(2021-10) Bidjè 2021-2022: pozisyon politik monetè
Rezime — BRH governor speech or presentation on 6 October 2021 intervention by Governor Jean Baden Dubois at an IDB reflection session.
Dekouve Enpotan
- BRH governor speech or presentation on 6 October 2021 intervention by Governor Jean Baden Dubois at an IDB reflection session.
- Peryòd ki sèvi pou klase dokiman an se 2021-10.
- PDF la gen 4 paj.
Deskripsyon Konple
BRH governor speech or presentation on 6 October 2021 intervention by Governor Jean Baden Dubois at an IDB reflection session.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
Le texte présenté par le Gouverneur de la BRH, Monsieur Jean Baden Dubois, lors
du Mercredi de Réflexion de la BID en date du 6 octobre 2021.
BUDGET 2021 – 2022 : POSTURE DE LA POLITIQUE MONÉTAIRE
Au cours des cinq dernières années, la politique monétaire a été conduite dans un contexte
constamment marqué par des chocs de différents ordres, alimentant les déficits jumeaux qui semblent
caractériser notre économie, tout en nous éloignant de notre potentiel de croissance. En termes de
chocs naturels, la vulnérabilité d’Haïti s’est accrue, ce qui s’est traduit par les pertes importantes en PIB
à la suite de différents ouragans et autres chocs naturels. Parallèlement, des chocs liés à la conjoncture
sociopolitique, accompagnés de ceux liés à la pandémie ont contribué à une croissance économique
négative, empreinte des séquelles de la paralysie des activités du 1er trimestre 2019-2020.
En 2021, bien que le contexte macroéconomique soit différent à l’échelle internationale par rapport à
l’année 2020, l’économie haïtienne n’a pas su en bénéficier. Une fois de plus, la projection de croissance
est bien en-deçà de celle attendue au niveau du budget initial pour l’exercice. En effet, durant l’exercice
2020 – 2021, la mise en œuvre de la politique budgétaire de l’État s’est déroulée dans un
environnement empreint d’incertitudes et un climat sécuritaire délétère. Les dépenses d’investissement
qui avaient augmenté au début de l’exercice ont stagné dès le deuxième trimestre, pour laisser place
aux dépenses liées à la crise sanitaire dans un contexte de remontée des cas de Covid-19. Les débours
liés à la vaccination de la population et à l’arrivée des nouvelles variantes du coronavirus ont porté les
dépenses de l’État à s’approcher des 100 % de leurs niveaux de réalisation dès le début du quatrième
trimestre.
Parallèlement, à la même période, les recettes atteignaient à peine 60 % de leur niveau prévu. La reprise
de l’activité économique à laquelle on s’attendait et qui devrait se traduire en une augmentation des
recettes internes et douanières, a plutôt laissé la place à une relative stagnation de plusieurs branches
d’activité, dont le commerce. Toujours en ce qui a trait aux ressources de l’État, la hausse des prix de
l’énergie et des matières premières sur le marché international (de 88,9 % du Brent par exemple) a
augmenté la perte des recettes, dans un contexte qui n’a pas été favorable à la mise en place de
nouvelles mesures administratives. Toutefois, il faudrait tirer la sonnette d’alarme en ce qui a trait
aux efforts de collecte des organismes de perception très fortement perturbés par la crise
sociopolitique, dans la mesure où les recettes douanières n’ont pas suivi la progression des
importations, de 22.5 % mais allait plutôt jusqu’à enregistrer un recul de près de 4 % sur l’exercice.
Parallèlement, l’État doit faire face aux dépenses engagées, notamment celles liées à la Covid-19 et aux
différents chocs climatiques. Ainsi, charriant une perte de recettes liée à la hausse des prix des produits
pétroliers, des effets prolongés de la dégradation du climat sécuritaire et de la crise sanitaire, le
déséquilibre budgétaire s’est accentué, donnant lieu à un financement monétaire sans précédent, de
43,6 MG, dans un contexte de raréfaction des supports externes. Ce financement monétaire élevé
constitue une préoccupation pour la Banque Centrale depuis tantôt deux exercices, puisqu’il représente
une contrainte importante pour la garantie de la stabilité monétaire. Au niveau du budget rectificatif, les
modifications au niveau des recettes et de la structure de financement des dépenses montrent plutôt
que le financement monétaire qui doit être de dernier recours, s’apparente plutôt à une ressource de
l’État. La révision des recettes à la baisse s’est vue accompagnée d’une hausse de 27 % du financement
de la BRH, du a la restitution de 50% des SDR dans le cadre du budget rectifié.
De tels signaux ne laissent indifférents ni les acteurs de la vie nationale ni nos partenaires techniques et
financiers vu leurs conséquences négatives. Toutefois, le MEF et la BRH étant conscients de la
conjoncture, ont travaillé au cours de l’exercice 2021 pour une harmonisation de la politique budgétaire
et la politique monétaire, en renouvelant le pacte de gouvernance, qui engage les deux institutions. Un
engagement important dans le contrôle du financement monétaire afin d’éviter les conséquences
néfastes sur la stabilité des prix. La BRH a dû parallèlement renforcer sa politique de reprise de la
liquidité excédentaire du système à travers les bons BRH et les interventions sur le marché des changes.
