Communal Development Plan of Môle St Nicolas 2010-2015
Summary — This Communal development plan for Môle St Nicolas presents a comprehensive participatory planning process covering the period 2010-2015. The plan includes territorial diagnosis, strategic orientations, and development programs across multiple sectors including tourism, agriculture, fisheries, and infrastructure.
Key Findings
- The commune has significant untapped tourism potential due to its historical significance and coastal location.
- Agricultural sector shows opportunities particularly in castor bean (ricin) production and traditional crops.
- Fisheries sector has development potential but faces infrastructure and equipment challenges.
- Environmental challenges include soil erosion and need for sustainable resource management.
- Basic infrastructure and services require strengthening, particularly in water access, energy, and transportation.
Full Description
The Communal Development Plan of Môle St Nicolas for 2010-2015 represents a comprehensive participatory planning initiative developed by local authorities, elected officials, civil society representatives, and community members through the Communal Development Council (CDC). The document follows a structured methodology including the formation of the development council, territorial and sectoral diagnosis, strategy elaboration with priority hierarchization, and validation processes.
The diagnostic phase covers multiple dimensions including territorial organization, demographics, administrative structure, physical environment, social services, and economic context. Key sectors analyzed include education, health, employment, agriculture, livestock, fisheries, mining, tourism, and infrastructure. The plan identifies the commune's potential in tourism, given its historical significance and coastal location, as well as opportunities in agriculture, particularly castor bean production, and marine resources.
The strategic planning section outlines the community's vision, development objectives, and sector-specific orientations. Priority areas include tourism development leveraging the area's historical heritage, improvement of agricultural productivity, enhancement of fisheries sector, and strengthening of basic infrastructure and services. The plan emphasizes sustainable development approaches while addressing environmental challenges such as soil erosion.
Implementation mechanisms are detailed, including actor roles and responsibilities, financing strategies, resource mobilization, and monitoring and evaluation systems. The plan reflects the decentralization principles established in Haiti's 1987 Constitution, promoting participatory democracy and local autonomy in development planning and decision-making processes.
Full Document Text
Extracted text from the original document for search indexing.
République d’Haïti Département du Nord‐Ouest Commune du Môle St Nicolas Plan Communal de Développement de la commune du Môle St Nicolas 2010‐2015 Décembre 2009 SIGLES 4 INDEX DES CARTES 6 INDEX DES TABLEAUX 6 AVANT PROPOS 7 INTRODUCTION 7 BREF HISTORIQUE DE LA COMMUNE 8 1 METHODOLOGIE 10 1.1 FORMATION DU CONSEIL DE DÉVELOPPEMENT COMMUNAL 10 1.2 DIAGNOSTIC TERRITORIAL ET SECTORIEL 10 1.3 ÉLABORATION DES STRATÉGIES (HIÉRARCHISATION DES PRIORITÉS, VISION, OBJECTIFS, PLANIFICATION) 12 1.4 VALIDATION 13 1.5 LIMITES DE LA MÉTHODE 13 2 DIAGNOSTIC 14 2.1 ORGANISATION ET STRUCTURATION DU TERRITOIRE 14 2.1.1 LOCALISATION DE LA COMMUNE DU MÔLE ST NICOLAS 14 2.1.2 DÉMOGRAPHIE /RÉPARTITION DE LA POPULATION PAR SEXE ET PAR ÂGE 14 2.1.3 RÉPARTITION SPATIALE DE LA POPULATION 16 2.1.4 ORGANISATION ADMINISTRATIVE 17 2.1.5 SITUATION FONCIÈRE DES DOMAINES DE L’ETAT 18 2.2 FONCTIONNEMENT DES COLLECTIVITÉS ET SERVICES DÉCONCENTRÉS DU MÔLE 19 2.2.1 ORGANIGRAMME DE LA MAIRIE 19 2.2.2 LES SERVICES DÉCONCENTRÉS DE L’ÉTAT 23 2.3 LE MILIEU PHYSIQUE ET L’ENVIRONNEMENT 25 2.3.1 OCCUPATION DU SOL 25 2.3.2 ÉROSION 27 2.3.3 CLIMAT ET PLUVIOMÉTRIE 27 2.3.4 HYDROGRAPHIE ET HYDROLOGIE 27 2.3.5 CARACTÉRISTIQUES AGRO MORPHOLOGIQUES 29 2.3.6 ENVIRONNEMENT 29 2.4 MILIEU SOCIAL ET SERVICES SOCIAUX 30 2 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas 2.4.1 L’ÉDUCATION 30 2.4.2 LA SANTÉ 32 2.4.3 LES MOUVEMENTS MIGRATOIRES 33 2.4.4 EMPLOI 34 2.4.5 SPORT, LOISIRS, RELIGIONS ET CULTURE 35 2.4.6 DYNAMIQUE ASSOCIATIVE 37 2.4.7 LES SOURCES D’ÉNERGIES UTILISÉES ET POTENTIALITÉS 39 2.4.8 ADDUCTION ET ACCÈS À L’EAU POTABLE 40 2.4.9 COMMUNICATION 41 2.5 LE CONTEXTE ÉCONOMIQUE DE LA COMMUNE DU MÔLE ST NICOLAS 44 2.5.1 LA PRODUCTION VÉGÉTALE 44 2.5.2 L’ÉLEVAGE 48 2.5.3 LA PÊCHE 49 2.5.4 LA PRODUCTION DE CHARBON 50 2.5.5 LE COMMERCE 51 2.5.6 EXPLOITATION DE MINES ET CARRIÈRES 52 2.5.7 TOURISME, HÔTELLERIE ET RESTAURATION 52 3 PARTIE III : PLANIFICATION 54 3.1 CHOIX DES PRIORITÉS, VISION ET OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT 54 3.2 LOGIQUES DE DÉVELOPPEMENT 58 3.3 ORIENTATIONS STRATÉGIQUES PAR SECTEUR 61 3.4 PROGRAMMES ET PROJETS 66 3.5 MESURES POLITIQUES 70 4 PARTIE IV : MISE EN ŒUVRE DU PCD 72 4.1 ACTEURS IMPLIQUÉS, LEUR PLACE ET RESPONSABILITÉS DANS LA MISE EN ŒUVRE 72 4.2 LE FINANCEMENT DU PCD 74 4.3 LA MOBILISATION ET GESTION DE RESSOURCES 75 4.4 LE DISPOSITIF DE SUIVI DU PCD 75 4.5 L’ÉVALUATION DU PCD 75 5 PARTIE V : ANNEXE 76 5.1 FONCTIONNEMENT DU CDC 76 5.2 BIBLIOGRAPHIE 76 3 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas Sigles AAA : Agro Action Allemande ADEMA : Ansanm pou yon Demen Miyo an Ayiti AJH : Association des Journalistes Haïtiens ANE : Acteur Non Étatique ASEC : Assemblée de la Section Communale BAC : Bureau Agricole Communal BID : Banque Interaméricaine de Développement BME : Bureau des Mines et de l’Énergie CAD : Centre d’Action pour le Développement CASEC : Conseil d’Administration de la Section Communale CAPOMAR : Caisse Populaire de Mare‐Rouge CCH : Child Care Haïti CDC : Conseil de Développement Communal CEP : Certificat d’Études Primaires CFPB : Contribution Foncière des Propriétés Bâties (CFPB) CNIGS : Centre National d’Information Géo Spatiale CONATEL : Conseil National de Télécommunication CT : Collectivités Territoriales DCP : Dispositif de Concentration de Poissons DGI : Direction Générale des Impôts EDH : Électricité d’État d’Haïti EFACAP : École Fondamentale d’Application et de Centre d’Appui Pédagogique FAES : Fonds d’Assistance Économique et Sociale FIFA : Fédération Internationale de Foot Ball Amateur FONKOZE : Fondasyon Kole Zepòl GRAF : Groupe de