Ayiti: Plan Ijans ak Rezilyans 2026-2028
Rezime — Dokiman sa a prezante plan ijans ak rezilyans Òganizasyon Nasyonzini pou Alimantasyon ak Agrikilti (FAO) pou Ayiti soti 2026 rive 2028. Plan an vize adrese kriz imanitè ak sekirite ijan an Ayiti, kote yon pati enpòtan nan popilasyon an ap fè fas ak gwo ensekirite alimantè ak deplasman. Li konsantre sou ranfòse sektè agrikòl la pou amelyore sekirite alimantè ak rezilyans nan mitan kominote riral yo.
Dekouve Enpotan
- 51% popilasyon Ayiti a ap fè fas ak gwo ensekirite alimantè.
- Deplasman entèn yo ogmante rapidman, rive nan 1.4 milyon moun.
- Plan an vize restore potansyèl estratejik sektè agroalimantè a.
- Plan an ankouraje aksyon vital ak imedya atravè amelyorasyon pwodiksyon alimantè ijans.
- Plan an mande 107.9 milyon USD pou rive jwenn 172,000 fanmi.
Deskripsyon Konple
Plan ijans ak rezilyans FAO pou Ayiti (2026-2028) adrese gwo sitiyasyon imanitè ak sekirite peyi a, ki karakterize pa ensekirite alimantè toupatou ak deplasman entèn. Plan an vize bay yon repons entegre ki depase asistans ijans, konsantre sou ranfòse sektè agrikòl la kòm yon motè kle pou estabilite, rezilyans kominotè, ak rekiperasyon ekonomik. Li ankouraje aksyon imedya pou amelyore pwodiksyon alimantè ijans epi li sipòte inisyativ pliryèl ki ofri altènativ a depandans sou èd imanitè. Plan an vize tou pou amelyore kapasite fanmi yo, kominote riral yo, ti biznis yo, ak aktè chèn valè agroalimantè yo pou yo pi byen prepare pou chòk klimatik ak sekirite, pandan y ap anpeche risk pwoteksyon ki gen rapò ak ensekirite alimantè.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
Ha ï ti Plan d’urgence et de résilience 2026 - 2028 Ha ï ti Plan d’urgence et de résilience 2026 - 2028 Organisa ti on des Na ti ons Unies pour l’alimenta ti on et l’agriculture Rome, 202 6 Citer comme suit: FAO. 202 6 . Haïti : Plan d’urgence et de résilience , 2026 - 2028. Rome. Les appellations employées dans ce produit d’information et la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) aucune prise de position quant au statut juridique ou au stade de développement des pays, territoires, villes ou zones ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Le fait qu’une société ou qu’un produit manufacturé, breveté ou non, soit mentionné ne signifie pas que la FAO app rouve ou recommande ladite société ou ledit produit de préférence à d’autres sociétés ou produits analogues © FAO, 202 6 Certains droits réservés. 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Contexte, défis et solutions ................................ ................................ ................................ 1 1.1 Le rôle de la FAO en Haïti ................................ ................................ ................................ ... 1 1.2 Défis ................................ ................................ ................................ ................................ .... 2 2. Théorie du changement ................................ ................................ ................................ ..... 9 3. Plan d’action et résultats attendus ................................ ................................ ................... 10 3.1 Cadre des résultats ................................ ................................ ................................ ........... 10 3.2 Risques et mesures de mitigation ................................ ................................ ..................... 19 3.3 Suivi, évaluation, apprentissage et redevabilité ................................ ............................... 19 4. Ressources requises ................................ ................................ ................................ ......... 21 5. Principes directeurs ................................ ................................ ................................ ......... 22 5.1 Le personnes au centre ................................ ................................ ................................ .... 22 5.2 Conformité et gestion des risques ................................ ................................ .................... 22 5.3 Partenariats et localisation ................................ ................................ ............................... 23 Références bibliographiques ................................ ................................ ................................ .... 25 iv © FAO v Résumé La situation humanitaire et sécuritaire en Haïti atteint un niveau de gravité sans précédent , avec 51 pour cent de la population – soit environ 5 , 7 millions de personnes – en insécurité alimentaire aiguë ( P hase 3 ou plus du Cadre intégré de classifica ti on de la sécurité alimentaire [ IPC ] ) , par rapport à 4 millions en 2021 et 4,9 millions en 2023 1 . Le nombre de personnes déplacées internes (PDI) a également rapidement augmenté – de 100 pour cent en un an – avec 1 ,4 million de PDI 2 . En outre , Haïti fait face à une augmentation marquée des personnes rapatriées de force depuis les principaux pays de destination migratoire . Le présent P lan d’urgence et de résilience de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) se fonde sur un e analyse approfondie des dynamiques de cette crise , afin de propose r une réponse intégrée allant au - delà de l’assistance d’urgence. Forte de son ancrage de longue date en Haïti , de sa coordination étroite avec le Gouvernement d ’ Haïti et les acteurs locaux , ainsi que de son expertise à l’interface entre réponse humanitaire et développement rural, la FAO inscrit son action dans le cadre du n exus action h umanitaire - d éveloppement - p aix, en établissant des passerelles entre l’assistance immédiate, le relèvement précoce et les interventions structurelles pour renforcer durablement la sécurité alimentaire et la résilience des communautés rurales. L’objectif est de répondre aux besoins immédiats des populations les plus vulnérables, tout en restaur ant