Bulletin de Risque: Observatoire de la Violence et de la Résilience en Haïti - Numéro 3
Resume — Analyse de l'escalade de la violence des gangs en Haïti et du premier anniversaire de la coalition Viv Ansanm, examinant leur contrôle territorial croissant et leurs ambitions politiques. Le rapport souligne les défis auxquels font face les missions de sécurité internationales et le Conseil Présidentiel de Transition d'Haïti.
Constats Cles
- La coalition de gangs Viv Ansanm contrôle maintenant 85% de Port-au-Prince et cherche une reconnaissance politique en se transformant en parti politique.
- Seulement 1 000 des 2 500 personnels prévus ont été déployés pour la mission de Soutien Sécuritaire Multinationale dirigée par le Kenya, limitant l'efficacité opérationnelle.
- Jusqu'à 60% des électeurs éligibles pourraient être incapables de participer aux élections de novembre 2025 en raison du contrôle des gangs dans les départements de l'Artibonite et de l'Ouest.
- La mauvaise coordination entre les forces internationales et la Police Nationale Haïtienne compromet les opérations de sécurité et les efforts de contrôle territorial.
- Les tactiques des gangs ont évolué de la violence aveugle vers l'expansion territoriale stratégique et le contrôle économique par l'extorsion.
Description Complete
Ce bulletin de risque analyse la détérioration de la situation sécuritaire en Haïti un an après la formation de la coalition de gangs Viv Ansanm. Le rapport examine comment les gangs ont évolué de perpétrateurs de violence en courtiers de pouvoir stratégiques, contrôlant maintenant 85% de Port-au-Prince et cherchant une reconnaissance politique. La mission de Soutien Sécuritaire Multinationale dirigée par le Kenya, avec seulement 1 000 des 2 500 personnels prévus déployés, fait face à des défis opérationnels significatifs et à une mauvaise coordination avec la police haïtienne.
Le Conseil Présidentiel de Transition peine à établir une légitimité politique au milieu des conditions sécuritaires qui s'aggravent. Les plans pour les élections présidentielles de novembre 2025 sont menacés par le contrôle des gangs, avec potentiellement seulement 8 des 10 départements capables de participer, excluant jusqu'à 60% des électeurs éligibles. Le rapport souligne le changement stratégique dans les tactiques des gangs, y compris leur récente attaque sur Kenscoff, démontrant l'expansion territoriale vers le hub financier de Port-au-Prince.
La transformation de Viv Ansanm en parti politique présente un dilemme critique pour la gouvernance d'Haïti. Bien que l'intégration politique puisse inciter les gangs à se retirer, elle pourrait aussi formaliser les structures de pouvoir violentes. Le rapport souligne le besoin de politiques institutionnelles transparentes pour démobiliser les groupes criminels plutôt que des arrangements politiques informels.
L'analyse souligne le besoin urgent d'une réponse internationale coordonnée, incluant des missions de sécurité élargies, des réformes policières complètes, et des stratégies de développement institutionnel à long terme pour adresser à la fois les menaces sécuritaires immédiates et les causes profondes de la crise criminelle d'Haïti.