Evalyasyon rapid enfrастrikti lekòl yo nan Ayiti - Rapò final

Evalyasyon rapid enfrастrikti lekòl yo nan Ayiti - Rapò final

Bank Mondyal, Inyon Ewopeyen, GeoHazards International 2020 138 paj
Rezime — Rapò sa a prezante yon evalyasyon rapid sou jan enfrастrikti lekòl yo nan Ayiti vulnerab devan katastwòf natirèl ak konsèkans chanjman klimatik yo. Etid la idantifye faktè risk yo pou klere planifikasyon estratejik pou amelyore sekirite ak rezistans bilding lekòl yo.
Dekouve Enpotan
Deskripsyon Konple
Rapò sa a prezante rezilta Dyagnostik rapid enfrастrikti lekòl yo nan Ayiti, GeoHazards International te fè l nan kad Pwogram mondyal Bank Mondyal la pou lekòl ki pi an sekirite. Objektif prensipal yo te ye pou yo devlope yon konpreyansyon klè sou jan enfrастrikti lekòl ki egziste yo ak sa yo pwopozе yo vulnerab devan katastwòf natirèl ak konsèkans chanjman klimatik yo, epi idantifye faktè risk ki gen rapò yo pou yo klere planifikasyon estratejik pou amelyore sekirite ak rezistans bilding lekòl yo. Evalyasyon an te dekouvri plis pase 6,900 lekòl (plis pase 35% lekòl peyi a yo) te domaje oswa yo te detwi nan twa gwo katastwòf natirèl ki te rive nan 15 ane ki sot pase yo - siklòn ak inondasyon yo nan 2008, tranblemanntè 2010 an, ak Siklòn Matthew nan 2016. Sa a demontre jan enfrастrikti lekòl Ayiti yo vulnerab anpil devan domaj katastwòf natirèl yo. Anpil lekòl yo nan move kondisyon, y ap fonksyone nan bilding yo pa t konsèy pou objektif edikasyon yo oswa nan kote ki louvri. Byen ke Ministè Edikasyon an te etabli estanda pou konstwisyon lekòl ki reziste tranblemanntè ak van epi li te konsèy plan konstwisyon ki konfòm yo, se sèlman 420 nouvo lekòl ki reziste danje yo te konstwi pou ranplase sa yo ki te detwi depi 2008. Evalyasyon an idantifye defi enpòtan yo ki gen ladan done enkomplè sou lekòl piblik ak prive yo, lekòl ki nan kote ki gen danje tankou kote tsunami ak inondasyon, ak defisite enfrастrikti yo toupatou ki gen ladan enstalasyon dlo, asenisman ak ijyèn ki pa bon. Rapò a rekòmande envestisman sibstansyèl ak long-tèm nan enfrактrikti lekòl yo pou asire sekirite timoun yo epi yo rive nan objektif edikasyon nasyonal yo pou aksè ak egalite. Rekòmandasyon kle yo gen ladan kreye enventè konplè enstalasyon lekòl yo, amelyore konpreyansyon sou vulnerabilite lekòl prive yo, ranfòse mekanis kowòdinasyon pou ajans entènasyonal yo, epi devlope kat danje detaye yo pou pran desizyon.
Sije
EdikasyonRediksyon RiskEnfrastrikti
Jewografi
Nasyonal
Peryod Kouvri
2008 — 2020
Mo Kle
school infrastructure, disaster risk, vulnerability assessment, natural disasters, earthquake resistance, flood zones, educational facilities, haiti education
Antite
World Bank, European Union, GeoHazards International, MENFP, ONAPE, Global Facility for Disaster Reduction and Recovery, Cap-Haïtien, Hurricane Matthew, Degenkolb Engineers
Teks Konple Dokiman an

Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.

Public Disclosure Authorized Public Disclosure Authorized Public Disclosure Authorized DIAGNOSTIC RAPIDE DES INFRASTRUCTURES SCOLAIRES en Haïti Public Disclosure Authorized RAPPORT FINAL Décembre 2020 Préparé à l’attention du Programme global de la Banque Mondiale pour des écoles plus sûres par UNION EUROPÉENNE DIAGNOSTIC RAPIDE DES INFRASTRUCTURES SCOLAIRES en Haïti RAPPORT FINAL 30 décembre 2020 Ce diagnostic rapide a été cofinancé dans le cadre du Programme Afrique Caraïbes et Pacifique (ACP) – Union européenne (UE) de prévention des risques de catastrophes naturelles, une initia tive du Groupe des pays ACP, financé par l’Union européenne et géré par la Facilité mondiale pour la prévention des catastrophes et le relèvement (GFDRR) dirigée par la Banque mondiale. GeoHazards International a préparé ce rapport pour la Banque mondiale en vertu du contrat nº 7194993. GeoHazards International, les institutions ainsi que les personnes figurant ci-dessous conservent la totalité de leurs droits, titres et intérêts sur toute propriété intellectuelle préexistante utilisée dans le présent document. Photographie de couverture Janise Rodgers, GeoHazards International. L’équipe du projet est composée des personnes suivantes : Dr. Janise Rodgers, GeoHazards International, Chef d’équipe Dr. Garmalia Mentor-William, GeoHazards International, Chef de liaison avec les parties prenantes Delka Espinal, GeoHazards International Jean-Brunel Pierre, GeoHazards International Gefthé Dévilmé, GeoHazards International Veronica Cedillos, GeoHazards International Abraham Lynn, Degenkolb Engineers Martin Hammer, Architecte Janise Rodgers a dirigé le travail de rédaction et l’étude documentaire avec l'aide de Garma lia Mentor-William et Delka Espinal. Garmalia Mentor-William a mené les consultations des parties prenantes avec l'aide de Janise Rodgers, Delka Espinal et Gefthe Dévilmé. Jean-Brunel Pierre, Garmalia Mentor-William, et Gefthe Dévilmé ont réalisé les visites des lieux avec l’aide de Delka Espinal. Delka Espinal et Heidi Stenner ont fourni le soutien du système d'information géographique (SIG). Veronica Cedillos s'est chargée de la révision et Julie Jomo de l’édition. Windy Previl a aidé à la préparation de ce rapport. Les auteurs du rapport tiennent à exprimer leur gratitude quant aux contributions des critiques suivants : Rebecca Laberenne, Laisa Daza Obando, Claudia Soto et Elena Roseo de la Banque mondiale. Cet ouvrage a été produit par GeoHazards International et ses consultants associés. Les résultats, interprétations et conclusions exprimés dans cet ouvrage ne reflètent pas nécessairement les vues du Groupe de la Banque mondiale, de son Conseil d'administration ou des gouvernements qu'ils représentent. Le Groupe de la Banque mondiale ne garantit pas l'exactitude des données comprises dans cet ouvrage. Les frontières, couleurs, dénominations et autres informations figurant sur les cartes de cet ouvrage n'impliquent aucun jugement de la part du Groupe de la Banque mondiale ou de GeoHazards International concernant le statut juridique de tout territoire ou l'approbation ou l'acceptation de ces frontières. La responsabilité de cette publication relève entièrement de ses auteurs. L'Union européenne n'est pas responsable de l'utilisation qui pourrait être faite des informations qui y figurent. iii RAPPORT FINAL Sommaire exécutif Ce rapport