l e potentiel stratégique du secteur agr oalimentaire . En redonnant à l’agriculture sa capacité de produire, de nourrir et d’employer, l e P lan positionne le secteur agroalimentaire comme un levier central de la stabilité , de la résilience des communautés et de la relance économique . Ce P lan promeut la mise en œuvre d ’ actions vitales et immédiates grâce à l’amélioration de la production alimentaire d’urgence et au soutien aux initiatives pluriannuelles qui offrent des alternatives à la dépendance à l’aide humanitaire . L’action de la FAO renforce ra les capacités des ménages, co mmunautés rurales, petites entreprises et acteurs des filières agroalimentaires , afin qu’ils soient mieux préparé s face aux chocs climatiques, sécuritaires et aux maladies animales , tout en contribuant à prévenir les risques de protection liés à l’insécurité alimentaire – notamment les violences générée s par les disparités entre sexes , le recrutement par les gangs et les déplacements forcés . Ce la se traduit par un programme holistique et pluriannuel – de 2026 à 2028 – articulé autour de trois composantes li é e s (i) à l’agriculture d’urgence, (ii) au renforcement de la résilience et (iii) à la c oordination , aux analyses et aux données probantes . Dans le cadre de ces trois composantes, s ept interventions complémentaires et synergiques seront menées pendant les trois ans , en mettant en œuvre des initiatives axées sur les personnes vulnérables – y compris les jeunes et les femmes affectées par la violence – et le manque d’emploi, ainsi que sur le renforcement de la résilience des petits producteurs et de leurs capacités d’adaptation aux vi aléas climatiques. La FAO mènera ces actions en étroite collaboration avec les partenaires étatiques et non - étatiques dans une logique de complémentarité. La réussite du Plan dépend d’un financement soutenu de 10 7 , 9 millions d’ USD pour atteindre 1 72 000 ménages ( 860 000 personnes ) . Table au 1 . F inancement requis et ménages cibl e s par composante e t par année Compo santes Ménages cibles F onds requis (USD) Total fonds requis par composante (USD) 2026 2027 2028 Agriculture d’urgence 102 000 42 400 000 – – 42 400 000 Résilience 70 000 21 000 000 20 000 000 20 000 000 6 1 000 000 Données , analyses et coordination – 1 500 000 1 500 000 1 500 000 4 500 000 Total 107 900 000 Source: Auteurs du présent document. 1 1. Contexte, défis et solutions 1.1 Le rôle de la FAO en Haïti En Haïti, l’agriculture représente historiquement le socle des moyens de subsistance en milieu rura l et un e clé pour renforcer la résilience de la population . Cependant, le secteur a connu un déclin progressif , en raison du faible niveau d’investissement dans les terroirs ruraux et les filières stratégiques , limitant ainsi sa contribution à l’économie nationale. Sur les neuf zones classées en P hase 4 de l’IPC en 2025, sept sont principalement rurales et environ 75 pour cent des personnes les plus touchées par l’insécurité alimentaire vivent en zone rurale et dépendent de l’agriculture pour assurer leur subsistance 1 . Même en contexte de crise, les petits exploitants agricoles, éleveurs et pêcheurs jouent un rôle essentiel dans l’ approvisionnement alimentaire de leurs communautés. Dans ce contexte, la FAO joue un rôle central en soutenant la relance des activités agricoles. Loin de se limiter à une réponse humanitaire immédiate, la FAO adopte une approche intégrée, combinant l’ assistance d’urgence avec des initiatives plus structurelles visant à préserver et à renforcer les capacités de production et de subsistance des ménages agricoles. Ces efforts s’inscrivent dans une perspective de court, moyen et long terme, en appuyant le relèvement rural, le renforcement des systèmes agroalime ntaires et la création d’opportunités économiques locales. Cette approche permet de réduire la dépendance à l’aide humanitaire et d’ouvrir la voie à des solutions structurelles de résilience, de stabilité et de développement durable. Gr â ce à sa présence de puis 1978 en Haïti et à son expertise dans les systèmes agroalimentaires , la FAO travaille en étroite coordination avec le G ouvernement d ’ H aïti, les services départementaux, les acteurs humanitaires et de développement, au sein d e l’équipe humanitaire pays , du Secteur de la s écurité a limentaire et d’autres mécanismes interagences. Avec quatre sous - bureaux et une présence opérationnelle dans plusieurs communes, l’Organisation a démontré sa capacité à intervenir efficacement, y compris dans des zones reculées et difficilement accessibles. Le Plan d’urgence et de résilience s’inscrit dans une approche nexus action h umanitaire - d éveloppement - p aix, en établiss ant des passerelles entre la réponse immédiate, le relèvement précoce et les interventions structur elles . En contribuant à la redynamisation du secteur agricole et à la valorisation de la paysannerie, ce P lan participe au développement inclusif, à la consolidation d’une paix durable , ainsi qu’au renforcement des bases d’une souveraineté alimentaire pérenne . 