(2023-01) L'agroécologie en Haïti : une solution à la crise de la pauvreté - Note d'orientation
Resume — Une note d'orientation qui synthétise pour les décideurs l'étude de cas de l'initiative ELD sur l'agroécologie en Haïti, à partir d'enquêtes auprès de plus de 330 ménages agricoles dans les communes de Pignon, Saint-Raphaël et Mombin-Crochu. Elle rapporte que l'adoption du modèle agroécologique double environ le revenu net à l'hectare et améliore la résilience climatique, et présente des mesures de politique publique, du financement mixte à la réforme du régime foncier, pour élargir l'approche.
Constats Cles
- L'adoption du modèle agroécologique double environ le revenu agricole net à l'hectare dans le Massif du Nord (1 670 contre 806 USD à La Belle-Mère ; 1 246 contre 615 USD à Bois Neuf et Sans Souci).
- Toutes choses égales par ailleurs, un exploitant agroécologique type gagne 437 USD de plus de revenu brut des cultures par hectare qu'un agriculteur conventionnel, la culture intercalaire étant le principal moteur de productivité.
- Les données satellitaires NDVI (2019-2021) montrent des valeurs mensuelles de végétation supérieures de 4,3 pour cent sur les parcelles modèles malgré 3,5 mm de pluie en moins par mois, signe d'une meilleure résilience climatique.
- Parmi les adoptants, un tiers rapporte une hausse de production de 33 pour cent, la moitié de 50 pour cent et 10 pour cent un doublement ; 98 pour cent comptent poursuivre et étendre.
- La conversion des terres conventionnelles restantes des agriculteurs modèles ajouterait environ 60 800 gourdes (553 USD) de revenu par ménage et par an ; la mise à l'échelle exige financement mixte, réforme foncière et partenariats public-privé-ONG.
Description Complete
Cette note d'orientation de l'initiative Economics of Land Degradation (ELD) traduit en messages pour les responsables politiques les résultats de l'étude de cas 2023 sur l'agroécologie en Haïti. À partir de groupes de discussion et d'une enquête auprès de plus de 330 agriculteurs (octobre 2020 à juillet 2021) dans les sections communales de Bois Neuf, Sans Souci et La Belle-Mère, elle documente que les agriculteurs modèles agroécologiques obtiennent un revenu net à l'hectare près de deux fois supérieur à celui des agriculteurs conventionnels (1 670 contre 806 USD à La Belle-Mère ; 1 246 contre 615 USD à Bois Neuf et Sans Souci), que la culture intercalaire est le principal moteur de productivité et que, toutes choses égales par ailleurs, un exploitant agroécologique type gagne 437 USD de plus de revenu brut des cultures par hectare. L'observation satellitaire (NDVI, 2019-2021) confirme une productivité des terres supérieure de 4,3 pour cent sur les parcelles modèles malgré des précipitations moindres. La note replace ces résultats dans la crise alimentaire haïtienne : environ 90 pour cent de la population rurale sous le seuil de pauvreté, 4,3 à 4,4 millions de personnes ayant besoin d'une aide alimentaire immédiate et une forte dépendance aux importations (80 pour cent du riz consommé). Les mesures recommandées comprennent l'innovation décentralisée pilotée par les agriculteurs, des solutions de financement mixte pour mobiliser des capitaux commerciaux, des subventions ciblées pour la gestion communautaire des intrants, des paiements pour services écosystémiques, l'amélioration du régime foncier, l'achat public de produits agroécologiques et un examen critique des politiques commerciales. La conversion complète des terres restantes des agriculteurs modèles ajouterait environ 60 800 gourdes (553 USD) de revenu par ménage et par an.