(2022-11) Note d'information d'ACAPS : Haïti - Aggravation des crises humanitaires à Port-au-Prince (1er novembre 2022)
Resume — L'ACAPS documente la nette détérioration des conditions humanitaires à Port-au-Prince fin 2022, lorsque le blocage du terminal pétrolier de Varreux par les gangs, les manifestations antigouvernementales et les premiers cas de choléra en plus de trois ans se sont conjugués. À la mi-octobre, plus de 960 cas suspects de choléra avaient été recensés, 4,7 millions d'Haïtiens étaient en insécurité alimentaire de niveau Crise (IPC 3) ou pire, et 19 200 personnes à Cité Soleil se trouvaient au niveau Catastrophe (IPC 5). La note cartographie les besoins sectoriels en alimentation, EPAH, santé, nutrition, abris et éducation dans un contexte de sévères contraintes d'accès.
Constats Cles
- Le choléra est réapparu en Haïti le 2 octobre 2022 après plus de trois ans sans cas signalé, atteignant 115 cas confirmés et 964 cas suspects avec au moins 33 décès au 19 octobre, concentrés à Cité Soleil et Port-au-Prince sous contrôle des gangs, 42 % des cas suspects touchant des enfants de moins de dix ans.
- Le blocage du terminal pétrolier de Varreux par les gangs depuis septembre 2022 a coupé l'essence et le diesel dans tout le pays, fermant les hôpitaux dépendants de générateurs, arrêtant les camions-citernes et les pompes municipales, et laissant 30 % des antennes de Digicel sans carburant.
- L'insécurité alimentaire a atteint un record : 4,7 millions de personnes (48 % de la population) en niveau Crise (IPC 3) ou pire, et 19 200 personnes à Cité Soleil classées au niveau Catastrophe (IPC 5), première classification de ce type en Haïti.
- L'accès aux populations touchées s'est effondré, environ 60 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince étant sous contrôle ou influence des gangs, plus de 113 000 personnes déplacées et plus de 200 écoles fermées, les gangs occupant près de 25 % des écoles.
- Le Conseil de sécurité de l'ONU a établi un régime de sanctions le 21 octobre 2022 (embargo sur les armes, interdiction de voyager, gel des avoirs), et les États-Unis et le Canada ont fourni des véhicules blindés à la police haïtienne après la demande d'assistance militaire internationale du président Henry.
Description Complete
Cette note d'information, publiée le 1er novembre 2022, évalue la conjonction des crises humanitaires à Port-au-Prince, où troubles sociaux, violence des gangs, pénuries de carburant et résurgence du choléra se sont cumulés. Depuis juillet 2022, les manifestations contre la vie chère et la suppression des subventions aux carburants paralysaient les grandes villes, tandis que les gangs armés bloquaient depuis septembre le terminal pétrolier de Varreux, coupant l'essence et le diesel, perturbant les chaînes d'approvisionnement en nourriture et en eau, fermant des hôpitaux dépendants de générateurs et laissant 30 % des antennes de Digicel sans carburant. L'ONU estimait à au moins 1,5 million le nombre de personnes directement touchées par l'escalade. Le 2 octobre, après plus de trois ans sans cas signalé, le choléra est réapparu : au 19 octobre, on comptait 115 cas confirmés et 964 cas suspects avec au moins 33 décès, concentrés à Cité Soleil et Port-au-Prince, et 42 % des cas suspects concernaient des enfants de moins de dix ans.
La note détaille les besoins sectoriels : 4,7 millions de personnes (48 % de la population) en insécurité alimentaire IPC 3 ou pire, dont 19 200 à Cité Soleil au niveau Catastrophe (IPC 5), première classification de ce type en Haïti ; plus de 35 % de la population sans accès aux services d'eau potable de base, les pénuries de carburant mettant à l'arrêt les pompes à eau municipales ; environ 29 000 femmes enceintes risquant de perdre l'accès aux soins critiques ; près de 100 000 enfants de moins de cinq ans atteints de malnutrition aiguë sévère particulièrement vulnérables au choléra ; plus de 113 000 déplacés internes ; et environ 2,4 millions d'enfants touchés par la non-réouverture des écoles, les gangs occupant près d'un quart des écoles de Port-au-Prince. Les sections contextuelles couvrent la guerre de territoire G9/G-Pèp (environ 60 % de la zone métropolitaine sous contrôle ou influence des gangs), une inflation supérieure à 30 %, un taux de pauvreté de 52,4 % en 2021, le régime de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU du 21 octobre et l'exposition structurelle d'Haïti aux aléas climatiques.
Notes
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