(FY2024) Nòt sou Politik Monetè
Rezime — Nòt sa a soti nan Bank Repiblik Ayiti (BRH) epi li analize politik monetè pandan premye semès egzèsis fiskal 2023-2024 la. Li diskite anviwònman ekonomik la, agregat monetè yo, ak pèfòmans sektè bankè a, epi tou li prezante desizyon politik BRH yo.
Dekouve Enpotan
- Ekonomi ayisyèn nan te kontinye ap sibi efè negatif chòk entèn ak ekstèn pandan premye semès egzèsis fiskal 2023-2024 la.
- BRH te kenbe pozisyon politik monetè li, li te konsantre sou estabilite pri yo ak estabilite sistèm finansye a.
- Efò gouvènman santral la pou amelyore kapasite finansman li, ansanm ak ogmantasyon rezèv nan mache echanj fòmèl la, te mennen nan yon estabilite relatif nan to echanj la.
- Revni nèt sektè bankè a te diminye, men rapò kle tankou retou sou byen ak retou sou ekite yo te amelyore.
- BRH te pwolonje moratoryòm sou prè elijib yo epi li te otorize restriktirasyon prè ki pa pèfòme yo pou sipòte biznis ak moun.
Deskripsyon Konple
Nòt sou politik monetè sa a, ki soti nan Bank Repiblik Ayiti (BRH), bay yon apèsi sou kondisyon ekonomik ak finansye ann Ayiti pandan premye semès egzèsis fiskal 2023-2024 la (Oktòb 2023 - Mas 2024). Li egzamine anviwònman ekonomik mondyal ak domestik la, epi li konsantre sou enflasyon, to echanj, ak sektè reyèl la. Nòt la bay detay sou desizyon politik monetè BRH yo pandan peryòd sa a, tankou jere likidite ak egzijans rezèv yo. Li evalye pèfòmans sektè bankè a tou epi li bay pèspektiv sou devlopman ekonomik nan lavni.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
[page 1]
NOTE SUR
LA POLITIQUE MONETAIRE
3° TRIMESTRE DE L'EXERCICE FISCAL
2023-2024
( AVRIL - JUIN 2024 )
g li LUE SES S :
[page 2]
TABLE DES MATIÈRES
1. VUE D'ENSEMBLE ........................................ PAGE 3
2. ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE GLOBAL AU TROISIÈME
TRIMESTRE 2024 sccceiisirssseecscccirerreseeeesssruuuu PAGE 4
2.1. ÉCONOMIE MONDIALE siiieeeeesssscceeeeeeeseeesseeennneeusss. PAGE 4
2.2. ÉCONOMIE HAÏTIENNE cesse PAGE 6
SECTEUR RÉEL ET ÉVOLUTION DES PRIX... PAGE 6
3. FINANCES PUBLIQUES ET SECTEUR EXTERNE AU TROISIÈME
TRIMESTRE 2024 cceissiissseccesscierrrrseeeess. PAGE 8
4.- DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE AU TROISIÈME
TRIMESTRE 2024 ,................................................ PAGE 11
5. AGRÉGATS MONÉTAIRES AU TROISIÈME TRIMESTRE 2024... PAGE 12
6. RÉSULTATS ET INDICATEURS DE PERFORMANCE DU SECTEUR
BANCAIRE ,..............................................…… PAGE 13
7. PERSPECTIVES iiissiissicccesccceerrrrseeecssssreruus PAGE 15
[page 3]
[ea]
1. VUE D’ENSEMBLE ë
a
Au cours du troisième trimestre 2024, l’activité économique a évolué dans un £
environnement caractérisé par une reprise lente au niveau international. Les A
goulots d’étranglement, ralentissant la tendance à la désinflation observée depuis 5
le trimestre antérieur, ont porté les principales banques centrales à être moins “a
enclines au desserrement rapide des conditions financières.
Au niveau national, après deux trimestres de contraction économique (ICAE! :-4 %
sur le premier semestre 2024) résultant des chocs ayant trait aux tensions socio-
politiques et à la rareté des produits de base sur le marché, une relative reprise des
activités commerciales a été constatée, alors que celles liées à la production tardent
encore à être relancées. La production nationale continue d’être conditionnée aux
aléas climatiques et aux contraintes d'ordre socio-politique qui pèsent sur la sphère
réelle de l'économie. De plus, le taux d'inflation s’est replié en variation mensuelle
sur le trimestre considéré, alors que sur une base annuelle, il s'est inscrit en hausse.