2 1.2 Défis C rise humanitaire alarmante L’aggravation préoccupante de l’insécurité alimentaire observée ces dernières années s’inscrit dans un contexte de détérioration généralisée de la situation nationale depuis 2021. Cette période est marquée par une dégradation profonde de l’environnement sécuritaire, en particulier dans la z one m étropolitaine de Port - au - Prince, où des groupes armés exercent désormais un contrôle étendu sur de vastes portions du territoire urbain. Malgré l’établissement, en avril 2024, d’un Conseil p résidentiel de t ransition chargé de conduire le pays vers de nouvelles élections, ainsi que le déploiement d’une mission multinationale de soutien à la sécurité, l’emprise de ces groupes continue de s’étendre, notamment dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre. Les affrontements armés, les violences sexuelles, les enlèvements et les rivalités territoriales se multiplient, accentuant la vulnérabilité des populations. Cette dynamique de violence a entraîné le déplacement interne de plus de 1,4 million de personnes 2 , exacerbant les besoins humanitaires et fragilisant davantage les moyens d’existence. L’ensemble de ces facteurs illustre l’interaction complexe entre insécurité alimentaire, crise de gouvernance, marginalisation économique et violences, aliment ant une instabilité structurelle persistante. De plus, l ’insécurité alimentaire, à la fois symptôme et moteur de violations des droits fondamentaux, accroît la vulnérabilité des populations face aux risques de protection, tels que les violences basées sur le genre, le recrutement par des gangs armés et les déplacements forcés, illustrant le lien direct entre privation alimentaire et atteintes aux droits humains. L’aggravation des difficultés d’accès à l’alimentation renforce un profond mécontentement social associé au phénomène de l avichè (la vie chère) 3 , désormais perçu comme un symbole d’injustice économique et sociale. Bien qu’elle ne constitue pas le seul facteur déclencheur, la détérioration progressive de la sécurité alimentaire, au cours des dernières décennies, a contribué à l’émergence de mouvements de contestation ayant généré d’importantes répercussions politiques et économiques. R apide détérioration de la sé curité alimentaire Depuis le lancement de l’analyse de l’ IPC en Haïti en 2013, l’insécurité alimentaire aiguë s’est continuellement aggravée. La proportion de la population en situation de c rise ou pire est passée de 2 pour cent en 201 7 4 à la moitié de la population , soit 50 pour cent, en 2024 5 , témoignant d’une détérioration profonde et rapide en l’espace d’une décennie. La dernière analyse de l’ IPC de septembre 2025 illustre à nouveau une augmentation de la prévalence de l’insécurité alimentaire par rapport aux analyses précédentes , avec 51 pour cent de la 3 population en P hase 3 ou plus, dont 17 pour cent en situation d’u rgenc e (Phase 4 ) . Ce chiffre risque d’atteindre 5,9 millions de personnes pendant la période de m ars à j uin 2026 1 . Figure 1 . Situation projetée de l ’insécurité alimentaire aigu ë ( mars - juin 202 6 ) Note: Veuillez consulter la clause de non - responsabilité à la page ii pour les noms et les frontières utilisés sur cette carte. Source: IPC. 2025. Haïti: Analyse IPC de l’insécurité alimentaire aiguë, octobre 2025 . Port - au - Prince. https://www.ipcinfo.org/fileadmin/user_upload/ipcinfo/docs/IPC_Haiti_Acute_Food_Insecurity_Sept2025_Jun2026_Report_French.pdf Les facteurs à l’origine de l’insécurité alimentaire se sont transformés au fil du temps. Aujourd’hui, l’insécurité liée à la violence des gangs armés et les fragilités macroéconomiques – notamment une inflation galopante – figurent parmi les principales causes de cette situation. Néanmoins, en Haïti, l’insécurité alimentaire trouve en partie ses racines dans les inefficacités structurelles des systèmes agroalimentaire s . Au fil des années, le système agroalimentaire haïtien s’est progressivement dégradé, en raison d’un manque d’investissements adéquats et du contexte croissant d’instabilité et d’insécurité. Le secteur agricole demeure faiblement mécanisé et souffre de l’absence d’infrastructures modernes d’irrigation, ainsi que de capacités limitées en matiè re de traitement post - récolte, de stockage et de transformation, des faiblesses du cadastre et de la gouvernance foncière. Ces faiblesse s ont été exacerbée s par des politiques de libéralisation commerciale mises en œuvre dans les années 1980 et 1990, qui ont exposé les producteurs locaux à une concurrence déloyale. L’importation massive de denrées alimentaires bon marché, souvent subventionnées et issues de s ystèmes agricoles industrialisés, a inondé le marché haïtien, affaiblissant davantage les moyens d’existence déjà précaires des petits exploitants. Incapables de rivaliser, de nombreuses entreprises agroalimentaires locales , comme la 4 sucrerie HASCO ou l’usine de transformation F ACOLEF 3 , o nt fermé leurs portes, entraînant la perte d’emplois et une désindustrialisation du secteur. De plus, l es principales cultures vivrières connaissent une baisse continue de leur production . L a riziculture, concentrée à plus de 80 pour cent dans l’Artibonite , jadis considéré e comme le grenier du pays et cultivée sur trois saisons, a atteint en 2023 - 2024 son niveau le plus bas depuis plus d’une décennie 6 . Aujourd’hui , cette bai sse de production nationale, dans un contexte de demande croissante, accentu e la dépendance aux importations et la vulnérabilité du pays face aux chocs économiques et logistiques. Pauvreté chronique et c hocs éc onomiq ues La pauvreté en Haïti est profondément structurelle et ancienne, historiquement enracinée dans une dynamique de marginalisation des zones rurales par rapport aux centres urbains . Elle s’est considérablement aggravée dans le contexte actuel. Aujourd’hui , plus de 6 millions d’habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté (moins de 2,41 USD par jour) et plus de 2,5 millions en situation de pauvreté extrême (moins de 1,23 USD par jour) 7 . Les estimations de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international confirment une détérioration rapide des conditions de vie: 36,4 pour cent des h aïtiens vivaient en situation d ’extrême pauvreté en 2024 (moins de 2,15 USD par jour en dollar des États - Unis de 2017 ), contre 29,9 pour cent en 2020 8 . Le contexte sécuritaire accentue l es fragilités structurelles, en entraînant une hausse des prix des intrants agricoles, des difficultés d’importation et un isolement accru des zones rurales et périphériques, aggravé par la mauvaise qualité des voies de communication et les blocages imposé s par les gangs armés. L’inflation s’est accélérée depuis fin 2022, avec une