présente les résultats du Diagnostic rapide des infrastructures scolaires en Haïti, réalisé par GeoHazards International (GHI) dans le cadre du Programme global pour des écoles plus sûres de la Banque mondiale. Les principaux objectifs du diagnostic sont de (a) développer une compréhension éclairée de la vulnérabilité des in frastructures scolaires existantes et proposées aux catas trophes naturelles et des impacts du changement clima tique ; et (b) identifier les facteurs de risque associés afin d’éclairer l’élaboration d’un plan stratégique global pour améliorer la sécurité et la résilience des édifices scolaires. GHI a étudié les informations existantes sur les aléas ; les documents provenant du Ministère de l’éducation na tionale et de la formation professionnelle (MENFP) sur les normes, standards et directives pour la construction d’écoles, les plans pour le secteur de l’éducation et les do cuments stratégiques ; ainsi que les études antérieures sur les infrastructures scolaires en Haïti. GHI a également consulté le gouvernement, le secteur privé et les parties prenantes internationales, a effectué des visites sur le terrain et a interviewé les proviseurs/directeurs des 15 écoles sélectionnées. En raison de la pandémie de COVID-19, les consulta tions auprès des parties prenantes ont été réalisées par téléphone et visioconférence, ce sont tenues moins de consultations que ce qui avait été initialement prévu. Les visites des lieux ont été effectuées en utilisant un modèle hybride dans lequel les membres de l’équipe locale ont visité 15 écoles afin de recueillir des informations qui ont ensuite été interprétées par des ingénieurs en structure basés ailleurs. Compte tenu du peu d’informations re cueillies et de l’échantillon restreint d’écoles visitées -qui par conséquent n’est pas représentatif de l’ensemble des édifices scolaires- ce diagnostic ne donne donc pas une image complète de l’état actuel des infrastructures sco laires en Haïti. C’est d’autant plus vrai pour les écoles privées qui constituent la majorité des écoles d’Haï ti. Tout en reconnaissant ces handicaps, les principales constatations et recommandations suivantes émanent de ce diagnostic. Constatations principales Observations générales sur l’état actuel des infrastructures scolaires Plus de 6,900 écoles, soit plus de 35 pourcent des écoles du pays, ont été endommagées ou détruites lors de trois grandes catastrophes naturelles survenues au cours des 15 dernières années - les cyclones tropicaux et inondations de 2008, le tremblement de terre de 2010 et l’ouragan Matthew en 2016 - ce qui prouve que le parc scolaire haï tien est hautement vulnérable aux dommages causés par les catastrophes naturelles. De nombreuses écoles sont en mauvais état, elles opèrent dans des bâtiments qui n’ont pas été conçus à cet effet ou au grand air. Conformément aux objectifs nationaux du gouvernement haïtien en ma tière d’accès à l’éducation et à l’équité, le MENFP a mis iv Diagnostic rapide des infrastructures scolaires en Haïti en place des normes qui régissent la construction de nou velles écoles dans des endroits sûr, résistantes aux trem blements de terre et au vent, des plans de construction en accord avec ces normes ont aussi été conçus. Néanmoins, seulement 420 nouvelles écoles en conformité avec les normes de résistances aux aléas ont été construites afin de remplacer les écoles détruites par les catastrophes de puis 2008. Constatations sur les données et évaluations Environ 15 pourcent des 19 500 écoles maternelles, pri maires et secondaires d’Haïti sont des écoles publiques. Bien que les écoles privées éduquent la grande majorité des enfants haïtiens, peu d’informations ont été recueil lies sur les établissements scolaires privés, principalement parce que les écoles privées sont gérées par des organi sations nombreuses et diverses. En se basant sur les in formations disponibles, il est probable que de nombreux édifices dans lesquels opèrent les écoles privées soient vul nérables aux séismes. Les évaluations d’infrastructure des écoles publiques sont plus nombreuses mais les données sont incomplètes et ont été collectées en utilisant des mé thodologies incompatibles. Constatations sur l’emplacement et l’exposition aux aléas Un certain nombre d’écoles sont situées dans des zones exposées aux risques d’inondations par tsunami, dont 320 écoles à plusieurs rotations d’étudiants (certaines écoles fonctionnent plus d’une rotation par jour) dans la seule région du Cap-Haïtien. Les cartes de risques d’inondation disponibles identifient environ 3 900 écoles situées dans des zones inondables à travers tout le pays, avec des écoles à risque dans tous les départements. De nombreuses écoles publiques situées dans des zones à risque devront être déplacées ; ce qui rend la sécurisa tion foncière un point important en ce qui concerne la construction d’écoles à l’avenir. Les urbanistes et les dé cideurs en Haïti manquent de cartes de risques détail lées et actualisées lorsqu’il s’agit de risques clés comme les inondations (côtières, fluviales, pluviométriques), de glissements de terrain et tsunamis. Ces cartes sont néces saires lorsqu’il s’agit de prendre des décisions concernant la réduction des risques pour ce qui est du portefeuille d’infrastructures scolaires existantes ainsi que l’emplace ment des futures écoles. Constatations sur les caractéristiques des infrastructures scolaires et l’environnement de construction La plupart des bâtiments publiques scolaires ont un à deux étages et sont bâtis en maçonnerie non armée/ non chaînée, en maçonnerie chaînée ou en béton armé. Basé sur le système structurel et l’âge des bâtiments (la majori té ont été construits avant qu’Haïti n’ait un code national de construction), il est probable que bon nombre de ces bâtiments soient vulnérables aux séismes. De nombreuses écoles sont couvertes de toits légers, lesquels sont vulné rables aux dommages causés par le vent pendant les ou ragans. Parmi les écoles publiques et privées, il existe un petit nombre d’édifices plus grands en maçonnerie ou en béton armé particulièrement vulnérables, qui pourraient contribuer à alourdir considérablement le nombre de vic times dans le cas où ils seraient occupés durant un séisme. De nombreuses écoles ont des carences en eau, assainis