(2025-12) Nòt sou politik monetè, premye trimès ekzèsis 2025-2026
Rezime — Nòt politik monetè BRH pou oktòb rive desanm 2025, premye trimès ekzèsis 2025-2026. Li pase an revi anviwònman ekonomik mondyal ak ayisyen an, pri yo, finans piblik, sektè ekstèn, kondisyon monetè ak sektè bankè a, epi li prezante oryantasyon politik monetè bank santral la pou trimès la.
Dekouve Enpotan
- Trimès kouvri: oktòb rive desanm 2025.
- Pwojeksyon kwasans mondyal FMI pou 2026: 3,3 %.
- Paralizi bidjetè pasyèl Etazini, oktòb rive novanm 2025.
- Paj: 19.
Deskripsyon Konple
Nòt trimestriyèl politik monetè Banque de la République d'Haïti ki kouvri oktòb rive desanm 2025, premye trimès ekzèsis 2025-2026. Nòt la kòmanse ak yon vi dansanm, apre sa li trete anviwònman ekonomik mondyal la, kote li konstate yon ekonomi mondyal ki rezistan malgre chanjman nan politik komèsyal ak tansyon jeopolitik, FMI a revize kwasans mondyal 2026 an lejè wo a 3,3 %, epi li siyale paralizi bidjetè pasyèl Etazini ant oktòb ak novanm 2025. Apre sa li egzamine ekonomi ayisyen an: sektè reyèl ak pri, finans piblik, sektè ekstèn ak kondisyon monetè, anvan li prezante sektè bankè a ak desizyon politik monetè bank santral la pou trimès la. Diznèf paj.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
TABLE DES MATIÈRES
1. VUE D’ENSEMBLE ................................................................. PAGE
3
2. ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE GLOBAL AU PREMIER
TRIMESTRE 2025 - 2026 ........................................................... PAGE
4
2.1. ÉCONOMIE MONDIALE ....................................................... PAGE
4
2.2. ÉCONOMIE HAÏTIENNE ...................................................... PAGE
7
SECTEUR RÉEL ET ÉVOLUTION DES PRIX ........................... PAGE
7
3. FINANCES PUBLIQUES AU PREMIER TRIMESTRE 2026 ............... PAGE
8
4. SECTEUR EXTERNE AU PREMIER TRIMESTRE 2026 ................... PAGE
9
5. DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE AU PREMIER
TRIMESTRE 2026 ..................................................................... PAGE 11
6. AGRÉGATS MONÉTAIRES AU PREMIER TRIMESTRE 2026 .......... PAGE 12
7. RÉSULTATS ET INDICATEURS DE PERFORMANCE DU SECTEUR
BANCAIRE ............................................................................... PAGE 13
8. RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR CATÉGORIE, GENRE ET
RÉGION GÉOGRAPHIQUE .......................................................... PAGE 15
9. PERSPECTIVES...................................................................... PAGE 17
Suivant les informations disponibles au 31 décembre 2025, les perspectives économiques du Fonds Monétaire International (FMI) publiées en janvier 2026 tablent sur
une croissance mondiale pour l’année 2026 légèrement supérieure à celle anticipée
antérieurement. Cette projection révisée à la hausse découle de la résilience des
principales économies, en dépit des chocs multiples qui ont contrebalancé les impacts
positifs de l’augmentation des investissements considérables dans les technologies
de pointe ainsi que ceux induits par l’assouplissement des conditions monétaires et
financières, alors que les autorités restent encore préoccupées par le niveau d’inflation
supérieur aux cibles visées.
Au niveau national, l’économie reste en proie aux troubles socio-politiques qui ont
davantage fragilisé l’appareil productif en Haïti. Les intempéries survenues à la fin
d’octobre se sont traduites par d’importantes pertes en infrastructures et en production
vivrière, ce qui a concouru au maintien du niveau élevé des prix. Néanmoins, une
tendance désinflationniste a été observée au cours du premier trimestre 2026, portée
par la diminution progressive des effets des aléas enregistrés au cours des trimestres
précédents, alors que la monnaie nationale s’est appréciée et que les prix des produits
de base ont évolué à la baisse sur le marché international durant le trimestre sousétude. En revanche, la faiblesse du pouvoir d’achat des ménages, induite notamment
par les pertes d’emplois et de revenus agricoles, a exacerbé l’insécurité alimentaire
dans un contexte d’augmentation du nombre de personnes vivant dans la précarité à la
suite de leur déplacement en raison de la crise sécuritaire.
Considérant les incertitudes entourant l’environnement global, les objectifs prioritaires
des autorités monétaires haïtiennes demeurent la stabilité macroéconomique et
financière. La BRH poursuit ses actions visant à favoriser l’accès au financement
des secteurs productifs via les programmes de soutien aux PME et aux initiatives
entrepreneuriales féminines. De plus, la Banque centrale continuera d’intervenir sur le
marché des changes afin de contenir la volatilité des prix dans l’économie à travers la
stabilité du taux de change et ses impacts potentiels sur l’inflation.
