRH : des solutions préventives
Maintien des réserves nationales à un niveau suffisant et adoption d’une régulation préventive rigoureuse.
Imposition et application strictes des instruments macro-prudentiels.
Vulgarisation de certains instruments financiers (encadrement du crédit pro-croissance, bons BRH, etc.).
Offre de solutions de restructuration et de moratoires.
Gestion de la surliquidité dans le système financier.
Mise en place d’une structure informationnelle sur le crédit.
Promotion de l’éducation financière.
2
Mise en place d'un protocole d'accord sur la gestion de trésorerie de l'État (Cash management) entre la BRH et le MEF.1
3
4
5
6
7
8
Le Saviez Vous?
Les dettes publiques sont généralement
établies dans le cadre d’un accord tenant
compte de plusieurs paramètres :
1- La dette publique représente un indicateur
macroéconomique correspondant à la somme
des déficits accumulés.
2- Son analyse doit s’effectuer en fonction de
la richesse produite par le pays.
3- Lorsque les dépenses excèdent les recettes
publiques, un déficit survient.
4- La dette publique se caractérise par son
impact intergénérationnel.
5- Le coût des emprunts augmente sous l’effet
des taux d’intérêts appliqués.
6- Les annulations de dettes peuvent limiter le
degré d’accès aux marchés financiers.
23
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
BRH : DES DISPOSITIFS AUX MESURES
PRÉVENTIVES
Dans un souci de transparence, pour renforcer la confiance des ménages et réduire
l’incertitude, la BRH publie des mesures macro-prudentielles et des informations sur les
réserves nationales. Cette démarche vise à prévenir le surendettement et à préserver la
résilience financière des ménages.
Au mois de juillet 2025, les réserves de change brutes détenues par la Banque de la République d’Haïti (BRH)
dépassaient 3,1 milliards de dollars américains. Ce niveau de réserves témoigne de la solidité du système
financier national et de la capacité de la BRH à préserver la stabilité monétaire du pays, même dans un contexte
économique marqué par des défis importants (FMI, 2025).
Maintenir les réserves nationales à un taux conséquent et adopter une régulation préventive stricte
Les exigences minimales en matière de fonds propres sont stipulées par la circulaire 88-1. Cette réglementation
impose le maintien d’un niveau de capital adapté à la nature des activités exercées et au niveau de risque associé
et à absorber d’éventuelles pertes.
Les règles relatives au contrôle interne, telles que précisées dans la circulaire 89-3, ainsi que la surveillance
consolidée instituée par la circulaire 92-1. Ces circulaires facilitent l’identification rapide des vulnérabilités et
assurent le respect des exigences réglementaires.
La gestion du risque de change et la concentration des risques de crédit sont régies par la circulaire 81-6 et la
circulaire 83-5. Ces dispositifs réglementaires visent à limiter l’exposition des établissements aux variations
monétaires ainsi qu’aux risques découlant d’une concentration excessive des crédits octroyés.
La classification des prêts est gérée à travers la Circulaire 87. Les normes de transmission des états financiers
sont présentées dans la circulaire 93 et la divulgation des taux dans la circulaire 109-1.
Imposition et application stricte des instruments macro-prudentiels
I I3
M M2
L’adoption du cadre de gestion de la trésorerie vise à assurer une gestion plus efficiente des ressources
publiques ainsi que la dette à court terme. Ce dispositif favorise la transparence et la reddition de comptes
dans la gestion des finances publiques. Il permet d’améliorer la coordination des flux financiers de l’État, de
renforcer la gestion des de la trésorerie publique et d’optimiser l’utilisation des ressources publiques ainsi
budgétaires (BRH,2017).
Adoption d’un cadre de gestion du numéraire ( Cash Management) entre la Banque Centrale et l’État haïtien
Ad Ad1
24
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Les obligations de la Banque de la République d’Haïti (BRH) sont des instruments financiers émis par la Banque
centrale afin de réguler la liquidité dans le système financier, de maîtriser l’inflation et d’orienter la politique
monétaire.
Elles permettent également d’offrir aux institutions financières et aux investisseurs un placement sûr, à
rendement fixe, avec un taux d’intérêt annuel de 7 %, tout en contribuant au maintien de la stabilité du système
financier national.
Mise en place de mécanismes financiers innovants ( Obligations BRH)
M M4
Outre les dispositions mentionnées précédemment, la Banque se réserve la possibilité
de mettre en œuvre, selon l’évolution de la situation économique, des instruments
supplémentaires de politique monétaire destinés à préserver l’intégrité et la stabilité du
système. Les mesures correspondantes sont détaillées ci-après.
D’après le rapport émis par la Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
concernant la répartition des moratoires accordés, 43 % des moratoires consentis portent sur une
période comprise entre 9 et 12 mois, représentant ainsi la proportion la plus importante. Par ailleurs, 31 %
concernent des durées de 3 à 5 mois, tandis que 26 % couvrent une période de 6 à 8 mois, au deuxième
trimestre 2025.
En outre, des dispositifs complémentaires ont été instaurés afin d’offrir aux clients la possibilité de
renégocier la restructuration de leurs prêts auprès des institutions financières. Ces mesures visent à
fournir un accompagnement adapté aux emprunteurs en difficulté et à leur permettre d’ajuster les
modalités de remboursement en fonction de leur situation financière.
L’obligation est faite aux institutions financières d’accorder un moratoire à tout débiteur du système qui
souhaite en bénéficier, tant pour les prêts accordés aux particuliers que pour ceux octroyés aux
entreprises (circulaire, 115-6).
Offre de solutions de restructuration et de Moratoires
Lorsque vous avez une dette sur une carte de crédit, vous êtes généralement tenu de payer l'équivalent
de 1/24 du montant total dû, ce que l'on appelle généralement le "Minimum à payer". Cependant, des
intérêts seront ajoutés sur le montant restant. Le taux d'intérêt des cartes de crédit peut varier entre
40 % et 58 % par an, selon la carte et la société émettrice.
En plus de cela, des frais supplémentaires peuvent être appliqués, tels que des frais de retard, des frais
de dépassement de limite autorisée, etc. Il est donc important de bien comprendre les conditions de votre
carte pour prévenir l'accumulation de frais pouvant etre évités.
Mise en place des gardes -fous macroprudentiels
M M6
O O5
25
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
L’excès de liquidité dans le système financier peut engendrer des retombées négatives sur l’économie,
telles que l’inflation, la dépréciation de la monnaie nationale et la baisse soudaine des taux d’intérêt. Une
gestion réaliste de la liquidité dans le système rend les banques plus sélectives dans l’octroi de crédits,
restreignant les prêts oisifs aux entreprises et aux ménages.
La gestion de la surliquidité financière dans le système financier
L L7
Comme indiqué ci-dessus, les mesures préventives peuvent se présenter sous différentes
formes. Les obligations définies ci-après constituent une partie intégrante de l’offre. Toute
omission, exécution partielle ou non-respect des circulaires émises est considérée comme
une infraction à la réglementation. De telles infractions peuvent entraîner l’application de
sanctions administratives ou disciplinaires, conformément aux dispositions prévues par la
réglementation assurée par la BRH.