sement et hygiène, y compris un accès limité à une eau non potable, un nombre de toilettes insuffisantes et mal entretenues, des dispositifs de lavage des mains inadé quats. La plupart des écoles consomment peu d’électrici té, sont refroidies passivement et dépendent de la lumière du jour. Peu d’écoles répondent aux normes d’accessibili té qui aident les élèves handicapés. Les écoles n’ont géné ralement pas d’alarmes d’incendie. L’accès à des matériaux de construction de qualité est un défi majeur, en particulier dans les zones rurales. Les nouveaux projets de construction réalisés par des contracteurs locaux ont été couronnés de succès grâce à la mise en place de solides systèmes de réalisation qui comprennent la supervision, l’inspection, la formation et la participation communautaire. Les documents du plan national indiquent que les priorités nationales en ma tière d’infrastructure scolaire comprennent la construc tion de nouvelles écoles plus sûres et plus fonctionnelles ainsi qu’un accès accru à l’éducation publique grâce à la construction de nouvelles écoles. La vulnérabilité des infrastructures scolaires existantes aux catastrophes na turelles est principalement traitée par le remplacement et /ou le déménagement, plutôt que par le renforcement. Constatations sur l’environnement financier Le financement public pour le secteur de l’éducation aug mente en proportion des dépenses publiques globales, bien que les sources internationales continuent de faire des contributions importantes au secteur, surtout pour l’amélioration des infrastructures et la qualité de l’éduca tion. Les familles haïtiennes financent une grande partie de l’éducation via les frais de scolarité des écoles privées, malgré le lancement de programmes qui combinent un financement public et international permettant de cou vrir ces frais pour les étudiants issus de familles à faible revenu. Le Fonds national de l’Éducation est désormais opérationnel et constitue une source nationale durable de financement pour les investissements dans les infrastruc tures scolaires. RAPPORT FINAL v Observations liées à la COVID-19 Les installations d’eau et de lavage des mains ainsi que les espaces intérieurs et extérieurs disponibles dans la plu part des écoles ne sont pas adaptés pour appliquer les précautions recommandées contre la COVID-19. Ce pendant, la plupart des étudiants feraient également face à des obstacles dans le cadre de l’enseignement à distance en raison de vastes défis dans les domaines de production d’électricité et de télécommunications. Recommandations Les infrastructures scolaires en Haïti nécessitent un pro gramme d’investissement substantiels, à long terme pour garantir la sécurité des enfants et atteindre les objectifs de l’éducation nationale en matière d’accès et d’équité. Ce qui suit est un résumé des recommandations développées dans le chapitre 7.0 de ce rapport. Dans le but de faci liter l’élaboration d’un plan d’action coordonné, les re commandations sont organisées en fonction des grandes phases de la Feuille de route de la Banque mondiale pour des écoles plus sûres et résilientes (RSRS)1: diagnostic, analyse, planification et exécution. Le RSRS utilise un processus holistique d’analyses basées sur les risques et de planification afin de prioriser et séquencer les interven tions qui visent au fil du temps à améliorer la sécurité, la fonctionnalité et l’efficacité des infrastructures scolaires. Un ensemble de recommandations spécifiques à la CO VID-19 est également inclus. A. Diagnostic A.1 Créer et maintenir un inventaire des établissements publics scolaires afin de faciliter la prise de décision au niveau du portefeuille, en compilant les informa tions concernant l’évaluation des bâtiments existants 1 Développé par le Programme mondial pour des écoles plus sûres, le (RSRS) est disponible sur : https://gpss.worldbank.org/ en/roadmaps/roadmap-safer-and-resilient-schools-rsrs vi Diagnostic rapide des infrastructures scolaires en Haïti I l l u s t r a t i o n i . Les premières étapes de la Feuille de route de la Banque mondiale pour des écoles plus sûres et résilientes (RSRS) dans une base de données unique, en uniformisant les approches d’études d’infrastructures utilisées par les organisations partenaires et en mettant à profit le recensement scolaire annuel du MENFP afin de réu nir les informations de base sur la construction et les édifices. A.2 Améliorer la compréhension de la vulnérabilité et des conditions d’infrastructure des écoles privées en inventoriant un échantillon représentatif de bâti ments, soit en élargissant le recensement des écoles pour englober les infrastructures des écoles privées ou en coordination avec les réseaux d’écoles privées d’Haïti. A.3 Renforcer les mécanismes de coordination pour les agences internationales œuvrant dans le domaine des infrastructures scolaires en Haïti, spécifiquement sur le thème de la collecte de données et évaluation des risques. L’ONAPE (Office National de Partenariat en Éducation) du MENFP devrait avoir un rôle impor tant dans cette coordination. A.4 En s’appuyant sur les efforts de la BID qui a élabo ré la Carte scolaire de quatre départements, réaliser une évaluation de la demande étudiante existante et projetée à travers le pays en vue de planifier en connaissance de cause les investissements liés à l’em placement et à la taille des nouvelles écoles ainsi que l’acquisition de terrains indispensables. B. Analyse B.1 Améliorer la caractérisation et la cartographie des dangers, surtout pour les risques d’inondations, de glissement de terrain et de tsunami, afin d’aider le MENFP à mettre en œuvre sa politique qui consiste à ne pas implanter d’écoles dans les zones dangereuses. B.2 Effectuer des analyses de coûts des solutions de ren forcements normatifs pour les typologies de bâtiments représentatifs (type de structure, matériau, nombre d’étages) afin de déterminer si les programmes de ren forcement sont une alternative rentable au remplace ment de certains édifices scolaires. Lors de ces études de coûts, prendre en compte d’autres améliorations essentielles aux installations en eau et assainissement ainsi que les renforcements qui s’imposent en fonction des priorités entendues avec le gouvernement. B.3 Déterminer si certaines écoles plus anciennes se