Note sur la politique monétaire
1er trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026
3
VUE D’ENSEMBLE
1. VUE D’ENSEMBLE
2.1. ÉCONOMIE MONDIALE
L’économie mondiale demeure relativement résiliente sur la période allant d’octobre
à décembre 2025, en dépit des chocs multidimensionnels qui continuent de peser sur
la dynamique des activités. En effet, les réorientations des politiques commerciales
traduites par le relèvement de certains droits de douane et la conclusion des accords
commerciaux bilatéraux ont contribué à amplifier les tensions géopolitiques à l’échelle
internationale. Néanmoins, l’assouplissement de la politique monétaire et financière,
combiné aux flux d’investissement considérables dans les technologies de pointe dans
les principales économies ont atténué les incidences de ces mesures protectionnistes
sur l’activité économique mondiale. Conséquemment, le Fonds Monétaire International
(FMI) a révisé en légère hausse les projections de croissance mondiale pour l’inscrire à
3,3 % en 2026, soit le même niveau estimé pour l’année 20251.
Au premier trimestre de l’exercice fiscal 2026, l’économie américaine a pâti des impacts
de la paralysie budgétaire partielle entre octobre et novembre 2025, laquelle a conduit
à la mise au chômage technique des fonctionnaires de l’administration américaine,
hormis les missions essentielles. Cette situation s’est observée alors que les États-Unis
font face aux retombées négatives des barrières tarifaires imposées et des politiques
migratoires qui ont entretenu les poussées inflationnistes (2,7 % en décembre 2025)
et fragilisé le marché du travail (taux de chômage établi à 4,4 % en décembre 2025).
Nonobstant les investissements notables dans l’intelligence artificielle soutenus par
le dynamisme des marchés boursiers et le relâchement des conditions monétaires
entamé en septembre 2025, les incidences des facteurs adverses sus-cités ont entraîné
un ralentissement de la croissance économique. Le PIB américain a crû de 0,7 % sur
la période allant d’octobre à décembre 2025, contre 4,4 % constaté au trimestre
précédent. Conséquemment, bien que l’inflation demeure au-dessus de la cible de
2 %, la Réserve fédérale américaine (Fed) a procédé à une troisième baisse consécutive
de ses taux directeurs en les portant dans la fourchette comprise entre 3,50 % et
3,75 % en décembre 2025, afin de soutenir les activités économiques aux États-Unis.
Sur le même intervalle considéré, la Zone Euro a enregistré une progression de 1,3 %
du PIB par rapport au trimestre correspondant de l’année passée, marquant une
expansion modérée de l’activité économique malgré les tensions commerciales et la
faiblesse des exportations de cette région. La relative stabilité du marché de l’emploi
(taux de chômage à 6,2 % en décembre 2025) et de l’inflation égale à la cible (2 % en
décembre 2025) ont porté la Banque centrale européenne (BCE) à maintenir le taux de
facilité de dépôt à 2 % à la fin du trimestre sous revue.
1
Selon les projections du FMI publiées en janvier 2026, la croissance mondiale devrait s’établir à 3,3 % en 2026,
contre les prévisions d’octobre 2025 portées à 3,1 %.
Note sur la politique monétaire
1er trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026
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ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL
2. ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE GLOBAL
AU PREMIER TRIMESTRE 2026
En ce qui a trait aux prix des produits de base sur le marché international, ils ont affiché
un comportement baissier durant le premier trimestre de l’exercice 2025-2026. En effet,
l’indice FAO des prix des produits alimentaires s’est contracté de 3,3 % par rapport au
trimestre antérieur. Par ailleurs, sous le double effet d’une demande mondiale atone
et d’une offre soutenue, les cours des produits pétroliers se sont repliés à la fin du
trimestre sous revue. Le prix du baril du West Texas Intermediate (WTI) a enregistré une
contraction trimestrielle de 9,4 %, contre 8 % pour celui du Brent, ces cours s’établissant
respectivement à 57,97 dollars ÉU et 62,54 dollars ÉU en décembre 2025.
