(2012-09) Liberté de la presse en Haïti : l'effet dissuasif sur les journalistes critiques envers le gouvernement
Resume — Un rapport de la faculté de droit de l'Université de San Francisco et de l'IJDH, fondé sur des entretiens de juin 2012 avec neuf journalistes, documente l'intimidation, la violence, les poursuites en diffamation et l'obstruction gouvernementale de la presse sous le président Michel Martelly.
Constats Cles
- Les journalistes critiques du gouvernement Martelly ont subi intimidation, menaces, destruction de matériel et représailles, créant un effet dissuasif sur la liberté d'expression. Les journalistes critiques étaient systématiquement bloqués, privés d'entretiens et d'accès à l'information publique, les formulaires d'accréditation du Palais national exigeant les noms et adresses des conjoints, enfants et voisins. Les poursuites en diffamation à caractère de représailles ont augmenté, y compris des plaintes du Premier ministre et de la Première dame, la diffamation étant passible de sanctions pénales. Deux meurtres de journalistes étaient déjà signalés pour 2012, et les autorités locales ont bloqué l'enquête sur la fusillade contre Wendy Phele.
Description Complete
Ce rapport analyse la liberté de la presse en Haïti pendant les quinze premiers mois de l'administration du président Michel Martelly, à partir d'entretiens menés à Port-au-Prince en juin 2012 avec neuf journalistes haïtiens et internationaux issus de médias conservateurs, centristes et de gauche. Il identifie deux tendances : l'intimidation, les menaces, la destruction de matériel et les représailles contre les journalistes critiques du gouvernement, ainsi que l'obstruction, par laquelle les journalistes critiques se voyaient refuser entretiens et accès à l'information publique. Les cas documentés incluent l'arrestation d'animateurs de radio à Petit-Goâve, le licenciement de cinq journalistes de la télévision d'État, des poursuites en diffamation intentées par le Premier ministre et la Première dame, la fusillade contre le correspondant Wendy Phele et le meurtre du directeur de Radio Boukman, Jean Liphète Nelson. Le rapport confronte ces faits aux garanties constitutionnelles haïtiennes, à la Convention américaine des droits de l'homme et aux normes interaméricaines, note que les conditions restent meilleures que sous les gouvernements de coup d'État antérieurs et la dictature des Duvalier, et formule neuf recommandations sur les enquêtes, la dépénalisation de la diffamation, l'accès à l'information et la formation des journalistes.
Notes
IJDH/University of San Francisco thematic report; ayitistats wave B