En dépit de cet environnement socio-politique volatil, la BRH a maintenu ses objectifs
Visant à favoriser la stabilité interne et externe de la monnaie nationale, tout en
mettant en œuvre certaines mesures en vue de soutenir l'économie, notamment
le secteur financier et les entreprises débitrices du système, victimes de cette crise
multidimensionnelle.
1 ICAE : Indicateur conjoncturel d'activité économique
Note sur la politique monétaire
3° trimestre de l'exercice fiscal 2024 Red | 3
[page 4]
2. ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE
GLOBAL AU TROISIÈME TRIMESTRE 2024
2.1. ÉCONOMIE MONDIALE 2
E æ
L'activité économique internationale demeure résiliente en dépit de la persistance & a
des fragmentations géopolitiques et de la posture restrictive de la politique À “
monétaire dans certaines grandes économies. En effet, la croissance économique Æ 2
mondiale est restée soutenue au troisième trimestre 2024, tirée notamment par O =
les pays émergents. Après un taux de 1,4 % au deuxième trimestre, le PIB des États- Ë ë
Unis a atteint 2,8 % au troisième trimestre 2024. En Zone Euro, l'économie a crû AA =
de 0,6 % en juin contre 0,5 % au trimestre précédent. Dans les pays émergents, &
cette performance économique a été tirée notamment par celle de la Russie (4 %
contre 5,4 %), du Brésil (1,4 % contre 2,5 %) et de la Chine (4,7 % contre 5,3 %).
Par ailleurs, selon les estimations préliminaires, l'économie dominicaine reste
dynamique, en témoigne l'indicateur mensuel d'activité économique (IMAE) qui a
accusé une hausse de 6,2 % en juin 2024, soit 4,6 points de pourcentage de plus
par rapport à mars 2024.
Le ralentissement de l'inflation, moins rapide que prévu aux États-Unis (3 % en juin
contre 3,5 % en mars 2024) a porté les autorités américaines à garder inchangés,
pour la septième fois consécutive, les taux directeurs dans la fourchette cible
(5,25 %- 5,50 %). En revanche, la Banque Centrale Européenne (BCE) a abaissé de
25 points de base son principal taux directeur le ramenant à 4,25 % en juin 2024,
alors que le taux d'inflation s'est établi à 2,5 % en juin, proche de la cible d'inflation
de la BCE (2 %). Parallèlement, la Banque Centrale de la République Dominicaine
(BCRD) a décidé de garder son taux d'intérêt directeur à 7 % depuis le mois de
janvier 2024 dans un environnement marqué par un accroissement de 12 points de
base de l'inflation en juin (3,46 %) comparativement à mars 2024.
Sur le marché international des produits de base, les coûts des produits pétroliers
demeurent élevés en raison de la réduction de la production des pays de l’'OPEP+
face à une demande mondiale atone. Les prix du baril du Brent et du WTI sur le
troisième trimestre se sont établis à 84,65 et 82,72 dollars ÉU en moyenne chacun,
soit une croissance trimestrielle respective de 6,65 % et 1,99 % en juin 2024. De
même, si l’on considère l'indice FAO, les prix des produits alimentaires se sont
accrus de 1,34 % par rapport au trimestre antérieur.
Note sur la politique monétaire
3° trimestre de l'exercice fiscal 2024 Red | 4
[page 5]
Tableau 1
Pays et Région/ Projection de Taux Taux de Taux
Indicateurs croissance2024* d'inflation‘* chômage“** directeur**
E—_—......