Tableau 1
Indicateurs macroéconomiques par région et pays
Pays et Région/
Indicateurs
Projection de
croissance pour 2026 *
Taux
d'inflation*
Taux de
chômage*
Taux
directeur*
États-Unis
2,40 %
2,70 %
4,40 %
[3,50 % – 3,75 %]
Zone Euro
1,30 %
2,00 %
6,20 %
2,00 %
République
Dominicaine
4,50 %
4,95 %
4,90 %
5,25 %
*Source : FMI – World Economic Outlook (Janvier 2026) | **Sources : BLS / Fed / Eurostat / BCE / BCRD (Décembre 2025)
Graphique 1
Prix du riz en dollar ÉU par tonne métrique
déc.-25
oct.-25
août-25
juin-25
avr.-25
févr.-25
déc.-24
oct.-24
août-24
juin-24
avr.-24
févr.-24
déc.-23
oct.-23
août-23
juin-23
avr.-23
févr.-23
déc.-22
650
610
570
530
490
450
410
370
330
Source : www.indexmundi.com/commodies
Note sur la politique monétaire
1er trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026
5
ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL
S’agissant de la région « Amérique latine et Caraïbes », en raison du tassement de
la consommation privée et de celui de la demande extérieure, la Commission
économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) table sur une projection
de croissance de 2,3 % en 2026 (-10 points de base par rapport à 2025) et une
détérioration du marché de l’emploi dans ces économies présentant des vulnérabilités
structurelles. Parallèlement, en dépit des hétérogénéités sous-régionales, un processus
désinflationniste a été constaté, ce qui a conforté les banques centrales de la région
dans leur posture plutôt accommodante. En République dominicaine, les effets induits
des évènements climatiques liés à l’ouragan Melissa ont entraîné un accroissement
du taux d’inflation qui, en glissement annuel, s’est porté à 4,95 % en décembre 2025,
demeurant toutefois dans l’intervalle cible de 4 % ± 1 point de pourcentage. Dans ce
contexte, la Banque centrale dominicaine (BCRD) a gardé son taux de refinancement
à 5,25 % en décembre 2025, après une baisse cumulée de 50 points de base entre
septembre et octobre 2025.
oct.-25
déc.-25
déc.-25
févr.-25
déc.-24
oct.-24
août-24
juin-24
avr.-24
févr.-24
déc.-23
oct.-23
oct.-25
50
août-25
75
août-25
100
juin-25
125
juin-25
Prix du baril du Brent en dollar ÉU
avr.-25
Sources : www.eia.gov/Indexmundi
avr.-25
févr.-25
déc.-24
oct.-24
août-24
juin-24
avr.-24
févr.-24
déc.-23
oct.-23
Graphique 4
août-23
juin-23
avr.-23
Graphique 3
août-23
juin-23
avr.-23
févr.-23
déc.-22
Note sur la politique monétaire
1er trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026
Blé
Maïs
Source : www.indexmundi.com/commodies
ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL
déc.-25
oct.-25
août-25
juin-25
avr.-25
févr.-25
déc.-24
oct.-24
août-24
juin-24
avr.-24
févr.-24
déc.-23
oct.-23
août-23
juin-23
avr.-23
févr.-23
déc.-22
525
475
425
375
325
275
225
175
125
févr.-23
déc.-22
Graphique 2
Prix du blé et du maïs en dollar ÉU par tonne métrique
Prix du baril du West Texas Intermediate (WTI) en dollar ÉU
100.0
75.0
50.0
Sources : www.eia.gov/Indexmundi
6
2.2. ÉCONOMIE HAÏTIENNE
Au niveau national, l’activité économique sur la période allant d’octobre à décembre
2025 s’est inscrite dans le prolongement des différentes contraintes qui ont paralysé
l’économie haïtienne et conduit à une septième année de croissance négative en 2025.
En sus des pressions alimentées par les conditions socio-politiques et sécuritaires
délétères, la production agricole, déjà en proie à des déficits structurels, a subi les
impacts négatifs de l’ouragan Melissa notamment dans le Grand Sud (Grand’Anse, Sud,
Nippes et Sud-Est)2. Ce choc climatique survenu à la fin du mois d’octobre 2025, en plus
des pertes en vies humaines, s’est traduit par la destruction de milliers d’habitations et
d’infrastructures agricoles, exacerbant ainsi la faiblesse de la production des denrées
essentielles dans un contexte de dégradation du marché du travail. En effet, le secteur
textile, grand pourvoyeur d’emplois, a enregistré une contraction significative de
ses effectifs, ces derniers passant de 26 326 en décembre 2024 à moins de 25 000
en décembre 2025, alors que l’industrie d’assemblage attendait encore de pouvoir
bénéficier à nouveau des facilités offertes par la loi HOPE/HELP rendue caduque en
septembre 2025.
Ces facteurs ont contribué au creusement de l’insécurité alimentaire, en atteste l’analyse
publiée en décembre 2025 par Famine Early Warning System Network (FEWSNET).
L’incertitude relative au climat sécuritaire et la forte prévalence de la malnutrition
aiguë maintiennent des résultats d’Urgence (IPC Phase 4) à Cité Soleil, Port-au-Prince,
Croix-des-Bouquets, ainsi que dans les sites de personnes déplacées internes (PDI)
de la zone métropolitaine de Port-au-Prince (ZMPP). Selon le 11ᵉ cycle de la Matrice
de suivi des déplacements (DTM) de l’Organisation internationale pour les migrations
(OIM) publié en octobre 2025, le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays,
particulièrement dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre, a crû
de 10 % en septembre en variation trimestrielle pour s’établir à 1 412 199. Néanmoins,
la résorption progressive des chocs passés et le maintien par la BRH de la gestion des
liquidités excédentaires du système bancaire ont contribué à une décélération des prix
notamment en novembre et décembre 2025. Suivant les données publiées par l’Institut
Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI), après avoir atteint 31,9 % en septembre
2025, l’inflation annuelle a ralenti pour s’établir à 25 % en décembre 2025.
