(2026-05) Note de la BRH sur le credit bancaire, septembre 2024-septembre 2025
Resume — Cette deuxieme edition de la note de la BRH sur le credit bancaire couvre la periode septembre 2024-septembre 2025: le portefeuille de credit au secteur prive a progresse de seulement 0,3% en valeur nominale apres deux annees de contraction, tandis qu'il a recule de 24% en termes reels, dans un contexte d'insecurite persistante et de degradation de la qualite du portefeuille. Elle detaille la repartition sectorielle, regionale et par genre du credit ainsi que les decaissements des programmes incitatifs de la BRH.
Constats Cles
- Le credit bancaire nominal au secteur prive n'a progresse que de 0,3% entre septembre 2024 et septembre 2025, apres des contractions de 15,2% (2024) et 9,6% (2023).
- En termes reels, le credit s'est contracte de 24%, contre 33,7% un an plus tot.
- Le ratio credit/depot est tombe a 22% au 30 septembre 2025, tres inferieur a la moyenne regionale de plus de 70%.
- Le taux de prets improductifs a atteint 13% des prets bruts (contre 11,5%); les comptes de prets actifs sont passes de 54 689 a 44 621 sur l'annee.
- Le credit immobilier a chute de 41,7% dans un contexte d'expansion des zones controlees par les groupes armes; les prets aux particuliers ont plus que double.
- Le departement de l'Ouest concentre 75,6% du credit bancaire et 75% des depots, contre 6,4% pour le Nord et 4,7% pour l'Artibonite.
- Le programme pro-croissance de la BRH a decaisse 19,794 milliards de gourdes au 30 septembre 2025, principalement vers le logement (26,6%) et les zones franches industrielles (25,7%).
- La part des femmes dans le credit en gourdes aux particuliers est passee de 35,9% a 36,7%, mais seulement 24,9% pour le credit en dollars.
Description Complete
La note de la BRH de mai 2026 sur le credit bancaire, deuxieme edition de cette analyse, examine l'evolution du credit bancaire au secteur prive entre septembre 2024 et septembre 2025 (exercice fiscal 2025). Le portefeuille de credit en valeur nominale n'a progresse que de 0,3% sur la periode, apres des contractions de 15,2% en 2024 et 9,6% en 2023, s'etablissant a 115 milliards de gourdes fin septembre 2025 (contre un pic de 135 milliards en septembre 2023). En termes reels, le credit s'est contracte de 24% (contre 33,7% l'annee precedente), refletant une inflation toujours elevee et des conditions financieres restrictives. Le taux de transformation bancaire (ratio credit/depot) est tombe a 22% au 30 septembre 2025, nettement inferieur a la moyenne regionale qui depasse 70%. Le taux de prets improductifs a atteint 13% des prets bruts (contre 11,5%), tandis que le nombre de comptes de prets actifs a chute de plus de moitie sur la decennie, a 44 621. La BRH a maintenu ses taux directeurs inchanges (taux sur bons BRH a 7/28/91 jours a 6%/8%/11,5%; coefficients de reserves obligatoires a 40% gourdes/53% devises) tout en autorisant des moratoires sur prets (Circulaire 115-6) couvrant un encours de 21 milliards de gourdes. Dans le cadre de son programme pro-croissance, la BRH a decaisse 19,794 milliards de gourdes au 30 septembre 2025, principalement vers le logement (26,6%) et les zones franches industrielles (25,7%).