Recherches et d’Actions pour Développement du Far West ID : Initiative de Développement IFOS : Institut de Formation du Sud IHSI : Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique ISPAN : Institut pour la Sauvegarde du Patrimoine National KOKADAMA : Koperativ Agrikol Kotfè Dam Mari KORAL : Konbit pou Remanbre Aksyon Lakay MAE : Ministère des Affaires Etrangères MJSAC : Ministère de la Jeunesse des Sports et de l’Action Civique MONEM : Mouvman Nèg Mawouj MOPC : Mouvement des Paysans Côtes‐de‐Fer MPCE : Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE). MSPP : Ministère de la Santé Publique et de la Population NTIC : Nouvelles Technologies d’Information et de Communication ONG : Organisations Non Gouvernementales 4 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas OPKOF : Oganizasyon Peyizan Kotfè OPS : Organisation Prestataire de Services PACOB : Programme d’Appui et de Crédit aux Organisations du Bas Nord Ouest PADL : Programme d’Appui au Développement Local PAM : Programme Alimentaire Mondiale PCD : Plan Communal de Développement PNCS : Programme National de Cantine scolaire RCC : Radio Communautaire de Côtes‐de‐Fer REFRAKA : Rezo Fanm Radyo Kominotè SAKS : Sosyete Animasyon ak Kominikasyon Sosyal SEJSSC : Secrétairerie d’État à La Jeunesse aux Sports et à l’Action Civique SEMANAH : Service Maritime et de Navigation d’Haïti SNEP : Service National d’Eau Potable TDR : Termes de Références TK : Tèt Kole UCS : Unité Communale de Santé UE : Union Européenne UNICEF : Fonds des Nations Unies pour l’Éducation et l’Enfance UNOPS : United Nations Operating Project Service 5 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas Index des cartes Figure 1 : Iconographie de la ville du Môle durant la période coloniale ...................................................................... 9 Figure 2 : Pyramide des âges ......................................................................................................................................... 15 Figure 3 : Organigramme de la Mairie (2008) .............................................................................................................. 19 Figure 4 : Occupation des sols (niveau 1) – taux par type d’occupation .................................................................... 26 Figure 5 : Risques d’érosion par section communale (en ha et %) ............................................................................. 27 Figure 6 : Approvisionnement en eau potable (source CNIGS)................................................................................... 41 Figure 7 : Vision de la commune ................................................................................................................................... 57 Figure 8 : Schéma succinct de l’organisation économique du territoire du Môle selon la vision du PCD ............... 57 Figure 9 : Arbre à problèmes Tourisme......................................................................................................................... 59 Figure 10 : Arbre à problèmes Pêche............................................................................................................................ 59 Figure 11 : Arbre à problèmes Élevage ......................................................................................................................... 60 Figure 12 : Arbre à problèmes Transport maritime ..................................................................................................... 60 Figure 13 : Arbre à problèmes Ricin .............................................................................................................................. 61 Figure 14 : Place des acteurs dans l’exécution du Plan de Développement .............................................................. 72 Figure 15 : Place des acteurs dans le financement du développement ..................................................................... 74 Index des tableaux Tableau 1 : Caractéristiques de la population môloise (données Inventaire IHSI 2005)........................................... 15 Tableau 2 : Répartition des habitants par section communale................................................................................... 17 Tableau 3: Répartition des habitations de la Commune par Section Communale.................................................... 18 Tableau 4: Perception des employés de l’administration communale ...................................................................... 22 Tableau 5 : Perception des employés des services déconcentrés .............................................................................. 24 Tableau 6: Occupation des sols niveau 3 de la commune........................................................................................... 25 Tableau 7: Principales Sources du Môle St Nicolas...................................................................................................... 28 Tableau 8 : Perception du secteur Environnement par les habitants......................................................................... 30 Tableau 9: Perception du secteur éducatif par les habitants...................................................................................... 32 Tableau 10: Perception du secteur Santé par les habitants........................................................................................ 33 Tableau 11 : Professions et revenus.............................................................................................................................. 35 Tableau 12: Perception du secteur sportif par les habitants ...................................................................................... 36 Tableau 13: Perception de l’organisation de la société par les habitants.................................................................. 38 Tableau 14: Perception du secteur énergétique par les habitants............................................................................. 40 Tableau 15: Perception du secteur eau potable par les habitants ............................................................................. 41 Tableau 16: Quelques distances intercommunales ..................................................................................................... 42 Tableau 17: Perception du secteur des médias/communication par les habitants .................................................. 44 Tableau 18 : Systèmes d’irrigation de la commune ..................................................................................................... 45 Tableau 19 : Estimation des productions agricoles annuelles.................................................................................... 46 Tableau 20 : Perception de la filière ricin par les habitants ........................................................................................ 47 Tableau 21: Perception du secteur agricole par les habitants.................................................................................... 48 Tableau 22: Cheptel de la commune et valeur monétaire .......................................................................................... 49 Tableau 23: Perception du secteur de l’élevage par les habitants ............................................................................. 49 Tableau 24: Perception du secteur de la pêche par les habitants.............................................................................. 50 Tableau 25: Perception du secteur Tourisme par les habitants.................................................................................. 53 Tableau 26: Priorisation des Forces, faiblesses et opportunités par section ............................................................. 55 Tableau 27: Forces, Faiblesses et Menaces majeures (atelier CDC, classées par ordre de priorité)........................ 56 6 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas Avant Propos Nous, Magistrats du Môle St Nicolas, Élus des Sections Communales et de la ville, Employés de l’Administration Communale et des Services Déconcentrés, Représentants de la Société Civile dans le Conseil de Développement Communal, garantissons que le Plan Communal de Développement ci-dessous présenté est issu d’une dynamique participative communale et représente nos aspirations pour l’avenir de notre commune gorgée de potentiels inexploités. Nous nous engageons à mettre tous nos moyens en œuvre et toute notre vigilance pour le mettre en œuvre et le respecter pour le bien de la population. C’est pourquoi nous faisons appel à vous, lecteurs, partenaires, amis du Môle, frères d’ici et d’ailleurs, en ne doutant pas vous convaincre du bien fondé de notre démarche et en vous invitant à apporter votre pierre à l’édifice, que ce soit à travers vos conseils, votre appui ou vos investissements. C’est ainsi que nous comptons bien que notre devise soit sur toutes les lèvres, quand, demain, vous parlerez de notre commune : « Môle St Nicolas le Paradis du Nord Ouest ! » Introduction Haïti, la première république noire, a proclamé son indépendance en 1804. Depuis et jusqu’e 1987, le centre de décisions s’est organisé autour de la capitale Port‐Au‐Prince et les autorités locales agissent sous la dictée du niveau central, sans marge de négociation, voire d’autonomie. Il faut attendre le reversement du régime des Duvalier en 1987 pour l’adoption d’une nouvelle constitution sous l’impulsion des forces de la mobilisation populaire et de la société civile. Cette constitution a été novatrice, au niveau mondial, en termes de création d’espace de participation citoyenne dans les affaires du pays, d’où est né le concept de démocratie participative. En effet, dès son préambule, la Constitution est proclamée « pour instaurer un régime gouvernemental basé sur les libertés fondamentales et le respect des droits humains, la paix sociale, l’équité économique, la concertation et la participation de toute la population aux grandes décisions engageant la vie nationale, par une décentralisation effective ». La décentralisation est donc un moyen – et non une finalité, à mettre en œuvre pour le Peuple Haïtien. La première loi relative au fonctionnement des collectivités territoriales fut votée en 1996 (sur les sections communales). Celle‐ci a été renforcée par les cinq décrets sur la décentralisation votés en 2006 par le gouvernement de transition. Ceux‐ci ouvrent les champs de compétences des collectivités territoriales en leur transférant des responsabilités et une autonomie en termes de conception et de gestion du développement dans de nombreux domaines. Elle clarifie également les limites entre les différentes institutions publiques, et formalise la participation citoyenne aux décisions locales. Ce sont ces décrets qui, les premiers, offrent à chaque commune de la nation de se doter d’un Plan de Développement élaboré de façon participative. Bien que ces décrets soient en cours de révision, l’esprit général qu’ils insufflent, favorable à une délégation des pouvoirs, est déjà acquis, et apparaît également dans l’avant‐projet de loi sur l’aménagement en cours de préparation au 7 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas Ministère de la Planification. L’administration communale a donc décidé d’entrer dans cette démarche de planification participative selon la loi en vigueur, voulant à travers celui‐ci laisser à la commune une trace durable et une voie à suivre, au lieu de concentrer ses moyens tête baissée sur la réalisation de projets à court terme. Après avoir pris conscience de l’importance stratégique du Plan de Développement et décidé d’élaborer le sien, la Mairie du Môle St Nicolas a fait le choix de demander à ADEMA (Ansanm pou Yon DEmen Miyo an Ayiti)1 l’expertise technique pour la réalisation de son Plan Communal de Développement. Ensemble, et sur concertation des autres élus de la commune, La Mairie et ADEMA ont élaboré un projet présenté à l’Union Européenne qui comprend l’élaboration du PCD, sa diffusion, et un premier cofinancement sur des projets prioritaires du PCD. Bref historique de la commune La géographie du Môle St Nicolas facilite une dynamique de développement local compte tenu des nombreux échanges entre sections et de leur proximité ; il faut cependant considérer deux systèmes indépendants centrés sur Mare Rouge et sur le Môle dont les logiques sont différentes. La commune est très connue pour son histoire et pour son tissu associatif solide. Si on possède de peu de données sur l’histoire des sections et de Mare Rouge, la ville du Môle St Nicolas au contraire est citée dans de nombreux ouvrages, étant le premier point de débarquement de Christophe Colomb en provenance de l’Espagne en 1492. L’histoire de la ville est marquée par trois grandes périodes : i. La période indienne initiée par l’arrivée des Ciboneys entre 5000 et 3000 ans av. JC, puis celle des Arawaks entre l’an 0 et 300 de notre ère et enfin celle des Caraïbes entre l’an 300 et 800. Les deux premiers peuples étaient pacifiques, et s’étaient réfugiés en Haïti, chassés d’Amérique Latine par d’autres peuples guerriers étendant leur territoire, tandis que les Caraïbes étaient eux‐mêmes un peuple guerrier. L’île était toujours occupée par des Arawaks et des Tainos lorsque Christophe Colomb y débarqua en 1492. La commune du Môle St Nicolas était placée sous le règne du cacique Guacanagary, sur le territoire de Marien qui s’étendait sur tout le Nord du pays. Comme l’histoire l’a tristement fait savoir, il n’a pas fallu 20 ans aux Espagnols pour exterminer ces populations raffinées qui nous ont laissés de nombreux mots, mets et jeux témoignant de leur mode de vie. Les grottes de la 1ère section du Môle offrent un aperçu de leurs peintures rupestres. ii. La période coloniale qui a commencé avec le débarquement de Christophe Colomb le 6 décembre 1492 où il nomma le port Môle St Nicolas, du nom du saint du calendrier ce jour‐là. Cette période a été tumultueuse pour la commune, avec les attaques et la chasse des flibustiers anglais de l’île de La Tortue par un certain Levasseur sur ordre du Roi de France en 1641. Après avoir repris l’île de La Tortue en 1659, les Français s’imposèrent et s’installèrent dans la partie Ouest de L’île que l’Espagne dut céder, et renforcèrent leurs établissements au Môle. À noter que le Môle a été surtout utilisé comme port de relâche de navires. Il a été surnommé le Gibraltar du nouveau monde par Raynal, pour sa position stratégique dans les Caraïbes et la qualité de son mouillage. Les Français y construisirent des forts importants et coûteux pour empêcher que 1 ADEMA est une ONG nationale appuyée dans sa structuration par Initiative Développement (ID). Elle appuie les communes de Jean Rabel et Bombardopolis depuis 2005 dans la planification territoriale, l’éducation citoyenne, et les moyens et méthodes de mise en œuvre des stratégies communales 8 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas les Anglais ne s’approchent de la ville, ce qui ne les empêcha pas finalement de céder la ville à ces derniers qui y poursuivirent la construction de forts (27 dénombrés aujourd’hui autour de la ville). Figure 1 : Iconographie de la ville du Môle durant la période coloniale iii. La période haïtienne fut relativement tranquille au Môle. L’armée du Roi Christophe a choisi le Môle comme siège. Des batteries furent érigées à hauteur de Morne Cabri pour contrôler/défendre la ville du Môle. Étant un atout de par sa position stratégique, le Môle a été toujours l’objet de convoitises. C’est en 1888 que le président Salomon a offert de céder le Môle aux Américains en échange de leur appui à la cause d’Haïti face aux grandes puissances comme la France et la Grande Bretagne. En 1891 cependant, le gouvernement de Florvil Hyppolite refuse de concéder le Môle aux Américains pour y construire une base militaire. L’état américain s’intéressera de nouveau au Môle sous l’occupation du début du XXième siècle, projet jusqu’à présent non concrétisé. Par ailleurs, durant tout le XXième siècle, le Môle joue un rôle prépondérant dans le département du Nord Ouest : étant la première ville à disposer d’un télégraphe et des communications directes avec l’Europe, c’est depuis le Môle que partent les informations vers tout le département, et notamment vers Port de Paix. Petit à petit, avec le développement du transport terrestre et la prise d’importance de la capitale, la ville a perdu de son éclat, le port n’a plus été utilisé, les douanes sont tombées en ruine, et la ville est aujourd’hui une enclave, petite bourgade à faible expansion démographique. L’avantage qu’elle y trouve est une population sereine (les services y sont suffisants par rapport au nombre d’habitants, contrairement à de nombreuses autres villes), et de nombreux atouts historiques et naturels endormis mais toujours présents. 9 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas 1 METHODOLOGIE 1.1 Formation du Conseil de Développement Communal Après signature de l’accord de partenariat entre le PADL et la Mairie du Môle St Nicolas, les élus et techniciens se sont réunis pour clarifier les objectifs des collectivités du Môle à travers l’élaboration de leur PCD, puis définie une démarche pour y parvenir. La méthode se base sur les orientations données par le Ministère de la Planification et l’expérience d’ADEMA lors de l’élaboration des PCD de Jean Rabel et Bombardopolis, tout en tenant compte du contexte particulier du Môle : Existence des Plans de Développement des Sections rédigés par le FAES, du diagnostic établi par le CNIGS, particularités sociales, économiques et politiques telles que la présence de deux agglomérations (Mare Rouge et Môle). Le processus a été mené entièrement par le Conseil de Développement Communal. Pour monter celui‐ci, la Mairie a réuni une série d’acteurs issus des diverses entités géographiques et secteurs d’activité de la commune. Après 3 ateliers de réflexion sur les objectifs et intérêts du PCD, les enjeux et contraintes de la participation à une telle entreprise, le rôle d’un CDC, et des rencontres individuelles avec la plupart d’entre eux, elle a inscrit les volontaires dans le CDC. Ces derniers ont suivi une formation de 3 jours animée par le GAFE2 autour du jeu NENCO3, et de comment les acteurs d’un territoire peuvent définir des stratégies de développement, à condition que les intérêts de chacun soient identifiés : là où nos intérêts sont communs, avançons ensemble ! Le Conseil de Développement a ensuite réalisé plusieurs séances de travail pour définir son règlement intérieur, ses objectifs, ses rôles, son fonctionnement, document signé par chacun de ses membres (cf. Annexe). Il comprend : - des représentants de chaque collectivité - des représentants de chaque service déconcentré - des représentants de différents secteurs (agriculture, commerce, éducation, pêche, sport et culture, milieu associatif, médias) de différentes tendances religieuses, des différentes localités. - On a également cherché un équilibre entre les représentations urbain/rural, homme/femme/jeune. Finalement, le CDC s’est réuni pour vérifier l’équilibre et le dynamisme de la structure ainsi montée, et a décidé de rajouter deux autres leaders de la commune pour leur connaissance historique et leur sagesse dans la résolution de conflits. Ajoutons également que chacun des secteurs représentés a fourni au CDC une lettre signée par l’ensemble de ses membres confirmant le choix de ses représentants titulaires et remplaçants. 1.2 Diagnostic territorial et sectoriel Le diagnostic a été établi à partir de deux démarches parallèles : i) la revue de littérature, notamment à partir des « outils d’informations » élaborés par le CNIGS en 2008, comprenant un SIG4 détaillé et de nombreuses données sur les potentialités de la commune, et des diagnostics élaborés pour chaque section par le FAES en 2007. Celle‐ci a été complétée par des interviews de terrain auprès des anciens, des ONG et des services étatiques . 2 Groupe d’Action Francophone pour l’Environnement 3 Négociation, Enjeux, Communication 4 Système d’information Géographique 10 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas ii) les ateliers de diagnostic participatif qui se basent sur le ressenti de la population vis‐à‐vis de la situation de la commune, qui se sont faits à partir de l’outil FFOM5 Chaque nouvel atelier a bien sûr commencé par une présentation par la Mairie de sa démarche, et une réflexion autour du développement local et de la dynamique communale, avant d’entrer dans la phase de diagnostic proprement dite. Étant donné les nombreux ateliers participatifs de diagnostic déjà réalisés par le FAES, ADEMA a choisi de modifier sa technique habituelle qui consiste à effectuer des ateliers au niveau de chaque habitation puis des sections (et ville) et de la commune. La totalité des ateliers ont été menés au niveau de la ville (qui n’avait pas été touché par les ateliers FAES) : - 1 atelier FFOM par groupe (1 groupe jeunes, 1 groupe femmes, 2 groupes hommes), sur chaque domaine - 1 atelier de mise en commune des résultats des groupes - 1 atelier de priorisation par domaine des forces, faiblesses Les 18 domaines traités ont été les suivants : Production: Pêche, Élevage, Agriculture, Finance/crédit Échanges/tourisme : Transports, Commerce, Artisanat, Tourisme, Propreté/environnement Société : Medias, Sport, Culture, Organisation sociale Services : Eau potable, Éducation, Santé, Énergie, Justice/sécurité La priorisation s’est donc d’abord faite, en atelier, sur chaque domaine : quelle est la – ou les‐ force(s) , pour chaque domaine, sur laquelle le territoire peut s’appuyer pour construire son développement, celles qui le différencient des autres communes ? Quelles sont les faiblesses les plus criantes à corriger ? Le deuxième niveau de priorisation s’est fait en grand groupe dans chaque section et à la ville : on rassemble les premières forces identifiées sur chaque domaine, puis chacun choisit les trois premières à son sens ; le dépouillement des votes débouche sur les 2, 3 ou 4 forces qui se dégagent avec un plus grand nombre de voix tous domaines confondus. Elles constituent les forces majeures du territoire (idem pour les faiblesses et menaces, mais qui sont généralement plus nombreuses). Le plus souvent (mais pas toujours !), les forces se rapportent aux secteurs de production et les faiblesses aux secteurs des services. Dans les sections communales, un seul atelier a été réalisé par section, qui avait pour objectif de rappeler les résultats issus du FAES, retranscrits dans les FFOM, de les compléter éventuellement par les participants qui n’étaient pas présents lors de ces ateliers, puis d’effectuer les deux niveaux de priorisation. Enfin, un atelier FFOM a été mené avec les fonctionnaires des services déconcentrés de l’état et de l’administration communale, afin de diagnostiquer le fonctionnement des différents services, et un autre atelier avec les représentants des ONG afin de déterminer aussi leur vision de leurs actions et de leurs retombées sur le développement communal. 5 Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces 11 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas Les ateliers suivants se sont déroulés au niveau communal avec les membres du CDC, et ont eu trait à l’élaboration de la stratégie du PCD. La phase de diagnostic participatif a duré un mois avec 310 participants. Ses avancements ont été retranscrits chaque semaine dans une émission de radio élaborée conjointement par la Mairie et ADEMA et diffusée sur deux radios de Mare Rouge et Môle St Nicolas, permettant ainsi aux personnes n’ayant pas pu participer aux ateliers d’exprimer leurs idées vis‐à‐vis du processus. Ces émissions de radio se sont poursuivies durant toutes les phases de planification et de validation du Plan décrites ci‐dessous. 1.3 Élaboration des stratégies (hiérarchisation des priorités, vision, objectifs, planification) La phase d’élaboration des stratégies a duré 2 mois s’est articulée autour des ateliers suivants avec les membres du CDC : - un atelier sur l’élaboration de la vision - un atelier sur les arbres à problèmes autour de chacune des forces majeures à développer - un atelier sur le cadre logique de l’action Les résultats de chaque atelier (en commençant le bilan des FFOM du diagnostic) ont été tapés sur ordinateur et corrigés puis validés sur powerpoint au début de chaque atelier suivant, ce qui a permis de mettre en commun les résultats des différents groupes de travail et d’affiner les stratégies proposées. Cela a également permis à l’équipe d’ADEMA de vérifier la concordance entre PCD et DNSCRP, et entre PCD et diagnostic technique à chaque phase, afin de suggérer les éventuels points de discorde à résoudre lors des ateliers suivants. La vision a été formulée à partir des propositions de 4 groupes de travail, puis traduite en français. Elle repose sur la valorisation des forces actuelles de la commune, et veut représenter l’identité de la commune comme veulent la construire ses habitants dans les 25 ans à venir. Les arbres à problèmes avaient pour objectif de définir les causes profondes pour lesquelles les potentiels du territoire n’étaient pas valorisés à l’heure actuelle. Un arbre à problème a été monté autour de chacune des forces majeures (autrement des dits des potentiels de la commune). Le cadre logique des actions à mener en a donc découlé, les actions à mener s’attaquant à chacune des causes profondes du problème, et les résultats à atteindre correspondant au premier niveau de causes détecté pour ce même problème. Dans les secteurs liés aux services, les faiblesses majeures constatées correspondent plus une somme de projets à mener dans des lieux précis du territoire, qu’à une stratégie globale, et le cadre logique a donc été monté en proposant une action pour chacune de ses faiblesses. Le cadre logique a été charpenté selon les recommandations du MPCE6, selon quatre axes : Renforcement de la production, Accès aux services sociaux, Organisation du territoire, et Protection des ressources naturelles. Il a été établi pour les 5 ans à venir. 6 Ministère de la Planification et de la Coopération Externe 12 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas Enfin, une série de mesures politiques à mettre en place par la Mairie accompagnent le Plan ; elles ont été proposées par les participants au cours des différents ateliers, elles ont été synthétisées puis choisies et approfondies par la Mairie qui les présente en fin d’ouvrage. 1.4 Validation Le document final a été proposé à la Mairie pour correction et validation, puis à divers cadres issus de la commune, notamment parmi les membres de la forte association de diaspora qui l’accompagne. Il a aussi été proposé à des cadres des ministères à Port‐Au‐Prince. La cérémonie de validation a été organisée par le CDC le 12 février 2010 avec environ 170 personnes de la commune et une délégation départementale. Les stratégies ont été présentées par secteur par un panel de membres du CDC, ainsi que le processus d’élaboration, la vision et le rôle du CDC ; les maires des communes avoisinantes déjà dotées d’un PDC ont présenté leurs expériences dans la mise en œuvre de ce type d’outils, et les membres du CDC ont prêté serment pour assurer le respect et la continuité du PDC quelque soit l’administration communale en place. La Mairie en a profité pour valoriser les jeunes talents culturels à travers des intermèdes musicaux, théâtraux, et de danse. Un arrêté communal fixant le document et le rôle du CDC a été signé et diffusé le mois suivant. Commence alors la phase de communication et de plaidoyer autour du plan ! 1.5 Limites de la méthode Étant données les nombreuses données recueillies les deux années précédentes par le CNIGS et les nombreux ateliers menés par le FAES, on n’a pas jugé opportun de retravailler ces phases (notamment pour ne pas lasser les participants), et nous nous sommes contentés d’en refaire la synthèse avec les participants avant de poursuivre vers la stratégie communale. Cependant, il s’avère qu’il manque un certain nombre de données importantes pour un portrait judicieux de la commune. Par ailleurs, les ateliers non réalisés dans les habitations sont autant d’occasions ratées pour débattre de la logique du développement local et faire naître initiatives et dynamiques positives. La Mairie et ses partenaires devront maintenant s’appuyer leur PCD et leur propre dynamique pour relancer ces ateliers aux quatre coins de la commune. Citons également une contrainte que le processus n’a pas su contourner et que contre laquelle les acteurs du développement de la commune devront s’allier pour parvenir à un développement sain : si les acteurs des sections communales ont tous répondu à l’appel et cru en cette démarche lancée par l’administration communale selon ses compétences légales, cela n’a pas toujours été le cas en ville pour diverses raisons de clans politiques. Une frange de la population a donc décidé de se positionner en dehors de la démarche, sans toutefois jouer un rôle d’opposition présente qui puisse apporter des critiques constructives pour le processus. Nous souhaitons vivement que cette frange comprenne son intérêt à participer à ce processus et ce que cela pourra apporter à la commune. 13 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas 2 DIAGNOSTIC 2.1 Organisation et structuration du territoire 2.1.1 Localisation de la commune du Môle St Nicolas La commune du Môle St Nicolas, chef‐lieu de l’arrondissement du Môle, est située dans la partie Ouest du département du Nord‐Ouest à 74km de la ville de Port de Paix en passant par Jean Rabel et Mare Rouge et à 70km de Port‐de‐Paix en passant par les côtes à partir de Bord de Mer de Jean Rabel. La commune s’étend sur une superficie de 227 km². Le Môle St Nicolas est l’une des communes côtières du département du Nord‐Ouest, elle compte 58,2km de côtes localisées dans les parties Nord et Ouest de la commune. Carte 1 : Position de la commune dans le pays 2.1.2 Démographie /Répartition de la population par sexe et par âge Le IVème RGPH7 réalisé en début de l’année 2003 par l’IHSI8 a révélé que la commune du Môle St Nicolas héberge 24 787 habitants. C’est une population à prédominance rurale, jeune, également répartie entre sexes, peu peuplée, et à faible taux de croissance comme le montre le tableau suivant : 7 Recensement Général de la Population et de l’Habitat 8 Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique 14 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas Caractéristiques Môle St Nicolas Département Pays Taux de population rurale 90 % 77 % 58 % Taux population < 15 ans 41 % 40 % 36 % Nombre d’hommes pour 100 femmes 101 93 93 Densité de population en 2005 109 hab / km2 269 hab/km2 324 hab/km2 Taux de croissance entre les recensements de 1982 et 2003 2,1 % 2,9 % 2,5 % Nombre estimé de personnes par ménage 5,2 5 4,7 Tableau 1 : Caractéristiques de la population môloise (données Inventaire IHSI 2005) On remarque que comparativement aux autres communes du département, et malgré la présence de la mer, la répartition hommes/femmes est égalitaire, on en déduit que les départs des hommes vers les grandes villes et à l’étranger à la recherche d’un emploi n’est pas un phénomène majeur. La détresse économique semble donc moins accrue que dans les communes avoisinantes. Figure 2 : Pyramide des âges 15 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas 2.1.3 Répartition spatiale de la population La répartition sur le territoire est très inégale, avec deux centre urbains principaux : la ville de Môle, situé dans la 1ère section, et l’agglomération de Mare‐Rouge, au centre de la 2è section ; cette dernière revendique souvent un statut de commune, avec un environnement géographique et économique fort différent de celui de la ville du Môle, et une population estimée à environ 7 000 habitants, soit 3 fois plus qu’au Môle. La partie orientale, couverte par la 1ère section et donnant sur le Canal du Vent est quasiment inhabitée en raison d’un environnement difficile, tandis que les habitats regroupés se retrouvent le long des routes principales (abord des routes sortant de Mare Rouge et route de Côtes de Fer) : localités de Dame Marie et Rodolphe notamment sur la 1ère section. Carte 2 : Répartition spatiale des habitants sur la commune 16 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas Section communale Nombre d’habitants Superficie (km²) Densité (hab/km²) 1e Côtes‐de‐Fer / partie rurale 9 910 161.4 (dont ville) 79 (dont ville) Ville (située sur la 1ère section) 2 854 ‐ ‐ 2e Mare‐Rouge 14 734 33.3 443 3e Damé 448* 37.0 12 * Total 27 946 231 121 Tableau 2 : Répartition des habitants par section communale (extrapolation 2009 d’après recensement 2003 – taux de croissance moyen 2,1%, 1,9% en campagne et 3,5% en ville )10 2.1.4 Organisation administrative Le Môle St Nicolas a été élevé au rang de commune en 1850. Comme la plupart des communes du pays, le bourg loge tous les services déconcentrés de l’état (ALI11, Bureau des Mines et de l’Énergie, État Civil, Tribunal, Commissariat, Bureau Agricole Communal) et l’administration communale. On y trouve 3 autres institutions publiques ; le Lycée la Découverte, une école nationale et un centre de santé à lits. Cependant, les services y sont peu développés pour un chef‐lieu d’arrondissement ; la vice délégation n’est pas présente dans la commune (son représentant est à Jean Rabel), ni l’antenne principale du bureau communal (représentant à Bombardopolis). Hormis les écoles nationales et le Lycée Docima Dorsainvil de Mare‐Rouge, et un officier d’Etat Civil à Mare‐ Rouge, les sections communales n’ont aucune institution de services déconcentrés de l’état, malgré le fort regroupement de population au niveau de Mare Rouge. Un sous commissariat est cependant en passe d’y être installé . L’importance démographique et économique de Mare Rouge est une particularité de la commune, qui doit être prise en compte dans tout processus de planification. Nom Côtes de Fer Mare Rouge Damé Nombre d’habitations 9 9 7 Distance du centre au Môle 23 km 18 km 22 km Noms des habitations Rodolphe Janvier Dame Marie Folin Camp 7e Digotrie Chapelle Janvier Lavaltière Santrain Cadieu Bellevue Temps Perdu Siwal Desgommes Surprendre Vieux Camp Petite Source 10 Notons que les chiffres ci-dessus sont liés à la délimitation des sections fournies par l’IHSI. Cependant ces délimitations sont différentes de celles connues par les habitants, en particulier pour la 3è section Damé.La partie habitée de la section, le long de la route menant à Baie-de-Henne, est d’après l’IHSI sur la commune de Jean Rabel. C’est pourquoi la quantité d’habitants sur la 3ème section est très faible. 11 Agence Locale des Impôts 17 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas Propriétaire Ramadoux Bourra Grand Mare‐Rouge Pecry Nan Gason Ravine Galette Tableau 3: Répartition des habitations de la Commune par Section Communale12 Carte 3 : Carte administrative de la commune 2.1.5 Situation foncière des domaines de l’Etat Dans un pays où le cadastre est peu suivi depuis de nombreuses années et où les transactions foncières se font souvent en dehors du cadre légal (97 % sur la commune selon une estimation CNIGS), la commune du Môle possède un avantage certain : la pression démographique et agricole étant faible sur une grande partie du territoire correspondant aux zones de savane, ces territoires restent du domaine de l’État, ce qui est communément admis. Ils représentent donc un espace que la collectivité peut librement organiser, exploiter, et valoriser selon les potentiels qui seront décrits dans les chapitres suivants. 12 Comme dans la plupart des communes, il existe de nombreuses discussions sur la définition des habitations, plusieurs localités étant localement considérées comme des habitations malgré leur non reconnaissance au niveau national 18 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas Par ailleurs, plusieurs emplacements de la ville du Môle St Nicolas restent du domaine public, permettant une marge de manœuvre de la collectivité dans la mise en œuvre de son schéma d’aménagement urbain et la répartition des équipements et services publics. La situation est par contre beaucoup plus difficile sur le plateau où les transactions plus nombreuses ont mené à un domaine entièrement privé, preuve en est le conseil administration de la section communale qui a dû récemment acheter un terrain à un privé pour y installer ses bureaux. Au niveau du privé, environ la moitié des cessions de terrain sont des ventes, et un quart des héritages. Le prix des terrains varie extrêmement en fonction de l’attractivité économique de ceux‐ci, de 5 000 à 100 000 gdes le carreau. Les zones les plus prisées sont les terrains de l’agglomération urbaine de Mare Rouge, les terres irriguées, tandis que les zones de savane sèche actuellement inexploitées sont bien sûr celles qui s’acquièrent à meilleur marché. La taille moyenne des parcelles varie de la même façon, de moins de 0,5 carreaux à Mare Rouge, à plus de 4 carreaux dans les zones de savane sèche. 2.2 Fonctionnement des collectivités et services déconcentrés du Môle 2.2.1 Organigramme de la Mairie Comme dans la plupart des mairies du pays, les 3 maires sont issus de 3 zones géographiques différents (ville, 1e et 2ème section), ce qui leur facilite une présence sur l’ensemble du territoire, mais rend difficile les réunions de l’ensemble du cartel et ralentit les décisions. On observe cependant une régularité dans leurs réunions mensuelles supérieure à celle de nombreuses mairies. La mairie dispose de quatre services fonctionnant chacun avec une équipe spécifique composée d’un responsable et des membres. Il s’agit de : l’administration générale de la mairie, du service de la voirie, du génie municipal et de la fiscalité. Maire Adjoint LORDEUS Matial Maire principal JEAN CHARLES Gilbert Secrétaire Général JOSEPH Christian Maire Adjoint FERTIL Sylva Caissier Payeur ULISSE Elivert Agent fiscal DORIS Amenes Secrétaire Dactylographe DORLEANS marjorie Ménagère OXINE Juliana Ingénieur Municipal LAVAUD A. Vernest Responsable Voirie et sanitation MERCIUS Exaintil Messager LORDEUS Brisnet Animateur Socio-culturel LEVASSEUR Reynold Responsable matériel GARCON Robin Gardien JEAN BAPTISTE Wolman Employé Voirie Meritan Employé Voirie Elicier Employé Voirie Destiné Employé Voirie Monchrist Employé Voirie Melius Employé Voirie Andrielle Employé Voirie Isemonde Employé Voirie Harmony Employé Voirie Choider Employé Voirie Thelus Figure 3 : Organigramme de la Mairie (2008) L’administration générale a à sa charge le contrôle du bon fonctionnement des services municipaux. Elle veille à ce que tous les services fonctionnent normalement et à exécuter les décisions prises par le Conseil Municipal. 19 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas Malgré la compétence, l’assiduité et la régularité du directeur administratif et du caissier payeur, la mairie fait face à de sérieuses difficultés dues au manque de cadres qualifiés, notamment en termes de gestion de projets, et au manque d’équipement. Le service de la fiscalité est peu opérationnel. Les recettes fiscales sont très maigres comparées aux communes avoisinantes, évaluées à cinquante mille gourdes annuelles environ (soit 2 gdes par habitant en moyenne !). Les recettes proviennent de la Contribution Foncière des Propriétés Bâties (CFPB), de la patente, des permis de construire et de la vente des animaux en divagation. Ce dernier est le principal revenu, sur lequel la Mairie a fait un important travail au niveau de la ville (affichage, opérations coup de poing). Signalons la transparence sur la perception des taxes, entièrement faite par l’ALI contrairement à d’autres mairies qui prélèvent directement. Les sections communales ne contribuent pas à la recette fiscale de la commune : les taxes recueillies au niveau des sections restent au service des CASEC. Les collectivités ne bénéficient pas non plus des taxes liées aux concessions du marché communal de Mare Rouge, le plus important de la région, géré par un comité privé. Les tentatives de régularisation de la situation n’ont pas abouti. La ville de Mare Rouge elle‐même pourrait fournir un important apport fiscal en termes de CFPB et permis de construire, mais l’absence d’agent de l’ALI sur place (malgré les démarches de la Mairie, prête à payer l’agent s’il est nommé par la DGI), et l’absence de plan de relance des impôts ne permet pas d’exploiter ce potentiel à l’heure actuelle. A signaler que certaines décisions, qui devaient être prises par l’administration communale particulièrement par les maires pour inciter à la population à ses taxes et redevances, ne sont pas prises pour des raisons qu’on pourrait dire de compassion. Le service de la voirie dispose de matériels et équipements classiques comme un pick up (récent), des pelles, des brouettes et des poubelles placées dans les angles de la ville du Môle et dans l’agglomération de Mare‐ Rouge. Le nombre restreint du personnel, le manque de matériels sont les grandes difficultés auxquelles la mairie fait face aujourd’hui et qui empêche le bon fonctionnement du service. Il n’a a pas non plus de site de décharge pour entreposer, voire recycler les déchets. Malgré ces difficultés, la ville du Môle est une ville propre, et les matériels sont gérés de façon rationnelle. Le Service génie municipal est en charge de la délivrance de permis de construire, de la réglementation de l’utilisation de l’espace urbain, de l’exploitation de sable sur la plage, de l’exécution de travaux d’aménagement urbain. L’ingénieur municipal en est le seul employé. Malgré un travail de communication sur l’exploitation du sable, le service est peu opérationnel : nombreux matériaux entreposés sur la voie publique, peu de maisons construites sous permis. L’analyse FFOM des services de la municipalité réalisée par ses employés révèle ce qui suit: 20 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas Administration communale Forces Faiblesses Opportunités Menaces - Gestion rationnelle du matériel - Dynamisme et assiduité du directeur et du caissier payeur - Équipements mobiliers et matériel de bureau en quantité raisonnable - Accès internet - Énergie solaire ‐ Moyens financiers insuffisants pour attirer un personnel suffisamment qualifié ‐ Absence de réceptionniste ‐ Absence de moyens de déplacements (moto, voiture) ‐ Salaires faibles ‐ Formation informatique des cadres insuffisante (manipulations Excel) ‐ 1 seul ordinateur pour 3 cadres ‐ Négligence des ménagères due principalement aux faibles salaires ‐ AAA : dons de matériels éventuels en fin de projets ‐ MICT : formation, matériel, encadrement ‐ ADEMA : formation, matériel, encadrement ‐ Motion : matériel, moyens de déplacement ‐ Mauvaises conditions de transport et durée excessive pour se rendre à Port de Paix où se règlent nombre de procédures administratives Fiscalité Forces Faiblesses Opportunités Menaces ‐ Existence des lois sur la fiscalité communale ‐ Rigueur de la mairie : toutes les taxes sont perçues directement par la DGI ‐ Service non opérationnel par faute de décision municipale ‐ Les sections ne contribuent pas à la recette communale (marché et permis de construire à Mare Rouge) ‐ Personnel réduit ‐ Absence de motivation faite par la Mairie pour inciter la population à payer ses taxes ‐ Recette communale faible (environ 50 000 gdes par an) ‐ MICT : enquête prévue en vue d’une meilleure perception ‐ Projet de loi sur l’amélioration de la mobilisation des taxes ‐ Collecte CFPB difficile en raison de l’habitat dispersé ‐ Complexité des lois sur la CFPB et les permis de construire ‐ La population n’est plus habituée à payer ses taxes 21 Plan Communal de Développement du Môle St Nicolas Service voirie Forces Faiblesses Opportunités Menaces ‐Disponibilité d’outils (brouettes, pelles, râteaux, etc.) ‐Poubelles publiques dans les centres de Mare Rouge et de la ville du Môle ‐Disponibilité d’un pick up ‐ Absence de camion pour ramasser les déchets ‐ Absence de site de décharge contrôlée ‐ Équipe de nettoyage trop petite ‐ Personnel peu dynamique ‐ Absence d’employés sur les agglomérations des sections (Mare Rouge, Rodolphe) ‐ Personnel non formé à la manipulation et au traitement des déchets ‐ Budget insuffisant pour organiser des journées de grand nettoyage ‐ Les propriétaires des bêtes prises en liberté soudoient le capteur pour que la bête ne soit pas vendue aux enchères ‐ Faiblesse du conseil dans l’application des sanctions liées à l’élevage libre ‐ Absence de vision intégrée pour résoudre le problème de l’élevage libre (projet proposant d’autres solutions aux éleveurs) ‐ Sensibilité du conseil face aux intérêts personnels des personnes en infraction au détriment de l’intérêt général ‐OXFAM et le Ministère de la Planification pensent investir dans un centre de traitement des déchets dans la commune ‐ Démarches en cours pour un camion benne ‐ Inconscience de la population face aux dangers liés aux déchets ‐ La gestion des déchets n’est pas une priorité pour les bailleurs ‐ Les autorités locales civiles te religieuses ne s’impliquent pas dans le contrôle de l’élevage libre ‐ Les difficultés économiques des éleveurs rendent difficile la prise de sanctions contre l’élevage ‐ Incompréhension de la population face aux possibilités d’élevage libre dans les zones avoisinantes improductives Ser