Graphique 5
Évolution de l’inflation globale et de l’inflation sous-jacente
(en glissement annuel, en %)
Source : BRH
Inflaon globale
déc.-25
oct.-25
août-25
juin-25
avr.-25
févr.-25
déc.-24
oct.-24
août-24
juin-24
avr.-24
févr.-24
déc.-23
oct.-23
août-23
juin-23
avr.-23
févr.-23
déc.-22
60.0
50.0
40.0
30.0
20.0
10.0
0.0
Inflaon sous-jacente
2
Selon les chiffres publiés par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA),
environ 1,25 million de personnes ont été affectées par cet événement climatique qui a causé la mort d’au moins 46 personnes
et entraîné la destruction ou l’endommagement de près de 842 400 habitations. https://www.unocha.org/, février 2026
Note sur la politique monétaire
1er trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026
7
ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL
SECTEUR RÉEL ET ÉVOLUTION DES PRIX
Nonobstant le manque de dynamisme des activités économiques au premier trimestre
de l’exercice 2025-2026, les efforts de mobilisation des organismes de perception
de l’État haïtien ont entraîné une augmentation trimestrielle de 10,9 % des recettes
totales (54 136,39 MG). Les recettes publiques ont représenté 39 % des ressources
disponibles (138 652,32 MG), ces dernières étant fortement constituées par les
produits d’émission de billets de trésorerie dont l’encours s’est établi à 77 101,95 MG.
Par ailleurs, les dépenses budgétaires, qui comptent pour 60 % des décaissements totaux
(137 434,19 MG), ont accusé une hausse de 42,41 % pour s’établir à 82 370,60 MG.
Conséquemment, les taxes et impôts collectés n’ayant pas permis de couvrir les
dépenses budgétaires, il en est résulté un déficit qui a été partiellement financé par les
avances de la BRH à hauteur de 2 652,8 MG.
Tableau 2
Évolution des finances publiques (en MG)
1er trim
2025
4e trim
2025
1er trim
2026
Recettes fiscales
48,150.82
48,797.27
54,136.39
Autres ressources
53,576.52
49,166.89
84,515.93
Emiss. nettes Bons du TP
48,933.19
44,452.27
77,101.95
Ressources totales
101,727.34
97,964.17
138,652.32
Dépenses budgétaires
43,652.61
57,840.51
82,370.60
Autres décaissements
50,499.81
36,846.65
55,063.59
Certificats de
Trésorerie et autres
41,125.80
33,232.00
53,235.96
Décaissement totaux
94,152.42
94,687.16
137,434.19
Sources : MEF/DCC_BRH
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8
FINANCES PUBLIQUES
3. FINANCES PUBLIQUES AU PREMIER
TRIMESTRE 2026
Les données disponibles sur le secteur externe au premier trimestre fiscal 2026
indiquent un repli des exportations, alors que les importations se sont inscrites en
hausse et que la gourde, soutenue par la progression des transferts sans contrepartie,
a affiché une relative appréciation par rapport au dollar américain à la fin du mois de
décembre 2025. Ainsi, les exportations de biens et services (114,72 millions de dollars
ÉU) ont accusé une baisse de 4,85 % sur la période allant d’octobre à décembre 2025 à
la suite du ralentissement de l’activité dans la branche du textile. En effet, la production
de ce secteur, notamment la branche de la sous-traitance, demeure conditionnée à la
dégradation de l’environnement économique et reste tributaire du renouvellement de
la loi HOPE/HELP rendue caduque en septembre 2025. Parallèlement, les importations
ont atteint 1 241,44 millions de dollars ÉU, soit un accroissement de 4,57 % par rapport
au trimestre précédent. L’évolution contrastée des exportations par rapport aux
importations a conduit à un creusement de 5,64 % du déficit commercial, lequel est
passé à 1 126,72 millions de dollars ÉU durant le trimestre sous revue.
Par ailleurs, la croissance soutenue des transferts sans contrepartie reçus de l’étranger
(1 245,86 millions de dollars ÉU ; +10,53 %), jumelée aux mesures de régulation du
marché des changes mises en œuvre par la Banque centrale, a contribué à l’augmentation
de l’offre de dollars dans l’économie. Ceci s’est traduit par une légère appréciation
de la gourde par rapport au dollar ÉU au terme du trimestre sous-étude, ce qui
confirme la relative stabilité de la gourde constatée durant ces deux dernières années.
Ainsi, au 31 décembre 2025, le taux de référence calculé par la BRH a accusé une baisse
de 0,05 % par rapport au trimestre antérieur pour se chiffrer à 130,6244 gourdes pour
un dollar ÉU.