Sur le plan sectoriel, le credit reste concentre sur le commerce de gros et de detail (37,7% du portefeuille), les prets aux particuliers (17,3%, en hausse de plus de 100%) et les industries manufacturieres (16%), tandis que le credit immobilier a chute de 41,7% dans un contexte d'expansion des zones controlees par les groupes armes, et le batiment/travaux publics a recule de 23,7%. Le financement agricole demeure marginal, sous 1% du portefeuille. Sur le plan regional, le departement de l'Ouest concentre 75,6% du credit et 75% des depots, contre 6,4% pour le Nord et 4,7% pour l'Artibonite, refletant la centralisation persistante de l'activite bancaire dans la capitale. Par genre, la part des femmes dans le credit en gourdes aux particuliers est passee de 35,9% a 36,7%, mais leur part dans le credit en dollars reste limitee a 24,9%. La note conclut que le retablissement des conditions securitaires est un prealable a la relance du credit productif et au financement des PME, et mentionne le programme Booster PME de la BRH ainsi qu'une regionalisation prevue du programme pro-croissance.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
1
NOTE
SUR LE CRÉDIT
2
NOTE
SUR LE CRÉDIT
3
NOTE
SUR LE CRÉDIT
Introduction
L’évolution du crédit au secteur privé
Les conditions de financement de
l’économie en 2025
Réactions des taux d’intérêt débiteurs aux
impulsions monétaires
Qualité du portefeuille de crédit
Crédits accordés dans le cadre des
programmes incitatifs de la BRH
Analyse de la répartition sectorielle du
crédit bancaire
Répartition du crédit par région
Répartition du crédit par genre
Conclusion
5
6
8
7
7
8
13
16
17
18
Table des Matières
A
B
C
D
E
4
NOTE
SUR LE CRÉDIT
5
NOTE
SUR LE CRÉDIT
INTRODUCTION
Au cours de l’exercice fiscal 2025, le secteur financier haïtien a évolué dans un
environnement marqué par une insécurité persistante, qui a significativement restreint
les opportunités d’investissement, en particulier dans la région métropolitaine, et
durablement affaibli la dynamique de l’intermédiation financière.
En effet, cette conjoncture défavorable a limité aussi bien l’offre que la demande de crédit,
entravant ainsi les efforts de relance de l’activité réelle. Parallèlement, les contraintes sur
la libre circulation des biens et des personnes ont exacerbé les pressions sur les prix, même
si leur rythme de progression est resté en deçà des niveaux proches de 50 % observés en
2023. Dans ce contexte, la Banque de la République d’Haïti (BRH) a adopté une posture
prudente tout en évitant de durcir davantage les conditions monétaires déjà serrées.
Elle a renforcé les opérations de stérilisation des excédents de liquidité à travers les
bons BRH, sans apporter de modifications à ses principaux instruments conventionnels,
notamment les taux directeurs et les coefficients de réserves obligatoires. Toutefois,
des incitations ciblées ont été maintenues afin de soutenir les secteurs à forte valeur
ajoutée, conformément aux objectifs des programmes pro-croissance de l’institution.
Historiquement contraint par des facteurs à la fois structurels et conjoncturels, le
crédit au secteur privé a été davantage fragilisé par la dégradation continue du climat
sécuritaire. Cette conjonction de facteurs a compromis son efficacité en tant que
canal central de transmission de la politique monétaire alors que le système bancaire
continue d’afficher une surliquidité structurelle. Ainsi, compte tenu du rôle déterminant
du financement des activités économiques, notamment des initiatives productives, la
banque centrale juge opportun d’examiner les conditions d’octroi du crédit bancaire,
afin d’identifier et de mettre en œuvre les mesures appropriées susceptibles de soutenir
la relance économique.
Dans cette perspective, cette présente note analyse l’évolution du crédit bancaire au
secteur privé entre septembre 2024 et septembre 2025. Cette deuxième édition met
en lumière l’impact négatif de la détérioration du climat des affaires sur la qualité
du portefeuille bancaire et présente les mesures mises en œuvre par la BRH pour
accompagner les emprunteurs en difficulté. L’analyse adopte une approche sectorielle,
assortie d’une ventilation par département géographique et par genre. Enfin, des pistes
de réflexion sont proposées quant aux orientations futures de la politique monétaire,
dans la perspective d’un appui efficace à la relance économique et l’éventualité d’une
amélioration durable des conditions sécuritaires.
6
NOTE
SUR LE CRÉDIT
A- L’ÉVOLUTION DU CRÉDIT AU SECTEUR PRIVÉ
En 2025, la détérioration des conditions sécuritaires a accentué les fragilités
structurelles qui pesaient déjà sur les activités d’intermédiation financière. La
combinaison de ces facteurs a renforcé l’aversion au risque des établissements
bancaires, tout en freinant l’investissement productif et la consommation privée.
Ainsi, en valeur nominale, le portefeuille net de crédit n’a crû que de 0,3 % entre
septembre 2024 et septembre 2025, après deux années consécutives de contraction
(-15,2 % en 2024 et -9,6 % en 2023). La légère variation positive observée en 2025
s’explique principalement par l’augmentation des prêts libellés en dollars américains
(+1,9 %), tandis que ceux en gourdes ont maintenu leur tendance baissière (-2,3 %),
témoignant de la dégradation continue de l’environnement des affaires.
