(FY2025) Nòt sou Politik Monetè
Rezime — Rapò sa a soti nan Bank Repiblik Ayiti a, li analize politik monetè pandan premye trimès ane fiskal 2024-2025 lan. Li kouvri anviwònman ekonomik mondyal ak domestik la, finans piblik yo, ak pèfòmans sektè bankè a, epi li note enpak enstabilite sosyo-politik la.
Dekouve Enpotan
- Anviwònman ekonomik mondyal la te fè eksperyans kwasans modere ak diferans atravè peyi yo.
- Aktivite ekonomik Ayiti a te afekte anpil pa enstabilite sosyo-politik pèsistan.
- Presyon enflasyonis yo te entansifye malgre estabilite to echanj la ak finans piblik favorab yo.
- Sektè bankè a te montre rezilyans, men pèfòmans li te afekte pa sitiyasyon sekirite a.
- Remèt yo te jwe yon wòl enpòtan nan mentni estabilite relatif to echanj la.
Deskripsyon Konple
Nòt sa a egzamine politik monetè Ayiti pandan premye trimès ane fiskal 2024-2025 lan. Anviwònman ekonomik mondyal la te wè yon kwasans modere ak diferans atravè peyi yo, pandan ke Ayiti te fè fas ak enstabilite sosyo-politik pèsistan ki anpeche aktivite pwodiktif yo. Malgre estabilite nan to echanj la ak finans piblik favorab yo, presyon enflasyonis yo te entansifye. Rapò a detay tou pèfòmans sektè bankè a, distribisyon kredi a, ak dinamik sektè ekstèn lan, tankou tandans nan remèt ak komès.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
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...................................................................... PAGE 171. VUE D’ENSEMBLE
2. ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE GLOBAL AU QUATRIÈME
TRIMESTRE 2025
2.1. ÉCONOMIE MONDIALE
2.2. ÉCONOMIE HAÏTIENNE
SECTEUR RÉEL ET ÉVOLUTION DES PRIX
3. FINANCES PUBLIQUES ET SECTEUR EXTERNE AU QUATRIÈME
TRIMESTRE 2025
4.- DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE AU QUATRIÈME
TRIMESTRE 2025
5. AGRÉGATS MONÉTAIRES AU QUATRIÈME TRIMESTRE 2025
6. RÉSULTATS ET INDICATEURS DE PERFORMANCE DU SECTEUR
BANCAIRE
7. RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR CATÉGORIE, GENRE ET
RÉGION GÉOGRAPHIQUE
8. PERSPECTIVES
TABLE DES MATIÈRES
3
Note sur la politique monétaire
4
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025VUE D’ENSEMBLE
1. VUE D’ENSEMBLE
Les retombées des politiques tarifaires menées à l’échelle internationale ont été
moins importantes qu’attendues sur l’environnement macroéconomique selon
certains analystes. Conséquemment, le Fonds Monétaire International (FMI) a révisé
à la hausse les perspectives de croissance mondiale pour l’exercice 2025 (3,2 %
contre 3 % prévu en juillet). Néanmoins, la trajectoire de l’économie mondiale reste
soumise aux incertitudes relatives aux tensions géopolitiques. Ainsi, afin de soutenir
le dynamisme des activités économiques, les principales banques centrales ont
décidé de desserrer les contraintes monétaires, en dépit d’un niveau d’inflation
excédant les cibles visées.
Au niveau national, la conjoncture macroéconomique continue de subir les
incidences négatives de la dégradation des conditions sécuritaires, lesquelles
paralysent les activités économiques et contribuent au maintien des pressions
inflationnistes avec des impacts néfastes sur les conditions de vie de la population
haïtienne. L’atonie économique en Haïti s’est traduite à travers la contraction de
l’indice conjoncturel d’activité économique (ICAE) au troisième trimestre 2025.
Cette tendance se maintiendrait au dernier trimestre de l’exercice 2025, si l’on se
réfère aux estimations de l’ICAE réalisées par la BRH pour la période allant de juillet
à septembre 2025.
De plus, l’augmentation du nombre de personnes déplacées dans diverses régions
du pays a induit une perte de sources de revenus des ménages défavorisés dans un
environnement marqué par des pertes d’emplois. Il en est résulté une aggravation
de l’insécurité alimentaire sur cette période reportée dans la dernière analyse
de l’indice de l’insécurité alimentaire aiguë publiée par la CNSA pour les trois
derniers mois de l’exercice 2025. Cette dégradation des conditions humanitaires
est concomitante aux tensions inflationnistes qui se sont intensifiées au cours de
l’exercice 2025 par rapport à l’exercice précédent, le taux d’inflation s’établissant à
31,9 % en septembre 2025, contre 28,4 % et 27,9 % respectivement en juin 2025
et septembre 2024.
