(FY2025) Nòt sou Politik Monetè
Rezime — Rapò sa a soti nan Bank Repiblik d Ayiti (BRH) ki analize politik monetè pandan premye trimès egzèsis fiskal 2024-2025 lan. Li mete aksan sou enpak enstabilite sosyo-politik la sou aktivite ekonomik ak presyon enflasyon ki pèsiste, malgre estabilite to echanj lan ak finans piblik favorab.
Dekouve Enpotan
- Kwasans ekonomik mondyal la te modere avèk diferans atravè peyi yo.
- Aktivite ekonomik domestik la te afekte anpil pa enstabilite sosyo-politik la.
- Presyon enflasyon yo te entansifye malgre estabilite to echanj la.
- BRH a kenbe pozisyon politik monetè li a, li esterilize likidite an plis la.
- Sistèm finansye a montre rezilyans, avèk entèvansyon BRH a nan mache echanj etranje a.
Deskripsyon Konple
Nòt sou Politik Monetè sa a soti nan BRH a, epi li egzamine anviwònman ekonomik mondyal ak domestik la pandan premye trimès egzèsis fiskal 2024-2025 lan. Globalman, kwasans lan te modere avèk diferans atravè peyi yo. Sou plan domestik la, enstabilite sosyo-politik ki pèsiste a afekte aktivite ekonomik la anpil, sa ki limite komès ak mouvman. Malgre yon to echanj ki estab ak finans piblik ki favorab, presyon enflasyon yo te entansifye. BRH a kenbe pozisyon politik monetè li a, li esterilize likidite an plis la epi li kenbe to kle yo san chanjman, pandan ke li entèvni tou nan mache echanj etranje a pou estabilize goud la.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
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...................................................................... PAGE 181. VUE D’ENSEMBLE
2. ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE GLOBAL AU TROISIÈME
TRIMESTRE 2025
2.1. ÉCONOMIE MONDIALE
2.2. ÉCONOMIE HAÏTIENNE
SECTEUR RÉEL ET ÉVOLUTION DES PRIX
3. FINANCES PUBLIQUES ET SECTEUR EXTERNE AU TROISIÈME
TRIMESTRE 2025
4.- DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE AU TROISIÈME
TRIMESTRE 2025
5. AGRÉGATS MONÉTAIRES AU TROISIÈME TRIMESTRE 2025
6. RÉSULTATS ET INDICATEURS DE PERFORMANCE DU SECTEUR
BANCAIRE
7. RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR CATÉGORIE, GENRE ET
RÉGION GÉOGRAPHIQUE
8. PERSPECTIVES
TABLE DES MATIÈRES
3
Note sur la politique monétaire
3
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025VUE D’ENSEMBLE
1. VUE D’ENSEMBLE
Le troisième trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025 a été marqué par une
intensification des tensions commerciales au niveau mondial, à la suite de
l’augmentation des tarifs douaniers amorcée par les États-Unis, dans un contexte
volatil déjà impacté par les fragmentations géopolitiques. Ces chocs ont eu des
incidences différenciées sur l’environnement macroéconomique international
et varient selon le pays, en fonction de son degré de résilience par rapport à la
hausse des droits de douane imposés. Conséquemment, les autorités monétaires
des principales économies ont adopté un comportement prudent en regard du
ralentissement de l’économie mondiale anticipé et du potentiel inflationniste
découlant des perturbations au niveau des chaînes d’approvisionnement à l’échelle
internationale.
Au niveau national, la contraction de l’Indicateur Conjoncturel d’Activité Économique
(ICAE) au deuxième trimestre reflète l’impact des retombées négatives de
l’environnement socio-politique sur tous les secteurs de l’économie. Les contraintes
inhérentes au climat d’insécurité continuent de paralyser les activités productives
et commerciales, avec des incidences notables sur la sécurité alimentaire, laquelle
s’est détériorée en raison des fréquents déplacements internes de la population.
Dans une telle conjoncture, les tensions inflationnistes ont perduré en dépit de
la situation favorable des finances publiques et d’une stabilité relative du taux de
change.
Considérant la persistance des contraintes à la reprise économique, la BRH continue
de mettre en œuvre les initiatives visant à soutenir la production nationale et à
consolider la résilience du système financier, en vue entre autres, de garantir la
protection des débiteurs du secteur. Les mesures prises par les autorités monétaires
s’inscrivent également dans le cadre du maintien des acquis en termes de stabilité
du taux de change, tout en veillant à contenir la volatilité des prix dans l’économie
haïtienne.
ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL 4
Note sur la politique monétaire
3
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
2. ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE
GLOBAL AU TROISIÈME TRIMESTRE
2025
2.1. ÉCONOMIE MONDIALE
Les tensions commerciales persistantes, ayant marqué le troisième trimestre de
l’exercice 2024-2025, ont conduit à une inflexion sensible de la trajectoire de la
croissance mondiale. Selon les projections de juin 2025 de la Banque mondiale, le
PIB mondial devrait croître de 2,3 % en 2025, soit 0,4 point de pourcentage (pp)
de moins par rapport aux prévisions antérieures (janvier 2025). Cette révision à
la baisse traduit les effets des mesures tarifaires de l’administration américaine,
lesquelles ont perturbé les chaînes d’approvisionnement au niveau international.
Ces facteurs, jumelés à la poursuite des conflits géopolitiques (Ukraine, Gaza, Iran,
etc.), ont entraîné une volatilité sur les marchés financiers ainsi que l’affaiblissement
de la dynamique de l’investissement à l’échelle internationale. Selon l’OCDE, les flux
mondiaux d’investissements directs étrangers (IDE) ont fléchi de 14 % entre avril et
juin 2025.
Néanmoins, l’activité économique américaine a enregistré un net rebond au
troisième trimestre fiscal 2025 par rapport au trimestre précédent, impulsée par
l’amélioration de la position commerciale des États-Unis. Alors que le marché du
travail demeure résilient, l’inflation reste élevée, à 2,7 % en juin 2025, après 2,4 %
en mars 2025. Dans ce contexte, compte tenu des incidences potentiellement
inflationnistes des politiques tarifaire et migratoire, la Réserve fédérale a maintenu
les taux sur les fonds fédéraux dans la fourchette [4,25 % ; 4,50 %].
D’un autre côté, l’économie de la Zone Euro, assujettie aux pressions externes liées
au commerce mondial, a ralenti au cours du 3
e
trimestre 2025. Par ailleurs, l’inflation
annuelle a atteint la cible de 2 % en juin dernier, contre 2,2 % à la fin du trimestre
antérieur. Aussi, la Banque centrale européenne (BCE) a-t-elle revu à la baisse ses
taux directeurs, en ramenant le taux de facilité de dépôt à 2 % en juin 2025.
Au niveau de la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, bien que la demande
intérieure reste résiliente, les perspectives de croissance ont été abaissées de
0,2 point de pourcentage, à 2,3 % en 2025, en raison de l’atonie de la demande
externe due aux politiques protectionnistes et aux incertitudes commerciales. En
République dominicaine, une décélération de l’indice mensuel d’activité écono-
mique (IMAE) a été observée sur la période allant d’avril à juin 2025 (3,5 % contre
4,5 %). Étant donné que l’inflation (3,56 % en juin) continue d’évoluer dans
l’intervalle cible (4 % ± 1 %), la Banque centrale de la République dominicaine (BCRD)
a maintenu son taux directeur à 5,75 % en juin 2025, tout en mettant en œuvre un
programme d’allocation de liquidité visant à soutenir les secteurs productifs.
ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL 5
Note sur la politique monétaire
3
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
S’agissant des prix des produits de base sur le marché international, ils ont affiché
une évolution mitigée au cours de la période sous-étude. En effet, après avoir atteint
128,2 en avril 2025, l’indice FAO des prix des produits alimentaires s’est infléchi à
128 en juin dernier, en dépit d’un accroissement trimestriel de 0,6 % par rapport à
son niveau de mars 2025. Parallèlement, les cours des produits pétroliers ont connu
une forte volatilité à la fin du trimestre sous revue, dans un contexte marqué par
l’intensification des conflits géopolitiques au Moyen-Orient. Le baril de Brent est
passé de 72,73 dollars ÉU en mars 2025 à 71,44 dollars ÉU en juin 2025, alors que
le WTI a reculé de 0,1 % pour atteindre 68,17 dollars ÉU en juin 2025.
