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BRH- Note sur la politique monétaire – 2
e
trimestre de l’exercice fiscal 2023 0
Q
Sommaire
I. VUE D’ENSEMBLE
……………………………………… ….………………………………..… ..…………….… …...….…...2
II. L’ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE
GLOBAL..........................................................................................................2
II.1 L’ÉCONOMIE
MONDIALE………………………………… …...……………… …………………... ………….………….2
II.2 L’ÉCONOMIE
HAITIENNE…………………………………………………………………… …………… …………...….4
III. LES DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE AU 3
ème
TRIMESTRE DE L’EXERCICE
2021……………..………..7
IV. LES AGRÉGATS MONÉTAIRES AU 3
e
TRIMESTRE DE L’EXERCICE
2021….............….....………….……………..8
V. LES RÉSULTATS ET INDICATEURS DE PERFORMANCE DU SYSTÈME
BANCAIRE…………………… ……....…10
VI. PERSPECTIVES… ……………………………… …………………..……………………………..……...…….… ……..
…..12
NOTE SUR LA POLITIQUE MONETAIRE
2
e
trimestre de l’exercice fiscal 2022-2023
(Janvier – Mars 2023)
WWW.BRH.HT
BRH- Note sur la politique monétaire – 2
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trimestre de l’exercice fiscal 2023 1
Table des matières
1. VUE D’ENSEMBLE ........................................................................................................................................ 2
2. ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE GLOBAL .......................................................................................... 2
2.1. ÉCONOMIE MONDIALE .................................................................................................................................... 2
2.2. ÉCONOMIE HAITIENNE .................................................................................................................................... 4
SECTEUR RÉEL ................................................................................................................................................................................. 4
SECTEUR EXTERNE ET FINANCES PUBLIQUES ........................................................................................................................ 5
3. DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE AU DEUXIEME TRIMESTRE 2023 ................................. 8
4. AGRÉGATS MONÉTAIRES AU DEUXIEME TRIMESTRE 2023 ............................................................. 9
5. RÉSULTATS ET INDICATEURS DE PERFORMANCE DU SECTEUR FINANCIER ........................... 9
5.1. SYSTÈME BANCAIRE ......................................................................................................................................... 9
RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR CATÉGORIE, GENRE ET RÉGION GÉOGRAPHIQUE ...................................................... 11
6. PERSPECTIVES ............................................................................................................................................ 12
BRH- Note sur la politique monétaire – 2
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trimestre de l’exercice fiscal 2023 2
1. VUE D’ENSEMBLE
Au deuxième trimestre de l’exercice fiscal 2022-2023, la conjoncture a été marquée, sur le plan international, par
la poursuite des politiques de resserrement monétaire des principales banques centrales en vue de ramener leur taux
d’inflation à des niveaux davantage proches des cibles fixées. Les périodes prolongées de taux d’intérêt quasi-nuls
et de liquidités abondantes entre 2020 et 2021 ont encouragé l’effet de levier par certains agents financiers ainsi
que la prise de risques sur les marchés de crédit
1
. Ces risques ont été mis en évidence par les évènements survenus
au Royaume-Uni en 2022 et les récentes tensions observées dans les systèmes bancaires des États-Unis et de la
Zone Euro. Ce contexte a contribué à alimenter les incertitudes relatives à la croissance de l’économie mondiale
en dépit d’une évolution favorable des marchés du travail.
Sur le plan national, la dégradation continue du climat des affaires, liée à celle des conditions de sécurité délétères,
s’est traduite par le fonctionnement de certains établissements commerciaux à horaire réduit et d’importantes
difficultés confrontées notamment par de nombreuses petites et moyennes entreprises (PME). De même, des
compagnies au niveau de la région métropolitaine ont subi des pertes importantes en ressources humaines, une
situation qui a été exacerbée par la mise en place des programmes humanitaires d’émigration. À cela viennent
s’ajouter la faible performance du secteur agricole et la persistance des problèmes au niveau des circuits
d’approvisionnement des marchés à travers le pays. Ces développements se sont reflétés au niveau des pressions
inflationnistes dans l’économie et les tensions sur le marché des changes.