Dans ce contexte empreint d’incertitudes liées à l’insécurité persistante, les
autorités monétaires ont modulé les décisions prises en fonction de l’évolution de
la conjoncture en priorisant la stabilité macroéconomique et financière, tout en
poursuivant les mesures non conventionnelles adoptées en soutien aux secteurs
productifs. De même, la Banque centrale continue de veiller à contenir la volatilité
des prix dans l’économie à travers la stabilité du taux de change et ses impacts
potentiels sur l’inflation.
ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL 4
Note sur la politique monétaire
4
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
2. ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE
GLOBAL AU QUATRIÈME TRIMESTRE
2025
2.1. ÉCONOMIE MONDIALE
Les perspectives économiques publiées par le FMI en octobre 2025 augurent
une croissance du PIB mondial plus soutenue qu’anticipée antérieurement (3,2 %
contre 3 % prévue en juillet) pour l’année 2025. Cette révision découle de l’effet
moins prononcé qu’attendu des tarifs douaniers sur l’évolution des prix mondiaux.
Cependant, les tensions géopolitiques continuent d’entretenir les incertitudes
par rapport au regain de dynamisme économique à l’échelle internationale.
Conséquemment, les principales banques centrales ont décidé de desserrer les
conditions monétaires afin de favoriser la relance de leur économie.
En effet, la Réserve fédérale américaine (Fed) a réduit d’un quart de point la
fourchette du taux des fonds fédéraux à [4 % - 4,25 %] en septembre 2025. Une telle
posture vise à soutenir l’activité économique dans un contexte de ralentissement
des créations d’emplois et d’un taux de chômage établi à 4,4 % en septembre 2025,
alors que l’inflation demeure au-dessus de la cible de 2 % (3 % en septembre 2025
contre 2,7 % en juin 2025).
Au cours du quatrième trimestre 2025, l’inflation au niveau de la Zone Euro a oscillé
autour de l’objectif à moyen terme de 2 % de la Banque centrale européenne
(2,2 % en septembre 2025). De plus, le dynamisme économique dans cette zone
a été soutenu par la demande intérieure en dépit des tensions commerciales et
du renforcement de la valeur de l’euro. Ainsi, les autorités monétaires ont gardé
inchangé le taux de facilité de dépôt à 2 % en septembre 2025.
Selon les prévisions du FMI, la croissance du PIB de l’Amérique latine et des Caraïbes
resterait modérée et tournerait autour de 2,4 % en 2025. L’activité économique de
cette région reste limitée par des conditions financières restrictives, une demande
extérieure atone et de faibles investissements. S’agissant de la République
dominicaine, les dernières statistiques conjoncturelles confirment une résilience
de l’activité économique. De manière cumulée, l’Indicateur mensuel d’activité
économique (IMAE) a progressé de 2,2 % en glissement annuel en septembre 2025,
traduisant un certain dynamisme dans des secteurs tels le commerce et le tourisme.
L’inflation se maintenant à l’intérieur de la fourchette cible de 4 % ± 1 point de
pourcentage (3,76 % en septembre 2025), la Banque centrale de la République
dominicaine (BCRD) a abaissé son taux directeur de 25 points de base, pour le
porter à 5,50 % en septembre 2025 en vue de stimuler la demande intérieure.
S’agissant des produits de base sur le marché international, les prix ont été très
volatiles sur la période allant de juillet à septembre 2025. L’indice FAO des prix
alimentaires s’est légèrement accru de 0,5 % par rapport au trimestre précédent.
ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL 5
Note sur la politique monétaire
4
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
En revanche, le cours moyen du baril de Brent a atteint 67,99 dollars ÉU, soit une
baisse de 4,8 % par rapport à juin 2025, alors que celui du WTI a reculé de 6,2 % pour
s’établir à 63,96 dollars ÉU. Ce repli des cours pétroliers résulte de l’augmentation
de la production des pays membres et non membres de l’Organisation des pays
exportateurs de pétrole (OPEP+) d’environ 330 000 barils par jour en septembre
2025, alors que la demande est restée modérée.
