(2011-10) Crise du logement en Haïti : résultats d'une enquête auprès des ménages sur l'avancement du plan de 100 jours du président Michel Martelly visant à fermer six camps de personnes déplacées
Resume — Une enquête auprès de 150 familles dans les six camps de déplacés visés par le plan logement de 100 jours du président Martelly révèle une consultation communautaire quasi inexistante, une fermeture de camp illégale avec destruction de biens, et des paiements en espèces jugés insuffisants pour se loger.
Constats Cles
- Les familles des six camps ciblés luttaient pour survivre : deux tiers n'avaient personne qui travaillait, 77 pour cent avaient un membre passé un jour ou plus sans manger, et 59 pour cent n'avaient pas accès quotidien à l'eau potable. Les fermetures de camps se sont faites sans les solutions durables promises, les résidents du Stade Sylvio Cator ayant été expulsés illégalement sans ordonnance judiciaire et relocalisés sur un site moins sûr et moins desservi. La plupart des résidents n'étaient ni informés ni consultés ; 82 pour cent n'avaient pas été interrogés sur la fermeture de leur camp. Les paiements de 250 dollars US pour la relocalisation ont été jugés insuffisants pour louer ou construire un logement.
Description Complete
Cette note d'analyse, préparée par la faculté de droit de l'Université de San Francisco, l'IJDH et le Bureau des Avocats Internationaux, évalue la mise en oeuvre du plan du président Michel Martelly visant à fermer six camps de déplacés durant ses 100 premiers jours au pouvoir. Elle s'appuie sur une enquête d'août 2011 auprès de 150 familles, 25 dans chaque camp ciblé, dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Environ 595 000 Haïtiens vivaient encore dans quelque 900 camps à l'époque. L'enquête révèle des conditions désespérées : deux tiers des familles n'avaient personne qui travaillait, la plupart signalaient des membres passant des jours sans manger, et plus de la moitié n'avait pas accès quotidien à l'eau potable. La mobilisation communautaire était quasi inexistante ; 82 pour cent des répondants n'avaient pas été consultés sur les fermetures. Un camp, le Stade Sylvio Cator, a été fermé par une expulsion du maire de Port-au-Prince et de la police sans ordonnance judiciaire, et les familles relocalisées décrivaient des conditions pires sur le nouveau site. La note recommande la protection contre les expulsions illégales, la sensibilisation communautaire, une assistance transparente et des paiements liés à un programme complet de logement.
Notes
IJDH/USF/BAI thematic briefing paper; ayitistats wave B