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MAE/BRH
DI-002
DOCUMENT D’INFORMATION
Les Banques dans l’economie nationale
Un apercu
L
La Banque de la République d’Haïti a le plaisir de vous présenter le second numéro de la
série «Document d’Information». Cette dernière a pour but d’informer le public en
général, et les opérateurs économiques et financiers en particulier, sur l’action de la
banque centrale, les objectifs et l’orientation de sa politique monétaire, l’évolution des
différents secteurs de l’économie haïtienne, ainsi que tout sujet et information jugés pertinents.
Cette série de publications répond au souci de réduire l’asymétrie d’information par
une plus grande dissémination et de renforcer la transparence en mettant l’emphase sur le
bien fondé des choix de politique de l’institution.
DOCUMENT D’INFORMATION
L’objectif de ce numéro n’étant pas de procéder à une analyse de l’évolution récente du système bancaire, les statistiques mentionnées, se
rapportant au 2ème trimestre 2007, sont à titre illustratif. Les données les plus récentes peuvent être consultées sur le site internet de la
Banque à l’adresse : www.brh.net
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Les Banques dans l’economie nationale
Un apercu
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DI-002
Ce numéro présente le système bancaire haïtien, son rôle dans l’économie et sa
performance au 31 mars 20071 . L’accent est mis tant sur le fonctionnement de ce secteur
que sur le mécanisme par lequel les décisions de politique monétaire se répercutent sur la
sphère réelle de l’économie à partir du comportement des institutions bancaires.
1
P.
Présentation du système bancair e
Après plus d’un siècle d’existence1, le système bancaire haïtien constitue l’un des
piliers de l’économie haïtienne, de par son volume d’activités. L’ensemble des banques détenait,
en mars 2007, 74,34 milliards de gourdes.
Aujourd’hui, le système bancaire2 comprend deux banques d’État, cinq banques
privées nationales et deux succursales de banques étrangères. En fonction de l’orientation de
leurs activités principales, ces banques sont réparties en neuf banques commerciales et une
banque d’épargne et de logement, toutes coiffées par la banque centrale3.
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Au départ, à caractère duopolistique, le marché bancaire s’est développé au cours
des années 1920 puis passa par une phase de prédominance des banques étrangères vers
les années 1970. En 1994, la libéralisation financière consacra la dynamisation du système
et la diversification de l’actionnariat du secteur bancaire au profit des capitaux privés haïtiens.
(Voir tableau 1)
2
P.
Les activités des institutions bancair es
Les établissements bancaires haïtiens sont par définition des institutions de dépôts. Ils
reçoivent les dépôts des épargnants, qu’ils utilisent comme ressources pour financer des prêts
qu’ils accordent à l’État haïtien4, aux entreprises, et aux particuliers résidant en Haïti. Ces
opérations ont 2 implications. En orientant l’argent des déposants vers les demandeurs de
crédit, la banque effectue de l’intermédiation financière. De plus, en accordant du crédit à
partir des dépôts dont elle dispose, la banque participe à la création monétaire, d’où son
qualificatif de banque créatrice de monnaie.
La première banque haïtienne, la BNRH, jouant à la fois le rôle de banque centrale et de banque commerciale, a été créée en 1880.
Après la dissolution de deux banques à capitaux privées.
3
La banque centrale fait partie du système bancaire. Cependant, dans ce document, l’accent est porté sur l’ensemble des institutions
bancaires, en dehors de la banque centrale.
4
Dans le cas de la Banque Nationale de Crédit exclusivement.
1
2
En outre, la banque s’adonne à des activités lucratives au profit de ses propriétaires.
En somme, elle détient comme ressources principales : 1) l’ensemble des dépôts, dont une
partie est gardée comme réserves obligatoires, 2) les autres obligations à court et long termes
(les débentures par exemple), 3) les fonds provenant d’autres opérations rentables, telles que
les placements à court terme et les prises de participation, 4) les fonds propres issus du capital
investi par les actionnaires, et les bénéfices tirés de leurs opérations.
Gar diennes de l’épar gne financièr e
Les institutions bancaires donnent la possibilité aux agents économiques ayant une
capacité de financement, d’épargner en toute sécurité. D’abord non rémunérés, les placements
des déposants sont, depuis les années 70, rétribués suivant un pourcentage du montant remboursé
par les banques (l’intérêt). Ce dernier varie généralement avec la marge de profit que les
banques espèrent tirer de l’utilisation de cette ressource.