En termes réels, la contraction du crédit demeure significative, s’établissant à -24 %,
contre -33,7 % un an auparavant. Bien que le rythme de décroissance se soit modéré,
cette évolution traduit à la fois l’effet d’érosion lié à un niveau d’inflation toujours
élevé et le maintien de conditions financières restrictives. Elle reflète également
la persistance de contraintes pesant sur l’offre de crédit, ainsi qu’une demande
d’investissement affaiblie dans un contexte d’incertitude économique accrue.
135
126
124
118 115 1181 14
111
115
sept.-23 déc.-23m ars-24 juin-24s ept.-24 déc.-24 mars-25j uin-25 sept.-25
Source : BRH/Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
Graphique 1 Portefeuille de prêts du système bancaire (en milliards de gourdes)
Quant au taux de transformation bancaire (ratio crédit/dépôt), celui-ci a poursuivi
sa trajectoire descendante pour s’établir à 22 % au 30 septembre 2025, un niveau
nettement inférieur à la moyenne régionale qui excède les 70 %.
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
Source : BRH/Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
Graphique 2 Ratio crédit/dépôt
19%
21%
23%
25%
27%
29%
31%
33%
sept.-23déc.-23m ars-24juin-24sept.-24déc.-24m ars-25juin-25sept.-25
Ce mouvement continu à la baisse du ratio crédit/dépôt traduit une réorientation
stratégique des institutions financières qui, dans un environnement de plus en plus
incertain, privilégient des placements perçus comme moins risqués au détriment de
leur participation directe dans le financement de l’économie réelle. En effet, selon
l’analyse de la structure de l’actif du système bancaire, la part des placements dans
le total de l’actif a progressé de manière continue, tandis que celle du portefeuille
de prêts s’est contractée significativement, ayant été divisée par deux entre 2019
et 2025.
Source : BRH/Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
Graphique 3 Portefeuille de prêts et placements en pourcentage de l’actif
0%
5%
10%
15%
20%
25%
30%
35%
Sept.-19 Sept.-20 Sept.-21 Sept.-22 Sept.-23 Sept.-24 Sept.-25
PlacementsenbonsB RHetbonsdutrésorPrêts Autresplacements
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
B- LES CONDITIONS DE FINANCEMENT DE
L’ÉCONOMIE EN 2025
Au cours de la période sous revue, les autorités monétaires ont maintenu les
orientations définies en août 2022, en réponse à un environnement fragilisé par une
succession de chocs internes et externes affectant la stabilité macroéconomique.
De ce fait, la structure des taux d’intérêt sur les bons BRH est demeurée inchangée,
à 6 %, 8 % et 11,5 % pour les maturités de 7, 28 et 91 jours, respectivement.
Parallèlement, le taux de mise en pension des bons BRH a été maintenu à 17 %,
alors que celui applicable aux bons du Trésor est resté fixé à 14 %.
De plus, les coefficients de réserves obligatoires ont été maintenus à 40 % pour les
dépôts en gourdes et à 53 % pour les dépôts en devises dans les banques créatrices
de monnaie. Pour les banques d’épargne et de logement (BEL), ces coefficients
demeurent à 28,5 % et 41,5 %, respectivement.
RÉACTIONS DES TAUX D’INTÉRÊT DÉBITEURS AUX IMPULSIONS
MONÉTAIRES
La stabilité des taux d’intérêt directeurs s’est accompagnée d‘une évolution
contrastée des taux d’intérêt débiteurs au sein du système bancaire. Le taux d’intérêt
moyen sur les prêts en gourdes a connu des variations irrégulières, oscillant dans
une fourchette comprise entre 12 % et 18 %, tandis que le taux maximum appliqué
se situait entre 20 % et 28 %.
Source : BRH/Direction du Contrôle de Crédit (DCC)
Graphique 4 Taux d'intérêt sur les bons BRH de 91 jours et taux d’intérêt moyen sur les prêts en gourdes
0%
2%
4%
6%
8%
10%
12%
14%
16%
18%
sept.-23déc.-23m ars-24juin-24sept.-24déc.-24m ars-25juin-25sept.-25
Taux d'intérêt débiteurs Taux d'intérêt directeur
9
NOTE
SUR LE CRÉDIT
Globalement, les taux d’intérêt débiteurs sont restés élevés dans un environnement
de plus en plus risqué. Le rendement moyen des prêts dépasse nettement le coût
des ressources, la rémunération des dépôts évoluant en moyenne en dessous de
1 %. Cette configuration s’est traduite par une marge d’intermédiation significative,
figurant parmi les plus élevées de la région Amérique Latine et Caraïbes, avec des
spreads de taux d’intérêt pouvant atteindre plus de 10 points de pourcentage.