Ainsi, la Banque centrale a décidé de moduler sa politique en utilisant les outils conventionnels dont l’émission de
bons BRH et les interventions sur le marché de changes afin de mitiger l’impact des fluctuations indésirables du
taux de change et des cours internationaux sur l’évolution des prix et sur la stabilité macroéconomique en général.
2. ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE GLOBAL
2.1. ÉCONOMIE MONDIALE
Les dernières statistiques relatives à la conjoncture économique internationale ont fait ressortir un ralentissement
de l’activité à la fois dans les économies avancées et émergentes. Les récentes projections du Fonds Monétaire
International (FMI) tablent sur une croissance de 2,8 % du PIB mondial, soit 40 points de base de moins que les
prévisions d’octobre 2022. Pour les États-Unis, la Réserve fédérale (Fed) anticipe une croissance autour de 1,6 %.
Parallèlement, l’inflation s’est établie à 5 % en mars 2023 contre 6,4 % en décembre 2022, poussant la Fed à
1
Le retrait massif des mesures de relance monétaire aux États-Unis et dans la Zone Euro comme une source potentielle de tensions pour le système financier mondial
(European systemic risk Board).
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relever, de 25 points de base, son taux directeur (4,75 % - 5 %), malgré les turbulences
2
prévalant dans le secteur
bancaire
3
. Au niveau du marché du travail, la tendance a été maintenue, bien que le taux de chômage ait enregistré
une légère hausse en passant de 3,5 % à la fin du trimestre précédent à 3,6 % en février 2023.
En ce qui concerne l’économie de la Zone Euro dont la taille s’est élargie après l’intégration de la Croatie en janvier
2023, les perspectives de croissance se sont légèrement améliorées (0,8 % contre 0,5 % précédemment) en raison
de la modération des prix de l’énergie. Le taux d’inflation a aussi décéléré, pour atteindre 8,5 % en février 2023.
Néanmoins, la Banque centrale européenne (BCE) a augmenté de 50 points de base son taux de refinancement, le
portant à 3,5 %. Ces récents développements n’ont pas vraiment impacté le marché du travail, le taux de chômage
en février 2023 étant au même niveau qu’en décembre 2022, à 6,6 %.
Dans les principales économies émergentes, la croissance en 2023 est attendue à 3,7 % (soit le même taux qu’en
2022). Au niveau de l’Amérique latine et des Caraïbes, les projections du FMI montrent une croissance de 1,8 %
en 2023 (+0,1 point de pourcentage par rapport aux prévisions d’octobre 2022) soutenue par une absorption interne
entretenue par des mesures de soutien budgétaire dans certains pays de la région. Pour la République dominicaine,
un ralentissement de la croissance a été observé sous l’effet d’une modération de la vigueur de la demande intérieure
liée à une baisse de l’investissement en raison de la contraction des activités de construction. En effet, en janvier
2023, l’indicateur conjoncturel d’activité économique (IMAE) s’est accru de 0,4 %, soit 2,9 points de pourcentage
de moins par rapport à décembre 2022. Ainsi, la Banque centrale dominicaine a laissé inchangé son taux d’intérêt
directeur à 8,5 %, étant donné que l’inflation converge vers la cible de 4 % ±1 % en s’établissant à 5,9 % en février
2023 contre 7,83 % en décembre 2022.
Pays et Région / Indicateurs Projection de croissance* Taux d'inflation** Taux de chômage
États-Unis 1,6 % 5 % * 3,6 % **
Zone Euro 0,8 % 8,5 % 6,6 % **
République dominicaine 4,2% 5,9 %* 4,8 % ***
*Projections de Mars 2023 – Source : FMI | **Février 2023 – Sources : BLS, Eurostat, BCRD | ***Décembre 2022
S’agissant de l’évolution des prix des produits de base sur le marché international, l’indice FAO des prix des
produits alimentaires a enregistré des replis mensuels consécutifs depuis avril 2022. Il s’est porté à 126,9 en mars
2023, affichant un recul de 3,72 % par rapport à décembre 2022. Les prix des produits pétroliers ont progressé sur
les deux (2) premiers mois du trimestre sous revue avant de connaître un recul en mars 2023, sous l’effet des
anticipations de ralentissement de la demande mondiale induite par la poursuite du durcissement des conditions de
2
Ainsi, dans le souci de préserver la stabilité du système financier américain, outre la fenêtre de liquidité traditionnelle (discount window), la Fed a introduit un dispositif
dénommé Bank Term Funding Program (BTFP) permettant aux acteurs financiers vulnérables à une situation de panique bancaire (Bank run) d’accéder à des financements
de court-terme.