Dans le contexte des efforts des autorités visant à préserver la valeur interne et externe de
la monnaie nationale, il est essentiel de proposer une solution financière alternative visant
à permettre aux agents économiques de se proteger contre la dépréciation de la gourde,
tout en encourageant les institutions financières à diversifier leur portefeuille de produits
financiers..
Les Obligations BRH sont un produit financier offert par la Banque de la République d'Haïti
(BRH), accessible à tout particulier. Ces obligations peuvent être acquises par les
particuliers à travers les banques commerciales, certaines sociétés d’investissement, et les
caisses populaires.
Caractéristiques des Obligations B RH
Taux d’intérêt : 7 % l'an, fixe, augmenté de la variation du taux moyen d'acquisition bancaire
(TMA) de la date d’émission à la date d’échéance (en cas de hausse du taux de change).
Maturité : 91 jours calendaires.
Montant minimal de l’émission : 50 000,00 gourdes. Possibilité de renouvellement.
Offre de produits financiers alternatifs (Obligations)
O O8
Dans ce même objectif préventif, dans les pays occidentaux, plusieurs bureaux de crédit
privés comme Equifax, Experian et TransUnion recueillent et gèrent des informations
financières sur les entreprises et les particuliers. Ils établissent des scores basés sur
l’historique des paiements, la fréquence des demandes de crédit, le taux d’utilisation du
crédit, ainsi que l’historique des paiements de loyers, entre autres critères, afin de limiter
le surendettement. Ces scores servent non seulement aux institutions financières pour
sélectionner leurs clients, mais sont également utilisés par certains employeurs dans le
cadre de leur processus de recrutement. (CPF, 2024).
26
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
BRH : UNE STRUCTURE INFORMATIONNELLE SUR
LE CRÉDIT RENFORCÉE EST MISE EN PLACE
En 2018, la Banque continue d’innover, dans le pays, en renforçant sa structure
informationnelle, à travers la mise en place du Bureau d’Information sur le Crédit (BIC),
destiné aux institutions financières. Ce dispositif a pour objectif principal de réduire
l’asymétrie informationnelle dans le secteur financier et faciliter une supervision plus
proactive du régulateur fondée sur des données pertinentes.
En effet, “la disponibilité en information favorise une meilleure transparence, réduit les
risques d’octroi excessif de crédit, encourage une discipline financière durable et permet
aux emprunteurs responsables d’accéder à de meilleures conditions de financement”
(BRH, 2018).
Le schéma présenté ci-dessous résume les principaux éléments constitutifs de la mission
du BIC.
Figure 7 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source :Source : BRH - BIC, 2025
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 7 : : : : :LES MISSIONS DU BUREAU D’INFORMATION SUR LE CRÉDIT (BIC)
Fournir une vision exhaustive de l’endettement et de l’historique de remboursement
Il s'agit d'établir un diagnostic financier complet en analysant :
l'ensemble des dettes (montants, taux d'intérêt, échéances) ;
le comportement de remboursement passé (retards, incidents).
Lutter efficacement contre le surendettement
Mise en place d’une stratégie intégrée de lutte contre le surendettement qui combine la prévention et
l'intervention précoce :
Mécanismes d'alerte sur les clients qui ont un historique de crédit douteux.
Favoriser la transparence et une meilleure relation avec les institutions financières
Stimuler l’accroissement du portefeuille de crédit.
Éliminer l’asymétrie d’informations sur les clients.
Faciliter le développement de nouveaux produits et services financiers.
Participer à l’intégrité et la stabilité du système financier
Faciliter une gestion proactive des informations.
Favoriser une prise de décision plus prudente.
Limiter les comportements à risque et réduire les probabilités de surendettement massif dans le système.
1
2
3
4
27
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
LE BIC : UN PILIER DE SYMÉTRIE ET D’INCLUSION
FINANCIÈRE
L’organigramme ci-dessous expose de façon structurée les trois services principaux du
BIC, ainsi que leurs responsabilités associées. Ce modèle a été conçu pour optimiser la
compréhension des différentes finalités du BIC, ainsi que les relations organisationnelles
entre chacune de ses fonctions.
Figure 8 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source :Source : BRH - BIC, 2025
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 8 : : : : :ORGANIGRAMME DU BIC
Direction
Le Service Informatique
et Opérations
UtilisateursConsommateurs Base de donnéesOpération et réseau Administration Comptabilité
Le Service Commercial
et Marketing
Le Service Administratif
et Financier
Afin de faciliter une bonne circulation des informations, chaque service occupe un rôle
spécifique dans la collecte, le contrôle, le traitement, le chargement et la transmission des
données, ainsi que dans l’appui aux institutions. À ce titre, ils contribuent pleinement au
double objectif de la BRH dans le domaine :
1- D’une part, d’accompagnement des institutions financières dans l’élaboration et
l’évaluation des profils d’emprunteurs, la conception de nouveaux produits et services
financiers, ainsi que dans la mise en œuvre d’initiatives visant à limiter la surinclusion.
2- D’autre part, la facilitation offerte aux emprunteurs pour se constituer un historique
de crédit fiable contribue à leur permettre de bénéficier de conditions d’emprunt plus
adaptées, tout en les protégeant contre le risque de surendettement.
À travers ce dispositif, la Banque de la République d’Haïti (BRH), en assurant la qualité,
la disponibilité et l’accessibilité des informations, contribue pleinement à la réduction de
l’asymétrie d’information entre prêteurs et emprunteurs. La disponibilité et la gestion de
l’information constitue un élément essentiel au bon fonctionnement du marché du crédit.
28
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
LE BIC : DES INDICATEURS QUI COMPTENT
En raison de certaines contraintes techniques, le BIC collecte exclusivement les données
financières issues des institutions bancaires et des établissements de microfinance.
Après consolidation, ces informations sont accessibles aux institutions sous la forme de
rapports de crédit. Selon la BRH, “ces outils offrent aux institutions une meilleure capacité
d’analyse des risques liés à l’octroi de crédits et à l’accumulation successive de dettes à
partir de données fiables’’.
Selon les rapports internes de la Direction de la Supervision des Banques et des Institutions
Financières de la BRH, les prêts nets accordés par le système bancaire ont affiché une
tendance à la baisse lorsqu’ils sont rapportés au pourcentage des dépôts. En 2022, ce
ratio était de 30,77 % ; il a ensuite chuté à 26,06 % en 2023, puis à 21,64 % en 2024 et a
atteint 19,80 % en 2025. Cette diminution progressive traduit un recul de la proportion des
prêts nets par rapport à l’ensemble des dépôts au fil des cinq dernières années.
Le graphique ci-dessous résume la répartition territoriale des activités de crédit pour les
trois (3) dernières années, selon les données du BIC.