flambée des prix des denrées alimentaires et du carburant, conséquence directe des perturbations logistiques causées par l’insécurité et la paralysie des principales infrastructures, mais également accentuée par les chocs économiques post - covid - 19 , la dépréciation de la gourde et les pressions sur les importations. L’indice des prix à la consommation a bondi jusqu’à 31 pour cent en janvier 2025, avec un pic de 34 pour cent pour les produits locaux contre 29 pour cent pour les produits importés 9 . Cette dynamique inflationniste s’explique notamment par l’inaccessibilité prolongée des routes nationales, l’isolement de nombreuses zones, la suspension des vols commerciaux vers et depuis l’aéroport international Toussaint Louverture, et le refus de plu sieurs compagnies maritimes internationales d’accoster à Port - au - Prince. S ystèmes agroalimentaires fragiles La crise du système agroalimentaire entraîne des répercussions directes et profondes sur la sécurité alimentaire , malgré le potentiel productif considérable du pays . D e nombreuses zones agricoles figurent aujourd’hui parmi les plus touchées par la crise alimentaire actuelle . 5 En 2025, sur les neuf zones classées en P hase 4 de l’IPC en 2025, sept sont principalement rurales et environ 75 pour cent des personnes les plus touchées par l’insécurité alimentaire en Haïti vivent en zone rurale et dépendent de l’agriculture pour leur survie. Cette situation touche de manière disproportionnée les femmes par rapport aux hommes. En effet, bien que près de la moitié des ménages haïtiens soient dirigés par des femmes et qu’elles représentent jusqu’à 70 pour cent de la main - d’œuvre agricole, leur rôle reste systématiquement marginalisé. Leur accès à la terre, aux intrants, aux crédits et aux marchés est limité 10 . Cette inégalité structurelle accroît leur vulnérabilité face aux chocs, en particulier pour les cheffes de ménage qui assument une charge disproportionnée et présentent des niveaux d’insécurité alimentaire plus élevés, y compris dans les sites de déplacés où leur consommation alimentaire est nettement plus précaire. Exposées à des stratégies d’adaptation négatives plus fréquentes, les femmes voient leurs capacités de résilience réduites, avec des répercussions directes sur les membres les plus vulnérables de leur famille. En outre, l e secteur agricole, bien qu’en déclin, demeure un pilier de l’économie haïtienne et un levier clé pour la résilience face à l’instabilité alimentaire. En 2020, l’agriculture représentait encore 20 pour cent du produit intérieur brut , contre 37 pour cent dans les années 1970 6 . Elle constitue la principale source de revenus pour la moitié de la population et, en considérant l’ensemble des activités liées au système agroalimentaire , près de © FAO 6 80 pour cent des h aïtiens en dépendent pour leur subsistance économique. Pourtant, ce système alimentaire repose largement sur l’intermédiation informelle, avec une productivité parmi les plus faibles au monde, et une valeur ajoutée agricole stagnante autour de 1,7 milliard d’ USD par an depuis une décennie 11 . Déplacements internes et rapatriements forcés La multiplication des violences des gangs armés , et leur expansion pour le contrôle du territoire, ont provoqué une vague sans précédent et une forte expansion de déplacements internes à travers le pays. En septembre 2025, le pays compt e désormais 1 ,4 millions de PDI 2 , soit une augmentation de 10 pour cent par rapport au trimestre précédent et de 100 pour cent par rapport à septembre 2024 12 . Les PDI représentent désormais 1 2 pour cent de la population haïtienne et figurent parmi les populations les plus vulnérables. D e plus, ils ont souvent dû abandonner leurs moyens de production – terres, bétail, outils agricoles – en fuyant les violences et se retrouvent dans une situation de vulnérabilité aiguë. Bien qu’à l’échelle nationale la majorité des PDI soient hébergés par des familles d’accueil, une proportion significative – autour de 15 pour cent 2 – vit dans les sites de déplacés , avec une concentration particulièrement élevée dans la z one m étropolitaine de Port - au - Prince , représentant 65 pour cent. La situation de surpeuplement d ans ce s sites s’est nettement aggravée au cours des deux dernières années et fin 2025, une personne déplacée sur cinq résidait dans la z one m étropolitaine de Port - au - Prince 2 . Malgré les efforts de soutien et de coordination avec les autorités nationales, les PDI sont toujours exposées à de s risques de protection, à un accès limité aux services de base et à des niveaux d’insécurité alimentaire préoccupants. À la fin de 2024, près de 6 000 PDI étaient en situation de catastrophe (P hase 5 ) 13 , révélant une sévérité supérieure à celle observée dans le reste du pays. Selon les résultats de l’Enquête nationale de suivi sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle de s eptembre 2025, la situation alimentaire des ménages déplacés apparaît particulièrement critique avec près de 8 ménages sur 10 ne dispos a nt pas d’une alimentation suffisante ou stable. Pour faire face à cette situation, près du 60 pour cent des ménages déplacés recourent à des mécanismes d’adaptation négati fs , tels que sauter des repas, réduire les portions ou privilégier l’alimentation des enfants 14 . D epuis 2021, Haïti a enregistré plus d’un demi - million de personnes de retour ou rapatriées de force , principalement depuis la République dominicaine. En 2024, près de 200 000 personnes ont été expulsées d u pays voisin , avec un pic observé au dernier trimestre, lié au durcissement des politiques migratoires 15 . Entre janvier et octobre 2025 , ce sont près de 240 000 personnes rapatriées, ce qui représente une hausse de 50 pour cent par rapport à la même période en 2024 . Selon une étude de 2025 menée par l’O rganisation mondiale pour les migrations , p lus de 30 pour cent des h aïtiens expulsés dépendaient de l’agriculture comme principale activité économique 16 . Soutenir le retour et la réinstallation de ces personnes représente une opportunité majeure pour le développement local et national. 