(2023-08) Les droits humains et l'Etat de droit en Haiti : principaux developpements recents, decembre 2022 a mai 2023
Resume — La mise a jour periodique de l'IJDH couvrant decembre 2022 a mai 2023 documente l'intensification de la violence des gangs, l'Accord de decembre conteste sous le Premier ministre de facto Ariel Henry, la corruption generalisee, la faiblesse policiere, le mouvement Bwa Kale et l'aggravation de la crise humanitaire.
Constats Cles
- La violence des gangs s'est intensifiee jusqu'a des niveaux associes aux conflits armes, avec plus de 200 gangs actifs controlant environ 80 pour cent ou plus de Port-au-Prince et au moins 1 466 personnes tuees entre janvier et avril 2023. Le BINUH a enregistre au moins 395 enlevements au premier trimestre, une hausse de 12 pour cent, et au moins 160 000 personnes etaient deplacees a la mi-mars. L'Accord de decembre presente par le Premier ministre de facto Ariel Henry n'a ete signe par aucun parti d'opposition ni organisation majeure de la societe civile. Le mouvement Bwa Kale a tue au moins 160 membres de gangs presumes, et seulement 9 000 des 13 200 membres de la PNH exercaient reellement des fonctions policieres.
Description Complete
Cette mise a jour de la serie periodique de l'IJDH sur les droits humains et l'Etat de droit couvre decembre 2022 a mai 2023, une periode de deterioration acceleree de la gouvernance, de la securite et des conditions humanitaires. Elle documente une violence des gangs atteignant des niveaux associes aux conflits armes : plus de 200 gangs actifs, le controle d'environ 80 pour cent ou plus de Port-au-Prince, au moins 1 466 morts entre janvier et avril 2023, au moins 395 enlevements au premier trimestre et au moins 160 000 personnes deplacees a la mi-mars. Le rapport critique l'Accord de decembre presente par le Premier ministre de facto Ariel Henry comme un moyen d'ancrer le pouvoir affilie au PHTK, sans signature de l'opposition ni de la societe civile. Il detaille la complicite gouvernementale avec les gangs, le trafic d'armes impliquant des officiels, la corruption generalisee, dont le non-respect de la loi de declaration de patrimoine par plus de 90 pour cent des fonctionnaires, la faiblesse de la police, l'emergence du mouvement Bwa Kale, les attaques contre les journalistes et l'effondrement des droits economiques et sociaux dans un contexte de secheresse et d'inflation alimentaire.
Notes
IJDH periodic human rights and rule of law review series, French translation of an English original; ayitistats wave B