EN FR HT
République d'Haïti
Bibliothèque de documents
Rechercher & télécharger Résumés IA Libre & ouvert
(2024-02) Un moment critique : la crise des gangs en Haïti et les réponses internationales (février 2024)

(2024-02) Un moment critique : la crise des gangs en Haïti et les réponses internationales (février 2024)

Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) 2024 50 pages
Resume — Rapport d'orientation du GI-TOC, publié en février 2024 avant le déploiement prévu de la Mission multinationale d'appui à la sécurité dirigée par le Kenya, analysant comment les quelque 200 gangs d'Haïti sont passés de groupes dépendants du clientélisme à des entrepreneurs de la violence professionnalisés exerçant une gouvernance territoriale et criminelle sur environ 80 pour cent de Port-au-Prince et s'étendant vers l'Artibonite rural. Fondé sur 36 entretiens et un travail de terrain en novembre 2023, il évalue les deux principaux outils internationaux, le régime de sanctions de l'ONU et la mission MMAS, et propose des pistes pour les aligner contre l'écosystème criminel haïtien.
Constats Cles
Description Complete
Rédigé par Romain Le Cour Grandmaison, Ana Paula Oliveira et Matt Herbert, ce rapport examine l'effondrement sécuritaire d'Haïti en 2023 et au début de 2024 ainsi que la conception de la réponse internationale. Les chiffres de l'ONU pour 2023 font état de plus de 4 789 meurtres, 1 698 blessés et 2 490 enlèvements, avec un taux d'homicide de 40,9 pour 100 000, plus du double du taux de 2022. Le rapport documente la professionnalisation des gangs: environ 200 groupes, les plus grands passés de 50 à 100 membres à l'époque de la MINUSTAH à 1 500 à 2 500, organisés dans les coalitions rivales G9 et G-Pèp, dirigés par de « jeunes vétérans » dotés de structures hiérarchiques, d'une division du travail, de processus de recrutement, d'une formation tactique assurée par d'anciens militaires, policiers et déportés, et d'arsenaux de fusils AK-47, AR-15 et Galil issus du trafic. Il retrace l'expansion des gangs depuis Port-au-Prince, dont environ 80 pour cent est sous leur contrôle ou influence, vers l'Artibonite rural, où les invasions de terres agricoles ont réduit les surfaces cultivées de 5 800 hectares en 2018 à 2 400 en 2022, et analyse l'écosystème plus large de la violence, y compris le mouvement d'autodéfense Bwa Kale et plus de 600 lynchages recensés depuis avril 2023. La seconde moitié évalue le régime de sanctions de l'ONU créé en octobre 2022 et la mission MMAS hors ONU autorisée en octobre 2023, en soutenant qu'ils représentent un tournant conceptuel dans le traitement par l'ONU des acteurs criminels à but lucratif comme acteurs de conflit à part entière. Les recommandations, fondées sur 36 entretiens menés en novembre 2023, comprennent une planification coordonnée entre la MMAS, le Comité des sanctions et le Groupe d'experts, le ciblage de l'écosystème criminel élargi, y compris les complices en col blanc, l'accélération des désignations de sanctions, la cartographie continue des réseaux criminels, la centralité des droits humains et des communautés, et une communication stratégique cohérente.
Sujets
SécuritéGouvernanceJustice et sécuritéAgriculture
Geographie
NationalDépartement de l'OuestDépartement de l'Artibonite
Periode Couverte
2022 — 2024
Mots-cles
gangs, criminal governance, Multinational Security Support mission, UN sanctions, G9, G-Pep, arms trafficking, Bwa Kale, vigilantes, Artibonite, extortion, kidnapping, MINUSTAH, international intervention
Entites
GI-TOC, Romain Le Cour Grandmaison, Ana Paula Oliveira, Matt Herbert, G9 Fanmi e Alye, G-Pep, Jimmy Chérizier (Barbecue), Johnson André (Izo), Renel Destina (Ti Lapli), Ti Gabriel, Gran Grif, Kokorat San Ras, 400 Mawozo, Haitian National Police, MSS mission, UN Security Council, BINUH, MINUSTAH, Kenya, Bwa Kale, Village de Dieu, Galil Gang