3
La Silicon Valley Bank, la Signature Bank et la Silvergate Bank sont tombées en faillite en mars 2023 alors que Crédit Suisse, une banque européenne d’importance
systémique à l’échelle mondiale, est en mauvaise santé financière.
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financement. Ainsi, le cours du baril de Brent est passé de 80,90 dollars ÉU en décembre 2022 à 82,71 dollars ÉU
en février pour atteindre 78,53 dollars ÉU en mars 2023.
2.2. ÉCONOMIE HAITIENNE
SECTEUR RÉEL
Au deuxième trimestre de l’exercice 2022-2023, l’évolution du secteur réel a été empreinte de l’accentuation des
chocs socioéconomiques. Au-delà de la persistance des épisodes de rareté de carburant, les problèmes au niveau
des circuits d’approvisionnement des marchés se sont traduits par des difficultés pour les entreprises commerciales
et industrielles de trouver les intrants nécessaires, ce qui a amplement affecté leur capacité productive et leur
solvabilité financière
4
. Face à cette situation, de nombreuses compagnies ont été obligées de fonctionner à horaire
4
Les prêts non performants ont représenté 11,04 % du portefeuille de prêts bruts contre 7,82 % un an plus tôt.
390
430
470
510
550
mars-21avr.-21mai-21juin-21juil.-21août-21sept.-21oct.-21nov.-21déc.-21janv.-22févr.-22mars-22avr.-22mai-22juin-22juil.-22août-22sept.-22oct.-22nov.-22déc.-22janv.-23févr.-23mars-23
Prix du Riz en $ par tonne métrique
Source: indexmundi.com/commodities
185
245
305
365
425
485
545
mars-21avr.-21mai-21juin-21juil.-21août-21sept.-21oct.-21nov.-21déc.-21janv.-22févr.-22mars-22avr.-22mai-22juin-22juil.-22août-22sept.-22oct.-22nov.-22déc.-22janv.-23févr.-23mars-23
Prix de certains produits alimentaires en dollar par tonne métrique
Blé
Maïs
Source: www.indexmundi.com/commodities
50
65
80
95
110
125
mars-21avr.-21mai-21juin-21juil.-21août-21sept.-21oct.-21nov.-21déc.-21janv.-22févr.-22mars-22avr.-22mai-22juin-22juil.-22août-22sept.-22oct.-22nov.-22déc.-22janv.-23févr.-23mars-23
Prix du Brent (dollars/baril)
Sources: www.eia.gov/indexmundi
45.0
60.0
75.0
90.0
105.0
mars-21avr.-21mai-21juin-21juil.-21août-21sept.-21oct.-21nov.-21déc.-21janv.-22févr.-22mars-22avr.-22mai-22juin-22juil.-22août-22sept.-22oct.-22nov.-22déc.-22janv.-23févr.-23mars-23
Prix du West Texas Intermediate-WTI (dollars/baril)
Sources: www.eia.gov/Indexmundi
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réduit alors que d’autres, notamment des PME, ont dû fermer leurs portes. D’autres entreprises de la région
métropolitaine de Port-au-Prince ont exprimé leurs préoccupations par rapport aux implications pour leur
fonctionnement de la perte de capital humain, en raison de l’insécurité et des programmes humanitaires
d’émigration. Au niveau du secteur agricole, la production a été impactée par la faible performance des campagnes
agricoles d’automne et d’hiver résultant de la sécheresse de septembre à décembre 2022. Ce secteur est
également affecté par le climat d’insécurité qui sévit dans certaines régions clés pour la production alimentaire dont
l’Artibonite.
Du côté de la demande, la baisse des activités génératrices de revenus s’est jointe à la diminution des transferts
privés sans contrepartie, affectant négativement la consommation des ménages. S’agissant des investissements, ils
ont pâti du faible niveau d’exécution des dépenses publiques de capital (seulement 8,2 % sur l’exercice) et du
comportement attentiste des acteurs du secteur privé relatif à la détérioration continue du climat des affaires.