Graphique 6
Transferts privés sans contrepartie reçus de l’étranger
(en millions de dollars ÉU)
déc.-25
oct.-25
août-25
juin-25
avr.-25
févr.-25
déc.-24
oct.-24
août-24
juin-24
avr.-24
févr.-24
déc.-23
oct.-23
août-23
juin-23
avr.-23
févr.-23
déc.-22
440
410
380
350
320
290
260
230
200
Source : BRH
Note sur la politique monétaire
1er trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026
9
SECTEUR EXTERNE
4. SECTEUR EXTERNE AU PREMIER
TRIMESTRE 2026
déc.-25
oct.-25
août-25
juin-25
avr.-25
févr.-25
déc.-24
oct.-24
août-24
juin-24
avr.-24
févr.-24
déc.-23
oct.-23
août-23
Balance commerciale (en millions de dollars ÉU)
juin-23
avr.-23
févr.-23
déc.-22
Graphique 7
-130
-180
-230
-280
-330
-380
-430
Graphique 8
Taux de change nominal de fin de période (HTG/USD)
160
155
150
145
140
135
130
125
déc.-25
oct.-25
août-25
juin-25
avr.-25
févr.-25
déc.-24
oct.-24
août-24
juin-24
avr.-24
févr.-24
déc.-23
oct.-23
août-23
juin-23
avr.-23
févr.-23
déc.-22
120
Source : BRH
Graphique 9
Volume des transactions bancaires à l’achat et à la vente
sur le marché des changes (en millions de dollars ÉU)
450
400
Trans. à l’achat
350
Trans. à la vente
300
250
200
150
100
50
déc.-25
oct.-25
août-25
juin-25
avr.-25
févr.-25
déc.-24
oct.-24
août-24
juin-24
avr.-24
févr.-24
déc.-23
oct.-23
août-23
juin-23
avr.-23
févr.-23
déc.-22
0
Source : BRH
Note sur la politique monétaire
1er trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026
10
SECTEUR EXTERNE
Source : BRH
5. DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE
AU PREMIER TRIMESTRE 2026
Aussi, les coefficients de réserves obligatoires sur les passifs en gourdes et en devises
étrangères ont-ils été maintenus à leurs niveaux antérieurs, soit 40 % et 53 % respectivement pour les banques créatrices de monnaie (BCM), et 28,5 % et 41,5 % pour
les banques d’épargne et de logement (BEL). De même, les taux d’intérêt sur les bons
BRH ont été reconduits à 6 %, 8 % et 11,5 % pour les maturités respectives de 7, 28 et
91 jours. Toutefois, l’encours de ces titres a significativement diminué sur la période,
passant de 22 450 MG à 10 800 MG, en vue de faciliter les souscriptions des institutions
financières aux certificats de trésorerie. Parallèlement, les conditions appliquées aux
opérations de mise en pension sont restées inchangées, avec des taux fixés à 17 % pour
les bons BRH et à 14 % pour les bons du Trésor.
S’agissant du marché des changes, l’offre de devises continue de bénéficier du
dynamisme des transferts sans contrepartie en provenance de la diaspora. La stabilité
du taux de change qui en résulte, a permis à la BRH de renforcer ses interventions
nettes à l’achat. Celles-ci ont atteint 129,33 millions de dollars américains au cours de
la période sous revue, contribuant ainsi à la consolidation des réserves internationales
de la banque centrale. Par ailleurs, les émissions d’obligations BRH se sont poursuivies
afin de stimuler l’épargne en gourdes, l’encours global totalisant 9 641,60 MG au 31
décembre 2025.
À titre de mesure complémentaire, la BRH, à travers la circulaire 115‑7, a prolongé
jusqu’au 30 septembre 2026 l’autorisation accordée aux institutions financières de
mettre en place des moratoires et des restructurations sur les prêts éligibles dans une
perspective d’atténuation des vulnérabilités financières liées à la crise sécuritaire.
Note sur la politique monétaire
1er trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026
11
DÉCISIONS DE POLITIQUE
MONÉTAIRE
Au cours du 1er trimestre de l’exercice fiscal 2026, la Banque de la République d’Haïti
(BRH) a maintenu une orientation prudente de sa politique monétaire, dans un
contexte macroéconomique encore marqué par des fragilités structurelles et un niveau
élevé d’incertitudes. Cette posture reflète l’engagement des autorités monétaires à
préserver les équilibres fondamentaux, tout en veillant à limiter l’impact des facteurs
susceptibles de générer des pressions sur la stabilité monétaire et financière. À cet
égard, la BRH a poursuivi la mise en œuvre de son dispositif de gestion de la liquidité
bancaire, principalement à travers les émissions de bons BRH, sans modification de
ses principaux instruments de politique monétaire dont la dernière révision remonte à
août 2022.
