(2022-04) Un nouveau plan américain peut-il enfin offrir à Haïti le cadre à long terme dont elle a besoin ?
Resume — Des analystes de l'USIP évaluent la désignation d'Haïti, en avril 2022, comme pays prioritaire au titre du Global Fragility Act (GFA) par le Département d'État américain. Ils soutiennent que la stratégie décennale et pangouvernementale du GFA pourrait enfin remplacer des décennies d'assistance erratique de court terme, à condition d'ancrer un processus politique haïtien pleinement inclusif donnant voix à la société civile.
Constats Cles
- La désignation d'Haïti en avril 2022 comme pays prioritaire du Global Fragility Act (aux côtés de la Libye, du Mozambique, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et de l'Afrique de l'Ouest côtière) pourrait remplacer des décennies d'assistance américaine erratique et de court terme.
- Le GFA impose une stratégie-pays décennale conçue avec des partenaires haïtiens, en rupture avec les mandats de six mois qui entravent la planification onusienne.
- Environ 60 pour cent des établissements de santé du Sud ont été détruits et 62 pour cent de la population était en insécurité alimentaire selon l'ONU, tandis que les enlèvements ont augmenté de près de 60 pour cent début 2022.
- L'inclusion de toutes les voix de la société demeure le défi politique le plus persistant d'Haïti ; la société civile s'est diversifiée sans se traduire en structure de gouvernance nationale.
- La stabilisation d'un État échoue sans une cause politique bénéficiant d'un réel soutien populaire, d'où le rôle central de l'exigence d'inclusion du GFA.
Description Complete
Publiée quelques jours après la désignation d'Haïti comme pays prioritaire au titre du Global Fragility Act (avril 2022), cette analyse de l'USIP par Keith Mines et Nicolás Devia-Valbuena soutient que le GFA offre à Haïti son premier cadre de politique américaine véritablement de long terme. Les auteurs documentent la profondeur de la crise : un système de santé en ruine (environ 60 pour cent des établissements de santé du Sud détruits après le séisme de 2021), 62 pour cent de la population en insécurité alimentaire, des enlèvements en hausse de près de 60 pour cent début 2022, et un vide de gouvernance après l'assassinat du président Jovenel Moïse, avec un parlement dissous depuis 2020 et une justice décapitée.
Deux caractéristiques du GFA marqueraient une rupture : une stratégie-pays décennale conçue avec des partenaires haïtiens, remplaçant les mandats courts qui ont entravé les missions de l'ONU, et l'obligation pour l'ensemble du gouvernement américain de travailler avec un large éventail de partenaires locaux, dont la société civile, les leaders communautaires et le secteur privé. S'appuyant sur Georges Fauriol, Rufus Phillips et Heather Selma Gregg, les auteurs avertissent que la construction institutionnelle échouera sans une cause politique bénéficiant d'un soutien populaire authentique ; l'exigence d'inclusion du GFA lui donne de meilleures chances que les efforts antérieurs dictés par les mandats onusiens et les calendriers électoraux.
Notes
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