En dépit de l’évolution des principales composantes de la demande, les chocs d’offre et les problèmes liés à la
circulation des biens et des personnes (dans le cas des services) ont contribué au maintien à des niveaux élevés des
prix dans l’économie. En effet, le taux d’inflation annuel est passé de 48,3 % en décembre pour s’établir à 48,2 %
en février 2023 puis à 48,3 % en mars 2023. Toutefois, un ralentissement a caractérisé le comportement de
l’inflation mensuelle qui s’est chiffrée à 1,7 % en mars 2023 après 2,9 % et 6,3 % respectivement en décembre et
septembre 2022. Cette hausse des prix jointe à la baisse des revenus générés découlant de l’atonie de l’activité
économique a exacerbé l’effritement du pouvoir d’achat des ménages haïtiens. Conséquemment, 4,9 millions de
personnes, soit près de la moitié de la population haïtienne se retrouve en situation d’insécurité alimentaire et
nécessite une assistance urgente, selon la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA)
5
.
SECTEUR EXTERNE ET FINANCES PUBLIQUES
L’analyse des données des comptes extérieurs a fait ressortir une détérioration de la balance commerciale et un
tassement des transferts privés sans contrepartie. Sur les 5 premiers mois de l’exercice en cours, le solde
commercial s’est dégradé de 8,2 % en raison notamment de la baisse des exportations et d’une relative stagnation
des importations. La valeur des produits exportés a atteint 370,43 millions de dollars ÉU, soit une diminution de
21,6 % par rapport à la même période de l’exercice 2021-2022. Les importations, pour leur part, n'ont reculé que
de 0,1 % en glissement annuel pour se porter à 1,71 milliard d’octobre 2022 à février 2023 à la faveur d’un repli
de la valeur importée de produits pétroliers (-19,74 %), des machines et matériels de transport (-15,24 %) et des
produits manufacturés (-6,63 %). La baisse observée au niveau de ces catégories de produits a été partiellement
contrebalancée par la hausse de 39,73 % de la valeur des importations de biens alimentaires.
5
Rapport de Mars 2023
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S’agissant des transferts privés sans contrepartie, la tendance à la baisse qui a caractérisé le trimestre passé, s’est
poursuivie au cours du deuxième trimestre 2023. Ils ont reculé de 5,7 % en glissement annuel pour atteindre
1 826,91 millions de dollars ÉU sur les 6 premiers mois de l’exercice. Cette évolution des transferts a reflété le
maintien de l’inflation à des niveaux élevés en dépit de sa décélération, et le ralentissement de l’activité économique
dans les pays expéditeurs, affectant le budget des ménages de la diaspora haïtienne. De plus, il faut aussi prendre
en compte l’accélération des mouvements migratoires en raison de la dégradation des conditions de sécurité dans
le pays et la mise en place de programmes humanitaires en faveur des haïtiens.
La baisse de l’offre de devises sur le marché des changes liée à celle des transferts privés, combinée au renforcement
des anticipations négatives des agents qui ont alimenté leur demande à des fins de précaution, a conduit à une
poursuite de la dépréciation de la gourde. Toutefois, le rythme de dépréciation de la monnaie locale a
significativement ralenti par rapport au trimestre précédent. En effet, le taux de change de référence est passé de
145,37 gourdes fin décembre 2022 à 153,60 gourdes fin mars 2023, soit une augmentation de 5,6 % contre une
hausse de 23,50 % le trimestre précédent.