6. AGRÉGATS MONÉTAIRES AU PREMIER
TRIMESTRE 2026
S’agissant de la masse monétaire, les données provisoires de décembre 2025 indiquent
une augmentation de 4,83 % de l’agrégat M3 par rapport à septembre 2025, alors que
les agrégats M2 et M1 ont enregistré des taux de croissance plus prononcés, soit 7,79 %
et 10,31 % respectivement. Cette situation reflète le comportement des composantes
en gourdes de l’offre de monnaie, en particulier la monnaie en circulation (+14,42 %) et
les dépôts d’épargne, qui ont crû de 7,27 %, tandis que les dépôts en devises étrangères
du système sont demeurés relativement stables, n’augmentant que de 1,8 % sur la
période sous revue. La croissance de la masse monétaire a été soutenue par la hausse
conjuguée des avoirs extérieurs nets du système bancaire (4,83 %) et du crédit intérieur
net (7,17 %). Les créances nettes sur le secteur public se sont renforcées (+11,84 %),
sous l’effet combiné du financement de la Banque centrale et des placements des
institutions financières en bons du Trésor. Quant aux créances nettes sur le secteur privé,
elles ont évolué à la baisse (-0,91 %), dans un environnement empreint d’incertitudes,
freinant l’amélioration des conditions d’investissement.
Note sur la politique monétaire
1er trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026
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AGRÉGATS MONÉTAIRES
Les données disponibles au 31 décembre 2025 font état d’une accélération du rythme
de croissance de la base monétaire tant au sens strict qu’au sens large comparativement
au quatrième trimestre de l’exercice fiscal précédent. En effet, la base monétaire au
sens restreint a progressé de 10,86 %, après avoir augmenté de 2,84 % au trimestre
précédent. La monnaie en circulation, en particulier, s’est accrue de 14,42 % sur la
période, une évolution imputable au caractère saisonnier de la demande de liquidités,
laquelle est généralement plus soutenue à l’occasion des fêtes de fin d’années. De son
côté, l’encours de la base monétaire au sens large a crû de 3,44 %, après une contraction
de 1,63 % observée au 30 septembre 2025. Cette dynamique de la monnaie centrale
a principalement été influencée par la hausse de 6 % des avoirs extérieurs nets de la
Banque centrale, portées par les interventions nettes à l’achat de l’institution sur le
marché des changes. Les créances nettes de la BRH sur l’État ont également affiché
une variation positive (3,72 %) dans un contexte d’accroissement des besoins de
financement du Trésor.
7. RÉSULTATS ET INDICATEURS DE
PERFORMANCE DU SECTEUR BANCAIRE
Suivant les données disponibles au premier trimestre de l’exercice 2025-2026, le système
bancaire demeure résilient, bien que la crise socio-politique ait conduit à une évolution
contrastée des principaux indicateurs de performance des banques commerciales.
Ainsi, l’actif du système a progressé de 2,72 % par rapport au 30 septembre 2025, pour
s’établir à 725 584,37 MG. Cette augmentation résulte de la hausse conjuguée des
« Avoirs à la BRH » (+3,35 %), des « Avoirs à l’étranger » (+9,64 %), des « Bons du Trésor »
(+42,48 %) et des « Autres actifs » (+10,56 %).
S’agissant des ressources du système, les dépôts totaux se sont établis à 592 081,47 MG
au 31 décembre 2025, en hausse de 2,1 % en variation trimestrielle. Leur progression
reflète celle des dépôts à vue (+2,27 %) et des dépôts d’épargne (+3,97 %), tandis que les
dépôts à terme ont enregistré un repli de 2,27 % sur la période dans un environnement
macroéconomique incertain. Conséquemment, le niveau d’intermédiation bancaire,
mesuré par le ratio « prêts bruts sur dépôts totaux », a connu un léger recul pour
s’établir à 21,18 % contre 21,81 % au 30 septembre 2025.
L’analyse de la structure financière du système indique une progression différenciée
des principaux ratios. En effet, le ratio « Avoirs des actionnaires en pourcentage de
l’actif » est passé de 8,57 % au 30 septembre 2025 à 8,68 % au 31 décembre 2025. En
revanche, le ratio « Dépôts totaux en pourcentage de l’actif » s’est porté à 81,62 %,
contre 82,16 % au terme de l’exercice 2025.
Les mesures de soutien aux débiteurs du système bancaire mises en place par la BRH,
notamment à travers le prolongement du moratoire sur les prêts éligibles, ont contribué
à l’amélioration de la qualité de l’actif. Le ratio « Prêts improductifs en pourcentage des
prêts bruts » a atteint 8,77 % au 31 décembre 2025, contre 9,98 % à la fin du trimestre
précédent. De plus, les banques commerciales ont procédé à un provisionnement
plus prudent en couverture du risque de crédit, en témoigne l’amélioration du ratio
« Provisions pour créances douteuses » qui s’est établi à 101,88 % au 31 décembre
2025 contre 92,41 % au 30 septembre 2025.