Une démarche qui s’inscrit dans le cadre de sa politique monétaire pour l’exercice 2021 – 2022, dans un
contexte de raréfaction de l’aide externe et de reprise post-covid et post-séisme.
Toujours en vue de maintenir la stabilité des prix, la Banque Centrale a été très active sur le marché des
changes, en l’alimentant de la remise des 30% des maisons de transfert, et prenant le soin de ne pas
induire une baisse trop importante des réserves internationales nettes. À 568 millions de dollars EU, ce
montant résulte également de l’effet des paiements extérieurs réalisés par la BRH pour le compte de
l’État Haïtien, dont l’acquisition des produits pétroliers.
En dépit de ce contexte difficile, la BRH continue à jouer son rôle de régulateur, à travers la poursuite
de la mise en œuvre de mesures règlementaires et administratives déjà en place, visant à contrer
l’accentuation des imperfections de marché. Aussi a-t-elle modifié les normes relatives aux transferts de
fonds internationaux sans contrepartie à travers la circulaire 114-2, afin d’adresser la problématique liée
3 à la rareté du numéraire en dollars et protéger les bénéficiaires de transfert. Un nouveau décret
d’agrément des bureaux de change a été publié plaçant ces derniers sous la supervision de la Banque
Centrale.
En tenant compte de la morosité de l’activité économique et de la crise sanitaire, la Banque Centrale a
pris de nombreuses mesures afin d’accompagner à la fois les consommateurs et les institutions
financières au cours de l’exercice. En vue d’aider les débiteurs du système financier à faire face aux
différents chocs, la BRH a décidé de reconduire les mesures autorisant l’octroi d’un moratoire sur le
remboursement du capital des prêts classés ‘’courants’’, déjà pris en 2020, pour la période allant du 1er
août 2021 au 31 janvier 2022. Cette décision vise également à accompagner certains débiteurs qui
doivent payer leurs taxes à l’État, et contribuer ainsi à une amélioration de la perception fiscale.
En tant que caissière de l’État et garante du système de paiement, la Banque Centrale a eu à prendre
des mesures additionnelles visant la disponibilité des billets de banque sur l’étendue du territoire en vue
d’accompagner le Gouvernement dans ses démarches visant la reprise économique dans un contexte de
Covid-19. Dans l’optique de dynamiser l’économie dont le ralentissement impacte négativement les
ressources de l’État, la BRH a accéléré les travaux ayant abouti à l’interconnexion entre les cartes de
débit à travers le processeur national de paiement (PRONAP) à compter du 1er octobre 2020.
Posture de la BRH par rapport à l’exercice 2021 – 2022
Les perspectives de l’économie haïtienne pour l’exercice 2021-2022 restent quand même mitigées, en
raison des incertitudes entourant le climat des affaires et des effets rémanents de différents chocs qu’a
subi l’économie au cours des trois derniers exercices.
Les indicateurs macroéconomiques ont fait état d’une économie en récession (suite aux trois années
consécutives de croissance négative). Face à cette situation difficile, une reprise économique s’impose
pour que l’économie soit définitivement sur un sentier de croissance soutenue et éviter ainsi que les
situations socio-économiques ne deviennent plus compliquées. Pour cela, des efforts en matière des
interventions publiques seront nécessaires pour aider à redresser le cadre macroéconomique pour
l’exercice 2021-2022. Pour cela une démarche importante en vue d’une meilleure harmonisation des
politique monétaire et budgétaire est nécessaire pour garantir une stabilité macroéconomique propice à
4 la croissance, laquelle est conditionnée par une meilleure performance des finances publiques pour
l’exercice 2021-2022.
Dans le contexte de la persistance du climat sociopolitique incertain, les implications pour l’économie,
en particulier pour le budget 2021 – 2022 seront néfastes. Cela aura encore plus d’incidences sur les
circuits de commercialisation et l’activité économique en général, ce qui risquerait d’aggraver la
situation des finances publiques, notamment au niveau de la collecte des ressources, avec des impacts
négatifs sur les conditions monétaires.
Parallèlement, ce cadre incertain ne nous a pas permis de reprendre les négociations avec nos
principaux partenaires techniques et financiers, dont l’absence des appuis a lourdement pesé sur le
bilan de la Banque Centrale et sur la dette publique interne.
Au niveau de la Banque Centrale, nous poursuivrons nos différentes stratégies mises en place pour
aider à renouer avec la croissance à travers les divers programmes incitatifs en faveur des secteurs
porteurs de croissance et de création d’emploi. L’élargissement de ces programmes aux institutions de
microfinance et différents mécanismes de financement ont été mis sur pied afin d’accompagner les
entrepreneurs des petites et moyennes entreprises, particulièrement du Grand Sud afin de relancer les
activités économiques. En plus des mesures visant à soutenir une reprise économique, la Banque
Centrale en tant que garante de la stabilité du système financier et de paiements, envisage de moduler
sa posture monétaire pour contrer les effets rémanents des épisodes de chocs liés aux crises sociopolitiques au cours des trois exercices et les impacts des chocs qui pourraient survenir au cours de
l’exercice 2021-2022.