Graphe 2 : : : : : RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DES CRÉDITS EN GOURDES AU 30 SEPTEMBRE 2022
0
500
1000
1500
2000
2500
3000
Artibonit e
Centre
Grand-Anse
Nippes
Nord
Nord-Est
Nord-Oues t
Oues t
Su d
Sud-Est
Nombre de personnes morales 30 septembre 2022
0
10000
20000
30000
40000
50000
60000
70000
80000
Artibonit e
Centr e
Grand-Anse
Nippes
Nord
Nord-Es t
Nord-Oues t
Oues t
Su d
Sud-Est
Nombre de personnes physiques 30 septembre 2022
Source :
Source : BRH-BIC, 2025
29
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Les prêts bancaires totalisent 114,87 Md de gourdes en septembre 2025 et représentent
16,3 % de l’actif total, en hausse de 0,3 % par rapport à septembre 2024. Cependant,
la part de crédits accordés aux entreprises productives reste très faible par rapport au
total des crédits octroyés. Au cours de ces trois dernières années, des mécanismes de
restructuration, tels que les moratoires, ont été déclenchés afin de permettre à plus de
250 entreprises débitrices du système de garder la tête hors de l’eau ( BRH 2025).
Pour ce qui est de la région du Grand Nord, qui comprend trois départements (Nord, Nord-
Est et Nord-Ouest), les données montrent une participation croissante mais encore limitée
au marché du crédit. Les parts de crédits en 2022 s’élèvent à 10,87 % en nombre et
4,16 % en volume. En 2023, elles étaient respectivement de 9,61 % et 4,20 %.
Malgré le mouvement progressif de décentralisation vers le Nord, la distribution du crédit
se fait de manière prudente. En 2024, l’ensemble des trois départements du Nord ne
représente encore que 9,13 % des crédits en nombre et 4,09 % en volume, indiquant un
déséquilibre régional graduel, ne considérant que ces deux grands départements.
Graphe 3 : : : : : RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DES CRÉDITS EN USD
Source :Source : BRH-BIC, 2025
0
100
200
300
400
500
ArtiboniteCentreGrand-AnseNippes Nord Nord-EstNord-OuestO uest SudS ud-Est
Nombre de personnes physiques au 30 septembre 2024
0
100
200
300
400
500
600
700
800
ArtiboniteCentreGrand-AnseNippes Nord Nord-EstNord-OuestO uest SudS ud-Est
Nombre de personnes morales au 30 septembre 2024
Considérant l’inclusion financière des entreprises, dans le département du Nord, la part des
entreprises atteignait 17 % par rapport à celles touchées dans le département de l’Ouest,
mais elles ne représentaient que 2,43 % du volume total des crédits. Pour l’ensemble de
manière isolée, la proportion en nombre s’établissait à 7,37 %.
30
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Selon les enquêtes FinScope MPME 2023, 89 % des MPME (s), dont 48 % dirigées par
des femmes, opèrent dans l’informalité et peinent à obtenir une reconnaissance financière
faute d’historique de crédit traditionnel. De plus, certaines pratiques internationales, telles
que la culture du dépôt de bilan, ne sont pas intégrées dans les usages commerciaux
haïtiens.
Des études conduites par la Banque mondiale (2021, 2024), dans certains pays confirment
que l’intégration de données alternatives éthiques dans les systèmes d’évaluation du
risque de crédit constitue une opportunité favorable pour élargir l’inclusion financière, tout
en réduisant le risque de surendettement passif. Parmi celles-ci, les données de réception
de transferts internationaux, les reçus de paiement des factures d’eau, d’électricité, de
loyers ou encore les paiements de services de télécommunication, les transactions
numériques ou les activités informelles, entre autres, sont utilisées pour alimenter un score
de solvabilité alternatif. Actuellement, des pratiques exemplaires en matière d’évaluation
de la solvabilité des emprunteurs sont mises en œuvre en Afrique et en Amérique latine,
notamment au Kenya, au Guatemala et au Brésil.
À côté de la dimension territoriale, l’intégration de l’aspect genre dans l’analyse du crédit
constitue un autre moyen pour mieux appréhender les dynamiques d’accès au financement
et mieux comprendre les comportements de remboursement entre les femmes et les
hommes dans le système financier.
La présentation de l’accès au crédit selon le genre pour les trois dernières années est
illustrée dans les graphiques ci-dessous et les tableaux annexés.
Graphe 4 : : : : : RÉPARTITION DES CRÉDITS PAR GENRE DU 30 SEPTEMBRE 2022 - 30 SEPTEMBRE 2024 EN GOURDES
Source :Source : BRH-BIC, 2025
2022 2023 2024
2022 2023 2024
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0 %
Homme Femme
Homme Femme
% du nombre de crédit par genre en gourdes
% du montant total accordé HTG
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REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Issues de la base de données du Bureau d’Information sur le Crédit (BIC, 2025), les
chiffres du graphique 4 mettent en évidence une évolution lente de la structure du marché
du crédit au cours de la période 2022-2024. Sur ces trois années, la part des femmes
dans l’accès au crédit enregistre d’abord une légère baisse entre 2022 et 2023, avant
de connaître une remontée modérée en 2024. Pour cette dernière année, les hommes
représentent 65,03 % des emprunteurs, contre 34,97 % pour les femmes, soit un ratio
avoisinant deux hommes pour une femme.
Graphe 5 : : : : :
RÉPARTITION DES CRÉDITS PAR GENRE DU 30 SEPTEMBRE 2022 - 30 SEPTEMBRE 2024
EN DOLLARS AMÉRICAINS
Source :
Source : BRH-BIC, 2025
2022 2023 2024
2022 2023 2024
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0 %
Homme Femme
Homme Femme
% du nombre de crédits par genre en dollars américains
% du montant total accordé en dollars américains
Les tendances genrées restent similaires quand on considère les deux monnaies (gourde,
dollar). En effet, l’analyse des graphiques ci-dessus indique une segmentation de genre
marquée dans l’accès au crédit dans les deux cas.
Bien que l’on observe une légère progression de la part des femmes en 2024, sur le
graphique 5, celles-ci ne constituent encore qu’environ un tiers (1/3) des emprunteurs
soit 35,73% seulement pour les prêts en dollars. Cette proportion met en évidence la
prédominance masculine sur le marché du crédit et souligne la persistance d’énormes
contraintes qui freinent l’inclusion financière des femmes. Elle suggère une opportunité
pour la définition de nouveaux produits financiers en faveur de ce groupe cible transversal
de la SNIF et du PNEF.
32
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
LES INDICATEURS D’UNE GESTION PRUDENTIELLE
DES RISQUES DE SURENDETTEMENT
L’analyse des données consolidées par le BIC relatives aux paiements permet de toucher
plusieurs aspects relatifs au processus de crédit, notamment l’analyse de solvabilité ou
des comportements de remboursement des emprunteurs, les différentes étapes liées
aux procédures de suivi du crédit ainsi que l’évaluation des risques pour les institutions
financières.
