(2024-07) Saisir l'opportunité : le rôle de la diaspora dans l'avenir d'Haïti
Resume — Esnold Jure et Georges Fauriol soutiennent que la diaspora haïtiano-américaine, forte de 1,2 million de personnes et contribuant jusqu'à 30 pour cent du revenu national d'Haïti via les transferts, est un atout sous-organisé. Pour aider à stabiliser Haïti, elle devrait s'unir autour de priorités politiques communes, compléter les transferts par des investissements ciblés dans la reconstruction et canaliser son expertise vers l'administration publique haïtienne via des mécanismes coordonnés, tel un comité de la diaspora.
Constats Cles
- La diaspora haïtiano-américaine, environ 1,2 million de personnes, contribue jusqu'à 30 pour cent du revenu national d'Haïti via les transferts mais manque de la voix unifiée des communautés cubaine ou dominicaine.
- Les transferts financent surtout des besoins personnels et familiaux et ne sont pas une contribution durable ; il faut des investissements ciblés et des flux de capitaux vers les secteurs clés.
- Un comité de la diaspora, inspiré du Global Jamaica Diaspora Council, pourrait synchroniser les compétences de la diaspora avec les initiatives américaines (GFA) et les partenaires haïtiens dont le Conseil présidentiel de transition.
- Les leviers législatifs incluent le Global Fragility Act, le Haiti Criminal Collusion Transparency Act et les lois HOPE/HELP.
- Les voies d'intégration gouvernementale comprennent le siège parlementaire promis par la réforme constitutionnelle Tardieu, le droit de vote de la diaspora sous la constitution de 1987 amendée et des programmes de bourses dans les ministères.
Description Complete
Publiée après la visite du Premier ministre Garry Conille à Washington en juillet 2024 pour mobiliser la diaspora contre la « fatigue d'Haïti », cette analyse de l'USIP évalue comment les quelque 1,2 million d'Haïtiens des États-Unis pourraient devenir un facteur décisif de stabilisation. Contrairement aux communautés cubaine ou dominicaine, la diaspora haïtienne manque d'une voix unifiée et d'un cap stratégique, ce qui limite son influence politique alors qu'elle contribue jusqu'à 30 pour cent du revenu national via les transferts. Les auteurs proposent une séquence : cartographie socio-économique de la communauté (dans le prolongement de l'enquête de la Haitian American Foundation for Democracy), large concertation pour bâtir un agenda politique consensuel, et plaidoyer pour des instruments concrets comme la stratégie Haïti du Global Fragility Act, le Haiti Criminal Collusion Transparency Act et les lois commerciales HOPE/HELP.
Parce que les transferts financent surtout la consommation des ménages, ils ne constituent pas un canal de développement durable ; la diaspora devrait faciliter des flux de capitaux ciblés vers les secteurs clés et transférer son expertise via des mécanismes coordonnés, inspirés du Global Jamaica Diaspora Council ou du Conseil consultatif présidentiel américain pour l'engagement de la diaspora africaine. En Haïti, les pistes incluent l'arrimage aux priorités du Conseil présidentiel de transition, la relance des programmes de bourses plaçant de jeunes Haïtiano-Américains dans les ministères, le siège parlementaire promis par la réforme constitutionnelle portée par Jerry Tardieu et l'exercice du droit de vote de la diaspora prévu par la constitution de 1987 amendée.
Notes
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