Z
États-Unis 2,6% 3% 41% 5,25 %-5,5% E
Z ©
5 ©
Zone Euro 0,6% 2,5% 6,5% 4,25 % E ty
Z >
, . Z ©
République 54% 3,46% 5,1%%%* 7,00 % 0 =
Dominicaine 5 ©
*Projections avril 2024 - Source : FMI | **Sources : BLS, Eurostat, BCRD, juin 2024 | *** en mars 2024 & =
[e}
Nes
Graphique 1 Prix du riz en dollar par tonne métrique
630 n IN _
590 / NV ON
550
510 Nm
470 /
430 \o — IN
390
D RER HOROR ON NON ON D D D D D D + + +
Source : www.indexmundi.com/commodities
Graphique 2 Prix du blé et du maïs en dollar ÉU par tonne métrique
485 h ges
Blé ,; à
425 " à PAS
365 Dee _ a
305 LL, ——— :
245 Mais DT
185
125
SONONO NON ON ON ON ON ON À À À À À À ON à
Source : www.indexmundi.com/commodities
Note sur la politique monétaire 5
3° trimestre de l'exercice fiscal 2024
[page 6]
Graphique 3 Prix du West Texas Intermediate (WTI) en dollar
100.0 N\
75.0 AN IN PAN INT EH em
CON NY 7 Z ©
À 2
À ©
50.0 = 5
LI LI LI æ >=
= 5 ©
Sources : www.eia.gov/Indexmundi Z Z
ä ©
[e}
Nes
Graphique 4 Prix du Brent
125
100
75
50
S ÈS & sg S SO SOS & OS SO SO & £ $ S £ S
5 SO SO & 8 53 £ S & 8 = 2 © + & 68 »zs
Sources : www.eia.gov/Indexmundi
SECTEUR RÉEL ET ÉVOLUTION DES PRIX
Au niveau national, après une contre-performance de 4 % sur la période allant
d'octobre 2023 à mars 2024, une relative reprise de l’activité économique a été
observée au cours du troisième trimestre 2024, à la suite de l’atténuation des
effets des chocs liés à l’environnement sécuritaire délétère et la rareté des produits
pétroliers à la pompe’. En effet, l’apaisement modéré du climat socio-politique a
permis un assouplissement partiel des restrictions sur la circulation des personnes
et des biens, entraînant ainsi une augmentation des activités commerciales3. Ceci
2 L'indicateur conjoncturel d'activité économique (ICAE), qui fournit des renseignements approximatifs sur les
tendances infra annuelles du produit intérieur brut (PIB) haïtien, a chuté de 4 % sur la période allant d'octobre 2022
à mars 2024 en raison de la baisse de la quasi-totalité des branches d'activité, hormis la branche d'activité « Institu-
tions financières » (+2,4 %).
3 Selon « Armed Conflict Location & Event Data Project » (ACLED), une baisse d'environ 60 % du nombre d'événe-
ments violents et de décès a été constatée entre avril et mai par rapport à mars 2024
Note sur la politique monétaire 6
3° trimestre de l'exercice fiscal 2024
[page 7]
s'est traduit en un meilleur approvisionnement des marchés, lequel a surtout été
impulsé par les produits d'importation à la suite de la réouverture du port et de
l'aéroport de Port-au-Prince, la production agricole en Haïti restant peu dynamique.
Malgré l'amélioration de la pluviométrie au cours du troisième trimestre 2024,
le secteur agricole est resté en proie au stress hydrique en raison du caractère
spatio-temporel des précipitations. Ceci a négativement impacté la performance 2
de la campagne agricole de printemps. Il en est résulté une diminution de l'offre E ë
alimentaire nationale, laquelle continue de pâtir de la faiblesse des revenus des = D
exploitants agricoles, de la diminution des surfaces cultivables et de la cherté des = Es
intrants. Z ©
8 =
Conséquemment, l'inflation au cours du trimestre sous revue s’est caractérisée par Ë ©
une tendance à la hausse en glissement annuel, alors que sur une base mensuelle, & =
un ralentissement du rythme de progression des prix a été constaté. Après 26,7 % o
en mars 2024, la variation annuelle de l'IPC s’est établie à 28,9 % en juin 2024. Par
contre, la réduction des effets perturbateurs des troubles socio-politiques observés
au trimestre précédent, joint à l’évolution contenue du taux de change, entre
autres, a conduit à une décélération de l'inflation en rythme mensuel, laquelle est
passée de 4,7 % à la fin du trimestre antérieur à 1 % en juin 2024.
