(2010-09) « On nous a oubliés » : conditions de vie dans les camps de déplacés en Haïti huit mois après le séisme
Resume — Une enquête de suivi à cinq mois auprès de 90 familles déplacées dans six camps constate que l'aide a ralenti ou cessé, avec des violations systématiques des droits à l'alimentation, à l'eau, à l'assainissement, au logement et à la protection huit mois après le séisme.
Constats Cles
- L'aide avait ralenti, voire cessé, dans chacun des six camps enquêtés, aggravant nettement la vie de la plupart des familles huit mois après le séisme. Les droits fondamentaux étaient systématiquement violés : 75 pour cent des familles avaient eu un membre passé une journée entière sans manger, 44 pour cent buvaient principalement de l'eau non traitée, 27 pour cent déféquaient dans un récipient, un sac plastique ou à l'air libre, et 78 pour cent vivaient sans abri fermé. La protection était insuffisante, 94 pour cent des familles estimant ne pas pouvoir rentrer chez elles et 48 pour cent ayant été menacées d'expulsion forcée depuis le séisme. Le rapport préconise une approche fondée sur les droits, la redevabilité des bailleurs, une aide alimentaire d'origine locale et la fin des expulsions forcées.
Description Complete
Ce rapport de la fondation LAMP for Haiti, de l'IJDH, du Bureau des Avocats Internationaux et de la faculté de droit de l'Université de San Francisco présente les résultats d'un suivi à cinq mois de 90 familles haïtiennes déplacées par le séisme du 12 janvier 2010. L'enquête initiale de février 2010 dans six camps avait produit le rapport Négligence dans les camps, présenté à la Commission interaméricaine des droits de l'homme. En juillet 2010, 52 des familles d'origine ont été retrouvées et réinterrogées, et leurs conditions de vie ont été évaluées au regard de la Constitution haïtienne et du droit international relatif aux personnes déplacées. L'enquête a mis en évidence des violations systématiques : 75 pour cent des familles avaient eu un membre passé une journée entière sans manger la semaine précédente, 44 pour cent buvaient principalement de l'eau non traitée, 27 pour cent déféquaient dans des récipients ou à l'air libre, 78 pour cent vivaient sans abri fermé et 48 pour cent avaient été menacées d'expulsion forcée. Avec plus de 1,3 million d'Haïtiens encore dans quelque 1 300 camps, le rapport conclut que l'aide a ralenti ou cessé dans chaque camp enquêté et formule neuf recommandations, dont le décaissement rapide de l'aide, le respect des Principes directeurs des Nations Unies sur le déplacement interne et la fin des expulsions forcées.
Notes
IJDH/BAI/LAMP for Haiti/USF longitudinal camp survey, second round; ayitistats wave B