A l’instar du commerçant6, le banquier emprunte (ou achète) à bas prix pour prêter (ou revendre)
plus cher, afin de réaliser un bénéfice. Le financement des activités des emprunteurs par les
institutions bancaires se fait donc moyennant un coût, le taux d’intérêt débiteur (c’est-à-dire, le
taux sur les prêts), qui est toujours supérieur au taux de rémunération des dépôts (taux créditeur).
Ces transferts de fonds des agents excédentaires (les déposants) vers les agents déficitaires
(les emprunteurs) constituent ce qu’on appelle l’intermédiation financière. En Haïti, les 60,8
milliards de gourdes de dépôts bancaires recensés en décembre 2006 ont financé
24,2 milliards de prêts (en gourdes et en devises). De ces prêts, 9,47 % ont été alloués au
crédit à la consommation, 62,48 % au secteur commercial et 12,66 % ont financé les activités
des industries manufacturières.
Il existe toutefois une différence entre le commerçant et le banquier, dans le sens où le premier utilise ses fonds propres dans ses
opérations de revente, tandis que le banquier mobilise ses fonds propres et les dépôts de ses clients.
6
La banque endosse le coût auquel aurait fait face le créancier potentiel pour trouver un emprunteur et jauger sa crédibilité. C’est de
l’intermédiation informationnelle.
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Inter médiair es financiers
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Ainsi, au 31 mars 2007, le système bancaire compte 1,724,812 comptes de dépôts,
soit 227,169 comptes de plus qu’en mars 2006. La majorité de ces dépôts sont constitués
de dépôts d’épargne (soit 92,79 % du total des comptes de dépôts), contre 89,142 comptes
de dépôts à vue, et 35,271 comptes de dépôts à terme. En valeur, les dépôts d’épargne
totalisent 25,2 milliards de gourdes, contre 18,1 et 19 milliards de gourdes respectivement
pour les dépôts à vue et à terme.
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Pour répondre aux besoins de leurs clients, les banques offrent 3 types de dépôts : les
dépôts à vue, les dépôts d’épargne et les dépôts à terme. Les premiers sont plus liquides que
les autres dépôts, dans le sens où ces fonds sont immédiatement mobilisables5. Cependant,
certaines options récentes telles que les cartes-chèques et les cartes de débit rendent les
dépôts d’épargne aussi liquides que les dépôts à vue, élargissant ainsi les facilités de transaction
dans l’économie.
3
P.
Ces statistiques démontrent, par ailleurs, le faible niveau d’intermédiation financière
des institutions de dépôts en Haïti. De 2002 à 2006, le taux d’intermédiation moyen (le rapport
crédits sur dépôts) s’élève à 36,70 % ; en d’autres termes, sur chaque dépôt de 100 gourdes
effectué à la banque, 36,7 gourdes sont mobilisées pour financer des activités économiques.
Autr es activités bancair es
Par convention, les établissements bancaires sont des sociétés anonymes, dont le capital,
subdivisé en actions, revient à leurs propriétaires, les actionnaires, qui fondent ces entreprises
pour en tirer un profit. Par conséquent, outre l’intermédiation financière, les institutions bancaires
s’adonnent à des activités lucratives, dans le but d’accroître les bénéfices des actionnaires,
en l’occurrence, les placements à l’étranger, les prises de participation dans des entreprises
commerciales ou d’autres institutions financières, l’acquisition de titres dont ceux émis par la
BRH ou le Trésor américain, et des transactions sur le marché de changes. Cependant, qu’il
s’agisse d’activités d’intermédiation financière ou d’opérations pour leur propre compte, les
banques s’exposent à des risques. En fait, la fonction bancaire est l’une des activités les plus
risquées au monde, et de ce fait, chaque institution bancaire est soumise à une supervision
relativement stricte, exercée par une autorité de tutelle, afin de vérifier la santé financière de
l’établissement financier et de garantir la solidité de l’ensemble du système et la protection
de l’avoir des épargnants.
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Les risques du métier bancair e
4
P.