L’examen des prêts en retard de 30, 60 et 90 jours présenté dans les graphiques ci-dessous
constitue un indicateur pertinent de la qualité du portefeuille de crédit, du niveau de
solvabilité des emprunteurs et de la stabilité du système financier à la date indiquée.
Graphe 6 : : : : : RÉPARTITION DES CRÉDITS PAR CATÉGORIE DE PAIEMENT EN DOLLARS AU 30 SEPTEMBRE 2022
Source :Source : BRH-BIC, 2025
0
400
800
1200
1600
À temps En retard de 1 a 30 jrsE n retard de 31 a 60 jrsEn retard de 61 a 90 jrsP lus de 90 jrs Total
Nombre de Comptes
0
10000
20000
30000
40000
50000
60000
70000
30 septembre 20223 0 septembre 2023 30 septembre 2024
Nombre de comptes en gourdes
0.00 %
20.00 %
40.00 %
60.00 %
80.00 %
100.00 %
120.00 %
À temps En retard de 1 a 30 jrsE n retard de 31 a 60 jrsE n retard de 61 a 90 jrsP lus de 90 jrs Total
750
800
850
900
950
1000
1050
30 septembre 20223 0 septembre 2023 30 septembre 2024
Nombre de comptes en dollars américains
% du nombre de comptes% du montant accordé
33
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Selon les graphiques, l’évolution des indicateurs de remboursement met en évidence des
dynamiques contrastées de solvabilité selon les segments de prêts et l’année considérée.
Ils indiquent qu’en 2022, environ 76,80 % des crédits en dollars étaient remboursés à
temps. Ce taux s’est amélioré pour atteindre 82,47 % en 2023, malgré une baisse du
nombre total de prêts accordés, ce qui traduit une hausse notable du niveau de solvabilité
des emprunteurs.
En 2024, le taux se situe à 76,46 %, indiquant un léger repli après la progression observée
en 2023, tout en restant cohérent avec la tendance générale de ralentissement des
activités économiques et des capacités financières des ménages.
Pour les prêts libellés en gourdes, les performances demeurent globalement stables avec
des taux oscillant autour de 66 % pour les trois années. Il est constaté que 66,28 % de
remboursements ponctuels en 2022, 67,03 % en 2023, puis 66,16 % en 2024.
Cette constance reflète un segment de clientèle dont la solvabilité évolue plus lentement,
possiblement liée à des revenus plus réguliers ou à des critères d’octroi plus rigoureux en
raison du contexte de crise.
Graphe 7 : : : : : RÉPARTITION DES CRÉDITS PAR CATÉGORIE DE PAIEMENT EN GOURDES AU 30 SEPTEMBRE 2023
Source :Source : BRH-BIC, 2025
0
20000
40000
60000
80000
100000
120000
À tempsE n retard de 1 a 30 jrsEn retard de 31 a 60 jrs En retard de 61 a 90 jrsP lus de 90 jrsT otal
Nombre de Comptes
0.00%
20.00%
40.00%
60.00%
80.00%
100.00%
120.00%
À tempsE n retard de 1 a 30 jrsEn retard de 31 a 60 jrsEn retard de 61 a 90 jrsP lus de 90 jrsT otal
% du nombre de comptes% du montant accordé
Toutefois, les retards de paiement de plus de 90 jours affichent une tendance à la hausse.
Pour les prêts en gourdes, ils passent de 13,80 % en 2022 à 15,24 % en 2024 tandis que
pour les prêts en dollars ÉU, ils augmentent de 8,92 % à 13,94 % sur la même période,
selon les graphiques ci-dessus.
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REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Les données relatives aux emprunteurs en gourdes indiquent une solvabilité nettement
plus faible, ainsi qu’une vulnérabilité économique accrue en raison des défis peut-être
inhérents à leurs secteurs d’activité. La hausse des retards de 13,80 % à 15,24 % confirme
cette tendance et suggère un risque accru de glissement vers le surendettement.
Graphe 8 : : : : : RÉPARTITION DES CRÉDITS PAR CATÉGORIE DE PAIEMENT EN GOURDES AU 30 SEPTEMBRE 2024
% du nombre de comptes% du montant accordé
0
10000
20000
30000
40000
50000
60000
70000
80000
À temps En retard de 1 à 30 joursEn retard de 31 à 60 joursEn retard de 61 à 90 joursPlus de 90 joursT otal
Nombre de comptes
0.00%
20.00%
40.00%
60.00%
80.00%
100.00%
120.00%
À temps En retard de 1 à 30 joursEn retard de 31 à 60 joursEn retard de 61 à 90 joursPlus de 90 jour
sT otal
Source :Source : BRH-BIC, 2025
Ces ratios de retard, mentionnés plus haut, sont en cohérence avec les résultats des
enquêtes FinScope MPME Haïti 2023, qui avaient déjà mis en évidence une dégradation
progressive des ressources financières au niveau de certaines entreprises, détérioration
qui, dans certains cas, conduit à l’accumulation d’un surendettement passif.
En effet, les données de l’étude indiquent que 53 % des activités des micro, petites et
moyennes entreprises ont été principalement affectées par l’insécurité. De plus, cette
situation a fait l’objet d’une analyse stricte dans le diagnostic sur l’impact de la crise sur le
secteur financier réalisé par la BRH à la fin de l’année 2024 ainsi qu’un diagnostic sur la
situation des “Madan Saras”. Ils révèlent que leur santé financière a été particulièrement
modifiée en raison des dépenses imprévues et/ou de l’instabilité marquée des revenus
liées à la crise.
Toutefois, conformément à l’esprit de Bâle III, la tendance observée avec les retards de
90 jours invite à adopter une stratégie de gestion renforcée des risques, une transparence
accrue et une supervision proactive afin de réduire l’exposition des ménages et de
l’économie au risque de surendettement. En cette période de “stagflation”, la posture
de politique monétaire à la fois de “règle” et “discrétionnaire” adoptée par la BRH vise à
limiter ces risques, à favoriser le redressement de la situation et à maintenir la résilience
du secteur financier (BRI, 2021).
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REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
LA MISE SUR L’ÉDUCATION FINANCIÈRE
Selon les enquêtes FinScope MPME Haïti 2023, plus de 92 % des petites et moyennes
entreprises (PME) fonctionnent sans recourir à un système comptable formel. Cette
réalité limite la transparence des opérations et complique l’accès à des mécanismes de
financement adaptés.
En matière d’exclusion financière, Haïti présente un taux de 46 %. Ce chiffre indique un
retard relatif en matière d’inclusion financière, par rapport aux autres pays voisins.
Dans un tel contexte, renforcer la capacité des ménages à mieux s’approprier des concepts
financiers, anticiper et gérer leurs engagements financiers devient un enjeu important.
Pour minimiser ces défis, la BRH s’appuie sur l’éducation financière en la positionnant
comme un pilier de taille dans le plan d’action de son Plan Stratégique Global (PSG),
une nouvelle fois, pour les 3 prochaines années. À côté des mesures macroprudentielles
préventives, l’éducation financière s’avère importante pour prévenir les risques d’endet-
tement excessif, en dotant la population haïtienne des connaissances nécessaires pour
réagir de manière proactive face aux aléas économiques et à l’utilisation excessive des
innovations digitales.