4.0
4.4
4.8
5.2
5.6
6.0
Mar-21Apr-21May-21Jun-21Jul-21Aug-21Sep-21Oct-21Nov-21Dec-21Jan-22Feb-22Mar-22Apr-22May-22Jun-22Jul-22Aug-22Sep-22Oct-22Nov-22Dec-22Jan-23Feb-23Mar-23
Réserves brutes en mois d'importations
Source: BRH
200
240
280
320
360
400
440
mars-21avr.-21mai-21juin-21juil.-21août-21sept.-21oct.-21nov.-21déc.-21janv.-22févr.-22mars-22avr.-22mai-22juin-22juil.-22août-22sept.-22oct.-22nov.-22déc.-22janv.-23févr.-23mars-23
Transferts privés sans contrepartie reçus de l'étranger
Source: BRH
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Sur le plan des finances publiques, le deuxième trimestre de l’exercice 2022-2023 a été marqué par la poursuite de
l’amélioration de la performance de l’État dans la collecte de recettes, une évolution contenue des dépenses
engagées et un moindre recours au financement de la Banque centrale. En dépit de la baisse de l’activité
économique et la prévalence des troubles socio-politiques et sécuritaires, les recettes collectées ont dépassé de près
de 9 511,7 millions de gourdes (MG) les niveaux prévus dans le budget pour atteindre 50 525,3 MG entre janvier
et mars 2023, reflétant un bond de 52,9 % par rapport au trimestre précédent. Cette évolution des recettes a été le
résultat d’un renforcement des mesures de contrôle douanier et de la mise en œuvre d’un ensemble de mesures
administratives dont l’ajustement des prix des produits pétroliers à la pompe à la fin de l’exercice précédent.
S’agissant des décaissements, ils ont décru de près de 16,4 % en variation trimestrielle pour atteindre 76 937,1 MG
dont 39 485,1 MG de dépenses budgétaires.
Avec une telle performance, le poids relatif des recettes collectées sur l’exercice dans les ressources totales de
l’État (166 501,9 MG) est passé à 50,2 % contre 39,8 % un an plus tôt. Les autres ressources utilisées par l’État
renvoient notamment aux émissions de billets de trésorerie, dont l’encours a atteint 81 548 MG. Parallèlement, les
décaissements effectués ont totalisé 169 001 MG dont 51,7 % de dépenses budgétaires. Ainsi, l’analyse des
opérations budgétaires et de trésorerie a permis de faire ressortir un déficit de 2 499,13 MG contre 11 005,8 MG
un trimestre plus tôt. En outre, le financement de la Banque centrale à l’État a amplement baissé, atteignant 4 869
MG et représentant 14,8 % du montant total prévu sur l’exercice.
80
100
120
140
160
180
200
220
mars-21avr.-21mai-21juin-21juil.-21août-21sept.-21oct.-21nov.-21déc.-21janv.-22févr.-22mars-22avr.-22mai-22juin-22juil.-22août-22sept.-22oct.-22nov.-22déc.-22janv.-23févr.-23mars-23
Volume des transactions bancaires à l'achat et à la vente sur le marché
des changes (en millions de dollars EU)
Trans. àla venteTrans. à l'achat
Source : BRH
65
80
95
110
125
140
155
mars-21avr.-21mai-21juin-21juil.-21août-21sept.-21oct.-21nov.-21déc.-21janv.-22févr.-22mars-22avr.-22mai-22juin-22juil.-22août-22sept.-22oct.-22nov.-22déc.-22janv.-23févr.-23mars-23
Taux de change nominal de fin de période
Source : BRH
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3. DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE AU DEUXIEME TRIMESTRE 2023
La posture imprimée à la politique monétaire de la BRH au cours du deuxième trimestre de l’exercice fiscal 2023
s’est inscrite dans une logique de réduction de la transmission des effets indésirables du change sur l’inflation, tout
en évitant de pénaliser l’activité économique qui pâtit déjà des effets cumulés de plusieurs chocs défavorables.
Ainsi, tout en gardant le statu quo au niveau des taux directeurs, la Banque centrale a poursuivi sa politique de
reprise systématique de la liquidité excédentaire dans le système bancaire à partir des bons BRH et des interventions
sur le marché des changes. En effet, les taux d’intérêt sur les bons BRH ont été gardés inchangés par rapport à leur
niveau de septembre 2022, soit 6 %, 8 % et 11,5 % pour les maturités de 7, 28 et 91 jours respectivement. L’encours
de ces titres a, toutefois, diminué, passant de 900 MG en décembre 2022 à 700 MG en mars 2023, reflétant la baisse
du financement monétaire considéré comme l’une des sources d’alimentation de la liquidité en gourdes.
S’agissant des taux de mise en pension, ils sont restés à 17 % pour les bons BRH et à 14 % pour les bons du trésor.
Pour leur part, les taux de réserves obligatoires sur les passifs en gourdes et en dollars ont été maintenus,
respectivement à 40 % et 53 % pour les banques commerciales et à 28,5 % et 41,5 % pour les banques d’épargne
et de logement (BEL).
