(2011-01) Un an après le séisme : les Haïtiens vivent toujours en situation de crise
Resume — Une enquête de suivi de décembre 2010 auprès de familles déplacées dans six camps, par l'IJDH, le BAI et LAMP for Haiti, révèle une faim persistante, une aide et un travail rares, et une prévention du choléra insuffisante un an après le séisme.
Constats Cles
- Un an après le séisme, les résidents des camps souffraient toujours d'une faim généralisée : 71 pour cent des familles avaient au moins un membre passé un jour sans manger et 53 pour cent un enfant, résultats presque identiques à ceux de juillet 2010. L'aide était rare, 61 pour cent des familles ne recevant jamais de nourriture des agences d'aide et 50 pour cent aucune eau de boisson. Le travail manquait : seules 44 pour cent des familles avaient un revenu, en moyenne 1,30 dollar par jour pour une famille de huit personnes, et 60 pour cent vivaient avec moins d'un dollar par jour. Malgré l'épidémie de choléra confirmée en octobre 2010, 50 pour cent des répondants n'avaient reçu aucune aide de prévention.
Description Complete
Ce rapport présente les résultats d'une enquête de décembre 2010, troisième vague d'une étude longitudinale sur les familles déplacées par le séisme du 12 janvier 2010, menée par l'Institute for Justice and Democracy in Haiti, le Bureau des Avocats Internationaux et la fondation LAMP for Haiti. Sur les 90 familles enquêtées pour la première fois en février 2010 dans six camps de déplacés à Port-au-Prince et ses environs, 37 ont pu être jointes, surtout par téléphone. Un an après le séisme, plus d'un million de déplacés vivaient encore dans des camps dépourvus d'infrastructures de base. L'enquête révèle une faim généralisée, 71 pour cent des familles ayant eu un membre passé un jour sans manger la semaine précédente, un accès limité à l'eau potable, et une aide rare : seules 8 pour cent des familles recevaient la totalité ou la majeure partie de leur eau de boisson des agences d'aide. Soixante pour cent des familles vivaient avec moins d'un dollar par jour. Après l'apparition du choléra en octobre 2010, la moitié des répondants n'avaient reçu aucune aide de prévention, pas même une sensibilisation. Le rapport appelle à des investissements de long terme dans les infrastructures des camps et à une réponse corrigée et plus rapide à l'épidémie.
Notes
IJDH/BAI/LAMP for Haiti longitudinal camp survey, third round; ayitistats wave B