(2020-06) Le cholera, 9 ans apres... Une "nouvelle approche" ? La violation continue des droits des victimes dans la reponse de l'ONU au cholera en Haiti
Resume — Rapport de l'IJDH evaluant la reponse de l'ONU neuf ans apres l'introduction du cholera en Haiti par des casques bleus, jugeant la Nouvelle approche de 400 millions de dollars sous-financee, les victimes exclues et les obligations juridiques de reparation toujours violees.
Constats Cles
- L'epidemie de cholera introduite par des casques bleus de l'ONU en octobre 2010 a tue plus de 9 700 personnes et infecte plus de 819 000, dont plus de 2 500 morts dans les trois premiers mois. L'ONU a nie sa responsabilite pendant six ans malgre les enquetes designant sa base de Meye occupee par un contingent nepalais, et a rejete comme non recevables les reclamations deposees par 5 000 victimes en 2011. Les excuses de 2016 et la Nouvelle approche de 400 millions de dollars ne comportent ni reconnaissance de responsabilite juridique, ni consultation des victimes, ni garanties de financement, ni mecanisme independant de reclamations. En 2017, 42 pour cent des Haitiens n'avaient toujours pas un acces adequat a l'eau potable.
Description Complete
Ce rapport de l'IJDH examine la reponse des Nations unies a l'epidemie de cholera commencee en octobre 2010, lorsque les eaux usees d'une base de maintien de la paix de l'ONU occupee par un contingent nepalais ont contamine le principal reseau fluvial d'Haiti. L'epidemie a tue plus de 2 500 personnes dans les trois premiers mois et, a la date de publication, plus de 9 700 personnes, avec plus de 819 000 infections. Le rapport retrace six annees de deni de l'ONU, le depot en 2011 de reclamations par 5 000 victimes avec l'appui du BAI et de l'IJDH, les contentieux devant les tribunaux federaux americains rejetes pour cause d'immunite, et les excuses presentees en 2016 par le Secretaire general Ban Ki-moon accompagnees du plan de 400 millions de dollars dit Nouvelle approche. Il conclut que ce plan ne repond pas aux droits des victimes : il n'est pas fonde sur une reconnaissance de responsabilite juridique, les victimes n'ont pas ete consultees, les garanties de financement font defaut et aucun mecanisme independant d'evaluation des reclamations n'existe. Il note aussi qu'en 2017, 42 pour cent des Haitiens n'avaient toujours pas un acces adequat a l'eau potable.
Notes
IJDH thematic report, English original (catalog title in French); ayitistats wave B