(2025-03) Comment briser l'emprise des gangs sur Haïti
Resume — Des analystes de l'USIP avertissent que les gangs haïtiens se muent en organisations criminelles transnationales menaçant la sécurité américaine et régionale, avec plus d'un million de déplacés et 5,4 millions d'Haïtiens souffrant de la faim. Ils appellent à harmoniser les régimes de sanctions internationaux fragmentés, à créer une task force interagences américaine reliant police, interdiction maritime (JIATF-S, CBSI) et mission MSS, et à tarir les flux d'armes, 73 pour cent des armes tracées dans les Caraïbes provenant des États-Unis.
Constats Cles
- Les gangs haïtiens passent de groupes localisés à des organisations criminelles transnationales dont les routes de contrebande font circuler armes, drogues et personnes dans les Caraïbes, menaçant la sécurité américaine et régionale.
- En janvier 2025, plus d'un million de personnes sont déplacées (en majorité des enfants) et 5,4 millions d'Haïtiens, près de la moitié de la population, n'ont pas assez à manger.
- Le régime international de sanctions est un puzzle désorganisé : environ 45 Haïtiens sanctionnés selon les juridictions mais seulement sept par le Conseil de sécurité, la Russie et la Chine bloquant les recommandations du Groupe d'experts.
- Un rapport du GAO révèle que 73 pour cent des armes tracées récupérées dans les Caraïbes (2018-2022) provenaient des États-Unis, surtout via les ports de Floride.
- Une task force interagences américaine reliant police, JIATF-S élargi à l'interdiction des armes, partage de renseignement CBSI et mission MSS pourrait tarir les ressources qui soutiennent le pouvoir des gangs.
Description Complete
Cette analyse de mars 2025 par Kirk Randolph, Nicolás Devia-Valbuena et Louiceus Ozias soutient que briser l'emprise du crime organisé doit précéder le redressement institutionnel d'Haïti. Un nouveau rapport de l'ONU montre les groupes armés étendant leur contrôle : plus d'un million de déplacés (en majorité des enfants), des routes impraticables et 5,4 millions d'Haïtiens, près de la moitié de la population, sans nourriture suffisante, tandis que le mouvement d'autodéfense Bwa Kale comble le vide laissé par une police débordée. La mutation des gangs en organisations criminelles transnationales fait circuler drogues, armes et personnes sur les mêmes routes de contrebande, menaçant l'hémisphère.
Première cible : le « puzzle désorganisé » des sanctions. Environ 45 ressortissants haïtiens sont sanctionnés par une ou plusieurs juridictions, dont l'ancien président Michel Martelly, les ex-parlementaires Prophane Victor, Joseph Lambert et Youri Latortue et les hommes d'affaires Gilbert Bigio, Reynold Deeb et Sherif Abdallah, mais le Conseil de sécurité n'a sanctionné que sept individus, surtout des chefs de gangs comme Chérizier et Vitel'Homme Innocent, la Russie et la Chine bloquant les recommandations du Groupe d'experts de l'ONU ; l'harmonisation doit précéder l'extension. Deuxième cible : les failles de l'application. Un rapport du GAO montre que 73 pour cent des armes tracées récupérées dans les Caraïbes entre 2018 et 2022 provenaient des États-Unis, souvent via les ports de Floride. Les auteurs proposent une task force interagences dédiée centralisant les poursuites contre les trafiquants d'armes, l'élargissement du mandat antinarcotiques du JIATF-S à l'interdiction des armes, l'utilisation de la Caribbean Basin Security Initiative pour le partage de renseignement avec la République dominicaine, les Bahamas et la Jamaïque, et l'arrimage de ces efforts à la mission MSS. Les outils existent, concluent-ils ; il manque leur emploi unifié et soutenu.
Notes
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