De plus, des actions intégrées et un cadre de coordination ont été mis en place afin de
renforcer les connaissances financières et de promouvoir une gestion responsable des
ressources.
DES ACTIONS INTÉGRÉES POUR RENFORCER LES CAPACITÉS
FINANCIÈRES
Dans ce contexte, la Banque a lancé plusieurs initiatives visant à soutenir l’éducation
financière des ménages. Parmi celles-ci figure une série de capsules thématiques
accessibles au public, ayant pour objectif de favoriser l’utilisation des paiements numé-
riques, d’expliquer les concepts financiers fondamentaux, de présenter les obligations
BRH ainsi que de diffuser des informations relatives aux différents types d’institutions
financières.
Ces actions s’inscrivent dans une stratégie visant à améliorer la santé financière des
groupes concernés et à développer un écosystème financier plus résilient. Une population
bénéficiant d’une solide éducation économique et financière favorise la solvabilité de la
demande, permet une gestion efficace des crédits et contribue à l’amélioration globale de
la santé financière (Lusardi, 2008).
Le bulletin trimestriel relatif à la politique monétaire et à la conjoncture économique
publié par la Banque offre une source d’informations exhaustive sur l’état des activités
macroéconomiques nationales, contribuant de manière significative à éclairer les antici-
pations des acteurs économiques.
36
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
UNE COORDINATION STRUCTURÉE POUR LIMITER LES RISQUES
D’ENDETTEMENT
Depuis 2020, la Banque coordonne la mise en œuvre d’un Plan national d’éducation
financière (PNEF, 2020), offrant ainsi un cadre d’action structuré à l’ensemble des
opérateurs impliqués dans l’éducation financière. Parmi les projets phares figure,
notamment, la formation en économie et en finance destinée aux journalistes, déployée
à travers son Institut de Formation de la Banque Centrale (IFBC). La confirmation d’une
deuxième cohorte, le vendredi 5 décembre 2025, témoigne de la poursuite de cette
initiative.
Par ailleurs, les programmes de renforcement
des capacités, de gouvernance et d’inclusion
financière destinés aux jeunes, et plus particu-
lièrement aux femmes, tels que le programme
Booster PME, témoignent de l’engagement
de la Banque à soutenir le développement
humain et économique de ces groupes cibles
En encourageant le développement des com-
pétences et le renforcement des capacités
financières des bénéficiaires, ces initiatives
favorisent l’adoption de meilleures pratiques
de gestion budgétaire, l’instauration d’une vie
financière plus responsable et une protection
adéquate des consommateurs financiers.
Par ailleurs, la banque a établi des partenariats
avec divers acteurs de l’écosystème afin
de former un nombre significatif de jeunes
dans le domaine de la digitalisation, ce qui
contribue à renforcer les activités financières
numériques. Une attention particulière est
accordée à la cybersécurité, considérée comme un enjeu majeur pour optimiser le potentiel
de l’inclusion financière digitale.
La mise en œuvre de la Revue RDCCF sur des thématiques spécifiques, ainsi que la
publication de la brochure BRH-Infos à la loupe , viennent compléter ces efforts. Ensemble,
ces mesures visent à limiter les vulnérabilités financières des groupes cibles en réponse
aux fluctuations économiques et à l’évolution des nouvelles pratiques de paiement
numérique, tout en agissant comme un complément direct aux mesures de supervision et
de régulation de la Banque.
Le Saviez Vous?
Dans le contexte du surendettement,
il est fortement conseillé de chercher de
l'aide avant que la situation ne s'empire en:
posant ces cinq (5) gestes:
1- Prendre contact avec votre agent de
crédit et demander à rencontrer un
Conseiller Financier.
2- Revoir votre situation budgétaire en
urgence avec une personne de
confiance.
3- Négocier la restructuration de vos
dettes avec votre institution financière.
4- Rester accroché à votre plan de
remboursement.
5- Changer vos comportements
financiers.
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REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
RENDEZ-VOUS DÉCISIONNEL : L’EXPÉRIENCE DE
RESTRUCTURATION DE CRÉDIT AVEC PÉDRO
L’entreprise agricole de Pédro poursuit ses activités de
production malgré la crise. Dans le but de diversifier ses
sources de revenus, il a souscrit, en complément de son
crédit agricole et de ses dettes liées à ses cartes de crédit,
un prêt de transport auprès d’une institution financière
collaborant au programme Pro-Croissance, afin de faciliter
l’approvisionnement de certains clients.
Cependant, en raison de l’insécurité, il se trouve dans
l’incapacité de livrer ses bananes aux hôtels de la côte des Arcadins. Dans un premier
temps, Pédro utilise ses autres sources de revenus et son épargne pour compenser, mais
sa situation financière se détériore progressivement, entraînant des retards de paiement.
Les intérêts s’accumulent, générant une dette passive qui devient rapidement difficile à
gérer.
Face à cette situation, Pédro éprouve des réticences à se rendre à la banque et évite
les appels des agents de crédit. Il perd confiance et constate que plusieurs agriculteurs
de son entourage ont connu des difficultés similaires. Lors du forum, du 4 octobre 2025
sur la digitalisation des paiements et équité de genre organisé par la BRH, il prend
connaissance du programme de restructuration de dettes et des moratoires mis en
place pour atténuer les conséquences de l’insécurité. Après réflexion, Pédro décide de
rencontrer son institution de crédit.
L’équipe analyse sa situation, étudie ses revenus réels ainsi que son potentiel de
production, et conclut qu’il est surendetté, mais demeure solvable sous réserve d’un
accompagnement adapté. Pour le soulager, les solutions suivantes lui ont été proposées : Figure 9 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source :Source : BRH, 2025
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 9 : : : : :STRATÉGIES D’ACCOMPAGNEMENT FINANCIER
Une analyse de
solvabilité
personnalisée, tenant
compte de la
saisonnalité des
revenus
agricoles
01
La suspension
temporaire des
pénalités
encourues pour
les retards
02
Le regroupement
de ses dettes en
un prêt
restructuré
unique
03
L'ajustement des
mensualités en
fonction de ses
revenus actuels
04
Un
accompagnement
spécifique
durant la période
de crise.
05
Pédro valide les conditions et procède à la signature des documents afférents. Ayant ainsi
renforcé son autonomie financière, il envisage l’établissement de nouveaux objectifs, tant
financiers que non financiers.
38
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
RENDEZ-VOUS DÉCISIONNEL : STRATÉGIES DE
PRÉVENTION CONTRE LE SURENDETTEMENT
AVEC PÉDRO
Deux mois après son expérience, Pédro a choisi de sensibiliser les entrepreneurs
agricoles à l’importance de collaborer avec leurs institutions financières. Il s’est engagé
dans l’éducation financière pour accompagner ses pairs, conformément à la stratégie
développée ci-dessous. Selon Pédro, le parcours ci-après offre des solutions adaptables
aux besoins spécifiques et aux contextes individuels.
