(2026-03) Droits humains et État de droit en Haïti : principaux développements récents, juillet 2025 à février 2026
Resume — Mise à jour périodique de l'IJDH documentant l'aggravation de la crise sécuritaire, de gouvernance et humanitaire en Haïti de juillet 2025 à février 2026 : plus de 8 100 morts, 1,45 million de déplacés, le passage à la Force de répression des gangs et un nouveau gouvernement de transition.
Constats Cles
- Au moins 8 100 personnes ont été tuées par la violence des groupes armés en 2025 et environ 1,45 million étaient déplacées internes en janvier 2026, 80 à 90 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince étant sous contrôle des groupes armés ; des informations indiquent que plus de la moitié des Haïtiens tués en 2025 l'ont été dans le cadre de la réponse sécuritaire liée à l'État, y compris des opérations de drones et des abus de groupes d'autodéfense et de contractants privés. Le gouvernement de l'Accord d'avril 2024 et la MSS ont pris fin sans atteindre leurs objectifs, remplacés par un gouvernement consolidé autour du Premier Ministre Fils-Aimé, critiqué pour un décret de décembre 2025 protégeant d'anciens responsables, et par une Force de répression des gangs à peine déployée et sous-financée. Les conditions économiques et sociales se sont encore dégradées : septième année consécutive de recul économique, 25 % d'inflation, 35 % de pauvreté extrême, 5,7 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë, 12 % des établissements de santé avec hospitalisation fonctionnant normalement, plus de 1 600 écoles fermées et une forte recrudescence du choléra. La République dominicaine a expulsé plus de 265 000 Haïtiens en 2025 tandis que les États-Unis ont suspendu la quasi-totalité des voies de protection.
Description Complete
Cette mise à jour périodique de l'IJDH couvre la période de juillet 2025 à février 2026, durant laquelle le gouvernement de transition issu de l'Accord d'avril 2024 et la Mission multinationale d'appui à la sécurité autorisée par l'ONU ont pris fin sans atteindre leurs objectifs et ont été remplacés par un gouvernement consolidé autour du Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé et par la nouvelle Force de répression des gangs. Le rapport documente l'aggravation des violations du droit à la vie et à la sécurité : au moins 8 100 personnes tuées par la violence des groupes armés en 2025, environ 1,45 million de déplacés internes, 80 à 90 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince sous contrôle des groupes armés, et des informations selon lesquelles plus de la moitié des Haïtiens tués en 2025 l'ont été dans le cadre de la réponse sécuritaire liée à l'État, y compris des frappes de drones et des abus de groupes d'autodéfense et de contractants militaires privés. Il examine la corruption et la collusion entre acteurs étatiques et groupes armés, l'effondrement de la justice et l'impunité, la montée des violences sexuelles et du recrutement d'enfants, et la dégradation des droits économiques et sociaux : 35 % de pauvreté extrême, 25 % d'inflation, 5,7 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë, seulement 12 % des établissements de santé avec hospitalisation fonctionnant normalement et plus de 1 600 écoles fermées. Il analyse aussi les expulsions massives depuis la République dominicaine, la fermeture des voies de protection américaines et les insuffisances de la réponse internationale.
Notes
IJDH periodic human rights and rule-of-law update (English PDF despite French catalog title); ayitistats wave B