trouvent dans des bâtiments qui peuvent avoir une valeur patrimoniale et devraient être préservés. C. Planification C.1 Élaborer une stratégie d’intervention et un plan d’in vestissement sur le long terme pour les infrastructures scolaires afin de traduire les objectifs du Plan Décen nal en matière d’équité en éducation et d’accès ainsi que ceux du plan de réduction des risques de catas trophe du secteur de l’éducation (PSRVD) en actions coordonnées, limitées dans le temps et financées / fi nançables pour améliorer les infrastructures scolaires. Une stratégie coordonnée et un plan d’investissement pour les infrastructures scolaires permettront de ca naliser plus efficacement les fonds internationaux pour appuyer et accroître les objectifs du gouverne ment pour ce qui est de l’éducation et la réduction des risques de catastrophe. C.2 Identifier, pour une intervention à court terme, les écoles qui sont particulièrement vulnérables aux tremblements de terre, aux tsunamis et qui comptent un grand nombre d’élèves. Utiliser l’analyse coûts-bé néfices pour prioriser ces interventions dans le cadre d’une stratégie d’investissement échelonnée et à long terme des infrastructures scolaires. C.3 Intégrer des améliorations fonctionnelles et sécuri taires dans les interventions sur les infrastructures, notamment des améliorations sur le plan de l’accessi bilité afin de répondre aux besoins des étudiants han dicapés ; amélioration des conditions sanitaires et la fourniture de systèmes d’alarme incendie. C.4 En tant que programme autonome pour les écoles non priorisées pour remplacement, renforcement ou déménagement améliorer les installations d’appro visionnement en eau et assainissement ainsi que les mesures d’hygiène pour garantir la santé et réduire la vii RAPPORT FINAL propagation de maladies transmissibles, y compris la COVID-19. C.5 Prendre des mesures au niveau national pour ré soudre les problèmes fonciers identifiés pour les écoles publiques, en particulier celles qui sont situées dans des zones urbaines denses, notamment en dévelop pant une approche claire et limitée dans le temps afin de désigner des terrains pour les sites scolaires. C.6 Envisager de jumeler les programmes de subventions des frais de scolarité existants pour que les étudiants à faible revenu puissent fréquenter les écoles privées qui adhèrent aux exigences d’amélioration de la sé curité des bâtiments scolaires comme exigence po tentiel permettant de remédier à la vulnérabilité des infrastructures des écoles privées. D. Réalisation D.1 Accélérer le rythme de construction de nouvelles infrastructures scolaires, nécessitant peu d’entretien, résistantes aux catastrophes en encourageant ou en rendant obligatoire l’utilisation de l’ensemble de plans standard du MENFP tout en développant des approches de construction décentralisées telles que décrites dans le Guide Pratique du MENFP. D.2 Améliorer l’apprentissage et l’environnement inté rieur des bâtiments scolaires en veillant à ce que les nouveaux projets de construction d’écoles incluent la participation d’un architecte à la conception, même dans les cas où des plans d’écoles modèles sont uti lisées. D.3 Poursuivre les approches durables actuelles de conception d’écoles qui minimisent la consomma tion d›électricité, réduisent les coûts d›exploitation et d›entretien et diminuent la dépendance aux services publics hors site. viii Diagnostic rapide des infrastructures scolaires en Haïti D.4 Améliorer les mécanismes et les sources destinés à financer l’entretien et rendre les nouveaux investisse ments scolaires plus intéressants. D.5 Élaborer et mettre en œuvre un plan de préparation aux situations d’urgence et organiser des exercices d’urgence. E. Mesures de réponse et d’adaptation à la COVID-19 E.1 S’assurer que le personnel dispose du matériel né cessaire à la désinfection, d’équipement de protection individuelle (EPI) et d’articles connexes. E.2 Mener des programmes de sensibilisation afin que les élèves et les enseignants sachent comment se protéger de la COVID-19. E.3 Envisager d’utiliser les espaces extérieurs pour four nir temporairement un espace adéquat aux élèves afin qu’ils puissent se distancer physiquement et diminuer l’encombrement dans les salles de classe. E.4 Utiliser la pandémie comme une opportunité qui permet de développer des approches d’apprentissage à distance efficaces qui peuvent être mises en applica tion durant les fermetures d’établissements scolaires à l’avenir afin d’assurer la continuité de l’enseignement. E.5 Améliorer les infrastructures énergétiques et de télé communications afin de permettre l’apprentissage à distance. Conclusion Un grand nombre d’écoles publiques et privées en Haï ti risquent d’être endommagées ou détruites par des ca tastrophes naturelles, comme en témoigne les milliers d’écoles qui ont déjà été endommagées ou détruites par les tremblements de terre, les cyclones tropicaux et les inondations depuis 2008. Des milliers d’enfants font leurs études dans ces établissements vulnérables. Outre les infrastructures scolaires en Haïti viennent s’ajouter des défis additionnels tels que les mauvaises conditions ainsi que le mode de fonctionnement de plusieurs écoles existantes, les contraintes en termes de ressources finan cières, un inventaire considérable d’établissements sco laires privés appartenant à diverses organisations et les problèmes de disponibilité de terrains. Malgré tout cela, des étapes faisables, tangibles décrites dans ce diagnostic rapide ainsi que la feuille de route pour des écoles plus sûres et résilientes peuvent aider à améliorer la sécurité scolaire et l’environnement d’apprentissage peu à peu à travers l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie exhaustive d’investissement dans les infrastructures sco laires (C.1) afin de guider les efforts à la fois sur le court et le long terme. Des actions à court terme telles que le remplacement, le renforcement ou le déménagement de grands édifices scolaires situés dans des zones à haut risque ou dans des zones inondables par tsunami (C.2), la fourniture de matériels, la tenue de formations en protec tion civile et l’addition d’installations WASH pour contri buer à l’hygiène et réduire la propagation de maladies transmissibles, y compris la COVID-19 (C.4, E.1-E.3), apporteront