7 Selon une analyse de la FAO dans la commune de Belladère , d ans le département du Centre – principal point d’entrée de plus de la moitié des personnes rapatriées de puis la République dominicaine en 2025 – plus de 90 pour cent des personnes rapatriées déclarent avoir une expérience agricole 17 . L’absence d’accès à la terre, aux intrants et aux services financiers limite cependant la valorisa ti on de ce savoir - faire. Les personnes rapatriées ne doivent pas être perçues uniquement comme des victimes, mais comme des ressources humaines porteuses de compétences, de volonté et de potentiel productif. Il est donc crucial de leur offrir les moyens de se réinstaller dignement et de réduire leur exposition aux risques de protection , en soutenant l a reprise d’ une activité productive, notamment dans l’agriculture, afin de contribuer à la reconstruction économique du pays. Faible résilience des communautés rurales Haïti figure parmi les pays les plus vulnérables aux effets des aléas climatique s à l’échelle mondiale 18 , caractérisé s par la hausse des températures, la diminution des précipitations et des périodes de s é cheresse prolongées, la multiplication des journées extrêmement chaudes, l’intensification des ouragans, ainsi que l’élévation du niveau de la mer qui accélère l’érosion côtière et les inondations. Ces types de chocs vont s’aggraver considérablement au cours des trois prochaines décennies, avec des impacts marqués sur les communautés les plus précaires, les écosystèmes et les moyens de subsistance. Cette vulnérabilité est aggravée par la dégradation rapide de l’environnement et la gestion inefficace des ressources naturelles. La déforestation massive a notamment accéléré l’érosion des sols, diminué la fertilité des terres agricoles et compromis la régulation des ressources en eau. La pression démographique, les pratiques agricoles non durables et la mauvaise gestion des bassins versants renforcent la fragilité des paysages, notamment dans les zones montagneuses, exposant les infrastructures et les ter res cultivées à des risques accrus d’inondations, de glissements de terrain et de sécheresses. Au cours des 20 dernières années, Haïti a été frappée par des événements sismiques et des ouragans ayant eu des impacts catastrophiques sur la population et son économie. Le tremblement de terre de 2010 a causé des destructions équivalant à 120 pour cent du PIB 19 , l’ouragan Matthew en 2016 a entraîné des pertes représentant 32 pour cent du PIB 20 et le séisme de 2021 a causé plus de 2 000 pertes en vie humaine , avec des dommages estimés à 11 pour cent du PIB 21 . En octobre 2025, bien que non directement traversé par s a trajectoire, Haïti a subi les effets dévastateurs de l’ouragan Melissa, le cyclone le plus puissant jamais enregistré dans la région. L’épisode a provoqué des précipitations atteignant 400 mm, des vents violents et de vastes inondations, entraînant d’impo rtants dégâts au secteur agricole, en particulier dans les départements du Grand Sud. Outre les vulnérabilités liées à la faible résilience face aux aléas climatiques, les chocs associés à la propagation de maladies animales représente nt une préoccupation croissante . La recrudescence de ces maladies hautement contagieuses constitue une menace majeure 8 pour les cha î nes de valeur, la sécurité alimentaire et la santé publique. Alors que certaines maladies animales, comme la peste porcine, constituent principalement une menace pour les filières de production et les activités économiques – en particulier dans le secteur porcin, où 95 pour cent de la production est de subsistance – d’autres, classées comme zoonoses , telles que la rage , représentent également un risque pour la santé publique en raison de leur transmission de l’animal à l’humain. La vulnérabilité aux aléas climatiques et aux maladies animales repose sur une même faiblesse structurelle: la capacité limitée des communautés rurales qui disposent de peu de moyens pour anticiper, absorber ou se relever suite à un choc . Les systèmes agricoles restent largement non mécanisés, les infrastructures d’irrigation et de stockage sont insuffisantes et les filets de protection sociale demeurent limités, réduisant fortement la capacité d’adaptation des ménages face aux chocs climatiques . Concernant les maladies animales, les services vétérina ires font face à d’importantes contraintes humaines, techniques et financières, qui entravent la gestion efficace des foyers peste porcine africaine et d’autres zoonoses ou maladies épidémiques. Face à ces défis combinés, renforcer les systèmes permettant aux ménages et aux communautés de mieux se préparer aux chocs, de réduire leurs impacts et de rétablir rapidement leurs moyens de production est crucial . Cela inclut la diffusion de pratiques de gestion et de réduction des risques, ainsi que la mise en place de mécanismes de réponse rapide pour restaurer les systèmes productifs après un choc. 9 2. T héorie du changement Figure 2. Théorie du changement de la FAO en Haïti Source: Auteurs du présent document. 