Tableau 1
Source : Banque Mondiale | Sources : BLS, Eurosta15 w4j- / 2 asmûe6tmi7 ue ûdci éfév / 2 ûdci éfév
Indicateurs macroéconomiques par région et pays
États-Unis
Zone Euro
République
Dominicaine
Pays et Région/
Indicateurs Projection
de croissance*
Taux
d'inflation*
Taux de
chômage*
Taux
directeur*
1,4 %
0,7 %
4 %
2,7 %
2 %
3,56 %
4,1 %
6,2 %
5 %
4,25 % - 4,50 %
2 %
5,75 %
Graphique 1
Source : www.indexmundi.com/iloolunSes
Prix du riz en dollar ÉU par tonne métrique
670
630
590
550
510
470
430
390
juin-22
août-22
oct.-22
déc.-22
févr.-23
avr.-23
juin-23
août-23
oct.-23
déc.-23
févr.-24
avr.-24
juin-24
août-24
oct.-24
déc.-24
févr.-25
avr.-25
juin-25
ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL 6
Note sur la politique monétaire
3
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trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
Graphique 2
Source : www.indexmundi.com/commodies
Prix du blé et du maïs en dollar ÉU par tonne métrique
525
475
425
375
325
275
225
175
125
Blé
Maïs
juin-22
août-22
oct.-22
déc.-22
févr.-23
avr.-23
juin-23
août-23
oct.-23
déc.-23
févr.-24
avr.-24
juin-24
août-24
oct.-24
déc.-24
févr.-25
avr.-25
juin-25
Graphique 3
Sources : www.eia.gov/Indexmundi
Prix du baril du West Texas Intermediate (WTI) en dollar ÉU
100.0
75.0
50.0
juin-22
août-22
oct.-22
déc.-22
févr.-23
avr.-23
juin-23
août-23
oct.-23
déc.-23
févr.-24
avr.-24
juin-24
août-24
oct.-24
déc.-24
févr.-25
avr.-25
juin-25
Graphique 4
Sources : www.eia.gov/Indexmundi
Prix du baril du Brent en dollar ÉU
125
100
75
50
juin-22
août-22
oct.-22
déc.-22
févr.-23
avr.-23
juin-23
août-23
oct.-23
déc.-23
févr.-24
avr.-24
juin-24
août-24
oct.-24
déc.-24
févr.-25
avr.-25
juin-25
ENVIRONNEMENT
ÉCONOMIQUE GLOBAL 7
Note sur la politique monétaire
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trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
2.2. ÉCONOMIE HAÏTIENNE
SECTEUR RÉEL ET ÉVOLUTION DES PRIX
Au niveau national, l’activité économique continue d’évoluer dans un environnement
caractérisé par la détérioration de la situation sécuritaire, la dégradation accélérée
des conditions humanitaires et l’affaiblissement des capacités productives du pays.
La contre-performance des secteurs d’activité s’est traduite par la contraction de
l’Indicateur conjoncturel d’activité économique (ICAE) qui a enregistré, au deuxième
trimestre 2025, un repli de 2,7 %, après une baisse de 2,5 % au trimestre précédent.
Cette atonie économique s’est observée au niveau de tous les secteurs d’activité :
primaire (-5,7 %), secondaire (-4,9 %) et tertiaire (-1,2 %).
Par ailleurs, la détérioration de la situation sécuritaire, notamment dans les
départements de l’Artibonite, du Centre ainsi que dans l’aire métropolitaine de
Port-au-Prince a provoqué des déplacements internes continus, perturbant les
activités commerciales et détériorant les conditions de vie de la population. Selon
un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) publié le
25 juin 2025, le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays a atteint
1,3 million. Ces mouvements de population, combinés aux perturbations des
chaînes d’approvisionnement, ont accentué la précarité des moyens de subsistance
des ménages haïtiens et exacerbé la crise alimentaire. Ainsi, l’analyse de l’Indice de
l’insécurité alimentaire sur la période allant de mars à juin 2025 a révélé qu’environ
5,7 millions d’Haïtiens, soit 51 % de la population analysée, sont en insécurité
alimentaire aiguë, dont un million d’enfants en situation critique. Dans ce climat
socioéconomique instable, les pressions inflationnistes se sont accentuées, le taux
d’inflation annuel s’établissant à 28,4 % en juin 2025, contre 25,2 % en mars 2025.
L’intensification des tensions inflationnistes s’est particulièrement manifestée au
niveau des prix des fonctions de consommation « Logement, eau, gaz, électricité et
autres combustibles » (43,9 %) et « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées »
(31,5 %), ce qui reflète la dégradation continue des conditions sécuritaires.