des bénéfices immédiats en matière de sé curité. L’investissement continu dans les infrastructures scolaires par le gouvernement haïtien ainsi que celui des partenaires internationaux financiers et techniques sera capital pour atteindre les objectifs d’équité et d’accès, ain si qu’un soutien à la sécurité et la résilience des écoles. Sommaire SOMMAIRE EXÉCUTIF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . iii ACRONYMES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 1. INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8 2. CONTEXTE PAYS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 3. APERÇU DE LA MÉTHODOLOGIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 3.1 Composition de l’équipe et expertise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 3.2 Étude documentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 3.3 Visites de sites et consultations des parties prenantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 3.4 Méthodes d’analyse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18 4. CONSTATS - ALÉAS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 4.1 Risques sismiques et tsunamis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 4.2 Dangers hydrométéorologiques et climatiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24 4.3 Épidémies et pandémies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 4.4 Événements historiques pertinents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28 5. CONSTATS - ENVIRONNEMENT FAVORABLE AUX INFRASTRUCTURES SCOLAIRES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 5.1 Politique de l’éducation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 5.1.1 Autorité éducative et parties prenantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 5.1.2 Systèmes et organisation de l’éducation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 5.1.3 Politiques, plans et stratégies pour le secteur de l’éducation . . . . . . . . . . . . . 37 5.1.4 Gestion des données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 5.1.5 Gestion des risques de catastrophes dans les écoles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39 5.1.6 Variations et considérations régionales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 5.2 Environnement financier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41 5.2.1 Financement national et international pour l’éducation . . . . . . . . . . . . . . . . . 41 5.2.2 Financement des écoles privées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46 5.3 Environnement de la construction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47 5.3.1 Normes pour la construction d’écoles et ensembles de plans standards . . 47 5.3.2 Environnement de conception/ingénierie/construction . . . . . . . . . . . . . . . . . 51 6. CONSTATS - CARACTÉRISTIQUES DES INFRASTRUCTURES SCOLAIRES . . 55 6.1 Caractéristiques et vulnérabilités structurelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56 6.1.1 Études existantes sur les infrastructures scolaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56 6.1.2 Typologies structurelles communes et éléments de construction . . . . . . . . 56 6.1.3 Vulnérabilités sismiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59 6.1.4 Autres vulnérabilités des constructions/structures aux risques naturels . . . 61 6.1.5 Qualité de la Construction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61 6.1.6 Stratégies existantes de renovation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62 6.2 Caractéristiques des systèmes de construction et de l’environnement d’apprentissage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62 6.2.1 Alimentation électrique, refroidissement et efficacité énergétique . . . . . . . 62 6.2.2 Eau, assainissement et hygiène (« WASH ») . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63 6.2.3 Qualité de l’environnement intérieur et environnement d’apprentissage . . 63 6.2.4 Caractéristiques du programme, y compris pour COVID-19 . . . . . . . . . . . . . . 64 6.2.5 Accessibilité et voies de sortie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64 6.2.6 Conditions extérieures du site, programmation et sécurité . . . . . . . . . . . . . . 65 6.3 Fonctionnement et entretien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65 6.3.1 Protocoles de préparation aux catastrophes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65 6.3.2 Fonctions/personnel clés pour les opérations et l’entretien . . . . . . . . . . . . . . 65 6.3.3 Utilisation des écoles comme abris . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65 6.3.4 Rôle de la communauté dans les écoles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67 6.3.5 Modes de transport pour les étudiants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67 6.3.6 Considérations opérationnelles pour COVID-19 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67 7. RECOMMANDATIONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69 8. CONCLUSIONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76 ANNEXES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 Annexe A - Liste des principaux documents examinés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79 Annexe B - Informations techniques supplémentaires sur les aléas et l’emplacement des écoles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84 Annexe C - Liste des parties prenantes consultées. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87 Annexe D - Documentation sur la visite des écoles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88 D.1 Écoles visitées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88 D.2 Tableaux récapitulatifs des réponses au formulaire scolaire de l’appli GLOSI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90 D.3 Tableaux récapitulatifs des réponses au formulaires scolaires de l’appli GLOSI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95 D.4Résumés individuels des bâtiments scolaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100 4 Diagnostic rapide des infrastructures scolaires en Haïti Acronymes ACEQH Augmenter l’accès à une éducation de qualité en Haïti AGCID Agencia Chilena de Cooperación Internacional para el Desarrollo (Agence chilienne de coo pération internationale pour le développe ment) AMOPERE Programme d’appui à la mise en œuvre du plan sectoriel de l’éducation et de la ré forme éducative en Haïti APEP-FEV Association professionnelle d’écoles pri vées ARSE Programme d’appui à la reconstruction du secteur de l’éducation BA Béton armé BAEH Bureau anglican de l’éducation en Haïti BEMHEG Bureau des églises méthodistes d’Haïti pour l’éducation générale BCOM Bureau de communication BDS Bureau de district scolaire BID Banque Interaméricaine de développe ment BIZ Bureau d’inspection de zone BM Banque mondiale BMPAD Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement BUGEP Bureau de gestion de l’éducation présco laire BUNEXE Bureau national des examens d’État CASAS Commission de l’adaptation scolaire et d’appui social CAT DDO Catastrophe Deferred Drawdown Option (Op tion de tirage différé en cas de catastrophe) CDG Cabinet du directeur général CEEC Commission épiscopale pour l’éducation catholique CLIO Cadre de liaison inter-organisations CM Cabinet du ministre CNBH Code national du bâtiment d’Haïti CNHCU Commission nationale haïtienne de coo pération avec l’UNESCO CNIGS Centre national de l’information géo-spa tiale CNRC Commission nationale de réforme curri culaire CONFEPIH Confédération des écoles privées indépen dantes d’Haïti COSPE Consortium des organisations du secteur privé de l’éducation COVID-19 Maladie du coronavirus 2019 CRECH Consortium pour le renforcement de l’éducation chrétienne en Haïti CRS Catholic Relief Services (ONG/Secours Ca tholique) DAA Direction des affaires administratives DAEPP Direction d’appui à l’enseignement privé et du partenariat DAJ Direction des affaires juridiques DCQ Direction du curriculum et du contrôle de qualité DDC Direction du développement et de la coo pération suisse DDE Direction départementale de l’éducation DEF Direction de la formation et du perfection nement DES Direction d’éducation secondaire DESRS Direction de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique DFP Direction de la formation professionnelle DGPC Direction Générale de la Protection Civile DGS Direction du génie scolaire DINEPA Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement DPC Direction de la protection civile RAPPORT FINAL 5 DPCE Direction de la planification et coopéra tion externe DRH Direction des ressource humaines DSS Direction sanitaire scolaire EAHMS Eau, assainissement et hygiène en milieu scolaire EFA Education for All (Éducation pour tous) EMIS Education Management Information System (Système d’information et de gestion de l’éducation) ENSO phénomène d’oscillation australe El Niño ENST École nationale supérieure de technologie EPGC École publique à gestion communautaire FAES Fonds d’assistance économique et sociale FENAMH Fédération Nationale des Maires Haïtiens FEPH Fédération des écoles protestantes d’Haïti FONHEP Fondation haïtienne de l’enseignement privé FNE Fonds national de l’éducation GLOSI Global Library of School Infrastructure (Biblio thèque mondiale des infrastructures sco laires) GoH Gouvernement d’Haïti GFDRR Global Facility for Disaster Reduction and Re covery (Facilité mondiale pour la réduction des catastrophes et le relèvement) GPSS Global Program for Safer Schools (Programme mondial pour des écoles plus sûres) 6 Diagnostic rapide des infrastructures scolaires en Haïti GSE Groupe sectoriel de l’éducation HCE Haut conseil de l’éducation HRF Haiti Reconstruction Fund (Fonds de recons truction d’Haïti) IGS Inspection générale scolaire IHSI Institut haïtien de statistiques et d’infor matique INGO Organisation internationale non gouver nementale JICA Japan International Cooperation Agency (Agence de coopération internationale du Japon) LAC Amérique latine et les Caraïbes MAST Ministère des affaires sociales et du travail MC Maçonnerie chaînée MEF Ministère de l’économie et des finances MENFP Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle MPTPC Ministère des travaux publics, transports et communications MSPP Ministère de la santé publique et de la po pulation NOAA United States National Oceanic and Atmosphe ric Administration (Administration nationale océanique et atmosphérique des États Unis) OB Ossature du Bois ONAPE Office National de Partenariat en Éduca tion PDNA Post Disaster Needs Assessment (Évaluation des besoins post-catastrophe) PEQH Pour une éducation de qualité en Haïti PIU Project Implementation Unit (Unité de mise en œuvre des projets) PROSGATE Programme spécial de gratuité de l’éduca tion PSRVD Plan Sectoriel de Réduction de Vulné rabilité aux Désastres dans le Secteur de L’Education PSUGO Programme de scolarisation universelle gratuite RDH République d’Haïti RSRS Roadmap for Safer and Resilient Schools (Feuille de route pour des écoles plus sûres et rési lientes) RTE Radio télé éducative SABER Approche Systémique pour de Meilleurs Résultats Educatifs SDC Swiss Development and Cooperation Agency (Agence suisse pour le développement et la coopération) SEA Secrétairerie d’État à l’alphabétisation SEFP Secrétairerie d’État à la formation profes sionnelle SEMANAH Service maritime et de navigation d’Haïti SMC Comité de Gestion des Ecoles SNA-EPT Stratégie nationale d’action pour l’éduca tion pour tous SPM Secrétairerie de passation des marchés SMC School Management Committee (Comité de gestion scolaire) TWP Tuition Waiver Program (Programme d’exemption des frais de scolarité) UCP Unité de coordination des projets UEP Unité d’études et de programmation UHM Unité hydrométéorologique d’Haïti UNESCO Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’enfance UNOPS Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets RAPPORT FINAL 7 UPM Unité de passation de marchés USAID Agence des États-Unis pour le développe ment international USGS Service géologique des États-Unis USI Unité du système d’information UTE Unité technique d’exécution UTI Unité information technologie UTICE Unité de technologie de l’information et de la communication en éducation WASH Eau, hygiène et assainissement WB World Bank (Banque mondiale) 1 Introduction Une série de catastrophes naturelles au cours des 15 der nières années, notamment des tremblements de terre et des ouragans, a fortement endommagée les infrastruc tures scolaires d’Haïti, détruisant complètement plusieurs écoles. L’étendue des dégâts démontre la