Note sur la politique monétaire
3° trimestre de l'exercice fiscal 2024 Red | 7
[page 8]
Sur le plan des finances publiques, l'exécution budgétaire sur la période allant d'avril
à juin 2024 renvoie à une meilleure performance des recettes fiscales, résultats des
effets rémanents des mesures fiscales prises depuis l'exercice antérieur et de la
reprise timide des activités économiques notamment en décembre 2023 et sur le
trimestre sous revue. Ainsi, les recettes collectées par l’État haïtien, qui représentent
près de 42 % des ressources totales (98 436,15 MG), ont atteint 41 225,22 MG au
cours du troisième trimestre 2024. Cette hausse de 20,81 % en rythme trimestriel
a été tirée par l’accroissement des recettes douanières (6,14 %) et des recettes 5
internes (29,76 %). De même, les recettes cumulées sur l’ensemble de l'exercice A =
ont totalisé 124,93 milliards de gourdes en juin 2024, soit un taux de perception à =
avoisinant 65 % des projections initiales pour l'exercice. Par ailleurs, le financement = FE
interne de l’État à travers les bons du Trésor (principale composante des Autres = Hi
ressources) a conduit à des émissions nettes de 6 125,22 MG au 30 juin 2024. = E
1 Em
En ce qui a trait aux décaissements totaux, ils se sont établis à 96 560,06 MG dont E 5
4 8520,06 MG de dépenses budgétaires (contre 32 322,01 MG le trimestre £ A
antérieur). Conséquemment, la situation des finances publiques indique une _
amélioration de la position globale nette de l’État envers la BRH caractérisée par
un solde excédentaire de 4 441,72 MG au 30 juin 2024.
Tableau 2
En million 1e trim 2024 2e trim 2024 3° trim 2024 Brass
de gourdes 2023-2024
Recette fiscales 49,578.62 34,123.08 41,225.22 124,926.92
Autres ressources 48,962.68 35,654.56 57,210.93 141,828.17
Emiss. nette Bons du TP 46,912.75 30,065.96 48,229.46 125,208.17
Avances BRH S S S :
Autres 80.00 5,000.00 7,111.35 12,191.35
Ressources totales 98,541.29 69,777.64 98,436.15 266,755.08
Dépenses budgétaires 44,129.01 32,322.01 48,520.06 124,971.08
Autres décaissements 48,215.26 27,900.00 48,040.00 124,155.26
Certificats de
résoreriaetiantres 45,049.00 27,780.00 47,920.00 120,749.00
Autres 3,166.26 120.00 120.00 3,406.26
Décaissement totaux 92,343.27 60,222.01 96,560.06 249,126.34
Sources : MEF. DCC/ BRH
Note sur la politique monétaire
3° trimestre de l'exercice fiscal 2024 8
[page 9]
AU niveau des échanges extérieurs, les statistiques pour les neuf (9) premiers
mois de l'exercice en cours renvoient à un creusement du déficit commercial,
découlant de l'effet conjugué d’une baisse des exportations et des importations.
Comparativement à la période allant d'octobre 2022 à juin 2023, les exportations
ont régressé de 19,2 % pour se chiffrer à 574,18 millions de dollars ÉU. De même,
malgré la hausse en glissement annuel de près de 65 % des importations en mai à la
faveur de la reprise des activités du port et de l'aéroport de Port-au-Prince, la valeur
des produits importés a fléchi de 9,5 % sur l'exercice pour se porter à 3 158,99
millions de dollars ÉU à juin 2024. D'où une détérioration de 7,01 % du solde de la
balance commerciale sur l'intervalle allant d'octobre 2023 à juin 2024.