Par ailleurs, les impacts défavorables du climat d’insécurité ont contribué à la
détérioration de la rentabilité bancaire sur la période allant d’octobre à décembre
2025. Ainsi, le rendement de l’actif (ROA) s’est porté à 1,33 % au premier trimestre
2026, contre 1,61 % au trimestre antérieur. De même, le rendement de l’avoir des
Note sur la politique monétaire
1er trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026
13
RÉSULTATS ET INDICATEURS
DE PERFORMANCE
Au premier trimestre 2025-2026, le système bancaire a dégagé un produit net
bancaire (PNB) de 10 093,25 MG, en baisse de 9,01 % sur une base trimestrielle. Cette
contreperformance découle du fléchissement des « Autres revenus » (-15,84 %) et
des « Revenus nets d’intérêt » (-3,55 %). Bien que les dépenses d’exploitation aient
été contenues sur la période (-4,81%), le secteur bancaire a pâti du ralentissement
des activités économiques. Conséquemment le bénéfice dégagé par ce secteur s’est
contracté de 15,30 % comparé au trimestre passé pour se chiffrer à 2 378,95 MG.
actionnaires (ROE) s’est détérioré de 3,50 points de pourcentage pour se porter à
15,41 % au cours des trois premiers mois de l’exercice 2025-2026.
Tableau 3
Ratios clés du système bancaire au 31 décembre 2025
Ratios clés
du système bancaire
Au 31 décembre 2025
Au 30 septembre 2025
Provisions pour créances douteuses
en pourcentage des prêts improduc fs
101,88 %
92,41 %
Prêts en pourcentage des prêts bruts
8,77 %
9,98 %
Rendement moyen des prêts produc fs
11,83%
14,11 %
Premier trimestre 2026
Quatrième trimestre 2025
ROA
1,33 %
1,61 %
ROE
15,41%
18,91 %
Ratios de rentabilité bancaire
Niveau de dollarisation du système
Au 31 décembre 2025
Au 30 septembre 2025
Dépôts en devises conver es en
pourcentage des dépôts totaux
64,03 %
64,32 %
Portefeuille de prêts nets en devises conver es
en pourcentage des prêts nets totaux
61,21 %
61,24 %
Source : DSBIF/BRH
En ce qui a trait aux opérations en dollars ÉU, les taux d’intérêt sur les DAT ont accusé une
légère baisse, pour se porter à 1,05 % sur la période allant d’octobre à décembre 2025,
après 1,17 % le trimestre précédent. Parallèlement, les taux débiteurs ont augmenté
de 1,08 point de pourcentage à 11,33 % au premier trimestre 2025-26, ce qui induit
un creusement du spread bancaire de 10,28 points de pourcentage sur l’intervalle sous
revue.
Note sur la politique monétaire
1er trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026
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RÉSULTATS ET INDICATEURS
DE PERFORMANCE
S’agissant des taux d’intérêt bancaires sur les opérations en gourdes, ceux sur les
dépôts à terme (DAT) sont passés de 3,5 % au dernier trimestre de l’exercice 2025 à
3,56 % au premier trimestre de l’exercice fiscal 2026. Parallèlement, les taux débiteurs
se sont aussi inscrits en hausse à 17 % sur le trimestre sous-étude contre 16,50 % un
trimestre auparavant. Considérant le renchérissement des prêts en gourdes, il s’en est
suivi un élargissement de 13,44 points de pourcentage du spread bancaire sur la même
période.
8. RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR CATÉGORIE,
GENRE ET RÉGION GÉOGRAPHIQUE
Selon les informations collectées par le Bureau d’Information sur le Crédit (BIC) de la
Banque centrale au 31 décembre 2025, le système financier a accordé 78 360 crédits
dont 96,18 % à des personnes physiques et 3,81 % à des personnes morales au cours
du premier trimestre 2026. Des 240 646,34 MG du portefeuille de crédits alloués
dans l’économie haïtienne sur la période sous revue, 67,75 % ont été attribués à des
personnes physiques et 32,25 % à des personnes morales. S’agissant de la distribution
du crédit selon le genre, les hommes ont bénéficié de 62,56 % et 76,49 % du total des
crédits en gourdes et en dollars respectivement, contre 37,40 % et 23,51% pour les
femmes.
Graphique 10
37.40 %
Répartition des crédits (en gourdes) accordés
selon le genre
62.56 %
Homme
Femme
Source : BIC/BRH
23.51 %
Répartition des crédits (en dollars ÉU) accordés
selon le genre
RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR
CATÉGORIE, GENRE ET RÉGION
GÉOGRAPHIQUE
Graphique 11
76.49 %
Homme
Femme
Source : BIC/BRH
Note sur la politique monétaire
1er trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026
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Considéré selon la répartition géographique, le financement de l’économie par le
système financier reflète la concentration du crédit dans le département de l’Ouest qui
a profité de 75,64 % du total des prêts octroyés sur le trimestre sous revue. S’ensuivent
les départements du Nord (6,54 %), de l’Artibonite (4,62 %) et du Sud (3,40 %).