Risque de crédit. En effectuant de l’intermédiation financière, les banques s’endettent par rapport à un déposant pour accorder du crédit à une personne physique ou morale
qui exprime un besoin de financement. Cette opération est d’autant plus admise économiquement que le banquier détient des moyens logistiques, matériels et financiers pour localiser
ceux qui détiennent une capacité de financement et les emprunteurs potentiels, et permettre
ainsi les transferts de fonds7. L’activité bancaire comporte toutefois un risque : celui que l’emprunteur
ne rembourse pas sa dette à l’échéance fixée, plaçant ainsi la banque commerciale en situation de perte nette par rapport à son propre créancier, le déposant. D’où la nécessité pour
ces institutions de dépôts d’évaluer scrupuleusement toute demande de crédit afin de s’assurer de la solvabilité du débiteur. Cette évaluation tient compte de la notation du débiteur, de
sa capacité d’absorption, du secteur d’activités dans lequel évolue l’emprunteur, de ses
sources de revenus, de sa profitabilité et de sa capacité de remboursement. Suite à cette
évaluation, les banques disposent ensuite de différents moyens de protection pour minimiser
ce risque en exigeant certaines garanties (les hypothèques, les dépôts fongibles, les titres de
la Banque Centrale, les provisions pour créances douteuses, etc.). Mais, en dépit d’une
demande potentielle forte, le risque de crédit demeure l’un des éléments explicatifs de la réticence des banques commerciales haïtiennes en général à accorder du crédit, à la base du
faible niveau du taux d’intermédiation bancaire. Ce risque augmente d’autant plus que les
demandeurs de crédit offrent en général peu de garantie de leur solvabilité, d’où l’orientation
des crédits alloués vers une minorité de la population.
7
Stress Test, en anglais
Le risque de marché. Le risque de marché implique des pertes résultant des fluctuations
des prix des actifs financiers détenus par les banques (les taux d’intérêt, le taux de change).
Il est aussi dû à l’évolution de l’ensemble de l’économie (par exemple du taux d’inflation pouvant
affecter la valeur réelle des actifs), de la fiscalité, et des problèmes de règlement et de livraison.
Les outils utilisés par les banques pour se prémunir contre un tel risque sont, par exemple, la
marge d’intermédiation bancaire, c’est-à-dire la marge de profit que se réserve la banque
sur les taux d’intérêt créditeurs et débiteurs qu’elle pratique.
Le risque de liquidité. Les établissements bancaires reçoivent majoritairement des
dépôts de courte échéance et accordent des crédits à moyen et long termes. Il se crée donc
un décalage où les disponibilités des banques peuvent être insuffisantes par rapport aux
sommes prêtées (c’est le concept de désappariement entre ressources à court terme et
emplois à long terme). D’où la raison pour laquelle les institutions bancaires en général
n’utilisent pas leurs ressources à court terme pour accorder du crédit. Toutefois, pour éviter
une situation où la banque serait inapte à faire face à ses engagements en cas de retrait
général des déposants, la Banque Centrale astreint aux banques à garder un certain
pourcentage (actuellement 31 %) des dépôts à titre de réserves obligatoires.
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En dépit des risques liés à l’intermédiation financière, le système bancaire s’est révélé,
de manière historique, l’un des secteurs les plus dynamiques de l’économie haïtienne.
Toutefois, les bouleversements récents qu’il a connus ont quelque peu affecté la santé financière
de certaines banques, lesquelles, suite aux acquisitions effectuées, devront appliquer des
mesures de redressement, de manière à préserver la stabilité du système. En effet, ces banques
ont dû hériter des charges, des dettes et des créances improductives d’autres banques. Ceci
a eu pour effet d’entamer leur rentabilité et la qualité de leur actif et, par ricochet, celles du
système.
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Le risque systémique. Compte tenu des relations financières existant entre les banques
du système, la faillite d’une banque peut entraîner celles d’autres banques, qui seraient à leur
tour incapables de faire face à leurs engagements puisqu’elles n’auraient pas été
remboursées par la banque défaillante. Ce scénario induit une contraction immédiate des
crédits, avec des répercussions négatives dans la sphère réelle de l’économie. De ce fait, la
banque centrale oblige les banques à respecter un niveau de leurs fonds propres supérieur
à 5 % du total de leurs actifs, comme coussin de sécurité pour pallier à l’ensemble de ces
risques.
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Le risque opérationnel. Le risque opérationnel correspond au risque d’ordre technique,
technologique, administratif ou de gestion interne, provenant de tout événement susceptible
de perturber le déroulement normal des activités de la banque, d’affecter l’image de celle-ci,
et de générer des pertes financières. Il relève par exemple, de défaillances internes
(humaines ou systémiques), d’événements externes (terrorisme, vols, etc.), de politiques
juridiques (amendes, pénalités ou dommages et intérêts).
5
P.