10 Pour assist er 102 000 ménages La FAO requi ert 42 , 4 millions d’USD 3. Plan d ’action et résultats attendus 3.1 Cadre des résultats Impact attendu : L’insécurité alimentaire des ménages déplac és est réduite, la paix est consolidée et la marginalisation socioéconomique est diminuée, en particulier pour les jeunes, les femmes et les PDI . Les opportunités économiques sont accrues et la production des petits producteurs est augmentée dans un environnement plus stable, résilient et inclusif. Agriculture d’urgence a | Résultat 1. L’accès à une alimentation de qualité est amélioré grâce à la relance rapide et à la sauvegarde de la production locale, afin de sauver des vies et d’améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition des ménages Production alimentaire d’urgence 32,4 millions d’USD pour assist er 7 2 000 ménages La FAO propose une réponse qui vise non seulement à couvrir les besoins alimentaires urgents, mais également à redonner aux populations déplacées et aux communautés hôtes les moyens immédiats de retrouver leur autonomie et de réduire leur dépendance à l’aide humanitaire , en rétablissant rapidement leurs capacités de production alimentaire . Il s’agit ainsi de fournir des solutions agricoles simples, rapides à mettre en œuvre et modulables selon les réalités et préférences locales. Cette initiative p ermettra également de renforcer la production alimentaire locale , d’ amélior er l’ accès à la nourriture dans un contexte de forte insécurité et de réduire le besoin d’intervention s humanitaire s futures . Activités • Distribu er, directement ou à travers des coupons , de s kits de production alimentaire d’urgence à cycle court ( semences maraîchères , de céréal es et de légumineuses, outils, engrais, petits animaux d’élevage, intrants pour la pêche) . a La programmation pour les années 2027 et 2028 sera élaborée sur la base de l’analyse des besoins actualisée. Pour assister 860 000 pe rsonnes La FAO req uiert 107 , 9 million d’USD P ériode 2026 - 2028 11 • Fournir des t ransferts monétaires , en complément aux intrants (cash+) , afin de soutenir les besoins de base pendant la période de production ou renforcer l es actifs productifs des ménages . Effets attendu s • A ssurer l’a ccès rapide , en moins de 90 jours , à une alimentation de base hautement nutritive . • Rédu ire la dépendance à l’assistance humanitaire . • Contribu er à la stabilité communautaire , grâce au renforcement des capacités productives loc ales et à la disponibilité d’aliments frais sur les march é s locaux . Zones prioritaires et ciblage des bénéficiaires Les interventions cibleront les zones rurales et péri - urbaines en P hase 4 de l’IPC – sans exclure les populations en P hase 4 dans des zones classées en P hase 3 – en surveillant de près les mouvements massifs de population et d’autres facteurs de vulnérabilité tels que les chocs climatiques . Ainsi, l e ciblage des ménages sera bas é sur leur niveau d’insécurité alimentaire. Une priorisation sera effectuée sur la base de critères de vulnérabilité, les ménages dirigés par des femmes, ceux ayant récemment perdu leurs moyens de production, les personnes déplacées et les ménages hôtes. D’autres critères seront également pris en compte, tels que l es personnes âgées, en situation de handicap ou atteintes de maladies chroniques, les femmes enceintes ou allaitantes et les enfants exposés au risque de malnutrition. Prote ction et r établi ssement de la capacité de production des petits producteurs touches par d es chocs 6 millions d’USD pour assister 2 0 000 ménages L a forte exposition d’Haïti aux aléas climatiques et à l’ insécurité compromet la résilience et la sécurité alimentaire des ménages les plus vulnérable s . La FAO mettra en place une réponse intégrée visant à restaurer rapidement la capacité productive des petits producteurs touchés par des chocs soudains . Il s’agira notamment de distribuer des intrants essentiels , réhabiliter l es infrastructures clés et fournir un accompagnement technique sur l es pratiques agricoles adaptées au climat. L’approche visera également à renforcer les capacités locales de gestion communautaire des risques , à mettre en œuvre d es action s anticipat oires et à faciliter l’accès à l’informa tion à travers les systèmes d’alerte précoce. Activités • M ettre en œuvre d es a ctions anticipat oires – à la suite de l’activation des déclencheurs pour des aléas spécifiques – au profit des petits producteurs à risque , grâce à la diffusion de message s d’alerte précoce et à la distribution de transferts monétaires et d’intrants visant à protéger le urs capacités productives. 12 • Distribu er des intrants et actifs productifs afin de relancer la production des petits producteurs t ouch é s par les chocs. • Fourni r des matériaux pour la ré habilitation e t l’ amélioration des infrastructures de production selon l’approche « reconstruire en mieux » , telles que les abris pour animaux, l’ installation d’infrastructure de stockage, des réservoirs d’eau et des systèmes d’irrigation . Effets attendu s • Re lance r rapide la production agr oalimentaire après un choc. • R é du ire l’impact des chocs et les besoins humanitaires grâce aux actions anticipatoires . • Rédu ire l es pertes de revenus post - catastrophe. Zones prioritaires et ciblage des bénéficiaires Les acti vités se concentre ront dans les zones les plus touchées par des chocs récents ou exposées à un risque climatique élevé , conformément aux données relatives aux chocs spécifiques . Le ciblage reposer a sur des évaluations des pertes, l es niveaux de vulnérabilité et d’ insécurité alimentaire, ainsi que de l’exposition aux aléas. Les bénéficiaires prioritaires seront l es ménages et producteurs agricoles à risque ou ayant perdu leurs moyens de production , avec un e attention particulière aux ménages dirigés par des femmes, trop souvent exclues d es opportunités susceptibles de consolider leur capacité de résilience . P révention et contrôle des maladies animales 4 millions d’USD pour assister 10 000 ménages L a recrudescence de s maladies animales hautement contagieuses constitue une menace majeure pour l es cha î nes de valeur, la sécurité alimentaire et la santé publique. Face à des services vétérinaires étatiques en sous - effectif et sous - équipés, la FAO soutiendra le renforcement rapide des capacités de prévention et de contrôle des maladies animales . L’approche mettra également l’accent sur la formation communautaire en biosécurité, ainsi que sur l’amélioration de la circulation de l’information sanitaire entre les éleveurs, les vétérinaires et les autorités locales. Activités • Sout enir le r enforcement des services de surveillance étatiques pour l’alerte précoce et la détection des foyers infectieux , y compris grâce à la f ourniture de kits de diagnostic rapide et d’échantillonnage, d ’ équipements de protection individuelle et l’ établissement de partenariats avec des laboratoire s accrédité s. • M ettre en œuvre de s c ampagnes de vaccination animale de masse ou ciblées . • Sensibilis er les éleveurs et le s personnes engag és dans les chaî n es de valeur de production animale sur les p ratiques de prévention et les protocoles d’intervention pour le contrôle des maladies animales. 