(2025-05) Rapport thématique de l'ACAPS : Escalade des conflits et augmentation des déplacements internes (19 mai 2025)
Resume — Ce rapport thématique d'ACAPS analyse l'impact humanitaire de l'escalade de la violence armée dans le département du Centre, où les attaques de Viv Ansanm contre Mirebalais et Saut d'Eau à partir du 30 mars 2025 ont tué au moins 76 personnes, permis l'évasion de plus de 500 détenus et nouvellement déplacé plus de 51 400 personnes à la mi-mai. Fondé sur une revue de données secondaires, il documente les besoins en abris, protection, santé, éducation et sécurité alimentaire des PDI dispersés vers Boucan Carré, Hinche, Lascahobas et Savanette, et signale les risques d'expansion des gangs vers la frontière dominicaine et le barrage de Péligre.
Constats Cles
- Les attaques de Viv Ansanm contre Mirebalais et Saut d'Eau à partir du 30 mars 2025 ont tué au moins 76 personnes au 22 avril, permis l'évasion de plus de 500 détenus et nouvellement déplacé plus de 51 400 personnes, dont quelque 27 000 enfants, à la mi-mai.
- Le nombre de sites de déplacement a presque doublé au niveau national, de 119 en mars à 228 en avril 2025, dont 97 des 121 nouveaux sites dans le Centre, tandis qu'environ 76 pour cent des PDI de Mirebalais restaient chez des proches.
- Les services essentiels se sont effondrés dans la zone touchée : l'Hôpital universitaire de Mirebalais et toutes les écoles de Mirebalais ont fermé, au moins 42 écoles du Centre servant d'abris aux PDI et les hôpitaux de référence de Hinche et de l'Artibonite étant surchargés.
- Le risque de choléra augmente, avec 1 487 cas suspects au niveau national entre fin décembre 2024 et mi-avril 2025 et une vulnérabilité accrue dans le Centre où 37 pour cent des ménages utilisaient de l'eau de source non protégée.
- ACAPS anticipe une propagation de la violence vers les communes proches de la frontière dominicaine et un possible ciblage du barrage hydroélectrique de Péligre par les gangs, tandis que la suspension du financement américain fragilise une réponse déjà dépendante de l'aide extérieure.
Description Complete
ACAPS examine la flambée de déplacements déclenchée par les attaques de la coalition Viv Ansanm contre Mirebalais et Saut d'Eau, dans le département du Centre, à partir du 30 mars 2025. Au 22 avril, les affrontements avec la Mission multinationale d'appui à la sécurité (MMAS) avaient tué au moins 76 personnes ; les gangs ont aussi facilité l'évasion de plus de 500 détenus de la prison de Mirebalais. Au 16 mai, au moins 51 400 personnes, dont environ 27 000 enfants, avaient été nouvellement déplacées du district de Mirebalais, se dirigeant principalement vers Boucan Carré (24 pour cent), Hinche (21 pour cent), Lascahobas (17 pour cent) et Savanette (11 pour cent), environ 76 pour cent restant chez des proches. Le rapport replace cette situation dans une crise nationale de déplacement dépassant un million de PDI, avec plus de 130 000 personnes nouvellement déplacées par la violence des gangs depuis janvier 2025 et un nombre de sites de déplacement presque doublé, de 119 en mars à 228 en avril, dont 97 nouveaux sites dans le Centre. L'analyse repose sur une revue de données secondaires et reconnaît le manque d'informations à jour compte tenu des contraintes d'accès.
Les impacts sectoriels comprennent la fermeture de l'Hôpital universitaire de Mirebalais et de toutes les écoles de Mirebalais (42 écoles du Centre servant d'abris aux PDI), 1 487 cas suspects de choléra au niveau national entre fin décembre 2024 et mi-avril 2025 avec des alertes croissantes dans l'Ouest et le Centre, et des hôpitaux de référence surchargés à Hinche et dans l'Artibonite. Le rapport identifie des contraintes d'accès humanitaire liées au contrôle par les gangs des routes reliant Port-au-Prince au reste du pays et anticipe une propagation de la violence vers les communes proches de la frontière dominicaine, des menaces sur le barrage hydroélectrique de Péligre, une augmentation des mouvements transfrontaliers irréguliers du fait de la suspension des visas dominicains pour les Haïtiens, et les effets aggravants de la saison des pluies de juin à octobre. La crise se déroule sur fond de sous-financement de l'aide, aggravé par la suspension de l'assistance américaine, qui représentait environ 59 pour cent (207 millions USD) des financements engagés pour la réponse humanitaire de 2024.
Notes
ACAPS thematic/anticipatory analysis