Tableau 1
Source : FMI (*Projecons d'octobre 2025) | Sources : BLS, Eurostat, BCRD, **Septembre 2025
Indicateurs économiques- Principales
économies mondiales
États-Unis
Zone Euro
République
Dominicaine
Pays et Région/
Indicateurs Projection
de croissance*
Taux
d'inflation**
Taux de
chômage**
Taux
directeur**
2 %
1,2 %
3 %
3 %
2,2 %
3,76 %
4,4 %
6,4 %
5,3 %
4,00 % - 4,25 %
2 %
5,50 %Graphique 1
Source : www.indexmundi.com/ecooc*InPs
Prix du riz en dollar ÉU par tonne métrique
670
630
590
550
510
470
430
390
350
sept.-22
nov.-22
janv.-23
mars-2 3
mai-23
juil.-23
sept.-23
nov.-23
janv.-24
mars-2 4
mai-24
juil.-24
sept.-24
nov.-24
janv.-25
mars-2 5
mai-25
juil.-25
sept.-25
Graphique 2
Source : www.indexmundi.com/ecooc*InPs
Prix du blé et du maïs en dollar ÉU par tonne métrique
525
475
425
375
325
275
225
175
125
Blé
Maïs
sept.-22
nov.-22
janv.-23
mars-2 3
mai-23
juil.-23
sept.-23
nov.-23
janv.-24
mars-2 4
mai-24
juil.-24
sept.-24
nov.-24
janv.-25
mars-2 5
mai-25
juil.-25
sept.-25
ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL 6
Note sur la politique monétaire
4
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trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
Graphique 3
Sources : www.eia.gov/Indexmundi
Prix du baril du West Texas Intermediate (WTI) en dollar ÉU
100.0
75.0
50.0
sept.-22
nov.-22
janv.-23
mars-2 3
mai-23
juil.-23
sept.-23
nov.-23
janv.-24
mars-2 4
mai-24
juil.-24
sept.-24
nov.-24
janv.-25
mars-2 5
mai-25
juil.-25
sept.-25
Graphique 4
Sources : www.eia.gov/Indexmundi
Prix du baril du Brent en dollar ÉU
125
100
75
50
sept.-22
nov.-22
janv.-23
mars-2 3
mai-23
juil.-23
sept.-23
nov.-23
janv.-24
mars-2 4
mai-24
juil.-24
sept.-24
nov.-24
janv.-25
mars-2 5
mai-25
juil.-25
sept.-25
2.2. ÉCONOMIE HAÏTIENNE
SECTEUR RÉEL ET ÉVOLUTION DES PRIX
Au quatrième trimestre de l’exercice 2024-2025, la conjoncture économique
demeure marquée par une instabilité socio-politique qui continue de freiner la
reprise de l’activité réelle et de détériorer les conditions de vie de la population
haïtienne. Les efforts entrepris par les autorités publiques pour une relance
économique ont pâti de cet environnement adverse non propice aux activités de
production
1
. L’Indicateur conjoncturel d’activité économique (ICAE) a reculé de
2,1 % au troisième trimestre de l’exercice 2024-2025, contre -2,7 % au trimestre
1 Ces efforts se traduisent, entre autres, à travers l’Évaluation Rapide des Impacts de la Crise (en anglais
RCIA : Rapid Crisis Impact Assessment), laquelle constitue un plan d’investissement lancé par le gouvernement haïtien
avec l’appui de partenaires internationaux (UE, ONU, BID, Banque mondiale) et adopté afin d’évaluer et de répondre
aux incidences de la crise sécuritaire depuis 2021. Ce plan propose aussi des actions visant le relèvement socio-
économique, axé sur la stabilisation, les infrastructures, la sécurité et les services sociaux, avec des besoins chiffrés à
plus de 1,34 milliard de dollars pour la période 2024-2026. (Source : www.worldbank.org)
ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL 7
Note sur la politique monétaire
4
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
précédent. Sur les neuf (9) premiers mois de l’exercice fiscal 2025, l’ICAE s’est replié
de 2,4 %, plombé par la contraction des secteurs primaire (-5,5 %), secondaire
(-4,3 %) et tertiaire (-0,4 %). Cette contre-performance témoigne des incidences
négatives de la fragmentation régionale sur les capacités productives du pays. Les
projections réalisées par la Direction Monnaie et Analyse Économique (MAE) de
la BRH indiquent une contraction de 1,5 % de l’ICAE pour le dernier trimestre de
l’exercice 2025. Ceci confirmerait l’absence d’acquis de croissance économique
sur l’exercice 2025 et laisserait présager une septième année consécutive de
contraction économique en Haïti.
Entretenues par la dégradation du climat sécuritaire, la faiblesse de la production
nationale et les difficultés d’approvisionnement des marchés publics se sont
traduites par une intensification des pressions inflationnistes durant l’exercice
2024-2025. En septembre 2025, l’inflation annuelle s’est établie à 31,9 %, contre
28,4 % en juin dernier et 27,9 % à la fin de l’exercice antérieur. Cette accélération
des prix s’observe dans un contexte de ralentissement des activités génératrices
de revenus. Les déplacements successifs des personnes au sein des différentes
régions, notamment dans les zones productives, ont eu comme conséquences
directes une diminution des moyens de subsistance des travailleurs agricoles et
une baisse de la production vivrière
2
. Les fortes pluies à la fin de septembre ont
provoqué des inondations dans plusieurs départements (Bas Nord-Ouest, Sud,
Nippes, Artibonite), entraînant la destruction de plantations, endommageant des
maisons et des infrastructures routières, ainsi que des pertes considérables dans le
commerce de détail, la pêche et l’élevage.