Quant aux transferts sans contrepartie reçus, ils se sont accrus de 11,92 % pour Ex
atteindre 2 709,52 millions de dollars ÉU sur les trois premiers trimestres de l'exercice a a
en cours, ce qui a contribué à l'augmentation de l'offre de devises dans l'économie. 5 Z
Cette amélioration des remises migratoires jumelée au solde exédentaire de l'État O x
à la Banque centrale et aux mesures de règlementation prises par la BRH ont eu a =
des retombées positives sur la valeur externe de la gourde, ce qui a été propice à la = w
bonne tenue du marché des changes au troisième trimestre de l’année fiscale 2024. A =
En effet, le dollar américain s’est échangé contre 132,06 gourdes au 30 juin 2024, E 5
soit un recul de 0,34 % du taux de change par rapport à mars 2024. £ à
E
Transferts privés sans contrepartie reçus de l’étranger
400
370
340
210
180
250
se ie enr
190
3 $ SO Ë 8 3 $ 8 & S8 3 $ S + E& Ss 3
Source : BRH
Note sur la politique monétaire
3° trimestre de l'exercice fiscal 2024 Red | 9
[page 10]
Graphique 6 Balance commerciale (millions de dollars ÉU)
S SO 8 à SO ËÈ SO S 3 g À È OS $S à à à ËE S
yo 3 $ $ $ E 8 S S S S E s à $ $ + & s =
-180
-230
-280
-330
-380
-430
—_… nl
Source : BRH [al
22
D,
O x
Graphique 7 Taux de change nominal de fin de période = E
EH
=)
A
164 D
Le)
154 3] [es]
144 Oo
134 Z 9
124 «<a
114 Z
<<
104 En
94
84
74
64
RORORORON NON ON ON ON D D D D D D OX + &%
CR
À D OÙ Sd À Ÿ À à OÙ OÙ À À à à À à à
Source : BRH
Graphique 8 Volume des transactions bancaires à l’achat et à la vente
sur le marché des changes en millions de dollar EU
300
280 Tr à te Tr à l'achat
260 ans. à la vente rans. à l'acha
240
220
200
180
160
140
120 | Î |
100 LE HT. 1 L
Source : BRH
Note sur la politique monétaire 10
3° trimestre de l'exercice fiscal 2024
[page 11]
4. DÉCISIONS DE POLITIQUE MONETAIRE
AU TROISIÈME TRIMESTRE 2024
Au cours du troisième trimestre de l'exercice fiscal 2024, la Banque centrale a
maintenu la posture adoptée au premier semestre, contribuant ainsi aux efforts de
stabilisation du cadre macroéconomique, tout en évitant de durcir davantage les
conditions monétaires. Ainsi, les Autorités monétaires ont gardé inchangés les taux
directeurs et les coefficients de réserves obligatoires, tout en continuant à absorber
la liquidité excédentaire du système bancaire à travers les émissions de bons BRH.
En effet, les taux de réserves obligatoires sur les dépôts en gourde et en monnaie
étrangère ont demeuré respectivement à 40 % et 53 % pour les banques
commerciales ; 28,5 % et 41,5 % pour les banques d'épargne et de logement. De
même, la structure des taux d'intérêt sur les bons BRH est restée inchangée à 6 %,
8 % et 11,5 % pour les maturités de 7, 28 et 91 jours respectivement. Néanmoins,
l'encours de ces titres a significativement augmenté, passant de 3,500 MG en mars
2024 à 8,450 MG en juin 2024, afin d’éponger les surplus de liquidité du système
bancaire dans un contexte peu favorable aux activités d’intermédiation. Quant aux 5
taux de mise en pension, ils ont été gardés à 17 % pour les bons BRH et 14 % pour e}
les bons du trésor. = 4
©
Parallèlement, l’accalmie sur le marché des changes, en absence de financement = £
de la Banque centrale et sur fond de reprise économique lente, a favorisé la A =
poursuite des interventions nettes à l’achat de la BRH sans effets perturbateurs 2 ©
sur le taux de change. Ces acquisitions nettes, de l’ordre de 60,5 millions de dollars (©) =
ÉU pour le trimestre sous étude, ont consolidé les réserves internationales de la s
Banque centrale, renforçant ainsi ses marges de manœuvre face à d'éventuels =
signes de surchauffe. Par ailleurs, les souscriptions aux obligations BRH ont été plus
dynamiques qu'au 2e trimestre, l’encours de ces titres ayant atteint 6 794,61 MG au
30 juin 2024 contre 4 230 MG en mars.
Note sur la politique monétaire
3° trimestre de l'exercice fiscal 2024 Red | 11
[page 12]
Les données disponibles au 30 juin 2024 font état d’une évolution modérée des
principaux indicateurs monétaires, favorisée par une situation relativement stable
des finances publiques. Entre mars et mai 2024, une baisse de 1,06 % de la base
monétaire au sens restreint a été observée, tandis que celle au sens large a crû
de 0,46 %. Cet écart de croissance est lié à l'augmentation de 2,26 % des dépôts
en devises des banques à la Banque centrale ainsi qu’à l’intensification de leurs
placements en bons BRH. Pour le trimestre sous revue, en dépit du repli des
créances nettes de la BRH sur l'État (-0,6 %), le stock de monnaie centrale a été
alimenté par la hausse des avoirs extérieurs nets (+2,97 %), lequel a été soutenu par
les interventions nettes à l'achat de la Banque centrale sur le marché des changes.