FINANCES PUBLIQUES ET
SECTEUR EXTERNE 8
Note sur la politique monétaire
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trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
3. FINANCES PUBLIQUES ET SECTEUR
EXTERNE AU
TROISIÈME TRIMESTRE 2025
Sur le plan des finances publiques, la quasi-paralysie des activités économiques
au cours du troisième trimestre 2024-2025 a atténué l’impact des efforts de
mobilisation des organismes de perception de l’État haïtien. Conséquemment, les
taxes et impôts collectés (45 930,74 MG) ont reculé de 7,7 % comparativement au
trimestre passé. Le fléchissement des recettes fiscales découle de l’effet combiné
de la contraction respective des recettes douanières (-4,29 %) et des recettes
internes (-9,67 %). Par ailleurs, les ressources disponibles au 30 juin 2025 se sont
portées à 96 978,65 MG dont 51 047,91 MG provenant des « Autres ressources ».
Ces dernières ont été principalement constituées du produit des émissions de
billets de trésorerie dont l’encours s’est établi à 41 958,84 MG. Sur l’ensemble
de l’exercice, les recettes cumulées ont totalisé 143 706,1 MG en juin 2025, soit
un taux de perception avoisinant 66,1 % des projections du budget rectificatif de
l’exercice 2024-2025.
En revanche, comparativement au trimestre précédent, une tendance inverse
a caractérisé l’évolution des dépenses publiques qui ont connu une hausse de
9,2 % pour totaliser 50 104,8 MG au cours du trimestre sous étude. Elles ont
représenté 53,5 % des décaissements totaux de l’État au 30 juin 2025. Néanmoins,
les opérations du Trésor Public au cours du troisième trimestre se sont soldées
par un excédent, permettant à l’État de dégager une capacité de financement de
3 178,5 MG, ce qui s’aligne au critère de financement monétaire nul inscrit dans le
Pacte de gouvernance signé entre le MEF et la BRH ainsi que dans le programme de
référence conclu avec le FMI.
Tableau 2
Sources : MEF/DCC_BRH
Recettes fiscales
Autres ressources
Emiss. nettes Bons du TP
Ressources totales
Dépenses budgétaires
Autres décaissements
Certificats de
Trésorerie et autres
Décaissement totaux
1
er
trim
2025
3
e
trim
2025
2
e
trim
2025
Exercice
2024-2025
48,003.30
53,576.52
48,933.19
101,579.82
44,240.06
72,390.83
41,125.80
116,630.89
45,930.74
51,047.91
41,958.84
96,978.65
50,104.80
43,559.62
40,303.00
93,664.42
49,772.05
37,985.09
33,910.71
87,757.14
45,860.68
37,737.00
37,532.00
83,597.68
143,706.09
142,609.52
124,802.74
286,315.61
140,205.54
153,687.45
118,960.80
293,892.99
Évolution des finances publiques (en MG )
FINANCES PUBLIQUES ET
SECTEUR EXTERNE 9
Note sur la politique monétaire
3
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
En ce qui concerne les échanges extérieurs, les données disponibles pour les neuf
(9) premiers mois de l’exercice indiquent une aggravation du déficit commercial,
résultant d’un effet combiné d’une baisse des exportations et d’un accroissement
des importations. En effet, pour la période allant d’octobre 2024 à juin 2025, les
exportations se sont contractées de 9,41 % en glissement annuel pour s’établir à
520,15 millions de dollars ÉU. Parallèlement, les importations se sont chiffrées à
3 478,95 millions de dollars ÉU, accusant un accroissement de 10,11 %. Ainsi, le
solde déficitaire de la balance commerciale s’est détérioré de 14,5 % au cours de la
période susmentionnée.
S’agissant des transferts privés reçus de l’étranger, malgré les anticipations négatives
associées aux mesures migratoires de l’Administration américaine, ils ont crû de
22,10 % sur l’intervalle allant d’octobre 2024 à juin 2025 par rapport à la même
période de l’exercice précédent, pour totaliser 3 308,19 millions de dollars ÉU au
30 juin 2025. Le renforcement de l’offre de devises dans l’économie, qui en résulte,
jumelé aux mesures prises par la BRH, a permis de maintenir la relative stabilité du
taux de change dans un contexte de tassement de la demande de dollars ÉU induit
principalement par le ralentissement des activités économiques
1
. Ainsi, au 30 juin
2025, le taux de référence de la BRH s’est établi à 130,8018 gourdes pour un dollar
ÉU (+0,21 % par rapport à mars 2025).
Graphique 5
Source : BRH
Transferts privés sans contrepartie reçus de l’étranger
(en millions de dollars ÉU)
440
410
380
350
320
290
260
230
200
juin-22
août-22
oct.-22
déc.-22
févr.-23
avr.-23
juin-23
août-23
oct.-23
déc.-23
févr.-24
avr.-24
juin-24
août-24
oct.-24
déc.-24
févr.-25
avr.-25
juin-25
1 Le maintien de l’application de la circulaire 114-3 a contribué à un encadrement renforcé des sous-agents
affiliés aux maisons de transfert et à une meilleure canalisation des flux de devises vers le segment formel du marché
des changes.