Par ailleurs, la fermeture et la paralysie de certaines entreprises, notamment dans
la zone métropolitaine de Port-au-Prince, a contribué à des pertes d’emplois dans
l’économie. En effet, le secteur textile a pâti de ce climat socioéconomique instable.
De 28 272 en septembre 2024, le nombre d’ouvriers est passé à 24 436 et 24 852
respectivement en juin et juillet 2025. De plus, le non-renouvellement de la loi
HOPE/HELP, expirée le 30 septembre 2025, risque de fragiliser les activités de
l’industrie textile haïtienne. Ces éléments sus-cités ont contribué au renforcement
de l’insécurité alimentaire dans le pays. Ainsi, selon les estimations découlant de
l’analyse de l’indice de l’insécurité alimentaire aiguë publiées par la CNSA pour la
période allant de juillet à septembre 2025, environ 5,7 millions d’Haïtiens, soit 51 %
de la population analysée, seraient en insécurité alimentaire aiguë, dont un million
d’enfants en situation critique.
2 Selon l’OIM, le nombre de personnes déplacées en Haïti a atteint un niveau record, soit 1,4 million de
personnes entre juillet et septembre 2025 (+10 % par rapport à juin 2025). Les départements de l’Artibonite (121 896,
+32 %) et du Centre (199 258, +10 %) ont enregistré le nombre le plus élevé de personnes déplacées sur cette période.
FINANCES PUBLIQUES ET
SECTEUR EXTERNE 8
Note sur la politique monétaire
4
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
3. FINANCES PUBLIQUES ET SECTEUR
EXTERNE AU QUA
TRIÈME TRIMESTRE 2025
La politique fiscale sur les deux premiers trimestres de 2025 a été menée sur la
base de la loi de finances de l’exercice 2024-2025 avant l’adoption d’un budget
rectificatif au début du mois d’avril et d’un budget rectificatif exceptionnel en
septembre 2025. Ces ajustements budgétaires visaient à intégrer les changements
observés au niveau de l’environnement macroéconomique limitant la mobilisation
des recettes et renforçant la vulnérabilité des ménages haïtiens.
Toutefois, la situation des finances publiques a été marquée au cours du quatrième
trimestre 2025 par une hausse relative de la performance des organismes
de perception en dépit des impacts négatifs de la crise sécuritaire sur le climat
des affaires. Les taxes et impôts collectés par l’État haïtien se sont établis à
48 548,02 MG, enregistrant une augmentation de 5,70 % comparativement au
trimestre précédent. Quoiqu’en hausse de 15,22 % en glissement annuel, les
recettes fiscales de l’exercice comptent pour 50 % des ressources totales de l’État
chiffrées à 384 427,26 MG. Ces dernières ont été fortement constituées du produit
des émissions de billets de trésorerie dont l’encours s’est porté à 169 254,85 MG
au 30 septembre 2025.
Parallèlement, en vue d’adresser les préoccupations d’ordre sécuritaire et social
telles que considérées dans le dernier budget rectificatif, les dépenses publiques
ont enregistré une augmentation plus soutenue sur l’intervalle juillet - septembre
2025 comparativement au trimestre passé. Au cours du quatrième trimestre 2025,
elles ont crû de 15,40 % pour s’établir à 57 819,25 MG sur une base trimestrielle
3
.
Cumulées d’octobre 2024 à septembre 2025, elles n’ont représenté que 51 %
des décaissements totaux de l’État, lesquels ont été évalués à 388 706,39 MG
au 30 septembre 2025. Néanmoins, les opérations du Trésor public au cours du
quatrième trimestre se sont soldées par un surplus donnant lieu à une capacité
de financement de l’État de 5 779,15 MG, en ligne avec l’objectif de financement
monétaire nul inscrit dans le budget rectifié de septembre 2025 et dans le Staff
Monitored Program (SMP) conclu avec le FMI.
3 Cette augmentation des décaissements de l’État répond notamment à l’objectif de dépenses sociales
envisagées par le gouvernement à travers le budget rectificatif exceptionnel publié en septembre 2025 en vue de
faciliter la rentrée scolaire des enfants des familles vulnérables dans ce contexte économique difficile.
