(2020-04) Perspectives macroéconomiques et pauvreté - Haïti
Resume — Perspectives macroéconomiques et pauvreté de la Banque mondiale pour Haïti, printemps 2020 : le PIB se serait contracté de 0,9% durant l'exercice budgétaire haïtien 2019 dans un contexte de turbulences politiques, et devrait reculer de 3,5% supplémentaires en 2020 sous l'effet de la COVID-19. Les perspectives sont marquées par de forts risques baissiers et la pauvreté devrait augmenter.
Constats Cles
- Le PIB s'est contracté d'environ 0,9% en 2019 dans un contexte de turbulences politiques et devrait reculer de 3,5% en 2020 sous l'effet de la COVID-19, avant une reprise de 1,0% en 2021 et 1,3% en 2022.
- Le déficit budgétaire a été contenu à 4,0% du PIB en 2019 grâce à des coupes dans l'investissement et les dépenses sociales, mais la dette est passée à 43,3% du PIB (contre 23,7% en 2014) et devrait atteindre 54,1% d'ici 2022.
- La gourde s'est dépréciée de plus de 22% sur l'exercice et l'inflation a clôturé au-dessus de 20%, l'estimation de la Banque fin janvier 2020 s'établissant à 22,5%, érodant le pouvoir d'achat des pauvres.
- Le déficit du compte courant s'est réduit à 0,4% du PIB en 2019 grâce à de faibles importations et aux envois de fonds (désormais 35% du PIB) mais devrait se creuser à 6,1% en 2020.
- La reprise ne dépassant pas la croissance démographique, aucune amélioration du bien-être n'est attendue et la pauvreté augmenterait probablement, dans un contexte de risques liés à la crise politique, au vide institutionnel et à la pandémie.
Description Complete
Cette note des Perspectives macroéconomiques et pauvreté de la Banque mondiale (printemps 2020, date de clôture le 6 avril 2020) indique que la croissance du PIB haïtien est anémique depuis cinq ans, dépassant à peine la croissance démographique de 1,5%, et que le PIB s'est contracté d'environ 0,9% durant l'exercice budgétaire 2019 dans un contexte de crise politique prolongée qui a affecté l'agriculture et les services. Le déficit budgétaire a été contenu à 4,0% du PIB grâce à des coupes dans l'investissement en capital et les dépenses sociales, tandis que le ratio dette/PIB a presque doublé, passant de 23,7% en 2014 à 43,3% en 2019. La gourde s'est dépréciée de plus de 22% sur l'exercice et l'inflation a clôturé au-dessus de 20%, érodant le pouvoir d'achat des ménages, environ la moitié d'entre eux étant en insécurité alimentaire fin septembre 2019. Au premier trimestre de l'exercice 2020, l'activité est restée atone, avec un PIB estimé en recul de 4,0% en glissement annuel et une estimation d'inflation de la Banque de 22,5% fin janvier. Les perspectives prévoient une contraction du PIB de 3,5% en 2020 sous l'effet de la COVID-19 sur les services, les envois de fonds et les exportations, avant une reprise modeste de 1,0% en 2021 et 1,3% en 2022, le déficit du compte courant se creusant à 6,1% du PIB en 2020. La reprise ne devant pas dépasser la croissance démographique, aucune amélioration du bien-être n'est attendue et l'incidence de la pauvreté augmenterait probablement, avec des risques baissiers liés à la crise politique non résolue, au vide institutionnel après la caducité du Parlement le 13 janvier 2020 et à la pandémie de COVID-19.
Notes
World Bank Macro Poverty Outlook, Haiti country brief, Spring 2020 (April 2020) edition. Haiti section extracted from the Latin America and Caribbean regional MPO volume. Part of the semiannual MPO series.