vulnérabilité des infrastructures scolaires du pays aux catastrophes na turelles ainsi que les impacts du changement climatique. Haïti est vulnérable à un large éventail d’aléas naturels récurrents et induits par le climat qui pourraient menacer la sécurité des élèves, contrecarrer les acquis éducatifs et mettre les écoles hors service à un moment où le pays s’efforce d’accroître l’accès équitable à l’éducation. Le secteur de l’éducation haïtien reçoit un soutien important de plusieurs bailleurs pour aider le gouvernement haïtien à atteindre ses objectifs, tels qu’énoncés dans une série de documents préparés par le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP), y compris le do cument stratégique clé sur 10 ans pour le secteur, le Plan Décennal d’Éducation et de Formation 2020-2030. Au cours des 15 dernières années, la Banque mondiale a octroyé plus de 265 millions de dollars au secteur éduca tif haïtien, via des projets financés par l’Association in ternationale de développement (IDA) et en mobilisant les ressources de partenaires tels le Canada, le Partenariat mondial pour l’éducation et la Banque de développement Caribéenne.- Ces ressources visaient à améliorer l’accès et l’équité à l’enseignement primaire, à fournir des repas scolaires, à améliorer les résultats des écoles primaires, à se remettre des catastrophes et à édifier les capacités pour améliorer la gouvernance du système éducatif.2 En outre, la Banque mondiale prépare une riposte à la COVID-19 et une opération visant à développer une politique de ré silience en Haïti (initialement préparée en tant que CAT DDO). Dans le cadre du dialogue entamé lors de la mis RAPPORT FINAL 9 sion de préparation de ce financement, en juillet 2019, la Banque mondiale et le gouvernement haïtien (GoH) ont identifié plusieurs actions préalables nécessaires pour renforcer la capacité d’Haïti à gérer ses multiples risques de catastrophes. Les parties ont également discuté de la possibilité pour le gouvernement haïtien (GoH) de rece voir une assistance technique dans le cadre de leurs efforts pour améliorer la sécurité et la résistance des infrastruc tures scolaires. Ce Diagnostic rapide des infrastructures scolaires en Haïti est la première étape de cette assistance technique. L’un des cadres qui a été utilisé et adapté au contexte haïtien pour le diagnostic rapide est la feuille de route de la Banque mondiale pour des écoles plus sûres et ré silientes (RSRS)3 ainsi qu’un outil de collecte de données utilisé dans ce cadre appelé GLOSI (Bibliothèque mon diale des Infrastructures Scolaires). Tous deux ont été développés par la Banque dans le cadre du Programme mondial pour des écoles plus sûres (GPSS) lancé en 2014 par le Fonds mondiale pour la réduction des catastrophes et le relèvement (GFDRR). Par le biais de ce programme mondial, le GFDRR appuie les programmes de sécurisa tion d’établissements scolaires dans les pays où le gouver nement s’est résolument engagé dans une réforme ou un programme d’investissement dans le secteur de l’éduca tion. L’objectif du GFDRR est de stimuler et de faciliter des investissements avisés, à grande échelle dans la sécuri té et la résilience des infrastructures scolaires nouvelles et existantes qui sont exposées aux risques naturels, contri buant ainsi à la qualité de l’environnement d’apprentis sage et à l’amélioration du bien-être de la population. Le GPSS met en œuvre des activités à l’échelle mondiale et fournit un encadrement pays à travers quatre piliers : (1) contribuer à un redressement vigoureux du secteur de 2 The World Bank and Global Partnership for Education, https://www.globalpartnership.org/where-we-work/haiti HFA 2 Pro gram completion report. 3 World Bank, Roadmap for Safer and Resilient Schools https://gpss.worldbank.org/en/roadmaps/roadmap-safer-and-resi lient-schools-rsrs 10 Diagnostic rapide des infrastructures scolaires en Haïti l’éducation ; (2) investir efficacement dans la résilience des infrastructures scolaires ; (3) mobiliser les finance ments pour la résilience des infrastructures scolaires et (4) le renforcement des capacités pour mettre en œuvre des interventions à grande échelle. Conformément au programme GPSS, les objectifs du diagnostic rapide sont : (1) développer une compréhen sion éclairée de la vulnérabilité aux catastrophes natu relles, aux impacts du changement climatique ainsi que les déficiences fonctionnelles des infrastructures scolaires existantes et proposées en Haïti ; (2) identifier les facteurs de risque associés afin d’éclairer l’élaboration d’un plan stratégique détaillé pour améliorer la sécurité et la rési lience des établissements scolaires. 2 Contexte du pays 12 Diagnostic rapide des infrastructures scolaires en Haïti Les écoles d’Haïti ont été confrontées à une série de défis durant ces deux dernières décennies. Pour diverses rai sons qui ont été discutées et débattues par des historiens, des économistes, des politologues et sociologues dans de nombreux ouvrages4, les difficultés auxquelles Haïti a été confrontées au 20ème siècle et auparavant, ont eu des ré percussions qui s’étalent jusqu’aux premières décennies du 21ème siècle ainsi que sur sa population actuelle de 11 millions de personnes, dont environ 4,6 millions d’enfants âgés de 18 ans5 ou moins. Ces défis comprennent des ni veaux de pauvreté obstinément élevés, un environnement dégradé, une fragilité politique et des systèmes nationaux d’éducation et de santé aux ressources insuffisantes. À partir de 2018, Haïti a connu une crise politique et économique prolongée qui s’est traduite par de violentes manifestations de rue et une paralysie totale des activités dans tout le pays (« peyi lok »), une incertitude politique, une dévaluation de la monnaie, l’inflation et une grave pénurie de carburant. En 2019, les fermetures d’écoles étaient devenues un fait divers, dont la plus grave a été la fermeture prolongée de la plupart des écoles qui avaient débuté en septembre car la nouvelle année académique venait de commencer. À la mi-décembre 2019, la situa tion s’est détendue et les écoles ont commencé à rou vrir, pour être obligées de fermer à nouveau lorsque la pandémie de COVID-19 a atteint Haïti en mars 2020. La COVID-19 a créé de nouveaux défis pour les écoles, notamment un besoin pour l’enseignement à distance, la distanciation sociale, le lavage, le nettoyage et la dé sinfection des mains accru. Le MENFP a réalisé des in vestissements substantiels dans les outils et plateformes d’apprentissage numériques, ainsi que dans l’enseigne ment par radio.6 Néanmoins, l’infrastructure numérique en Haïti confronte présentement des défis énormes pour ce qui est de l’apprentissage à distance à grande échelle. Des défis continus dans les secteurs de l’énergie électrique et des communications, des pénuries de carburant qui li mitent la production d’électricité ainsi que la lenteur du débit et la bande passante de la connexion internet dans de nombreux endroits, signifient que l’enseignement en présentiel est encore le moyen le plus viable d’éduquer la majorité des étudiants haïtiens. Haïti compte actuellement plus de 4,1 millions d’élèves qui fréquentent 19 500 écoles publiques et privées, pri maires et secondaires dans tout le pays.7 De ces écoles, plus de 3 000, ou approximativement 15 pourcent, sont des écoles publiques.8 Le MENFP est responsable du système de l’éducation nationale en Haïti, y compris des infrastructures scolaires, dont une partie importante a été construite avec le soutien financier de donateurs internationaux. Depuis au moins quatre décennies, les services scolaires publics et les infrastructures scolaires sont insuffisants pour répondre à la demande des familles haïtiennes en matière d’éducation fondamentale, ce qui a 4 Par exemple, Wesner Emmanuel, Histoire période Nationale, 1804-2004, Saint Domingue redevient Haïti, 2007 ; Dantès Belle garde, Histoire du peuple Haïtien, 1492-1952, Port au Prince, 1953 ; Philippe Girard, Haïti: The Tumultuous History - From Pearl of the Caribbean to Broken Nation, St. Martin's Publishing Group, 2010 ; Robert Debs Heinl et Nancy Gordon Heinl, Written in Blood : The Story of the Haitian people, 1492-1995, University Press of America, 1996. 5 Institut Haïtien de Statistiques et Informatique (IHSI), Projections démographiques 2015. 6 Voir PRATIC et d'autres outils disponibles sur le site du MENFP à l'adresse https://menfp.gouv.ht/#/ressources ; également abordés dans des articles de presse tels que : https://www.haitilibre.com/en/news-30433-haiti-education-distance-educa tion-for-all-clarification.html 7 Recensement scolaire 2015-2016, MENFP, tel que rapporté au MENFP, Plan Décennal d'Éducation et de Formation2020 – 2030, 2020. Ce recensement comprend les écoles publiques et privées, avec 2788 écoles publiques niveau-fondamentaleset 260 lycées/collèges publics. 8 Ibid. conduit à la prolifération des écoles privées.9 Une grande partie des élèves du primaire et du secondaire du pays, estimée à près de 80 pourcent,10 étudie dans des écoles privées de différents types, notamment celles qui sont construites et gérées par des organisations religieuses, à but non lucratif et à but lucratif. De nombreuses familles prennent en charge la plus grande partie des frais de scolarité de leurs enfants. Les données disponibles indiquent que les ménages pourvoient 60 à 70 pourcent du financement total des études,11 des enquêtes antérieures et d’autres études montrent que les familles, en particulier les plus pauvres, consacrent 10 à 25 pour cent de leurs revenus à l’éducation de leurs enfants.12 Le manque de places dans les écoles publics et l’appui finan cier limité, ont pour conséquence qu’un grand nombre d’enfants se retrouvent dans l’incapacité d’aller à l’école ou ils deviennent trop âgés par rapport à la classe dans laquelle ils devraient être placée car ils ont manqué plu sieurs années académiques par le passé. Des efforts tels que le PSUGO (Programme de scolarisation universelle gratuite) et le Programme d’exemption des frais de scolarité ont permis à un plus grand nombre d’enfants d‘aller à l’école, en accordant des fonds à des écoles privées sélectionnées afin de permettre l’inscription gratuite des élèves issus de familles modestes. Toutefois, ces programmes ont été ré duits ces dernières années.13 RAPPORT FINAL 13 Aggravant le manque d’accès, les infrastructures sco laires publiques d’Haïti ont subi des dommages impor tants causés par une série de catastrophes survenues ces deux dernières décennies, plus particulièrement pendant les ouragans et inondations de 2008, le tremblement de terre de 2010 et l’ouragan Matthew en 2016. Près de 1,500 écoles ont été détruites lors de ces catastrophes et plus de 5,400 ont été endommagées.14 Le tremblement de terre de 2010 a été particulièrement destructeur dans le Département de l’Ouest, là où il a endommagé (2,582) ou détruit (1,315) totalisant 3,897 écoles, dont plus de 80 pourcent des écoles publiques du Département. Le Dé partement de l’Ouest a été la zone la plus secouée et 40 pourcent de la population y résidait alors, principalement dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince avec envi ron 50 pourcent de la population scolaire et universitaire d’Haïti.15 Des écoles ont également été endommagées dans les Départements du Sud-Est et des Nippes, mais en raison de secousses moins fortes, le nombre d’écoles endommagées (196 dans le Sud-Est, 138 dans les Nippes) et détruites (30 dans le Sud-Est, 7 dans les Nippes) dans chacun de ces Départements était beaucoup moins élevé que dans le Département de l’Ouest.16 Si le tremblement de terre avait eu lieu pendant les heures de classe au lieu de 4h53 PM (Heure locale), il est probable que plusieurs 9 B. Hadjadj, Education for All in Haiti Over the Last 20 Years : Assessment and Perspective, partiede l’Éducation pour Tous dans les Caraïbes : Évaluation 2000 MonographieSéries18 ; Rédacteur des Séries: L. Quamina-Aiyejinas, UNESCO, 2000. 10 MENFP2020, Plan Décennal d'Éducation et de Formation 2020-2030. 11 Selon le MENFP, Plan Décennal d'Éducation et de Formation2020 - 2030, 2020 et le brouillon de travail, 2018, et d'autres études du MENFP, Programme d'Interventions Prioritaires en Éducation (PIPE) 2013-2016, 2013. 12 Ibid ; PNUD, 2015 et Banque mondiale, 2012. 13 World Bank, Éducation for All Project Phase 2 Completion Report, disponible à l'adresse suivante :http://documents.wor ldbank.org/curated/en/897111547132546193/pdf/icr00004083-01072019-636826680424945096.pdf 14 Évaluations des besoins post-catastrophe pour les ouragans et inondations de 2008, le tremblement