FINANCES PUBLIQUES ET
SECTEUR EXTERNE 9
Note sur la politique monétaire
4
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
Tableau 2
Sources : MEF/DCC_BRH
Recettes fiscales
Autres ressources
Emissions nettes Bons du TP
Ressources totales
Dépenses budgétaires
Autres décaissements
dont Certificats de Trésorerie
et autres
Décaissement totaux
3
e
trim
2025
Exercice
2024-2025
Exercice
2023-2024
45 930,74
51 047,91
41 958,84
96 978,65
50 104,80
43 559,62
40 303,00
93 664,42
4
e
trim
2025
48 548,02
49 416,15
44 452,27
97 964,17
57 819,25
36 846,65
33 232,00
94 665,90
166 983,61
195 217,50
162 738,45
362 201,11
158 883,04
180 734,65
164 867,50
339 617,69
192 401,41
192 025,85
169 254,85
384 427,26
-
198 172,29
190 534,10
152 192,80
388 706,39
Statistiques des Finances publiques (MG)
Les informations relatives aux échanges extérieurs font état d’une détérioration
de la balance commerciale, d’une augmentation du niveau des transferts et d’une
légère appréciation de la gourde par rapport au dollar ÉU. Ainsi, au cours des dix
premiers mois de l’exercice, les importations ont atteint 3 642,70 millions de dollars
ÉU, marquant un accroissement de 10,78 % par rapport à la même période de
l’exercice précédent. Par ailleurs, la contreperformance du secteur de la sous-
traitance a eu des effets négatifs sur la progression des biens exportés sur l’exercice
2024-2025. Plombées par le recul des « Articles manufacturés » (-10,93 %), les
exportations se sont inscrites en baisse sur l’intervalle considéré. Elles ont ainsi
totalisé 635,93 millions de dollars ÉU, soit un recul de 8,41 % en glissement annuel.
La contraction des exportations, combinée à la hausse des importations, a entraîné
un creusement de 15,9 % du solde commercial pour la période allant d’octobre
2024 à juillet 2025. Parallèlement, les transferts privés reçus de l’étranger ont
accusé une croissance annuelle de 22,03 %, totalisant 4 435,39 millions de dollars
ÉU sur l’exercice 2025.
La progression des remises migratoires a ainsi soutenu l’offre de devise dans
l’économie, ce qui a été favorable au marché des changes. Au cours de l’exercice
2024-2025, le taux de change a oscillé entre 130,1714 et 131,1427 gourdes pour un
dollar pour s’établir à 130,6911 gourdes pour un dollar ÉU au 30 septembre 2025.
Ce fléchissement de près de 1 % du taux de référence témoigne de la poursuite de
la relative stabilité du taux constaté depuis l’exercice 2024. Cette appréciation de
la monnaie nationale s’observe dans un contexte d’atonie de l’activité économique.
Elle traduit également les effets de la poursuite de la politique d’assèchement de
l’excédent de liquidité menée par la BRH et du renforcement du segment formel
du marché des changes consécutif à la mise en application de la circulaire 114-3
4
.
4 Le maintien de l’application de la circulaire 114-3 a contribué à un encadrement renforcé des sous-agents
affiliés aux maisons de transfert et à une meilleure canalisation des flux de devises vers le segment formel du marché
des changes.
FINANCES PUBLIQUES ET
SECTEUR EXTERNE 10
Note sur la politique monétaire
4
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
Graphique 5
Source : BRH
Transferts privés sans contrepartie reçus de l’étranger
(en millions de dollars ÉU)
440
410
380
350
320
290
260
230
200
sept.-22
nov.-22
janv.-23
mars-2 3
mai-23
juil.-23
sept.-23
nov.-23
janv.-24
mars-2 4
mai-24
juil.-24
sept.-24
nov.-24
janv.-25
mars-2 5
mai-25
juil.-25
sept.-25
Graphique 6
Source : BRH
Balance commerciale (en millions de dollars ÉU)
-130
-180
-230
-280
-330
-380
-430
sept.-22
nov.-22
janv.-23
mars-2 3
mai-23
juil.-23
sept.-23
nov.-23
janv.-24
mars-2 4
mai-24
juil.-24
sept.-24
nov.-24
janv.-25
mars-2 5
mai-25
juil.-25
Graphique 7
Source : BRH
Taux de change nominal (fin de période)
160
155
150
145
140
135
130
125
120
115
110
sept.-22
nov.-22
janv.-23
mars-2 3
mai-23
juil.-23
sept.-23
nov.-23
janv.-24
mars-2 4
mai-24
juil.-24
sept.-24
nov.-24
janv.-25
mars-2 5
mai-25
juil.-25
sept.-25
Graphique 8
Source : BRH
Volume des transactions bancaires à l’achat et à la vente
sur le marché des changes (en millions de dollars ÉU )
350
300
250
200
150
100
50
0
Trans. à la vente Trans. à l’achat
sept.-22
nov.-22
janv.-23
mars-2 3
mai-23
juil.-23
sept.-23
nov.-23
janv.-24
mars-2 4
mai-24
juil.-24
sept.-24
nov.-24
janv.-25
mars-2 5
mai-25
juil.-25
sept.-25
DÉCISIONS DE POLITIQUE
MONÉTAIRE 11
Note sur la politique monétaire
4
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
4. DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE
AU QUA
TRIÈME TRIMESTRE 2025
Au cours du 4
e
trimestre de l’exercice fiscal 2025, la Banque de la République d’Haïti
(BRH) a adopté une posture prudente de sa politique monétaire, témoignant de sa
volonté de consolider les acquis en matière de stabilité macroéconomique dans
un contexte encore marqué par des déséquilibres structurels et des incertitudes
persistantes. Consciente des vulnérabilités de l’environnement économique, elle a
privilégié la continuité de sa stratégie visant à maîtriser les excédents de liquidité du
système bancaire par le biais des émissions de bons BRH, tout en gardant inchangés
ses taux directeurs et les coefficients de réserves obligatoires.
En effet, les taux de réserves obligatoires sur les passifs en gourdes et en devises
étrangères révisés en août 2022, ont été reconduits à 40 % et 53 % pour les banques
créatrices de monnaie (BCM), et 28,5 % et 41,5 % pour les banques d’épargne et
de logement (BEL). De même, le statu quo a également été maintenu au niveau
des taux d’intérêt appliqués aux bons émis par la BRH, soit 6 %, 8 % et 11,5 % pour
des maturités respectives de 7, 28 et 91 jours. À la fin du trimestre, l’encours de
ces titres s’élevait à 22 450 millions de gourdes (MG), enregistrant une contraction
significative de 32,38 % par rapport au 30 juin 2025. Parallèlement, les conditions
appliquées aux opérations de mise en pension sont demeurées inchangées, fixées
à 17 % pour les bons BRH et à 14 % pour les bons du Trésor.
Sur le marché des changes, l’offre de devises a largement été soutenue par le
dynamisme continu des transferts de fonds en provenance des migrants, permettant
ainsi à la BRH de renforcer ses interventions nettes à l’achat sur le marché des
changes, lesquelles ont totalisé 67,21 millions de dollars américains au cours du
dernier trimestre de l’exercice fiscal 2025. Cette orientation a ainsi contribué à
une consolidation des réserves internationales, qui, en termes bruts, dépassent
6 mois d’importations. Par ailleurs, les souscriptions aux obligations BRH ont affiché
une progression de 6,25 % en variation trimestrielle, portant l’encours global à
9 916,98 MG au 30 septembre 2025.
AGRÉGATS MONÉTAIRES 12
Note sur la politique monétaire
4
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
5. AGRÉGATS MONÉTAIRES AU
QUATRIÈME TRIMESTRE 2025
Les données préliminaires du mois de septembre 2025 font état d’une hausse
significative de la base monétaire, tant au sens restreint (+22,4 %) qu’au sens large
(+15,1 % sur un an). Il s’agit d’une accélération du rythme de progression de la
monnaie centrale comparée à l’exercice antérieur (+8,58 % au sens strict et 8,18 %
au sens large en 2024) dans un contexte de croissance soutenue des transferts
de la diaspora et d’accentuation de la surliquidité bancaire étant donné la baisse
des activités d’intermédiation. Cette expansion de la monnaie centrale s’explique
principalement par la hausse marquée des avoirs extérieurs nets de la BRH (+40,4 %),
portée par les interventions nettes à l’achat de la Banque centrale. En revanche,
les créances nettes de la BRH sur l’État se sont repliées de 3,8 % sur la période
considérée, traduisant la poursuite de la posture prudente de la politique monétaire
axée sur le non-recours au financement monétaire et conforme aux objectifs de
stabilité macroéconomique.
En ce qui concerne la masse monétaire, les données provisoires de septembre 2025
indiquent une hausse de 12,7 % de l’agrégat M3 par rapport à septembre 2024, alors
que les agrégats M2 et M1 ont enregistré des taux de croissance plus prononcés,
soit 20,9 % et 21,8 % respectivement. Cette évolution illustre la progression
marquée des composantes en gourdes de l’offre de monnaie, particulièrement
celle de la monnaie en circulation (+24,6 %) et des dépôts en gourdes (+18,3 %).
En revanche, les dépôts en devises étrangères n’ont connu qu’une légère variation
(+5,4 %) au cours de la période analysée. L’augmentation de la masse monétaire
a été principalement influencée par la croissance des avoirs extérieurs nets du
système bancaire (27 %), soutenue par le dynamisme des transferts privés reçus de
l’étranger. S’agissant du crédit intérieur net, celui-ci a crû de 4,1 % sur l’exercice, à la
suite de la hausse du crédit au secteur public (5,4 %), tandis que les créances sur le
secteur privé n’ont progressé que de 1,9 % en termes nominaux après deux années
consécutives de contraction, dans un contexte de morosité économique.
