(2022-09) Haïti : Les violences contre les professionnel(le)s de santé et l'obstruction à l'accès aux soins 2021
Resume — Fiche pays Haïti du rapport 2021 de la Coalition pour la protection de la santé en situation de conflit (SHCC) sur les violences contre les soins de santé, compilée par Insecurity Insight. La SHCC a recensé quinze incidents de violence contre les professionnels de santé ou d'obstruction aux soins en Haïti en 2021, contre six en 2020, tous attribués à des groupes armés affiliés à des gangs; au moins huit professionnels de santé ont été enlevés, la plupart contre rançon, plus de la moitié des incidents étant concentrés à Martissant, Port-au-Prince.
Constats Cles
- Quinze incidents de violence contre les professionnels de santé ou d'obstruction aux soins ont été signalés en Haïti en 2021, contre six en 2020, tous attribués à des groupes armés affiliés à des gangs.
- Les enlèvements de professionnels de santé ont doublé, de quatre en 2020 à huit en 2021, tous dans le département de l'Ouest, principalement des médecins enlevés contre rançon et généralement libérés en un à quatre jours.
- Plus de la moitié des incidents se sont produits à Martissant, Port-au-Prince, où MSF a dû fermer un hôpital en juin 2021 après des attaques de gangs contre médecins et patients.
- À Acul-du-Nord, des membres de gangs ont tiré sur treize ambulances stationnées devant un hôpital et incendié l'établissement en novembre 2021.
- Des décès de patients ont été directement liés aux enlèvements de soignants, dont une mère et son bébé morts après l'enlèvement d'un chirurgien obstétricien en route pour une césarienne d'urgence.
Description Complete
Cette fiche en français présente les données pour Haïti du rapport annuel de la Coalition pour la protection de la santé en situation de conflit sur les violences contre les soins de santé en 2021, à partir du jeu de données 2021 SHCC Haiti Health Data compilé par Insecurity Insight et disponible sur le Humanitarian Data Exchange. Quinze incidents de violence contre les professionnels de santé ou d'obstruction aux soins ont été signalés en 2021, contre six en 2020, tous attribués à des groupes armés non étatiques affiliés à des gangs et équipés d'armes à feu. Les enlèvements de professionnels de santé ont doublé, passant de quatre en 2020 à huit en 2021; toutes les victimes ont été enlevées individuellement dans le département de l'Ouest, devant un hôpital, à leur domicile ou sur le trajet du travail; la plupart étaient des médecins, certains travaillaient pour des ONG, deux ont été blessés par balle en résistant, et la plupart ont été libérés en un à quatre jours, dans au moins un cas après paiement d'une rançon. Plus de la moitié des incidents se sont produits à Martissant, Port-au-Prince, où la violence des gangs contre les soins de santé était la plus élevée, contraignant MSF à y fermer un hôpital en juin; d'autres incidents ont eu lieu à Bois Verna, Pétion-Ville, Tabarre, Croix-des-Bouquets, Acul-du-Nord (où des membres de gangs ont tiré sur treize ambulances et incendié un hôpital) et Verrettes, dans l'Artibonite. La fiche situe ces violences dans le contexte du vide politique consécutif à l'assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021 et de la domination de gangs tels que le G9, le groupe de Grand Ravine de Ti Lapli et 400 Mawozo. Elle documente les effets systémiques: MSF a décrit le système de santé comme au bord de l'effondrement; des décès de patients ont été directement liés aux enlèvements de chirurgiens, dont une mère et son bébé morts après l'enlèvement d'un chirurgien obstétricien en route pour une césarienne d'urgence; et plus de 19 000 personnes déplacées de Port-au-Prince faisaient face à des risques sanitaires dans des sites surpeuplés.
Notes
annual violence-against-healthcare report