(2026-05) Principaux développements et conséquences humanitaires de l'insécurité dans les départements de l'Artibonite, du Centre et de l'Ouest, d'avril 2025 à avril 2026
Resume — Ce rapport thématique d'ACAPS analyse l'évolution de la violence armée et ses conséquences humanitaires dans les départements de l'Artibonite, du Centre et de l'Ouest entre avril 2025 et avril 2026. L'expansion des gangs au-delà de Port-au-Prince, la montée en puissance des groupes d'autodéfense, les opérations de drones menées par une société militaire privée et l'arrivée de la Force de répression des gangs mandatée par l'ONU ont entraîné une hausse de 40 pour cent des déplacements, portant le nombre de PDI à près de 1,5 million. Le rapport détaille les besoins en protection, éducation, sécurité alimentaire, santé et EPAH, avec 3,1 millions de personnes nécessitant une aide alimentaire dans les trois départements début 2026.
Constats Cles
- Les déplacements ont augmenté de 40 pour cent entre décembre 2024 et décembre 2025, passant de 1,04 million à près de 1,5 million de PDI, les nouveaux déplacements se déplaçant vers l'Artibonite rural (plus 77 pour cent) et le Centre (plus 140 pour cent) plutôt que Port-au-Prince.
- La coalition Viv Ansanm, forte d'environ 12 000-20 000 membres, contrôle près de 90 pour cent de Port-au-Prince et a intensifié son expansion dans le Centre et l'Artibonite tout au long de 2025, tandis que les groupes d'autodéfense sont devenus plus organisés et plus létaux.
- Les opérations de drones d'une task force de la Primature impliquant une société militaire privée ont tué au moins 43 adultes civils et 17 enfants dans 141 frappes documentées dans l'Ouest entre mars 2025 et janvier 2026.
- La Force de répression des gangs autorisée par l'ONU, jusqu'à 5 500 personnels remplaçant la mission MSS d'environ 1 000 personnes, devrait être pleinement opérationnelle d'ici mi-2026 et risque d'intensifier les affrontements armés.
- Les besoins humanitaires se concentrent dans les trois départements : 3,1 millions de personnes ont besoin d'aide alimentaire, 3,6 millions de services de santé et 1,4 million d'assistance en protection, les gangs étant identifiés comme auteurs dans 75 pour cent des cas de VBG signalés.
Description Complete
ACAPS passe en revue la période d'avril 2025 à avril 2026, durant laquelle la coalition de gangs Viv Ansanm, estimée à 12 000-20 000 membres, a consolidé un contrôle quasi total de Port-au-Prince (environ 90 pour cent de la zone métropolitaine) et accéléré son expansion dans les départements du Centre et de l'Artibonite. Les forces opposées se sont multipliées sur la même période : des groupes d'autodéfense de plus en plus organisés issus du mouvement Bwa Kale, une task force de la Primature utilisant des drones chargés d'explosifs avec une société militaire privée, et la Force de répression des gangs (GSF), force onusienne à dominante militaire pouvant compter jusqu'à 5 500 personnels, remplaçant la Mission multinationale d'appui à la sécurité, avec un contingent avancé d'environ 400 soldats tchadiens déployé en avril 2026. Les déplacements ont augmenté de 40 pour cent en un an, passant de 1,04 million à près de 1,5 million de PDI, le Centre enregistrant une hausse de 140 pour cent et l'Artibonite de 77 pour cent, signe d'un basculement des nouveaux déplacements vers les départements ruraux. Le rapport s'appuie sur les données ACLED et OIM couvrant 2023-2026 et plus de 30 sources humanitaires, de groupes de réflexion et de médias.
L'analyse d'impact documente des besoins multisectoriels croissants : 1,4 million de personnes ayant besoin d'une assistance en protection dans les trois départements (63 pour cent de la charge nationale), des niveaux catastrophiques de violence basée sur le genre, les gangs étant identifiés comme auteurs dans 75 pour cent des cas signalés, et la documentation par Human Rights Watch de frappes de drones dans 141 opérations ayant tué au moins 43 adultes civils et 17 enfants. Environ un million d'enfants ont besoin d'assistance pour accéder à l'éducation après la fermeture d'au moins 1 600 écoles touchant quelque 243 000 élèves. En sécurité alimentaire, 3,1 millions de personnes dans les trois départements nécessitent une aide, avec 1,9 million de personnes projetées en phase 4 de l'IPC au niveau national pendant la soudure de février-juin 2026, les blocus des gangs coupant les corridors d'approvisionnement et saisissant les zones de production du grenier rizicole de l'Artibonite. ACAPS anticipe une intensification des affrontements en 2026 à mesure que la GSF deviendra pleinement opérationnelle, avec des risques de victimes civiles et de transformation des groupes d'autodéfense en milices.
Notes
ACAPS thematic/anticipatory analysis