Source : BRH/Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
Graphique 5 Rendement moyen des prêts et rémunération moyenne des dépôts
0%
2%
4%
6%
8%
10%
12%
14%
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025
prêt dépôt
Source : World Bank
Graphique 6 Spread de taux d’intérêt (en %)
0
2
4
6
8
10
12
14
16
20112012201320142015201620172018201920202021202220232024
Spread de taux d'intérêt (en %)
Haïti Jamaïque République Dominicaine Amérique Latine et Caraïbes
QUALITÉ DU PORTEFEUILLE DE CRÉDIT
Au cours de l’exercice 2024-2025, la crise sécuritaire persistante, à l’origine des
perturbations au niveau du secteur réel, a également entraîné une détérioration de
la qualité du portefeuille des banques. Ainsi, le taux de prêts improductifs a atteint,
10
NOTE
SUR LE CRÉDIT
en moyenne, un niveau de 13 % contre celui de 11,5 % un an plus tôt.
Cette situation, qui reflète les effets défavorables de la conjoncture sur la solvabilité
des débiteurs du système, s’est accompagnée d’une contraction continue du
nombre de comptes de prêts. Cet indicateur, qui avoisinait 100 000 comptes au
début de la décennie, s’est établi à 54 689 au 30 septembre 2024, puis à 44 621
au 30 septembre 2025, soit une baisse de plus de 50 % sur la période considérée.
Cette tendance témoigne, d’une part, du renforcement de la prudence des
institutions financières face au risque de contrepartie et, d’autre part, de l’atonie
de la demande de financement, en lien avec le ralentissement des activités
d’investissement et de consommation dans l’économie.
Dans ce contexte, la BRH a autorisé les institutions financières à accorder des
moratoires sur certains prêts à travers la circulaire No 115-6 (Circulaire-115-6.
pdf). Durant cette période de moratoire sur les prêts éligibles, seuls les intérêts
sont exigibles, les bénéficiaires étant dispensés de tout frais de retard. L’encours
des prêts ayant bénéficié de ces moratoires dans le cadre de ladite circulaire s’est
chiffré à 21 milliards de gourdes.
Par ailleurs, sur la base d’une évaluation de la capacité financière et d’un commun
accord avec leurs débiteurs respectifs, les établissements de crédit ont également
été autorisés à réviser les modalités de remboursement de certains prêts.
Source : BRH/Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
Graphique 7 Prêts improductifs en % des prêts bruts
8%
9%
10%
11%
12%
13%
14%
15%
sept.-23déc.-23m ars-24juin-24sept.-24déc.-24m ars-25juin-25sept.-25
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
Source : BRH/Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
Graphique 8 Nombre de comptes de prêts (en unités)
69,09 8 69,09 8
66,61 2 66,61 2
63,59 6 63,59 6
57,90 2 57,90 2
54,68 9 54,68 9
49,38 8
46,75 5
44,14 8
44,62 1
sept.-23déc.-23m ars-24 juin-24sept.-24déc.-24m ars-25 juin-25sept.-25
CRÉDITS ACCORDÉS DANS LE CADRE DES PROGRAMMES INCITATIFS DE
LA BRH
Au cours de la période sous revue, la BRH a maintenu son soutien en faveur des
secteurs à fort potentiel de croissance. À ce titre, les décaissements effectués
dans le cadre du programme pro-croissance ont atteint, au 30 septembre 2025, un
montant global de 19,794 milliards de gourdes.