En termes nets, les interventions de la BRH sur le marché des changes se sont soldées par des acquisitions de 58,22
millions de dollars ÉU. Ce résultat reflète la nécessité de poursuivre le renforcement du coussin de réserves nettes
de change afin de les porter à un niveau susceptible de permettre à la Banque centrale d’intervenir au moment
opportun sur le marché des changes. Les émissions d’obligations BRH ont permis de limiter la progression de la
demande de dollars aux fins de précaution, l’encours de ces titres ayant atteint 7 142,94 MG au 31 mars 2023.
7,500
15,000
22,500
30,000
37,500
45,000
Mar-22Apr-22May-22Jun-22Jul-22Aug-22Sep-22Oct-22Nov-22Dec-22Jan-23Feb-23Mar-23Recettes et dépenses budgétaires (en millions de gourdes)
RecettesDépenses
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4. AGRÉGATS MONÉTAIRES AU DEUXIEME TRIMESTRE 2023
L’évolution des agrégats monétaires au cours du deuxième trimestre de l’exercice 2023 est, en grande partie, liée
à l’amélioration de la situation des finances publiques traduite par la baisse des créances nettes de la BRH sur le
gouvernement central. Les données préliminaires pour le deuxième trimestre 2023 témoignent d’une contraction
de la base monétaire au sens restreint et d’une décélération du rythme de croissance de la base au sens large
6
. Au
31 mars 2023, la monnaie centrale au sens strict s’est repliée de 2,25 % après une hausse de 8,80 % au trimestre
précédent. Sur la même période, la base monétaire au sens large a progressé de 5,31 %, soit une décélération de
9,9 points de pourcentage par rapport au premier trimestre. Le ralentissement de la croissance de la base monétaire
au sens large a résulté principalement du comportement favorable des créances nettes de la BRH sur l’État (-3,2%).
Ce repli a également été influencé par le recul de 8,9 points de pourcentage de la croissance des avoirs extérieurs
nets (AEN) de la BRH exprimés en gourdes à 23,87 %, en dépit d’une hausse de 17,23 % de leur valeur en dollars.
En ce qui concerne la masse monétaire M3, les données disponibles pour février 2023 font état d’une croissance
de 2,39 % par rapport à décembre 2022 la portant ainsi à 737,37 milliards de gourdes. Cette progression du total
des moyens de paiements dans l’économie a été le résultat d’une hausse des avoirs extérieurs nets (AEN) du
système bancaire découlant d’un accroissement de 21,74 % des réserves nettes de change de la BRH. Cette
évolution des AEN a pu contrebalancer la contraction de 1,39 % du crédit intérieur net liée notamment à celle du
crédit au secteur public non financier (-1,51 %).
5. RÉSULTATS ET INDICATEURS DE PERFORMANCE DU SECTEUR FINANCIER
5.1. SYSTÈME BANCAIRE
Les statistiques du système bancaire au 28 février 2023 font ressortir une évolution favorable du produit net bancaire
et de la rentabilité soutenue par une légère amélioration de la qualité de l’actif. L’actif du système a connu un
accroissement de 1,5 % par rapport au premier trimestre de l’exercice en cours pour s’établir à 692,97 milliards de
gourdes. Cette hausse est attribuable à la progression simultanée des autres actifs (+4 %), de l’encaisse (+60 %), des
bons BRH (+39 %) et des autres placements (+4 %). Parallèlement, l’évolution des ressources durant le mois de
février a été marquée principalement par l’accroissement des dépôts totaux du système. Ces derniers ont atteint
570,94 milliards de gourdes, soit une progression de 1,21 % par rapport à décembre 2022. Cette croissance des
dépôts est imputable à celle enregistrée au niveau de toutes les catégories dont les dépôts à vue (+2 %), ceux
d’épargne (+0,18 %) et à terme (+1,2 %). Toutefois, il en est ressorti une légère détérioration du taux
6
La base monétaire au sens strict se compose de la monnaie en circulation et des dépôts en gourdes de banques commerciales à la BRH. La base monétaire au sens large,
pour sa part, inclut la monnaie en circulation, les dépôts en gourdes et en dollars des banques commerciales et institutions financières non bancaires à la BRH ainsi que
l’encours des bons BRH.