Figure 10 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source :Source : BRH, 2025
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 10 : : : : :STRATÉGIES DE PRÉVENTION CONTRE LE SURENDETTEMENT
STRATÉGIES DE
PRÉVENTION CONTRE
LE SURENDETTEMENT
Diversifier ses
sources de revenus
Renforcer son éducation financière
et se faire accompagner
Pratiquer l’épargne régulière
même un faible montant
Faire des placements à
court terme
Contrôler et maîtriser ses
dépenses sur les cartes de crédit
Optimiser les ressources
existantes
Lire la RDCCF
Réaliser des investissements
à risques modérés
Optimiser les ressources existantes :
Faire un budget mensuel clair, identifier les dépenses
essentielles et supprimer les dépenses inutiles ou
répétitives. Comparer les prix avant tout achat important.
Utiliser les biens et services déjà disponibles avant d’en
acheter de nouveaux.
Limiter l’utilisation les cartes de crédit :
Se limiter à une seule carte, avec une limite raisonnable.
Payer la carte en totalité chaque mois pour éviter les
intérêts. Ne pas utiliser la carte pour financer un « train de
vie », mais seulement pour des dépenses planifiées.
Pratiquer de l’épargne régulière même un faible montant :
Mettre de côté au moins 5 % du revenu, ou même de petites
sommes (2000 à 5000 HTG par mois). Utiliser les Fintechs de
Paiements ou les IF(s) agréés de manière disciplinée pour
épargner
Éviter les crédits à taux élevés :
Éviter d’emprunter chez les usuriers (kout ponya) et de
contracter des crédits cumulatifs non productifs. Toujours
demander le taux réel, les frais cachés et le coût total du
crédit. Comparer plusieurs offres avant de s’engager.
39
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Faire des placements à court terme :
Une fois un certain montant atteint (50 000 gourdes),
placer l’épargne dans des outils sûrs : obligations, dépôts à
terme, etc.
Renforcer son éducation financière et se faire accompagner :
Consulter les capsules d’éducation financière proposées par
la BRH, les CEC, les banques, les IMF et les organisations
locales, etc. Consulter le BIC pour suivre son historique de
crédit. Chercher un accompagnement avant que la situation
ne devienne critique.
Réaliser des investissements à moyen risque :
Investir uniquement dans des activités génératrices de
revenus (artisanat, services, activités secondaires). Éviter
les investissements spéculatifs ou non maîtrisés (notam-
ment les systèmes de Ponzi). Toujours vérifier sa capacité
avant d’emprunter pour investir.
Lire régulièrement la RDCCF :
Chaque volume propose un ensemble d’outils conçus pour
mieux identifier certains pièges financiers, corriger des biais
émotionnels et adopter des pratiques recommandées. Il est
conseillé de transmettre les connaissances acquises au sein
du cercle familial afin d’éviter la répétition des erreurs et de
favoriser un environnement d’utilisateurs avertis.
Compte tenu de l’augmentation des risques d’endettement passif, il est essentiel de
mettre en œuvre des stratégies de prévention adaptées afin d’aider les ménages et les
entreprises à adopter une gestion financière plus rigoureuse et mieux anticiper leurs
engagements.
L’histoire de Pédro montre que le surendettement n’est pas toujours le résultat d’une
mauvaise gestion et ne constitue pas une fin en soi. Avec des mécanismes adaptés tels
que la prise en charge, la restructuration de crédit, les moratoires, l’éducation financière,
etc. un ménage ou une entreprise en détresse financière, peut retrouver la solvabilité,
renforcer sa santé financière et contribuer à l’économie.
Pour une réhabilitation rapide, Pédro propose à ses pairs de célébrer l’année des
coopératives en devenant membre d’une CEC avec un plan de sauvetage en 4 étapes :
Figure 10 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 11 : : : : :LE CHEMIN DE LA RÉHABILITATION FINANCIÈRE
Source :Source : BRH, 2025
Renforcer ses revenus et rembouser les
dettes en les classant par taux d’intérêt
décroissants (du plus élevé au plus bas).
Dégager de l’épargne
pour les temps de crise
et des investissements
futurs. Privilégier l’éducation
financière et bénéficier d’un
accompagnement
financier régulier.
Rencontrer directement les
institutions financières. Négocier
les meilleurs taux d’intérêt pour les
dettes et maintenir la confiance
Prioriser
l’essentiel et évaluer
les urgences. Plus un
seul achat impulsif.
04
01
02
03
40
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
RENDEZ-VOUS DÉCISIONNEL AVEC BÉATRICE :
QUAND L’INCLUSION FINANCIÈRE SE CONFOND
AVEC LA SURINCLUSION
Béatrice a toujours été considérée comme une femme
forte. Jeune professionnelle du secteur de la santé avec un
historique de crédit confortablement créé. Comme beaucoup
de femmes haïtiennes, elle portait seule une grande partie
des responsabilités domestiques et financières.
Pendant des années, elle avait réussi à maintenir l’équilibre
grâce à son salaire et ses rentes provenant de sa rési-
dence acquise dans le cadre du programme de logement
10-10-20 de la BRH. Mais un jour, cet équilibre commence à faiblir non pas à cause d’un
mauvais investissement, mais d’une succession de choix guidés par la pression sociale
et le désir d’offrir le meilleur à ses deux (2) enfants.
Comme plusieurs d’entre nous, Béatrice se laisse séduire par l’accessibilité des produits
financiers. Elle va se retrouver avec deux (2) cartes de crédit obtenues facilement grâce
à ses antécédents de crédit, deux (2) prêts de consommation contractés dans deux (2)
institutions financières pour faire face à certaines urgences, un (1) loyer élevé dans un
quartier huppé, choisi en raison de la proximité avec ses amies. De plus, elle doit consentir
des frais scolaires importants pour offrir à ses enfants une éducation privée comme ses
nouveaux voisins le font pour les leurs. Les restaurants deviennent tout à coup son lieu
de prédilection après le travail. Son plafond de dettes va sauter avec les cadeaux des
fêtes de fin d’année. La figure ci-dessous résume les mécanismes de surendettement de
Béatrice.
Figure 10 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 12 : : : : :COMPRENDRE LE COMPORTEMENT DE BÉATRICE
BRH - BIC, 2025BRH-B IC2025
Béatrice agit moins pour répondre à des
besoins réels que pour éviter le jugement
social. Le manque d’éducation financière,
la disponibilité accrue des produits
financiers, certains biais émotionnels et
une pression sociale forte sur les femmes
pour qu’elles « assurent » coûte que
coûte deviennent un déclencheur de
surendettement.