Au niveau de la masse monétaire, les données préliminaires au 30 juin 2024
indiquent une baisse de 0,31 % de l’agrégat M3, de 1,7 % de l’agrégat M2 et de
4,61 % de l'agrégat M1 par rapport à mars 2024. Outre la monnaie en circulation
qui a faiblement évolué, la masse monétaire au sens étroit comprend les dépôts à
vue en gourdes lesquels ont régressé de 10,87 % sur la période, témoignant ainsi de
l’'atonie des activités économiques. Sur la période étudiée, l’évolution de la masse
monétaire au sens large tient, pour l'essentiel, à une évolution de 2,1 % des avoirs
extérieurs nets du système bancaire, laquelle peut être associée au dynamisme
des transferts privés sans contrepartie. Le crédit intérieur a, pour sa part, diminué
de 1,96 %, reflétant la tendance persistante à la baisse du financement au secteur
privé (-2,11 % en juin 2024 après -0,74 % en mars et-4,6 % en décembre 2023), E
dans un environnement sécuritaire volatile qui continue d’entraver la relance de la z
consommation et de l'investissement. E
Z
(e]
>=
Le)
En
<
©
Vus.
F2
©
<
Note sur la politique monétaire
3° trimestre de l'exercice fiscal 2024 12
[page 13]
6. RESULTATS ET INDICATEURS DE
PERFORMANCE DU SECTEUR BANCAIRE
Les données disponibles au 30 juin 2024 indiquent une évolution mitigée des
principaux indicateurs de performance du système bancaire. Le produit net
bancaire (PNB) généré par le système a reculé de 2,7 % pour s'établir à 8,6 milliards
de gourdes, dans un environnement macroéconomique empreint d’incertitudes.
Cette contre-performance s'explique par une contraction de ces composantes :
« Autres revenus » (-52,9 %) et « Gains sur change » (-1,4 %). Plombé par une
hausse de 1,5 % des dépenses d'exploitation (6,4 milliards de gourdes), le bénéfice
net bancaire s’est chiffré à plus d’un milliard de gourdes, accusant une variation
négative de 31,6 % sur une base trimestrielle.
Ainsi, il est ressorti une détérioration de la rentabilité bancaire au regard des ratios
clés du système. En effet, au 30 juin 2024, le rendement de l'actif (ROA) s’est établi à
0,64 % contre 0,94 % au trimestre antérieur. Parallèlement, le rendement de l'avoir
des actionnaires (ROË) a atteint 7,68 % après 11,13 % un trimestre auparavant.
Au cours du troisième trimestre, l'actif du secteur a fléchi de 0,4 % par rapport au
trimestre précédent pour s'établir à 645,47 milliards de gourdes. Ce repli découle
de la contraction simultanée des « Autres liquidités » (-18,1 %), de celle de l’encours
des « bons du Trésor » (-9,9 %), des « Encaisses » (-6,3 %) et des « Avoirs à l’étranger »
(-5,6 %), alors que l’encours des « bons BRH » a crû de 141,4 %. Néanmoins, le
niveau d’intermédiation bancaire, mesuré par le ratio « prêts bruts sur dépôts
totaux », s'est légèrement replié, passant à 24,4 % contre 25,6 % au 31 mars 2024.
S'agissant de la structure financière du système, l'analyse des données du troisième
trimestre 2023-2024 fait ressortir une évolution contrastée des principaux ratios.
En effet, le ratio « Avoirs des actionnaires en pourcentage de l'actif » est passé de
8,45 % à 8,16 %, tandis que le ratio « dépôts en pourcentage de l'actif » s’est inscrit
à 81,67 % contre 80,73 % le trimestre passé. De même, les effets favorables des un
mesures de soutien mises en place par la BRH, notamment les moratoires successifs &
octroyés sur les prêts, se sont reflétés au niveau de la qualité de l'actif du système, Ë Eu
en témoigne le recul de 79 points de base, à 12,02 % au 30 juin 2024 du coefficient É =
d’arrérage mesuré par le ratio « Prêts improductifs bruts en pourcentage des prêts A £
bruts ». Par ailleurs, une meilleure couverture des banques face aux risques de £ &
défaut de paiement des débiteurs du système a été constatée, le coefficient « æ Æ
Provisions pour créances douteuses en pourcentage des prêts bruts » se portant à 2 mn
66,05 % au 30 juin 2024 contre 59,50 % au 31 mars 2024. É ms
—
Comparativement au trimestre précédent, les ratios permettant de déterminer le 2
niveau de dollarisation ont connu une légère augmentation. Le ratio « dépôts en F
devises converties en pourcentage des dépôts totaux » est passé de 68,5 % au 31
mars 2024 à 68,76 % au 30 juin. De même, le ratio « portefeuille de prêts nets en
devises converties en pourcentage des prêts nets totaux » a atteint 58,09 % au
Note sur la politique monétaire
3° trimestre de l'exercice fiscal 2024 Red | 13
[page 14]
troisième trimestre 2023 contre 56,54 % le trimestre précédent.