Rôle de l’État (Régulation bancair e)
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Les banques occupent une place importante dans l’économie, compte tenu de leur
rôle dans la gestion des fonds du public. Beaucoup de gens ou d’institutions sont clients,
actionnaires ou employés dans ce secteur. Il est alors évident que l’évolution de ce secteur a
des influences directes sur la vie des citoyens. Or, les banques sont exposées à d’énormes
risques, comme indiqué plus haut. Dans ce contexte, il est normal et impératif que les
autorités publiques établissent des règles prudentielles visant au bon fonctionnement et à la
stabilité du secteur bancaire. La plupart de ces règles sont établies suivant les recommandations
de Bâle (Basel Corps Principles). C’est un ensemble de normes internationales mises en place
de façon à uniformiser les pratiques de contrôle dans l’objectif de solidifier les différents
systèmes bancaires. Elles ne sont que des exigences minimales, c’est-à-dire qu’elles peuvent
être renforcées par chaque entité nationale de contrôle en fonction des risques identifiés. Par
exemple, les accords de Bâle I fixent un ratio minimal de 8 % des fonds propres par
rapport à l’ensemble des actifs à risque d’une banque au niveau international, tandis que ce
ratio s’établit à 12 % pour les banques haïtiennes.
6
P.
En Haïti, l’organisation et le fonctionnement des banques commerciales reposent sur
le décret du 14 novembre 1980, tandis que la loi du 28 août 1984 définit le cadre de
fonctionnement des banques d’épargne et de logement. L’organisme de réglementation du
système bancaire est la Banque de la République d’Haïti (BRH). Cette dernière effectue
régulièrement, par le biais de son département de Supervision Bancaire, des contrôles dont
le but principal est de s’assurer que les établissements bancaires mènent leurs activités de
manière saine et prudente. Le processus de contrôle contient deux volets : les inspections sur
pièces et la surveillance sur place. Dans le premier cas, l’objectif est d’identifier les problèmes
financiers des banques à travers les rapports que ces dernières sont obligées d’acheminer
périodiquement à la BRH. D’un autre côté, l’inspection sur place vise à apporter un meilleur
éclairage et plus de précision sur des situations identifiées lors de la surveillance sur pièces.
Elle permet surtout de revoir certains aspects de la gestion de la banque qui ne peuvent être
évalués à distance et toute situation qui peut affecter négativement les fonds propres de la
banque. Elle n’est pas orientée vers la détection de fraude ou de vol.
Récemment, les autorités ont commencé l’expérimentation d’un autre outil d’analyse
destiné à évaluer la robustesse du système bancaire. C’est le test de résistance8. Il évalue la
sensibilité du portefeuille d’une banque ou de l’ensemble des institutions bancaires à une
combinaison de chocs. Les chocs considérés dans l’économie haïtienne se réfèrent entre
autre au taux de change, au crédit, aux taux d’intérêt. Les simulations essaient de mesurer,
par exemple, l’impact sur le portefeuille d’une banque d’une large dépréciation de la gourde
par rapport au dollar compte tenu du niveau relativement élevé de la dollarisation de
l’économie, d’une baisse drastique des taux d’intérêt sur les bons BRH ou d’une crise de
défaut des clients ayant contracté des prêts auprès de cette banque. Donc, ces tests de résistance
soumettent le système bancaire à toute une série de scénarios de chocs exceptionnels mais
plausibles.
8
Les bons BRH, les réserves obligatoires et les interventions sur le marché des changes.
Les outils permettent aux autorités de détecter rapidement les banques en difficulté et
de décider, s’il y a lieu, de les aider à se redresser. Dans le cas d’une banque de petite taille,
comme la MÉTROBANQUE en 1997 ou la PROMOBANK en 2006, elle peut simplement
être rachetée, totalement ou partiellement, par une autre banque plus importante en Haïti ou
à l’étranger. Ou encore, elle peut être renflouée par le gouvernement dans le cadre d’un plan
de redressement approprié, sans grand frais ni risque pour le Trésor Public. La décision n’est
pas facile dans le cas d’une banque de grande taille parce que l’effet d’une faillite ou d’une
opération de sauvetage peut être néfaste à court terme sur le reste de l’économie.
La faillite non gérée d’une grande banque peut provoquer une ruée des déposants vers les
banques, ce qui risque de déstabiliser tout le système. Elle peut en même temps provoquer le
dysfonctionnement du système de paiement et une contraction catastrophique des flux de
crédit et de la production – avec la montée en flèche des taux d’intérêt et des risques – entraînant
des faillites en chaîne et des licenciements massifs dans le secteur réel de l’économie. Pour
sa part, une opération de sauvetage sous forme de concours financier (pour rembourser les
déposants victimes) peut lancer une spirale d’inflation et de dépréciation de la monnaie à
court terme, comme les Dominicains l’ont vécu, il y a quelques années, suite à la faillite de
la BANINTER.