FINANCES PUBLIQUES ET
SECTEUR EXTERNE 10
Note sur la politique monétaire
3
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
Graphique 6
Source : BRH
Balance commerciale (en millions de dollars ÉU)
-130
-180
-230
-280
-330
-380
-430
juin-22
août-22
oct.-22
déc.-22
févr.-23
avr.-23
juin-23
août-23
oct.-23
déc.-23
févr.-24
avr.-24
juin-24
août-24
oct.-24
déc.-24
févr.-25
avr.-25
juin-25
Graphique 7
Source : BRH
Taux de change nominal (fin de période)
160
150
140
130
120
110
100
juin-22
août-22
oct.-22
déc.-22
févr.-23
avr.-23
juin-23
août-23
oct.-23
déc.-23
févr.-24
avr.-24
juin-24
août-24
oct.-24
déc.-24
févr.-25
avr.-25
juin-25
Graphique 8
Source : BRH
Volume des transactions bancaires à l’achat et à la vente
sur le marché des changes (en millions de dollars ÉU )
300
250
200
150
100
50
0
Trans. à la vente Trans. à l’achat
juin-22
août-22
oct.-22
déc.-22
févr.-23
avr.-23
juin-23
août-23
oct.-23
déc.-23
févr.-24
avr.-24
juin-24
août-24
oct.-24
déc.-24
févr.-25
avr.-25
juin-25
DÉCISIONS DE POLITIQUE
MONÉTAIRE 11
Note sur la politique monétaire
3
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
4. DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE
AU
TROISIÈME TRIMESTRE 2025
Au cours du troisième trimestre de l’exercice fiscal 2025, la Banque de la République
d’Haïti (BRH) a maintenu une posture prudente de sa politique monétaire, en
privilégiant la stabilité macroéconomique, vu la persistance des contraintes à la
reprise des activités. Elle a ainsi poursuivi sa politique d’assèchement des excédents
de liquidité du système bancaire à travers les émissions des bons BRH, tout en
gardant inchangés ses taux directeurs et les coefficients de réserves obligatoires.
En effet, les taux de réserves obligatoires demeurent fixés à 40 % sur les passifs
en gourdes et à 53 % sur ceux libellés en devises étrangères pour les banques
créatrices de monnaie (BCM), contre respectivement 28,5 % et 41,5 % pour les
banques d’épargne et de logement (BEL). De même, les taux d’intérêt sur les
bons BRH ont été maintenus à 6 %, 8 % et 11,5 % pour les maturités respectives
de 7, 28 et 91 jours. À la fin du trimestre sous revue, l’encours de ces titres a atteint
33 199 MG, en hausse de 23,19 % par rapport au 31 mars 2025. En ce qui concerne
les opérations de mise en pension, les taux d’intérêt restent inchangés, à 17 % pour
les bons BRH et à 14 % pour les bons du Trésor.
Sur le marché des changes, l’offre de devises a été soutenue par la progression
continue des envois de fonds des migrants, permettant ainsi à la BRH d’accroître
ses capacités d’intervention. En effet, la Banque centrale a réalisé des achats nets
totalisant 146,88 millions dollars ÉU au cours du 3
e
trimestre, consolidant ainsi
ses réserves internationales, lesquelles, en termes bruts, dépassent les 6 mois
d’importations. Par ailleurs, les souscriptions aux obligations BRH ont affiché un
dynamisme notable, l’encours de ces titres ayant atteint 7 479,67 MG au 30 juin
2025.
AGRÉGATS MONÉTAIRES 12
Note sur la politique monétaire
3
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
5. AGRÉGATS MONÉTAIRES AU
TROISIÈME TRIMESTRE 2025
Selon les données disponibles au 30 juin 2025, une accélération du rythme de
croissance de la base monétaire tant au sens strict qu’au sens large a été enregistrée
comparativement au 2
e
trimestre. En effet, la base au sens restreint a enregistré
une progression de 5,03 % entre mars et juin 2025, après une contraction de
0,49 % au trimestre précédent. Cette hausse s’est manifestée tant au niveau des
réserves en gourdes des banques (+4,91 %) que de la monnaie en circulation dans
l’économie (+5,12 %). De son côté, la base au sens large a affiché une croissance
de 5,75 %, contre 3 % en mars 2025, avec l’intensification des placements des
institutions financières en bons BRH. Le comportement de la monnaie centrale
reste principalement influencé par le dynamisme des avoirs extérieurs nets
(+7,69 %) alimenté par les achats de devises de la BRH sur le marché des changes.