En ce qui concerne les taux d'intérêt bancaires sur les opérations en gourdes,
ceux sur les dépôts à terme (DAT) ont chuté (3,79 % au troisième trimestre contre
5,05 % au deuxième trimestre), alors que ceux sur les prêts se sont établis à 13 %
au troisième trimestre contre 13,17 % un trimestre auparavant. Cette situation a
entrainé une hausse du spread bancaire sur l'intervalle allant d’avril à juin 2024
(9,21 %) par rapport à celui de janvier à mars 2024 (8,12 %).
En ce qui a trait aux opérations en devises, les taux d'intérêt sur les DAT n'ont
pas changé entre le deuxième et le troisième trimestre 2024, se fixant à 0,51 %
en moyenne. || convient de noter que la rémunération moyenne sur les prêts en
devises s'est contractée au cours du troisième trimestre (8,17 % contre 11,54 %).
Conséquemment, le spread bancaire a été moins élevé sur le trimestre considéré,
ce dernier s'établissant à 6,64 % au troisième trimestre contre 10,66 % le trimestre
antérieur.
Tableau 3
Ratios clés Au 31 Au 30
du système bancaire mars 2024 juin 2024
Ratios de rendement des prêts bancaires
Provisions pour créances douteuses
en pourcentage des prêts improductifs 59,50% 66,05 %
Prêts pourcentage des prêts bruts 12,81 % 12,02 %
Rendement moyen des prêts productifs 12,57 % 13,12 %
: sie : Deuxième Troisième
Ratios de rentabilité bancaire trimestre 2024 trimestre 2024
ROA 0,94% 0,64% CA
2
ROE 11,13 % 7,68% _
E EH
Niveau de Dollarisation du système Au 31 mars 2024 Au 30 juin 2024 S =
DS
Dépôts en devises converties en 0 A A
pourcentage des dépôts totaux 68,50 % 68,76 % En ©
[ea]
Portefeuille de prêts nets en devises converties an œ“
en pourcentage des prêts nets totaux 56,54% 58,09 % = a
[ea]
Sources : DSBIF/BRH = A
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Ce)
SJ
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Note sur la politique monétaire 4
3° trimestre de l'exercice fiscal 2024 1
[page 15]
7. PERSPECTIVES
Les perspectives sur le dernier trimestre de l’exercice 2023-2024 pour l'économie
haïtienne restent conditionnées aux aléas internes et externes susceptibles
d'impacter l’environnement macroéconomique national. La poursuite de la
tendance à la hausse des transferts sans contrepartie, favorisée par le dynamisme
de l’économie américaine, devrait avoir des incidences positives sur le taux de
change en dépit d’une augmentation attendue de la demande de dollars EU dans le
contexte d’une éventuelle reprise des activités économiques.
Les mesures prises par les autorités gouvernementales en vue du rétablissement du
climat sécuritaire, devrait favoriser le regain de confiance des acteurs économiques,
ce qui contribuerait à la relance économique et entraînerait une inversion de la
tendance de croissance négative au cours du prochain exercice fiscal.
Dans ce contexte, la posture de la Banque centrale sera modulée en fonction de
l'analyse de l’environnement socio-politique et macroéconomique, de manière
à favoriser les activités productives, tout en garantissant la stabilité de la valeur
interne et externe de la gourde, et celle du système financier.
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Note sur la politique monétaire 1
3° trimestre de l'exercice fiscal 2024 5
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NOTE SUR
LA POLITIQUE MONETAIRE
3° TRIMESTRE DE L'EXERCICE FISCAL
2023-2024
( AVRIL - JUIN 2024 }