La pression sociale comme
moteur de décision
Ses choix majeurs, déménager dans un
quartier huppé, inscrire ses enfants dans
une école internationale, acheter une
voiture «de standing», relèvent d’une
logique de statut : paraître aux yeux des
autres pour « appartenir » au “bon groupe
social”. Le manque de maîtrise de soi qui
pousse à vivre au-dessus de ses moyens
favorise le décrochage financier.
La consommation ostentatoire
comme stratégie d’acceptation
Béatrice se persuade qu’elle doit vivre
comme ses collègues, ignorant les
signaux d’alerte : retards en cascade sur
le paiement des cartes de crédit,
multiples lettres de rappel des
institutions de microcrédits, salaire déjà
hypothéqué. Elle ne retient que les
informations qui confortent l’illusion d’un
train de vie soutenable.
Le biais de
confirmation
Béatrice, à l’instar de nombreuses femmes, a tendance à conserver ses difficultés
personnelles. Cette attitude a eu des répercussions significatives sur sa performance
professionnelle et sa gestion du stress émotionnel. Par crainte d’être jugée par son
entourage, elle éprouve un sentiment de honte et se trouve progressivement en difficulté.
41
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
RENDEZ-VOUS DÉCISIONNEL : BÉATRICE FACE À
LA SURINCLUSION
Le taux d’inflation de 23 % a fait exploser son budget. Les remboursements commencent
à s’accumuler, des retards sur ses cartes de crédit deviennent fréquents, des frais de
pénalité font grossir sa dette. Elle reçoit des rappels de paiements émanant des institutions
financières, parfois à caractère contraignant.
Après des lettres de rappel, la réalité que Béatrice repoussait depuis des mois s’impose
avec violence.
Figure 10 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source :Source : BRH, 2025
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 13 : : : : :LE DÉSENCHANTEMENT DE BÉATRICE
1
2
3
4
5
6
La durée, qui définit l’échéance à laquelle le montant de la dette doit
être remboursé ;
L’échéancier de remboursement, les prêts pouvant être amortis de
différentes manières, par exemple selon un capital constant avec intérêts
ou autres modalités ;
La devise exprimant la monnaie dans laquelle la dette est
contractée ;
Le taux d’intérêt, généralement exprimé en pourcentage du montant
emprunté ;
Les frais annexes et charges de services, tels que les frais d’étude de
dossier ;
Les conditions applicables en cas de litige ou de défaut de paiement,
ainsi que la signature des deux parties concernées.
Le réveil fut brutal lorsqu'elle reçoit
Les dettes sont généralement conclues dans le cadre d’un accord
précisant plusieurs éléments :
Un avis d'expulsion pour
loyer impayé
Une convocation du directeur d'école
pour arriérés
Une lettre de ses institutions financières
pour surendettement avéré
En effet, dans ce contexte, un facteur de l’équilibre financier de Béatrice restait constant :
ses sources de revenus demeuraient inchangées malgré l’inflation, la hausse des dé-
penses et la pression sociale liée à l’apparence. Elle avait négligé le fait que sa capacité
financière était limitée, ses ressources étant principalement dédiées aux besoins
essentiels, toute fluctuation était susceptible d’affecter son équilibre budgétaire.
42
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Sa réhabilitation financière s’amorce enfin, lors d’une séance de sensibilisation contre le
diabète, elle fait la connaissance de Pédro qui lui parle de son programme d’éducation
financière en gestion du surendettement destiné aux entrepreneurs du secteur agricole
ainsi que la possibilité de restructurer ses dettes avec l’aide de son institution financière.
Elle comprend alors que son problème n’était pas individuel, mais systémique.
Elle accepte de se faire accompagner par ses institutions financières. Ce qui lui permet de
mettre fin progressivement à ses deux (2) cartes de crédit, de restructurer ses prêts, de
reprendre son budget réaliste, de se reloger chez sa maman et de réinscrire ses enfants
dans leur ancienne école plus adaptée à ses moyens en attendant de remonter la pente
et reprendre ses habitudes d’épargne.
Selon les études menées par la BRI (2017, 2021) sur l’endettement des ménages, il est
important de souligner que la surinclusion financière peut comporter des risques aussi
significatifs que l’exclusion. En effet, une expansion trop rapide ou excessive du crédit aux
ménages accroît la probabilité de défauts de paiement généralisés. Dans ce contexte, les
dispositifs de régulation du crédit ciblant spécifiquement les ménages apparaissent tout
aussi pertinents et préventifs que les mesures de contrôle appliquées à l’ensemble du
système de crédit.
43
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
RENDEZ-VOUS DÉCISIONNEL : AU-DELÀ DES
APPARENCES !
MESSAGE DE BÉATRICE ET DE PÉDRO AUX LECTEURS :
Une dette fait partie d’une histoire de vie. Productive et utilisée judicieusement, elle permet
d’investir, de se former, de développer une entreprise ou d’acquérir des actifs. Toutefois,
une compréhension insuffisante des indicateurs du service de la dette (taux d’intérêt
composés, pénalités ou coûts réels du crédit) peut nuire à la fois à la santé financière et à
l’équilibre émotionnel de l’emprunteur.
Les expériences de réhabilitation financière de Pedro et de Béatrice permettent de tirer
plusieurs enseignements, dont certains sont exposés ci-après.
Figure 10 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source :Source : BRH, 2025
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 14 : : : : :LEÇONS APPRISES DE BÉATRICE ET DE PÉDRO
Le surendettement ne se
limite pas à une
problématique financière.
Il comporte aussi une
dimension émot ionnelle
01
Parallèlement au
remboursement d'une dette, il
faut s’efforcer à épargner.
Choisir des placements sûrs
tels que des obligations BRH,
des CDD, etc.
02
Ne jamais négliger les
petits montants.
La richesse se
construit dans la rigueur, la
discipline et la régularité
03
Les leçons apprises
Une gestion financière efficace exige que le traitement de la dette dépasse le simple
remboursement des engagements. Il s’agit d’instaurer une discipline rigoureuse et
constante, essentielle pour gagner la confiance et atteindre l’indépendance financière.
Béatrice témoigne : “Auparavant, mes dépenses étaient principalement orientées vers
l’apparence de riches-se. Désormais, je privilégie une épargne régulière, même modeste,
ce qui me procure davantage de liberté financière que les dépenses axées sur l’image”.
44
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
CONCLUSION
Le présent volume V de la RDCCF, publié en juin 2026, recense certains instruments
d’endettement ainsi que leurs mécanismes associés. Il rappelle les principales étapes
dans la gestion de la dette et contribue à l’élaboration de certaines bonnes pratiques
adaptées aux enjeux structurels, ainsi qu’à la diversité des situations observées.
Les études élaborées par la Banque mondiale et le FMI offrent un éclairage sur la réalité
contrastée de l’endettement national. Grâce à ces travaux, il a été possible d’identifier les
spécificités du contexte haïtien et de mieux comprendre les dynamiques qui sous-tendent
notre situation. Par ailleurs, le cadre théorique développé par Servet (2006) insiste sur
l’importance d’une information financière adéquate, en soulignant que la qualité et la
disponibilité de l’information constituent des facteurs clés pour limiter les risques de
surendettement, en particulier au sein des populations économiquement vulnérables
comme la nôtre.