13 Pour assist er 70 000 ménages La FAO requis 61 millions d’USD Effets attendu s • Renforce r l es capacités de détection rapide des foyers épidémiques. • Amélior er la coordination des actions de santé publique vétérinaire. • Rédu ire l es pertes animales et économiques liées aux épidémies. • Amélior er la biosécurité dans les zones rurales vulnérables. • Préven ir l es transmissions zoonotiques et rédu ire l es risques pour la santé humain e . • Restaur er la confiance entre éleveurs, services vétérinaires et autorités locales. Zones prioritaires et ciblage des bénéficiaires E n étroit e collaboration avec le s services étatiques , l’intervention ciblera en priorité les zones à forte densité animale et à proximité des localités où le risque de transmission est le plus élevé , tel qu e les frontières ou points d’entrée . Le ciblage se basera sur les facteurs suivants : • Les données de foyers actifs ou historiques d ’ épidémie animales et zoonotiques , notamment liées à une haute prévalence de diarrhées infantiles . • La densité d’ animaux d’ élevage et les chaînes de commercialisation. • La présence de marchés informels ou transfrontaliers d’animaux vivants. • La vulnérabilité des petits éleveurs, particulièrement ceux sans accès à des services vétérinaires. Résilience | Résultat 2 . La résilience des systèmes agroalimentaires locaux est renforcée, offrant aux communautés des alternatives économiques et une alimentation saine, locale et sûre Promotion d’ opportunités économiques et d’ emploi rura l afin de réduire la pression sur les sites de PDI et de limiter le risque de recrutement des jeunes dans les gangs armés 27 millions d’USD pour assister 30 000 ménages La situation de surpeuplement dans les sites accueillant des PDI, combinée aux conditions souvent précaires vécues au sein des familles d’accueil, demeure extrêmement préoccupante. Ces environnements fragilisés exposent les PDI à de graves risques de prote ction , ainsi qu’à un accès insuffisant aux services essentiels. Dans ce contexte marqué par l’absence d’opportunités économiques, les sites de PDI , mais également certaines zones d’accueil , deviennent des espaces à haut risque de recrutement , parfois forcé , par les gangs armés, en particulier parmi les jeunes. Face à ces défis, la FAO vise à développer des alternatives économiques et des emplois ruraux capables de réduire simultanément la pression sur les sites et sur les familles d’accueil, tout en diminuant le risque de recrutement des jeunes dans les gangs. U ne attention particulière sera accordée aux femmes, afin de renforcer leur autonomie économique, réduire leurs 14 facteurs de vulnérabilité et offrir des alternatives concrètes et durables face aux dynamiques de violence. Malgré sa fragilité, le secteur agroalimentaire haïtien offre un potentiel important de création d’emplois décents et d’entrepreneuriat inclusif. En s’appuyant sur ce potentiel, la FAO, en coordination avec d’autres acteurs humanitaires, appuiera des mécan ismes de relocalisation volontaire, digne et ciblée pour les personnes ou ménages souhaitant s’installer dans d’autres zones rurales, qu’ils proviennent de sites de PDI ou de familles d’accueil. L’initiative pourra également cibler les personnes r apatrié es dans des conditions vulnérables. Cet appui combinera financement inclusif, transfert d’actifs productifs et soutien en intrants afin de permettre d’initier ou de relancer des activités productives . Activités Dans cette optique, la FAO mettra en œuvre une stratégie intégrée de soutien à l ’ entrepreneuriat rural et agroalimentaire, articulée comme suit : • Soutenir les PDI à la mise en place de solutions durables à travers différents mécanismes , dont les transferts monétaires , la f ourniture d’intrants et d’équipements et de s formations . • Mettre en place u n système de subventions de contrepartie ( matching grants ) afin de soutenir les PDI et les personnes r apatrié e s porteu ses de projets agricoles ou para - agricoles . • S outen ir les petites entreprises, y compris les startup s , afin de favoriser le développement de solutions technologiques et d’innovations répondant aux défis du système agroalimentaire. • Renforce r la gouvernance locale et plaider pour l’accès à la terre et l’inclusion sociale des PDI et des r apatriés . • Fournir u n accompagnement personnalisé dans l’é laboration de plans d’affaires viables, avec un mentorat et des formations ciblées . • Établir d es partenariats avec le secteur privé afin de proposer des stages, des emplois subventionnés ou des débouchés commercia ux concr ètes . Effets attendu s • Rédu ire la vulnérabilité des PDI au recrutement dans les gangs armés , en particulier dans les zones à risque élevé. • Améliorer l’a ccès à des opportunités économiques durables , à travers l ’ entrepreneuriat agricole et la c réation de microentreprises rurales et agroalimentaires durables, renforç ant l ’ensemble du secteur . • Renforcer l’i ns ertion professionnelle de s jeunes dans les filières agricoles, agroindustrielles et dans les services associ és. • Renforce r le tissu économique local et stimul er l’économie circulaire. • Valoris er les compétences entrepreneuriales . • Amélior er l’accès au savoir et aux opportunités pour les jeunes . 