RÉSULTATS ET INDICATEURS
DE PERFORMANCE 13
Note sur la politique monétaire
4
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
6. RÉSULTATS ET INDICATEURS DE
PERFORMANCE DU SECTEUR BANCAIRE
Au 30 septembre 2025, les données disponibles traduisent une évolution mitigée
des indicateurs de l’activité bancaire. Au terme de l’exercice 2024-2025, l’actif
du système a crû de 9,1 % par rapport à l’exercice précédent, pour s’établir à
706 145,75 MG. Cette variation positive découle de la croissance concomitante des
« Avoirs à la BRH » (+16,7 %), des « Autres liquidités » (+17 %) et des « Bons du
Trésor » (+38,4 %). Par rapport au 30 juin 2025, la taille du bilan des banques a
progressé de 1,9 % sous l’impulsion de la croissance trimestrielle de 15,7 % de
l’« Encaisse », de 27,9 % des « Autres liquidités » et de 15,5 % des « Bons du Trésor ».
En ce qui a trait aux ressources du système, les dépôts totaux se sont portés à
580 157,5 MG au 30 septembre 2025, enregistrant un accroissement de 2,8 % en
variation trimestrielle. Leur progression résulte de celle de toutes les composantes :
les dépôts à vue (+3,3 %), les dépôts d’épargne (+ 1 %) et les dépôts à terme (+5,4 %).
Conséquemment, le niveau d’intermédiation bancaire, mesuré par le ratio « prêts
bruts sur dépôts totaux », a augmenté de 20 points de base à 21,81 %.
Au quatrième trimestre 2024-2025, le système bancaire a généré un produit net
bancaire (PNB) de 11 093,18 MG, en hausse de 22,5 % par rapport au trimestre
antérieur. Cette croissance du PNB est imputable à la progression simultanée des
« Autres revenus » (+31,7 %) et des « Revenus nets d’intérêts » (+16 %). Par
ailleurs, à la suite de l’accroissement moins soutenu des dépenses d’exploitation
sur la période (+17,8 %), le système bancaire a pu dégager un bénéfice net de
2 808,52 MG, en hausse 26,9 % par rapport au 3e trimestre 2025. En glissement
annuel, les résultats cumulés de l’exercice 2024-2025 ont crû de 32,1 % pour
atteindre 8 602,87 MG.
L’analyse des ratios clés du système bancaire atteste d’une amélioration de la
structure financière. En effet, le ratio « Avoirs des actionnaires en pourcentage de
l’actif » est passé de 8,42 % au 30 juin 2025 à 8,57 % au 30 septembre 2025. De
même, le ratio « Dépôts totaux en pourcentage de l’actif » a atteint 82,16 %, contre
81,48 % un trimestre auparavant.
En dépit de la dégradation des conditions sécuritaires en 2025 entraînant une
paralysie des activités économiques des débiteurs du système bancaire, il a été
observé une nette amélioration de la qualité du portefeuille de crédit des banques
comparativement au 30 juin 2025. Ceci résulte de l’impact positif du prolongement
du moratoire accordé par la BRH sur le remboursement des créances. En effet,
le ratio « Prêts improductifs bruts en pourcentage des prêts bruts » s’est porté à
9,98 % au 30 septembre 2025 contre 14,17 % au 30 juin 2025. De plus, les
institutions bancaires ont augmenté leur taux de provisionnement de 26,37 points
de pourcentage, ce dernier s’établissant à 92,41 % au 30 septembre 2025.
RÉSULTATS ET INDICATEURS
DE PERFORMANCE 14
Note sur la politique monétaire
4
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
La progression des résultats du secteur s’est reflétée au niveau des ratios de
rentabilité. Ainsi, le rendement de l’actif (ROA) s’est porté à 1,61 % au quatrième
trimestre 2025, contre 1,29 % au trimestre précédent. De même, le rendement de
l’avoir des actionnaires (ROE) s’est renforcé de 3,68 points de pourcentage pour se
porter à 18,91 % au quatrième trimestre 2025.
Tableau 3
Source : DSBIF/BRH
Ratios clés du système bancaire
Provisions pour créances douteuses
en pourcentage des prêts improducfs
Prêts en pourcentage des prêts bruts
Rendement moyen des prêts producfs
Ratios de rentabilité bancaire
ROA
ROE
Niveau de dollarisation du système
Dépôts en devises converes en
pourcentage des dépôts totaux
Portefeuille de prêts nets en devises converes
en pourcentage des prêts nets totaux
Ratios clés
du système bancaire
Au 30 juin 2025 Au 30 septembre 2025
66,04 %
14,17 %
11,79 %
Troisième trimestre 2025
1,29 %
15,23 %
Au 30 juin 2025
65,58 %
61,13 %
92,41 %
9,98 %
14,11 %
Quatrième trimestre 2025
1,61 %
18,91 %
Au 30 septembre 2025
64,32 %
61,24 %
RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR
CATÉGORIE, GENRE ET RÉGION
GÉOGRAPHIQUE 15
Note sur la politique monétaire
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trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
7. RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR CATÉGORIE,
GENRE ET RÉGION GÉOGRAPHIQUE
Se basant sur les données collectées par le Bureau d’Information sur le Crédit (BIC)
de la Banque centrale au 30 septembre 2025, le système financier a accordé environ
80 533 crédits dont 96,19 % ont été attribués à des personnes physiques et 3,81 %
à des personnes morales.