L’analyse des données fournies par le BIC, relative au credit en Haiti, met en évidence le
rôle crucial de la réduction de l’asymétrie de l’information à la fois dans l’évaluation de la
solvabilité des emprunteurs et dans le suivi des opérations de crédit. Cette réduction de
l’asymétrie contribue à une meilleure gestion des risques et à l’amélioration des processus
d’octroi et de suivi du crédit. Toutefois, l’interaction entre des facteurs structurels tels que
l’instabilité socio-économique, l’accès limité au crédit formel ainsi que des comportements
individuels expose de nombreux ménages à une précarité financière passive, caractérisée
par des cycles d’endettement jusque-là maîtrisables grâce aux mécanismes de contrôle
existants.
Les expériences concrètes de Pedro et Béatrice illustrent de manière explicite le processus
par lequel la combinaison de variables macroéconomiques et de comportements
personnels peut engendrer des situations financières complexes. Ces cas mettent en
lumière les mécanismes qui conduisent certains ménages à s’enliser dans des spirales
d’endettement, soulignant ainsi la nécessité d’une compréhension approfondie des
facteurs à l’origine de ces difficultés pour un accompagnement adéquat au moment
opportun.
Les différentes mesures préventives mises en avant par la BRH, fondées sur le
développement de l’éducation financière, la réduction de l’asymétrie de l’information
financière, la mise en place d’une régulation adaptée et le renforcement de l’accès aux
outils formels de crédit, représentent le moyen le plus efficace pour améliorer durablement
la santé financière des populations vulnérables. Cette démarche vise également à favoriser
la construction d’un écosystème économique résilient et inclusif en Haïti, capable de
répondre aux défis posés par la vulnérabilité économique et le surendettement.
Selon la BRI, la prévention et le traitement du surendettement requièrent une approche
intégrée visant à instaurer un écosystème financier solide. Dans ce cadre, il convient
d’assurer la solvabilité, l’information et la protection des emprunteurs face aux risques liés
au surendettement. Par ailleurs, un dispositif efficace de protection des consommateurs
financiers doit garantir la sécurité des utilisateurs contre la surinclusion, encourager
l’intégration de données alternatives éthiques dans l’évaluation de la solvabilité, et lutter
contre la fraude découlant de l’essor de l’inclusion financière numérique.
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REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
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DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
ANNEXE
Année Hommes Femmes
2022
2023
2024
% du nombre de crédits par genre en gourde
68,71 %
65,21 %
65,03 %
38,34 %
34,79 %
34,97 %
Année Hommes Femmes
2022
2023
2024
% du montant total accordé gourde
64,98 %
64,62 %
64,24 %
35,02 %
35,38 %
35,76 %
Année Hommes Femmes
2022
2023
2024
% du nombre de crédit par genre en dollar américain
66,79 %
65,71 %
64,27 %
33,21 %
34,29 %
35,73 %
Année Hommes Femmes
2022
2023
2024
% du Montant total accordé en dollar américain
76,24 %
75,02 %
76,55 %
23,76 %
24,98 %
23,45 %
Région Nombre de personne morale - 30 septembre 2022
Artibonite
Centre
Grand-Anse
Nippes
Nord
Nord-Est
Nord-Ouest
Ouest
Sud
Sud-Est
Répartition géographique des crédits en gourde au 30
septembre 2022 : Nombre de personnes morales.
37,00
15,00
5,00
9,00
44,00
9,00
7,00
2521,00
30,00
22,00
Région Nombre de personnes physiques - 30 septembre 2022
Artibonite
Centre
Grand-Anse
Nippes
Nord
Nord-Est
Nord-Ouest
Ouest
Sud
Sud-Est
Répartition géographique des crédits en gourde au 30
septembre 2022 : Nombre de personnes ph ysiques.
6335,00
3293,00
1822,00
1891,00
8046,00
2528,00
1300,00
76125,00
3296,00
2382,00
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REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Région Nombre de personne morale - 30 septembre 2024
Artibonite
Centre
Grand-Anse
Nippes
Nord
Nord-Est
Nord-Ouest
Ouest
Sud
Sud-Est
Répartition géographique des crédits en gourde au 30
septembre 2024 : Nombre de personnes morales.
11,00
2,00
0,00
0,00
19,00
4,00
1,00
692,00
6,00
4,00
Région Nombre de personnes physiques - 30 septembre 2024
Artibonite
Centre
Grand-Anse
Nippes
Nord
Nord-Est
Nord-Ouest
Ouest
Sud
Sud-Est
Répartition géographique des crédits en gourde au 30
septembre 2024 : Nombre de personnes physiques.
1,00
3,00
0,00
0,00
9,00
1,00
0,00
455,00
3,00
1,00
Catégorie de paiement Nombre de compte dollar% du nombre de compte % du montant accordé
À temps
En retard de 1 a 30 jrs
En retard de 31 a 60 jrs
En retard de 61 a 90 jrs
Plus de 90 jrs
Total
RÉPARTITION DES CRÉDITS PAR CATÉGORIE DE PAIEMENT EN DOLLAR AMÉRICAIN AU 30 SEPTEMBRE 2022
1039,00
185,00
31,00
26,00
189,00
1470,00
70,68 %
12,59 %
2,11 %
1,77 %
12,86 %
100,00 %
76 %
12,59 %
2,11 %
1,77 %
12,86 %
100,00 %
Période Nombre de compte en gourde Nombre de compte en dollar américain
30 septembre 2022
30 septembre 2023
30 septembre 2024
68550,00
61625,00
50532,00
1039,00
1016,00
871,00
50
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Catégorie de paiement Nombre de compte % du nombre de compte % du montant accordé
À temps
En retard de 1 a 30 jrs
En retard de 31 a 60 jrs
En retard de 61 a 90 jrs
Plus de 90 jrs
Total
RÉPARTITION DES CRÉDITS PAR CATÉGORIE DE PAIEMENT EN GOURDES AU 30 SEPTEMBRE 2023
61625,00
23936,00
1281,00
275,00
9018,00
96135,00
64,10 %
24,90 %
1,33 %
0,29 %
9,38 %
100,00 %
67,03 %
18,87 %
1,13 %
0,45 %
12,52 %
100,00 %
Catégorie de paiement Nombre de compte % du nombre de compte % du montant accordé
À temps
En retard de 1 a 30 jrs
En retard de 31 a 60 jrs
En retard de 61 a 90 jrs
Plus de 90 jrs
Total
RÉPARTITION DES CRÉDITS PAR CATÉGORIE DE PAIEMENT EN GOURDES AU 30 SEPTEMBRE 2024
50532,00
20775,00
613,00
140,00
7832,00
79892,00
63,25 %
26,00 %
0,77 %
0,18 %
9,80 %
100,00 %
66,16 %
14,07 %
2,14 %
2,39 %
15,24 %
100,00 %
51
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DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES