Plan de Gestion des Terres et des Eaux de la Commune de Capotille
Resume — Ce document présente un plan de gestion des terres et des eaux pour la commune de Capotille, en Haïti. Il identifie les principaux défis environnementaux, tels que l'érosion des sols et la déforestation, et propose des solutions pour une utilisation durable des terres et de l'eau, notamment le reboisement, l'agroforesterie et l'amélioration des pratiques agricoles.
Constats Cles
- Capotille est confrontée à d'importants défis environnementaux en raison de la déforestation, de l'érosion des sols et des pratiques agricoles non durables.
- La topographie de la commune est caractérisée par un mélange de terres plates et de pentes abruptes, avec différents degrés de dégradation.
- Le plan propose une combinaison de reboisement, d'agroforesterie et de techniques agricoles améliorées pour relever ces défis.
- La participation communautaire et les alternatives économiques sont essentielles au succès du plan.
- Le plan souligne la nécessité de pratiques durables de gestion des terres et de l'eau afin d'améliorer les moyens de subsistance des habitants de Capotille.
Description Complete
Le Plan de Gestion des Terres et des Eaux de la Commune de Capotille, Haïti, décrit les stratégies visant à lutter contre la dégradation de l'environnement et à promouvoir une gestion durable des ressources. Le plan reconnaît l'interdépendance des facteurs naturels (par exemple, les précipitations, la topographie, les types de sols) et des activités humaines (par exemple, les pratiques agricoles, l'urbanisation) dans la formation du paysage. Il détaille des actions spécifiques pour la réhabilitation des terres dégradées, notamment les efforts de reboisement axés sur les espèces économiquement viables, la mise en œuvre de systèmes agroforestiers sur les pentes modérément fortes et les mesures de conservation des sols pour les terres agricoles. Le plan souligne également l'importance de la participation communautaire, de l'éducation environnementale et de la fourniture d'alternatives économiques aux pratiques non durables afin d'assurer le succès à long terme des interventions proposées.
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RÉPUBLIQUE D’HAÏTI MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT PLAN D E GESTION DES TERRES ET DES EAUX DE LA COMMUNE DE CAPOTILLE JUI LLET 201 9 2 RÉPUBLIQUE D’HAÏTI MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE DES RESSOURCES NATURELLES ET DU DÉVELOPPEMENT RURAL MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR ET DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES MAIRIE DE CAPOTILLE CONSEIL D’ADMINISTRATION COMMUN A LE DE CAPOTILLE ASSEMBLÉE S DES SECTIONS COMMUNALES DE CAPOTIL LE PLAN D E GESTION DES TERRES ET DES EAUX DE LA COMMUNE DE CAPOTILLE JUI LLET 2019 3 PLAN D E GESTION DES TERRES ET DES EAUX DE LA COMMUNE DE CAPOTILLE Table des matières LISTE DES SIGLES ................................ ................................ ................................ ................................ ........... 5 1. Définition de bassin versant ................................ ................................ ................................ .............. 6 2. Facteurs de gestion d’un bassin versant ................................ ................................ ........................... 7 3. Cas spécifique de Capotille. ................................ ................................ ................................ ............... 8 4. Propositions d’actions prioritaires pour « réhabiliter » les terres et les eaux de la commune de Capotille ................................ ................................ ................................ ................................ ........................ 9 5. Stratégie de mise e n œuvre des activités prévues dans ce plan ................................ ..................... 15 6. ANNEXE I. - PROGRAMME DE GESTION DES TERRES ET DES EAUX DE LA COMMUNE DE CAPOTILLE 18 7. Approche méthodologique pour l’élaboration du plan de gestion de terres et des eaux de la commune de Capotille ................................ ................................ ................................ ................................ 19 8. Caractéristiques biophysiques de la commune de Capotille ................................ ........................... 20 9. Plan détaillé de gestion des terres et des eaux de la commune de Capotille ................................ . 39 9.1. - Mise à la disposition des exploitants agricoles des alternatives économiques et financières viables ................................ ................................ ................................ ........................... 39 9 .2 Reboisement massif sur les terrains ayant des pentes supérieures à 60 %. ...................... 41 9.3 Mise en place de système agroforestier sur des terrains de pentes comprises entre 25 et 60 41 9.4 Protection de sols pour les terrains de pentes comprises entre 10 et 25 % ...................... 42 9.5 Intensification agricole sur les terrains de pentes inférieurs à 10 % ................................ .. 42 9.6. - Production des plantules en concertation avec les associations locales et à proximité des terrains à reboiser ................................ ................................ ................................ ........................... 44 9.7. - Traitement berges des rivières et des ravines ................................ ................................ .... 44 9.8 Réalisation de travaux de réfection de routes ................................ ................................ .... 45 9.9. Gestion de l’eau ................................ ................................ ................................ ................. 46 9.10. - Education environnementale ................................ ................................ .......................... 47 10 Modalités de réalisation de gestion des terres et des eaux de la commune de Capotille. ............. 47 10.1 Participation des bénéficiaires et des communautés locales dans la prise des décisions relatives au plan de gestion des terres et des eaux de la commune de Capotille. ......................... 48 4 ANNEXES II : Fiches techniques en lien avec les structures proposées dans ce plan de gestion des terres et des eaux ................................ ................................ ................................ ................................ .................. 50 ANNEXES III : Atelier du plan de gestion des terres et des eaux de la commune de Capotille .................. 76 CONTEXTE ET JUSTIFICATION DE L’ATELIER ................................ ................................ .................... 76 OBJECTIFS ................................ ................................ ................................ ................................ ........ 76 PUBLIC CIBLE ................................ ................................ ................................ ................................ .... 77 MÉTHODOLOGIE ................................ ................................ ................................ .............................. 77 RÉSULTATS ATTENDUS ................................ ................................ ................................ .................... 78 AGENDA ................................ ................................ ................................ ................................ ........... 78 BUDGET ESTIMATIF ................................ ................................ ................................ ......................... 80 DOCUMENTS TECHNIQUES ................................ ................................ ................................ .............. 80 Annexe IV. : Liste de présence à l’atelier de Capotille ................................ ................................ ................ 88 ................................ ................................ ................................ ................................ ................................ .... 89 ................................ ................................ ................................ ................................ ................................ .... 90 ................................ ................................ ................................ ................................ ................................ .... 91 ................................ ................................ ................................ ................................ ................................ .... 92 ................................ ................................ ................................ ................................ ................................ .... 93 ................................ ................................ ................................ ................................ ................................ .... 94 ................................ ................................ ................................ ................................ ................................ .... 95 ................................ ................................ ................................ ................................ ................................ .... 96 ANNEXE V. - Quelques photos de l’atelier ................................ ................................ ............................... 97 5 LISTE DES SIGLES AVANSE A ppui à la Valorisation du P otentiel Agricole du Nord pour la Sécurité Economique et Environnementale ASEC Assemblées des Sections Communales BV Bassin versant C C elsius CASEC Conseil d’Administration des sections communales CN I GS Centre National de l’Information Géo - Spatiale DGI Direction Générale des Impôts FVD Faire Valoir Direct FVI Faire Valoir Indirect GPS Global Positioning System GRN Grande Rivière du Nord ha hectare Hab . Habitant IHSI Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique Km Kilomètre m Mètre mm Millimètre MARNDR Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural MDE Ministère de l’Environnement MIC Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales USAID United States Agency for International Development URP USAID Reforestation Project 6 1. Définition de bassin versant Un bassin versant est la surface délimitée par des lignes de crête et dont toutes les eaux qui y sont collect ées se jettent toutes dans un même exutoire . Les lignes de crête sont aussi appelées lignes de partage des eaux . Elles représentent donc les « frontières » qui séparent un bassin versant par rapport à un autre bassin versant voisin. D ans la carte ci - dessous, les lignes de crête ou lignes de partage des eaux représentent les « frontières » qui séparent le bassin versant de Capotille et de Gens de Nantes du b assin versant de Ouanaminthe . Pour ce qui est de l ’exutoire ou « embouchure » , il est l’endroit où se déverse les eaux d ’un bassin versant . L es eaux de l’exutoire ou « embouchure » peuvent se déverser soit dans une rivière, soit un cours d'eau, dans un la c, dans la mer , dans l’océan, etc. Dans le cas du bassin versant de Capotille et de Gens de Nantes, toutes leur s eaux se déverse nt dans la rivière de Capotille et de Gens de Nantes dont le nom change avec la localité que traverse cette rivière. Généralement un bassin versant se subdivise en un certain nombre de bassins plus petits appelés « sous - bassin s versant s ». Il s’agit de la surface d’alimentation des affluents qui se jet t e nt dans le cours d’eau principal. C’est le cas par exemple de Capoti lle et de Gens de Nantes dont toutes les eaux se jette nt dans la rivière « Gens de Nantes » . Capotille étant l’un des territoires qui alimentent la rivière de Gens de Nantes, Capotille est donc un sous bassin versant de la rivière de Gens de Nantes. Ainsi donc Capotille et Gens de Nantes sont de ux sous bassins versants de la rivière « Gens de Nantes » puis qu e toutes les eaux de Capotille ainsi que celles de Gens de Nantes se jettent toutes dans la rivière « Gens de Nantes » qui elles - mêmes se déversent dans la rivière de Ou a naminthe ou la rivière Massacre avant de se jeter dans la mer. 7 2. Facteurs de gestion d’un bassin versant Les facteurs intervenant dans la gestion d’un bassin versant peuvent être classés en deux grandes catégories : L es facteurs naturels et l es facteurs humains. ➢ F acteurs naturels : Parmi les facteurs naturels on trouve : • La g éométri e qui désigne la f orme et la surface du bassin versant , • La t opographi e qui se réfère aux pentes des terrains du bassin versant. Ces pentes peuvent être fortes ou faibles ; l ongues ou courtes . Ces deux aspects caractéris tiques des pentes ont un impact majeur sur le comportement des eaux qui circulent dans un bassin versant . A l’image d’une roue de voi ture ou de bicyclette, plus la pente est longue et forte, plus les eaux ont tendance à prendre de la vitesse, à acquérir plus de forces et de capacités pour commettre des dégâts. En revanche, si la pente est faible et courte, les eaux ont tendance à ne pa s prendre trop vitesse. Elles n’ont pas beaucoup de forces. Par conséquent, elles n’ont pas beaucoup de capacités pour commettre des dégâts . Ainsi, la longue ur et la pente sont donc responsables de la vitesse de l’écoulement des eaux au niveau d ’ u n bassin versant , de leur agressivité , de leurs capacités à co mmettre ou non des dégâts. • La pédologie : Ce facteur caractérise la nature des sols. Une partie des éléments du sol provient de la décomposition de la roche - mère. Elle donne les éléments minéraux du sol à savoir le sable, l’argile, et le limon. L’autre partie provient des végétaux et des animaux pour former la matière organique du sol. En plus de ces deux facteurs, il y a aussi la pro fondeur. Comme une éponge, elle permet au sol d’absorber une qua ntité plus ou moins importante de sol. Par conséquent, elle intervient dans le processus de déclenchement de l’érosion des sols. • Facteurs b iologiques d’un bassin versant : Ils sont représentés par les végéta ux (arbres, herbes, cultures vivrières, etc. ) et par les anima ux . • La pluviométrie : Ce facteur est caractérisé par l a f réquence des pluies, les quantités d’eau x tombée s lors des pluies , l’ intensité des pluies , etc. L’eau est un facteur fondamental dans la gestion d es bassin s versant s . ➢ F acteurs humains : Pour ce qui est des facteurs humains, ils font référence aux interventions des êtres humains dans la gest ion des bassins versants. Dans cette catégorie de facteurs, on compte : • Les m éthode s de val orisation des sols par les humains . Ces méthodes peuvent contribuer à la dégradation ou à la protection des bassins versants. En fonction d es types d’outils utilisés, des modes de mise en valeur des sols soit avec ou sans structures antiérosives, la mise en culture dans le sens des pentes, les pratiques de b rulis, de sarclage, de surpâturage, la protection ou l ’ exploitation excessive des forêts, etc. sont autant d e moyens dont les êtres humains disposent pour protéger ou pour dégrader les bassins versants. 8 • Urbanisation : Outre les modes d’exploitation des sols, les modes de c onstruction privilégiés par les humains jouent est un facteur fondamental dans la gestion des bassins versants. Les constructions avec de bons plan s d’urbanisme contribuent largement dan s la protection des bassins versants. En revanche, les c onstructions anarchiques c’est - à - dire en l’absence de plans d’urbanisation contribuent largement dans la dégradation des bassins versants . D e ce qui précède , il en résulte que l a gestion des différents paramètres présentés ci - dessus détermine en grande partie l’état d’un bassin versant et la qualité de vie d es populations qui vivent tant dans les parties situées en amont que d’un bassin versant que celle de s populations qui vivent dans les parties situées en aval du bassin versant, sur le littoral , etc. 3. Cas spécifique de Capotille. Sur le plan climatique l a commune de Capotille s e caractérise par une pluviométrie moyenne annuelle qui oscill e autour de 1,000 à 1, 3 00 mm inégalement répartis au cours de l’année. Comme l’explique les paragraphes suivants , cette pluviométrie impact e différemment s ur les différentes parties d e cette commune notamment en fonction de leur s pentes, des types de sols, des activités humaines, etc. Au niveau de Capotille, l es mois les plus humide s vont d’Aout à Décembre. Normalement cette commune comprend deux périodes de sécheresse. L’une allant de Janvier au mois d’Avril et l’autre de Juill et à Aout. Toutefois, avec le changement climatique, ce calendrier varie considérablement. Ce qui représente un handicap pour les agriculteurs de Capotille qui ont d’énormes difficultés pour planifier leurs activités agricoles. Sur le plan topographique, Capotille est une zone relativement plate . 25% des terres de ce tte commune se trouvent sur des pentes inférieures à 10% et 62% de sa superficie totale se trouvent sur des pentes inférieures à 25 %. Ce qui représente un gros avantage pour la mise en place d’infrastructures structurantes, l’intensification agricole, etc. Combiné à ces pentes plutôt faibles, la pluviométrie relativement abondante de Capotil le est un atout qui pourrait permettre d’exploiter la plus grande partie de ce territoire avec des risques mesurés de pertes de sols. En effet, comme précédemment expliqué, sur ces types de pentes, les eaux ont tendance à s’écouler plutôt lentement et sont donc moins agressives et ont des capacités érosives moins importantes que les terrains ayant de fortes pentes. Toutefois, à Capotille, les mornes et particulièrement le ur s sommets sont assez dégradés et sont confronté s à de sérieux problèmes d’érosion. C ette situation est le résult at de la réduction de la couverture arborée et des mauvaises pratiques agricoles . En effet, a u niveau de cette commune , en dépit du fait que la plus grande partie des terres se trouve nt dans des zones relativement plates, au niveau des mornes les cultures pratiquées sont en grande partie des espèces érosives . C’est le cas notamment pour la pistache , le manioc, etc. Ces cultures , pour les récolter exige nt que l eurs racine s soi en t entièrem ent enlevées . Cependant , le problème majeur est qu’à Capotille, ces cultures comme pratiquement toutes les autres d’ailleurs, sont généralement mises en place sans structures antiérosives appropriées . É tant à nu et pratiquement sans couvertures herbacées ou arborées suffisantes, à chaque pluie, des volumes considérables de sols sont emportés au niveau des mornes de Capotille . Ce qui entraine l’apparition de la roche - mère sur une bonne partie de s mornes de ce tte commune . Cette qu asi - absence de couvert herbacé et arboré facilite l’écoulement des eaux de surface, réduit l’infiltration de l’eau dans le sol, diminue les réserves d ’ e au de la nappe phréatique ainsi que celle d es sources, entraine une diminution considérable du débit des rivières et impacte négativement sur la production agricole qui régresse d’année en année. 9 En plus de c es facteurs naturels (pentes plutôt fortes dans les mornes, pluviométrie élevée, etc.) la gestion des Capotillans contribue également dans la dégradation de s terres de cette commune. En effet, le ur s agissements ne s ont pas suffisamment protecteurs pour l’environnement. O utre les cultures érosive s dans les mornes notamment celles précitées (pistache , manioc, etc.) comme technique culturale, le s a griculteurs de Capotille , épandent sur le sol d’abord du « glifosato / glyphosate » un herbicide très toxique et très puissant interdit de plus en plus notamment en Europe. C’est le cas notamment pour la France et l ’Autr i che en raison des risques élevés de cancer engendrés par l’utilisation de ce produit. I mporté de la République Dominicaine , il est utilisé sans aucun contrôle . Il détruit presque co mplètement le couvert herbacé. Puis les agriculteurs mettent le feu sur les pa rcelles pour renforcer l’action du « glifosato / glyphosate » . Ce tte pratique entraine une destruction de la matière organique du sol qui n ’ e st plus à même de servir de liant pour l es particules de sol . Ce ci le fragilise considérablement et facilite son transport par les eaux de pluie entrainant ainsi un processus d’érosion des sols de plus en plus importante dans les mornes de ce tte commune . De cette c ombin aison de facteurs naturels liés à la faibless e dans la gestion humaine, il en résulte une dégradation de plus en plus marquée de Capotille. A chaque pluie on enregistre des pertes énormes de sols au niveau des mornes . Les conséquences sont de plus en plus graves . Elles se traduisent par une régression de l a productivité agricole d’a nnée en année, le déchaussement des routes, le sapeme nt et l’élargissement excessif des berges des ravines, des rivières, etc. De c e constat , on en déduit que Capotille est un e commune « dégradé e » . Elle doit être réhabilité e . 4. Propositions d’a cti ons p rio ri taires pour « réhabiliter » le s terres et les eaux de la commune de Capotille Partant de ce constat, le présent plan d e gestion a été élaboré pour contribuer dans la résolution des problèmes identifiés dans ce tte commune . L es activités proposées prennent en compte aussi bien les facteurs humains que les facteurs naturels pour un e meilleur e gestion d es terres et des eaux de Capotille . Sur le plan méthodologique, ces propositions proviennent de la comparaison de la situation de Capotille avec d’autres bassins versants tant en Haiti qu’ailleurs dans le monde qui ont des situations similaires , de la consultation de nombreux documents relatifs à l’aménagement de s bassins versants, de consultations de divers documents sur ce tte commune , de la réalisation de focus groupes avec les populations de Capotille , de la tenue d’atelier les 10 et 11 avril avec les populations de ce tte commune , de rencontres avec les autorités locales et autres concernées par la problématique de l a gestion des terres et d es eaux de la commune de Capotille . De l’ensemble de ce processus on arrive aux principales propositions s uivantes : 10 1. Les agriculteurs et agricultrices de Capotille ont besoin d es alternatives économiques viables à la coupe des arbres pour le ur permettre de faire face aux graves difficultés économiques et financières auxquelles ils sont confrontés. Dans ce contexte, des activités visant à ajouter de la valeur à leurs produits sont proposées. Celles - ci concernent notamment la transformation de s p roduits agricoles. Ainsi, le plan propose de transformer des produits comme l’arachide en beurre d’arachide « Man ba » au lieu d’être vendu à l’état brut. De même, la noix d’acajou qui est une espèce très importante dans l’écosystème de Capotille ne devra it pas vendue à l’état brut. Elle devrait être grillée, bien empaquetée et écoulée dans des supermarchés tant dans la région du Nord - Est, du Nord et à l’échelle nationale. Dans le cadre de s projet s de reboisement et de reforestation, cette espèce devrait occuper une place de choix parmi celles qui seront proposées aux Capotillans. Ce qui en plus de la plus - value permettrait aux habitants de ce tte commune non seulement de rajeunir le peuplement d ’ana cardiers de Capotille mais aussi d’augmenter la production de cette espèce. En clair, plus spécifiquement pour l’anacardier, les Capotillans devraient d’une part augment er la production de la noix d’acajou et d’autre part, ils devrai en t la transformer pour augmenter la valeur ajoutée de ce produit. En jouant sur ces deux paramètres, ils en tirerai en t davantage de revenus que ce qu’i l s gagne nt actuellement . Cette même logique est applicable également pour d’autres espèces comme l’arachide par exemple. Toutefois, la production de cette dernière doit impérativement être accompagnée de la mise en place de structures antiérosives dans les mornes. 2. Bien qu’il existe déjà à C apotille quelques petites unités de transformation notamment pour la pistache , dans le cadre de la mise en œuvre de ce plan, celles - ci devraient être popularisées pour les rendre accessibles à la très grande majorité des exploitations agricoles de ce tte commune . Ceci permettrait aux Capotillans de gagner beaucoup plus d’argent sur l e ur s produits. 3. Capotille étant une zone relativement plane, on devrait profiter de sa topographie et de la disponibilité de l’eau de sa rivière pour intensifier au maximum la production agricole notamment en y déviant l’eau dans ses zones les plus plates pour irriguer le sol et augmenter considérablement la production agricole notamment celle du riz qui représente l’un des produits les plus consommés en Haiti et dont la forte i mportation impacte très négativement sur la balance de paiements du pays. 11 4. L ’élevage en général et celui du mouton qui est une spécialité de Capotille devrait être développé . S a chaine de valeur devrait être renforc é e . Comme pour le riz, Haiti importe de la République Dominicaine, des États - Unis, etc. massivement les poulets, les œufs, les dérivés de porcs, de dindes, etc. Il existe donc une forte demande pour les produits de l’élevage tant à Capotille qu’à l’échelle nat ionale. Il importe que les Capotillans soient encadrés pour prendre leur part de ce marché. Par ailleurs, c ette activité devrait être non seulement renforcée mais aussi diversifiée pour permette aux Capotillans d’élever mieux leur mouton mais aussi d’autre s espèces . A cet effet, les Capotillans pourraient bien s’inspirer de l’expérience de « La R osée S.A. » une entreprise agricole paysanne qui se lance dans l’élevage de pintades à Lilavois, dans la commune de Croix - des - Bouquets et qui semble avoir de bons résultats. (Réf : Le Nouvelliste No 40841 mercredi 29 mai 2019) . Le renforcement et la diversification de l’élevage permettrait aux populations de Capotille de tirer des avantages non négligeables de cette activité. En outre, elle contribuerait à diminuer la pression sur les arbres comme ce fut le cas avant l’abattage des porcs, à augmenter les chances de réussite des projets de reboisement, de reforestation et de conservation des ressources naturelles en général. 5. T oujours dans cette même logiqu e de mieux rentabiliser les produits de ce tte commune , les Capotillans devraient également profiter des facilités techniques et financières offertes notamment aux agriculteurs du Nord - Est dans le cadre du programme « Blockchain » mis en œuvre par le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) . Grâce à ce programme, les agriculteurs de Capotille pourront écouler eux - mêmes leurs produits sur le marché international. Ainsi, en se transformant en exportateurs, ils pourront gagner beaucoup plus d’argent qu’ils ne le font actuellement. Ils seront alors beaucoup plus motivés pour protéger les bases de leurs entreprises agricoles. ( Réf : émission Le Point du 3 avril 2019, de radio Métropole ; disponible aussi sur youtube ) 6. De même, les Capotillans devraient profiter aussi de leur « S aut d’eau » pour en faire une attraction touristique à l’image de celui de la zone de Mirebalais par exemple. La mise en œuvre de ces propositions les permettrait de diversifier leurs sources de revenus, de tirer davantage des potentialités de leur terroir, de diminuer la pression sur les ligneux et ainsi mieux protéger leur environnement 7. Pour ce qui est des activités spécifiques de reboisement, les espèces proposées tout en répondant aux exigences écologiques de C apotille doivent nécessairement contribuer à l’amélioration des conditions économiques et financières des agriculteurs et des agricultrices d e cette commune . Sur la base de ce s deux critère s fondamentaux (rentabilité et adaptabilité) , les espèces seront donc choisies par concertation entre les exploitants agric oles de Capotille et les cadres techniques chargés de la mise en œuvre de ce plan d e gestion des terres et des eaux de la commune de Capotille . 12 8. En ce qui concerne les pl a ntules , conformément aux résolutions adoptées l ’ atelier, des focus groupes et des rencontres , elles seront produ ites essentiellement dans des pépinières situées aussi proche s que possible des terrains où elles seront plantées . Ce ci permettra de réduire le stress de la transplantation et aussi de minimiser les pertes lors de cette opération. Conformément aux résolutions adoptées lors de l’ atelier et dans le but d’assurer la plus grande appropriation possible des bénéficiaires, les plantules seront produites prioritairement par les associations locales. P our renforcer leur s capacité s dans ce domaine, le plan recommande de fournir aux a ssociations locales de Capotille la formation technique nécessaire pour qu’ e l les puissent produire e lles - mêmes les plantules . Ce plan de renforcement s’étendra également aux bénéficiaires pour qu’ils puissent assurer le suivi et l’entretien des arbres plantés. 9. La divagation des animaux étant un facteur non négligeable dans la dégradation d es terres de la commune de Capotille , dans le cadre de sa mise en œuvre, ce plan recommande que les animaux d’une manière générale et les cabris en particulier soient placés dans des enclos. Ceux - ci seront constitués prioritairement à partir de matériaux végétaux comme le bambou qui rejettent facilement, ne nécessitent pas beaucoup d’entretien . Des expériences de ce genre sont déjà en cours à Bahon. Des échange s d’expérience entre agriculteurs de Bahon et de Capotille seraient importantes pour aider les Capotillans à bien intégrer cette pratique et à la généraliser pour mieux protéger l es arbres qui seront plantés dans ce tte commune et assurer leur survie 10. En tenant c ompt e des caractéristiques biophysiques de Capotille , conformément aux lois haïtiennes ainsi qu ’ aux recommandations du « Manuel pratique de conservation des sols d’Haiti » publié par le Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) , dans le cadre de ce plan, l a commune de Capotille a été subdivisé en quatre classes en fonction des pentes des terrains. Pour chaque classe des propositions d’aménagement ont été effectuées . Ainsi , conformément aux recommandations du MARNDR , les terrains de très fortes pentes, c’ est - à - dire supérieures à 60 % seront complètement reboisés. Ces terrains occupent 654 ha et ne représentent que seulement 1 1% de la superficie totale de Capotille. Ils se situent notamment à Lamine, Galois, Portail Diable, Piton Mingo, Magazin, Gran Kay, Lorman, Citadelle, Gros Morne, Gros T au reau, Gabeau, etc . Comme pour les autres classes de pentes, le choix des espèces de cette classe doit se faire en concertation ave c les bénéficiaires . Cette disposition vise à accentuer les intérêts des exploitants pour les espèces qui y seront plantés. A cet effet, l e plan recommande la mise en application du principe de « cultures arboré e s » suivant lequel l’exploitation rationnelle des arbres est susceptible de dégager des intérêt éc onomiques et financiers pour les exploitants des terrains de cette classe sans causer des dommages pour l’environnement . Cette pratique est déjà bien installée à Capotille, il c onvient toutefois de fournir aux Capotillans la formation requise en gestion de peuplement arboré ou forestier pour renforcer leur capacité dans ce domaine. 13 11. Les terrains ayant des pentes moins fortes comprises entre 25 et 60 % seront consacrés à l’a groforesterie . Celle - ci étant une combinaison de plantation d’arbres , de cultures vivrières et ou d’élevage sur une même parcelle. Les terrains de cette classe s’étendent sur 1,654 et représentent 27 % de la superficie totale du sous bassin versant de Cap otille. Ces terrains sont localisés principalement à Karata, Mat e l yè , à kopoto , Orton, Maillet, Gou r de, Morne Fillette, Brunette, Nan Thin, Nan Piste, Maqui m ara, Casimir, Ravine Figue, etc. Dans le cadre de la mise en place des systèmes agroforestiers, une attention particulière sera accordée aux arbres ayant des racines profondes, des ports droits et de houpier peu touffu. Cette disposition vise à limiter au maximum la compétition entre les arbres et les cultures vivrières en sous étage pour la lumière solaire, l’eau, les éléments nutritifs du sol, etc. Des espèces comme le chêne sont particulièrement recommandées. En plus d’être un arbre agroforestier, il est très prisé pour la qualité de son bois. D’autres espèces ne répondant pas aussi parfaitement à ces normes agroforestières peuvent être plantées. Dans ce cas, il convient de jouer sur les distance s de plantation de telles espèces pour limiter les effets négatifs qu’elles pourraient produire sur les cultures en sous étage . 12. Pour les parcelles ayant des pentes comprises entre 10 et 25 % les cultures vivrières seront effectuées avec la mise en place de structures antiérosives. Ces dernières seront effectuées de préférence avec des bandes végétales et des haies vives constituées avec des espèces comme le vétiver, les ananas, l’herbe éléphant, canne à sucre, etc. Ces espèces, tout en protégeant les sols p ourront aussi être utilisées pour la production de fourrage. Leurs sous - produits serviront notamment pour les bétails qui seront placés dans les enclos. La mise en application de ce système contribuera au développement de l’élevage à Capotille. Elle perme ttra également de diversifier les sources de revenus pour les exploitants de ce tte commune, à diminuer les pressions économiques et financières sur les exploitants de Capotille . Elle augmentera du coup les chances de survie des arbres qui y seront plantés. Avec 2,269 ha et 37 % de la superficie totale, les terrains de cette classe représentent la plus grande partie de Capotille. Ces types de terrains sont localisés principalement à Polo, Vozange, Man Gaté, Nan Paul, Maqui m ara, Paris, Nan Taza, St - Simon, La Hatte, Lama, Bas Galois, Bougeotte, etc. 13. Pour ce qui est d es terrains ayant des pentes faibles c’est - à - dire inférieures à 10%, ils sont localisés notamment à Acajou, Grande Savanne, Carrefour Lama, Bedou, Ti Roche, Cana, Nan Coupin, Le tif , Nan Didi, Man Zo, Gory, B iz o no, etc. En termes d’importance, cette classe occupe la deuxième place à Capotille et représente seulement 25 % de ce sous bassin versant. Conformément aux recommandations du MARNDR, on devrait y intensifi er la production agri cole au maximum. Le plan recommande que des travaux de captage soient effectu és au niveau de la rivière de Capotille pour lever la contrainte de l’eau et permettre de rentabiliser au maximum les 1,532 ha de terrains de cette classe notamment par la production de cultures vivrières comme le riz, le haricot, la pistache, etc. sans risque d’érosion. Étant une zone relativement plat e avec 62% de sa superficie totale situés sur des pentes inférieures à 25% Capotille, contrairement à d’autres loca lités de cette région, se prête beaucoup plus facilement à la mise en place d’investissements structurants susceptibles d’augmenter la productivité agricole particulièrement dans ses zones peu pentues pour mieux protéger les autres zones aux pentes fortes. 14 Les mode s d’occupation ci - dessus proposés sont recommandé s par le MARNDR dans le « Manuel pratique de conservation des sols d’Haiti » Ils vise nt à tirer le maximum de cha que classe de pentes tout en limitant au maximum les risques de dégradation. Le tableau suivant présente la répartition des terrains de Capotille et les modes d’utilisation prônés par le Ministère de l’Agriculture. Propositions d’aménagement pour les différen tes classes de pentes de Capotille Classes de pente en % Types d’aménagement recommandés Superficie en ha % par rapport à la superficie totale Exemples de l ocalisation de Zones 0 - 10 Zones prioritaires pour l’agriculture intensive 1,532 25 Acajou, Grande Savanne, Carrefour Lama, Bedou, Ti Roche, Cana, Nan Coupin, Le tif , Nan Didi, Man Zo, Gory, B iz o no, etc. 10 - 25 Zones d’agriculture de montagne avec installation de structures antiérosives 2,269 37 Polo, Vozange, Man Gaté, Nan Paul, Maqui m ara , Nan Taza, St - Simon, La Hatte, kopoto, Paris, Lama, Bas Galois, Bougeotte, etc. 25 - 60 Zones agroforestières (de couverture arborée) ou de pâturage 1,654 27 Karata, Matel y è, Orton, Maillet, Goude, Morne Fillette, Brunette, Nan Thin, Nan Piste, Maqui m ara, Casimir, Ravine Figue, etc. > 60 Parcs naturels et forêts de protection 654 11 Galois, Portail Diable, Piton Mingo,Magazin, Gran Kay, Lorman, Citadelle, Gros Morne, Gros Taureau, Gabeau, etc. Total 6,109 100 100 L’annexe technique présente le schéma directeur illustrant les modes d’occupation des sols recommandées par le Ministère de l’Agriculture en fonction des di fférentes classes de pentes . 15 14. Outre les propositions précédentes, le plan recommande aussi la mise en œuvre d’un vigoureux programme de tr aitement de versants et de ravines . A utant que possible avec des structures biologiques seront priorisées. Elles sont généralement moins couteuses . Toutefois, en fonction de la gravité de la situation, il fa udra faire appel à des travaux en maçonnerie ou en gabions pour traiter n otamment les grosses ravines, stabiliser les berges des rivières, protéger les routes, les ponts, les infrastructures d’irrigation, etc. 15. De même de travaux de réfection de la route de Capotille devront être effectué s pour permettre en tout temps c’est - à - dire en saison sèche aussi bien qu’ en saison pluvieuse la circulation dans de bonnes conditions des personnes et des biens d ans c e sous bassin versant. 16. En plus des propositions précédentes, une autre contrainte majeure observée à Capotille concerne la ressource hydrique . Elle est liée fondamentalement au manque d’infrastructures d’eau potable dans ce tte commune . Pour lever cette contrainte, le plan recommande une gestion plus efficiente de l’eau pour augmenter sa disponibilité pour la consommation humaine et animale notamment par le captage des sources ainsi que l’ irrigation des terres plates de Capotille par l’endiguement de la rivière pour augment er la productivité et la production agricole de ce tte commune . A cet effet, le plan recommande également que des activités de reboisement soient effectuées spécifiquement dans les périmètres i mmédiats des sources pour recharger la nappe phréatique. 17. Outre l’augmentation de la quantité d’eau, le plan recommande aussi que des analyses systématiques soient effectuées pour s’assurer de la qualité de l’e au tant au niveau des sources qu’au niveau des rivières. Cette disposition vise à préserver la santé des Capotillans et à prévenir des infections et des maladies graves comme le Choléra notamment. 18. Parallèlement aux actions précédentes, le plan d e gestion des terres et des eaux de Capotille recommande aussi la mise en place d’un programme d ’éducation environnementale pour l’ensemble des populations de cette commune . Ce programme se base sur celui actuellement mis en place de concert par le Ministè re de l’Environnement et le Ministère de l’Éducation Nation ale . Ce programme vise non seulement les écoles mais l’ensemble de la population haïtienne dont celle de Capotille. 19. Pour atteindre ces différents résultats le plan recommande un accompagnement technique et financier pour les agriculteurs et les agricultrices de Capotille. 5. Stratégie de mise en œuvre des activités prévues dans ce plan La mise en œuvre des activités prévues dans le plan d e gestion des terres et des eaux de Capoti lle sera assurée soit à partir d’appels d’offres qui seront lancés à des opérateurs de services , soit par des associations locales ou par le comité de gestion du bassin versant de Capotille en fonction de la complexité des travaux à réaliser . D es activités peu complexes comme la production de plantules , de compost par exemple pourraient être confiées à des associations locales ou directement par le comité de gestion du sous bassin versant de Capotille . En revanche, des travaux hautement spécialisés comme la réfection de tronçons de routes, de ponts, l e traitement de grosses ravines, la stabilisation de berges de rivières, etc. devraient être confiés à des firmes spécialisé e s. L e comité de ges tion du sous bassin versant de Capotille assisté de spécialistes en passation de marchés, de cadres techniques de haut niveau , d’ingénieurs - conseils , etc. assurera le suivi de la mise en œuvre des activités au niveau d e la commune de Capotille. A 16 cet effet, u n plan de renforcement du comité de gestion du sous bassin versant de Capotille en termes de personnel, en capacités techniques et administratives du comité de gestion de Capotille devra être mis en application lors de la mise en œuvre d u plan d e g estion des terres et des eaux de Capotille . Pour ce qui est du financement des activités, c e plan étant un outil pour la gestion des eaux et des terres de Capotille, le financement des activités qui y sont prévues d evraient figurer dans les budgets annuels successifs de l’État haïtien. En outre, les représentants légaux de Capotille (Maires, ASEC, CASEC, etc.) de vraient faire la promotion de ce plan notamment auprès des autorités étatiques régionales, départementales, nationales d ’Haiti et également auprès des bailleurs de fonds nationaux et internationaux. Elles devraient s’en servir pour orienter les projets de développement qui interviennent et/ou qui interviendront dans la commune de Capotille. Par ailleurs, ce plan de gestion des t erres et des eaux de Capotille devrait faire l’objet d’une évaluation périodique ainsi qu’une actualisation en fonction de la réalisation des activités qui y ont prévues. 17 ANNEXES 18 6. ANNEXE I. - P ROGRAMME D E GESTION DES TERRES ET DES EAUX DE LA COMMUNE DE CAPOTILLE 19 7. Approche m éthodologique pour l’ élaboration du plan de gestion de terres et des eaux de la commune de Capotille En plus des problèmes purement techniques, l’une des principales causes des échecs dans la mise en œuvre des projets d’aménagement de bassins versants et de gestion des terres et des eaux en Haiti est le manque de participation des communautés locales dans l’élaboration de ces projets. Pour éviter la répétition de ces échecs, dans le cadre du « URP : USAID REFORESTATION PROJECT. » l ’élaboration de ces plans se f ait selon la méthodologie participative, initiée par l’Innovative Ressources Management (IRM) et connue sous le vocable abrégé anglais, COAIT (Community Option Analysis Investment Toolkit). Cette dernière assure l’engagement et l’appropriation communautaire comme élément déterminant de la durabilité des impacts du projet. L’objectif de cette approche est de porter les communautés à prendre le siège du conducteur pour la réalisation des objectifs de résilience qu'elles auront fixés avec l'aide du projet et leurs autres partenaires. Conformément à cette méthode, l a première phase dans l’élaboration d’un plan d’aménagement de bassin versant ou de gestion des terres et des eaux d’une région est le diagnostic qui permet d’avoir une image complète de la zone de l’étude. Selon le COAIT, cette phase doit combiner les conn aissances locales avec l'expertise technique et scientifique de la cartographie conventionnelle, ce qui permet d’articuler et d’avoir une compréhension dans l'espace et le temps des pratiques socio - économiques et des comportements des parties prenantes en ce qui concerne l'utilisation des ressources naturelles. Cette approche favorise le développement d’un réseau de collectivités habilitées à bâtir sur les fondations qu’elles se seront fixées pour continuer à mettre en œuvre leurs plans de gestion des terre s et des eaux et des sous - bassins versants sur le long - terme, assurant ainsi la durabilité des actions et activités entreprises. C’est dans ce contexte qu’un premier atelier de travail communautaire a été réalisé à Capotille le mercredi 1 0 et le jeudi 11 a vril 201 9 . Les objectifs poursuivis à travers cet atelier sont : • Inventorier les ressources naturelles d e la commune de Capotille ; • Identifier les causes de vulnérabilité des ressources naturelles (les pratiques socio - économiques et les comportements des parties prenantes en ce qui concerne l'utilisation des ressources naturelles, les problèmes de gouvernance, les aléas climatiques) ; • Impliquer la communauté dans l’identification et la priorisation des options de gestion de leurs ressources naturelles ; • Obtenir un calendrier saisonnier d e la commune de Capotille ; • Permettre à la communauté de bien appréhender la notion de « plan d’aménagement de bassin versant et/ou plan de gestion des terres et des eaux » ainsi que le processus relatif à son élaboration afin qu’elle soit en mesure d’y participer et de valider le pl an révisé. L ’analyse des donné es de l’atelier communautaire de Capotille ainsi que des références bibliographiques permettent de présenter la situation de Capotill e ainsi que les propositions pour l a gestion des terres et des eaux de cette commune . 