BRH- Note sur la politique monétaire – 2
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trimestre de l’exercice fiscal 2023 10
d’intermédiation, en témoigne le ratio « Prêts bruts sur dépôts totaux » qui s’est établi à 29,7 % en février 2023
contre 30,77 % au 31 décembre 2022.
D’octobre 2022 à février 2023, le système bancaire a généré un produit net bancaire (PNB) totalisant environ 17,22
milliards de gourdes, soit une progression annuelle de 45,6 %. Cette hausse du PNB résulte de la bonne performance
des revenus nets d’intérêt et des « autres revenus » qui se sont accrus respectivement de 38,5 % et de 53,7 % sur un
an. Ces deux postes représentent respectivement 53,4 % et 46,7 % du PNB. Considérant la croissance plus accélérée
du produit net bancaire par rapport à celle des dépenses d’exploitation qui se sont portées à 9,18 milliards de gourdes
(+22,1%), le bénéfice net cumulé sur la période a atteint 5,46 milliards de gourdes contre 2,93 milliards de gourdes
un an plus tôt.
L’analyse des ratios clés du système bancaire a fait ressortir une légère amélioration de la qualité du portefeuille du
crédit avec un repli de 6 points de base du coefficient d’arrérage. Le ratio « prêts improductifs en pourcentage des
prêts bruts » est passé de 10,94 % de décembre 2022 à 10,88 % en février 2023 alors que le ratio « provisions pour
créances douteuses en pourcentage des prêts improductifs » a augmenté de 3,03 points de pourcentage à 60,27 %.
Les ratios de rentabilité ont montré qu’il y a eu une nette amélioration de cet aspect pour le système bancaire. En
termes cumulés, le rendement de l’actif (ROA) a crû, passant de 1,33 % sur la période d’octobre 2021 à février 2022
à 2,01 % au cours de la même période de l’exercice en cours. Le rendement des fonds propres (ROE) s’est également
accru, se fixant à 27,27 % pour le cumul des cinq (5) premiers mois de l’exercice 2022-2023 contre 17,16% un an
plus tôt.
S’agissant de la structure financière, une progression du poids de l’avoir des actionnaires dans l’actif a été
enregistrée, avec un ratio passant de 7,14 % en décembre 2022 à 7,34 % au terme du deuxième mois du trimestre
sous étude. De même, le ratio « dépôts en pourcentage de l’actif », qui s’était fixé à 82,63 % en décembre 2022, a
atteint 82,39 % au mois de février 2023.
En ce qui concerne les taux d’intérêt bancaires, pour les opérations en devise, les taux sur les dépôts à terme sont
passés de 0,68 % au premier trimestre de l’exercice à 0,17 % en février 2023, tandis que ceux sur les prêts se sont
portés à 11 % en février, après avoir atteint 11,50 % au premier trimestre de l’exercice en cours.
Dans le même temps, le spread bancaire a baissé à 9,18 % au 28 février 2023 contre 9,35 % en décembre 2022. Au
niveau des opérations en gourdes, les taux d’intérêt sur les dépôts à terme ont reculé de 0,25 point de pourcentage
pour se porter à 4,75 % au premier mois de ce trimestre. D’un autre côté, le coût du crédit sur les transactions en
monnaie locale a connu une certaine baisse, les taux d’intérêt ont atteint 12,50 % au 28 février 2023 contre 14 % au
trimestre passé. Néanmoins, le crédit net en monnaie locale s’est contracté de 7,54 % par rapport au premier trimestre
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trimestre de l’exercice fiscal 2023 11
pour s’établir à 6,4 milliards de gourdes au 28 février 2023. De même, sur la période sous étude, le portefeuille de
crédit net global a enregistré un repli de 2,72 % pour atteindre 158,30 milliards de gourdes.
Par ailleurs, les anticipations négatives liées à la conjoncture socio-politique et la dégradation du climat sécuritaire
dans le pays ont renforcé la demande de dollars pour des motifs de précaution. Cette dernière s’est reflétée dans
l’évolution à la hausse de la dollarisation du système bancaire. Ainsi, les dépôts en devises converties en pourcentage
des dépôts totaux ont accéléré, atteignant 72,3 % en février contre 71,7 % au trimestre antérieur. Le ratio «
portefeuille de prêts nets en devises converties en pourcentage des prêts nets totaux » s’est fixé à 58,1 %, en hausse
de 2,2 points de pourcentage par rapport au premier trimestre de cet exercice.