Pour ce qui concerne la masse monétaire, les données au 30 juin 2025 font état
d’une augmentation de 3,06 % de l’agrégat M3, de 5,53 % de l’agrégat M2 et de
5,46 % de l’agrégat M1 par rapport à mars 2025. Les dépôts en gourdes ont
augmenté de 5,85 %, tandis que ceux en dollars ÉU ont peu varié (+0,48 %) après
une progression de 4,17 % au trimestre précédent. La croissance de l’offre de
monnaie a été induite par la hausse conjuguée des avoirs extérieurs nets du système
bancaire (+5,25 %) et du crédit intérieur net (+1,64 %). Le crédit public, à travers
les acquisitions de billets de trésorerie par les institutions financières, s’est accru de
3,71 %, contrebalançant le repli de 1,37 % des créances nettes sur le secteur privé.
RÉSULTATS ET INDICATEURS
DE PERFORMANCE 13
Note sur la politique monétaire
3
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
6. RÉSULTATS ET INDICATEURS DE
PERFORMANCE DU SECTEUR BANCAIRE
Au cours du troisième trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025, les activités bancaires
ont été menées dans un environnement d’affaires dominé par la détérioration de la
crise socio-sécuritaire qui a paralysé le fonctionnement des entreprises débitrices
du secteur, avec des impacts défavorables sur l’évolution de certains indicateurs
clés. Toutefois, le système bancaire demeure rentable et bien capitalisé au regard
des normes règlementaires internationales.
Les données disponibles au 30 juin 2025 attestent d’une progression mitigée de
la performance des banques commerciales. Le produit net bancaire (PNB) généré
par les banques commerciales s’est établi à 9 059,19 MG, accusant un repli de près
de 1 % contre une hausse de 2,7 % au trimestre précédent. Ce fléchissement
découle de la contraction de certaines de ses composantes notamment les revenus
d’« Intérêt sur les bons BRH » ( -3,24 %), les « Gains sur change » (-16,91 %) et le
poste « Autres » des « Autres revenus » (-19,23 %). Néanmoins, le repli de 6,4 %
des dépenses d’exploitation a permis au secteur de dégager un bénéfice net de
2 213,15 MG, soit une hausse de 12,3 % d’un trimestre à l’autre.
Par ailleurs, une amélioration de la rentabilité bancaire a été constatée au 3
e
tri-
mestre comparativement au trimestre antérieur. Le rendement de l’actif (ROA)
s’est porté à 1,29 % au 30 juin 2025, contre 1,17 % à la fin du trimestre passé.
Parallèlement, le rendement de l’avoir des actionnaires (ROE) a atteint 15,23 %
après avoir affiché 13,65 % au 31 mars 2025.
Au 30 juin 2025, l’actif du secteur a crû de 2,12 % en variation trimestrielle
pour s’établir à 692 516,04 MG. Cette évolution résulte de l’effet conjugué de
l’accroissement de l’encours des « bons BRH » (19,9 %), des « Autres liquidités »
(18,9 %), des « Avoirs dans les banques locales » (8 %), des « Autres placements »
(6,2 %), et de celui de l’encours des « bons du Trésor » (1,4 %).
De même, les ressources du système ont été en hausse au cours de ce trimestre,
impulsées par la croissance (1,7 %) des dépôts bancaires (564 242,05 MG). En
effet, les dépôts d’épargne (3,6 %) et les dépôts à vue (0,9 %) ont contribué à
l’augmentation des dépôts totaux des banques commerciales, les dépôts à terme
(DAT) ayant stagné autour de 98 milliards de gourdes sur la période. Néanmoins,
dans ce contexte particulièrement volatil, les opportunités d’investissement se sont
fortement réduites ; ainsi, le niveau d’intermédiation bancaire, mesuré par le ratio
« prêts bruts sur dépôts totaux », s’est tassé, passant à 21,61 %, contre 22,51 % au
31 mars 2025.