Seulement près de 2 % du portefeuille ont été canalisés respectivement dans les
départements du Centre, de la Grand-Anse, du Sud-Est, des Nippes et du Nord-Est,
alors que les agents économiques du Nord-Ouest n’ont eu accès qu’à moins de 1 % des
prêts du système.
Graphique 12
Sud
3,40 %
Sud-Est
1,50 %
Arbonite
4,62 %
Centre
2,10 %
Ouest
75,64 %
Répartition du crédit du système financier par région
géographique
Grand-Anse
1,96 %
Nippes
1,61 %
Nord-Ouest
0,68 %
Nord-Est
1,96 %
Nord
6,54 %
RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR
CATÉGORIE, GENRE ET RÉGION
GÉOGRAPHIQUE
Source : BIC/BRH
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1er trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026
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9. PERSPECTIVES
Les perspectives macroéconomiques en Haïti demeurent étroitement conditionnées
par le rétablissement du climat sécuritaire, lequel constitue un préalable indispensable
à la reprise durable des activités économiques ainsi qu’au fonctionnement normal
des circuits de production et de distribution. Dans ce contexte, le redressement de
l’économie requiert également un renforcement du cadre institutionnel, accompagné
de la mise en œuvre de mesures ciblées visant à soutenir l’offre productive nationale.
À cet égard, la mise en œuvre du protocole d’accord de facilitation douanière conclu
entre les autorités fiscales et certains partenaires du secteur privé constitue un signal
favorable pour la relance de l’investissement et la reprise économique. L’exonération de
taxe ciblée sur des matières premières et des biens d’équipement importés nécessaires
à la production nationale devrait contribuer à une meilleure maîtrise des coûts et à
l’amélioration de la compétitivité des entreprises, avec des effets d’entraînement
potentiels sur la croissance et l’emploi.
À cette fragilité interne est venu s’ajouter un environnement international incertain
caractérisé par les fragmentations géopolitiques intensifiées par le conflit au MoyenOrient qui a débuté à la fin de février 2026. Les conséquences néfastes du blocage
du détroit d’Ormuz, qui permet le passage de 20 % du trafic maritime mondial des
produits énergétiques, risquent de se traduire par une augmentation des cours de ces
produits ainsi que celle des autres matières premières sur le marché international.
Cette situation laisse présager des pressions inflationnistes à l’échelle internationale,
étant donné le rôle transversal de ces produits pour l’économie mondiale.
Compte tenu de la forte dépendance d’Haiti vis-à-vis des importations de produits
pétroliers, cette situation pourrait entraîner une augmentation de la facture
d’importation et exercer des pressions supplémentaires sur le taux de change ainsi
que sur le niveau général des prix, ce qui risque de compromettre la tendance à la
désinflation observée depuis novembre 2025. En effet, le taux d’inflation s’est replié
de 1,5 point de pourcentage par rapport à décembre 2025 pour s’établir à 23,5 % en
janvier 2026. Toutefois, les évolutions récentes du contexte international, si elles se
maintiennent, pourraient inverser cette dynamique au cours du prochain trimestre.
Face à ce climat empreint d’incertitudes, la Banque de la République d’Haïti (BRH),
au regard de sa mission, envisage de prendre les mesures nécessaires afin de mitiger
les impacts de cette conjoncture adverse sur l’activité économique. Ainsi, les priorités
des autorités monétaires s’articuleront autour des décisions visant le maintien de la
stabilité macroéconomique et financière. La Banque centrale maintiendra sa politique
Note sur la politique monétaire
1er trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026
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PERSPECTIVES
Par ailleurs, le maintien provisoire du statut de protection temporaire (TPS) des migrants
haïtiens aux États-Unis et la prolongation au 31 décembre 2026 de la loi HOPE/HELP par
les autorités américaines constituent des facteurs favorables au soutien du dynamisme
de l’offre de devises dans l’économie haïtienne, lesquels pourraient contribuer à
l’atténuation des éventuelles retombées du renchérissement des cours pétroliers sur la
volatilité du taux de change et l’inflation en Haïti.
PERSPECTIVES
d’assèchement des excédents de liquidité à partir des bons BRH, tout en poursuivant
ses interventions sur le marché des changes en vue de lisser les fluctuations du taux
de change advenant une demande plus soutenue de dollars ÉU dans l’économie. Par
ailleurs, la BRH se veut partie prenante des actions visant la reprise des activités, à
travers un soutien aux secteurs clés de l’économie, en témoignent les initiatives allant
vers une refonte du programme pro-croissance avec l’intégration d’une approche
régionale et des programmes conçus pour dynamiser les petites et moyennes
entreprises haïtiennes (PME), notamment celles dirigées par des femmes, tels le
Booster PME III.
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1er trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026
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