Les Banques dans l’economie nationale
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Lorsque la banque centrale baisse les taux d’intérêt sur les bons, les banques commerciales sont souvent plus enclins à baisser les taux
sur les dépôts sans pour autant modifier les taux sur les prêts. L’effet inverse se produit quand les autorités monétaires augmentent les
taux sur les bons.
10
Dans une moindre proportion avec les agents de change.
9
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Outre la supervision bancaire, la BRH entretient aussi d’autres relations avec les
institutions bancaires. Ces dernières sont en effet les principales partenaires de la BRH dans
la transmission de la politique monétaire, c’est-à-dire le processus par lequel une décision
prise par les autorités monétaires influence le reste de l’économie. Les instruments9 utilisés par
la BRH pour effectuer la gestion monétaire concernent, pour le moment, seulement les institutions
bancaires. En effet, les bons BRH n’ont été ouverts qu’aux établissements bancaires depuis
leur introduction en 1996. Si pour les autorités monétaires cet instrument représente un outil
de contrôle de la liquidité bancaire, il constitue plutôt pour les banques une opportunité d’emploi
de ressources dans un actif sans risque. En principe, les taux d’intérêt sur les bons BRH
devraient orienter les taux sur les prêts et sur les dépôts des banques. Cependant, à cause
de certaines rigidités structurelles, la transmission est asymétrique10 et n’est pas toujours fluide.
Par ailleurs, lorsque la BRH intervient sur le marché des changes pour acheter ou vendre des
devises, elle réalise les transactions au niveau du système bancaire . Enfin, les autorités monétaires imposent des coefficients de réserves obligatoires sur les passifs des banques, non
seulement pour garantir un minimum de protection des dépôts du public, mais aussi pour
assurer une meilleure gestion de l’offre monétaire. Actuellement, ce coefficient est fixé à 31%
pour les banques commerciales et 19,5 % pour les banques d’épargne et de logement.
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Des deux maux, le chômage et l’inflation, il faudra choisir le moindre. Et comme dans
notre situation de pauvreté, un tel choix serait toujours difficile, il vaut mieux s’en tenir à un
bon système de prévention pour la préservation des banques comme gardiennes de nos
économies et piliers du système de paiement.
7
P.
Évolution récente du secteur bancair e haïtien
Per for mance
En mars 2007, l’actif bancaire (soit le total des avoirs et créances que détiennent les institutions bancaires sur le reste de l’économie) a totalisé 74,34 milliards de gourdes, soit une
hausse de 5,78 % par rapport au même mois de l’année précédente. Du côté des résultats, le
bénéfice net du système a atteint 374,2 MG, soit une croissance de 29,10 % en glissement
annuel, tandis que le produit net bancaire11 , évalué à 1,5 milliard de gourdes, a crû de
9,67 %.
Outre les résultats obtenus à partir des activités bancaires, il existe des indicateurs
mesurant la qualité et la viabilité de la performance des institutions bancaires au cours d’une
période donnée. Ces indicateurs tiennent compte du niveau de capitalisation de l’entité, i.e.
si elle dispose d’un coussin financier assez important pour la prémunir de toute faillite bancaire
(l’assise financière) ; la proportion des composantes de l’actif comportant un risque (la qualité
de l’actif 11) et le niveau de rentabilité de ses activités (rentabilité).
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De manière historique, le secteur bancaire fait montre d’une assez bonne santé financière.
Les institutions de dépôt sont pourvues d’une bonne structure financière, avec un ratio d’avoir
des actionnaires en pourcentage de l’actif dépassant le niveau recommandé par la banque
centrale12 . De plus, le poids des prêts improductifs, c’est-à-dire, comportant un risque élevé
de non remboursement, dans le total des prêts accordés, est relativement peu élevé et
généralement couvert par les provisions dont la banque se dote à cet effet. Par ailleurs, les
activités des établissements bancaires ont été suffisamment rentables, avec un rendement
moyen des prêts largement supérieur à la rémunération moyenne des dépôts, des revenus
nets d’intérêt élevés, garantissant ainsi la rentabilité de leurs actifs et le rendement des capitaux
mobilisés par leurs actionnaires. (Voir le tableau 2)
8
P.