Ratios clés du système bancaire Au 31 décembre 2022 Au 28 février 2023
Ratios de rendement des prêts bancaires
Provisions pour créances douteuses en pourcentage des prêts
improductifs
57,24 % 60,27 %
Prêts improductifs en pourcentage des prêts bruts 10,94 % 10,88 %
Ratios de rentabilité bancaire
Octobre 2021 - février
2022
Octobre 2022 -février
2023
Rendement des prêts productifs 10,42 % 11,05 %
ROA 1,33 % 2,01 %
ROE 17,16 % 27,28 %
Niveau de dollarisation du système Au 31 décembre 2022 Au 28 février 2023
Dépôts en devises converties en pourcentage des dépôts totaux 71,67 % 72,34 %
Portefeuille de prêts nets en devises converties en pourcentage
des prêts nets totaux
55,87 % 58,10 %
RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR CATÉGORIE, GENRE ET RÉGION GÉOGRAPHIQUE
Les statistiques collectées par le Bureau d’information sur le crédit (BIC) des banques commerciales et de certaines
institutions financières non-bancaires, ont montré qu’au 28 février 2023, la part du crédit allouée aux entreprises
(personnes morales) s’est chiffrée à 69,58 % contre 6,4 % un trimestre précédent. Analysée en tenant compte des
monnaies, la répartition du portefeuille de crédit aux entreprises a fait ressortir que les établissements de crédit ont
octroyé aux entreprises 34,4 % de prêts en dollars ÉU et 65,6 % de prêts en gourdes. S’agissant de l’encours des
crédits aux personnes physiques, les données ont révélé que le poids relatif de ceux accordés aux femmes a reculé,
passant de 35,94 % en décembre 2022 à 30,6 % en février 2023.
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trimestre de l’exercice fiscal 2023 12
La ventilation par région géographique a relevé qu’en dépit du climat défavorable des affaires, le département de
l’Ouest (69,73 % en février 2023 contre 65,53 en décembre 2022) continue d’être le principal bénéficiaire du
portefeuille de prêts des établissements de crédit. Il est suivi des départements du Nord (8,03 %) et de l’Artibonite
(5,96 %). Prises ensemble, ces trois régions comptent pour 83,72 % de l’encours des prêts au 28 février 2023, soit
2,6 points de pourcentage de plus que le trimestre précédent.
6. PERSPECTIVES
Les perspectives à court terme pour l’économie haïtienne demeurent mitigées. La consommation pourrait connaitre
un certain rebond avec l’utilisation future des fonds reçus dans le cadre de la facilité de crédit rapide (Food Shock
Window - FSW) pour la mise en œuvre de programmes de lutte contre l’insécurité alimentaire. De même, les
transferts privés sans contrepartie devraient enregistrer une augmentation saisonnière en raison de la période de
retour d’impôts notamment aux États-Unis.
Néanmoins, une détérioration continue des conditions sécuritaires risque d’amplifier les effets négatifs des goulots
d’étranglement au niveau des chaînes d’approvisionnement sur les activités de production locale et par conséquent
sur l’inflation. Cette situation pourrait être, d’une part, défavorable au rétablissement de la confiance des agents
économiques, laquelle est nécessaire aux projets d’investissement dans l’économie. D’autre part, elle risque
d’alimenter davantage les anticipations négatives des agents et générer ainsi des tensions additionnelles sur le
marché des changes.
Dans ce contexte, la BRH s’assurera de suivre et d’analyser les développements de la conjoncture nationale et
internationale afin de prendre les mesures appropriées visant la stabilité des prix et du système financier.
Artibonite, 7.11%
Centre, 3.83%
Grand-Anse, 1.94%
Nippes, 2.40%
Nord, 8.48%
Nord-Est, 3.42%
Nord-Ouest, 1.45%
Ouest, 65.53%
Sud, 3.30%
Sud-Est, 2.50%
Répartition des crédits (actifs ou fermés) par région géographique