(2023-05) Contrôle des gangs et vides sécuritaires : évaluation de la violence sexiste à Cité Soleil, Haïti
Resume — Note de recherche du GI-TOC présentant des données d'enquête sur la violence basée sur le genre (VBG) à Cité Soleil, Port-au-Prince, fondée sur un questionnaire et des groupes de discussion menés en décembre 2022 auprès de 591 femmes et filles par une organisation d'accompagnement anonyme, avec l'appui d'ONU Femmes et du Fonds de consolidation de la paix de l'ONU. Quatre-vingts pour cent des participantes avaient subi une ou plusieurs formes de VBG et 43 pour cent des victimes ont rapporté des violences sexuelles, les cas se concentrant dans le quartier de Brooklyn, épicentre des combats entre les coalitions de gangs G9 et G-Pèp.
Constats Cles
- 80 pour cent des 591 femmes et filles interrogées à Cité Soleil avaient subi une ou plusieurs formes de violence basée sur le genre, bien au-delà de la moyenne mondiale d'environ un tiers estimée par ONU Femmes.
- 43 pour cent des victimes de VBG ont rapporté une ou plusieurs formes de violences sexuelles, dont 89 viols déclarés.
- Les partenaires actuels ou anciens étaient les agresseurs les plus cités (44 pour cent), suivis des inconnus, y compris membres de gangs, bandits et kidnappeurs (33 pour cent).
- La VBG se concentrait dans les zones de conflit intense entre gangs: Brooklyn représentait 54 pour cent des cas de violences sexuelles et 69 des 89 viols déclarés, et 48 pour cent des VBG rapportées ont eu lieu en 2022.
- Les services judiciaires, de santé et psychosociaux pour les survivantes sont gravement insuffisants, et les leaders communautaires recommandent de renforcer les institutions de confiance, d'appuyer l'organisation locale des femmes et la coopération intersectorielle.
Description Complete
Cette note rend compte d'une recherche menée en décembre 2022 sur la violence basée sur le genre à Cité Soleil, commune défavorisée de près de 300 000 habitants et théâtre fréquent d'affrontements entre les coalitions de gangs G9 et G-Pèp. Les données ont été collectées au moyen d'un questionnaire et d'un groupe de discussion auprès de 591 femmes et filles de Brooklyn, Sarthe et Village des Rapatriés, administrés en créole par une organisation d'accompagnement restée anonyme pour des raisons de sécurité; l'analyse a été réalisée par le GI-TOC avec l'appui d'ONU Femmes et du Fonds de consolidation de la paix de l'ONU. L'étude évalue cinq aspects de la vulnérabilité: sécurité, protection juridique, bien-être mental, autonomisation économique et éducation. Les résultats montrent que 80 pour cent des participantes avaient subi une ou plusieurs formes de VBG, bien au-delà de la moyenne mondiale d'environ un tiers estimée par ONU Femmes, et que 43 pour cent des victimes de VBG ont rapporté des violences sexuelles, dont 89 viols déclarés. Les partenaires actuels ou anciens étaient les agresseurs les plus cités (44 pour cent), suivis des inconnus, y compris membres de gangs, bandits et kidnappeurs (33 pour cent). La violence se concentrait là où le conflit entre gangs était le plus intense: Brooklyn représentait 54 pour cent des cas de violences sexuelles et 69 des 89 viols déclarés, et 48 pour cent des VBG ont eu lieu en 2022, année des violents affrontements entre G9 et G-Pèp. La note documente également l'insuffisance grave des services judiciaires, de santé et psychosociaux pour les survivantes, et relaie les recommandations des leaders communautaires: renforcer les institutions auxquelles les femmes font confiance, appuyer l'organisation locale des femmes et développer la coopération intersectorielle.