20 8. Caractéristiques bio physiques d e la commune de Capotille Deve nue commune en 1978 Capotille était rattachée à l’arrondissement de Ouanaminthe. Capotille tient son nom de celui d’un officier Espagnol appelé « Capotillo » qui chassait des animaux sauvages a près la découverte du pays en 1492. Capotille est séparée de sa ville voisine dominicaine Capotillo par la rivière de Capotille . L’une des bornes de sépara tion de ces deux localités est placée du coté haïtien depuis 1929. Ce qui laisse supposer que la rivière Capotille appartiendrait prioritairement aux Dominicains. Capotille est l’une des treize communes du département du Nord - Est. Elle se situe à 32 km de Fort - Liberté chef - lieu du d épartement du Nord - Est et à 15 km de Ouanaminthe chef - lieu de cet arrondissement. Capotille comprend deux sections communales : Welsh la première section et Lamine la deuxième. Capotille est limitée au Nord par la ville de Ouanaminthe, au Sud par la Commun e de Mont - Organisé, à l’Est par la République Dominicaine et à l’Ouest par Gens de Nantes 5 - ème section communale de Ouanaminthe. Selon le s données publiées en 2015 par l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI), la population de la commun e de Capotille est estimée à 1 9 , 382 habitants dont 1,302 dans le centre - ville et 18,080 dans les deux sections communales. La population masculine totaliserait 9,929 personnes tandis que les femmes représenteraient 9,453 personnes et les jeunes de 18 ans et plus représenteraient 9,664 personnes . Selo n les calculs effectués à partir d’instruments géospatiaux de très grandes résolutions la superficie du sous bassin versant de Capotille est de 61,09 km 2 . B orne séparant Capotille de Capotillo 21 Le diagnostic participatif , les focus group e s, les rencontre s avec des personnes ressources, les documents disponibles, ainsi que l’atelier des 1 0 et 1 1 avril dernier permettent de présenter les caractéristiques biophysiques suivantes de ce sous bassin versant : • P luviométrie et température Selon les documents disponibles, c ette commune se caractérise par une pluviométrie moyenne annuelle qui oscille autour de 1,000 à 1,300 mm inégalement répartis . Les mois les plus humide s vont d’Aout à Décembre. Normalement cette commune comprend deux périodes de séc heresse. L’une allant de Janvier au mois d’Avril et l’autre de Juillet à Aout. La température est d’environ 29 0 C en juillet, elle monte à environ 31 0 C en Aout. Toutefois, avec le changement climatique, ce calendrier varie considérablement. Dans l’ensemb le, Capotille est plutôt considéré comme une zone qui jouit d’un climat tropical agréable oscillant autour de 26 et 2 8 0 C. Avec à sa bonne pluviométrie, Capotille réunit les conditions climatiques favorables au développement d’une grande variété de cultures vivrières, d’ arboriculture fruitière, de cultures d’exportation , etc. ➢ Types de sols Les sols retrouvés à Capotille sont de plusieurs types : • Aux piémonts on rencontre des sols colluvionnaires pierreux de profond allant de 60 à 80 cm. Le ur capa cité de rétention d’eau n’est pas très élevée • Dans les zones de montagne, on trouve des sols d ioritiques provenant principalement de la décomposition de la diorite quartzifère et d u basalte du crétacé. • Les diorites donnent sur les versants des sols de couleur claire, à texture sablonneuse à ph très acide alors que les sols formés sur le basalte ont une texture moins argileuse que ceux formés sur diorite. Ils sont plus acides et plus riches en bases échangeables. ➢ Zones agroécologiques Les caractéristiques agroécologiques de Capotille limitent la mise en place d’une trop grande variété de systèmes de cultures. On retrouve d eux grandes strates qui dominent la couverture végétale de la zone de Capotille : • Une strate arborée constituée principalement d’essences natives telles que le Campêche, le manguier, le cocotier, les agrumes, la noix d’acajou, le chêne et quelques essences exotiques comme le neem, le cas sia, etc. • Dans la strate arbustive, on trouve des goyaviers, des caïmite et des caféiers éparts D’une manière générale l’arboriculture fruitière joue un rôle non négligeable dans les exploitations agricoles de Capotille. La production fruitière est dominée par la mangue et l’anacardier qui y occupe une présence importante. Comme à Bahon, d ans le sous bassin versant de Capotille , les anacardiers se retrouvent principalement sur des sols à substrat basaltique. On les retrouve en bouquets dans les zones des « lakou » ou éparses associés à d’autres fruitiers . Les agriculteurs de Capotille mettent l’accent sur la plantation d’anacardiers non seulement en r aison de l’ombre qu’il leur procure dans leurs « lakou » mais surtout des revenus qu’ils tir ent de cette espèce . 22 Superbes anacardiers dans un « lakou » à Capotille Comme c’est souvent le cas en Haiti, ce s strates arborées se retrouvent principalement dans les vallées alors que les sommets de s montagnes sont de plus en plus découverts. S uivant les déclarations effectuées lors des focus groupes et au cours de l’atelier communautaire des 10 et 11 avril , ce système arboré est en régression en raison d’une production de plus en plus importante de charbon de bois. Cependant, contrairement à d’autres communes de la région, l a commercialisation de parcelles arborées f ait partie de la cultu re actuelle des Capotillans. C es parcelles arborées sont vendues à des charbonniers pour la production et la commercialisation du charbon. Commercialisation du charbon de bois 23 Malheureusement, dans beaucoup de cas, la vitesse d’abattage dépasse très largement celle de la croissance naturelle des arbres . Il en résulte une d imin ution de plus en plus importante des arbres particulièrement aux sommets des montagnes qui sont de plus en plus dénudés avec des affleurements rocheux de plus en plus fréquents comme le montre cette vue ci - dessous . Vallée s relativement b oisé es - Sommet s de plus en plus dénudé s à Capotille Pour remédier à cette déviance, il convient de transmettre aux Capotillans les formations techniques appropriées notamment en gestion de peuplements forestiers et / ou arborés pour qu’ils puissent mieux les gérer sans les détruir