En ce qui a trait à la structure financière du système pour le troisième trimestre
2025, l’analyse des données y relatives indique un recul des principaux ratios. Le
ratio « Avoirs des actionnaires en pourcentage de l’actif » s’est porté à 8,42 %, en
repli de 13 points de base en variation trimestrielle, alors que le ratio « dépôts en
RÉSULTATS ET INDICATEURS
DE PERFORMANCE 14
Note sur la politique monétaire
3
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
pourcentage de l’actif » est passé de 81,81 % à 81,48 % au 30 juin 2025. Les mesures
prises par la BRH en vue de soutenir le secteur, notamment les moratoires successifs
octroyés sur les prêts, ont permis d’atténuer l’impact de cette détérioration
de la crise sécuritaire sur la qualité du portefeuille des banques. Ainsi, dans cet
environnement peu favorable au climat des affaires, le coefficient d’arrérage mesuré
par le ratio « Prêts improductifs bruts en pourcentage des prêts bruts » s’est chiffré
à 14,17 % au 30 juin 2025 contre 13,68 % au 31 mars 2025. Toutefois, l’amélioration
de la couverture des banques face aux risques de défaut de paiement des débiteurs
du système a atténué l’impact de la faible progression du taux d’improductifs. En
atteste le coefficient « Provisions pour créances douteuses en pourcentage des
prêts bruts » qui s’est établi à 66,04 % au 30 juin 2025, contre 65,16 % au 31 mars
2025. Conséquemment, les fonds propres des institutions bancaires se retrouvent
moins exposés à une éventuelle matérialisation à court terme du risque de crédit
avec un taux d’exposition en repli de 20 points de base à 10,06 %.
Par ailleurs, le ralentissement des activités économiques dans un contexte de
stabilité du taux de change s’est traduit par une demande moins soutenue de la
devise américaine, en témoignent les différents indicateurs de dollarisation du
système bancaire. Le ratio « dépôts en devises converties en pourcentage des
dépôts totaux » est passé de 66,22 % au 31 mars 2025 à 65,58 % au 30 juin 2025.
De même, le ratio « portefeuille de prêts nets en devises converties en pourcentage
des prêts nets totaux » a atteint 61,13 % au 30 juin 2025 contre 61,18 % à la fin du
trimestre précédent.
D’autre part, les taux d’intérêt bancaires sur les opérations en gourdes et ceux sur
les dépôts à termes (DAT) ont chuté au troisième trimestre 2025 (2,67 % au 3
e
tri-
mestre contre 3,67 % au 2
e
trimestre), alors que ceux sur les prêts se sont établis à
14,50 % sur le trimestre sous revue contre 14,33 % un trimestre auparavant. Cette
situation a entraîné une hausse du spread bancaire sur l’intervalle allant d’avril à
juin 2025 (11,83 points de pourcentage par rapport à celui de janvier à mars 2025
(10,67 points de pourcentage).
S’agissant des opérations en devises, les taux d’intérêt sur les DAT ont fléchi de
2,37 points de pourcentage au cours du troisième trimestre 2025 sur une base
trimestrielle, se fixant à 0,50 % en moyenne. En ce qui a trait à la rémunération
moyenne sur les prêts en devises, elle s’est contractée au cours du troisième
trimestre 2025 (10,50 % contre 10,71 %). Conséquemment, le spread bancaire a
été plus élevé sur le trimestre considéré, ce dernier s’établissant à 10 points de
pourcentage au troisième trimestre contre 7,84 points de pourcentage le trimestre
antérieur.
RÉSULTATS ET INDICATEURS
DE PERFORMANCE 15
Note sur la politique monétaire
3
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
Tableau 3
Source : DSBIF/BRH
Ratios clés du système bancaire au 30 juin 2025
Provisions pour créances douteuses
en pourcentage des prêts improducfs
Prêts en pourcentage des prêts bruts
Rendement moyen des prêts producfs
Ratios de rentabilité bancaire
ROA
ROE
Niveau de dollarisation du système
Dépôts en devises converes en
pourcentage des dépôts totaux
Portefeuille de prêts nets en devises converes
en pourcentage des prêts nets totaux
Ratios clés
du système bancaire
Au 31 mars 2025 Au 30 juin 2025
65,16 %
13,68%
11,41%
Deuxième trimestre 2025
1,17 %
13,65 %
Au 31 mars 2025
66,22 %
61,18 %
66,04 %
14,17 %
11,79 %
Troisième trimestre 2025
1,29 %
15,23 %
Au 30 juin 2025
65,58 %
61,13 %
RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR
CATÉGORIE, GENRE ET RÉGION
GÉOGRAPHIQUE 16
Note sur la politique monétaire
3
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trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
7. RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR CATÉGORIE,
GENRE ET RÉGION GÉOGRAPHIQUE
La dégradation des conditions de sécurité au cours du 3
e
trimestre 2025, non
propice aux investissements, a eu des impacts négatifs sur l’allocation des
ressources captées dans le système financier. Suivant les données collectées par le
Bureau d’Information sur le Crédit (BIC) de la Banque centrale, les établissements
financiers ont octroyé 81 602 crédits durant le troisième trimestre de l’exercice
2024-2025, soit une baisse de 5,78 % par rapport au trimestre précédent. En effet,
96,32 % des prêts ont été attribués à des personnes physiques, contre 3,78 % à des
personnes morales. Considérant l’allocation du volume de crédit en gourdes, les
prêts accordés aux entreprises se sont établis à 55 083,63 MG contre 59 910,45 MG
en faveur des particuliers. La ventilation des crédits en dollars ÉU a révélé, qu’au
cours de la période sous revue, les personnes morales ont bénéficié de 816,72
millions de dollars ÉU, tandis que seulement 139,79 millions de dollars ÉU ont été
captés par les personnes physiques.
