(2021-07) Note d'information d'ACAPS : Haïti - Violences des gangs (14 juillet 2021)
Resume — Cette note d'information évalue les retombées humanitaires de la flambée de violence des gangs à Port-au-Prince à partir du 1er juin 2021, qui a touché environ 1,5 million de personnes et déplacé 18 100 personnes fin juin, et la replace dans le contexte de l'assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet. Elle documente les besoins sectoriels en abris, protection, santé et EPAH dans les sites de déplacés de fortune, ainsi que de sévères contraintes d'accès humanitaire après des attaques contre des structures de santé. Les facteurs aggravants incluent le quadruplement des décès de COVID-19 depuis mai, la tempête tropicale Elsa, l'instabilité politique et 4,4 millions de personnes en insécurité alimentaire.
Constats Cles
- L'escalade de la violence des gangs à partir du 1er juin 2021 a touché environ 1,5 million de personnes à Port-au-Prince, 95 gangs s'affrontant pour le territoire et le quartier commercial étant déserté après des pillages.
- Au 30 juin, 18 100 personnes étaient déplacées (14 700 de Bas Delmas, Cité Soleil et Martissant) et 11 500 portées disparues, piégées dans les zones de conflit ou en fuite ; la plupart des déplacés étaient hébergés dans des sites de fortune ou chez des familles d'accueil avec des manques aigus en abris, protection et EPAH.
- L'assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet a été jugé de nature à aggraver l'instabilité, la légalité de l'autorité du Premier ministre par intérim Claude Joseph étant contestée par le Premier ministre désigné Ariel Henry, avec un état d'urgence de deux semaines déclaré.
- L'accès humanitaire était sévèrement contraint : 35 % des agents de santé de Carrefour/Martissant ne pouvaient rejoindre leur travail, MSF a suspendu ses opérations à Martissant après l'attaque de son centre de santé, et des fermetures de routes empêchaient l'assistance d'atteindre 14 000 ménages dans le sud.
- Les crises concomitantes comprenaient le quadruplement des décès de COVID-19 depuis mai (19 220 cas, 467 décès au 12 juillet, sans campagne de vaccination), les dégâts de la tempête tropicale Elsa le 3 juillet et 4,4 millions de personnes en insécurité alimentaire, les fermetures d'écoles liées à la violence privant 55 000 élèves de rations à emporter.
Description Complete
Cette note d'information de l'ACAPS, publiée le 14 juillet 2021, analyse l'escalade de la violence des gangs à Port-au-Prince à partir du 1er juin 2021, lorsque quelque 95 gangs ont commencé à s'affronter pour le territoire à la suite d'une reconfiguration des alliances, avec une concentration dans les quartiers sud, dont Bas Delmas, Bel Air, Cité Soleil, Fontamara, Laboule 12, Martissant et Toussaint Brave. Environ 1,5 million de personnes ont été touchées ; 18 100 étaient déplacées au 30 juin (14 700 de Bas Delmas, Cité Soleil et Martissant) et 11 500 personnes étaient portées disparues, piégées dans les zones de conflit ou en fuite. La note a été finalisée quelques jours après l'assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet, qu'elle juge susceptible de déstabiliser davantage la situation politique, l'autorité du Premier ministre par intérim Claude Joseph étant contestée par le Premier ministre désigné Ariel Henry, et un état d'urgence de deux semaines ayant été déclaré.
Sur le plan sectoriel, la note documente des sites de déplacés de fortune aux manques aigus : 3 000 déplacés dans sept sites et 9 000 chez des familles d'accueil ; des viols et violences sexuelles signalés dans des sites à Carrefour et Delmas ; 565 déplacés en situation de handicap hébergés dans une école après l'incendie du camp de La Piste ; et Delmas 103 avec quatre latrines saturées pour 500 déplacés et sans eau courante. Les contraintes d'accès étaient sévères : 35 % des agents de santé de Carrefour/Martissant ne pouvaient rejoindre leur travail, MSF a suspendu ses activités à Martissant après l'attaque de son centre le 26 juin, au moins huit policiers ont été tués et huit commissariats attaqués, et des fermetures de routes ont coupé l'assistance à 14 000 ménages dans le sud. Les facteurs aggravants comprennent le quadruplement des décès de COVID-19 depuis mai (19 220 cas et 467 décès au 12 juillet, sans campagne de vaccination), les dégâts de la tempête tropicale Elsa le 3 juillet au début de la saison cyclonique, et 4,4 millions de personnes en insécurité alimentaire, les fermetures d'écoles privant 55 000 élèves de rations à emporter.
Notes
ACAPS thematic/anticipatory analysis