15 Zones prioritaires et ciblage des bénéficiaires L ’ intervention cibler a prioritairement les personnes déplacées , ainsi que les personnes r apatriées vulnérables, tout en s ’ adapta nt à l’évolution de la crise. Le ciblage visera notamment: • L es données sur la présence de gangs et le risque de recrutement , provenant de l’ O rganisation mondiale pour les migrations , du Fonds des Nations Unies pour l’enfance , du Programme des Nations Unies pour le développement et du Haut - Commissariat des Nations Unies aux droits de l ’ homme . • L es niveaux de chômage des jeunes et d ’ exode rural . • L a proximité d’infrastructures de formation ou de marchés . L es groupes vulnérables , notamment les femmes isolées, les mères célibataires et les femmes en situation de handicap , y compris les personnes survivant e s de s violence s liées aux disparités de sexe , déplacées ou séparées de leurs réseaux sociaux . • L es communautés partenaires ou coopératives locales capables de soutenir des activités économiques sécurisées. Soutien à l’amélioration des capacités de préparation des producteurs agroalimentaires face aux chocs et aux aléas climatiques 30 millions d’USD pour assister 30 000 ménages Haïti figure parmi les pays les plus exposés aux effets d es aléas climatique s , dont les impact s sont aggravés par la crise sécuritaire et politique. Face à cette situation, la FAO , grâce à son expertise en résilience climatique et en gestion de s ressources naturelles , propose une réponse centrée sur la réduction de la vulnérabilité, à travers des solutions accessibles, durables et cohérentes avec les autres interventions, qui renforcent les initiatives de préparation et d’anticipation mises en place. Activités • Améliorer l’a ccès aux semences de qualité de variétés améliorées , résistantes aux conditions climatiques extrêmes – longues périodes de sécheresse, excès de pluie, vents forts – et à des intrants améliorés , ainsi qu’ à des formations sur les pratiques agricoles, d’élevage et de pêche climato - intelligentes et adaptées face au climat . • Réhabilit er ou construire des infrastructures résistantes et adapté e s aux aléas climatiques , telles que des systèmes d’irrigation et des abris pour animaux . • Réhabi liter l es terres, pâturages, mangroves, écosystèmes côtiers et appu yer la reforestation et l’agroforesterie afin d’ améliorer la production . • Promo uvoir des pratiques communautaires d’adaptation au x aléas climatique s et de gestion des ressources environnementales, accompagnée s d’un appui facilitant un meilleur accès direct au financement climatique . 16 Effets attendu s • Rédu ire l es pertes agricoles, d’animaux et halieutiques liées aux aléas climatiques. • Renforce r l es capacités locales d’adaptation à moyen et long terme . • Prot éger les écosystèmes critiques , tels que les sols, les eaux et les pâturages. • Renforc er la résilience des communautés rurales, y compris des femmes productrices, face aux événements climatiques extrêmes, et améliorer ainsi leur sécurité alimentaire. Zones prioritaires et ciblage des bénéficiaires Les interventions seront ciblées dans les zones rurales exposées aux sécheresses, aux inondations ou aux ouragans récurrents, notamment: • Le Nord - Ouest et Sud - Est, où les épisodes de sécheresse prolongée ont un impact sévère sur les moyens de subsistance. • Le s départements du Grand Sud (Sud, Sud - Est, Grand’Anse et Nippes) , de l’Ouest, du Nord - Ouest et l’Artibonite , régions à forte exposition cyclonique. • Le Centre et l’Artibonite, zones à haut potentiel agricole , bien que soumises à une pression écologique élevée. Le ciblage des bénéficiaires inclura en priorité: • Les petits producteurs à risque , avec une attention particulière aux femmes et aux jeunes. • Les communautés engag ées dans des initiatives de gestion communautaire des ressources naturelles ou de protection des bassins versants. Approvisionne ment d es cantines scolaires avec plus de 80 pour cent d’aliments produits au niveau national 4 millions d’USD pour assister 10 000 ménages Plus de 2,85 millions d’enfants, soit un quart de la population infantile, sont touchés par l’insécurité alimentaire, dont plus d’ 1 million souffrent d’insécurité alimentaire aiguë 22 . Les cantines scolaires constituent, pour de nombreux enfants, la seule source régulière de repas équilibré s . En plus de leurs effets directs sur la nutrition et la santé, ces programmes favorisent la fréquentation scolaire et renforcent la stabilité sociale dans les zones vulnérables. La p olitique et la s tratégie n ationales d’ a limentation s colaire 2024 - 2030 prévoi en t que les cantines scolaires passent progressivement d’un modèle largement dépendant des importations alimentaires vers un système basé sur l’approvisionnement national. La stratégie vise à ce que 100 pour cent des denrées destinées aux cantines scolaires soient produit es au niveau national d’ici 2030, avec des cibles intermédiaires fixées pour la période de transition, notamment l’atteinte de 80 pour cent d’achats locaux d’ic i 2028 23 . La relance de la production locale constitue donc un levier central pour rendre les cantines scolaires plus résilientes, tout en stimulant l’économie rurale. 17 Activités Dans cette optique, la FAO, en partenariat avec le P rogramme a limentaire m ondial , met en œuvre une approche conjointe visant à renforcer les liens entre production locale et alimentation scolaire. L’intervention prévoit d’appuyer les producteurs dans l’augmentation et l’ amélioration de leur production, notamment à travers l es activités suivantes : • Augmenter la capacité de production, de stockage et de conservation des producteurs locaux, ainsi que le traitement post - récolte , afin de réduire les pertes et garantir une conservation sûre pour la consommation humaine. • Structur er des