Le secteur du logement et les zones franches industrielles demeurent les principaux
bénéficiaires, mobilisant respectivement 5,269 milliards de gourdes et 5,082 mil-
liards de gourdes, représentant ainsi 26,6 % et 25,7 % des fonds octroyés. Viennent
ensuite les entreprises tournées vers l’exportation auxquelles un financement
total de 3,212 milliards de gourdes a été attribué, équivalant à 16,2 % du total des
décaissements, et le secteur agricole, à travers le Fonds de Crédit Agricole (FCA), qui
a reçu un montant de 2,350 milliards de gourdes, soit 11,9 % du portefeuille alloué
dans le cadre de ce programme. Les secteurs touristique et hôtelier ainsi que le
programme relatif à la promotion du développement immobilier (PPDI), pour leur
part, ont respectivement bénéficié de 12,3 % et 5,3 % des décaissements. Enfin,
les sociétés financières opérant dans le crédit-bail ont bénéficié de 400 millions de
gourdes, ce qui correspond à 2 % de l’enveloppe globale.
12
NOTE
SUR LE CRÉDIT
Source : BRH/Direction Contrôle de Crédit (DCC)
Graphique 9 Crédits aux secteurs productifs (en %)
Programme de logement
27 %
Programme aux zones
franches industrielles
26 %
Programme à l'exportation
16 %
Programme de promotion
de développement
immobilier
5 %
Programme au secteur
agricole
12 %
Programme aux secteurs
touristique et hôtelier
12 %
Crédit-bail
2 %
Source : BRH/Direction Contrôle de Crédit (DCC)
Graphique 10 Crédits aux secteurs productifs (en MG)
5,268.65
5,081.74
3,212.34
1,040.97
2,349.73
2,440.59
400.00
Programmedelogement
Programmeauxzones franchesindustrielles
Programmeàl'exportation
Programmedepromotiondedéveloppement
immobilier
Programmeausecteuragricole
Programmeauxsecteurstouristiqueet
hôtelier
Crédit-bail
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
C- ANALYSE DE LA RÉPARTITION SECTORIELLE
DU CRÉDIT BANCAIRE
En 2025, l’analyse sectorielle du crédit met en évidence la poursuite d’une évolution
peu favorable des apports financiers du système bancaire aux secteurs productifs.
Cette situation se reflète notamment dans la contraction des portefeuilles de crédit
alloués aux « industries manufacturières (-5,8 %) », aux « bâtiments et travaux
publics (-23,7 %) » et à l’ « immobilier résidentiel et commercial (-41,7 %) ». La baisse
significative du portefeuille de crédit immobilier, en particulier, s’est observée dans
un contexte d’accroissement des zones contrôlées par les groupes armés.
À l’inverse, les « prêts aux particuliers » (croissance de plus de 100 %) et ceux
au « secteur commercial » (+15,4 %) ont évolué à la hausse, soulignant une
dynamique davantage orientée vers la consommation. Il convient aussi de noter
que la progression exceptionnelle observée dans le portefeuille de l’agriculture,
sylviculture et pêche (hausse de plus de 100 %) semble refléter un effet de base,
limitant ainsi sa portée en termes de tendance structurelle.
Source : BRH/Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
Graphique 11 Crédits par branche d'activités (en milliers de gourdes)
0
10,000,000
20,000,000
30,000,000
40,000,000
50,000,000
60,000,000
70,000,000
sept.-23
déc.-2 3
mars-2 4
juin-24
sept.-24
déc.-2 4
mars-2 5
juin-25
sept.-25
CommercedeGroset Détail
Serviceset Autres
IndustriesManufacturières
PrêtsauxParticuliers
ImmobilierRésidentielet Commercial
Transport, Entrepôtet Communic ation
Bâtimentset TravauxPublics
Électricité,Gazet Eau
Agriculture, Sylvicultureet Pêche
Ces résultats s’inscrivent dans un contexte économique difficile, où la production a
chuté dans la plupart des branches d’activité, à l’exception de la Communication et
des Activités financières. Le PIB réel s’est ainsi replié de 2,7 % en 2025, prolongeant
ainsi la phase de contraction économique. Sur la période 2019-2025, la baisse
annuelle moyenne de la production est estimée à environ 2,4 %, traduisant une
dynamique récessive ininterrompue. Cette évolution défavorable s’est accompagnée
14
NOTE
SUR LE CRÉDIT
d’une dégradation des conditions de vie, sous l’effet notamment d’une perte
significative du pouvoir d’achat des ménages.
Source : IHSI, BR H/Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
Tableau 1 Portefeuille de crédit et valeur ajoutée par branche d’activité (variation annuelle)
Agriculte,rc SyvE
Agriculture, Sylviculture, Elevage et Pêche
Industries Manufacturières
Électricité
Eau