En ce qui concerne la répartition des prêts octroyés suivant le genre, 63,37 % des
crédits libellés en monnaie nationale ont été alloués aux hommes pour un total de
37 966,86 MG contre 21 919,44 MG aux femmes. Il faut rappeler qu’au deuxième
trimestre 2025, les femmes avaient bénéficié de 21 558,63 MG (35,76 % du total
des prêts) et les hommes 38 765,83 MG (64,24 % des prêts totaux). Sur le trimestre
sous revue, ces derniers ont aussi bénéficié de 75,66 % du portefeuille de crédit en
monnaie étrangère, soit 105,76 millions de dollars ÉU.
Graphique 9
Source : BIC/BRH
Répartition des crédits (en gourdes) accordés
selon le genre
Homme
Femme
63.37 %36.59 %
RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR
CATÉGORIE, GENRE ET RÉGION
GÉOGRAPHIQUE 17
Note sur la politique monétaire
3
e
trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
Graphique 10
Source : BIC/BRH
Répartition des crédits (en dollars ÉU) accordés
selon le genre
Homme
Femme
75.66 %24.34 %
Par ailleurs, la distribution géographique du financement de l’économie par le
système financier reflète la concentration démographique et industrielle prévalant
à l’échelle du territoire national. Ainsi, nonobstant la situation sécuritaire précaire
dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, plus de 75 % du total du portefeuille
global ont été canalisés vers des bénéficiaires et résidents du département de
l’Ouest. S’ensuivent les départements du Nord, de l’Artibonite et du Sud, avec des
poids respectifs de 6,23 %, 4,96 % et 3,21 %. Outre le Nord-Ouest où moins de 1 %
de l’ensemble des crédits a été accordé, les autres régions ont pu capter chacune
plus ou moins 2 % du portefeuille total des prêts octroyés par le système financier
haïtien.
Graphique 11
Source : BIC/BRH
Répartition du crédit du système financier par région
géographique
Ouest
75,35 %
Centre
2,23 %
Grand-Anse
2,02 %
Nippes
1,63 %
Nord
6,23 %
Nord-Ouest
0,70 %
Nord-Est
2,11 %
Arbonite
4,96 %
Sud
3,21 %
Sud-Est
1,54 %
PERSPECTIVES 18
Note sur la politique monétaire
3
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trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025
8. PERSPECTIVES
La dynamique économique en Haïti pour le reste de l’exercice demeure tributaire
de l’environnement macroéconomique mondial et de l’évolution des conditions
socio-politiques et sécuritaires, ainsi que des éventuelles répercussions de la saison
cyclonique sur le secteur agricole au niveau national.
Un renforcement des investissements, favorisé par un climat des affaires propice,
pourrait stimuler la relance économique et contribuer à l’amélioration du marché
de l’emploi en Haïti avec des effets positifs sur la sécurité alimentaire.
La Banque de la République d’Haïti effectue un suivi rigoureux de la conjoncture
de manière à adapter efficacement ses décisions de politique monétaire en vue de
maintenir la stabilité macroéconomique et financière. Parallèlement, elle s’engage
à participer à l’élan de reprise des activités économiques par la mise en place
de programme d’appui ciblant des secteurs qui ont fortement pâti de cet
environnement adverse tels les micros, petites et moyennes entreprises (Booster
PME), ainsi que le secteur touristique (Circulaire 130). Cette posture adoptée par
les autorités monétaires vise aussi à défendre la valeur interne et externe de la
monnaie nationale en vertu de la mission première de la Banque centrale.