Cependant, la cession récente de 2 banques commerciales, ainsi que d’une banque
d’épargne logement, a quelque peu affecté la santé financière du système, dans la mesure
où les engagements de celui-ci ont augmenté par rapport à ses avoirs, et que le poids des
prêts improductifs s’est accru, induisant une moindre couverture par les provisions pour
créances douteuses. Conséquemment, le rendement moyen des prêts s’est légèrement contracté,
ainsi que les revenus nets d’intérêt. Ce qui a eu une répercussion négative sur la rémunération
des avoirs des actionnaires. (Tableau 2)
Le produit net bancaire (PNB) est l’excédent des produits sur les charges d’exploitation bancaires, et mesure la contribution des
banques à l’augmentation de la richesse nationale.
11
Toute amélioration ou détérioration de la qualité de l’actif d’une banque exerce une influence considérable sur la rentabilité et
la capitalisation de celle-ci.
12
Soit de 5 %. De 2002 à 2006, ce ratio s’est établi en moyenne à 5,36 % pour le système, soit 36 points de base de plus que la
marge requise.
10
TABLEAU 2 : Performance récente du système bancaire
(ratios financiers en %)
Structure financière
Avoirs des actionnaires
en % de l'actif
Dépôts en % de l'actif
Qualité de l'actif
Prêts improductifs bruts
en % des prêts bruts
Provisions pour créances
douteuses en % des prêts
improductifs
Prêts improductifs nets en %
de l'avoir des actionnaires
Rentabilité
ROA (rendement de l'actif)
ROE (rendement de l'avoir
des actionnaires)
Revenus d'intérêt nets en %
des revenus d'intérêt
Rendement moyen des prêts
Rémunération moyenne des
dépôts
2nd trim. 2006
1er trim. 2007
2nd trim. 2007
5.42%
5.84%
6.96%
85.08%
82.92%
83.81%
13.54%
10.53%
11.69%
52.97%
88.82%
64.55%
37.54%
6.64%
19.22%
1.67%
31.19%
1.99%
35.72%
2.03%
31.65%
72.83%
70.21%
70.07%
13.67%
2.22%
14.63%
2.67%
14.18%
2.58%
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Source : Rapport trimestriel de la Supervision bancaire, BRH
9
P.
Glossair e
Actions : Titres émis par la banque commerciale et dont l’ensemble constitue le capital de la
banque. Ces titres sont avant tout des investissements effectués par des personnes physiques
ou morales, qui deviennent alors propriétaires de la banque.
Avoir des actionnaires : total cumulatif du capital et des bénéfices. Ce total inclut les gains
ou pertes de capital, ainsi que les bénéfices non répartis et les surplus d’apport des actionnaires.
Capitalisation bancaire : Niveau de fonds propres (le capital bancaire) accumulés par une
banque. Une banque est bien capitalisée quand le niveau de fonds propres atteint maximise
sa valeur de marché et couvre ses engagements à court et à long terme.
Débenture : Titre représentant un emprunt à long terme sans garantie.
Duopolistique : Caractéristique d’un marché duopole, c’est-à-dire, formé de 2 entreprises.
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Libéralisation financière : Ensemble de réformes du système bancaire haïtien, qui ont consacré
l’ouverture du portefeuille d’actions au secteur privé, et la dissolution du contrôle direct de
l’État dans la politique de crédit des banques. Ces réformes devaient promouvoir le
développement du marché bancaire, faciliter la concurrence, la réduction des contraintes
financières, l’augmentation de l’épargne et l’amélioration de l’allocation du crédit bancaire.
10
P.
Mécanisme de transmission de la politique monétaire : mécanisme par lequel les décisions
et l’utilisation des instruments de politique monétaire se répercutent sur la sphère réelle de
l’économie et sur les prix, à travers l’intermédiation financière exercée par les institutions
bancaires. Ce mécanisme s’exerce à travers certains canaux, dont les taux d’intérêt sur les
bons BRH et les taux de réserves obligatoires.
Personne morale : Terme juridique représentant une entreprise ou une société fondée par un
groupe d’individus, qui a une existence juridique propre, et par conséquent, détient des
droits et des obligations.
Prise de participation : Détention par l’établissement bancaire d’une part, en général
inférieure à 50 %, du capital d’une entreprise commerciale ou d’une autre société financière.
Réserves obligatoires : Un pourcentage des dépôts bancaires que les banques ont pour obligations
de garder comme réserves de garantie à la BRH.