Au 30 septembre 2025, les institutions financières ont accordé des crédits pour
un montant de 248 422,78 MG dont 68,33 % ont été octroyés à des personnes
morales et 31,67 % à des personnes physiques. Du total des crédits alloués sur
l’exercice 2025, les entreprises ont bénéficié d’un montant de 56 928,37 MG et
863,31 millions de dollars ÉU, soit 48,53 % et 86,1 % des composantes gourdes
et dollars du crédit. Par ailleurs, les ménages n’ont eu accès qu’à 60 380,46 MG et
139,92 millions de dollars ÉU du portefeuille de prêts du secteur financier.
Considérés suivant le genre, les crédits attribués aux particuliers ont grandement
profité aux hommes, lesquels ont bénéficié de 63,29 % des crédits en gourdes
et de 75,14 % des prêts en dollar ÉU, contre des parts respectives de 36,67 % et
24,86 % octroyés aux femmes.
Graphique 9
Source : BIC/BRH
Répartition des crédits (en gourdes) accordés
selon le genre
Homme
Femme
63.29 %36.67 %
RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR
CATÉGORIE, GENRE ET RÉGION
GÉOGRAPHIQUE 16
Note sur la politique monétaire
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trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
Graphique 10
Source : BIC/BRH
Répartition des crédits (en dollars ÉU) accordés
selon le genre
Homme
Femme
75.14 %24.86 %
Par ailleurs, la distribution géographique du financement de l’économie par
le système financier reflète la concentration démographique et industrielle
prévalant à l’échelle du territoire national. Ainsi, nonobstant la conjoncture socio-
politique adverse, la répartition régionale du crédit reste relativement inchangée.
Plus de 75 % du total du portefeuille global ont été canalisés vers des bénéficiaires
résidents dans le département de l’Ouest. S’ensuivent ceux des départements
du Nord, de l’Artibonite et du Sud avec des poids respectifs de 6,41 %, 4,71 % et
3,34 %. Outre le Nord-Ouest où seulement 0,69 % de l’ensemble des crédits a été
accordé, les autres régions ont pu capter chacune près de 2 % du portefeuille total
des prêts octroyés par le système financier haïtien.
Graphique 11
Source : BIC/BRH
Répartition du crédit du système financier par région
géographique
Ouest
75,62 %
Centre
2,13 %
Grand-Anse
1,96 %
Nippes
1,60 %
Nord
6,41 %
Nord-Ouest
0,69 %
Nord-Est
2,03 %
Arbonite
4,71 %
Sud
3,34 %
Sud-Est
1,51 %
PERSPECTIVES 17
Note sur la politique monétaire
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trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
8. PERSPECTIVES
La dynamique économique en Haïti pour l’exercice 2025-2026 reste conditionnée à
l’environnement macroéconomique mondial et à l’évolution des conditions socio-
politiques et sécuritaires au niveau national. En effet, l’économie haïtienne demeure
exposée aux potentielles incidences de la poursuite des tensions géopolitiques
notamment au regard du durcissement des politiques commerciales et migratoires
à l’échelle mondiale particulièrement aux États-Unis.
Sur le plan national, les projections réalisées par les autorités économiques tablent
essentiellement sur le rétablissement de la sécurité intérieure. La redynamisation
des activités économiques, qui en découlerait, favoriserait les efforts de perception
de recettes, ce qui permettrait à l’État de dégager des ressources pour la mise
en œuvre des projets d’investissements publics. L’amélioration du climat des
affaires serait donc propice à l’augmentation des investissements privés, condition
nécessaire à l’augmentation de la production, à la création d’emplois et à une
amélioration de la sécurité alimentaire en Haïti. Ainsi, la bonne tenue des finances
publiques contribuerait au respect de l’objectif de financement monétaire nul
tel qu’inscrit au niveau du budget de l’exercice 2025-2026 et dans le programme
de référence (SMP) signé entre le gouvernement haïtien et le FMI, ce qui serait
favorable à la conduite de la politique monétaire.
Conséquemment, la BRH, attentive à l’évolution de la conjoncture, continuera
d’orienter ses décisions dans une perspective de reprise des activités garantie
par un environnement macroéconomique et financier stable. La Banque centrale
veut aussi participer à la relance de la production nationale en maintenant les
facilités disponibles dans le cadre de ses programmes pro-croissance, à travers
les mécanismes d’accès au financement des entreprises, notamment les PME et
l’encadrement des secteurs productifs tels le tourisme. Les autorités monétaires
s’engagent également à maintenir la stabilité du taux de change et à contenir le
rythme de progression des prix dans l’économie.